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IRM : TECHNOLOGIE, CONTROLE QUALITE &

MAINTENANCE
Table des matières
I. Rappels physiques : ........................................................................................................................................... 3
1. Magnétisme nucléaire : ................................................................................................................................ 3
2. Vecteur d'aimantation macroscopique : Champ magnétique principal B0 ................................................. 3
3. Excitation : champ magnétique tournant (𝑩𝟏) ou onde RF ........................................................................ 4
4. Les phénomènes de relaxation : ................................................................................................................... 5
5. Mesure du signal RMN : Signal de précession libre ou FID ......................................................................... 7
II. Technologie d’IRM : ........................................................................................................................................... 9
1. Tunnel de IRM : ............................................................................................................................................. 9
2. Aimant principal............................................................................................................................................ 9
3. Bobines de gradient de champ magnétique .............................................................................................. 11
4. Correcteurs de champ magnétique ............................................................................................................ 12
5. Antennes ..................................................................................................................................................... 12
6. Blindage ...................................................................................................................................................... 14
III. Modes d'utilisation de l'IRM ........................................................................................................................ 15
1. IRM de diffusion .......................................................................................................................................... 15
2. IRM fonctionnelle ........................................................................................................................................ 15
IV. Contrôle qualité de l'IRM............................................................................................................................. 16
1. Les principaux paramètres de CQ ............................................................................................................... 16
2. Les outils de Contrôle qualité de l'IRM ....................................................................................................... 17
3. Réalisation d'un contrôle qualité de l'IRM ................................................................................................. 17
Phase 1. Acquisition des images des fantômes ............................................................................................... 18
Phase 2. Calcul des paramètres du contrôle qualité ....................................................................................... 18
V. Maintenance de l'IRM ..................................................................................................................................... 21
1. Les phases de la maintenance : .................................................................................................................. 21
2. Quelques tests de maintenance préventive ............................................................................................... 21
Vérification des connecteurs RF ...................................................................................................................... 21
Vérification de la tête froide ........................................................................................................................... 22

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I. Rappels physiques :
1. Magnétisme nucléaire :
Le noyau de l'atome est constitué d'un certain nombre de protons et neutrons animés d'un
mouvement collectif complexe comportant en particulier une rotation individuelle autour d'un axe
passant par leurs propres centres : « spin ».

Une particule qui tourne induit autour d'elle un moment cinétique ou « spin » aligné sur son axe de
rotation représenté par un vecteur 𝑆⃗.

Les protons sont chargés positivement et leur nombre est égal au nombre d'électrons périphériques
pour respecter la neutralité électrique de l'atome. Une charge qui tourne comme nous venons de le voir
induit autour d'elle un champ magnétique appelé moment magnétique. Ce moment magnétique est
représenté par un vecteur d'aimantation 𝜇⃗ .

Mouvement de spin et vecteur de moment magnétique

2. Vecteur d'aimantation macroscopique : Champ magnétique principal B0


En l'absence d'un champ magnétique externe, les protons ( 𝜇⃗) d'un échantillon tissulaire sont orientés
de façon aléatoire en tous sens : la somme des vecteurs d'aimantation élémentaire microscopique (∑ 𝜇⃗)
⃗⃗⃗ = 0).
est nulle et il n'y a pas de vecteur d'aimantation macroscopique (𝑀

Soumis à un champ magnétique extérieur (régnant dans le tunnel), les protons s'orientent selon la
direction de ce dernier avec apparition d'un vecteur d'aimantation macroscopique 𝑀⃗⃗⃗ dont il nous faut
détailler et préciser ici l'origine :

 Le champ magnétique ⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵0 est horizontal dans la plupart des aimants (sauf les aimants permanents).
⃗⃗⃗⃗⃗0 correspond à l'axe (vertical) Oz du système de référence
Par convention, 𝐵
Orthonormé que nous utiliserons

 Les protons ne sont, en fait, pas parfaitement alignés selon ⃗⃗⃗⃗⃗


𝐵0 (Oz) mais tournent individuellement
(avec un angle donné) autour de ⃗⃗⃗⃗⃗
𝐵0 à une fréquence angulaire : « précession »

𝜔0 = 𝛾𝐵0

Équation de Larmor, où 𝝎𝟎 est la fréquence angulaire de Larmor ou fréquence angulaire de


précession proportionnelle à 𝑩𝟎 et 𝜸 le rapport gyromagnétique.

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L'aimantation macroscopique d'un groupe de spins : Avant
et après l’application de Bo

Chaque proton décrit ainsi un cône autour de Bo comme le ferait une toupie dans le champ de
gravitation. Seuls deux angles de précession sont permis : un où le vecteur d'aimantation est dans le sens
de 𝐵0 « parallèle » et un second où il est dans le sens contraire à 𝐵0 « antiparallèle ».

La répartition des protons dans les sens parallèle et antiparallèle est à peu près équivalente. En fait,
il y a un peu plus de protons parallèles à 𝐵0 (basse énergie) qu'antiparallèles (haute énergie), mais cette
différence est très petite : à 0,5 Tesla, elle est de l'ordre de 2 par million « c'est-à-dire que pour 2 millions
(+4) protons, 1 000 004 sont parallèles et 1 000 000 sont antiparallèles ».

Description du mouvement de précession Répartition des protons parallèles et antiparallèles

3. Excitation : champ magnétique tournant (𝑩𝟏 ) ou onde RF


L'état d'équilibre que nous venons de décrire peut-être perturbé par apport d'énergie par champ
électromagnétique tournant B1 (seule la composante magnétique joue un rôle en IRM). B1 est appliqué
dans le plan xOy selon Ox. Pour qu'il y ait transfert d'énergie à ce système en état d'équilibre, il faut que
la fréquence de rotation 𝝎𝒓 du champ magnétique tournant soit égale à la fréquence de Larmor 𝝎𝟎 = 𝜸𝑩𝟎
spécifique des protons dans le champ donné 𝑩𝟎 : on dit alors que les deux systèmes sont en résonance
(𝝎𝒓 = 𝝎𝟎 ).
Avant l'impulsion RF, il y a 4 protons parallèles qui vont être à l'origine de l'apparition d'un vecteur
d'aimantation macroscopique 𝑀 ⃗⃗⃗ aligné sur 𝑩𝟎 , sans composante transversale car les protons sont
⃗⃗⃗ est aligné sur Oz, 𝑀
déphasés, donc : 𝑀 ⃗⃗⃗ = 𝑀
⃗⃗⃗𝑧𝑜 (𝑀
⃗⃗⃗𝑥𝑦 = 0)

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L'impulsion RF provoque des transitions du niveau de basse énergie 𝑬𝟏 vers le niveau de haute énergie
𝑬𝟐 (les protons parallèles s'orientent en antiparallèles), avec un rephasage des protons (Mz diminue et Mxy
croît).
Lorsque deux des protons sont passés du niveau 𝑬𝟏 au niveau 𝑬𝟐 , il y a égalisation des populations
sur les deux niveaux d'énergie ; il n'y a plus de composante longitudinale de M (Mz = 0) et Mxy est maximal
(Mxy𝑚 ) : impulsion de 90°.

Effet de l’application d’une onde RF 90°

4. Les phénomènes de relaxation :


Dès la fin de l'excitation, il va y avoir retour à l'état d'équilibre au cours duquel les phénomènes
inverses vont avoir lieu.

D'une part, progressivement par transitions inverses E2→E1 « antiparallèles → parallèles »,


l'aimantation longitudinale ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑴𝒛 repousse progressivement. D'autre part, par déphasage rapide des spins,
l'aimantation transversale ⃗𝑴
⃗⃗⃗xy décroît rapidement.

Pour bien comprendre les mécanismes de la relaxation T1 et T2, il est nécessaire de bien séparer les
⃗⃗⃗⃗z et l'aimantation transversale 𝑴
phénomènes concernant l'aimantation longitudinale 𝑴 ⃗⃗⃗⃗xy.

C'est par la « relaxation » des protons que le phénomène de RMN devient observable.

Interactions entre l'onde de radiofréquence et les protons

- Relaxation longitudinale ou T1 :
Après l'arrêt de l'impulsion RF, et le retour à l'état d'équilibre au cours duquel les
phénomènes inverses vont avoir lieu : il y a progressivement des transitions inverses du niveau E2 sur
E1 (antiparallèles → parallèles).

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L'aimantation longitudinale 𝑀⃗⃗⃗ z repousse ainsi progressivement : c'est la relaxation longitudinale.
On l'appelle également relaxation spin-réseau car ce phénomène s'accompagne, lors du retour des protons
du niveau de haute énergie E2 sur le niveau de basse énergie E1, d'une émission d'énergie par interaction
avec le milieu moléculaire environnant ou réseau.

Retour à l'état d'équilibre

On l'appelle également relaxation T1 car la repousse de l'aimantation longitudinale se fait selon une
exponentielle croissante où la constante de temps T1 est caractéristique d'un tissu donné : elle correspond
à 63% de repousse.

Courbe exponentielle de repousse de l'aimantation longitudinale en


fonction du T1

- Relaxation transversale ou T2 :
Dès l'arrêt de l'impulsion RF aura lieu le phénomène inverse, c'est-à-dire un rapide déphasage des
protons on aura une dispersion rapide des composantes transversales élémentaires dans différentes
directions.

⃗⃗⃗⃗xy décroît rapidement : c'est la relaxation transversale. On l'appelle


L'aimantation transversale M
également relaxation spin-spin car ce phénomène est la conséquence d'une interaction des protons entre
eux. Les protons évoluent en effet dans des environnements moléculaires différents où de petits champs
magnétiques locaux vont se superposer au champ magnétique principal ⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐁𝟎 on parle d'inhomogénéités de
champ d'origine moléculaire.

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Les phénomènes de relaxation transversale ne font pas intervenir d'échanges d'énergie.

Déphasage des protons et décroissement de Mxy

La relaxation transversale est également dénommée relaxation T2 car la disparition de


l'aimantation transversale se fait selon une exponentielle décroissante où la constante de temps T2 est
caractéristique d'un tissu donné. Elle correspond à 63% de décroissance (en d'autres termes, il persiste
37% de l'aimantation transversale 𝑀 ⃗⃗⃗ xy).

Courbe exponentielle de disparition de l'aimantation transversale en fonction du T2

5. Mesure du signal RMN : Signal de précession libre ou FID


Le vecteur d'aimantation macroscopique 𝑴 ⃗⃗⃗⃗⃗ a composante transversale 𝑴 ⃗⃗⃗⃗xy qui disparaît beaucoup
plus rapidement que sa composante longitudinale ⃗𝑴 ⃗⃗⃗z. Comme ce vecteur ⃗𝑴
⃗⃗⃗ continue à précesser autour
de ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑩𝟎 , son extrémité décrit lors de la relaxation une spirale sur une surface en forme de pavillon de
trompette.

Sa composante transversale M ⃗⃗⃗⃗xy (projection de M


⃗⃗⃗⃗ dans le plan xOy) décrit une spirale dans le plan
xOy. Cette rotation de ⃗M
⃗⃗⃗xy dans le plan xOy induit un champ magnétique ou onde de radiofréquence. Ce
signal, appelé signal d'induction libre FID, est recueilli par une bobine ou antenne de réception, placée
dans le plan xOy. Elle le transforme en signal électrique mesurable : c'est une sinusoïde amortie par une
exponentielle de temps T2. En effet, l'antenne mesure le signal (FID) correspondant à la décroissance de

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l'aimantation transversale ⃗M ⃗⃗⃗xy mais l'antenne est fixée dans le plan xOy et ⃗M
⃗⃗⃗xy décroît et continue de
⃗⃗⃗⃗⃗𝟎 ).
précesser autour d'Oz (𝐁

Le vecteur d’aimantation lors de la relaxation Le signal RMN

- Notion de T2*:
Si à l'échelle macroscopique le champ magnétique ⃗B⃗0 de l'aimant peut être considéré comme bien
⃗⃗0 d'origine «
homogène, à l'échelle microscopique il ne l'est pas : ces inhomogénéités du champ B
instrumentale » ou « propre » sont constantes et vont entraîner un déphasage encore accru des spins.

Ainsi le signal de FID observé est lié à la fois aux inhomogénéités du champ ⃗B⃗0 d'origine
moléculaire (T2), auxquelles s'ajoutent les inhomogénéités propres du champ magnétique externe ⃗⃗⃗⃗⃗
𝐁𝟎 .
On utilise le symbole T2* pour représenter la conjonction de ces deux effets.

Le signal de FID décroît donc plus rapidement que prévu selon une exponentielle en T2* (et non
en T2).

Signal RMN en fonction de T2 et T2*

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II. Technologie d’IRM :
1. Tunnel de IRM :
C'est dans lequel est introduit le patient. Il a des fonctions de confort (comme l'éclairage et la
ventilation) et des moyens de communication entre le personnel soignant et le patient (microphone et
haut-parleurs). Son diamètre varie très légèrement en fonction des constructeurs et des modèles mais est
approximativement de 60 cm.

2. Aimant principal
L'aimant est au cœur du fonctionnement de l'appareil IRM. Son rôle est de produire le champ
magnétique principal appelé B0 qui est constant et permanent. L'unité de mesure de l'intensité du champ
magnétique est le tesla, dont le symbole est : T.

Il en existe 3 types :

- Aimant permanent :

Il est constitué d'une structure ferromagnétique qui produit un champ magnétique permanent
sans consommation d'énergie. Ces aimants, autrefois très lourds (jusqu'à 90 tonnes avec les ferrites), se
sont allégés avec l'arrivée des alliages à base de terre rares (Bore-néodyme-fer). Un aimant
de 0,3 T corps entier ne pèse que 10 tonnes. Un 0,4 T pèse 13 tonnes. Bien que l'on puisse faire des
aimants permanents de 1 T, il est économiquement difficile d'aller beaucoup plus haut que 0,4 tesla.

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Ses avantages principaux sont l'absence de courant de Foucault, une fiabilité exceptionnelle, une
architecture ouverte et un champ vertical perpendiculaire au grand axe du patient, ce qui améliore les
performances des antennes.

Ses inconvénients sont qu’il est impossible de suspendre le champ magnétique en cas d’urgence,
ce qui nécessite de prendre certains précautions strictes y compris par un examen radiographique
classique préalable pour détecter des corps métalliques implantés dans des corps mous tels que les
vaisseaux sanguins, ou résiduels de certains accidents ainsi, prendre certains précautions de
surveillances du local d’examen contre la présence ou l'introduction de matériels ferromagnétiques
susceptibles d'être projetés contre l'appareil, ou de causer des blessures graves.

- Aimant résistif :

Cet aimant est constitué d'un bobinage de cuivre traversé par un courant électrique produisant un
champ magnétique en son centre. Ce type d'aimant est assez peu utilisé depuis l'apparition des aimants
supraconducteurs.

Ses avantages sont qu’il est assez peu coûteux à la fabrication et ne nécessite pas de liquide
cryogénique de refroidissement (contrairement aux aimants supraconducteurs). De plus, le champ
magnétique peut être annulé en quelques secondes en stoppant le courant.

Ses inconvénients sont que le champ magnétique maximum atteint à peine 0,5 T et reste très
sensible aux variations de température. De plus, on constate des problèmes d'homogénéité du champ et
une consommation électrique très importante pour alimenter la bobine en courant et pour alimenter les
compresseurs du circuit de refroidissement afin de compenser l'effet Joule provoqué par la résistivité de
la bobine.

- Aimant supraconducteur :

C’est le type d'aimant le plus répandu. L'aimant supraconducteur utilise le principe


de supraconductivité : lorsque certains métaux ou alliages sont soumis à des températures proches
du zéro absolu, ils perdent leur résistivité si bien que le passage d'un courant électrique se fait sans perte,
donc sans production de chaleur.

L'aimant supraconducteur utilisé en IRM est constitué d'un bobinage de Niobium-Titane (Nb-Ti)
baignée constamment dans de l'hélium liquide (près de −269 °C) qui en assure l'état supraconducteur. La
bobine est encastrée dans une matrice en cuivre qui sert de puits de chaleur afin de la protéger en cas de
perte accidentelle de la supraconductivité.

Enfin, le système est entouré d'un écran refroidisseur (circuit d'air ou d'eau glacée) qui aide à
maintenir l'hélium liquide à très basse température. Le tout est finalement enveloppé d'un espace
de vide diminuant les échanges thermiques avec l'extérieur. L'appareil est donc peu sensible aux
variations de température ambiante.
Ses avantages résident dans la consommation d’énergie qu’est faible.
Ses inconvénients résident dans les composants complémentaires de l’aiment qui le rendent très
couteux à l’achat ainsi, une consommation importante de hélium cryogénique.

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Géométrie d’aimant :

Excitent 2 types d’IRM selon la géométrie d’aiment :

- Champ fermé
L'IRM « fermée » est la configuration la plus répandue et la plus connue à l'heure actuelle. Il
s'agit d'un tunnel de 60 cm de diamètre pour 2 mètres de long pour les plus anciens et 1,60 mètre de long
pour les plus récents.

De nouveaux systèmes sont apparus récemment, utilisant des tunnels plus larges
jusqu'à 75 cm de diamètre.

- Champ ouvert

L'IRM « ouverte » est apparue après l'IRM fermée. Très peu répandue à ses débuts, la
technologie des IRM ouvertes s'améliorant, on leur trouve des avantages dans la médecine humaine
notamment pour les individus qui ne pouvaient pas bénéficier de ce type d'imagerie en géométrie fermée
pour des raisons pratiques ou pour éviter une anesthésie générale. On compte parmi ces personnes :

 les individus obèses dont le diamètre de l'abdomen ou l'envergure des épaules dépasse le diamètre
interne du tunnel ;

 les individus claustrophobes ;

 les enfants ne supportant pas de rester seuls plusieurs minutes dans l'IRM sans bouger.

 Les femmes enceintes.

3. Bobines de gradient de champ magnétique


Il s'agit de trois bobines métalliques enfermées dans un cylindre en fibres de verre et placées
autour du tunnel de l'aimant. On les nomme respectivement : bobine X, bobine Y et bobine Z.

Le passage d'un courant électrique dans ces bobines crée des variations d'intensité du champ
magnétique dans le tunnel, de façon linéaire dans le temps et dans l'espace. En fonction de sa géométrie,
chaque bobine fait varier le champ magnétique selon un axe spécifique :

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 la bobine X selon l'axe droite-gauche ;
 la bobine Y selon l'axe avant-arrière ;
 la bobine Z selon l'axe haut-bas.
4. Correcteurs de champ magnétique

Les correcteurs de champ magnétique ou shim sont des dispositifs qui servent à compenser les
défauts d'inhomogénéité du champ magnétique principal B0 qui peuvent résulter de facteurs liés à
l'environnement ou tout simplement de la présence du patient dans le tunnel.
Les correcteurs de champ sont disposés le long de l'aimant. Il en existe deux types pouvant être
présents tous les deux dans une même machine :

- Shim passif :

Ce sont des plaques ferromagnétiques. Elles permettent un réglage grossier du champ


magnétique, dans le cas d'un environnement perturbateur stable
- Shim actif :

Ce sont des bobines résistives ou supraconductrices, dans lesquelles passe un courant électrique.
Les shims actifs permettent un réglage fin et dynamique, lors de la présence de structures mobiles
proches de l'imageur ou du patient dans le tunnel. Ils effectuent une compensation automatique à chaque
fois que le champ magnétique devient hétérogène.
5. Antennes

Ce sont des bobinages de cuivre, de formes variables, qui entourent le patient ou la partie du
corps à explorer.
Elles sont capables de produire et/ou capter le signal de radiofréquence (R.F.). Elles sont
accordées pour correspondre à la fréquence de résonance de précession des protons qui se trouvent dans
le champ magnétique :

= Fréquence de précession
= Intensité du champ magnétique principal
= Rapport gyromagnétique

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Type des antennes :

- Antennes volumiques :

Une antenne volumique est une antenne au centre de laquelle est positionné le segment à examiner.
Elle est :
 Soit émettrice-réceptrice : c'est un cylindre de bobinage métallique qui émet un signal R.F.
approprié (sous la forme d'impulsions régulières) vers des protons de la région à explorer. Ceux-ci
entrent alors en résonance. Puis l'antenne reçoit la réponse de ces protons, au moment de la
restitution de l'énergie ;
 Soit réceptrice simple : elle est constituée de plusieurs antennes réceptrices plates montées en
réseau phasé autour d'une structure cylindrique. C'est, dans ce cas, une autre antenne (l'antenne
dite Corps ou Body intégrée à l'appareil lui-même) qui s'occupe de l'émission du signal R.F.

- Antennes surfaciques :

Une antenne surfacique est une antenne plane positionnée au contact de la région à explorer. Elle est
réceptrice simple et ne peut donc que recevoir le signal restitué par les protons, c'est l'antenne corps qui
émet l'impulsion R.F. initiale.
En tant qu'antenne linéaire (utilisée seule), elle ne permet l'examen que de petits champs
d'exploration. C'est pour cette raison qu'elle est souvent couplée à d'autres antennes surfaciques.
Elle procure un très bon rapport signal sur bruit dans la région d'intérêt à condition de son bon
positionnement (le plus proche possible de la zone d'exploration).

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6. Blindage
En IRM, on parle de blindages pour certains dispositifs destinés au confinement des champs
magnétiques produits par la machine et à l'isolement de celui-ci des champs magnétiques extérieurs qui
viendraient perturber l'acquisition.
Il existe deux blindages dans une installation IRM :
- Blindage des ondes radiofréquences :

Il est assuré par la cage de Faraday constituée d'un maillage de cuivre qui recouvre presque toutes
les parois de la salle de l'aimant et étanche aux ondes R.F.
 Elle empêche les ondes R.F. produites par le système de sortir de la salle de l'aimant ;
 Elle empêche les ondes R.F. extérieures (produites par tout appareil électronique et objets
métalliques en mouvement) d'entrer dans la salle d'examen
- Blindage de champ magnétique :

Il a pour rôle de rapprocher les lignes de champ au plus près de l'aimant et notamment de faire
rentrer la ligne de 0,5 mT dans la salle d'examen.
Remarque : on parle de la « ligne des 0,5 mT » ou des « 5 Gauss ». C'est la limite au-delà de laquelle il
y a dysfonctionnement ou dérèglement d'un pacemaker.
Il existe deux types de blindages de champ magnétique selon les appareils :
 Blindage passif : c'est un ensemble de poutrelles d'acier ou de fer doux, entourant l'aimant. Ce
dispositif est très lourd ;

 Blindage actif : c'est un bobinage métallique inversé placé aux deux extrémités du bobinage de
champ principal B0. Au passage du courant électrique dans les spires inversées, il se produit un contre-
champ magnétique dont les lignes de champ viennent s'opposer à celles de B0.

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III. Modes d'utilisation de l'IRM
1. IRM de diffusion
L’IRM de diffusion repose sur les principes de base de l’IRM tout en se focalisant sur le
déplacement des molécules d’eau présentes à l’intérieur des fibres nerveuses (ou axones). Ces fibres
sont gainées de myéline, principalement constituée de lipide, qui va, en partie, retenir les molécules
d’eau à l’intérieur de l’axone. C’est pourquoi, dans un temps donné, les molécules d’eau, qui bougent de
manière aléatoire, vont parcourir une plus grande distance lorsque leur déplacement se fera dans le sens
de la fibre. L’analyse IRM va ensuite permettre de visualiser le parcours de chacune des molécules et
ainsi de reconstituer le réseau de fibres nerveuses à l’intérieur du cerveau.

image du réseau de fibres nerveuses à l’intérieur du


cerveau par IRM de diffusion

2. IRM fonctionnelle
L’IRM fonctionnelle permet de visualiser les zones du cerveau activées par un stimulus présenté
ou appliqué au sujet. Par exemple, lorsque l’on demande à la personne de regarder une image, les zones
activées dans le cerveau vont recevoir un apport d’oxygène par voie sanguine plus important qu’en
l’absence du stimulus. Les échanges d’oxygène entre le sang et les neurones modifient le signal IRM.
Cette différence de signal IRM entre les états de repos et de stimulation est analysée par informatique.
Les images IRM dont le signal est rehaussé correspondent à la zone du cerveau impliquée dans la
réponse au stimulus.

Le signal IRM après stimulus dans une région inactive et une autre
active

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C’est l’apport en grande quantité d’oxygène via l’oxyhémoglobine qui réhausse le signal IRM
(phénomène BOLD).

IV. Contrôle qualité de l'IRM


1. Les principaux paramètres de CQ
Les principaux paramètres de qualité d'image et les méthodologies de mesures définis par les
normes sont les suivants :

- rapport signal/bruit :
Le bruit correspond aux "parasites". Aléatoire, il provient du patient (agitation thermique des
protons à l’origine d’émissions parasites) et dans une moindre mesure de la chaîne de mesure (bruit
"électronique"). Il vient perturber le signal émis par les protons excités de la coupe d’intérêt. Le rapport
signal / bruit est fonction de la moyenne de l’intensité du signal par rapport à l’importance de la
variation du bruit.

Si le signal sur bruit est mauvais, la plupart du temps le technicien est contraint de remplacer
l’antenne, (chaque antenne a son signal/bruit).
Le rapport signal / bruit dépend aussi des :

 Facteurs non modifiables : intensité du champ, séquence d’ondes RF, caractéristiques tissulaires
 Facteurs modifiables : antenne utilisée
 Paramètres de la séquence : taille du voxel (résolution spatiale), nombre d’excitations, bande
passante de réception

- uniformité de champ :
L’analyse des différences de fréquence de résonance des métabolites ne peut se concevoir qu’en
présence d’un champ magnétique extrêmement homogène. Un champ magnétique hétérogène conduit à
une dispersion des fréquences de résonance, d’où un étalement des pics voire leur disparition dans le
bruit de fond. Avant toute acquisition de SRM(spectroscopie par résonance magnétique), une
homogénéisation du champ magnétique (shimming) est effectuée sur la région d’intérêt. Plus cette
région est grande, plus il sera difficile de rendre le champ magnétique homogène sur son ensemble.

L’homogénéité du Champ : réglable par l'ajustement passif ou actif des antennes suivant les
modèles d’IRM, 1 a 2 jours de travail (appelé le «shim»).

- distorsion géométrique :
Correspond aux décalages en position et en intensité entre les voxels de l'image acquise et ceux
de l'objet réel. L'un des principaux effets à l'origine de ces variations en IRM est la non linéarité des
gradients de champ qui codent l'espace d'acquisition.

- résolution spatiale :

Le présent paragraphe introduit une méthode de mesure de la RS au moyen d'un dispositif d'essai
(fantôme) de conception spéciale.

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2. Les outils de Contrôle qualité de l'IRM
-Fantôme-tests. Les fantômes utilisables pour le contrôle qualité en IRM sont nombreux. Les
fantômes contiennent des objets de différentes formes qui sont placés dans un milieu homogène.

-Le logiciel de visualisation des fichiers DICOM permet de calculer les paramètres pour le
contrôle qualité en imagerie médicale (OsiriX).

-Logiciels d’analyse de contrôle qualité permettent d’automatiser et de tracer le contrôle


qualité en IRM.

interface de logiciel d'analyse de contrôle qualité

3. Réalisation d'un contrôle qualité de l'IRM


Généralement un test de contrôle qualité se déroule en deux phases principales :

-Phase 1 : Acquisition des images des fantômes


-Phase 2 : Calcul des paramètres du contrôle qualité
Les fantômes utilisés sont fabriqués d'une manière à accomplir notre test de réalisation. Un
fantôme A qui nous a permis de calculer l’homogénéité du champ et le rapport signal/bruit et le fantôme
B pour déterminer la résolution spatiale et la distorsion géométrique.

fantôme A (objet test pour le contrôle qualité de l'IRM) fantôme B (objet test pour le contrôle qualité de l'IRM)

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Dans le fantôme se trouvent six paires de lames qui ont un écart de 0,5 mm, de 1 mm et de 2 mm
(Figure ci-dessous). Pour déterminer la distorsion géométrique on utilise une plaque en plexiglass avec
96 trous.

Figure 1 : Plaque en plexiglas. Lames en verre pour microscope. Plaques parallèles

Phase 1. Acquisition des images des fantômes


L’opérateur installe des fantôme-tests dans l’appareil d’IRM, et il entre les paramètres de
balayage :
 TR – temps de répétition de la séquence, ms
 TE – temps de retard d’écho, ms
 FOV - Champs de vision
 Largeur de bande par pixel
 Matrice - taille de la matrice d'acquisition des données (par ex. 256x256)
 Epaisseur de coupe…
Ensuite le manipulateur effectue les séries des séquences pour chaque fantôme utilisé, on obtient
les images suivantes :

Phase 2. Calcul des paramètres du contrôle qualité


Calculer les paramètres de CQ avec le logiciel qui permet de visualiser et de traiter des fichiers
DICOM :
 Rapport signal/bruit
 Résolution spatiale
 Uniformité de champ
 Distorsion géométrique

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Rapport signal/bruit
La région d'intérêt (ROI) doit être une zone centrée à géométrie régulière, couvrant au moins 85 %
de la surface de l'image du volume générateur des signaux du dispositif d'essai.

Etape 1 : Déterminer la valeur moyenne de pixel dans la ROI de l'image 1. Le nombre résultant
(moins toute valeur de référence de décalage du pixel) doit être appelé signal d'image S.

Etape 2 : Calculer, pixel par pixel, une image à différence signée (image 3) de la manière suivante :
image 3 = image 1 – image 2.
Le processus de soustraction doit être réalisé avec le logiciel visionneur des fichiers DICOM. Ce logiciel
doit posséder l’opération soustraction des images.

Etape 3 : Transférer la ROI utilisée pour mesurer S au cours de l'étape 1 au même emplacement
dans l'image 3 et calculer l'écart type (SD) de la ROI. Diviser l'écart type (SD) par la racine carrée de
deux, en éliminant l'amplification du bruit du processus de soustraction de l'image, pour obtenir le bruit
d’image.
Calcul d'écart type peuvent être effectué avec le logiciel visionneur des fichiers DICOM. Ce logiciel
doit avoir l’option calcul d'écart type.

Etape 4 : Calculer le rapport signal/bruit en tant que :

Résolution spatiale
Pour définir la résolution spatiale, il faut trouver sur l’image du fantôme une paire de lignes plus
fines, qui sont distinguées visuellement. Dans notre cas la RS= 1 mm

Uniformité de champ
Pour le calcul de l’uniformité du champ utilisez les clichés du fantôme A.

10 ROI mesuré avec le logiciel RadiAnt DICOM viewer.

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Dans le logiciel de visionnage des images DICOM choisissez 10 ROI (région d'intérêt) dans des
endroits différents sur l’image du fantôme. Chaque ROI correspond à un cercle ou ellipse de même
quantité de pixels, par exemple 40. Avec ce logiciel vous devez définir la valeur moyenne du signal Sj.
Ensuite vous devez calculer la moyenne Sm pour ces 10 valeurs Sj.
Evaluer l’écart absolu moyen du signal ADD avec la formule :
Sj : la valeur moyenne dans la ROI
Sm : la moyenne de tous les pixels dans les 10 ROI
|Sj −Sm| : l'écart absolu pour la ROI j

Calculer la mesure de l'uniformité U :

La distorsion géométrique
Pour obtenir le paramètre de distorsion géométrique, on utilise les images du fantôme avec une
matrice régulière à motif unique (trou, alvéole ou tube), plaque de plexiglass.

Image d’une matrice avec alvéoles.

En utilisant le logiciel, on mesure les distances entre les 4 points placés à chaque coin sur le
périmètre de la matrice et on calcule également le diamètre de 6 alvéoles à des endroits différents.

Les mesures faites avec le logiciel RadiAnt DICOM viewer.

Ensuite mesurer les paramètres de la matrice réelle en utilisant la règle.

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Nous pouvons calculer le pourcentage de distorsion spatiale pour chaque mesure :

Le pourcentage de distorsion géométrique pour N mesures :

V. Maintenance de l'IRM
1. Les phases de la maintenance :
La maintenance de l'IRM passe généralement par 4 phase principales :

-Première phase : Mise à disposition du matériel.


On a contacté la surveillante du service pour qu'elle puisse prendre ses dispositions afin de libérer
l'appareil une journée. Le service possède un chariot d'anesthésie qui sert comme remplacement lors des
maintenances préventives.

-Deuxième phase : La Maintenance Préventive.


Les constructeurs proposent des kits de pièces détachées en fonction du nombre d'heures de
fonctionnement des appareils. Avec l'aide de la GMAO l'approvisionnement en kit de maintenance et en
pièces détachées se fait environ deux fois par an.

-Troisième phase : contrôle de performance


C'est une phase importante. Elle nous a permis de vérifier s'il n’y a pas d'erreurs dans le montage des
pièces détachées
-De s'assurer du maintien des performances du dispositif médical et de faire le correctif le cas échéant
-D’assurer un contrôle qualité
-Faire le test de sécurité électrique.

-Quatrième phase : Le retour de l’équipement dans le service


Il est assuré par le technicien qui vérifie que le poste comporte l'étiquette précisant la date de la
prochaine maintenance préventive.

2. Quelques tests de maintenance préventive


Vérification des connecteurs RF

image vérification du connecteur RF image d'entée du connecteur d'antenne

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Vérification de la tête froide
-On vérifie la traversée et les joints de la tête froide.
-On vérifie le couple de serrage des vis à tête froide.

Image de vérification de la tête froide

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