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CHAPITRE VI (Phénomènes d’instabilités) Bensalah M.D.

Calcul des éléments de charpentes métalliques


Phénomènes d’instabilité élastique

VI.1 Origine de phénomènes :


Le calcul d’une structure exige que sous toutes les combinaisons d’actions possibles définies
réglementairement la stabilité soit assurée.

9 Tant globalement au niveau de la structure qu’individuellement au niveau de chaque


élément. Les actions développent diverses sollicitations qui génèrent des contraintes au
sein du matériau et des déformations des éléments. Afin de garantir le degré de sécurité
souhaité de vérifier que les contraintes et les déformations restent en dessous des
limites admissibles.

Deux cas de figures se présentent :

1. Le cas petits déformations :

Tant que l’on reste dans ce domaine des petites déformations on admet que les sollicitations ne
varient pas (ou varie peu) sous l’effet des déformations, ce qui conduit simplement à vérifier
que les contraintes restent inférieures à la contrainte admissible.

2. Le cas de grandes déformations :

Dans ce cas, les déformations modifient considérablement les sollicitations qui les ont initiées
et nécessites des calculs spécifiques.

L’apparition de déformations importantes dans certaines pièces peut survenir :

¾ Dans le domaine élastique, lorsque la corrélation linéaire (Effort/Déformations) n’est


plus vérifiée, les déformations augmentent plus vite que les efforts appliquées.

¾ Dans le domaine élasto-plastique, lorsqu’il y’a écoulement plastique.

Les grandes déformations affectent les zones comprimées des pièces qui peuvent présenter
trois types de comportements caractéristique, dénommés phénomènes d’instabilité qui sont :

• Le Flambement :

Qui affecte les barres simplement comprimées (Flambement simple) ou comprimées et


fléchies (Flambement en flexion composée).

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• Le déversement :

Qui affecte les semelles comprimées des pièces fléchies.

• Le voilement :

Qui affecte les âmes des pièces fléchies.

L’étude des phénomènes d’instabilité élastique est particulièrement importante en construction métallique,
car ils sont très fréquents du fait de l’utilisation des éléments minces et de grand élancement.

VI.2 Le Déversement :

VI.2.1 Introductions :
Les poutres fléchies sont en général constituées de profilés en double Té, profilés en I et H. comme
leur inertie à l’axe faible (y-y) est de beaucoup inférieure à celle relative à l’axe fort (x-x) cela peut être la
cause d’un phénomène d’instabilité appelé déversement.

Pour illustré ce phénomène, prenons le cas de la poutre en porte à faux (encastré d’un coté et libre de
l’autre) sollicitée à son extrémité par une charge concentrée verticale Fig. 1. Si pour une faible charge elle se
déforme (verticalement) que perpendiculairement à son axe de forte inertie, la partie comprimée du profilé va
se déformer latéralement pour échapper à la compression si l’on augmente la charge : la poutre déverse, ce
qui fait subir à chaque section en plus de la déformation verticale un mouvement de translation
horizontal accompagné d’une rotation autour de son centre de cisaillement.

Fig. 1  Déversement d’une poutre


en console élancée

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Ce phénomène se produit, d’une façon générale, lorsqu’une poutre fléchie présente une faible
inertie à la flexion transversale et à la torsion. La partie comprimée flambe latéralement et il existe
une valeur critique du moment de flexion (selon le plan de grande raideur), comme il existe un effort
normal critique provocant le flambement pour une barre comprimée, pour lequel la poutre fléchit dans
le plan de sa plus faible inertie et en torsion.

La flexion n’est alors plus plane mais déviée et s’accompagne d’une torsion et d’un
gauchissement de la section (un déplacement par flexion latéral et de torsion).

Ix
Le déversement est très important lorsque .
Iy

Il n’y’a pas de risque de déversement dans le cas ou la zone comprimé est empêché et
maintenue dans le sens latérale. Les poutres empêchées de se déplacer latéralement sont
dites « maintenues latéralement». Ces poutres ne sont pas affectées par le flambement hors du plan
de leur semelle comprimée appelé « phénomène de déversement ».

Les poutres peuvent êtres considérées comme maintenues latéralement si :

• Un blocage latéral de la semelle comprimée est assuré exemple un plancher en béton


ou des tôles nervurés.

• Un blocage continu contre la torsion de la section est réalisé, théoriquement a


n’importe quel niveau (mais de préférences contre la semelle comprimée) exemple par
des tôles nervurées fixées efficacement sur des profilés de faible hauteur ≤ 200mm.

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• Il existe des éléments ou dispositifs de contreventement latéral de la membrure
comprimée ou de maintien de la section contre la torsion, « suffisamment rapprochés »
(pannes, poutres transversales). Dans ce cas l’élancement selon l’axe faible de la
poutre fléchie sera suffisamment petit.

VI.2.2 Détermination du moment critique de Déversement (Mcr) :


Soit une poutre à axe longitudinal rectiligne, parfaitement élastique, à section doublement symétrique,
non maintenue sur sa longueur et ses extrémités posées sur des appuis à fourches, et soumettons-la à ses
extrémités, distantes de L, à deux couples égaux mais opposés, appliqués rigoureusement dans le plan de
l’âme (Fig. 2). La semelle comprimée de la poutre se trouve alors soumise à un effort constant sur toute la
longueur. C’est de toute évidence la sollicitation la plus défavorable : elle sert, pour cette raison, de
sollicitation de référence.

Fig. 2  Déversement d’une poutre en


I sur appuis simples sous l’effet d’un
moment uniforme - il est à noter que seule
une moitié de la poutre est représentée, les
déformations maximales se situant à mi-
travée

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Pour cette poutre idéale (axe longitudinal parfaitement rectiligne et symétrie parfaite autour des deux
axes principaux d’inertie de la section) à section constante, faite d’un matériau à comportement élastique
indéfini et strictement sollicitée dans le plan de forte inertie, il existe une valeur critique des couples
appliqués pour laquelle la poutre se trouve en état d’équilibre indifférent : soit elle se maintient dans un état
déformé de flexion dans le seul plan de sollicitation, soit elle prend une configuration déformée spatiale
associant, comme on l’a vu, flexion latérale et torsion (Fig. 2).

Le moment critique élastique de déversement, associé à cet état d’équilibre indifférent, caractérise une
instabilité par bifurcation d’équilibre. Il s’agit là d’un concept commode, mais peu réaliste dans la mesure où
il omet les effets des imperfections - tant géométriques que structurales - de la poutre et de sa section
transversale et postule un matériau indéfiniment élastique. L’approche classique, utilisée pour l’étude du
déversement sous moment constant a été établi par Prandtl (1899), consiste à intégrer la relation différentielle
d’équilibre suivante :

d 4φ d 2φ
− λ2 − βφ = 0
dz 4 dz 2
1

L’équation (1) est de 4ème ordre où :

M2
λ2 =
GJ
et
β=
EH E 2 HIy

En appliquons les conditions aux limites :

φ ( Z = 0) = φ ( Z = L) = 0 2

d 2φ ( Z = 0) d 2φ ( Z = L)
= =0
dz 2 dz 2 3

La solution générale de l’équation (1)

φ = A sin mZ + A cos mZ + A sinh nZ + A cosh nZ


1 2 3 4 4

Avec :

− λ2 + λ4 + 4 β λ2 + λ4 + 4β
m= n=
2 et 2

La résolution de l’équation (1) en tenant compte de (2), (3) et (4) permet de déterminer le
moment critique de déversement :
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1π π 2 EH
M = EIyGJ 1 +
L2GJ
cr mL 5

Valeur de m :
M P
M

m=1 m=0.74

m=0.89

Donc :

1π π 2 EH
M = EIyGJ 1 +
L2GJ
cr mL

Où :

EIy : Rigidité de flexion transversale ;

GJ : Rigidité de Torsion ;

EH : Rigidité de gauchissement.

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9 Pour une poutre en (I) symétrique
es 
Iy.(h − es) 2
H= ea 
4

1
J = ⎡2bes 3 + (h − 2es)ea 3 ⎤ x  x 
3 ⎢⎣ ⎥⎦

Où : h  es 

H : est le moment d’inertie de gauchissement ;



J : est le moment d’inertie de Torsion ;

9 Pour une poutre en (I) dissymétrique



b1 

es 

ea 


x  x  H=


( )
es.h 2 ⎜ b1b2
3 ⎞⎟

12 ⎜ ⎛⎜ b3 + b 3 ⎞⎟ ⎟
⎜ 1 2 ⎠ ⎟⎠
⎝⎝
es 

b2 

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9 Une poutre en (I) dissymétrique moment d’inertie de torsion :

y  b1 
b2 
e1  b 
e2 

e3 
b3 

x  x  h


3
∑ b .e
i i h.b 3
J= i bi : grand distance Section rectangulaire
J = h>b
3 3

ei : petite distance

¾ Si les semelles sont empêchées de tourner/y-y aux niveaux des appuis L=LD

LD : longueur de déversement LD = 0.5L0

1π π 2 EH
M = EIyGJ 1 +
L2 GJ
cr mL
D

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L0 

LD= 0.5L0

¾ Si les semelles sont libre de tourner/y-y aux niveaux des appuis L=L0

LD : longueur de déversement LD = L0

¾ S’il existe des appuis latéraux

l4  l3  l2  l1 

LD = max (lf1, lf2, lf3, lf4)

Avec : lf1=0.7l1 lf3=0.7l3

lf2=l2 lf4=2l4

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VI.2.3 Méthode de Vérifications :


a) Vérifications préliminaire :

Cette méthode consiste à vérifier que la semelle comprimé supposé isolé du reste de la pièce ne risque
pas de flambé dans le plan latéral sous l’effet d’une contrainte de compression est égale à la contrainte
de flexion développer dans la pièce.

σf =(M/Ix)V
V

bs
M M
σ = = .V es
f W Ix y
x V
σc = σf σc = σf
x x

On doit vérifier que :

k σ ≤ σe (1)
s f

Avec ks : coefficient de flambement

l ( semelles) Avec I
fy     i ysemelle  
λ= =
i ( semelles) y semelle A
y semelle

bs 3 .es
Asemelle = bs.es ; I ysemelle =
12

l  : Longueur de flambement de la semelle.


fysemelle

9 Si la condition (1) est vérifiée → Pas de risque de déversement.

9 Sinon il faut faire un calcul justificatif de déversement.

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b) Méthodes pratiques :

b.1 Domaine d’application :

Poutre en I doublement symétrique à âme pleine où à treillis fléchies dans le plan d’âme où bien de
treillis qui risque de se déversé sous les modes de chargement et avec les schémas statiques suivant :

• Pièces symétriquement chargées et appuyées q

• Pièces soumises à 2 couples de moment concentrés aux appuis

Mw Me

• Consoles parfaitement encastrées chargées par des charges concentrées où


uniformément réparties.
p

b.2 Vérifications :

Cas poutre en I :

On se place en sécurité en considérant une membrure composée d’une semelle et d’une âme et
en montre que sous un moment constant la membrure aurait une contrainte critique d’Euler égale :

2
π 2 E 2 ⎛⎜ V ⎞⎟
σ = i
y⎜i ⎟
l2
cr
f ⎝ x⎠

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Ce qui revient d’affecter à la pièce un élancement :

l i
λ= f x
i V
y

Pour tenir compte du niveau d’application des charges ainsi que leurs modes de répartitions on
introduit respectivement les coefficients B et C :

2
π 2 E 2 ⎛⎜ V ⎞⎟ π 2 E.Iy.h 2 .B.C
σ = i BC =
y⎜i ⎟
l2 4.Ix.l 2
cr
f ⎝ x⎠ f

Pour tenir compte enfin du milieu élastique, Dutheil à donner une expression de la contrainte
de non déversement :

σ ( D − 1) π 2 E.Iy.h 2 .B.C
σ = k0 = ( D − 1)
d 1.3 5.2.Ix.l 2
D

D : étant un coefficient fonction des dimensions de la pièce.

Finalement la contrainte de non déversement s’écrit comme suit :

Iy h 2
σ = 40000 ( D − 1) B.C [kg/mm²] ou [daN/mm²]
d Ix l 2
D

Ix, Iy : moment d’inertie de la pièce ;

LD : longueur de déversement ;

h: hauteur de la pièce ;

B D et C coefficient qui tient compte de la géométrie

Jl 2
D = 1 + 0.156 D
Iyh 2
Le coefficient D est égal :

Le coefficient C est égal :

¾ Charge uniformément répartie →C=1.132

¾ Charge Concentré à mi-travée →C=1. 365

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¾
Moment d’extrémité dans le rapport ψ compris entre -1 et 1 ψ=Me/Mw (Mw≥Me)

3
C=
1 +ψ +ψ − 0.152(1 −ψ ) 2
2

Le coefficient B est : fonction de la nature et niveau d’application de la charge

9 B=1 Moment d’extrémités ou charges transversales appliquées au niveau du centre de gravité

9 Charges transversales appliquées au niveau d’une semelle et orientées :

• Vers le centre de gravité

2
⎛ 4 C⎞
B = 1 + ⎜⎜ ⎟ − 42 C
⎟ π D
⎝π 2 D ⎠

• Dans la direction opposée à celle du centre de gravité

2
⎛ 4 C⎞
B = 1 + ⎜⎜ ⎟ + 42 C
⎟ π D
⎝π 2 D ⎠

Si σ ≥ σe → aucun ne risque de déversement ;


d

σ < σe → Risque de déversement.


d

On doit vérifier dans le cas de :

Flexion simple → k σ ≤ σe ;
d f

Flexion déviée → k k σ + k σ ≤ σe ;
d fx fx fy fy

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Flexion composé → sup⎛⎜ k , k ⎞⎟σ + k k σ + k σ ≤ σe .


⎝ 1x 1y ⎠ d fx fx fy fy

Avec :

kd : Coefficient de déversement (≥1).

Détermination de Kd :

1. Poutre symétriquement chargées et appuyées à paroi pleines :

k
K = 0
σ
( )
d (1)
1+ d k −1
σ 0
e

L 4 Ix ⎛⎜ σ d ⎞

λ = D 1−
0 h B.C Iy ⎜ σ ⎟ (2)
⎝ e ⎠

k0 : coefficient de flambement (λ0→ k0) on appliquant la formule suivante :

2
⎛ σ ⎞ ⎛ σ ⎞ σ
k = ⎜ 0.5 + 0.65 e ⎟+ ⎜ 0.5 + 0.65 e ⎟ − e
⎜ σ ⎟ ⎜ σ ⎟ σ
⎝ k ⎠ ⎝ k ⎠ k

π ²E
σk =
λ20

2. Poutre soumises à deux moments différents aux appuis :

Mw Me
Mw≥Me

2.1→ Semelles empêchées de tourner/y-y aux appuis :

k
K = d0 (3)
d C

Et LD =0.5l0

2.2→ Semelles libre de tourner/y-y aux appuis : L =l


D 0

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k C −1
K = d0 +
d C 5k (4)
d0

kd0 est déterminer par la formule kd0 avec LD =l0, B=C=1 ensuite en remplace dans
l’équations (4) avec les valeurs réel.

3. Consoles parfaitement encastrées :

p LD =2l0

9 Charges appliquées à une distance ya du centre de gravité de la section

P
bs
L′h σ es
K = 0.1 + 2.2 e
d 1000C.bs.es 2400 ya (+)
h
bS x x
L′ = L + 0.75.C. y G ya (-)
D a es

• Si la charge est appliquée au CDG ya = 0 → L′ = L


D

P ya = 0
h

bs
• Si la charge est appliquée sur la semelle supérieur ya = h/2 → L′ = L + 0.375.C. .h
D es
P

ya = h/2
h

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bs
• Si la charge est appliquée sur la semelle inférieur ya = -h/2 → L′ = L − 0.375.C. .h
D es

h
ya = -h/2

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