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Collectif Science-Technologies-Actions (STA)

(https://sciencetechaction.tumblr.com/)

Les apports des cultures de plantes transgéniques


Les plantes transgéniques, génétiquement améliorées par une biotechnologie, la transgénèse,
sont soumises à la stricte réglementation européenne sur les « organismes génétiquement
modifiés (OGM). On parle ici de PGM (plantes génétiquement modifiées).
Le maïs transgénique Bt résistant à la pyrale et à la sésamie, en supprimant un à deux
traitements insecticides, en simplifiant le travail et réduisant le risque des mycotoxines
(toxines sécrétés par des moisissures dont certaines sont cancérigènes) est un exemple
techniquement réussi d’alternative aux pesticides chimiques.
Un de ces traits Bt, le MON810,
est le seul autorisé (en 1998) dans l’Union européenne ; la France, pour des raisons
strictement politiques, l’a interdit en 2008.

D’autres exemples étrangers ont montré l’intérêt des PGM pour réduire ou supprimer
l’utilisation des produits phytos : maïs Bt résistant à la chysomèle, redoutable insecte du sol
et surtout le cotonnier Bt résistant à des insectes nuisibles de la famille des Lépidoptères (ver
rose de la capsule, ver américain de la capsule, …) qui supprime plusieurs traitements
insecticides et protège la santé des agriculteurs dans des pays comme l’Inde où les traitements
se font avec des pulvérisateurs à dos.

La génétique réussit aussi mieux que la lutte chimique dans le cas des virus : des papayers
génétiquement modifiés (GM) résistants au virus « Ringspot » ont sauvé cette culture à Hawaï
et des haricots GM résistants à la mosaïque dorée protègent ce légume au Brésil.
Concernant le désherbage, les variétés GM tolérantes au glyphosate ont permis de réduire le
nombre d’interventions chimiques, en particulier sur soja et betterave. L’apparition localisée
de mauvaises herbes résistantes au glyphosate, liée à de mauvaises pratiques agricoles, est
un échec qui résulte d’un risque intrinsèque à toute utilisation de pesticide, et qui n’a pas été
correctement géré. Ces types de PGM ne sont pas autorisés en Europe (si elles l’étaient, ce
risque devrait obligatoirement être géré).

Ces exemples montrent l’enjeu d’une réflexion au cas par cas de l’intérêt et des risques des
PGM : pour le maïs les PGM résistantes à la pyrale constituent une avancée technique et
environnementale majeure, alors que des plantes tolérantes au glyphosate présentent des
inconvénients qui ne justifient pas nécessairement leur développement dans les conditions
françaises, où le désherbage est une technique bien maîtrisée.

Selon la société de conseil en biotechnologie végétale PG Economics, les 17 premières années


d’utilisation de PGM dans le monde, ont permis de réduire la consommation de « pesticides
» de 500 000 tonnes de matières actives, soit plus de7 années de consommation française.
Une méta-analyse (W.Klüper & M.Qaim) s’appuyant sur 147 études scientifiques
internationales conclue à une réduction de pesticides de 37%.


Ces faits n’ont pas suffi à convaincre les responsables politiques de l’intérêt des PGM comme
alternative d’avenir à la protection chimique des cultures. Car la position française et
européenne d’ignorer cette technologie (adoptée chaque année sur plus de 150 millions
d’hectares par des millions d’agriculteurs) n’est pas basée sur les faits scientifiques ou
techniques.

Pour en savoir plus : deux ouvrages collectifs complémentaires parus à la Documentation


Française :
- Impacts des OGM sur les exploitations agricoles (2014):
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/9782110095534/index.shtml
- Impact des OGM sur les filières agricoles et alimentaires (2013) :
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/9782110093509/index.shtml