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Université General Lansana Conté de Sonfonia-Conakry (UGLC-SC)

Faculté des Sciences Economiques et de Gestion


(FSEG)

UGLC-SC

COURS DE POLITIQUE ECONOMIQUE


LICENCE DE SCIENCES ECONOMIQUES

M. Mamadou Saidou BALDE


Economiste

Conakry, Janvier2018
Avant-propos
Le présent cours est le fruit de plusieurs années d’enseignement à la Faculté des
Sciences économiques et de gestion des différentes universités de Conakry.
L’objectif de ce cours est d’initier les étudiants a l’analyse des politiques économiques
plus precisement,il sagit pour les étudiants de comprendre dans le
cadre d’une économie mixte de marché pourquoi et comment les Etats organisent leur
dans l’économie
En effet, ce document est élaboré sur la base d’une méthodologie rigoureuse, claire et
précise.
Les chapitres et les séquences sont disposés selon une progression logique permettant
une meilleure compréhension des notions déjà expliquées.
En outre, la maîtrise de l’outil mathématique et des concepts fondamentaux d’économie
générale est incontournable pour une compréhension efficace de ce cours.
Ce document tient compte de vos besoins, de vos intérêts et de vos difficultés dans le
but de répondre à vos attentes..
Si ce document s’avère d’une utilité scientifique pour les lecteurs, ce sera là un sublime
motif de satisfaction pour ma modeste personne.

2
INTRODUCTION

La politique économique est l'ensemble des interventions des administrations


publiques (dont l’État, la banque centrale, et les collectivités territoriales) sur
l’activité économique. Elle représente une vaste branche de la science économique, en
particulier dans les domaines de la macroéconomie, de l'économie du développement
et de la taxation optimale.

Pendant longtemps la politique économique s’est bornée à veiller au bon


fonctionnement de la concurrence pure et parfaite. En effet dans la philosophie libérale
l’action de l’Etat se réduit à l’exercice de ses fonctions « naturelles », celles de juge,
gendarme et ambassadeur. L’intervention de l’Etat dans la vie économique relève ainsi
de l’exception, la règle étant le « laisser – faire» et le «laisser passer».

La politique économique a connu un regain d’intérêt après la deuxième guerre mondiale


à la faveur de la révolution keynésienne. En effet l’œuvre de Keynes constitue une
rupture épistémologique avec la justification de l’intervention de la main visible de l’Etat
pour réaliser l’équilibre de plein emploi.

La politique économique a connu plusieurs mutations dans sa nature, ses objectifs et


ses instruments. Initialement confinée au court terme et à la régulation de la
conjoncture (politique de stabilisation) elle s’est élargie au moyen - long terme (politique
structurelle ou d’ajustement positif).

A partir de la fin des années 60 la coexistence du chômage et de l’inflation (stagflation)


et l’intégration croissante des économies ont rendu inopérants les remèdes keynésiens.
On assiste alors à une remise en cause de la politique économique par les économistes
libéraux. Cette contestation de la politique économique s’est accentuée à partir de la fin
des années 80 avec le triomphe des idées libérales et le phénomène de globalisation
qui a engendré des contraintes majeures à la prise de décision des pouvoirs publics.

En effet aujourd’hui la politique économique est confrontée à un problème de crédibilité.


Elle est sanctionnée positivement ou négativement par les marchés financiers suivant
les signaux renvoyés par l’action de la puissance publique. La politique économique
perd ainsi de plus en plus son caractère discrétionnaire pour être fondée davantage sur
des règles. Avec la montée du libéralisme l’Etat minimaliste chargé d’assurer le
maintien de la concurrence et la protection des droits de propriété se substitue à l’Etat
providence qui soutient la demande.

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Les thèmes qui seront traités ici s’articuleront autour des programmes de
politique économique, des instruments de la politique macroéconomique et de la
politique économique en économie ouverte.

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CHAPITRE1 : OBJECTIFS DE LA POLI8TI8QUE ECONOMIQUE.

La politique économique désigne l'ensemble des décisions cohérentes prises par les
pouvoirs publics afin d'améliorer des objectifs économiques grâce à l'emploi de
multiples moyens ou instruments. En ce sens, les politiques de relance, d'austérité, de
conquête des marchés extérieurs etc... Constituent des exemples de politique
économique.

Section 1. LES FONCTIONS DE L'ÉTAT


La typologie la plus souvent retenue pour décrire le rôle que joue l'État dans la vie
économique repose sur les trois fonctions proposées par Richard Musgrave (The
Theory of Public Finance, 1959) : allocation, stabilisation, distribution.

La classification de Musgrave de 1959 (Wikipedia)

Musgrave a défini les trois principales fonctions de l'État :

1 - L'affectation ou l'allocation des ressources, dans le cas de production comportant


des rendements croissants, l'Etat doit prendre en charge cette production et appliquer
une tarification au coût marginal (et également promouvoir les activités générant des
externalités positives et endiguer celle qui produisent des externalités négatives).
L'Etat doit aussi instaurer les biens collectifs.

2 - La redistribution des revenus et des patrimoines, le souci à la base au niveau de


ses activités est un souci d'équité (de justice). Cette fonction sert à réduire (ou
augmenter) les inégalités.

3 - La régulation de la conjoncture économique : l'État doit impulser, stimuler l'activité


économique. Il ajoute, suivant un point de vue keynésien que le marché ne mène pas à
une situation optimale: L'Etat doit donc utiliser le budget de manière contra-cyclique
pour amener la croissance effective au niveau de la croissance potentielle

A. LA FONCTION D'ALLOCATION
a. L'optimum de Pareto
L'efficacité économique consiste à utiliser l'ensemble des ressources disponibles de
façon à en tirer le maximum de satisfaction pour les individus. La théorie économique
retient le critère d'efficacité proposé par
Vilfredo Pareto (1906) L'allocation des ressources entre les différents emplois
possibles est optimale quand on ne peut plus améliorer la satisfaction d'un individu
sans détériorer celle d'au moins un autre.
b. Les défaillances de l'économie de marché
L'analyse économique reconnaît deux principaux types de situations où l'initiative privée
et les échanges libres entre individus ne permettent pas d'assurer une allocation
optimale des ressources au sens de Pareto et où l'intervention de l'État peut en
revanche contribuer à une allocation plus efficace.

5
Les services collectifs purs
Un service collectif pur est un service consommé en même temps par tous les
membres d'une communauté et pour lequel un producteur privé ne pourrait pas exclure
les usagers qui ne veulent pas contribuer au financement du service.

Exemples : la défense nationale, l'ordre public, la sécurité des biens et des personnes,
la justice, le réseau routier, l'éclairage public, etc. Seule une institution investie du
pouvoir de contraindre les usagers par la force (l'État) peut produire ce type de
services.
Les externalités
On parle d'externalité quand les choix d'un individu ont des effets sur le bien-être des
autres individus qui ne peuvent être pris en compte dans les échanges marchands.

Les dépenses de santé et d'éducation des individus induisent des effets externes
positifs (des économies externes) pour la collectivité : le bien-être de chacun est
amélioré par la productivité plus forte et le voisinage plus agréable associés aux
investissements des autres dans leur santé et leur niveau d'éducation. La pollution et
toutes les atteintes à l'environnement sont des exemples d'effets externes négatifs
(déséconomies externes). Les individus déterminent leurs choix en fonction des coûts
privés et des avantages privés qui leur sont associés; ils ne tiennent pas compte des
coûts et des avantages (sociaux) que leurs décisions impliquent pour la société. Il
s'ensuit une production sous-optimale dans les activités générant des économies
externes et une surproduction nuisible dans les activités entraînant des
déséconomies externes : l'État doit alors intervenir pour renforcer les premières
(santé, éducation, recherche) et pour freiner les secondes (pollution, nuisances).

B. LA FONCTION DE STABILISATION
Les politiques de stabilisation tentent de réguler l'évolution des variables macro-
économiques de façon à éviter ou à limiter les principaux déséquilibres
susceptibles d'affecter l'économie nationale. En ce domaine, on retient le plus souvent
quatre objectifs (le « carré magique » de Nicholas Kaldor) : croissance, plein-
emploi, stabilité des prix et équilibre extérieur.

Kaldor en a proposé une visualisation synthétique fondée sur 4 indicateurs clés :


- les 2 premiers lés à des objectifs de croissance : PIB ; et chômage
- les 2 autres reliés des contraintes d'équilibre intérieur : inflation, et solde de la balance
des paiements

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Carré magique de KALDOR

a. La croissance
Mesurée par le pourcentage d'augmentation annuelle du produit intérieur brut (PIB), elle
est censée constituer une amélioration du bien-être collectif. La croissance permet de
développer l'emploi, le revenu national et le revenu par habitant (si la population
croît moins vite que le PIB). La croissance de l'activité intérieure entraîne aussi des
pressions à la hausse des prix (inflation) et stimule les importations (risque de
déficit commercial). Cet objectif est donc compatible avec celui du plein-emploi
mais entre en contradiction avec ceux de stabilité des prix et d'équilibre extérieur.
b. Le plein-emploi
Au sens large, le plein-emploi signifie une utilisation optimale des facteurs de
production (travail et capital), c'est-à-dire un emploi qui permet d'en retirer la
productivité la plus élevée possible. Plus souvent entendu dans le sens plus étroit de
plein emploi de la main-d’œuvre. L'objectif consiste alors à réduire le chômage au
chômage volontaire minimal nécessaire au bon fonctionnement du marché du travail
(chômage « frictionnel » délai de recherche d'information incompressible pour choisir
le meilleur emploi alors même qu'il existe pour tous au moins un emploi correspondant
à sa qualification).
c. La stabilité des prix
On mesure le taux d'inflation par le pourcentage de variation d'un indice du niveau
général des prix (en général, un indice de prix à la consommation IPC). Un

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minimum de hausse des prix paraît inéluctable dans une économie en croissance où
s'exercent en permanence des pressions de la demande de biens et services.
L'objectif de stabilité des prix vise donc un taux d'inflation non nul mais
relativement faible (de 1 à 3%).
d. L'équilibre extérieur
On entend par là l'équilibre de la balance des paiements, compte qui retrace
l'ensemble des paiements reçus, dus ou versés au reste du monde; elle comporte trois
composantes essentielles: paiements courants, mouvements de capitaux non
monétaires et variation des réserves de change du secteur bancaire ou officiel
(Trésor public et banque centrale).

• La balance des paiements courants (ou des transactions courantes) retrace


l'ensemble des échanges de biens, de services, de revenus avec le reste du monde.
Elle inclut la balance commerciale (échanges de biens uniquement).

• La balance des mouvements de capitaux non monétaires présente les


mouvements de capitaux à long terme et les mouvements de capitaux à court terme
des secteurs privé et non bancaire (secteurs qui n'ont pas le pouvoir de création
monétaire) prêts, emprunts, placements, investissements directs, effectués à l'étranger
par des agents économiques nationaux, ou effectués dans le pays par des agents non
résidents.

• La variation des réserves de change. La balance globale des paiements est la


somme des deux précédentes. Si elle est excédentaire, les agents non bancaires
résidents reçoivent plus de paiements extérieurs qu'ils n'en versent à l'extérieur : cet
excédent constitue donc une entrée nette de devises (étrangères) qui vient gonfler les
comptes en devises détenus par les résidents ou qui est convertie en monnaie
nationale (par les banques, le Trésor public ou la banque centrale). D'une façon ou
d'une autre, cet excédent se retrouve dans les comptes du secteur bancaire ou officiel;
les statistiques le repèrent sous le poste « Mouvements de capitaux à court terme du
secteur bancaire ou officiel » (ou encore « Variation de la position monétaire extérieure
»). L'analyse macro-économique parle plutôt d'une augmentation des « réserves de
change ». En sens inverse, un déficit de la balance globale se traduit par une sortie
nette de devises et par une diminution des réserves de change.

• La contrainte extérieure à long terme


La contrainte d'équilibre joue surtout en cas de déficit. A court ou moyen terme, un
pays peut compenser un déficit des transactions courantes par des emprunts de
capitaux à l'étranger qui permettent un excédent de la balance des capitaux. Mais cela
entraîne ensuite le remboursement des capitaux et des intérêts. La charge annuelle de
remboursement (le service de la dette) contribue ainsi à de nouveaux déficits des
paiements courants que l'on ne peut indéfiniment combler par des emprunts de
capitaux étrangers, sous peine de mettre en doute, aux yeux des marchés financiers, la
capacité du pays à générer un jour le revenu en devises nécessaire au remboursement
de sa dette. A long terme, la contrainte extérieure est donc plus sévère qu'à court
terme : le pays doit chercher l'équilibre de la balance des transactions courantes.

• La contrainte extérieure à court terme


Un déficit important de la balance des transactions courantes peut rendre les
spéculateurs pessimistes sur l'évolution à venir de la balance globale et donc les

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conduit à anticiper une probable dévaluation du taux de change (un déficit de la
balance globale des paiements a tendance à déprécier le taux de change). Ils
spéculent donc immédiatement contre la monnaie nationale et peuvent contraindre le
gouvernement à rechercher l'équilibre des paiements courants à court terme et non pas
seulement à long terme (cf. chapitres 6 et 8 pour un examen plus détaillé).

C. LA FONCTION DE DISTRIBUTION
a. La distribution du revenu et de la richesse
L'État opère une redistribution directe entre les différents agents par des
prélèvements obligatoires (cotisations sociales et impôts) et des transferts (aides,
subventions, prestations sociales, etc.).

L'État opère aussi une redistribution indirecte dans l'exercice de ses fonctions
d'allocation et de stabilisation. La répartition territoriale des équipements collectifs et
des grands services publics modifie la répartition du bien-être dans la population. Il en
va de même des politiques de stabilisation. Une relance de l'économie par la
consommation peut se faire en priorité au bénéfice des salariés les plus défavorisés ;
une relance par l'investissement peut en priorité améliorer les profits des entreprises.
La fonction de distribution n'est donc pas séparable des autres fonctions de
l'État

b. Une fonction négligée faute d'un critère de justice


La fonction de distribution est très largement négligée par la théorie de la politique
économique. Le critère d'optimum de Pareto peut être appliqué aux fonctions
étatiques d'allocation et de stabilisation, mais il ne permet pas d'évaluer la répartition du
revenu et des richesses entre les individus : une situation où un seul individu accapare
la totalité des richesses et des revenus est optimale au sens de Pareto; il existe donc
autant de situations optimales que d'individus! La distribution pose le problème de la
justice, et il n'existe aucun critère de justice opérationnel et largement reconnu
par la théorie économique. Comme la fonction d'allocation va de soi pour la plupart
des économistes et n'est que rarement au cœur du débat politique, la théorie et les
enseignements de politique économique sont le plus souvent concentrés sur l'étude des
politiques de stabilisation.

c. A la recherche de critère de justice opérationnel: le paradoxe de Condorcet et


le théorème d’impossibilité d’Arrow
En admettant même que les décideurs politiques recherchent l'intérêt général, encore
faut-il connaître les préférences des individus et que ces préférences individuelles
indiquent des choix collectifs cohérents. Dans les démocraties, on tente de régler ce
problème en consultant les individus qui expriment régulièrement leur opinion par un
vote. Implicitement, on suppose ensuite que l'intérêt général se confond avec celui de la
majorité, ce qui est déjà contesté. Si l'on accepte la règle majoritaire, on n'est même
pas assuré de pouvoir déterminer des préférences collectives cohérentes. Cette
difficulté est simplement exposée dans le paradoxe de Condorcet (1785) qui expose
le dilemme suivant : trois individus sont consultés sur leur préférence entre trois
situations possibles (A, B ou C) ; chaque individu exprime un classement cohérent
indiqué dans le tableau ci-après; mais la règle majoritaire débouche sur des choix
collectifs incohérents.

9
Choix par ordre de préférence

1er individu A > B> C


2e individu B > C> A
3e individu C > A> B

On constate en effet que la majorité préfère A à B et B à C (par deux voix contre une).
Si les décideurs politiques ne tiennent compte ou n'ont connaissance que de ces deux
résultats, ils seront conduits à estimer que du point de vue de l'intérêt général A est
supérieur à C. Or. il n'en n'est rien et on constate qu'une majorité préfère C à A. Le
prix Nobel J.K. Arrow (1951) a généralisé ce résultat aux situations plus réalistes
caractérisées par un grand nombre de questions à poser et un grand nombre de
citoyens, en démontrant qu'il n'existe aucune procédure non dictatoriale de
révélation des préférences individuelles susceptible de garantir la cohérence des
choix collectifs (démonstration connue sous le nom de « théorème d'impossibilité »
d'Arrow, 1951).

Section 2. LES MOTIVATIONS DES HOMMES POLITIQUES


A. LA VISION DOMINANTE DES ÉCONOMISTES
a. La doctrine classique de la démocratie
Selon la doctrine classique, la démocratie est un système dans lequel le peuple
souverain désigne des représentants dont l'action vise uniquement à exprimer la
volonté du peuple. L'État n'est qu'un relais pratique qui autorise la mise en œuvre des
politiques conformes au bien commun. Les hommes politiques sont un reflet passif des
citoyens et sont motivés par la seule recherche de l'intérêt général. Le plus souvent de
façon implicite, la théorie de la politique économique se réfère à cette vision de la
démocratie.

b. La fonction de bien-être social


Abraham Bergson (1938) et Paul Anthony Samuelson (1947) ont tenté de formaliser
le comportement de l'État comme la recherche du maximum de bien-être collectif.
Dans la lignée de la philosophie utilitariste développée par Jeremy Bentham (1789), ils
suggèrent que l'objectif des responsables de la politique économique consiste à
maximiser une fonction de bien-être social (SWF : Social Welfare Function),
exprimée comme une somme pondérée des satisfactions de tous les individus
composant la société. Implicitement ou explicitement, l'analyse dominante de la
politique économique raisonne comme si les responsables politiques maximisaient une
fonction-objectif de ce type. Mais son contenu précis et les pondérations applicables
aux satisfactions individuelles ne peuvent s'appuyer sur aucune analyse scientifique.
c. La liste de Jan Tinbergen
Le livre de Jan Tinbergen (Techniques modernes de la politique économique, 1961)
illustre assez bien la vision implicite de la plupart des analyses et des manuels de
politique économique. Les principaux buts de l'État (les arguments de la fonction de
bien-être social) peuvent, selon Tinbergen, être listés ainsi : la paix internationale, le
bien-être matériel (dépense réelle maximale par tête, avec plein emploi et équilibre
monétaire), amélioration de la répartition des revenus, émancipation des groupes
défavorisés, liberté individuelle compatible avec les autres buts ci-dessus.

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La politique économique est alors définie comme la mise en ouvre raisonnée
d'instruments en vue d'atteindre au mieux cet ensemble de buts.
B. L'ÉCOLE DES « CHOIX PUBLICS »
a. La critique de Joseph Schumpeter
Dans Capitalisme, socialisme et démocratie (1942), Schumpeter rejette la doctrine
classique de la démocratie. Selon lui le bien commun n'existe pas et donc la volonté du
peuple que les représentants sont censés suivre fidèlement est une illusion. Les
citoyens sont en outre trop ignorants des affaires nationales pour qu'il soit raisonnable
de fonder l'action publique sur les volontés du peuple. Schumpeter propose une autre
définition de la démocratie : il s'agit simplement d'une méthode de sélection d'un
gouvernement fondée sur la libre compétition des individus et des partis pour le pouvoir.
La motivation des responsables politiques n'est pas la maximisation du bien-être
collectif mais la conquête et l'exercice du pouvoir.
b. La théorie économique de la démocratie
L’analyse de Schumpeter sert de prémices au développement de l'école des choix
publics qui se propose d'appliquer les méthodes d'analyse habituelles de la théorie
économique aux phénomènes politiques.

A) Les principaux fondateurs


- Anthony Downs (An Economic Theory off Democracy, 1957),
- Duncan Black (The Theory of Election and Comitees, 1958),
- James Buchanan et Gordon Tullock (The Calculus of consent. Logical Foundations of
constitutionnal democracy, 1962 L'analyse du consentement. Fondations logiques de la
démocratie constitutionnelle),
- Mancur Olson (La Logique de l'action collective, 1965).

B) Conséquences pour l'analyse de la politique économique.


- Les responsables de la politique économique sont rationnels au sens économique du
terme, c'est-à-dire qu'ils agissent de façon cohérente en vue de maximiser leur
satisfaction personnelle.
-Tous les objectifs habituellement assignés à la politique économique ne sont donc pas
les vrais buts des responsables politiques. La croissance, l'emploi, la justice sociale,
etc., ne sont que des objectifs intermédiaires poursuivis dans la mesure où ils
contribuent au but réel : le pouvoir des leaders et des partis politiques.
- Les politiques mises en œuvre reflètent la demande des électeurs sur le « marché
politique ».
- Il peut être politiquement rationnel d'adopter des politiques économiques
inefficaces quand elles sont fortement demandées par les électeurs, susceptibles
d'assurer la victoire électorale du gouvernement.

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CHAPITRE I : LA POLITIQUE BUDGETAIRE

La politique budgétaire consiste à manipuler le niveau et la structure des dépenses


publiques d’une part et d’autre part le niveau de l’impôt et les taux d’imposition afin de
modifier l’équilibre économique. Elle constitue un des principaux instruments de la
politique économique et sa mise en œuvre est l’objet de controverses notamment entre
les keynésiens et les monétaristes.

I) Portée de la politique budgétaire

La politique budgétaire est fondée sur le multiplicateur budgétaire. La valeur de ce


dernier varie en fonction des fuites qui existent dans le système économique et qui
revêtent plusieurs formes.

I.1) Les multiplicateurs budgétaires et les stabilisateurs automatiques

Nous distinguerons successivement un modèle de base simplifié, l’introduction d’un


impôt direct, l’existence de transfert et l’ouverture aux échanges extérieurs.

a) Cas d’une économie fermée

On considère une économie fermée décrite par le modèle simplifié suivant :

Y=C+I+G (1)

C = a (Y – T) + Co (2)

I= I (3)

G= G (4)

Y : revenu ; C : consommation privée ; I : investissement privé

G : dépenses publiques ; a : propension marginale à consommer

Co : consommation incompressible.

La combinaison des équations (1) à (5) permet d’écrire :

Y = a (Y – T+Tr) + Co + I + G

Y (1 –a) = -aT + aTr + Co + I + G

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Y =  a T + a T r + C0 + I + G
1 a 1 a 1 a 1 a 1 a

Y = 1 = kG (multiplicateur dépenses publiques)


G 1 a

Y = - a = kT (multiplicateur fiscal)
T 1 a

kG > kT

Y
= a Tr
Tr 1  a

Nous assistons à la diminution des transferts (et donc du revenu disponible) lorsque le
revenu global augmente. Comme l’impôt direct les transferts constituent un stabilisateur
automatique.

La politique budgétaire est plus efficace quand elle est axée sur les dépenses publiques
plutôt que sur les impôts.

Dans le cas d’une variation équilibrée du budget ( GT ) on a :

Y= 1 G- a T
1 a 1 a

Y= 1 G- a G
1 a 1 a

 Y = 1 a  G =  G =  T
1 a
Le multiplicateur est alors unitaire (théorème de Haavelmo)

Un budget équilibré est neutre c’est – à – dire qu’il ne modifie pas le revenu d’équilibre.

a.1) La spécification d’une fonction fiscale

On introduit dans le modèle présenté ci – dessus une fonction fiscale spécifiée comme
suit :

T = t Y + To

t : taux impôt direct

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To : surtaxe

A l’équilibre :

Y=C+I+G

Y = a (Y – tY – To+ aTr) + Co + I + G

Y (1 – a – at) = - aTo +aTr + Co + I + G

 aTo  aTr  Co  I  G
Y=
1  a  at

I  G  aTr  Co  aTo
Y=
1  (1  t )a

Y = 1 = k’G t < 1  kG> K’G


G 1(1t)a

La valeur du multiplicateur baisse en raison de l’apparition d’une nouvelle fuite (l’impôt


direct) qui diminue les flux de dépenses.

L’impôt direct constitue ainsi un stabilisateur de la conjoncture. En effet durant les


périodes de récession le rendement des impôts diminue surtout si le système fiscal est
progressif. Il en résulte un soutien de la demande effective qui est d’autant plus
significatif que les chômeurs bénéficient de transferts sous forme d’allocations de
chômage. Par contre durant les périodes d’expansion l’augmentation des impôts limite
le revenu disponible et entraîne un effet de freinage de la conjoncture.La stabilisation
de la conjoncture par l’impôt direct est dite automatique parce qu’elle est insérée dans
le système et qu’elle est indépendante de l’action délibérée des pouvoirs publics.

A partir de la fonction fiscale on peut déterminer l’accroissement d’impôt lié à


l’accroissement de la dépense :

T = tY + To

T = tY

Or

Y= 1  G et
1(1t)a

14
T= t G
1(1t)a

Exemple :

t = 0,2 = 20 %

a = 0,75

t 0,2
= = 0,5
1  a(1  t ) 1(10,2)x0,75

 T = 0,5  G

Ce résultat peut être interprété de deux manières :

1) Toute action de relance est partiellement amortie et le déficit budgétaire entraîne


lui – même un début de compensation ;

2) Si l’on veut atteindre une variation donnée du revenu, il sera nécessaire


d’accroître la dépense publique plus fortement que ne l’implique le seul
multiplicateur budgétaire.

a.2) La mesure de l’effet stabilisateur

Elle a été proposée par Musgrave. La démarche consiste à comparer le multiplicateur


des dépenses publiques sans et avec les stabilisateurs automatiques.

Ainsi en posant :

1 1
kG = 1 a et k’G = 1a(1t)

L’effet de stabilisation est mesuré par la différence entre l’unité et le rapport de ces
deux multiplicateurs.

g = 1 - k'G
kG

1
1 a(1t)
g=1–
1
1 a

15
g=1– (1a)
1a(1t)

g= at
1a(1t)

Exemple :

a = 0,75

t = 0,2

g= 0,75x0,2 = 0,375
10,75(10,2)

Ce résultat signifie que les variations automatiques des rendements fiscaux réduisent
de 37,5 % les mouvements du revenu national dû à la modification d’une composante
de la demande effective.

a) L’ouverture aux échanges extérieurs

On se situe maintenant dans le cadre d’une économie ouverte. Les exportations sont
supposées exogènes et la fonction d’importation est spécifiée comme suit :

M = M+mY

L’économie est alors décrite par les équations suivantes :

Y=C+I+G+X–M (1)

C = a (Y – T) + C0 (2)

I = I (3)

G= G (4)

X= X (5)

L’équation (1) peut être réécrite en prenant en considération les équations (2) à (5)

On obtient les multiplicateurs suivants :

Y = a
Y = 1
G 1  a  at  m T 1  a  at  m

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La prise en considération du commerce extérieur a pour conséquence une diminution
de la valeur des multiplicateurs. Ce phénomène s’explique par la présence d’une
nouvelle fuite liée aux importations.

En définitive l’efficacité des multiplicateurs est réduite en présence d’une imposition


directe, d’un système de transfert et du commerce extérieur.

I.2) Les indicateurs de la politique budgétaire : les soldes budgétaires

Le solde budgétaire est défini comme la différence entre les recettes et les dépenses de
l’Etat. On peut distinguer le solde total du solde primaire.

SBT = T – g iD

SBT : solde budgétaire total ; T: recettes fiscales ; G: dépenses publiques hors


paiement des intérêts ; i: taux d’intérêt de la dette publique ; D: dette publique

SBP = T – G

SBP : SB primaire

Etant donné que le paiement des intérêts représente à court terme une charge
incompressible liée aux dépenses des années précédentes le solde primaire représente
le solde qui résulte des décisions présentes des pouvoirs publics.

Le solde budgétaire peut être décomposé en un solde conjoncturel et un solde


structurel. Le déficit budgétaire conjoncturel ou cyclique est lié à la baisse des recettes
fiscales du fait de la faiblesse de la croissance.Quand au déficit budgétaire structurel il
correspond au déficit qui serait obtenu si les facteurs de production étaient pleinement
utilisés ou si le PIB se fixe à son niveau potentiel.

La fonction fiscale peut être spécifiée suit :

T = tY + To

T : total des impôts ;t : taux de taxation de la production ;Y : niveau d’activité ; To :


impôts autonomes

Le déficit conjoncturel qui est lié à la baisse de rendement des impôts s’écrit :

SB conj = t (Y – Yp)

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Avec

Yp : production potentielle

Le déficit structurel correspond au déficit qui serait obtenu si le rendement des impôts
était inchangé ou si la production ne s’écarte pas de son niveau potentiel. Les rentrées
fiscales à prendre en compte sont alors celles qui sont indépendantes du niveau de la
production.

SB structurel = To – G + tYp = (T –tY) – G + tYp

=T–G - t(Y – Yp)

D’où SB total SB conjoncturel

SB total = SB structurel + SB conjoncturel


Ainsi si l’économie se situe au plein emploi le déficit conjoncturel s’annule et le déficit
budgétaire structurel devient égal à la différence entre les recettes et les dépenses
publiques.

Par ailleurs l’existence d’un déficit budgétaire ne signifie pas nécessairement que la
politique budgétaire est expansionniste dans la mesure où le déficit budgétaire peut être
conjoncturel.

Les pouvoirs publics mettent en œuvre une « politique discrétionnaire » s’ils


augmentent de manière délibérée les dépenses publiques pour relancer l’activité
économique ou s’ils diminuent leurs dépenses pour réduire les tensions inflationnistes.

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CHAPITRE II : LA POLITIQUE MONETAIRE

La politique monétaire regroupe l’ensemble des actions visant à influencer les variables
économiques (prix, niveau d’activité, emploi, équilibre externe) par le truchement du
volume et du coût de la monnaie. On distingue ainsi les instruments, les objectifs
opératoires, les objectifs intermédiaires et les objectifs finals de la politique monétaire.

La politique monétaire peut être décrite par le tableau suivant :

Objectifs Objectifs
Instruments Objectifs finals
opératoires intermédiaires

- open market - taux du marché - taux d’intérêt à CT - prix

- réescompte interbancaire - taux d’intérêt à LT - niveau d’activité

- réserves - base monétaire - agrégats monétaires (PIB)

- encadrement du - agrégats de crédit - emploi

crédit - taux de change - équilibre extérieur

-contrôle direct du taux

d’intérêt

- contrôle des changes

I)Les objectifs opérationnels et intermédiaires de la politique monétaire

La politique monétaire est mise en œuvre à travers la politique des taux d’intérêt et le
contrôle des agrégats monétaires.

I.1) La politique des taux d’intérêt

La politique des taux d’intérêt est axée essentiellement sur le taux de refinancement
bancaire. Etant donné que ce taux d’intérêt est un taux directeur il exerce des effets de
diffusion sur l’ensemble des marchés de capitaux par le jeu des réajustements d’actifs
au niveau des institutions financières et du public.

Par exemple une hausse du taux de refinancement bancaire se traduit par une
raréfaction de la monnaie banque centrale, un accroissement du taux de base bancaire

19
et un renchérissement du crédit.Dans un tel contexte les banques sont incitées à se
procurer des ressources par d’autres moyens notamment à travers l’émission de titres à
long terme. Quant au secteur privé non financier il est incité à réduire sa demande de
crédit. Certains agents chercheront à se procurer des ressources sur les marchés de
capitaux à court terme ou à long terme. Ce qui contribue à renforcer la tendance à la
hausse des taux d’intérêt.

I.2) Le contrôle des agrégats

Le contrôle des agrégats monétaires est un des principaux objectifs intermédiaires de la


politique monétaire. Le problème posé est le choix des agrégats et les modalités du
contrôle.

I.2.1) Le choix des agrégats

Le contrôle de la masse monétaire peut être axé sur M1 c’est à dire la masse
monétaire au sens strict ou l’ensemble des moyens de paiement crées par le système
bancaire (monnaie fiduciaire, monnaie scripturale).Les autorités monétaires peuvent
également porter leur choix sur le contrôle de l’ensemble des liquidités vu la masse
monétaire au sens large.

Pour M. Friedman et les économistes monétaristes qui recommandent le contrôle des


agrégats le choix des agrégats est une question d’ordre empirique.Ce qui importe c’est
la stabilité de la relation entre l’agrégat contrôlé et le PIB nominal. On notera que le
choix des agrégats est influencé par les innovations financières qui entraînent une
redéfinition des agrégats monétaires.

I.2.2) Les modalités du contrôle des agrégats

Les agrégats monétaires peuvent être contrôlés directement par les autorités
monétaires à travers les objectifs opératoires à savoir la base monétaire et le
rationnement du crédit.

a) Le contrôle de la base monétaire

La base monétaire correspond à la monnaie centrale détenue par le public et le


système bancaire. Il existe une relation entre le volume de monnaie centrale mis à la
disposition des agents financiers et non financiers et la masse monétaire au sens strict.
Cette relation peut être ainsi mise en évidence :

20
H : monnaie centrale (base monétaire) ; B : billets ; D : dépôts à vue ; M : masse
monétaire au sens strict (M1) ; R : réserves des banques

B
b= ou proportion monnaie détenue sous forme de billets
M

r = R coefficient de réserves obligatoires


D
M=B+D (1)

H=B+R (2)

B = bM (3)

D=M-B(4)

D = (1 – b)M (5)

R = r.D(6)

R = r × D = r × (1 − b) M.(7)

H = bM + r(1 – b)M(8)

H = M [b + r(1 – b)] (9)

En posant

1
m=
b  r (1  b)

Alors

M = m.H (10)

m = multiplicateur de crédit

La relation (10) signifie que la masse monétaire résulte de la production monétaire de


l’institut d’émission et d’un coefficient appelé « multiplicateur de crédit »

21
Pour que le contrôle de la base monétaire soit efficace deux conditions doivent être
remplies. L’institut d’émission doit maîtriser son apport de monnaie centrale et le
multiplicateur m doit être stable.

b) Le rationnement du crédit

Il consiste à contrôler directement le crédit distribué par les banques. Si cet instrument
se révèle efficace il comporte plusieurs inconvénients.La politique de rationnement du
crédit est autoritaire voire arbitraire et rend la gestion de l’économie moins rationnelle.
C’est pourquoi elle n’est pas d’un usage fréquent dans les pays à économie de marché.

II) Les instruments de la politique monétaire

Les autorités monétaires disposent de plusieurs instruments qui leur permettent


d’atteindre les objectifs qu’elles se sont assignés. Parmi ceux – ci on retiendra la
politique d’open market, la politique du taux d’escompte, la politique des réserves
obligatoires et l’interventionnisme direct.

II.1) La politique d’open market

La politique d’open market consiste en une intervention de la Banque Centrale sur le


marché monétaire sous forme d’achat ou de vente de titres pour influencer la liquidité
des banques et leurs capacités de prêt. Une telle politique permet d’augmenter ou de
freiner l’offre de liquidités et de moduler les crédits distribués.

Les titres qui sont achetés et vendus par la Banque centrale sont généralement des
titres publics. C’est pourquoi la politique d’open market est surtout utilisée dans les pays
où le volume de la dette publique est relativement important.

La politique d’open market présente plusieurs avantages :

1) la Banque Centrale prend l’initiative d’intervenir sur le marché monétaire au lieu


d’adopter un comportement passif comme dans le cas du réescompte ;

2) les banques ont une gestion de trésorerie plus efficace dans la mesure où elles
ne peuvent pas compter sur un escompte systématique et qu’elles n’ont pas
intérêt à conserver des liquidités oisives (plus élevées que le minimum légal
requis) ;

22
II.2) La politique du taux d’escompte

La politique du taux d’escompte repose sur une procédure de refinancement qui met en
relation les banques secondaires et la banque centrale et qui ne passe pas alors par le
marché monétaire. Les banques de second rang empruntent directement des liquidités
auprès de la banque centrale en réescomptant des titres qu’elles détiennent dans leur
portefeuille. Les titres admis au réescompte sont généralement des titres représentatifs
de crédits à l’économie et des effets de commerce.

II.3) La politique des réserves obligatoires

Les réserves obligatoires sont des avoirs liquides constituées de monnaie centrale que
les banques doivent conserver en proportion de leurs dépôts ou de leurs crédits.

La politique des réserves obligatoires consiste alors à modifier le taux de réserves


obligatoires afin d’agir sur la liquidité des banques et les conditions de financement de
l’économie.

A l’origine les réserves obligatoires ont été instituées dans le souci de protéger les
épargnants et de permettre aux banques de faire face aux retraits de billets durant les
périodes de panique financière. La politique des réserves obligatoires est devenue
progressivement un instrument de politique monétaire.

Ainsi une baisse des taux de réserves obligatoires améliore la liquidité des banques et
augmente leurs capacités de prêts. A l’inverse une augmentation des taux des réserves
obligatoires « stérilise » une partie des liquidités des banques et diminue leurs
capacités de prêts.

II.4) La politique sélective du crédit

Elle consiste à différencier les conditions d’accès au crédit. Les secteurs dits prioritaires
sont favorisés par une telle politique. Ils bénéficient alors de taux bonifiés, de crédits
non plafonnés qui sont parfois garantis par des interfaces telles que les fonds de
garantie.

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II.5) L’encadrement du crédit

L’encadrement du crédit consiste en un plafonnement des crédits que les banques


accordent à leur clientèle. L’encadrement du crédit a été institué à l’origine pour éviter
une concentration excessive des risques. Il est devenu ensuite un instrument de
politique monétaire.

En cas de dépassement du plafond fixé par les autorités monétaires les banques
subissent des pénalités qui consistent, à déposer une proportion des crédits distribués
sous forme de réserves supplémentaires non rémunérées auprès de la banque
centrale.

A l’inverse la non – utilisation des crédits soumis à un plafond donne droit à une
économie de crédit c’est – à – dire une utilisation ultérieure. L’encadrement du crédit est
un instrument de politique monétaire qui se révèle fort efficace mais qui comporte
plusieurs inconvénients :

1) Il fige les parts de marché des banques et fausse ainsi la concurrence entre les
banques ;

2) Il ne tient pas en compte les capacités des banques et rend peu profitables les
innovations financières.

24
CHAPITRE III : LES PROGRAMMES DE POLITIQUE ECONOMIQUE

I) Le programme Keynésien: le rôle prépondérant de la demande.

Selon l’analyse keynésienne l’économie de marché livrée à elle – même ne conduit pas
à un équilibre de plein – emploi. En effet, Keynes considère que dans les économies
capitalistes développées tout conduit à l’insuffisance de la demande et à la remise en
cause de la loi des débouchés de SAY. Le cas général des classiques (plein emploi) est
considéré ici comme un cas particulier et le cas particulier des classiques (chômage)
devient le cas général. Dès lors seule l’intervention de l’Etat permet d’assurer le plein
emploi.

I.1) Le cadre d’analyse Keynésienne : le modèle IS - LM

La théorie keynésienne a été vulgarisée sous la forme de modèle IS – LM par Hicks


Hansen et Samuelson. La courbe IS décrit l’équilibre du marché des produits (biens et
services) alors que la courbe LM représente l’équilibre du marché de la monnaie.

A) Détermination de la courbe IS

L’équilibre du marché des produits s’écrit :

Y=C+I+G

Avec :

Y : revenu

C : consommation ; I : investissement privé et G : dépenses publiques

En posant

C = cY + Co o<c<1

I = -bi b<o

G= G

Alors

Y = cY + Co - bi + G

Y (1-c) = -bi + Co + G

25
sY = -bi + DA

Y= 1 -bi + DA équation courbe IS


s s

B) Détermination de la courbe LM

L’équilibre du marché de la monnaie correspond à l’égalité entre l’offre et la demande


de monnaie. L’offre de monnaie est exogène chez Keynes. Quant à la demande de
monnaie elle comprend deux composantes : la demande de transaction – précaution
qui dépend positivement du revenu et la demande de spéculation qui est liée
négativement au taux d’intérêt. L’équilibre du marché de la monnaie est décrit par
l’équation suivante :

M = L1 (Y) + L2 (i)
p

avec

L1 (Y) = gY ; g > 0

L2 (i) = -hi ; h < 0alors

M = g Y – hi
p

M P hi
Y= + Equation de la courbe LM
g g

C) La représentation de l’équilibre

L’équilibre simultané des deux marchés correspond à l’intersection entre les courbes IS
et LM.
i LM

i*

IS

Y* Y

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La courbe IS se déplace vers la droite dans le cas d’une politique budgétaire
expansionniste et vers la gauche si la politique budgétaire est restrictive. La courbe LM
subit le même type de déplacement dans le cas d’une politique monétaire
expansionniste et d’une politique monétaire restrictive respectivement.

I.2/Impact des politiques actives

La politique macroéconomique est mise en œuvre à travers la politique budgétaire ou la


politique monétaire.

I.2.1/ Cas de la politique budgétaire

Le cas d’une politique budgétaire expansionniste est illustré par le graphique suivant :

i1
io IS1

ISo

Yo Y1e Y

Par le jeu de multiplicateur l’augmentation des dépenses publiques permet d’augmenter


le revenu global et d’amener le système à un équilibre de plein emploi. La politique
budgétaire autant plus efficace que l’élasticité de l’investissement par rapport au taux
d’intérêt est faible.
I.2.2/ Cas de la politique monétaire

Le cas d’une politique monétaire expansionniste est décrit par le graphique ci –


dessous :

27
LM0
LM1
i0

i1

IS

Yo Ype Y

L’augmentation de l’offre de monnaie entraîne une baisse du taux d’intérêt.


L’investissement est alors encouragé qui à son tour entraine un accroissement du
revenu. Le système tend alors vers un équilibre de plein emploi.

La politique monétaire est d’autant plus efficace que :

– la demande de monnaie est faiblement élastique par rapport au taux d’intérêt (si la
demande de monnaie est fortement sensible au taux d’intérêt une augmentation de
l’offre de monnaie entraîne une hausse de la demande de monnaie de telle sorte que le
taux d’intérêt variera faiblement).

I.2) La courbe de Philips

Philips W.A. a mis en évidence en 1958 une relation négative et statistiquement


significative pour le Royaume Uni de 1867 à 1957, entre le taux de croissance des
salaires nominaux et le taux de sous – emploi. Dans la mesure où le taux de croissance
des salaires nominaux et celui des prix sont corrélés positivement, les économistes se
sont intéressés à la relation entre le taux de chômage et le taux d’inflation dans l’espace
et dans le temps. Cette relation connue sous le nom de courbe de Philips a la forme
suivante :

 =f(u) avec  : taux d’inflation ; u : taux de chômage

Courbe de Philips

28
w
w ,
5,5

taux de chômage compatible avec une inflation nulle

Le principal enseignement de la courbe de Philips est que l’inflation diminue au fur et à


mesure que le chômage augmente et elle s’annule pour un taux de chômage égal à 5,5
%.

La courbe de Philips a connu un grand succès pour deux raisons. En premier lieu elle
traite de deux variables privilégiées par la politique économique. En second lieu elle
fournit au modèle keynésien l’équation qui lui manque (le niveau général des prix est
supposé fixe et donc exogène dans le modèle keynésien de base).

II) Le programme néo-classique : La remise en cause de la politique


économique

II.1) La réinterprétation de Friedman : la courbe de Philips augmentée

Friedman considère que sur le marché du travail ce n’est pas le salaire nominal qui
réagit à une demande ou une offre excédentaire mais plutôt le salaire réel perçu ou
anticipé. Dans la mesure où les agents économiques sont rationnels ils ne sont pas
victimes d’illusion monétaire et fondent leurs décisions sur le niveau du salaire réel. En
lieu et place de la relation entre le taux de croissance des salaires nominaux et le taux
de chômage postulé par Philips, Friedman retient une relation entre la croissance des
salaires nominaux moins le taux d’inflation perçu ou anticipé et le taux de chômage.  -
a = f (u). Dès lors si les ménages sous – estiment le taux d’inflation effectif ( - a> 0)
ils seront portés à offrir davantage de travail dans la mesure où ils surestiment le salaire
réel. Plus l’écart  - a est élevé plus le chômage diminuera. Par contre le chômage
augmentera dans le cas inverse ( - a< 0).

29
Plusieurs enseignements peuvent être tirés de cette analyse :

Contrairement à la présentation de Philips la relation entre l’inflation et le chômage n’est


pas unique. Il existe un ensemble de courbes de Philips paramétrées par l’inflation
anticipée (a). Plusieurs taux de chômage sont compatibles avec le même taux
d’inflation, ce qui explique l’instabilité de la courbe de Philips. De plus, il existe un seul
taux de chômage compatible avec une anticipation parfaite du taux d’inflation ( = a),
c’est le taux de chômage naturel. Ce taux de chômage n’est pas nul en raison des
frictions qui existent sur le marché du travail et des imperfections structurelles (mobilité
professionnelle insuffisante, problèmes de qualification de la main d’œuvre, etc…).

Le graphique ci – dessous permet d’analyser les politiques actives. 

Courbe de Philips à moyen terme


Courbes de Philips à court terme

C
B
A D
u

A court terme une politique monétaire ou budgétaire expansionniste permet de stimuler


l’activité économique. En effet avec l’augmentation inattendue du taux d’inflation (>a)
entraîne la baisse du taux de chômage en deçà du taux naturel (passage du point A au
point B). Au fur et à mesure que l’information se propage les agents économiques
corrigent leurs anticipations, le taux de chômage augmente ainsi jusqu’à ce qu’il
atteigne le taux naturel (passage de B à C). Or, le taux de chômage naturel est le plus
bas taux de chômage qui puisse exister. La baisse du taux de chômage est alors
uniquement temporaire, et les autorités doivent faire face à une inflation plus élevée. La
diminution du nouveau taux d’inflation exige une politique déflationniste qui engendre
une baisse de l’inflation et une hausse du chômage (passage de C à D). Par ailleurs, le

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cadre analytique défini par Friedman permet d’expliquer l’échec des politiques
qualifiées de stop and go.

Le principal message de l’analyse de Friedman est l’inefficacité de la politique


conjoncturelle à moyen terme. Les politiques actives ne sauraient réussir que si les
autorités arrivent à surprendre et à tromper le public notamment à travers une
accélération de l’inflation. Or une telle politique n’est pas viable à moyen terme car
d’une part on ne peut pas tromper le public tout le temps et d’autre part ce type de
politique risque de déboucher sur un effondrement du système économique.

L’analyse de Friedman est fondée sur l’hypothèse d’anticipations adaptatives.


Autrement dit le public est supposé formuler ses anticipations uniquement sur la base
des valeurs observées dans le passé de la variable anticipée. Par exemple dans le cas
de l’inflation les anticipations adaptatives supposent que les agents économiques se
fonderont exclusivement sur une moyenne pondérée des valeurs passées du taux
d’inflation et ils ne tiendront pas alors en compte d’autres informations pertinentes telles
que les objectifs du gouvernement, les prévisions des instituts de conjoncture, le niveau
de la masse monétaire etc.

II.2) Les anticipations rationnelles et l’inutilité des politiques économiques

II.2.1) Définition et propriétés des anticipations rationnelles

Les anticipations rationnelles constituent des prévisions informées des événements


futurs. De telles anticipations sont qualifiées de rationnelles parce qu’elles sont
cohérentes avec une prévision fondée sur une interprétation pertinente de la théorie
économique. On parlera d’anticipations rationnelles si les agents économiques utilisent
toute l’information pertinente disponible et s’ils comprennent la théorie économique et
l’utilisent dans le cadre de leurs prévisions. Les anticipations rationnelles ont les trois
propriétés suivantes : elles ne sont pas biaisées, elles sont orthogonales et elles sont
cohérentes.

C) L’absence de biais des anticipations rationnelles

Cette propriété signifie que l’écart entre la valeur observée et la valeur anticipée
rationnellement d’une variable est un bruit blanc.

31
Dans le cas de l’inflation par exemple on a :t - ta = ut ; t : inflation observée en t ;
ta : inflation anticipée en t ; ut : variable aléatoire

Cette propriété signifie que les agents qui formulent des anticipations rationnelles ne se
trompent pas systématiquement. Les anticipations sont correctes en moyenne (la
moyenne de ut est égale à zéro) et les erreurs de prévisions sont liées à des
événements imprévisibles.

D) Propriété d’orthogonalité des anticipations rationnelles

Elle signifie que l’erreur de prévision n’est corrélée avec aucune information pertinente
connue au moment où les anticipations ont été formées. Car dans le cas contraire les
agents économiques auraient pris en considération cette information pour améliorer
leurs prévisions.

E) La cohérence des anticipations rationnelles

Cette propriété signifie que les anticipations d’une variable formulées à différents
moments doivent être cohérentes entre elles. Par conséquent elles ne peuvent différer
que si survient une information nouvelle non prévisible. Par exemple dans le cas d’un
match de football qui sera joué le dimanche le pronostic du résultat fait le mardi ne doit
pas différer de celui du lundi sauf si de nouvelles informations sont disponibles
(blessures de joueurs à l’entraînement…).

II.2.2) Les implications pratiques des anticipations rationnelles

Pour les théoriciens des anticipations rationnelles le public dispose des mêmes
informations que le gouvernement gratuitement et sans décalage temporel. Par
conséquent les autorités ne pourront pas provoquer un effet de surprise et, en
moyenne, le taux de chômage oscille erratiquement autour de son niveau naturel. En
présence d’anticipations rationnelles il n’y a aucun compromis entre l’inflation et le
chômage même à court terme. La situation est décrite par le graphique ci – dessous

32
P OG1OGo

CB DG1 P0ADG0

Yo Y1 Y

La situation de départ est caractérisée par la position d’équilibre (Y o, Po) c’est à dire le
point d’intersection entre la demande globale de court terme et l’offre globale de court
terme. La mise en œuvre d’une politique économique expansionniste se traduit par un
déplacement de la courbe de demande globale de DGo DG1. Cependant l’augmentation
de la demande va entraîner à son tour une augmentation du niveau absolu des prix. On
se retrouve au point d’équilibre B (P1, Y1). Cependant, compte tenu de l’hypothèse
d’anticipations rationnelles, les agents vont réaliser que la variation du niveau absolu
des prix ne correspond pas à une variation des prix relatifs. Les ménages vont exiger
des augmentations de salaire et les entreprises vont ajuster à la baisse le niveau de
l’emploi et de production. L’offre globale se déplacera alors de OG o à OG1 et on
retrouve, la position d’équilibre initiale. La politique économique n’a alors aucune
influence sur le niveau d’activité.

II.3) L’économie de l’offre

L’économie de l’offre (Supply – Side Economics) a été initialement développée par les
économistes classiques à partir du 18 siècle (A. Smith, J.B. Say, Mill S…). Elle a connu
un regain d’intérêt aux Etats – Unis à partir du milieu des années 70 notamment sous
l’administration Reagan (« Reaganomics »).

II.3.1) Les fondements de l’économie de l’offre

Selon ces auteurs l’offre est le principal moteur de l’activité économique. Les
mécanismes de marché constituent ainsi le meilleur système d’allocation des

33
ressources. L’intervention de l’Etat est intrinsèquement déstabilisatrice car le secteur
public a tendance à s’accroître de manière excessive et les politiques publiques,
notamment la politique fiscale, entraînent des effets de substitution négatifs qui se
traduisent par une diminution de l’offre des facteurs de production et qui entravent la
croissance économique

La spécificité de l’économie de l’offre peut être mise en évidence à partir des


graphiques ci – dessous :

OGo OG1

DG1

DG0

Y Ype Y

Dans ce graphique ci-dessus la courbe d’offre globale est verticale. Cependant le


niveau courant de la production ne correspond pas forcément à celui du plein emploi.
En effet l’offre est entravée par les réglementations et les prélèvements liés à
l’intervention de l’Etat. Seules les politiques d’offre sont en mesure de relancer l’activité
économique (passage de OGo à OG1).

II.3.2) Les obstacles à l’offre

L’offre est inhibée par plusieurs facteurs parmi lesquels on retrouve l’excès de pression
fiscale et les coûts de la réglementation.

A) L’excès de pression fiscale : la courbe de Laffer

La relation entre le taux d’imposition et le rendement fiscal est illustré par le graphique
suivant (courbe de Laffer).

Courbe de Laffer

34
Recettes Fiscales

zone Zone
Admissible Inadmissible Taux moyen
d’imposition

0 t* 100

Ce graphique indique qu’il n’y a pas de relation linéaire entre le taux d’imposition et les
recettes fiscales.

Pour des taux d’imposition faibles il y a une relation positive entre le taux d’imposition et
les recettes fiscales. Pour un certain taux d’imposition optimal (t*) les recettes fiscales
atteignent leur maximum. Au – delà de ce taux d’imposition l’assiette fiscale se réduit du
fait du découragement des agents économiques et les recettes fiscales diminuent.
Autrement dit « trop d’impôts tue l’impôt ». A partir du point A toute baisse du taux
d’imposition entraîne un accroissement du rendement fiscal à travers la relance de
l’activité économique.

A) Les coûts de la réglementation

Une réglementation excessive de l’activité des entreprises génère des coûts qui
constituent une désincitation à l’investissement. On peut distinguer les coûts suivants :

a) les coûts administratifs nécessaires à la mise en place et au fonctionnement des


systèmes de réglementation ;

b) les coûts d’adaptation aux réglementations qui sont subits par les entreprises. Ces
coûts sont d’autant plus élevés que la réglementation est complexe ;

35
CHAPITRE VI: L’EQUILIBRE MACROECONOMIQUE EN ECONOMIE OUVERTE

L’ouverture aux échanges internationaux demeure l’une des caractéristiques majeures


des économies nationales. Cette ouverture va au-delà des seules relations
commerciales (importations et exportations des biens et services), elle concerne
également le mouvement des capitaux et de la main d’œuvre.

Section1 : La balance des paiements

1.1. Définition : la balance des paiements d’un pays est un « document statistique,
présenté suivant les règles de la comptabilité en partie double, qui rassemble et
ordonne l’ensemble des transactions économiques et financières entre les résidents et
les non-résidents ».

1.3. Structure de la balance des paiements

Les échanges entre un pays et l’extérieur concernent les actifs réels (achat et vente de
marchandises), les actifs financiers (achat et vente d’actions et d’obligations, prêts ou
emprunts, crédits commerciaux,) et les actifs monétaires (entrée et sortie de devises).
Donc ces échanges sont regroupés dans trois principaux comptes : le compte de
transactions courantes, le compte de capital et le compte financier.

1.3.1. Le compte de transactions courantes

Les transactions courantes concernent les biens, les services et les transferts courants.

Les biens regroupent les marchandises exportées et importées et divers produits. La


différence entre les exportations et les importations de marchandises correspond au
solde du commerce extérieur (solde de la balance commerciale).

Solde du commerce extérieur = Exportations des biens – Importations des biens

Les exportations et les importations des biens en Guinée sont évaluées par la Direction
Nationale des Douanes(DND). Les exportations sont évaluées à leur prix de départ à
l’usine augmenté du coût d’acheminement de l’usine à la frontière (frais de transport,
d’assurances, de manutention et de stockage, taxes,). Elles sont donc évaluées à leur
FAB (franco à bord). Les importations sont évaluées pour leur valeur CAF (coût,
assurances, fret).

Les services comprennent les redevances, les droits de licence versés pour les brevets
et les marques, les services de communication etc.

Les transferts courants constituent la contrepartie des biens ou des capitaux exportés
ou importés gratuitement sans redistribution apparente ou mesurable. Il s’agit
principalement des envois de fonds des travailleurs guinéens résidents à l’extérieur ou
des étrangers travaillant en Guinée et des transferts des administrations publiques.

1.3.1.1 Les outils d’analyse du commerce extérieur

36
On considère souvent le commerce extérieur comme la locomotive de la balance des
paiements d’un pays car les importations et les exportations induisent des mouvements
des services et des capitaux.

 Les propensions

On a deux types de propensions : les propensions moyennes à importer et à exporter et


les propensions marginales à importer et à exporter.

La propension moyenne à importer ou taux d’importation est égale au rapport entre les
importations(M) et le produit intérieur brut(PIB).

𝑀
𝑚= × 10
𝑃𝐼𝐵
La propension marginale à importer est égale au rapport entre la variation des
importations à la variation du PIB.

∆𝑀
𝑚𝛼 = × 100
∆𝑃𝐼𝐵
La propension moyenne à exporter ou taux d’exportation est égale au rapport entre les
exportations (X) et le produit intérieur brut(PIB).

𝑋
𝑥= × 100
𝑃𝐼𝐵
La propension marginale à exporter est égale au rapport entre la variation des
exportations à la variation du PIB.

∆𝑋
𝑥𝛼 = × 100
∆𝑃𝐼𝐵
 Le taux de couverture

Le taux de couverture est le rapport entre les exportations et les importations.

𝑋
𝑡𝑐 = × 100
𝑀
Il permet de savoir si les recettes sont suffisantes pour financer les dépenses
d’importations.

1.3.2. Le compte de capital

Ce compte récence les transferts en capital (remise de dettes) et les acquisitions et les
cessions d’actifs non monétaires dont les principaux sont les brevets.

1.3.3. Le compte financier

Le compte financier comprend les investissements directs, les investissements en


portefeuille, les produits financiers dérivés et les avoirs de réserve.

37
Les investissements directs portent sur le capital social des entreprises. Les
investissements de portefeuille concernent l’achat des titres financiers (actions,
obligations, titres de créances négociables). Les produits financiers dérivés portent sur
les options, les contrats à termes, etc.

Soldes des flux financiers hors avoirs de réserve = Solde des investissements directs + Solde
des investissements de portefeuille + Solde des produits financiers dérivés + Solde autres
investissements

1.5. Les différentes approches de la balance des paiements

La balance des paiements est un véritable instrument de politique économique. Elle


permet aux pouvoirs publics compétents de connaître l’état des relations avec
l’extérieur notamment la nature conjoncturelle ou structurelle d’un éventuel déséquilibre.
Elle permet également aux autorités de mener une politique économique susceptible de
rétablir et de préserver un équilibre optimum des opérations avec l’extérieur.

Il existe trois approches permettant d’établir des liens comptables entre les soldes de la
balance des paiements et les secteurs économique, financier et monétaire.

1.5.1. L’approche par l’absorption

L’équation d’équilibre macroéconomique donne : Y + M = C + I + G +X

=> Y = C + I + G +X - M

C + I + G = l’absorption nationale(A) ou dépenses intérieures brutes.

C+I+G=A

X – M : représente le solde extérieur ou exportations nettes(XN)

X – M = XN

Y= A + X – M

=>Y – A = X – M

A partir de cette dernière relation on peut tirer trois types de conséquences :

Y – A > 0 =>X – M > 0 : cela signifie que la production nationale( ou le revenu national)
est supérieure à l’absorption nationale, donc le solde commercial est excédentaire.

Y – A < 0 =>X – M < 0 : cela signifie que l’offre intérieure (production nationale) est
inférieure à l’absorption, donc le solde commercial est déficitaire. Pour résoudre ce
problème, on doit diminuer l’absorption nationale ou augmenter l’offre intérieure(Y).

Y– A = 0 =>X – M = 0 : cela signifie que l’offre intérieure (production nationale) est


égale à l’absorption, donc la balance commerciale est équilibrée.

1.5.2. L’approche financière

38
Il s’agit de mettre en évidence le lien entre la balance des paiements, l’investissement
et l’épargne.

Comme indiqué ci-dessus : Y + M = C + I + G +X

Introduisons les impôts (T) dans cette équation, on aura :

Y + M – T = C + I + G +X – T

=>Y – T + M= C + I + G – T + X => Y - T = C + I + G – T + X – M

On sait que Y – T = revenu national disponible(Yd). Or Yd= C + S

=> C + S = C + I + G – T + X – M => S = I + G – T + X – M

=> (S – I) + (T – G) = X – M

Trois conséquences peuvent être tirées à partir de cette relation :

(S – I) + (T – G) > 0 =>X – M >0 : cela signifie lorsque l’épargne privée excède


l’investissement privé (S– I >0) avec un excédent budgétaire ((T – G > 0), le solde
extérieur devient excédentaire.

(S – I) + (T – G) < 0 =>X – M < 0 : cela signifie lorsque les dépenses d’investissement


privé sont supérieures à l’épargne privée accompagné d’un déficit budgétaire de l’Etat,
le solde extérieur devient déficitaire.

(S – I) + (T – G) = 0 =>X – M = 0 : cela signifie lorsque les dépenses d’investissement


privé sont égales à l’épargne privée accompagné d’un équilibre des finances de l’Etat(T
– G = 0), le solde extérieur devient équilibré.

1.5.3. L’approche monétaire

Il s’agit de prendre en compte les facteurs monétaires et de crédit à l’analyse de la


balance des paiements en vue d’en déduire une relation entre la composante interne du
stock de monnaie et les variations des réserves de changes.

On part de l’identité d’équilibre du bilan du secteur bancaire dans lequel l’offre de


monnaie(Mo) a pour contrepartie le crédit interne (D) et les créances sur l’étranger
représentées par les réserves de changes nettes(R).

Mo = D + R ou ∆Mo = ∆D + ∆R

=> ∆Mo – ∆D = ∆R

La variation des réserves de changes est égale à la variation de l’offre de monnaie


diminuée du crédit intérieur.

Par ailleurs, la balance globale est égale à variation des réserves de changes

X – M + ∆K = ∆R ; où ∆K = balance des capitaux hors réserves.

On sait que X – M = Y – A

39
Ceci donne : Y – A + ∆K = ∆R

Si Y – A > 0 sans modification de ∆K, les réserves de changes augmentent.

Si Y – A < 0 sans une entrée nette des capitaux, les réserves de changes diminuent.

A l’équilibre l’offre de monnaie est égale à la demande de monnaie(Md)

Mo= Md ou ∆Mo = ∆Md

Alors on peut écrire :

Y – A + ∆K = ∆Mo – ∆D

Quand la variation du crédit intérieur net est supérieur à la variation de l’offre de


monnaie, alors l’absorption par les résidents excédent le revenu national.

Section 2 : Le taux de change

Le taux de change est une variable qui prend de plus en plus de l’importance du fait de
l’internationalisation plus affinée des différentes économies nationales.

2.1. Définition et types de taux de change

2.1.1. Définition : le taux de change est le prix d’une monnaie par rapport à une ou
plusieurs autres monnaies.

Le taux de change résulte de la confrontation de l’offre et de la demande de devise.

2.1.2. Les types de taux de change :

Les économistes définissent généralement deux types de taux de change à savoir le


taux de change nominal et le taux de change réel.

 Le taux de change nominal : on le définit comme le prix auquel on échange


une monnaie contre une autre monnaie. Par exemple, on dira le taux de change
nominal du franc guinéen par rapport au dollar est de 7500GNF par dollar. Cela
veut dire pour avoir un dollar sur le marché, on déboursera 7500 francs
guinéens.
 Le taux de change réel : il définit le prix auquel il est possible d’échanger des
biens d’un pays contre des biens d’un autre pays. Il est le prix relatif des biens
entre deux pays.

𝑝𝑟𝑖𝑥 𝑖𝑛𝑡é𝑟𝑖𝑒𝑢𝑟
𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑑𝑒 𝑐ℎ𝑎𝑛𝑔𝑒 𝑟é𝑒𝑙 = 𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑑𝑒 𝑐ℎ𝑎𝑛𝑔𝑒 𝑛𝑜𝑚𝑖𝑛𝑎𝑙 ×
𝑝𝑟𝑖𝑥 é𝑡𝑟𝑎𝑛𝑔𝑒𝑟

𝑃
𝑒𝑟 = 𝑒𝑛 ×
𝑃∗
Plus le taux de change réel est élevé, plus les biens étrangers sont relativement moins
chers et plus les biens locaux sont relativement chers.

2.1.3. Les déterminants du taux de change

40
Le taux de change est une variable qui doit être compatible avec l’équilibre interne et
l’équilibre externe.

Une économie est en équilibre interne lorsque son PIB atteint un niveau qui assure le
plein emploi de la main d’œuvre et génère un taux d’inflation compatible avec les
objectifs des autorités de la banque centrale. Elle est en équilibre externe lorsque le
solde commercial est soutenable à moyen terme.

Les principaux déterminants du taux de change sont le solde commercial, le différentiel


d’inflation avec les principaux pays partenaires et les variations des taux d’intérêt.

 La balance des transactions courantes

Lorsqu’un exportateur guinéen vend au Sénégal des marchandises facturées en CFA,


de retour en Guinée il échange cette quantité de Franc CFA (devise) contre le franc
guinéen. L’offre de devise augmente, le franc guinéen s’apprécie. A l’inverse, si un
guinéen veut importer des marchandises du Sénégal, il demande le franc CFA sur le
marché de changes. La demande de CFA augmente et le franc guinéen se déprécie.

Globalement, si les exportations d’un pays sont supérieures à ses importations, il


réalise une entrée nette de devise. Dans ce cas la monnaie s’apprécie. Par contre, si
les importations sont supérieures aux importations, le pays réalise un déficit commercial
et la monnaie se déprécie.

Taux de change O
E O’
1CFA=14GN
F
E
1CFA=10G ’
NF
D

100 150 Quantité de franc CFA

Le graphique montre qu’un accroissement de l’offre de devise de O à O’ (de 100 à 150)


entraîne une appréciation du taux de change du franc guinéen qui passe de 1CFA=
14GNF à 1CFA = 10GNF.

Un solde commercial excédentaire entraîne une hausse du taux de change du franc


guinéen.

41
Taux de change

E O
1CFA=15GN ’
F
E
1CFA=12G
NF

110 160 Quantité de franc CFA

Le graphique ci-dessus montre qu’une augmentation de la demande de franc CFA de D


à D’ (de 110 à 160) entraîne une dépréciation du taux de change du franc guinéen qui
passe de 1CFA= 12GNF à 1CFA=15GNF.

Un solde commercial déficitaire entraîne une dépréciation du taux de change du franc


guinéen.

 Le différentiel d’inflation

En souvenant de la relation entre le taux de change réel et le taux de change nominal :

𝑃
𝑒𝑟 = 𝑒𝑛 ×
𝑃∗
Ce qui implique que le taux de change nominal est égal :

𝑃∗
𝑒𝑛 = 𝑒𝑟 ×
𝑃
La variation en pourcentage de en donne :

∆𝑒𝑛 ∆𝑒𝑟 ∆𝑃∗ ∆𝑃 ∆𝑃∗ ∆𝑃


= + ∗ − 𝑜ù − 𝑟𝑒𝑝𝑟é𝑠𝑒𝑛𝑡𝑒 𝑙𝑒 𝑑𝑖𝑓𝑓é𝑟𝑒𝑛𝑡𝑖𝑒𝑙 𝑑 ′ 𝑖𝑛𝑓𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛
𝑒𝑛 𝑒𝑟 𝑃 𝑃 𝑃∗ 𝑃

Si un pays a un taux d’inflation plus élevé par rapport à la Guinée, le franc guinéen
achète une quantité croissante de monnaie étrangère dans le temps. Et si, au contraire,
le taux d’inflation en Guinée est plus élevé par rapport aux autres pays, le franc guinéen
achètera de moins en moins d’unités de monnaie étrangère.

42
 Les variations des taux d’intérêt et les mouvements internationaux des
capitaux

Les variations des taux d’intérêt et les mouvements des capitaux influencent également
le taux de change d’une monnaie. Une augmentation du taux d’intérêt en Guinée attire
des capitaux étrangers à la recherche d’une meilleure rémunération. L’offre de devise
augmente et le franc guinéen s’apprécie. Par contre, une baisse des taux d’intérêt en
Guinée par rapport aux autres pays pousse les gens à placer leurs capitaux à
l’étranger. Il est plus rentable d’épargner à l’étranger.

Taux de change E O’
O

1CFA=13GN
F

1CFA=11G
NF
E D’
D

110 160 Quantité de franc CFA

Le graphique souligne que l’augmentation de la demande de CFA de D à D’ et la baisse


simultanée de l’offre de CFA de O à O’ implique un déplacement du taux de change de
E à E’.

 L’influence des autres variables économiques sur le taux de change

 Un différentiel de productivité en faveur d’une économie nationale devrait à long


terme se traduire par une appréciation de son taux de change.

 Un déficit budgétaire peut conduire à un déficit extérieur. La monnaie nationale


se déprécie suite à une baisse de l’offre de devise.

 Une diminution de la position extérieure à terme d’un pays favorise une baisse à
long terme du taux de change.

 Une dégradation des termes de l’échange d’un pays devrait induire une baisse
du taux de change afin de rétablir la compétitivité – prix des exportations.

2.2. Régimes de change

Un régime de change détermine les règles d’interventions des pouvoirs publics sur le
marché des changes.

On distingue traditionnellement deux types de régime de change : le régime de taux de


change fixe et le régime de taux de change flottant.

2.2.1. Régime de taux de change fixe

43
Un régime de taux de change fixe se caractérise par l’existence d’une parité officielle de
référence entre la monnaie nationale et les principales devises (dollar, l’euro, la livre
sterling, ..). Dans ce cadre, la banque centrale intervient sur le marché pour maintenir
le taux de change à une valeur égale ou proche de la parité initialement définie. D’une
manière générale, le cours peut varier dans le respect des marges de fluctuations
déterminées à l’avance (cours plafonds, cours plancher).

Les autorités monétaires peuvent intervenir lorsque le taux de change s’écarte


durablement de la parité en faisant des aménagements monétaires sous forme de
dévaluation ou réévaluation. La dévaluation et la réévaluation sont des décisions
politiques prises consistent à baisser (dévaluer) ou à augmenter (réévaluer) le cours de
la monnaie nationale.

2.2.2. Régime de taux de change flottant

Dans un régime de taux de change flottant, le taux de change se détermine librement


par le jeu de l’offre et de demande. Généralement sous ce régime de change, la
banque centrale n’intervient pas pour modifier le cours. Elle laisse les mécanismes du
marché agir en vertu des principes dégagés par la théorie de la parité de pouvoir
d’achat.

Lorsqu’une monnaie perd sa valeur sous ce régime, on parlera de dépréciation de cette


monnaie. Quand elle gagne de valeur, on dira qu’elle s’apprécie.

Dans un régime de taux de change flottant, le taux de change varie avec le solde de la
balance des paiements.

Section 3 : Le modèle Mundell- Fleming


3.1 Description du modèle
Le modèle de Mundell - Fleming s’articule en trois blocs interdépendants :
 L’équilibre du marché des biens et services (IS)
 L’équilibre du marché de la monnaie(LM)
 L’équilibre de la balance des paiements (BP)
On peut représenter ces trois équilibres par une courbe dans un plan : revenu(Y) et
taux d’intérêt(i).

i LM

E
B
P

IS

44
3.2. L’analyse de l’efficacité des politiques budgétaire et monétaire
Avant de faire une analyse de l’efficacité des politiques budgétaire et monétaire en
économie ouverte, il s’avère nécessaire de définir les deux instruments de la politique
économique conjoncturelle.

3.2.1. La politique budgétaire(PB) :


La politique budgétaire est l’ensemble des mesures qui visent à modifier les dépenses
et/ou les recettes publiques pour atteindre le plein emploi, pour soutenir la croissance,
pour assurer la stabilité des prix et l’équilibre extérieur.
En matière de politique budgétaire, les pouvoirs publics disposent de deux instruments :
les dépenses publiques et les impôts.
Pour soutenir la croissance et l’emploi, l’Etat peut augmenter les dépenses publiques et
ou diminuer les impôts. La PB est dans ce cas expansionniste.
Pour lutter contre l’inflation en période de surchauffe, il réduit les dépenses publiques
et/ou augmente les impôts. On parle de politique budgétaire restrictive.
La politique budgétaire est pilotée par le gouvernement et le parlement.
3.2.2. La politique monétaire(PM)
La politique monétaire est du ressort de la banque centrale. Il s’agit des mesures prises
par les autorités monétaires principalement par les autorités de la banque centrale
visant à agir sur le niveau de l’activité économique et des prix par une modification de la
masse monétaire et du taux d’intérêt.
Pour lutter contre l’inflation, les autorités de la banque centrale peuvent réduire la
masse monétaire ou augmenter le taux d’intérêt pour freiner la demande. La politique
monétaire est dite restrictive.
En période de récession, la banque centrale diminue le taux d’intérêt, facilite les crédits
aux entreprises pour soutenir la production et l’emploi. Dans ce cas, la politique
monétaire est expansionniste.
3.2.3. L’efficacité de la politique budgétaire et de la politique monétaire en régime
de taux de change fixe
L’équilibre macroéconomique en régime de change fixe peut être exprimé par le
système d’équations suivant :
 L’équilibre du marché des biens et services : IS=f(i)
 L’équilibre sur le marché de la monnaie : LM=L(Y,i)
 L’équilibre de la balance des paiements : BP= X – M(Y) +∆K(i)
Dans ce modèle, on cherche à analyser les conséquences des politiques budgétaire et
monétaire
 L’efficacité de la politique budgétaire

i IS IS
2
LM1
1

E LM2
E
1
2
i* 1 B
P

Y
YE1 YE2
45

Fig politique budgétaire expansionniste


Une politique budgétaire expansionniste se traduit par un déplacement de la courbe IS
vers la droite. La droite IS passe de IS1 à IS2. Le taux d’intérêt augmente ainsi que le
revenu (Y).La balance des paiements se dégrade car une augmentation du revenu
national entraîne une augmentation des importations. Cependant, l’augmentation du
taux d’intérêt intérieur provoque une entrée des capitaux étrangers à la recherche d’une
meilleure rentabilité. L’entrée massive des capitaux provoque une modification du taux
de change. Pour maintenir la parité officielle, les autorités de la banque centrale
interviennent en achetant la devise contre la monnaie locale. L’offre de monnaie
augmente. La droite LM se déplace vers la droite, de LM1 à LM2. Le taux d’intérêt
diminue. Le revenu national augmente et le nouveau point d’équilibre est E 2.
 L’efficacité de la politique monétaire

i
LM1

LM2
E
1
i* B
P
IS

Y
YE

Fig Politique monétaire expansionniste.

Une politique monétaire expansive entraîne un déplacement de la courbe LM vers la


droite. Ce déplacement de la droite LM provoque une augmentation du revenu et une
baisse du taux d’intérêt. L’augmentation du revenu national entraîne une augmentation
des importations : la balance commerciale se dégrade. La baisse du taux d’intérêt
intérieur favorise la sortie nette des capitaux. Ces deux effets convergent pour faire
apparaître un déficit de la balance des paiements. Le déficit de la balance des
paiements entraîne une diminution des réserves de change car pour maintenir la parité,
les autorités monétaires vont injecter de la devise. Donc, le nouvel équilibre ne sera que
temporaire. La courbe LM revient vers la gauche sous l’effet de la baisse des réserves
de change et donc de l’offre de monnaie. La politique monétaire se révèle inefficace en
régime de change fixe.
3.2.4. L’efficacité des politiques budgétaire et monétaire en régime de taux de
change flottant
L’équilibre macroéconomique en régime de change flottant peut être exprimé par le
système d’équation suivant :
 L’équilibre du marché des biens et services : IS=f(i) : Y= C(Y) +I(i) + X(e) –
M(Y,e)
 L’équilibre sur le marché de la monnaie : LM=L(Y,i)

46
 L’équilibre de la balance des paiements : BP= X(e) – M(Y,e) +∆K(i)

 L’efficacité de la politique budgétaire

IS2
i IS
LM1
1

LM2
E
1
i* B
P

Y
YE

Fig politique budgétaire expansionniste

Comme dans le régime de change fixe, on va analyser les conséquences d’une


politique budgétaire de relance de la demande (politique budgétaire expansionniste).
L’augmentation des dépenses publiques ou une baisse des impôts va provoquer un
déplacement de la droite IS vers la droite. La droite IS passe de IS1 à IS2. Le taux
d’intérêt augmente ainsi que le revenu (Y). La balance commerciale se dégrade car
l’augmentation du revenu national entraîne une augmentation des importations.
L’augmentation du taux d’intérêt intérieur par rapport au taux d’intérêt international
exerce un double effet : une entrée nette des capitaux étrangers à la recherche d’une
meilleure rentabilité et une baisse de l’investissement privé.
L’entrée massive des capitaux provoque une modification du taux de change. La
monnaie nationale s’apprécie. Nos produits exportés coûtent plus chers à l’extérieur et
les produits importés coûtent moins chers. La compétitivité de l’économie nationale
diminue.
Finalement, la hausse du cours de la monnaie nationale, la baisse de la compétitivité
des produits locaux et l’augmentation des importations vont provoquer une translation
de la droite IS vers le bas à gauche.
La politique budgétaire est inefficace en régime de taux de change flottant.
 L’efficacité de la politique monétaire
Dans ce cas, supposons que les autorités de la banque centrale augmentent l’offre de
monnaie pour soutenir la croissance. Cette politique monétaire expansive entraîne un
déplacement de la courbe LM vers la droite.

47
i IS IS
2
LM1
1

E LM2
E
1
2
i* 1 B
P

Y
YE1 YE2

Fig : politique monétaire expansionniste

Ce déplacement de la droite LM provoque une augmentation du revenu et une baisse


du taux d’intérêt. L’augmentation du revenu national entraîne une augmentation des
importations : la balance commerciale se dégrade. La baisse du taux d’intérêt intérieur
favorise la sortie nette des capitaux. Mais cette sortie des capitaux provoque une baisse
du cours de la monnaie nationale (hausse du taux de change).
Cette baisse du cours de la monnaie nationale rend les produits nationaux plus
compétitifs sur le marché international et les produits étrangers deviennent plus chers
sur le marché national. Les exportations augmentent et les importations diminuent. La
conséquence sera donc l’augmentation de la production nationale soutenue par une

tendance à la baisse du taux d’intérêt qui rend l’investissement plus rentable. La sortie
des capitaux sera limitée par la rentabilité de l’investissement. L’équilibre se stabilisera
en définitive en E2

La politique monétaire se révèle efficace en régime de change flottant.

48
Bibliographie.
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Values)

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49