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Table of Contents

INTRODUCTION ....................................................................................................................................... 3
I. Généralité sur les machines thermiques et réservoirs thermiques ................................................... 3
1. Définitions .................................................................................................................................... 3
2. Rendements des cycles thermodynamiques ................................................................................. 3
3. Enoncés du Deuxième principe..................................................................................................... 4
a. Enoncé de Clausius ................................................................................................................... 5
b. Enoncé de Kelvin-Planck ........................................................................................................... 5
4. Cycle de Carnot ............................................................................................................................ 5
5. Corollaires du deuxième principe ................................................................................................. 6
5.1. Corollaire 1 ........................................................................................................................... 6
5.2. Corollaire 2 ........................................................................................................................... 6
6. Les types de cycles thermodynamiques........................................................................................ 7
II. Généralités sur les centrales thermiques à turbine à gaz .................................................................. 8
1. Définitions .................................................................................................................................... 8
2. Principe de fonctionnement d’une centrale thermique ................................................................ 8
3. Les types de centrales thermiques ............................................................................................... 9
III. Cycle thermodynamique des turbines à gaz ................................................................................... 10
1. Définitions et utilisation des turbines à gaz ................................................................................ 10
2. Constitution d’une turbine à gaz ................................................................................................ 10
3. Propulsion aéronautique ............................................................................................................ 11
3.1. Les turboréacteurs .............................................................................................................. 11
3.2. Turbopropulseurs ou turbomoteurs : Choix de conception en propulsion aéronautique ..... 12
4. Cycle réel vs Cycle Thermodynamique........................................................................................ 14
5. Cycle de Brayton......................................................................................................................... 14
5.1. Evolutions intérieures réversibles ....................................................................................... 14
5.2. Bilan d’énergie.................................................................................................................... 15
6. Stratégie d’accroissement du rendement ................................................................................... 16
6.1. La régénération .................................................................................................................. 16
6.2. Refroidissement intermédiaire et réchauffe ........................................................................ 17
CONCLUSION ......................................................................................................................................... 17
Liste des Figures
Figure 1: Principe d'une pompe thermique ............................................................................................ 3
Figure 2: Principe du moteur thermique ................................................................................................. 4
Figure 3: Principe du cycle thermodynamique........................................................................................ 5
Figure 4: Types de Cycles thermodynamiques ........................................................................................ 7
Figure 5: schéma d'une centrale thermique .......................................................................................... 9
Figure 6: Vue d'un Turboréacteur ......................................................................................................... 11
Figure 7: Turboréacteur à double flux................................................................................................... 12
Figure 8: Vue d'un turbopropulseur ...................................................................................................... 13
Figure 9: Turbine à Gaz avec régénérateur ........................................................................................... 16
Figure 10: Turbine à Gaz avec Refroidissement Intermédiaire et réchauffe ........................................ 17
CHAPITRE I : CYCLE THERMODYNAMIQUE ET CENTRALE A TURBINE A
GAZ

INTRODUCTION

Commençons donc par la notion de réservoir thermique, en analyse


thermodynamique, il s’agit des concepts idéalisés, qu’on suppose capable d’absorber ou de
rejeter une quantité définie de chaleur sans changer de température. Ils sont donc
caractérisés seulement par leurs températures. Dans la suite, 𝑇𝐶 désignera la température
d’un réservoir chaud et 𝑇𝑓 celle d’un réservoir froid. En pratique, les réservoirs thermiques
peuvent être les Océans, les Lacs, atmosphère, ou une substance qui change de phase à
pression constante.

I. Généralité sur les machines thermiques et réservoirs thermiques

1. Définitions
On appellera Machine thermique, un système qui accepte de la chaleur d’un
réservoir chaud, produit un travail net et transmet le reste de la chaleur d’un réservoir chaud
vers un réservoir froid.
Les échanges entre le système et son environnement seront dénotés 𝑄𝐶 et 𝑄𝐹 pour
les transferts thermiques et 𝑊𝑛𝑒𝑡 pour le travail.
La pompe thermique quant-à elle effectue l’opération inverse, elle reçoit de la chaleur
d’un réservoir froid et un travail de son environnement et rejette le tout dans un réservoir
chaud.

Réservoir Chaud QC

Pompe
Wnet
Thermique

Réservoir Froid QF
Figure 1: Principe d'une pompe thermique

Les machines et les pompes thermiques sont basées sur l’utilisation des Cycles
Thermodynamiques c’est-à-dire sur une succession d’informations imposées à un volume de
matière généralement un fluide, qui le ramène intimement à son état initial, échangeant au
passage chaleur et travail avec l’environnement du système.

2. Rendements des cycles thermodynamiques


Pour quantifier la valeur des cycles thermodynamiques, nous devons définir une notion
de performance, en général appelée rendement qui se définie comme le ratio entre la sortie
qu’on désire par rapport à ce qu’on a fournie pour l’obtenir.

Réservoir Chaud QC

Moteur
Wnet
Thermique

Réservoir Froid QF
Figure 2: Principe du moteur thermique

Pour un moteur thermique, on désire obtenir du travail en fournissant de la chaleur à


partir d’un réservoir chaud, le rendement sera donc :
𝑊𝑠𝑜𝑟𝑡𝑖𝑒 𝑄𝐶 − 𝑄𝐹 𝑄𝐹
𝜂𝑡ℎ = = =1−
𝑄𝑒𝑛𝑡𝑟é𝑒 𝑄𝐶 𝑄𝐶
En vertu du premier principe, ce rendement sera toujours compris entre 0 et 1 :
0 ≤ 𝜂𝑡ℎ ≤ 1
Pour les pompes thermiques, on doit considérer deux cas, si on désire chauffer une
maison par exemple, on cherche plutôt à maximiser la chaleur transmise au réservoir chaud
𝑄𝐶 par rapport au travail fourni ; si par contre on cherche à maintenir quelque chose froid à
l’aide d’un réfrigérateur on cherchera plutôt à maximiser 𝑄𝐹 (0 ≤ 𝐶𝑂𝑃 ≰ 1)
𝑄𝐶 𝑄𝐶 1
𝐶𝑂𝑃𝑃𝑇 = = =
𝑊𝑒𝑛𝑡𝑟é𝑒 𝑄𝐶 − 𝑄𝐹 1 − 𝑄𝐹
𝑄𝐶
𝑄𝐹 𝑄𝐹 1
𝐶𝑂𝑃𝑅 = = =
𝑊𝑒𝑛𝑡𝑟é𝑒 𝑄𝐶 − 𝑄𝐹 𝑄𝐶 − 1
𝑄𝐹
Deplus, concernant le rendement d’un moteur thermique, le premier principe impose
0 ≤ 𝜂𝑡ℎ ≤ 1, on parle donc en général des Coefficients de Performance (𝐶𝑂𝑃) plutôt que le
rendement.

3. Enoncés du Deuxième principe

A partir de ces concepts de base, on peut introduire les deux énoncés du deuxième
principe de la thermodynamique les plus communs, les plus connus. Il ne s’agit pas d’une
démonstration mathématique rigoureuse, il s’agit plutôt d’un ensemble d’observation qui ont
été formalisées au milieu du 19è𝑚𝑒 siècle, malgré qu’ils soient basées uniquement sur des
observations, les énoncées n’ont jamais été prouvés.
Réservoir Chaud QC=QF

Cycle
Thermodynamique

Réservoir Froid QF
Figure 3: Principe du cycle thermodynamique

a. Enoncé de Clausius
Qui stipule qu’aucun système ne peut uniquement (c’est-à-dire sans apport de
l’environnement) transmettre de la chaleur d’un corps froid à un corps chaud.
Cet énoncé exprime l’évidence que la chaleur ne se transmet pas spontanément d’un
corps froid à un corps chaud et a pour conséquence, qu’un réfrigérateur ne peut fonctionner
sans apport de travail extérieur et que son coefficient de performance ne peut pas être
infiniment élevé.

b. Enoncé de Kelvin-Planck
Qui stipule qu’aucun système ne peut accomplir un cycle et effectuer un travail net sur
l’environnement en recevant de la chaleur d’un seul réservoir.
En d’autres termes, un moteur thermique aura toujours un rejet de chaleur vers un
réservoir froid, et son rendement sera donc toujours ≤ 1.

A ces deux énoncés viennent s’adjoindre les notions de réversibilité et d’irréversibilité


conduisant à certains cycles de production d’énergie particuliers à savoir :

4. Cycle de Carnot
De son inventeur, Nicolas Léonard Sadi Carnot, qui fut le premier à réaliser un cycle
composé entièrement d’évolution réversibles, idéal en terme de rendement. C’est le premier
à concevoir un cycle théorique composé de 04 évolutions réversibles.
A partir d’un fluide (supposé être un gaz parfait), et initialement à haute température et
pression à l’état 1, le cycle de Carnot s’opère comme suit :
- Détente Isotherme entre 1 𝑒𝑡 2 : le volume augmente, le piston se déplace
vers le Haut et la température est maintenue constante car au fur et à mesure
que le fluide prend du volume, on y ajoute de la chaleur pour maintenir ce
volume constant.
- Détente Adiabatique (sans apport de chaleur entre 2 𝑒𝑡 3)
- Compression Isotherme (entre 3 𝑒𝑡 4)
- Compression adiabatique (entre 4 et 1)
Ce cycle de Carnot est difficilement réalisable en réalité à cause des évolutions 1 − 2 et
3 − 4 durant lesquels ont doit simultanément fournir du travail et de la chaleur ou extraire du
travail et de la chaleur au système.

Si nous prenons le cycle de Carnot et on effectue les 04 opérations inverses, on


obtiendrait un cycle de réfrigération optimal.

5. Corollaires du deuxième principe


Premièrement on constate que le rendement d’un cycle irréversible est toujours
inférieur à celui d’un cycle réversible. On peut vérifier ce corollaire en observant deux
système opérant entre les mêmes réservoirs thermiques : le premier est un moteur
thermique irréversible, et le second est un cycle de Carnot inversé donc un cycle de
réfrigération Optimal. Si le rendement thermique du premier est supérieur au second, celui-ci
produira plus de travail à partir de la chaleur 𝑄𝐶 reçue de la source chaude, que ce qui est
nécessaire pour que le cycle de Carnot restitue cette même chaleur dans le réservoir.
Le bilan en herbe de ces deux machines sera donc équivalent à la production de
puissance mécanique à partir d’une seule source de chaleur ce qui est interdit en vertu de
l’énoncé de Kelvin-Planck, du deuxième principe.

5.1. Corollaire 1
On en conclu que le rendement d’un cycle irréversible est toujours inférieur à celui
d’un cycle réversible opérant entre les deux mêmes réservoirs.

5.2. Corollaire 2
Tous les cycles réversibles opérant entre les mêmes réservoirs ont le même
rendement. On vérifie ce corollaire en considérant deux cycles réversibles qui interagissent
entre les mêmes réservoirs.

Ceci nous permet de conclure que le cycle de Carnot fournira le rendement maximum qu’il
est possible d’obtenir entre deux réservoirs. Il s’exprimera comme pour tous les moteurs
thermiques comme suit :
𝑄𝐹
𝜂𝑡ℎ,𝑚𝑎𝑥 = 1 − ( )
𝑄𝐶
Or comme les réservoirs thermiques sont caractérisés seulement par leurs
températures, il s’agit en fait de leur seule propriété. On peut ainsi en déduire que le
rendement thermique doit aussi être fonction seulement de la température des deux
réservoirs. Il sera donc intéressant de trouver un outil pour remplacer le ratio des quantités
de chaleur échangés 𝑄𝐶 et 𝑄𝐹 par des fonctions de la température de ces mêmes réservoirs.
Ces fonctions seront appelées 𝜙(𝑇𝐶 ) et 𝜙(𝑇𝐹 ) tel que
𝑄𝐹 𝜙(𝑇𝐹 )
=
𝑄𝐶 𝜙(𝑇𝐶 )
Car
𝑄𝐹
𝜂𝑡ℎ,𝑟𝑒𝑣 = 1 − = 𝑓(𝑇𝐹 , 𝑇𝐶 )
𝑄𝐶
Cependant, Kelvin proposera une solution simple et élégante pour la forme de la
fonction de température :
𝜙(𝑇) = 𝑇
𝑄𝐹 𝑇𝐹
( ) =
𝑄𝐶 𝑟é𝑣 𝑇𝐶
On obtient une expression pour le rendement et les coefficients de performance des
machines thermiques qui sont seulement fonction des températures mais seulement valables
pour les systèmes réversibles.
𝑇𝐹 1 1
𝜂𝑡ℎ,𝑟𝑒𝑣 = 1 − 𝐶𝑂𝑃𝑅,𝑟é𝑣 = 𝐶𝑂𝑃𝑃𝑇,𝑟é𝑣 =
𝑇𝐶 𝑇 𝑇
𝐶
− 1 1 − 𝑇𝐹
𝑇𝐹 𝐶

6. Les types de cycles thermodynamiques


Nous avons récapitulé les différents cycles thermodynamiques sous forme d’arbre et
c’est la chaine en bleu (Cycles de puissance à gaz) qui sera l’objet de la suite de l’exposé.

Cycles Thermodynamiques

Cycles Moteurs Cycles de pompe thermique

Réfrigération
Cycles de puissance Cycles de puissance Pompe à chaleur
à vapeur à gaz

Rankine

Cycles Ouverts Cycles Fermés

Otto
Brayton
Diesel
Figure 4: Types de Cycles thermodynamiques
II. Généralités sur les centrales thermiques à turbine à gaz

1. Définitions
La centrale thermique est une centrale électrique qui produit de l'électricité à partir
d'une source de chaleur (charbon, gaz, fioul, biomasse ou déchets municipaux). La source de
chaleur chauffe un fluide (souvent de l'eau) qui passe de l'état liquide à l'état gazeux (vapeur).
Cette vapeur entraîne une turbine couplée à un alternateur qui transforme l'énergie cinétique
contenue dans la vapeur en énergie mécanique de rotation, puis en énergie électrique grâce
à une génératrice de courant.
Une centrale à turbine à gaz (TAG), est une centrale fonctionnant avec un moteur à
combustion interne de tous les points de vue. Elle peut être considérée comme un système
autosuffisant : en effet elle prend et comprime l’air atmosphérique dans son propre
compresseur, augmente la puissance énergétique de l’air dans sa chambre de combustion et
converti cette puissance en énergie mécanique utile pendant le processus de détente qui a
lieu dans la section turbine. L’énergie mécanique qui en résulte est transmise par
l’intermédiaire d’un accouplement a une machine réceptrice, dans le processus industriel ou
la turbine à gaz est appliquée.

2. Principe de fonctionnement d’une centrale thermique

Une centrale thermique fonctionne grâce à la combustion du gaz naturel, du charbon


pulvérisé) ou du fuel dans une chaudière à vapeur. La chaleur des gaz de fumées et des
flammes sert à chauffer la tuyauterie de la chaudière et transforme progressivement l'eau qui
y circule en vapeur. Les gaz de fumées s’échappent par la cheminée. Dans les centrales à
charbon, un électrofiltre en retient d’abord les particules de poussière. La vapeur fait tourner
la turbine à vapeur, qui à son tour entraîne l’alternateur pour produire l’électricité. Le
transformateur élève la tension du courant produit, avant qu’il ne soit injecté dans le réseau
de transport. Après son passage dans la turbine où elle libère son énergie, la vapeur se
condense et retourne sous forme d’eau vers la chaudière. Dans le condenseur, la vapeur
glisse sur des milliers de tubulures remplies d'eau froide pompée des eaux de surface (eau de
refroidissement) et lui cède sa chaleur.
La plupart des centrales refroidissent cette eau devenue relativement chaude, dans une
tour de refroidissement, pour ensuite la réutiliser. Dans ces immenses tours de
refroidissement, en forme d’hyperbole, l’eau entre en contact avec un courant d’air
ascendant créé par le tirage naturel (effet de cheminée de la tour de refroidissement).
Lorsque des ventilateurs créent ce flux d’air, la tour de refroidissement est plus petite, l’eau
se refroidit et retombe sous forme de gouttelettes dans la tour de refroidissement ; L’air
réchauffé saturé de vapeur d’eau, s’échappe de la tour de refroidissement en un nuage de
vapeur blanc. Une grande partie de l’eau de refroidissement refroidie est pompée vers le
condenseur et réutilisée et seul 1 à 1,5 % s’évapore. Une centrale thermique transforme 35 à
40 % de l’énergie du combustible en électricité. Elle fournit parfois aussi de la chaleur, sous
forme de vapeur d’eau.

Figure 5: schéma d'une centrale thermique

3. Les types de centrales thermiques

On distingue 3 types de centrales thermiques selon l’origine de la source de chaleur :


 Les centrales exploitant de la chaleur issue de l’énergie nucléaire : la chaleur provient
actuellement de la fission de noyaux d’uranium 235 ou de plutonium 239 ;
 Les centrales exploitant de la chaleur « renouvelable » : la chaleur peut être issue du
sous-sol (centrales géothermiques) ou du rayonnement du Soleil que l’on concentre
(centrales solaires thermodynamiques) ;
 Les centrales, dites « à flamme », exploitant de la chaleur issue de la combustion d’un
composé carboné : le combustible, brûlé dans une chaudière, est souvent fossile
(centrales à charbon, à gaz, au fioul). Les centrales à biomasse et celles brûlant des
déchets (industriels, agricoles ou ménagers) font toutefois également partie de cette
catégorie de centrales.
III. Cycle thermodynamique des turbines à gaz

Il s’agit des cycles de puissance à gaz qui vise la production de l’énergie mécanique à partir
des puissances thermiques. Nous allons nous intéresser tout d’abord aux définitions et types
de turbines à gaz en particulier ce qui a trait à leur utilisation pour la propulsion aéronautique
et la production d’énergie ensuite présenter les principales différences entre le cycle réel
mécanique et le cycle thermodynamique qui est utilisé pour la modélisation. Par la suite nous
présenterons le cycle de Brayton qui est le principal cycle utilisé dans les turbines à gaz et
enfin quelques stratégies mises en place pour augmenter le rendement.

1. Définitions et utilisation des turbines à gaz

Premièrement, on peut définir les turbines à gaz comme étant des moteurs à
combustion interne, mais qui opèrent en écoulement continu. Ces turbines permettent
d’obtenir des densités de puissance extrêmement élevées de l’ordre de 10 𝑘𝑊 par 𝑘𝑔.

Cette caractéristique unique (densité de puissance élevée) indique en grande partie


pourquoi les turbines à gaz sont utilisées à grande échelle dans toutes les applications qui ont
des contraintes au niveau des volumes ou du poids des systèmes de propulsion donc entre
autre pour la propulsion aéronautique.
En plus de la propulsion d’avion, on utilise les turbines à gaz pour la propulsion de
certains navires et aussi pour la production de l’électricité.

2. Constitution d’une turbine à gaz

Dans une turbine à gaz, on va trouver :


- Un compresseur : ou le volume spécifique du fluide de travail est diminué
- Une chambre de combustion : ou le fluide acquiert de l’énergie interne
- Une turbine : ou sa détente est effectuée pour produire du travail.

En général, le compresseur et la turbine partagent le même axe de rotation d’où la


puissance mécanique nette produite par le système peut être extraite.
Les turbomachines utilisées dans les turbines à gaz c’est-à-dire les compresseurs et les
turbines peuvent être vues sous deux types :

- Machine Radiale : le fluide de travail entre parallèlement à l’axe de rotation et


ressort de manière perpendiculaire. Ils sont utilisés dans les installations de
faibles puissance (comme les petits moteurs d’avion, ou les
turbocompresseurs utilisés dans l’industrie automobile)

- Machine Axiale : Le fluide de travail entre et ressort parallèlement à l’axe de


rotation
3. Propulsion aéronautique

Pour la propulsion aéronautique, on distingue différents types de turbines à gaz

3.1. Les turboréacteurs


Qui sont des turbines à gaz pour lesquelles toute la puissance mécanique qui est
extraite du fluide par la turbine sert exclusivement à faire tourner le compresseur.
𝑊̇𝑇𝑢𝑟𝑏𝑖𝑛𝑒 = 𝑊̇𝐶𝑜𝑚𝑝𝑟𝑒𝑠𝑠𝑒𝑢𝑟
Et donc aucune puissance nette qui est disponible à l’arbre de rotation, peut être
extraite du système. Et dans ce cas-ci, toute la force propulsive qui est transmise à l’avion
provient de la différence de la quantité de mouvement entre l’entrée et la sortie du système
de propulsion.
𝑊̇𝑛𝑒𝑡,𝑠𝑜𝑟𝑡𝑖𝑒 = 0
𝐹 = (𝑚̇𝑉)𝑠𝑜𝑟𝑡𝑖𝑒 − (𝑚̇𝑉)𝐸𝑛𝑡𝑟é𝑒
𝐹 = 𝑚̇(𝑉𝑠𝑜𝑟𝑡𝑖𝑒 − 𝑉𝐸𝑛𝑡𝑟é𝑒 )

Figure 6: Vue d'un Turboréacteur

On peut donc calculer la force de poussée comme étant la demi-massique d’air passant
au travers du système, multiplié par la différence de vitesse entre l’entrée et la sortie.
𝑊̇𝑝𝑜𝑢𝑠𝑠é𝑒 = 𝐹 . 𝑉𝐴𝑣𝑖𝑜𝑛

Dans ce cas, on néglige la contribution du fluide ou du combustible lui-même pour la


force de poussée et au débit massique parce qu’en général, le débit massique du combustible
utilisé est trop faible par rapport au débit massique d’air qui passe au travers du système. Les
applications qui retrouvent les turboréacteurs sont en général limitées à celles qui nécessitent
une très grande force de poussée souvent au détriment de l’efficacité répulsive. En gros, on
se limite essentiellement à l’aviation militaire.
La grande majorité des avions commerciaux utilisent plutôt des turbosoufflantes,
aussi appelés turboréacteurs à double flux. Dans ces machines, la turbine produit plus de
travail que ce qui est nécessaire pour faire fonctionner le Compresseur et utilisent cet
excédent pour accélérer un flux d’air secondaire qui circule autour de la turbine.
𝑊̇𝑇𝑢𝑟𝑏𝑖𝑛𝑒 = 𝑊̇𝐶𝑜𝑚𝑝𝑟𝑒𝑠𝑠𝑒𝑢𝑟 + 𝑊̇𝑆𝑜𝑢𝑓𝑓𝑙𝑎𝑛𝑡𝑒
𝑚̇𝐹𝑙𝑢𝑥 𝑆𝑒𝑐𝑜𝑛𝑑𝑎𝑖𝑟𝑒
𝐵𝑃𝑅 =
𝑚̇𝐹𝑙𝑢𝑥 𝑃𝑟𝑖𝑚𝑎𝑖𝑟𝑒

Figure 7: Turboréacteur à double flux

Le ratio entre les débits primaires et secondaires est appelé le taux de dilution ou (By-
pass Ratio en anglais) et de nos jours les gros porteurs commerciaux utilisent tous les
turbosoufflantes avec de très grands taux de dilution de l’ordre de 8 − 12 pour maximiser
l’efficacité propulsive.
Autrement dit, le flux d’air qui passe au travers de la turbine est simplement égal à
environ 10% du total de l’air qui va circuler autour de la turbine

3.2. Turbopropulseurs ou turbomoteurs : Choix de conception en propulsion


aéronautique

Si maintenant la puissance excédentaire est utilisée pour actionner une hélice, on parle de
turbopropulseurs ou de turbomoteurs. C’est le principe de propulsion qui prévaut pour les
avions à basse vitesse, les hélicoptères et les applications terrestres maritimes. Dans tous les
cas, la turbine extrait toute l’énergie possible pour produire du travail mécanique à l’arbre en
rotation si bien qu’il ne reste plus d’énergie cinétique significative dans les gaz
d’échappement.
Figure 8: Vue d'un turbopropulseur

Pour faire un choix de mode de propulsion en aéronautique, il faut d’abord connaitre


les compromis qui existent entre d’une part la force de poussée et d’autre part l’efficacité
propulsive. Dans tous les cas la force propulsive sera le résultat de l’accélération de l’air
passant autour et au travers du système de propulsion et ceux dans la direction opposée au
déplacement de l’avion. En négligeant le débit massique dû à l’ajout du carburant, on obtient
la force qui est égale au débit massique multipliée par la différence de vitesse entre l’entrée
et la sortie.
𝐹 = 𝑚̇𝑠𝑜𝑟𝑡𝑖𝑒 𝑉𝑠𝑜𝑟𝑡𝑖𝑒 − 𝑚̇𝑒𝑛𝑡𝑟é𝑒 𝑉𝑒𝑛𝑡𝑟é𝑒 ≈ 𝑚̇(𝑉𝑠𝑜𝑟𝑡𝑖𝑒 − 𝑉𝑒𝑛𝑡𝑟é𝑒 )
Le travail effectuer pour accélérer le flux d’air produisant cette poussée est exprimé par la
variation de l’énergie cinétique
1
𝑊̇𝑎𝑖𝑟 = 𝑚̇(𝑉𝑠𝑜𝑟𝑡𝑖𝑒
2 2
− 𝑉𝑒𝑛𝑡𝑟é𝑒 )
2
Si on combine l’expression de ce travail avec celle de la poussée, on peut obtenir une
expression pour la poussée qui met en relation le travail effectué sur l’air et la vitesse de
sortie (paramètre majeurs de la propulsion).

D’autres part, l’efficacité propulsive est définie comme étant le ratio du travail effectuée
pour déplacer l’air qui entoure l’avion par rapport au travail fait pour accélérer l’avion lui-
même.

𝑊̇𝑎𝑣𝑖𝑜𝑛 𝑚̇ . 𝑉𝑎𝑣𝑖𝑜𝑛 2𝑊̇𝑎𝑖𝑟 𝑉𝑒𝑛𝑡𝑟é𝑒 2𝑉𝑒𝑛𝑡𝑟é𝑒


𝜂𝑃 = = = . =
̇
𝑊𝑎𝑖𝑟 ̇
𝑊𝑎𝑖𝑟 ̇
𝑉𝑠𝑜𝑟𝑡𝑖𝑒 + 𝑉𝑒𝑛𝑡𝑟é𝑒 𝑊𝑎𝑖𝑟 𝑉𝑠𝑜𝑟𝑡𝑖𝑒 + 𝑉𝑒𝑛𝑡𝑟é𝑒

En terme de puissance ceci est exprimé par le produit de la force de poussée multipliée
par la vitesse de l’avion.
Ainsi on constate que l’influence du travail fait sur l’air disparait et seules les vitesses
demeurent, il est donc possible de tirer quelques conclusions générales qui peuvent guider
les choix de conception.
1. 𝑉𝑠𝑜𝑟𝑡𝑖𝑒 > 𝑉𝑒𝑛𝑡𝑟é𝑒 La force de poussée augmente si la vitesse de sortie augmente
ou si le débit massique augmente.
2. Si le travail effectué sur l’air est supposé constant, la force de poussée augmente
si la vitesse de sortie diminue
3. L’efficacité augmente si la vitesse de sortie diminue.

4. Cycle réel vs Cycle Thermodynamique

Pour permettre une analyse thermodynamique du cycle de turbines à gaz nous allons
avoir recours aux hypothèses simplificatrices d’air standard et d’air froid standard. Nous allons
donc supposer que :
- Le fluide de travail est de l’air et que c’est un gaz parfait
- Les évolutions qui font intervenir un changement de pression donc les
détentes et les compressions se fond de manière réversible donc
isentropiques
- Puis nous allons remplacer les échanges de matière entre le système et son
environnement par des échanges de chaleur équivalents.

Ces hypothèses simplificatrices ont pour effet de remplacer le cycle mécanique réel
(Cycle de Brayton) dans lequel de circuit est ouvert et le fluide circule successivement dans un
compresseur, une chambre de combustion et une turbine par un cycle thermodynamique
équivalent qui est réalisé en circuit fermé.
Dans le circuit équivalent, la combustion et le rejet des gaz brulés à l’atmosphère sont
remplacés par les transferts de chaleur avec des réservoirs chauds et froid respectivement.

5. Cycle de Brayton
Le cycle de Brayton idéalisé, est composé de 04 évolutions et les étapes de compression
et de détente étant adiabatique réversibles sont à nouveau isentropiques (un peu comme
pour les moteurs à piston). Cette fois ci par contre, comme le circuit est ouvert, les échanges
de chaleur se fond à pression constante.

5.1. Evolutions intérieures réversibles


Tels qu’illustrés dans les diagrammes 𝑃 − 𝑉 et 𝑇 − 𝑆,
- Entre les points 1 et 2 la compression isentropique qui résulte en une
augmentation de la pression et de la température
- Entre les points 2 et 3 seule la température augmente et la pression reste
constante durant l’apport de chaleur

Les opérations inverses se fond de la même manière :


- Une détente isentropique entre 3 et 4
- Un rejet de chaleur (𝑃 = 𝑐𝑡𝑒) entre 4 et 1

5.2. Bilan d’énergie

La surface délimitée par le cycle représente le travail net du cycle dans le diagramme 𝑃 −
𝑉. De plus on peut encore obtenir une expression assez simplifiée pour le rendement
thermique du cycle, qui dépend seulement des rapports de température entre les différents
points.
𝑄𝑒𝑛𝑡𝑟é𝑒 = 𝐻3 − 𝐻2 = 𝐶𝑝 (𝑇3 − 𝑇2 )
𝑄𝑒𝑛𝑡𝑟é𝑒 = 𝐻4 − 𝐻1 = 𝐶𝑝 (𝑇4 − 𝑇1 )
Si on suppose que les capacités thermiques sont constantes, et similairement à l’analyse
du cycle des moteurs à piston, on obtient une expression pour le rendement qui dépend
seulement de ses rapports de température.
𝑊𝑛𝑒𝑡 𝑄𝑠𝑜𝑟𝑡𝑖𝑒 𝐶𝑝 (𝑇4 − 𝑇1 )
𝜂𝑡ℎ, 𝐵𝑟𝑎𝑦𝑡𝑜𝑛 = = 1− =1−
𝑄𝑒𝑛𝑡𝑟é𝑒 𝑄𝑒𝑛𝑡𝑟é𝑒 𝐶𝑝 (𝑇3 − 𝑇2 )
𝑇4
𝑇4 − 𝑇1 𝑇1 (𝑇 − 1)
1
𝜂𝑡ℎ, 𝐵𝑟𝑎𝑦𝑡𝑜𝑛 = 1 − =1−
𝑇3 − 𝑇2 𝑇
𝑇2 (𝑇3 − 1)
2

Il y’a cependant une différence de taille entre les moteurs à combustion internes de types
piston-cylindre, et les moteurs de types turbines à gaz. Dans le cas des moteurs piston-
cylindre, on fournit le taux de compression donc le rapport des volumes pour caractériser la
𝑷𝟐
configuration. Dans le cas des turbines à gaz on fournit plutôt le rapport des pressions qui
𝑷𝟏
caractérise à la fois la turbine et le compresseur.

On cherche donc à modifier l’expression du rendement thermique qui est donné en


fonction des températures pour faire apparaitre le rapport des pressions, on utilisera dans ce
cas une relation isentropique.
Cette fois ci on utilise
𝑇2 𝑃2 1−𝛾 𝑃3 1−𝛾 𝑇3
=( ) =( ) =
𝑇1 𝑃1 𝑃4 𝑇4
On simplifie pour obtenir l’expression du rendement optimal du cycle de Brayton
supposé réversible suivante :
1
𝜂𝑡ℎ, 𝐵𝑟𝑎𝑦𝑡𝑜𝑛 =1− 1−𝛾
𝑟𝑝
Le rendement augmente donc avec le rapport de pression et peut dépasser les 60%
pour les rapports de pression réalisés en industrie qui peuvent atteindre jusqu’à 30%, par
contre le rendement des machines réelles excèdent difficilement les 40%.

6. Stratégie d’accroissement du rendement

Plusieurs stratégies sont disponibles pour tenter d’augmenter le rendement du cycle de


Brayton à savoir

6.1. La régénération

Qui consiste à utiliser une partie de l’énergie stockée dans les gaz de combustion à la
sortie de la turbine pour tenter de réchauffer le fluide en amont de la chambre de
combustion et ainsi économiser du carburant.

Qsortie Régénérateur

Echange de
Chaleur

Chambre de
1 Combustion
4
2 Qabs 3
C T

Figure 9: Turbine à Gaz avec régénérateur

Cette approche nécessite l’utilisation d’un échangeur de chaleur spécialisé appelé le


régénérateur, qui transfert une partie de l’énergie des fluides qui sortent de la turbine vers le
fluide à haute pression après le compresseur.
Bien entendu que cette approche est seulement réalisable si la température 𝑇4 à la sortie
de la turbine, est supérieure à la température 𝑇2 à la sortie du compresseur.
Cette limitation impose le fait que l’approche de la régénération est surtout réalisable et
bénéficie surtout aux systèmes ayant un rapport (taux) de compression relativement faible.
Si le taux de pression est élevé alors 𝑇2 sera élevée par conséquent il faudrait garder 𝑇4 à
une température très élevée pour pouvoir utiliser la régénération.

On obtient donc une nouvelle équation pour le rendement thermique maximal que le
cycle de Brayton peut obtenir en utilisant la régénération
𝑇1 1−𝛾
𝜂𝑡ℎ,𝑟𝑒𝑔𝑒𝑛 = 1 − ( ) 𝑟𝑝
𝑇3
Et on observe le résultat dans un diagramme qui lie le rendement en fonction du rapport de
pression, on constate que l’augmentation de rendement est seulement matérialisée pour les
rapports de pression relativement faible.

6.2. Refroidissement intermédiaire et réchauffe

On peut également augmenter le rendement d’un cycle en effectuant


- Un refroidissement intermédiaire lors de la compression, qui consiste en la
diminution du volume spécifique du gaz durant la compression.
- Une réchauffe lors de la détente, qui consiste en une augmentation du volume
spécifique donc du travail 𝑣𝑑𝑃 de la turbine.

Dans cette figure est représenté un cycle dans lequel on a fait à la fois un refroidissement
intermédiaire, une réchauffe et la régénération.
Qsortie Régénérateur

Echangeur de
Chaleur
Chambre de
Combustion # 2
5 Chambre de
1 Combustion #1
4 7 8 9
6
C #1 C #2 T #1 T #2
2 3

Refroidissement
intermédiaire

Figure 10: Turbine à Gaz avec Refroidissement Intermédiaire et réchauffe

Premièrement, le refroidissement du fluide en cours de compression permet d’abaisser


son volume spécifique et donc de diminuer le travail qui est nécessaire d’effectuer dans la
deuxième étape de compression. Ensuite, le régénérateur permet d’obtenir une partie de la
chaleur nécessaire pour augmenter la température du fluide jusqu’à son niveau maximum, et
cela à partir d’un écoulement pour lequel tous le potentiel généré du travail a déjà été épuisé
puisqu’il provient de la sortie de la turbine (9). Finalement, l’utilisation d’une deuxième
chambre de combustion, permet d’augmenter la quantité de travail produite par le cycle.
Graphiquement, on remarque qu’on a augmenté la surface dans le diagramme (𝑇 − 𝑆),
qui est occupé par le cycle, donc on a augmenté le travail net total qui a été produit.

CONCLUSION
En conclusion, dans ce chapitre nous avons vue pourquoi les turbines à gaz de par leurs
densités de puissance exceptionnelle, ont autant d’application en particulier pour la
propulsion des avions. En passant en revue les différents types de turbines disponibles pour le
propulsion d’aéronef, il a été possible de constater l’influence des principaux paramètres de
conception (d’entrées et de sorties), qui sont le débit massique d’air passant au travers du
système et la vitesse de sortie de l’air. En appliquant les hypothèses d’air froid standard il a
également été possible d’obtenir une relation simplifiée pour le rendement du cycle de
Brayton et cela en fonction du rapport de pression du cycle. On a également passé en revue
deux différentes approches qui sont disponibles pour augmenter l’efficacité des cycles de
Brayton qui sont donc : la régénération et le refroidissement et la réchauffe intermédiaire.