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La

sculpture égyptienne
LA SCULPTUR E EGYPTIENNE

L .

VINGT-DEUXIÈME VOLUME

DE LA

BIBLIOTHÈQUE ALDINE
DES ARTS

A ÉTÉ ACHEVÉ D'IMPRIMER

EN MARS 195 4
SUR LES PRESSES DE BRAUN ET CIE

IMPRIMEURS
A MULHOUSE-DORNACH
(HAUT RHIN)

PRINTBD IN FRANCE
La
sculpture
, .
egypt1enne
PAR

JACQUES VANDIE R
Contervüleur en chef
des Antiquité! Eg;'jJtienne.r
a11 Mu1ée du L ouvre

FERNAND HAZAN
JJ et ; 7, rue de S eine
PARIS
CE petit livre, consacré à la sculpture égyptienne,
c'est-à-dire à l'aspect le plus directement accessible
de l'art, prouvera, par des témoignages concrets,
q ue l'Égypte, loin d'être exclusivement, comme on
le pense trop souvent, un monde mystérieux, entiè-
rement dominé par l'idée de la mort et de la résur-
rection, a été aussi un monde bien vivant, avec une
civilisation brillante et humaine. L'Égypte antique,
ce n'est pas seulement les pyramides, le sphinx et
les momies, c'est aussi un magnifique ensemble de
statues et de bas-reliefs, dont quelques-uns des plus
beaux spécimens sont reproduits dans cet album,
c'est enfin, une admirable collection d'objets d'art,
pleins de goût et de délicatesse, qui évoquent, beau-
coup plus que les mystères de l'au delà, toutes les
joies de l'existence.
Il y a toujours un miracle dans l'art, mais ce
miracle est particulièrement sensible lorsqu'il s'agit
de l'Égypte. A l'époque préhistorique, les habitants
de la Vallée du Nil se sont montrés d'habiles arti-
sans, et ont su, parfois, s'élever jusqu'à l'art, mais
les chefs-d'œuvre qu'ils ont créés ne sont pas tou-
jours spécifiquement égyptiens. Sans aller jusqu'à
affirmer, comme on l'a fait parfois, que l'art égyp-
tien, à ses extrêmes débuts, n'a été qu'un reflet d'une
lumière qui serait apparue, d 'abord à l'Est, dans
cette Asie antérieure dont la tradition biblique a fait
le berceau de l'humanité, on doit reconnaître cepen-
dant que l'Égypte a emprun té à ses voisins plusieur s de belles tombes - ce sont les mastabas - dans
motifs, et que son art primitif n'est pas un art entiè- lesquelles ont été trouvés quelque s-uns des chefs-
rement original. d'œuvre de la statuaire égyptien ne, mais ceux-ci,
Le miracle s'est produit vers l'an 3000, aussitôt comme les tombes elles-mêmes, n'étaien t dûs qu'à
après l'avènem ent du premier roi historiqu e, Ménès. la générosi té du Roi qui, source de toute richesse et
C'est à cette époque, en effet, que l'art égyptien de toute puissanc e, incarnat ion du dieu-fau con Horus,
surgit brusque ment, si brusque ment q~'il est souvent maître absolu d'un État forteme nt centralis é, aurait
difficile d'en étudier l'évoluti on, et qu'on est parfois pu dire, avant Louis XIV, et à plus juste titre que
tenté de dire que les chefs-d' œuvre, en Égypte, n'ont lui, «l'État, c'est moi! ».
pas été précédés des tâtonnem ents habituel s à un A partir de la Ve Dynastie , le Roi se rapproch e
art qui se cherche. Une telle affirmation, cependa nt des hommes . A cette époque, les monume nts royaux
est trop absolue, et on connaît plusieur s œuvres de prennen t des dimensio ns plus humaines, et les monu-
l'époque thinite, qui sont manifes tement des essais. ments privés, en revanch e, se développ ent progres-
~l n'en ,reste pas moins prodigie ux qu'un sculpteu r, sivemen t, et acquière nt bientôt une importa nce consi-
a une .epoque encore très proche de Ménès, ait pu dérable. Les parois des chapelles funérair es sont
produire une œuvre aussi parfaite que la stèle du décorées de scènes emprunt ées à la vie quotidie nne,
roi Serpent, une œuvre dans laquelle on ne peut scènes vivantes et amusant es qui illustren t, mieux
déceler aucune trace d'archaï sme et qui témoiO'n e que ne le ferait un texte, les diverses activités des
'
en revanch e, du génie d'un artiste en b
pleine possessi on' Égyptie ns de cette époque, et les statues de culte,
de ses moyens. C'est à cette époque, égaleme nt, que trouvées dans ces tombes, compten t parmi les très
se crée, d'une manière définitiv e, sinon dans son style, grands chefs-d' œuvre de l'art. Qu'il suffise de citer
du moins dans sa forme, l'iconog raphie royale. ici le Cheikh el-Béled et le scribe accroup i.
La IIIe et la IVe Dynastie s sont marquée s par Il existe en Égypte un paralléli sme très exact
de géniales réussites architec turales : la pyramid e à entre la grandeu r de l'État et la perfecti on de l'art.
degrés, la première en date, les pyramid es de Meï- Aux périodes d'anarch ie correspo nd régulièr ement,
doum et de Dahcho ur, et enfin, celles de Giza, dont dans le domaine de l'art, un zone d'ombre . La pre-
la plus grande passait, aux yeux des Anciens , pour mière de ces périodes de décaden ce commen ce à la
une des sept merveilles du monde. L'Ancie n Empire, fin du long règne' de Pépi II, et se continue jusqu'au
auquel appartie nnent ces sommet s de la création milieu de la XIe Dynasti e. Ces périodes, si elles ne
architec turale, est dominé par la personn e du Roi, produise nt guère de chefs-d'œ uvre, ne sont pas,
que ses sujets considèr ent plus comme un dieu que cependa nt, des nuits complèt es de l'esprit, et l'art
comme un homme. Aussi n'est-il pas étonnan t que de la XIIe D ynastie, n'aurait jamais été ce qu'il fut
l'art de cette époque ait été, avant tout, un art sans les successives maladresses d'artiste s qui, s'at-
royal. Certes, les hauts fonction naires se faisaient taquant à une formule nouvelle , ne surent pas créer,
aménage r, autour de la pyramid e de leur souverai n, eux-mêm es, la pièce maîtress e qu'ils avaient entrevue ,
mais indiquèrent à leurs successeurs la voie qu'il des scènes vivantes et amusantes, humoristiques par-
convenait de suivre. fois, qui nous font connaître un autre aspect, le
Cet art du Moyen Empire se rattache, cependant, plus séduisant peut-être, de l'activité des anciens
partiellement du moins, à celui de l'Ancien Empire. Égyptiens.
Aux deux époques, en effet, deux tendances se par- Après la XIIe D ynastie, l'Égypte traverse une
tagent les faveurs des artistes, une tendance réaliste seconde période de décadence. L'art de cette époque
et une tendance idéaliste. Florissant !!une et l'autre n'est représenté que par de rares monuments qui
à Memphis, sous les rois del' Ancien Empire, les deux n'offrent, sur le plan esthétique, aucune originalité.
écoles, à la XIIe Dynastie, .sont géographiquement On retrouve les deux mêmes tendances, mais les
isolées. Les œuvres idéalistes proviennent toutes œuvres réalisées, souvent maladroites, ne sont jamais
de la région de l'ancienne capitale, et les œuvres des œuvres maîtresses.
réalistes, de la région thébaine : les premières Le Nouvel Empire est une des plus grandes
dérivent directement de l'école memphite, à laquelle périodes de l'art égyptien. Les sculpteurs qui, au
appartiennent les célèbres statues de Chépren et de début, se rattachent manifestement à l'école idéaliste
Mykérinus, alors que les autres doivent être consi- du Moyen Empire, cherchent, assez rapidement, à
dérées comme le point d'aboutissement et, aussi, créer une formule nouvelle, fondée avant tout, sur
comme l'épanouissement des maladroites recherches l'extrême élégance de la ligne. Les Égyptiens de
de la Première Période Intermédiaire. Il ne semble cette époque, que la politique de conquête de leurs
pas, en effet, que le réalisme thébain ait été l'héritier rois avaient mis continuellement en contact avec
du réalisme memphite; il s'agit plutôt d'une véritable leurs fastueux voisins de l'Est, empruntèrent à
création, expression d'un art méridional dont l'Ancien ceux-ci, non seulement le goût du luxe, mais aussi,
Empire ne nous a laissé à peu près aucun témoignage. grâce aux tributs annuels que recevait l'Égypte, les
Le cas des bas-reliefs est différent. En ce domaine, moyens de satisfaire ce goût. On aime, à cette époque,
le choix des artistes ne paraît pas avoir été libre. les riches costumes d'apparat, les bijoux délicats et
A l'Ancien Empire comme au Moyen Empire, dans le~ objets exotiques au charme tout nouveau. Bref,
le Nord comme dans le Sud, l'usage voulait qu'on l'Egypte, répudiant l'extrême simplicité de sa jeu-
traitât, dans le style réaliste, les scènes représentées nesse, apprend à apprécier, en vieillissant, les' innom-
dans les tombes, le style idéaliste étant réservé aux brables inutilités dont on aime, dans les périodes
scènes ·gravées dans les temples. Grâce à cette règle, d'abondance, à parer l'existence. Ainsi s'est créé un
qui, même si elle se vérifie dans la grande majorité art aimable et élégant, d'une sensibilité raffinée, qui
des cas, peut comporter, il va sans dire, des excep- atteint à son apogée sous le règne d'Aménophis III.
tions, nous possédons, aux deux grandes époques Cet enrichissement culturel, bien qu'il fût d'origine
dont il a été question jusqu'à présent, de beaux étrangère, ri'a pas modifié, pour autant, l'esprit même
reliefs, majestueux et sereins qui évoquent la trans- de l'art, qui reste égyptien, dans ses formes comme
cendance des sanctuaires dont ils proviennent, et dans son inspiration, et qui arrive à unir, dans un
harmonieux compromis, la pureté de l'idéalisme et
la vérité du réalisme. remheb, marque le commencem ent de la décadence
La période amarnienne, qui interrompt brusque- en Égypte. Si l'on met à part le règne de Séthi rer,
ment l'évolution normale de l'art, a créé des œuvres qui se rattache, surtout dans l'art , du ~as-relief, , a~
émouvantes et séduisantes, d 'une originalité extra- style préamarnien, on ne peut guere citer de ven-
o rdinaire. L'art de cette époque, largement représenté tables chefs-d'œuvr e appartenant à la fin du Nouvel
dans cet album, est dominé par le disir d'exprimer, E mpire. Les artistes sont encore habiles, et il serait
avec une vigueur qui peut atteindre à la brutalité, injuste de rayer, d'un trait de plume, une époque à
la réalité. Mais cette réalité dépasse de beaucoup la laquelle on doit tant de statues honor~bles, tant d~
reliefs vivants, tant de temples grand10ses et ausst
simple fidélité matérielle au modèle; ce que l'artiste
tant d'objets d 'art délicats, mais on doit souligner
amarnien cherche, au delà de l'exactitude formelle,
cependant que, dans cette p roduction, même si la
c'est. la lumière intérieure, cette flamme indéfinis-
moyenne est élevée, on ne trouve aucun sommet;
sable qui éclaire le visage et qui lui donne toute sa
les artistes se répètent ou se copient, sans chercher à
beauté. Les sculpteurs amarniens, qui se montrèrent,
se dépasser par une créati_on ori.gin~le, e~ c'est cette
à l'origine, outranciers, comme tous les néophytes,
monotonie de l'art ramesstde qut fatigu e a la longue .
abandonnère nt assez rapidement les exagérations de
Il semble que les artistes égyptiens se soient
leurs débuts pour adopter un réalisme adouci, moins
lassés eux-mêmes de ces répétitions. A partir de la
vigoureux, peut-être, mais assurément plus sédui-
sant que la brutalité des p remiers temps. La manière
xxve D ynastie, l' É gypte, qui avait connu l'invasion
excessive de l'éclosion et la manière adoucie de et l'occupation étrangères, humiliée dan s son orgueil
l'épano uissement sont heureusemen t illustrées, la national, cherche dans un retour à son glorieux passé,
première par les statues colossales de Karnak et, la une nouvelle raison de vivre. Les tendances archaï-
seconde, par les portraits d' Aménophis IV et de santes s'affirment dans tous les domaines, mais sont
Néfertiti que conservent les musées du L ouvre, de particulièrem ent sensibles dans l'art. Les sculpteurs
Berlin et du Caire. Qu'elles expriment la souffrance de cette époque, comprenant sans doute qu'ils
ou le tourment intérieur, ou qu'elles rayonnent la n'étaient plus capables de créer, s'inspirèrent, n on
douceur d'une âme apaisée, ces œuvres atteignent plus des œuvres ramessides, mais de celles qui ava~ei;t
toutes au sommet de l'art, et s'il arrive que l'on illustré les deux plus anciennes époques de leu r c1v1-
préfère, tantôt les unes, tantôt les autres, c'est lisation. Honnêtes et consciencieux, ils pèchent sou-
parce que l' âme humaine, soumise à d'incessantes vent par une excessive froideur, et remplacent la
flamme intérieure, si bouleversant e, de leurs modèles
vicissitudes, recherche, tantôt ce qui correspond à
par un sourire aimable, mais un peu niais. Parfois,
son inquiétude du moment, et tantôt ce qui s'har-
cependant, ils atteignent à un réalisme émouvant, et
monise avec sa joie.
c'est par ces œuvres originales que l'époque saïte
L 'art amarnien survécut quelques années à celui
mérite d'être comptée parmi les g randes ép oques de
qui l'avait créé, et sa disparition, sous le règ ne d 'Ho-
l'art égyptien, on peut même dire la dernière g rande
époque, car l'Égypte après la Renaissance saïte,
sombre dans une décaden ce qui ne connaîtr a plus
de réveil.
L'art égyptien , cependa nt, n'est pas complèt ement
mort, mais dans les quelque s œuvres valables qu'il
a produite s, sauf, peut-êtr e, en architec ture, il s'est
complèt ement écarté de sa traditicm propre. Déjà
sous les Ptolémé es apparais sent des emprunt s à l'art
grec, plus souvent malheur eux qu'heure ux, qui
ôtent à l'art de cette époque beaucou p de son origi-
nalité, mais qui laissent subsiste r une part suffisam-
ment importa nte du vieux fonds égyptien pour
qu'on puisse encore parler, à son sujet, d'un art
national . Cette part, dans l'Égypte chrétien ne, devien-
dra de plus en plus réduite, et les Coptes créeront
un art composi te, qui n'est pas dépourv u de mérites,
et qui est toujours intéressa nt, mais dans lequel on
reconna ît à peine cet ensembl e admirab le de qualités
qui avait fait l'étonna nte fortune de l'antique É gypte.
Croître et décroître , tel est le sort commun des civi-
lisations . On aimerait , à leur propos, après avoir
joui des derniers éclats dorés de l'automn e, oublier
les pâles et timides lueurs d'un hiver prolong é,
mais cet hiver, en Égypte, n'a été qu'une mort appa-
rente, puisqu'o n sait que l'art copte, dans une mesure,
il est vrai, qu'il est difficile d'appréc ier, a contribu é
à l'éclosio n de l'art byzantin , Et, d'ailleur s, même
sans ces survivan ces seconda ires, l'art égyptien nous
a laissé assez de témoign ages de son étonnan te
floraison pour qu'on puisse, négligea nt les faiblesses
de ses derniers lustres, s'attache r sans contrain te,
au sourire d'une jeunesse qui paraît éternelle.
JACQUES V ANDIER

STÈLE DU ROI OU ADJ!, ROI SERPENT . M usée du Louvre PH. VI GNEAU - E D . TEL
P ANNEAU DU
MASTABA DU
SCRIBE HÉZI
Musée du Cain· STATUES DE SÉ PA E T DE NÉ SA - Musée du L o•vre PHOTO VIGNEAU • ÉD. TE.L

PH. VIG NEAU - ÉD. TEL


DÉTAIL D'UNE STATUE DU ROI KHÉPHREN - Musée du Caire PH, VIGNEAU - ÉD, TEL

STATUE DE L'INTENDANT DERSÉNEDJ - Musle de Berlin PHOTO DU MUSÉE

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TËTE DU ROI DIDOUFRI - Musée du Louvre PHOTO VIGNEA:U - ÊD. TEL

GROUPE DU ROI MYKÉRlNUS ET DE SA FE,MME - Musée de Boston PHOTO OU MUSÉE

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TB.TE DE FONCTIONNAIRE, DITE TB.TE SALT - Musée du Loum PH. VIGNEAU - ED. TEL

GROUPE D'UN FONCTIONNAIRE ET D E SA FEMME - Musée du Loum


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BAS-RELIEF D'AKHOUTAA - Mu cie du Luuvre PHOTO VIGNEAU - ED. T E L

PANN E AU
PRO VENANT
DU MASTABA
DE M É RY
M usée du Lo11vre
·PH. VIGN EAU - ED. TEL
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SCÈNE PROVENANT DU .MASTABA D'AKHOUTHOTEP - Musée du Louvre PHOTO VI GNEAU • ÉD. TEL

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TÉTE DE LA STATUE DITE D U CHEIKH EL-BÉLED - Musée d11 Caire
PHOTO VIGENAU - E D. TEL

STATUE. Dl TE DU
CHE I KH EL-BÉL ED
Mit.rée du Caire
PHOTO VI GNEAU - ED. TEL
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TËTE COLOSSALE D' OUSERKAF - Murée du Caire PHOTO OU U USÉ!:

TËTE ·DU ROI KHÉ PHREN - Murie de Copenhague PHOTO DU MUSÉB


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TËTE ))U PRINCE NÉFER - Mu1ée de Boston PHOTO DU MUSÉE

TËTE DE PRINCESSE - Mu1ée de Bo!lon PHOTO DU MUSÉ E

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STELE DE NEFERTIABET - Musée du Loum PHOTO VIGNEAU - ÉD. TEL

20 21
PARTIE SUPÉRIEURE D'UNE STATUE DE FEMME - Musée du Caire PHOTO SVE D

STATUE DE
PÉHERNÉFER
Musée de Berlin
PHOTO DU MUSÉE
JEUNE F I LLE
.AU LOTUS
M111ée d11 Lot111re
PHOTO VI GNEAU

ED. T E L
CORPS DE FEMME - Mu1ù de Worcester PHOTO DU MUSÉE
TËTE DE LA STA TUE DE RANÉ FER - lv/u;ù du Cafre PHOTO VIG NEAU - ED. TEL

STA TU E DE
RANÉFER
M1uù du Cairt
PHOTO VIGNEAU

ED, TEL
STATUES DE RAJ-!OTEP
ET D E NÉFERT
Mutée du Caire
PHOTO D U MUSÉE

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SCRIBE ACCROUPI - M usée du C aire PHOTO \/IGNE.A U - E D , T EL

STATUE DU SCRIBE KHNOUMBAEF . Mu,ée de Bo,ton PHOTO DU MUSÉE


SCRl BE ACCROUP1 - M11sée du Louvre
PHOT O VI GNE AU - ED. T E i.

SCRIBE ACCROUPI - Mu1ée du Louvre PHOTO VIGNEAU • ED, TBL

:p,
GROUPE FAMILIAL DU NAIN SÉNEB - Musée du Caire PHOTO VÏGNEÂ U - ED. TE L
GROUPE ANONYME DE DEUX ÉPOUX - M usee du Louvre PHOTO VIGN EAU - ED. TEL

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MODÈLE D E POTIER - Musée de Chicaf.o PHOTO DU MU~ÉE
MODÈLE DE BRASSEUR - M•séc du Caire PHOTO VI GNEAU - ED . T.EL

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STATUE DU ROI PÉPI 1 - Musée de Brook lyn PHOTO DU MUSÊE
STATUE DE SÉNEDJEMIBMÉH Y - Musée de Boston PHOTO DU MUSÉE

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STATUE DE NAKHTJ PORTEUSE D'AUGE
M111fe du Lo11vre M111ée du Louvre
PHOTO VI GNEAU - l.'. D. TE L PHOTO VIGNEAU - ED. TEL

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Pl IOT O VIG N EAU - E D . TEL

Hl PPOPOTAM"E - M11sée du Ca;rr PHOTO VIG N EA U - ED. TEL

CYNOCÉPHALE ASSIS - Murù du L oum P HOTO VI GNEAU - E D . TEL

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PHOTO SVED
SARCOPHAGE DE KAOUIT - MuJée rl11 Cam

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PTAH DONNANT L'ACCOLADE A SÉSOSTR1S l - Musée du Caire PHOTO SV ED HOR US PROTÉGEANT SÉSOST RIS l - Musée du Caire PHOTO VIGNEAU • ED. TE L

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TETE DE FEMME - M 111ü du Caire PHOTO VI G N E AU - ED. TF.L

STATU E TTE
D E SÉSOSTRIS I
M usée du Caire
PHOTO VIGNEAU

ED. T EL
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T ETE D E SÉSOSTRfS Ill - Mu1éc du Caire PHOTO VIGNEA U - ED. TEL

TETE FRAGMENTAIRE DE SÉSOSTRIS JII - Mi"ù du Loum PHOTO SEARL


TETE DE SÉSOSTRIS III - British M•seum PHOTO DU MUSÉE

STA TUE D'AMÉNEMHA T III - Musée d• Caire PHOTO VIGNE.AU - BD. TE.L

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STATUE D U ROJ
H OR
M111ée dfl Caire
P HOTO SVE D
TETE D'AMÉNEMHAT III . Mutée du Cair. P HOTO SVED
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CHAPITEAU HATHORJQUE - Mum d. Berlin PHOTO DU MUSÉE

STA TUETTE DE JEUNE FI LLE


M111ù du L ouvre
PH OTO VIGNEA U ~ E D, TEL
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fll:\SQUE D E T H Of1TMOSr5 rn ( ?) iHurP1' d" Caire PHOTO V l GNEAU - ED. TEL

T ETE DE FEMME - Murée du Cai" PHOTO SVED

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"

BUSTE DE FONCTION NAIRE - Mu1éc du Louvre


PHOTO SVE D
GROUPE DE SENNÉFER ET DE SA FEMME - M•1ée du Cairt PHOTO VIGNEAU - BO. TEL

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COFFRET PORTATIF D E TO UT ANKHAMON - Mu;ù dn Caire PHOTO VI GNEAU - ED . TEL

STATUE D E CHIEN - Mu;ée du Louvre PHOTO VI GN.EAU - ED . TEL


TETE AMARNIENN E - Musée du L ouvre PHOTO VIGNEAU - ED. TEL

BUSTE D' AMÉNOPHIS IV - i\1111ée du Lo"vre PHOTO VIGNE AU - ED. TEL


STATUE
D'AMÉNOPHIS IV
A4111ét du Caire
PHOTO SVED GROUPE D' AMÉNOPHIS IV ET DE NÉFERTITI - Musée du L ow,,re J>HOTO SOUGEZ
{

TETE DE NÉFERTITI - Musée de Berlin PHOTO DU MUSÉE

6& TETE DE NÉFERTITI - Musie de Berlin PHOTO DU MUSÉ.B


PROFIL GAUCHE ET TROIS-QUARTS D 'UNE TETE INACHEVEE DE NEFERTITI PHOTO VIGNUU - ED. TE L
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MOULAGE E N PLATRE DE LA TETE D'AMÉ NOPHIS IV - Musée de Bfrlin PH . ou MUSÉE MOULAGE EN PLAT RE D E LA TETE D' AMÉNOPHIS I V - Musée de Berlin PH o u MUSÉ E

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TETE D'UNE FILLE D' AMÉNOPHIS IV - Musée de Berlin PHOTO DU MUSÉE

OFFRANDE AU DISQUE SOLAIRE - Musée du Caire PHOTO V IGNEAU - ED , TEL


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TETE DE REINE - M•slt du Caire PHOTO VIGNEAU - ED, TEL

BUSTE DE FEMME - M usée du Caire PH OTO VIG N EAU - ED. TEL

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STATUETTES DE LA R EIN E
AHMES-NÉFERTARI

STATUETTE DE LA DAME TOU! - M usée d11 L omre


PHOTO VIGNEAU - ED. TEL
Murée du Louvre PHOTO VI GNEAU - ED. TEL i\111sée de Berlin PHOTO DU MUSÉE DE BERLIN 8[
TETE DE LA REINE TIY - Musée de Berün l'HOTO DU MUSÉE

TETE DE REINE - Mruée du Caire PHOTO SVED


SCF.NE DE FU N ËRA.l LLES - J\llusù d11 Caire PHOTO VIGNEAU - ED. TF L
BUSTE DE FEMME - A1raéc de F lorenct r•HOTO ALIN A RI

BUSTE DE FEMME • Musle de Florence PHOTO ~fUSJ~E ARCHÉOLOGIQUE


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T ETE DE FEMME - M1uét de Florenc( PH OTO ALl:"! A RI

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ROI T RAITÉ EN DIEU HORUS - MuJée du L oum PHOTO VJGNEAU - .ED. I'EL
BUSTE DE MENTHOUEMHA T - Muiie du Caire PHOTO VIGNEAU - ED. TEL

TETE DE T AHA RQA - Musie du Caire PHOTO VIGNEAU - ED. TEL


CYNOCÉPHAL
ES ADORAN T
LE SO LE IL
Muiée du Louvre
PH OT O VIG
NE AU - ED
. TEL

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STATUETTE DE TOUÉRIS - M"sée du Caire PHOTO SV EO
STATUETTE DE CHATTE - M"sée du Loum PHOTO VIGNEAU - ED. TEL 95
94
NOTICES

I. STÈLE DU Ror Ü UADJI, PLUS CONNU so us LE NOM DE


Ror SERPENT. Calcaire. ( M usée du L ouvre) .
Ouadji est un des prem iers successeurs de M énès,
fondateur de la rre D ynastie égyptienne. Les rois
de cette époque se faisaient enterrer, non loin de
leur ville d'origine, Thinis, à Abydos, et érigeaient,
à l'entrée de leur tombe, deux stèles cintrées,
dressées isolément, et décorées très sobrement :
on y remarque régulièrem ent l'enceinte du palais
royal, pro jetée verticalement, et dominée par une
image du dieu-faucon, H orus, protecteur de la
D ynastie. Le nom du roi - ici, un serpent -
s'inscrivait à l'intérieur de l'enceinte du p alais.
Vers 2 9 0 0 .
2. PANNEAU PROVENANT DU M ASTABA DU SCRIBE H ÉZI.
Bois. ( M usée du Caire) .
Le scribe H ézi est assis sur un tabouret à pieds
de taureau. Le siège est bordé par des baguettes,
se terminant, à la partie postérieure, en ombelles
de papyrus. H ézi, vêtu d'une tunique qui descend
jusqu'aux chevilles, tient, dans sa main gauche,
sa can ne et son sceptre, et étend la main droite
vers les pains posés, en projection verticale, sur
une table, placée devant lui. L'homme p orte, en
équilibre sur son épaule droite, sa palette de scribe.
Le visage, encadré d 'une perru que courte et
bouclée, qui cache les oreilles, est sculp té avec
une vig ueur et un réalisme extraordinaires.
Vers 2 700 (IIIe D ynastie).

3. STATUES DE SÉPA ET DE N ÉsA. Calcaire. ( M usée du


L ouvre) .
Ces statues, qui datent de l' extrême fin de la
IIIe D ynastie, comptent parmi les plus anciens

TETE DE VIEILLARD - Musù d11 L ouvre PHOTO VIGNEAU - E D. TEL


exem ples de la grande statuaire civile, en Égypte. 7. T ÊTE DU RoI D mouFRI. G rès rouge. (Musée du L ouvre).
Sépa tient sa canne dans sa main gauche, ramenée
contre sa poitrine, et laisse tomber son bras Didoufri, fils de Khéops, m ais d'une branche illé-
gauche le long du corps. Il porte la perruque gitime, fut. considéré comme un usurpateur. Il se
courte, bouclée, et il est vêtu d'un pagne court. fit construire une pyramide, non pas à Giza, mais
N ésa observe la même attitude. Ses avant-bras sont à. Abou-~ oach, où cette admirable tête, à l'expres-
ornés d'un grand nombre de bracelets. Ces statues, sio n sérieuse et au modelé si vigoureux a été
a~ corps u_n peu lourd, valent surtout par l'expres- trou vée par É . Chassinat . '
sion du visage. i v e D ynastie (vers 2 52 5).
Vers 2650. 8. TÊTE DE FONCTIONNAIRE, DITE TÊTE SALT. Calcaire
4. D ÉTAIL D'UNE STATUE Du RoI K HÉPHREN. Diorite. peint. (Musée du L ouvre) .
(Musée du Caire) . Cette tête, qui a fait partie de la collection Salt,
C~tte statue du constructeur de la deuxième pyra- est ~n d_es gran~s chefs-d'œuvre de la sculpture
m ide, trouvée dans le temple funéraire du roi, à d.e 1 Ancien Empire. Le personnage, à l'exp ression
Giza (temple de la vallée), représente Khéphren si ouverte, a un type curieux; o n a parfois pré-
assis. Derrière la tête du souverain, l'artiste a t~ndu q!1'il ava_it du sang mongol, hypothèse qui,
sculpté un faucon aux ailes éployées. C'est le bien qu elle soit peu vraisemblable, se justifie au
dieu dynastique, Horus, qui protège le roi de ses m oins extérieurement, par l'architecture origi~ale
ailes, m otif symbolique d'une grandeur admirable. du visage.
Vers 25 00. IVe D ynastie ou début de la v e. (Vers 242 5).
5. STATUE DE L'INTENDANT D ERSÉNEDJ. G ranit. ( Musée 9· GROUPE D'UN FONCTIONNAIRE ET DE SA FEMME. Bois.
de Berlin) . (Musée du L ouvre) . '
Dersénedj, coiffé d'une perruque évasée à raie Ce g roupe, malheureusement très mutilé, vaut
médiane, est représenté dans l'attitude du scribe surtout par l'expression vivante des visages qui
accroupi. Il tient un rouleau de papyrus sur ses reflètent, chez l'hom me une intelligence faite
jambes. On remarque, ici encore, un contraste surtout de ruse, et, chez la femme, un bonheur
entre la lourdeur du corps, à peine dégrossi, et confiant et placide. Le modelé des corps, dans
la finesse du visage à l'expression attentive. la mesure où peut on en juger aujo urd'hui, est
Ive Dynastie (vers 2500). excellent.
Fin de la ive ou début de la ve D ynastie.
6. GROUPE DU Ro I MYKÉRINUS ET DE SA FEMME. (Musée (Vers 242 5).
de Boston).
IO. PANNEAU PROVENANT DU MASTABA DE MÉRY. Calcaire.
Mykérinus, constructeur de la troisième pyramide ( Mwée du L ouvre) .
de Giza, est représenté debout, les bras tombant
. le long du corps. Coiffé de la nemsit, vêtu de la M éry, chef du Trésor et chef des archives royales
chentfjit, co mme le sont généralement les rois, à est représenté debout, s'appuyant sur sa canne, et
cette épo que, il porte la fausse barbe. Sa femme tenant son sceptre. Il est coiffé d'une long ue per-
le tient étroitement embrassé, dans une attitude ruque, rejetée sur les épaules, et porte un pagne
qui, avec des variantes sans importance, sera répétée court, m aintenu par une ceinture à boucle. O n
dan_s la plupart des groupes conjugaux de l'Égypte retrouve, dans ce bas-relief, le beau mo delé vi-
ancienne. goureux de l'Ancien E mpire.
IVe D ynastie (vers 2450) . Fin de la IV• ou début de la V • D ynastie.
(Vers 242 5).
r r. BAS-RELIEF D' AKHOUTÂA. Calcaire. (Musée du L ouvre) . Khéphren (cf. le détail rep roduit plus haut, n° 4).
Ce fragment est un bon exemple de l'art vigoureux Le souverain est ici traité plus en dieu qu'en
et réaliste de la IV 0 D ynastie. homme. A la Dynastie suivante (n° r6), le roi se
(Vers 245 0 ). rapprochera de l'humanité, et cette évolution de
la conception royale se remarquera m êm e dans
12-13. SCÈNE PROVENANT DU MASTABA D'A KHOUTHOTEP. l' art de la statuaire.
Calcaire. (Musée du Louvre). (Vers 2 5oo ).
Les paysans, après la moisson, enfermaient les épis
dans de grands sacs de filet, qu'ils transportaient , r8. TÊTE DU P RINCE N ÉFER. Calcaire. ( Musée de Boston) .
à dos d'âne, jusqu'à l'aire. Cette scène, pleine de
vie, nous fait assister au chargement d'un âne. Les Dans les tombes de l'Ancien Empire, on a re-
gestes sont bien étudiés, et l'âne est reproduit avec trouvé, assez fréquemment, des têtes de calcaire
une fidélité extraordinaire. qui semblent avoir été d éposées là pour qu'elles
V 0 Dynastie. (Vers 2400 ). pussent rendre, sur le plan funéraire, les services
qu'on attendait, généralement, des statues entières;
14-15. STATUE DITE DU CHEIKH E L-BÉLED. Bois. ( M usée celles-ci, en effet, menacées par de multiples dangers,
du Caire) . étaient susceptibles de disparaître. Cette précaution
Cette statue, qui représente le prêtre-lecteur en m ontre bien l'importance du rôle que jo uaient les
chef, Kaâper, a été trouvée par Mariette. Les ou- statues dans le culte funéraire. Ces têtes sont, le
vriers de l'illustre archéologue français, frappés par plus souvent, très réalistes, et son t incontestable-
la ressemblance de ce personnage avec le maire de ment traitées en portraits.
leur village, lui donnèrent le nom de « Cheik el- IV0 D ynastie. (Vers 245 0).
Béled » (maire du village), qui lui est resté. C'est
une des plus belles sculptures de l'Ancien E mpire : r 9. TÊTE DE PRINCESSE. Calcaire. (M usée de Boston) .
cet homme aux fonctions importantes, avait l'em- Cette tête appartient à la même catégorie que la
bonpoint que donnent les métiers sédentaires, mais précédente. Il est éviden t que n ous avons ici, un
le visage, même envahi par la graisse, reste fin, et p ortrait. On a prétendu que cette princesse avait
!'expression, particulièreme nt intelligente. le type négroïde, ce qui est très exagéré. On sait,
V 0 Dynastie. (Vers 2400). d'ailleurs, que les nègres ne devaient apparaître
'I"·
r6. TÊTE COLOSSALE D'OusERKAF. Granit. ( M usée du que beaucoup plus tard en É gypte.
Caire). IV 0 D ynastie. (Vers 2450).
Rares sont les statues royales de la V 0 D ynastie. 20-21 . STÈLE DE N ÉFERTIABET. Calcaire p eint. ( M usée
Cette tête colossale, trou vée dans le temple funé- du L ouvre) .
raire d'Ouserkaf, p résente d onc un grand intérêt.
Traitée dans un style encore idéaliste, elle - est, Cette stèle, qui représente la princesse Néfertiabet,
cependant, plus humaine que les têtes royales de assise d evant une table chargée de pains, a été
la IV0 Dynastie. trouvée à Giza, encastrée dans une des parois de
(Vers 2400). mastaba, et recouverte d'une dalle, de mêmes di-
mensions, qui la dissimulait complètement. Les
r 7. TÊTE DU Ror K HÉPHREN. A lbâtre. ( M usée de Copen- couleu rs sont remarquablem en t préservées. Néfer-
hague) . tiabet est vêtue d'une tunique tachetée, imitan t une
O n retrou ve, dans cette tête, malheureusem ent peau de panthère.
mutilée, toute la m ajesté divine des statues de I V 0 D ynastie. (Vers 2450).
28-29. STATUES DE R AHOTEP ET DE NÉFERT. Calcaire.
22. STATUE DE PÉHERNÉFER. Bo is. ( Musée de Berlin) .
( M usée du Caire) .
Cette statue, d ont l'attitude est classique, vaut Rahotep, qui rappelle, p ar son style, la statue re-
surtout par l' extrême finesse du visage, encadré produite aux n uméros 26-27, est représen té assis,
d'une perruque courte, soigneusement b ouclée. sans p erruqu e et avec un p agne simple. On remar-
On remarquera aussi l'allongement du corps. quera la physionomie sévère, presque soucieuse du
VI 0 Dynastie ( ?). (Vers 2350). personnage. Sa femme est envelopp ée dans un
grand manteau, dont seule émerge la main droite.
23. PARTIE SUPÉRIEURE D' UNE STATUE J:>E FEMME. Bois. Son visage, assez rond, est encadré par u ne lourde
(Musée du Caire) . p erruque, ornée d'un b andeau finement d écoré de
Cette statue a été trouvée dans le même mastaba fleurs.
que le Cheik el-Béled (cf. n° 14). Il est probable V 0 D ynastie. (Vers 2400) .
qu'elle représente la femme de ce personnage. Le
profil est d'une admirable pureté. 30. STATUE DU SCRIBE KHNOUMBAEF. Granit. (Musée de
ve Dynastie. (Vers 2400). Boston).
Khnou m baef est représenté dans l'attitude clas-
24. JEUNE FILLE AU LOTUS. Calcaire. (Musée du L ouvre) . sique d es scribes. Un rouleau de papyr us est étendu
Ce relief, traité avec une extrême finesse est u n sur ses genoux, et il tient, dans sa m ain gauche,
admirable exemple de l'élégance avec laq~elle les sa p alette. Le visage, encadré d'une perruque qui
sculpteurs ég yptiens ont su rendre la ligne du cou vre à moitié les o reilles, a une expression par-
corps féminin. La jeune fille, somptueusement vê- ticulièrem en t attentive, que souligne la p osition
tue et parée, respire avec beaucoup de grâce, le avancée et légèremen t penchée de la tête.
parfum d'une fleur de lotus. Souvent datée de la V 0 Dynastie. (Vers 2400).
V 0 D ynastie (vers 2400), cette œuvre pourrait être
sensiblement postérieure et appartenir en réalité 3 I. SCRIBE ACCROUPI. Calcaire. (Musée du Caire) .
au d ébut du Moyen Empire. Cette statue anonyme, qui passe, à juste titre, p our
(Vers 2000). un des chefs-d 'œuvre d e la sculpture de l'Ancien
Empire, a souvent été comparée au scribe accroupi
2 5. CORPS DE F EMME. Calcaire. (M usée de Worcester) . du L ouvre (cf. n°8 32-33). L 'attitude est classique.
M alheureusem ent m utilée, cette statue, au m odelé L e visage est d'une b eauté un peu m ystérieuse,
si sensible et si p oussé, a été t rou vée dans un avec une expression am ère, soulignée p ar le d essin
mastaba de Saqqara. d e la bouche. Les yeux sont incrustés, et le regard
V 0 Dynastie. (Vers 2400). semble p erdu dans un rêve tout personnel.
ve D ynastie. (Vers 2400).
26-27. STATUE DE RANÉFER. Calcaire. (Musée du Caire).
32-33. Sc RIBE ACCROUPI. Calcaire. (Musée du L ouvre) .
Ranéfer, grand prêtre d'Héliopolis, est représenté
en grande tenue, avec une lon gu e perruque d'ap- Le scribe du Lou vre, d ont il a déjà été question
para~ et un pagne plissé. L e corps, massif, donne dan s la note précédente, s'il observe la m ême atti-
une impression de puissance, d'ailleurs confirmée tude que celui du Caire, se différencie de celui-ci
p ar l'expression sévère du visage, qu'on remarquera p ar différents p oints. On remarque, d'abord, les plis
mieux sur le détail (n° 27). de graisse qui soulignent la poitrine, et qui sont
ve D ynastie. (Vers 2400 ). n aturels chez un p erson nage dont la fonction est
e~sentiellement sédentaire. D'autre part, le visage une grande habileté, et avait su reproduire ses
n est pas encadré par une perruque. Enfin, et sur- modèles avec un admirable réalisme.
tout, l~ physionomie est beaucoup plus ouverte. Fin de la VIe Dynastie. (Vers 2250).
Il n'existe, chez ce bon fonctionnaire honnête et
attentif, aucun mystère, aucun rêve dis~imulé mais 36. MODÈLE DE BRASSEUR. Calcaire. ( M usée du Caire) .
le visas-e, éclairé par un regard particulièr~ment A la fin de l'Ancien Empire, les scènes peintes sur
vif et rntelligent, reflète la joie de vivre.
. ve Dynastie. (Vers 2400). les parois des mastabas sont, parfois, remplacées par
de petits modèles en calcaire, - plus tard ils seront .
34· GROUPE ANONYME DE DEUX ÉPOUX. Calcaire. (Musée en bois - représentant des artisans au travail. La
du Louvre). fabrication de la bière apparaît souvent à côté de
la fabrication du pain. Nous avons ici un brasseur,
Les de~x époux sont assis sur un même siège, dans tamisant le mélange d'eau et de pâte à pain qui
une attitude particulièrement conventionnelle. Les était à la base de la bière égyptienne.
visages, ronds, ne sont pas très intelligents, mais Fin de la VIe Dynastie. (Vers 2250).
ne manquent pas de vie, et sont traités avec un
~eureux ~éalisme. L'artiste n'a pas flatté ses modèles, 37. MODÈLE DE POTIER. Calcaire. ( M usée de Chicago) .
il les a simplement observés, et il a reproduit fi- Le personnage, agenouillé devant son tour, fai t
dèlement dans la pierre ce qu'il voyait. L'homme tourner celui-ci avec sa main gauche, et modèle
porte les cheveux courts, et la femme a le visage avec sa main droite, le vase qui est posé sur le
ei:icadré par une perruque demi-longue, à raie mé- disque.
diane. Entre les deux époux, s'appuyant à la Sur les modèles en général, cf. le n° précédent.
partie antérieure du siège, se trouve leur fils, un Fin Ancien E mpire. (Vers 225 0).
Jeune garçon, nu, portant la mèche de l'enfance,
et levant jusqu'à sa bouche son index droit. 38. STATUE DU RoI PÉPI I. Schiste vert. ( M usée de Brook/in)
Œuvre conventionnelle, mais sincère, ce groupe est
un bon exemple des groupes familiaux del' Ancien Le roi est représenté à genoux, offrant deux vases
Empire. de lait ou de vin. Pépi I est coiffé de la nem.rit et
Début VIe Dynastie. (Vers 2350). porte le pagne royal, appelé chencfjit. Les yeux sont
incrustés, mais l'expression est assez peu rntelh-
35. GROUPE FAMILIAL DU NAIN SÉNEB. Calcaire. M usée gente.
du Cair~J. VIe D ynastie. (Vers 2300).
Séneb, fonctionnaire important de la fin del' Ancien 39. STATUE DE SÉNEDJEMIBMÉHY. Bois. (Musée de Boston) .
Empire, avait eu le malheur de naître nain. Cette
disgrâce physique, dont il souffrit peut-être, ne Cette statue, dont le .corps est, malheureusement,
fu~ jamais dissimulée par des sculpteurs qui tra- très mutilé, vaut surtout par l'expression ouverte
vaillèrent pour sa tombe. On le voit ici, accroupi sur et vivante dL visage.
un si.ège cubique, à côté de sa femme qui, étant VIe D ynastie. (Vers 2300).
de taille normale, est normalement assise. La partie
antérieure du siège, qui aurait dû être cachée par 40. STATUE DE NA,KHTI. Bois. (Musée du L ouvre) .
les jambes de Séneb, est occupée par les statues Nakhti, le crâne rasé, est vêtu d' une longue jupe,
de deux jeunes enfants, le fils et la fille de Séneb, dont il tient un pan dans la main droite. Ce geste
représentés nus, et portant l'index droit à leur est, d'après Ch . Boreux, un geste de salutation,
bouche. L'artiste avait composé son g roupe avec assez souvent reproduit par les artistes de la

1.
1
période qui sépare l'Ancien Empire du M oyen 44-45. SARCOPHAGE DE K AOUIT. Calcaire. (Musée du
Empire. Nakhti, dont la tombe, inviolée, a été Caire).
trouvée à Siout, par É . Chassinat, a exercé de
hautes fonctions sous le règne d'un des rois Kaouït, princesse appartenant au harem du roi
hérakléopolitains de la xe Dynastie. Mentouhotep II, a été en sevelie, à Deir el-Bahari,
(Vers 2200). dans u n sarcophage de calcaire d écoré de scènes
finement sculptées. On voit, ici, la princesse assise
4r. PORTEUSE D'AUGE. Bois stuqué et peint. ( M usée du un miroir à la main; u ne servante achève d e la
L ouvre) . . co iffer, tandis qu'un m ajordome remplit p our sa
Parmi les m odèles (cf. n° 36) se trouvent, sou vent, maîtresse une coupe; Kaouït somptueusement
d es porteuses d'offrandes. Celles-ci subsistent, dans parée, . boit d éjà la coupe qu'on lui prépare. Il
les tombes, jusqu'au début de la XIIe Dynastie. s'agit, sans doute, d'un exemple de simultanéisme.
La porteuse du Louvre, très proche par la styli- A droite, se trouve une fausse-porte ornée, dont
sation élégante et délicate de son corps, de la XIIe les battants sont décorés de deux yeux oucijat (les
Dynastie, tient sur sa tête un grand coffre conique, yeux sacrés d'Horus).
sur lequel est posée la patte antérieure d'un bœuf. XIe D ynastie. (Vers 2050).
Dans sa main droite, elle tient un vase. La femme
dont le visage est particulièrement fin et d oux, est 46. PTAH DONNANT L'ACCOLADE A SÉSOSTRIS I. Calcaire.
vêtue d'une tunique recou verte d'une résille de ( M usée du Caire).
p erles polychromes. Ptah, dieu de Memphis, enveloppé, à son habitude,
XIe ou XIIe D ynastie. (Vers 2000). d'un grand manteau qui laisse passer les b ras,
embrasse le roi Sésostris I, coiffé de la nemsit et
42. HIPPOPOTAMES. T erre cuite ém aillée. (Musée du vêtu de la chef!JÏf. Les p rofils sont d'une grande
Louvre et du Caire). pureté, et les attitudes, d'une noblesse extrême.
Ces hippopotames, qui datent du début du M oyen XIIe D ynastie. (Vers I 930).
Empire, sont d'une vérité extraordinaire. L e corps
des animaux est décoré d e plantes aquatiques, 4 7. HORUS PROTÉGEANT SÉSOSTRIS I. Calcaire. ( M usée du
évoquant le m onde dans lequel vivent le plus Caire) .
volontiers, les hippopotames. Ce décor floral se L e dieu-faucon, Horus, p rotecteur de la monar-
d étache en sombre sur le fond bleu, admirable, chie égyptienne, tient le roi embrassé et fait, de sa
de l'émail. main gauche un geste de p rotection . Le roi est ici
XIe Dynastie. (Vers 2040). coiffé du pschent, c'est-à-dire, des cou ronnes im-
briquées de la H aute et de la Basse Égypte.
43. CYNOCÉPHALE ASSIS. Calcaire. ( M usée du Louvre) . Sésostris I tient dans ses mains sa canne et sa
Cette statue est un admirable exemple de l'ar t m assue. Comme l'œuvre précédente, ce bas-relief
animalier égyptie~. La stylisation du corps, no - tém oigne d'une grande pureté de dessin et d'une
tamment du camail, la gravité de l'expression, qui noblesse émou vante dans sa simplicité.
convient si bien à l'animal sacré de Thot, font de XIIe D ynastie. (Vers I 930).
cette statue un chef-d'œu vre. La statue est géné-
ralement datée du M oyen E mpire. On doit sou- 48 . STATUETTE DE SÉSOSTRIS I. Bois stuqué et peint.
ligner, cependant, qu'il est difficile d e dater de (Musée du Caire).
telles pièces avec précision. Le roi, coiffé de la couronne blanche d e H aute
(Vers I 900 ). Égypte, vêtu d'un pagne court, est représenté dans
l'attitude de la marche, tenant son sceptre heka 52. TÊTE DE SÉSOSTRIS III. Granit rouge. ( British M useum) .
dans sa main droite. Les traits sont fins, et l'ex-
Cette admirable tête, trou vée par Petrie au cours
pression, un peu idéalisée, comme il arrive souvent,
de ses fouilles d ' Abydos, est un portrait émo u vant,
au début de la Dynastie.
par la tristesse mystérieuse de l'expression.
XIIe Dynastie. (Vers I930). XII" D ynastie. (Vers I86o).
49. TÊTE DE FEMME. Bois. (Musée du Caire).
53. STATUE D'AMENEMATH III. Granit n oir. ( M usée du
Cette tête, trouvée à Licht, prè~ de la pyramide Caire).
de Sésostris I, est encadrée par une lourde per- Les statues thébaines d ' A m enemhat III so nt d 'un
ruque rapportée, en bois, peint en noir et d écoré réalisme plus brutal, et cer~ainemen~ m oins. ém ou-
de petits carrés d'or, évoquant les anneaux don t vant, que celles de Sésostns III, m ais proviennent
les femmes de cette époque ornaient leur perruque. évidemment de la même école de sculpture.
Les yeux étaient autrefois incrustés. Le visage est XIe D ynastie. (Vers 183 0).
d'une grande douceur d'expression et d' un modelé
fin et sensible. 54. TÊTE D'AMENEMHAT III. Basalte noir. ( Musée du Caire) .
XIIe Dynastie.( Vers I930).
Trouvée à K ô m el-Hisn dans le D elta, ce portrait
5o. TÊTE DE SÉSOSTRIS III. Granit gris. (Musée du Caire) . d' Amenemhat III est très différent de celui qui a
été trouvé à Karnak (n° 53 ). L 'expression est
Les sculpteurs de la XII" Dynastie appartiennent moins sévère la bouche moins dure et le regard
à deux écoles, une école idéaliste, qui continue l'art plus so uriant. L'art du Nord, même lo rsqu'il
memphite de l'Ancien E mpire, et dont les repré- n'idéalise pas son modèle, et o n sent que dans
sentants ont vécu presque exclusivement dans le cette œuvre, le sculpteur a réellement voulu faire
Nord, et une école réaliste, dont le centre semble un portrait, est moins rude que dans le Sud.
avoir été Thèbes. De cette région viennent plu- XIIe D ynastie. (Vers 183 0).
sieurs statues royales d 'un art admirable. Les
masques de Sésostris III et d'Aménemhat III ont
particulièrement inspiré les sculpteurs. On r econ- 55. STATUE DU Ro1 HoR. Bois. ( Musée du Caire) .
Le roi H or, q ui fut sans doute le fils et le corégent
naît Sésostris III à ses pommettes saillantes, à ses du roi A ménemhat III, a été enterré près de la
yeux profondément enfoncés, au pli amer de la pyramide de ce dernier, à D ahchour. La statue le
bouche. Ces portraits de Sésostris III, par leur représente entièrement nu, la tête surmont.é e .de
expression à la fois énergique et d ésabusée, sont deux bras levés. C'est le symb ole du ka, p n n cipe
infiniment émouvants, et comptent certain ement spirituel, qui naissait en m ême temps que .le roi
parmi les grands chefs-d'œuvre de la sculpture et qui l'accompag nait pen dant toute sa vie. Le
universelle. k a dont on a voulu faire le «double>/ du roi, est,
XIIe Dynastie. (Vers I86o). en' réalité, l'ensemble des qualités divines qui
donnent l'éternelle force spirituelle.
51. TÊTE FRAGMENTAIRE DE SÉSOSTRIS III. Granit gris.
La statue, qui vient du Nord, est. traitée dans
(Musée du Louvre) . le style idéaliste, propre à cette rég10n.
Cette tête, trouvée, comme la précédente, à M éd a- XIIe D ynastie. (Vers 18 20).
m o ud, est, en dépit de la mutilation du visage,
un des plus beaux portraits du grand so u verain 56. CHAPITEAU H ATHORIQUE. ( M usée de Berlin) .
de la XIIe D ynastie. H athor, déesse de la joie et de l'amour, a été,
(Vers I 860 ). de to u t tem ps, une des divinités les plus p o pu-
!aires en Égypte. Dès le Moyen Empire, on aimait se termine en section horizontale. On ne sait pas
orner la partie supérieure des piliers de deux têtes exactement à quoi cette tête a pu servir. Il ne
d'Hathor. De son animal sacré, la vache, la déesse semble pas, en tout cas, qu'elle ait été adaptée à
ne garde que les deux oreilles. Le visage, à l'ex- un corps. Quoi qu'il en soit, l'œuvre a toute
pression douce et sereine, est encadré d'une per- l'exquise délicatesse des sculptures de la fin de la
ruque qui forme, en avant, deux gr osses tresses XVIIIe D ynastie.
se terminant p ar une volute. . (Vers 1380).
La tête se détache sur le pilier dont la partie
supérieure forme une corniche surmontée d'une 60. GROUPE DE SENNÉFER ET DE SA FEMME. Granit.
frise d'uraei. (Musée du Caire).
XIIe Dynastie. (Vers 1850). Sennéfer, haut fonctionnaire d' Améno phis II, est
r eprésenté en grande tenue : perruque d'apparat,
57. STATUETTE DE JEUNE FILLE. Bois. (M usée du L ouvre) . lourd collier d'or, bracelets de bras; il s'est paré,
Dans cette œuvre gracieuse, le sculpteur a su semble-t-il, de ses plus beaux bijou~ pou: poser
rendre avec un rare bonheur toute la délicatesse devant l'artiste. On remarquera aussi le tnple ph
de ce corps féminin aux formes souples et élé- de graisse qui souligne la poitrine. Le visage est
gantes. Vêtue d'une simple ceinture ~e perles, la plein et exprime la béat~ satisfaction de l'hon;me
jeune fille p orte sur son front ~n~ cur~eu.s~ frange arrivé à une haute situ ation. On t rouve la meme
de cheveux, qui, sans doute, etait pnf?ltlveme~t expression chez la femme qui, coiffée d 'une lourde
complétée par une perruque. L'.express1on ?u .v i- perruque, assise bien droite à côté de son époux
tient celui-ci embrassé, dans une attitu de u n p eu
sage est très jeu.n~, presqu.e mut1r.ie, et traduit ~Jlen
l'impertinente )Oie de vivre, s1 n aturelle a la raide et conventionnelle.
jeunesse. XVIIIe Dynastie. (Vers 1430).
XVIIIe Dynastie. (Vers 1400 ).
6r . BusTE DE FONCTIONNAIRE. Calcaire pein t. ( M usée du
MASQUE DE THOUTMOSIS III ( ?). Obsidienne. (Musée Louvre).
du Caire) . Ce buste, qui appartient à une des meilleures
Cette tête fragmentaire, qui est, probablement un époques de la sculpture égyptienne, représente un
portrait de Thoutmosis III, est une œuvre d'u:i fonctionnaire en costume d'app arat. L'homme
modelé sensible. Il est regrettable que les yeux, qui, portait une tuniqu e en très fine étoff~ de lin, avec
autrefois étaient incrustés, soient vides aujour- de larges manches plissées. Un magmfique collier,
d'hui. C~tte absence de regard donne une impres- à p lusieurs rangs de. perl~s , orne ~on cou. L~
sion de froideur que n'efface p as complètement visage, assez rond, qui expnme une aim able bonte
la d ouceur du sourire. plutôt qu'une intelligence aiguë, est encadré par
XVIIIe D ynastie. (Vers 1480). une belle perruque frisée qui, couvrant la m01t1é
des oreilles, est entièrement. rejetée dans le dos.
59. TÊTE DE FEMME. Bois stuqué et p eint. (Musée du Fin de la XVIIIe Dynastie. (Vers 1380).
Cqire) .
62. STATUE DE CHIEN. Calcaire. ( Musée du Louvre) .
Cette tête a été t rouvée par L auer à Saqqara, n o n
loin de la pyramide à degrés. Le crân e est r~sé; Cette statue, à elle seule, prouverait, s' il en était
le visage est d'une grande finesse, et les oreilles b esoin, que les É g yptiens ont été. d'admirables
sont ornées de deux grosses boucles rondes, animaliers. Assis, le co rps b ien droit, les muscles
peintes en noir. L e cou, très long et très droit, saillants, les oreilles pointues, la tête légèrement
penchée, comme s'il écoutait attentivement les
o rdres de son maître, ce chien est saisissant de vie 66. STATUE D'AMÉNOPl-IlS I V . Grès. ( Musée du Caire) .
et de vérité. Il est difficile de dater avec précision Cette statue colossale a été trouv ée dans la cour
une statue, à peu près unique dans l'art égyptien. péristyl~ du temple qu' A m énoph is I V avait fait
La perfection du modelé indique, cependant, que cc;ii:istruire, à K arnak, au d ébut de son règne. Les
l'œu vre doit app artenir à une des meilleures piliers de la co ur étaient tous orn és d'une stat ue
époques de la sculpture égyptienne, probablement analogue à celle qui est reprod uite ici. Le roi est
à la fin de la XVIII• Dynastie. représenté les bras croisés, tenant le sceptre et le
(Vers 1380 ( ?). flagellum . Il p o rte, au-dessus d 'une perruque ar-
rondie sur la nuque, la dou ble couronne de H~ute
63 . COFFRET PORTATIF DE TOUTANKHAMON. Bois. (Musée et. de Basse É.gypte. L e visage, d ' une m agnifique
du Caire. laideur, est t raité avec un réalisme brutal t o ut à fait
Ce coffret, trouvé dans la tombe de Toutânkhamon caractéristique d u début de l'ép o que a:narnienne.
dut servir aux funérailles du roi. Il est décoré des Fin XVIII• D ynastie. (Vers l 370 ).
symboles d'Osiris et d'Isis, et surmonté d 'un cou-
vercle à glissière, orné d'une magnifique statue du 67. GROUPE D'AMÉNOPHlS IV ET DE N ÉFERTITI. Calcaire
dieu-chien Anubis, couché dans une attitude pleine peint. (Musée du Louvre) .
de vigueur et de m ajesté. Ce g roupe, l~gué au Louvre par A. Curtis, est la
Fin XVIII• D ynastie. (Vers 135 0). seule œuvre intacte r éunissant le roi et la reine.
L es d~ux sou verai;is sont. représen tés se tenant p ar
64. BusTE D'AMÉNOPHIS I V . Calcaire. (Musée du Louvre). la m ain, comme s ils allaien t faire une prom enade.
Cette œu vr e, qu'on d oit probaleni.ent attribuer au Charmants de jeunesse et d'insouciance, ils sem -
sculpteur Thoutmès, est un des portraits les plus blent heureux d'avoir, p o ur un moment, aban-
émouvants du grand souverain utopiste de la fin donné la lour de charg e du pouvoir.
de la XVIII• Dynastie. T raité sans aucune exa- Fin XVIII• Dynastie. (V ers 1360).
gération, ce buste exprime avec bonheur le rêve
intérieur qui semble avoir commandé toutes les 68. TÊTE DE N ÉFERTITI. Calcaire peint. (Musée de Berlin) .
activités du roi. L'extrêm e sensibilité du modelé, Cette tête, une des œuvr es les plus célèbres de l'art
la douceur du sourire et du regard, la délicatesse égyptien, représente la fem me d ' Aménophis IV
des traits font d e ce buste un des g rands chefs- coiffée d'une énorme couronne q ui fait ressorti;
d' œu vre de la sculpture amarnienne. la dé.licatesse d'un visage aux traits r ég uliers et au
F in de la XVIII• Dynastie. (Vers 1560). ~ouri.re un peu m ystérieux. L 'artiste, par son modelé
infiniment sen sible, a su traduire dans la pierre,
6 5. TÊTE AMARNIENNE. Bois. (Musée du Louvre). n o1:1 seule.ment la grâce et la beauté de son m odèle,
Cette tête, dont le cou est m anifestement traité en m ais au ssi to ute la profondeur de sa vie intérieure.
tenon, décorait, sans doute, la p artie supérieure Fin X V III• Dyn astie. (Vers 1360).
d 'une harpe. Cette tête, qui représente peut-être
le roi, est traitée avec u n réalisme appuyé, d'une 69. TÊTE DE NÉFERTITI. Grès. (Musée de Berlin).
émouvante puissance. L 'artiste a bien su ren dre
On : etrouve dans cette tête incomplète, to utes les
le prognathism e d u sou verain, et a traité la bouche
9uahtés de l'œu vre p récédente. L e visage est p eut-
avec une sen sibilité extraordinaire.
~tre .un. .reu plus. plein, et les yeux, q ui n'ont
XVIII• Dynastie. (Vers 1365). Jam :u s ete incrustes, ont un regard d'une douceur
extraordinaire. On admirera aussi la ligne si pure le dieu sur la famille royale. La reine imite le
et si sensible de la bouche. geste de son époux, et la jeune princesse agite un
Fin XVIIIe Dynastie. (Vers I36o). sistre. Devant le roi se trouvent deux autels ornés
de fleurs. Cette scène, souvent repr oduite à el-
70-7r. TROIS-QUARTS ET PROFIL GAUCHE D'UNE TÊTE IN- Amarna, est traitée, ici, avec un réalisme brutal qui
ACHEVÉE DE NÉFERTITI. Grès cristallin. ( M usée exagère volon tairement les difformités physiques
du Caire). de ses modèles, surtout celles du roi. D'une sen-
sibilité un peu morbide, cette œuvr e n'en reste
Cette tête, trouvée dans une maison d' Amarna,
pas moins attachante et émouvante.
est, sans aucun doute, un portrait de Néfertiti. Elle
Fin XVIIIe Dynastie. (Vers I 370 ).
devait être adaptée à un corps, fait dans une
matière différente, et surmontée d'une couronne 75. TÊTE D'UNE FILLE D' AMÉNOPHIS IV. Calcaire ( ? ).
amovible. Le sculpteur n'a jamais enlevé les indi- (Musée de Berlin).
cations à l'encre qu'il avait dessinées sur son bloc Charmante de jeunesse et de grâce, en dépit de
de pierre pour faciliter son travail. C'est peut-être la déformation caractéristique du crâne, cette tête
cette tête de la r eine qui reflète le mieux cette vie d ont les yeux, autrefois incrustés, sont malheu-
intérieure que les artistes amarniens ont toujours reusement vides, est un très bon exemple de la
cherché à exprimer. D 'une qualité égale à celle séduisante sensibilité de l'art am arnien.
d e la tête de Berlin, elle est p eut-être plus émou- Fin XVIIIe Dynastie. (Vers 1360).
vante encore.
Fin XVIIIe Dynastie. (Vers I36o). 76-77. TOUTANKHAMON ET LA R EINE A LA CHASSE. Or
r epoussé et ciselé. (Musée du Caire) .
72-73. MOULAGES EN PLÂTRE DE LA TÊTE D'AMÉNOPHIS IV. Cette plaque d'or d éco re un coffret de bois ayan t
(Musée de Berlin). app artenu au célèbre Toutânkhamon. Le roi, assis
Ces moulages, trouvés à el-A marna, dans l'atelier sur un pliant, ayant près de lui son lionceau fa-
de Thoutmès, sont saisissants de vérité et de sen- milier, tire, assez m ollement, à vrai dire, sur les
sibilité. Aucun portrait du roi, même parmi les canards qui s'ébattent dans un fourré de papyrus.
plus beaux, n'arrive à exprimer, comme le La r eine, assise aux pieds de son époux, se reto urne
font ces masques, la véritable personnalité d' Amé- vers lui, pour lui tendre, dans un geste plein de
nophis IV. Essentiellement humaines, ces têtes nonchalance et de grâce, une flèche. Cette scène,
traduisent à la fois le rêve de ce grand utopiste traitée tout à fait dans le style amarnien, m ais
que fut Aménophis IV et la désillusion qu'il dut sans exagération, est charmante de jeunesse et
éprouver, à la fin de sa vie, devant la faillite de d'abandon.
son idéal. Fin XVIIIe Dynastie. (Vers l 3 5o ).
Fin XVIIIe Dynastie. (Vers 1355). 78. TÊTE DE REINE. Granit gris. (Musée du Caire) .
Cette très jolie tête de reine, au regard à moitié
74. OFFRANDE AU DISQUE SOLAIRE. Calcaire. (Musée du voilé et au sourire m ystérieux, est probablement
Caire). un portrait de T iy, femme d' Aménophis III et
Ce bas-relief décorait une balustrade, dont plu- mère d'Aménophis IV.
sieurs frag ments ont été trouvés au cours des XVIIIe Dynastie. (Vers I38o).
fouilles d'el-Amarna. Le roi, levant les bras, tend
deux vases vers le disque solaire, dont les rayons 79. BusTE DE FEMME. Calcaire. ( M us!e du Caire) .
sont terminés par des m ains. Il s'agit d'un symbole, Ce buste, trouvé dans une tom be de la XVIIIe
typiquement amarnien, de la protection exercée par Dynastie, représente une femme, vêtu e d'une fine
tunique de lin, et coiffée d'une très lourde perruque
d'apparat, aux mèches curieusement stylisées. Le de la double couronne de H aute et de Basse
visage, un peu aplati, est d'une douceur aimable. Égypte, elle est traitée en déesse Mout. L'expres-
Les yeux, fendus « en amande», datent cette œuvre sion est douce et sereine.
gracieuse de l'époque d' Aménophis III. Fin XVIIIe Dynastie. (Vers I p o ).
Fin XVIIIe Dynastie. (Vers I38o). 1 84-8 5. SCÈNE DE FUNÉRAILLES. Grès. (Musée du Caire) .
80. STATUETTES DE LA REINE AHMÈS-NÉFERTARI. Bois.
(Musée du Louvre et M usée de Bei;lin). A partir de la X IXe D ynastie, on cesse de décorer
les tombes de scènes empruntées à la vie quoti-
Ahmès-Néfertari, femme d' Ahmosis, fondateur de dienne. Celles-ci sont remplacées par des scènes
la XVIIIe Dynastie, et mère d'Aménophis Jer, d'inspiration religieuse. Les funérailles, à cette
fut, comme ce dernier, divinisée à l'époque ra- époque, sont souvent reproduites. On voit, ici,
messide, dans la région thébaine. Souvent repro- un groupe d'invités, en costume d'apparat, pré-
duite dans les tombes, elle était également sculptée cédé de deux prêtres au crâne rasé. L'attitude
en ronde-bosse, et quelques statuettes de bois que penchée de ces hommes est intéressante, car elle
l'on possède d'elle sont d'un modelé assez habile, répond certainement à un usage.
mais pèchent souvent par leur style un peu con- x1xe D ynastie. (Vers I 2 50 ).
ventionnel.
Époque Ramesside. (Vers I28o). 86. BusTE DE FEMME. Calcaire ( ?). (Musée de Florence) .
Sr. STATUETTE DE LA DAME Tour. (Musée du Louvre). Le visage, rond, à l'expression fine mais un peu
Toui, supérieure du harem de Min, est repré- froide, est encadré par une lourde perruque qui
sentée en grand costume d'apparat. Vêtue d'une se sépare sur les épaules : deux grosses mèches
fine tunique de lin, plissée sur les seins et sur les tombent sur la poitrine.
bras, le cou orné d'un large collier de perles, XVIIIe ou XIXe. D ynastie. (Vers I3oo).
elle porte une lourde perruque qui encadre un
visage assez rond, empreint d'une douceur ai- 87. BusTE DE FEMME. Calcaire. (Musée de Florence).
mable, que souligne un demi-sourire. Le modelé
du corps, qui apparaît sous la tunique, est d'une Ce buste, justement célèbre, représente une femme
grande sensibilité. (f
déjà âgée, au regard un peu triste. Les lèvres très
Fin XVIIIe, ou début XIXe Dynastie. (Vers minces, restent sérieuses. La femme, qui est coiffée
I 300). d'une lourde perruque d'apparat, et qui porte une
belle tunique plissée, tient dans sa main gauche
82. TÊTE DE LA REINE TIY. Ebène. (Musée de Berlin). une fleur de lotus.
Cette tête, identifiée par Borchardt, à la mère XVIIIe ou XIXe D ynastie. (Vers I3oo).
d' Aménophis IV, est évidemment proche de
l'époque amarnienne par son caractère humain et 88. TÊTE DE FEMME. Granit. (Musée de F lorence) .
sensible et par son réalisme, sans exagération, On retrouve, dans cette tête, représentant une
mais affirmé. femme beaucoup plus jeune que celle qui est re-
XVIIIe Dynastie. (Vers I38o). produite au numéro précédent, la même expression
83. TÊTE DE REINE. Calcaire. (Musée du Caire). sérieuse et triste. Le regard, légèrement voilé et
perdu dans le lointain, donne beaucoup de charme
L'inscription, mutilée, précise que cette reine ap- à ce visage.
partenait à la famille du roi H oremheb. Coiffée XVIIIe ou XIXe D ynastie. (Vers I3 oo).
89. Ro I TRAITÉ EN DIEU H oRus. Bronze. (Musée du anciens Égyptiens avaient interprété les cris que
Louvre). poussent les cynocép hales, au lever et au coucher
L e roi est représenté, ici, sou s l'aspect du dieu d u soleil, comme des acclamations en l'honneur
d ynastique, Horus hiéracocéphale, piétinant deux du dieu-soleil, et o rnaient volontiers les faces Est
ennemis couchés. Symbole du triomphe de l'É- et O uest des bases de leurs obélisques, de cyno-
gypte su r les p ays étrangers, ce bronze, qui d ut cép hales représen tés dans l'attitude de l'adoration.
être déposé, en ex-voto, dans le temple, ap partient Les autres faces étaient décorées de dieux Nils.
à u ne ép oque où, les victoires étant devenues XIX• D ynastie. (Vers I28 o).
rares, les scèn es triomphales devaient être rem pla-
94. STATUETTE DE CHATTE. Bronze. (Musée du L ouvre) .
cées par des œuvres conven tio nnelles de propa-
gal'.de. La chatte est l'animal sacré de Bastet, déesse de
E p o que Saïte. (Vers 630). Bubastis, associée à toutes les joies de l'existence.
On aimait, à la basse époque, déposer dans .le
90. B usTE DE MENTHOUEMHAT. Granit noir. (Musée du temple de la déesse, des figurines de chattes re-
Caire). p résentées, le plus sou vent, assises. Généralement,
Mentou emhat, quatrième prophète d' A m on, prince l'animal porte une égide, suspendue à son cou.
de Thèbes et gou verneur du Sud, jo ua un rôle Les Égyptiens, qui furent d'excellents animaliers,
politique extrêm em ent important à la XXV• D y- ont su rendre avec bonheur la silhouette de la
n astie et au débu t de la XXVI • Dyn astie. Ce buste, chatte, au corps à la fois souple et ner veux.
d 'un réalisme étonnant, le rep résente à un âge Époque saïte. (Vers 640).
avancé. L es yeux, soulignés par des poches, sont
p etits et vifs; le n ez, assez large, indique q ue 9 5. STATUETTE DE TouÉRIS. Schiste vert. (Musée du Caire) .
Mento uemhat avait probablement du sang nubien La d éesse Touéris, sorte de divinité bienfaitrice,
dans les veines; la bo u che est épaisse et expres- protectrice, notam ment des femmes enceintes, est
sive. C'est un admirable portrait, fait par un m aître- représentée sous la forme d'un h ippopotame
sculpteu r . La coiffure, étonnante, n e se retrouve fem elle. Dressée sur ses pattes postérieures, elle
sur aucune autre statue égyptienn e. s'appuie sur une natte roulée, symbole de protec-
(Vers 660). tion, qui évoque heureusement le r ôle bienfaisant
qu e la d éesse n e cesse de jouer à l'égard de ses
9r. TÊTE DE TAHARQA. Granit noir. (Musée du Caire). dévôts. ·
Tahar qa, souverain énergique et m alh eureux, ap- XXVI• D ynastie. (Vers 640).
partient à la XXV• Dynastie, dite éthiopienne.
Originaire du Soudan , il a un type légèrement 96. TÊTE DE VIEILLARD. Granit gris. (Musée du L ouvre) .
n égroïde. Le visage est rond et l'expressio n vo- Ce visage tourmenté, d'un réalisme saisissant, est
lon taire. Taharqa est coiffé d 'un casque q ui était u n des meilleurs p o r traits de l'époqu e saïte.
à l'o rigine, surmon té des deux plumes d'Amon . L 'artiste a étudié avec soin tous les accidents de
(Vers 670). ce visage énergique, et a su n oter sans com plaisance
les stigmates caractéristiques de la vieillesse.
92-93. CYNOCÉPHALES ADORANT LE SOLEIL. Granit. (Musée XXVI• D ynastie. (Vers 640).
du Louvre).
Ce groupe, si vivant, décorait autrefois, une des
faces de la base de l'obélisque de Louxor, qui est
dressé au milieu de la place de la Concorde. Les
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