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Revue de la Fondation Emir Abdelkader Numéro spécial – Mai 2013. Edité à l’occasion du
Revue de la Fondation Emir Abdelkader Numéro spécial – Mai 2013. Edité à l’occasion du
Revue de la Fondation Emir Abdelkader Numéro spécial – Mai 2013. Edité à l’occasion du
Revue de la Fondation Emir Abdelkader Numéro spécial – Mai 2013. Edité à l’occasion du

Revue de la Fondation Emir Abdelkader Numéro spécial – Mai 2013. Edité à l’occasion du Colloque international « L’Emir Abdelkader et le droit humanitaire international » placé sous le haut patronage de Son Excellence, Monsieur Abdelaziz Bouteflika, Président de la République.

Sommaire

Du mardi 28 au jeudi 30 mai 2013. Cercle national de l’Armée de Beni-Messous, Alger.

2

Editorial : un être entier voué à tous les êtres Par Mohamed Boutaleb, Président de la Fondation Emir Abdelkader.

5

Lettre du Ministre de la Justice Par Mohamed Charfi, Ministre de la Culture.

6

Lettre du représentant du CICR Par Bruce Lorenz Biber, Délégué à Alger.

8

Lettre du Croissant Rouge Algérien Par Dr. Hadj Hamou Benzeguir, Président du Croissant Rouge Algérien

9

Lettre de la Commission Nationale du Droit International Humanitaire Par Dr. Nacreddine Marouk, Membre de la C.N.D.I.H

10

Présentation du Colloque Par Zohour Boutaleb, présidente de la rencontre.

Document

12

Message de M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République. Siège des Nations-Unies, Genève, avril 2006.

14

Le Colloque Organisation, partenaires, comité scientifique.

eclairages

16

L’Emir Abdelkader, un homme fascinant Texte de Mahmoud-Agha Bouayed.

22

Eléments de la pensée humaniste de l’Emir Abdelkader Par le Professeur Abdelkader Sahraoui.

e

xemples

28

En Algérie déjà… Quelques récits rapportés par Charles-Henry Churchill.

32

L’épisode de Damas Quelques correspondances de l’Emir Abdelkader.

38

L’interview imaginaire A la rencontre de l’Emir Abdelkader Par Mohamed Abdelmajid Ben Ahmed.

ÉDitorial

ÉDitorial ÉDitorial Un être entier voUÉ à toUS leS êtreS mohamed Boutaleb Président de la Fondation
ÉDitorial ÉDitorial Un être entier voUÉ à toUS leS êtreS mohamed Boutaleb Président de la Fondation
ÉDitorial ÉDitorial Un être entier voUÉ à toUS leS êtreS mohamed Boutaleb Président de la Fondation
ÉDitorial ÉDitorial Un être entier voUÉ à toUS leS êtreS mohamed Boutaleb Président de la Fondation
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ÉDitorial ÉDitorial Un être entier voUÉ à toUS leS êtreS mohamed Boutaleb Président de la Fondation
ÉDitorial ÉDitorial Un être entier voUÉ à toUS leS êtreS mohamed Boutaleb Président de la Fondation
ÉDitorial ÉDitorial Un être entier voUÉ à toUS leS êtreS mohamed Boutaleb Président de la Fondation

ÉDitorial

Un être entier voUÉ à toUS leS êtreS

mohamed Boutaleb

Président de la Fondation emir abdelkader

mohamed Boutaleb Président de la Fondation emir abdelkader o n a coutume de présenter l’Emir Abdelkader

o n a coutume de présenter l’Emir Abdelkader à travers les différents statuts et talents que ce personnage exceptionnel a développés : le grand

résistant, l’homme d’Etat, le stra- tège militaire mais aussi le guerrier, l’humaniste, le poète, le juriste, l’écrivain, le mystique… On oublie souvent, cepen- dant, de souligner que ces qualités étaient indissociables en lui et que, non seulement, chacune d’elle était reliée aux autres mais que, de plus, elles « communiquaient » entre elles et se justifiaient et s’enrichissaient mutuellement.

A la faveur de ce colloque sur l’Emir Abdelka-

der et le droit international humanitaire,

il nous est possible encore de vérifier et

de mettre en valeur le caractère de cette multiplicité doublée d’une unicité.

Durant toute sa vie, cet homme de foi, de pensée et d’action s’est distingué par une extraordinaire avancée en matière de respect de la personne humaine et, ce, autant en Algérie qu’à l’étranger et quelles que soient les circonstances. Faisant preuve d’une constance remarquable sur

ce point, Il a été un précurseur des « droits de l’humanité » qu’il énonce d’ailleurs pré- cisément, et en ces termes, dans une lettre

à l’Emir Chamyl.

Mais, au-delà de cette énonciation, c’est dans les faits qu’il a prouvé sa conscience élevée et son observance rigoureuse de ces

sa conscience élevée et son observance rigoureuse de ces droits, à une époque où ceux-ci demeuraient

droits, à une époque où ceux-ci demeuraient embryonnaires dans le reste du monde

de la République Monsieur Abdelaziz Bouteflika, en partenariat avec le Comité International de la Croix Rouge et le sou- tien significatif et précieux du Ministère de la Justice de même que celui du numéro spécial de la revue « Itinéraires » de la Fondation Emir Abdelkader qui paraît à cette occasion.

En récapitulant ces faits, en les soumettant à l’analyse des historiens, des juristes et des divers spécialistes du droit international humanitaire, nous souhaitons également montrer que la position de l’Emir Abdelka- der dans ce domaine était liée à l’ensemble des qualités que nous citions.

C’est en tant que général d’une guerre de résistance, très attaché à ses hommes, qu’il avait le souci des droits des prisonniers, ne souhaitant pas infliger à ses ennemis capturés ce qu’il n’aurait jamais admis pour ses soldats détenus par l’armée française.

il a défendu les droits humains parce qu’il

et, le plus souvent bafoués, y compris par des nations qui se réclamaient d’un haut niveau de civilisation.

N’a-t-il pas mis en œuvre, de son propre chef, et environ un siècle avant la Conven- tion de Genève de 1929, des dispositions relatives aux prisonniers de guerre que l’on peut qualifier d’avancées : défense du principe d’échange des prisonniers, prise en charge totale de ces derniers, respect de leurs personnes, sollicitation du clergé pour déléguer un aumônier auprès d’eux afin qu’ils puissent exercer pleinement leur religion, etc.

Tant d’autres exemples peuvent être cités du souci qu’il avait de la personne humaine et des droits qui lui sont rattachés et qui n’étaient pas alors reconnus, du moins avec la clarté, la portée et le sens qu’ils ont pris actuelle- ment. L’épisode de Damas est sans doute le plus connu. Alors qu’il se trouvait en exil, il réussit à sauver plus de dix mille chrétiens d’un massacre aussi certain qu’injuste. Cet acte de justice et de bravoure a, cependant, contribué, par son importance, à occulter d’autres faits par lesquels l’Emir Abdelka- der s’était illustré en défendant les droits humains et que la Fondation s’applique à faire connaître et reconnaître.

C’est là l’objectif principal de ce colloque organisé sous le parrainage du Président

les savait être une motivation essentielle de l’adhésion du peuple à ce dessein.

C’est enfin en tant qu’homme de foi, pénétré par sa démarche spirituelle, qu’il appelait et veillait au respect des Gens du Livre, énoncé par le Saint Coran, et à celui des droits humains dans leur ensemble, convaincu que la justice humaine, capable d’erreur par rapport au Jugement dernier, devait s’entourer de toutes les précautions et réserves dans ses verdicts.

Aussi, peut-on affirmer qu’en matière du droit international humanitaire, comme en d’autres domaines, l’Emir Abdelkader puisait ses inspirations et ses décisions dans l’ensemble des éléments de sa personna- lité. Il ne dissociait pas en lui le profane et le religieux, le civil et le militaire, le penseur et le poète. C’est en cela que l’on peut constater qu’il fut un être entier, avec tout ce que cela peut signifier d’hauteur de vue et de droiture.

C’est aussi en tant qu’humaniste et poète qu’il envisageait l’être humain dans sa plénitude d’émotions et de sentiments, soumis aux influences de la nature, de la vie et de ses semblables.

C’est encore en tant que législateur, édic- tant des lois civiles et militaires, qu’il s’est attaché aux principes d’équité et de justice, recherchant les vertus de l’équilibre et de l’impartialité. Fondateur de l’Etat moderne algérien, qu’il envisageait avec grandeur,

 
algérien, qu’il envisageait avec grandeur,   I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial ,
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I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial , l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international

grandeur,   I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial , l’emir aBDelkaDer et le
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ÉDitorial

ÉDitorial I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial , l’emir aBDelkaDer et le Droit
ÉDitorial I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial , l’emir aBDelkaDer et le Droit
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I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial , l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international

, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international lettre DU miniStre De la JUStiCe mohamed Charfi
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lettre DU miniStre

De la JUStiCe

mohamed Charfi

ministre de la Justice, Garde des Sceaux

«

Parler de l’Emir Abdelkader, n’est-

ce-pas, d’abord, interpeller l’Histoire ? L’Histoire dans sa complexité fac- tuelle, ses tragédies, ses bonds, ses rebonds et même ses rebondissements ? Or, cela demande des qualités d’his-

torien que je n’ai pas.

Parler de l’Emir Abdelkader, n’est-ce-pas, ensuite, oser une immersion dans les abysses des rapports antagoniques qui sous tendent la gouvernance des Etats et leurs rapports avec les autres Etats ? Or, cela demande, entre autres, des qualités de sociologue, de politologue, de diplomate, que le juriste ne revendique pas.

Parler de l’Emir Abdelkader, n’est-ce-pas, enfin, parler de ce souverain des temps modernes, enfanté par cette Algérie fière, austère et résistante éternelle à toutes les agressions. Ce souverain dont le nom est gravé, pour toujours, dans l’esprit de notre peuple et s’incruste dans notre mémoire comme un repère lumineux et un défi permanent à ceux qui ont cru pouvoir la scotomiser.

J’ai dit enfin ! ? Peut-on dire enfin lorsque l’on égrène les facettes innombrables de la dimension de ce grand homme ? Certes non.

innombrables de la dimension de ce grand homme ? Certes non. Mais puisque la cosmogonie renferme

Mais puisque la cosmogonie renferme le paradoxe de promouvoir le parcellaire pour l’explorer, demandons, alors, par- don à l’Emir Abdelkader d’aller vers lui, aujourd’hui, pour une visite limitée en son for de précurseur du droit international humanitaire ».

vers lui, aujourd’hui, pour une visite limitée en son for de précurseur du droit international humanitaire
vers lui, aujourd’hui, pour une visite limitée en son for de précurseur du droit international humanitaire
vers lui, aujourd’hui, pour une visite limitée en son for de précurseur du droit international humanitaire
vers lui, aujourd’hui, pour une visite limitée en son for de précurseur du droit international humanitaire

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lettre DU rePrÉSentant DU C. i .C. r .

lettre DU rePrÉSentant DU C. i .C. r . lettre DU rePrÉSentant DU C.i.C.r . Bruce
lettre DU rePrÉSentant DU C. i .C. r . lettre DU rePrÉSentant DU C.i.C.r . Bruce
lettre DU rePrÉSentant DU C. i .C. r . lettre DU rePrÉSentant DU C.i.C.r . Bruce
lettre DU rePrÉSentant DU C. i .C. r . lettre DU rePrÉSentant DU C.i.C.r . Bruce

lettre DU rePrÉSentant

DU C.i.C.r .

Bruce lorenz Biber

Délégué du Comité international de la Croix rouge en algérie

« Le souci généreux, la tendre sympathie, témoignés par Abd El-Kader à ses prisonniers, sont presque sans parallèle dans les annales de la guerre. La barbarie reculait devant lui, la charité se faisait jour, l’humanité triomphait ».

« Les femmes de Castiglione, voyant que je ne fais aucune distinction de nationalité, suivent mon exemple en témoignant la même bienveillance à tous ces hommes d’origines si diverses, et qui leur sont tous également étrangers. Tutti fratelli, répétaient-elles avec émotion ».

Colonel Churchill, 1867

Henry Dunant, 1862

également étrangers. Tutti fratelli, répétaient-elles avec émotion ». Colonel Churchill, 1867 Henry Dunant, 1862
également étrangers. Tutti fratelli, répétaient-elles avec émotion ». Colonel Churchill, 1867 Henry Dunant, 1862
». Colonel Churchill, 1867 Henry Dunant, 1862 I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial
». Colonel Churchill, 1867 Henry Dunant, 1862 I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial
». Colonel Churchill, 1867 Henry Dunant, 1862 I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial
». Colonel Churchill, 1867 Henry Dunant, 1862 I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial

I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial , l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international

, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international i l y a 150 ans, deux hommes
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i

l y a 150 ans, deux hommes - l’Emir Abdelkader, algérien et musulman, et Henry Dunant, suisse et chrétien – partageait une même idée qui, si elle n’était pas absolument inédite, n’en était pas moins révolutionnaire: tout soldat hors d’état de combattre, qu’il soit prisonnier ou blessé, devait être épargné, soigné et protégé sans discrimination.

Cette idée constituera le principe directeur du Droit International Humanitaire, qui est la distinction en situation de conflit armé entre «combattant» et «non-comba- tant». Elle s’oppose à la logique anéantis- sante de la guerre, en limite les horreurs et désamorce ainsi la haine entre les forces en présence, au nom d’une logique contraire d’une seule fraternité humaine.

Il y a 150 ans, le Mouvement de la Croix- Rouge et du Croissant-Rouge est né pour atténuer les souffrances et faire respecter la personne humaine. Or aujourd’hui encore, les «non-combattants» – blessés, prisonniers, civils – sont trop souvent négligés, mal- traités, tués. Les conflits armés en Afgha- nistan, en Syrie, et au Mali en témoignent.

Notre colloque «Emir Abdelkader et le Droit International Humanitaire» se veut rassembleur autour de l’idée incarnée par l’Emir Abdelkader et fondatrice de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Il tend à approfondir les connaissances histo-

riques mais aussi à éveiller les consciences au sort des victimes des conflits armés et aux moyens de mieux les protéger, à travers notamment un renforcement du Droit International Humanitaire.

L’inspiration pour notre colloque viendra de l’Emir Abdelkader lui-même, à l’instar du message adressé à son ami genevois Charles Eynard: «Aussi petit que je sois, je possède néanmoins un grand zèle et un haut degré de tolérance, qui m’amène à avoir de la considération pour tous les hommes, sans aucune distinction de religion ou de croyances».

m’amène à avoir de la considération pour tous les hommes, sans aucune distinction de religion ou
m’amène à avoir de la considération pour tous les hommes, sans aucune distinction de religion ou
m’amène à avoir de la considération pour tous les hommes, sans aucune distinction de religion ou
m’amène à avoir de la considération pour tous les hommes, sans aucune distinction de religion ou

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lettre DU CroiSSant roUGe alGÉrien

lettre DU CroiSSant roUGe alGÉrien lettre DU C roi SS ant ro UG e al GÉ
lettre DU CroiSSant roUGe alGÉrien lettre DU C roi SS ant ro UG e al GÉ
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lettre DU CroiSSant roUGe alGÉrien lettre DU C roi SS ant ro UG e al GÉ

lettre

DU C roi SS ant ro UG e al GÉ rien

Dr. hadj hamou Benzeguir

Président du Croissant rouge algérien

l

e colloque international sur « L’Emir

Abdelkader et le Droit International Humanitaire », organisé sous le haut

patronage de Son Excellence le Président de la République, Monsieur Abdelaziz Bouteflika, est une initiative louable

à plus d’un titre, par sa thématique

d’abord et par le fait qu’elle coïncide, en ce cinquantenaire de l’Indépendance de

l’Algérie, avec plusieurs autres symboles :

le 130 e anniversaire de la mort de l’Emir

Abdelkader, précurseur du Droit Interna- tional Humanitaire et fondateur de l’Etat algérien moderne, le 150 e anniversaire de la naissance du Comité International de la Croix-Rouge, promoteur et leader dans la diffusion du Droit International Humanitaire, mandaté par la communauté internationale pour veiller à son respect par les parties en conflit et, enfin, le 50 e

anniversaire de la reconnaissance du Croissant-Rouge algérien par le Comité International de la Croix-Rouge. Cela est à porter à l’actif des organisateurs qui méritent toutes nos félicitations.

des organisateurs qui méritent toutes nos félicitations. Les sept règles fondamentales du Droit Inter- national

Les sept règles fondamentales du Droit Inter- national Humanitaire applicables dans les conflits armés, ainsi que les trois principes qui régissent la conduite des batailles, se retrouvent dans la conduite des conflits armés menés par l’Emir Abdelkader ainsi que dans ses décrets, correspondances et instructions et, ce, plus de deux décennies avant la première convention de Genève.

A ces titres, force est de reconnaitre que

l’Emir Abdelkader est bien le précurseur du Droit International Humanitaire.

Le Croissant-Rouge Algérien a, entre autres

missions humanitaires, de faire connaitre

et diffuser le Droit International Huma- nitaire, au même titre que les 187 autres Sociétés nationales de la Croix-Rouge et de Croissant-Rouge des Etats parties aux conventions de Genève, se sent investi du statut singulier d’héritier de L’Emir Abdelkader et du devoir de le faire connaitre et reconnaitre en tant que précurseur du Droit International Humanitaire. Le CRA s’y emploie, à chaque fois que l’occasion est offerte, particulièrement au sein du Mou- vement international de la Croix-Rouge et de Croissant-Rouge et ce, d’autant plus que l’Algérie bénéficie d’une relation particulière avec le DIH pour être le seul et unique pays au monde a avoir adhéré aux conventions de Genève le 20 juin 1960, avant même d’avoir retrouvé son indépendance.

Reconnu pour sa magnanimité, par la quasi- totalité des tètes couronnées de l’Europe et les chefs d’Etat des pays considérés parmi les plus puissants de la deuxième moitié du XIX e siècle, pour avoir sauvé en 1860, à Damas, plus de 12.000 chrétiens et juifs d’une mort certaine, l’Emir Abdelkader reste à faire découvrir et reconnaitre uni- versellement comme précurseur du DIH et défenseur du dialogue interreligieux.

Ce colloque international qui ne manquera certainement pas de mettre en évidence certaines facettes, encore méconnues, de l’Emir Abdelkader, chef de guerre et farouche opposant à l’invasion de l’armée française en Algérie, qui a de sa propre initiative et sans attendre ni exiger de réciprocité, a respecté et veillé au respect de la vie et de la dignité des hommes et femmes sans tenir compte de leurs uni- formes ou religions.

femmes sans tenir compte de leurs uni- formes ou religions. I t I néra I reS
femmes sans tenir compte de leurs uni- formes ou religions. I t I néra I reS
femmes sans tenir compte de leurs uni- formes ou religions. I t I néra I reS
femmes sans tenir compte de leurs uni- formes ou religions. I t I néra I reS

I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial , l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international

, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international lettre De la C ommi SS ion nationale
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lettre De la C ommi SS ion nationale

DU D roit international h U manitaire

Docteur nacreddine marouk*

m embre de la Commission nationale du Droit international humanitaire

l

’organisation de ce colloque interna- tional portant sur « l’EDH » coïncidant avec la commémoration du cinquan- tenaire de l’indépendance consacre cet enracinement des principes et

valeurs humains dans notre société et ce, à travers ères les plus lointaines. Cet évènement intervient également à un moment où la Commission National du Droit Internationale Humanitaire célèbre son cinquième anniversaire. Cette commission créée par son excellence Mr le ¨Président de la République Abdelaziz

Bouteflika en vertu du décret présidentiel daté du 04/06/2008, sous la présidence de son excellence Mr le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux et dont les membres ont été élus sur décision rendue par le Ministre de la Justice, Président de la Commission, datée du 03/09/2005 pour une durée de trois années, et par la suite ces membres ont été réélus en vertu d’une décision du Ministre de la Justice, Président de la Commission datée du 20/10/2011, pour une autre période de trois années.La commission est composée de 24 membres, 19 représentent les différents ministères, (05) représentant les différentes instances concernées par le Droit International Humanitaire, ceci étant, la commission se charge dans le cadre de l’accomplissement

de ses missions de :

- Proposer la ratification des conventions

et des traités internationaux relatifs au Droit international humanitaire.

- Organiser des rencontres, des séminaires,

des conférences et des colloques en rap- port au Droit international humanitaire. - Proposer les mesures nécessaires à l’adaptation du Droit National aux normes

nécessaires à l’adaptation du Droit National aux normes * Magistrat au grade de Président de Section

* Magistrat au grade de Président de Section à la Cour Suprême. Actuellement Chargé d’Etudes

et de synthèse au Ministère de la Just ice, Exper t rég iona l

e n D roit I nte r n at ion a l Humanitaire. Représentant du Ministère de la Justice.

du Droit international humanitaire.

- Mener toutes les études et les opérations de

contrôle et d’évaluation qui lui sont néces-

saires pour l’accomplissement de ses missions.

- Promouvoir la coopération et l’échange d’ex- périences avec les organisations régionales

et internationales activant dans ce domaine.

- Echanger les informations sur le Droit

international humanitaire avec les com- missions nationales des autres pays.

Parmi les missions dévolues à la Com- mission Nationale du Droit International Humanitaire est de veiller à la diffusion et à la vulgarisation des règles de Droit International à grande échelle et à toutes les catégories de la société, et parmi les objectifs de diffusion des règles de Droit International Humanitaire figure la redynamisation du patrimoine nationale algérien dans ce domaine.Et la résistance de l’Emir Abdelkader aux armées de l’occu- pation et son engagement et son respect des règles de conduite des opérations de guerre et le traitement humain qu’il avait vis-à-vis des prisonniers et ceci avant l’avè- nement des traités internationaux relatifs au Droit Internationale Humanitaire, fait de lui un précurseur de ce droit dans le monde moderne.L’application parmi l’Emir Abdelkader des règles de Droit Internatio- nal Humanitaire avant l’avènement des traités internationaux montre au monde la noblesse, la valeur et l’humanité du peuple algérien et l’émancipation de ses idées à un moment où nombre de peuples du monde étaient loin d’être qualifiés de la sorte et n’appliquaient guère les règles de Droit International Humanitaire.

loin d’être qualifiés de la sorte et n’appliquaient guère les règles de Droit International Humanitaire. 1
loin d’être qualifiés de la sorte et n’appliquaient guère les règles de Droit International Humanitaire. 1
loin d’être qualifiés de la sorte et n’appliquaient guère les règles de Droit International Humanitaire. 1
loin d’être qualifiés de la sorte et n’appliquaient guère les règles de Droit International Humanitaire. 1

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PrÉSentation

PrÉSentation PrÉSentation DU ColloQUe mme Zhour Boutaleb Présidente du colloque C ‘est avec émotion particulière
PrÉSentation PrÉSentation DU ColloQUe mme Zhour Boutaleb Présidente du colloque C ‘est avec émotion particulière
PrÉSentation PrÉSentation DU ColloQUe mme Zhour Boutaleb Présidente du colloque C ‘est avec émotion particulière
PrÉSentation PrÉSentation DU ColloQUe mme Zhour Boutaleb Présidente du colloque C ‘est avec émotion particulière

PrÉSentation

DU ColloQUe

mme Zhour Boutaleb

Présidente du colloque

DU ColloQUe mme Zhour Boutaleb Présidente du colloque C ‘est avec émotion particulière que je m’adresse

C ‘est avec émotion particulière que je m’adresse aux invités à ce colloque consacré à «l’Émir Abdelkader et le droit humanitaire». Cette rencontre

organisé à l’occasion de la 130ème commémoration de la mort de l’Émir, du 50ème anniversaire de l’indépendance de notre pays et du 150ème anniver- saire de la création du CICR, est pour nous une occasion pour saluer l’idéal humanitaire incarné par le fondateur de l’État moderne algérien durant son combat contre l’invasion coloniale et même durant son exil à Damas.

l’invasion coloniale et même durant son exil à Damas. Dans un monde où la violence armée

Dans un monde où la violence armée atteint des proportions qui sont parfois la négation même de toute norme, cette rencontre n’a d’autre ambition que de rap- peler que le droit humanitaire moderne trouve aussi ses racines dans le riche patrimoine de l’Islam.

La volonté de l’Émir Abdelkader de protéger et de respecter les victimes appartenant au camp ennemi a guidé par la suite notre mouvement de libération national.

Ainsi, dès 1956, le FLN s’est engagé à appliquer les Conventions de Genève à tous les prisonniers de guerre français pris par l’Armée de Libération Nationale.

En souhaitant d’ores et déjà plein succès aux travaux de ce colloque, je voudrais dire que nous sommes redevables à tous ceux qui nous ont encouragés pour le mettre en œuvre.

Qu’ils trouvent ici l’expression de notre pleine gratitude. Nous devons rendre hom- mage, particulièrement, à Son Excellence Monsieur Abdelaziz Bouteflika, Président de la République, d’avoir accepté que ce colloque soit organisé sous son égide.

Nos vifs remerciements vont également aux Ministères de la Justice, de la Défense Nationale et de la Culture.

de la Justice, de la Défense Nationale et de la Culture. I t I néra I
de la Justice, de la Défense Nationale et de la Culture. I t I néra I
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I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial , l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international

DoCUment

me SSaGe De Son e XCellenCe , monSieUr aBDela ZiZ BoU teFlika , PrÉSiDent De la rÉPUBliQUe , à GenÈ ve , 2006

me SSaGe De m. aBDela ZiZ B oU teFlika PrÉSiDent De la rÉPUBliQUe

De m. aBDela ZiZ B oU teFlika PrÉSiDent De la rÉPUBliQUe meSSaGe De m. aBDela ZiZ
De m. aBDela ZiZ B oU teFlika PrÉSiDent De la rÉPUBliQUe meSSaGe De m. aBDela ZiZ
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meSSaGe De m. aBDela ZiZ BoUteFlika

PrÉSiDent De la rÉPUBliQUe

Conférence / e xposition sur l’Émir abdelkader

« Précurseur du droit humanitaire, chantre du dialogue inter-religieux» Siège des nations-Unies, Genève, 2 avril 2006

Siège des nations-Unies, Genève, 2 avril 2006 e xcellences, Mesdames, Messieurs, La tenue, ce jour, au

e xcellences, Mesdames, Messieurs, La tenue, ce jour, au siège des Nations Unies à Genève d’une Conférence sur la vie et l’œuvre de l’Emir Abdelkader

est chargée de signification dans le contexte international actuel. J’ai grand plaisir à tirer avantage de cette opportunité pour saluer, une fois de plus, la mémoire de l’homme d’Etat, de l’huma- niste, du Chef religieux, du penseur qu’il a été, tout au long de sa vie, et jusqu’aux derniers instants de son exil forcé.

Cette Conférence est en soi un hommage fort éloquent rendu à un homme d’excep- tion, pétri des vertus de la sagesse et de la tolérance, doté d’une rare capacité d’écoute empreinte d’une grande humilité et servi par une formidable force de caractère, toutes qualités qu’il a puisées dans le Saint Coran et dans le vécu quotidien de son peuple pour les mettre au service de son pays et de l’humanité.

Digne fils d’une Algérie rebelle à l’oc- cupation étrangère, stratège militaire émérite, il a fait preuve de lucidité et de réalisme, fédérant la résistance populaire et s’imposant à l’envahisseur colonial, tant par l’art de la guérilla que par celui de la négociation, excellant sur les deux plans avec une remarquable aisance et une extraordinaire efficacité.

La restauration de l’Etat algérien que l’Emir Abdelkader a entreprise à travers le combat

pour la préservation de la souveraineté du peuple algérien lui a conféré sa stature d’homme d’Etat et de partenaire à la fois craint et respecté par ses ennemis.

préfigurait les dispositions normatives que l’évolution des esprits a permis de consacrer et de codifier en tant que droit humanitaire international contemporain.

de compréhension entre religions, cultures et civilisations.

Plus qu’une évocation élogieuse de pages glorieuses de l’histoire de l’Algérie, plus qu’une commémoration nostalgique de comportements frappés du sceau de la bravoure et de l’humanisme, cette ren- contre symbolique de Genève est surtout dédiée à l’avenir : elle indique un horizon de délivrance des méfaits que l’homme inflige à son prochain et à la nature.

Plusieurs de ceux qui l’ont eu, en face d’eux, comme combattant ou négociateur, ont pu témoigner de son courage, de sa droiture, de sa sagacité et de son intelligence, comme de sa maîtrise des affaires de la cité et de son inclination naturelle à favoriser le dialogue entre les adeptes de différentes croyances religieuses.

La protection spontanée qu’il a assurée, dans sa terre d’asile, à des milliers de Chrétiens et de Juifs d’Orient face à des foules bigotes, participe de la conception élevée qu’il a toujours eue de la dignité et de la valeur de la personne humaine, en tous lieux et en toutes circonstances, sans discrimination aucune.

L’Emir Abdelkader, qui a fondé l’Etat algérien moderne, est une personnalité qui a rayonné au XIXème siècle, mais il reste, sans conteste, une personnalité de tous les siècles, une légende vivante pour des générations d’Algériens.

L’histoire de l’Algérie porte l’empreinte indélébile de la personnalité et de l’œuvre de l’Emir Abdelkader et c’est un honneur pour nous Algériens que l’un des plus illustres de ses enfants soit associé à un citoyen distingué de la Cité de Calvin, Henri Dunant, porteur lui-même d’une part d’Algérianité, et fondateur de la Croix- Rouge, dans la célébration des apports les plus marquants à l’humanisation des conflits armés par le respect scrupuleux de la vie, de l’intégrité et de la dignité humaines.

En ces temps tourmentés marqués par des accès d’intolérance et des réflexes dange- reux de repli sur soi, le message de l’Emir Abdelkader est plus pertinent que jamais :

Je vous remercie pour une initiative si opportune et vous souhaite tout le succès que méritent vos efforts pour stimuler un sursaut salutaire pour une humanité plus pacifique et plus conviviale.

Sa force morale et spirituelle a largement contribué à faire de lui un homme accompli, un prédicateur d’une grande ouverture d’esprit, un dirigeant dévoué aux humbles et aux démunis, un ascète offrant la sim- plicité et l’exemplarité de sa vie en gage de la pureté et de la légitimité de la cause sacrée de la liberté dont il est devenu, pour toujours, une figure emblématique parmi toutes celles dont l’héritage a pleinement gagné une double appartenance à l’uni- versalité et à la postérité.

Le traitement décent que l’Emir Abdelka- der réservait aux prisonniers de guerre

c’est une invitation pressante à transcender les clivages et à vaincre l’indifférence et l’ignorance pour aller ensemble vers plus de fraternité humaine à travers davantage

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C olloQUe « l’Émir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international »

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ColloQUe « l’Émir aBDelkaDer

et le Droit hUmanitaire

international »

Cercle national de l’armée, Beni-messous, alger

Du mardi 28 au jeudi 30 mai 2013

Beni-messous, alger Du mardi 28 au jeudi 30 mai 2013 orGaniSation Fondation Emir Abdelkader 6, rue

orGaniSation

Fondation Emir Abdelkader 6, rue Yahia Belhayet Hydra, Alger, 16035 Tél/Fax : 00-213-21.69.49.06

M. Mohamed Boutaleb, Président de la Fondation.

Partenaire S

Commission nationale des droits inter- nationaux (CNDIH)

M. Mohamed Charfi, Ministre de la Justice,

Garde des Sceaux et Secrétaire général du CNDIH.

Comité international

de la Croix-Rouge (CICR)et Secrétaire général du CNDIH. Comité international M. Bruce Lorenz Bider, Délégué à Alger Avec la

M. Bruce Lorenz Bider, Délégué à Alger

(CICR) M. Bruce Lorenz Bider, Délégué à Alger Avec la participation du Croissant Rouge Algérien Dr.

Avec la participation du Croissant Rouge Algérien

Dr. Hadj Hamou Benzeguir

aveC le SoU tien De

Ministère de la Défense Nationale Ministère de la Communication Ministère de la Culture Ministère de l’Education Nationale Ambassade de Suisse en Algérie Wilaya de Mascara Cercle Militaire de Dely-Brahim Palais de la Culture Algérie Presse Service (APS) Banque El Baraka Nedjma

Comite D’orGaniSation

Pour la Fondation Emir Abdelkader :

Mme Zohour Boutaleb, présidente du colloque, Mlle Shanez Kechroud. Pour le Ministère de la Justice :

M.

Nacerdine Marouk,

M.

Salah Maamir.

Pour le CICR :

M.

Bruce Lorenz Bider

Mlle Lynda Bouali

Comite SCientiFiQUe

Pour la Fondation Emir Abdelkader :

Pr.

Mohamed Benredouane

M.

Bachir Taouti

Pour le CICR :

M.

Mohamed Benahmed Mohamed

M.

Zidane Meriboute

M. Mohamed Benahmed Mohamed M. Zidane Meriboute I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial
M. Mohamed Benahmed Mohamed M. Zidane Meriboute I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial
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ÉClairaGeS

l’Émir aBDelkaDer

Un homme FaSCinant

mahmoud-agha Bouayed (1928-2006)

ancien Directeur de la Bibliothèque nationale ancien Conseiller à la Présidence de la république

ancien Conseiller à la Présidence de la république D ans la masse de documents consa- crés
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ancien Conseiller à la Présidence de la république D ans la masse de documents consa- crés

D

ans la masse de documents consa- crés à l’homme qui a personnifié pendant quinze ans l’opiniâtre

résistance du peuple algérien à l’invasion française, ensuite à certaines épisodes de sa vie jusqu’à sa mort, seuls des passages d’écrits européens, allemands, anglais et notamment français concernent l’homme Abdelkader. Des renseignements relatifs au physique du chef de la résistance et dernier souverain algérien, à ses qualités morales ou enfin à sa vie privée sont rares, sinon inexistants dans tous les documents algériens ou maghrébins.

Mohammed, le fils du sultan1 dans son livre Touhfat az-Za’ir, tout comme son cousin Hossayn, auteur d’une Histoire d’El-Hadj Abdelkader dont nous ne connaissons mal- heureusement que la traduction française, ont négligé de nous décrire la vie de l’Emir. Dans la biographie encore manuscrite du sultan écrite par son cousin et beau-frère Moustafa Ben Thami, les renseignements ne concernent guère que le chef d’Etat, le chef de guerre et le diplomate. Point de renseignements se rapportant à l’homme.

Aussi, c’est à des peintres et des témoi- gnages de civils ou de militaires étran- gers, la plupart de nationalité française contemporains de l’Emir, que nous avons recours pour tracer le portrait physique du dernier souverain algérien et décrire son comportement envers les hommes.

L’étranger qui l’a approché le plus long- temps reste ce grand aventurier que fut l’interprète Léon Roches. Si le chercheur doit utiliser avec beaucoup de précautions et, disons-le, de méfiance ses « Trente-deux ans à travers l’islam » qu’un historien a qua- lifié de « séduisant tissu de mensonges », il n’y a pas lieu de rejeter les passages de ses mémoires relatifs aux années passées dans l’intimité de l’Emir, dont il a été secrétaire particulier après avoir simulé à Alger une conversion à l’islam. Malgré le peu de souci de l’exactitude de son auteur, l’ouvrage de Léon Roches reste un document essentiel sur la vie de l’Emir.

Daumas, consul de France à Mascara auprès du Sultan après le Traité de la Tafna (1837-1839), fut un autre témoin de cette période. S’il n’approcha pas beaucoup Abdelkader à Mascara, il observa avec sagacité le comportement de la population et de l’entourage du souverain. Il connaî- tra le Roi plus intimement par la suite, pendant son emprisonnement, ensuite par correspondance.

Le troisième témoin à qui nous empruntons quelques détails sur la vie de l’Emir est le jeune interprète Toustain du Manoir, qui accompagna en 1841 un prêtre chargé de négocier avec le souverain la libération de prisonniers français.

C’est en relatant la première entrevue avec l’Emir au camp d’Aïn Chellala que Léon Roches nous décrit son futur maître : « Au milieu du camp s’élève une tente immense, une foule épaisse en obstrue toujours l’entrée :

c’est la tente du Sultan.Ainsi qu’on m’en avait prévenu, il occupait seul le fond de la tente en face de l’entrée ; je m’avançai lentement vers

lui, les yeux baissés, je m’agenouillai et lui pris la main pour la baiser ainsi que c’est l’usage

; il me l’abandonna et après cette formalité je

levai mes regards sur lui. Je crus rêver quand je vis, fixés sur moi ses yeux bleus, bordés de longs cils noirs brillants de cette humidité qui donne, en même temps, au regard tant d’éclat et de douceur. Il remarqua l’impression qu’il venait de produire sur moi ; il en parut flatté et me fit signe de m’accroupir devant lui. Je l’examinai alors avec attention. Son teint blanc a une pâleur mate ; son front est large et élevé. Des sourcils noirs, fins et bien arqués surmontent les grands yeux bleus qui m’ont fasciné. Son nez est fin et légèrement aquilin, ses lèvres minces sans être pincées, sa barbe noire et soyeuse encadre légèrement l’ovale de sa figure expressive. Un petit tatouage entre les deux sourcils fait ressortir la pureté de son front, sa main maigre et petite est remarqua-

blement blanche, des veines bleues la sillonnent

; ses doigts longs et effilés sont terminés par

des ongles rosés parfaitement taillés ; son pied, sur lequel il appuie presque toujours une de ses mains ne lui cède ni en blancheur ni en distinction. Sa taille n’excède pas cinq pieds

1- L’Emir Abdelkader était appelé soultân ou amir ou amir al-mou’ minîn. Dans le texte, nous avons indifféremment employé les mots Roi, Sultan, Emir:

ou amir ou amir al-mou’ minîn. Dans le texte, nous avons indifféremment employé les mots Roi,
ou amir ou amir al-mou’ minîn. Dans le texte, nous avons indifféremment employé les mots Roi,
ou amir ou amir al-mou’ minîn. Dans le texte, nous avons indifféremment employé les mots Roi,
ou amir ou amir al-mou’ minîn. Dans le texte, nous avons indifféremment employé les mots Roi,

l’Émir aBDelkaDer Un homme Fa SCinant

l’Émir aBDelkaDer Un homme Fa SCinant et quelques lignes (1,70 environ) mais son sys- tème musculaire
l’Émir aBDelkaDer Un homme Fa SCinant et quelques lignes (1,70 environ) mais son sys- tème musculaire
l’Émir aBDelkaDer Un homme Fa SCinant et quelques lignes (1,70 environ) mais son sys- tème musculaire
l’Émir aBDelkaDer Un homme Fa SCinant et quelques lignes (1,70 environ) mais son sys- tème musculaire

et quelques lignes (1,70 environ) mais son sys- tème musculaire indique une grande vigueur. Quelques tours d’une petite corde en poils de chameau fixent autour de sa tête un haïk de laine fine et blanche ; une chemise en coton et par-dessus une chemise en laine de même couleur, le haïk qui, après avoir fait le tour de la tête, enveloppe le corps et un burnous blanc recouvert d’un burnous brun, voilà tout son costume. Il tient toujours un petit chapelet noir dans sa main droite. Il l’égrène avec rapidité et lorsqu’il écoute, sa bouche prononce encore la parole consacrée à ce genre de prière. Si un artiste voulait peindre un de ces moines inspirés du Moyen-Âge, il ne pourrait, il me semble, choisir un plus beau modèle. Un mélange d’énergie guerrière et d’ascétisme répand sur sa physionomie un charme indéfinissable. Je fus surpris de sa voix saccadée pour ainsi dire sépulcrale. Elle sied mal à sa figure ; sa parole est brève et rapide ; il conserve l’accent et emploie l’idiome des provinces de l’Ouest ».

Toustain du Manoir nous a laissé lui aussi une description détaillée de sa première entrevue avec l’Emir :

« Il est accroupi sur une natte à l’ombre d’un petit figuier. Il est appuyé sur un coffret en bois commun, semblable à ceux que l’on voit chez tous les marchands maures d’Alger. Voilà tout ; de tente, de tapis, de coussins, il n’y en a pas. L’Emir nous fait apporter une petite natte semblable à la sienne et nous invite par un geste à y prendre place, je puis alors l’examiner à mon aise. C’est un homme de taille moyenne et qui a bonne tournure. Son teint est blanc, un peu pâle. Sa barbe noire assez bien fournie mais courte. Son front est découvert et un peu bombé. Les yeux d’un gris-vert extrêmement clair. Il a le nez aquilin, fort bien fait et une jolie bouche. En somme sa figure est agréable et prévient en sa faveur. Sa santé que l’on dit altérée paraît être en bon état, je ne lui trouve pas l’air mystique qu’on lui prête. Sa mise est simple : des haïks, un burnous et pour tout ornement un chapelet grossier. Ses manières sont agréables, il nous parle avec beaucoup de politesse. Abdelkader affecte d’éviter des airs de grandeur que sa position lui permettrait de prendre. On trouve effectivement de la simplicité dans la forme de ses discours. »

Le même Toustain du Manoir remarqua que l’Emir « n’a point de gardes auprès de lui, point de poste, un seul chaouch de service se tient à petite distance ».

A propos de la vie simple et même austère

du Sultan, le consul Daumas constata que l’Emir « pour prouver qu’il n’emploie l’argent des contributions qu’à se mettre un jour en état de lutter avec les chrétiens (rappelons que Daumas était à Mascara après le traité de la Tafna et avant la violation de cet accord par

les Français en 1839), laisse presque sa famille dans la misère et, dernièrement, a fait vendre publiquement tous les bijoux de sa femme dont le produit a été versé dans le trésor public ».

Le même Daumas, qui fût chargé à une époque de la garde du Roi pendant sa capti- vité en France, relate qu’il trouva l’illustre prisonnier sans feu par un jour glacial d’hiver au château d’Amboise où il était enfermé avec sa famille et sa suite. Quand

il lui fit la remarque, le Roi lui répondit

doucement : « Mon bois est épuisé de puis hier, et je n’ai pas voulu en demander à ceux de mes compagnons qui en ont encore. Pauvres gens ! au lieu de leur prendre, je voudrais toujours

leur donner ». L’Emir se sentant en quelque sorte responsable de l’emprisonnement de ceux qui ont choisi de lier leur destinée à la sienne a eu toujours une grande com- passion pour ses compagnons.

- « Tu ne ressembles guère, dit Daumas, à

certains de tes chefs qui, de tous temps,

se sont appliqués à ruiner les populations.

- Si je leur avais ressemblé, les Arabes

auraient-ils soutenu la lutte comme il l’ont fait et tout sacrifié pour me suivre ? »

C’est par une anecdote qui rehaussa encore dans son esprit, dit Léon Roches, le carac- tère personnel du souverain que l’auteur des 32 ans à travers l’islam nous dépeint la vie austère et simple de l’Emir :

« Nous devions encore rester quelques

jours à Tagdemt lorsqu’un courrier vint annoncer à Abdelkader que sa mère Lalla Zohra était dangereusement malade. Sans hésiter, il annonce son départ. Il adore sa

malade. Sans hésiter, il annonce son départ. Il adore sa I t I néra I reS
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I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial , l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international

, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international mère. “Je ne force personne à me suivre”,
, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international mère. “Je ne force personne à me suivre”,
, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international mère. “Je ne force personne à me suivre”,
, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international mère. “Je ne force personne à me suivre”,

mère. “Je ne force personne à me suivre”, dit-il mais tout son entourage se prépare

à l’accompagner. Nous montons à cheval

à trois heures de l’après-midi ; il tombe

encore de la neige, et le froid est intense. L’adham (le cheval noir) de l’Emir se met à l’amble et l’escorte, composée de soixante cavaliers environ, le suit avec peine. Rien n’arrête Abdelkader qui à chaque ins- tant s’écrie : Oh ! Seigneur, permettez que

j’arrive pour recevoir la bénédiction de votre servante. Nous rencontrons des malheureux Arabes prêts à mourir de froid ; l’Emir ôte un de ses burnous et le jette à l’un d’eux. Nous sommes forcés de faire une halte de deux heures à Teniet-el-Had, halte que l’Emir consacre à la prière. Nous remontons

à cheval, et le lendemain à huit heures

nous arrivons devant la Smala où nous apprenons que Lalla Zohra est hors de danger ; nous avions parcouru 150 kilo- mètres en quinze heures. Des soixante cavaliers qui composaient l’escorte, onze étaient arrivés en même temps que l’Emir ; j’étais heureusement de ce nombre, je dis heureusement car j’assistai à une scène qui rehaussa encore dans mon esprit le caractère personnel d’Abdelkader. Il allait mettre pied à terre quand il vit s’approcher sa femme, vêtue d’un riche caftan et aper- çut dans l’intérieur de la tente des tapis de Smyrne, des matelas et des coussins recouverts d’étoffes en brocard et en soie. Il retourna la tête de son cheval et dit :

Cette femme n’est point ma femme ! Cette tente n’est point ma tente ! Ma femme ne revêt que les étoffes qu’elle a tissées avec la laine de mes moutons, et mon père et moi n’avons jamais reposé sur du velours et de la soie. A peine avait-il achevé que caftan, tapis et coussins avaient fait place au costume de laine, aux coussins en peau de gazelle et aux nattes de Mascara ».

Il n’est pas sûr que cette scène se soit déroulée comme le relate Léon Roches. II l’a certainement enjolivée à son habitude, mais il y a tout lieu d’admettre qu’elle eut lieu.

L’Emir était aussi un vrai croyant. Les témoignages de tous ses contemporains sont

qu’elle eut lieu. L’Emir était aussi un vrai croyant. Les témoignages de tous ses contemporains sont
qu’elle eut lieu. L’Emir était aussi un vrai croyant. Les témoignages de tous ses contemporains sont
qu’elle eut lieu. L’Emir était aussi un vrai croyant. Les témoignages de tous ses contemporains sont
qu’elle eut lieu. L’Emir était aussi un vrai croyant. Les témoignages de tous ses contemporains sont
qu’elle eut lieu. L’Emir était aussi un vrai croyant. Les témoignages de tous ses contemporains sont

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l’Émir aBDelkaDer Un homme Fa SCinant

l’Émir aBDelkaDer Un homme Fa SCinant unanimes. De tous ses actes journaliers, de sa correspondance parvenue
l’Émir aBDelkaDer Un homme Fa SCinant unanimes. De tous ses actes journaliers, de sa correspondance parvenue
l’Émir aBDelkaDer Un homme Fa SCinant unanimes. De tous ses actes journaliers, de sa correspondance parvenue
l’Émir aBDelkaDer Un homme Fa SCinant unanimes. De tous ses actes journaliers, de sa correspondance parvenue

unanimes. De tous ses actes journaliers, de sa correspondance parvenue jusqu’à nous, transpire son profond attachement aux principes islamiques. Ses pires adversaires, qu’ils soient de l’intérieur ou de l’extérieur, n’ont jamais contesté cette qualité à celui que M. Chérif Sahli a appelé Le Chevalier de la Foi.

Cette piété, Léon Roches eut l’occasion d’en constater bien des manifestations ; mais elle lui apparut plus particulière- ment une nuit où, après une dangereuse reconnaissance au siège d’Aïn-Madhi, il était venu se reposer, épuisé et fiévreux, dans la tente de l’Emir. On sent, dans sa description, l’admiration qu’il éprouvait

pour son chef : « Il était debout, écrit-il, à trois pas de moi ; il me croyait endormi. Ses deux bras dressés à hauteur de sa tête relevaient de chaque côté son burnous et son haïk d’un blanc laiteux qui retombaient en plis superbes. Ses beaux yeux bleus, bordés de cils noirs, étaient relevés, ses lèvres légèrement entrouvertes semblaient encore réciter une prière et pourtant elles étaient immobiles ; il était arrivé à un état extatique. Ses aspirations vers le ciel étaient telles qu’il semblait ne plus toucher à terre. Admis quelquefois à l’honneur de coucher dans la tente d’Abdelkader, je l’avais vu en prières et j’avais été frappé de ses élans mystiques, mais cette nuit il me représentait l’image la

plus saisissante de la foi

»

Cependant, le « Chevalier de la Foi » n’était pas un fanatique. Toustain du Manoir raconte que « sur la demande que lui fait l’évêque (venu négocier la libération des prison- niers avec l’ Emir) d’autoriser un ecclésiastique

à se rendre et à rester auprès des prisonniers

que le sort des armes a fait tomber entre ses mains, il répond qu’ il souscrit de grand cœur

à ce désir. « Je suis sûr d’être agréable au Dieu Tout-Puissant, notre souverain maître, dit-il, en contribuant à rendre quelques-unes de ses créatures à sa religion, car chacun suit celle de ses pères et l’homme vertueux est toujours chéri d’Allah. »

Et puis il y eut cette noble et généreuse attitude lors des émeutes de Damas en 1860. Le dépit compréhensible à la suite de son

échec dans son pays, les persécutions dont était l’objet depuis de nombreuses années son peuple qu’il a tant aimé, souvent avec la complicité ou, du moins, le mutisme de l’Eglise, ne l’empêchèrent pas de braver la colère de la population de Damas pour sauver des milliers de chrétiens.

C’est par un récit sans fard que son fils Mohammed décrit dans sa Touhfat az-Zair tout le rôle joué pendant ces journées tragiques par l’Emir aidé des Maghrébins de la ville.

Cette grandeur d’âme valut à l’Emir de multiples témoignages de reconnaissance et d’admiration. De nombreux chefs d’Etat, à la tête desquels ceux de la Turquie, de Russie et de France, rendirent hommage à l’ancien souverain d’Algérie en lui confé- rant des décorations.

Mais cette générosité n’était pas nouvelle. En Algérie, Léon Roches rapporte comment le Sultan s’est laissé un jour attendrir par des enfants demandant la grâce de leurs parents qui allaient être exécutés parce qu’ils avaient pactisé avec l’ennemi. Aupa- ravant, « l’Emir, dit son secrétaire, était méconnaissable, ses traits ordinairement doux s’étaient contractés, ses lèvres étaient livides ; il releva ses yeux, l’expression en était effrayante. Une exécution allait avoir lieu lorsqu’une petite troupe d’enfants se précipita dans la tente où se tenait l’Emir. « Les uns se jetèrent entre le condamné et les exécuteurs et les autres vinrent se prosterner devant l’Emir ; une petite fille surtout, belle comme un ange, s’était emparée de ses mains qu’elle baisait et arrosait de ses larmes.

« Au nom de ta mère, de la mémoire de ton père, au nom de tes enfants, au nom de Dieu ; pardonne à mon père ! » criait-elle de sa voix si douce qu’elle pénétrait l’âme ; la pauvre enfant, inspirée de Dieu sans doute, avait oublié toute crainte ; elle était presque sur le sein de l’Emir et ses petits bras s’enrou- laient autour de son cou.

et ses petits bras s’enrou- laient autour de son cou. I t I néra I reS
et ses petits bras s’enrou- laient autour de son cou. I t I néra I reS
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I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial , l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international

, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international « Cette scène attendrissante avait changé l’attitude de
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« Cette scène attendrissante avait changé l’attitude de l’assemblée. Les yeux, naguère injectés de sang, étaient remplis de larmes ; la physionomie du Sultan redevint aussitôt donc ascétique, il baisa le front de l’enfant et à un signe de sa main, les quinze prisonniers furent emmenés. »

Mais ce Roi noble et magnanime était intraitable quand il s’agissait des intérêts vitaux de son peuple et de son pays. Il mit toute sa foi, son génie d’homme d’Etat, de chef militaire et de diplomate à défendre pendant quinze ans l’honneur de son pays et son droit à la liberté et la dignité, et c’est avec autorité et ténacité qu’il prit entre ses mains la destinée de son peuple et conduisît sa longue et héroïque résistance.

Il montra le jour même où il fut élu chef de la résistance et roi du pays par les tribus qu’il serait implacable. Daumas relate que le vieux Mahieddine demanda à son fils, en présence de tous les chefs de tribus, s’il se sentait la force de gouverner les Arabes et comment il rendrait justice s’il devenait Sultan.

Conscient de la détresse de son peuple laissé sans chef depuis la disparition du pouvoir central à Alger, en juillet 1830, et menacé par l’invasion des Français qui s’étaient déjà emparés de la capitale et de plusieurs autres villes de la côte, conscient aussi de la lourde responsabilité que lui confiait son peuple, le jeune sultan répondit à son père qu’il sera sévère, mais juste et qu’il gouvernera les populations avec la justice dans une main et la force dans l’autre.

Daumas relatant un événement analogue au cours duquel le Roi montra sa fermeté et son autorité conclut ainsi sa relation : « Quelques homes capables sentirent, dès ce jour, que les tribus avaient un maître. »

D’autres témoins autres que les Dau- mas, Roches et Toustain de Manoir ont remarqué la volonté de caractère du Roi, son énergie dans l’action, sa constance dans les efforts, sa fermeté, sa vie sans

cérémonie, la simplicité de sa mise et ont été frappés par son sens de l’humain et son esprit créateur et organisateur. « Au milieu des préoccupations de la guerre, constate l’un d’eux, Noël Manucci, qui a vécu dans l’entourage du souverain pendant deux ans, il a fondé des villes, créé un système de gouvernement, établi des lois, ramené à l’unité des peuplades éparses. »

Les revers, la capitulation, l’indignation provoquée par le parjure des gouvernants français qui n’ont pas respecté les clauses de la capitulation, la tristesse infligée par la vue de sa vieille mère, de ses autres proches et de tous ses fidèles compagnons enfermés derrière les barreaux d’une prison ont ravivé la tendance à la méditation et au mysticisme, mais n’ont point altéré les qualités essentielles de cet homme fascinant. Hippolyte Langlois, ancien prisonnier de l’armée algérienne, revit en 1852 le Roi à son passage à Paris, lorsque Napoléon III décida enfin de remplir les engagements de la France en libérant l’illustre prison- nier. « C’était toujours le même homme, dit Langlois dans ses Souvenirs d’un prisonnier d’Abdelkader avec sa figure grave, son regard inspiré, sa parole rare, son geste prophétique, semblant vivre dans un monde surnaturel bien au-dessus du vulgaire. »

sa parole rare, son geste prophétique, semblant vivre dans un monde surnaturel bien au-dessus du vulgaire.
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elÉmentS De la PenSÉe hUmaniSte

De l’Émir aBDelkaDer

Pr. abdelkader Sahraoui

Professeur à l’Université de toulouse et chercheur au Cnr S.

à l’Université de toulouse et chercheur au Cnr S. C ette présentation a pour objectif de
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C

ette présentation a pour objectif de porter un regard sur la pensée humaniste par les événements et les défis auxquels l’Emir Abd-EI-Kader

a été confronté. Rarement on a vu autant d’éléments de cette pensée en un seul personnage. Cette présentation est structurée en trois grandes parties :

Résistance et défaite de l’humanisme fran- çais ; Résistance et humanisme ; Lumière et humanisme.

Avant d’aborder le sujet, commençons par expliquer ce qu’est l’humanisme. Le type de réponse que l’on aura de cette question dépend de quel type d’humaniste on est ! Le mot « humanisme » a plusieurs significations ; souvent les auteurs et conférenciers ne clarifient pas quelle signification ils utilisent; et pour ceux qui veulent expliquer l’humanisme cela peut facilement prêter à confusion. Cependant, on a la chance que chaque signification du mot constitue un type d’humanisme. Résumons ces quelques types à travers des variétés d’humanisme par l’adjectif approprié : humanisme littéraire, huma- nisme de renaissance, humanisme culturel, humanisme philosophique, humanisme moderne, humanisme séculaire, huma- nisme religieux.

Depuis le XIXe siècle, le terme « humanisme » désigne « le mouvement de rénovation des lettres et de la pensée s’appuyant sur l’étude des textes antiques qui se dessina dès le XIIle en Italie et qui s’épanouit jusqu’au XVle siècle dans l’ensemble de l’Europe de la Renaissance». ( )

Oui, le message d’Abd-EI-Kader est tou- jours vivant; on peut combattre l’injustice partout, quelle que soit la religion ou la culture de l’adversaire. Rappelons que les indigènes ont été nombreux comme soldats et victimes pendant la guerre contre les nazis; le message d’Abd-EI-Kader se perpétue; le combat n’était pas contre une race, ni une religion mais contre toute idéologie, action ou mouvement prônant la supériorité d’hommes sur d’autres, une idéologie qui prône la domination. Ceci n’est pas toujours compris à ce jour, car

la guerre d’indépendance n’a pas été ou très peu soutenue par des institutions occidentales dites humanistes.

Si l’humanisme français a survécu, c’est parce qu’il a toujours trouvé ses tests sévères en Algérie dans la lutte de libération, allant de l’Emir Abd-EI-Kader jusqu’à l’insurrec- tion de Novembre 1954. Mettre au défi une nation, dite humaniste, par un peuple qui soulève ce miroir à son intention pour qu’elle se regarde : celle ci a préféré casser le miroir mais pas la volonté d’un peuple. Ç’était le double symbole qu’on garde de l’Emir; la résistance à l’injustice est un des éléments de la pensée humaniste d’Abd- EI-Kader. La résistance à l’occupation est l’une des facettes les plus commentées et avancées dans notre éducation. Cette résistance n’était pas uniquement liée à une occupation mais visait surtout à asseoir les bases d’une société juste.

Il faut connaître le contexte de l’époque. Mostefa Lacheraf défiait « quiconque a eu l’occasion de lire l’Algérie à travers les récits de guerre et les mémoires des généraux de la conquête, de rester insensible ou de ressentir seulement de l’accablement ou du désespoir devant ce qui fut plus qu’un drame : une tra- gédie inhumaine ». La contradiction entre l’humanisme et l’impérialisme a atteint son apogée en Algérie. L’Algérie a été occupée en 1830 avec un coût humain important: la population d’Alger a été réduite de moitié.

De nombreux ouvrages et déclarations tiennent à présenter Abd-EI-Kader comme l’ami de la France: « Car après avoir résisté, il put reconnaître le rôle dominant et de colo- nisation de l’Algérie ». Non! Abd-EI-Kader n’était pas l’ami de la France, mais Abd- EI-Kader était l’ami de l’humanité, il n’a jamais nié son opposition aux injustices et plus particulièrement ceux qui nient le droit naturel. Sa rupture avec la franc- maçonnerie française en est un symbole.

Ce travail, « Les éléments de la pensée huma- niste de l’Emir », a été initié dans le but de cerner la contribution de l’Emir dans le

de la pensée huma- niste de l’Emir » , a été initié dans le but de
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elÉment S De la PenSÉe hUmaniS te De l’Émir aBDelkaDer

elÉment S De la PenSÉe hUmaniS te De l’Émir aBDelkaDer domaine de l’art, de la culture,
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elÉment S De la PenSÉe hUmaniS te De l’Émir aBDelkaDer domaine de l’art, de la culture,

domaine de l’art, de la culture, de la poli- tique, de la philosophie et à la résistance. Chaque partie constitue un élément de cette pensée. Quelle est la valeur de la personne humaine à l’heure actuelle? Comment enseigner l’esprit de résistance, plutôt que le respect des logiques de puissance et l’acceptation des schémas dominés-dominants ?

La résistance guerrière à l’occupant n’était pas la seule résistance de l’Emir. Les généraux français avaient un objectif: une guerre sans pitié; ils n’ont jamais tenu compte des concepts de l’émir, ni de ses projets, ni même de ses actions. Une anecdote racontée par Paul Azan : Abd-EI-Kader fit une remarque piquante en 1865 à Paris, lorsqu’il visita le palais de Versailles où il y avait un tableau représentant une défaite de ses troupes ; Abd-EI-Kader réagit:

« Pourquoi, demanda-t-il, n’avez vous pas peint des combats où les vôtres battent en retraite? ». Ces combats étaient généralement relatés avec sobriété dans les bulletins. Les généraux, non seulement n’ont pas évoqué la déportation de tous les Algériens, mais ils ont essayé d’obtenir l’arrêt de la résistance en «achetant» des fatwa des oulémas de la Mecque et de Kairouan. On voit ceux qui s’opposent à l’Islam mais qui s’en servent en le montrant comme un Islam obscurantiste et de compromission. Abd-EI- Kader défendait un autre Islam: l’Islam de l’humanité, l’Islam des lumières, l’Islam de la justice. Dans son livre, « Briser les chaînes de l’esprit », Edward Saïd, par humanisme, pense d’abord à la volonté qui poussait William Blake à briser les chaînes de notre esprit afin d’utiliser celui-ci à une réflexion historique et raisonnée.

L’humanisme est également entretenu par un sentiment de communauté avec d’autres chercheurs, d’autres sociétés et d’autres époques: il n’existe pas d’huma- niste à l’écart du monde. Chaque domaine est lié à tous les autres, et rien de ce qui se passe dans le monde ne saurait rester isolé et pur de toute influence extérieure. Nous devons traiter de l’injustice et de la souffrance, mais dans un contexte large- ment inscrit dans l’histoire, la culture et

la réalité socio-économique. Notre rôle est d’élargir le champ du débat. On découvre plus tard André Malraux s’exprimant dans ses lettres de Tokyo: « La plus grande découverte de notre siècle dans le domaine de la pensée et de la culture est la découverte de l’existence de plusieurs civilisations et non d’une. C’est seulement au moment où nous avons réalisé cette découverte que nous avons saisi la naissance de la civilisation universelle. Jusqu’à la réalisation de cette découverte, il était admis que les civilisations, en dehors de la nôtre, étaient des civilisations ennemies et celles antérieures, considérées comme primitives ».

L’exemple le plus admirable, est l’intérêt de Goethe pour l’Islam et, en particulier, pour le poète Hafiz. Cette passion dévo- rante l’amènera à écrire le « West-ostlicher Diwan » et influencera ses idées sur la Weltliteratur (littérature du monde), l’étude de toutes les littératures du monde comme une symphonie totale que l’on pourrait comprendre théoriquement comme pré- servant l’individualité de chaque œuvre sans pour autant perdre de vue l’ensemble.

Dans la revue maçonnique suisse, on trouvait : « En un temps où l’intolérance, l’aveuglement, la haine, la bêtise dressent des êtres humains les uns contre les autres; en un temps où les visages et les frontières se ferment, où nous assistons à des épurations ethniques, où «Ahmed m’a tuer», j’ai estimé que nous aurions tous à apprendre de ce pont jeté entre l’Orient et l’Occident que représente Abd-EI-Kader, «Commandeur des croyants». Son message n’est adressé ni à l’Algérie, ni aux musulmans, mais à tous les hommes, ô vous, frères humains ».

L’homme était humain avec ses proches. Voici le portrait moral de l’émir fait par son secrétaire Si Kaddour Ben Rouïla : « El Hadj Abd-EI-Kader n’aime pas le monde, il s’en éloigne le plus qu’il lui est permis de le faire; il était toujours simplement vêtu; il se lève la nuit pour recommander son âme et l’âme de ses serviteurs au Tout Puissant. Il craint Dieu; il est poli avec tout le monde; il n’aime pas faire le grand avec les esclaves de Dieu; il est noble et il ne veut pas le faire paraître ».

Dieu; il est noble et il ne veut pas le faire paraître » . I t
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I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial , l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international

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Abd-EI-Kader tenait à conserver les poètes de son côté; il n’était pas fanatique mais pieux. Dans « Les considérations philoso- phiques, religieuses et historiques » (Abd-EI- Kader, 1855), il parlait des vertus humaines. L’esprit est l’une de ces quatre facultés dont l’harmonie constitue la perfection de 1’homme et qui sont la prudence, la justice, le courage et la tempérance. Abd-EI-Kader disait de la justice que c’était « cet état de l’âme dans lequel on domine la colère, la passion; on se calme et l’on se retient suivant les inspirations et la prudence ». Abd-EI-Kader définissait le cou- rage comme « l’impétuosité, l’élan de la faculté irascible soumise à l’esprit ». L’harmonie de ces facultés produit un ensemble parfait.

Si certains auteurs ont perçu un nationa- lisme sans faille qui touche à l’intolérance, il faut dire que c’est en tant que résistant qu’Abd-EI-Kader a pris les armes et en construisant un Etat. Il n’y avait aucune animosité vis à vis des autres religions. l disait d’ailleurs: « La plus noble des sciences utiles c’est la connaissance du Très Haut, de la sagesse, de ses œuvres, de sa Création des cieux et de la terre; cette connaissance ne s’acquiert pas par les sens mais seulement par l’esprit ». Il ajoutait : « Si les musulmans et les chrétiens m’écoutaient, je ferai cesser leurs antagonismes et ils deviendraient frères à l’extérieur et à l’intérieur ». Cette ouverture d’esprit allait de pair avec sa résistance de l’esprit et des idées conçues; on remarque qu’il a beaucoup contribué à la composition des ouvrages qui dans certaines traditions islamiques du passé n’était pas bien vus. En traitant de la compo- sition des ouvrages, Abd-EI-Kader blâme le dédain que témoignent certains hommes à l’égard des travaux scientifiques des contem- porains : « N’est t-il pas absurde de dédaigner les livres des véritables savants, parce qu’ils sont nouveaux ? Le mépris ne vient que de la jalousie. Que Dieu bénisse le poète qui a dit :

« Dis à celui qui considère ses contemporains/ Comme du néant/ Et donne la prééminence/ Aux anciens: /Cet Ancien a été un Moderne/ En son temps/ Et ce Moderne/ Deviendra un jour ancien ».

Le progrès de l’humanité, la perfectibilité de l’homme, sont des mots qui se trouvent

souvent sous la plume d’Abd-EI-Kader. il

a toujours vu l’humanisme dans tout ce

qu’il entreprenait, amélioré l’humanité,

des ténèbres vers la lumière. L’allusion

à la lumière a été toujours commentée,

particulièrement dans la célèbre sourate de « En Nur » (La Lumière) : « Allah est la Lumière des cieux et de la terre. Sa lumière est semblable à une niche dans laquelle se trouve une lampe. La lampe est dans un verre. Le verre est comme un astre resplendissant. Elle tire sa flamme d’un arbre béni, un olivier qui n’est ni d’orient ni d’occident. Peu s’en faut que son huile n’illumine sans même que la touche le feu. Lumière sur lumière ! Allah guide vers Sa lumière qui Il veut. Allah fait des symboles pour les hommes et Allah connait toutes choses ».

L’Emir Abd-El-Kader a commenté cette sourate dans Kitab El Mawaqif (Le livre des Haltes). Il nous a enseigné que, sous le rapport de Son nom «En-Nu ‘r (La lumière), Allah - à savoir le Nom qui totalise tous les Noms - est la Lumière des cieux et de la terre, c’est-à-dire leur être même, que c’est par Lui qu’ils subsistent et par Lui qu’ils sont manifestés. En effet, c’est par la lumière qu’apparaît ce qui était celé dans les Ténèbres du néant. N’eût été Sa lumière, aucune chose ne serait perçue et il n’y aurait aucune différence entre une ombre et celui qui la projette. La lumière est la cause (sabab) de la manifestation des créatures- parmi lesquelles la terre et les cieux- ainsi qu’il en va dans le monde physique, où l’obscurité de la nuit rend les choses comme inexistantes par rapport aux observateurs jusqu’au moment où l’apparition de la lumière entraîne celle des choses et les distingue les unes des autres; et cela au point qu’un des philosophes a dit que « les couleurs étaient inexistantes dans l’obscurité et que la clarté était une condition sine qua non de leur existence ». Si Dieu a privilégié les cieux et la terre d’une mention dans ce verset, c’est parce que les cieux sont le lieu symbolique des purs esprits (ruhaniyyat) et la terre celui des êtres dotés d’un corps. Les uns et les autres sont illuminés par une unique Lumière, sans que pour autant elle se sépare, se divise ou se partage. La Lumière absolue ne peut pas davantage être perçue que l’Obscurité absolue. La lumière a donc brillé sur l’obscurité, de

ne peut pas davantage être perçue que l’Obscurité absolue. La lumière a donc brillé sur l’obscurité,
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elÉment S De la PenSÉe hUmaniS te De l’Émir aBDelkaDer

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telle sorte que cette dernière soit perçue par la lumière, et celle-ci par elle.

Sur la science et la recherche du savoir, Abd-EI-Kader prend des position très tranchées : « Les hommes se divisent en deux classes : ceux qui se sont adonnés aux sciences et qui ont brillé pour la variété de leurs connaissances (ce sont les créatures élues de Dieu) et ceux qui ne méritent pas qu’on en parle ». Par cette recherche de la lumière, la connaissance va pousser

Abd-EI-Kader à voir l’exil comme un devoir. Ceci a été très bien commenté par Michel Chodkiewcz en notant que le mot « Hijra » n’apparaît qu’une seul fois dans le Coran (Sourate 4, Verset 100 : « Celui qui sort de sa maison vers Dieu et que la mort l’attends, Dieu est Clément et Miséricordieux »). Claudette Dupraz mentionne les « miroirs et reflets de l’existence », métaphores des miroirs pour évoquer les théophanies.

Du symbole du miroir, on revient au sym- bolisme et à la franc-maçonnerie. Parmi les nombreuses marques de reconnais- sance qui parviennent à l’Emir des quatre coins du monde lors des évènements de Syrie, figure celle de la maçonnerie et plus particulièrement de la loge Henri IV, appartenant à l’obédience du « Grand Orient de France ». Cette évocation est souvent interprétée négativement, niée même. Son éloignement de la franc- maçonnerie institutionnelle est dû au fait qu’aux environs de cette époque, il y avait un changement sur l’abandon de la référence religieuse au grand architecte de l’univers dans cette obédience.

Il faut dire que la perspective doctrinale de l’émir, issue de la spiritualité islamique s’oppose radicalement à la vision profane et laïque de la Maçonnerie que l’émir rangeait dans la catégorie des naturalistes (Tabi’iyyun) et existentialistes (Dahriyun) bien connue des théologiens musulmans. Le but de l’émir, depuis le début, était de les ramener sur la voie de Dieu. Mais quand il a perdu espoir de les sauver d’eux- mêmes, il a cessé tout contact. Il a signifié

sa rupture définitive au « Grand Orient de France » en 1865, après avoir étudié de plus près les fondements intellectuels de la Maçonnerie, beaucoup plus propices à la déviation qu’au ressourcement. On pense qu’Abd-EI-Kader n’était pas informé de l’appartenance de Général Bugeaud à la Franc-Maçonnerie, ce général qui, à son retour en Algérie, en 1841, a appliqué la

politique de la terre brûlée : razzias, incendies, attaques surprises par des corps d’armée qui

quadrillent le territoire

l’Emir sont rasées ou saccagées, les tribus insoumises châtiées, il n’a jamais fait respecté le traité signé avec Abd-El-Kader. Il n’en demeure pas moins qu’il y a de très célèbres maçons, tel Mozart; il faut aussi citer quelques humanistes et résistants : Georges Washington, Benjamin Franklin, Abraham Lincoln, Salvador Allende, Voltaire, Lafayette, Frederik II, l’un des rares souverains qui entretenait de bonnes relations avec la Turquie ottomane avec une ouverture vers la culture musulmane. Ce souverain allemand n’ a-t-il pas été subjugué par la sou- rate du Coran: « On a fait de l’eau toute chose vivante ». Pour marquer ce témoignage, la centrale de pompage de l’eau pour son palais à Potsdam a été construite en se basant sur l’architecture d’une mosquée. Ce lieu est maintenu pour les visites tou- ristiques dans le centre-ville de Potsdam.

Les places fortes de

Abd-EI-Kader a partagé certaines valeurs et les a aussi pratiquées et c’est là la diffé- rence avec d’autres penseurs. L’émir Abd- EI-Kader a une influence qui dépasse le cadre-même du monde Arabo-Musulman et l’on espère que sa pensée sera connue et contribuera à changer le monde actuel. Enfin et surtout, l’humanisme est notre seul, même notre dernier rempart contre les pratiques inhumaines et les injustices qui défigurent l’histoire de l’humanité. Abd- EI-Kader a su allier le combat humaniste L’Emir Abdelkader n’avait pas attendu d’être à Damas pour mettre en œuvre ses principes humanitaires.

à Damas pour mettre en œuvre ses principes humanitaires. I t I néra I reS —
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e XemPleS

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en alGÉrie DÉJà … en alGÉrie DÉJà … Quelques récits rapportés par Charles-h enry Churchill  
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Quelques récits rapportés

par Charles-h enry Churchill

 

l ’Emir Abdelkader n’avait pas attendu d’être à Damas pour mettre en œuvre ses principes humanitaires. C’est en Algérie, durant la résistance à l’agres- sion coloniale, qu’il avait commencé à

les pratiquer. Mais c’est à Damas qu’il en fit le récit à Charles-Henry Churchill, devenu son confident et biographe, qui publiera en 1867, à Londres, « La vie de Abd- El-Kader » 1 . Ce fameux ouvrage de l’ancien colonel britannique regorge de récits, dont plusieurs sont relatifs au droit humanitaire. Nous vous proposons ci-après la lecture de quelques uns, instructifs à maints égards.

Il convient, cependant, de souligner que Churchill, qui avait reçu ses informations essentiellement de la bouche-même de l’Emir, les a rédigées à sa manière et selon sa vision. Si les faits bruts peuvent être attestés, ayant été corroborés par d’autres sources, les interprétations et commen- taires de l’auteur laissent transparaître sa méconnaissance de l’Islam, bien qu’il passait alors, en Europe, pour un spécialiste, attribuant par exemple à Ali le statut de beau-frère du Prophète Mohammed (Que le Salut soit sur lui)… Mais, ce faisant, le biographe indique bien que l’Emir fondait son humanisme de l’Islam.

De même, quand il utilise, à propos des Algériens, l’expression « les sauvages tribus », il cède à ses préjugés européocentristes et, peut-être aussi, à son désir de sublimer l’Emir Abdelkader en le distinguant davan- tage des siens. Dans son ouvrage, Churchill ne souligne pas assez le caractère barbare de l’agression coloniale contre l’Algérie qui a vu des généraux français réclamer à leurs soldats des bains de sang, des têtes ou des

oreilles coupées, etc. En revanche, il décrit de manière claire l’attitude humanitaire et noble de l’Emir Abdelkader à l’égard des pri- sonniers, fournissant des exemples édifiants qui pourraient étonner de nos jours encore.

Il évoque aussi, sans la souligner, l’attitude démocratique du personnage quand il affirme, à propos de l’édit national sur le traitement des prisonniers que « la pro- position du Sultan reçut l’approbation de la majorité du conseil », composé de 300 de ses officiers et responsables. Ce décret, dont il reprend le texte, vient confirmer encore que l’Emir fut un précurseur du droit humanitaire international et notamment de la Convention de Genève.

En relatant l’attention généreuse que la mère de l’Emir accordait aux femmes prisonnières dont elle avait la charge, Churchill nous laisse imaginer aussi l’éducation que le grand personnage avait reçue dans son enfance et son adolescence et de laquelle il puisait ses principes.

Il faut enfin considérer que le biographe anglais qui se réclamait d’une amitié sin- cère avec l’Emir pour lequel il ne cachait pas son immense admiration, se devait de ne pas trop froisser la France car, même si l’Angleterre avait soutenu la résistance algérienne, c’était de manière discrète et donc limitée, dans le cadre de la rivalité coloniale des grandes puissances. Chur- chill souligne cependant que l’huma- nisme de l’Emir à l’égard des prisonniers français ne suscita jamais chez l’ennemi un comportement semblable et tout son ouvrage se porte généralement à charge du colonialisme français.

se porte généralement à charge du colonialisme français. I t I néra I reS — nUmÉro
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Mais, dans tous ces pieux devoirs qui allègent et cicatrisent les inévitables souf- frances de l’exil et de l’abandon, personne ne surpassa la mère du Sultan, la bonne, la douce Lella Zohra. Elle se chargea, comme d’un droit naturel, de la garde de toutes les femmes prisonnières. Le soin, la sollicitude qu’elle leur dispensa furent aussi extraordinaires qu’exemplaires. Elles occupaient une tente proche de la sienne. Deux de ses esclaves noires en gardaient les accès. Personne n’était autorisé à les approcher sans un ordre particulier. Tous les matins, elles recevaient, de ses propres mains, des dons variés : huile, beurre, viande, et autres denrées, pour leur repas. L’une d’elles tombait-elle malade, elle leur apportait, animée d’un maternel souci, du thé, du sucre, du café – tout ce qu’elle pensait devoir contribuer à leur soulage- ment et à leur confort.

Un jour, on ramena un groupe de prison- niers français, qui fut provisoirement logé à proximité de sa tente. Elle sortit pour les visiter. « Qu’êtes-vous venus faire dans notre pays ? » observa-t-elle, en les considérant avec compassion ; « c’était un pays paisible et pros- père, et vous l’avez couvert des désolations de la guerre. Certes, c’est la volonté de Dieu qui s’accomplit. Mais ce Dieu est Tout-Puissant et ses desseins sont impénétrables. Peut-être un de ces jours, à l’heure de la réconciliation, nous pourrons vous rendre à vos foyers et à vos familles ». Ces paroles d’espoir, qui faisaient battre les cœurs, relevaient le moral des malheureux prisonniers et leur semblaient être comme les rayons lointains d’une liberté à venir qui, déjà, éclairaient leur captivité, en révélant, d’un trait glorieux, la mère d’Abd-el-Kader.

Une révolution morale

Par son humanité, Abd-el-Kader avait fait beaucoup plus qu’inaugurer une ère nou- velle dans le traitement des prisonniers chez les Arabes. C’est grâce à lui que les

soldats purent échapper au massacre sur le champ de bataille et que l’on fit des prison- niers. Le mot même de « prisonnier » avait été jusque-là inconnu au milieu de leurs sauvages tribus. Ne faire aucun quartier, massacrer tous ceux qui se trouvaient sur leur passage et tombaient entre leurs mains, dénombrer leurs ennemis vaincus par le nombre de têtes sanglantes qui se balançaient à l’arçon de leurs selles, et en recevoir des récompenses, tout cela était dans leurs mœurs, et ces mœurs étaient devenues un instinct. (…)

Sourd aux murmures, impassible devant les menaces, il marcha dans cette voie jusqu’à ce qu’il eût achevé la révolution morale qui lui avait été dictée par la religion et l’humanité. Dans les premiers temps de cette réforme, un de ses soldats lui demanda sur un ton insolent :

– Combien donneras-tu pour un prisonnier ?

– Huit dollars.

– Et combien pour une tête coupée ?

– Vingt-cinq coups de bâton sur la plante des pieds.

histoire du trompette

Un jour, Abd-el-Kader demanda que cinq prisonniers, depuis plusieurs semaines en son pouvoir, fussent amenés devant lui. Trois d’entre eux furent immédiate- ment convoqués par le Khalifa à la garde duquel ils avaient été confiés. Celui-ci, qui craignait l’enquête du Sultan, vint près d’eux et leur dit :

– Eh bien, prenez donc ces burnous, jetez-les

sur vos épaules ; le Sultan veut vous voir. S’il vous pose des questions, ayez soin de lui dire que vous avez été bien traités et que vous ne manquez de rien.

– Très bien. Mais si on nous demande si

ces burnous sont les nôtres ? –Ditesquevouslesportezdepuislongtemps.

– Entendu.

– Malheur à vous si vous proférez quelque plainte. Et maintenant, suivez-moi chez le Sultan.

1-L’ouvrage utilisé pour cette sélection de récits est celui de l’édition de la SNED (Alger, 1971), traduit et commenté par Michel Habart. Les intertitres sont de la rédaction de « Itinéraire ».

(Alger, 1971), traduit et commenté par Michel Habart. Les intertitres sont de la rédaction de «
(Alger, 1971), traduit et commenté par Michel Habart. Les intertitres sont de la rédaction de «
(Alger, 1971), traduit et commenté par Michel Habart. Les intertitres sont de la rédaction de «
(Alger, 1971), traduit et commenté par Michel Habart. Les intertitres sont de la rédaction de «

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en alGÉrie DÉJà …

en alGÉrie DÉJà … Après avoir fait ces recommandations, le de son auditoire, il démontra l’inhumanité,
en alGÉrie DÉJà … Après avoir fait ces recommandations, le de son auditoire, il démontra l’inhumanité,
en alGÉrie DÉJà … Après avoir fait ces recommandations, le de son auditoire, il démontra l’inhumanité,
en alGÉrie DÉJà … Après avoir fait ces recommandations, le de son auditoire, il démontra l’inhumanité,

Après avoir fait ces recommandations, le

de son auditoire, il démontra l’inhumanité, la honte, l’inutilité de telles actions. Après quoi, il réclama un décret spécifiant que tout Français capturé, au combat ou autre- ment, serait considéré comme prisonnier de guerre et traité en conséquence, jusqu’à ce qu’une occasion se présentât pour en taire l’échange.

Khalifa se dirigea avec ses prisonniers vers

la

tente du Sultan. Abd-el-Kader y siégeait,

entouré de ses principaux lieutenants et marabouts. Les prisonniers furent reçus

avec une solennité délibérée. Les Arabes et

le

Sultan gardaient un mystérieux silence.

Précédés par le beau-frère du Sultan, Sidi

Mustapha, les trois prisonniers s’avancèrent.

 

Lequel d’entre vous est le trompette ?

La proposition du Sultan reçut l’approba- tion de la majorité du conseil. Le décret suivant fut aussitôt rédigé ; on en fit des centaines de copies qui furent prompte- ment distribuées dans la totalité des villes, villages et campements dans l’obédience du Sultan : « Il est décrété que tout Arabe qui amènera un soldat français ou un chrétien, sain et sauf, recevra une récompense d’un montant de huit dollars pour un homme, et dix dollars pour une femme. Tout Arabe ayant un Français ou un chrétien en sa possession est tenu pour responsable de la façon dont il est traité. Il est en outre tenu, sous peine de la sanction la plus sévère, de conduire, sans délai, le prisonnier soit au Khalifa le plus proche, soit devant le Sultan lui-même. Ce faisant, il recevra la récompense promise. Au cas où le prisonnier se plaindrait du plus léger sévice, l’Arabe qui l’a capturé perdra tout droit à la récompense indiquée ».

dit le Sultan

– C’est moi.

– Prends cette lettre, elle est pour toi.

A la lecture de sa lettre, une brusque

rougeur lui monta aux joues ; ses yeux s’emplirent de larmes ; il se mit à trembler

d’émotion. (N.D.T : Il s’agit du trompette Escoffier) C’était une lettre de son géné- ral qui l’informait qu’il était décoré de la Légion d’honneur pour la bravoure dont

il

avait fait preuve en se sacrifiant pour

sauver son colonel dans l’affaire du 22 septembre 1843.

Approche-toi, dit le Sultan.

Le trompette fit quelques pas en avant.

De ses propres mains, Abd-el-Kader lui épingla la croix de la Légion d’honneur sur la poitrine.

Un édit national

Crimes et châtiments

C’est à cette époque qu’Abd-el-Kader

Une fois – et une fois seulement – après la publication de cet édit, il fut rendu compte à Abd-el-Kader qu’un de ses réguliers avait été surpris avec une tête de Français dans les mains. Bondissant d’indignation, il écrivit sur le champ au Khalifa de la région où le fait s’était passé, lui donnant l’ordre d’amener immédiate- ment le coupable à son quartier général. Il résolut de faire un exemple sévère. Ses régiments réguliers, infanterie et cavalerie, et les contingents de cavalerie irrégulière des tribus les plus proches furent tous convoqués dans un immense rassemblement.

Au jour et à l’heure dits, tous étaient sous les armes. Abd-el-Kader était entouré de ses lieutenants civils et militaires. Le

résolut de publier un édit national sur le traitement des prisonniers car, en dépit

de

toute sa vigilance, des exemples isolés

de

barbarie continuaient de se produire. Il

convoqua, en conseil extraordinaire, tous

les Khalifas, Agas, Caids et chefs de tribus. Ils se réunirent au nombre de trois cents.

Se

levant et se tournant vers eux, Abd-el-

Kader choisit, en exergue de son discours, un article du Coran, où Mohammed blâme son beau-frère Ali d’avoir massacré cents infidèles qui avaient mis bas les armes.

Appliquant ce passage au cas des soldats français faits prisonniers, Abd-el-Kader souligna avec force qu’ils ne devraient plus être délibérément tués ou mutilés. Entraînant par son éloquence la conviction

ou mutilés. Entraînant par son éloquence la conviction I t I néra I reS — nUmÉro
ou mutilés. Entraînant par son éloquence la conviction I t I néra I reS — nUmÉro
ou mutilés. Entraînant par son éloquence la conviction I t I néra I reS — nUmÉro
ou mutilés. Entraînant par son éloquence la conviction I t I néra I reS — nUmÉro

I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial , l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international

, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international coupable fut amené. On déposa la tête coupée
, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international coupable fut amené. On déposa la tête coupée
, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international coupable fut amené. On déposa la tête coupée
, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international coupable fut amené. On déposa la tête coupée

coupable fut amené. On déposa la tête coupée aux pieds du Sultan.

– Prisonnier, dit Abd-el-Kader, l’homme

auquel cette tête appartenait était-il mort ou vivant lorsque tu l’as tranchée ?

– Mort.

– Alors tu recevras deux cent cinquante

coups de bâton pour avoir désobéi à mes ordres. Ce châtiment t’apprendra que homme mort n’étant l’ennemi de personne, il est lâche et barbare de le mutiler. »

Le soldat fut jeté à terre et reçut sa récom- pense. Il se releva, et pensant que son châtiment était terminé, il fit quelques pas.

– Un moment, dit le Sultan, j’ai une autre

question à te poser. Pendant que tu coupais la tête de l’homme, où était ton fusil ?

– Je l’avais posé sur le sol.

– Alors, deux cent cinquante coups de

plus pour avoir abandonné tes armes sur le terrain. »

Après cette deuxième punition, le malheu- reux régulier pouvait à peine tenir sur ses jambes. Quelques hommes s’avancèrent pour l’emmener.

– Pas si vite, reprit le Sultan, j’ai encore une question à lui poser. Après avoir coupé la tête de l’homme, comment t’es-tu arrangé pour porter en même temps sa tête et ton fusil ?

– Je tenais mon fusil d’une main, et la

tête de l’autre.

– C’est-à-dire que tu portais ton fusil de

telle façon que tu n’aurais pu en faire usage. Qu’on lui donne deux cent cinquante coups supplémentaires. »

noblesse sans retour

Cette impitoyable sévérité produisit ses effets. Les Français n’avaient plus lieu de s’épouvanter à l’idée de tomber vivants entre les mains des Arabes. Une fois capturés, ils étaient, de manière correcte et attentive, conduits au poste de commandement du Khalifa le plus proche. A leur arrivée, ils étaient soumis à un interrogatoire strict, mais sans violence. On leur demandait simplement à quel corps ils avaient appar- tenu, quand et comment ils avaient été

pris et s’ils avaient été bien traités par leurs ravisseurs.

Quand leurs déclarations avaient été dûment recueillies et enregistrées, on les

acheminait vers certains dépôts réservés à la réception des prisonniers. Les hommes étaient généralement envoyés à Taza, ou

à Tekedemt ; les femmes, invariablement,

à la Smala, où la mère du Sultan les sur- veillait et en prenait soin.

Non content d’améliorer les conditions de ses propres prisonniers de guerre, Abd- el-Kader était extrêmement désireux de pousser plus loin ce principe d’humanité, en établissant un échange régulier de prisonniers. Il insistait fréquemment et ardemment auprès des généraux français pour que le précédent si prometteur établi et mené à bonne fin à Sidi Khalifa pût être étendu et renouvelé systématiquement. Mais il plaidait en vain.

et mené à bonne fin à Sidi Khalifa pût être étendu et renouvelé systématiquement. Mais il
et mené à bonne fin à Sidi Khalifa pût être étendu et renouvelé systématiquement. Mais il
et mené à bonne fin à Sidi Khalifa pût être étendu et renouvelé systématiquement. Mais il
et mené à bonne fin à Sidi Khalifa pût être étendu et renouvelé systématiquement. Mais il

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Médaille offerte par le sulatn Abdelaziz Khan

l’ÉPiSoDe De Dama S

offerte par le sulatn Abdelaziz Khan l’ÉPiSoDe De Dama S l’ÉPiSoDe De DamaS Quelques correspondances de
offerte par le sulatn Abdelaziz Khan l’ÉPiSoDe De Dama S l’ÉPiSoDe De DamaS Quelques correspondances de
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l’ÉPiSoDe De DamaS

Quelques correspondances

de l’emir abdelkader

S

ouvent, l’intervention de l’Emir Abdelka- der pour sauver les chrétiens de Syrie est mise en avant pour illustrer son humanisme et son sens de la justice. Le fait est d’une ampleur historique certaine. Il eut un écho mondial en

son temps, et aujourd’hui encore, il est cité parmi les grands exemples universels de tolérance et de droiture.

C’est aussi, sans doute, un exemple de cou- rage car l’Emir ne disposait que d’un millier d’hommes qui l’avaient suivi dans son exil, chiffre donné par C-H. Churchill, mais que certains historiens revoient à la baisse. Il fallut à cette petite cavalerie affronter une ville livrée à la destruction et aux assassinats et aller chercher les hommes, femmes et enfants, au milieu du quartier chrétien en flamme, les convaincre de les suivre et les protéger tout au long du chemin qui menait à la résidence de l’Emir Abdelkader. Durant cette opération de sauvetage, unique dans les annales de l’histoire, l’Emir se tenait à la tête de ses hommes et, à maintes reprises, il faillit être asphyxié par les colonnes de fumée. Il fallu ensuite protéger cette population en lui assurant nourriture et soins. Puis, exfiltrer par groupes ces chrétiens qui, selon les sources, atteignaient le nombre de douze à quinze mille personnes. On a du mal à imaginer la logistique et l’organisation nécessaires à une telle opération ainsi que les qualités de chef dont fit preuve l’Emir et la discipline et l’engagement de ses hommes qui avaient d’ailleurs été sollicités pour participer au massacre mais en avait aussitôt alerté l’Emir.

En mai 1860, au Liban, eurent lieu les pre- miers massacres de chrétiens. Cette flambée de violence s’étendit à Damas au début juillet. Sans l’intervention de l’Emir et de

sa troupe d’Algériens, le massacre aurait été immense. Quand la nouvelle se répandit dans le monde, les souverains et chefs d’Etats chrétiens exprimèrent leur reconnaissance à l’Emir en des termes très élogieux. Il reçut des décorations ainsi que des cadeaux prestigieux de reconnaissance que l’on peut aujourd’hui contempler au Musée central de l’Armée à Alger. Mais il faut considérer aussi l’impact que cette action eut auprès des peuples et, notamment, des écrivains, artistes et hommes de culture du monde entier. C’est ainsi, entre autres hommages populaires, qu’une ville des Etats-Unis, dans l’Iowa, porte le nom d’El Kader.

Bien que l’entreprise coloniale française en Algérie se poursuivit avec la même hargne pendant 102 ans encore, l’Emir, simplement en se conformant à sa foi musulmane et à ses principes humanitaires, avait gagné aussi une bataille de la communication, ébranlant indirectement l’image de la France dans le monde.

Avant son acte d’humanisme et de bra- voure, mais aussi pendant et après, l’Emir Abdelkader déploya un immense travail de contacts et de correspondances, en Syrie et dans l’ensemble du Moyen-Orient, auprès des autorités ottomanes, des cheikhs et chefs de communautés et de toute personne en mesure d’influer pour un apaisement des tensions et une interprétation juste des principes de l’Islam. Cette action, à la fois politique et spirituelle, s’est traduite par une correspondance intense dont nous donnons ci-après quelques exemples. Mais la réponse à la lettre de l’évêque d’Alger est particulièrement importante puisque l’Emir utilise l’expression « les droits de l’humanité », rare en cette période.

« les droits de l’humanité » , rare en cette période. I t I néra I
« les droits de l’humanité » , rare en cette période. I t I néra I
« les droits de l’humanité » , rare en cette période. I t I néra I
« les droits de l’humanité » , rare en cette période. I t I néra I

I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial , l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international

lettre aux chefs druzes du mont liban et des plaines et monts du houran
lettre aux chefs druzes du mont liban
et des plaines et monts du houran

« Aux cheiks druzes du Mont Liban et des plaines et Monts du Houran. Nous invoquons sans cesse en votre faveur l’éternelle félicité, et une continuelle prospé- rité. Vous connaissez notre amitié pour vous, et notre bonne volonté à l’égard de tous les serviteurs de Dieu. Ecoutez ce que nous vous disons, et que notre avis vous porte conseil. Le Gouvernement turc et les autres connaissent votre vieille inimitié à l’encontre des chrétiens du Mont Liban, et vous pouvez vous imaginer que le Gouvernement ne vous tiendra pas pour entièrement responsables de la guerre qui fait maintenant rage entre eux et vous. Il se peut que le Gouvernement accepte vos excuses. Mais si vous commettez des agressions contre une ville dont les habitants et vous-mêmes n’avez jamais été en état d’hostilité, nous craignons qu’une telle conduite ne vous amène à une rupture grave avec le Gouvernement. Vous savez comme nous nous inquiétons de votre bien-être et de votre bonheur, pour vous comme pour tous vos compatriotes. Avant de faire le premier pas, le sage en calcule les conséquences. Quelques-uns de vos cavaliers ont déjà pillé dans les environs de Damas. Ces agissements sont indignes d’une communauté qui se distingue par son bon sens et la sagesse de sa politique. Nous le répétons, nous sommes très inquiet pour votre bien-être, et nous sommes touché de tout ce qui rejaillit sur votre réputation.

Abd-el-Kader Ibn Mahi-Ed-Din, mai 1860»

lettre de Chamyl à l’emir abdelkader

« A celui qui s’est rendu célèbre parmi tous

qui, par ses nombreuses qualités

du reste des hommes ; qui a éteint le feu de la discorde avant qu’il n’ait eu le temps de se propager Que Dieu soit loué, qui a revêtu son serviteur

de force et de foi. Nous voulons parler de l’ami sincère et véritable Abd-el-Kader le juste Apprends que lorsque mon oreille a été frappée de ce qui est détestable à l’ouïe et odieux à la

je fais allusion aux événe-

ments récemment arrivés à Damas entre les musulmans et les chrétiens, dans lesquels les

premiers ont étalé une conduite indigne des

adeptes de l’islam, un voile s’est étendu sur

Je me dis en moi-même : le mal

est sur la terre et sur la mer, à cause de la méchanceté et de la perversité de l’homme Je fus stupéfait de l’aveuglement des fonction- naires qui se sont plongés dans de pareils excès, oublieux des mots du Prophète : “Quiconque est injuste envers un tributaire [chrétien], quiconque lui fait tort, quiconque fait peser sur lui une charge au-delà de ses forces et enfin

mon âme

nature humaine

se distingue

quiconque le prive de quoi que ce soit sans son consentement, c’est moi qui serai son accusateur au jour du Jugement” [hadîth]. Mais quand je fus informé que vous avez abrité

les tributaires [chrétiens] sous les ailes de la bonté et de la compassion ; que vous vous êtes opposé aux hommes qui agissent contrairement à la

volonté de Dieu

vous avez appliqué la parole de l’apôtre [le

Prophète]

contre ceux qui rejetaient son exemple

je vous ai loué

En réalité,

et vous avez dressé une barrière

Chamyl l’exilé, 20 juillet 1860 »

Médaille offerte par la Reine Victoria
Médaille offerte par la Reine Victoria
et vous avez dressé une barrière Chamyl l’exilé, 20 juillet 1860 » Médaille offerte par la
et vous avez dressé une barrière Chamyl l’exilé, 20 juillet 1860 » Médaille offerte par la
et vous avez dressé une barrière Chamyl l’exilé, 20 juillet 1860 » Médaille offerte par la
et vous avez dressé une barrière Chamyl l’exilé, 20 juillet 1860 » Médaille offerte par la

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l’ÉPiSoDe De Dama S

l’ÉPiSoDe De Dama S réponse de l’emir abdelkader à Chamyl « Louange à Dieu de celui
l’ÉPiSoDe De Dama S réponse de l’emir abdelkader à Chamyl « Louange à Dieu de celui
l’ÉPiSoDe De Dama S réponse de l’emir abdelkader à Chamyl « Louange à Dieu de celui
l’ÉPiSoDe De Dama S réponse de l’emir abdelkader à Chamyl « Louange à Dieu de celui

réponse de l’emir abdelkader à Chamyl

« Louange à Dieu

de celui qui est en grand besoin de ses grâces abondantes, Abd-el-Kader fils de Mohieddine al-Hassani ; il est adressé à son frère et ami en Dieu, le glorieux Chamyl. Puisse Dieu nous être favorable, à vous et à nous, dans notre patrie et à l’étranger. Puisse la paix et la grâce de Dieu être toujours sur vous. Nous avons reçu votre honorable lettre et vos aimables paroles ont réjoui notre cœur. Ce que vous avez entendu à notre sujet, et qui vous a donné tant de satisfactions, à propos de notre défense des tributaires et de la protection que nous leur avons donnée, à la fois pour leurs

Cet écrit sort de la main

personnes et pour leurs biens, suivant notre zèle et nos moyens, tout cela, comme vous le savez bien, n’est rien d’autre que l’obéissance aux principes de notre foi sacrée et aux préceptes de l’humanité. Le vice est condamné par toutes les religions

; se permettre de se laisser entraîner par lui,

c’est avaler du poison et le garder dans l’esto-

C’est vraiment le cas de répéter : “A Dieu

nous appartenons et à Dieu nous retournons.” Quand nous pensons à quel point sont rares les hommes vraiment religieux, à quel point sont rares les défenseurs et les champions de la vérité, quand on voit des personnes ignorantes qui s’imaginent que le principe de l’islam est

dureté, sévérité, excès et barbarie, il est temps de répéter ces mots : “La patience est aimable

; en Dieu mettons notre confiance.”

Nous avons été informé, il y a quelque temps, que vous êtes arrivé auprès de l’Empereur de

Russie et que ce prince, vous traitant d’une manière digne de vous, vous a comblé de civilités et couvert d’honneurs. On nous a dit, en outre, que vous avez demandé la permission de visiter les cités saintes (La Mecque et Médine) ; nous prions Dieu qu’Il puisse faire accepter votre demande et accomplir vos désirs. En vérité, l’Empereur de Russie est l’un des

souverains les plus distingués

en conséquence, que sa magnanimité satisfera

Après tout, c’est

vos désirs sans difficulté

en Dieu Seul que nous devons placer notre espérance. Lui Seul a droit à notre hommage. Abd-el-Kader Ben Mohieddine Al-Hassani,

mac

Nous espérons,

15 novembre 186 0 ».

Al-Hassani, mac Nous espérons, 15 novembre 186 0 ». I t I néra I reS —
Al-Hassani, mac Nous espérons, 15 novembre 186 0 ». I t I néra I reS —
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I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial , l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international

, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international lettre de l’emir abdelkader à l’évêque d’alger «
, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international lettre de l’emir abdelkader à l’évêque d’alger «
, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international lettre de l’emir abdelkader à l’évêque d’alger «
, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international lettre de l’emir abdelkader à l’évêque d’alger «

lettre de l’emir abdelkader à l’évêque d’alger

« Louange à Dieu Seul ! à sa grandeur le très estimé Louis Antoine Pavy, évêque d’Alger. Je demande à Dieu Très-Haut pour votre grandeur la lumière par laquelle on peut discerner les choses et distinguer par leurs causes ce qui est préjudiciable de ce qui est avantageux. Votre lettre éloquente et votre brillant message me sont bien parvenus. Ce que nous avons fait de bien avec les chrétiens, nous nous devions de le faire, par fidélité à la foi musulmane et pour respecter les droits de l’humanité. Car toutes les créatures sont la famille de Dieu et les plus aimés de Dieu sont ceux qui sont les plus utiles à sa famille. Toutes les religions apportées par les prophètes, depuis Adam jusqu’à Mohammad, reposent sur deux principes : l’exaltation de Dieu le Très- Haut et la compassion pour ses créatures. En dehors de ces deux principes, il n’y a que des ramifications sur lesquelles les divergences sont sans importance. Et la loi de Mohammad est, parmi toutes les doctrines, celle qui montre le plus d’attachement et donne le plus d’importance au respect de la compassion et de la miséricorde et à tout ce qui assure la cohésion sociale et nous préserve de la dissension. Mais ceux qui appartiennent à la religion de Mohammad l’ont dévoyée. C’est pourquoi Dieu les a égarés. La récompense a été de même nature que la faute. Je vous remercie pour vos prières à notre intention et votre bienveillance à mon égard. Avec mes salutations.

Abd-el-Kader Ben Mohieddine. Au milieu du mois de Muharram 1279 » (juillet 1862)

mon égard. Avec mes salutations. Abd-el-Kader Ben Mohieddine. Au milieu du mois de Muharram 1279 »
mon égard. Avec mes salutations. Abd-el-Kader Ben Mohieddine. Au milieu du mois de Muharram 1279 »
mon égard. Avec mes salutations. Abd-el-Kader Ben Mohieddine. Au milieu du mois de Muharram 1279 »
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mon égard. Avec mes salutations. Abd-el-Kader Ben Mohieddine. Au milieu du mois de Muharram 1279 »

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à la ren C ontre De l’Émir aBDelkaDer… interview imaGinaire D’Un mUSUlman tranQUille !*

interview imaGinaire D’Un mUSUlman tranQUille !* à la renContre De l’Émir aBDelkaDer… interview
interview imaGinaire D’Un mUSUlman tranQUille !* à la renContre De l’Émir aBDelkaDer… interview
interview imaGinaire D’Un mUSUlman tranQUille !* à la renContre De l’Émir aBDelkaDer… interview
interview imaGinaire D’Un mUSUlman tranQUille !* à la renContre De l’Émir aBDelkaDer… interview

à la renContre De l’Émir aBDelkaDer…

interview imaGinaire D’Un mUSUlman tranQUille ! *

mohamed abdelmajid Ben ahmed

Conseiller de la délégation régionale du CiCr à tunis

* Les réponses de l’Émir Abdelkader à cette interview sont inspirées par ses écrits. Tunis, mai 2013

J

uillet 1860 : quelques jours à peine après les évènements de Damas où, grâce à son intervention et au péril de sa vie, 12.000 chrétiens et plusieurs

consuls étrangers ont été sauvés d’une mort certaine, l’Émir Abdelkader nous reçoit dans son immense bibliothèque, située non loin de la tombe du grand soufi Mohieddine Ibn A’rabi.

Le calme revenu, le Chérif compte se retirer quelques jours sur la tombe de son maître spirituel pour prier, méditer et jeûner. De blanc vêtu, le héros algérien arbore une barbe magnifique et semble un peu fatigué et déçu par ce qui vient de se passer. Il est d’autant plus navré que ces massacres ont eu lieu au mois lunaire de moharram, un mois sacré, ainsi nommé parce qu’il interdit d’entreprendre la moindre expédition guerrière.

La voix chaude, le verbe élégant, le regard doux et d’une humanité évidente, il hésite d’abord à se livrer. Puis, brusquement, comme si le poids des souvenirs l’emportait, il accepte de nous parler en exclusivité de son combat pour la paix, la dignité des hommes et le dialogue interreligieux.

Vous avez toujours proclamé haut et fort que vous êtes un homme de lettres et de méditation. Comment avez-vous accepté, en 1832, le titre de Sultan ?

Ce sont les tribus de la région de Mascara, des notables et des savants réunis en assemblée qui nous ont confié cette lourde charge. Nous l’avons assumée dans l’espoir que nous pourrions être le moyen d’unir la grande communauté des musulmans, d’éteindre leurs querelles intestines, d’apporter une sécurité générale à tous les habitants de notre pays, de mettre fin à tous les actes illégaux perpétrés par les fauteurs de désordre contre les honnêtes gens, de refouler et battre l’ennemi qui envahit notre patrie en espérant nous faire passer sous son joug. Cela dit, nous continuons à penser que la politique rétrécit l’espace et que le sacré l’élargit !

La politique aurait fait de vous, mys- tique à l’origine, un farouche guerrier par la suite ?

En politique, notre principal objectif était de réformer le pays et de faire autant de bien au peuple que nous en étions capables. Quant à la guerre, nous y étions contraints ! Nous avons défendu notre pays par patriotisme contre une invasion coloniale. Notre statut a d’ailleurs très tôt été reconnu par nos adversaires. Le traité Desmichels, en février 1834, puis le traité de la Tafna en mai 1837, ne sont rien d’autre qu’une reconnaissance officielle de notre pouvoir, authentiquement algérien et légitime parce qu’il émane de la base. Nous placions notre confiance en Dieu et nous n’avons combattu que ceux qui

confiance en Dieu et nous n’avons combattu que ceux qui I t I néra I reS
confiance en Dieu et nous n’avons combattu que ceux qui I t I néra I reS
confiance en Dieu et nous n’avons combattu que ceux qui I t I néra I reS
confiance en Dieu et nous n’avons combattu que ceux qui I t I néra I reS

I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial , l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international

, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international avaient les armes à la main. Nous n’avons
, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international avaient les armes à la main. Nous n’avons
, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international avaient les armes à la main. Nous n’avons
, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international avaient les armes à la main. Nous n’avons
, l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international avaient les armes à la main. Nous n’avons

avaient les armes à la main. Nous n’avons touché ni aux captifs ni aux populations civiles. Notre Saint Coran nous ordonne ceci : «Combattez, dans la voie de Dieu, ceux qui vous combattent et ne transgressez pas, car Dieu n’aime pas ceux qui transgressent !»

acte isolé, que nous condamnons ferme- ment. N’oubliez pas que, durant tous les combats que nous avons menés, nous nous sommes toujours préoccupés d’alléger les souffrances des prisonniers français. Nous avions même ressenti l’importance d’édicter des règles écrites pour fixer les conditions dans lesquelles une assistance pouvait leur être apportée et, surtout, pour sanctionner certains de nos lieutenants qui avaient un comportement répréhensible au regard des principes islamiques. Vous savez, notre propre mère a placé sous sa protection des femmes captives, et leur prodigua soins et sollicitude. En signe de reconnaissance, certains de ces anciens prisonniers sont venus nous rendre visite lors de notre captivité à Amboise !

Les Français ont toujours pris en consi- dération ces hauts faits, mais il semble qu’un journal français vous ait attribué une origine de prince espagnol ?

On vous a reproché tout de même le mas- sacre de prisonniers français en 1845 ?

Ah ! Les fameux prisonniers de la daïra, après la bataille de Sidi Brahim ! Nous avons encore en tête tous les détails de cette affreuse affaire. Nous avons proposé nous-même l’échange de ces prisonniers, des soldats sous le commandemant du colo- nel Montagnac, mais le Général Bugeaud a refusé. En notre absence, le Khalifa Ben Touhami, ne pouvant les nourrir, a été contraint de les faire exécuter, ce qui nous a énormément peinés. Et quand nous avons eu connaissance du massacre, nous avons exprimé publiquement notre mécontentement. En tout cas, il s’agit d’un

eu connaissance du massacre, nous avons exprimé publiquement notre mécontentement. En tout cas, il s’agit d’un
eu connaissance du massacre, nous avons exprimé publiquement notre mécontentement. En tout cas, il s’agit d’un
eu connaissance du massacre, nous avons exprimé publiquement notre mécontentement. En tout cas, il s’agit d’un
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à la ren C ontre De l’Émir aBDelkaDer… interview imaGinaire D’Un mUSUlman tranQUille !*

interview imaGinaire D’Un mUSUlman tranQUille !* (L’Émir sourit) Non, non, mon frère ! Nos origines sont
interview imaGinaire D’Un mUSUlman tranQUille !* (L’Émir sourit) Non, non, mon frère ! Nos origines sont
interview imaGinaire D’Un mUSUlman tranQUille !* (L’Émir sourit) Non, non, mon frère ! Nos origines sont
interview imaGinaire D’Un mUSUlman tranQUille !* (L’Émir sourit) Non, non, mon frère ! Nos origines sont

(L’Émir sourit) Non, non, mon frère ! Nos origines sont chérifiennes ! Venus des lieux saints de l’Islam, nos ancêtres n’avaient qu’un souci : rassembler les tribus berbères et arabes et unir la grande communauté des musulmans du Maghreb contre l’invasion étrangère, car nous étions convaincus que, l’Algérie vaincue, le Maroc et la Régence de Tunis n’échapperaient pas à la conquête coloniale ! Quant au mensonge du journal français, c’était en 1848, lors de notre cap- tivité au port Lamalgue. Nous avons écrit à ce sujet au colonel Daumas pour clarifier les choses, mais vous connaissez la presse…

Est-il vrai que vous avez écrit «Lettre aux Français» pour plaire à Napoléon III ?

Non, mon frère ! Il nous semble que vous n’avez pas lu le livre ! «Lettre aux Français» est le titre de la traduction française, œuvre de Gustave Dugat, parue en 1858. Nous avons écrit cet essai philosophique, à Brousse en Turquie, entre 1852 et 1855. Le titre original est : «Dhikra Al-A’qil wa tanbihou Al-Ghafil»,

لفاغلا هيبنتو لقاعلا ىركذ !

Dans cet essai, nous avons voulu lancer une flèche au milieu des flèches. Notre but était, et demeure, de concilier les exigences de la raison avec celles de la foi religieuse. Pour nous, les trois religions révélées n’en font qu’une, et les prophètes ne sont pas venus pour controverser avec les savants ! Nous croyons en la liberté de l’homme, dans le progrès infini de l’humanité et dans la fraternité des peuples.

Certes ! Mais les fidèles de ces religions n’ont pas arrêté de s’entretuer… Regardez ce qui vient de se passer ces derniers jours, sous vos yeux à Damas. Heureusement que vous étiez là ?

Concernant la protection que nous avons accordée aux personnes et aux biens de nos frères chrétiens de Damas, tout cela n’est rien d’autre que le respect des principes de notre foi et des préceptes de l’humanité !

Quant à l’animosité qui existe parfois entre les fidèles de nos trois religions, comme

vous le savez, le vice est condamné par toutes les religions. Se permettre de s’y laisser entraîner, c’est avaler du poison et le garder dans l’estomac. Quand nous pensons à quel point sont rares les défenseurs et les hérauts de la vérité, quand nous voyons des personnes ignorantes qui s’imaginent que les principes de l’islam sont dureté, sévérité, excès et barbarie, il est temps de redire que c’est à Allah qu’il faut demander secours. Si les musulmans et les chrétiens nous avaient écoutés, nous aurions fait cesser leurs antagonismes et ils auraient pu devenir frères, car les idées morales et religieuses des peuples ne sont pas aussi opposées qu’on se l’imagine communé- ment. Elles n’apparaissent divergentes, qu’à travers le prisme de l’ignorance et des préjugés. En effet, les barrières qui nous séparent et qui nous empêchent de nous confondre dans une même communion sont faibles.

Avec ce discours conciliateur, vous êtes d’ores et déjà bien placés pour unir les musulmans et les chrétiens d’Orient. Selon la presse, vous êtes sollicités pour devenir Gouverneur de la Syrie ?

(Éclat de rire) Le rôle de la presse étant d’informer, pourquoi n’a-t-elle pas révélé au public que tout mon temps est occupé en ce moment par l’enseignement de la théologie à la mosquée des Omeyyades et par le rassemblement du manuscrit des célèbres Al-Futûhât Al-Makkiyya (Les Conquêtes mekkoises) de mon maître Al-Cheikh Al-Akbar Mohieddine Ibn A’rabi ! Encore des rumeurs ! Vous savez, une des causes principales des vexations des Turcs contre nous réside en ces rumeurs. Mais que la Sublime Porte se rassure. Notre carrière politique est finie. Nous n’ambitionnons plus rien des hommes ni de la gloire en ce bas monde. Nous voulons vivre désormais dans la douce joie de la famille, dans la prière et dans la paix. Après avoir affronté à maintes reprises la mort au combat, nous entendons user désormais d’un seul sabre : celui de la parole révélatrice, qui tranche, au-delà de l’histoire, selon la divine vérité.

tranche, au-delà de l’histoire, selon la divine vérité. I t I néra I reS — nUmÉro
tranche, au-delà de l’histoire, selon la divine vérité. I t I néra I reS — nUmÉro
tranche, au-delà de l’histoire, selon la divine vérité. I t I néra I reS — nUmÉro
tranche, au-delà de l’histoire, selon la divine vérité. I t I néra I reS — nUmÉro

I t I néra I reS — nUmÉro SPeCial , l’emir aBDelkaDer et le Droit hUmanitaire international

les émeutes de Damas et le sauvetage par abdelkader de 12.000 chrétiens après la guerre
les émeutes de Damas et le sauvetage
par abdelkader de 12.000 chrétiens
après la guerre de Crimée, les puissances occidentales
obtiennent en 1856 de l’empire ottoman de nouveaux
droits pour les chrétiens de Syrie. hostiles à cette
concession faite à une minorité, des musulmans
provoquèrent des troubles confessionnels au
mont-liban.
Ces troubles se sont étendus à Damas entre le 9 et
le 17 juillet 1860. Sans que le gouverneur ottoman de
la ville, ahmed Pacha, ne s’interpose, des fanatiques
musulmans attaquent les quartiers chrétiens, grecs
et maronites tuant des centaines de personnes.

Médaille offerte par l’imam Mohamed Sadek

de personnes. Médaille offerte par l’imam Mohamed Sadek Médaille offerte par Othon I e r ,

Médaille offerte par Othon I er , Roi de Grèce

Sadek Médaille offerte par Othon I e r , Roi de Grèce Médaille offerte par le

Médaille offerte par le Sultan Abdelaziz Khan

l’Émir abdelkader, qui séjourne à Damas depuis 1855 et qui ne s’est jamais occupé d’affaires politiques, intervient pour arrêter le massacre et protège au péril de sa vie la communauté des chrétiens de Damas. Grâce à son influence auprès des dignitaires de la ville et aux membres de sa suite qui l’ont suivi dans son exil, quelque 12’000 chrétiens seront sauvés d’une mort certaine.

l’Émir doit même s’interposer par la force avec les membres de sa suite, pour protéger les familles chrétiennes venues se réfugier en nombre dans le quartier des algériens.

Suite à cette intervention, a bdel k ader reçut la légion d’honneur, la Croix russe de l’aigle blanc, la grande Croix grecque du Sauveur, le majdidi ottoman et d’autres marques de reconnaissance venant du monde entier, notamment du Pape, de la reine d’angleterre et du roi de Prusse, en remerciement de cet acte de protection des chrétiens de Damas.

aux uns et aux autres, le héros algérien a répondu que l’islam, religion de justice et de tolérance, ne permet pas le massacre des innocents !

(Pour plus de détails sur cette affaire, cf. l’excellent article du Dr Boualem Bessaïh, in « i tinéraire», n° 6, juin 2003)

détails sur cette affaire, cf. l’excellent article du Dr Boualem Bessaïh, in « i tinéraire», n°
détails sur cette affaire, cf. l’excellent article du Dr Boualem Bessaïh, in « i tinéraire», n°
détails sur cette affaire, cf. l’excellent article du Dr Boualem Bessaïh, in « i tinéraire», n°
détails sur cette affaire, cf. l’excellent article du Dr Boualem Bessaïh, in « i tinéraire», n°

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