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Voltaire déteste l’optimisme et son créateur, le philosophe allemand Leibniz, qui est incarné et

parodié au travers du personnage de Pangloss. L’optimisme de Pangloss est une position


philosophique que l’on peut résumer comme ceci :
– Dieu est parfait

– Dieu a créé le monde

– Un être parfait créerait un monde parfait, donc le monde est parfait.

En outre, un être parfait créerait tout ce qui pourrait être créé, par conséquent tout ce qui pourrait
exister existe en fait.
Par conséquent, ce monde est le meilleur des mondes possibles et tout est pour le mieux.

Voltaire montre le chemin intellectuel de Candide, qui est celui d’une désillusion : l’optimisme,
dit Candide, c’est la manie de dire que les choses sont bien quand on est en enfer. En effet,
Candide apprend que la quantité de bien est bien inférieure à celle du mal.

C’est le fameux tremblement de terre de Lisbonne, en 1755, qui semble être à l’origine de refus
de l’optimisme chez Voltaire. Voltaire se demande si Dieu est vraiment bon, ou bien s’il est
vraiment tout-puissant. Candide sera la traduction de ce questionnement religieux et
métaphysique.

Le Déisme dans Candide

La religion de Candide, et celle de Voltaire, est le déisme, fondé sur la croyance en un Dieu
créateur de l’univers. Mais ce Dieu n’intervient pas dans les affaires du monde, il agit comme un
horloger, un architecte qui crée mais laisse vivre sa création. C’est donc aux hommes de prendre
en main leur destin et de créer le bien, ou le mal : en tout cas, les hommes sont responsables de
leur monde.

La Politique et l’esclavage dans Candide

Politiquement, Candide est modéré. Il fait la satire de tous les gouvernements corrompus du
monde, sauf l’Eldorado, sans prôner pour autant le renversement de ces gouvernements. Voltaire
n’est pas un révolutionnaire: il croit en effet que toute révolution instaure un système politique
pire que son prédécesseur.

Le thème de l’esclavage est abordé via la rencontre avec l’esclave nègre dont la jambe a été
arrachée dans une fabrique de sucre : « C’est à ce prix que vous mangez du sucre », dit le nègre à
Candide. C’est cette rencontre qui marquera Candide et lui fera comprendre que l’optimisme est
une théorie illusoire. Cependant, bien que Candide pleure sur le sort de l’esclave, il ne fait
aucune tentative pour libérer les esclaves.

L’eldorado et le bonheur
A travers l’eldorado, Voltaire dénonce l’utopie : un monde parfait n’existe pas. C’est le réalisme
qui doit prévaloir chez l’homme rationnel, et non la croyance en une société harmonieuse, qui
n’existe pas et ne peut pas exister.

Il faut cultiver notre jardin

La thématique du jardin est plurielle dans Candide : il ya plusieurs jardins dans Candide dont le
jardin du baron de thunder-ten-tronckh en Westphalie, dans le jardin de l’Eldorado, le jardin du
vieux Turc, et le jardin de Candide à la fin. Le jardin est le symbole de la culture, à la fois
matérielle, pour la nourriture qu’elle dispense, et intellectuelle, considérée comme une
métaphore de la nourriture spirituelle. Le jardin est aussi un éloge de l’ordinaire, du chez-soi, de
la normalité, car à défaut de construire un monde parfait, il faut se contenter, selon Voltaire, du
monde tel qu’il est.

Enfin, on peut analyser politiquement la thématique du jardin : Candide vit en petite


communauté, repliée sur elle-même, ce qui témoigne du fait que les Etats sont corrompus, il faut
donc les quitter pour mener une vie retirée, fondée sur le travail.

ll est donc légitime de parler de l’optimisme de Leibniz, l’optimisme désignant ici la conception
selon laquelle le monde est le meilleur des mondes possibles : entre une infinité de mondes
possibles, il y a le meilleur de tous et c’est le vrai monde actuel.

A celui qui poserait la question : « le monde n’est-il pas, néanmoins, riche de maux ? »…

– Leibniz répond que toute douleur ou inquiétude sont les conditions mêmes du plaisir et du
bonheur.

– Le plaisir, en effet, ne procède pas d’un cours uniforme, lequel enfanterait l’ennui.

– Le plaisir, ce sentiment de perfection et cet avancement vers le bonheur, provient d’une


victoire sur quantité de demi-douleurs qu’on finit par apaiser en satisfaisant son désir.

– Quant au bonheur, il ne consiste jamais dans une pleine jouissance, où il n’y aurait plus rien à
désirer, mais dans un progrès perpétuel vers de nouveaux plaisirs et de nouvelles perfections.

Le mal, la douleur, l’inquiétude, autant de conditions du bien, autant de raccourcis vers une plus
grande perfection.

– Tel est l’optimisme de Leibniz, qui voit, en particulier, dans l’inquiétude, ensemble de
sollicitations imperceptibles qui nous tiennent toujours en haleine, une promesse de plaisir et une
annonce de perfection.

Wilhelm Gottfried Leibniz, philosophe et savant allemand, surtout connu en France de manière
négative, grâce à Voltaire et son célèbre Candide, comme représentant de la philosophie
optimiste. Non seulement Voltaire n’avait pas lu l’oeuvre de Leibniz, mais cela relève en plus
d’une lecture tout à fait erronée de Voltaire. Au contraire, l’œuvre de Leibniz, immense, est
riche d’aperçus de génie. Dans le domaine de la connaissance, dans le champ de l’esprit et de la
nature, Leibniz a entrouvert des horizons nouveaux. Le monde est un tout plein de vie, avec
lequel nous sommes en relation par une foule de petites perceptions (inconscientes).