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La finance participative au Maroc

Introduction
La finance participative a connu une croissance remarquable depuis les dernières années. Le
caractère continue de la progression de l’industrie financière islamique, même au plus fort de
la récente crise financière, montre qu’elle est de plus en plus considérée comme une
alternative viable à l’intermédiation financière conventionnelle aussi bien dans les milieux
professionnels qu’ académiques.
Aujourd’hui, et en plus de constituer le moyen privilégié, pour près d’un cinquième de la
population mondiale, d’accès aux services bancaires et financiers ; la finance participative
s’est internationalisée. Au Maroc, et avec l’ouverture des premières banques participatives, le
développement de telles activités revêt une importance stratégique.
Dans cette perspective, le présent sujet tente de répondre à la question majeure suivante:quels
sont les principes de la finance participative et quels sont ses impacts sur l’économie
Marocaine ?
Pour y répondre, nous allons présenter dans un premier temps les fondements théoriques de la
finance participative tout en mettant l’accent sur son historique, son importance et ses
principes. Dans un deuxième temps nous allons nous intéresser au cas du Maroc, tout en
mettant la lumière sur son état des lieux par rapport à la finance participative, ainsi que son
impact sur l’économie marocaine
I- Les fondements théoriques de la finance participative
1- Aperçu historique sur la finance participative
La finance islamique a pris forme, au cours des années 1970 et s’est développée rapidement
pour permettre aux pays arabes producteurs de pétrole de placer leurs liquidités excédentaires
induites par la forte hausse du prix de pétrole dans les marchés financiers islamiques.

2- Importance de la finance participative dans le contexte économique actuel


La crise économique qui a suivi celle des subprimes est sans doute la plus profonde que le
monde de la finance internationale a connu ces dernières années.
Pour remédier à cette situations, les autorités monétaires et les gouvernements ont pris un
certains nombre de mesures,
En 2009, le Vatican a déclaré que les banques devraient s’inspirer du modèle de la finance
islamique pour restaurer la confiance chez leurs clients en ces temps de crise économique
mondiale.
C’est dans l'optique de cette vision que la finance islamique se positionne et s’impose du fait
du caractère fondamentalement moral des principes qu’elle impose à l’économie et à la
finance.
3- Les principes de la finance participative
Dans un système financier islamique, les banques islamiques accomplissent les mêmes
fonctions essentielles que dans le système bancaire classique, mais elles sont contraintes
d’entreprendre leurs transactions conformément aux règles de la loi islamique. Par ailleurs, le
système financier islamique repose sur les cinq piliers suivants : l'interdiction de l'intérêt,
l'interdiction de l'incertitude, l'interdiction des secteurs illicites dits Haram, le partage des
profits et des pertes et l’existence d'un actif sous-jacent.
II- La finance islamique au Maroc
1- Etat des lieux
Attendu depuis près de 30 ans par une large catégorie de clients et épargnants potentiels, Le
comité des établissements de crédit relevant de Bank Al-Maghrib a émis, en date du 2 janvier
2017, un avis favorable aux demandes formulées par les principaux groupes bancaires de la
place. Il s’agit, entre autres, de BMCE Bank of Africa, Crédit Agricole du Maroc, CIH Bank,
Attijariwafa Bank et la Banque centrale populaire.
Ainsi, tout juste après son approbation, Umnia Bank a démarré son activité. Le lundi 22 mai
marque le lancement de la première banque participative marocaine.
De ce fait, on peut dire que la finance participative entame un chapitre plus concret. L’élan
donné aux établissements bancaires marocains confirme pleinement leur aptitude à créer de
nouveaux produits adaptés aux différents besoins de la population marocaine.
2- L’impact potentiel des banques participatives sur l’économie marocaine
Le lancement des produits de la finance participative permet de compléter et de renforcer
l’offre du secteur bancaire marocain et de l’ouvrir sur de nouvelles capacités de financement.
Il consolidera notamment l’attractivité du Maroc comme plateforme financière africaine de
premier plan.
D’un autre côté, la finance participative favorisera indéniablement la dimension sociale chez
les entreprises, et plus particulièrement chez les banques. L’aspect social est présent dans
l’esprit de cette industrie, qui compte parmi ses principes, le financement de l’économie
réelle ou l’interdiction de la spéculation, entre autres
Autre avantage est l’inclusion financière du fait que l’avènement de la finance participative
permettra non seulement d’augmenter le taux de bancarisation global, mais également de
bonifier le taux d’équipement pour ceux qui sont déjà bancarisés mais désirent s’orienter vers
des instruments participatifs.
Ainsi, la finance participative offrira dans ce sens des instruments qui répondront mieux aux
attentes des personnes qui n’épargnent pas à travers le circuit bancaire, ce qui conduira à une
augmentation du taux d’épargne

Conclusion
Des crédits "halal" et des comptes conformes à la loi islamique : les autorités marocaines ont
donné leur feu vert aux banques islamiques, dites "participatives", pour un démarrage effectif
de leurs activités. En effet, cela permettra à l’économie nationale de diversifier ses sources de
financement en attirant les capitaux étrangers et notamment ceux des pays du golfe arabique.
De plus, le lancement de ce pan de la finance permettra d’élargir davantage la mobilisation de
l’épargne et constituera également un facteur déterminant au profit de l’amélioration de
l’inclusion financière.
Il s’avère donc que la finance participative permet de répondre aux besoins financiers des
acteurs économiques exclus du marchéé bancaire, ou ceux qui n’apprécient pas les produits et
les services offerts par les banques classiques. C’est un enrichissement de l’économie par
l’augmentation du taux de bancarisation des citoyens et la croissance des projets des
entreprises plus spécialement celles de petite et moyenne dimension (PME) qui trouvent des
entraves à l’accès au financement par les banques conventionnelles.