Vous êtes sur la page 1sur 4

Université René Descartes – UFR Mathématiques et Informatique

Licence 3ème année MIA


E5 Economie de l’incertain – 2007-2008

Contrôle du 16 novembre 2007 (1 heure 30)


Correction

Exercice 1 : Soit un investisseur dont la fonction d’utilité est une fonction logarithmique du
type :

U (W ) = ln (W )
où W est la richesse de cet agent. Sa richesse de première période est supposée égale à
500 euros.

1. Supposons qu’il soit confronté à une situation où la probabilité de gagner ou de perdre 100
euros est égale à 1/2. Si cet agent pouvait se protéger intégralement contre ce risque en
versant 12 euros, déciderait-il de le faire ?

Nous allons calculer la prime de risque, P, associée à la situation risquée. Pour cela,
calculons l’équivalent certain de cette situation, EC :
( )
EU W f = U (EC )
~

( )
⇔ E ln W f = ln(EC )
~

ln(500 + 100 ) + ln(500 − 100 ) = ln(EC )


1 1

2 2

D’où EC = 489,89 et la prime de risque, P = E(wf) – EC avec E(wf) = 0,5 * (600 +400) =
500.
On obtient P = 500 – 489,89 = 10,10 < 12.
Par conséquent, cet individu décide de ne pas s’assurer.

2. Supposons qu’il accepte de courir le risque de la question 1. et qu’il perde, ce qui réduit sa
richesse à la somme de 400 euros. S’assurerait-il dans les mêmes termes si le jeu de la
question 1. lui était proposé à nouveau ?
On procède comme à la question 1.
Nous allons calculer la prime de risque, P’, associée à la situation risquée. Pour cela,
calculons l’équivalent certain de cette situation, EC’ :
( )
EU W f = U (EC' )
~

( )
⇔ E ln W f = ln(EC' )
~

ln(400 + 100 ) + ln(400 − 100 ) = ln(EC' )


1 1

2 2

D’où EC’ = 387,29.


On obtient P’ = 400 – 387,29 = 12,7 > 12.
Par conséquent, cet individu décide de s’assurer.
Son aversion pour le risque a augmenté avec la diminution de sa richesse.

3. Supposons maintenant que la richesse initiale du joueur soit de 1000 euros. Quelle somme
maximale serait-il prêt à payer pour ne pas s’exposer au risque décrit en 1. ? Commentez.

On procède comme pour les questions 1 et 2.


Nous allons calculer la prime de risque, P’’, associée à la situation risquée. Pour cela,
calculons l’équivalent certain de cette situation, EC’’ :
( )
EU W f = U (EC' ' )
~

( )
⇔ E ln W f = ln(EC' ' )
~

ln(1000 + 100 ) + ln(1000 − 100 ) = ln(EC' ' )


1 1

2 2
1 
⇔ EC' ' = exp  ln(1100 ) + ln(900 )
1
2 2 

Soit EC’’ = 994,98 et une prime de risque, P’’ = 1000 – 994,98 = 5,01
La prime de risque diminue avec la richesse car l’aversion pour le risque diminue avec
la richesse. On peut montrer facilement que le coefficient d’aversion absolue pour le

risque R a (w) =
1
est bien décroissant avec la richesse.
w

Exercice 2. Soient 2 loteries A et B :


A = (-60, 100 ; 0.5 , 0.5) et B = (-10, 20; 0.5, 0.5)

Quelle loterie préférera l’individu s’il adopte un critère espérance-variance ?


Calculons l’espérance et la variance de la loterie A :
EA = 0,5 * (-60) + 0,5 * 100 = 20
Var A = 0,5 * (-60-20)² + 0,5 * (100-20)² = 80² = 6400
Donc, la valeur associée à la loterie A est V(A) = 20 – k * 6400 avec k un réel.

Calculons l’espérance et la variance de la loterie B :


EB = 0,5 * (-10) + 0,5 * 20 = 5
Var B = 0,5 * (-10-5)² + 0,5 * (20-5)² = 15² = 225
Donc, la valeur associée à la loterie B est V(B) = 5 – k * 225.

Notre individu préférera la loterie A à la loterie B ssi V(A) > V(B)


soit 20 – 6400 k > 5 – 225 k ⇔ 15 > 6175 k ⇔ k < 15 / 6175.

On obtient le résultat suivant :


(i) A est préférée à B si k < 15 / 6175, ce qui se produit si l’individu est joueur (k < 0) ou
peu adversaire du risque.
(ii) B est préférée à A si k > 15 / 6175, ce qui se produit si l’individu relativement très
adversaire du risque.
(iii) L’individu est indifférent entre A et B si k = 15 / 6175, ce qui se produit seulement si
l’individu est adversaire du risque.

Exercice 3
Soit un individu possédant une richesse initiale w0 égale à 4 €. Il possède un billet de loterie
qui peut valoir 12 € avec la probabilité ½ et 0 € avec la probabilité ½. Ses préférences sont
représentées par la fonction d’utilité u (w) = w .
1/ Soit wf, le revenu futur de l’individu qui peut être égal à 4 + 12 = 16 € avec la probabilité ½
ou 4 + 0 = 4 € avec la probabilité ½.

Eu (w f ) =
1 1
16 + 4 = 3.
2 2
2/ Le plus petit prix p auquel il serait disposé à vendre le billet de loterie vérifie :
u(w0 + p) = Eu(wf)
soit ici 4 + p = 3 . On obtient donc p = 5 euros.
3/ Caractérisez son comportement dans le risque.
La fonction d’utilité étant strictement concave, l’individu est adversaire du risque.

4/ Supposons que son amie ait des préférences représentées par la fonction d’utilité
v(w) = 2 w + 4 . Si son amie prenait les décisions à sa place, quelle décision aurait-elle
prise en matière de choix de prix de vente du billet ?
On peut exprimer v(.) comme une fonction de u(.) : v(.) = 2u(.) + 4. Or, les préférences dans
le risque sont représentées, dans le modèle de von Neumann et Morgenstern, par une
espérance d’utilité définie à une transformation affine croissante près. Les deux individus ont
donc les mêmes préférences et prendront les mêmes décisions.

Exercice 4.
u" (w)
Le coefficient d’aversion absolue pour le risque s’écrit : R Au (w) = −
u' (w)
L’aversion absolue est décroissante de la richesse ssi dRAu (w) /dw < 0, soit
dR Au (w) u" ' (w)u' (w) − [u" (w)]
2
=− <0
dw [u' (w)]2
u" (w)  u' " (w) u" (w) 
⇔ − + <0
u' (w)  u' (w) u' (w) 

Comme u est croissante et concave, la condition pour que dRAu (w) /dw < 0 est
 u' " (w) u" (w)  u' " (w) u" (w)
− u' (w) + u' (w)  > 0 soit − u' (w) > − u' (w) > 0 .
 
Par conséquent, une condition nécessaire est (a) u’’’(.) >0 soit v(.) = -u’(.) est une fonction
concave.
v" (w) u' " (w)
(b) en posant R Av (w) = − , soit R Av (w) = − , on obtient qu’une condition
v' (w) u" (w)
nécessaire et suffisante pour que dRAu (w) /dw < 0 est que RAv (w) > RAu (w). Ceci signifie
qu’un individu doté de la fonction d’utilité v est plus adversaire du risque qu’un
individu doté de la fonction d’utilité u.

Barème: 6 + 4 + 5 + 5