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CYCLE GRANDE ECOLE

Financement des investissements


Support de cours

Mohamed Waddad
30/11/2015
PARTIE I : PANORAMA DES MODES DE FINANCEMENT A LONG TERME

Pour financer le développement de son activité, l’entreprise peut avoir recours à différentes
sources de financement.
Un des aspects déterminants de la stratégie financière réside dans le choix des
financements les mieux appropriés. Mais pour effectuer correctement ce choix, il est
indispensable de connaitre, au préalable, l’ensemble des sources possibles.
D’une façon générale, les modes de financement peuvent être regroupés en trois grandes
catégories :

Financement de l'entreprise par...

Fonds propres Quasi-fonds propres Endettement

Autofinancement Comptes courants d'associés bloqués Emprunts auprès du groupe/ associés


Cessions d'éléments d'actif Titres subordonnés Emprunts auprès étab. de crédit
Augmentation de capital Obligations remboursables en actions Emprunts obligataires
Subventions Obligations convertibles en actions Emission de TCN
Prêts participatifs Crédit-bail

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1. LE FINANCEMENT PAR FONDS PROPRES
Toutes les entreprises peuvent recourir à leurs moyens propres et à ceux de leurs associés
pour financer partiellement ou totalement leurs besoins en équipements ou en fonds de
roulement.
1.1 Les fonds propres internes
Les moyens propres d’une entreprise sont ceux que lui procurent l’autofinancement et les
cessions d’actifs.

1.1.1 L’autofinancement
L’autofinancement représente les capitaux que secrète une entreprise au cours d’une année
d’exploitation (amortissements, provisions à caractère de réserves et bénéfices nets non
distribués).
L’autofinancement offre les avantages ci-après :
 Reconstitution, modernisation, voire même l’accroissement des capacités de
production
 Substitution progressive des capitaux propres à l’endettement externe onéreux
 Atténuation des frais financiers en même temps que le renforcement de l’autonomie
financière.
L’entreprise utilise ses propres fonds pour financer des investissements dès lors que leur
rentabilité est supérieure au taux requis compte tenu du risque supporté. Un
autofinancement confortable peut amener l’entreprise à négliger cette préoccupation.

1.1.2 Les cessions d’actifs


Les cessions d’éléments de l’actif immobilisé peuvent résulter de plusieurs situations:
- Renouvellement normal des immobilisations, lequel s’accompagne, chaque fois que
cela est possible, de la vente de biens renouvelés ;
- Nécessité d’utiliser ce procédé pour obtenir des capitaux ; l’entreprise est alors
amenée à céder certaines immobilisations (terrains, immeubles…) qui ne sont pas
nécessaires à son activité ;
- Mise en œuvre d’une stratégie de recentrage ; L’entreprise cède des usines, des
participations, voire des filiales dès lors qu’elles sont marginales par rapport aux
métiers dominants qu’elle exerce.

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1.2 L’augmentation de capital par apports en numéraire
Il existe de nombreuses modalités d’augmentation de capital (par apports en numéraire, par
incorporation de réserves, par conversion de dettes,…). Seule l’augmentation de capital par
apports en numéraire apporte de nouvelles ressources financières.
Le législateur a imposé que l’augmentation du capital en numéraires soit approuvée par
l’assemblée générale extraordinaire (AGE). Il a parallèlement prévu la protection des anciens
actionnaires en instituant en leur faveur le droit préférentiel de souscription.
Il convient de rappeler, à cet égard, que l’augmentation du capital en numéraires, doit
s’accompagner d’une libéralisation du capital à hauteur de 25% au moins, les 75% restants
devant être libérés en une ou plusieurs fois sur une période qui ne peut dépasser 3 ans.
L’augmentation du capital par l’émission d’action en public est subordonnée à certaines
conditions, fixées par le Dahir portant loi n°1-93-211 relatif à la bourse de valeurs. Ainsi, en
fonction du compartiment qu’elle veut intégrer, la société doit répondre à un certain nombre
de critères. Elle doit ensuite, à tout moment, en respecter d’autres pour y rester:
Les conditions d'accès à la bourse
Marché Marché
Compartiment Marché Développement
Principal Croissance
Entreprises de taille Entreprises en forte
Profil des entreprises Grandes entreprises
moyenne croissance
Capitaux propres minimum en MDH 50 MDH Pas de limite fixée Pas de limite fixée
Chiffre d’affaires minimum en MDH Pas de limite fixée Plus de 50 MDH Pas de limite fixée
Nombre d’exercices certifiés 3 2 1
Nombre de titres minimum à émettre 250 000 actions 100 000 actions 30 000 actions
Montant minimum à émettre en MDH 75 MDH 25 MDH 10 MDH
Convention d’animation Facultative 1 année 3 années
Oui
Comptes consolidés (Si l’entreprise dispose Facultatif Facultatif
de filiales)

Conditions de séjour à la Bourse


Marché Marché
Compartiment Marché Développement
Principal Croissance
Capital minimum (en MDH) 50 MDH Pas de limite fixée Pas de limite fixée

Chiffre d’affaires minimum en MDH Pas de limite fixée 50 MDH Pas de limite fixée

Nombre de titres en circulation (flottant) 250 000 actions 100 000 actions 30 000 actions

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2. LES EMPRUNTS BANCAIRES
Le crédit bancaire demeure le moyen de financement le plus couramment utilisé par les
entreprises. La grande diversité des formes de crédit bancaire permet de répondre à un
grand nombre de besoins.

On peut utiliser plusieurs types de critères pour classer sommairement les crédits :

Cas du crédit syndiqué

Le crédit syndiqué est délivré au minimum par deux prêteurs offrant, dans un contrat de crédit
unique négocié et géré par un ou plusieurs agents, les mêmes termes et conditions (==>
convention de crédit syndiqué).
La ligne de crédit porte en général sur des montants élevés ; par conséquent, elle est réservée aux
grosses sociétés.
Sa rémunération est proche des taux du marché monétaire (en général: Taux des Bonds de Trésor
majoré d’une marge).
Les conditions du crédit syndiqué peuvent être renégociées lorsque la situation de la société
s’améliore (diminution de l’endettement, amélioration des résultats…).
Le crédit syndiqué est négocié par l’emprunteur avec une seule banque à laquelle il confie un
mandat : l’arrangeur mandaté (ou chef de file). Ce dernier sera) en charge de constituer le syndicat
et de mettre au point les conditions du crédit.

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2.1 Modalités de l’emprunt bancaire

Quelle que sa forme, le contrat de crédit signé par le prêteur et l’emprunteur doit préciser les
modalités ci-après:
 Le taux nominal, qui peut être fixe ou variable. Le taux variable est révisé
périodiquement (tous les 3 mois par exemple) en fonction d’un taux de référence; le
taux variable peut être plafonné ou « capé »
 Les garanties prises par le prêteur afin de s’assurer du remboursement de la somme
prêtée
 Les modalités de remboursement, avec éventuellement une clause de
remboursement anticipé ou une clause de différé de remboursement. On distingue en
général, trois modalités de remboursement d’un emprunt indivis : par annuités
constantes, par amortissements constants, in fine.

2.2 Emprunt remboursable par annuités constantes

L’emprunt indivis est souvent remboursé par des versements constants (annuités ou
mensualités).
Soit un emprunt d’un montant Vo, souscrit au taux i et remboursé en n annuités constantes a
versées en fin de période ; alors :

1 1i n
a  V0
i
V0  a
i
&
1 1i n

Exemple :
La société ABC a souscrit un emprunt bancaire de 200.000 au taux de 4,5%. Cet emprunt
est remboursable en 5 annuités constantes.
1° Calculer le montant de l’annuité constante
2° Présenter le tableau d’amortissement de l’emprunt.

Solution
1° Montant de l’annuité constante:
a = 200 000 X 0,045 / [1 – (1,045)-5] = 45 558,33
2° Tableau d’amortissement de l’emprunt.
(1) (2) = (1) * 4,5% (3) (2) + (3)
Années Capital restant dû intérêts Amortissement Annuité
1 200 000,00 9 000,00 36 558,33 45 558,33
2 163 441,67 7 354,88 38 203,45 45 558,33
3 125 238,22 5 635,72 39 922,61 45 558,33
4 85 315,60 3 839,20 41 719,13 45 558,33
5 43 596,48 1 961,84 43 596,49 45 558,33
200 000

Remarque: Les amortissements forment une progression géométrique de raison (1+i)

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2.3 Emprunt remboursable par amortissements constants

Le montant remboursé est le même à la fin de chaque période. Il est égal au montant de
l’emprunt divisé par le nombre de périodes.
Le remboursement étant constant, la diminution des intérêts se répercute sur les annuités
qui sont désormais décroissantes
Les intérêts, comme les annuités, constituent une suite arithmétique dont la raison est
négative et égale à : (- Amortissement * taux)
Exemple
Reprenons le même exemple en considérant que l’emprunt est remboursé en 5 fractions
égales.
Présenter le tableau d’amortissement de l’emprunt.
Tableau d’amortissement de l’emprunt:

(1) (2) = (1) * 4,5% (3) (2) + (3)


Années Capital restant dû intérêts Amortissement Annuité
1 200 000,00 9 000,00 40 000,00 49 000,00
2 160 000,00 7 200,00 40 000,00 47 200,00
3 120 000,00 5 400,00 40 000,00 45 400,00
4 80 000,00 3 600,00 40 000,00 43 600,00
5 40 000,00 1 800,00 40 000,00 41 800,00
200 000

2.4 Emprunt remboursable in fine

C’est un emprunt remboursable en totalité (en bloc) à la fin de la durée prévue. Cette
modalité de remboursement est de plus en plus répandue.
Les annuités, sauf la dernière, ne sont composées que d’intérêts.
Exemple
Reprenons le même exemple en considérant que l’emprunt est remboursé in fine.
Présenter le tableau d’amortissement de l’emprunt.

(1) (2) = (1) * 4,5% (3) (2) + (3)


Années Capital restant dû intérêts Amortissement Annuité
1 200 000,00 9 000,00 9 000,00
2 200 000,00 9 000,00 9 000,00
3 200 000,00 9 000,00 9 000,00
4 200 000,00 9 000,00 9 000,00
5 200 000,00 9 000,00 200 000,00 209 000,00
200 000

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2.5 Emprunt remboursable avec différé

Il arrive que l’entreprise ait des difficultés à rembourser l’emprunt dès le démarrage d’un
nouvel investissement et souhaite repousser la date du début du remboursement.
On parle alors de différé de remboursement, ce qui implique une modification des calculs
d’annuités. En général, le différé est de 1 ou 2 ans.
Exemple
Supposons que l’emprunt de 200.000 est remboursable en 4 amortissements constants avec
un différé d’un an. Taux : 4,5%. Les intérêts seront versés à la fin de la première année.
Présenter le tableau d’amortissement de l’emprunt.
Solution
L’entreprise versera le premier amortissement de 50.000 (et l’annuité correspondante) 2 ans
après la date de souscription de l’emprunt :
(1) (2) = (1) * 4,5% (3) (2) + (3)
Années Capital restant dû intérêts Amortissement Annuité
1 200 000,00 9 000,00 9 000,00
2 200 000,00 9 000,00 50 000,00 59 000,00
3 150 000,00 6 750,00 50 000,00 56 750,00
4 100 000,00 4 500,00 50 000,00 54 500,00
5 50 000,00 2 250,00 50 000,00 52 250,00
200 000

==> Le surcoût (intérêts supplémentaires) lié à ce différé s’élève à 9.000

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3. LES EMPRUNTS OBLIGATAIRES
Un emprunt obligataire est un emprunt divisé en fractions égales appelées obligations,
souscrites par un grand nombre de prêteurs appelés obligataires.
Les obligations sont des titres négociables (cotés ou non) qui confèrent à leurs détenteurs un
simple droit de créance, sans participation aux résultats de l’exploitation et sans immixtion
dans l’administration de la société.
L’émission d’emprunt obligataire est fortement encadrée au Maroc. C’est ainsi que l’émission
des obligations est réservée aux seules sociétés anonymes1 :
 ayant deux années d’existence et qui ont clôturé deux exercices successifs dont
les états de synthèse ont été approuvés par les actionnaires,
 dont le capital a été intégralement libéré
De plus, l’émission d’obligations est subordonnée à l’approbation de l’AGO des actionnaires
et à l’information du public par l’établissement d’une note d’information et de son visa par le
CDVM à l’instar de ce qui est prévu pour une augmentation de capital par émission d’actions
dans le public.
Enfin, la société émettrice respecter ensuite les règles d’information obligatoires exigées
des personnes morales faisant appel public à l’épargne.

3.1 Vocabulaire
Pour aborder les emprunts obligataires, il est nécessaire de bien connaitre quelques termes
couramment utilisés:
Terme Définition
Nombre d'obligations (N) Nombre total d'obligations émises et à rembourser

Valeur nominale (V) Valeur attribuée à une obligation afin de calculer les intérêts

Prix d'émission (E) Montant versé par l'obligataire pour obtenir une obligation:
si E < V, l'émission est en dessous du pair
si E =V, l'émission est au pair

Prime d'émission Différence entre la valeur nominale et le prix d'émission (V - E)

Prix de remboursement (R) Montant versé lors du remboursement de l'obligation:


si R = V, le remboursement est au pair
si R > V, le remboursement est au-dessus du pair

Prime de remboursement Différence entre le prix de remboursement et la valeur nominale (R - V)


Date de jouissance date à partir de laquelle les intérêts commencent à courir (souvent 2 ou 3
semaines après la date d'émission des obligations)
Taux d'intérêt nominal ou Taux servant de référence pour le calcul des inétrêts (taux fixe ou variable)
facial (t)
Coupon d'intérêts (c) Il s'agit du montant des intérêts versé pour une obligation:
c = V Xt
le coupon est versé une fois par an

1
Ces conditions ne s’appliquent pas aux emprunts obligataires garantis par l’Etat.

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3.2 Lecture d’une cotation
La cotation d’une obligation reprend un certain nombre de concepts qui permettent de
synthétiser l’information nécessaire à l’investisseur:

Emetteur Code ISIN Cours du jours Cours précédent Coupon couru

OBL LYDEC 14/07/25 15Y 5.62% MA0000091076 103,647 103,777 2,088

 Les obligations sont cotées en pourcentage de la valeur nominal et au pied de


coupon (i.e coupon couru exclu).
Exemple : Supposons qu’une obligation ait un nominal de 100 KDH et qu’elle cote 99
KDH, alors la cotation que vous trouverez, exprimée en pourcentage, correspondra à
(99/100) × 100, soit 99 %.
 Code ISIN2: Il s’agit d’une norme internationale appliquée depuis 2014. Ce code
comporte 12 caractères; les deux premiers indiquent le pays dans lequel le titre a été
émis.
 Coupon couru: c’est le montant des intérêts courus depuis le dernier versement
d’intérêts (les intérêts sont versés annuellement). Il est généralement exprimé en %
du nominal avec trois décimales.

3.3 Modalités d’un emprunt obligataire


En termes de taux d’intérêt, on distingue :

Obligations à taux fixe Montant du coupon identique durant toute la vie du titre, quelque soit l’évolution des
taux et ce, jusqu’à son remboursement final
Obligations à taux variable Le montant du coupon n'est pas déterminé en valeur absolue à l'émission: l'émetteur
fixe seulement son mode de calcul par rapport à un taux de référence sur le marché
monétaire ou obligataire

Obligations à zéro coupon Aucun coupon n'est versé périodiquement. Le coupon est capitalisé à chaque période
et génère par la suite des intérêts

S’agissant des modalités de remboursement, un emprunt obligataire peut être remboursé in


fine, par amortissements constants ou par annuités constantes (à l’instar des emprunts
indivis).
La modalité de remboursement la plus fréquente est le remboursement in fine.

2
ISIN : International Securities Identification Number

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3.4 Emprunt obligataire remboursable in fine
Dans le cas d’un remboursement in fine, les n-1 premières annuités ne comprennent que
des intérêts et sont constantes. La dernière annuité comprend les intérêts de la dernière
année et le capital à rembourser.
Les intérêts (I) se calculent sur la base de la valeur nominale (V) de l’obligation : I = N * V * t
Le capital remboursé se calcule sur la base du prix de remboursement (N x R).
Exemple
Soit l’emprunt obligataire suivant:
Nombre d’obligations : N = 10.000
E = V = 500 DH (émission au pair)
R = 550 DH (remboursable au-dessus du pair)
t = 5%
n = 4 ans.
Présenter le tableau d’amortissement de l’emprunt obligataire en supposant un
remboursement in fine.
Solution
Coupon annuel : c = 500 * 5% = 25 DH par obligation
Intérêts annuels : 10.000 obligations * 25 DH = 250.000 DH
Remboursement en bloc en fin de la 4ème année : 10.000 obligations * 550 = 5.500.000

Années Intérêts NB d'obligations Amortissement Annuité


amorties
1 250 000,00 0,00 0,00 250 000,00
2 250 000,00 0,00 0,00 250 000,00
3 250 000,00 0,00 0,00 250 000,00
4 250 000,00 10 000,00 5 500 000,00 5 750 000,00
Total 1 000 000 10 000 5 500 000 6 500 000

3.5 Emprunt obligataire remboursable par amortissement constant


Dans le cas d’un remboursement par amortissements constants, le nombre d’obligations
amorties chaque année est constant et égal à N /n.
Le nombre d’obligations amorties doit toujours être un nombre entier. Les obligations
amorties sont choisies par tirage au sort.
Les intérêts diminuent à chaque période ainsi que les annuités.
Exemple
Reprenons l’exemple précédent en supposant que l’emprunt obligataire est remboursé par
amortissements constants.
Présenter le tableau d’amortissement

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Solution

Années NB d'obligations Intérêts NB d'obligations Amortissement Annuité


vivantes amorties
1 10 000,00 250 000,00 2 500,00 1 375 000,00 1 625 000,00

2 7 500,00 187 500,00 2 500,00 1 375 000,00 1 562 500,00

3 5 000,00 125 000,00 2 500,00 1 375 000,00 1 500 000,00

4 2 500,00 62 500,00 2 500,00 1 375 000,00 1 437 500,00

Total 625 000 10 000 5 500 000 6 125 000

Chaque année la société rembourse le même nombre d’obligations, soit 2.500 obligations
(10.000/4) au prix R= 550 DH.

3.6 Emprunt obligataire remboursable par annuité constante


Une même somme étant consacrée chaque année au service global de l’emprunt (càd au
paiement de son intérêt et à son remboursement).
Dans cette méthode, le nombre d’obligations à rembourser croît à chaque échéance.
Exemple

La société ABC doit développer ses investissements par un financement adapté. A cette fin, elle a
recours à l’émission d’un emprunt obligataire dont les caractéristiques sont les suivantes (montant
en KDH) :
Emission le 01/03/N de 100 000 obligations de valeur nominale 100,
Prix d’émission : 96
Durée de vie de l’emprunt : 5 ans
Coupon annuel par obligation : 5 DH
Date de jouissance : 01/04/N
Remboursement par annuités constantes, le nombre d’obligations à arrondir chaque année étant
arrondi à l’unité par excès.
Présenter le tableau d’amortissement de l’emprunt selon les deux hypothèses ci-après :
1° Remboursement au pair (R = V = 100DH)
2° Remboursement au-dessus du pair : R = 125 DH

Solution
1° Remboursement au pair

Taux d’intérêt : 5/100 = 5%

Annuité constante théorique: 100 000 x 100 x 0,05 / (1-1,05-5) = 2 309 748

Le nombre d’obligations à rembourser étant à chaque fois arrondi à l’unité supérieure, il


convient de récupérer l’écart sur la dernière annuité:

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(1) (2) = (1) * 5 DH (3) (4) = (3) * 100 (2) + (4)
Échéances Obligations Intérêts Obligations Amortissement Annuité
vivantes à rembourser réelle
N+1 100 000 500 000 18 098 1 809 800 2 309 800
N+2 81 902 409 510 19 003 1 900 300 2 309 810
N+3 62 899 314 495 19 953 1 995 300 2 309 795
N+4 42 946 214 730 20 951 2 095 100 2 309 830
N+5 21 995 109 975 21 995 2 199 500 2 309 475
Total - 1 548 710 100 000 10 000 000 11 548 710

Remarque : Les amortissements forment une progression géométrique de raison : 1+i

Ainsi, on peut écrire de façon générale: An = Ap*(1+i)(n-p)

2° Remboursement au-dessus du pair

Le prix de remboursement (R) étant supérieur à la valeur nominale (V), on doit utiliser le taux
ajusté r pour retrouver la nouvelle annuité théorique a’:

r = coupon / 125 ==> r = 5 / 125 = 4%

==> a’ : (100.000 x 125 ) x (0,04 / (1 – (1,04)-5)

a’ : 2.807.838,92

NB . Le taux ajusté sert uniquement pour le calcul de la nouvelle annuité théorique, les
intérêts servis annuellement par la société sont toujours calculés sur la base du taux
nominal.

(1) (2) = (1) * 5 DH (3) (4) = (3) * 125 (2) + (4)


Échéances Obligations Intérêts Obligations Amortissement Annuité
vivantes à rembourser réelle
N+1 100 000 500 000 18 463 2 307 875 2 807 875
N+2 81 537 407 685 19 201 2 400 125 2 807 810
N+3 62 336 311 680 19 969 2 496 125 2 807 805
N+4 42 367 211 835 20 768 2 596 000 2 807 835
N+5 21 599 107 995 21 599 2 699 875 2 807 870
Total 1 539 195 100 000 12 500 000 14 039 195

NB. Les Amortissements (Ap) forment une progression géométrique de raison (1+r)

On peut écrire de façon générale: An = Ap*(1+r)(n-p)

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3.7 Le taux de rendement actuariel brut (TAB)
Du point de vue investisseur (souscripteur), le TAB mesure le taux de rendement réel d’un
emprunt obligataire en tenant compte aussi bien des intérêts que des primes d’émission et
de remboursement éventuelles.

Ce taux est important car les investisseurs peuvent le comparer de manière pertinente à
celui d’autres emprunts obligataires ou à celui d’autres placements.

Il est possible de rencontrer deux cas :


Cas Implication
Emprunt obligataire sans prime TAB = taux nominal de l'emprunt
Emprunt obligataire avec prime TAB > taux nominal de l'emprunt

NB. Dans le second cas, les obligataires ont versé moins lors de la souscription qu’ils ne
recevront lors du remboursement. La prime d’émission ou de remboursement perçue en plus
des intérêts contribue à augmenter le taux de rendement actuariel brut.

Calcul:
Le TAB est le taux t qui égalise le montant versé par les souscripteurs (N.E) et les annuités
reçues (a) actualisées à ce taux :

Le TAB est calculé pour l’ensemble des obligataires en supposant une conservation des
obligations jusqu’à leur remboursement.

Le TAB peut être calculé à n’importe quel moment de la vie d’une obligation. Les annuités
restent inchangées, mais le prix d’émission doit alors être remplacé par le prix d’acquisition
de l’obligation sur le marché secondaire (la bourse).

Exemple

Soit l’emprunt obligataire suivant:


 Nombre d’obligations : N = 10.000
 E = V = 500 MAD (émission au pair)
 R = 550 MAD (remboursement au-dessus du pair)
 t = 5%
 n = 4 ans.
Calculons le TAB en supposant successivement:
1° un remboursement par amortissements constants
2° un remboursement in fine

13
Solution
1° Calcul du TAB en cas de remboursement par amortissements constants

Années NB d'obligations Intérêts NB d'obligations Amortissement Annuité


vivantes amorties
1 10 000,00 250 000,00 2 500,00 1 375 000,00 1 625 000,00
2 7 500,00 187 500,00 2 500,00 1 375 000,00 1 562 500,00
3 5 000,00 125 000,00 2 500,00 1 375 000,00 1 500 000,00
4 2 500,00 62 500,00 2 500,00 1 375 000,00 1 437 500,00
Total - 625 000 10 000 5 500 000 6 125 000

Le TAB est le taux t tel que:

10.000 x 500 = 1.625.000 (1+t)-1 + 1.562.000 (1+t)-2 + 1.500.000 (1+t)-3 + 1.437.500 (1+t)-4

t = 8,83% (> 5%)

2° Calcul du TAB en cas de remboursement in fine

Années NB d'obligations Intérêts NB d'obligations Amortissement Annuité


vivantes amorties
1 10 000,00 250 000,00 250 000,00
2 10 000,00 250 000,00 250 000,00
3 10 000,00 250 000,00 250 000,00
4 10 000,00 250 000,00 10 000,00 5 500 000,00 5 750 000,00
Total 1 000 000 10 000 5 500 000 6 500 000

Le TAB est le taux t tel que:

10.000 x 500 = 1.625.000 (1+t)-1 + 1.562.000 (1+t)-2 + 1.500.000 (1+t)-3 + 1.437.500 (1+t)-4

t = 7,24% (> 5%)

NB. Dans le cas d’un remboursement in fine, le TAB peut être calculé en raisonnant sur une
seule obligation.

3.8 Financement par emprunt obligataire ou emprunt bancaire


Les emprunts obligataires semblent plus adaptés lorsque le besoin en financement est très
important :
- les frais d’émission d’un emprunt obligataire sont élevés mais en contrepartie, les
taux obtenus sont plus faibles que dans le cadre d’un emprunt bancaire. De ce fait,
les emprunts obligataires de faible montant sont peu compétitifs ;
- du fait du nombre important d’investisseurs, les emprunts obligataires permettent
d’emprunter des sommes plus importantes que les emprunts bancaires ;
Cependant, d’autres paramètres doivent également être pris en compte :
- en cas de difficultés, la renégociation des conditions de la dette est plus aisée dans le
cas d’un emprunt bancaire ;
- La diversité des titres obligataires offre aux émetteurs une grande variété de
possibilités.

14
4. L’EMISSION DES TITRES DE CREANCE NEGOCIABLES
Les titres de créance négociables (TCN) sont des titres de créance (comme les obligations)
négociables de gré à gré (non cotés en bourse).

Les TCN sont dématérialisés et font l’objet d’une inscription en compte courant tenu auprès
de Maroclear au nom des établissements admis à être dépositaires de ces titres.

Les TCN sont régis par la loi n° 35-95 (du 26 janvier 1995). Celle-ci en distingue trois
catégories suivant le statut professionnel de l’émetteur (Banque, Société de financement,
autre personne morale) :

Caractéristique Certificats de dépôt Bons des sociétés Billets de trésorerie


de financement
Emetteurs Banques Sociétés de • Personnes morales
financement • Fonds propres > 5 MDH
Souscripteurs Toute personne physique ou morale (résidente ou non résidente)

Montant unitaire
100.000 DH
minimum
Durée minimum 10 jours 2 ans 10 jours

Durée maximum 7 ans 7 ans 1 an


Taux d'intérêt • Fixe si durée < 1an Fixe ou variable Fixe
• Fixe ou variable si
durée > 1 an

Emission Ouverte avec obligation pour la banque de Ouverte avec obligation


déposer un dossier d’information auprès de BAM pour l’émetteur de soumettre au
et CDVM 15 jours avant première émission visa du CDVM un dossier
d’information 45 jours avant
première émission

15
5. LE FINANCEMENT PAR CREDIT-BAIL
Le crédit-bail ou leasing est une technique qui a connu un développement important partout
dans le monde y compris au Maroc. L’importance qu’il revêt au plan économique a incité le
législateur à lui consacrer plusieurs articles aussi bien dans la loi bancaire (art. 3 &4), dans
le code de commerce (art. 431 à 442) que dans les lois de finances (au niveau des mesures
d’encouragement fiscal).

Il existe deux formes de crédit-bail :


- Le crédit-bail mobilier
- Le crédit-bail immobilier

5.1 Définition et vocabulaire


Le contrat de crédit-bail est un contrat de location portant sur un bien meuble ou immeuble à
usage professionnel, assorti d’une option d’achat à un prix fixé à l’avance:

Terme Définition
Bailleur Société de crédit-bail
Preneur Locataire
Redevance ou loyer Montant versé périodiquement (mensuellement, trimestriellement…) jusqu'à la fin du
contrat
Dépôt de garantie Il est parfois exigé en début de contrat (et restitué à la fin). En principe, il ne doit pas
dépasser 15% du prix du bien

5.2 Principales caractéristiques


Le contrat doit notamment préciser :
- Le prix d’achat HT : Prix auquel le bailleur achète le matériel ou l’immeuble ;
- La durée : voisine de la durée de l’amortissement fiscal, elle est généralement
comprise entre 3 et 7 ans ;
- La périodicité de paiement des loyers (mois, trimestre,…). En général, ils sont
payables d’avance ;
- Le prix de l’option d’achat (prix à verser en fin de contrat pour devenir propriétaire du
bien).
Options en fin de contrat
A la fin du contrat, l’entreprise a le choix entre trois options :
- Lever l’option d’achat et, donc, devenir propriétaire du bien ;
- Reconduire le contrat en négociant à nouveau la durée, le montant des redevances
et les conditions de l’option d’achat ;
- Restituer le bien mobilier à la société de crédit-bail

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5.3 Le crédit-bail mobilier
Le contrat de crédit-bail mobilier porte sur un matériel devant présenter les caractéristiques
suivantes:
 être identifiable
 correspondre à un usage durable
 être amortissable

Les principaux matériels éligibles au crédit-bail mobilier sont :


 Les véhicules de transport
 Les équipements industriels, les matériels de travaux publics (levage…), matériels
agricoles (tracteurs, machines à vendanger…)
 Les équipements de bureautique
 les équipements médicaux (imagerie médicale…)

Les étapes liées à la mise en place d’un contrat de crédit-bail mobilier peuvent être
résumées comme suit :
 Le locataire choisit librement le matériel et le fournisseur;
 Le matériel, livré au locataire, est facturé à la société de crédit-bail qui en est
propriétaire;
 Un contrat est établi pour préciser la durée (entre 3 et 5 ans), le loyer, la périodicité
des loyers (qui peut être mensuelle, semestrielle ou annuelle) et l’option d’achat.

5.4 Le crédit-bail immobilier


Le contrat de crédit-bail immobilier porte sur un bien immobilier à usage professionnel, tels
que les locaux à usage industriel, commercial ou professionnel.

Il peut s’agir d’immeubles neufs ou anciens. En cas de construction, les intervenants sont
choisis par l’entreprise locataire.

La durée des contrats est généralement comprise entre 8 et 15 ans (parfois 20).

5.5 Cas du lease-back (ou cession-bail)


C’est une opération qui consiste, pour une entreprise, à céder des biens immobiliers (usine,
siège social) ou des biens d’équipement (matériels) à une société de crédit-bail qui lui en
laisse la jouissance sur la base d’un contrat de crédit-bail prévoyant les conditions du rachat.

Cette opération permet à une entreprise de se procurer des capitaux pour mettre à profit une
opportunité d’investissement qu’elle ne pourrait financer autrement, tout en gardant l’usage
du bien.

17
5.6 Avantages & inconvénients du crédit-bail

 Avantages
 Financement à 100% de l’investissement. Toutefois, les sociétés de crédit-bail
exigent souvent des garanties sous forme du versement d’un dépôt de garantie
en début de contrat.
 Grande souplesse dans les modalités de paiement :
 les loyers peuvent être constants, dégressifs ou spécifiques ;
 la durée modulée en fonction des possibilités de l’entreprise.
 Assurance contre le risque technologique si le contrat prévoit l’échange du bien
en cas de changement important.

 Le crédit-bail n’alourdit pas les immobilisations figurant à l’Actif du bilan de


l’entreprise ; les redevances étant simplement enregistrées en charges
d’exploitation

 Déductibilité fiscale des loyers versés

 Inconvénients
 Coût plus élevé que celui d’un emprunt bancaire classique à moyen terme. (en
général, les redevances locatives dépassent, en intérêts, ceux des CMLT de 2 à
4%.
 Risque de l’utiliser dans des opérations peu rentables du fait de son accès assez
facile

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6. LES QUASI-FONDS PROPRES
Les quasi-fonds propres correspondent à des ressources stables qui ne sont pas à
proprement parler, ou pas encore, des capitaux propres. On range généralement dans cette
catégorie :

- Les comptes courants d’associés bloqués


- Titres subordonnés à durée indéterminée
- Les obligations hybrides

6.1 Les comptes courants d’associés bloqués (CCA)


Les apports d’associés sous forme d’avances en comptes courants peuvent être assimilés à
des prêts qu’ils accordent à leur propre société. Ils sont fréquents surtout dans les entités de
taille restreinte.

Ces apports ne sont assimilés à des capitaux propres que s’ils ont vocation à rester dans
l’entreprise, notamment lorsqu’il existe une convention de blocage des fonds.

Si les apports traduisent uniquement des mouvements de caisse entre l’entreprise et ses
associés, ils sont à considérer uniquement comme des ressources de trésorerie.

Les comptes courants d’associés bloqués offrent plusieurs avantages :

 Moyen de financement, simple et nécessitant très peu de formalités administratives ;


 Système qui ne nécessite pas de modification du statut social de la société
(contrairement à une augmentation du capital social) ;
 Possibilité de déduire les intérêts versés aux associés de ses bénéfices imposables
(sous certaines conditions).

6.2 Les titres subordonnés à durée indéterminée (TSDI)


Les TSDI sont des titres de créance de dernier rang dont le remboursement se fait au gré de
l’émetteur. Ils prennent souvent la forme d’obligations subordonnées.

En cas de liquidation de l’entreprise, ces titres ne sont remboursés qu’après toutes les autres
créances.

En raison d’un risque plus important de non-remboursement, la rentabilité exigée par les
investisseurs est élevée.

Les TSDI peuvent être cotés à la Bourse des Valeurs de Casablanca.

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6.3 Les obligations hybrides
Les caractéristiques de ces obligations peuvent être résumées comme suit :

Type d'obligations Caractéristiques Intérêt pour l'émetteur


Obligations convertibles ▪ Obligations conférant à leurs titulaires le droit de Compte tenu de leur attrait spéculatif, ces
en actions demander la conversion de leurs titres en actions dans les obligations sont rémunérées par un taux
(OCA) conditions prévues au moment de l'émission de inférieur au taux pratiqué pour les obligations
l'emprunt . ordinaires
▪ La conversion peut avoir lieu à tout moment ou pendant
des périodes déterminés.
▪ La conversion suppose la création d'actions nouvelles
Obligations ▪ Ces cbligations sont obligatoirement remboursées en Les ORA présentent un risque plus élevé que
remboursables en action actions à l'échéance, selon une parité définie lors de celui des OCA. C'est pourquoi leur taux
(ORA) l'émission d'intérêt est plus avantageux
▪ IL s'agit donc d'une augmentation de capital décalée
dans le temps
▪ Ces titres sont relativements risqués, proche des actions

Obligations à bons de Il s'agit d'obligations accompagnées de bons de L'attrait spéculatif attaché aux bons permet à
souscription d'actions souscription d'actions, lesquels donnent le droit de l'émetteur de proposer des taux inférieurs à
(OBSA) souscrire à des actions à un prix fixé d'avance (prix ceux des obligations ordinaires
d'exercice), au cours d'une période déterminée

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