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PCSI 2 Préparation des Khôlles 2013-2014

Chapitre 3 : Fonctions usuelles


Exercice type 1
Justifier que f : x −→ x3 + x + 1 réalise une bijection de R dans R. Justifier que f −1 est dérivable sur R et calculer

f −1 (x) pour x = −1 et x = 1.

Solution : La fonction f est continue, dérivable sur R avec f ′ (x) = 3x2 + 1 > 0. Ainsi f est strictement croissante
sur R donc réalise une bijection de R sur lim f, lim f = R. Puisque f ′ (x) = 0 sur R, la bijection réciproque est dérivable
−∞ +∞
sur R avec
′ 1
f −1 (y) =
f ′ (f −1 (y))
Si y = −1, on cherche donc f −1 (−1) = x ⇐⇒ −1 = f (x) = x3 + x + 1. On résout donc x3 + x + 2 = 0 qui admet comme
unique solution réelle x = −1. Ainsi f −1 (−1) = −1 et

′ 1 1
f −1 (−1) = =
f ′ (−1) 4

′ 1
On procède de même en x = 1. On a f −1 (1) = x ⇐⇒ x3 + x + 1 = 1 ⇐⇒ x = 0. Ainsi f −1 (−1) = = 1.
f ′ (0)

Exercice type 2

Résoudre x − 1 = x + 2.

Solution : Avant tout le problème ne se pose que sur [−2, +∞[ , domaine sur lequel l’égalité est définie. Pour l’égalité,
on est √
tenté de passer au carré. Mais deux nombres peuvent avoir même carré sans être égaux (c’est le cas de 1 et −1).
Or ici x + 2 est positif donc
√ (x − 1)2 = x + 2
x−1 = x+2 ⇐⇒
et x − 1 0
x2 − 3x − 1 = 0
⇐⇒
et x − 1 √ 0 √
x = 32 + 12 13 1 ou x = 32 − 12 13 1
⇐⇒
et x − 1 0

La solution est donc x = 32 + 12 13.

√ : Pour résoudre l’inégalité x − 1
Remarque x + 2, le plus simple est d’introduire la fonction
√ f définie par f (x) =
x − 1 − x + 2. Alors f est définie, continue sur [−2, +∞[ , elle ne s’annule que si x = 32 + 12 13 donc d’après le théorème
√ √
des valeurs intermédiaires elle garde un signe constant sur −2, 32 + 12 13 et sur 32 + 12 13, +∞ (sinon elle s’annule
une autre fois). Il reste à déterminer ce signe en regardant la valeur en −2 et en 7, car f (−2) = −3 0 et f (7) = 3 0.
Ainsi
√ 3 1√
x−1 x + 2 ⇐⇒ x ∈ −2, + 13
2 2

Exercice type 3
1
Soit f définie sur D = − π2 , π2 \ {0} par f (x) = tan (x) exp . Calculer les limites de f en − π2 + , 0− , 0+ et π−
2 .
sin x

Solution : Avant tout, la fonction est bien définie sur D car tan est définie sur − π2 , π2 et sin x = 0 si et seulement si
x = 0 + kπ où k ∈ Z.

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1
1 Limite en − π2 + . On sait que lim tan x = −∞, et par continuité en x = − π2 de g : x −→ exp on a
x→− π
2
+ sin x
1 1
limπ + exp = exp = e−1 > 0, ainsi lim f (x) = −∞.
x→− 2 sin x sin − π2 x→− π
2
+

π− 1
2 Limite en 2 . Le même genre de raisonnement donne, lim tan x = −∞ et lim exp = e > 0 d’où
π
x→ 2 − π
x→ 2 − sin x
lim f (x) = +∞.
x→ π
2

1
3 Limite en 0− . On a lim tan x = tan 0 = 0− et lim X = = −∞. Puisque lim eX = 0, on en déduit que
x→0− x→0− sin x X→−∞
lim f (x) = 0− .
x→0−
1
4 Limite en 0+ . Cette fois ci, on a lim tan x = tan 0 = 0+ et lim X = = +∞. Il y a une forme indéterminée.
x→0+ x→0− sin x
Mais
1 sin x 1 1 eX 1
tan (x) exp = exp = où X = −−−−→ +∞
sin x cos x sin x cos x X sin x x→0+
eX
Puisque lim = +∞ (croissances comparées) et lim cos (x) = cos 0 = 1 par continuité, on a lim+ f (x) = 0.
X→+∞ X x→0 x→0
Si on pose f (0) = 0, alors f n’est pas continue en x = 0 mais elle l’est à gauche en x = 0.

Exercice type 4
n n
1 1 1 1 1
Calculer, pour n 1, vn = ln 1 + , en déduire que la suite (un )n∈N définie par un = 1 + + + · · · + =
k 2 3 n k
k=1 k=1

diverge vers +∞.

Solution : On a
n
k+1
vn = ln
k
k=1
= ln (2) − ln (1) ← indice k = 1
+ ln (3) − ln (2) ← indice k = 2
..
.
+ ln (n) − ln (n − 1) ← indice k = n − 1
+ ln (n + 1) − ln (n) ← indice k = n
= ln(n + 1)
1
Ainsi vn = ln (n + 1). On sait que pour x > −1, ln (1 + x) x, on applique cette inégalité avec x = pour obtenir
k
1 1
∀k ∈ {1, · · · , n} , ln 1 +
k k

On peut sommer ces inégalités pour avoir


n n
1 1
vn = ln 1 + = un
k k
k=1 k=1

Par passage à la limite, on obtient


vn un
vn −−−−−→ +∞ =⇒ un −−−−−→ +∞
n→+∞
n→+∞

—2/6— G H
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Exercice 1
Résoudre l’équation

4 ch x + 3 sh x − 4 = 0

Solution : On a
3 x
4 ch x + 3 sh x − 4 = 2 ex + e−x + e − e−x − 4
2
En posant Z = ex , on obtient l’équation

1 3 1 1 1
2 Z+ + Z− −4= 7Z 2 − 8Z + 1 = 0 ⇐⇒ Z = 1 ou Z =
Z 2 Z 2Z 7

ce qui donne deux solutions x = 0 ou x = − ln (7).

Exercice type 5
Soient a et b deux réels, montrer que

1
ch (a) ch (b) = (ch (a + b) + ch (a − b))
2

Solution : On a, en développant

1 a 1 a+b
ch (a) ch (b) = e + e−a eb + e−b = e + e−(a+b) + ea−b + e−(a−b)
4 4
1
= (ch (a + b) + ch (a − b))
2

Exercice type 6
Résoudre arcsin (x) = arccos (2x) .

Solution : La fonction arcsin est définie sur [−1, 1] alors que x −→ arccos 2x est définie sur I = − 12 , 12 . On travaille
sur I. On raisonne par analyse-synthèse.
Analyse. Soit x une solution
arcsin (x) = arccos (2x)
=⇒ sin arcsin
√ x = sin arccos 2x
=⇒ x = 1 − 4x2
x2 = 1 − 4x2 √
⇐⇒ car 1 − 4x2 0
et x 0
1
⇐⇒ x = √ qui est bien dans I
5
Synthèse (Réciproque) : Pour x = √15 , on vient de montrer que α = arcsin √15 et β = arccos √2
5
ont même sinus. Mais
deux nombres ayant même sinus ne sont nécessairement égaux. Or
π π
√1 ∈ [0, 1] =⇒ α ∈ 0, et √2 ∈ [0, 1] =⇒ β ∈ 0,
5 2 5 2
Ainsi α et β sont dans 0, π2 et ont même sinus, ils sont donc égaux.
1
Conclusion, l’équation arcsin (x) = arccos (2x) admet une unique solution x = √ .
5

—3/6— G H
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Exercice 2

Résoudre arctan (x) + arctan x3 = .
4

Solution : Tout d’abord, les fonctions x −→ arctan x et x −→ arctan x3 sont définies sur R. Il n’y a pas de restriction
du domaine d’étude de l’équation. On travaille par analyse synthèse.
Analyse. Soit x une solution alors

tan arctan (x) + arctan x3 = tan
4
tan a + tan b
Avec tan (a + b) = , on obtient
1 − tan a tan b

x3 + x x 1 + x2 x
= −1 ⇐⇒ = = −1 ⇐⇒ x2 − x − 1 = 0
1 − x4 (1 − x2 ) (1 + x2 ) 1 − x2

On en déduit que √ √
1+ 5 1− 5
x=φ= (le nombre d’or) ou x =
2 2

1− 5
Mais attention, rien ne dit que ces deux réels sont solutions. Ce que l’on a prouvé c’est que si x = φ, ou si x =
2
alors arctan (x) + arctan x3 et 3π4 ont même tangente !
Synthèse (Réciproque) : Soit f définie sur R par f (x) = arctan (x)+arctan x3 . Cette fonction est strictement croissante
et continue sur R (somme, composée de fonctions strictement croissantes et continues, ou bien f est dérivable et f ′ (x) =
1 3x2
2
+ 0). Puisque arctan x −−−−−→ − π2 et arctan x −−−−−→ π2 , on a
1+x 1 + x6 x→−∞ x→+∞

f (x) −−−−−→ −π
x→−∞
f (x) −−−−−→ π
x→+∞


Ainsi f réalise une bijection croissante de R sur ]−π, π[ . L’équation f (x) = 4 admet donc une unique solution, cette
solution est positive car f (0) = 0.
Conclusion x = φ est l’unique solution.

Exercice 3
2x
Simplifier la fonction f définie par f (x) = arcsin en étudiant sa dérivée.
1 + x2

Solution : Avant tout il s’agit de déterminer le domaine de définition de f. Le terme f (x) est défini si et seulement si

2x
−1 1 ⇐⇒ − 1 + x2 2x 1 + x2 car 1 + x2 0
1 + x2
soit
1 + x2 − 2x = (x − 1)2 0
et 1 + x2 + 2x = (x + 1)2 0
Ainsi Df = R. Pour la dérivabilité, on sait que arcsin u (x) est dérivable en tout point où u (x) = ±1 Ainsi

2x
f est dérivable en tout point de R tel que − 1 < <1
1 + x2

ce qui exclus les cas d’égalité dans (x − 1)2 0 et (x + 1)2 0.


Conclusion : f est dérivable sur ]−∞, −1[ ∪ ]−1, 1[ ∪ ]1, +∞[. Pour conclure, f est impaire (ce qui aurait permis de réduire

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l’étude, mais pédagogie oblige · · · ). Cela dit, on étudie f sur [0, +∞[ et on dérive sur [0, 1[ et sur ]1, +∞[. La dérivée est
alors égale à
2 × 1 + x2 − 2x × (2x) 1
f ′ (x) = ×
(1 + x2 )2 2x
2
1−
1 + x2
2 1 − x2 1 2 1 − x2 1 + x2
= × = ×√
(1 + x2 )2 2 2
1+x − 4x2 (1 + x2 )2 x − 2x2 + 1
4

(1 + x2 )2
2 1 − x2 2 1 − x2
= × = ×
1 + x2 2 1+x 2 |1 − x2 |
(x2 − 1)
Ainsi
2 2
∀x ∈ [0, 1[ , f ′ (x) = et ∀x ∈ ]1, +∞[ , f ′ (x) = −
1 + x2 1 + x2
On en déduit qu’il existe deux constantes C1 et C2 telles que (bien remarquer qu’il s’agit d’intervalles contenant
1)
∀x ∈ [0, 1] , f (x) = 2 arctan (x) + C1 et ∀x ∈ [1, +∞[ , f (x) = −2 arctan (x) + C2
(On a utilisé le résultat suivant : Si f et g sont dérivables sur I, sauf éventuellement aux bords avec f ′ = g ′ , alors
f = g + Cste).
pour calculer C1 et C2 , on utilise la valeur de f en x = 1 qui vaut f (1) = arcsin 1 = π2 d’où
π
f (1) = = 2 arctan 1 + C1 =⇒ C1 = 0
2
π
f (1) = = −2 arctan 1 + C2 =⇒ C2 = π
2
Conclusion : Pour x ∈ [0, 1[ , f (x) = 2 arctan (x) et par imparité, si x ∈ ]−1, 0] , f (x) = −f (−x) = −2 arctan (−x) =
2 arctan x, d’om
|x| 1 =⇒ f (x) = 2 arctan x

Pour x 1, f (x) = π − 2 arctan x, par imparité, si x −1, f (x) = −f (−x) = − (π − 2 arctan (−x)) = −π − 2 arctan x
x 1 =⇒ f (x) = π − 2 arctan x
x −1 =⇒ f (x) = −π − 2 arctan x

Exercice 4
x
x−1
Etudier les variations et les limites au bord de la fonction f définie par f (x) = .
x

x−1
Solution : Avant tout, on exprime f autrement. On a f (x) = exp x ln . Ainsi f (x) est défini si et seulement
x
x−1
si > 0 ⇐⇒ x (x − 1) > 0. On en déduit que Df = ]−∞, 0[ ∪ ]1, +∞[ et sur Df , la fonction est continue, dérivable
x
en tant que somme, quotient, composée de fonctions continues et dérivables.
Limites au bords :
x−1 x−1
En 1+ , on a ln = ln (x − 1) − ln x −−−−→ −∞ ( car x − 1 tend vers 0+ ) d’où x ln −−−−→ −∞.
x x→1+ x x→1+
x−1
En 0− , on a ln = ln (1 − x)−ln (−x) −−−−→ +∞. On a donc une forme indéterminée. Mais on sait que u ln u −−−−→ 0,
x x→0− u→0+
donc en posant u = −x, on en déduit que
x−1
−x ln (−x) −−−−→ 0 et ainsi x ln −−−−→ 0
− x→0 x x→0−

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f (x) −−−−→ 0 car lim eX = 0


x→1 + X→−∞
X
f (x) −−−−→

1 car e est continue en X = 0
x→0

x−1 1 1 1
En +∞ c’est plus compliqué. En effet, on a ln = ln 1 − et −−−−−→ 0. On pose alors u = − −−−−−→ 0− ,
x x x x→+∞ x x→+∞
on obtient
x−1 ln (1 + u)
x ln =− −−−→ 1 =⇒ f (x) −−−−−→ e−1
x u u→0 x→+∞
1
De même en −∞ où u = − tend vers 0+ , on obtient ainsi f (x) −−−−−→ e−1 . La courbe représentative de f admet donc
x x→−∞
une asymptote horizontale.
1
Variations : f est dérivable sur Df et (on écrit que f (x) = exp x ln 1 −
x
 
 
 
 
 1 
 
 1 
∀x ∈ Df , f (x) = 
′ x2  f (x) = ln 1 − 1 1
ln 1 − x +x×
x−1  x
+
x−1
f (x)
 
 x 
 
 
 1 ′

ln 1−
x
1 1
dont le signe est celui de g (x) = ln 1 − + . La fonction g est dérivable sur Df et (on réutilise le calcul précédent)
x x−1
1 1 1
∀x ∈ Df , g ′ (x) = − 2 =−
x (x − 1) (x − 1) x (x − 1)2
On en déduit que g est décroissante sur ]−∞, 0[ , croissante sur ]1, +∞[ . Mais
g (x) −−−−−→ ln 1 = 0 =⇒ g (x) 0 sur ]1, +∞[
x→+∞
g (x) −−−−−→ ln 1 = 0 =⇒ g (x) 0 sur ]−∞, 0[
x→−∞

Conclusion : f ′ (x) 0, la fonction f est croissante sur chaque intervalle ]−∞, 0[ et ]1, +∞[ (mais pas sur R). Voici son
graphe :

1.0
y
0.8

0.6

0.4

0.2

-5 -4 -3 -2 -1 1 2 3 4 5
x
-0.2

-0.4

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