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Université de Franche-Comté

UFR des Sciences et Techniques

Cours d’électrocinétique :

Régimes continu et transitoire


2
Electrocinétique en régimes continu et transitoire

1. INTRODUCTION 5

1.1. DÉFINITIONS 5
1.2. HISTORIQUE 5
1.3. BIBLIOGRAPHIE 5
1.4. REMARQUES PRÉLIMINAIRES 5

2. NOTIONS ÉLÉMENTAIRES SUR LES COMPOSANTS ÉLÉMENTAIRES EN RÉGIME


CONTINU 6

2.1. COURANT ÉLECTRIQUE 6


2.2. CHAMP ÉLECTRIQUE, POTENTIEL ÉLECTRIQUE, DIFFÉRENCE DE POTENTIEL. ACTION D'UN
CHAMP ÉLECTRIQUE SUR UNE CHARGE Q. 7
2.2.1. CHAMP ÉLECTRIQUE, POTENTIEL ÉLECTRIQUE, DIFFÉRENCE DE POTENTIEL 7
2.2.2. ACTION D'UN CHAMP ÉLECTRIQUE SUR UNE CHARGE Q 7
2.3. DIPÔLES PASSIFS 8
2.3.1. RÉSISTANCE ET LOI D'OHM 8
2.3.2. AUTRES DIPÔLES PASSIFS 10
2.3.3. DIPÔLES PASSIFS NON LINÉAIRES 11
2.4. LES DIPÔLES ACTIFS 11
2.4.1.DÉFINITIONS ERREUR! SIGNET NON DÉFINI.
2.4.2 GÉNÉRATEUR DE TENSION 12
2.4.3 GÉNÉRATEUR DE COURANT 13
2.4.4 EQUIVALENCE ENTRE LES DEUX MODÈLES DE GÉNÉRATEUR 13
2.4.5 DIPÔLES ACTIFS RÉCEPTEURS 14

3. THÉORÈMES SUR LES CIRCUITS LINÉAIRES EN RÉGIME CONTINU 15

3.1. DÉFINITIONS 15
3.2. LOIS DE KIRCHHOFF 16
3.2.1. LA LOI DES NOEUDS 16
3.2.2. LOI DES MAILLES 16
3.2.3. LOI DES BRANCHES : LOI D'OHM GÉNÉRALISÉE 17
3.2.4. TRANSFORMATION SÉRIE - PARALLÈLE, PARALLÈLE - SÉRIE D’UN CIRCUIT 17
3.3. THÉORÈME DE SUPERPOSITION 18
3.3.1. DÉFINITION 19
3.3.2 EXTINCTION D’UNE SOURCE LIBRE 19
3.3.3 APPLICATION DU THÉORÈME DE SUPERPOSITION 19
3.4.THÉORÈMES DE THÉVENIN ET DE NORTON 21
3.4.1 THÉORÈME DE THÉVENIN 21
3.4.2 THÉORÈME DE NORTON 22
3.4.3 EQUIVALENTE ENTRE LES DEUX THÉORÈMES 22
3.4.4 APPLICATION 23
3.5. THÉORÈME DE MILLMAN 24

3
4. MÉTHODE DE RÉSOLUTION GRAPHIQUE D'UN SYSTÈME LINÉAIRE. POINT DE
FONCTIONNEMENT 26

4.1. PRINCIPE 26
4.2. EXEMPLE 26

5. PUISSANCE DANS LES DIPÔLES LINÉAIRES EN RÉGIME CONTINU 28

5.1. INTRODUCTION 28
5.2 EXPRESSION GÉNÉRALE DE LA PUISSANCE 28
5.3 PUISSANCE DANS UN CONDUCTEUR OHMIQUE 28
5.4. PUISSANCE DANS UN DIPÔLE ACTIF GÉNÉRATEUR 28
5.5. PUISSANCE DANS UN DIPÔLE ACTIF RÉCEPTEUR 29

6 LE RÉGIME TRANSITOIRE 30

6.1 RELATION TENSION - COURANT POUR LES DIPÔLES R, L ET C 30


6.1.1 RELATION TENSION – COURANT AUX BORNES D’UNE RÉSISTANCE 30
6.1.2 RELATION TENSION – COURANT AUX BORNES D’UN CONDENSATEUR 30
6.1.3 RELATION TENSION – COURANT AUX BORNES D’UNE BOBINE 31
6.2 RÉPONSE D’UN CIRCUIT RC ET RL À UN ÉCHELON DE TENSION OU DE COURANT 31
6.2.1 RÉPONSE D’UN CIRCUIT R 31
6.2.2 RÉPONSE D’UN CIRCUIT RL 34
6.3 PUISSANCE CONSOMMÉE PAR UN DIPÔLE 36
6.3.1 PUISSANCE CONSOMMÉE DANS UN CIRCUIT RC 37
6.3.2 PUISSANCE CONSOMMÉE DANS UN CIRCUIT RL 37

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1. Introduction
1.1. Définitions
Il faut distinguer différents termes relatifs à l'électricité.
- Le génie électrique regroupe l'électricité, l'électronique et l'électrotechnique.
- L'électricité regroupe l'électrostatique, l'électrocinétique et l'électromagnétisme.
- L'électrocinétique est l'étude des courants électriques, c'est à dire des déplacements de
charges dans des milieux matériels appelés conducteurs. C'est aussi l'étude des circuits
électriques soumis aux différents régimes des courants électriques.

On distingue 3 types de régimes : - le régime stationnaire ou continu (courant continu),


- le régime transitoire,
- et le régime permanent sinusoïdal (courant alternatif).

1.2. Historique
- Les phénomènes d'origine électrique et magnétique sont connus depuis l'antiquité. Thalès De
Milet (VI ème siècle avant J.C.) faisait la description de quelques phénomènes électriques et
magnétiques : l'électrisation par frottement d'un morceau d'ambre qui attire des objets légers
ou la pierre de magnésie (oxyde de fer) qui attire des anneaux de fer. Le mot électricité vient
du mot grec signifiant ambre (elektron :jaune).
- Ces différents phénomènes resteront anecdotiques jusqu'au 17ième siècle. Stephen Gray
(1666-1736) découvre la conduction de l'électricité. Benjamin Franklin (1706-1790) établie la
théorie des condensateurs est construit des paratonnerres. Alexandro Volta (1745-1827)
construit la première pile.
- L'électricité qui était jusqu'à lors statique devient dynamique et l'étude des courants
électriques permet de mettre en évidence le lien entre l'électricité et le magnétisme. Tous ces
travaux seront menés par André-Marie Ampère (1775-1836), François Arago (1786-1853),
Michael Faraday (1791-1862), George Simon Ohm (1787-1854) et Gustav robert Kirchhoff
(1824-1887).
- En 1864, James Clarke Maxwell (1831-1879) propose une théorie reliant les champs
magnétique et électrique et prédit la propagation des ondes électromagnétiques. Cette théorie
reste en vigueur pour expliquer de nombreux phénomènes physiques.

1.3. Bibliographie
- Collection Travaux Dirigés 1er cycle chez Hachette Supérieur :
- Volume 1 : "Techniques mathématiques pour la physique" de Soum et al.
- Volume 3 : "Circuits électriques et électroniques" de Soum et al.
- Collection Flash Universitaire chez A. Colin : "Electronique" de M. Fourier.
- Collection Cursus chez A. Colin : "Electrocinétique" de L. Quaranta.
- Collection J'intègre chez Dunod : "Electrocinétique.
- Collection H prépa chez Hachette Supérieur : "Electronique, électrocinétique I".

1.4. Remarques préliminaires


L'électrocinétique est le domaine ou les manifestations des mouvements de porteurs de charge
sont étudiées en terme de courant et de tension. Si ces grandeurs sont constantes dans le temps

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on parle de régime continu ou indépendant de temps. Ces grandeurs seront alors notées avec
des majuscules. I pour le courant et U pour la tension.
Il ne faut pas confondre le régime continu avec le régime permanent que l'on utilise pour
décrire le fonctionnement de circuits soumis à des tensions/courants alternatifs.
Enfin, le régime transitoire décrit la réponse d'un circuit soumis à une brusque variation de
courant/tension.

2. Notions élémentaires sur les composants élémentaires en régime


continu
2.1. Courant électrique
Le courant électrique est dû au
déplacement de charges dans un
conducteur. Les effets électriques
connu avant le 19ième siècle ne
permettaient pas de connaître la
nature de ces charges aussi le choix
du sens de déplacement a été
arbitrairement celui des charges
positives.
Ce n'est qu'en 1879 avec la découverte de l'effet Hall que l'on a identifié la nature des porteurs
de charges. Il s'agit des électrons qui possède une charge négative q = -e = -1.6 10-19 C
(Coulomb).
Définition de l'intensité d'un courant électrique à travers un cylindre conducteur de section S :
∆q
c'est la quantité de charge électrique ∆q qui traverse S pendant un temps ∆t. I =
∆t
s’exprime en ampère (A ou C.s-1) avec ∆q en coulomb et ∆t en s (1A≡1C.s-1~6.1018 e-.s-1).

6
2.2. Champ électrique, potentiel électrique, différence de potentiel. Action
d'un champ électrique sur une charge q.

2.2.1. Champ électrique, potentiel électrique, différence de potentiel


Soit une charge q dans le plan. Le
champ électrique produit par cette
charge en un point M de l’espace
G q G
est donné par E = .u .
4πε 0 r 2

Le champ s'exprime en V.m-1 ou V/m. r est la distance entre la charge et le point M.


JJJJG
G OM JJJJG 1
u = JJJJG est le vecteur unitaire pris dans la direction du vecteurOM . ε 0 = 10 −9 F / m
OM 36 π
est la permittivité du vide.
Le potentiel au point M créé par la charge est égal
q
àV = . Il s'exprime en Volt (V). Lorsque la
4πε 0 r
charge est positive (q>0), le potentiel décroît lorsque le
point M s’éloigne de la charge. Lorsque la charge est
négative (q<0), le potentiel croît lorsque le point M
s’éloigne de la charge. On constate alors que le champ
G
électrique E produit par la charge en un point M de
l’espace est orienté vers les potentiels décroissants.
G
Si la charge se déplace d'une quantité dr , cela va induire une variation du potentiel au
G G
point dV = − E. dr . Entre les points M1 et M2, il existe une différence de potentiel (d.d.p.) qui
q 1 1
est égale à V1 − V2 = ( − ) qui s'exprime en Volt (V).
4πε 0 r1 r2

2.2.2. Action d'un champ électrique sur une charge q


En électrocinétique il y a des charges fixes qui
créent des champs et d'autres charges mobiles
qui se déplacent dans ces champs. Ainsi une
charge électrique q placée dans un champ
G G G
électrique E est soumise à une force F = qE .

Cette force s’exprime en newton (N).Dans le cas ou cette charge mobile est un électron (q=-
e), sous l’action de cette force elle se déplacera dans le sens opposé au champ électrique. De
façon évidente les électrons se déplacent donc vers les potentiels croissants et le courant
électrique et orienté comme le champ électrique vers les potentiels décroissants.

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2.3. Dipôles passifs
Un dipôle est un élément de circuit présentant 2 bornes. Un multipôle présente plus de 2
bornes. Un dipôle passif est un dipôle récepteur qui transforme toute l’énergie qu’il reçoit
sous forme de chaleur.

2.3.1. Dipôles passifs linéaires : la résistance. Loi d'Ohm


Une résistance est un dipôle linéaire passif dont le symbole
est le suivant :
Si on lui applique entre ses bornes A et B une
d.d.p. UAB = VA-VB, il sera parcouru par un
courant I tel que UAB = RI. R est appelée la
résistance du dipôle. Cette loi entre le courant
et la tension est empirique et est vérifiée par la
plupart des dipôles passifs en régime continu.
R s'exprime en Ohm (Ω).

A) REMARQUES

- R est toujours positif. UAB et I sont donc de même signe.


- La loi d'Ohm peut également se mettre sous la forme I = GUAB ou G = 1/R est la
conductance et s'exprime en Siemens (S).

B) CONVENTION DE SIGNE

La convention « récepteur » indique que la tension est toujours orientée du potentiel le plus
bas vers le potentiel le plus élevé. Si VA > VB, UAB sera orienté de B vers A. Les électrons se
déplaçant dans le sens du potentiel croissants (B vers A), le courant lui est orienté de A vers
B.

C) CARACTERISTIQUE STATIQUE D'UN DIPOLE

On appelle caractéristique statique d'un


dipôle, la courbe représentant la variation
du courant I traversant un dipôle ou de la
tension UAB à ces bornes en fonction de la
tension appliquée à ses bornes ou du
courant qui le traverse. Dans le cas d'une
résistance, il s'agit d'une droite affine dont
la pente correspond à R ou G selon la
représentation choisie.

D) RESISTIVITE, CONDUCTIVITE

Dans le cas d'un conducteur cylindrique de section S et de longueur l présentant des charges
libres assurant la conduction. Si on soumet les extrémités de ce conducteur à une différence de
potentiel, les électrons libres vont avoir un mouvement d’ensemble de vitesse moyenne v.

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Pendant un temps dt la section S du
conducteur sera traversée par un courant
dQ
I= ou dQ représente la quantité de
dt
charge traversant la section S pendant un
temps dt. Les dN électrons constituant la
charge dQ sont contenus dans un volume
dV=Svdt. D’autre part on a
dQ=dNe=ndVe où n est la densité
volumique de porteurs de charges, d’où :
dQ=neSvdt et I=nSve. Dans cette
expression seule la vitesse moyenne des
électrons peut varier. Cette vitesse, due
G
au champ électrique E , qui est
uniforme, est proportionnelle à la d.d.p.
entre les extrémité du conducteur de
U
longueur l : v = µ AB . µ est appelée la
l
mobilité des électrons.

S S S
En conséquence I = µ ne U AB = γ U AB . Ou encore I = GU AB avec G = γ . γ est la
l l l
l l
conductivité (S.m-1). En inversant la relation on a : U AB = I = ρ I ou encore U AB = RI
µ neS S
l l
avec R = = ρ . ρ est la résistivité (Ω.m).
µ neS S
Si R augmente (S et l constants) cela signifie que la résistivité augmente ou que la
conductivité diminue.
La résistance dépend de la température. Si T augmente R augmente. En effet, l'agitation
thermique gêne la circulation des électrons. A T = 0 °K (-273 °C), la résistivité est nulle donc
R = 0. C'est ce que l'on appelle la supraconductivité. On a alors conduction de l'électricité sans
perte d'énergie.

E) CONSEQUENCE DE LA RESISTANCE : L'EFFET JOULE

La circulation d'un courant dans une résistance produit un échauffement :l'effet Joule. En effet
le dipôle passif transforme l'énergie électrique en énergie calorifique. La puissance dissipée
par le dipôle est égale à P = RI². Cette puissance s'exprime en Watt (W).
Applications : radiateurs, éclairage à filament, fusible.

F) ASSOCIATION DE RESISTANCES, CALCUL DE RESISTANCE EQUIVALENTE

On distingue deux façons d'associer des résistances. Elles sont associées soit en série soit en
parallèle.

Association série :

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Les résistances Ri sont toutes traversées par le même courant I et ont une seule borne en
commun avec un autre dipôle. La tension UAD est égale à la somme des tensions aux bornes
de chacun des dipôles : U AD = U AB + UBC + UCD = R1I + R2I + R3I = (R1 + R2 + R3 )I = Réq.I .
D’où la résistance équivalent à l’association de ces dipôles : Réq. = R1 + R2 + R3 . Dans le cas
N
ou N dipôles sont associés en série, la résistance équivalente s’exprime : Réq. = ∑ Ri .
i =1

Association parallèle :

L’association de dipôles en
parallèle se caractérise par le
fait que tous les dipôles ont
leurs bornes en commun
deux à deux. En conséquence
de quoi la tension aux bornes
de chacun des dipôles est
identique.

Le courant I qui alimente ces dipôles branchés en parallèle va alors se repartir dans les dipôles
tel que :
U U U ⎡1 1 1 ⎤ U AB
I = I1 + I2 + I3 = AB + AB + AB = U AB ⎢ + + ⎥= . D’ou la résistance
R1 R2 R3 ⎣ R1 R2 R3 ⎦ Réq.
1 1 1 1
équivalente : = + + ou on préfèrera alors dans le cas d’association de dipôles
Réq. R1 R2 R3
en parallèle utiliser la conductance : Géq. = G1 + G2 + G3 . Pour l’association de N dipôles en
N
1 1
parallèle on note respectivement la résistance et la conductance équivalentes : = ∑ et
Réq. i =1 Ri
N
Géq. = ∑ Gi .
i =1

2.3.2. Autres dipôles passifs

A) LES CONDENSATEURS PARFAITS

Ils sont constitués de deux armatures conductrices séparées par un isolant.

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En régime continu le
condensateur est chargé par la
d.d.p. appliquée à ses bornes et il
se comporte comme un
interrupteur ouvert (I=0). Par
analogie avec les résistances, ils
présentent une résistance infinie.
C : capacité en farad (F).

B) LES SELF-INDUCTANCES PARFAITES

Elles sont constituées de bobines qui


lorsqu'elles sont parcourues par un
courant continu se comporte comme
un court-circuit.
Par analogie avec les résistances, elles présentent une résistance nulle. L : inductance en henry
(H).
L'intérêt de ces deux dipôles résident dans les propriétés en régime transitoire ou permanent
sinusoïdal. Ils sont capable alors d'emmagasiner de l'énergie puis de la restituer
ultérieurement. Cependant la puissance moyenne dissipée est toujours nulle.

2.3.3. Dipôles passifs non linéaires


Ce sont des dipôles qui présentent une caractéristique courant/tension qui n'est pas linéaire
tels que les varistances ou les diodes.

Caractéristiques de dipôles non linéaires

2.4. Les dipôles actifs

- Pour un dipôle actif toute l’énergie électrique mise en jeu n’est pas dissipée sous
forme de chaleur. Il y a transformation. Il peut transformer :
o de l‘énergie électrique en énergie non calorifique (mécanique, chimique,
optique, électrique). Il s’agit d’un dipôle actif récepteur et à ces bornes on
mesure une force contre électromotrice (f.c.é.m.). Il s'agit d'une tension.

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o de l’énergie non calorifique (mécanique, chimique, optique, électrique) en
énergie électrique. Il s’agit d’un dipôle actif générateur et à ces bornes on
mesure une force électromotrice (f.é.m.). Il s'agit aussi d'une tension.
- Un dipôle actif peut-être générateur : il fournit alors de l’énergie électrique (pile,
turbine, batterie, génératrice,…)
- Un dipôle actif peut-être récepteur : il transforme alors l’énergie électrique en une
autre forme d’énergie (moteur, transformateur,…).
- Certain dipôle actifs sont réversibles et fonctionner soit comme générateur soit comme
récepteur (cas d’une batterie de voiture).

2.4.2 Générateur de tension


2.4.2.1 Générateur de tension idéal
C’est un dipôle aux bornes duquel
la tension reste constante quelle
que soit l’intensité du courant
délivré. Cette tension est appelée
force électromotrice (f.é.m.). La
caractéristique UMN=f(I) est une
droite horizontale.
Par convention le signe « + » indique la borne positive et la tension au borne du générateur de
tension est orientée vers le « + ». Dans le cas ou le générateur de tension se comporte comme
un générateur le courant quitte la borne « + » et est compté comme positif. Le courant +Ilim
indique la valeur maximal que peut délivré ce générateur avant sa destruction. Lorsque le
courant est négatif, alors le générateur se comporte comme un récepteur (le sens du courant
est alors imposé au générateur par un autre dipôle actif du circuit).

2.4.2.1 Générateur de tension réel


C’est un dipôle tel que, lorsque l’intensité
du courant qu’il délivre croît la tension à
ces bornes décroît. La chute de tension ∆U
est proportionnelle à I ce qui est
caractéristique d’une résistance. On écrit
∆U=-rI avec r la résistance dite « interne »
du générateur. La tension à ses bornes
lorsqu’il est branché aux bornes d’un
récepteur s’écrit : UMN=E-rI. Le modèle
équivalent dit de Thevenin est l’association
en série d’un générateur parfait de f.é.m. E
et d’une résistance r. La caractéristique d’un
générateur de tension réel est une droite ne
passant pas par l’origine de pente négative.
L’intersection de la courbe avec l’axe des ordonnées correspond à la tension relevée aux
bornes de générateur lorsque qu’il n’y a aucune charge branchée aux bornes du générateur
(I=0, ou générateur en circuit ouvert) soit UMN=E la f.é.m. du générateur. La caractéristique
coupe l’axe des abscisses lorsque UMN=0 c'est-à-dire lorsque la charge présente une résistance
nulle c'est-à-dire lorsque les bornes du générateur sont court-circuitées alors le générateur
débite un courant dit de court-circuit Icc=E/r.

12
2.4.3 Générateur de courant
2.4.3.1 Générateur de courant idéal
C’est un dipôle débitant un courant
constant I0 (courant électromoteur
c.é.m.) indépendant de la tension à ses
bornes. La caractéristique I = f(UAB)
est une droite horizontale. Lorsque le
générateur fonctionne comme
générateur dans un circuit la tension
est comptée positive et orientée
comme le courant.

2.4.3.2 Générateur de courant réel


C’est un dipôle à la sortie duquel il y a une
chute de courant ∆I lorsque la tension à ces
bornes croît. Cette chute de courant est
proportionnelle à UMN et elle est associée à
une résistance de conductance g telle que
∆I=-gUMN, l’intensité délivrée sera alors
égale à : I=I0-gUMN avec g=1/r conductance
du générateur. Le modèle équivalent, dit de
Norton, est l’association en parallèle d’un
générateur de courant idéal et d’une
résistance r.
La caractéristique I=f(UMN) est une droite
ne passant pas par l’origine, de pente
négative. Lorsque la tension UMN =0, c’est à
dire lorsque les bornes M et N sont court-
circuitées le courant débité par le générateur
est égal au c.é.m.. D’autre part lorsque la
charge présente une résistance infinie
(autrement dit lorsque le générateur est en
circuit ouvert I=0) alors on relève aux
bornes du générateur une tension rI0.

2.4.4 Equivalence entre les deux modèles de générateur


Nous venons d’établir les modèles équivalents des générateurs de tension et de courant réels.
Nous avons établi que :
E U
• générateur de tension : UMN = E − rI, I = − MN ,
r r
I I
• générateur de courant : I = I0 − gUMN , UMN = 0 − .
g g
E 1
L’identification entre ces deux systèmes d’équations donne : I0 = , g = .
r r

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Ces égalités peuvent également s’obtenir à partir des deux modèles en circuit
ouvert :

E
Ces générateur sont considérés comme équivalent si I0 = ou E = rI0 . Cette équivalence
r
entre les deux types de générateurs est importante pour la simplification de circuit comportant
uniquement des dipôles linéaires.

2.4.5 Dipôles actifs récepteurs


Ce sont des dipôles consommant de l’énergie électrique et qui en transforme une partie sous
une autre forme d’énergie. Pour ces dipôles actifs récepteurs, l’intensité entre toujours par le
pôle « + » et ressort par le pôle « - » à l’inverse d’un dipôle actif genérateur. Ils sont de deux
types :
• polarisés si leurs bornes sont indépendantes du sens du courant,
• polarisables si leurs bornes sont dépendantes du sens du courant.
Dans les deux cas le modèle équivalent sera :

La caractéristique d’un dipôle actif récepteur est une droite ne passant pas par l’origine de
pente positive. L’intersection de la droite avec l’axe des ordonnées correspond la tension
relevée aux bornes du dipôle lorsque celui-ci est en circuit ouvert (I=0).
Remarque :
Le symbole que nous utilisons pour le récepteur est différent de celui du générateur pour bien
montrer qu’il s’agit d’un récepteur. La f.é.m. du dipôle actif récepteur est notée « e »
également pour la distinguer de celle d’un dipôle actif générateur.

14
3. Théorèmes sur les circuits linéaires en régime continu
L'objectif est d'analyser des circuits et de calculer les tensions/courants de ces circuits. Nous
allons étudier un ensemble de techniques de bases et nous discuterons du choix de la méthode
en fonction du type de circuit et de sa complexité.

3.1. Définitions
Soit le circuit suivant :

On définit ainsi les termes suivants :


• un ci rcuit/réseau est un ensemble de composants ou dipôles reliés par des fils de
connexion qui peut être analysé en terme de noeuds, de branches et de mailles.
• un noeud est un point de jonction entre trois fils de connexion minimum.
• une br anche est constituée par un ensemble de dipôles montés en série entre deux
noeuds. 2 dipôles sont montés en série lorsqu'ils sont traversés par le même courant.
• une m aille est un ensemble de branches formant un contour fermé que l'on peut
parcourir en ne passant qu'une fois par chaque noeud intermédiaire. Une maille pourra
être orientée de façon arbitraire.
Dans notre exemple on compte 2 noeuds et 3 mailles et 3 branches.
Remarques:
• Dans un circuit qui possède n noeuds indépendants il y a n-1 potentiels inconnus et le
nième est appelé la masse.
• La masse est un noeud de référence de potentiel. La valeur du potentiel des autres
noeuds du circuit sera donnée par rapport à cette référence. Le symbole est le suivant :

Il ne faut pas le confondre avec le symbole de la terre qui correspond au vrai potentiel
0V. Toutefois, la masse d'un circuit est en général reliée à la terre (mais pas toujours).

15
3.2. Lois de Kirchhoff
Le physicien allemand Gustav Robert Kirchhoff a établi en 1845 deux lois qui fondent tous
les calculs de réseaux électriques :
- la loi des nœuds,
- la loi des mailles.

3.2.1. la loi des noeuds


Cette loi exprime la loi de conservation de
la charge électrique. Pour un noeud donné
la somme des courants qui arrivent à ce
noeud est égale à la somme des courants
qui en partent. Pour un noeud donné, on
peut symboliser cette relation par
l'expression générale suivante :

∑ε I
k
k k = 0 , avec εk = +/-1 selon que le courant Ik arrive ou part d'un noeud. A priori

l’orientation des courants est initialement inconnue, aussi on oriente arbitrairement ces
courants dans les différentes branches du circuit. L’application numérique indique selon le
signe si le courant a été orienté correctement. Dans l’exemple présenté ci-dessus contenant 2
noeuds :
- au nœud A → I1=I2+I3,
- au nœud B → I2+I3= I1.
Ces deux relations sont identiques et donne : I2+I3-I1=0. On constate avec cette équation que
sur les trois inconnues deux sont indépendantes. Ce qui réduit le nombre d’inconnues à 2.

3.2.2. Loi des mailles


Cette loi est une conséquence de l'additivité des
tensions. Les tensions explicitées en termes de
différences de potentiels nous permettent d'écrire pour
la maille considérée et orientée de façon arbitraire :
(VA-VB) + (VB-VC) + (VC-VD) + (VD-VA) = 0.
Soit encore :
UAB + UBC + UCD + UDA = 0.
Cette dernière relation ne préjuge en rien de la nature
des dipôles de la maille. D'où la relation généralisée
pour une maille orientée :
∑ ε kUk = 0 , avec εk = +/-1 selon que la tension aux
k
bornes du dipôle est orientée ou non selon
l’orientation choisie de la maille.
Dans notre exemple pour les 3 mailles identifiées :
- maille n°1 → E1-rI1-R1I3=0,
- maille n°2 → R1I3-R2I2-R3I2=0,
- maille n°3 → E1-rI1-R2I2-R3I2=0.

16
3.2.3. Loi des branches : loi d'Ohm généralisée
Dans une branche d’un circuit
contenant un ou plusieurs dipôles
associés en série entre les deux
nœuds délimitant cette branche,
la tension est égale à la somme
des tensions aux bornes de
chacun des dipôles telle que :
n
U AB = ∑ ε iUD i avec εi = +/-1 selon que la tension aux bornes du dipôle Di est orientée ou non
i =1
comme la tension UAB. Dans notre exemple où nous avons identifié 3 branches :
- branche n°1 : UAB= E1-r1I1,
- branche n°2 : UAB= R1I3,
- branche n°3 : UAB= R2I2+R3I2.

Grâce à ces différentes lois nous avons établi suffisamment d’équations pour résoudre toutes
les inconnues de ce circuit. Dans un circuit présentant n noeuds et b branches il existe c=b-
n+1 courants indépendants dans le circuit. Le problème revient donc à résoudre un système à c
inconnus. Il faut donc écrire c équations indépendantes. Dans notre exemple c=3-2+1=2.
Parmi toutes ces équations deux suffisent pour résoudre le problème. Par exemple ou peut
rechercher la tension UAB ou la tension aux bornes de R3.

3.2.4. Transformation série - parallèle, parallèle - série d’un circuit


La résolution du système d’équations est simple lorsque le nombre d’inconnus est faible
toutefois lorsque celui-ci devient important il est souhaitable de simplifier au maximum le
montage dans la perspective de la question posée. Il est utile parfois d’utiliser la résistance
équivalente de résistances associées soit en série soit en parallèle et l’équivalence entre les
générateurs de courant et de tension vue précédemment dans cet objectif de simplification.
Ainsi dans l’exemple de circuit présenté au § 3.1 si on cherche la valeur du courant I1 ou de la
tension UAB, il est pratique de réaliser la transformation suivante du circuit :

Dans la mesure ou l’on s’intéresse au courant débité par le générateur, la nature des autres
dipôles constituant le circuit importe peu. Nous pouvons donc simplement substituer aux
résistances R1, R2 et R3 la résistance équivalente à l’association de ces trois résistances. Il
s’agit de l’association en série des résistances R2 et R3 associée en parallèle avec R1. Ce qui

17
R1 ( R2 + R3 )
donne : Réq. = R1 //(R2 + R3 ) = . Le schéma se simplifie alors en remplaçant
R1 + ( R2 + R3 )
ces résistances par la résistance équivalente. Le montage ne contient alors plus qu’une seule
maille parcourue par le courant I1 que l’on cherche. Pour cette maille on peut écrire
E R E
U AB = E − rI1 = Réq.I1 soit I1 = . On en déduit U AB = éq. .
Réq. + r Réq. + r
Maintenant si on cherche le courant I3 circulant dans la résistance R1, il est commode ici de
réaliser une transformation parallèle du générateur de tension, c.a.d. transformer le générateur
de tension en son générateur de courant équivalent, soit :
Nous avons également remplacé l’association en série des résistances R2 et R3 par la
résistance équivalente R2+R3. Les nœuds A’ et B’ sont respectivement identique aux nœuds A
1
et B. La loi des nœuds permet d’écrire que : gE = gU AB + G1U AB + G23U AB ou g = ,
r
1 1
G1 = et G23 = les conductances des résistances dans chaque branche. Alors
R1 R2 + R3
gE G1gE
U AB = , soit I3 = G1U AB = .
g + G1 + G23 g + G1 + G23

La tension UAB calculée dans ces deux exemples donne le même résultat.
En conclusion, en fonction de la grandeur recherchée il convient d’opérer les simplifications
et transformation pertinentes.

3.3. Théorème de superposition


Lorsqu’un circuit comporte plusieurs dipôles actifs
générateurs, la résolution du circuit devient
rapidement compliquée. Aussi nous allons voir une
méthode permettant de résoudre simplement ce
type de circuit. Le théorème de superposition ne
s’applique qu’aux circuits constitués de dipôles
linéaires.
De façon général un circuit peut-être représenté sous
la forme de l’association en parallèle du dipôle
passif étudié avec un dipôle actif contenant toutes les
sources du circuit et les autres dipôles passifs.

18
3.3.1. Définition
En régime continu l’intensité I qui parcourt le dipôle étudié et la tension UAB à ses bornes sont
égaux respectivement à la somme des courants et des tensions relevés lorsque l’on éteint
successivement l’ensemble des sources sauf une.

3.3.2 Extinction d’une source libre


3.3.2.1 Extinction d'une source de tension
Une source libre de tension est éteinte
lorsqu'elle est remplacée par un court-
circuit. Cela revient à donner une valeur
nulle à sa f.é.m..

3.3.2.2 Extinction d'une source de courant


Une source libre de courant est éteinte
lorsqu'elle est remplacée par un circuit
ouvert. Cela revient à donner une valeur
nulle à sont c.é.m..

Remarque : Il est utile de se rappeler que l'extinction d'une source libre revient à enlever le
cercle de son schéma.

3.3.3 Application du théorème de superposition


Soit le circuit suivant, constitué d’un générateur de tension et d’un générateur de courant
respectivement de résistance interne r1 et r2 et d’une résistance R associés en parallèle.

Extinction du générateur de tension :

19
Après extinction du générateur de tension on peut simplifier le schéma en considérant d’une
part l’association en parallèle des résistances r1 et r2 puis en réalisant la transformation
parallèle-série du générateur de courant (remplacement du générateur de courant par le
générateur de tension équivalent). Le circuit est alors constitué d’une seule maille et on
obtient :
r I Rréq.I0
I1 = éq. 0 et U AB1 = RI1 = .
R + réq. R + réq.
Extinction du générateur de courant :

Après extinction du générateur de courant on peut simplifier le schéma en réalisant la


transformation série-parallèle du générateur de tension (remplacement du générateur de
tension par le générateur de courant équivalent) puis en considérant d’autre part l’association
en parallèle des résistances r1 et r2. La résolution du circuit conduit à :
réq.E Rréq.E
I2 = et U AB2 = RI2 = .
r1(R + réq. ) r1(R + réq. )
Lorsque les deux générateurs sont allumés alors :

20
réq.I0 réq.E réq. ( r1I0 + E )
I = I1 + I2 = + = , et
R + réq. r1(R + réq. ) r1(R + réq. )
Rréq.I0 Rréq.E Rréq. ( r1I0 + E )
U AB = U AB1 + U AB2 = + = .
R + réq. r1(R + réq. ) r1(R + réq . )

3.4.Théorèmes de Thévenin et de Norton


Toute portion d’un circuit ne comportant que des dipôles actifs et passifs linéaires peuvent
être remplacés par un dipôle actif linéaire équivalent. Le modèle équivalent choisi peut être
celui de Thévenin ou celui de Norton.

3.4.1 Théorème de Thévenin


Lorsque l’on s’intéresse à la tension aux bornes d’un dipôle ou au courant qui le traverse, nous
avons vu précédemment qu’il était possible de considérer le circuit comme l’association de
deux dipôles : un dipôle passif D2 (le dipôle étudié) et d’un dipôle actif linéaire D1 regroupant
les autres composant du circuit. Si on remplace le dipôle D1 par son modèle équivalent de
Thévenin (générateur de tension idéal de f.é.m. Eth en série avec une résistance Rth) la tension
UAB est égale à : U AB = Eth − RthI . En déterminant les expressions de Eth et Rth) en fonction
des caractéristiques de dipôles constituant le dipôle D1, la résolution du circuit est alors
RD2 Eth Eth
simplifiée. En effet il vient U AB = , I= , où RD2 est la résistance
Rth + RD2 Rth + RD2
équivalente du dipôle D2.

La détermination des caractéristiques du


générateur de Thévenin équivalent
s’opère de la façon suivante.
Lorsque l’on coupe la liaison entre les
dipôles D1 et D2, on a aux bornes du
dipôle une intensité nulle du courant et
on relève ce que l’on appelle la tension
en circuit ouvert UAB0 telle que :
UAB0 = Eth .

21
D’autre part si on éteint toutes les sources du dipôle D1 la résistance « vue » entre les bornes
AB est égale à la résistance Rth.
En conséquence Eth représente la tension à vide et Rth est la résistance équivalente entre les
bornes AB lorsque toutes les sources de ce dipôle sont éteintes.

3.4.2 Théorème de Norton

Il s’agit d’une variante du théorème de Thévenin ou le dipôle D1 est remplacé par son modèle
équivalent de Norton (générateur de courant idéal de c.é.m. IN en parallèle avec une résistance
RN RD2 RNIN
RN. Alors il est facile d’établir que U AB = IN , I = . Encore une fois il
RN + RD2 RN + RD2
s’agit de déterminer les expressions de IN et RN en fonction des caractéristiques des dipôles
constituant le dipôle D1.
Pour déterminer IN il faut simplement
constater que lorsque l’on court-circuite les
bornes A et B du dipôle D1, la tension UAB
est nulle et le courant de court-circuit Icc est
égal à : Icc = IN .
D’autre part si on éteint toutes les sources
du dipôle D1 la résistance « vue » entre les
bornes AB est égale à la résistance RN.
En conséquence IN représente le courant de
court-circuit et RN est la résistance
équivalente entre les bornes AB lorsque
toutes les sources de ce dipôle sont éteintes.

3.4.3 Equivalente entre les deux théorèmes


Comme nous l’avons vu précédemment, il est possible d’établir une équivalence entre les
modèles équivalents deThévenin et de Norton. Aussi les générateurs de Thévenin et de Norton
⎧ Eth
⎧Eth = RNIN ⎪IN = R
équivalents déterminés par les deux théorèmes sont identiques si ⎨ ou ⎨ th .
⎩ th
R = RN ⎪R = R
⎩ N th

22
3.4.4 Application
Considérons le circuit étudié dans le cadre du théorème de superposition.

Résolution par le théorème de Thévenin


Cherchons le générateur de Thévenin équivalent au dipôle D1. Pour déterminer Rth, éteignons
les différentes sources et calculons la résistance équivalente du dipôle. On constate que les
rr
résistances r1 et r2 sont associées en parallèle : Rth = ( r1 // r2 ) = 1 2 . Pour déterminer Eth
r1 + r2
considérons le dipôle D1 en circuit ouvert est exprimons la tension à vide U AB0 .

E − r2I0
On constate que U AB0 = E − r1I ' = r2 (I '+ I0 ) soit I ' = .
r1 + r2

r2r1 ⎛⎜ E + I0 ⎞⎟ r2r1 ⎛⎜ E + I0 ⎞⎟
r2 ( E + r1I0 ) ⎝ r1 ⎠ ⎝ r1 ⎠.
D’où U AB0 = = . En conséquence : Eth =
r1 + r2 r1 + r2 r1 + r2
Maintenant si considère le générateur de Thévenin équivalent du dipôle D1 associé au dipôle
⎧ RD2 Eth RRth ⎛ E ⎞
⎪U AB = = ⎜ + I0 ⎟
⎪ Rth + RD2 Rth + R ⎝ r1 ⎠
D2, on trouve ⎨ .
⎪I = Eth Rth ⎛ E ⎞
⎪ R +R = R +R⎜ r + 0⎟
I
⎩ th D2 th ⎝ 1 ⎠

Résolution par le théorème de Norton

23
Cherchons le générateur de Norton équivalent au dipôle D1. Pour déterminer RN, éteignons les
différentes sources et calculons la résistance équivalente du dipôle. On constate que les
rr
résistances r1 et r2 sont associées en parallèle : RN = ( r1 // r2 ) = 1 2 . Pour déterminer IN
r1 + r2
considérons le dipôle D1 en court-circuit et exprimons le courant de court-circuit Icc.

E E
Il vient U AB = 0 = E − r1I ", Icc = I ''+ I0 = + I0 . En conséquence IN = + I0 .
r1 r1
Maintenant si considère le générateur de Norton équivalent du dipôle D1 associé au dipôle D2,
⎧ RN RD2 RN R ⎛ E ⎞
⎪U AB = IN = ⎜ + I0 ⎟
⎪ RN + RD2 RN + R ⎝ r1 ⎠
on trouve ⎨ . En considérant l’équivalence entre les
⎪ I= R I R ⎛ E ⎞
N N
= N
⎜ + I0 ⎟
⎪ + +
⎩ R N RD2
R N R ⎝ r1 ⎠
deux modèles, on retrouve bien le même résultat qu’avec le théorème de Thévenin. D’autre
part en considérant les résultats obtenus par l’application du théorème de superposition nous
retrouvons également le même résultat.

3.5. Théorème de Millman


C'est une conséquence directe de la loi
des noeuds. Il permet d'exprimer de
manière simple la conservation des
courants à un nœud et de trouver
l’expression du potentiel en ce nœud du
circuit. Soit le noeud N ou se rejoignent
les branches M1N, M2N, M3N, ...,MnN
d'un circuit. Soit R1, R2, R3, ... et Rn les
résistances des dipôles correspondants à
ces branches. La loi des nœuds donne :
n

∑I
i =1
i = 0.

En considérant la relation liant le courant dans une branche avec la différence de potentiel
entre les deux nœuds constituant cette branche : Ii = GU ( )
i Mi N = Gi VMi − VN .

Le potentiel au noeud N obéit à la relation suivante :

24
n
G1VM1 + G 2 VM 2 + G 3VM 3 +...+ G n VM n = ( ∑ G k )VN .
k =1
D’ou la relation générale au noeud N :
n n

∑ G k VM k
=( ∑ G k )VN
k =1 k =1
Application :
Considérons toujours le même circuit. Nous considérerons que le nœud B constitue la masse
du circuit et que VB=0. D’autre part nous réalisons la transformation parallèle-série du
générateur de courant pour simplifier le circuit.

En appliquant le théorème de Millman il vient :


(G + g1 + g2 )VA = GVB + g1VC + g2VD .
Comme VB=0 et E = VC − VB = VC , r2I0 = VD − VB = VD , il vient simplement :
g E + g2r2I0 g E + g 2r2I0
VA = 1 soit U AB = VA − VB = VA = 1 . Ce résultat est identique à celui
G + g1 + g 2 G + g1 + g 2
trouvé avec les précédents théorèmes.

25
4. Méthode de résolution graphique d'un système linéaire. Point
de fonctionnement
Les lois de Kirchhoff proposent une solution analytique à la résolution des circuits. Mais
quand ceux-ci deviennent trop complexe il devient plus commode de chercher
expérimentalement une solution graphique au problème.

4.1. Principe
Soit les 2 dipôles quelconques associés :

L'intérêt de la méthode graphique est qu'elle s'applique quelque soit la nature des dipôles
(passifs ou actifs, linéaires ou non). La seule condition qu'ils doivent vérifier est qu'ils soient
indépendants l'un de l'autre.
• Pour un observateur qui regarde le dipôle D1 on trace la caractéristique de celui-ci avec
la convention générateur U=f1(I) Î (C1).
• le même observateur regarde cette fois le dipôle D2 et on trace la caractéristique de
celui-ci avec la convention récepteur U=f2(I) Î (C2).
Les caractéristiques sont tracées pour U et I > ou < 0.
U et I peuvent prendre n'importe quelle valeur lorsque les dipôles fonctionnent séparément
mais lorsqu'ils sont associés il existe alors une solution unique (UF, IF) pour point de
fonctionnement du système.
Cette solution correspond à l'intersection graphique des 2 caractéristiques ce qui équivaut à la
solution d'un système de 2 équations à deux inconnues.

4.2. Exemple

26
Considérons le montage vu dans les § précédents. On utilisera le modèle de Thévenin
équivalent du dipôle D1.
La caractéristique du dipôle D1 a pour équation U AB = Eth − RthI et celle du dipôle D2 est égale
à : U AB = RI . Lorsque les deux dipôles sont branchés ensemble le courant IF et la tension UF
correspondant au point de fonctionnement du circuit lorsque ces deux dipôles sont associés
⎧ REth
⎪ UF =
⎧UF = Eth − RthIF ⎪ R + Rth
vérifient : ⎨ . D’où : ⎨ . Ce qui correspond aux coordonnées du
⎩UF = RIF ⎪I = Eth
⎪⎩ F R + Rth
point d’intersection des deux caractéristiques. Ce résultat est encore une fois conforme avec
celui établit par les théorèmes de superposition et de Thévenin.

27
5. Puissance dans les dipôles linéaires en régime continu
5.1. Introduction
Lorsqu’un dipôle est parcouru par un courant, c’est qu’il existe au sein de ce dipôle un champ
électrique exerçant une force sur les porteurs de charge pour les déplacer. Or toutes force dont
le point d’application se déplace produit un travail. L’énergie électrique apportée au dipôle
fournit donc un travail. La dérivée de ce travail par rapport au temps constitue ce qu’on
appelle la puissance électrique.

5.2 Expression générale de la puissance


Soit un dipôle défini par ses bornes A et B. Considérons la charge élémentaire libre q qui
traverse ce dipôle sous l’action d’un champ électrique issu de la différence de potentiel
appliquée entre les bornes A et B. Nous l’avons vu précédemment, cette charge est soumise à
G G
une force F = qE . Le travail fourni pour déplace la charge de la borne B à la borne A
A G G G
s’exprime de la façon suivante : WB→ A = ∫ Fdl ou dl représente un élément infinitésimal du
B

trajet parcouru par la charge. En remplaçant la force par sont expression ou obtient :
A G G
WB→ A = ∫ qEdl . Compte tenu de la définition de la différence de potentiel vu initialement on
B
A G G A G G
a : WB→ A = ∫ qEdl = q ∫ Edl = q (VA − VB ) . La puissance électrique est alors égale à :
B B

dWB→ A dq
P= = (VA − VB ) = UABI . La puissance électrique consommée ou fournie par un
dt dt
dipôle est donc égale au produit entre la tension à ses bornes multipliée par le courant qui le
traverse. Cette puissance s’exprime en watt (W). L’énergie électrique (ou le travail
correspondant) s’exprime en joule de façon générale ou en kW.h dans le cas particulier de
l’énergie électrique. C'est-à-dire la puissance électrique consommée fois le temps
d’utilisation.

5.3 Puissance dans un conducteur ohmique


Aux bornes d’un conducteur ohmique la
tension et l’intensité sont reliées par la loi
d’Ohm tel que :
U AB = RI ou I = GU AB . D’où la puissance
dissipée par le conducteur ohmique :
2
UAB
P = U ABI = RI =2
= GU AB
2
.
R
Remarque : Lorsqu’un courant traverse un conducteur ohmique, le travail résistant des forces
de frottement s’oppose au déplacement des charges. Cela se traduit par un échauffement du
conducteur : c’est l’effet Joule.

5.4. Puissance dans un dipôle actif générateur


Soit le dipôle actif générateur suivant :

28
Aux bornes d’un générateur la tension et l’intensité sont liées par : UMN = E − rI , d’où
l’expression de la puissance P = UMNI = EI − rI 2 .
• EI représente la puissance totale fournie par le générateur qui correspond au travail
du champ électromoteur dans le générateur. Ce travail se traduit par une augmentation
de l’énergie des porteurs de charge pendant la traversée du générateur.
• rI 2 représente la puissance dissipée par e ffet Joule dans le générateur. Ce travail
traduit la perte d’énergie des porteurs de charges lors de la traversée du générateur. On
cherchera toujours à minimiser ces pertes.
• EI − rI 2 représente la puissance fournie (ou puissance disponible) par le générateur à
l’extérieur, c.a.d. au réseau dans lequel il fait circuler le courant.

5.5. Puissance dans un dipôle actif récepteur


Soit le dipôle actif récepteur suivant :

Aux bornes d’un générateur la tension et l’intensité sont liées par : UAB = e + rI , d’où
l’expression de la puissance P = U ABI = eI + rI 2 .
• eI représente la puissance ut ile fournie au récepteur pour la transformation de
l’énergie électrique en une autre forme d’énergie.
• rI 2 représente la puissance dissipé e par e ffet Joule dans le récepteur. Ce travail
traduit la perte d’énergie des porteurs de charges lors de la traversée du récepteur. On
cherchera toujours à minimiser ces pertes.
• eI + rI 2 représente la puissance totale reçue par le récepteur.

29
6 Le régime transitoire
Jusqu’à maintenant nous avons étudié les circuits en régime continu. Le régime transitoire,
comme nous l’avons vu en introduction de ce cours, correspond au passage entre deux
régimes continus ou permanent d’un circuit. Nous nous limiterons ici à l'étude du régime
transitoire entre deux régimes continus de circuit simple contenant des dipôles passifs ou
actifs linéaires tels que des résistances, des condensateurs, des bobines et des générateurs.
L’analyse de circuit en régime transitoire consiste essentiellement à décrire les variations en
fonction du temps des grandeurs électriques courant et tension entre les deux états d’équilibre
correspondant aux régimes continus. En régime transitoire comme en régime permanent la
tension et le courant sont notés respectivement : u(t) et i(t).

6.1 Relation tension - courant pour les dipôles R, L et C

6.1.1 Relation tension – courant aux bornes d’une résistance


Comme en régime continu, la tension aux bornes d’une résistance est proportionnelle au
courant qui la traverse. On retrouve alors la loi d’ohm :
u(t ) = Ri (t )

6.1.2 Relation tension – courant aux bornes d’un condensateur


Comme nous l’avons vu précédemment le courant
électrique est défini par la quantité de charge ∆q qui
traverse la section S d’un conducteur pendant un temps ∆t.
∆q
Lorsque l’on fait tendre ∆t vers 0 le rapport peut
∆t
s’interpréter comme la variation ou la dérivée par rapport
au temps de la charge q(t). On obtient alors la grandeur
dq(t ) d
instantanée du courant tel que : i (t ) = = [q(t )] .
dt dt
Dans le cas ou nous considérons un condensateur dans une branche d’un circuit parcourue par
un courant i(t), l’accumulation des charges électriques q(t) au cours du temps va induire une
q(t )
tension u(t) aux bornes du condensateur tel que : u(t ) = , ou C est la capacité (en farad F).
C
En remplaçant q(t) on obtient alors la relation courant – tension aux bornes d’un
condensateur :
dq(t ) d d d du(t )
i (t ) = = [q(t )] = [Cu(t )] = C [u(t )] = C
dt dt dt dt dt
Dans l’exemple présenté par le schéma, si i(t) est positif, cela correspond à un accroissement
de la quantité de charge accumulée par le condensateur (dq(t) > 0). A l’inverse si i(t) est
négatif, cela correspond à une réduction de la quantité de charge (dq(t) < 0).

Remarques :
• Lorsque la quantité de charge d’un condensateur croît (dq(t) > 0) cela signifie que le
condensateur se charge. Un condensateur ne peut se charger infiniment. Aussi lorsqu’il
atteint sa charge maximale, notée Q, la quantité de charge dq(t) arrivant sur l’armature
du condensateur devient nulle. Par conséquent le courant circulant dans la branche
contenant le condensateur s’annule également (i(t)=0). Dans ce cas le condensateur est

30
équivalent à un circuit ouvert comme nous l’avons vu précédemment en régime
continu.
• Lorsque la quantité de charge d’un condensateur décroît (dq(t) < 0) cela signifie que le
condensateur se décharge. Un condensateur ne peut se décharger infiniment. Aussi
lorsqu’il est complètement déchargé, la quantité de charge dq(t) quittant l’armature du
condensateur devient nulle. Par conséquent le courant circulant dans la branche
contenant le condensateur s’annule également (i(t)=0). Dans ce cas le condensateur est
également équivalent à un circuit ouvert.

6.1.3 Relation tension – courant aux bornes d’une bobine


En régime transitoire et en régime permanent la relation
courant – tension est régie par le phénomène d’auto-
induction. Ce phénomène se traduit par l’apparition aux
bornes de la bobine d’une tension qui s’oppose à la variation
du courant qui la traverse. Cette tension est proportionnelle à
la variation du courant i(t) par rapport au temps est elle est
notée :
di (t ) d
u(t ) = L = L [i (t )] .
dt dt
La relation dépend également d’une constante L appelée inductance de la bobine (en henry H).
Lorsque le courant traversant la bobine croît (di(t) > 0), la tension est positive et lorsque le
courant décroît (di(t) < 0), la tension est négative.
Remarque :
En régime continu, lorsque le courant qui traverse la bobine est constant au cours du
temps (di(t) = 0) la tension aux bornes de la bobine est nulle. Dans ce cas la bobine est
équivalente à un court-circuit.

6.2 Réponse d’un circuit RC et RL à un échelon de tension ou de courant


6.2.1 Réponse d’un circuit RC

La charge du condensateur
Soit le circuit suivant constitué d’un générateur de tension idéal de f.é.m. E en série avec un
interrupteur K, d’une résistance R et d’un condensateur de capacité C. L’interrupteur est
initialement ouvert et le condensateur est déchargé. La tension aux bornes du condensateur est
donc nulle ainsi que la tension aux bornes de la résistance puisqu’il n’y a pas de courant qui
circule dans le circuit. A l’instant t = 0 l’interrupteur est fermé. En écrivant la loi des mailles
pour ce circuit nous obtenons :
E − uC (t ) − uR (t ) = 0 .

31
En exprimant la tension uC(t) aux bornes du condensateur en fonction de la charge q(t) et la
tensions uR(t) aux bornes de R en fonction du courant i(t) circulant dans le circuit et en
exprimant i(t) en fonction de la charge du condensateur q(t) on obtient :
q(t ) dq(t )
E − uC (t ) − Ri (t ) = E − −R =0.
C dt
Cette équation peut-être mis sous la forme suivante :
dq(t ) 1 E
+ q(t ) = .
dt RC R
Il s’agit d’une équation différentielle du premier ordre avec second membre non nul qui dont
la résolution donne l’évolution de la charge du condensateur en fonction du temps.
Pour résoudre cette équation on suppose dans premier temps que le second membre de
l’équation est nul. L’équation devient :
dq(t ) 1 dq(t ) 1
=− q(t ) puis =− dt .
dt RC q(t ) RC
Le terme de gauche correspond à la dérivée de la fonction logarithme népérien tel
dx
que d [Ln( x )] = . L’intégration par rapport au temps de la fonction précédente nous donne
x
alors :
t t
t − +C te −
Ln [q(t )] = − + C te soit q(t ) = e RC = Ae RC ou A est une constante homogène à une
RC
charge électrique que l’on doit déterminer.
L’équation initiale présentée un second membre non nul dont nous devons prendre compte
dans la recherche de la solution. Dans le cas d’un second membre constant par rapport au
temps la solution est donnée par l’équation suivante :
t

q(t ) = Ae + B ou B est une autre constante qu’il faut également définir.
RC

Pour trouver ces 2 inconnues il est nécessaire de considérer les conditions initiales du
problème. Nous avons dit dans l’énoncé que le condensateur était initialement déchargé. Soit
à t = 0, q(t = 0) = 0. En remplaçant t = 0 dans l’équation précédente on obtient la relation
suivante entre les constantes A et B : A+B=0. Soit A=-B. D’autre part en remplaçant
l’expression de q(t) dans l’équation différentielle on obtient :
dq(t ) 1 A − RC t
1 ⎛ − RC t
⎞ E
+ q(t ) = − e + ⎜ Ae − A⎟ = soit A = −CE = −Q qui est bien
dt RC RC RC ⎝ ⎠ R
homogène à une charge. La solution de l’équation régissant la charge du condensateur est
alors donnée par :
⎡ −
t
⎤ ⎡ −
t

q(t ) = CE ⎢1 − e ⎥ = Q ⎢1 − e ⎥ . On en déduit alors la tension aux bornes du
RC RC

⎣ ⎦ ⎣ ⎦
q(t ) ⎡ −
t

condensateur uC (t ) = = E ⎢1 − e RC ⎥ , l’intensité du courant circulant dans le circuit :
C ⎣ ⎦
t t
dq(t ) E − RC −
i (t ) = = e ou la tension aux bornes de la résistance : uR (t ) = Ri (t ) = Ee RC
.
dt R
Remarque :
Pour des raisons d’homogénéité de l’équation donnant q(t) le produit τ=RC est donc
homogène à un temps et défini ce qu’on appelle la constante de temps du circuit RC.

32
La représentation graphique de q(t) donne
l’allure de la charge du condensateur.
Grâce à cette courbe on constate que la
charge du condensateur tend au cours du
temps vers la charge Q qui représente la
charge maximale du condensateur. La
vitesse de charge du condensateur dépend
de la constante de temps τ. La figure
représente différentes courbes de charge
du condensateur C pour différentes
valeurs de résistance. Pour déterminer
graphiquement la valeur de la constante de
temps d’un circuit RC on utilise la
tangente à l’origine (T) de la courbe q(t)
Q
d’équation : y = t . La tangente coupe
RC
alors l’asymptote horizontale d’ordonnée
Q en t = τ.

La décharge du condensateur

Considérons toujours le même circuit une


fois le condensateur complètement chargé. A
un instant t1 que l’on considèrera comme
nouvelle origine des temps, on éteint le
générateur de tension idéal qui, nous le
rappelons, est alors équivalent à un court-
circuit. Le circuit équivalent est alors donné
par la figure ci-contre.
La loi des mailles donne :
uR (t ) + uC (t ) = 0 .

33
Par la même méthode que pour la charge du condensateur en remplaçant les tensions par leurs
expressions en fonction du courant et de la charge du condensateur on obtient :
dq(t ) 1
+ q(t ) = 0 .
dt RC
La résolution de cette équation différentielle
avec second membre nul s’établi de la même
façon que pour la charge et on trouve :
t t
− −
q(t ) = CEe RC = Qe RC . La charge du
condensateur va alors décroître au cours du
temps et tendre vers 0. La représentation
graphique de la décharge du condensateur
permet comme pour la charge de déduire la
constante de temps en utilisant la tangente à
l’origine.

Comme dans le cas de la charge, à partir


de l’expression de la charge q(t) il est
possible d’en déduire l’expression de i(t)
uR(t) ou uC(t).

t t
− −
q(t ) = CEe RC
= Qe RC

t t
E − RC −
i (t ) = − e = −I0e RC
R
t

uR (t ) = −Ee RC

t

uC (t ) = Ee RC

6.2.2 Réponse d’un circuit RL


Nous considérons cette fois un circuit comprenant un générateur de tension idéal de f.é.m. E
en série avec une résistance R et une bobine d’inductance L et d’un interrupteur K.

Fermeture du circuit
A l’instant t = 0 l’interrupteur est fermé. La loi des mailles donne alors : E − uL (t ) − uR (t ) = 0 .

34
On exprime cette fois les tensions en fonction du courant i(t), soit l’équation différentielle du
premier ordre avec second membre constant et non nul :

di (t ) R E
+ i (t ) = .
dt L L

La résolution de cette équation donne :


E⎡ − t⎤
R
⎡ − t⎤
R
i (t ) = ⎢1 − e ⎥ = I0 ⎢1 − e L ⎥ .
L
R⎣ ⎦ ⎣ ⎦
L’interprétation de cette équation montre que
la présence de la bobine s’oppose à
l’établissement instantané du courant dans le
circuit et que celui-ci s’établit avec une
L
constante de temps définie par τ = . La
R
tension aux bornes de la bobine s’exprime
R
di (t ) − t
alors : uL (t ) = L = Ee L et aux bornes
dt
de la résistance on a:
⎡ − t⎤
R
uR (t ) = Ri (t ) = E ⎢1 − e L ⎥ .
⎣ ⎦
A l’instant où l’interrupteur est fermé le courant dans le circuit est nul et la tension aux bornes
de la bobine est égale à la f.é.m. du générateur. Au fur et à mesure que le courant croît dans le
circuit la tension aux bornes de la bobine décroît alors que la tension aux bornes de la
résistance croît. Lorsque que le nouveau régime continu est atteint la tension aux bornes de la
bobine est nulle et elle est alors équivalente à un court-circuit.

Remarque :
La présence d’une bobine dans un circuit induit en général un retard au démarrage d’un
dipôle actif.

35
Extinction de la source

Une fois que le nouveau régime continu c’est


établi on éteint à l’instant t1 (que nous
considérons comme nouvelle origine des
temps) le générateur de tension. La loi des
mailles nous donne cette fois :
di (t ) R
uL (t ) + uR (t ) = 0 , soit + i (t ) = 0 .
dt L
R
− t
D’où la solution i (t ) = I0e L
. Nous rappelons
E
qu’initialement il circulait un courant I0 =
R
dans le circuit.

6.3 Puissance consommée par un dipôle

Nous avons dans le chapitre sur le régime continu


que la puissance fournie ou consommée par un
dipôle D est égale au produit entre la tension à ses
bornes et le courant qui le traverse. En régime
transitoire la définition de la puissance est identique,
toutefois en régime transitoire cette puissance va
dépendre du temps telle que : P (t ) = u(t ) ⋅ i (t ) .
En tenant compte des relations courant – tension pour les différents dipôles on obtient les
relations suivantes pour les puissances consommées par une résistance R un condensateur C
ou une bobine L.

Dipôle Relation courant - tension Puissance consommée


Résistance R uR (t ) = Ri (t ) PR (t ) = Ri 2 (t )
Condensateur C dq(t ) du (t ) duC (t ) d ⎡ 1 2 ⎤
i (t ) = =C C PC (t ) = CuC (t ) = ⎢ CuC (t )⎥
dt dt dt dt ⎣ 2 ⎦
Bobine L di (t ) di (t ) d ⎡ 1 2 ⎤
uL (t ) = L PL (t ) = Li (t ) = ⎢ Li (t )⎥
dt dt dt ⎣ 2 ⎦

36
6.3.1 Puissance consommée dans un circuit RC
Considérons le circuit RC étudié au §6.2.1. Représentons la puissance consommée ou fournie
par les différents dipôles après la fermeture de l’interrupteur.

Puissance fournie par le générateur :


E 2 −τt
PG (t ) = E ⋅ i (t ) = e
R
Puissance consommée par la résistance :
E 2 −2τt
PR (t ) = uR (t ) ⋅ i (t ) = Ri (t ) =
2
e
R
Puissance consommée par le condensateur :
E 2 −τt ⎡ − ⎤
t
PC (t ) = uC (t ) ⋅ i (t ) == e ⎢1 − e τ ⎥
R ⎣ ⎦
On constate qu’à tout instant la puissance dissipée par les dipôles R et C est égale à la
puissance fournie par le générateur : PG (t ) = PR (t ) + PC (t ) .

Le condensateur a stocké sous forme d’une charge Q une partie de l’énergie fournie par le
générateur. Après extinction du générateur, le condensateur va alors se comporter comme un
générateur qui va rendre l’énergie emmagasinée qui sera alors dissipée par la résistance. D’où
E ² −2τt
PR (t ) = PC (t ) = e .
R

6.3.2 Puissance consommée dans un circuit RL


Considérons le circuit RL étudié au §6.2.2. Représentons la puissance consommée ou fournie
par les différents dipôles après la fermeture de l’interrupteur.
Puissance fournie par le générateur :
E2 ⎡ − ⎤
t
PG (t ) = E ⋅ i (t ) = ⎢1 − e ⎥
τ
R ⎣ ⎦
Puissance consommée par la résistance :
2
E2 ⎡ − ⎤
t
PR (t ) = uR (t ) ⋅ i (t ) = Ri (t ) =
2
⎢1 − e ⎥
τ
R ⎣ ⎦
Puissance consommée par la bobine :
E 2 −τt ⎡ − ⎤
t
PL (t ) = uL (t ) ⋅ i (t ) = e ⎢1 − e ⎥ τ
R ⎣ ⎦
On constate qu’à tout instant la puissance dissipée par les dipôles R et L est égale à la
puissance fournie par le générateur : PG (t ) = PR (t ) + PL (t ) .
Après l’extinction du générateur, la bobine va s’opposer à l’extinction du courant dans le
circuit en voyant apparaître une tension à ses bornes. La bobine va alors se comporter comme
un générateur qui va fournir une puissance qui sera dissipée par la résistance. D’où
2t
E² − τ
PR (t ) = PL (t ) = e .
R

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