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Projet de fin d’études

La précontrainte des planchers par post-tension

Auteur : MOUTAMANI Meriem


INSA Strasbourg, Spécialité Génie Civil, 5ème année

Tuteur INSA Strasbourg : Mme. MOUHOUBI Saïda


Professeur INSA Strasbourg

Tuteur Entreprise : M. PERRAUDIN Guillaume


Ingénieur commercial, FREYSSINET Nancy

Juin 2011

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 1


Résumé

L‟objet de mon projet de fin d‟études, qui s‟est déroulé au sein de l‟entreprise FREYSSINET
Nancy, est d‟étudier sur un exemple concret, « le parking de Montbéliard », les possibilités
offertes par la précontrainte des planchers par post tension.

Tout d‟abord, une étude bibliographique a été réalisée sur la précontrainte des planchers par
post tension. Par la suite, un calcul manuel d‟une dalle précontrainte a été mené, afin
d‟expliquer la méthodologie de calcul des planchers précontraints.

Ensuite, l‟étude du parking a débuté. Ses planchers sont prévus initialement en dalles
alvéolées et chape, ils ont été remplacés par des planchers précontraints par post tension. Le
pré dimensionnement de ces planchers a permis de conclure que la précontrainte par post
tension permet de diminuer l‟épaisseur des dalles et d‟augmenter l‟espacement des poteaux.

Dans la partie suivante, nous avons procédé à la modélisation du parking sur le logiciel Robot,
afin d‟appréhender précisément les contraintes dues au retrait et aux variations thermiques.
Cette modélisation a permis de conclure que grâce à la précontrainte longitudinale, le joint de
dilatation peut être supprimé.

Abstract

The purpose of my graduation project that I carried out in the company “FREYSSINET”
located in NANCY, is to study with a real example, « the car park of Montbéliard », the
benefits of prestressing floors by post tension.

First of all, a literature review has been made in regard with prestressed floors by post tension.
Then, a manual calculation of a prestressed slab was conducted to explain the calculation
methodology of prestressed floors.

After that, the study of the car park began. Its floors originally planned with hollow slabs and
screed, were replaced by prestressed floors by post tension. The presizing of these floors
allowed to the conclusion that prestressed floors reduces the thickness of the floor, and
increases the space between two poles.

In the next section, I performed the modelling of the car park by the “Robot” software. This
modelling allows us to conclude that with the longitudinal prestressing, the expansion joint
may be removed.

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Remerciements

Je tiens tout d‟abord à remercier M. Jacky Seantier de m‟avoir accueilli au sein de l‟entreprise
FREYSSINET Nancy.

Je souhaite remercier tout particulièrement Mr Guillaume Perraudin, mon tuteur entreprise,


pour son encadrement, sa patience et ses conseils.

Je tiens à remercier également Mme Saïda Mouhoubi, ma tutrice INSA qui m‟a suivi tout au
long de cette période.

Je remercie aussi Messieurs Jacques Meyzaud et Georges Beligné, tous les deux architectes
chez Meyzaud architectes, qui m‟ont permis de travailler sur le projet du Parking de
Montbéliard.

Enfin, je remercie tout le personnel de FREYSSINET. Spécialement, Benoît Jaglé, Pierre


Quinot, Valérie Darge, Gérard Chatendeau , Patricia Thiebaut et Didier Morretti qui m‟ont
accueilli chaleureusement.

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Introduction

La technique de la précontrainte par post tension est couramment utilisée pour la construction
d‟ouvrages d‟art partout dans le monde, tels que les ponts de grandes portées, les ouvrages
haubanés…

De nos jours, cette technique s‟applique de plus en plus à des bâtiments courants dans de
nombreux pays européens, mais aussi aux USA et en Australie, mais très peu en France.

Tout au long de ce projet de fin d‟études, je vais démontrer les principaux avantages de la
précontrainte par post tension pour les bâtiments, et notamment la diminution de la quantité
de matière, la suppression des joints de dilatation et par conséquent, dans certain cas, un
meilleur comportement face aux sollicitations sismiques.

Afin de mettre en évidence tous ces avantages, je vais procéder de la manière suivante :

Dans un premier temps, je vais faire une étude bibliographique sur les planchers précontraints
afin de mieux maitriser le sujet. Ensuite je vais procéder au calcul manuel d‟une dalle
précontrainte par post tension, afin d‟expliquer la méthodologie de calcul des planchers
précontraints.

L‟étape qui suit consistera à étudier le parking de Montbéliard, dont les planchers prévus en
dalle alvéolée et chape, vont être remplacés par des planchers coulés en place, précontraints
par post tension.

Ainsi à travers l‟étude de ces planchers, je vais faire une comparaison entre les deux
techniques : plancher précontraint par post tension et plancher en dalle alvéolée + chape.

Pour ce faire, je vais commencer par le dimensionnement des planchers du parking, à l‟aide
de la feuille de calcul de M. Thonier et je vais comparer l‟épaisseur des dalles et l‟espacement
des poteaux obtenus avec ceux de la solution initiale.

Ensuite la structure sera modélisée sur Robot afin d‟étudier la possibilité de la suppression du
joint de dilatation

Enfin pour démontrer que ce parking possède un meilleur comportement face au séisme par la
suppression de ces joints, je vais faire une analyse sismique du bâtiment à l‟aide du logiciel
Robot.

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Sommaire

Résumé .................................................................................................................................................... 2
Abstract ................................................................................................................................................... 2
Remerciements ....................................................................................................................................... 3
Introduction............................................................................................................................................. 4
Sommaire ................................................................................................................................................ 5
Tables des figures .................................................................................................................................... 7
Table des tableaux................................................................................................................................... 8
1 Présentation de l’entreprise ............................................................................................................ 9
2 Généralités sur la précontrainte des planchers .............................................................................. 9
2.1 Définition de la précontrainte ................................................................................................. 9
2.2 Précontrainte des planchers ................................................................................................. 10
2.3 Mise en œuvre de la précontrainte des planchers ............................................................... 13
2.4 Types de précontrainte ......................................................................................................... 15
2.5 Types de planchers ................................................................................................................ 17
2.6 Ancrages ................................................................................................................................ 18
3 Calcul manuel d’une dalle précontrainte à une travée ................................................................. 19
3.1 Description de la dalle ........................................................................................................... 19
3.2 Variante n°1 : Dalle nervurée ................................................................................................ 21
3.2.1 Données ......................................................................................................................... 21
3.2.2 Détermination de la force de précontrainte en différents points de la dalle. .............. 23
3.2.2.1 Pertes instantanées ................................................................................................... 23
3.2.2.2 Pertes différées ......................................................................................................... 26
3.2.2.3 Force de précontrainte .............................................................................................. 29
3.2.3 Contraintes totales ........................................................................................................ 30
3.2.4 Aciers passifs ................................................................................................................. 33
3.2.4.1 Détermination des armatures passives à l’ELU ......................................................... 33
3.2.4.2 Détermination des armatures passives à l’ELS caractéristique................................. 34
3.2.4.3 Calcul de l’ouverture des fissures à l’ELS quasi permanent ...................................... 34
3.2.5 Conclusion ..................................................................................................................... 34

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3.3 Variante n°2 : Dalle en béton armé portée par deux poutres précontraintes ...................... 35
3.4 Comparaison des deux variantes .......................................................................................... 35
4 Projet de Montbéliard ................................................................................................................... 37
4.1 Présentation du parking ........................................................................................................ 37
4.2 Acteurs du projet ................................................................................................................... 39
4.3 Données du site ..................................................................................................................... 40
4.4 Etudes de sols ........................................................................................................................ 40
4.5 But du projet ......................................................................................................................... 41
5 Pré- dimensionnement des planchers........................................................................................... 41
5.1 Organigramme de calcul ....................................................................................................... 41
5.2 Pré- dimensionnement .......................................................................................................... 43
5.2.1 Tronçon n°1 ................................................................................................................... 45
5.2.1.1 Insertion des données ............................................................................................... 46
5.2.1.2 Résultats .................................................................................................................... 49
5.2.1.3 Conclusion ................................................................................................................. 52
5.2.2 Tronçon n°2 ................................................................................................................... 54
5.2.3 Tronçon n° 3 .................................................................................................................. 54
6 Suppression des joints de dilatation ............................................................................................. 56
6.1 Modélisation du Parking........................................................................................................ 57
6.2 Retrait .................................................................................................................................... 58
6.2.1 Calcul du retrait ............................................................................................................. 58
6.2.2 Contraintes dues au retrait ........................................................................................... 59
6.3 Variation thermique .............................................................................................................. 61
6.4 Combinaisons d’action .......................................................................................................... 61
6.5 Contraintes totales ................................................................................................................ 62
6.5.1 Cas n°1 : Retrait et variation de température de –40°. ................................................. 62
6.5.2 Cas n° 2 : Retrait et variation de température de + 30°. ............................................... 64
6.6 Câbles longitudinaux ............................................................................................................. 65
6.7 Conclusion ............................................................................................................................. 66
7 Etude sismique .............................................................................................................................. 67
7.1 Interaction Sol-Structure (ISS) ............................................................................................... 67
7.2 Caractéristiques du sol .......................................................................................................... 68
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7.3 Raideur des appuis ................................................................................................................ 69
7.4 Analyse modale ..................................................................................................................... 73
7.5 Conclusion ............................................................................................................................. 74
8 Chiffrage estimatif du plancher haut R+1 du parking en précontrainte par post tension ............ 76
Conclusion ............................................................................................................................................. 77
Bibliographie.......................................................................................................................................... 78

Tables des figures

Figure 1 : Parlement Européen de Strasbourg ...................................................................................................... 10


Figure 2 : Parking en béton armé .......................................................................................................................... 11
Figure 3 : Parking en béton précontraint .............................................................................................................. 11
Figure 4 : Mise en place de chaise support ........................................................................................................... 13
Figure 5 : Mise en tension des câbles .................................................................................................................... 14
Figure 6 : Précontrainte non adhérente ................................................................................................................ 15
Figure 7 : Précontrainte adhérente ....................................................................................................................... 16
Figure 8 : Ancrage 4 torons avec système d’injection ........................................................................................... 18
Figure 9 : Unité monotoron ................................................................................................................................... 18
Figure 10 : Ecole maternelle .................................................................................................................................. 19
Figure 11 : Vue en plan de l’école .......................................................................................................................... 20
Figure 12 : Section transversale ............................................................................................................................ 21
Figure 13 : Pertes par recul d’ancrage. (Fig 7.7 du guide du Sedip) ...................................................................... 25
Figure 14 : Section transversale de la dalle ........................................................................................................... 35
Figure 15 : Parking de Montbéliard ....................................................................................................................... 37
Figure 16 : Coupe verticale du parking .................................................................................................................. 38
Figure 17 : vue en plan du Parking ........................................................................................................................ 39
Figure 18 : Nouveau zonage sismique ................................................................................................................... 40
Figure 19 : tronçon 3 modélisé par RDM6 ............................................................................................................. 54
Figure 20 : Modélisation du parking sur Robot ..................................................................................................... 57
Figure 21 : Maillage du parking ............................................................................................................................ 58
Figure 22 : Répartition des contraintes dues aux retraits pour les planchers hauts R+2 ...................................... 60
Figure 23 : Les différents sondages ....................................................................................................................... 68
Figure 24 : Modélisation du pieu ........................................................................................................................... 72
Figure 25 : Modèle sur appuis élastiques .............................................................................................................. 73
Figure 26 : Paramètre de l’analyse modale ........................................................................................................... 74

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Table des tableaux

Tableau 1 : Type de précontrainte par pays .......................................................................................................... 16


Tableau 2 : Contraintes et forces de précontraintes ............................................................................................. 29
Tableau 3 : Contraintes sous combinaisons caractéristiques ................................................................................ 31
Tableau 4 : Contraintes sous combinaison quasi permanentes ............................................................................ 32
Tableau 5 : Contraintes sous combinaisons fréquentes ........................................................................................ 33
Tableau 6 : Comparaison entre les deux variantes ............................................................................................... 36
Tableau 7 : les charges s’exerçant sur les planchers ............................................................................................. 43
Tableau 8 : Contraintes de traction sous combinaisons caractéristiques ............................................................. 62
Tableau 9 : Contraintes de traction sous combinaisons fréquentes ...................................................................... 63
Tableau 10 : Contraintes de traction sous combinaisons caractéristiques ........................................................... 63
Tableau 11 : Contraintes de compression sous combinaisons caractéristiques .................................................... 64
Tableau 12 : Nombre de câbles nécessaire à la reprise du retrait ........................................................................ 65
Tableau 13 : Longueur des pieux ........................................................................................................................... 70
Tableau 14 : Valeurs de Kf ..................................................................................................................................... 70
Tableau 15 : Valeurs de Kf retenues ...................................................................................................................... 71

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1 Présentation de l’entreprise

La présentation de Freyssinet est en annexe 1.

2 Généralités sur la précontrainte des planchers

2.1 Définition de la précontrainte

Eugène Freyssinet, inventeur de la précontrainte l‟a définit en 1928 comme suit :

« Pré contraindre une construction, c‟est la soumettre, avant l‟application des charges, à des
forces additionnelles déterminant des contraintes telles que leur composition avec celles qui
proviennent des charges donne en tout point des résultantes inférieures aux contraintes limites
que la matière peut supporter indéfiniment sans altération. »

Tout comme le béton armé, la technique du béton précontraint associe le béton et l‟acier ;
cependant ces deux techniques ne fonctionnent pas de la même manière.

Le béton précontraint offre plus d‟avantage que le béton armé car il permet de tirer le meilleur
parti des deux éléments qui le composent.

En effet, la technique de la précontrainte consiste à comprimer initialement le béton pour


qu‟en tous points les compressions soient supérieures aux tractions qui se développeront
ultérieurement.

Le béton, matériau qui présente une faible résistance à la traction, se trouve ainsi utilisé au
mieux de ses capacités en ne travaillant qu‟en compression.

La précontrainte permet la réalisation d‟ouvrage supportant une capacité élevée (Ponts), mais
aussi des éléments de faibles épaisseurs et qui permettent d‟obtenir des portées plus
importantes.

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2.2 Précontrainte des planchers

Très utilisée dans de nombreux pays Européens, mais aussi aux USA, la technique des
planchers précontraints par post tension est peu utilisée en France. Elle a été appliquée lors de
la réalisation de parkings de centres commerciaux dans les années 70, le ministère des
Finances au début des années 80 et le Parlement Européen de Strasbourg en 1998. Mais dans
tous ces cas, cette technique a été utilisée du fait des limites techniques du béton armé et non
d‟une volonté d‟optimisation de ces structures. Ceci s‟explique par le fait que les bureaux
d‟études ne sont pas habitués à la calculer, en plus des mauvaises idées reçues la concernant et
notamment son coût, son temps de mise en œuvre et son côté contraignant.

Figure 1 : Parlement Européen de Strasbourg

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 Avantages:

Pour éclairer au maximum les avantages de la technique des planchers précontraints par post
tension, il faut procéder tout simplement à la comparaison des deux photos ci dessous, l‟une
correspondant à un parking en béton armé avec son nombre important de poteaux et ses
retombées de poutres, et l‟autre en béton précontraint avec beaucoup plus d‟espace libre et
donc offrant une meilleure circulation et un meilleur stationnement.

Figure 2 : Parking en béton armé

Figure 3 : Parking en béton précontraint

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Ainsi, quelques un des principaux avantages de la précontrainte des planchers sont la
réduction des retombées de poutre, l‟augmentation des portées ainsi que l‟allégement des
structures par la diminution de l‟épaisseur des planchers, et donc qui dit allégement de
structure dit économie des matériaux et diminution du coût global.

D‟autres avantages qu‟offre cette technique :

 Réduction des retombées de poutre.


 Une meilleure maîtrise de la fissuration.
 Réduction voire suppression de joints de dilatation.
 Bon comportement face au séisme.
 Compensation des flèches dues aux charges permanentes et une partie des charges
d‟exploitation.
 Adaptation à la géométrie variable et complexe des bâtiments.
 Gain de temps sur chantier.
 Depuis 2006, avec le passage du mode de calcul du BPEL (béton précontraint aux
états limites) à l‟Eurocode, un changement important est apparu en ce qui concerne la
diminution des quantités d‟acier passif et donc du prix de revient.
 Fondations moins importantes car le poids propre de la structure est moins important.

Un autre avantage qui s‟avère très important de nos jours est la participation de cette
technique au développement durable. En effet, en diminuant la quantité de matériaux de
construction, on diminue l‟impact CO2 et on économise de l‟énergie.

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2.3 Mise en œuvre de la précontrainte des planchers

Les étapes de mise en œuvre des planchers précontraints par post tension sont les mêmes que
pour un plancher en béton armé coulé en place : coffrage, ferraillage, bétonnage et décoffrage.
La seule différence est qu‟en béton précontraint il y a une phase supplémentaire qui est la
mise en tension des câbles de précontraintes après bétonnage du béton, et une fois que ce
dernier ait atteint une résistance suffisante.

La mise en tension des câbles doit être réalisée par un personnel très qualifié issu d‟une
entreprise spécialisée (en France, une certification délivrée par l‟ASQPE est nécessaire pour
la mise en œuvre de la précontrainte par post tension).

 Coffrage :

Le coffrage d‟une dalle précontrainte par post tension est du même type qu‟une dalle en béton
armé coulée en place. Cependant, étant donné que l‟épaisseur d‟une dalle précontrainte est
inférieure à celle d‟une dalle en béton armé, un coffrage « allégé » peut être utilisé. Il est
possible de couler sur des prédalles.

 Ferraillage :

Les gaines sont mises en œuvre en même temps que le ferraillage passif éventuellement
nécessaire.
Les câbles de précontrainte sont préfabriqués soit sur chantier, soit en usine. Ensuite ils sont
disposés sur des supports ponctuels (chaises d‟appui) afin d‟assurer l‟ondulation des câbles
selon un tracé bien précis.

Figure 4 : Mise en place de chaise support

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 Bétonnage :

Le bétonnage est réalisé par pompage, et donc de gros volumes sont réalisés en une durée très
courte.

 La mise en tension

La mise en tension est effectuée après que le béton ait atteint la résistance requise (15 à 25
Mpa sur cylindre) donc environ 1 et 3 jours après la fin du bétonnage.

Le matériel de mise en tension est un matériel léger, permettant une manipulation manuelle
des vérins monotorons d‟un poids d‟environ 25 Kg.

Figure 5 : Mise en tension des câbles

 Décoffrage

Le décoffrage peut avoir lieu immédiatement après la mise en tension. Le plancher devient
autoporteur, et des étaiements très légers sont mis en place après décoffrage pour la poursuite
du chantier et la mise en place du coffrage des niveaux supérieurs, contrairement à un
plancher en béton armé qui nécessite le maintien de l‟étaiement plusieurs jours après la
dépose du coffrage.

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2.4 Types de précontrainte

La précontrainte par post tension est réalisée par des armatures (généralement des câbles ou
des torons) mises en tension lorsque le béton a acquis une résistance suffisante lui permettant
de supporter les efforts de compression auxquels il est soumis. Les armatures doivent
coulisser librement dans le béton, et sont disposées directement dans des conduits et
s‟appuient sur les extrémités de la pièce à pré contraindre par l‟intermédiaire de système
d‟ancrage.

 Précontrainte non adhérente, représentée par les torons gainés graissés ou par les
gaines injectées avec un produit souple (cire, graisse, etc.) et sont directement
positionnés dans les coffrages.

Figure 6 : Précontrainte non adhérente

 Précontrainte adhérente, représentée par des torons nus enfilés dans des gaines
nervurées métalliques ou plastiques. Ces torons sont protégés après mise en tension
par une injection au coulis de ciment.

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Figure 7 : Précontrainte adhérente

L‟utilisation du type adhérent ou non, dépend du pays dans lequel nous nous trouvons . Le
tableau ci-dessous présente différents pays ainsi que leur méthode de post tension.

95% précontrainte non 95% précontrainte


Mix
adhérente adhérente
Pologne Grande Bretagne Corée
Pays bas Espagne Turquie
Belgique Moyen- orient
Hongrie Thaïlande
Pays Roumanie Malaisie
Afrique du Sud Singapour
Indonésie
Australie
Argentine

Tableau 1 : Type de précontrainte par pays

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2.5 Types de planchers

Il existe trois types de dalles précontraintes :

 Les planchers-dalles reposant directement sur les poteaux sans poutres, avec ou sans
chapiteau

Sans chapiteau Avec chapiteau

 Les dalles reposant sur des files de poutres parallèles dans une ou deux directions.

Dans une direction Dans deux directions

 Les planchers nervurés ou en caisson.

Nervuré Caisson

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2.6 Ancrages

Les ancrages sont des dispositifs placés à l‟extrémité d‟une armature de précontrainte par
post-tension pour transmettre l‟effort de précontrainte au béton.

Il comprend en général une trompe d'épanouissement, une plaque d'ancrage et des armatures
de frettage du béton. C'est l'endroit ou l'on effectue la mise en tension des armatures.

-Exemple d‟ancrage pour précontrainte adhérente :

Figure 8 : Ancrage 4 torons avec système d’injection

-Exemple d‟ancrage pour précontrainte non adhérente :

Figure 9 : Unité monotoron

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3 Calcul manuel d’une dalle précontrainte à une travée

Avant de commencer le pré-dimensionnement des planchers de notre parking avec la feuille


de calcul de M. Thonier, il a paru nécessaire de faire, dans un premier temps, une application
manuelle sur une dalle isostatique afin d‟expliquer la méthodologie de calcul des planchers
précontraints.

3.1 Description de la dalle

La dalle que nous allons étudier est une dalle appartenant à l‟école maternelle quartier Gerteis
Orsa à Ensisheim, il s‟agit du préau de cet école. Cette dalle a été prévue initialement en
structure poutre sur poteau, nous allons la réétudier avec de la précontrainte par post tension.

Figure 10 : Ecole maternelle

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 19


Préau

Figure 11 : Vue en plan de l’école

La dalle du préau est de forme trapézoïdale, sa grande base vaut 24m et sa petite base 20m, et
elle a pour largeur 8 m.

Pour faciliter le calcul, nous allons la considérer comme étant de forme rectangulaire de 24m
de long et 8m de large. La dalle sera portée dans le sens longitudinal et donc suivant les 24m.

Nous avons pris en compte des charges permanentes correspondant au


revêtement et l‟étanchéité, et des surcharges de neige de .

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3.2 Variante n°1 : Dalle nervurée

Etant donné la grande portée de la poutre, nous supposerons que le type de plancher que nous
allons mettre en œuvre est un plancher nervuré.

Nous allons considérer une épaisseur de dalle de 85cm.


0,25
0,85

0,2 0,3 0,2 0,3 0,2 0,6

Figure 12 : Section transversale

3.2.1 Données

Armatures de précontrainte

 Types de torons

Nous allons utiliser des torons de type T15S dont la section est 150mm².

 Résistance en traction

La résistance en traction fpk est de 1860 Mpa, et la limite d‟élasticité conventionnelle à 0,1 %
f p 0,1k est de 1653 Mpa .

 Module d‟Young

Le module d‟Young est : Ep= 195 Gpa .

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 21


 Espacement des câbles

Nous supposons un espacement de câble de 0,15 m, et une précontrainte non adhérente , et


nous prendrons un toron par câble.

 Valeur de µ et k

Les valeurs de µ et de k sont données dans l‟Agrément Technique Européen concerné. La


valeur de µ dépend des caractéristiques de surface des armatures et de la gaine, de la présence
ou non de rouille, de l‟allongement de l‟armature et de son tracé.

La valeur de k pour la déviation angulaire parasite dépend de la qualité d‟exécution, de la


distance entre point d‟appui de l‟armature, du type de conduit ou de gaine employée et du
niveau de vibration utilisé lors de la mise en œuvre du béton.

Nous prenons µ=0,05 et k=0,007

Classe d’environnement

Les conditions d‟exposition sont les conditions physiques et chimiques auxquelles la structure
est exposée, dans notre cas nous nous trouvons en classe XC2, ce qui correspond à un béton à
l‟intérieur de bâtiments où le taux d‟humidité de l‟air ambiant est moyen ou élevé. Le taux
d‟humidité relative est d‟environ 50%, car nous considérons que des classes supplémentaires
seront crées au dessous du préau.

Béton :

La résistance en compression du béton est , la classe de ciment est de type 42,5


N, la durée de la cure est égale à deux jours et l‟âge du béton à la mise en tension est de 10
jours.

Distance d’enrobage :

L‟enrobage est la distance entre la surface de l‟armature la plus proche de la surface du béton
et cette dernière.

cnom  cmin  Cdev

Le calcul est fait selon l‟article 4.4.1.2 de l‟Eurocode 2. Les détails du calcul sont donnés en
annexe 2.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 22


3.2.2 Détermination de la force de précontrainte en différents points de la dalle.

La mise en tension sera effectuée d‟un seul côté uniquement.

Et la force de précontrainte dans les torons sera déterminée après calcul des pertes
instantanées et différées.

3.2.2.1 Pertes instantanées

Les pertes instantanées de précontrainte sont les suivantes :

 Frottement
 Recul d‟ancrage
 Déformation élastique du béton

Pertes par frottement

D„après l‟article 5.10.5.2 (1) de l‟Eurocode 2, la perte de précontrainte par frottement est
donnée par :

 f   p max  (1  e  µ( kx ) )

Avec :

longueur du câble entre l‟ancrage et le point de calcul.

: la somme des variations angulaires

. Son détail de calcul est fourni en annexe 2.

Or :

 p max  Min[k1 . f pk ; k 2 . f p 0,01K ]

Et :  p max  0,8  1860  1488MPa

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Ainsi :

 f  1488  (1  e 0,05(0, 2950,007x ) )

La dalle va être subdivisée en plusieurs tronçons. Et les valeurs des pertes par frottement
et des contraintes après frottement sont données en annexe 2.

Pertes par recul d’ancrage

D‟après l‟Agrément Technique Européen, le glissement d‟ancrage g est de 6mm. Et d‟après


§7.10.2 du guide sur la précontrainte dans le bâtiment du Sedip , les paramètres permettant de
calculer ces pertes sont les suivant :

La pente de la droite reliant les contraintes à l‟abscisse x est :

p   0 .µ.(  kx)

D‟où :

p  1488.0,05.(0,295  0,007  24) / 24  1,4MPa / m

La longueur d‟influence du recul d‟ancrage  o est donnée par :

g.Ep
0 
p

Donc :

6.195
0   28,9m  L  24m
1,02

Donc dans ce cas là, le glissement à l‟ancrage se répercute jusqu‟à l‟autre extrémité, comme
on le voit sur le schéma ci dessous :

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 24


Figure 13 : Pertes par recul d’ancrage. (Fig 7.7 du guide du Sedip)

A l‟ancrage,

Et à une distance L, nous avons :

Donc :

6  10 3  195  10 3
 2  1488   1439,25MPa
24

Et :  3   2  p.L  1439,25  1,4  24  1405,65MPa

Les valeurs des contraintes après recul d‟ancrage en fonction de l‟abscisse sont données en
annexe 2.

Pertes par déformation élastique du béton

D‟après l‟article 5.10.5.1(2) de l‟Eurocode 2, les pertes par raccourcissement élastique du


béton sont données par :

j. c
 el  Ep 
Ecm

n 1
Avec j  que l‟on prendra égal à j=0,5
2n

 c   c (t ) = variation de contrainte au centre de gravité des armatures à l‟âge t.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 25


Ecm (t ) = module instantané du béton au temps t, son détail de calcul en fonction du temps est
donnée en annexe 2.

(Pour le calcul, t correspondant à la mise en tension et il est égale à : t=10j)

E p  195GPa pour les torons.

p mi
D‟après le guide sur la précontrainte dans le bâtiment du Sedip, nous avons :  c  avec
AC
Pmi  AP  ( p max  ( µ   sl ))

et : (Aire des armatures de précontrainte)

et :

Les valeurs des pertes de précontrainte par raccourcissement élastique du béton sont données
en annexe 2.

La contrainte  pmo après pertes instantanées en fonction des abscisses est donnée par :

 pmo   p max  ( µ   sl   el )

Les valeurs sont données en annexe 2.

3.2.2.2 Pertes différées

D‟après l‟article 5.10.6 de l‟Eurocode 2, l‟expression totale des pertes différés (pertes dues au
retrait, fluage et dessiccation) est donnée par :

 cs .Ep  0.8 pr  ( Ep Ecm ). (t , to ).


 C  S  R 
c ,QP

Ep AP A
1 . .(1  c .zcp ²).(1  0.8 (t , to ))
Ecm Ac Ic

Avec :

 cs : Retrait (endogène + dessiccation)

 pr : Valeur absolue des pertes de précontrainte par relaxation

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 26


Ep : Module d‟élasticité de l‟acier de précontrainte

Ecm : Module d‟élasticité du béton

 (t , to) : Coefficient de fluage à l‟instant t, pour une charge appliquée à l‟instant to

 c,QP : Contrainte dans le béton au voisinage des armatures

A p : L‟aire de la section de toutes les armatures de précontrainte à l‟abscisse x

Ac : L‟aire de la section droite du béton

I c : Le moment d‟inertie de la section du béton

Z cp : Distance entre le centre de gravité de la section du béton et les armatures de


précontrainte

Calcul du retrait

Il y a deux types de retrait, le retrait de dessiccation qui est lié au séchage qui se manifeste
avant, pendant et après la prise du béton et le retrait endogène qui est lié à la contraction du
béton en cours d‟hydratation.

 cs   cd   ca

Pour t=57 ans, soit 20805 jours, on a :

 cd (20805)  0,00029455

 ca (20805)  0,00005

 cs  0,00034455

Le calcul du retrait est fait selon l‟article 3.1.4(6) de l‟Eurocode 2, le détail de ce calcul est
fourni en annexe 2.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 27


Calcul du coefficient de fluage

Dans le cas de notre dalle, la contrainte de compression dans le béton à l‟âge ( ne


dépasse pas la valeur de 0,45 f ck (10 j ) = 0,45  ( f cm (10 j )  8) = 0,45  (32,11  8)  10,85Mpa

Donc nous ne prenons pas en compte le coefficient de fluage théorique non-linéaire, mais
uniquement le coefficient  (, t 0 ) .

D‟après la figure 3.1 de l‟Eurocode 2 et pour une humidité relative de 50%, nous obtenons un
coefficient de fluage  (, t 0 )  2,15 .

Calcul des pertes de précontrainte par relaxation

D‟après l‟article 3.3.2 (7) de l‟Eurocode 2, la contrainte de pertes par relaxation est donnée
par :

t 0.75(1u )
 pr  0.66  1000  e 9.1u  ( )  10 5   pmo
1000

Avec :

1000  2.5% pour des torons à basse relaxation

 pmo : Contrainte après pertes instantanées

 pmo
µ Avec f pk  1860Mpa (valeur caractéristique de la résistance en traction de
fpk
l‟acier de précontrainte)

La valeur sera calculée à l‟infini, et d‟après l‟article 3.3.2 (7) l‟Eurocode 2, la valeur à l‟infini
peut être prise à soit 500000h.

Les valeurs de pour les différentes abscisses sont données en annexe 2.

: contrainte initiale dans le béton sous les combinaisons quasi permanentes

D‟après le guide sur la précontrainte des planchers du SEDIP , nous avons :

(car l‟effort de précontrainte est choisi pour compenser plus ou moins les charges
permanentes et une partie des charges d‟exploitation.)

Les valeurs de sont données en annexe 2.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 28


Valeur de zcp= (eo : excentricité)

Les valeurs de l‟excentricité sont données en annexe 2.

Les valeurs des pertes différées  c  s  r en fonction des abscisses x sont fournies en annexe
2.

3.2.2.3 Force de précontrainte

Les valeurs des contraintes ainsi que celle de la force de précontrainte dans l‟ensemble des 7
torons après déduction des pertes instantanées et des pertes différées sont regroupées dans le
tableau ci dessous :

(MPa) (MN)
0 1295,96 1,29
2,85 1301,1 1,3
5,7 1307,4 1,3
8,55 1313,4 1,31
11,4 1318,3 1,32
12 1319,1 1,32
14,25 1318,7 1,32
17,1 1323,9 1,32
19,95 1325,27 1,32
22,8 1327,1 1,33
24 1328,45 1,33

Tableau 2 : Contraintes et forces de précontraintes

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 29


3.2.3 Contraintes totales

Les combinaisons de charges que nous allons étudier sont ci-dessous, elles ont été
déterminées selon l‟article 5.1.3(1)P de l‟Eurocode 2.

- Combinaison caractéristiques ELS :


- Combinaison quasi permanentes ELS :
- Combinaison fréquentes ELS :
- Combinaison ELU :

D‟après l‟annexe A1 de l‟Eurocode 0, pour une surcharge de neige dans un bâtiment se


situant à une altitude inférieure à 1000m, on a ET .

L‟accumulation de neige aux acrotères ne sera pas prise en compte, étant donné que l‟on est
uniquement en phase de pré dimensionnement.

Les contraintes aux fibres inférieures et supérieures sont données par :

P M
  
Ac I
v

Avec :

(La section du béton)

(Le moment d‟inertie)

(Distance entre le centre de gravité de la section et l‟extrados)

(Distance entre le centre de gravité de la section et l‟intrados)

Les vérifications à faire sont les suivantes :

Aux ELS

 Sous combinaisons caractéristiques : et


 Sous combinaisons quasi permanentes : et
 Sous combinaisons fréquentes :

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 30


D‟après l‟article 7.3.2 (4) de l‟Eurocode 2, dans les éléments précontraints, aucun ferraillage
minimal n‟est requis dans les sections où, sous la combinaison de charges et pour la valeur
caractéristique de la précontrainte, le béton est comprimé ou la valeur absolue de la contrainte
de traction dans le béton est inférieure à .

Ainsi, dés que la contrainte de traction du béton est supérieur à , il sera nécessaire de
mettre en place des aciers passifs.

De plus, d‟après le guide sur la précontrainte des planchers du Sedip, si le moment agissant
en combinaison quasi permanente pour les armatures non adhérentes est supérieur au
moment critique , il est nécessaire de calculer l‟ouverture des fissures .

Les valeurs finales des moments et des contraintes sont les suivantes :

Combinaisons caractéristiques

Contrainte extrados Contrainte intrados


x
(Mpa) (Mpa)
0 0 2,63 2,63
2,85 238,21 4,81 -0,75
5,7 410,46 6,4 -3,20
8,55 517,68 7,4 -4,72
11,4 561,07 7,8 -5,33
12 562,15 7,8 -5,34
14,25 542,57 7,6 -5,06
17,1 459,19 6,9 -3,86
19,95 314,21 5,5 -1,80
22,8 106,33 3,67 1,18
24 0 2,7 2,70

Tableau 3 : Contraintes sous combinaisons caractéristiques

On remarque que

Et , et donc sous combinaison caractéristique, la


contrainte de traction dans le béton dépasse la contrainte limite, et par conséquent il faudra
prévoir des aciers passifs, que nous allons calculer par la suite.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 31


Combinaisons quasi permanentes

contrainte en haut
x Mt (kn.m) contrainte en bas
(Mpa)
0 0 2,63 2,63
2,85 208,07 4,54 -0,32
5,7 358,30 5,92 -2,45
8,55 451,64 6,78 -3,77
11,4 489,25 7,14 -4,30
12 490,15 7,15 -4,31
14,25 473,10 6,99 -4,07
17,1 400,20 6,34 -3,02
19,95 273,81 5,19 -1,21
22,8 92,65 3,54 1,37
24 0 2,70 2,70

Tableau 4 : Contraintes sous combinaison quasi permanentes

Nous avons , et donc il est nécessaire de disposer


d‟une section d‟armatures minimale car la contrainte de traction du béton dépasse la valeur
limite.

De plus à mi travée, la valeur du moment critique :

Or la valeur de à mi travée est de , donc , et par conséquent il


est nécessaire de calculer l‟ouverture des fissures

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 32


Combinaisons fréquentes

Contrainte extrados Contrainte intrados


x
(Mpa) (Mpa)
0 0 2,63 2,63
2,85 214,10 4,59 -0,41
5,7 368,73 6,02 -2,60
8,55 464,85 6,91 -3,96
11,4 503,61 7,27 -4,50
12 504,55 7,28 -4,52
14,25 487,00 7,12 -4,27
17,1 412,00 6,44 -3,19
19,95 281,89 5,26 -1,32
22,8 95,39 3,56 1,33
24 0 2,70 2,70

Tableau 5 : Contraintes sous combinaisons fréquentes

Nous avons

Il est nécessaire de mettre en place des aciers passifs.

3.2.4 Aciers passifs

3.2.4.1 Détermination des armatures passives à l’ELU

Dans le cas des armatures de précontrainte non adhérentes, la section d‟acier aux ELU est
calculée de la même manière qu‟en flexion composée de béton armé.

D‟après l‟article 5.10.8 (2) de l‟Eurocode 2, la surtension des armatures de précontrainte est
prise égale à 100MPa.

Nous trouvons alors une section d‟acier :

Le détail de calcul de la section d‟acier en flexion composée est en annexe 2.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 33


3.2.4.2 Détermination des armatures passives à l’ELS caractéristique

D‟après §7.7.2 du guide du Sedip, à l‟ELS caractéristique, la surtension est difficile à


déterminer. A défaut, elle sera négligée.

Nous trouvons une section d‟acier de

Le calcul de la section d‟acier est explicité en annexe 2.

3.2.4.3 Calcul de l’ouverture des fissures à l’ELS quasi permanent

D‟après le tableau 7.1N de l‟Eurocode 2, pour une classe d‟exposition XC2 et pour des
éléments en béton précontraint à armatures non adhérentes, la valeur recommandée à ne pas
dépasser est de .

La valeur qu‟on obtient est : , et par conséquent la condition de fissuration


est vérifiée.

Le calcul de l‟ouverture des fissures est donné par l‟article 7.3.4 de l‟Eurocode 2, il est
détaillé en annexe 2.

3.2.5 Conclusion

Nous avons alors une dalle de 0,85m d‟épaisseur et un espacement de câble de 0,15m soit 7
torons par mètre, et pour la maîtrise de la fissuration nous allons mettre en place une section
d‟armature passive de 17,43cm²/m.

De plus, étant donné la géométrie de notre dalle (50 cm comme entraxe des nervures), nous
allons mettre en place 4 monotorons par nervure, soit 8 torons par mètre.

Le cas que nous avons étudié ici est un plancher nervuré, dans le cas où nous avions un
plancher-dalle, une autre condition devra être vérifiée, concernant la nécessité ou pas de la
mise en place d‟armatures de poinçonnement, en fonction des appuis.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 34


3.3 Variante n°2 : Dalle en béton armé portée par deux poutres
précontraintes

Etant donné que la distance entre les nervures est faible, la solution précédente peut s‟avérer
très couteuse. Pour cela une deuxième solution est envisageable, elle consiste à mettre en
œuvre une dalle en béton armé de 20 cm d‟épaisseur , portée par deux poutres précontraintes
(entre axe des poutres 5m+ 2 porte à faux de 1,5m)

Il nous reste à déterminer la hauteur de cette poutre pour savoir si cette solution est
économique par rapport à la précédente. Après un calcul détaillé en annexe 3, nous trouvons
une hauteur de poutre de :

Et donc la hauteur totale de la dalle est la suivante :

Figure 14 : Section transversale de la dalle

3.4 Comparaison des deux variantes

Le poids propre de cette dalle est :

Quant au poids propre de la dalle nervurée, il est égal à :

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 35


De plus la quantité de torons nécessaires pour la variante n°2 est : soit 42 torons,
contre soit 64 torons pour la variante n°1.

La quantité d‟acier passif pour la variante 2 correspond à la quantité d‟acier de la dalle de


20cm d‟épaisseur, nous obtenons une quantité d‟acier de selon la petite portée
(8m).

Câbles de
Poids propre (kN) Aciers passifs (cm²)
précontrainte
Variante n°1 2352 64 139,44

Variante n°2 1617,6 42 316,8

Tableau 6 : Comparaison entre les deux variantes

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 36


4 Projet de Montbéliard

4.1 Présentation du parking

Figure 15 : Parking de Montbéliard

Le futur parking des blancheries est un parking de 400 places, situé à Montbéliard, rue
Charles Goguel. Il comprend un rez-de-chaussée surélevé et trois étages avec deux hélices
verticales, l‟une montante et l‟autre descendante, à chaque extrémité du parking. Un auvent
métallique est disposé sur le dernier étage afin de supporter les panneaux photovoltaïques.

Au démarrage de mon étude, le projet était en phase de réalisation de pieux.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 37


Figure 16 : Coupe verticale du parking

La construction de ce parking rentre dans le programme mixte Habitat- bureaux -équipements


de Montbéliard qui a pour but d‟améliorer le mode de vie des habitants en offrant une
meilleure circulation des piétons et des cyclistes, sans toutefois bannir les automobiles.

Les planchers ont été prévus en béton armé composés de dalles alvéolaires précontraintes et
d‟une chape de compression coulée sur place.

Les poteaux, voiles et poutres seront en béton armé, et la rampe des hélices de montée et de
descente du parking sera aussi en béton armé, et encastrée sur le mur circulaire.

Chaque étage fait environ 80m de longueur, c‟est pour cela qu‟il a été jugé nécessaire de
mettre un joint de dilatation de 4 cm d‟épaisseur à mi longueur afin d‟absorber les variations
de dimensions des matériaux de la structure, sous l‟effet du retrait et des variations de
température.

Le contreventement est assuré quant à lui par l‟ensemble des voiles en béton armé, mais aussi
par les rampes et les cages d‟escaliers et d‟ascenseurs qui sont considérées comme des noyaux
durs.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 38


Rampes

Joint de
dilatation

Cages d’escalier et d’ascenseur

Figure 17 : vue en plan du Parking

4.2 Acteurs du projet

Les acteurs contribuant à la réalisation de ce projet sont les suivants :

-Maître d‟Ouvrage : Commune de Montbéliard.

-Concepteur-Maître d‟œuvre : Architecture Jacques MEYZAUD.

-Bureau d‟études : Ingérop conseil et ingénierie.

-Bureau de contrôle : Veritas

-SPS : Apave

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 39


4.3 Données du site

-Neige région C1

-Vent zone 2, site normal

-Altitude 316 mètres environ

-L'ouvrage est situé en zone 1b des règles PS 92.

Avec le nouveau zonage sismique, l‟ouvrage est maintenant situé en zone 3, correspondant à
une sismicité modérée.

Figure 18 : Nouveau zonage sismique

4.4 Etudes de sols

L‟étude du sol a été réalisée par Sol Hydrogéotechnique EST, elle démontre que à faible
profondeur le sol est de mauvaise qualité (remblais, limons, argiles). C‟est pour cette raison
qu‟il a été jugé nécessaire de mettre en place des fondations de type pieux forés, ils seront
ancrées de 3 diamètres au minimum dans les calcaires. L‟étude géotechnique sera développée
dans le paragraphe § 7.1.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 40


4.5 But du projet

Le but de ce projet est de démontrer sur un cas concret « le parking de Montbéliard » les
possibilités offertes par la précontrainte des planchers par post tension.

Les planchers de ce parking sont prévus en dalle alvéolée+chape, nous allons les réétudier en
les considérants comme planchers précontraints par post tension coulés en place. Le but étant
de démontrer les avantages de la précontrainte pour les planchers et notamment, la diminution
de la quantité de matériau, la suppression des joints de dilatation et par conséquent un
meilleur comportement de l‟ouvrage face au séisme.

Ainsi, dans un premier temps je vais procéder au dimensionnement des planchers du parking
en les considérants précontraints, et je vais comparer l‟épaisseur des dalles ainsi que
l‟espacement des poteaux entre les deux techniques.

Ensuite, je vais étudier la possibilité de la suppression du joint de dilatation situé au milieu du


parking, et voir son incidence sur le comportement sismique du bâtiment.

5 Pré- dimensionnement des planchers

5.1 Organigramme de calcul

Pour le pré-dimensionnement, nous allons utiliser la feuille de calcul de M. Thonier, qui, en


insérant les données relatives aux matériaux, nous permet de calculer :

- Les planchers à poutres


- Les planchers-dalles

De plus, en jouant sur les paramètres et notamment l‟épaisseur de la dalle ainsi que
l‟espacement des câbles, nous pouvons optimiser au maximum les résultats.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 41


Insertion des
données

Liées à la Liées au béton : Liées aux dimensions et


précontrainte : charges :
-Résistance en
-Type de torons compression -Epaisseur de la dalle
-Résistance en traction -Classe de béton -Portée
-Module d‟Young de -Classe de ciment - Charges
l‟acier Ep
-Coefficient de sécurité -Dimension des poteaux
-Espacement des câbles
Liées à Liées aux aciers passifs
-Glissement à l‟ancrage l’environnement : si nécessaire :
-Coefficient de sécurité -Classe d‟environnement -Limite élastique
-D‟autres coefficient -Humidité et durée
nécessaire au calcul des d‟utilisation de l‟ouvrage
pertes de précontrainte
Liées aux coefficients de
charges

Calcul et vérification
- Contraintes de compression du béton

- Contraintes de traction

- Poinçonnement pour les planchers-


dalles

- Déformations (flèches admissibles)

-Ouverture des fissures

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 42


5.2 Pré- dimensionnement

Pour quantifier l‟un des avantages de la précontrainte par post tension qui est la diminution
de la matière nécessaire à la construction, nous allons procéder au dimensionnement de l‟un
des quatre planchers du bâtiment.

Nous allons étudier un seul d‟entre eux car ils ont tous les mêmes dimensions et les mêmes
charges (nous allons négliger la charge de neige sur la toiture car cette dernière ne s‟applique
pas simultanément avec les charges d‟exploitation et en est inférieure)

Les charges s‟exerçant sur les différents planchers en plus du poids propre de la dalle sont les
suivantes :

Charges
Superstructures d'exploitation Surcharge de neige

Plancher haut R+2 0,05 2,5 0,67

Plancher haut R+1 0,05 2,5 0

Plancher haut RDZ 0,05 2,5 0

Plancher bas RDZ 0,05 2,5 0

Tableau 7 : les charges s’exerçant sur les planchers

Les valeurs des charges d‟exploitation sont extraites du CCTP.

Le détail de calcul de la charge de neige est en annexe 4.

Nous choisissons d‟étudier le plancher haut R+1.

Dans un premier temps, ce plancher a été prévu en dalle alvéolée, le dimensionnement avait
alors permis d‟avoir un espacement entre poteaux dans le sens longitudinal égal à 2,5m et une
épaisseur de dalle (chape), donc ce qui nous faisait un plancher de 37cm
d‟épaisseur.

Afin de mettre en évidence l‟un des avantages des planchers précontraints qui est la
diminution des quantités de matériaux, nous allons redimensionner ce plancher en le
considérant comme plancher précontraint par post tension de type plancher dalle.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 43


Etant donné la géométrie du parking, c‟est uniquement la dalle du milieu dont la longueur est
58,8 m et la largeur 31,6 m qui sera en béton précontraint par post tension. Il n‟a pas été jugé
nécessaire de précondraindre les deux dalles aux extrémités, et par conséquent il a été choisi
de les calculer en béton armé.

RAMPE ACCES RAMPE SORTIE

RAMPE
dalle ép. variable
0.40int / 0.25ext.

RAMPE
dalle ép. variable
0.40int / 0.25ext.
DALLE HT R+1

9%
voile béton ép40cm

e 9,
voile béton ép40cm

pent
pente 9,9%

Poteaux Ø40
point haut niv:323.22
voile béton ép40cm

C VIDE
SP 70x55ht SP 70x55ht

1 SP 60x55ht
bande noyée larg.30cm

bande noyée larg.30cm


joint de dilatation 4cm

SP 60x55ht

Dalle alvéolée ép32+5


+ contre-fléche 4cm
2%

2%

10
point haut niv:323.06 escalier béton

11
point haut niv:323.06

12
18m 15.8htx30

13
paillasse ép18cm

1 4
1
16 5
17
voile béton ép25cm

18
SP 50x70ht
Dalle alvéolée ép27+5

9
8
7
6
5
4
3
2
1
+ contre-fléche 3cm

2%
ascenseur
2%

dalle CEP ép20cm

Poteaux Ø40
sauf indications spécifiques
point bas niv:322.90
noue noue
B
SP 70x55ht voile béton ép30cm voile béton ép30cm SP 70x55ht
voile béton ép30cm

voile béton ép40cm Dalle alvéolée ép32+5


Dalle alvéolée ép32+5
+ contre-fléche 3cm
+ contre-fléche 4cm

SP 50x70ht
2%

2%

2%

2%
bande noyée larg.30cm

bande noyée larg.30cm


joint de dilatation 4cm

voile béton ép25cm


dalle CEP ép20cm
9
8
7
6
5
4
3
2
1

ascenseur
18
17
16
15
14
13
12
11
10

SP 70x55ht SP 70x55ht
A SP 60x55ht

escalier béton Poteaux Ø40 point haut niv:323.22


18m 15.8ht x 30
paillasse ép18cm

0 2M 4 6 8 10

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25

Tronçon 2 Tronçon 3
Tronçon 1

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 44


31,6
15

10

8,36 58,77 14,23

5.2.1 Tronçon n°1

La dalle va être précontrainte transversalement, c‟est à dire que les câbles vont être tendus
dans le sens transversal, et donc suivant les 31,6 m de largeur.

Comme il a été souligné dans l‟organigramme (§ 5.1), les étapes du dimensionnement sont les
suivantes :

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 45


5.2.1.1 Insertion des données

 Liées à la précontrainte :

D‟après l‟Agrément Technique Européen, la valeur du recul d‟ancrage g est de 6 mm.


Avec cette valeur, la longueur de glissement d‟ancrage obtenue est supérieure à la largeur de
la dalle, ceci a aussi été observé pour la dalle du préau calculé auparavant, mais dans ce cas là,
cette valeur a été retenue car le calcul a été effectué manuellement. Cependant le cas du
parking est traité avec la feuille Excel de M.Thonier, et celle ci n‟a pas été programmée pour
un calcul de ce genre. Et étant donné qu‟une tolérance de quelques dixièmes de millimètres
est acceptable, j‟ai diminué la valeur de g à 5,4 mm ce qui donne une valeur de longueur de
glissement d‟ancrage inférieure à la largeur totale de la dalle, et par conséquent la suite du
calcul peut être réalisé.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 46


 Liées au béton, à l‟environnement et aux coefficients de charge

Le parking est considéré comme étant largement ventilé, donc nous sommes en
environnement extérieur et par conséquent le degré d‟humidité est de 80%.

D‟après l‟annexe A1 de l‟Eurocode 0, pour une catégorie F correspondant à une zone de trafic
dont le poids des véhicules est inférieur à 30kN, on a : et .

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 47


 Liées aux dimensions de la dalle

Nous avons considéré dans un premier temps un plancher-dalle, sans chapiteau, afin
d‟économiser le plus de matériau. Cependant, il faudra vérifier le critère de poinçonnement, et
dans le cas où ce dernier n‟est pas vérifié, la mise en place de chapiteaux ou d‟armatures de
poinçonnement (épingles verticales prés des poteaux) sera obligatoire.

Nous avons supposé dans un premier temps une épaisseur de dalle de 34cm.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 48


5.2.1.2 Résultats

 Contraintes dans le béton

Les contraintes dans le béton sont données par :

P 6M
  Aux extrémités
Ac h²

La méthode de détermination de la force de précontrainte est la même que celle appliquée


pour la dalle du préau (§ 3.2.2). Cependant la seule chose qui varie est la méthode de tracé du
câble. En effet pour le cas du préau, il s‟agissait d‟une seule travée isostatique et donc le tracé
du câble se résumait à la détermination de l‟équation de la parabole, cependant pour le cas du
parking, étant donné les deux travées, une autre méthode a été utilisée, celle-ci est extraite
du §7.10.1 du guide du Sedip, et elle est détaillée en annexe 4.

Quant aux valeurs des moments aux appuis, ils sont donnés par la formule des trois moments :

Avec : ). (

Et : ). (

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 49


Donc nous obtenons :

Ainsi :

 En combinaisons caractéristiques, on remarque que


 c max  16,08  0,6 f ck  0,6  30  18MPa
Et nous n‟avons pas de traction.
 En combinaison fréquente et quasi permanente, on remarque qu‟il n‟y a pas de
traction non plus.

Et donc il n‟est pas nécessaire de mettre en place des armatures minimales passives pour la
maîtrise de la fissuration.(article 7.3.2(4) de l‟Eurocode 2)

 Calcul de la flèche

D‟après l‟article 7.4 de l‟Eurocode 2, la flèche doit vérifier les conditions suivantes :

- sous poids propre+superstructure+ précontrainte


- sous poids propre

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 50


Nous avons :

Sous poids propre+superstructure+précontrainte :

Sous poids propre:

 Poinçonnement

La méthodologie de vérification du poinçonnement est fournie en annexe 4, ces vérifications


sont faites à l‟aide du §7.10.4 du guide du Sedip.

La valeur du rapport au nu et à une distance 2d des poteaux de rive et des

poteaux centraux correspondant à la résistance au cisaillement est inférieure à 1, donc le


phénomène de poinçonnement ne se produit pas, et par conséquent il n‟est pas nécessaire de
mettre en place des armatures de poinçonnement.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 51


5.2.1.3 Conclusion

Ainsi en fixant une épaisseur de dalle de 34cm et un espacement de câble de 0,12m, c‟est à
dire 9 torons par mètre, le plancher est ainsi pré-dimensionné et toutes les conditions
nécessaires à sa résistance et sa durabilité sont vérifiées.

Ainsi, notre épaisseur de dalle pour un plancher précontraint par post tension est de 34 cm (37
cm pour la dalle alvéolée), et notre largeur d‟influence est de 5 m au lieu de 2,5m pour la
conception prévue initialement (dalle alvéolée+chape), ce qui nous permettra de supprimer un
poteau sur deux et donc diminuer la quantité de matière.

Ceci démontre l‟un des avantages de la précontrainte qui est la diminution de la matière
nécessaire à la construction.

La largeur d‟influence est à


présent de 5m au lieu de 2,5 m

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 52


Remarque sur la feuille de calcul de M. Thonier

Le pré-dimensionnement à l‟aide de la feuille de calcul de M. Thonier n‟a pas été très simple.
En effet, sa compréhension a demandé quelques jours, afin de maîtriser la méthode de calcul,
les paramètres à prendre en compte…

De plus, en l‟analysant attentivement, nous avons remarqué quelques limites la concernant,


les plus importantes sont :

-Concernant les pertes par recul d‟ancrage, il se peut dans certains cas, comme pour le préau
étudié dans le paragraphe 3.2, que la longueur d‟influence du recul d‟ancrage  0 soit
supérieure à la longueur du bâtiment, et donc dans ce cas là le glissement à l‟ancrage se
répercute jusqu‟à l‟autre extrémité. Manuellement le calcul est faisable, cependant avec le
logiciel, une fois que la longueur du bâtiment est dépassée, nous n‟obtenons plus de résultats.

-la feuille de calcul ne traite pas le cas des structures isostatiques.

Et étant donné que celle-ci est protégée par un mot de passe, la modification des équations ne
peut être effectuée et donc d‟autres solutions ont été envisagées.

Pour remédier au problème n°1, nous avons diminué la valeur du glissement à l‟ancrage afin
de diminuer la longueur d‟influence  0 , car d‟après l‟ATE une tolérance de quelques dixième
de millimètres est acceptée.

Le problème n°2 concernant les cas isostatiques n‟est pas très important, car le calcul manuel
d‟une poutre à une travée précontrainte par post tension n‟est pas très lourd. Nous nous
sommes confrontés à ce cas pour la dalle du préau (paragraphe 3.2), et nous avons calculé
toutes les contraintes, pertes et moments sans problème particulier.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 53


5.2.2 Tronçon n°2

La géométrie du tronçon 2 sera assimilée à un rectangle, et ce cas va être traité en dalle pleine
béton armé.

L‟ensemble des calculs et des vérifications ont été réalisés à l‟aide de l‟Eurocode 2.

Nous nous retrouvons alors avec une section d‟acier de selon la petite portée
(de direction x)soit 5HA20 et 3HA12 par mètres, et selon la grande portée nous allons prendre
une section de , soit 5HA10 et 3HA6.

Les détails de calcul sont fournis en annexe 5.

En fibre supérieure, nous mettrons en place des aciers de principe.

5.2.3 Tronçon n° 3

Ce tronçon sera traité en dalle pleine béton armé. De plus étant donné la géométrie circulaire
de ce tronçon, les moments seront déterminés à l‟aide du logiciel RDM6.

Figure 19 : tronçon 3 modélisé par RDM6

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 54


La valeur des moments ainsi déterminée, nous procédons de la même manière que le cas
précédent pour la détermination de la quantité d‟acier nécessaire à la résistance à la flexion.

Nous nous retrouvons après un calcul à l‟Eurocode 2 avec une section d‟acier selon x de
13,19cm²/m soit un nombre de barre égale à : 5HA16 et 4HA10 par mètre, et selon y
23,75cm² /m soit 4HA16 et 5HA20.

Les détails de calcul sont fournis en annexe 6.

En fibre supérieure, nous mettrons en place des aciers de principe.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 55


6 Suppression des joints de dilatation

L‟ouvrage a été prévu initialement en dalle alvéolée + chape, et comme il faisait environ 80 m
de long, il avait été jugé nécessaire de mettre un joint de dilatation en son milieu afin d‟éviter
les problèmes liés aux retraits et à la variation thermique. La mise en place de ce joint
imposait alors des murs de contreventement dans chaque demi-bâtiment.

(Normalement, la distance entre joints de dilatation pour des ouvrages se trouvant à l‟Est de la
France est d‟environ 35m, les ingénieurs structures ont fait en sorte de n‟en mettre qu‟un seul
au milieu (40m)).

D‟après l‟article 2.3.3(3) de l‟Eurocode 2, les distances entre joints de dilatation selon les
zones sont les suivantes :

-25 m dans les départements voisins de la Méditerranée

- 35 m dans les régions de l‟Est, les Alpes et le Massif Central

-40 m dans la région parisienne

-50m dans les régions de l‟Ouest

Pour les planchers précontraints par post tension, nous allons démontrer que grâce à la
précontrainte longitudinale, nous allons pouvoir reprendre le retrait et la variation thermique
et donc supprimer ce joint de dilatation. Le parking deviendra ainsi monolithique et les deux
murs de refend en T situés dans chaque demi-bâtiment pourront être supprimés.

Afin de démontrer ceci, nous avons modélisé le bâtiment sans joint de dilatation sur ROBOT,
et nous l‟avons soumis à l‟effet du retrait et de la dilatation thermique uniquement, afin de
déterminer les contraintes dans les planchers du tronçon 1.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 56


6.1 Modélisation du Parking

L‟objet de cette modélisation est de déterminer les contraintes engendrées dans les planchers
du parking sous l‟effet du retrait et de la variation thermique.

Le bâtiment a été modélisé à l‟aide de Robot Structural Analysis Professional 2011.

Tous les éléments sont en béton, et les appuis en dessous des voiles et des poteaux sont des
encastrements (nodaux pour les poteaux et linéaires pour les voiles).

La modélisation du bâtiment n‟a pas été très facile, étant donné la complexité du parking et
notamment celle des rampes circulaires.

Figure 20 : Modélisation du parking sur Robot

Nous pouvons remarquer que les deux murs de refend n‟ont pas été modélisés, car nous avons
conclu qu‟en l‟absence de joint de dilatation, ces deux murs n‟étaient plus nécessaires.

Les voiles des rampes ont été modélisés à l‟aide de plusieurs segments. Quant à leurs
planchers, malgré leur épaisseur variable, ils ont été modélisés en considérant une épaisseur
constante.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 57


Figure 21 : Maillage du parking

Le maillage de tous les éléments a été fait selon la méthode Coons avec des éléments de type
triangles et carrés (contour triangulaire) de taille 1m.

6.2 Retrait

Le retrait correspond à des variations dimensionnelles mettant en jeu des phénomènes


physiques avant, pendant, ou après la prise des bétons.

Ainsi si le retrait et la dilatation thermique ne sont pas maîtrisés par le ferraillage ou la


présence de joints, ces variations donnent lieu à l‟apparition de fissurations précoces,
d‟ouvertures conséquentes. Ces phénomènes peuvent donc avoir des conséquences sur la
durabilité des bâtiments puisque l‟exposition des armatures aux agents agressifs est
augmentée avec l‟ouverture des fissures.

6.2.1 Calcul du retrait

Le calcul du retrait a été fait selon l‟article 3.1.4 (6) de l‟Eurocode 2, de la même manière que
précédemment, et ce calcul est développé en annexe 7.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 58


On retrouve une valeur de retrait égale à :

Pour la détermination des contraintes, il est nécessaire de savoir la fraction du retrait à


prendre en compte.

D‟après le BAEL 91 :

Si alors

Si alors

Si alors

Nous avons pour les régions de l‟EST, , et la longueur total du parking est
d‟environ 80m ce qui largement supérieur à .

Et donc , ce qui signifie que toute la valeur du retrait doit être prise en compte pour la
détermination des contraintes.

6.2.2 Contraintes dues au retrait

Le raccourcissement du béton sous une variation de température égale à -23° est :

Et sachant que le retrait correspond à un raccourcissement du béton, et qu‟il est égal à


, nous concluons qu‟il correspond à une variation de température de– .

Ainsi lors de la modélisation Robot, le retrait sera pris en compte en insérant comme cas de
charge une variation de température de -23°.

Nous retrouvons alors la cartographie des contraintes suivante :

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 59


Figure 22 : Répartition des contraintes dues aux retraits pour les planchers hauts R+2

Nous allons étudier uniquement les contraintes des planchers du milieu. Nous remarquons que
la répartition des contraintes est assez symétrique. Aux bords des planchers nous avons des
contraintes de traction entre -0,1 et -0,9 MPa.

Ces valeurs diminuent au fur et à mesure où nous nous rapprochons du milieu des planchers,
dans lequel les valeurs des contraintes de traction tendent vers 0. Nous pouvons observer des
valeurs de compression mais très faible voir négligeable.

Cependant nous remarquons un pic au niveau du bord gauche, ceci est due au voile qui
s‟oppose au raccourcissement et par conséquent engendre des contraintes de traction assez
élevées.

Les valeurs de ces contraintes sont détaillées un peu plus loin dans le rapport.

Remarque

Robot nous a fournis des contraintes de traction positives et des contraintes de compression
négatives.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 60


6.3 Variation thermique

La variation thermique correspond aussi à des variations dimensionnelles dans le béton, nous
pouvons avoir une variation thermique positive correspondant à un allongement et donc
engendrant des contraintes de compression et une variation thermique négative correspondant
à un raccourcissement et donc engendrant des contraintes de traction.

D‟après le BAEL 91, les valeurs de variations de températures à prendre en compte pour des
constructions situées à l‟air libre en zone de climat tempéré (France métropolitaine) sont +30°
et -40° .

Cependant, pour le calcul des contraintes, il est nécessaire de considérer une partie rapidement
variable correspondant à des variations de 10°, et nous prenons alors le module instantané
et une partie lentement variable et qui est introduite par le module différé .

6.4 Combinaisons d’action

D‟après le BAEL 91, le retrait est considéré come une charge de longue durée d‟application.

Et d‟après l‟article 5.1.3.1 de l‟Eurocode 2, les différents cas de charge à prendre en compte
pour le calcul et la vérification des contraintes sont :

-Combinaison caractéristique ELS :

-Combinaison quasi permanente ELS :

Combinaison fréquente ELS :

Dans ce cas, la température est considérée comme une charge variable dominante, et d‟après
l‟annexe A1 de l‟Eurocode 0, pour la température dans les bâtiments on a : et
.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 61


6.5 Contraintes totales

Nous allons dissocier deux cas pour le calcul des contraintes, le premier correspondant à la
somme du retrait et de la variation de température de -40° (-30° à long terme et -10° à court
terme), et le second correspondant à la somme du retrait et de la variation de température de
+30° (+20° à long terme et +10° à court terme).

6.5.1 Cas n°1 : Retrait et variation de température de –40°.

 Combinaisons caractéristiques :

-Retrait+ΔT (-30°) (long terme) + ΔT (-10°) (court terme)

Vérification traction

Dalle haute R+2 -1,69 -2,78 -2,18 -6,65


Dalle haute R+1 -2,00 -3,11 -3,09 -8,2
Dalle haute RDZ -2,13 -3 ,21 -3,18 -8,52
Dalle basse RDZ -2,83 -3,68 -3,6 -10,11

Tableau 8 : Contraintes de traction sous combinaisons caractéristiques

Nous remarquons que les valeurs de traction sont assez élevées, elles augmentent de haut en
bas. Ceci s‟explique par le fait que les éléments verticaux qui bloquent le raccourcissement
des planchers sont plus rigides en bas, et donc créent plus de contraintes de traction.

De plus les valeurs de traction dépassent la valeur limite , donc la traction n‟est pas
vérifiée.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 62


 Combinaisons fréquentes

-Retrait+0,5 ΔT (-30°) (long terme) +0,5 ΔT (-10°) (court terme)

Vérification traction :

Dalle haute R+2 -1,69 -1,10 -1,38 -4,17


Dalle haute R+1 -2,00 -1,53 -1,55 -5,08
Dalle haute RDZ -2,13 -1,61 -1,59 -5,33
Dalle basse RDZ -2,83 -1,84 -1,82 -6,49

Tableau 9 : Contraintes de traction sous combinaisons fréquentes

Même analyse que le cas précédent.

 Combinaisons quasi permanentes

Retrait+0 ΔT (-30°) (long terme) +0 ΔT (-10°) (court terme)

Vérification traction :

Dalle haute R+2 -1,69


Dalle haute R+1 -2,00
Dalle haute RDZ -2,13
Dalle basse RDZ -2,83

Tableau 10 : Contraintes de traction sous combinaisons caractéristiques

Sous retrait seul, la valeur limite de traction n‟est pas dépassée.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 63


6.5.2 Cas n° 2 : Retrait et variation de température de + 30°.

 Combinaisons caractéristiques

Retrait+ΔT (+20°) (long terme) + ΔT (+10°) (court terme)

Vérification compression :

Dalle haute R+2 0,06 1,86 2,76 4,68


Dalle haute R+1 0,09 2,07 3,09 5,25
Dalle haute RDZ 0,12 2,14 3,18 5,44
Dalle basse RDZ 0,00 2,45 3,63 6,08

Tableau 11 : Contraintes de compression sous combinaisons caractéristiques

Le retrait n‟engendre pas de contraintes de compression, les valeurs ci-dessus sont des valeurs
parasites, nous les prenons en compte pour des raisons de sécurité.

Nous remarquons comme pour le cas précédent que les valeurs de compressions augmentent
de haut en bas, et ce pour les mêmes raisons que précédemment. En effet les éléments
verticaux sont plus souples en haut qu‟en bas, et donc permettent plus de mouvement.

Les valeurs des contraintes de compression sont inférieures à la valeur limite. Cependant, ces
valeurs ne prennent pas en compte les autres charges (permanentes, exploitation), dans le cas
où celles ci font augmenter ces valeurs de compression jusqu‟à dépassement de la valeur
limite, il faudra augmenter alors la classe du béton.

Dans ce cas n°2, les vérifications à la traction suivant toutes les combinaisons ne seront pas
prises en compte, car les variations de températures positives n‟engendrent que des
contraintes de compression, et donc comme traction il n‟ y aura que les contraintes dues au
retrait.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 64


6.6 Câbles longitudinaux

Afin d‟assurer la pérennité de l‟ouvrage, nous allons mettre en place des câbles longitudinaux
afin de reprendre les contraintes de traction en combinaison quasi permanente. Celles-ci
correspondant aux contraintes dues au retrait.

Pour déterminer le nombre de ces câbles longitudinaux, nous allons utiliser le logiciel de
M.Thonier que nous avons utilisé précédemment pour le pré-dimensionnement de la dalle.
Mais dans ce cas, nous allons considérer uniquement l‟effet de la précontrainte et donc le
tracé du câble sera alors linéaire.

Le calcul sur Robot a permis alors de déterminer les contraintes sous retrait et variation
thermique, et la feuille Excel de M Thonier va nous déterminer les contraintes de
compression, nécessaires à la reprise des contraintes de traction engendrées sous l‟effet du
retrait.

Dalle haute R+2 -1,69 +1,69 0


Dalle haute R+1 -2,00 +2,00 0
Dalle haute RDZ -2,13 +2,13 0
Dalle basse RDZ -2,83 +2,83 0

Le nombre de câble équivalent aux contraintes de compression nécessaires pour reprendre le


retrait sont :

Nombre de câbles/m

Dalle haute R+2 3


Dalle haute R+1 3
Dalle haute RDZ 4
Dalle basse RDZ 5

Tableau 12 : Nombre de câbles nécessaire à la reprise du retrait

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 65


6.7 Conclusion

Les câbles de précontrainte dans le sens longitudinal ont donc permis de s‟opposer aux
contraintes de traction sous combinaisons quasi permanentes, correspondant aux contraintes
dues au retrait.

Sous combinaisons caractéristiques et fréquentes, des aciers passifs seront mis en place afin
d‟éviter la fissuration de l‟ouvrage.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 66


7 Etude sismique

Cette étude sismique va permettre de démontrer que la précontrainte par post tension permet,
dans ce cas d‟avoir un meilleur comportement face aux sollicitations sismiques. En effet, en
supprimant le joint de dilatation, la structure va présenter un caractère monolithique la rendant
capable de mieux résister au séisme. Pour cela nous allons déterminer les déplacements du
bâtiment sans joint de dilatation sous sollicitations sismiques, et les comparer aux
déplacements du même bâtiment, mais cette fois ci avec joint. Les déplacements pour le
bâtiment sans joint ont été déterminés lors d‟une étude antérieure. (PFE de M. Pierre Kastner
présenté en Juin 2010).

7.1 Interaction Sol-Structure (ISS)

Afin de diminuer le risque d‟avoir des dommages importants lors d‟un séisme, il est très
important de bien connaître le comportement des structures sous sollicitations sismiques.

En effet, la réduction de la vulnérabilité d‟une structure d‟un point de vue technique n‟est pas
simple. Elle nécessite une bonne connaissance des matériaux, de leurs réactions face à des
sollicitations dynamiques, mais aussi et surtout une bonne connaissance des conditions aux
limites de la structure, c‟est à dire l‟interface entre le lieu où ces sollicitations prennent
naissance et la structure elle même. Le terme générique désignant l‟étude de ces phénomènes
porte le nom d‟Interaction Sol-Structure (ISS). Le terme interaction est très important
puisqu‟il met bien en évidence le fait que non seulement la nature du sol a une influence sur le
comportement de la structure, mais aussi la structure a une influence sur le comportement du
sol qui peut modifier ainsi les composantes de la sollicitation.

Ainsi, pour le calcul sismique, l‟interaction du sol avec la structure est un phénomène
important à considérer pour se rendre compte du comportement réel de la structure et donc
d‟évaluer sa vulnérabilité.

C‟est pour cette raison que la mise en place d‟appuis élastiques et la détermination de leur
raideur est nécessaire pour l‟étude sismique de la structure. Le calcul de la raideur des appuis
dépend du types de fondations (Semelles-fondations profondes), de leurs dimensions et des
caractéristiques du sol.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 67


7.2 Caractéristiques du sol

9 sondages ont été réalisés pour l‟étude géologique du sol.

Figure 23 : Les différents sondages

Ces 9 sondages PR1 à PR3, PRA à PRD, PM2 et PM3 ont mis en évidence la succession
lithologique suivante :

-Des remblais hétérogènes constitués majoritairement de limons bruns et brun-noir à débris de


démolition (tuiles, briques, béton), scories noires, cailloux divers, sable et graviers, concassé
calcaire.

Ces remblais ont été relevés sur des épaisseurs très variables :

Sondages PR1 PR2 PR3 PRA PRB PRC PRD PM2 PM3
Epaisseur
0,4 0,6 3,1 0,8 1,8 1,7 1,3 0,6 1,8
(m)

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 68


-Des limons et argiles plus ou moins sableux et des sables très argileux marron, bruns et gris-
brun, renfermant parfois des graviers, des lentilles d‟argiles plastiques organiques et des
débris végétaux. Ces alluvions fines relevées sur des épaisseurs hétérogènes, entre 0,6 et 3,5
m, sont localement absentes et remplacées par les remblais (PR3).

-Localement, des sables, graviers et galets à matrice argileuse beige et brune, reconnues sur
0,6m d‟épaisseur en PM2 et à la base du sondage PM3.

-Le tout reposant sur le substratum constitué par des calcaires fracturés beiges et beiges-jaune
relevés entre 3 et 4,3m de profondeur :

Sondages PR1 PR2 PR3 PRA PRB PRC PRD PM2 PM3
Epaisseur
3 4,1 3,1 4,3 3,5 3,5 3,9 3,1
(m)

Le détail de ces sondages ainsi que les valeurs du module et des pressions limites nettes
pl* sont fournis en annexe 8.

7.3 Raideur des appuis

D‟après le fascicule n° 62-Titre V, le calcul de la réaction frontale K f est donné par la


formule suivante :

12.E m
Kf  pour : B  B0
4 B0 B 
. (2,65. )  
3 B B0

12.E m
Kf  pour : B  B0
4
.(2,65)   
3

avec :

B0  0,6m

 : Coefficient caractérisant le sol

La détermination du coefficient a été faite en faisant une moyenne de tous les sondages.

ET (fascicule n°62-Titre V)

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 69


La tête des pieux se situe à 1,5m sous le terrain naturel. Et leur longueur en fonction des
diamètres est la suivante :

Tableau 13 : Longueur des pieux

Les valeurs de sont calculées tous les1m, elles sont regroupées dans le tableau ci-dessous :

Kf (MPa)
z(m) (MPa)
z=1 3 13,5 14,3 15,1
z=2 5,6 25,3 26,9 28,3
z=3 9 40,4 43 45,4
z=4 76 341,5 363,4 383,2
z=5 125 561,7 597,7 630,3
z=6 175 786,4 836,8 882,5
z=6,5 169 808,1 852,2
z=7 162 816,9

Tableau 14 : Valeurs de Kf

Cependant, étant donné le fait que nous voulons comparer les déplacements du parking sans
joint de dilatation, avec ceux correspondant au même parking mais avec le joint
(déplacements obtenus lors d‟une étude précédente réalisée par M Pierre Kastner lors de son
PFE), il a été nécessaire de prendre ses mêmes valeurs de Kf pour avoir la meilleure
comparaison possible.

Les valeurs trouvées par M Kastner sont les suivantes :

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 70


Kf (MPa)
z(m) (MPa)
z=1 3 13,5 14,3 15,1
z=2 5,7 25,6 27,2 28,7
z=3 5,7 25,6 27,2 28,7
z=4 215,5 968,3 1030,4 1086,6
z=5 215,5 968,3 1030,4 1086,6
z=6 215,5 968,3 1030,4 1086,6
z=6,5 215,5 1030,4 1086,6
z=7 215,5 1086,6

Tableau 15 : Valeurs de Kf retenues

La différence de ces valeurs avec celles que nous avons déterminées auparavant est due aux
valeurs du module de déformation pressiométrique Em. En effet la valeur moyenne n‟a pas
été déterminée de la même manière dans les deux études. Ainsi, pour la suite de l‟étude nous
allons retenir les valeurs du tableau n°15.

Pour déterminer la raideur en tête de pieux , on applique une force unitaire


en tête de pieux et on détermine le déplacement.

est donnée par :

Nous avons modélisé le pieux sur Robot, et nous avons appliqué un appui élastique tous les
1m afin de déterminer le déplacement en tête de pieux.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 71


Figure 24 : Modélisation du pieu

Pour le pieu dont le diamètre est , nous trouvons un déplacement en tête égal à

Et par conséquent la valeur de la raideur est :

La valeur de pour les différents diamètres est la suivante :

Nous obtenons alors le modèle suivant :

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 72


Figure 25 : Modèle sur appuis élastiques

7.4 Analyse modale

L‟analyse modale consiste à modéliser le bâtiment sous la forme d‟un système élastique
tridimensionnel.

D‟après l‟article (6.6.2) du PS92, le calcul des modes de vibration doit être poursuivi jusqu‟à
la fréquence de 33Hz soit une période de (0,03s). La suite des modes peut être interrompue si
le cumul des masses modales dans la direction de l‟excitation considérée atteint 90% de la
masse vibrante totale du système.

MOUTAMANI Meriem : Projet de fin d‟études Page 73


Figure 26 : Paramètre de l’analyse modale

Au bout de 150 modes (4h de calcul), nous avons mobilisé uniquement 2% de la masse totale
selon , 70% selon et 50% selon .

Remarque :

Jusqu‟à aujourd‟hui les valeurs des déplacements dues aux sollicitations sismiques n‟ont pas
été déterminées car la masse mobilisée selon est insuffisante.

7.5 Conclusion

Malgré le fait que nous n‟avons pas de résultats sous sollicitations sismiques, nous avons tout
de même tiré une conclusion du fait de la géométrie de l‟ouvrage.

En effet, comme il a été cité auparavant, lors de la conception initiale (dalle alvéolée et
chape) un joint de dilatation avait été mis en place au milieu du parking. Ce joint divise le

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bâtiment en deux blocs distincts, et donc chacun d‟entre eux se comporte indépendamment de
l‟autre.

Le fait de diviser ainsi le bâtiment n‟est pas très favorable pour son comportement sismique.
En effet des mouvements relatifs auront lieu de part et d‟autre de ce joint.

Les cages d‟escaliers étant considérées comme des noyaux durs, il s‟est avéré nécessaire de
mettre en place des murs de refend en béton armé de part et d‟autre du joint de dilatation afin
de stabiliser le bâtiment.

Cependant, pour les planchers précontraints par post tension, nous n‟avons pas les mêmes
problèmes, du fait de l‟absence du joint. Le bâtiment est considéré comme un seul bloc et par
conséquent les deux noyaux durs se situant à ses deux extrémités suffisent à le stabiliser sous
sollicitations sismiques.

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8 Chiffrage estimatif du plancher haut R+1 du parking en
précontrainte par post tension

N° Désignation U Qté P.U.HT TOTAL H.T


4,1 Déroulage TGG m 8673 7,12 61751,76
4,2 Coupe TGG u 655 5,51 3609,05
4,3 Dénudage et Dégraissage About Passif u 655 4,31 2823,05
4,4 Blocage Ancrage passif u 655 13,57 8888,35
4,5 Recépage Surlongeur About Passif u 655 6,27 4106,85
4,6 Enroulage TGG/Bottes u 655 6,37 4172,35
5,1 Ferraillage passif kg 32561 1,25 40701,25
5,2 Pose de câble sur ferraillage passif u 655 13,69 8966,95
5,3 Coffrage de la dalle m² 1860 4,81 8946,6
5,4 Betonnage de la dalle m² 1860 44,18 82174,8
5,5 Dépose coffrage m² 1860 3,57 6640,2
6,1 Dénudage et Dégraissage About actif u 655 3,06 2004,3
6,2 Pose Mors 1T15.7 u 655 0,36 235,8
6,3 Tension yc Translation Matériels u 655 13,18 8632,9
6,4 Recépage surlongueur About Actif u 655 2,5 1637,5
6,5 Pose bouchon u 655 2,01 1316,55
Montant H.T 246 608,26€
T.V.A 48335,22€
Montant T.T.C 294 943,48€

Le montant total en H.T est égal à 246 608,26€, donc ce qui nous fait 132 € par plancher. Le
chiffrage effectué auparavant pour la solution dalle alvéolée et chape donne un prix unitaire
de 101 € par plancher.

Or ce devis estimatif concerne uniquement le prix du plancher. En effet si on veut chiffrer tout
le parking, la précontrainte sera plus avantageuse du fait de la suppression du joint de
dilatation, des murs de refends et d‟un poteau sur deux dans le sens longitudinal.

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Conclusion

Mon projet de fin d‟étude s‟est déroulé au sein de l‟entreprise FREYSSINET Nancy, et il a
porté sur la technique de la précontrainte des planchers par post tension, sujet qui m‟était
inconnu jusque là.

Une étude bibliographique fut nécessaire dans un premier temps, afin de maitriser le sujet. En
effet cette documentation m‟a permis d‟acquérir des connaissances sur la précontrainte des
planchers par post tension, et notamment les types de précontraintes, les types d‟ancrages,
ainsi que les avantages de cette technique.

Ensuite, un calcul manuel d‟une dalle précontrainte par post tension a été mené (calcul de
pertes à l‟Eurocode, de contraintes et d‟aciers passifs.). Cette étape m‟a permis non seulement
de maîtriser la méthodologie de calcul des planchers précontraints mais aussi de me
familiariser à l‟utilisation de l‟Eurocode 2.

Dans la partie qui suit, l‟étude du « Parking de Montbéliard » a débuté. Elle avait pour but de
démontrer les possibilités offertes par cette technique. Les planchers du parking sont prévus
initialement en dalle alvéolée et chape, ils ont été remplacés par des planchers précontraints
par post tension. Un pré-dimensionnement de ces planchers à l‟aide de la feuille de calcul de
M Thonier a permis de mettre en avant un des avantages de cette technique, qui est la
diminution de l‟épaisseur des dalles et l‟augmentation de l‟espacement entre poteaux.

Ensuite, afin d‟étudier la problématique concernant la suppression du joint de dilatation, il fut


indispensable de modéliser le bâtiment sur Robot. Ceci a permis de déterminer les contraintes
engendrées sous l‟effet du retrait et de la variation thermique, et donc de démontrer la
possibilité de supprimer le joint de dilatation pour les planchers précontraints par post tension.
Cette partie modélisation m‟a permis de mieux maitriser l‟utilisation du logiciel Robot, le
temps de calcul et d‟extraction des résultats.

L‟étude sismique a fait l‟objet de la dernière partie, elle a pour but de déterminer les
déplacements du bâtiment sans joint de dilatation sous sollicitations sismiques. Une analyse
modale a été faite avec pour objectif de mobiliser 90% de la masse modale, cependant à ce
jour les 90% n‟ont pas encore pu être mobilisés et par conséquent les déplacements n‟ont pas
encore été obtenus. Cependant cette partie m‟a permis de me confronter à la problématique de
l‟ISS (interaction Sol Structure), et donc au calcul de la raideur des appuis.

Enfin, ce projet de fin d‟études a été très enrichissant pour mon expérience professionnelle
aussi bien d‟un point de vue technique qu‟humain.

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Bibliographie

1. Lucien Boutonnet, Patrick Chassagnette, Claude Néant, Jacky Seantier, Henry


Thonier. La précontrainte dans le bâtiment : Guide du Sedip, 2011. 73p.

2. Freyssinet, Terre armée, Ménard. Sols et structures : le magazine du groupe


Freyssinet N°222, 2005. 31p.

3. Cyrille Chazallon. Cours de rhéologie et loi de comportement-chapitre 4-le retrait :


Cours dispensé à l‟INSA de Strasbourg, 2008-2009.

4. Eric Heckmann. Règles parasismiques applicables aux bâtiments, dites règles PS92 :
Cours dispensé à l‟INSA de Strasbourg, 2010-2011.

5. Pierre Kastner. Etude parasismique d’un parc de stationnement situé à Montbéliard :


Projet de fin d‟études en génie civil, INSA de Strasbourg, 2010.

6. NF EN 1990-1 : Eurocode 0- Bases de calcul des structures.

7. NF EN 1992-1 : Eurocode 2- Calcul des structures en béton.

8. Fascicule 62, titre V- Règles techniques de conception et de calcul des ouvrages de


génie civil.

9. Règle BAEL 91 révisées 99 : Règles techniques de conception et de calcul des


ouvrages et construction en béton armé suivant la méthode des états limites.

10. Feuille de calcul de Mr Thonier. Disponible sur www.efbéton.com

11. Technique du béton précontraint. Disponible sur www.efreyssinet-association.com

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