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Les céramiques supraconductrices

*Définition de la supraconductivité :
La supraconductivité c'est la résistance quasi nulle au sein
de certains métaux, alliages ou céramique lors du passage du
courant. Les courants peuvent donc circuler sans dissipation
d'énergie. Un mot magique pour des phénomènes
extraordinaires ! La lévitation magnétique est de loin la
manifestation la plus spectaculaire du phénomène de
supraconductivité avec de nos jours la réalisation de trains à
très grandes vitesses.
a supraconductivité nous est connue depuis que l'on a
découvert les matériaux supraconducteurs au début du
XXe siècle. Ces matériaux ont une résistance électrique
strictement nulle en dessous d'une température dite
température critique. Ils transportent alors les courants
électriques sans aucune perte et permettent aussi
d'atteindre des champs magnétiques intenses.

**Exemples d'applications de la
supraconductivité
L'imagerie à résonance magnétique (IRM, qui utilise des
champs magnétiques de 2 à 3 teslas) et la spectroscopie à
résonance magnétique nucléaire (RMN qui utilise
actuellement des champs magnétiques de 21 teslas, mais
des champs supérieurs à 25 teslas sont envisagés à moyen
terme).
Une application à très grande échelle est constituée par les
accélérateurs de particules. Le plus grand d'entre eux est
le LHC (Large Hadron Collider), avec une circonférence
de 27 km, opérationnel au Cern, à Genève. Dans cet
accélérateur, le champ de 8,5 teslas est produit par 1.600
dipôles de 16 m de long.
Mais l'application la plus spectaculaire est sans doute le «
MagLev », un train japonais utilisant la lévitation
magnétique. Lévitant au-dessus d'un rail utilisant des
aimants supraconducteurs, ce train prototype se déplace
sans frottement et affiche un record de 552 km/h

***Les oeuvres élaborées dans le


domaine de la supraconductivité des
céramiques :
Dans l'histoire de la supraconductivité, il y a eu l'avant et
l'après-1986, date de la découverte des supraconducteurs "
haute température
Des découvertes spectaculaires ouvrent deux nouvelles
voies pour le développement de la supraconductivité.
depuis l'annonce de la supraconductivité du diborure de
magnésium, mise en évidence au début de l'année 2001 par
un laboratoire japonais, des dizaines de publications
scientifiques ont suivi, qui exploraient les propriétés du "
nouveau " matériau. Les raisons de cette effervescence ?
Le MgB2 devient supraconducteur à partir de 39 K (- 234
°C). Ce qui peut sembler encore froid ! Mais c'est 20 °C de
mieux que les matériaux métalliques utilisés aujourd'hui
(niobium-titane, ou niobium-étain). " Les températures
critiques de ces matériaux étaient bloquées depuis les
années 70. L'arrivée du MgB2 représente un saut
important ", explique Philippe Monod, chercheur au
labora- toire de physique du solide de l'Ecole supérieure de
physique et de chimie industrielles de la ville de Paris
(ESPCI). Certes, comparé aux supraconducteurs haute
température (des céramiques), dont la tempéra-ture
critique est montée jusqu'à 135 K (165 K sous pression), le
MgB2 semble faire pâle figure. Mais une autre propriété
lui redonne l'avantage : le diborure de magnésium est
capable de laisser passer de forts courants électriques, y
compris à travers un matériau polycristallin, alors que la
supraconductivité des céramiques s'accommode mal des
défauts du matériau, y compris des joints de grains. Un
autre atout a séduit les chercheurs : MgB2 a le bon goût
d'être un supraconducteur " conventionnel ", qui obéit à
la théorie BCS (Bardeen, Cooper et Schrieffer) née dans
les années 50 .Contrairement aux céramiques, dont la
supraconductivité est encore mal comprise. Avec les
fullerènes C60, on change d'univers. Les molécules de
carbone viennent de faire une entrée en fanfare dans le
monde de la supraconductivité haute température : 117 K
(- 156 °C) ! Une température critique qui rivalise presque
avec celles des supraconducteurs haute température. Et
qui, comme pour ces derniers, peut être atteinte avec de
l'azote liquide (et non plus l'hélium liquide nécessaire aux
premiers supraconducteurs) . Un résultat obtenu, il est
vrai, dans des conditions un peu spéciales. Une équipe des
Bell Labs a procédé en deux étapes. D'abord, les
chercheurs ont montré que, en mettant sous forte tension
le matériau au sein d'un transistor à effet de champ, ils le
dopaient en charge positive, et parvenaient à obtenir un
comportement supraconducteur en dessous de 54 K.
Quelques mois plus tard, en insérant des molécules de
bromoforme (CHBr3) dans la stucture cristalline du
fullerène, les chercheurs faisaient grimper la température
critique jusqu'à 117 K. Tout en promettant de ne pas en
rester là. L'insertion des molécules de CHBr3 a, en effet,
pour conséquence de dilater le réseau cristallin (la distance
entre deux molécules de fullerènes) et de modifier les
interactions entre les vibrations du réseau et les électrons.
Des interactions qui sont justement à l'origine de la
supraconductivité, toujours selon la fameuse théorie BCS.
" Si l'on arrive à dilater encore le réseau, on doit pouvoir
obtenir des tempéra- tures critiques encore bien su-
périeures ", souligne Patrick Bernier, du Groupe de
dynamique des phases condensées au CNRS-Université de
Montpellier, laboratoire qui, aujourd'hui, travaille sur les
nanotubes de carbone.
Pour ces nouveaux supraconducteurs, le plus dur sera
maintenant de passer du stade de curiosités de laboratoire
à celui de matériaux effectivement utilisables dans des
applications. Il n'est pas inutile de rappeler que les
premières utilisations des céramiques supraconductrices,
découvertes en 1986, arrivent tout juste (voir ci-dessus).
Non sans difficultés de mise en oeuvre... De ce point de vue,
le diborure de magnésium a au moins l'atout de sa
simplicité : sa chimie, et sa mise en forme, sont nette- ment
plus faciles à maîtriser que celles d'une céramique du type
BiSrCaCuO ou YBaCuO. A priori (les premières études
sont en cours), il devrait donc être nettement plus simple
de fabriquer des fils et des films supraconducteurs en
MgB2. De plus, ces dispositifs supraconducteurs seraient
très efficaces puisqu'ils acceptent de forts courants, même
à l'état polycristallin. Par ailleurs, même si sa température
critique n'est pas très élevée, il existe des machines qui
peuvent refroidir suffisamment le MgB2 pour le rendre
supraconducteur, sans utiliser d'hélium liquide, très
contraignant. Enfin, le MgB2 débarque dans le monde de
la supraconductivité avec un argument essentiel : le prix
d'un matériau, vendu dans le commerce par pot de 1 kilo.
Deux bémols, toutefois : les chercheurs disposent de peu de
paramètres pour accroître la température critique du
MgB2 (c'est le revers de sa simplicité). Par ailleurs, son
champ critique (le champ magnétique maximal qu'il peut
supporter sans perdre sa supraconductivité) est
relativement faible. Des laboratoires s'efforcent en ce
moment d'y remédier. Du côté des fullerènes, la question
du prix est déjà un obstacle de taille. Produit uniquement à
l'échelle du laboratoire, le C60 coûte aujourd'hui autour
de 300 francs le gramme. " Pendant longtemps, aucun
industriel ne s'est penché sur le procédé qui permettrait de
les produire en quantité ", regrette Patrick Bernier. En
laboratoire, les chercheurs utilisent une technique de
sublimation du graphite, au rendement faible. Mais
récemment, le japonais Mitsubishi Chemical a annoncé le
développement industriel d'un procédé de combustion de
solvants organiques, qui permettrait de diviser par 100 le
prix des fullerènes. En attendant, les chercheurs vont
s'efforcer de tirer profit des atouts des molécules de
carbone. En tant que matériau organique, les C60 sont
doués d'une certaine plasticité qui favorise leur mise en
oeuvre. Mais, surtout, puisque l'on est dans le domaine de
la synthèse organique, c'est un large champ de recherche
qui s'ouvre pour en améliorer les propriétés. Avec un
vieux rêve qui refait surface : la supraconductivité à
température ambiante, et les applications mirifiques qu'on
peut lui imaginer, par exemple en électronique.
Un supraconducteur à la température de l'eau bouillante ?
Toutefois, les chercheurs de l'université de Leipzig
soupçonnaient de meilleures possibilités avec le graphite
car un état supraconducteur avait déjà été observé à plus
de 100 kelvins à des interfaces entre deux types de
matériaux dont l'un est du graphite pyrolytique. Ils ont
commencé par placer 100 milligrammes de poudre de
graphite dans 20 millilitres d'eau distillée et ils ont agité le
tout pendant 23 heures avant de filtrer la poudre pour la
dessécher ensuite pendant une nuit en la portant à une
température de 100 °C. Le produit obtenu a été placé dans
un champ magnétique. Une légère aimantation rémanente
a été mesurée après que le champ magnétique a été coupé.
À ce stade, il pouvait s'agir soit d'une manifestation du
ferromagnétisme ordinaire, soit d'un état
supraconducteur. Les physiciens ont voulu tester cette
hypothèse en faisant varier l'intensité du champ
magnétique et la température de la poudre dans les
expériences. Les courbes qu'ils ont obtenues sont similaires
à celles observées avec des supraconducteurs à hautes
températures critiques, les fameux cuprates.
Les chercheurs gardent toutefois la tête froide même s'il
semble que l'état supraconducteur supposé persiste
jusqu'à 130 °C et qu'en extrapolant les courbes, il pourrait
bien se maintenir jusqu'à plus de 600 °C. En effet, ils n'ont
pas encore pu mettre en évidence une annulation de la
résistance à la conduction de l'électricité, la preuve
indiscutable de la présence d'un état supraconducteur, car
un test est pour le moment difficile à mettre en œuvre.

****Les premières applications des


céramiques supraconductrices
Des supraconducteurs basse température (NbTi, Nb3Sn),
refroidis à l'hélium liquide, sont utilisés pour construire les
puissants aimants des accélérateurs de particules (au Cern
de Genève, par exemple). Mais c'est l'arrivée, en 1986, des
céramiques supraconductrices à haute température qui a
lancé les développements de multiples applications, le
refroidissement à l'azote liquide étant plus simple et moins
cher qu'avec l'hélium liquide jusqu'ici nécessaire. Les
industriels ont pourtant dû composer avec deux
inconvénients majeurs des céramiques. Leur
supraconductivité ne tolère que des courants relativement
faibles, et leur mise en forme n'est pas facile. Les
applications commercialisées sont d'ailleurs peu
nombreuses. Citons : des magnétomètres à Squid
(détecteur à supraconducteur), capables de détecter des
champs magnétiques très faibles ; des filtres micro-ondes,
utilisés dans les réseaux de télécommunications mobiles et
les radars. D'autres applications sont à un stade
préindustriel. Par exemple, des limiteurs de courant, dont
l'élément supraconducteur redevient normal, avec une
forte résistance électrique, lorsque le courant critique est
dépassé. American Superconductor et Pirelli Cables &
Systems fabriquent des câbles électriques capables de
transporter 140 fois la puissance d'un câble de même
dimension en cuivre. Une expérimentation doit avoir lieu à
Detroit, afin d'alimenter 14 000 clients. Le même
American Superconductor a récemment fait la
démonstration d'un moteur de 5 000 CV utilisant des
supraconducteurs.
Univèrsité Badji Mokhtar Annaba
Département de metallurgie et sciences
des matériaux

Module de Céramiques ,Composites et


Polymères
Assuré par :Mr Khan

Sujet sur : Les céramiques


supraconductrices

Travail réalisé par :Mme Lalaoui


Khokha
Groupe : M2 Génie des surfaces

Année univèrsitaire :2017/2018


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