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RESUME

Les ponts étant des ouvrages d'art destinés à durer plusieurs décennies, voire plusieurs siècles, ils subissent inévitablement des
dégâts et des désordres. Les causes sont diverses : perturbations climatiques (vent, pluie, séismes), vieillissement des matériaux,
accidents ponctuels, conséquences à terme du trafic. Il est donc nécessaire d'évaluer régulièrement l'état de la structure et des
équipements, afin de vérifier le fonctionnement et la sécurité du pont. Lorsqu'un renforcement ou une réparation est nécessaire,
des méthodologies sont à suivre et des principes à respecter. Cet article s'intéresse particulièrement au cas des ponts métalliques
en détaillant les principales méthodes de réparation ainsi que des dispositions à prendre pour prévenir les détériorations futures.

INTRODUCTION
Un pont existant a été conçu pour assurer un certain service. Or, à cause d'erreurs de conception et/ou d'exécution, du
vieillissement de ses matériaux, des attaques de l'environnement, de l'agressivité du trafic, d'actions accidentelles, etc., ce pont
peut présenter des désordres et ne plus assurer le service prévu. Il faut donc le réparer, voire le remplacer.
Dans certains cas, la capacité portante et la géométrie d'un pont existant ne sont plus adaptées aux nouveaux besoins qui se font
jour du fait de l'augmentation du trafic et des charges. Il faut donc permettre à l'ouvrage de remplir ces nouveaux services, ce
qui impose, dans la majeure partie des cas, de le renforcer.

es ponts peuvent perdre progressivement de leur valeur. En effet, l'accroissement régulier de la charge portée entraîne des
dégâts irréversibles sur la structure, qu'ils soient visibles comme les fissures, ou non apparents comme la fatigue. Pour éviter
d'atteindre les états limites ultimes, il est nécessaire d'évaluer l'état de l'ouvrage, aussi bien physique que mécanique. La
méthode existante se révèle être relativement complexe, se reposant à la fois sur la connaissance de certaines données et sur
leur fiabilité. Ce dossier propose ainsi de faire le point sur cette méthodologie, détaillant les principales étapes : le diagnostic
préliminaire (évaluation sommaire du pont) et le recalcul (estimation précise de l'état de contrainte et des marges de sécurité).

INTRODUCTION
Lorsque l’on accroît progressivement l’intensité d’un système de charges appliqué à une structure, ses effets cessent d’être
complètement réversibles au-delà d’un certain seuil de façon, soit apparente (par exemple, fissuration ou plastification), soit
non immédiatement apparente (fatigue). En d’autres termes, la structure perd graduellement de sa « valeur ». De façon
schématique, cette fonction de « perte de valeur » possède deux paliers, correspondant à l’apparition de deux familles de
phénomènes que l’on idéalise à travers les concepts d’« états limites de service » et d’« états limites ultimes ». L’apparition
de désordres est le signe tangible du dépassement de certains états limites de service.
L’évaluation d’un ouvrage existant consiste à en apprécier l’état physique et mécanique. Elle est nécessaire lorsqu’il est
envisagé de modifier ses conditions d’exploitation (par exemple, augmentation du nombre de voies de circulation), ou de
remédier à certains désordres révélateurs d’une pathologie (affectant la structure et/ou les matériaux) naissante ou avancée.
L’une des composantes de l’évaluation est l’estimation de la fiabilité structurale de l’ouvrage considéré. Il s’agit d’une notion
complexe mettant en jeu à la fois :

RESUME
Dans un pont, on peut considérer d'un côté la structure de l’ouvrage, et de l’autre les équipements, appareils d'appui et éléments
de protection. Pour assurer le service de transport et la sécurité des usagers, l'évaluation des différents constituants est
indispensable et obligatoire. Ces équipements nécessitent une attention particulière, leur durée de vie étant généralement bien
plus courte que celle du pont en général. Ils vieillissent, s'usent ou se détériorent : il faut donc les restaurer ou les remplacer
périodiquement. Cet article présente ainsi les principaux désordres affectant ces éléments, tels que la corrosion, les ruptures ou
les arrachements, ainsi que les conséquences sur la performance et la sécurité de la structure.

INTRODUCTION
Ce dossier traite du cas particulier des équipements, appareils d'appui et éléments de protection.
Classiquement, dans les équipements étaient inclus les seconds, tels que la chape d'étanchéité. L'instruction technique, relative
à la surveillance et à l'entretien des ouvrages d'art (ITSEOA) du 19 octobre 1979, modifiée le 26 décembre 1995, a changé ce
mode de classification pour tenir compte du rôle qu'assurent ces divers éléments ainsi que des responsabilités et des garanties
qui en découlent. Ainsi, par définition :
 la structure est l'ensemble des parties constitutives d'un pont qui reçoit les charges et les transmet au sol de fondation.
Les appareils d'appui, qui transmettent les charges du tablier vers les appuis, font donc bien partie de la structure et
relèvent de la responsabilité décennale ;
 les éléments de protection rassemblent tous les dispositifs annexes destinés à protéger l'ouvrage contre les divers agents
agressifs (chape d'étanchéité, enrochements, perrés,...). La chape d'étanchéité fait l'objet d'une période de garantie
spécifique (cf. titre I du fascicule 67 du CCTG) ;
 les équipements sont les dispositifs ajoutés pour :
o le confort et la sécurité des usagers (joints de dilatation, dispositifs de retenue,...),
o la surveillance et l'entretien (passerelle de visite, échelle à crinoline,...),
o l'esthétique (corniches,...).

TECHNIQUES DE RÉPARATION DU BÉTON ET D'AJOUT DE BÉTON


Il y a lieu de rappeler qu'une méthode de réparation et/ou renforcement peut jouer plusieurs rôles à la fois. Par exemple, la projection
en couche mince d'un micro-béton à la surface d'un élément en béton armé, après purge du béton pollué ou dégradé, va permettre la
restauration du béton et, en même temps, celle de la passivité des armatures.
Les principales techniques traitées dans le présent paragraphe concernent la restauration et le renforcement du béton par :
 réparation du béton par ragréage ;
 béton projeté ;
 béton coulé ou injecté, avec ou sans collage ;
 traitement des fissures et vides.
1.1 Ragréages
Le ragréage correspond à la mise en œuvre de produits ou systèmes de réparation des bétons appliqués, le plus souvent, en
faible épaisseur (reconstitution de l'enrobage des armatures) manuellement ou mécaniquement et, en général, sur des...

PROTECTION DU BÉTON
2.1 Fonctions des produits – Systèmes de protection de surface
Lorsque l'enrobage des aciers est trop poreux et/ou d'épaisseur insuffisante, ou lorsque l'environnement est particulièrement
agressif, il est souvent nécessaire d'appliquer un traitement de protection du béton. Une telle protection peut aussi être appliquée
après une réparation pour protéger la réparation, mais aussi le reste de la structure.
Pour un usage donné, ces produits et systèmes de produits doivent satisfaire à une ou plusieurs des fonctions suivantes :
 protection du béton contre les risques de pénétration :
o de gaz (tout particulièrement du gaz carbonique responsable de la carbonatation), mesurée par la perméabilité aux
gaz,
o de la vapeur d'eau, mesurée par la perméabilité à la vapeur d'eau (une certaine perméabilité à la vapeur d'eau est
nécessaire dans le domaine du bâtiment mais, elle entraîne ipso facto une perméabilité au CO2),
o de l'eau liquide, mesurée par la perméabilité à l'eau et l'absorption capillaire. Un produit...