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Exercices du chapitre VI : Déterminants des matrices carrées

No 1 Soit A une matrice carrée (2,2).


(a) Montrer que le déterminant de A est nul si et seulement si les deux lignes de A sont
proportionnelles.
(b) Même question pour les colonnes.
(c) Comparer le déterminant de A avec
1) le déterminant de −A
2) le déterminant de la matrice obtenue en échangeant les deux lignes de A
3) le déterminant de la matrice obtenue en échangeant les deux colonnes de A
4) le déterminant de la matrice obtenue en échangeant les deux lignes et les deux colonnes
de A
5) le déterminant de tA
6) le déterminant de Ā (dans les complexes).

Solution
 
a b
(a) Soit A = . Dire que det A = 0 signifie que ad − bc = 0. Si a 6= 0, on a d = bc/a, donc
c d
 
a b
A= bc ,
c a

et
c
L2 = L1 .
a
Si a = 0, alors bc = 0. Il y a plusieurs cas possibles :
– b = 0 alors  
0 0
A= ,
c d
et
L1 = 0L2 ,
– c = 0, et d = 0 alors  
0 b
A= ,
0 0
et
L2 = 0L1 .
– c = 0, et d 6= 0 alors  
0 b
A= ,
0 d
et
b
L1 = L2 .
d

1
Dans tous les cas les deux lignes sont proportionnelles.

Réciproquement, si les deux lignes sont proportionnelles, ou bien L2 = λL1 , donc c = λa et


d = λb, alors
det A = ad − bc = λab − λab = 0 ,
ou bien L1 = λL2 , donc a = λc et b = λd, alors

det A = ad − bc = λcd − λcd = 0 .

Le déterminant de A est nul dans les deux cas.

(b) Même méthode.

(c) On vérifie facilement les résultats suivantes :



−a −b
det(−A) = = det A .
−c −d

c d
a b = cb − ad = − det A .


b a
d c = bc − ad = − det A .


d c
b a = da − cb = det A .


t
a c
det( A) = = det A .
b d

a b

det(A) = = ad − bc = ad − bc = det A .
c d

No 2 On note SL(2,Z) l’ensemble des matrices (2,2) à coefficients entiers relatifs dont
le déterminant vaut 1.
(a) Montrer que si A et B appartiennent à SL(2,Z), alors il en est de même de AB et de
A−1 .  
a b
(b) Vérifier que si A = appartient à SL(2,Z), les nombres a et b sont premiers entre
c d
eux, de même que a et c, b et d, c et d.
(c) Trouver toutes les matrices de SL(2,Z) qui ont un coefficient nul. En déduire que SL(2,Z)
n’est pas un ensemble fini.  
2 1
(d) Chercher toutes les matrices A de SL(2,Z) de la forme A = .
c d
(e) Montrer qu’il y a encore d’autres matrices dans SL(2,Z)

Solution

2
(a) Si A et B sont à coefficients entiers, alors les coefficients de AB sont des sommes et pro-
duits de coefficients de A et B donc entiers également. De plus det A = 1 et det B = 1 alors
det(AB) = det A det B = 1. Donc AB appartient à SL(2,Z).

Si A appartient à SL(2,Z), son déterminant est non nul donc A est inversible dans M(2,R) et
   
−1 1 d −b d −b
A = = .
det A −c a −c a

Donc A−1 a des coefficients entiers. De plus


1
det(A−1 ) = =1.
det A
(b) On a la relation ad − bc = 1. Si λ divise a et c, a = λa0 et c = λc0 où λ, a0 et c0 sont entiers.
Donc
λa0 d − λbc0 = λ(a0 d − bc0 ) = 1 .
Il en résulte que λ divise 1. Les seuls divisieurs communs à a et c sont donc 1 et −1. Cela veut
dire que a et c sont premiers entre eux.

Démonstration analogue pour b et d , et c et d.

(c) Si ad − bc = 1 et si a ou d est nul, alors −bc = 1 avec b et c entiers. Donc il n’y a que les
possibilités (b,c) = (1, − 1) et (b,c) = (−1,1).
Si b ou c est nul, cette fois ad = 1 avec a et d entiers. Donc il n’y a que les possibilités (a,d) = (1,1)
et (a,d) = (−1, − 1). Les matrices possibles sont donc
               
0 1 0 −1 a 1 a −1 1 b −1 b 1 0 −1 0
, , , , , , , ,
−1 d 1 d −1 0 1 0 0 1 0 −1 c 1 c −1

et elles conviennent toutes. Comme a, b, c, d sont des entiers quelconques, il y en a donc une
infinité.
 
2 1
(d) Si A = on a donc 2d − c = 1 d’où
c d
 
2 1
A= .
2d − 1 d

Toutes ses matrices sont dans SL(2,Z) et aucun coefficient de A n’est nul.

No 3 S’il y a exactement deux coefficients nuls dans une matrice (3,3), combien reste-t-il
de termes dans la formule donnant le déterminant?

Solution

Si les deux coefficients figurent dans une même ligne ou une même colonne de la matrice, il reste
deux termes dans la somme.

3
Si les deux coefficients figurent dans deux lignes différentes et deux colonnes différentes, il reste
trois termes dans la somme.

No 4 (a) Si tous les coefficients d’une ligne (ou d’une colonne) d’une matrice (3,3) sont
nuls, vérifier que det A = 0.
(b) Existe-t-il des matrices A avec det A = 0 et aucun coefficient nul?

Solution

(a) Il suffit de regarder la formule pour voir que tous les termes de la somme sont nuls.

(b) Il est facile de voir qu’une matrice ayant deux lignes proportionnelles a un déterminant nul.
Par exemple
1 1 1 1 2 1

1 1 1 = 0 , 2 4 2 = 0 .

1 1 1 1 3 6

No 5 Vérifier (directement sur la formule) que dans M(3; R)


(i,j) (i,j)
(a) Si Tλ = I + λE (i,j) (i 6= j) alors det Tλ = 1 .
(i) (i)
(b) Si Dµ = I + (µ − 1)E (i,i) alors det Dµ = µ.
(c) Si S (i,j) = I − E (i,i) − E (j,j) + E (i,j) + E (j,i) alors det S (i,j) = −1.

Solution

Vérifications immédiates.

No 6 Soit A et B deux matrices (3,3) qui ne diffèrent que par leur première ligne. Vérifier
que det(A + B) = 4(det A + det B).

Solution
   
a11 a12 a13 b11 b12 b13
Soient A = a21 a22 a23  et B = a21 a22 a23 . On a donc
a31 a32 a33 a31 a32 a33
 
a11 + b11 a12 + b12 a13 + b13
A + B =  2a21 2a22 2a23  .
2a31 2a32 2a33

En appliquant la formule donnant det(A + B), on obtient

4
det A = (a11 + b11 )2a22 2a33 + (a12 + b12 )2a23 2a31 + (a13 + b13 )2a21 2a32
−(a11 + b11 )2a23 2a32 − (a13 + b13 )2a22 2a31 − (a12 + b12 )2a21 2a33 .

On peut alors mettre 4 en facteur et développer ce qui reste en regroupant les termes contenant
un bij . On obtient :

det A = 4((a11 a22 a33 + a12 a23 a31 + a13 a21 a32 − a11 a23 a32 − a13 a22 a31 − a12 a21 a33 )
+(b11 a22 a33 + b12 a23 a31 + b13 a21 a32 − b11 a23 a32 − b13 a22 a31 − b12 a21 a33 ))
= 4(det A + det B) .

No 7 (a) Calculer A
e pour une matrice (2,2), et retrouver la formule de l’inverse.
(b) Ecrire explicitement Ae pour une matrice (3,3) quelconque. En déduire une formule expli-
cite de l’inverse.
(c) (Pour ceux qui trouveraient le (b) précédent trop long). Donner la formule explicite de
l’inverse d’une matrice (3,3) triangulaire supérieure inversible.

Solution
   
a b d −c
(a) Si A = , on a A =
e , et on retrouve donc
c d −b a
 
−1 1 te 1 d −b
A = A= .
det A ad − bc −c a
 
a11 a12 a13
(b) Si A = a21 a22 a23  , on obtient
a31 a32 a33

a21 a22 
a22 a23 − a21 a23


 a32 a33 a31 a33 a31 a32 
 
 
 
 a12 a13 a11 a13 a11 a12 
A = −
e  − 
 a32 a33
a31 a33 a31 a32 
 
 
 a12 a13
− a11 a13
a11 a12 

a22 a23 a21 a23 a21 a22

donc
 
a22 a33 − a23 a32 −(a21 a33 − a23 a31 ) a21 a32 − a22 a31
e = −(a12 a33 − a13 a32 )
A a11 a33 − a13 a31 −(a11 a32 − a12 a31 ) .
a12 a23 − a13 a22 −(a11 a23 − a13 a21 ) a11 a22 − a12 a21
On en déduit
 
a22 a33 − a23 a32 a13 a32 − a12 a33 a12 a23 − a13 a22
1 te 1 
A−1 = A= a23 a31 − a21 a33 a11 a33 − a13 a31 a13 a21 − a11 a23  .
det A det A
a21 a32 − a22 a31 a12 a31 − a11 a32 a11 a22 − a12 a21

5
(c) Lorsque A est triangulaire supérieure, c’est-à-dire si a21 = a31 = a32 = 0, on obtient
 
a22 a33 −a12 a33 a12 a23 − a13 a22
1 te 1
A−1 = A=  0 a11 a33 −a11 a23  .
det A a11 a22 a33
0 0 a11 a22

No 8 Vérifier que si k 6= `, on a aussi


n
X n
X
(−1)j akj det(A(`,j)) = 0 et (−1)i aik det(A(i,`)) = 0 .
j=1 i=1

Solution

On a A
e = (e aij = (−1)i+j det(A(i,j)). Donc
aij ) avec e
te
aji = (−1)i+j det(A(j,i)) .
A = (bij ) avec bij = e

Si l’on pose tAA


e = (cij ), on a en particulier

n
X n
X
c`k = b`i aik = (−1)i+` aik det(A(i,`)) .
i=1 i=1

Mais on a tAA
e = (det A)I, donc c`k = 0 si ` 6= k. Alors en simplifiant par (−1)` ,

n
X
(−1)i aik det(A(i,`)) = 0 .
i=1

L’autre formule s’obtient en effectuant cette fois le produit A tA.


e Si l’on pose tAA
e = (dij ), on a
en particulier
Xn n
X
dk` = akj bj` = (−1)j+` akj det(A(`,j)) .
j=1 i=1

Mais on a A tA
e = (det A)I, donc dk` = 0 si ` 6= k. Alors en simplifiant par (−1)` ,

n
X
(−1)j akj det(A(`,j)) = 0 .
j=1

6
On note ε(γ) la signature de la permutation γ appartenant à Sn .
(a) Montrer que ε(Id) = 1
(b) Calculer explicitement ε pour n = 2.
(c) Soit γ la permutation de {1,2,3} définie par γ(1) = 2, γ(2) = 3, γ(3) = 1. Montrer que γ
peut s’écrire comme la composée de deux transpositions bien choisies. En déduire ε(γ).
(d) Calculer γ ◦ γ pour le γ du (c), et calculer ε(γ ◦ γ). En déduire explicitement ε pour n = 3.
(e) Soit σ une permutation de {1,2, . . . ,n}, telle que σ(n) = n. On note σ e la permutation
de {1,2, . . . ,n − 1} telle que, pour tout j = 1, 2, . . . , n − 1, on ait σ
e(j) = σ(j). Montrer que
ε(σ) = ε(e σ ).
(f) Ecrire les 24 permutations de {1,2,3,4}, et calculer leur signature. (On pourra se servir
de (e), en le généralisant éventuellement).

Solution

(a) En écrivant Id ◦ Id = Id, et en appliquant la propriété 1 de la signature, on a

ε(Id) = ε(Id ◦ Id) = ε(Id)ε(Id) ,

d’où ε(Id) = +1.

(b) S2 est formé de deux permutations : Id = (1,2) et τ = (2,1). La première est l’identité et la
seconde une transposition. Donc

ε(Id) = +1 et ε(τ ) = −1 .

(c) Soit les transpositions σ1 = (2,1,3) et σ2 = (3,2,1). Cela signifie que

σ1 (1) = 2 , σ1 (2) = 1 , σ1 (3) = 3 ,

et
σ2 (1) = 3 , σ2 (2) = 2 , σ2 (3) = 1 .
Alors
σ2 ◦ σ1 (1) = σ2 (2) = 2
σ2 ◦ σ1 (2) = σ2 (1) = 3
σ2 ◦ σ1 (3) = σ2 (3) = 1
On a donc bien σ2 ◦ σ1 = γ, et donc ε(γ) = 1.

(d) On a
γ ◦ γ(1) = γ(2) = 3
γ ◦ γ(2) = γ(3) = 1
γ ◦ γ(3) = γ(1) = 2
Donc γ ◦ γ = (3,1,2), et ε(γ ◦ γ) = ε(γ)2 = +1.

L’ensemble S3 est constitué des 3! = 6 permutations suivantes

Id = (1,2,3) , γ = (2,3,1) , γ ◦ γ = (3,1,2) ,

dont la signature vaut +1, et des trois transpositions échangeant deux des éléments

τ1 = (1,3,2) , τ2 = (3,2,1) , τ3 = (2,1,3) ,

7
dont la signature vaut −1.

(e) On peut associer à toute transposition τ appartenant à Sn−1 une transposition τ̄ appartenant
à Sn en posant 
τ (i) si 1 ≤ i ≤ n − 1
τ̄ (i) =
n si i = n
Alors si σ
e se décompose comme produit de p transpositions de Sn−1 , sous la forme

e = τ1 ◦ · · · ◦ τp ,
σ

on a également
σ = τ¯1 ◦ · · · ◦ τ¯p ,
puisque n est invariant dans tous le calcul. Donc σ se décompose également comme produit de
p transpositions. Il en résulte que

σ ) = (−1)p .
ε(σ) = ε(e

(f) Voici la liste des 24 éléments de S24 :

(A) l’application identique (1,2,3,4) de signature +1

(B) 6 transpositions de signature −1 :

(2,1,3,4), (3,2,1,4), (4,2,3,1), (1,3,2,4), (1,4,3,2), (1,2,4,3) .

(C) 3 doubles transpositions de signature +1 :

(2,1,4,3), (4,3,2,1), (3,4,1,2) .

(D) 8 permutations ayant un seul point fixe. On peut alors appliquer (e) en considérant la per-
mutation appartenant à S3 obtenue en enlevant le point fixe. On obtient une permutation
du type γ ou γ ◦ γ de la question (c) elles sont de signature +1 :

(2,3,1, 4 ), (3,1,2, 4 ), (2,4, 3 ,1), (4,1, 3 ,2), (4, 2 ,1,3), (3, 2 ,4,1), ( 1 ,4,2,3), ( 1 ,3,4,2) .

(E) 6 permutations n’ayant aucun point fixe. on peut voir qu’elles s’écrivent toutes comme
produit de 3 transpositions et sont de signature −1.

(3,1,4,2), (2,3,4,1), (4,1,2,3), (4,3,1,2), (3,4,2,1), (2,4,1,3) .


Montrons la méthode avec la première σ = (3,1,4,2).
On remet 1 à sa place en permutant 1 et 3 avec la permutation τ1 = (3,2,1,4). On a alors

τ1 ◦ σ = (1,3,4,2) .

On remet 2 à sa place en permutant 2 et 3 avec la permutation τ2 = (1,3,2,4). On a alors

τ2 ◦ τ1 ◦ σ = (1,2,4,3) .

On remet 3 sa place en permutant 3 et 4 avec la permutation τ1 = (1,2,4,3). On a alors

τ3 ◦ τ2 ◦ τ1 ◦ σ = (1,2,3,4) = Id .

8
Donc
(τ3 ◦ τ2 ◦ τ1 )(−1) = σ ,
ou encore, puisque pour une transposition on a τ (−1) = τ ,
(−1) (−1) (−1)
σ = τ1 ◦ τ2 ◦ τ3 = τ1 ◦ τ2 ◦ τ3 .

(On a utilisé également la formule (f ◦ g)(−1) = g (−1) ◦ f (−1) ).