Vous êtes sur la page 1sur 74

BADJI-MOKHTAR-ANNABA UNIVERSITY

UNIVERSITE BADJI-MOKHTAR-ANNABA

Faculté des sciences de l’ingénieur Année 2009

Département de Génie Civil

MEMOIRE
Présentée en vue de l’obtention du diplôme de MAGISTER

THEME

CONTRIBUTION A LA FORMULATION D’UN BETON


AUTOPLAÇANT A BASE DE MATERIAUX LOCAUX
Effet du laitier granulé micronisé sur l’ouvrabilité

Option:
Matériaux et Structures

Par :

Chahine BELGHIT

RAPPORTEUR BEHIM Mourad MC Université de Annaba

DEVANT LE JURY :

PRESIDENT : REDJEL Bachir PR Université de Annaba


EXAMINATEURS : ACHOURA Djamel MC Université de Annaba
ARABI Noureddine MC Université de Annaba
BELLOUETTAR Redjem MC Université de Annaba
REMERCIEMENTS

Ce travail a été effectué au laboratoire de génie civil de l’Université d’Annaba, le Laboratoire


des travaux publics de Tébessa et le laboratoire de l’agence de contrôle technique de la
construction de l’est agence de Tébessa.

Tout d’abord, je tiens à remercier Dieu clément et le miséricordieux de m’avoir donné la force et
le courage de mener à bien ce travail.

Ce travail a été mené sous la direction de monsieur M.BEHIM, Je tiens à lui exprimer toute ma
reconnaissance, tant pour ses conseils, son intérêt et sa vaste culture que pour la confiance qu’il
m’a accordée pendant ce travail.

J’exprime ma gratitude à monsieur le Professeur REDJEL Bachir qui a bien voulu présider le
jury de ce mémoire.

Mes remerciements vont également à messieurs ACHOURA Djamel, ARABI Noureddine, et


BELLOUETTAR Redjem qui ont accepté d’examiner ce travail.

Je tiens enfin à remercier ma famille et mes amis pour leurs encouragements, leur soutien et leur
aide. Je pense plus particulièrement à mes parents, à mon frère et à mes soeurs

1
RESUME

Cette étude a été menée pour répondre à deux préoccupations principales, la possibilité de
formuler des BAP à base des matériaux locaux et l’influence du dosage d’une addition de laitier
granulé broyé sur le comportement rhéologique et mécanique des bétons autoplaçants.
Dans une première approche de la problématique, il fallait d’abord proposer une formulation de
béton ordinaire, suivit d’une proposition de formulation de béton autoplaçant avec optimisation
du dosage en adjuvant superplastifiant. Cette dernière formulation de béton autoplaçant a été
retenue pour étudier l’influence du laitier granulé micronisé sur les propriétés rhéologiques avec
vérification du critère de résistance mécanique en compression.
Les résultats obtenus montrent qu’avec un dosage en adjuvant superplastifiant optimisé mais
constant, il était faisable de formuler un béton autoplaçant de caractéristiques requises. Mieux
encore, il était possible de substituer une partie du ciment (50 kg / m3) par le laitier granulé
micronisé dans le béton autoplaçant.
L’ajout de 100 à 150 (kg / m3) de laitier granulé micronisé dans le béton autoplaçant entraîne
une légère réduction de l’ouvrabilité due à la diminution du rapport eau / liant équivalent,
cependant conduit à un effet bénéfique sur le comportement mécanique.

2
ABSTRACT

This study was undertaken to meet two principal needs, the possibility of formulating self
compacting concrete (SCC) containing local materials and the influence of the proportioning of
an addition of granulated slag crushed on the rheological and mechanical behaviour of the
concretes SCC
In a first approach of the problems, it was initially necessary to propose an ordinary formulation
of concrete, followed of a proposal for a formulation of SCC with optimization of proportioning
in super plasticizer additive. This last formulation of SCC was retained to study the influence of
the granulated slag micronized on the rheological properties with checking of the criterion of
mechanical resistance in compression.
The results obtained show that with a super plasticizer proportioning in optimized but constant
additive, it was feasible to formulate a self compacting concrete of necessary characteristics.
Better still, it was possible to substitute part of cement (50 kg /m3) by the granulated slag
micronized in the SCC .
The addition from 100 to 150 (kg/m3) of granulated slag micronized in the SCC involves a light
reduction of the workability due to the reduction of the water ratio/equivalent binder, however
led to a beneficial effect on the mechanical behaviour.

3
SOMMAIRE
Liste de figures……………………………...………………………..……… 6

Liste des tableaux………………………………………………………..…… 7

Introduction générale…………………………….……………………….…... 9

CHAPITRE I : Etude Bibliographique………………………………………….……… 12


Introduction…………………………………………………………………..……..…. 13
1. Intérêt techniques et impact socio-économiques………………………………....… 13
1.1. Mise en œuvre………………...……………………………..……………….... 13
1.2. Domaine d’emploi……………………...………………….………………...… 15
1.3. Impact socio-économique………….………...…………..…………………...... 17
2. Paramètres influencants la formulation des BAP……………….….………………... 18
2.1. Cahier des charges minimales à l’état frais……….................………………….. 20
2.2. Particularité de la composition des BAP…………...………………....……….... 21
2.2.1. L'emploi de superplastifiants……………..……………….……………….... 21
2.2.2. Un faible volume de gravillon………………………………………..……... 22
2.2.3. les additions………………..………………………………………..………. 22
2.2.3.1. Les cendres volantes…………………………….……………………… 22
2.2.3.2. Fumées de silice…………………………………..…………………….. 23
2.2.3.3. Filler calcaire………………………………….……………….………... 23
2.2.3.4. Laitiers de hauts fourneaux……………………………………………... 24
2.2.4.Role des additions……………………………………………………………. 24
3. Rappel sur les laitiers de haut fourneau……………………………...……………….. 25
3.1. Traitement du laitier au complexe sidérurgique d’EL HADJAR………………... 28
3.1.1. composition chimique……………………………………………………….. 28
3.1.2. Granulométrie……………………………………………………………….. 28
3.1.3. masse volumique…………………………………….………………………. 28
3.1.4. Hydraulicité du laitier granulé………………………………………………. 29
3.2. utilisation du laitier granulé……………………………...……………………. 29
3.3. conclusion……………………………………………………………………… 30
CHAPITRE II : Méthodes de formulation et caractérisation des bétons autoplacants….. 31
1. Quelques méthodes de Formulation………………………………………………….. 32
1.1. Pratique actuelle de la formulation des BAP……………………………………. 32
1.2. Méthode japonaise proposée par Okamura et al………………………………… 32
1.3. Méthode française (LCPC) : proposée par De Larrad et al……………………… 34
1.4. Méthodes basées sur l'optimisation du squelette granulaire…………………….. 35
2. Caractérisation des BAP à l’état Frais……………………………………………….. 36
2.1. Mobilité en milieu non confiné………………………………………………….. 36
2.2. Mobilité en milieu confiné………………………………………………………. 37
2.2.1. Présentation des essais………………………………………………………. 38
2.2.1.1. capacité d’écoulement a travers les armatures…………………………….. 38
2.3. Stabilité………………………………………………………………………….. 40
2.3.1. Résistance à la ségrégation…………………………………………….…….. 40
2.3.2. Ressuage……………………………………………………………………... 41
3. Propriétés des BAP à l’état Durci……………………………………………………. 42
3.1. Propriétés Mécaniques…………………………………………………………... 42
3.1.1. Résistance mécanique…………………………………………………………. 42

4
4.conclusion…………………………………………………………………………… 43
CHAPITRE III : MATERIAUX ET PROCEDURES…………………………………… 44
Introduction……………………………………………………………………………... 45
1. Matériaux……………………………………………………………………………. 45
1.1. Ciment…………………………………………………………...……………….. 45
1.2. Granulats……………………………...…………………………………………... 46
1.3. Adjuvant………………………………………...………………………………… 47
1.4. Addition minéral………………………………………………...………………... 47
2. Essais et procédures…………………………………………………………...………. 48
2.1. Confection des bétons……………………………………………...……………... 48
2.2. Essais effectués sur le béton frais…………………………………………………. 48
2.3. confection des éprouvettes.……………………………..………………………... 49
2.4. mode de mûrissement…………………...………………………………………… 50
2.5. Essais réalisés sur le béton durci (résistance à la compression)…………………... 50
3. conclusion……………………………………………………………………………... 51
CHAPITRE IV : Formulation et caractérisation des bétons d’étude………..…………… 52
Introduction……………………………………………………………………………….. 53
1. Critères exigés pour la formulation du béton………………………………………….. 53
1.1. Dimension maximale des granulats……………………………………………….. 53
1.2. Résistance…………………………………………………………………………. 53
1.3. Ouvrabilité………………………………………………………………………… 53
1.4. Agressivité du milieu ambiant………………………………………………….…. 54
1.5. Adjuvant ( Superplastifiant)………………………………………………………. 54
2. Formulation des bétons d’étude……………………………………………………….. 56
3. Optimisation des BAP…………………………………………………………………. 57
CHAPITRE V : L’influence des additions sur l’ouvrabilité et la résistance
à la compression de BAP………………………………………………………………. 62
1. L’influence des additions sur l’ouvrabilité et la résistance à la
compression de BAP………………………………………………………………...…. 63
2. discussion des résultats…………………………………………………………………. 63
Conclusion générale…………………………………………………………………...….. 68
Références Bibliographiques………………………………………………………………
70

5
LISTE DES FIGURES

Figure 1 : Composition d'un béton ordinaire (BO) et d'un BAP. Aspect À l'état frais
D’un BO plastique et d'un BAP 19
Figure 2 : Phénomène de blocage des granulats au droit d’un obstacle [8] 20
Figure 3 : Coupe schématique du haut fourneau 26
Figure 4 : Laitier cristallisé et laitier vitrifié (granulé) de haut fourneau 27
Figure 5 : Granulation du laitier de haut fourneau d’EL HADJAR 28
Figure 6 : Essais d'optimisation des dosages en eau et en superplastifant sur mortiers. 34
Figure 7 : Notion d'excès de pâte : la pâte remplit la porosité et écarte les granulats 35
Figure 8 : Essai d’étalement au Cône (slump flow) 37
Figure 9 : Essai d’étalement au cône d’Abram 37
Figure 10 : Risque de blocage au droit des armatures 38
Figure 11 : Essais d’écoulement à travers des armatures (a) L-Box, (b) U-box, (c) J-ring 39
Figure 12 : Essai de stabilité au tamis 41
Figure 13 : Essai de ressuage à l’aéromètre 40
Figure 14 : Evolution de la résistance mécanique d’un BAP (SCC) et d’un BV (REF)
Correspondant [28] 41
Figure 15 : les courbes granulométriques des gravillons et sable 46
Figure 16 : laitier granulé d’el hadjar (avant et après le broyage) 48
Figure 17 : préparation des moules pour le coulage du béton 50
Figure 18 : la presse utilisée pour l’écrasement 50
Figure 19 : action des superplastifiants – défloculation des grains de ciment 55
Figure 20 : Evolution de l’étalement en fonction de dosage de superplastfiant 57
Figure 21 : étalement de BAP 59
Figure 22 : l’essai de stabilité au tamis 59
Figure 23 : essai de la boite en L 60
Figure 24 : affaissement du béton ordinaire ( cone d’abrams) 60
Figure 25 : Evolution de l'étalement de BAP en fonction de dosage de laitier 64
Figure 26 : Evolution de la ségrégation statique en fonction de dosage en laitier granulé 64
Figure 27 : l'évolution de la ségrégation dynamique en fonction de dosage en laitier 65
Figure 28 : l’influence du laitier sur la résistances des BAP à 7 et 28 jours . 66

6
LISTE DES TABLEAUX

16
Tableau 1 : Quelques exemples d’applications d’après SEDRAN [8]
Tableau 2 : Exemple de formulation françaises SEDRAN [8] 21
Tableau 3 : Composition chimique du ciment CPJ 42.5 d’EL-MALABIOD(TEBESSA) 45
Tableau 4 : Composition minéralogique du clinker 45
Tableau 5 : caractéristiques physique du ciment CPJ 42.5 Tébessa 46
Tableau 6 : Essai d’équivalent de sable 47
Tableau 7 : les résultats de caractérisation des matériaux 47
Tableau 8 : Valeurs préconisées pour les essais AFGC 49
Tableau 9 : composition du béton ordinaire ( Kg/m3) 57
Tableau 10 : Composition de béton ordinaire et BAP 58
Tableau 11 : Propriétés à l’état frais et durci de formulation 58
Tableau 12 : Evolution des résistances mécaniques des bétons ordinaires et le BAP de 60
référence
Tableau 13 : les compositions des BAP testés 63
Tableau 14 : les résultats des propriétés physico mécaniques des BAP testés avec 63
dosage différent de laitier granulé

7
INTRODUCTION GENERALE

8
INTRODUCTION GENERALE

Le béton est actuellement l’un des matériaux de construction les plus utilisés à travers le monde.
La simplicité de sa fabrication et de sa mise en place, son faible prix de revient et les
performances mécaniques et de durabilité qu’il assure ont légitimé son utilisation pour réaliser
des ouvrages les plus divers, notamment des bâtiments, des immeubles d’habitation, des ponts,
des routes, des barrages, des centrales thermiques et nucléaires, etc.

Depuis sa découverte et pendant de nombreuses décennies, ce matériau n’avait que peu évolué
mais, à partir des années 1970-1980, d’importantes avancées ont été réalisées qui lui ont permis
de diversifier les utilisations auxquelles il était destiné. Ainsi, les études menées sur ses
constituants granulaires ont conduit à améliorer ses propriétés existantes, en particulier avec les
bétons à hautes performances (BHP). D’autres familles de béton, relatives à certaines
applications, ont vu ensuite le jour comme les bétons à très hautes performances (BTHP), les
bétons de fibres (BFM) et les bétons de poudre réactive (BPR).

Après la recherche du gain maximum de résistance et de durabilité, une étape supplémentaire a


été franchie avec les bétons autoplacants (BAP). Plus qu’une nouvelle famille de béton, les BAP
constituent davantage une nouvelle technologie de construction. Celle-ci visait en effet au départ
(fin des années 1980, au Japon) à optimiser la productivité des constructions en béton. Les
différents avantages technico-économiques qu’elle présente ont suscité un intérêt grandissant des
industriels à travers le monde, aussi bien dans les secteurs de la préfabrication que dans ceux des
centrales de béton prêt à l’emploi.

Les principaux avantages des BAP sont liés à leur mise en place qui ne nécessite l’apport
d’aucune vibration, qu’elle soit interne ou externe. Ces avantages sont d’ordre technico-
économique mais également social. Ainsi, l’absence de vibration des BAP engendre une
diminution sensible des nuisances sonores ainsi que de la pénibilité du travail et une réduction
des délais et des coûts globaux de production. Sa fluidité permet également de couler des milieux
fortement ferraillés ou à géométrie complexe.

Cette mise en place, sous le seul effet de la gravité, nécessite une très grande fluidité du matériau
mais il est aussi indispensable que le béton conserve une stabilité satisfaisante et une parfaite
homogénéité. Ces deux propriétés contradictoires sont obtenues par l’ajout et le dosage adéquat
de superplastifiants et de fines ou l’emploi d’un agent de viscosité.

9
Dans le cadre de la rentabilité économique et de l’optimisation des performances techniques
dans le domaine des travaux de bétonnage , la nécessité pour notre pays d’accélérer le
développement des bétons s’avère une priorité , ainsi , l’industrie de la construction est sans
doute une des plus grandes consommatrices de ressources naturelles est en même temps
responsable de la production d’un grand volume de déchets , donc l’amélioration des propriétés
physiques et mécaniques des bétons et les questions liées à l’environnement sont les
préoccupations fréquentes des études actuelles sur les bétons avec le développement des
adjuvants et la disponibilité d’additions actives , l’emploi de béton de haute performance à
fortement augmenté durant ces dernières années .
L’utilisation des ajouts minéraux dans les bétons comme substitut du ciment a des avantages
divers dont les principaux se rapportent au fait que le ciment est le composant le plus coûteux du
béton que sa production exige une grande consommation d’énergie et que la production d’une
tonne de ciment libère approximativement autant de dioxyde dans l’atmosphère.
Les autres avantages comprennent la minimisation des résidus industriels (dans des sites
d’enfouissement), une réduction de la demande en ressources naturelles par exemple, moins de
calcaire pour fabriquer le ciment.
L’un des matériaux les plus utilisés comme addition remplaçant une partie du ciment dans les
bétons est le laitier de hauts fourneaux qui est un déchet industriel résultant de l’élaboration de
la fonte et les fillers calcaire.
Ce travail s’inscrit dans cette logique et a été mené pour contribuer à :
- Formuler un BAP à base des matériaux locaux.
- Substituer une partie du ciment par le laitier granulé micronisé d’EL HADJAR et
étudier son influence sur l’ouvrabilité et la résistance en compression du BAP
- Etudier l’influence du laitier granulé micronisé d’EL HADJAR comme addition sur les
propriétés rhéologiques des BAP

Le mémoire est structuré en 05 chapitres :

• Le premier et le deuxième chapitre :est une synthèse des connaissances actuelles sur
les bétons autoplacants, leurs propriétés rhéologique et mécaniques et les différentes méthodes
de formulations, les particularités de la composition de BAP et leur caractérisation à l’état frais
(essais spécifiques) sont aussi abordées.

10
• Le troisième chapitre décrit en détail tous les matériaux utilisés et les résultats des
différents essais de caractérisation de ces matériaux ainsi les protocoles expérimentaux qui nous
ont permis de mesurer toutes les grandeurs (ouvrabilité des BAP, résistance mécanique à la
compression).

• Dans le quatrième chapitre , nous présentons donc la formulation et l’étude de


l’optimisation de ce béton en vue de satisfaire à la fois un bon comportement rhéologique du
béton frais , mis en évidence par les tests d’ouvrabilité recommandés , et un bon comportement
mécanique du béton durci à partir de la caractéristique de base qui est la résistance mécanique
en compression qui a permis d’évaluer et de comparer la résistance de BAP et celle de BO (
béton ordinaire) et établir un BAP de référence .

• Le cinquième chapitre traite l’influence de laitier granulé broyé sur les propriétés des
bétons autoplacant à l’état frais et durci (résistance à la compression).
Les compositions des BAP ont été formulées avec 03 dosages différents en laitier 50, 100, 150
(Kg/m3), et un dosage en superplastifiant fixe.
Les résultats expérimentaux obtenus sont comparés à celles de BAP de référence qui nous ont
permis d’évaluer l’influence de l’ajout de laitier granulé sur les propriétés de BAP.

• La conclusion générale clôture ce mémoire en synthétisant les principaux résultats sur


la comparaison entre le béton ordinaire (BO), le BAP de référence (BAP Ref), BAP50, BAP100,
BAP150 du point de vue rhéologique et mécanique.

11
CHAPITRE I

ETUDE BIBLIOGRAPHIQUE

12
INTRODUCTION
Les bétons autoplaçants (BAP, ou SCC, en anglais, self compacting concrete) ont été utilisés
pour la première fois au Japon vers la fin des années 1980 afin d’améliorer la rentabilité de la
construction, d’assurer constamment une mise en place correcte avec un béton de qualité et de
diminuer les nuisances sonores [1].
Ces bétons se développent maintenant en Europe et semblent être amenés à remplacer, à terme,
les bétons vibrés classiques dans de nombreuses applications. Ils présentent en effet des intérêts à
la fois techniques et économiques : possibilité de bétonner des zones fortement ferraillées ou à
géométrie complexe et obtention d’une meilleure qualité du parement (pratiquement
indépendante du savoir-faire des ouvriers) d’une part, diminution du temps et de personnel lors
de la mise en place et réduction des coûts des processus industriels, d’autre part.

1. INTERETS TECHNIQUES ET IMPACTS SOCIO-ECONOMIQUES


Leur origine semble provenir de la nécessité d’utiliser des matériaux de plus en plus
performants pour palier une réduction de la qualité des constructions due à une mauvaise mise
en place du matériau [2]. La mise en oeuvre d’un béton traditionnel nécessite une phase de
vibration afin de remplir correctement les coffrages. Cette étape conditionne la qualité de la
structure finale, mais c’est également un travail pénible qui demande un savoir-faire particulier.
La solution proposée a été d’utiliser un matériau très fluide, capable de se mettre en place et de se
compacter sous son Propre poids, sans vibration extérieure. Ces matériaux initialement appelés
bétons Hautes Performances, sont aujourd’hui connus sous le nom de bétons autoplaçants, bétons
autocompactants, ou bétons autonivellants, selon les applications [2]. Ils connaissent à l’heure
actuelle un essor considérable en Europe et aux Etats-Unis et prendront dans les années à venir
une place de plus en plus importante. Les domaines d’application des BAP sont nombreux, mais
leur utilisation implique une évolution ou une adaptation des moyens et des techniques
traditionnellement employées.

1.1. Mise en oeuvre


La principale différence, entre un BAP et un béton traditionnel, réside dans le comportement du
matériau à l’état frais et donc dans sa mise en oeuvre. La spécificité d’un BAP est d’être
extrêmement fluide. Il se compacte sous l’effet de son propre poids et ne nécessite donc pas de
vibration pour être mis en place. Par ailleurs, le matériau doit être stable pour assurer
l’homogénéité de la structure finale.

13
En terme de mise en oeuvre, les BAP offrent des conditions plus souples que le béton traditionnel
du fait de la suppression de la vibration. Un des avantages majeurs des BAP, que nous
aborderons également dans la partie traitant de leur impact économique, est la réduction de la
durée de la phase de coulage : la vidange de la benne se fait plus rapidement, l’écoulement du
matériau est bien évidemment plus aisé, la phase de vibration est supprimée et l’arase supérieure
est plus facile à réaliser.
La méthode traditionnelle de remplissage par le haut du coffrage peut être utilisée avec une
hauteur de chute plus importante. Il convient cependant de la limiter à 5m, pour éviter des
problèmes de ségrégation dus à la chute du béton dans le coffrage [3]. L’utilisation d’un tube
plongeur peut être une alternative pour limiter la hauteur de chute du matériau. La fluidité des
BAP permet par ailleurs l’injection du matériau en pied de coffrage, même pour des éléments
verticaux.
D’après les recommandations de l’Association française de Génie Civil [3], quel que soit le mode
de remplissage retenu, il Convient de limiter la longueur de cheminement horizontal dans les
coffrages. Une perte d’homogénéité peut en effet se manifester lorsque ce cheminement est trop
important. Ainsi, La longueur de cheminement maximale préconisée est de 10 m. (Dans certains
cas, elle peut être limitée à 5 m. Concernant la préparation des coffrages, notamment vis à vis de
l’étanchéité et de l’absence de débris, les précautions à prendre sont similaires à celles pratiquées
pour les bétons traditionnels [3]. Les recommandations de la Fédération française du béton [4]
précisent cependant que l’étanchéité en pied de coffrage est essentielle et que la propreté des
coffrages est à vérifier tout particulièrement. En effet, l’aspect de surface des BAP étant un de
leurs principaux atouts, il convient d’apporter un soin particulier à la préparation des coffrages.
Ce temps de préparation supplémentaire n’est cependant pas pénalisant pour l’avancement du
chantier et reste négligeable face au gain de temps apporté par la suppression de la phase de
vibration.
L’absence de vibration simplifie par ailleurs le calage des armatures et des réservations.
Comme pour les bétons traditionnels, il convient de vérifier les conditions atmosphériques avant
coulage. En dehors de l’intervalle 5 - 25°C, des dispositions particulières sont à prendre [4, 5].
Une attention particulière doit être apportée à la cure des BAP, et pour éviter l’évaporation, et
particulièrement lorsque le rapport surface/volume est important.
Le faible ressuage des BAP les rend en effet plus sensibles au retrait hydrique [3,6] d’une
manière générale, il est recommandé d’éviter une évaporation trop importante dans les premières
heures après mise en oeuvre [3].

14
1.2. Domaines d’emploi
Les caractéristiques des BAP laissent entrevoir de nombreuses possibilités techniques du fait de
leur grande fluidité :
- possibilité de coulage de zones fortement ferraillées,
- possibilité de coulage de zones d’architecture complexe et difficilement accessibles aux
ouvriers,
- obtention de très bonnes qualités de parement.
L’un des avantages majeurs du BAP est de permettre la réalisation de parements de grande
qualité. Leur composition, riche en éléments fins, permet d’obtenir une texture de surface plus
fine et plus fidèle à la peau coffrante utilisée. Les aspects satinés, lisses ou très structurés
recherchés par les architectes sont alors plus facilement réalisables. Des teintes homogènes et
régulières peuvent être obtenues si les conditions de mise en oeuvre évoquées précédemment
sont respectées, notamment du point de vue de la propreté des coffrages.
Le coulage d’un béton dans une zone très fortement ferraillée menait traditionnellement à un
surdimensionnement de la pièce afin de rendre accessible tout point du bétonnage.
L’utilisation des BAP présente des intérêts architecturaux importants puisque, sans augmenter les
performances mécaniques d’une structure donnée, ils permettent l’optimisation des sections ou la
réalisation d’éléments de forme complexe. Les BAP constituent donc une alternative
particulièrement intéressante au béton vibré dans les différents domaines de la construction :
bâtiment, ouvrages d’art, tunnels, préfabrication, réhabilitation, etc.
Walraven [7] précise cependant que les BAP sont souvent adoptés dans le domaine de la
préfabrication grâce aux avantages et aux gains directs qu’ils présentent. Globalement, leur
utilisation permet de réduire les coûts de production et, parallèlement, d’améliorer les conditions
de travail et la qualité des produits finis.
Leur utilisation est plus délicate sur site car Les BAP sont particulièrement sensibles aux
variations de teneur en eau. Or, bien que la production soit contrôlée, les lots de matériaux
peuvent avoir des caractéristiques légèrement différentes.
En effet, la formulation des BAP est particulière : utilisation d’adjuvants et d’additions
minérales. Leur sensibilité en ce qui concerne le dosage et la teneur en eau, la qualité et la
régularité des composants ainsi que les conditions de malaxage, nécessite donc la mise en place
d’un suivi plus important. Nous verrons que les différentes précautions à prendre sur chantier et
que la composition même du matériau peuvent entraîner un surcoût.
Les chantiers, où la solution BAP a été retenue, montrent l’intérêt de ces bétons.

15
Les motivations de ce choix les plus couramment rencontrées sont la facilité de mise en oeuvre,
la réduction des délais et la qualité des parements [8]. On peut citer quelques ouvrages réalisés en
BAP :

Tableau 1 - Quelques exemples d’applications d’après SEDRAN [8]

Dmax Agent Etalement Résistance Volume Type de mise


Type de projet (mm) de (cm) à 28 jours (m3) en oeuvre
viscosité (MPA)
Immeuble de 20
étages : structure mixte 20 Oui 67.5 53 1500 Pompage
acier avec noyau central
en béton
Pile d’un pont à haubans Déversement à
construite avec des 20 Oui 68 54 8000 Partir d’une
coffrages perdus Benne à béton
préfabriqués en béton
Massif d’ancrage du plus
long pont suspendu actuel 40 Non 60 36 12000 Pompage
(AKASHI KAIKYO)
Mur de 8 m de haut et 20 Déversement
cm d’épaisseur, la densité du haut des
de ferraillage rendait 20 Non 55 36 80 coffrages (8m)
difficile l’insertion du
tuyau de pompage

Les BAP constituent une véritable alternative au béton traditionnel. Bien que leur formulation et
leur contrôle, lors de la mise en oeuvre, nécessite une attention particulière, différents exemples
ont mis en évidence les possibilités techniques qu’ils offrent. Outre le fait qu’ils couvrent la
gamme des propriétés mécaniques usuelles, les qualités esthétiques des parements obtenus
devraient rapidement séduire les maîtres d’ouvrage. Les caractéristiques techniques des BAP ont
par ailleurs une implication directe du point de vue économique mais aussi social.

16
1.3. Impacts Socio-économiques
Nous avons vu que la fluidité des BAP est telle qu’il n’est plus nécessaire de les vibrer pour les
mettre en oeuvre. La suppression de la phase de vibration est particulièrement bénéfique pour les
personnes chargées de la mise en place, puisque cela implique :
- une diminution du bruit sur site
- une diminution de la pénibilité des tâches
- une réduction des risques d’accident
En effet, le bruit engendré pendant la phase de vibration est particulièrement désagréable
puisqu’il est d’une intensité élevée sur des périodes relativement longues. Dans le cas des usines
de préfabrication, où la réverbération du bruit sur les parois peut augmenter le niveau sonore de
manière très importante, toutes les personnes présentes dans l’atelier sont concernées par la
réduction du niveau sonore ambiant. Cette réduction des nuisances sonores peut éventuellement
permettre une meilleure implantation des usines dans leur environnement, puisqu’il est plus
facile de respecter les réglementations en matière d’insonorisation. Dans le cas d’un chantier, ce
sont principalement les personnes chargées de la mise en place et de la vibration qui bénéficient
de la réduction du bruit, mais également les riverains lorsqu’il s’agit d’un site urbain.
Malgré l’utilisation de procédés de construction de plus en plus mécanisés, les efforts physiques
auxquels sont soumis les ouvriers restent pénibles. Avec l’apparition des BAP, les opérations
traditionnelles de coulage, d’étalement, de talochage et de surfaçage se réduisent à une étape de
coulage suivie d’un débullage dans le cas des applications horizontales. Pour les opérations
verticales, les divers déplacements sur les banches, à travers trappes et échelles, sont réduits de
manière significative. De plus, le fait de vibrer le béton peut avoir de graves répercussions sur la
santé. Par ailleurs, les BAP sont mis en place par des opérations simplifiées donc par des agents
plus rapidement formés. Ils peuvent donc se concentrer sur la préparation des coffrages sans
avoir à assimiler ou mettre en pratique les recommandations sur la vibration. Mais compte tenu
des objectifs exigeants des BAP, les techniciens du béton (formulateurs, agents de laboratoires et
responsables de chantier) sont plus sollicités sur leurs connaissances des matériaux. Ils doivent
donc se familiariser avec ces nouvelles formules de béton, les constituants utilisés, mais aussi
avec les matériels et procédures nécessaires à leur préparation [9].
L’utilisation d’un BAP peut s’avérer plus économique que celle d’un béton ordinaire, et ce
malgré un surcoût de formulation. Ce surcoût est principalement lié à l’adjuvantation puisque
la fluidité doit être instantanée, mais également se maintenir dans le temps, dans le cas où les
lieux de fabrication et de coulage ne seraient pas les mêmes. Cependant, ces frais
supplémentaires peuvent rapidement être compensés par la diminution des coûts de main

17
d’oeuvre (réduction du nombre d’intervenants pendant la mise en place du béton), du temps de
coulage, des délais de fabrication, etc. Les BAP montrent en effet tout leur potentiel lorsque le
chantier est considéré dans son ensemble, frais directs et indirects, donc par«l’approche globale »
suggérée par Malier [10]. Même si l’utilisation des BAP nécessite certaines précautions en
matière de formulation ou de préparation du matériel, l’évaluation de leurs avantages techniques
mais également socioéconomiques montre que ces bétons devraient être de plus en plus utilisés à
l’avenir.

2. PARAMETRES INFLUENCANTS LA FORMULATION DES BAP


Par définition, un béton autoplaçant (BAP) est un béton très fluide, homogène et stable, qui se
met en place par gravitation et sans vibration. Il ne doit pas subir de ségrégation et doit présenter
des qualités comparables à celles d’un béton vibré classique. Le terme de béton autonivelant peut
aussi être utilisé mais il concerne plutôt des applications horizontales (dallage par exemple).
Ces bétons présentent plusieurs propriétés qui justifient l’intérêt nouveau que leur portent les
industriels [11] :
Cependant, ces avantages s’accompagnent fatalement de certains inconvénients :
- augmentation du coût des matières premières (additions, adjuvants),
- modifications des outils de fabrication (outils de mise en place).
Plusieurs approches de formulation des BAP ont été élaborées à travers le monde (approche
japonaise, approche suédoise, approche du LCPC, etc.) pour répondre aux exigences
d’ouvrabilité de ce type de béton.

Deux grandes familles prévalent actuellement :

• La première approche de formulation [12,13] :


Elle concerne des formulations fortement dosées en ciment et contenant une proportion d’eau
3
réduite. La quantité de ciment très importante (450 à 600 kg/m ) est nécessaire pour augmenter le
volume de pâte afin d’améliorer la déformabilité du mortier. Ce volume important de pâte limite
par conséquent les interactions inter-granulats (dont la quantité est parallèlement diminuée) et
l’utilisation d’adjuvants tels que les superplastifiants et les agents de viscosité permettent d’en
contrôler la fluidité et la viscosité. Cette approche de formulation conduit toutefois à des bétons
de hautes performances mécaniques, onéreux et mal adaptés à des ouvrages courants.

18
- Un volume de pâte élevé
Les frottements entre granulats sont source de limitations vis-à-vis de l’étalement et de la
capacité au remplissage des bétons. Le rôle de la pâte (ciment + additions + eau efficace + air)
étant précisément d’écarter les granulats, son volume dans les BAP est donc élevé (330 à
3
400l/m ) [Figure 1].

Figure 1 - Composition d'un béton ordinaire (BO) et d'un BAP.


Aspect à l'état frais d'un BO plastique et d'un BAP.

• Une deuxième famille de formulations


Elle repose sur le remplacement d’une partie du ciment par des fines minérales [14]. Ces
additions, comme les fillers calcaires par exemple, permettent d’obtenir un squelette granulaire
plus compact et plus homogène. La quantité d’adjuvant nécessaire à l’obtention d’une fluidité et
d’une viscosité données est alors diminuée. Leur utilisation conduit également à conserver des
résistances mécaniques et des chaleurs d’hydratation raisonnables.

- Une quantité de fines (Ø < 80 μm) importante


3
Les compositions de BAP comportent une grande quantité de fines (environ 500 kg/m ) pour
limiter les risques de ressuage et de ségrégation. Toutefois, le liant est fréquemment un mélange

19
de deux, voire trois constituants, pour éviter des chaleurs d’hydratation trop grandes (et un coût
de formule trop élevé).
Ce sont les exigences de résistance à la compression, les critères de durabilité et les paramètres
d’ouvrabilité (fluidité) qui déterminent le choix de ces additions (cendre volante, laitier de haut
fourneau, filler calcaire, etc., le filler calcaire étant l’une des additions fréquemment rencontrées
dans les formulations de BAP) et leur proportion respective.
L’introduction d’additions minérales entraîne une modification de la porosité de la matrice
cimentaire et influence les caractéristiques mécaniques et autoplaçantes du béton.

2.1. Cahier des charges minimum à l’état frais


Plusieurs spécificités de composition des BAP découlent de ces diverses approches.
- Un BAP doit s’écouler naturellement sous son poids propre (avec un débit suffisant),
c’est à dire avoir un étalement et une vitesse d’étalement importants.
- Un BAP doit aussi pouvoir remplir, sans vibration, des zones confinées et une grande
fluidité du béton peut ne pas être suffisante pour cela. En effet, lors de son écoulement au droit
d’un obstacle, les gravillons cisaillent le mortier et ont tendance à entrer en contact les uns avec
les autres si ce dernier ne résiste pas suffisamment au cisaillement [Figure 2]

Figure 2 - Phénomène de blocage des granulats au droit d’un obstacle [8]

- Un BAP doit présenter une bonne résistance à la ségrégation statique jusqu’à la prise du
béton, pour des raisons évidentes d’homogénéité de ses propriétés mécaniques.
- De plus, le ressuage d’un BAP ne doit pas être trop fort car ceci peut générer une chute
d’adhérence des armatures, par rapport à celles situées En zone inférieure lors du coulage, ainsi
que l’apparition de fissures [15].

20
En résumé, le principal problème dans la formulation d’un BAP est de concilier des propriétés a
priori contradictoires comme la fluidité et la résistance à la ségrégation et au ressuage du béton.

2.2. Particularités de la composition des BAP


Malgré les différentes méthodes de formulation existantes, certaines caractéristiques demeurent
intrinsèques aux BAP mais peuvent légèrement différer d’une approche à l’autre.

2.2.1. L'emploi de superplastifiants


La fluidité des BAP est obtenue en ajoutant des superplastifiants. Ces fluidifiants sont identiques
à ceux employés pour les autres types de béton, à savoir des polymères de type polycarboxylate,
polyacrylate/polyacrylate ester acrylique. Cette adjuvantation ne doit pas être trop élevée (proche
du dosage de saturation) sous peine d’augmenter la sensibilité du béton à des variations de teneur
en eau vis-à-vis du problème de la ségrégation et du ressuage. Les superplastifiants interagissent
avec les particules du ciment et des fines en s’adsorbant à leur surface pour diminuer le
phénomène de floculation au contact de l’eau. Ainsi, les particules sont dispersées par
combinaison d’effets électrostatiques et stériques et la proportion d’eau libre est plus importante
[16].
Tableau 2 - Exemple de formulation françaises SEDRAN [8]
Ciment Filler Gravillons Gravillons Sable Eau Super
Kg/m3 Kg/m3 (10-14) (5-12.5) Kg/m3 Kg/m3 plastifiant
Kg/m3 Kg/m3 Kg/m3
451 59 557 299 858 182.7 6.98
385 120 563 302 867 174 6.24
312 186 566 304 872 169.2 5.38
480 0 568 305 918 166.1 7.2
475 0 562 302 909 174.4 7.13
470 0 556 299 900 182.6 7.06

- selon le 1er cas (absence des additions), on remarque, plus le dosage en ciment
augmente, plus la demande en superplastifiant augmente.
- pour le 2eme cas (la présence des fillers comme adition) on remarque que plus le dosage
en fillers augmente, plus la demande en superplastifiant diminue.

21
Toutes ces observations montrent que le couple ciment - superplastifiant peut également avoir
son importance et que le dosage en superplastifiant peut varier de 7.06 à 7.2 Kg/m3 selon l’effet
souhaité. Par conséquent, il convient d’attacher une importance toute particulière au dosage des
adjuvants pour atteindre au mieux les propriétés visées d’un BAP à l’état frais.

2.2.2. Un faible volume de gravillon


Les BAP peuvent être formulés avec des granulats roulés ou concassés. Cependant, comme nous
l’avons vu précédemment, il faut en limiter le volume car les granulats sont à l’origine du
blocage du béton en zone confinée. Toutefois, comme ils conduisent par ailleurs à une
augmentation de la compacité du squelette granulaire du béton, ils permettent de réduire la
quantité de liant nécessaire à une bonne ouvrabilité et une résistance souhaitée.
Ces deux facteurs conduisent à prendre pour les BAP un rapport gravillon/sable (G/S) de l’ordre
de 1, qui peut être corrigé suivant le confinement de la structure étudiée.
Le diamètre maximal des gravillons (Dmax) dans un BAP est compris classiquement entre 10 et
20 mm, mais comme les risques de blocage pour un confinement donné augmentent avec Dmax,
cela conduit à diminuer le volume de gravillon.
En résumé, les composants de base d’une formulation de BAP sont identiques à ceux d’une
formulation de béton vibré mais leurs proportions sont différentes. Afin d’obtenir les propriétés
requises à l’état frais d’un BAP, une importante quantité de fines et l’incorporation d’adjuvants
(notamment les superplastifiants) sont nécessaires.

2.2.3. Les additions


2.2.3.1. Les cendres volantes
Les cendres volantes sont obtenues par des dépoussiérage électrostatique ou mécanique de
particules pulvérulentes provenant du courant des gaz de chaudière, alimentées au charbon
pulvérisé.
Le remplacement d’une partie du ciment par des cendres volantes à une faible influence sur le
seuil de cisaillement et la viscosité des pâtes de ciment [17]. Certains auteurs remarquent
cependant que leur utilisation peut améliorer la fluidité, car leur forme sphérique permet de
réduire les frottements entre les grains de ciment. Ferraris et al. [18] montrent par ailleurs que le
diamètre moyen des cendres volantes a une légère influence sur la valeur du seuil d’écoulement,
les mélanges les plus fluides étant obtenus avec les particules les plus fines (diamètre moyen 3,1
μm). Associées à un superplastifiant, les cendres volantes permettent de réduire le dosage en
adjuvant nécessaire à l’obtention d’une certaine fluidité, mais le Rapport E/C doit être

22
suffisamment important (équivalent au rapport utilisé pour l’échantillon Témoin) sinon la
demande en adjuvant augmente fortement.

2.2.3.2. Fumées de silice


Les fumées de silice sont formées de particules sphériques très fines (environ 1μm) présentant
une très forte teneur en silice (SiO2) amorphe. Elle proviennent de la réduction de quartz de
grande pureté par du charbon dans des fours a arc électrique utilisés pour la production de
silicium et d’alliages de ferroélectrique. Les fumées de silices ont des propriétés pouzzolaniques.
L’influence des fumées de silice doit être clarifiée. Pour certains auteurs [17-19], elles
augmentent les valeurs de seuil de cisaillement et de viscosité en augmentant la compacité des
mélanges,
Alors que pour CarIsward [20], par exemple, les fumées de silices ne modifient pas la viscosité.
Par rapport à la rhéologie d’un mélange de référence, Ferraris et al. [18] montrent que
l’utilisation de fumées de silice augmente la demande en eau et en superplastifiant que ce soit
pour des pâtes de ciment ou pour des bétons.

2.2.3.3. Filler calcaire


Sont des matières minérales naturelles ou artificielles, qui après une préparation appropriée en
fonction de leur granulométrie, améliorent les propriétés physiques (ouvrabilité et pouvoir de
rétention d’eau).
Ils peuvent être inerte ou présenter des propriétés faiblement hydrauliques, hydrauliques latentes
ou pouzzolaniques.
Zhu et Gibbs [21], ont étudié l’influence de différents type de filler calcaire. Dans le cas des
pâtes de ciment, le type de filler utilisé ne semble pas avoir d’influence sur l’étalement et ce pour
deux superplastifiants différents. En revanche, leur étude sur bétons montre que le type de filler a
une forte influence sur la demande en superplastifiant (choisit dans leur étude) pour obtenir un
étalement donné.
Les fillers à base de craie nécessitent plus d’adjuvant que les fillers calcaires et ceci sont
particulièrement remarquables dans le cas où le taux de remplacement est important.
Les causes possibles de différences entre les comportements des fillers sont la présence
d’impuretés, les différences entre les compacités et les possibles différences d’adsorption entre
les matériaux. Malgré cela, quel que soit le type de filler utilisé, leurs résultats montrent que plus
il y a de filler en remplacement du ciment, moins il faut de superplastifiant pour atteindre un
étalement donné.

23
2.2.3.4. Laitiers de hauts fourneaux
Le laitier granulé de haut fourneau est un matériaux hydraulique latente, c'est-à-dire qui présente
des propriétés hydrauliques lorsqu’il a subit une activation convenable.
Le remplacement d’une partie du ciment par des laitiers de hauts fourneaux permet globalement
de réduire le seuil de cisaillement et la viscosité des pâtes de ciment [17, 19].
Shi et al. [19] montrent par exemple que les laitiers de hauts fourneaux adsorbent le
superplastifiant. Il est donc possible que la demande en superplastifiant soit plus importante pour
obtenir une même fluidité ou valeur de seuil de cisaillement

2.2.4. Rôle des additions minérales [50]


Les superplastifiants permettent donc d’obtenir des bétons très fluides en réduisant les
frottements entre grains de ciment et en libérant une certaine quantité d’eau. Leur utilisation n’est
pas suffisante dans le cas des BAP. Nous avons vu que la fluidité de la pâte avait une certaine
influence sur le comportement du matériau mais que la quantité de pâte jouait également un rôle
vis-à-vis de la fluidité du mélange. Les interactions entre les plus gros grains doivent aussi être
réduites. Pour augmenter la quantité de pâte d’un BAP, on peut alors envisager d’augmenter la
quantité de ciment. Or ceci conduirait à une augmentation significative du coût du matériau mais
également à des problèmes de retrait dus à l’élévation de la température lors de l’hydratation du
ciment. Il est donc nécessaire de remplacer une partie du ciment par des additions minérales.
Différentes additions sont citées dans la littérature : cendres volantes, laitiers de hauts fourneaux,
fumées de silice et filler calcaire.
Ces matériaux peuvent avoir une influence chimique et/ou un rôle physique selon leur nature.
L’activité d’une addition minérale peut avoir trois effets différents :

• Effet filler ou effet de remplissage


Une addition minérale incorporée dans un mortier ou un béton modifie le squelette granulaire du
mélange, qui peut compenser un déficit en particules fines. Le squelette se trouve alors optimisé
par remplissage d’une partie du volume des vides, la maniabilité du mélange s’améliorant. si la
quantité d’eau est réduite pour conserver la même maniabilité , alors la résistance augmente , cet
accroissement de la résistance est appelé effet filler

24
• effet chimique ou pouzzolanique
L’activité chimique est le résultat de réactions chimique entre une ou plusieurs phases du
ciment et l’adition minérale. Par exemple les cendres volantes donnent lieu à la réaction
pouzzolanique. La réaction pouzzolanique est une réaction chimique entre la silice et la
portlandite. La silice est généralement apportée par une addition minérale de type cendre
volante, fumé de silice ou laitier de haut fourneau, la portlandite est produite par l’hydratation du
ciment.
La réaction pouzzolanique est une réaction qui ne peut avoir lieu qu’en présence d’eau.
L’accroissement de résistance qu’elle provoque prend toute son ampleur pour les longues
échéances, dans la mesure ou’ elle a aussi besoin d’hydroxyde de calcium, hydrate sous produit
de la formation du CSH du clinker.

• Effet physique ou de surface


L’incorporation dans les liants hydraulique d’une addition minérale, même inerte est favorable au
développement de la résistance à court terme. Cet effet est observé par de nombreux auteurs,
aussi bien sur des pâtes de ciment que des mortiers. Sans que les processus mis en jeu soient
clairement précisés et quantifiés, l’action de l’addition est généralement désignée sous le terme
de germination hétérogène.
Les hydrates nouvellement formés par l’hydratation du ciment pourraient précipiter en partie sur
les surfaces minérales offertes par l’addition. en conséquence la couche d’hydrate qui se forme
autour d’un grain de ciment anhydre présente une épaisseur réduite ; l’hydratation du cœur
anhydre , régie par des phénomènes de diffusion , est alors facilitée .l’addition minérale entraîne
donc une meilleur hydratation du ciment à un instant donné.
Ce processus d’hydratation différentielle entraîne une apparente accélération d’hydratation la
germination hétérogène reposant sur des phénomènes de surface, il est donc logique que la
résistance des mortiers augmente avec l’augmentation de la finesse des additions .mais, en fait,
plus que la surface spécifique, c’est vraisemblablement le nombre de particules d’addition par
unité de volume de pâte qui est le paramètre essentiel de ce phénomène.

3. RAPPEL SUR LES LAITIER DE HAUT FOURNEAU


Le laitier est un sous produit important de l’industrie sidérurgique, résultant de l’élaboration de
la fonte.
Le laitier de haut fourneau résulte de la fusion de la gangue de la minerai de fer, des cokes et des
additions minérales, un fondant, généralement à base de chaux est introduit pour abaisser le point

25
de fusion de la gangue et obtenir le laitier à une température de 1400 à 1500 (C°) dans le haut
fourneau Figure 3.

Figure 3 - Coupe schématique du haut fourneau

Le laitier de haut fourneau est composé essentiellement de quatre composants :


Chaux ( CaO) , magnésie (MgO) , silice ( SiO2 ) et alumine ( Al2O3) , selon le mode de
refroidissement adopté , on distingue deux formes minéralogique différentes de laitier :
- le laitier vitrifié (granulé) obtenu par refroidissement rapide par trempe : possède une
structure vitreuse riche en énergie lui conférant une hydraulicité latente (figure 4).
- le laitier cristallisé obtenu par refroidissement lent : lui a une structure minéralogique
cristalline stable et son hydraulicité si elle existe n’est que modeste (figure 4).

Cette différence, du point de vue cristallographique et chimique conditionne les propriétés des
matériaux obtenus et donc leur utilisation.

26
Figure 4 - Laitier cristallisé et laitier vitrifié (granulé) de haut fourneau

• Laitier cristallisé :
Le laitier liquide à 1300 C°/1500C° est évacué immédiatement en poche à laitier, dés la sortie du
haut-fourneau vers des zones spécifiques nommées crassiers, pour y être déversé, coulée après
coulée. Il s’y refroidit lentement, se transformant ainsi en roche dure artificielle. Le laitier
cristallisé, chimiquement stable, est destiné à être concassé .ses constituant sont essentiellement
des silicates et des silico-aluminates de calcium [22].

• Laitier vitrifié :
Brusquement refroidi à l’eau (trempe), il présente une structure vitreuse désordonnée,
susceptible, sous certaine conditions, d’évoluer vers une forme cristalline stable en développant
des résistances mécaniques, il existe deux types de laitier vitrifié :

• le laitier granulé :

Pour lequel le refroidissement se fait selon deux formes : le laitier liquide est versé dans de
grands bassins d’eau ou’ il se transforme en sable grossiers de granulométrie 0/5 qui est le laitier
granulé, cette méthode de granulation a été utilisée à l’origine comme moyen de fragmentation
pour faciliter la manutention du laitier.
Il peut être trempé par des jets d’eau alors qu’il s’écoule à la sortie du haut fourneau, c’est le
procédé utiliser pour la granulation du laitier d’EL HADJAR [23].

27
Figure 5 - Granulation du laitier de haut fourneau d’ EL HADJAR

3.1. Traitement du laitier au complexe sidérurgique d’EL HADJAR


Le complexe sidérurgique d’El Hadjar est équipé de deux hauts fourneaux qui produisent des
quantités considérables de laitier (environ 380 Kg par tonne de fonte) [23]. En exploitation
normale ces deux hauts fourneaux peuvent produire chaque année 500.000 tonnes de laitier brut
[23] dont le taux de granulation varie selon la demande.

3.1.1. Composition chimique


La composition chimique du laitier peut varier dans de larges limites, suivant la pureté du
minerai, la nature et la qualité du fondant, la nature du combustible et le procédé employé.
Généralement les concentrations en oxydes varient pour la chaux (CaO) de 30 à 50 %.
La silice (SiO2) de 28 à 38 %, l’alumine (Al2O3) de 8 à 24 %, le soufre (S) de 1 à 2.5 %.

3.1.2. Granulométrie :
Le laitier granulé se présente sous forme d’un gros sable de granulométrie 0/5 et de module de
finesse voisin de 3.

3.1.3. Masse volumique


La masse volumique apparente du laitier granulé peut varier de 900 à 1000 Kg/m3 et la masse
volumique absolue varie de 2800 à 3000 Kg/m3.

28
3.1.4. Hydraulicité du laitier granulé
L’hydraulicité du laitier vitrifié par trempe est sa faculté d’évoluer, sous l’effet d’une activation
basique (attaque des grains vitreux par une solution basique) vers son plus bas niveau d’énergie
en formant des produits d’hydratation solides et ceci grâce à sa structure vitreuse, irrégulière et
riche en énergie, cette propriété dépend essentiellement de [24]:

- la composition chimique du laitier


- la finesse des particules du laitier
- le degré de désordre des liaisons
- la température d’hydratation du système et sa concentration en alcalin

3.2. Utilisation du laitier granulé


• Dans le béton
Le laitier granulé peut intervenir comme constituant dans la composition des bétons
hydrauliques. Il peut être ainsi utilisé dans les bétons classiques comme sable actif de part son
caractère hydraulique, soit à l’état brut, soit sous forme de laitier pré broyé. Il peut également être
moulu et incorporé dans le béton comme filer actif [25] [26].

• Dans les ciments


c’est en 1990 que fut produit les premiers ciments au laitier , qui a conduit a la fabrication de
ciment CPJ résultant d’un broyage simultané de clinker ( 70 à 80 % ) de laitier granulé ( 15 à
25 %) et de gypse naturel (5 %).

• Autres utilisations :
- dans les briques de laitier,
- dans la construction d’assise de chaussées,
- comme matière première dans la fabrication du verre,
- soit comme matière première dans la fabrication de la céramique, soit sous forme de
matériaux fondus à haute température puis refroidi et traité thermiquement pour
donner naissance à la vitro céramique
- comme dégraissant des argiles pour la terre cuites

29
3.3. Conclusion

Dans le premier chapitre, on a vu la principale différence entre un BAP et un béton traditionnel,


cette différence est réside dans le comportement du matériaux à l’état frais, ce comportement est
dépend de plusieurs paramètres, il doit répondre à un cahier de charge bien défini pour optimiser
un BAP.
A cet effet, nous avons consacré le chapitre 02 pour présenter les différentes méthodes de
formulations et les propriétés des BAP.

30
CHAPITRE II

METHODES DE FORMULATION ET DE CARACTERISATION

DES BETONS AUTOPLAÇANTS

31
1. QUELQUES METHODES DE FORMULATION
1.1. Pratique actuelle de la formulation des BAP
La plupart des formules de BAP sont conçues actuellement de manière empirique. La méthode de
Dreux - Gorisse n'est en effet pas adaptée, car elle ne prend en compte ni les adjuvants ni les
additions. La formulation se fait donc sur la base de l'expérience acquise ces dernières années.
Par chance, le cahier des charges des BAP est très souvent réduit à sa plus simple expression,
puisqu’il ne concerne que les propriétés à l'état frais. En fait, le client majoritaire des fabricants
de BPE, et notamment l'industrie des bâtiments, qui utilisent principalement des bétons de 25 à
35 MPa. Or, par expérience, on sait que ces résistances "ordinaires" sont facilement atteintes par
les BAP (d'autant plus que leurs rapports E/C sont proches de ceux des BO qu'ils doivent
remplacer).
En outre, l'aspect économique n'est pas encore le critère prédominant de la formulation ; les
dosages en superplastifiant et en fines ne sont donc pas bornés. Il est vrai, paradoxalement, que
l’utilisation des agents de viscosité n'est pas très diffusée, justement à cause de leur coût, avec le
temps, et le retour d'expérience, certaines plages se sont dessinées pour chaque constituant,
facilitant un peu le travail du formulateur [3].
- Le volume de gravillons est limité en prenant un rapport G/S (masse de gravillons sur
masse de sable) proche de 1.
- Le volume de pâte varie entre 330 et 400 l/m3.
- La masse de ciment est supérieure ou égale au minimum requis par la norme du BPE
(P18-305), soit en général de 300 à 350 kg/m3. En complément, la masse d'addition se
situe entre 120 et 200 kg/m3.
- Le dosage en superplastifiant est proche de son dosage à saturation.

La formulation se fait par tâtonnement sur la base de ces plages. Certains formulateurs ont certes
développés leur propre outil. Sont le plus souvent des méthodes dérivées de la méthode Dreux-
Gorisse, avec une courbe granulométrique de référence englobant les éléments fins. Ces
approches sont intéressantes dans le sens où elles permettent de détecter les classes granulaires
manquantes. On ne peut toutefois pas les considérer comme des techniques à proprement parler
de composition, car il n'existe pas de courbe de référence universelle Ce sont plus des supports
qui facilitent la formulation.

1.2. Méthode japonaise proposée par Okamura et al [27]


Le principe de cette méthode est le suivant :

32
- la teneur volumique en gravillons du béton est fixée à 50 % du volume du solide
- le volume du sable est fixé à 40% du volume total du mortier
- l’optimisation de la pâte s’effectue sur un mortier dont la teneur volumique en sable
est égale à 40 %
- l’eau, superplastifiant et les fines sont ajustés pour les mortiers pour obtenir une
viscosité suffisante (mesurée par le temps d’écoulement par l’entonnoir figure 6-a) et une
fluidité importante (mesurée par l’étalement au cône figure 6-b).
Les auteurs définissent alors deux grandeurs : étalement relatif et vitesse relative d’écoulement :
L’étalement relatif D est donné par l’équation :

( d 2 − d 02 )
D=
d2

D Etalement relatif
d est le diamètre de la galette et d0 la base du cône ( en cm).

Ils définissent également l’écoulement relatif T

10
T =
te

T : écoulement relatif (seconde -1)


te : le temps d’écoulement à l’entonnoir exprimé en seconde

Pour obtenir un béton autoplacant acceptable, il faut avoir simultanément :

D = 10 , T = 1 (S-1)

33
(a) Cône à mortier

(b) Entonnoir à mortier

Figure 6 a et b - Essais d'optimisation des dosages en eau et en superplastifiant sur mortiers.

1.3. Méthode française (laboratoire central de ponts et chaussées (LCPC) : proposée par De
Larrad et al [28]
Au LCPC , un model mathématique a été développé à partir d’un model de suspension solide ,
ce model est basé sur les interactions granulaire entre les différents constituants du mélange . Il
permet de prévoir la compacité d’un mélange granulaire avec une précision inférieur à 1% à
partir des constituants ci-après :
- Les distributions granulaires,

34
- Les proportions du mélange
- La compacité propre
- La densité apparente
La procédure à adopter pour déterminer les proportions des divers constituants est la
suivante :
- la proportion du liant et fixée à priori (70% du ciment, 30% d’addition par exemple).
- le dosage, à saturation, du superplastifiant est déterminé, selon l’expérience du LCPC,
ce dosage pourrait conférer au béton une viscosité élevée, la moitié de ce dosage serait plus
pertinente.
- le besoin en eau de ce mélange (en présence de superplastifiant) est déterminé.
- les calculs sont effectués avec le logiciel en tenant en compte du confinement (effet de
Paroi)
- La viscosité est fixée de manière arbitraire, La teneur en eau est réduite en
conséquence et la proportion (liant / filler) est maintenue constante. Les proportions (granulats /
phase liante) sont optimisées.
1.4. Méthodes basées sur l'optimisation du squelette granulaire [16]
La formulation des bétons peut passer par une optimisation de la porosité du système formé par
les grains solides, du ciment aux gravillons [16]. Il est connu par exemple que la résistance à la
compression augmente avec la compacité de la pâte. L'ouvrabilité est elle aussi tributaire de
l'arrangement du squelette granulaire.
Dans ce cas le béton est considéré ici comme un mélange bi - phasique , avec une phase solide ,
les granulats , et une phase liquide , la pâte , dans le cas des BAP , la pâte joue un rôle
prédominant . c’est alors que la notion d’excès de pâte est introduite , comme mentionnée sur
la Figure 7 , la formulation consiste à déterminer la quantité de pâte en excès optimale pour
fluidifier le BAP et limiter les problèmes de blocage.

1 2
Figure 7 - Notion d'excès de pâte : la pâte remplit la porosité (1) et écarte les granulats (2).

35
DE LARRAD et AL [28] ont développé un model décrivant mathématiquement un empilement,
à partir des caractéristiques des grains qui le composent (forme, granulométrie). Le model permet
le calcul de la compacité du béton et d’un indice représentatif de son degré de serrage. A laide
de ces variables sont modélisées la viscosité et le seuil de cisaillement du béton frais.

2. CARACTERISATION DES BAP A L’ETAT FRAIS


Les connaissances acquises depuis l’apparition des BAP et la meilleure maîtrise de toutes les
étapes (formulation, fabrication, mise en oeuvre et contrôle) sont suffisantes pour permettre
l’utilisation de ces bétons dans de nombreuses applications. Certains points restent cependant à
améliorer pour en étendre l’emploi.
Le comportement d’un BAP à l’état frais se différencie notablement de celui d’un béton
ordinaire. Son ouvrabilité se décline classiquement suivant : sa mobilité en milieu non confiné, sa
mobilité en milieu confiné et sa stabilité (vis à vis de la ségrégation et du ressuage) [3]. La
formulation d’un tel béton est donc plus complexe que celle d’un béton traditionnel et implique
une composition spécifique.
En France, des recommandations nationales AFGC [15] prévoient de caractériser les BAP à l’état
frais en prenant en compte les trois caractéristiques principales demandées :
- la mobilité en milieu non confiné,
- la mobilité en milieu confiné,
- la stabilité c'est-à-dire la résistance à la ségrégation et au ressuage.

2.1. Mobilité en milieu non confiné


L’essai le plus courant, car le plus facile à mettre en oeuvre, permettant de caractériser la
mobilité en milieu confiné est l’essai d’étalement réalisé à l’aide du cône d’Abrams (voir figure 8
et 9).
En effet, la valeur de l’étalement, donnée par la mesure du diamètre de la galette de béton,
s’avère être plus représentative que celle de l’affaissement. Les valeurs d’étalement sont
habituellement fixées entre 60 et 75 cm, sans auréole de laitance ou d’amoncellement de gros
granulats au centre en fin d’essai [15]. La vitesse d’étalement du béton est également une
indication souvent prise en compte (t50 par exemple : temps pour atteindre une galette de
diamètre 50 cm).

36
Figure 8 - Essai d’étalement au cône (slump flow)

Figure 9 : Essai d’étalement au cône d’Abrams

2.2. Mobilité en milieu confiné


Lors de leur mise en oeuvre, les BAP sont soumis à différentes sollicitations. Dans un premier
temps, le matériau doit s’écouler et passer à travers des armatures plus ou moins denses. Une fois
le remplissage effectué, le matériau est soumis à la gravité jusqu’à la prise. Afin de rester
homogène tout au long de ces différentes étapes, le matériau doit répondre à ces sollicitations de
différentes manières.
S’il y a instabilité, c’est à dire une séparation entre les gros granulats et la phase suspendante lors
de la mise en oeuvre dans le coffrage, on parle de ségrégation dynamique. La ségrégation
statique peut apparaître une fois que le matériau est en place et jusqu’à la prise.
La ségrégation peut être nuisible aux résistances mécaniques mais également à la durabilité de la
structure. Or elle n’est pas visible sur les parements sauf si elle s’accompagne de ressuage. Il est

37
donc nécessaire de s’assurer en amont de la stabilité du BAP et de disposer d’essais de
vérification avant coulage.

2.2.1. Présentation des essais :


2.2.1.1.Capacité d’écoulement à travers des armatures :
Différents essais sont disponibles pour mettre en évidence la capacité d’un BAP à s’écouler à
travers un ferraillage plus ou moins dense.

• L’essai à la L-Box est recommandé par l’AFGC [3]. Il permet de tester la mobilité du
béton en milieu confiné et de vérifier que sa mise en place ne sera pas contrariée par des
phénomènes de blocage (Figure 10).

Figure 10 - Risque de blocage au droit des armatures

Le dispositif d’essai est constitué d’une boîte en forme de L (figure 11- a). La partie verticale est
séparée de la partie horizontale par une trappe. Des armatures peuvent être intercalées avant la
trappe. L’AFGC [3] recommande l’utilisation de trois barres de 14 mm de diamètre, espacées de
39 mm. Le mode opératoire de l’essai à la L-Box est le suivant : la partie verticale du dispositif
est remplie de béton (volume nécessaire de l’ordre de 13 L). Après arasement, le matériau est
laissé au repos pendant 1 min. La trappe est ensuite soulevée afin de laisser s’écouler le béton à
travers le ferraillage. A la fin de l’essai, les hauteurs de béton, de la partie verticale et de
l’extrémité de la partie horizontale, sont mesurées (respectivement H1 et H2). Le rapport H2/H1
permet de caractériser la dénivellation et doit être supérieur à 0,8. Un mauvais écoulement du
béton à travers le ferraillage et un amoncellement de granulats au niveau de la grille sont signes
d’un problème de blocage ou de ségrégation.

38
Figure 11 a : Essai d’écoulement à travers des armatures L Box

Un essai proche de celui que nous venons de décrire est l’essai à la boîte en U (U-Box) présenté
sur la figure (11.b). Il est utilisé au Japon et en Angleterre mais ne semble pas être utilisé en
France. Le principe est sensiblement le même que pour la boîte en L. Le béton doit s’écouler à
travers des armatures et remonter dans la deuxième partie du U de la boîte. Une hauteur de
remplissage supérieure à 300 mm est requise [29]. Différentes versions de la forme de la boîte
existent : fond arrondi ou fond aplati.

Figure 11 b : Essais d’écoulement à travers des armatures U-box,

Afin de vérifier la capacité d’un béton à s’écouler à travers des armatures, le J-ring test peut
également être employé (figure 11-c). Il s’agit d’un anneau sur lequel différentes armatures
peuvent être fixées .

39
Figure 11 c : Essais d’écoulement à travers des armatures J-ring

• Conclusion
La ségrégation dynamique est une séparation entre les granulats et la phase suspendante lors De
l’écoulement. Certaines précautions de formulation, telles que la réduction du diamètre maximal
des granulats, peuvent permettrent de limiter les risques de blocage au droit des Armatures.
Cette ségrégation dépend principalement de la viscosité du matériau qui permet d’entraîner
correctement les granulats lors de l’écoulement.
Une nouvelle contrainte est apparue. Non seulement l’étendue granulaire doit être limitée, mais
la granulométrie doit également être continue et bien distribuée. La quantité de sable doit donc
être ajustée pour obtenir un compromis satisfaisant.
Cependant, l’absence de ségrégation dynamique lors d’un essai à la L - Box ou au V- Funnel ne
suffit pas à garantir l’homogénéité des propriétés finales du matériau. Une instabilité du matériau
peut également s’opérer lors de la phase de repos précédant la prise. Cette ségrégation statique
est présentée par la suite.

2.3. Stabilité
Pour l’étude du phénomène de ségrégation statique, on suppose que le matériau s’est
correctement mis en place (absence de ségrégation dynamique) et que seule une ségrégation des
gros granulats sous l’effet des forces de pesanteur peut apparaître.
L’aptitude d’un BAP à rester homogène une fois coulé est aussi importante que celle durant la
mise en place. L’homogénéité du matériau conditionne en effet ses propriétés à l’état durci
(résistance mécanique, retrait, durabilité, etc.). Le béton doit donc être stable sous l’effet de la
gravité (pas de ségrégation) et présenter une capacité de ressuage limitée.

2.3.1. Résistance à la ségrégation


L’essai de stabilité de référence n’existe pas encore mais la résistance à la ségrégation statique
d’un BAP doit impérativement être caractérisée. Différents tests peuvent être utilisés pour

40
caractériser cette capacité d’un BAP à rester homogène après sa mise en place jusqu’au début de
prise. Un de ces essais est celui dit de « stabilité au tamis », (Figure 12) [15], qui consiste à
évaluer le pourcentage en masse de laitance (noté P par la suite) d’un échantillon de
LAITANCE

béton (4,8 ± 0,2 kg) passant à travers un tamis de 5 mm. Les critères d’acceptabilité d’une
formulation de BAP sont divisés en trois classes :
- 0% < P < 15% : stabilité satisfaisante,
LAITANCE

- 15% < P < 30% : stabilité critique (essai de ségrégation à réaliser sur site),
LAITANCE

- P > 30% : stabilité très mauvaise (ségrégation systématique, béton inutilisable).


LAITANCE

Figure 12 - Essai de stabilité au tamis

2.3.2. Ressuage :
La capacité de ressuage peut être mesurée par l’essai à l’aéromètre modifié (développé par le
LCPC, Figure 13) [15] : le volume d’eau libéré par l’échantillon de béton remonte au-dessus du
perchloroéthylène (dont la densité est supérieure à celle de l’eau : 1,59) dans une colonne
graduée où il est facile de l’estimer [15].
Ce test semble cependant peu pratique à utiliser étant donné la nocivité du produit employé.

41
Figure 14 - Essai de ressuage à l’aéromètre

3. PROPRIETES DES BAP A L’ETAT DURCI


Les particularités de composition des bétons autoplaçants conduisent à étudier les différentes
propriétés mécaniques de ces bétons

3.1. Propriétés Mécaniques


De nombreux travaux ont montré que les déformations des bétons sont sensibles à la proportion
de granulats qui entre dans leur composition [30]. Plus précisément, le béton peut être représenté
comme une combinaison de deux phases : la pâte de ciment durcie, ou matrice, et les granulats,
ou inclusions. Les propriétés de ce mélange (module, retrait, fluage) dépendent alors des
caractéristiques élastiques respectives de chaque phase, de leur proportion, de leur fluage et de
leur retrait.

3.1.1. Résistance mécanique


L’utilisation de fillers dans une formulation de béton génère une accélération de sa résistance
mécanique aux jeunes âges [31]. Les particules fines du filler, lorsqu’elles sont bien défloculées
par les superplastifiants, favorisent l’hydratation du ciment, principalement par un effet physique,
et conduisent à une matrice cimentaire dont la structure est plus dense. Ces effets ont une
influence sensible sur la résistance mécanique jusqu’à 28 jours puis deviennent moins
significatifs par la suite.
Différentes données ont été publiées [32, 33] sur l’évolution de la résistance mécanique des BAP
contenant des fillers calcaires comparée à celle des bétons vibrés et soutiennent les affirmations
précédentes (voir figure 14).

42
Figure 14 - Evolution de la résistance mécanique d’un BAP (SCC) et d’un BV (REF)
Correspondant

De plus, certains auteurs [34] affirment que cette augmentation de résistance est d’autant plus
marquée pour les BAP que la finesse du filler (exprimée en valeur Blaine) est grande . Cet effet
tend lui aussi à s’annuler au-delà de 28 jours.
Le dosage plus ou moins important en adjuvants dans les formulations de BAP peut aussi avoir
une influence sur l’évolution de la résistance mécanique du béton.
Ainsi, l’introduction d’un agent de viscosité peut diminuer sensiblement la résistance mécanique
d’un BAP aux jeunes âges [35].
De même, certains superplastifiants utilisés pour contrôler la fluidité des formulations ont pour
effets secondaires de retarder le temps de prise et d’augmenter le développement de la résistance
mécanique [36]. Etant donné la défloculation du liant hydraulique qu’ils engendrent, leur dosage
important dans les BAP conduit à considérer que ceux-ci seront plus résistants que des bétons
vibrés supposés similaires au départ.

4. Conclusion
Dans ce chapitre , on a présenté quelques méthodes de formulations et les caractéristiques des
BAP à l’état frais avec les différents essais utilisés , afin de remplir ces conditions , nous avons
consacré le chapitre 03 à la caractérisation des matériaux utilisés dans cette étude.

43
CHAPITRE III

MATERIAUX ET PROCEDURES

44
INTRODUCTION
Dans cette étude, nous présentons les résultats d’une étude expérimentale portant sur l’évaluation
des effets de dosage des laitiers granulés de hauts fourneaux sur les propriétés physico -
mécaniques des bétons autoplacants.
Tout d’abord, on a commencé par la formulation d’un béton ordinaire (un béton témoin dosé à
350 Kg/m3 de ciment), puis on a optimisé le pourcentage de superplastifiant à ajouter au béton
pour obtenir un BAP de caractéristiques requises.
Pour l’amélioration des propriétés physiques et mécaniques des BAP, l’utilisation des additions
minérales dans les bétons comme substitut du ciment ou comme ajout a des avantages divers,
parmi les matériaux les plus utilisés, les laitier granulé de hauts fourneaux , dans ce but on a
d’abord substitué 50 (kg / m3 de béton) de ciment par le laitier et ensuite ajouté respectivement
50 et 100 (kg / m3 de béton) de laitier au béton autoplacant, et chercher l’influence de ce dernier
sur l’ouvrabilité et la résistance à la compression de BAP .
Les laitiers granulés ajoutés sont obtenus après le broyage fin (<80 μm).
Tous les essais menés au cours de cette étude ont été effectués sur béton , les premiers
concernant l’étude de propriétés à l’état frais , en particulier celles des BAP , afin d’estimer leur
fluidité et leur ségrégation dynamique et statique ( essais d’étalement au cône , la boite en L , et
de la stabilité au tamis ) ensuite , l’essai de résistance a la compression a été effectué pour
évaluer une des propriétés mécaniques essentielles.

1 MATERIAUX
1.1. Ciment
Le ciment utilisé est un ciment CPJ CEM II/A de classe 42.5 provenant de la cimenterie de
TEBESSA (EL-MALABIOD), sa surface spécifique Blaine de 3560 cm2/g
La composition chimique (% en masse) du ciment est donnée dans le tableau 3

Tableau 3 - Composition chimique du ciment CPJ 42.5 TEBESSA (en %)


PAF CaO SiO2 Al2O3 Fe2O3 MgO K2O Na2O SO3 Rl CaO Cl-
975C° libre
2.00 58.00 25.50 6.25 3.00 1.35 0.45 0.12 2.44 4.60 1.12 0.01

Tableau 4 - Composition minéralogique du clinker (en %)


C3A C3S C2S C4AF
CPJ 42.5 9.2 63.07 9.92 8.23

45
Tableau 5 - caractéristiques physique du ciment CPJ 42.5 Tébessa
Caractéristiques Valeurs Unités
- Consistance Normale 27 %
- Début de prise 150 min
- Fin de prise 270 min
- Expansion A chaud 1.1 %
- masse volumique absolue 3.1 g/cm3
- masse volumique apparente 1 g/cm3
- Refus au tamis 45μ 18 %
- Retrait sur mortier μm/m ≤ 1000 µm/m

1.2. Granulats :
Les granulats utilisés ( Fraction 3/8 , 8/15 ) sont des granulats à granulométrie continue (Figure
15), provenant de carrière de l’établissement national des graviers ( ENG Tébessa) et un sable
roulé 0/5 provenant de sablière de OUM ALI ( KOUDIA) W de TEBESSA NF.P 18-560 [37] .

100

90

80
Sable 0/5

70
T a m i s a t s en %

60

50 Gravier 3/8

40

30

Gravier 8 / 15
20

10

0
0.08
0 0.16 0.315
3 0,63 1.25
6 2.50 9 12 5 6,3
15 8 18 10 16
21 20 24
25 40 50
27 80 30

D i a m è t r e d e s T a m i s en m m

Figure 15 - les courbes granulométriques des gravillons et sable

Des essais de caractérisation ont été effectués sur les granulats


- analyse granulométrique
- équivalant de sable
- détermination des densités apparentes et absolues

46
- essais de Los Angeles
- essai de propreté des agrégats
Les résultats obtenus sont portés dans les tableaux ci-après :

Tableau 6 - Essai d’équivalent de sable


Nature de Poids en g Lecture Résultats ES (%) Observation
l’échantillon H1 (cm) H2 (cm) En %
120 11.2 8.9 79.46 convenable
Sable roulé 120 11.5 8.8 76.52 76.21 N P18-597
0/5 120 11.7 8.5 72.65 [38]

Commentaire : sable roulé siliceux avec un module de finesse égale à 2.035 et un équivalant de
sable ES égale 76.21, sable de qualité acceptable qui donne une ouvrabilité satisfaisante, bonne
résistance, risque de ségrégation limité.

Tableau 7 - les résultats de caractérisation des matériaux


Essais Equivalent de γapp ( Kg/m
3
γ abs( Kg/m3 LA
propreté %
Gravier 3/8 1.06 1360 2610 -
Gravier 8/15 0.99 1370 2630 30.7
≤2 - - ≤ 40
Normes
Françaises P 18-591 NF EN 1097- NF EN 1097-3 NFP 18-574
[39] [40] [40] [41]

Commentaire : des graviers de nature minéralogique calcaire et un granulométrie continu de


qualité acceptable recommandé pour le béton armé.

1.3. Adjuvant :
L’adjuvant employé est un plastifiant BV 40 réducteur d’eau, conforme à la norme NF EN 934-2,
(de la société SIKA, voir Annexe 1), Sa densité de 1,185, sa teneur en ions chlore est inférieure à
0,1%. Son dosage peut varier de 0,3 à 1% de la masse de ciment selon l’effet souhaité.

1.4. Addition minérale :


Pour la formulation de BAP, on a ajouté le laitier granulé de haut fourneaux, le laitier granulé
d’EL HADJAR se présente sous forme de grains sphériques, de couleur jaune claire (voir figure
16), de structure poreuse et de masse volumique apparente (ρ app) de 1000 kg / m3 et de masse

47
volumique réelle (ρ abs) de 2800 kg / m3, dans notre étude le laitier granulé a été broyé a l’aide
d’un broyeur a boulets à une finesse exprimée par le diamètre des grains inférieur à 80 µm.

Figure 16 - laitier granulé d’el Hadjar (avant et après le broyage)

2. ESSAIS ET PROCEDURE [AFPC 97]


2.1. Confection des éprouvettes
Le malaxage des bétons a été effectué à l’aide d’un malaxeur de volume de 14 L à cuve
horizontale tournante
La séquence de malaxage retenue a été la suivante [42]
- Préhumidification des granulats secs pendant 10 minutes (avec 3% de la masse sèche
totale des granulats),
- malaxage pendant 30 secondes des constituants (ciment et granulats),
- Introduction de l’eau de gâchage restante (plus une partie éventuelle de l’adjuvant)
puis malaxage pendant 1 minute 30 secondes,
- Introduction de la partie restante de l’adjuvant et malaxage pendant 2 minutes.
La mise en place a été effectuée dans les différents moules destinés aux échantillons
correspondants aux essais programmés, Le béton ordinaire a été mis en place par vibration à
l’aide de table vibrante, Les bétons autoplaçants n’ont subi aucune vibration, ni autre méthode de
compaction.

2.2. Essais effectués sur le béton frais


Trois essais de caractérisation ont été préconisés en l’an 2000 par l’Association Française de
Génie Civil [3]. D’abord provisoires, ces recommandations sont devenues sur site les essais de
référence pour valider une formule de BAP.

48
• Essai d’étalement : L’essai classique au cône d’Abrams est utilisé pour mesurer un
étalement dont le diamètre est proportionnel au seuil de cisaillement du béton. Il donne donc une
indication sur sa capacité à s’autocompacter en milieu non confiné [3].

• Essai à la boite en L : Lors de l’essai, on remplit d’abord la partie verticale d’une boîte
en forme de L. Après une minute, la trappe est levée permettant l’écoulement à travers trois
armatures de diamètre 14 mm et distantes de 39 mm. Le taux de remplissage final H2/H1
renseigne sur la mobilité du béton en milieu confiné [3].

• Essai de stabilité au tamis : À la fin du malaxage, dix litres de béton sont versés dans
un seau. Après une attente de quinze minutes, une masse 4,8 kg de béton est versée du seau sur
un tamis de maille 5 mm. Deux minutes plus tard, on pèse la quantité de pâte (laitance) ayant
traversé le tamis. Un pourcentage élevé de laitance par rapport à la masse initiale est un
indicateur d’une faible résistance à la ségrégation [3].

Le Tableau donne les valeurs préconisées pour l’obtention d’un BAP [3].

Tableau 8 - Valeurs préconisées pour les essais AFGC


Etalement De 60 cm à 75 cm
H2/H1 ≥ 0.8
Laitance ≤ 15%

2.3. Confection des éprouvettes :


Apres avoir réalisés les essais sur le béton frais, on a procédé au prélèvement des échantillons
de béton, des moules cylindriques métalliques de dimension 16x32 cm (voir figure 17) enduit
légèrement d’huile ont été utilisés pour préparer les éprouvettes aux essais de compression à 7,
28 jours.

49
Figure 17 - préparation des moules pour le coulage du béton

2.4.Mode de mûrissement
Les moules ont été recouverts d’un plastique pour éviter l’évaporation de l’eau, et conservées à
l’air libre pendant 24 heures.
Apres le démoulage, les échantillons sont conservés dans l’eau jusqu’à la date des essais à
température ambiante.

2.5. Essais réalisés sur le béton durci (résistance à la compression) :


L’essai de résistance à la compression simple a été réalisé sur des cylindres de160*360 (mm),
les résultats obtenus à 7, 28 jours proviennent de la moyenne de 3 échantillons.
La presse utilisée pour l’écrasement uniaxial des cylindres est une presse hydraulique de
capacité maximale 2000 KN et pression maximale 649.7 Bar et surface utile du piston 314.159
cm2 avec une énergie élastique 2100 J (voir photo 18 ) .

Figure 18 : la presse utilisée pour l’écrasement

50
3. Conclusion

Dans ce chapitre on a caractérisé les différents matériaux utilisés dans cette étude, et on a
présenté la procédure utilisée pour la confection des éprouvettes.
Le chapitre suivant présente la formulation des bétons d’études.

51
CHAPITRE IV
FORMULATION ET CARACTERISATION DES BETON D’ETUDE

52
INTRODUCTION
L’étude de la composition d’un béton consiste à définir le mélange optimal des différents
granulats, du dosage en ciment, d’eau, d’adjuvants, et éventuellement d’additions pour réaliser
un béton dont les qualités sont celles recherchées pour la construction de l’ouvrage.
Quelle que soit la méthode utilisée, la formule de composition proposée ne peut prétendre
correspondre parfaitement au béton désiré, car il n’est pas possible d’appréhender avec précision,
par le calcul, certaines qualités des constituants qui influencent directement la qualité du béton :
forme, angularité, porosité, adhésivité des granulats, fines du sable, finesse de mouture et classe
de résistance vraie du ciment, etc.
C’est pourquoi, comme beaucoup de spécialistes dans la matière, le calcul d’un mélange n’est
qu’une première approche de préparation des mélanges d’essais qui permettront de corriger
expérimentalement la formule calculée pour aboutir au béton désiré.

1. CRITERES EXIGES POUR LA FORMULATION DU BETON


1.1. Dimension maximale des granulats
La dimension maximale du gros granulat que l’on peut utiliser dépend à la fois de la forme et
des dimensions des éléments de béton, ainsi que des quantités et de la disposition des aciers
d’armature. dans notre étude on a utilisé des granulats avec Dmax égale à 15mm selon les
recommandations de L’AFGC [3] pour éviter tous risque de ségrégation et blocage de granulats.

1.2. Résistance
La mise au point d’une formule de béton consiste à rechercher à partir d’un composant donné un
mélange ayant, à I’état frais, une certaine maniabilité, à l’état durci, une résistance en
compression donnée, et ce au moindre coût.
Ce critère de résistance conduira au choix du ciment (nature, classe) et son dosage, ainsi qu’au
dosage en eau et à l’éventuelle utilisation d’adjuvants. Ce critère a également une influence sur
le rapport G/S (proportion gravier / sable). Dans notre étude on a choisi de formuler un béton
d’ouvrage d’une résistance mécanique à la compression égale 30 MPa.

1.3. Ouvrabilité
L’ouvrabilité est une qualité essentielle du béton, elle peut se définir comme la facilité offerte à
la mise en œuvre du béton pour le remplissage parfait du coffrage et du ferraillage, en effet, la
plupart des qualités de l’ouvrage : compacité et résistance réelle du béton dans l’ouvrage lui-
même, enrobage et adhérence des armatures, cohésion du béton entraînant un moindre risque de

53
ségrégation, parements de belle apparence, étanchéité. C’est pourquoi l’ouvrabilité doit être
considérée par le laboratoire chargé de I’étude d’un béton, comme une qualité aussi importante
que la résistance, il arrive encore trop fréquemment que des formules de composition qui ont
peut être permis en laboratoire la confection de bonnes éprouvettes, doivent être modifiées sur
chantier par défaut d’ouvrabilité qui, risquerait d’entraîner pour le béton dans l’ouvrage un
certain nombre de défauts dont, en particulier, des résistances localement insuffisantes.
L’ouvrabilité est, pour le béton autoplaçant, une qualité fondamentale qui doit être très
sérieusement prise en compte dans l’étude de la composition pour respecter les recommandations
de L’AFGC [3] et obtenir un BAP,on rappelle que pour obtenir un BAP l’étalement doit être
compris entre 60 et 75 cm , le taux de remplissage final H2/H1 renseigne sur la mobilité du béton
en milieu confiné doit être supérieur à 0.8 ,et la laitance renseigne sur la résistance a la
ségrégation doit être inférieur à 15% et pour le béton ordinaire l’affaissement doit indiqué un
béton fluide.
1.4. Agressivité du milieu ambiant
Le milieu ambiant conditionne l’étude de la composition du béton. La présence d’eaux
agressives, les conditions climatiques et thermiques peuvent influencer le choix du type de
ciment, la nature minéralogique des granulats et le rapport E/L (eau/liant).dans notre étude , on a
choisi un ciment CPJ 42.5 ( dont les constituants est 75-94% clinker , 0-6 % gypse , 0-20 %laitier
) qui permet de fabriquer un béton autoplaçant de travaux de toute nature , béton armé ou béton
précontraint , travaux en milieux agressifs …etc.

1.5. Adjuvant (Superplastifiant)


Les différentes études qu’on a présentées, permettent de mettre en avant un principe simple de
formulation pour les BAP : il est nécessaire de réduire les frottements intergranulaires aux
différentes échelles de grains (ciment, sable et granulat). Ainsi, le volume de pâte doit être
augmenté, C’est pourquoi le volume de pâte dans un BAP représente 35 à 45% du volume total,
alors que dans un béton traditionnel il est de 20 à 35%, et qu’un superplastifiant est employé pour
fluidifier la pâte.
L’apparition des bétons autoplaçants est fortement liée aux progrès réalisés dans le domaine des
adjuvants et plus particulièrement celui des superplastifiants (SP).
Les superplastifiants permettent en effet de défloculer les grains de ciment, ils agissent par
répulsion électrostatique en neutralisant les charges électriques présentes à la surface des grains
et/ou par répulsion stérique en écartant les grains les uns des autres, grâce à des chaînes
moléculaires très longues.

54
L’eau initialement piégée entre les flocs est de nouveau disponible pour l’hydratation ou pour
fluidifier le mélange (Figure 19). Il devient donc possible de fabriquer des bétons très fluides,
même avec moins d’eau qu’il n’en faut habituellement, donc de fabriquer des bétons à faible
rapport E/C (eau/ciment). Faciles à mettre en place [43].

Figure 19 - action des superplastifiants – défloculation des grains de ciment

Les superplastifiants jouent donc un rôle essentiel vis-à-vis de la rhéologie des BAP, mais ce sont
des produits complexes.
D’après Jolicoeur et Simard [44], les interactions ciment/superplastifiant peuvent être vues
comme une réaction entre deux systèmes chimiques polyphasiques.
En effet, les superplastifiants interfèrent avec les interactions entre grains de ciment mais aussi
avec le processus d’hydratation, non seulement, ils peuvent réagir avec le ciment par adsorption
sur les charges négatives, mais ils peuvent également réagir avec les hydrates [44].
Flatt et Houst [45], décomposent l’action d’un superplastifiant lorsqu’il est introduit dans un
mélange selon 3 mécanismes :
- une partie est adsorbée,
- une patrie est consommée par les réactions avec les hydrates,
- une partie, en excès, reste en solution.
Ces auteurs [45] montrent qu’une couche de gel ou de monosulfo-aluminate peut se former
autour du ciment ce qui augmente la surface que doit recouvrir le superplastifiant pour disperser
les grains.
Donc plus le ciment est réactif plus la quantité de polymère à ajouter sera importante.
Différents auteurs [46, 47, 48, ] ont montré que le moment d’introduction du superplastifiant lors
du malaxage joue un rôle sur le dosage à saturation qui est le dosage au dessus duquel l’adjuvant
ne permet plus de modifier de façon significative la rhéologie du mélange .
Si l’introduction est retardée, le dosage à saturation est plus faible, il est obtenu pour une plus
faible quantité de superplastifiant, Ceci est en accord avec ce que nous avons vu, car si

55
l’hydratation du ciment est amorcée alors la consommation du superplastifiant par les hydrates
sera moins importante [49]. Ainsi, le fait de retarder son introduction, permet au superplastifiant
d’être plus efficace et d’obtenir des mélanges plus fluides que s’il avait été introduit en début de
malaxage, dans notre étude on a utilisé un adjuvant PLASTIMENT BV 40 qui est un plastifiant
réducteur d’eau qui permet d’augmenter considérablement la maniabilité est donc utilisé pour la
confection de pièces élancées et fortement ferraillées.

2. FORMULATION DES BETONS D’ETUDE


La plupart des formules de BAP sont conçues actuellement de manière empirique. La méthode de
Dreux-Gorisse n’est en effet pas adaptée, car elle ne prend en compte ni les adjuvants ni les
additions. La formulation se fait donc sur la base de l’expérience acquise ces dernières années.
La méthode de formulation utilisée pour concevoir les compositions de BAP testées dans cette
étude expérimentale est une méthode empirique basée sur 04 points [3] :

- Le volume de gravillons est limité en prenant un rapport G/S (masse de gravillons sur
masse de sable) proche de 1.
- Le volume de pâte varie entre 330 et 400 l/m3.
- La masse de ciment est supérieure ou égale au minimum requis par la norme du BPE
(P18-305), soit en général de 300 à 350 kg/m3. En complément, la masse d’addition se situe entre
120 et 200 kg/m3.
- Le dosage en superplastifiant est proche de son dosage à saturation (5.38 – 7.2) (Kg/m3)
[8].
Le cahier des charges est celui de l’AFGC [3] ; il ne concerne donc que les propriétés à l’état
frais, comme le veut la pratique actuelle :
- le volume de pâte doit favoriser l’écoulement du béton tout en réduisant le coût en
matières premières de cette formulation.
- Le dosage en adjuvants est calculé afin de limiter la ségrégation et le ressuage, Le
dosage en superplastifiant est déterminé de manière expérimentale à partir d’essais sur béton
frais pour lequel l’étalement doit être compris entre 60 et 75 cm [3].
- en ce qui concerne la formulation du béton ordinaire (témoin) correspondant, leurs
compositions ont été obtenues à partir de celle des BAP en conservant des quantités de ciment et
des proportions granulaires identiques, l’idée est de chercher un béton ordinaire qui contient un
taux des fines élevés , fluide et un rapport G/S proche de 1,et puis ajouter l’adjuvant jusqu’a

56
l’obtention d’un BAP , nous rappelons qu’on peut pas changer plus d’un paramètre c’est pour
cela on a conservé les même proportions granulaires et le même dosage en ciment .
- la formulation du BAP doit répondre aux critères de résistance mécanique fixé ou
désiré.
Pour notre étude, on a choisis une résistance moyenne proche de 30 MPa caractéristique de type
béton d’ouvrage.
La composition du béton ordinaire étudiée au cours de cette étude est une application d’un
exemple de formulation française (SEDRAN [8]) voir e tableau suivant :

Tableau 9 - composition du béton ordinaire (Kg/m3)


Composition Ciment Sable Gravillons Gravillons EAU
Kg/m3 0/5 3/8 8/15
BO 350 900 556 299 182.6

3. OPTIMISATION DE BAP
Dans le but d’optimiser le BAP, le dosage en superplastifiant est calculé afin de limiter la
ségrégation.
Le dosage en superplastifiant est déterminé de manière expérimentale à partir d’essais sur béton
frais pour lequel l’étalement doit être compris entre 60 et 75 cm., le taux de remplissage
supérieur a 0.8 et une stabilité inférieur à 15 %.
Selon les recommandations de la fiche technique de superplastifiant (voir annexe 1) on a
commencé par un dosage en SP égal à 2.97 Kg/m3, puis on a augmenté le dosage jusqu’à
l’optimisation de BAP (voir Figure 20)

70

65
Etalement en cm

60

55

50

45
2,97 4,97 6,97 8,97
3
Dosage de SP (Kg/m )

Figure 20 - Evolution de l’étalement en fonction de dosage en superplastifiant

57
Les résultats montrent que pour un dosage en superplastifiant égal à 8.97 Kg/m3, l’étalement
obtenu égal à 67 cm ce qui répond aux exigences de cahier de charge (étalement doit compris
entre 60 et 75 cm)

Tableau 10 - Composition de béton ordinaire et BAP


Composants Unités Types de béton
BO (1) BAP Ref (2)
Ciment (CPJ 42.5) Kg/m3 350 350
Laitier granulé - -
Sable roulé 0/5 900 900
Graviers 3/8 556 556
Gravier 8/15 299 299
Eau 182.6 182.6
Superplastifiant Kg/m3 - 8.97
E/C - 0.52 0.52
G/S - 0.95 0.95
Affaissement (1) 20 -
cm
Etalement (2) - 67

Les propriétés à l’état frais et durci de chacune des compositions sont données dans le Tableau
11.

Tableau 11 - Propriétés à l’état frais et durci de formulation


Affaissement (1) Ségrégation Ségrégation
Etalement (2) statique dynamique Rc 28 ( Mpa)
(cm) % ( L-BOX)
BO (1) 20 - - 24
BAP (2) 67 5.1 0.92 30

Plusieurs observations peuvent être faites sur les formulations de BAP et de bétons ordinaire :

• Sur l’étalement de BAP : l’étalement obtenu est 67 cm (voir figure 21) ce qui répond
aux exigences du cahier des charges (étalement doit être entre 60 et 75 cm)] [3].
Sur l’auréole de laitance de BAP : l’auréole de laitance à la périphérie de galette de béton était
absente ou très faible (de 1 à 2 mm). De plus, les gros granulats ont toujours été entraînés

58
correctement par la matrice cimentaire et ne sont pas restés amoncelés au milieu de galette de
béton.

Figure 21 - Etalement de BAP

• Sur la ségrégation statique de BAP : l’essai de stabilité au tamis permet de calculer un


taux de ségrégation et de déduire si le béton testé possède une stabilité satisfaisante ou non. le
BAP a un taux de ségrégation inférieur à 15% (5.1) (figure 22), synonyme d’une stabilité
correcte [3].

Figure 22 – l’essai de stabilité au tamis

• Sur la ségrégation dynamique de BAP : l’essai de la boîte en L est exploité au travers


du taux de remplissage (rapport des hauteurs de béton en fond et en début de boîte), qui est égale
à 0.92 (figure 23) et qui est supérieur à 0,8 [AFGC 00] [3].

59
Figure 23 – Essai de la boite en L

• Sur la consistance du béton ordinaire : La classe d’affaissement mesuré indique un


béton très fluide (affaissement égal à 20 cm) [49] (figure 24 ).

Figure 24 – affaissement du béton ordinaire (Cône d’Abrams)

La résistance mécanique en compression est une caractéristique essentielle du matériau béton et


l’un des paramètres fondamentaux de notre étude.
Les valeurs des résistances mécaniques de béton ordinaire et de BAP sont données dans le
tableau 12

Tableau 12 - Evolution des résistances mécaniques


Résistance à la RC (7 jours) RC (28 jours)
compression MPa MPa
Béton ordinaire 15 24
Béton autoplacant 21 30

60
On peut noter sur cette figure, que les résistances mécaniques des deux bétons sont différentes
et que leur évolution est quasi similaire. Cependant, il convient de rappeler la différence
essentielle de formulation entre ces deux bétons (l’ajout de supeplastifiant )

4. Conclusion
Après avoir caractériser les matériaux utilisés , nous avons choisi une méthode empirique basée
sur 04 points et le cahier de charge est celui de l’AFGC , dont le but d’optimiser le BAP , le
dosage en superplastifiant a été déterminé de manière expérimentale , les bétons obtenus sont
testés à la compression .
Dans le chapitre suivant, une partie de ciment a été substituée par le laitier granulé micronisé
dont le but et d’étudier l’influence de ce dernier sur les caractéristiques rhéologiques des BAP.

61
CHAPITRE V

L’INFLUENCE DES ADDITIONS SUR L’OUVRABILITE ET LA


RESISTANCE MECANIQUE A LA COMPRESSION DE BAP

62
1. L’INFLUENCE DU DOSAGE DE LAITIER GRANULE BROYE SUR
L’OUVRABILITE ET LA RESISTANCE MECANIQUE A LA COMPRESSION DE BAP
Dans le but de chercher l’influence du dosage de laitier granulé sur les caractéristiques des BAP
(ouvrabilité et résistance mécanique à la compression), 03 dosages de laitier granulé broyé dont
50 (kg/m3, en substitution), 100 et 150 (kg/m3 en ajouts) ont été utilisé dont les compositions des
bétons sont présentés dans le tableau 13 :

Tableau 13 - les compositions des BAP testés


Composants Unités Types de béton
BAP Ref BAP50 BAP100 BAP150
(2)
CPJ 42.5 350 300 300 300
Laitier granulé - 50 100 150
Sable roulé 0/5 900 900 900 900
Kg/m3
Graviers 3/8 556 556 556 556
Gravier 8/15 299 299 299 299
Eau 182.6 182.6 182.6 182.6
Superplastifiant Kg/m3 8.97 8.97 8.97 8.97
E/(C+L) - 0.52 0.52 0.45 0.4
G/S - 0.95 0.95 0.95 0.95
Etalement cm 67 65 63 62

Les résultats des essais de caractérisation du BAP avec addition de laitier son présentés dans le
tableau 14 :

Tableau 14 - les résultats des propriétés physico-mécaniques des BAP testés avec dosage
différent de laitier granulé broyé
Type de Etalement Ségrégation Ségrégation
béton (cm) statique dynamique σ c 28 (MPa)
% (L-BOX)
BAP 50 65 4.8 0.90 25
BAP 100 63 4.68 0.90 28
BAP 150 62 4.16 0.89 31

2. DISCUSSION DES RESULTATS


Pour les compostions référencées BAP50, BAP100, BAP150, les principaux résultats de Slump
flow , L-Box , stabilité au tamis et résistance mécanique en compression, montrent :
• Sur l’étalement:
Les résultats obtenus montrent que l’ajout du laitier granulé broyé comme addition au BAP à
entraîné une légère diminution de l’ouvrabilité et du seuil de viscosité de la pâte due

63
vraisemblablement à la finesse de l’addition (Ø< 80µm), alors pour garder une même fluidité et
éviter cette diminution de l’ouvrabilité, on peut augmenter le dosage en superplastifiant jusqu’à
son point de saturation
En effet, on remarque que plus le dosage en laitier granulé augmente, plus l’étalement diminue
(figure 25), cependant la valeur de l’étalement reste dans l’intervalle préconisé par le cahier des
charges (étalement doit être entre 60 et 75 cm).

68
BAP 50
BAP 100
66 BAP 150
Etalement en cm

BAP Ref

64

62

60
0 50 100 150 200
Dosage en laitier en kg / m 3

Figure 25 - Evolution de l'étalement de BAP en fonction de dosage de laitier

• Sur la ségrégation statique de BAP :


L’augmentation du dosage en laitier, conduit à une légère diminution de la ségrégation, par
conséquent une amélioration de la stabilité (figure 26)

5,2
Ségrégation statique %

BAP 50
5 BAP 100
4,8 BAP 150
BAP Ref
4,6
4,4

4,2
4
0 50 100 150 200
Dosage en latier en Kg/m3

Figure 26 - Evolution de la ségrégation statique (en fonction de dosage de laitier


Granulé broyé

64
• Sur la ségrégation dynamique de BAP :
Pour l’essai de la boite en L-BOX, on remarque qu’il n’y a pas une grande influence. Pour un
dosage en superplastifiant fixe, la substitution de 50 kg de ciment par la même quantité en laitier
conduit à une légère diminution de la mobilité. L’ajout de 50 kg de laitier n’a aucune influence
sur la ségrégation dynamique. L’augmentation de l’ajout en laitier à 100 Kg conduit à une
diminution peu significative de la mobilité du béton à travers le ferraillage
(BAP50=BAP100=0.9 et BAP150=0.89) (figure 27).

0,93 BAP 50
BAP 100
Ségrégation dynamique

0,92 BAP 150


BAP Ref

0,91

0,9

0,89

0,88
0 50 100 150 200
3
Dosage en laitier en kg / m

Figure 27 - l'évolution de la ségrégation dynamique en fonction de dosage de laitier granulé


broyé

• Sur les résistances mécaniques :


On note une légère diminution de la résistance mécanique en compression dans le cas de la
substitution de 50 kg de ciment par le laitier ce qui est normal pour des échéances courtes de 7 et
28 jours à cause notamment de la cinétique (lente) de durcissement du laitier granulé d’El
Hadjar.
Cependant pour des ajouts de 50 et 100 kg de laitier on observe plutôt une amélioration des
résistances (figure 28) due à plusieurs effets : diminution du rapport eau / liant, effet de
remplissage et effet pouzzolanique.

65
35

30

25
Rc(Mpa)

BAP Ref
20
BAP50 Subs
BAP100 ajout
15 BAP150 ajout
BO
10
7 Temps en jours 28

Figure 28 - Influence du laitier sur la résistance des BAP à 7 et 28 jours

Par effet filler ou effet de remplissage : le laitier granulé broyé incorporé dans le béton modifie le
squelette granulaire du mélange, qui peut compenser un déficit en particules fines, le squelette se
trouve alors optimisé par remplissage d’une partie de volume de vide

Par un effet chimique ou pouzzolanique : la réaction chimique entre le silice apporté par le laitier
granulé et la portlandite produite par l’hydratation du ciment conduit a l’accroissement de
résistance par la formation de nouveaux hydrates (CSH) .

Les résultats montrent que l’incorporation du laitier à un effet bénéfique, la résistance commence
à augmenter , par apport à celle de BAP de référence (BAPRef Rc28 = 30 Mpa , BAP150 Rc28 = 31
MPa ) pour un dosage en superplastifiant fixe .

66
CONCLUSION GENERALE

67
CONCLUSION GENERALE

Les objectifs de ce travail de mémoire, étaient donc d’apporter une contribution .à l’étude des
bétons autoplaçants. Ainsi, nous sommes fixés deux objectifs, le premier est de formuler un
BAP a base de matériaux locaux, le deuxième objectif est d’étudier l’influence de laitier granulé
broyé micronisé comme addition sur les propriétés des BAP et les comparer à celle d’un BAP
de référence sans addition.

La formulation d’un BAP au même titre d’ailleurs que le béton ordinaire doit non seulement
satisfaire un certain nombre de critères nécessaires mais insuffisants pour définir une
composition correcte, car celle – ci dépend de plusieurs paramètres tels que (la nature, la forme,
la granulométrie etc.…) des granulats, paramètres difficiles à prendre en considération lors
d’une approche théorique.
Un autre paramètre intervient avant la détermination du point de saturation de l’adjuvant utilisé
est celui de l’optimisation du dosage en eau qui doit satisfaire deux conditions à priori
contradictoires : l’ouvrabilité maximale qui se traduit par un fort dosage en eau, donc un rapport
E / C élevé et la résistance mécanique qui doit être garantie.
Un troisième paramètre vient s’ajouter à ceux cités précédemment qui consiste à l’incorporation
d’une addition minérale par son caractère hydraulique et son dosage.

La formulation du BAP a été réalisée en premier sans aucune addition, en tenant compte de
certaines recommandations le rapport G /S proche de 1, un dosage en ciment correcte 300 à 350
Kg / m3 de béton, un volume de pâte de 330 à 400 l / m3 de béton permettant d’assurer une bonne
ouvrabilité principalement caractérisée par l’étalement et l’écoulement sans risque de
ségrégation.

Une deuxième formulation du BAP a été réalisée par l’incorporation du laitier granulé micronisé
par substitution (de 50 Kg de ciment) d’abord et par ajout ensuite de 50 et 100 kg. Les résultats
obtenus permettent de mettre en évidence l’effet favorable du laitier granulé micronisé aussi bien
sur les résistances mécaniques que les caractéristiques rhéologiques
Les résultats expérimentaux ont montré que la résistance de BAP de référence étudié est
supérieure à celle d’un béton ordinaire (BO).

68
Le but était de formuler un BO et un BAP de même proportion granulaire de manière à obtenir
des résistances mécaniques les plus proches possibles, alors le but est atteint, avec un gain
considérable de la résistance à la compression pour le BAP de référence.
Les résultats expérimentaux obtenus (essais Slump flow , L-Box , stabilité au tamis) , ont montré
qu’il y a une légère diminution de l’ouvrabilité des BAP (étalement et ségrégation dynamique) ,
et une amélioration de la stabilité statique ,la finesse de laitier granulé broyé pourrait être
vraisemblablement la cause de cette observation .
La diminution de l’ouvrabilité a été confirmée par les données bibliographiques [17,19,20],
l’ajout de laitier granulé conduit à une diminution de l’ouvrabilité des BAP , car le laitier
granulé adsorbe le superplastifiant par conséquent , le seuil de la viscosité de mélange diminue .
Pour les résistances mécaniques à la compression, les résultats expérimentaux obtenus montrent
que les résistances sont proches à celle de BAP de référence, et une légère augmentation à été
remarquée à partir de dosage de laitier de 150 Kg/m3, cela est liée aux effets du laitier qu’on peut
considérer comme une addition minérale chimiquement active et à la baisse de rapport eau / liant
équivalent (E/L équi).
Ces résultats obtenus sont confirmés par les données bibliographique)[31.32.33]. qui ont montré
que l’ajout de laitier granulé broyé au béton conduit à une résistance similaire et parfois
légèrement supérieure .
Notre étude avait pour objectifs de répondre à deux questions principales, possibilité de formuler
des BAP à base des matériaux locaux et l’influence de l’ajout de laitier granulé d’EL HADJAR
(ANNABA) sur les propriétés des BAP.
Les résultats expérimentaux obtenus sont satisfaisants, malgré la légère diminution de
l’ouvrabilité, on rappelle que ces résultats répondent aux critères exigées par L’AFGC 2000)[3].
L’industrie du ciments est l’une des principales activités de développement socioéconomique de
notre pays , l’Algérie qui a opté pour une politique de construction en génie civil de grande
envergure a besoin d’une consommation accrue en ciment ; mais constatons que malgré les
efforts consentis par les entreprises productrices de ciment , l’offre reste inférieur a la demande ,
les résultats obtenus dans cette étude , montrent que l’utilisation des ressources locales et la
substitution d’une partie de ciment par le laitier granulé d’EL HADJAR a des avantages sur le
comportement des BAP notamment la résistance a la compression , qui encourage la valorisation
de ce déchet dans le béton et augmenter son dosage jusqu’a 200 voir 250 Kg/m3 ce qui permettra
une nouvelle voie sur la valorisation de déchets industrielles locaux dans le contexte de la
protection de l’environnement et du développement durable.

69
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

[1] OKAMURA H.ET AL, “self-compacting high performance concrete” Proceeding of the
fifth sec vol.3, pp.2381-2388, 1995.

[2] OKAMURA ET OUCHI, Self-compacting concrete, Journal of advanced Concrete


Technology, 2003, vol 1, n°1, pp 5-15.

[3] Association française de Génie Civil (AFGC), Bétons Auto-Plaçants


Recommandations provisoires, juillet 2002, 63 pages.

[4] Fédération française du béton (FFB), Recommandations de mise en oeuvre des BAP
et des BAN, SEBTP, édition 2003

[5] Projet National BAP, Aide à la rédaction de cahier des charges Techniques pour le
Bétons autoplaçants (BAP), Mars 2005.

[6] TURCRY, Retrait et fissuration des bétons autoplaçants - influence de la Formulation,


Thèse de doctorat de l’Ecole centrale de Nantes, 2004, 213 pages.

[7] WALRAVEN, Structural aspect of self-compacting concrete, Proceedings of the third


international RILEM conference on SCC, août 2003, Reykjavik, Islande, pp 15-22.

[8] SEDRAN T . « les bétons autonivelants – synthèse bibliographique », Bulletin de


liaison des laboratoires des ponts et chaussées, N○ 196 p53-60 Mars-Avril 1995.

[9] Projet National BAP, Impacts socio-économiques, rapport de synthèse du groupe D, 39


pages.

[10] Synthèse des travaux du projet national BHP 2000 sur les bétons Hautes
performances, Presses de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, n°298.

[11] OKAMURA H. and OUCHI M.,“Self-compacting concrete. Development, present and


future”, Proceedings of First International RILEM Symposium on Self-Compacting
Concrete (PRO 7), Stockholm, Suède, pp. 3-14, 13-15 septembre 1999.

[12] HAYAKAWA M., MATSUOKA Y. and YOKOTA K., “Application of


superworkable concrete in the construction of 70-story building in Japan”, Second
CANMET/ACI on advances in concrete technology, Las Vegas, ACI 154-20, pp. 381-
397, 1995.
[13] NAGATAKI S. and FUJIWARA H., “Self compacting property of highly flowable
concrete”, Second CANMET/ACI on advances in concrete technology, Las Vegas, ACI
154-20, pp. 301-314, 1995.

[14] PETERSSON Ö., BILLBERG P. and VAN B.K.,“A model for Self-Compacting
Concrete”, International Rilem Conference on ‘Production methods and workability of
concrete’, RILE Proceedings 32, 1996.

70
[15] Association Française de Génie Civil, « Bétons autoplaçants - Recommandations
provisoires », Annales du bâtiment et des travaux publics, juin 2000.

[16] BARON J. et OLLIVIER J.P., « Les Bétons – Bases et données pour Leur formulation
», editions Eyrolles, 1996.

[17] PARK, NOH, Rheological properties of cementitious materials containing mineral


admixtures, Cement and concrete research, 2005, vol 35, pp 842-849.

[18] FERRARIS, OBLA et AL, Influence of mineral admixtures on the rheology of


cement paste and concrete, Cement and concrete research, 2001, vol 31, pp245-255.

[19] SHI and AL., A study of effect of superfine powders on fluidity of cement paste,
Transactions of the Japan Concrete Institute, 1998, vol 20, pp 9-14.

[20] CARlSWARD et AL., Effect of constituents on the workability and rheology of


selfcompacting concrete, Proceedings of the third international RILEM conference on
SCC, août 2003, Reykjavik, Islande, pp 143-153.

[21] ZHU et GIBBS, Use of different limestone and chalk powders in self-Compacting
concrete, Cement and concrete research, 2005, vol 35, pp1457-1462.

[22] ALEXANDRE L. et SEBILEAU J L., « Le laitier de haut fourneau », édité par le


centre technique et de promotion des laitiers, 1988, 340 p.

[23] Document technique de la direction de la recherche appliquée (DRA) du complexe


sidérurgique d'EL HADJAR, 1989.

[24] BEHIM M., « utilisation du laitier de haut fourneau d’El Hadjar en cimenterie », Thèse
de Magister, Université d’Annaba – Algérie, 1987, pp 118.

[25] MENADI S., « Contribution à l'étude des caractéristiques mécaniques des bétons de
laitier », thèse de magister, université d'Annaba, département de génie civil, 1994

[26] GUETTECHE N., « Valorisation des laitiers dans les ciments et les bétons », thèse
d'état, université de Constantine, département de génie civil, 2002.

[27] [AFPC 97] AFPC-AFREM, « Méthodes recommandées pour la mesure des grandeurs
associées à la durabilité », Compte-rendu des journées techniques AFPC-AFREM «
Durabilité des bétons », Toulouse, 1997.

[28] DE LARRAD F.et AL « prévision de la compacité des mélanges Granulaires le model


de suspension solide n°1-fondements théoriques et calibration du model », Bulletin du
laboratoire central des ponts et Chaussées n° 194, Nov-Dec 1994.

71
[29] JIN, Properties of mortar for self-compacting concrete, PhD thesis de l’université de
Londres, 2002, 398 pages.

[30] DE LARRARD F. et LE ROY R., « Relation entre formulation et Quelques propriétés


mécaniques des bétons à hautes performances » Matériaux et Constructions, 25, pp. 464-
475, 1992.

[31] PERA J., HUSSON S. and GUILHOT B., “Influence of finely ground limestone on
cement hydration”, Cement and Concrete Composites, pp. 99-105, 1999.

[32] GIBBS J.C. and ZHU W., “Strength of hardened self-compacting concrete”,
Proceedings of First International RILEM Symposium on Self-Compacting Concrete
(PRO 7), Stockholm, Suède, pp. 199-209, 13-15 septembre 1999.

[33] SONEBI M. and BARTOS P.J.M., “ Hardened SCC and its bond with reinforcement
”, Proceeding of First International RILEM Symposium on Self-Compacting Concrete
(PRO 7), Stockholm, Sweden, pp. 275-289, 13-15 septembre 1999.

[34] PETERSSON Ö., “Limestone powder as filler in self-compacting concrete – Frost


resistance and compressive strength”, Proceedings of 2nd International Symposium on
Self-Compacting Concrete, Tokyo, Japon, pp. 277-284, 23-25 octobre 2001.

[35] FELEKOGLU B., YARDIMCI M. Y. and BARADAN B., “A Comparative study on


the use of mineral and chemical types of viscosity enhancers in self-compacting
concrete”, Proceedings of 3rd International RILEM Symposium on Self-Compacting
Concrete (PRO 33), Reykjavik, Iceland, pp. 446-456, 17-20 août 2003.

[36] SHI C., WU Y., SHAO Y. and RIEFLER M., “Comparison of two Design approaches
for self-consolidating concrete”, First North American Conference on the Design and Use
of Self-Consolidating Concrete, ACBM center, pp. 349-354, 12-13 novembre 2002.

[37] Norme Française NF .P 18-560. « Analyse granulométrique »

[38] Norme Française P. 18-597 « Propreté des granulats fins »

[39] Norme Française P. 18-591 « Propreté des gros granulats »

[40] Norme Française NF.EN 1097-3. « Masse volumique »

[41] Norme Française NFP 18-574. Dureté des granulats »

[42] Laetitia D’aloia Schwartzentruber et al., Rheological behaviour of fresh cement pastes
formulated from a self-compacting concrete (SCC), Cement and concrete research, (à
paraître).

[43] AITCIN et AL., L’interaction ciment / superplastifiant. Cas de polysulfonates, Bulletin


des laboratoires des Ponts et Chaussées Juillet Août 2001, n° 233, pp 87-98.

72
[44] JOLICOLEUR et SIMARD, Chemical admixture-Cement interactions: Phenomenology
and physicso-chemical concepts, Cement and Concrete Research, 1998, vol 20, pp 87-
101.

[45] FLATT et HOUST, A simplified view on chemical effects perturbing the action of
superplasticizer, Cement and Concrete Research, 2001, vol 31, pp 1169-1176.

[46] JIN, Properties of mortar for self-compacting concrete, PhD thesis, London University,
2002, 398 pages.

[47] SUGAAMATA, et AL., A study of particle dispersion effect polycarboxylate-based


superplasticizers, Transactions of the Japan Concrete Institute, 1999, vol 21, pp 7-14.

[48] BURY, CHRISTENSEN, The role of innovative chemical admixtures in producing


selfconsolidating concrete, Proceedings of the first North American conference on the
design and use of self-consolidating concrete, 12-13 Novembre 2002, Chicago, pp 141-
146.

[49] Norme Française NF.P 18-451. « béton frais essais d’affaissement au cône »1981.

[50] Cours structuration et hydratation des ciments post-graduation 2006 M BEHIM


université d’annaba

73

Vous aimerez peut-être aussi