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Trigonalisation-Réduite de Jordan

Trigonalisation
Réduite de Jordan des endomorphismes nilpotents
Exemples
Réduite de Jordan des endomorphismes quelconques
Exemples
Trigonalisation
Il est clair que tous les endomorphismes ne sont pas diagonalisables, on peut néanmoins pour
certains d’entre eux trouver une base de E dans laquelle la matrice est triangulaire supérieure.

Définition
On dit qu’une matrice A = (ai,j )16i,j6n est triangulaire supérieure si ai,j = 0 dès que i > j.

Définition Trigonalisation
On dit qu’un endomorphisme u (ou une matrice A) est trigonalisable s’il existe une base dans
laquelle la matrice de u soit triangulaire (ou s’il existe une matrice inversible P telle que P −1 AP
soit triangulaire).

Théorème
L’endomorphisme u est trigonalisable si et seulement si son polynôme caractéristique Pu a
toutes ses racines dans K (i.e. est scindé sur K ou se décompose en facteurs linéaires sur K [X ]).

Remarquons que si K = C, tout endomorphisme est trigonalisable, ce n’est évidemment pas le


cas si K = R.
M. El Ossmani Trigonalisation 1 / 24
Démonstration
(V) Si u est trigonalisable, il existe une base dans laquelle la matrice de u s’écrit

a11 a12 ··· a1n


 
.. 
0 a22 . 

A= .
 .. ..
.
..
.
. an−1,n

0 ··· 0 ann

On a alors,
n
Y
Pu (X ) = PA (X ) = (aii − X ),
i=1

ce qui prouve que Pu a toutes ses racines dans K .


(⇐) La démonstration se fait par récurrence sur n. Si n = 1, il n’y a rien à démontrer. Supposons que le
résultat est vrai pour n − 1, et montrons qu’il est vrai pour n.

M. El Ossmani Trigonalisation 2 / 24
Démonstration suite ...
Le polynôme caractéristique Pu est scindé ( ayant au moins une racine dans K ), notons λ l’une d’entre elles et x1
un vecteur propre associé. Soit H l’hyperplan supplémentaire de la droite Kx1 . On considère alors une base de E ,
(x1 , x2 , . . . , xn ) avec pour 2 6 i 6 n, xi ∈ H. La matrice de u dans cette base s’écrit

λ ...

0 
 .. 
. M
0

où M est une matrice carrée d’ordre n − 1. on a Pu (X ) = (λ − X ) det(M − X idH ) = (λ − X )PM (X ). Notons v


l’endomorphisme de H dont la matrice dans la base (x2 , . . . , xn ) est égale à M. Par hypothèse de récurrence, M
est trigonalisable, en effet,
Pu (X ) = (λ − X )Pv (X ) = (λ − X )PM (X ),
et comme Pu est supposé scindé, Pv l’est également. Par conséquent, il existe une base (y2 , . . . , yn ) de H dans
laquelle la matrice de v est triangulaire, ainsi dans la base (x1 , y2 , . . . , yn ) la matrice de u est triangulaire.

M. El Ossmani Trigonalisation 3 / 24
Exemple 1
Soit !
1 4 −2
A= 0 6 −3
−1 4 0

Démontrons que A est trigonalisable et trouvons une matrice P telle que P −1 AP soit triangulaire supérieure.
Commençons par calculer le polynôme caractéristique de A :

1 − X 4 6
PA (X ) = 0 6−X −3 = (3 − X )(2 − X )2

−1 4 −X

Les racines du polynôme caractéristique sont les réels 3 avec la multiplicité 1, et 2 avec la multiplicité 2. Les
racines sont dans le corps R, la matrice est trigonalisable et peut-être diagonalisable.
Déterminons les sous-espaces propres associés : Soit E3 le sous-espace propre associé à la valeur propre simple 3.
E3 = {V (x , y , z) ∈ R3 / A.V = 3V },
(
x + 4y − 2z = 3x
V ∈ E3 ⇐⇒ 6y − 3z = 3y ⇐⇒ x = y = z
−x + 4y = 3z

E3 est donc la droite vectorielle engendrée par le vecteur e1 = (1, 1, 1).


M. El Ossmani Trigonalisation 4 / 24
Exemple 1 suite
Soit E2 le sous-espace propre associé à la valeur propre double 2. E2 = {V (x , y , z) ∈ R3 / A.V = 2V },
(
x + 4y − 2z = 2x n
x =z
V ∈ E2 ⇐⇒ 6y − 3z = 2y ⇐⇒
4y = 3z
−x + 4y = 2z

E2 =< e2 > avec e2 = (4, 3, 4) et dim E2 = 1 alors que la multiplicité de la valeur propre 2 est égale à 2, par
conséquent la matrice A n’est pas diagonalisable.
Soit e3 le vecteur de la base canonique e3 = (0, 0, 1), les vecteurs e1 , e2 , e3 forment une base de E . La matrice de
passage est ! !
1 4 0 −3 4 0
−1
P= 1 3 0 et sa matrice inverse est P = 1 −1 0 .
1 4 1 −1 0 1

On a Ae1 = 3e1 et Ae2 = 2e2 , il reste à exprimer Ae3 dans la base (e1 , e2 , e3 ).

Ae3 = Ak = −2i − 3j = −2(−3e1 + e2 − e3 ) − 3(4e1 − e2 ) = −6e1 + e2 + 2e3 .

Ainsi l’endomorphisme qui a pour matrice A dans la base canonique (i, j, k) de E a pour matrice A0 dans la base
(e1 , e2 , e3 ) où !
3 0 −6
A0 = 0 2 1 .
0 0 2
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Exemple 2
 
1 −2
Soit A = , le polynôme caractéristique de A est
1 −1
1 − X −2
PA (X ) = = (1 − X )(−1 − X ) + 2 = X 2 + 1. Ce polynôme n’a pas de racines dans R, la matrice
1 −1 − X
A n’est donc pas trigonalisable sur R, par contre elle l’est sur C. En effet, on a PA (X ) = (X − i)(X + i). La
matrice A admet donc deux valeurs propres complexes qui sont i et −i. Déterminons les sous-espaces propres
associés Ei et E−i .
     n
1 −2 x x x − 2y = ix
=i ⇐⇒ ⇐⇒ x = (1 + i)y ⇒ Ei =< (1 + i, 1) >
1 −1 y y x − y = iy

     n
1 −2 x x x − 2y = − ix
= −i ⇐⇒ ⇐⇒ x = (1 − i)y ⇒ E−i =< (1 − i, 1) >
1 −1 y y x − y = −iy

La matrice A est donc semblable dans M2 (C) à la matrice diagonale


 
i 0
D= .
0 −i

On a bien PA (A) = PD (A) = A2 + I2 = (A − iI2 )(A + iI2 ) = 0. L’égalité A2 + I2 = 0 est évidemment vraie dans
M2 (R).

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Définition [Réduite de Jordan]
1 On appelle matrice de Jordan de valeur propre λ de taille n toute matrice carrée d’ordre n qui s’écrit :
 
λ 1
 λ 1 (0) 
Jn (λ) = 
 .. .. 
(0) . . 
 
λ 1
λ

2 On appelle réduite de Jordan toute matrice diagonale par blocs de matrice de Jordan.

Exemple
   
2 2

 3 1 


 2 1 

 3   2 
   
J1 = 
 1 1
 , J2 = 
  2 1



 1 1 


 2 1 

 1   2 
1 2
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Théorème p
Y
Soit f ∈ L(E) dont le polynôme caractéristique est scindé : Pf (X ) = (λi − X )m(λi ) . Alors il existe une base de
i=1
E dans laquelle la matrice de f est une réduite de Jordan. Cette base n’est pas unique.
Remarque
Deux réduites de Jordan représentant le même endomorphisme f sont égales à l’ordre près des matrices de Jordan.

Exemple
   
1 2 1
 2 1   2 
   
 2  et  1  représentent le même endomorphisme.
   
 3 1   3 1 
3 3
 
1
2 | 0
 
 
mais 
 | 2  ne représente pas la même chose.

 
 3 1 
3

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Réduction de Jordan des endomorphismes nilpotents

Définition [endomorphisme nilpotent]


On dit que l’endomorphisme u (resp. la matrice A) est nilpotent(e) s’il existe k ∈ N∗ tel que u k = 0 (resp. Ak = 0)

Proposition
Si u est nilpotent, 0 est son unique valeur propre et on a Pu (X ) = (−1)n X n .

Démonstration

Ak = 0 V det A = 0, donc l’endomorphisme u n’est pas bijectif, Ker u 6= {0}, ce qui prouve que 0 est
une valeur propre de u. Supposons que λ soit une autre valeur propre, il existe x 6= 0 tel que u(x ) = λx ,
on a donc, par récurrence sur n, pour tout n, u n (x ) = λn x , or, u est supposé nilpotent, il existe donc
k ∈ N∗ tel que u k = 0, d’où, si x est vecteur propre pour la valeur propre λ, λk x = 0, ce qui implique
λk = 0, donc λ = 0. Ainsi, 0 est la seule valeur propre de u, on a donc Pu (X ) = (−1)n X n .

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Lemme 1
Soit u ∈ L(E ) un endomorphisme nilpotent d’indice  de nilpotence p = N (u). Soit x ∈ E tel que
u p−1 (x ) 6= 0 alors la famille x , u(x ), · · · , u p−1 (x ) est libre.

Démonstration
Allons y .....

Corollaire
On a donc toujours N (u) 6 dim E

En effet N (u) = card x , u(x ), · · · , u p−1 (x ) 6 dim E

Cas particulier :
On considère un endomorphisme u ∈ L(E ) nilpotent d’indice de nilpotence égale à dim E = n
u n = 0 et u n−1 6= 0.

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Soit x ∈ E tel que u n−1 (x ) 6= 0, donc d’après le lemme précédent la famille
x , u(x ), · · · , u n−1 (x ) est libre donc c’est une base de E et la matrice de u dans cette


base s’écrit sous la forme :


 n
u (x ) u n−1 (x ) u n−2 (x ) · · ·

u(x )
n−1 (x )
··· u
 0 1 0 0 

 .. ..  n−2

 0

0 1 . .  u (x )
 . ..
 . .. .. 
..
 . . . . 0 

.
 .. .. .. ..
 
 . . . . 1

 u(x )
0 0 0 ··· 0 x

c’est une matrice de Jordan de valeur propre 0 et d’ordre n.

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Théorème
Soit u ∈ L(E ) nilpotent d’indice de nilpotence p = N (u) et soit K = dim(Ker(u)).
Alors E admet une base dans laquelle la matrice de u est une réduite de Jordan formée
par K blocs de matrices de Jordan.

Lemme 2
Soit u ∈ L(E ) nilpotent d’indice de nilpotence p = N (u). Pour j ∈ N, notons
Fj = Ker(u j ). Alors on a les inclusions suivantes :

{OE } = F0 ⊂ F1 ⊂ F2 ⊂ · · · ⊂ Fp−1 ⊂ Fp = E

Idée de la démonstration
Il est clair que Fj ⊆ Fj+1 pour tout j ∈ N. Montrons que ces inclusions sont strictes pour
j < p.
Par l’absurde supposons qu’il existe j < p tel que Fj = Fj+1 . Soit x ∈ Fj+2 · · · ·

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Lemme 3
Soit u ∈ L(E ) nilpotent d’indice de nilpotence p = N (u) et Fj = Ker(u j ). Alors il existe
des sous-espaces vectoriels G1 , G2 , · · · , Gp de E tels que :
(
Gj ⊕ Fp−j = Fp−j+1 ∀j ∈ {1, · · · , p}
u(Gj−1 ) ⊆ Gj ∀j ∈ {1, · · · , p}

Démonstration du Théorème : Construction d’une base convenable de E dans


laquelle la matrice de u est une réduite de Jordan.
On a
E = Fp = Fp−1 ⊕ G1 = Fp−2 ⊕ G2 ⊕ G1 = F0 ⊕ Gp ⊕ Gp−1 ⊕ · · · G2 ⊕ G1
= ⊕pi=1 Gi

Notons γj = dimGj ∀j ∈ {1, · · · , p}.

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Tableau de Young

γj = dimGj ∀j ∈ {1, · · · , p}
On a E = ⊕pi=1 Gi , le tableau de Young de la manière suivante :
G1 e1,1 e1,2 ··· e1,γ1
G2 u(e1,1 ) u(e1,2 ) ··· u(e1,γ1 ) ··· e2,γ2
.. .. .. .. .. .. ..
. . . . . . . ···
Gp−1 u p−2 (e1,1 ) u p−2 (e1,2 ) ··· u p−3 (e2,γ1 +1 ) ··· u p−3 (e2,γ2 ) ··· ep−1,γp−1
Gp u p−1 (e1,1 ) u p−1 (e1,2 ) ··· u p−2 (e2,γ1 +1 ) ··· u p−2 (e2,γ2 ) ··· u(ep−1,γp−1 ) ··· ep,γp

Ainsi la base convenable de E dans laquelle la matrice de u est une réduite de Jordan est donnée par

B= u p−1 (e1,1 ), u p−2 (e1,1 ), · · · , e1,1 , , · · · , · · · , u p−2 (e2,γ2 ), u p−3 (e2,γ2 ), · · · , e2,γ2 , · · · , · · · , ep,γp

Remarque
Les éléments de la base doivent respecter cet ordre. Chaque Colonne correspond à un block de matrice de Jordan.
Ainsi le nombre de block est égale au nombre des colonnes qui égale à la dimension de Gp . Sachant que
Gp = Ker(u)

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Exemple
Soit :  
−1 1 1 0
 0 −1 0 1 
A=
 
−1 2 1 −1

0 −1 0 1

Vérifier que A est nilpotente et déterminer sa réduite de Jordan.

Remarque
Soit M une matrice de Mn (K) telle que λ 6= 0 sa seule valeur propre. Alors on a :
1 A = M − λIn est nilpotente.
2 PM (X ) = (λ − X )n et M peut se réduire sous la forme de Jordan.
3 JM = JA + λIn . (JM est la réduite de Jordan de M)

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Exemple 1
Soit :  
4 0 −1
M = −1 1 3
 
0 −1 4

1 Calculer le polynôme caractéristique de M. En déduire que M n’est pas


diagonalisable mais trigonalisable.
2 Trouver la base de R3 dans laquelle la matrice de M est une réduite de Jordan.

Exemple 2
Idem pour  
4 1 −2
M = −1 2 2 
 
0 0 3

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Réduite de Jordan pour un endomorphisme quelconque
Nous avons vu que dans le cas où u est diagonalisable, on a E = Eλ1 ⊕ · · · ⊕ Eλp avec
Eλi = Ker(u − λi idE ) le sous-espace propre associé à la valeur propre λi . Nous allons
démontrer que lorsque u n’est pas diagonalisable, si son polynôme a toutes ses racines
dans le corps K, on peut écrire

E = Ker(u − λ1 idE )m1 ⊕ · · · ⊕ Ker(u − λp idE )mp ,

où mi est la multiplicité de la valeur propre λi comme racine du polynôme


caractéristique de u.
Définition sous-espace caractéristique
Soient u un endomorphisme de E , λ une valeur propre de u et m sa multiplicité dans Pu ,
le sous-espace H = Ker(u − λ idE )m est appelé sous-espace caractéristique de u pour
la valeur propre λ.

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Proposition
Soit u un endomorphisme de E tel que Pu ait toutes ses racines dans K (u est trigonalisable),
notons Pu (X ) = (λ1 − X )m1 · · · (λr − X )mp et, pour 1 6 i 6 p, Hi le sous-espace caractéristique
associé à la valeur propre λi , alors :
1 Hi est stable par u
2 Eλi ⊂ Hi sauf si dim Eλi = mi
3 E = H1 ⊕ · · · ⊕ Hr
4 dim Hi = mi et Pu|Hi (X ) = (λi − X )mi

Démonstration

1 Si x ∈ Hi , on a (u − λi idE )mi (x ) = 0, or (u − λi idE )mi ◦ u(x ) = u ◦ (u − λi idE )mi (x ) = 0, d’où


u(x ) ∈ Hi .
2 Eλi = Ker(u − λi idE ) ⊂ Hi = Ker(u − λi idE )mi , évident.

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Démonstration suite ...
1 C’est le lemme des noyaux.

Pu (X ) = (λ1 − X )mi · · · (λr − X )mp ,

les polynômes (λi − X )mi sont premiers entre eux puisque les valeurs propres sont distinctes
et puisque Pu (u) = 0. D’après le lemme des noyaux, on obtient

E = H1 ⊕ · · · ⊕ Hp ,

2 Notons vi = u|Hi pour 1 6 i 6 p. Soit fi : Hi → Hi l’endomorphisme défini par


fi = (vi − λi idHi ). On a fi mi (x ) = 0 ∀ x ∈ Hi (Définition du sous-espace caractéristique).
Donc fi est nilpotent d’indice de nilpotence 6 mi . Par conséquent Pfi (X ) = (−X )dim Hi ce
qui implique que Pvi (X ) = (λi − X )dim Hi . Or

Pu = Pv1 · · · Pvp = (λ1 − X )m1 · · · (λr − X )mp ,

d’où dim Hi = mi pour 1 6 i 6 p.


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Conséquence
Puisque Pu|Hi (X ) = (λi − X )mi , alors u|Hi se trigonalise sur chaque sous-espace caractéristique
Hi . Il suffit ensuite de réunir les bases utilisées de chaque sous-espace caractéristique pour obtenir
la base B de E souhaitée. Ainsi la matrice de u dans cette base sera une réduite de Jordan.
   
J(λ1 ) λ1 Im1 + N1
   

 J(λ2 )  
  λ2 Im2 + N2 

Ju =    =   
..  .. 

 . 
 
 . 

J(λp ) λp Imp + Np

où N1 ,N2 , · · · , Np sont des matrices nilpotentes d’indice de nilpotence inférieure ou égale à mi .

Propriétés
Qp
Si le polynôme minimal de u est Mu (X ) = i=1 (X − λi )βi avec βi 6 mi . Alors on

N (Ni ) = βi .

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Quelques automatismes de la réduction de Jordan

Soit f un endomorphisme d’un espace vectoriel E de dimension finie n. On fait une


petite synthèse des résultats du cours pour dégager les étapes essentielles de la réduction
de Jordan.
1 On sait faire la réduction de Jordan d’un endomorphisme nilpotent (i.e
Pf (X ) = (−X )n ).
2 Si on a Pf (X ) = (λ − X )n alors g = f − λid E est nilpotent et on sait trouver la
réduite de Jordan Jg de g, celle de f sera alors Jf = Jg + λIn .
3 Dans le cas général, on suppose que :
Pf (X ) = (λ1 − X )m(λ1 ) × (λ2 − X )m(λ2 ) × · · · × (λp − X )m(λp ) ,
(

Mf (X ) = (X − λ1 )β1 × (X − λ2 )β2 × · · · × (X − λp )βp .

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Le cours nous apprend que :
♣ Pour tout 1 6 i 6 p, les noyaux itérés Fi = Ker (f − λi id E ) s’emboîtent :
{0} F1 F2 ··· Fβi −1 Fβi = · · · = Hi

♣ Cette suite croît strictement puis stationne .


♣ E = ⊕pi=1 Hi somme directe des sous-espaces caractéristiques stables par f .
♣ La restriction fi de f à chaque Ni vérifie Pfi (X ) = (λi − X )m(λi ) et
Mfi (X ) = (X − λi )βi donc (d’après cas 2) on sait trouver la réduite de Jordan Ji .
♣ βi est l’ordre de nilpotence de fi − λi idE .
♣ Dans une base adaptée à la décomposition de E en somme directe des Hi , la réduite
de Jordan de f est une matrice diagonale par blocs de réduite de Jordan Ji :
 
J(λ1
·
 
 
 
J =
 · 


 · 

J(λp )
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Détaillons le cas 2 : obtention du bloc Ji réduite de Jordan de fi
On construit le tableau de Young de la valeur propre λi en respectant les règles suivantes :
1 R1 Le nombre d’étages est βi .
2 R2 Le nombre d’éléments du tableau est m(λi ).
3 R3 Fn−k ⊕ Gk = Fn−k+1 , pour 1 6 k 6 βi .
4 R3 On passe d’un étage à l’étage inférieur en appliquant (f − λi id E )(Gk ) ⊂ Gk+1 . On
n’oublie pas que le rez-de-chaussée est le sous-espace propre associé à λi . Donc le nombre
de blocs de matrices de Jordan est la dimension du sous-espace propre.

Remarque
On remarque qu’il n’est pas nécessaire de connaître les dimensions de tous les Fi (ou Gi ) pour
construire le tableau de Young. Donnons quelques cas académiques :
• βi = 1 Ssi on a un seul étage avec m(λi ) éléments.
• βi = m(λi ) Ssi Eλi = Ker (f − λi idE ) est de dimension 1 : m(λi ) étages à 1 élément.
• Eλi = Ker (f − λi idE ) est de dimension m(λi ) − 1 Ssi βi = 2.
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 
*

λi 1
 λi 1
∗ λi 1
* λi 1

 λi 1

*  λi 1   
∗ λi 0
* λi 1  
∗ ∗
* λi
λi
   
λi 1 λi 1
λi 1 λi 1
∗   ∗  λi 0 
λi 0
∗ ∗   ∗  
∗ ∗   ∗ ∗ ∗  λi 0
λi 1
λi λi
   
λi 1 λi 1
λi 0 λi 0
   
∗ ∗   ∗  λi 0 
∗ ∗ ∗  λi 1  ∗ ∗ ∗ ∗  
 λi 0  λi 0
λi λi
 
λi 0
 λi 0 
 
∗ ∗ ∗ ∗ ∗  λi 0 
 
 λi 0

λi

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