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Résumé

« Dans l’acoustique appliquée au bâtiment, les difficultés ne viennent pas de la


complexité des solutions: celles-ci sont généralement simples et relèvent du bon
sens… pour peu que l’on sache poser le problème correctement : c’est tout le talent
pédagogique de Jean-Marie Rapin »
Laurent Droin, CIDB (extrait de la préface)

Comment déterminer l’origine d’un problème acoustique et comment le résoudre


simplement?
Comment concevoir une isolation ou un traitement acoustique par simple lecture d’une courbe?
Comment réaliser des équipements silencieux?

Confrontés aux problèmes engendrés par le bruit dans un bâtiment existant, les utilisateurs de ce guide
technique maîtriseront la situation et sauront concevoir et réaliser la solution adaptée.
Enfin, quel que soit son domaine, chaque lecteur appréciera la claret des explications et des schémas, les
exemples et les nombreux compléments d’information, autant d’éléments permettant de bien s’y retrouver
dans les mesures, les normes et la réglementation.

Biographie auteur
Ingénieur ETP, Jean-Marie Rapin a mené l’essentiel de sa carrière au Centre scientifique et technique du
bâtiment où il a été directeur adjoint du département Acoustique. Formé dans cette spécialité sous la
direction de Robert Josse, il fut notamment l’auteur de la première étude montrant comment se protéger du
bruit des autoroutes par des écrans acoustiques, domaine qu’il a fortement développé au sein du CSTB.
Parallèlement et à la même époque, il enseignait l’acoustique du bâtiment (Insa et Ensa Lyon, IUT de
Grenoble). En matière de recherche, il a publié de nombreux articles et a contribué à l’édition de la revue
européenne d’acoustique, Acta Acustica.
Enfin, son activité de conseiller auprès des villes nouvelles et sur les grands projets lui a offert maintes
occasions de collaborer directement avec les architectes. Il est par ailleurs l’un des rédacteurs des
nouvelles règles de construction pour les départements d’Outre-mer.

Chez le même éditeur


Th. Gallauziaux & D. Fedullo, Le grand livre de l’isolation, 680 p.
Th. Gallauziaux & D. Fedullo, L’isolation thermique, 416 p.
R. Franck, G. Jover & F. Hovorka, L’efficacité énergétique du bâtiment, 532 p.

Sommaire
Notions théoriques de base: Le son • Les matériaux acoustiques • Estimer l’isolement des locaux et le
niveau de bruit
Rechercher et mettre en oeuvre des solutions pour améliorer la qualité acoustique d’un bâtiment:
Conception des murs et autres parois • Protection des planchers contre les bruits d’impact • Les
menuiseries
Réaliser des équipements silencieux: Équipements hydrauliques • Équipements Aérauliques
Locaux publics, lieux de travail et circulations communes des habitations: Traitement acoustique des
locaux
Environnement: Protection du voisinage
Applications: Douze exemples
Compléments et annexes : Réglementation • Calculs • Formules • Glossaire • Références

Publics
Artisans chargés de régler les problèmes acoustiques le plus souvent rencontrés dans un bâtiment
existant ; techniciens des services municipaux employés dans les communes de plus de 5 000 habitants.
Particuliers et architectes trouveront quant à eux dans ce guide les informations qui leur permettront
d’être opérationnels.

www.editions-eyrolles.com
Jean-Marie Rapin

L’acoustique du bâtiment
Manuel professionnel d’entretien et de réhabilitation
ÉDITIONS EYROLLES
61, bd Saint-Germain
75240 Paris Cedex 05
www.editions-eyrolles.com

Attention : la version originale de cet ebook est en couleur, lire ce livre numérique sur un support de
lecture noir et blanc peut en réduire la pertinence et la compréhension.

En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que
ce soit, sans l’autorisation de l’Éditeur ou du Centre Français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands Augustins, 75006 Paris.

© Groupe Eyrolles, 2017


ISBN Eyrolles : 978-2-212-67371-5
SOMMAIRE
PRÉFACE

QUELQUES NOTIONS THÉORIQUES


1. LE SON, SA DESCRIPTION, SA PROPAGATION DANS L’AIR

2. LE SON DANS LA STRUCTURE DU BÂTIMENT

3. LES MATÉRIAUX ACOUSTIQUES ET LEUR QUALIFICATION

4. L’ESTIMATION DE L’ISOLEMENT ENTRE DEUX LOCAUX ET DU NIVEAU DE BRUIT DE CHOC

LA RECHERCHE DE SOLUTIONS POUR AMÉLIORER LA QUALITÉ ACOUSTIQUE


D’UN BÂTIMENT ET LEUR MISE EN ŒUVRE
5. LA CONCEPTION DES MURS ET DES AUTRES PAROIS

6. LA PROTECTION DES PLANCHERS ET AUTRES PAROIS CONTRE LES BRUITS D’IMPACT

7. LES MENUISERIES

LA RÉALISATION D’ÉQUIPEMENTS SILENCIEUX


8. LES ÉQUIPEMENTS HYDRAULIQUES

9. LES ÉQUIPEMENTS AÉRAULIQUES

LOCAUX PUBLICS, LIEUX DE TRAVAIL ET CIRCULATIONS COMMUNES DES


HABITATIONS
10. LE TRAITEMENT ACOUSTIQUE DES LOCAUX

ENVIRONNEMENT
11. LA PROTECTION DU VOISINAGE

APPLICATIONS
12. EXEMPLES DE LOCAUX LÉGERS À FORT ISOLEMENT

COMPLÉMENTS, ANNEXES
A. LES EXEMPLES DE SOLUTIONS ACOUSTIQUES (APPLICATION DU RÈGLEMENT DE LA CONSTRUCTION, POUR
LES LOGEMENTS NEUFS)
B. APPLICATION DE LA MÉTHODE DE CALCUL EUROPÉENNE DES PERFORMANCES ACOUSTIQUES DES
BÂTIMENTS
C. ABSORPTION ACOUSTIQUE DE DIFFÉRENTS PRODUITS
D. FORMULES ACOUSTIQUES
E. LE CALCUL ACOUSTIQUE PAR OCTAVE
F. RÉGLEMENTATION
GLOSSAIRE
RÉFÉRENCES
TABLE DES MATIÈRES
PRÉFACE

QUELQUES NOTIONS THÉORIQUES


1. LE SON, SA DESCRIPTION, SA PROPAGATION DANS L’AIR
1.1. LE SON
1.1.1. Sa nature
1.1.2. Sa fréquence
1.1.3. L’oreille
1.1.4. La propagation du son
1.1.5. La longueur d’onde
1.2. LE DÉCIBEL (UN CASSE-TÊTE !)
1.2.1. L’échelle du décibel
1.2.2. Le niveau de pression acoustique (ou niveau sonore)
1.2.3. Le niveau d’exposition acoustique
1.2.4. Le niveau de puissance acoustique
1.2.5. Les isolements
1.2.6. L’addition des niveaux sonores en décibels
1.3. LA DESCRIPTION DU SON EN FONCTION DE LA FRÉQUENCE : LE SPECTRE
1.4. LES SOURCES DE BRUIT ET LA PROPAGATION À L’EXTÉRIEUR DES BÂTIMENTS
1.4.1. Calcul du niveau Lp en fonction de Lw à l’extérieur des bâtiments
1.4.2. La réflexion sonore
1.4.3. L’ombre apportée par un écran
1.5. LA PROPAGATION DU SON DANS UNE SALLE
1.5.1. La durée de réverbération
1.5.2. Le facteur d’absorption alpha
1.5.3. Niveau de pression acoustique dans une salle en fonction du niveau de puissance acoustique d’une source

2. LE SON DANS LA STRUCTURE DU BÂTIMENT


2.1. COMMENT LE SON SE TRANSMET D’UNE PIÈCE À UNE AUTRE, LES DIFFÉRENTS CHEMINS DE PROPAGATION
2.1.1. La voie aérienne
2.1.2. Les parois
2.1.3. Les transmissions indirectes
2.2. PRINCIPES DE L’ISOLATION ACOUSTIQUE
2.2.1. L’étanchéité
2.2.2. La masse
2.2.3. La désolidarisation
2.3. RÉSONANCE MÉCANIQUE
2.3.1. Fréquence critique
2.3.2. Résonance de système masse-ressort
2.3.3. Résonance d’une double paroi
2.3.4. Effet de la lame d’air
2.3.5. Amortissement
2.4. DÉFINITION DE L’ISOLEMENT ACOUSTIQUE
2.4.1. Isolement brut entre locaux
2.4.2. Isolement brut pondéré entre locaux
2.4.3. Isolement standardisé pondéré entre locaux
2.5. LES BRUITS DE CHOC ET LES BRUITS SOLIDIENS
2.6. DIFFÉRENCE ENTRE ISOLATION ACOUSTIQUE ET ISOLATION THERMIQUE

3. LES MATÉRIAUX ACOUSTIQUES ET LEUR QUALIFICATION


3.1. LES ISOLANTS : QUALIFICATION ACOUSTIQUE DES PAROIS
3.1.1. L’indice d’affaiblissement acoustique d’une paroi
3.2. LA QUALIFICATION DES PLANCHERS ET DES REVÊTEMENTS DE SOL AU BRUIT DE CHOC
3.3. LES ABSORBANTS
3.4. AUTRES MATÉRIAUX
3.4.1. Les ressorts et matelas élastiques
3.4.2. Les amortisseurs
3.4.3. Les fixations élastiques
3.4.4. Les joints d’étanchéité
3.4.5. Classement ESA des composants industrialisés

4. L’ESTIMATION DE L’ISOLEMENT ENTRE DEUX LOCAUX ET DU NIVEAU DE BRUIT DE CHOC


4.1. ISOLEMENT STANDARDISÉ DÛ À LA SEULE PAROI SÉPARATIVE
4.2. COMPOSITION DES ISOLEMENTS PARTIELS
4.3. ESTIMATION DES TRANSMISSIONS INDIRECTES
4.4. ESTIMATION DU NIVEAU DE BRUIT DE CHOC

LA RECHERCHE DE SOLUTIONS POUR AMÉLIORER LA QUALITÉ ACOUSTIQUE


D’UN BÂTIMENT ET LEUR MISE EN ŒUVRE
5. LA CONCEPTION DES MURS ET DES AUTRES PAROIS
5.1. CHOISIR UNE PAROI AU MOYEN DE SA QUALIFICATION ACOUSTIQUE
5.1.1. Critères de choix
5.1.2. La feuille de résultats d’essais type (fournie par le fabricant)
5.2. CHOISIR UNE PAROI EN FONCTION DE SA NATURE, SA MASSE, SON ÉPAISSEUR
5.2.1. Murs en maçonnerie lourde
5.2.2. Cloisons simples traditionnelles
5.2.3. Les cloisons sèches à simple ossature
5.2.4. Les parois sèches à double ossature
5.3. ISOLEMENTS RÉGLEMENTAIRES
5.3.1. Pour les logements neufs et les hôtels
5.3.2. Pour les hôpitaux
5.3.3. Pour les écoles
5.4. LA POSE DES DOUBLES PAROIS : PRÉCAUTIONS À PRENDRE POUR ÉVITER LES TRANSMISSIONS INDIRECTES
5.4.1. Cas des simples parois (par où ça passe ?)
5.4.2. Cas d’une double paroi
5.5. CAS GÉNÉRAL DE LA POSE DES CLOISONS RIGIDES
5.5.1. Classement ESA (exemples de solutions dédiées aux constructions neuves dont on peut s’inspirer)
5.6. LE DOUBLAGE ACOUSTIQUE DES PAROIS
5.6.1. Amélioration d’un isolement acoustique
5.6.2. Doublage thermique
5.6.3. Doublages en plafond

6. LA PROTECTION DES PLANCHERS ET AUTRES PAROIS CONTRE LES BRUITS D’IMPACT


6.1. LE RÔLE DE LA STRUCTURE DU PLANCHER
6.2. LE RÔLE DES REVÊTEMENTS DE SOL, MODE DE POSE, EXEMPLES
6.2.1. Les revêtements de sol élastiques
6.2.2. Les revêtements de sol durs sur sous-couches élastiques
6.2.2.1. Les parquets et revêtements stratifiés sur sous-couches élastiques
6.2.2.2. Les carrelages et revêtements durs sur sous-couches élastiques
6.2.3. Les dalles et chapes flottantes
6.3. RÉHABILITATION DES PLANCHERS ANCIENS
6.4. CAS PARTICULIER DES ESCALIERS

7. LES MENUISERIES
7.1. LES FENÊTRES
7.2. LES ENTRÉES D’AIR ET LES COFFRES DE VOLET ROULANT
7.3. L’ISOLATION ACOUSTIQUE D’UNE FAÇADE
7.3.1. Définition
7.3.2. Isolement en zone de bruit
7.3.3. Cas particulier des toitures
7.4. LES PORTES

LA RÉALISATION D’ÉQUIPEMENTS SILENCIEUX


8. LES ÉQUIPEMENTS HYDRAULIQUES
8.1. L’ORIGINE DU BRUIT HYDRAULIQUE
8.2. LA QUALIFICATION ACOUSTIQUE DES ROBINETS
8.3. LA PROPAGATION PAR LES CANALISATIONS, PRÉCAUTIONS DE POSE
8.3.1. Choix de la robinetterie
8.3.1.1. Marque NF et classe 1 minimum obligatoire
8.3.2. Réducteur de pression
8.3.3. Diamètre intérieur de raccordement minimum
8.3.4. Pose des canalisations
8.4. APPAREILS SANITAIRES ET CANALISATIONS D’ÉVACUATION
8.5. CHAUDIÈRES ET POMPES
8.5.1. Les chaudières individuelles
8.5.2. Les chaudières collectives et les pompes
8.5.3. Les vibrations transmises à la structure et aux canalisations par la chaudière et les pompes de circulation de l’eau

9. LES ÉQUIPEMENTS AÉRAULIQUES


9.1. LA CARACTÉRISATION ACOUSTIQUE DES PRODUITS
9.1.1. Les ventilateurs et aéroréfrigérants
9.1.2. Bouches d’extraction et bouches de soufflage
9.2. LES SILENCIEUX
9.3. LA CONCEPTION ACOUSTIQUE DES INSTALLATIONS DE VENTILATION
9.4. LES CLIMATISEURS (BRUIT À L’INTÉRIEUR DU BÂTIMENT)

LOCAUX PUBLICS, LIEUX DE TRAVAIL ET CIRCULATIONS COMMUNES DES


HABITATIONS
10. LE TRAITEMENT ACOUSTIQUE DES LOCAUX
10.1. UTILITÉ D’UN TRAITEMENT ACOUSTIQUE
10.2. CAGES D’ESCALIER ET AUTRES PARTIES COMMUNES
10.3. LOCAUX TECHNIQUES
10.4. BUREAUX
10.5. SALLES DE CLASSE ET SALLES DE CONFÉRENCE
10.6. SALLES DE RESTAURATION ET CANTINES SCOLAIRES
10.7. LES ATELIERS ET LA PROTECTION DE L’OUÏE DES TRAVAILLEURS
10.8. SALLES DE SPORT ET SALLES POLYVALENTES
10.9. HOME CINÉMA

ENVIRONNEMENT
11. LA PROTECTION DU VOISINAGE
11.1. RÈGLES CONCERNANT LES SOURCES DE BRUIT RAYONNANT À L’EXTÉRIEUR
11.2. LES RÈGLES D’ÉMERGENCE
11.3. VENTILATEURS, CLIMATISEURS ET POMPES À CHALEUR
11.4. ÉCRANS DE PROTECTION ACOUSTIQUE
11.5. EFFET DE SOL ET CONDITIONS CLIMATIQUES

APPLICATIONS
12. EXEMPLES DE LOCAUX LÉGERS À FORT ISOLEMENT
12.1. UN PETIT STUDIO D’ENREGISTREMENT
12.2. UN LOCAL DE RÉPÉTITION POUR UN GROUPE DE MUSICIENS

COMPLÉMENTS, ANNEXES
A. LES EXEMPLES DE SOLUTIONS ACOUSTIQUES (APPLICATION DU RÈGLEMENT DE LA CONSTRUCTION,
POUR LES LOGEMENTS NEUFS)
B. APPLICATION DE LA MÉTHODE DE CALCUL EUROPÉENNE DES PERFORMANCES ACOUSTIQUES DES
BÂTIMENTS
C. ABSORPTION ACOUSTIQUE DE DIFFÉRENTS PRODUITS
D. FORMULES ACOUSTIQUES
E. LE CALCUL ACOUSTIQUE PAR OCTAVE
F. RÉGLEMENTATION
GLOSSAIRE
RÉFÉRENCES
PRÉFACE
Vous connaissez sûrement ce sketch de Coluche où il parle des technocrates : « c’est des mecs que quand
tu leur poses une question, une fois qu’ils ont fini de répondre, tu comprends plus la question que t’as
posée. »
Lorsque j’étais ingénieur thésard au CSTB sous la direction de Jean-Marie Rapin, je rentrais
fréquemment dans son bureau – encombré de bouquins et sentant bon le cigare – avec une question. J’en
ressortais une heure plus tard avec une foule de réponses à des questions que je ne m’étais pas posées.
Jean-Marie Rapin n’a pourtant rien d’un technocrate, bien au contraire. C’est un puits de connaissances,
passionné et généreux. Il aime transmettre, remonter aux sources des problèmes pour faciliter la
recherche des solutions.
L’acoustique appliquée au bâtiment est une discipline qui se prête particulièrement bien à cet exercice : la
majeure partie des pièges et des difficultés ne réside pas dans la complexité des solutions. Elles sont en
général simples et relèvent du bon sens… pour peu qu’on ait posé le problème correctement, au bon
moment.
C’est tout le talent pédagogique de Jean-Marie Rapin, combiné à ses quarante années d’expérience de
scientifique pragmatique, qui transpire dans cet ouvrage. Vous y trouverez la réponse à vos questions.
Mais surtout vous y découvrirez les connaissances utiles pour trouver par vous-mêmes les réponses aux
questions que vous ne vous étiez pas posées !
Laurent Droin
Directeur du CIDB
Remerciements
L’auteur et l’éditeur remercient Jacques Roland et Philippe Strauss pour leurs conseils, Laurent Droin
pour sa confiance et Denis Dugas pour le personnage qui guidera les lecteurs au fil des pages.
QUELQUES NOTIONS THÉORIQUES

(Pour comprendre le son et le vocabulaire acoustique)



1 LE SON, SA DESCRIPTION, SA PROPAGATION DANS L’AIR
1.1. LE SON
1.1.1. Sa nature
C’est une vibration qui se propage dans l’air en donnant lieu à de petites oscillations de la pression
atmosphérique capables de provoquer des mises en vibration du tympan.
Cette variation de pression est appelée pression acoustique.

COMMENTAIRE
Le son est un phénomène simple : un très petit mouvement de l’air. L’isolation acoustique est un
problème de mécanique. Ce qui est plus compliqué, c’est la perception du son par l’être humain.

1.1.2. Sa fréquence
Un son élémentaire est une oscillation régulière que l’on décrit par sa fréquence, qui est le nombre
d’oscillations par seconde, notée f et qui s’exprime en hertz, noté Hz.

Figure 1.1 • Cinq oscillations en dix millisecondes, la fréquence est de 500 Hz.

On appelle physiquement « bruit » un mélange confus de sons élémentaires de différentes fréquences et de


pression acoustique variable (attention, ce mot a une signification différente lorsqu’il s’agit de la
perception auditive).

1.1.3. L’oreille
Elle est sensible (suivant les personnes) à des oscillations de fréquences comprises entre 20 Hz et 15
000 Hz. C’est le domaine du son.
À titre indicatif, il est de coutume d’appeler aigus les sons de fréquence supérieurs à 1 500 Hz environ,
graves ceux dont la fréquence est inférieure à 300 Hz.
La sensibilité de l’oreille varie avec la fréquence, elle croît progressivement de 20 Hz à 1 000 Hz
maximum vers 4 000 Hz ; elle décroît brutalement au-dessus de 5 000 Hz.

1.1.4. La propagation du son


La vibration acoustique se propage de proche en proche. La vitesse de cette propagation est appelée
« célérité du son », notée c.
Elle est voisine de 340 m/s dans l’air et est beaucoup plus grande que la vitesse vibratoire.
Elle croît légèrement avec la température.

Figure 1.2 • Différence entre vitesse de propagation et vitesse vibratoire.


Avez-vous remarqué le jeu qui consiste en une file de pendules ? Lorsqu’on lance le premier pendule, sa bille rencontre celle du
deuxième, qui se met à osciller et transmet son mouvement au suivant. Au moment du choc, de l’énergie cinétique se transmet à la bille
suivante.
Le mouvement se propage d’une bille à l’autre à une vitesse différente de celle prise par la bille au cours de son oscillation.
Il en est de même pour le son, qui peut être représenté comme le mouvement d’une infinité de bulles d’air qui s’entrechoquent tout en
tendant à revenir à leurs positions initiales.

1.1.5. La longueur d’onde


La distance parcourue par un son élémentaire au cours d’une seule oscillation est appelée « longueur
d’onde », notée λ, exprimée en mètres.
Pour une fréquence f λ = c/f = 340/f.
Soit 3,40 m à 100 Hz ; 0,34 m ou 34 cm à 1 000 Hz.
La longueur d’onde a de l’importance dans le comportement du son face à un obstacle.
Si l’obstacle a une dimension inférieure au tiers de la longueur d’onde, il est ignoré par l’onde
acoustique.
1.2. LE DÉCIBEL (UN CASSE-TÊTE !)
1.2.1. L’échelle du décibel
Les acousticiens font appel à un langage particulier : le décibel.Le décibel, noté dB, n’est pas une unité
de mesure mais une échelle logarithmique qui permet d’exprimer la proportion entre deux valeurs.
Une variation de 1 dB, c’est une multiplication par 1,26 (soit une croissance de 26 %) si c’est 1 dB en
plus, ou bien une division par 1,26 si c’est 1 dB en moins.
+ 2 dB, c’est multiplier par 1,58
+ 3 dB 2
+ 5 dB 3
+ 10 dB 10
+ 20 dB 100
+ 60 dB 1 million

Cette échelle, qui a l’avantage de simplifier les chiffres, peut paraître grossière. Elle a rapport :
– à la précision de mesure estimée à 2 dB hors conditions de laboratoire ;
– à la tolérance de 3 dB appliquée à la réglementation des bâtiments ;
– à la perception du bruit.
Pour un individu :
+ 5 dB, c’est un peu plus fort ;
+ 10 dB, c’est deux fois plus fort ;
+ 20 dB, quatre fois plus fort ;
+ 60 dB, soixante-quatre fois plus fort.
En contrepartie, le décibel complique les calculs et crée des confusions, car on exprime en décibels des
grandeurs physiques très différentes.

1.2.2. Le niveau de pression acoustique (ou niveau sonore)


C’est la valeur en décibels de la pression acoustique en un point, mesurée à l’aide d’un sonomètre ou
bien calculée.
Il est le plus souvent mesuré avec interposition du filtre (A) et exprimé en dB(A).
Il est noté LpA ou bien Lp(A).

La référence zéro de l’échelle des décibels, soit 0 dB(A), correspond approximativement au niveau
le plus bas perceptible par l’oreille. Les niveaux rencontrés dans un bâtiment varient de 25 dB(A) (à
la campagne, la nuit, on entend les mouches voler) à 100 dB(A) (cri, trompette).

LE SONOMÈTRE
Le bruit s’enregistre et se mesure à l’aide d’un microphone dont la membrane vibre comme un
tympan et fournit un courant électrique alternatif qui varie en volts comme la pression
acoustique.
La mesure de la pression acoustique est celle d’un courant alternatif, donc d’une « valeur
efficace » qui est une moyenne énergétique. La pression acoustique étant variable, cette
moyenne doit être réalisée sur une certaine durée, on choisit fréquemment une seconde
(valeur lente). L’aiguille des premiers voltmètres adaptés à la mesure du courant alternatif
variait comme le logarithme de la mesure en volt. Le décibel a permis une graduation
régulière.
Des filtres incorporés au sonomètre permettent de supprimer les fréquences qui ne sont pas
entendues par l’oreille. Le filtre (A) s’approche du filtrage de l’oreille pour les niveaux
sonores usuels. La mesure est alors réalisée en dB(A).
Il existe des sonomètres capables de « moyenner » le niveau sonore sur de longues durées (une
heure, une journée), ce sont des sonomètres intégrateurs.

1.2.3. Le niveau d’exposition acoustique


C’est le niveau de pression acoustique « moyenné » sur une longue période à l’aide d’un sonomètre
intégrateur.
Son nom précis est niveau acoustique équivalent, noté LAeq et exprimé en dB(A).
C’est le niveau utilisé pour exprimer l’exposition des bâtiments aux bruits de l’environnement (bruit des
infrastructures de transport et bruit des établissements classés) et aux bruits de voisinage, avec des règles
différentes pour ces deux catégories de bruit (voir annexe E).
C’est aussi le niveau utilisé pour estimer l’exposition au bruit d’une personne à son poste de travail
(protection de l’ouïe).
Pour un bruit continu (un ventilateur, par exemple), le niveau d’exposition est égal au niveau de
pression acoustique. Si le bruit n’est présent que 10 % du temps, il est de 10 décibels inférieur au
niveau de pression acoustique. Le niveau d’exposition de jour dans une rue circulée varie entre 60
et 72 dB(A).
1.2.4. Le niveau de puissance acoustique
Il sert à caractériser la production d’énergie acoustique par une source de bruit.
Son symbole est Lw. Lorsqu’il est exprimé par une seule valeur, on utilise le dB(A) et le symbole est
LwA.

Zéro décibel correspond à une puissance d’un picowatt. Pour éviter toute confusion, on précise
« dB » par rapport au picowatt lorsqu’il s’agit d’une puissance.
La valeur de LwA est gravée sur la plaque des matériels bruyants ou indiquée sur la notice du petit
matériel ou des équipements électroménagers. Le chiffre indiqué sur la carte grise d’une
automobile correspond à une vitesse urbaine. Attention, lorsque la valeur en dB(A) n’est pas
accompagnée du terme LwA, il peut s’agir d’un niveau de pression acoustique mesuré à 1 m de la
machine qui est une valeur inférieure, de 8 à 11 dB, à celle du niveau de puissance acoustique.
Vérifier sur la notice.

1.2.5. Les isolements


Les isolements et les qualités acoustiques des composants du bâtiment se mesurent en décibel, qui a alors
le grand avantage d’exprimer une atténuation valable dans tous les cas, car indépendante du niveau
sonore.

1.2.6. L’addition des niveaux sonores en décibels


Le décibel représentant une proportion, additionner arithmétiquement deux valeurs en décibels revient à
les multiplier. L’addition de niveaux sonores en décibels utilise diverses méthodes. La plus simple fait
appel à l’abaque suivant :

Abaque 1 • Somme de deux valeurs en dB.

Pour additionner deux niveaux Lp1 et Lp2, on doit d’abord les soustraire arithmétiquement pour connaître
leur différence en décibels, et on lit directement sur l’abaque la valeur à ajouter au plus grand des deux
niveaux pour en obtenir la somme.
Pour deux valeurs égales, on ajoute 3 dB : 70 dB (+) 70 dB = 73 dB
Pour deux valeurs différentes de 2 dB, on ajoute 2 dB : 70 dB (+) 68 dB = 72 dB
Pour deux valeurs différentes de 6 dB, on ajoute 1 dB : 70 dB (+) 64 dB = 71 dB
Pour deux valeurs différentes de 10 dB, on ajoute 0,5 dB.
Une valeur isolée qui s’écarte de 20 dB peut être ignorée : 70 dB (+) 50 dB = 70 dB

Si on doit additionner de nombreuses valeurs par cette méthode, il est préférable de commencer
l’addition par les deux plus petites valeurs et de continuer la progression du plus petit au plus grand.
Si on dispose d’un outil de calcul, on utilise la formule de l’annexe B.
1.3. LA DESCRIPTION DU SON EN FONCTION DE LA FRÉQUENCE : LE
SPECTRE
Un signal sonore enregistré à l’aide d’un microphone peut être analysé sur un petit intervalle de temps et
décomposé en fréquences. Le résultat de cette analyse s’appelle un « spectre ».

Figure 1.3 • Un marteau-piqueur, 90 dB(A).

Figure 1.4 • Le signal sonore du marteau-piqueur (variation dans le temps de la pression acoustique).
Figure 1.5 • La décomposition de ce signal en fonction de la fréquence, ou spectre en bande fine.

Pour simplifier l’exploitation de ces spectres, on regroupe ces fréquences par secteurs appelés
« bandes », qui regroupent toutes les fréquences comprises entre deux valeurs.
Les acousticiens ont adopté la méthode des musiciens, qui découpent la gamme en octaves, représentant
l’intervalle entre une note et une autre de fréquence double.
Les acousticiens nomment ces octaves par leur fréquence centrale (moyenne géométrique) et l’acoustique
en bâtiment se contente de six octaves :
Octave 125 Hz Octave 250 Hz Octave 500 Hz
Octave 1 000 Hz Octave 2 000 Hz Octave 4 000 Hz

Un bruit qui a le même niveau à chaque octave s’appelle « bruit rose » (par analogie avec la lumière).
C’est la référence en acoustique du bâtiment.
Rassemblé par octave, le spectre précédent devient le suivant :
Figure 1.6 • Spectre par octave.

À NOTER
Les laboratoires utilisent un découpage plus fin : le tiers d’octave.
1.4. LES SOURCES DE BRUIT ET LA PROPAGATION À L’EXTÉRIEUR DES
BÂTIMENTS
1.4.1. Calcul du niveau Lp en fonction de Lw à l’extérieur des bâtiments
Une source de bruit est décrite par sa puissance acoustique Lw, ses dimensions géométriques et, dans
certains cas, sa directivité lorsqu’elle rayonne plus d’énergie acoustique dans une direction par rapport
aux autres.
De la même façon que les rides formées à la surface de l’eau par un caillou jeté se propagent sous forme
de cercles, l’onde sonore se propage sur des sphères autour de la source ou des hémisphères si la source
est placée sur le sol ou une autre surface.

Figure 1.7 • Propagation des ondes sonores sur des hémisphères.

Le niveau Lp décroît avec la distance d car l’énergie acoustique se répartit sur des surfaces de plus en
plus grandes. Il n’y a pratiquement pas de perte d’énergie (elle est de l’ordre du dB/km à 100 Hz).
L’abaque suivant donne la valeur en dB à retrancher à Lw pour connaître Lp, à une distance d de la
source, compte tenu de la présence du sol (cas général).
(Les résultats sont valables à des distances très supérieures aux dimensions de la source.)
Abaque 2 • Décroissance du niveau de pression sonore Lp par rapport à Lw de la source et en fonction de la distance (en absence
d’obstacle).

Dans le cas d’une source directive, on devra ajouter au niveau trouvé la valeur en dB du facteur de
directivité pour la direction considérée.

Exemple :
Le fabricant d’une pompe à chaleur indique 70 dB(A) comme niveau de puissance acoustique Lw,
et on désire connaître le niveau sonore en limite de la propriété voisine qui est à 25 m de
distance. La valeur lue sur la courbe est - 36.

Lp = 70 - 36 = 34 dB(A)
Figure 1.8 • Propagation de l’onde sonore issue d’une source placée sur une façade.

Si cette pompe était intégrée à une façade, son rayonnement se ferait selon un quart de sphère, et
le niveau de pression acoustique serait majoré de 3 dB, soit 37 dB(A) à 25 m de distance.

1.4.2. La réflexion sonore


La plupart des surfaces se comportent vis-à-vis du son comme des miroirs parfaits. Pour qu’un matériau
ne réfléchisse pas le son, il suffit qu’il soit perméable à l’air. À l’extérieur, on peut citer comme surfaces
poreuses la terre fraîchement labourée, ou encore les bottes de paille.
Chaque réflexion produit une « source image » dont la pression acoustique doit être additionnée à celle
de la première.

Figure 1.9 • Position de l’image de la source réfléchie par la façade.

Exemple :
Prenons l’exemple d’une machine située à 25 m de la limite d’une propriété (point de contrôle
réglementaire) et dont le niveau de puissance acoustique Lw est 90 dB(A).
Le niveau sonore produit par le rayon direct à 25 m est : Lp = 90 - 36 = 54 dB(A).
Une maison se trouve à 10 m au-delà de cette limite, soit à 35 m de la machine. Le rayon sonore
qui se réfléchit sur la maison pour revenir au point de contrôle parcourt une distance de 35 m
plus 10 m, soit 45 m, distance pour laquelle l’abaque indique environ - 42 dB.
Soit un niveau sonore réfléchi : Lp2 = 90 - 42 = 48 dB(A).
Pour connaître la somme du niveau sonore direct et du niveau réfléchi, on calcule la différence
entre les deux valeurs : 54 - 48 = 6 dB.
Soit, à la lecture de l’abaque A1, 1 dB à ajouter à la première valeur : Lp = 55 dB(A).

1.4.3. L’ombre apportée par un écran


Le son se propage un peu comme la lumière, et un mur peut faire de l’ombre au son. C’est l’effet d’écran.
Pour être efficace, le mur doit être plus grand que la longueur d’onde. Un mur de 2 m de haut laissera
passer les sons les plus graves.
Lorsque l’on se retrouve dans la zone d’ombre optique, le niveau sonore est réduit d’au moins 5 dB
(attention aux réflexions parasites qui peuvent venir détruire cet effet en permettant à des rayons sonores
de pénétrer dans la zone d’ombre).

Figure 1.10 • L’écran réduit le bruit d’au moins 5 dB en cachant sa source.

Ainsi, grâce à un mur, le bruit de la machine pourrait être ramené à 50 dB(A), voire moins (calcul de
spécialiste).
Une terrasse élevée peut apporter une ombre importante sur le bruit d’un groupe de ventilateurs placé sur
son sommet, à condition que celui-ci soit placé en retrait.
Figure 1.11 • Réduction en dB du bruit de ventilateur par l’ombre portée par la terrasse.

OBSERVATION
Les conditions météorologiques influent sur la propagation du son. Le son se propage mal près d’un
sol chauffé par le soleil ou contre le vent. Le son se propage bien les nuits claires, les journées
nuageuses et dans le sens du vent (voir).
1.5. LA PROPAGATION DU SON DANS UNE SALLE
1.5.1. La durée de réverbération
Les murs sont des miroirs pour le son. Enfermés dans une salle, les sons se livrent à une permanente
« partie de billard ».

Figure 1.12 • Les rayons sonores se réfléchissent à l’infini sur les murs de la salle.

On ne se rend pas compte que le son du haut-parleur nous arrive par les murs et par le plafond, car
l’oreille est faite pour repérer l’origine du bruit et son plus court chemin.
Les rayons qui ont parcouru un long chemin après peut-être une centaine de réflexions arrivent en retard et
prolongent la durée du bruit.
Si on entre dans une salle non meublée et qu’après avoir fermé la porte on émet un son bref, celui-ci va
mettre du temps pour s’arrêter. C’est la réverbération.
On appelle « durée de réverbération » le temps que met un son pour décroître de 60 dB (c’est-à-dire
disparaître pour l’oreille), à partir du moment où l’on stoppe son émission.

Figure 1.13 • Décroissance du niveau sonore dans une salle après arrêt de la source.

La durée de réverbération, notée T, dépend du volume V de la salle et d’une surface appelée « aire
d’absorption de la salle », notée A et définie dans la suite.
Dans une salle vide, T peut être de l’ordre d’une seconde, c’est-à-dire que les rayons sonores auront le
temps de parcourir 340 m avant de s’éteindre. T peut atteindre 2 à 3 s dans un grand volume (hall de gare,
piscine couverte).
La formule de Sabine permet de calculer la durée de réverbération T :

T = 0,16 (V/A)

T est en secondes, V en mètres cubes, A en mètres carrés.


L’aire d’absorption A dépend du facteur d’absorption α des différentes surfaces présentes dans la salle.

1.5.2. Le facteur d’absorption alpha


Le facteur d’absorption alpha, noté α, (souvent appelé « coefficient d’absorption ») traduit la part de
l’énergie sonore qui n’est pas réfléchie par la surface et qui est considérée comme « absorbée » dans le
matériau.
C’est un rapport sans dimension qui varie de 0 pour un réflecteur parfait à 1 pour un absorbant parfait.
(Une valeur de) α = 0,4 signifie que 40 % de l’énergie acoustique a pénétré dans le matériau tandis que
60 % de l’énergie a été réfléchie.
Un matériau absorbant n’est pas un matériau isolant acoustique, il est utile pour corriger la
réverbération dans un local lorsque cela est nécessaire.
Un absorbant parfait (α = 1) laisse pénétrer toute l’énergie qu’il reçoit, sans la réfléchir. C’est le
cas d’une fenêtre ouverte, qui est donc un excellent absorbant mais qui, en revanche, n’isole
absolument pas du bruit.
Pour qu’un matériau soit absorbant, il faut qu’il soit légèrement perméable à l’air (on doit pouvoir
souffler dedans avec un peu d’effort). Pour un absorbant donné, le facteur d’absorption varie beaucoup
avec la fréquence (il est beaucoup plus facile d’absorber les sons aigus que les sons graves). α est
généralement décrit par octave ou tiers d’octave.
On peut exprimer α par une valeur unique qui se réfère à un bruit particulier : le bruit rose, la voix
humaine, le bruit routier.
La normalisation européenne a défini une valeur unique moyenne : l’indice d’absorption acoustique
pondéré αw, dont la valeur est donnée par les fabricants (voir annexe A).
À la fréquence 1 000 Hz, on peut attribuer les valeurs suivantes (citées à titre indicatif) :
Matériau α à l’octave 1 000 Hz
Béton peint 0,02
Plâtre 0,04
Rideau de coton 0,20
Tapis épais 0,40
5 cm de laine minérale dense 0,80

Le règlement de la construction ne prévoit la pose de matériau absorbant dans les habitations que dans les
circulations communes et considère que la durée de réverbération d’une pièce d’habitation
« normalement meublée » est égale à une demi-seconde (0,5 s), tapis, coussins et rideaux jouant le rôle
d’absorbants.
Par contre, il est nécessaire de corriger la durée de réverbération des locaux scolaires, bureaux, cantines,
ateliers, gymnases et salles de spectacle.
A se calcule, pour une fréquence ou un bruit donné, par la somme de toutes les surfaces de la pièce et leur
facteur d’absorption α.

A = S1 α1 + S2 α2 + S3 α3…

A représente la surface qui permet au bruit de s’échapper, l’équivalent de la surface d’une fenêtre
ouverte.

1.5.3. Niveau de pression acoustique dans une salle en fonction du niveau de


puissance acoustique d’une source
Dans une pièce d’habitation, on considère que le niveau de pression acoustique est le même en tout
point, compte tenu du brassage produit par les réflexions multiples.
La différence entre le niveau de puissance acoustique Lw et le niveau de pression acoustique Lp ne
dépend que de A.

Abaque 3 • Différence entre Lp et Lw en fonction de l’aire d’absoption de la salle.

Pour les locaux d’habitation, on considère que la durée de réverbération est égale à 0,5 s à toutes les
fréquences. Dans cette condition, on montre que la différence entre Lp et Lw ne dépend que du volume.
Abaque 4 • Différence entre Lp et Lw en fonction du volume de la salle pour une durée de réverbération de 0,5 s.

On remarque que, pour un petit volume ou une faible valeur de A, le niveau de pression acoustique peut
être supérieur au niveau de puissance de la source.

2 LE SON DANS LA STRUCTURE DU BÂTIMENT
2.1. COMMENT LE SON SE TRANSMET D’UNE PIÈCE À UNE AUTRE, LES
DIFFÉRENTS CHEMINS DE PROPAGATION
2.1.1. La voie aérienne
Le milieu naturel de propagation du son est l’air. Si l’étanchéité à l’air entre deux pièces n’est pas
parfaite, le son va se glisser dans tous les interstices possibles : espace sous une porte, conduit de
ventilation, défaut de joint et porosité d’une cloison. Les sons de fréquence aiguë (donc de petite longueur
d’onde) traversent plus facilement les petits trous que les sons graves. Un point défectueux peut être
décelé en approchant l’oreille.

2.1.2. Les parois


Lorsque l’on exerce une pression sur une paroi, elle fléchit. Certes, il faut exercer une pression
considérable pour que la déformation de la paroi soit visible. Dans tous les cas, elle existe, même pour
une pression aussi faible que la pression acoustique : le déplacement d’un point de la paroi est alors de
quelques millionièmes de millimètre. Les différents points de la paroi oscillent en fonction des
variations de la pression acoustique. La paroi se comporte alors comme la membrane d’un haut-
parleur : ses mouvements mettent en vibration l’air, et c’est ainsi qu’elle transmet l’onde acoustique.

2.1.3. Les transmissions indirectes


Les parois d’un bâtiment sont le plus souvent solidaires entre elles. Lorsqu’une paroi est mise en
vibration, elle transmet ses mouvements à toutes les parois auxquelles elle est attachée. Lorsque le son
passe d’une pièce à une autre, il est véhiculé non seulement par la paroi qui sépare les deux pièces mais
aussi par l’ensemble des autres parois : murs, plafonds, planchers.
La part des transmissions indirectes est très importante : dans le cas d’un bâtiment dont toutes les parois
auraient approximativement la même épaisseur (structure en béton armé, par exemple), on considère que
les deux tiers de l’énergie acoustique transmise proviennent des transmissions indirectes. Dans ce
cas, il serait parfaitement inutile de n’agir que sur la paroi séparative pour améliorer l’isolation
acoustique.
On appelle :
• « transmission directe » ce qui est transmis par la paroi séparative ;
• « transmission indirecte » tout ce qui est transmis par d’autres chemins que celui de la paroi séparative ;
• « transmission latérale » la part des transmissions indirectes rayonnées par les parois latérales (murs,
cloisons, planchers, plafonds situés au pourtour de la paroi séparative).
Figure 2.1 • Différents chemins de propagation du son entre deux locaux.

Figure 2.2 • Mise en vibration de l’ensemble de la structure du bâtiment par un son.


Le son de la trompette, comme tout autre bruit, met en vibration chaque mur de la salle, et cette vibration se transmet à tous les murs
du bâtiment. Les murs en vibration se comportent comme des membranes de haut-parleur et réémettent le bruit dans l’ensemble du
bâtiment.

IMPORTANT
L’appréciation des transmissions indirectes est une difficulté lorsqu’il s’agit d’intervenir pour
améliorer une isolation acoustique. Avant d’entreprendre des travaux, il faut d’abord diagnostiquer
les points faibles, les chemins acoustiques sur lesquels on doit intervenir en priorité.
2.2. PRINCIPES DE L’ISOLATION ACOUSTIQUE
2.2.1. L’étanchéité
L’étanchéité acoustique consiste à empêcher que l’air ne transporte le son d’une pièce à une autre ou de
l’extérieur à travers une façade.
Parois en maçonnerie : le point faible peut être le mortier de liaison entre blocs ou une porosité du
béton de certains blocs creux. L’étanchéité est obtenue par la pose d’un enduit suffisamment épais (de
l’ordre du centimètre) sur les deux faces.
Parois sèches : c’est l’étanchéité entre panneaux qui doit être particulièrement soignée, le matériau de
jonction devant à la fois présenter une masse suffisante et s’adapter aux déformations possibles de la
paroi. La jonction aux parois perpendiculaires est un point particulièrement sensible, car l’angle est un
point de concentration de l’énergie acoustique.
Menuiseries : des joints périphériques sont nécessaires pour assurer l’étanchéité des portes et des
fenêtres. Point délicat : les seuils de porte.
Ventilations et gaines : la transmission du son par les conduits est souvent appelée « effet téléphone »,
car c’est par ce moyen que l’on communiquait autrefois sur les bateaux. Des bouches de ventilation
isolantes, qui font l’objet d’essais en laboratoire, sont nécessaires pour permettre le renouvellement de
l’air sans pénétration d’énergie acoustique.

On a parfois constaté des transmissions par gaines électriques de faible longueur (interrupteurs en
vis-à-vis).

2.2.2. La masse
Si l’on a compris que c’est la pression acoustique qui met une paroi en mouvement de vibration, on
comprend alors aisément que le premier moyen de s’opposer à ce mouvement est la masse de la
paroi.

L’application du principe de la mécanique montre que plus la fréquence de la pression acoustique est
basse plus une masse importante est nécessaire pour atténuer la vibration.

L’accélération γ prise par un point de la paroi sous l’effet de la pression acoustique p répond à
la loi : p = m γ, m étant la masse de l’unité de surface de la paroi.
Pour une pression oscillant à la fréquence f la vitesse v de la paroi peut se déduire (à un
déphasage près) de γ :

v = γ / 2π f

Plus la fréquence est faible, plus v est grand. La pression acoustique transmise est
proportionnelle à v.
ATTENTION

Un matériau acoustiquement isolant est un matériau lourd et étanche à l’air.

2.2.3. La désolidarisation
Lorsqu’une paroi est mise en vibration, son mouvement est transmis à toutes celles qui lui sont rigidement
attachées. C’est ce que nous avons appelé « transmission latérale ». Cette transmission se fait en fonction
des masses des parois : une paroi légère met difficilement en mouvement une paroi lourde tandis que
l’inverse se fait aisément. Plus la surface de paroi mise en vibration, et donc rayonnant de l’énergie
acoustique, est grande, plus la pression acoustique transmise sera élevée.
Désolidariser une paroi d’une autre, c’est réaliser une coupure, qui permet ainsi d’éviter tout contact
rigide entre les deux parois. Les parois légères doivent être désolidarisées des parois lourdes. Un coup
de scie peut être le moyen de résoudre un problème acoustique.

Figure 2.3 • Les trois acteurs de l’isolation acoustique.

La désolidarisation peut se faire en réalisant la coupure dans l’épaisseur de la paroi ; c’est le cas
lorsqu’un joint de dilatation vertical sépare les murs de deux logements mitoyens.
Figure 2.4 • Logements séparés par un joint de dilatation.

C’est le cas de ce que l’on appelle une « double paroi ». Mais attention : les doubles parois sont
affectées par des phénomènes de résonance dont il faut tenir compte.
La désolidarisation peut être réalisée en trois dimensions. C’est la technique de la boîte dans la boîte
utilisée pour les studios d’enregistrement, ou des immeubles à tiroirs où les appartements sont conçus
comme des tiroirs détachés de la structure par un système de suspension.

Figure 2.5 • « La boîte dans la boîte » pour une forte isolation.

OBSERVATION
Le son ne se propage pas dans le vide (absence complète d’air), et on pourrait penser que faire le
vide entre deux éléments est un moyen parfait pour réaliser leur désolidarisation.
Malheureusement, le vide parfait n’est pas réalisable. Il existe toujours des forces moléculaires
pour relier les deux éléments.
2.3. RÉSONANCE MÉCANIQUE
2.3.1. Fréquence critique
Lorsque l’on pousse une balançoire, on doit s’adapter à son mouvement naturel d’oscillation pour obtenir
un grand débattement.
Lorsqu’une paroi est frappée par une onde acoustique, elle se plisse en fonction de la pression et forme
ce que l’on appelle des « ondes de flexion » qui se propagent à une certaine vitesse, comme le font les
vagues à la surface de l’eau. La vitesse des ondes de flexion dépend des caractéristiques mécaniques de
la paroi (son épaisseur, son poids, son élasticité) et croît lorsque la fréquence de l’onde sonore croît.
Lorsque cette vitesse est égale ou voisine de la vitesse du son, l’onde sonore peut accompagner les ondes
de flexion et amplifier leur mouvement. C’est ce que l’on appelle la « fréquence critique de la paroi ».

Figure 2.6 • Déformation (exagérée) d’une paroi sous l’effet des ondes de flexion.

À cette fréquence, la paroi présente une faiblesse au niveau de l’isolement, d’autant plus marquée que la
paroi est monolithe et peu amortie. Dans la pratique, on préfère les parois dont la fréquence critique se
situe dans une zone peu sensible à l’oreille et on prend des dispositions particulières pour palier les
faiblesses des autres. On choisit soit une fréquence critique basse, soit une fréquence critique élevée
(aiguë).
– Choix d’une fréquence critique basse (dans les graves) : pour les parois très rigides, il s’agit le plus
souvent de parois lourdes (plus de 200 kg/m² pour le béton).
On considère qu’une paroi est suffisamment rigide pour que sa fréquence critique se situe en basse
fréquence si elle fléchit, par l’effet de son poids, de moins d’un dixième de millimètre quand on la
pose entre deux appuis distants de 2 m.
– Choix d’une fréquence critique élevée (dans les aigus) : il s’agit de parois souples qui présentent une
flèche de plus de 50 mm dans le cadre du test précédent. Ce sont, le plus souvent, des parois légères
(moins de 50 kg/m²).

Figure 2.7 • Test de flexion d’une paroi entre deux appuis.

L’isolation acoustique fait appel soit à des parois simples lourdes et rigides, fonctionnant à des
fréquences supérieures à leur fréquence critique, soit à des systèmes de parois légères multiples
désolidarisées les unes des autres, soit à des parois mi-lourdes doublées par des parois légères
fonctionnant en dessous de leur fréquence critique.

2.3.2. Résonance de système masse-ressort


Lorsque l’on pose une masse sur un ressort, elle a tendance à osciller. La fréquence naturelle de cette
oscillation est la fréquence de résonance du système.

Figure 2.8 • Le système masse-ressort.

OBSERVATION
Dans le cas idéal d’un ressort à élasticité constante, la fréquence de résonance dépend simplement
de l’écrasement du ressort sous le poids de la masse.
Elle est de :
– 50 Hz pour un écrasement de 0,1 mm ;
– 16 Hz pour un écrasement de 1 mm ;
– 5 Hz pour un écrasement de 10 mm.
Ces valeurs permettent d’apprécier un ordre de grandeur dans les cas réels.
Le système masse-ressort constitue une suspension (telle que celles qui sont utilisées dans les
automobiles). Le ressort limite la transmission des vibrations entre la masse et son support lorsque la
fréquence est bien supérieure à la fréquence de résonance. Plus la fréquence est supérieure à la
résonance, plus la coupure réalisée par le ressort est importante. La suspension est un moyen de
désolidariser les structures entre elles.
La recette est simple puisqu’il suffit que l’élément ressort puisse légèrement s’écraser sous l’effet de la
masse que l’on veut isoler.
À la résonance, les mouvements pris par la masse deviennent importants, et si on doit les freiner, on fait
appel à un amortisseur. L’amortisseur « durcit la suspension » et réduit son efficacité.

Figure 2.9 • Système masse-ressort et amortisseur.

Le graphique suivant montre l’effet de résonance et le filtrage des fréquences supérieures, suivant
l’efficacité de l’amortisseur :
Figure 2.10 • Effet de l’amortissement sur l’efficacité de la suspension.
La suspension ne commence à être efficace (réponse inférieure à 1) qu’à une fréquence 1,5 fois supérieure à la fréquence de
résonance.

Aux fréquences bien inférieures à la fréquence de résonance, le ressort se comporte comme un élément
rigide qui transmet intégralement la vibration entre la masse et son support.
Les matériaux sont élastiques, et s’ils se comportent comme des masses, ils peuvent aussi se comporter
comme des ressorts.

2.3.3. Résonance d’une double paroi


Une double paroi est une paroi dans laquelle on a réalisé une coupure dans l’épaisseur pour éviter la
transmission de la vibration sonore entre ses deux faces.

Figure 2.11 • Une double paroi entre chambre (ou cloison double).

Dans la réalité, l’indépendance totale entre les deux parois est impossible à réaliser.
En l’absence de tout matériau liant les deux parties de la paroi, c’est la masse d’air située entre elles qui
fera office de ressort.
S’il existe un élément de liaison entre les parois, il doit faire office de ressort.
La double paroi peut être assimilée à un système de deux masses séparées par un ressort :
Figure 2.12 • Deux masses reliées par un ressort.

OBSERVATION
La fréquence de résonance de ce système peut être estimée, comme précédemment, par
l’écrasement du ressort, s’il est soumis au poids de la plus légère des deux masses.
Si les deux parois ont la même masse, il faut que l’écrasement soit le double de celui qui serait dû à
une simple masse pour obtenir la même fréquence de résonance. Soit :
– 50 Hz pour un écrasement de 0,2 mm
– 16 Hz pour un écrasement de 2 mm
– 5 Hz pour un écrasement de 20 mm
Si la masse de la seconde paroi est plus de dix fois supérieure à celle de la première, la paroi la plus
légère se comporte comme une simple masse sur un ressort, et sa fréquence de résonance est
indépendante de la paroi la plus lourde. C’est le cas des parois de doublage légères.

2.3.4. Effet de la lame d’air


Lorsque les deux parois sont séparées seulement par une lame d’air, la fréquence de résonance décroît en
fonction de l’épaisseur de cette lame.
Dans le cas de deux parois de masses égales, et pour obtenir une fréquence de résonance de 60 Hz, on
devrait séparer les parois de :
45 cm si elles pèsent chacune 10 kg/m²
30 cm 15 kg/m²
20 cm 23 kg/m²
15 cm 30 kg/m²
5 cm 90 kg/m²

Pour abaisser à 30 Hz cette fréquence de résonance, il faut multiplier par quatre la distance entre parois.
Pour l’élever à 120 Hz, ce qui reste un compromis entre encombrement et efficacité, on peut diviser par
quatre les distances données ci-dessus.

OBSERVATION
Si une des parois pèse au moins dix fois plus que la seconde, on ne retient que le poids de la plus
légère et on peut diviser par deux l’épaisseur de la lame d’air.
Aux fréquences très supérieures à la fréquence de résonance, les deux parois peuvent être considérées
comme « désolidarisées ».
En dessous de cette fréquence, tout se passe comme si les deux parois étaient soudées l’une à l’autre.
Par exemple, deux vitrages séparés par une lame d’air de l’ordre du millimètre (vitrage thermique) se
comportent, aux fréquences acoustiques utiles, comme s’ils étaient soudés l’un à l’autre.

2.3.5. Amortissement
Une masse d’air emprisonnée entre deux parois est, dans la réalité, un ressort complexe qui produit des
résonances secondaires à des fréquences supérieures à la fréquence de résonance principale. L’effet de
ces résonances doit être réduit par un système amortisseur.
Pour cela on place, dans l’espace entre les deux parois, un matériau destiné à freiner les oscillations de
l’air. On utilise des matériaux à base de fibres (laines minérales ou autres fibres) ou des mousses à
cellules ouvertes. L’air doit pouvoir circuler aisément dans le matériau tout en perdant de la vitesse
vibratoire. Un effet complémentaire et particulièrement bénéfique de ces matériaux est d’abaisser la
fréquence de résonance, ce qui peut permettre de diminuer la distance entre parois.

ATTENTION

Le matériau amortisseur ne doit pas mettre en contact les deux parois (ne pas bourrer), car
dans ce cas ce serait le matériau lui-même, et non l’air, qui servirait de ressort.

Figure 2.13 • Les deux parois sont isolées de la structure du bâtiment par un matériau élastique et le vide d’air amorti par un matériau
absorbant.
2.4. DÉFINITION DE L’ISOLEMENT ACOUSTIQUE
2.4.1. Isolement brut entre locaux
L’isolement brut entre locaux, noté D, est la différence entre le niveau de pression acoustique Lp(e) émis
dans un local appelé « local d’émission » et le niveau de pression acoustique Lp(r) dans le « local de
réception ». Il est exprimé en dB.

D = Lp(e) - Lp(r)

Le contrôle de l’isolement acoustique est réalisé pour les six octaves, de 125 à 4 000 Hz, pour un bruit
rose à l’émission.
Par exemple, pour l’octave 500 Hz : D500 = Lp500(e) - Lp500(r).

Figure 2.14 • Mesure de l'isolement entre deux locaux.

2.4.2. Isolement brut pondéré entre locaux


L’isolement pondéré, représenté par une seule valeur en dB, est la différence entre les niveaux en dB(A) à
l’émission et à la réception lorsque le niveau à l’émission est un bruit rose. Le mot pondéré signifie que
les bruits à l’émission et à la réception ont subi la pondération (A) (voir annexe C).

DA = LpA(e) - LpA(r)

Il est calculé à partir de la mesure par octave car, pratiquement, il est difficile d’émettre un bruit
parfaitement rose dans toutes les octaves à la fois.

2.4.3. Isolement standardisé pondéré entre locaux


Ce qui est transmis par les parois dans le local de réception, c’est une puissance acoustique. Donc, le
niveau de pression acoustique dans cette pièce dépend à la fois de son volume et de sa durée de
réverbération. La durée de réverbération varie en fonction de l’ameublement, et le contrôle acoustique est
réalisé le plus souvent dans le local vide.
La réglementation acoustique suppose que la durée de réverbération T de la pièce de réception est égale
à 0,5 s dans toutes les octaves (durée standardisée). Il est donc nécessaire de mesurer la durée de
réverbération dans chaque octave et de corriger les valeurs de Lp(r) pour les ramener à une durée de
réverbération de 0,5 s.
DnT,A = LpA(e) - LpA(r) + C(T/0,5)

Cet isolement, DnT,A, s’exprime en dB, C(T/0,5) est la correction de réverbération. Dans la pratique du
contrôle des isolements, on ne réalise cette correction que si la valeur de l’isolement brut pondéré met en
doute la conformité. Comme précédemment, DnT,A est calculé à partir de l’isolement brut par octave. La
correction C(T/0,5) à apporter aux valeurs de Lp(r) par octave, en fonction de la durée de réverbération,
est donnée par le graphique suivant.

Abaque 5 • Correction du niveau de pression acoustique dans le local de réception en fonction de la durée de réverbération.
2.5. LES BRUITS DE CHOC ET LES BRUITS SOLIDIENS
L’indice d’affaiblissement acoustique d’une paroi s’applique aussi bien aux planchers qu’aux murs et
exprime leur résistance à la transmission des bruits dits « aériens », car ils prennent naissance dans l’air,
à l’intérieur ou à l’extérieur du bâtiment. Il existe des bruits qui prennent directement naissance dans la
structure du bâtiment et sont appelés bruits « solidiens ».
Ils sont engendrés soit par les vibrations causées par un équipement solidaire de la structure, que l’on
doit piéger à la source, soit par des chocs réguliers ou accidentels sur la structure.
Pour les murs et les cloisons, le principal choc non accidentel est le claquement de porte, que l’on peut
résoudre en agissant sur la porte elle-même (avec des joints), et ne concerne pas les règles de
construction.

Figure 2.15 • Propagation de chocs sur un plancher. L’écoute de la télévision est perturbée, et bébé est réveillé par le bruit rayonné par les
murs.

Par contre, les planchers régulièrement soumis aux chocs dus à la marche des personnes et au
déplacement de meubles (pieds de chaise…) doivent être conçus pour palier ce problème.
Comme les bruits, les chocs mettent en vibration les parois qui se comportent comme des membranes de
haut parleur. Les chocs provoqués par des éléments durs sur une surface dure peuvent provoquer des
mouvements vibratoires importants (talons aiguille sur un carrelage, par exemple). La force exercée sur
la paroi est nettement plus élevée que celle produite par la pression acoustique. Cependant les vibrations
ne se situent pas intégralement aux fréquences audibles.
Dans les structures continues telles que le béton armé ou les ossatures de métal ou de bois, ces vibrations
se propagent à distance et peuvent affecter verticalement et horizontalement des pièces non contiguës. La
solution se trouve dans deux actions :
– Action à la source : on amortit le choc par un revêtement élastique placé au point d’impact.
– Désolidarisation : on interpose un matériau élastique entre la surface qui reçoit l’impact et la structure
du bâtiment.
Si la source de mise en vibration de la paroi est différente du cas des bruits aériens, en revanche la
propagation du bruit dans les parois et son émission par leur surface sont semblables.
2.6. DIFFÉRENCE ENTRE ISOLATION ACOUSTIQUE ET ISOLATION
THERMIQUE
L’isolant acoustique, c’est la masse. Les matériaux lourds sont le plus souvent conducteurs de la chaleur
et sources d’inertie thermique. Un isolant acoustique n’est pas forcément un isolant thermique,
l’isolation acoustique peut favoriser l’inertie thermique des bâtiments.
L’isolant thermique, c’est l’air, à condition d’empêcher les mouvements de convection en l’emprisonnant
dans des petits espaces et des matériaux alvéolaires. L’air est le conducteur du son. Un isolant thermique
n’est pas forcément un isolant acoustique.
Il existe une confusion due au fait que certains mêmes produits sont utilisés pour les deux types
d’isolations : ils ont cependant des fonctions très différentes.
Si pour la thermique la mousse est un isolant, pour l’acoustique, c’est un ressort qui, selon la résonance
qu’il produit, peut avoir un effet positif ou négatif.
Une plus grande convergence peut être trouvée pour les laines puisque, en thermique, il s’agit de freiner
les mouvements de convection de l’air et en acoustique de freiner ses oscillations. Une laine, en
acoustique, n’est pas un isolant mais un amortisseur.
Un double vitrage a des qualités thermiques grâce à sa lame d’air. En acoustique, ce qui fait sa qualité,
c’est la masse supplémentaire apportée par le second vitrage, la lame d’air ayant plutôt un effet
défavorable.
L’étanchéité reste une qualité qui satisfait les deux domaines.
Les produits isolants à la fois en acoustique et en thermique sont des compromis. Par exemple, dans le
cas d’une fenêtre, l’acoustique conduit à renforcer le poids des châssis au détriment de la qualité
thermique. Le label Acotherm atteste de leur double qualité.

3 LES MATÉRIAUX ACOUSTIQUES ET LEUR
QUALIFICATION
3.1. LES ISOLANTS : QUALIFICATION ACOUSTIQUE DES PAROIS
Tout matériau peut être considéré comme un isolant acoustique à partir du moment où il ne laisse pas
passer l’air car, ce qui compte, c’est la masse (pour une paroi, son poids par mètre carré).
À masse égale, on peut cependant légèrement préférer :
– dans le cas des parois lourdes (fonctionnant au-dessus de leur fréquence critique) : les parois les plus
épaisses et les plus amorties (celles qui sonnent peu en présence d’un choc) ;
– dans le cas des parois légères (fonctionnant en dessous de leur fréquence critique) : les parois les plus
faciles à désolidariser (en particulier les moins rigides).
La qualification acoustique des produits fait l’objet de normes européennes qui répondent généralement à
des recommandations internationales et fixent une nomenclature et des méthodes d’essai et d’évaluation
qui conduisent à des certifications et des marquages.

3.1.1. L’indice d’affaiblissement acoustique d’une paroi


C’est la différence entre le niveau de puissance acoustique Lw(e) émis sur une des faces de la paroi et le
niveau de puissance acoustique Lw(r) rayonnée par l’autre face de la paroi. Elle est notée par la lettre R
et exprimée en dB.

R = Lw (e) - Lw (r)

En laboratoire, R est mesuré finement par tiers d’octave.


À partir de ces valeurs est calculé un indice unique appelé « indice d’affaiblissement acoustique
pondéré ».
L’indice européen s’écrit Rw, il est accompagné de deux correctifs :
– C qui permet de calculer RA : indice d’affaiblissement pour un bruit rose pondéré (A) ;
– Ctr qui permet de calculer RA,tr : indice d’affaiblissement pour un bruit routier pondéré (A).
RA, qui est exprimé en dB, est l’indice utilisé pour les isolements entre logements.
RA,tr, lui aussi exprimé en dB, est utilisé pour les isolements de façade. Un bruit de trafic routier type a
été normalisé. Il est plus riche en fréquences graves que le bruit rose. S’il est très inférieur à RA, cela veut
dire que la paroi est peu performante aux basses fréquences.

Pour réaliser une isolation acoustique, il faut connaître les performances des parois que l’on va
utiliser. Pour cela une méthode d’évaluation en laboratoire a été développée et adoptée au niveau
international. Les performances des produits traditionnels sont aujourd’hui bien connues et les
industriels fournissent les résultats d’essai de leurs produits.
Figure 3.1 • Laboratoire d’essais.

L’indice d’affaiblissement acoustique R est calculé à partir d’une mesure d’isolement réalisée en
fonction de la fréquence dans un laboratoire conçu pour éliminer toute transmission indirecte.
3.2. LA QUALIFICATION DES PLANCHERS ET DES REVÊTEMENTS DE SOL
AU BRUIT DE CHOC
Les chocs produits sur les planchers sont extrêmement variables, mais connus statistiquement.
Pour tester les planchers au bruit de choc, une machine particulièrement bruyante a été normalisée au
niveau international (chute régulière sur le sol de petits marteaux de 200 g). La norme définit la manière
de calculer une valeur unique représentative de la sonorité d’un plancher. Cette valeur s’appelle « niveau
de pression pondéré du bruit de choc normalisé » ou « niveau de bruit de choc du plancher nu ».
Son symbole est Ln,w.
Ln,w est calculée à partir des résultats de la mesure en laboratoire du bruit de la machine à choc sur le
plancher, en fonction de la fréquence.
La différence entre le niveau du plancher nu et l’objectif est l’amélioration ∆Lw que l’on doit obtenir
grâce au choix du revêtement de sol.
∆Lw, appelé « indice de réduction du niveau de bruit de choc pondéré », est l’indice de qualification
acoustique des revêtements de sol. Il est mesuré en laboratoire sur un plancher de référence.
Dans certains cas, la protection vis-à-vis des bruits de choc peut être complétée par un doublage du
plafond. Les éléments de doublage sont qualifiés à cet effet par l’indice ∆Ld,w.
3.3. LES ABSORBANTS
Ils servent à corriger la durée de réverbération et ont été définis dans le paragraphe 1.5.2. Ils peuvent être
choisis en fonction de la valeur de leur facteur α dans les différentes bandes de fréquence.
L’indice d’absorption acoustique pondéré αw, défini au niveau européen, facilite la comparaison entre
matériaux. Sa valeur est appréciée en comparant la variation de α en fonction de la fréquence à une
courbe gabarit. C’est cette valeur qui sert de référence pour le traitement acoustique des halls, cages
d’escalier et autres parties communes des immeubles d’habitation.
Dans les cas particuliers (traitement d’un atelier, par exemple, voir chapitre 8), on choisira le matériau
pour ses performances selon que le problème se situe aux fréquences aiguës ou graves. Pour être optimum
à une fréquence donnée, le matériau doit être présent à une distance supérieure à un huitième de longueur
d’onde de la paroi, l’efficacité maximale étant pour un quart de longueur d’onde. Pour certains matériaux,
le fabricant impose un vide d’air entre le matériau et la paroi qu’il est important de respecter.
Lorsque l’on s’informe sur la valeur de α d’un matériau, il faut connaître à quelle distance d’une paroi il
a été soumis aux essais.

Abaque 6 • Distance minimale souhaitée entre la paroi et la surface de l’absorbant pour une bonne efficacité aux différentes fréquences.

Un élément perforé (une tôle, par exemple) placé devant un matériau absorbant peut, s’il a été prévu pour
cela, améliorer son efficacité. Pour éviter un risque de condensation dans le matériau, on peut le protéger
avec un film étanche, à condition qu’il soit extrêmement fin et léger et qu’il puisse vibrer librement sans
être collé au matériau. On constatera une légère perte d’efficacité aux fréquences aiguës. Il existe des
produits adaptés aux atmosphères humides, en particulier celles des piscines couvertes.
Pour les fréquences graves, il existe des systèmes absorbants complexes qui permettent un gain
d’épaisseur et fonctionnent sur le principe de résonateurs amortis.
Figure 3.2 • Système absorbant résonateur fente : a) coupe ; b) vue perspective.

Les principaux matériaux utilisés dans les systèmes absorbants sont :


– les laines, dont les laines minérales et certaines laines végétales ou animales, qui peuvent différer par
leur densité, le type de fibre et leur organisation (ou cardage) et la présence d’un liant stabilisateur ;

Figure 3.3 • Laine.

– les mousses à cellules ouvertes qui diffèrent par leur densité et la dimension moyenne des cellules
(calibrées ou aléatoires) ;

Figure 3.4 • Mousse à cellules ouvertes.

– des fibres ou copeaux d’origine végétale liés par un ciment minéral ou organique ;
– des agglomérats de grains ou granulats de diverses origines liés par une colle ou un ciment et formant
une structure poreuse ;
– des grains de minéraux expansés en vrac (argile expansée, silice expansée…) ;
– des systèmes composites associant matériaux absorbants et résonateurs.
Pour être efficaces, ces matériaux doivent avoir une densité minimale de 20 kg/m3. On rencontre des
masses de l’ordre de 400 kg/m3 ou plus dans des matériaux performants.
Les matériaux absorbants entrent dans la fabrication de silencieux associés aux équipements. Ils sont
nécessaires dans les bureaux, ateliers, cantines scolaires, gymnases et grands halls publics. Ils sont
soumis à des contraintes de résistance aux incendies.
Ils peuvent contribuer à l’isolement aux fréquences moyennes et aiguës grâce à une légère perte d’énergie
acoustique dans leur épaisseur, qui dépend de leur densité (perte de 1 à 2 dB par centimètre d’épaisseur à
1 000 Hz), ce qui reste insuffisant pour les considérer comme des isolants acoustiques.
3.4. AUTRES MATÉRIAUX
3.4.1. Les ressorts et matelas élastiques
Si le ressort traditionnel est généralement réservé à la suspension des machines, il existe des accessoires
souples destinés à la pose d’éléments tels que des contre-cloisons et des poteaux souples conçus pour la
réalisation de doubles cloisons.

ATTENTION

Respecter les règles d’écartement entre poteaux préconisées par le fabricant ; rapprocher les
poteaux fait perdre de l’efficacité.

Figure 3.5 • Deux cloisons liées par des poteaux élastiques.

Les mousses et les fibres peuvent former un matelas élastique servant de lien entre éléments. Il reste
difficile de concilier la souplesse nécessaire et la résistance mécanique.

Figure 3.6 • Deux cloisons liées par une mousse.

S’il est préférable d’utiliser des mousses à cellules ouvertes, qui sont plus amorties, les mousses souples
à cellules fermées ont des qualités élastiques associées à des qualités d’isolant thermique. Les doublages
thermiques font le plus souvent appel à des mousses rigides qui, revêtues d’une paroi légère, produisent
une résonance néfaste à l’isolation acoustique. Des produits « élastifiés » ont été développés pour pallier
cet inconvénient.

3.4.2. Les amortisseurs


Lorsqu’il s’agit d’amortir les mouvements de l’air, les matériaux absorbants tels que les mousses à
cellules ouvertes et les laines sont bien adaptés. On fait appel à de plus faibles densités que dans le cas
d’une correction acoustique : un fort amortissement n’est ni nécessaire ni souhaité. Cette application est
ouverte à un large éventail de matériaux issus de « biosources » et utilisés comme isolants thermiques.
Dans le cas des doublages et des doubles cloisons, la résistance à l’air de ces matériaux permet
d’abaisser la fréquence de résonance et de réduire l’épaisseur totale de la paroi.
Les ondes de flexion d’une simple paroi peuvent être amorties en la doublant par un matériau
viscoélastique. Attention, ce matériau doit avoir une épaisseur et une rigidité suffisante pour offrir une
résistance aux mouvements de la paroi : on n’amortit pas un mur de béton comme on amortit la tôle d’une
automobile. Les vitrages de type « feuilleté acoustique » sont amortis par une lame plastique.
3.4.3. Les fixations élastiques
Si la rondelle en caoutchouc est l’accessoire traditionnel, il existe de nombreux systèmes (voir chapitre
6). Attention, des réglages par tâtonnement sont le plus souvent nécessaires, car on crée facilement une
résonance en croyant désolidariser.
Compte tenu de la faible amplitude des mouvements de vibration acoustique, le jeu nécessaire est très
faible. Un clou n’est pas considéré comme une fixation rigide et il peut suffire de desserrer des vis d’un
quart de tour pour améliorer le comportement acoustique d’un élément de paroi.

3.4.4. Les joints d’étanchéité


Ils doivent être suffisamment souples pour s’adapter aux mouvements et déformation de l’élément sans
perte d’étanchéité et suffisamment denses pour ne pas produire un point faible au niveau de l’isolement
acoustique.

3.4.5. Classement ESA des composants industrialisés


Pour faciliter le choix des éléments et des systèmes de construction dans le cadre de l’application de la
réglementation française et dans le cadre des « Exemples de solutions acoustiques » publiés par
l’administration (voir chapitre 10), un système de classement a été développé en fonction des
performances acoustiques. Les classes de performance sont en ordre croissant :

ESA 1, ESA 2, ESA 3, ESA 4, ESA 5, ESA 6.

ESA 4 correspond à la performance minimale pour les logements neufs.


Il existe d’autres systèmes de classement associés au marquage des produits dans le cadre des normes
européennes.

LES MATÉRIAUX D’ORIGINE AGRICOLE « BIOSOURCES »


Il existe une demande d’utilisation, en vue de l’isolation acoustique, de matériaux issus de
l’agriculture et de l’élevage, et l’on commence à disposer de résultats d’essai pour ce type de
matériaux, et l’utilisateur ne navigue plus en terre inconnue.
Il existe, par exemple, des rapports d’essai acoustique pour la ouate de cellulose, la laine de
chanvre, la laine de coton (métisse), la plume de canard. Par contre, leurs propriétés en
complexe de doublage ne sont généralement pas disponibles.
On trouve des évaluations techniques au niveau des performances thermiques de certains
matériaux, et des essais comparatifs ont montré que les laines végétales ou animales peuvent
avoir la même efficacité que des laines minérales.
Il est des matériaux dont l’utilisation fait l’objet d’une tradition et pour lesquels il existe une
expérience :
En premier lieu, la correction de la réverbération dans les logements est entièrement assurée
par les éléments d’ameublement tels que tapis, coussins, rideaux et tentures, qui peuvent être
d’excellents absorbants s’ils répondent aux critères de perméabilité à l’air et d’épaisseur.
Les tapis de laine ou de sisal ne sont absorbants qu’aux fréquences aiguës en raison de leur
manque d’épaisseur. Par contre, ils se comportent comme d’excellents matelas élastiques
naturellement amortis.
Le liège est le plus ancien matériau élastique utilisé comme ressort pour les socles de machine
ou autre coupure dans les structures. En revanche, ce n’est ni un isolant ni un absorbant
acoustique, et le coller sur un mur dans ce seul but est parfaitement inutile.
Les pailles, les laines animales et végétales peuvent constituer d’excellents absorbants à
condition d’avoir subi une transformation leur apportant la qualité physique nécessaire.
Peuvent-elles être, pour autant, placées à l’intérieur d’une double paroi ? Il faut pouvoir
s’assurer de leur durabilité (risque de tassement en particulier).
Une part importante de ces matériaux reste combustible malgré l’adjonction de retardateurs
de feu, ce qui limite leur utilisation.

4 L’ESTIMATION DE L’ISOLEMENT ENTRE DEUX LOCAUX
ET DU NIVEAU DE BRUIT DE CHOC

AVERTISSEMENT
L’estimation précise d’un isolement nécessite la prise en compte de chaque chemin acoustique.
L’évaluation des transmissions indirectes fait appel à un calcul ardu défini par une norme
européenne et est l’objet, par exemple, du logiciel Acoubat. On se limitera au calcul des
transmissions directes et à une estimation forfaitaire des transmissions indirectes.
4.1. ISOLEMENT STANDARDISÉ DÛ À LA SEULE PAROI SÉPARATIVE
L’isolement DnT,A d’une paroi séparative dépend de son indice RA et du rapport V/S, S étant la surface de
la paroi (plus elle est grande, plus elle rayonne de l’énergie) et V le volume du local de réception (sa
durée de réverbération est standardisée à une demi-seconde).
V/S correspond à la profondeur de la pièce si celle-ci forme un parallélépipède et si la paroi occupe tout
un de ses côtés, ou bien à la hauteur de la pièce si on s’intéresse à l’isolement d’un plancher. V est
exprimé en mètres cubes (m3), S en mètres carrés (m2), V/S en mètres (m).

DnT,A = RA + Correction (V/S)

Abaque 7 • Valeur à ajouter à RA pour obtenir DnT,A.

OBSERVATION
Si la salle est rectangulaire et que sa profondeur est de 3 m, l’isolement est égal à RA. Dans la
pratique, DnT,A est peu différent de RA.
Pour une salle de 2,5 m de hauteur, l’isolement du plancher (ou du plafond) est inférieur de 1 dB à
RA.
4.2. COMPOSITION DES ISOLEMENTS PARTIELS
Si la paroi est composée de plusieurs parties différentes, l’isolement partiel est estimé pour chaque
surface homogène et l’isolement total résulte d’une composition de ces isolements. On procède comme
pour l’addition de valeurs en décibels en utilisant une courbe semblable, la différence étant que la valeur
donnée par la courbe est à retrancher du plus petit isolement.

Abaque 8 • Cumul de deux isolements partiels.

Exemple :
Deux locaux sont séparés par une cloison de 10 m2 percée d’une porte de 2 m2.
Le volume du local de réception est de 40 m3.
Les parois latérales sont lourdes.

Figure 4.1 • Deux locaux séparés par une cloison percée d’une porte.
L’indice RA de la paroi (cloison en briques plâtrières) est de 34 dB.
Celui de la porte (porte pleine en bois, étanchéité du seuil par demi-jonc écrasé) est de 22 dB.
Cloison : V/S = 40/8 = 5, correction 2 Dn = 34 +2 = 36
Porte : V/S = 40/2 = 20, correction 8 Dn = 22 + 8 = 30
La différence entre les deux isolements est de 6 dB, la valeur à retirer du plus petit est de 1 dB.
L’isolement total est donc DnT,A = 29 dB.
Remarque : dans ce cas, il serait inutile de choisir une cloison plus performante sans agir sur la
porte.
4.3. ESTIMATION DES TRANSMISSIONS INDIRECTES
Trois cas sont à considérer, avec la possibilité d’estimer des situations intermédiaires.
– 1er cas : la paroi séparative est plus légère et son indice d’affaiblissement acoustique largement plus
faible que celui des parois latérales : on néglige les transmissions indirectes (on peut aussi les négliger
en cas de coupure, tel un joint de dilatation).
– 2e cas : la paroi séparative et les parois latérales sont de natures semblables : on retire 5 dB à
l’isolement de la paroi pour tenir compte des transmissions indirectes.
– 3e cas : la paroi séparative a un indice d’affaiblissement beaucoup plus élevé que les parois latérales :
on lui affecte l’indice d’affaiblissement des parois latérales et on retire 5 dB, comme
précédemment.
4.4. ESTIMATION DU NIVEAU DE BRUIT DE CHOC
La valeur Ln,w du plancher permet de prévoir LnT,w qui est le niveau du bruit de choc dans la pièce de
réception pour le plancher nu (plus précisément appelé « niveau de pression pondéré du bruit de choc
normalisé »), grâce à trois corrections :
– la première dépend du volume de la pièce ; elle est nulle pour une pièce de 30 m3 ;
– la deuxième dépend des transmissions indirectes (présence de cloisons en maçonnerie légère), varie
typiquement entre 0 et + 3 dB et fait l’objet de calculs complexes ;
– la troisième dépend de la position du local de réception par rapport au local d’émission. Elle est nulle
pour la pièce située juste en dessous de l’émission qui est la plus exposée.
Le graphique page suivante donne la correction totale à adopter dans les cas les plus courants.
Le niveau de réception plancher nu ainsi obtenu peut être comparé au seuil réglementaire pour un
logement neuf, ou à un objectif approché en cas de réhabilitation.

Abaque 9 • Valeur à ajouter au niveau de bruit de choc Ln,w d’un plancher pour connaître le niveau de bruit de choc dans une pièce située
sous le plancher, dans des conditions moyennes de transmission indirecte.
LA RECHERCHE DE SOLUTIONS POUR AMÉLIORER LA
QUALITÉ ACOUSTIQUE D’UN BÂTIMENT ET LEUR MISE EN
ŒUVRE

5 LA CONCEPTION DES MURS ET DES AUTRES PAROIS
5.1. CHOISIR UNE PAROI AU MOYEN DE SA QUALIFICATION
ACOUSTIQUE
5.1.1. Critères de choix
Le choix de la paroi répond à la fois à un objectif d’isolement acoustique et à un contexte constructif. Les
objectifs réglementaires font l’objet du paragraphe 5.3. Ils ne concernent que les logements neufs. En
réhabilitation, il est bon de s’en rapprocher. Par contre, il est inutile de chercher des performances
démesurées par rapport à celles des parois latérales en l’absence d’action pour les améliorer. Une paroi
doit être considérée comme une partie d’un tout qui conditionne les performances acoustiques.
Les constructeurs de parois industrialisées doivent mettre à la disposition des acheteurs les résultats
d’essai de leurs produits.

5.1.2. La feuille de résultats d’essais type (fournie par le fabricant)

Figure 5.1 • Feuille de résultats d’essais (Copyright © 2000 CSTB Acoubat V2.1).

La Figure 5.1 représente une feuille de résultats normalisée qui contient une description précise de la
paroi. Elle est accompagnée d’un croquis exact si nécessaire.
Dans le cas présent, il s’agit de moyennes de résultats de mesures issus de différents essais pour un mur
en blocs de béton pleins de 10 cm d’épaisseur (base de données Acoubat).
On remarque la progression de R en fonction de la fréquence : environ 6 dB par octave. Les deux indices
s’écartent de 4 dB.
Par comparaison, la Figure 5.2 présente la feuille de résultats dans le cas d’un mur en blocs creux de
béton enduits sur une seule face, de 10 cm d’épaisseur.

Figure 5.2 • Feuille de résultats d’essais (Copyright © 2000 CSTB Acoubat V2.1).

La valeur de RA est inférieure de 7 dB à la précédente et la variation en fonction de la fréquence est


différente : seulement 4 dB par doublement de fréquence. Le manque de performances aux fréquences
aiguës est dû aux résonances des alvéoles des blocs de béton et à la porosité liée au fait que la seconde
face n’est pas enduite.
5.2. CHOISIR UNE PAROI EN FONCTION DE SA NATURE, SA MASSE, SON
ÉPAISSEUR
Valeurs de RA et RA,tr pour des parois traditionnelles

5.2.1. Murs en maçonnerie lourde


L’affaiblissement acoustique dépend essentiellement de la masse de la paroi.

Murs en maçonnerie

(Documentation Acoubat)
Le graphique suivant montre la variation de RA en fonction de la masse pour ces différentes parois.
On remarque sa croissance progressive un peu plus importante pour les maçonneries en blocs
discontinus (14 dB par doublement de la masse) que pour le béton armé. Tous ces matériaux
fonctionnent à des fréquences supérieures à leur fréquence critique.

Figure 5.3 • Variation de l’indice d’affaiblissement RA avec la masse des murs en maçonnerie.

5.2.2. Cloisons simples traditionnelles

Cloisons traditionnelles
Figure 5.4 • Variation de l’indice d’affaiblissement RA avec la masse des cloisons légères.

Pour les cloisons simples traditionnelles, l’affaiblissement acoustique RA dépend essentiellement de la


masse, comme pour les murs, mais avec quelques légères différences liées aux propriétés mécaniques des
matériaux.

5.2.3. Les cloisons sèches à simple ossature


Formées de deux plaques séparées par des poteaux, elles répondent à des lois plus complexes. Leurs
performances acoustiques dépendent à la fois de leur poids, de l’espace de vide entre les parois, de la
distance entre poteaux et du mode de liaison aux poteaux. Les valeurs du tableau suivant ne sont
qu’indicatives.
La présence de laine minérale pour amortir le vide permet de gagner 6 à 8 dB, suivant son épaisseur.

Cloisons sèches à simple ossaturez


La Figure 5.5 illustre les quatre paramètres qui conditionnent l’affaiblissement acoustique par une cloison
sèche à simple ossature :
– l’écart entre parois (le plus grand possible) ;
– le poids des parois (grand, tout en conservant la souplesse) ;
– l’écart entre poteaux (le plus grand possible) ;
– la fixation au poteau (la moins rigide possible) ;
– la présence d’un absorbant (indispensable).

Figure 5.5 • Ce qui agit sur l’affaiblissement acoustique d’une cloison double à simple ossature.

La figure suivante montre le rôle de l’absorbant.


Figure 5.6 • Effet de l’absorbant sur l’indice d’affaiblissement RA de la cloison double.

5.2.4. Les parois sèches à double ossature


Appelées « doubles cloisons », elles permettent de forts isolements et peuvent être utilisées comme
séparatifs entre deux logements.

Cloisons sèches à double ossature avec laine minérale


Épaisseur en cm Poids en kg/m² RA
16,8 43 62
18 53 64
19,2 62 66

Il existe de nombreuses variantes de doubles parois à double ossature (figures Figure 5.7 à Figure 5.9) et,
pour obtenir des performances, il est recommandé de respecter les solutions préconisées par les
industriels et certifiées par un laboratoire agréé.

Figure 5.7 • Double cloison sèche à double ossature.

Figure 5.8 • Variante 1, deux cloisons à simple ossature, traitement absorbant entre cloisons.
Figure 5.9 • Variante 2, traitement absorbant à l’intérieur des cloisons.

L’épaisseur totale de la paroi a une grande importance sur l’efficacité des doubles cloisons : en gagnant
sur le poids, on perd sur l’encombrement.

Figure 5.10 • Rôle de l’épaisseur sur l’indice d’affaiblissement RA de doubles cloisons sèches de même poids (48 kg par m2)

L’exemple ci-dessus montre que l’on peut gagner 10 décibels en doublant l’épaisseur de la paroi.
La maçonnerie traditionnelle permet de faire des doubles parois qui peuvent avoir des performances
exceptionnelles lorsque l’on est en présence d’un joint de dilatation, mais elle nécessite de grandes
précautions pour éviter les transmissions indirectes. Le résultat suivant a été obtenu dans les conditions
idéales d’un laboratoire.

Double paroi en briques de 5 cm d’épaisseur


Épaisseur totale de la paroi en cm Épaisseur de laine minérale en cm Poids en kg/m² RA RA,tr
17 7 94 65 62

Des résultats similaires peuvent être obtenus avec des blocs de béton et des carreaux de plâtre, avec les
mêmes restrictions.

Classes et descriptions de doubles parois légères utilisables comme


séparatifs entre logements
5.3. ISOLEMENTS RÉGLEMENTAIRES

Ces valeurs ne concernent que les constructions neuves et ne sont qu’une référence en réhabilitation. Elles
interviennent dans le classement des hôtels.

5.3.1. Pour les logements neufs et les hôtels


Réception dans le logement voisin
Local d’émission DnT,A
Pièce principale Cuisine et salle d’eau
Tout local (sauf garage) 53 dB 50 dB
Circulation commune (avec hall d’entrée) 53 dB 50 dB
Circulation commune si une seule porte palière 40 dB 37 dB
Garage individuel ou collectif 55 dB 52 dB
Local d’activité (commerce, artisanat…) 58 dB 55 dB

Réception dans la chambre d’hôtel


Local d’émission DnT,A
Chambre Salle de bains
Chambre voisine 50 dB 45 dB
Circulation intérieure 38 dB 38 dB
Hall, bureaux… 50 dB
Restaurant, cuisine, bar, gymnase, garage… 55 dB
Salon, salle de jeux 50 dB

5.3.2. Pour les hôpitaux


Réception dans l’hôpital
Local d’émission DnT,A
Tout local recevant des malades et bureaux Salles d’opération et d’accouchement
Hébergements et soins 42 dB 47 dB
Consultations bureaux, salle d’attente 42 dB 47 dB
Salles d’opération et d’accouchement 47dB 47 dB
Circulation interne 27 dB 32 dB
Autres locaux 42 dB 47 dB

5.3.3. Pour les écoles


Réception dans l’école
Local d’émission DnT,A
Local d’enseignement Restauration Infirmerie Salle polyvalente
Local d’enseignement et administration 43 dB 40 dB 43 dB 40 dB
Circulation intérieure 30 dB 30 dB 40 dB 30 dB
Escalier 43 dB 43 dB 43 dB 43 dB
Restauration 53 dB 53 dB 50 dB
Infirmerie 50 dB 50 dB 50 dB 50 dB
Salle de musique, de sport, polyvalente 53 dB 50 dB 53 dB 50 dB
Atelier bruyant 55 dB 55 dB 55 dB 50 dB
5.4. LA POSE DES DOUBLES PAROIS : PRÉCAUTIONS À PRENDRE POUR
ÉVITER LES TRANSMISSIONS INDIRECTES
5.4.1. Cas des simples parois (par où ça passe ?)
Examinons les transmissions latérales dans le cas de parois lourdes et homogènes. La vibration de chaque
paroi latérale (dans le croquis ci-dessous, Figure 5.11, le plafond) aboutit au point de jonction entre les
parois, point particulièrement rigide (difficile à déformer). À partir de ce point, l’énergie vibratoire se
répartit entre les différentes parois constituant la jonction, dont la paroi séparative et le prolongement de
la paroi latérale.

Figure 5.11 • Transmissions latérales dans le cas de parois lourdes homogènes.

5.4.2. Cas d’une double paroi


Dans le cas d’une double paroi, les transmissions indirectes risquent de détruire la performance
acoustique.
Les parois légères composant la double paroi ne forment pas un nœud rigide à leur intersection avec la
paroi latérale lourde. Les mouvements de cette dernière ne sont plus entravés par la paroi séparative et la
transmission latérale est plus importante : dans le cas où les parois séparatives entre logements sont
légères et les planchers lourds, le poids de ces planchers doit être majoré par rapport au cas des parois
homogènes.
L’énergie latérale sera aussi transmise aux deux parois légères, et particulièrement à celle qui se trouve
du côté du local de réception.
Figure 5.12 • Transmissions latérales dans le cas d’une double paroi.

Ces parois légères offrent peu d’obstacles aux mouvements des parois latérales, mais plus elles sont
rigides, plus elles vont se déformer et fléchir sous l’effet des ondulations des parois latérales.
Si on ne prend pas de précautions, l’efficacité d’une double paroi peut être fortement amoindrie par
l’effet des transmissions indirectes. Le problème se pose particulièrement dans le cas des cloisons
traditionnelles maçonnées qui, si elles sont généralement posées sur une semelle élastique, restent
solidaires de la maçonnerie sur leurs trois autres côtés. Pour éviter les transmissions indirectes, cette
désolidarisation doit être totale.

Figure 5.13 • Limitation des transmissions latérales par désolidarisation des parois.

La difficulté est d’assurer la désolidarisation sans compromettre la stabilité de la paroi.


5.5. CAS GÉNÉRAL DE LA POSE DES CLOISONS RIGIDES
Dans le cas des simples parois de distribution réalisées en matériau rigide tel que le béton cellulaire, les
carreaux de plâtre ou les briques creuses, et pour limiter les transmissions latérales, on recommande la
désolidarisation sur les quatre côtés afin de limiter la perte d’isolement par transmission indirecte.
Cependant, moyennant une légère perte, on admet une désolidarisation limitée à trois côtés en conservant
une liaison avec le plafond.
Dans le cas de la jonction avec une cloison de doublage, la cloison légère peut être solidaire de cette
cloison à condition que la cloison de doublage soit désolidarisée.

Figure 5.14 • Liaison entre paroi lourde et cloison légère en maçonnerie.

Figure 5.15 • Liaison entre paroi lourde et cloison légère en maçonnerie en présence d’un doublage thermique.

Figure 5.16 • Vue perspective du principe de désolidarisation.

5.5.1. Classement ESA (exemples de solutions dédiées aux constructions neuves dont
on peut s’inspirer)
Les cloisons de distribution et les contre-cloisons (paragraphe suivant) sont classées en fonction de leurs
transmissions latérales :
– ESA 2 – Isolement latéral faible : ce sont les cloisons de béton cellulaire, briques creuses et carreaux
de plâtre posés sans précaution particulière.
– ESA 3 – Isolement latéral amélioré : les ESA 2 désolidarisées sur trois côtés.
– ESA 4 – Isolement latéral fort : les ESA 2 désolidarisées sur quatre côtés et les plaques de plâtre sur
ossature ou réseau alvéolaire.
5.6. LE DOUBLAGE ACOUSTIQUE DES PAROIS
5.6.1. Amélioration d’un isolement acoustique
Il est possible d’appliquer le principe de la double cloison en ajoutant à une paroi existante une cloison
légère désolidarisée. Ce même principe peut être appliqué à une paroi latérale pour tenter d’éliminer la
part de transmission sonore due à son intermédiaire.
Pour être efficace, le système doit avoir une fréquence de résonance inférieure à 200 Hz (plus elle est
basse, plus le système est efficace). L’efficacité d’un doublage dépend de la paroi devant laquelle il est
posé : plus la paroi a un faible isolement, plus l’amélioration apportée par le doublage est grande.
Un indice européen ∆R a été défini comme l’amélioration de l’indice d’affaiblissement d’une paroi. Il
représente la valeur à ajouter (ou à retrancher) à l’indice d’affaiblissement acoustique d’une paroi
déterminée pour tenir compte du doublage. Cet indice dépend de la paroi sur laquelle est posé le
doublage.
En France, la mesure de certification des produits fait appel à trois références : une paroi de béton de 16
cm d’épaisseur pesant 375 kg/m² et adaptée à la qualification acoustique des doublages thermiques, des
blocs de béton creux de 20 cm et un mur de briques creuses de 20 cm. L’indice croît « typiquement » de 3
dB pour un même doublage lorsque l’on évolue d’un mur support à l’autre, plus léger.

Figure 5.17 • Renforcement d’une paroi par une cloison légère.

Prenons le cas de deux locaux séparés par une cloison en carreaux de plâtre de 10 cm d’épaisseur
(100 kg/m²), les autres murs étant lourds.

L’isolement entre les pièces DnT,A est égal à 37 dB.


Après doublage par une paroi légère sur ossature qui apporterait une amélioration de 6 dB sur un
béton de 16, on obtient un DnT,A de 46 dB, soit une amélioration réelle de 9 dB.
Il arrive que toute la transmission entre deux pièces soit due à la paroi légère « filante » qui les sépare
d’un couloir : un doublage sera la solution.
Figure 5.18 • Doublage d’une paroi mince filant entre deux locaux.

5.6.2. Doublage thermique


Les complexes de doublage posés en vue d’une isolation thermique sont généralement différentes des
doublages acoustiques, car ils sont collés sur les murs par l’intermédiaire d’un isolant thermique rigide
tel qu’une mousse, une laine minérale compressée ou un panneau à base de fibres.
Leur fréquence de résonance qui varie en fonction de la rigidité de l’isolant peut détériorer l’isolation
acoustique en renforçant les transmissions latérales.
Cette détérioration de l’isolement acoustique dépend de la surface de la façade commune entre deux
logements. Elle sera plus faible pour une façade percée de larges baies que pour un pignon aveugle filant,
horizontalement ou verticalement, entre deux logements.
Pour un mur béton de 16, l’effet sur l’isolation acoustique peut varier de - 5 dB (dégradation acoustique)
à + 3 dB (amélioration) pour les complexes thermiques collés. Afin d’éviter ce problème,
particulièrement important pour les mousses les plus rigides, des produits élastifiés par action mécanique
ont été développés et permettent une amélioration acoustique.
Figure 5.19 • Risque de perte acoustique par un doublage thermique inapproprié.

Le classement ESA des produits évolue de 3 à 6 selon que le produit est d’un usage purement thermique
(3 et 4) ou permet d’améliorer un isolement acoustique (5 et 6). Un produit de classe 6 permet
d’améliorer de plus de 16 dB le mur de briques creuses de 20 cm.

5.6.3. Doublages en plafond


Du point de vue de l’isolement aux ondes sonores (ou bruits aériens, car ils prennent naissance dans l’air
et non dans la structure solide du bâtiment), les planchers sont des parois comme les autres et leur indice
d’affaiblissement répond aux mêmes lois.
Certaines parois de doublage acceptent d’être collées ou fixées à un plafond par l’intermédiaire d’une
structure ad hoc.
Cette solution est particulièrement adaptée à la réhabilitation des planchers à hourdis creux présentant
une faiblesse au niveau de l’isolement acoustique et pour lesquels on peut escompter des gains supérieurs
à 10 dB en l’absence de source particulière de transmission indirecte.
Figure 5.20 • Doublage acoustique d’un plancher en hourdis creux.

En réhabilitation, pour des raisons thermiques, on peut chercher à réduire le volume de la salle en
réalisant un faux plafond. La solution acoustique est le plafond suspendu qui consiste à accrocher au
plafond existant des éléments de cloison sèche. Dans ce cas, l’épaisseur du dispositif n’étant pas un
problème, on peut librement agir sur le poids des éléments à suspendre et sur l’épaisseur du vide, qui doit
être partiellement rempli d’un matériau absorbant.
Cette solution est particulièrement adaptée au renforcement de l’isolement du plafond d’un local
commercial bruyant situé en dessous d’un logement.

Figure 5.21 • Amélioration de l’isolement d’un plancher par un plafond suspendu.

Attention aux transmissions indirectes !


Figure 5.22 • C’est la cloison rigide solidaire du plafond qui détériore l’isolement du plancher.

Les plafonds suspendus utilisés dans les bureaux ne sont pas destinés à l’isolation acoustique mais à la
correction de la réverbération de locaux généralement équipés d’un mobilier métallique peu absorbant.
Le panneau suspendu est absorbant, mais trop léger et perméable à l’air pour être isolant.
Dans les grands immeubles de bureaux, le plafond est posé avant les cloisons afin de permettre à
l’occupant de disposer les cloisons à sa guise. Ces cloisons ne traversant pas le plafond suspendu, le
vide du plafond permet la propagation du son d’un bureau à un autre. Les panneaux suspendus eux-mêmes
sont sources de propagation latérale, que l’on évite en plaçant la cloison sur une ligne d’articulation entre
panneaux.
Des plafonds appropriés à cet usage ont été développés et une méthode de mesure en laboratoire permet
de qualifier par un indice d’affaiblissement ce chemin de propagation particulier.

Figure 5.23 • Transmission du bruit par un plafond suspendu commun à plusieurs locaux.

6 LA PROTECTION DES PLANCHERS ET AUTRES PAROIS
CONTRE LES BRUITS D’IMPACT
6.1. LE RÔLE DE LA STRUCTURE DU PLANCHER
La qualité de la structure du plancher au bruit de choc conditionne le choix du revêtement de sol. Plus la
structure est performante, moins il y a de contraintes dans le choix de ce revêtement. Si la première
contrainte est l’indice d’affaiblissement acoustique, il est bon de raisonner aussi sur les performances au
bruit de choc. On remarque que si ces deux critères varient dans le même sens dans le cas des dalles
pleines, il n’en est pas de même pour les hourdis creux et les structures légères.
Pour les dalles en maçonnerie on peut se référer aux exemples suivants :

Niveau de bruit de choc et indice d’affaiblissement acoustique de


quelques planchers en maçonnerie
Ln,w RA
hourdis céramique 12 + 4 94 45
hourdis céramique 16 + 4 91 47
Planchers à poutrelle hourdis béton 16 + 4 87 49
hourdis béton 8 + 13 80 55
hourdis béton 8 + 13 + 5 76 58
Dalle pleine de 16 cm en béton armé 76 55

Figure 6.1 • Variation du niveau de bruit de choc en fonction de l’épaisseur d’une dalle de béton nue.
Plus la dalle pleine est épaisse, moins elle rayonne le bruit de choc.

Dans le cas des planchers en bois et des planchers légers, c’est la conception de la structure et plus
particulièrement les désolidarisations qui importent.
En 2009, la réglementation prévoit que le niveau LnT,w, après pose du revêtement de sol, ne doit pas
dépasser 58 dB dans les pièces principales d’un logement neuf. Cette valeur devrait, à long terme, être
abaissée à 55 dB.

Exemple :
Dans le cas d’une dalle béton de 16 au-dessus d’un local de 50 m3, le niveau de bruit de choc
plancher nu serait : 76 - 1 = 75.
La valeur de ∆Lw du revêtement de sol devrait être au moins égale à 75 - 58 = 17 dB.

REMARQUE
Si un doublage de plafond peut améliorer la performance au bruit d’impact son efficacité ne
s’ajoute pas intégralement à celle d’un revêtement de sol.
6.2. LE RÔLE DES REVÊTEMENTS DE SOL, MODE DE POSE, EXEMPLES
Les revêtements de sol sont les principaux produits de la réduction du bruit de choc sur les planchers. Ils
peuvent se décomposer en trois systèmes :
– les revêtements de sol élastiques qui amortissent le choc à l’origine ;
– les revêtements de sol durs sur sous-couches élastiques ;
– les supports rigides de revêtement de sol posés sur sous-couche et bordures élastiques (système masse-
ressort) appelés « chapes » ou « dalles flottantes ».

6.2.1. Les revêtements de sol élastiques


Leur efficacité dépend de leur épaisseur, certains sont doublés d’une sous-couche élastique.
Sols plastiques : ∆Lw variant de 13 à 20 dB.
Tapis aiguilletés : ∆Lw variant de 17 à 22 dB.
Moquettes : ∆Lw variant de 17 à 23 dB.
Moquette sur sous-couche : ∆Lw pouvant atteindre 29 dB.

OBSERVATION
Ces valeurs sont données à titre indicatif. On doit se référer à la valeur précise indiquée par le
fabricant.
Le classement ESA des revêtements de sol plastiques (ou résilients) est :
ESA 2 : 16 < = ∆Lw < 19
ESA 3 : 19 < = ∆Lw < 22
ESA 4 : 22 < = ∆Lw < 25
ESA 5 : 25 < = ∆Lw

OBSERVATION
Ces valeurs de classement sont minorées de 3 dB pour les revêtements certifiés, car les résultats
sont fiables.
Le classement ESA des revêtements de sol textiles est :
ESA 2 : 14< = ∆Lw < 17
ESA 3 : 17< = ∆Lw < 21
ESA 4 : 21< = ∆Lw < 24
ESA 5 : 24< = ∆Lw

6.2.2. Les revêtements de sol durs sur sous-couches élastiques


6.2.2.1. Les parquets et revêtements stratifiés sur sous-couches élastiques
– Parquet flottant : ∆Lw de l’ordre de 18 dB ou plus selon la sous-couche.
– Parquet sur lambourdes flottantes : selon la sous-couche.
Cette dernière technique est ancienne. Elle est adaptée à la pose des parquets traditionnels. La lambourde
a l’avantage de pouvoir s’adapter facilement à une surface non plane (réhabilitation). Avant la pose de la
semelle élastique, rectifier cependant la surface sous la lambourde (plâtre, injection de mousse).
La semelle élastique doit pouvoir supporter la charge plus concentrée (feutres bitumés ou autre matériau
utilisé en semelle de cloison).
Une variante récente est une pose de parquet sur plots élastiques.
Dans tous les cas, respecter la désolidarisation latérale (plinthe indépendante).

Figure 6.2 • Parquet sur lambourdes flottantes.

Le classement ESA des parquets et revêtements de sol stratifié ou plaqué est :


ESA 2 : 14 < = ∆Lw < 17
ESA 3 : 17 < = ∆Lw < 21
ESA 4 : 21 < = ∆Lw < 24
ESA 5 : 24 < = ∆Lw

OBSERVATION
Lire attentivement dans quelles conditions le matériau a été essayé en laboratoire – mode de
collage, revêtement supérieur dans le cas des sous-couches – et vérifier que cela correspond à son
cas.
Les résultats acoustiques correspondent à des produits neufs et ne sont pas des gages de durabilité.
Attention aux sous-couches qui risquent de fluer et de perdre leur efficacité dans le temps.

6.2.2.2. Les carrelages et revêtements durs sur sous-couches élastiques


Ce sont des procédés soumis à l’avis technique qui permettent la pose directe de carrelages sur une sous-
couche élastique.
La Figure 6.3 montre un exemple d’application avec un détail de discontinuité au niveau d’un seuil.

Figure 6.3 • Exemple de collage direct d’un carrelage sur sous-couche élastique avec détail sur seuil.

La Figure 6.4 montre un détail de disposition à prendre lors d’une traversée de canalisation. Ce genre de
disposition est général à toute traversée d’un revêtement de sol dur.

Figure 6.4 • Traversée par une canalisation d’un carrelage sur sous-couche élastique.

Il existe aussi des systèmes où le matériau résilient est intégré au carrelage. Les performances moyennes
sont les suivantes :
Carrelage collé : ∆Lw de l’ordre de 5 dB.
Carrelage sur sous-couche résiliente : ∆Lw de l’ordre de 16 à 20 dB.
Le classement ESA des carrelages sur résilient est :

ESA 2 : 14< = ∆Lw < 17 ESA 3 : 17< = ∆Lw < 21

ESA 4 : 21< = ∆Lw < 24 ESA 5 : 24< = ∆Lw

6.2.3. Les dalles et chapes flottantes


La dalle flottante est un support rigide de revêtement de sol rendu indépendant du plancher porteur et des
parois latérales par interposition d’un matériau élastique. Obligatoire dans certains pays, elle a
longtemps, en France, été réservée aux immeubles de standing, ce qui n’a pas favorisé son
développement. C’est une solution durable, qui n’apporte pas de contrainte sur le choix du revêtement de
sol. C’est en particulier une solution bien adaptée à la pose de revêtements durs tels que les sols en
céramique. Il en existe deux variantes : la dalle maçonnée et la dalle sèche.
Les dalles maçonnées étaient, à l’origine, réalisées en béton armé d’un treillis. Le progrès réalisé dans
les mortiers de chape a permis de développer des produits permettant de réaliser des chapes flottantes
résistantes à la déformation de la sous-couche et plus faciles à mettre en œuvre. Ils permettent des gains
sur l’épaisseur.
Le poids de la chape intervient sur la masse du plancher, et donc sur son isolement.
L’efficacité de la chape est liée au choix de la sous-couche. Un accident de pose peut neutraliser la
performance finale : déchirure de la sous-couche ou pénétration de mortier dans le matériau élastique.
Dans la plupart des cas, il est nécessaire, avant coulage de la chape, de placer sur la sous-couche un film
plastique étanche et résistant. Des planches facilitent la marche du poseur.

Figure 6.5 • Réalisation d’une chape flottante.

L’absence de tout contact avec les parois latérales est importante. Elle est obtenue soit par relevé du
matériau de sous-couche, soit par un matériau moins épais et mieux adapté (feutre bitumé, par exemple).
Pour des raisons de flexibilité, on peut tolérer le contact d’une cloison intérieure légère avec la chape, si
une bonne isolation entre les pièces n’est pas nécessaire. Les canalisations ne doivent pas avoir le
moindre contact avec la chape, qu’elles traversent par l’intermédiaire d’un manchon élastique (Figure
6.4). On peut cependant réaliser des dalles flottantes, chauffantes par eau chaude, en prenant des
dispositions permettant la libre flexion des tuyaux au voisinage de leur zone de pénétration dans la dalle.
Figure 6.6 • Chape flottante à bords étanches en pièce humide et pose d’une baignoire sur plots élastiques.

Dans le cas des pièces humides et des sols très lavables, un mastic permet d’assurer l’étanchéité entre le
sol et la plinthe. Dans les salles de bains, il est d’usage d’interrompre la chape contre un muret au niveau
de la baignoire ou du réceptacle de douche, ces derniers étant posés sur le plancher après interposition
d’un support élastique approprié.
Les matériaux pour sous-couche sont nombreux, il en existe de très minces mais nécessitant un soin de
pose particulier. Le choix est souvent dans un compromis entre la facilité de mise en place et l’efficacité
acoustique.
Parmi ces sous-couches, on peut citer :
– les feutres bitumés : ∆Lw de l’ordre de 17 dB ;
– des laines minérales conçues pour cet usage : ∆Lw variant de 20 à 26 dB ;
– des polystyrènes expansés conçus pour cet usage : ∆Lw variant de 20 à 23 dB.
Les dalles sèches : elles sont particulièrement utiles en réhabilitation et adaptées à la construction en bois
(qui accepte aussi les dalles en béton), elles ont l’avantage d’une facilité de pose sans risque
d’endommager la sous-couche. Certaines acceptent le collage de carrelage. On utilise des dalles à base
de plaques de plâtre ou des panneaux de particules agglomérées.

Figure 6.7 • Plancher en bois avec chape flottante sèche.

Les qualités acoustiques du revêtement de sol mis en place viennent renforcer l’efficacité de la dalle
flottante sans que leurs efficacités ne puissent s’ajouter arithmétiquement. Certains fabricants de sous-
couches pour chape publient des résultats de mesure avec différents types de revêtements.
Le classement des chapes flottantes prend en compte l’amélioration de l’isolement qu’elles apportent :
ESA 3 : 15 < = ∆Lw et 0 < = ∆(Rw + C)
ESA 4 : 19 < = ∆Lw et ∆(Rw + C) = > 3
ESA 5 : 22 < = ∆Lw et ∆(Rw + C) = > 6
6.3. RÉHABILITATION DES PLANCHERS ANCIENS
Les planchers anciens ne sont pas tous mauvais du point de vue acoustique, et on retrouve des précautions
prises à ce sujet : remplissage des augets (anciens hourdis de plâtre) par des gravois liés au plâtre, pose
des lambourdes des parquets sur ces gravois en évitant le contact direct avec les solives. On a pu
constater qu’un coulage de béton sans précaution particulière pouvait dégrader les performances d’un
plancher ancien en détruisant ses qualités de souplesse et d’amortissement.
Si on doit couler du béton, la technique de la dalle flottante s’impose.

Figure 6.8 • Plancher ancien à hourdis plein et lambourdes scellées au plâtre.

Chape flottante sèche ou maçonnée et doublage de plafond restent les principaux outils de réhabilitation.
Donnons l’exemple d’un plancher vétuste situé au-dessus d’un appartement occupé.
Plusieurs solives sont très dégradées et demandent à être remplacées. La solution adoptée a été de laisser
aux anciennes solives le rôle de support de plafond et de supporter un nouveau plancher par un autre jeu
de solives placées un peu plus haut.
On a réalisé l’indépendance entre les deux parois du plancher et le vide ainsi créé (garni d’une laine
minérale) a permis le passage de canalisations.

Figure 6.9 • Rénovation de la partie supérieure d’un plancher ancien avec de nouvelles solives.
Figure 6.10 • Rénovation d’un plancher à hourdis creux par pose d’une chape flottante et d’un doublage de plafond.

ATTENTION

L’Europe a modifié la manière de caractériser les bruits de choc. Avant 2004, l’indice français
pour caractériser la performance des planchers au bruit de choc s’écrivait LnAT, exprimé en
dB(A) (limite réglementaire 65 dB(A)), qui est très différent de LnT,w (limite réglementaire 58
dB) adopté par l’Europe.
L’efficacité des revêtements de sol était caractérisée par ∆L, exprimé en dB(A), remplacé par
∆Lw, exprimé en dB, la différence entre ces deux indices pouvant atteindre 3 dB dans un sens
ou dans l’autre.
L’ancien indice reste indiqué sur les notices des fabricants : attention aux confusions.
6.4. CAS PARTICULIER DES ESCALIERS
Les bruits de choc (ou impacts) sur les escaliers, paliers, coursives, halls d’entrée ou autres parties
communes d’un immeuble sont soumis aux mêmes règles que les planchers pour la protection aux bruits
de choc des logements voisins.
Dans le cas des paliers, ils sont rarement superposés à une pièce d’habitation, et la transmission des
chocs est soit horizontale, soit diagonale, ce qui permet d’espérer une réduction du bruit de choc d’au
moins 5 dB et autorise donc une moins grande exigence vis-à-vis des performances acoustiques du
revêtement de sol.
Pour les escaliers, le problème se pose si les marches sont ancrées dans un mur mitoyen avec un
logement. Dans ce cas, la présence d’un joint de dilatation dans l’épaisseur du mur est souhaitable.
Sinon, il est préférable que la montée d’escalier reste indépendante des murs et ne repose que sur les
paliers. Les règles allemandes demandent, en plus, qu’un joint élastique soit interposé entre la volée
d’escalier et le palier.

Figure 6.11 • Chocs sur un palier.

Sur les paliers, et plus particulièrement dans le cas de coursives circulées, la réalisation de chapes
flottantes est à conseiller, chape qui doit rester indépendante de celle du logement mitoyen.
Figure 6.12 • Coupure d’une chape flottante au niveau d’une porte palière.

7 LES MENUISERIES
7.1. LES FENÊTRES
La qualification acoustique d’une fenêtre (ou d’une porte-fenêtre) ne diffère pas de celle d’une simple
paroi, la seule différence étant que l’on accorde plus d’importance à RA,tr (indice d’affaiblissement pour
un bruit routier pondéré (A)), plus représentatif des problèmes de bruit extérieur que l’indice RA).
Pour les performances acoustiques, les deux critères sont l’étanchéité et la masse (poids des vitrages et
des châssis). Pour les très hautes performances, on peut chercher à amortir les vitrages au niveau de leur
encastrement (parclose) ou en faisant appel à un verre feuilleté.
La double fenêtre reste un moyen pour obtenir de forts isolements : laisser un espace d’au moins 15 cm
entre les deux fenêtres.
Pour garder les performances, le dormant doit être rigidement fixé à la maçonnerie ou à la structure
porteuse de la façade. Par contre, il ne doit pas transmettre ses vibrations à la paroi légère de doublage
thermique.
Quelques résultats d’essai en laboratoire :
Type de fenêtre RA,tr
Fenêtre bois traditionnelle verre simple de 4 mm 23
Fenêtre bois étanche verre 4-6-4 28
Fenêtre plastique étanche verre 4-12-4 29
Fenêtre étanche verre 10-6-4 33
Fenêtre étanche verre 4-14-8 33
Fenêtre étanche verre 4-16-6 33
Fenêtre étanche verre feuilleté -12-10 38
Double fenêtre équipées de verre de 8 mm espacées de 190 mm 50

Figure 7.1 • Précautions à adopter lors de la pose d’une fenêtre.


Le dormant de la fenêtre doit être rigidement scellé à la maçonnerie.

On remarque que l’on économise des épaisseurs de verre en augmentant l’espace entre vitrages. La
tendance est de choisir un espacement de 16 mm lorsque l’on doit privilégier l’isolement acoustique.
Le label Acotherm, créé en 1975, a développé un marquage et un classement des fenêtres en fonction de
leurs caractéristiques acoustiques et thermiques.
Pour l’acoustique les fenêtres sont classées en quatre catégories :
AC1 : RA,tr > 28
AC2 : RA,tr > 33
AC3 : RA,tr > 36
AC4 : RA,tr > 40
Le marquage des fenêtres comportant des entrées d’air est complété par la lettre B.
Pour la thermique, les classes varient de Th1 à Th6.
Le classement ESA 4 correspond à RA,tr = > 30 (sans entrée d’air).
La qualification cekal concerne les vitrages seuls. Il existe six classes de « performance acoustique
renforcée » (AR1 à AR6).
7.2. LES ENTRÉES D’AIR ET LES COFFRES DE VOLET ROULANT
Les fenêtres étant étanches, il s’agit de faire entrer l’air sans laisser pénétrer le bruit.
Les entrées d’air sont qualifiées par leur isolement élémentaire dans le cas d’un local dont le volume est
30 m3 . Cet isolement doit être associé (voir abaque n° 8), après correction de volume, à l’isolement de la
fenêtre.
Il serait dommage de sacrifier l’isolement de la fenêtre à cause d’une entrée d’air peu performante. Un
bon principe : choisir une entrée d’air dont la performance acoustique est au moins supérieure de 7
db ou, mieux, de 10 dB à celle de la fenêtre.
L’isolement typique d’une entrée d’air (caractérisé par l’indice européen Dn,e,w + Ctr) est le suivant :
32 dB pour un modèle simple encastré dans la menuiserie

Figure 7.2 • Entrée d’air simple.

41 dB pour un modèle acoustique encastré dans la menuiserie

Figure 7.3 • Entrées d’air acoustiques.

47 dB pour un modèle avec silencieux encastré dans la maçonnerie


Figure 7.4 • Entrée d’air dans l’épaisseur du mur.

Le classement ESA 4 correspond à 38 dB ou plus (36 si certification NF). Le classement ESA 5


correspond à 41 dB ou plus (39 si certification NF).
Les coffres de volet roulant peuvent être un point faible de l’isolement d’une façade s’ils ne sont pas
suffisamment étanches ou lourds. Certains peuvent intégrer une entrée d’air et faire office de silencieux
(présence d’un matériau absorbant) pour permettre de forts isolements.

Figure 7.5 • Entrée d’air intégrée à un coffre de volets roulants.

Ainsi, ils reçoivent la même qualification acoustique que les entrées d’air. Résultat typique : 46 dB,
valeur minimale pour un classement ESA 4 : 42 dB.
Pour certaines fenêtres, le volet roulant est inclus dans le résultat de mesure de RA,tr. Si le volume de la
pièce est très différent de 30 m3 un correctif est à appliquer à l’ isolement de chaque élément.
Abaque 10 • Valeur à ajouter à l’isolement partiel d’un élément tel qu’une entrée d’air pour tenir compte du volume du local.
7.3. L’ISOLATION ACOUSTIQUE D’UNE FAÇADE
7.3.1. Définition
L’isolement d’une façade est la différence entre le niveau sonore mesuré à l’extérieur, à 2 m de la fenêtre
du local de réception, et le niveau sonore mesuré au centre de ce local, lorsque le bruit extérieur est un
bruit de trafic comparable à celui défini par la norme (NF EN 12354-3).

Figure 7.6 • Mesure de l’isolement d’une façade.

Le calcul de l’isolement d’une façade utilise la même méthode que celui de l’isolement entre deux locaux
mitoyens, sans transmission indirecte.
La réglementation acoustique (arrêté du 30 juin 1999) impose l’isolement suivant en l’absence de
contrainte d’urbanisme particulière :

DnT,A,tr > 30 dB

Exemple :
Volume de la pièce de 40 m3
Façade de 10 m² percée d’une porte-fenêtre de 4 m²
Mur en blocs creux de 10, RA,tr = 40 dB
Porte-fenêtre vitrage 4(12)4, RA,tr = 29 dB
Entrée d’air : 36 dB
Isolement du mur : V/S= 40/6= 6,67 correction 3 dB (Figure 5.20), Dn = 40 + 3 = 43 dB.
Isolement de la fenêtre : V/S = 40/4 = 10 correction 5 dB (Figure 8.3), Dn = 29 + 5 = 34 dB.
Isolement de l’entrée d’air : V = 40 correction 1 dB (Figure 5.21), Dn = 36 + 1 = 37 dB.
Isolement du mur plus entrée d’air : 43 - 37= 6 correction - 1 (Figure 5.21), Dn = 37 - 1 = 36 dB.
Isolement du mur plus entrée d’air plus fenêtre : 36 - 34 = 2 correction -2 dB (Figure 5.21) :
DnT,A,tr = 34 - 2 = 32 dB.

7.3.2. Isolement en zone de bruit

Les règles d’urbanisme découlant de l’application de la loi « bruit » (voir annexe E) imposent, pour les
logements, des isolements de façade renforcés dans deux cas :
– au voisinage des routes et des voies ferrées bruyantes :
les isolements imposés varient entre 30 et 45 dB en fonction du niveau du bruit de la voie et de la
distance ;
– au voisinage des aéroports :
– isolement 45 dB en zone A,
– isolement 40 dB en zone B,
– isolement 35 dB en zone C.
Ces contraintes, valables pour les constructions neuves et précisées dans le permis de construire, figurent
sur les documents d’urbanisme. Elles sont assorties de contraintes de confort thermique en été (protection
solaire).

7.3.3. Cas particulier des toitures


Dans les zones inscrites sur les plans d’exposition au bruit près des aéroports, les toitures doivent être
considérées comme des éléments de façade et doivent être isolées de la même manière. Il en est de même
au voisinage des routes lorsque les combles sont habitables.
Dans le cas de combles non habitables, le premier moyen pour isoler est de renforcer l’isolation du
plafond en posant sur les solives un planchéiage étanche (panneau plein sous lattis) dans les combles.
Dans le cas des combles aménagés, la pose d’une simple plaque de plâtre sur les chevrons est une
solution insuffisante si la couverture est supportée par un lattis à claire-voie. Un panneau de toiture
étanche et lourd s’impose et, après remplissage du vide entre chevrons par un matériau absorbant, une
double épaisseur de plaque de plâtre (ou équivalent en masse) peut être nécessaire.

Figure 7.7 • Coupe sur la toiture perpendiculaire aux chevrons.


7.4. LES PORTES
L’indice d’affaiblissement acoustique d’une porte est essentiellement lié à son étanchéité et à sa masse.
L’indice d’affaiblissement RA d’une porte à âme creuse destinée à la distribution intérieure d’un logement
ne dépasse pas 22 dB, et il est inutile de chercher de plus fortes performances en raison de l’espace
nécessaire à la ventilation laissé libre à la base de la porte.
Pour une porte à âme pleine : RA = 27 dB.
Pour une porte palière étanche : RA = 38 dB.
Les portes palières sont classées en deux catégories :
– ESA 3 : âme pleine et étanchéité sur quatre côtés ;
– ESA 4 : RA > = 39 dB.
Cette dernière valeur est plus que suffisante pour assurer les 40 dB d’isolement exigés en l’absence de
hall d’entrée (ou les 53 dB en présence d’un hall et d’une seconde porte).
Le point faible de l’étanchéité de la porte palière est le seuil. La solution d’étanchéité classique est un
seuil en demi-jonc écrasé par la fermeture de la porte. Les portes à fort isolement (destinées, par
exemple, aux studios d’enregistrement) présentent un seuil en saillie.
Le moyen traditionnel pour améliorer l’isolement d’une porte est le sas et la double porte. On améliore
l’isolement du sas en plaçant un matériau absorbant sur ces parois.
Il est possible d’améliorer l’isolement d’une porte intérieure (dans le cas de l’apprentissage d’un
instrument de musique, par exemple) en la remplaçant par une porte palière. Il faut, dans ce cas, préserver
une entrée d’air et la doter d’un système de silencieux (voir chapitre 7). Le croquis suivant en donne un
exemple. L’absorbant utilisé est une dalle destinée au traitement acoustique d’un plafond ou d’un mur.
Figure 7.8 • Entrée d’air isolante réalisée dans une porte.

LE MYTHE DE LA PORTE CAPITONNÉE


Il est une vieille tradition : pour insonoriser une porte, il faut la matelasser d’un capitonnage.
En fait, il s’agit d’un usage très ancien dont on a parfois oublié le contexte.
Il existe deux sortes de capitonnage :
– le matelassage à l’aide d’une laine brute et d’un tissu, qui représente un traitement
absorbant utile à l’intérieur du sas dans le cas d’une double porte : il est parfaitement inutile
dans le cas d’une porte isolée ;
– le matelassage à l’aide de cuir tendu sur un rembourrage qui a pour but d’amortir le panneau
de bois composant la porte afin de la rendre plus silencieuse à sa fermeture : il est inadapté
aux portes planes contemporaines.
LA RÉALISATION D’ÉQUIPEMENTS SILENCIEUX

8 LES ÉQUIPEMENTS HYDRAULIQUES
8.1. L’ORIGINE DU BRUIT HYDRAULIQUE
La principale origine du bruit hydraulique est l’air dissout dans l’eau qui s’en échappe sous forme de
bulles dans les zones de dépression.

Figure 8.1 • Formation et éclatement de bulles d’air.


La source du bruit hydraulique ce sont les bulles d’air.

La source de bruit la plus courante est le changement de section (ou ajutage) qui est présent plus
particulièrement dans les robinets.

Figure 8.2 • Tourbillons et bulles d’air au changement de section.

Les pompes et autres équipements transmettent leurs vibrations à l’eau et aux canalisations.
La variation de pression due à l’ouverture brutale d’un robinet provoque le fameux « coup de bélier »,
que l’on compense par un système de soupape ou de membrane associé à un ressort ou une chambre de
compression.
Figure 8.3 • Un antibélier.
8.2. LA QUALIFICATION ACOUSTIQUE DES ROBINETS
Le bruit de robinet est caractérisé par la différence Ds en décibels entre le bruit qu’il émet dans une
installation de référence sous trois bars et celui émis par une source étalon.

Figure 8.4 • Source étalon GEB mise à la place du robinet.

Plus Ds est grand, plus le robinet est silencieux.


Ds intervient dans le classement « eau » de la marque NF.
Pour les robinets de classe 1 (recommandés) : Ds > = 25 dB.
Pour les robinets de classe 2 : 25 < Ds = < 15.
Le bruit de robinet croît fortement avec la pression (donc avec le débit). La pression doit ainsi être
limitée à trois bars.
8.3. LA PROPAGATION PAR LES CANALISATIONS, PRÉCAUTIONS DE POSE
La vibration produite par le robinet, ou une autre source, se propage à la fois dans l’eau et dans la
structure du tuyau.
Les canalisations transmettent cette vibration aux parois du bâtiment. Plus la paroi est légère, plus elle
vibre.
Pour résoudre le problème, l’installation doit répondre aux règles suivantes :

8.3.1. Choix de la robinetterie


8.3.1.1. Marque NF et classe 1 minimum obligatoire
Pour :
– robinetterie sanitaire simple, mélangeur ou mitigeur ;
– robinet pour réservoir de chasse avec son robinet d’arrêt.

8.3.2. Réducteur de pression


Obligatoire avec marque NF dès que la pression d’alimentation en eau froide dépasse 3 bars à l’entrée du
logement.

8.3.3. Diamètre intérieur de raccordement minimum


Lave main et WC à réservoir : 10 mm
Évier, lavabo, bidet et douche : 12 mm
Baignoire : 13 mm

8.3.4. Pose des canalisations


Une petite canalisation seule, mise en vibration, peut difficilement rayonner des bruits dont la longueur
d’onde est supérieure à son diamètre et, comme une corde de violon, elle a besoin d’être associée à une
surface pour rayonner.

Figure 8.5 • Une canalisation sur une cloison légère et rigide se comporte comme une corde de violon.

Le problème se pose lorsque les canalisations sont fixées sur une paroi rigide et légère.
Dans ce cas, la solution serait la désolidarisation. Il existe pour cela des colliers élastiques. Le résultat
est aléatoire, car ces colliers peuvent aussi bien atténuer qu’amplifier une résonance. Un bon résultat est
le fruit d’un travail de tâtonnement : desserrer et resserrer des colliers, les déplacer (on conseille des
intervalles irréguliers) ou en supprimer.
Figure 8.6 • Tuyau fixé par un collier élastique (résultat aléatoire).

L’autre solution est de fixer les canalisations sur des éléments lourds. L’angle entre deux murs est le plus
sûr endroit.

Figure 8.7 • Canalisation rigidement fixée à l’angle de deux murs.


8.4. APPAREILS SANITAIRES ET CANALISATIONS D’ÉVACUATION
La seule contrainte sur les appareils sanitaires ne concerne que les éviers en inox et les baignoires en tôle
émaillée, particulièrement sensibles aux impacts dus à la chute de l’eau et aux contacts d’objets et de
personnes, et pour lesquels l’utilisation de plaques amortissantes est obligatoire en logement neuf,
précaution utile à prendre avec d’autres équipements.
Pour le confort intérieur, l’utilisation de tôles floquées est conseillée. Il faut éviter le scellement d’un
lavabo sur une cloison mince et rigide.
La Figure 6.6 montre une pose de baignoire sur plot élastique, précaution indispensable pour les
baignoires équipées de systèmes de balnéothérapie.
Cependant il existe une forte contrainte sur les conduits d’évacuation qui, en raison de leur diamètre
important, rayonnent les vibrations causées par la chute de l’eau contre leurs parois.
Ils sont caractérisés par un niveau LnA en dB(A) mesuré en laboratoire.
Le classement ESA 3 correspond à 48 < LnA = < 54 et concerne essentiellement des produits en PVC.
Le classement ESA 4 correspond à LnA = < 48 et concerne des produits en fonte.
Ces canalisations doivent être, si possible, fixées rigidement sur un mur lourd (ou mieux à l’angle de deux
murs) et enfermées dans une gaine technique isolante décrite dans les figures suivantes.

Figure 8.8 • Gaines en cuisine, solutions cloisons 1 et 2.

Cloison 1
a : plaques de plâtre sur réseau alvéolaire, ou
b : carreaux de plâtre de plus de 5 cm d’épaisseur, ou
c : brique creuse de plus de 5 cm, ou
d : 2 plaques de plâtre BA 13 sur ossature métallique
Cloison 2
Semblable aux cloisons 1, renforcée par un BA 13 pour a et un doublage en laine minérale pour d.

Figure 8.9 • Gaines en cuisine, solutions cloison 3.

Cloison 3
Semblable aux cloisons 1, renforcée par un doublage en laine minérale pour a et d. Laine minérale sur
quatre parois si conduit PVC.
Les canalisations ne doivent pas être liées aux dalles qu’elles traversent !
La réglementation pour les logements neufs limite le bruit hydraulique à :

< 30 dB(A) en pièce principale


< 35 dB(A) en cuisine
8.5. CHAUDIÈRES ET POMPES
8.5.1. Les chaudières individuelles
Avec les climatiseurs, elles sont soumises à une tolérance particulière par rapport aux bruits hydrauliques
ou d’équipements collectifs :
< 35 dB(A) en pièce principale
< 50 dB(A) en cuisine
Elles sont caractérisées par leur niveau de puissance acoustique Lw en dB(A) et classées de la manière
suivante :
ESA 4 : 43 < Lw = < 49 (avec une majoration de 2 dB pour le matériel certifié)
ESA 5 : 38 < Lw = < 43
ESA 6 : Lw = < 38

8.5.2. Les chaudières collectives et les pompes


Les installations de chauffage collectif sont soumises aux mêmes limites que le bruit hydraulique. Les
usagers exigent des installations parfaitement silencieuses.
On distingue :
– Le bruit produit par la chaudière dans le local de chaufferie : le niveau de puissance acoustique de la
chaudière est statistiquement relié à sa puissance calorifique pour une chaudière bien réglée. Ce bruit
se transmet à l’intérieur du bâtiment par les parois et à l’extérieur par les éventuelles ouvertures de
ventilation.
– La propagation du bruit de combustion par la cheminée avec d’éventuels effets de résonance à basse
fréquence.
– Les vibrations issues des pompes et autres moteurs et transmises à la structure soit directement soit par
l’intermédiaire des canalisations.
– Le bruit de circulation de l’eau dans les canalisations.
Figure 8.10 • Évaluation du niveau de puissance acoustique d’une chaudière en fonction de sa puissance calorifique.

Il est utile :
– de placer un traitement absorbant dans le local de chaufferie afin de limiter le niveau sonore ;
– de traiter par des silencieux les orifices de ventilation de la chaufferie lorsqu’il y a risque de gène du
voisinage ;
– de renforcer les isolements lorsque la chaufferie se trouve à l’intérieur de l’immeuble.
Un bruit anormal de la chaudière peut provenir d’un mauvais assortiment du brûleur à la chambre de
combustion, conduisant à des résonances (grondements). Le phénomène de résonance peut aussi se
produire entre la chambre de combustion et la cheminée. La pose d’un diaphragme à la base de la
cheminée, ou le réglage d’un clapet, peut facilement résoudre le problème.

8.5.3. Les vibrations transmises à la structure et aux canalisations par la chaudière


et les pompes de circulation de l’eau
Figure 8.11 • Chaufferie.

La chaudière, source de vibration, est fixée sur un socle en béton désolidarisé de la structure par des
plots antivibratoires adaptés à la masse de l’ensemble, et tous les éléments rigides solidaires de la
chaudière sont indépendants de la structure.
Les pompes sont de la même manière fixées par des plots antivibratoires et raccordées aux canalisations
par des raccords souples.

Figure 8.12 • Plots antivibratoires.

Les coupures élastiques du tuyau par raccord souple ont un intérêt dans le cas des conduites lourdes
(circuit primaire) lorsque l’essentiel de l’énergie vibratoire est transmis par le tuyau.
Elles sont sans effet sur la transmission de la vibration par l’eau elle-même, qui va transmettre son
énergie à la canalisation. Dans de nombreux cas, elles ont une efficacité limitée.
Le bruit d’écoulement d’eau dans les radiateurs : généralement dû à un écoulement turbulent dans des
radiateurs légers. Le premier remède est un dégazage de l’eau circulant dans les radiateurs.
L’effet « téléphone » entre deux radiateurs : deux radiateurs légers situés dans des logements
différents et reliés par une canalisation rigide indépendante de la structure peuvent constituer un chemin
de transmission du son qui produit un défaut d’isolement. La solution du problème est la fixation rigide
des radiateurs sur des parois lourdes et l’assouplissement de la tuyauterie au moyen de coudes.

9 LES ÉQUIPEMENTS AÉRAULIQUES
9.1. LA CARACTÉRISATION ACOUSTIQUE DES PRODUITS
9.1.1. Les ventilateurs et aéroréfrigérants
Le bruit du ventilateur est la partie audible de la mise en vibration de l’air (turbulence) produite par ses
pales et qui diminue son rendement énergétique. Un ventilateur silencieux est un ventilateur économique
en énergie.
Il existe de nombreux types de ventilateurs.
Les ventilateurs tangentiels sont réputés les plus silencieux et équipent les convecteurs intérieurs des
climatiseurs.
Les ventilateurs centrifuges en caisson produisent la dépression nécessaire à la ventilation mécanique et
leur bruit varie en fonction de leur condition de fonctionnement. Il existe des modèles pour immeubles
collectifs et des ensembles compacts pour maisons individuelles.
Les ventilateurs hélicoïdaux sont les plus bruyants, mais des progrès ont été faits pour les améliorer. Ils
équipent les aéroréfrigérants des climatiseurs et des pompes à chaleur, et sont souvent mal tolérés par le
voisinage.
C’est le niveau de puissance acoustique Lw en dB(A) qui les caractérise au niveau de la norme
européenne, mais certains constructeurs ont gardé l’habitude de caractériser leurs produits par un niveau
de pression acoustique mesuré à 4 m de distance (20 dB de moins que Lw) ou même à 1 m.
Dans le cas des ventilateurs centrifuges, les valeurs de Lw peuvent être précisées séparément pour
l’extraction et le refoulement, et les deux valeurs peuvent être différentes lorsqu’il s’agit d’un ensemble
ventilateur et caisson (ce dernier pouvant avoir un rôle de silencieux pour l’aspiration).
La valeur de Lw est précisée en fonction du point de fonctionnement du ventilateur sur les courbes donnant
la dépression en fonction du débit du ventilateur.
Le graphique page suivante montre la forte dépendance du niveau de bruit avec la vitesse du ventilateur et
le débit. Pour être silencieux, le ventilateur doit être surdimensionné afin de fonctionner à faible vitesse.

Figure 9.1 • Exemple de diagramme donnant le niveau Lw en fonction des conditions de fonctionnement du ventilateur.
9.1.2. Bouches d’extraction et bouches de soufflage
Les bouches d’extraction font l’objet d’essais dans un laboratoire équipé de locaux de mesures
normalisés et équipés d’un système d’aspiration parfaitement silencieux.
Deux mesures sont réalisées : celle du niveau de puissance acoustique produit par l’air au passage de la
bouche (bruit de bouche) et, aspiration arrêtée, celle de l’isolement entre les locaux lorsque le seul
chemin de transmission passe par les bouches et le conduit de ventilation (effet « téléphone »).
L’isolement mesuré, de même nature que celui des entrées d’air en façade, correspond à un local de
réception de 30 m3 et doit subir la correction de volume donnée par l’abaque n° 10 (paragraphe 5.2).
Il est noté Dn,ew + C.
Les bouches d’extraction sont classées ESA de la manière suivante :
Figure 9.2 • Principe de la mesure en laboratoire du bruit de la bouche d’extraction et de l’effet téléphone entre deux locaux.

Les bouches de soufflage utilisées en climatisation collective et en ventilation à double flux ont une
puissance acoustique variable en fonction de la vitesse de l’air et du réglage de la bouche précisée sur
des courbes fournies par le constructeur. Cette puissance acoustique devient sensible dès que la vitesse
de l’air au niveau de la bouche dépasse 3 m/s.
9.2. LES SILENCIEUX
Les silencieux sont des systèmes placés dans un conduit où circule l’air, ou un autre gaz, et qui sont
destinés à réduire la puissance acoustique transportée par ce gaz.
Un silencieux est caractérisé par son atténuation en décibels, qui est fonction de la fréquence.
Le silencieux le plus simple est le conduit absorbant : simple conduit dont les parois intérieures ont été
revêtues d’un matériau absorbant.

Figure 9.3 • Traitement absorbant de l’intérieur d’un conduit.

L’atténuation du son dans un conduit absorbant dépend de la section du conduit et de l’indice α du


matériau pour la fréquence considérée. Elle s’exprime en décibels par mètre de conduit et se calcule de
la manière suivante :

Atténuation/m = P/S × n.

P est le périmètre intérieur du conduit en mètres : P = 2h + 2l.


S la section intérieure du conduit en mètres carrés : S = h × l.
Plus la section est aplatie, plus P/S est grand.
Le nombre n est peu différent de α et en dépend, selon la courbe suivante :
Abaque 11 • Variation de n en fonction de α.

Prenons, par exemple, un conduit dont la section de 400 cm² est carrée (20 cm par 20 cm ou 0,20 m) si α
= 0,6, l’atténuation sera d’environ 10 dB/m.
Pour une section aplatie de 80 cm par 5 cm, l’atténuation sera de près de 22 dB/m.
Cependant, cette dernière disposition n’est valable que si la vitesse de l’air est faible. En effet, le
frottement de l’air contre le matériau est source de turbulence et donc de bruit. Un silencieux peut
produire autant de bruit qu’il en réduit.
Les absorbants à base de fibres doivent être protégés par une fine grille (grillage à moustique tendu, tôles
perforées ou tôles microperforées pour les plus grandes vitesses).
Pour de fortes efficacités, il est possible de diviser la section par des lames absorbantes, par exemple.
Industriellement, de tels dispositifs existent avec des lames profilées pour limiter la turbulence. Dans le
cas de conduits circulaires, on utilise des cylindres concentriques.
Figure 9.4 • Silencieux à lames : a) coupe ; b) plan.

Un coude placé dans un conduit apporte une atténuation supplémentaire (de l’ordre de 2 à 6 dB) : c’est le
principe des silencieux à chicanes valables pour les faibles vitesses d’air, car ils sont sources de pertes
de charges.

Figure 9.5 • Silencieux à chicanes.

Il existe d’autres systèmes de silencieux, plus particulièrement adaptés aux fréquences graves, et basés
sur les effets de filtrage produits par les résonateurs formés par de brusques changements de section et de
volume d’un conduit.
Le système le plus simple et le plus utilisé est la chambre d’absorption (ou caisson silencieux).
Figure 9.6 • Chambre d’absorption.

L’efficacité du système aux fréquences aiguës est liée au traitement absorbant des parois et à l’angle θ de
la figure ci-dessus, tandis que l’efficacité dans les graves fait appel à un calcul plus complexe (analogie
électrique). L’avantage de ce système est qu’il produit peu de pertes de charges.
Des silencieux peuvent aussi être placés dans les murs : ils équipent les entrées d’air en façade et peuvent
équiper des bouches de ventilation.

Figure 9.7 • Bouche d’aération traitée par des persiennes absorbantes.


9.3. LA CONCEPTION ACOUSTIQUE DES INSTALLATIONS DE
VENTILATION
Le bruit de ventilation est le résultat du mauvais rendement aéraulique de l’installation. Une installation
silencieuse est celle qui fait fonctionner le ventilateur dans les meilleures conditions de rendement (large
dimensionnement) et réduit au minimum les pertes de charges.
Les seuls silencieux utilisés sont d’abord ceux qui n’apportent pas de pertes de charge : les caissons (ou
chambre d’absorption) placés en souche, au niveau du coude. Le traitement de ce caisson de souche (en
terrasse ou sous les combles) dans une installation collective est un plus, mais le matériau risque d’être
rapidement encrassé et doit être protégé par un film étanche qui limite son efficacité. Il doit exister
plusieurs mètres de longueur de conduit entre le ventilateur et la première bouche située dans un
logement.
Figure 9.8 • Une installation de ventilation silencieuse (voir les restrictions sur l’usage de matériau absorbant).

Le caisson du ventilateur fait lui-même office de silencieux, et il est souhaitable qu’il soit de grand
volume et il en est de même du caisson de souche. Le traitement des caissons est un plus qui n’est pas
sans inconvénients.
La bouche d’extraction elle-même a un rôle de silencieux. Elle doit être à la fois isolante et silencieuse.
Cet isolement est lié à la bouche et à la distance de conduit entre bouches : dès lors, un même conduit ne
peut pas desservir une mitoyenneté horizontale, et, par ailleurs, deux bouches raccordées en vis-à-vis sur
un conduit principal forment un parfait téléphone.
Il n’est pas souhaitable d’avoir à ajouter des silencieux supplémentaires qui seraient sources de pertes de
charges supplémentaires et nuiraient au rendement du ventilateur.
L’ensemble moto-ventilateur est une source de vibrations qu’il faut isoler par une suspension
généralement associée à une dalle d’inertie.
Éviter de placer une source de vibration au centre d’une dalle de plafond et rechercher un appui rigide tel
qu’un mur de refend.
9.4. LES CLIMATISEURS (BRUIT À L’INTÉRIEUR DU BÂTIMENT)
Les climatiseurs individuels sont composés de deux éléments, l’un intérieur, l’autre extérieur (qui sera
traité chapitre 10). Tous deux sont caractérisés par leur puissance acoustique.
Rappelons que le niveau de pression acoustique dans un local de 30 m3 est de 4 dB inférieur au niveau de
puissance acoustique (pour la durée de réverbération de 0,5 s).
Le niveau de puissance acoustique de l’élément intérieur varie en fonction de la vitesse du ventilateur. Le
choix du matériel se fait en fonction du niveau de confort recherché et dépend de l’environnement sonore
du bâtiment (bruit de fond).
Pour une chambre à coucher en site calme, on visera pour la nuit un niveau de pression acoustique de 25
dB(A), alors que 35 dB(A) seront tolérés de jour, ou même la nuit, en présence de bruit routier.
Le bruit de l’unité extérieure peut être transmis à l’intérieur par la structure du bâtiment, si la
désolidarisation n’est pas assurée par une fixation sur plot antivibratoire, et par la pose d’un manchon
élastique et isolant thermique autour de la canalisation frigorifique lors de sa traversée de la paroi.
LOCAUX PUBLICS, LIEUX DE TRAVAIL ET CIRCULATIONS
COMMUNES DES HABITATIONS
10 LE TRAITEMENT ACOUSTIQUE DES LOCAUX
10.1. UTILITÉ D’UN TRAITEMENT ACOUSTIQUE
En pénétrant dans une pièce vide, sans meubles, et dont les fenêtres sont closes, on perçoit
immédiatement la résonance due à la réverbération. Le moindre son prend de l’importance, la discrétion
est impossible. Vis-à-vis du son, la pièce se comporte comme si tous ses murs étaient couverts de
miroirs.
Il suffit de placer dans cette pièce un tapis épais et un large fauteuil couvert d’un tissu matelassé pour que
l’ambiance acoustique soit transformée. Dans un logement, la réverbération est corrigée par le mobilier.
La réverbération, dans un local, a pour effet de prolonger la durée des sons brefs et de renforcer le niveau
sonore.
Dans une pièce où l’aire d’absorption A est de 10 m², on entend pratiquement en tout point, comme si on
se trouvait à moins d’un mètre de la source sonore. Cela n’est pas sans avantage, car cela permet de
converser sans élever la voix et de ne pas forcer sur le volume de la radio ou de la télévision. Si cette
aire d’absorption n’était que de 1 m², le niveau sonore dans la pièce serait renforcé de 10 dB et cela
risquerait d’être gênant.
Les enfants aiment crier dans les espaces réverbérants. Dans les halls d’immeubles et les cages
d’escalier, la réverbération peut poser des problèmes de voisinage, et c’est pour cette raison que la
réglementation acoustique préconise le traitement acoustique des parties communes des immeubles
d’habitation.
La première fonction du traitement acoustique est de réduire le niveau sonore dans un local contenant une
machine bruyante. Dans ce cas, ce sont les premiers mètres carrés de matériau absorbant qui sont
importants, sachant que l’on ne réduit le niveau sonore que de 3 dB en doublant l’aire d’absorption.
Pour que le niveau sonore dans le local soit proche de celui qui existerait à 1 m de la machine, si elle
était placée dehors, donc sans réverbération, il faudrait une aire d’absorption de 25 m² (soit plus de 40
m² d’un produit dont le facteur d’absorption serait, en moyenne, égal à 0,6).
Aire d’absorption du local Distance à laquelle la machine, placée dehors, produirait le
même niveau sonore
6 m² 0,5 m
25 m² 1 m
100 m² 2 m
400 m² 4 m
900 m² 6 m
1 600 m² 8vm

EFFET « MASQUE »
Le bruit ambiant masque la parole, la distance à laquelle deux personnes ne peuvent plus
converser est révélatrice du bruit de fond.
Figure 10.1 • Relation entre le niveau de bruit de fond et la distance maximum permettant à deux personnes de converser normalement
lorsqu’elles sont dehors. La réverbération d’un local réduit considérablement cette distance.

Lorsqu’un grand nombre de personnes sont réunies dans une salle, il arrive que le niveau sonore produit
par les conversations et réverbéré par la salle devienne si important qu’il est impossible de se
comprendre. Chacun étant amené à élever la voix, la situation devient insupportable. Jadis, on palliait ce
problème en adoptant une grande hauteur de plafond et en garnissant les fenêtres de lourds rideaux et les
murs de tentures.
Aujourd’hui, la pose d’un plafond acoustique peut résoudre le problème.
Autre cas : les piscines couvertes sont des lieux très réverbérants, l’eau étant un parfait miroir acoustique
et la piscine un lieu où les enfants aiment pousser des cris. Un traitement absorbant s’impose. Il existe des
plafonds acoustiques spécialement dédiés au traitement des piscines.

La pose d’un plafond suspendu peut favoriser le refroidissement de la toiture si elle n’est pas isolée,
et il peut être utile de faire circuler la ventilation au-dessus du plafond pour éviter les
condensations.
La seconde fonction d’un traitement absorbant est d’améliorer l’intelligibilité de la parole dans la salle.
En effet, en prolongeant la durée des sons, la réverbération crée un effet masque obligeant à parler très
lentement et pouvant rendre toute parole incompréhensible pour quelqu’un situé au fond de la salle.
La surface S de matériau absorbant à mettre en place est obtenue en divisant l’aire d’absorption A
nécessaire par l’indice αw du matériau choisi :

S = A/αw

La valeur de αw est fournie par les fabricants. On trouvera en annexe C une liste de valeurs donnée à titre
indicatif.

UN PETIT PROBLÈME DE VOCABULAIRE


L’Europe a adopté le terme indice d’absorption pour αw.
Le terme physique facteur d’absorption est dédié à une valeur théorique de α.
Les acousticiens utilisent fréquemment le terme incorrect de coefficient d’absorption. Il
représente ce même indice.

Pour une bonne intelligibilité de la parole, on peut conseiller, en fonction du volume de la salle, les aires
d’absorption A suivantes :

Figure 10.2 • Courbe indiquant l’aire d’absorption conseillée en fonction du volume de la salle pour une bonne intelligibilité de la parole. Salle
moyenne.
Figure 10.3 • Courbe indiquant l’aire d’absorption conseillée en fonction du volume de la salle pour une bonne intelligibilité de la parole. Grande
salle.

OBSERVATION
Les personnes présentes dans une salle absorbent de l’énergie acoustique. Un individu représente
une aire d’absorption de l’ordre de 0,5 m² ou plus suivant son habillement. Dans les salles de
spectacle, on utilise des fauteuils représentant la même aire d’absorption qu’un individu afin que
l’acoustique de la salle ne change pas, qu’elle soit pleine ou vide.
Le cinéma et les musiques amplifiées exigent une correction encore plus forte de la réverbération, ce qui
conduit à majorer d’au moins 30 % les aires d’absorption précédentes, alors que la musique
instrumentale exige plus de réverbération et permet de réduire d’environ 40 % ces mêmes aires
d’absorption.
10.2. CAGES D’ESCALIER ET AUTRES PARTIES COMMUNES
Ce sont les seuls lieux des bâtiments d’habitation où la réglementation acoustique prescrit un traitement
acoustique : l’aire d’absorption, relative au αw de l’absorbant, doit y être au moins égale au quart de leur
surface au sol. Pour les cages d’escaliers, il s’agit de la surface au sol de chaque étage.
Le choix de l’absorbant est un compromis entre maintenance et performance acoustique. Cet absorbant
peut être posé au plafond ou sur les murs.
Si la cage d’escalier est en dehors de l’enveloppe thermique du bâtiment, l’aire d’absorption peut être
constituée de surfaces ouvertes sur l’extérieur.
Pour les écoles, les règles (voir annexe E) exigent que l’aire d’absorption totale soit au moins égale à la
moitié de la surface au sol pour les circulations, halls et préaux d’un volume inférieur à 250 m3 (sauf cage
d’escalier encloisonnée).
Pour les volumes supérieurs, la règle consiste à limiter la durée de réverbération (moins de 1,2 s entre
250 et 512 m3).
Dans le cas des préaux, la surface ouverte sur l’extérieur représente une surface absorbante. La règle est
de ne prendre en compte que 80 % de ces surfaces dans l’estimation de l’aire d’absorption.

Figure 10.4 • Règle pour le traitement acoustique d’un préau.

La surface absorbante S3 est donnée par la formule suivante :

S3 = (0,5 S1 - 0,8 S2) / αw


10.3. LOCAUX TECHNIQUES
Le traitement acoustique des chaufferies ou autres locaux techniques est un moyen de réduire le niveau
sonore. Les bétons de fibres végétales en coffrages perdus sont souvent utilisés en plafond.

OBSERVATION
Un traitement acoustique peut perturber le refroidissement du local par ses propriétés d’isolation
thermique.
10.4. BUREAUX
Le mobilier de bureau est généralement très peu absorbant et la pose d’un plafond acoustique est
nécessaire pour assurer le confort. Un plafond de facteur d’absorption de 0,8 à 2,5 m de hauteur permet
d’assurer une durée de réverbération T de 0,5 s, ce qui est parfait. S’il était placé à 3 m, T serait égal à
0,6 s, ce qui reste acceptable.
Les bureaux ouverts (ou bureaux paysagers) nécessitent un traitement acoustique plus important afin
d’isoler entre eux les différents postes de travail : écrans entre postes et panneaux verticaux absorbants
en plafond, par exemple.

Figure 10.5 • Un plafond suspendu à baffles verticaux.


10.5. SALLES DE CLASSE ET SALLES DE CONFÉRENCE
Pour les salles de classe, la règle est la suivante :
Pour les locaux de moins de 250 m3 : 0,4 = < T = < 0,8 s.
Pour les locaux de plus de 250 m3 : 0,6 = < T = < 1,2 s.
Règles compatibles avec les aires d’absorption préconisées précédemment pour une bonne intelligibilité
de la parole.
La pose de l’absorbant ne doit pas nuire à une bonne écoute au fond de la salle, et on ne doit pas traiter
les surfaces qui apportent des réflexions utiles à cette écoute.
Les rayons sonores réfléchis utiles à une bonne écoute sont ceux dont la longueur n’excède pas de plus de
12 m celle du rayon sonore direct (le retard de l’arrivée du son doit rester inférieur à 34 millièmes de
seconde).
Pour les salles de conférence, une différence existe si l’on choisit une assistance par haut-parleur plutôt
qu’une acoustique naturelle, ce qui conduit à majorer d’environ 30 % les surfaces absorbantes. Ce
dernier choix est justifié par l’usage des moyens audiovisuels. Un compromis peut être obtenu par l’usage
de rideaux absorbants (donc lourds) pour obscurcir la salle.

Figure 10.6 • Exemple de disposition d’un traitement acoustique conservant le caractère réfléchissant des surfaces utiles.
10.6. SALLES DE RESTAURATION ET CANTINES SCOLAIRES
Dans une salle de restaurant, il faut pouvoir parler à son voisin sans être obligé de hausser la voix pour
couvrir le bruit des conversations des tables voisines.
Deux outils peuvent être mis en œuvre :
– les écrans entre tables : ils permettent de réduire les interactions entre tables. Ils doivent être étanches
et présenter une masse au moins égale à 10 kg/m². Ils peuvent être réfléchissants ou, mieux, être revêtus
dans leur partie supérieure (derniers 30 cm, par exemple) d’un matériau absorbant ;
– le traitement absorbant du plafond : si la hauteur du plafond le permet, les plafonds acoustiques à
baffles verticaux sont particulièrement bien adaptés au problème et doivent être placés le plus bas
possible.

Figure 10.7 • Exemple de traitement acoustique d’une salle de restauration.

L’Éducation nationale fixe à 1,2 s la durée de réverbération maximale pour les salles de restauration de
plus de 250 m3. Pour celles des hôpitaux, la limite est de 0,8 s.

Figure 10.8 • Détermination des aires d’absorption minimales en fonction du volume d’une salle pour des durées de réverbération de 0,8 s et
1,2 s.
10.7. LES ATELIERS ET LA PROTECTION DE L’OUÏE DES TRAVAILLEURS
Les ateliers sont soumis aux règles particulières de protection de l’ouïe des travailleurs (voir annexe E)
qui limitent le niveau d’exposition LAeq (voir paragraphe 1.2.3) à 85 dB(A), calculés sur une référence de
huit heures de travail. Les ateliers bruyants, où le niveau d’exposition 85 dB(A) risque d’être dépassé,
doivent recevoir une correction acoustique soumise à une règle très particulière : une loi de décroissance
du niveau sonore exprimé en dB(A), en fonction de la distance des sources de bruit. L’intervention d’un
bureau d’étude spécialisé est obligatoire. Seuls échappent à la règle les ateliers dont les murs doivent
être lavés (laiteries, par exemple).
En dehors du contexte réglementaire, le traitement acoustique des ateliers reste à conseiller.
Rappelons, à titre de comparaison, que, lorsque l’on est situé en rase campagne, la loi de décroissance
théorique est de 6 dB par doublement de distance.
Si l’atelier est vide, cette loi de décroissance doit être au moins égale à 2 dB par doublement de distance
si la surface de l’atelier est inférieure à 210 m² et 4 dB par doublement de distance si cette surface est
supérieure à 4 500 m², les surfaces intermédiaires répondant à une loi de décroissance comprise entre les
deux valeurs précédentes (voir texte et formules en annexe E).
Après installation des machines, la loi de décroissance doit être au moins égale à 3 dB pour un local de
moins de 210 m² et à 4 dB pour un local de plus de 1 000 m².
Pour obtenir ce résultat, les principes à mettre en œuvre sont semblables à ceux décrits dans le cas des
restaurants et des bureaux ouverts : traitements absorbants et écrans absorbants représentant des obstacles
à la propagation du son.
Le tableau suivant indique les surfaces minimales d’absorption en fonction de la distance sur laquelle est
mesurée la décroissance, c’est-à-dire la plus grande dimension de l’atelier.
Si une décroissance équivalente à 2 dB par doublement de distance peut être obtenue aisément par un
traitement absorbant, on remarque que les surfaces d’absorbant nécessaires deviennent très importantes
dès que l’on recherche une plus forte décroissance : l’usage d’écrans acoustiques est un complément
indispensable pour obtenir une décroissance supérieure à 2 dB, et le traitement acoustique des grands
ateliers est une affaire de professionnels.

Distance maximale de respect de la décroissance dans un atelier vide,


en fonction de son aire d’absorption
Aire d’absorption A Décroissance 2 dB Décroissance 3 dB
100 m² 10 m 4 m
150 m² 20 m 6 m
200 m² 30 m 8 m
250 m² 40 m 10 m
300 m² 50 m 12 m
400 m² 70 m 16 m
500 m² 100 m 20 m
600 m² 120 m 25 m
800 m² 35 m
1 000 m² 40 m

Figure 10.9 • Exemple de traitement acoustique d’un atelier.

Les écrans acoustiques pour ateliers sont des éléments déplaçables, relativement simples à réaliser.
Si on ne cherche pas un fort isolement (10 dB environ), ils peuvent être entièrement constitués du
matériau absorbant associé à une structure porteuse. À proximité d’une machine bruyante, on placera un
écran à âme pleine, plus isolant.

Figure 10.10 • Exemples d’écrans pour ateliers.


10.8. SALLES DE SPORT ET SALLES POLYVALENTES
Les conditions acoustiques des salles de sport sont définies dans l’arrêté « relatif à la limitation du bruit
dans les établissements de loisirs et de sports pris en application de l’article L. 111-11-1 du Code de la
construction et de l’habitation (voir annexe E).
Le traitement acoustique des équipements sportifs répond aux règles de traitement des grands halls. Il
existe des produits absorbants spécifiques résistant aux chocs et permettant la pratique des jeux de ballon.

Figure 10.11 • Aire d’absorption conseillée en fonction du volume d’un gymnase.


Figure 10.12 • Exemple de traitement acoustique d’un gymnase.

Les gymnases font fréquemment office de salles polyvalentes sans avoir été étudiés pour cet emploi :
systèmes de chauffage bruyants, proportions mal adaptées à de bonnes conditions d’écoute, haut-parleurs
trop éloignés des spectateurs. Une étude acoustique est nécessaire au niveau de leur conception.

Figure 10.13 • Exemple de gymnase transformable en salle de spectacle de bonne acoustique.


Le traitement est limité à la partie supérieure des murs et au plafond. Les gradins du gymnase apportent des réflexions non
géométriques limitant les réflexions multiples sur les baies vitrées, elles-mêmes occultées par des rideaux. Les sièges sont stockés sous
la scène.
10.9. HOME CINÉMA
L’usage du home cinéma n’est pas sans poser des problèmes acoustiques.
Le premier concerne la transmission sonore chez les voisins. Il s’agit, dans un premier temps,
d’améliorer l’isolement : étanchéité et doublage de paroi. Certains haut-parleurs peuvent émettre des
fréquences graves par transmission « solidienne ». La solution est de suspendre ou de poser les enceintes
par l’intermédiaire d’un système élastique (tendeurs en cas de suspension au plafond).
Enfin, l’usage de locaux vides (garage ou sous-sol) implique une correction acoustique.
Attention, il est préférable d’éviter (sauf avis contraire du fabricant) le collage rigide sur une paroi d’un
matériau de correction acoustique, afin de ne pas risquer de dégrader l’isolement acoustique (voir
paragraphe 3.3).

LE MYTHE DES BOÎTES À ŒUFS


On attribue des qualités acoustiques aux boîtes à œufs collées sur les parois. En matière
d’isolement, on ne doit rien en attendre. En matière de correction acoustique, si les reliefs sont
capables d’adoucir les réflexions des fréquences aiguës, les caractéristiques d’absorption sont
faibles et peu probantes pour une correction de la réverbération.

Figure 10.14 • Exemple de traitement absorbant d’une paroi.


ENVIRONNEMENT
11 LA PROTECTION DU VOISINAGE
11.1. RÈGLES CONCERNANT LES SOURCES DE BRUIT RAYONNANT À
L’EXTÉRIEUR
Les sources de bruit rayonnant à l’extérieur sont divisées en plusieurs catégories répondant à des
réglementations spécifiques.
Les bruits des infrastructures de transport : routes, rails et aéroports sont soumis à des règles de
protection des riverains pour les infrastructures nouvelles et, dans certaines conditions, les infrastructures
existantes. Les documents d’urbanisme définissent différentes zones de bruit et fixent les contraintes
d’isolement pour les nouveaux bâtiments qui seraient construits dans chacune de ces zones.
Les bruits issus des établissements classés en matière d’environnement, ceux des lignes électriques, des
installations nucléaires et des installations de la défense nationale sont soumis à des règles particulières.
Les bruits de voisinage concernent tous les bruits issus d’un bâtiment et ses espaces extérieurs privés et
émis par ses équipements et l’activité qui y est exercée. Ils concernent aussi bien l’habitation que les
activités industrielles et commerciales. Ils sont sous la responsabilité des maires des communes, qui
peuvent fixer des règles particulières et autoriser des dérogations (dans le cas de manifestations festives,
par exemple). Ils sont réglementés par le code de la santé publique et contrôlés par les services
d’hygiène communaux ou départementaux. Ils sont soumis à des limites relatives basées sur la notion
d’émergence.
11.2. LES RÈGLES D’ÉMERGENCE
Le code de la santé publique (articles R1334.31 à R1334.37) définit deux types d’émergences :
l’émergence globale et l’émergence spectrale.
L’émergence globale d’un bruit de voisinage est mesurée en dB(A). C’est la différence entre deux
mesures du niveau sonore dans un lieu donné (la terrasse ou le jardin du voisin de la source de bruit, par
exemple). La première mesure est réalisée en présence du bruit considéré, appelé « bruit
perturbateur ». La seconde, en l’absence de ce bruit, concerne le bruit ambiant, appelé « bruit
résiduel ». Le bruit résiduel est la somme de tous les bruits existant dans le cadre de l’utilisation normale
du lieu.
Les limites réglementaires de l’émergence globale dépendent de la durée de présence du bruit
perturbateur, elles sont résumées dans le tableau page suivante.
Durée cumulée d’apparition du bruit Limite de l’émergencele jour (7 h-22 h) en Limite de l’émergence la nuit (22 h-
dB(A) 7 h) en dB(A)
8 heures ou plus 5 dB 3 dB
de 4 à 8 heures 6 dB 4 dB
de 2 à 4 heures 7 dB 5 dB
de 20 minutes à 2 heures 8 dB 6 dB
de 5 minutes à 20 minutes 9 dB 7 dB
de 1 minute à 5 minutes 10 dB 8 dB
1 minute ou moins 11 dB 9 dB

L’émergence spectrale correspond à la même différence que précédemment, mais mesurée par octave.
Les limites sont de 5 dB dans les octaves 500 Hz, 1 000 Hz, 2 000 Hz, 4 000 Hz et de 7 dB dans les
octaves 125 Hz et 250 Hz (fréquences graves). La prise en compte de la durée est la même que pour
l’émergence globale.
Cette seconde règle, qui concerne spécialement les bruits d’équipements, pénalise plus fortement les
bruits particulièrement marqués par des sons centrés sur une fréquence précise telle que les sifflements
(fréquences aiguës), les grondements (fréquences graves). Les ventilateurs émettent, en particulier, une
fréquence égale à leur vitesse de rotation (en tours par seconde) multipliée par leur nombre de pales ? Si
cette fréquence dépasse 88 Hz (limite de l’octave 125 Hz), elle est pénalisée.
Par exemple, un ventilateur à quatre pales tournant à 300 tours par minute, soit 5 tours par seconde,
va émettre une fréquence de 20 Hz, trop basse pour être pénalisante. S’il tournait à 1 500 tours par
minute, il serait pénalisé.
Cette législation, particulièrement sévère lorsque l’on se trouve en zone calme, assure une forte
protection du voisinage, mais reste très délicate à appliquer. Dans la pratique du bâtiment, on doit
s’assurer qu’aucun équipement n’est audible par le voisin.
Il reste des limites de niveau sonore en dessous desquelles on ne peut pas se plaindre :
– 30 dB(A) à l’extérieur du logement ;
– 25 dB(A) dans le logement avec la fenêtre ouverte ou fermée.
Rappelons à titre référence que :
– 25 dB(A) : correspond à la campagne, la nuit, sans vent et en hiver ou bien à l’intérieur d’une pièce très
isolée (on entend les mouches voler) ;
– 35 dB(A) : correspond à une cour fermée, la nuit (on peut se parler à 30 m de distance) ;
– 45 dB(A) : à une rue peu circulée, la nuit (on peut se parler à 15 m de distance).

L’ÉMERGENCE SUBJECTIVE
Le cerveau est capable de repérer le bruit du vol d’un moustique physiquement masqué par les
autres bruits. C’est qu’il a appris à le reconnaître et à réagir face au danger qu’il représente.
À l’inverse, il peut gommer des bruits considérés comme habituels (on peut apprendre à ne
plus entendre son réveil).

Les établissements émettant des musiques amplifiées sont soumis à des règles particulières.(décret n°98-
1143 du 15 décembre 1998 en application de l’article 6 de la loi du 31 décembre 1992).
11.3. VENTILATEURS, CLIMATISEURS ET POMPES À CHALEUR
Le bruit de ventilateur est le principal composant du bruit émis par un bâtiment.
Il est présent dans l’extracteur d’une ventilation mécanique ou dans les groupes aéroréfrigérants des
climatiseurs, des pompes à chaleur ou des chambres froides des commerces.
Il est donc très important de choisir du matériel silencieux, et plus particulièrement dans le cas où le site
est très calme, et de limiter la vitesse de rotation du ventilateur en dimensionnant généreusement le
matériel.
La seconde précaution est dans le choix du lieu d’implantation de la partie extérieure de l’équipement.
Deux éléments sont à prendre en considération : le prospect vis-à-vis du voisin (vision directe et
distance) et le niveau de bruit préalable.
Par exemple, le ventilateur d’une chambre froide sera difficilement accepté s’il rayonne dans une cour
fermée (et donc calme) entourée de logements, alors qu’il ne posera aucun problème (autre qu’esthétique)
s’il est orienté vers une rue bruyante.
Les groupes d’extraction de ventilation mécanique sont généralement situés en toiture, et le problème peut
se poser pour les logements dominant cette toiture. En cas de problème, il est toujours possible d’ajouter
un dispositif silencieux au niveau du soufflage.
Les écrans acoustiques sont bien adaptés à la résolution des problèmes de bruit liés aux pompes à chaleur
et climatiseurs situés en rez-de-chaussée de maisons individuelles.
Les climatiseurs individuels situés en étage d’immeubles sont sources de problèmes qui ne sont pas
toujours solubles.
La Figure 11.1 donne le niveau de puissance acoustique de différentes pompes à chaleur en fonction de
leur puissance calorifique (origine Promotelec) et montre qu’il existe du matériel silencieux.
Figure 11.1 • Exemples de puissance acoustique de différentes pompes à chaleur en fonction de leur puissance calorifique.

Figure 11.2 • Éviter de placer une source de bruit de ventilation en vision directe d’une maison voisine.
11.4. ÉCRANS DE PROTECTION ACOUSTIQUE
L’écran acoustique est un moyen de réduire le bruit d’un équipement grâce à l’ombre qu’il apporte sur la
propagation (voir paragraphe 1.4.3). À l’aide d’un écran, on peut espérer réduire le niveau de bruit chez
le riverain de 5 à 10 dB, selon les dimensions de l’écran et la situation du riverain, aux conditions
suivantes :
– l’écran doit complètement masquer (visuellement) la source de bruit pour les points à protéger ;
– la plus petite dimension de l’écran doit être au moins de 1,5 m pour être efficace aux fréquences
moyennes et aiguës ;
– l’écran doit présenter un indice d’affaiblissement acoustique supérieur à son efficacité, c’est-à-dire
d’au moins 20 dB. Cela suppose une masse d’au moins 10 kg/m² et des défauts d’étanchéité sur moins
d’un centième de sa surface ;
– les réflexions sonores sur la surface de l’écran ne doivent pas permettre aux rayons réfléchis de
pénétrer dans la zone d’ombre. Ce problème se pose en particulier lorsque la surface de l’écran est
voisine et parallèle à un mur. La solution est soit de briser le parallélisme par des parois inclinées, soit
de traiter la surface de l’écran par un matériau absorbant (dans ce dernier cas, choisir un produit
insensible à l’eau et permettre une bonne circulation de l’air pour qu’il sèche rapidement après pluie).

Figure 11.3 • Les réflexions sonores peuvent fortement amoindrir l’efficacité d’un écran.

Pour éviter les réflexions parasites, on peut réaliser l’écran en panneaux inclinés (dimension minimale de
chaque panneau : 40 cm). Si l’inclinaison de l’écran produit des réflexions sur le sol, il doit être poreux
(graviers, terre bêchée). Il est souhaitable que les côtés de l’écran se referment vers la source, comme
dans le plan suivant (Figure 11.4) :
Figure 11.4 • Conception d’un écran pour réduire le bruit extérieur du ventilateur d’un climatiseur ou d’une pompe à chaleur.

L’écran doit être orienté en fonction de la position de la source. Il peut, par exemple, se refermer sur un
côté.
L’écran peut être rendu absorbant par des panneaux de laine minérale. La grille de protection peut être
constituée par des éléments de persiennes pour une meilleure protection pluviale.

Figure 11.5 • Variante de solution avec écran absorbant.

Si on dispose d’une place suffisante, une butte de terre constitue un excellent écran : pente raide du côté
de la source pour une meilleure ombre, pente douce du côté opposé. Plus la terre restera perméable à
l’air, plus la butte sera efficace : massifs de fleurs et plantes à rhizomes favorisent mieux la porosité que
le gazon.
Figure 11.6 • Solution : butte de terre.

La butte n’est pas adaptée à la protection de riverains qui seraient situés en hauteur (en dehors de la zone
d’ombre), et dans ce cas il est nécessaire de compléter l’écran par une toiture.
Un traitement absorbant de la toiture améliore l’efficacité du système.

Figure 11.7 • Solution couverte pour protéger en hauteur.

Ces mêmes principes sont applicables aux pompes à chaleur éloignées de la maison.
11.5. EFFET DE SOL ET CONDITIONS CLIMATIQUES
Le son se propage très mal au ras d’un sol poreux. C’est ce que l’on appelle l’« effet de sol », qui fait que
l’on entend mieux à l’étage qu’au rez-de-chaussée. Cet effet est neutralisé par le refroidissement du sol et
de l’air à son contact pendant les nuits claires, car les rayons sonores prennent des trajets courbes par un
effet de lentille dû à la stratification de la température de l’air. C’est une condition de nuit d’été, où la
personne dormant la fenêtre ouverte est gênée par le bruit.
Un effet semblable est produit par un vent portant.
L’efficacité d’un écran est peu touchée par cet effet, car la courbure des rayons reste faible.

Figure 11.8 • Courbure des rayons sonore par nuit claire ou par vent portant.

Le soleil ou un vent contraire produisent une courbure inverse et donc une réduction du bruit.
On risque de mal évaluer la légitimité d’une plainte dans ces conditions.

LES ARBRES NE CONSTITUENT PAS DES ÉCRANS ACOUSTIQUES


S’ils peuvent améliorer l’environnement, les arbres laissent les sons circuler librement entre
leurs branches et leurs feuilles. Il faudrait des dizaines de mètres de taillis impénétrables pour
espérer gagner quelques décibels.
En revanche, ils contribuent à apporter des bruits agréables : bruissements de feuilles, chants
d’oiseaux.

Le bruit de chantier fait exception aux règles d’émergence (voir paragraphe 9.2) concernant le bruit de
voisinage à partir du moment où il a été déclaré et autorisé. Le maire a compétence pour limiter les
heures et les jours où des travaux bruyants peuvent être réalisés et le type de matériel ou de technique
autorisé.
Le matériel doit respecter la réglementation acoustique (homologation, plaques indiquant le niveau de
puissance acoustique).
Le code de la santé (décret du 31 août 2006) pénalise l’insuffisance de précautions pour limiter le bruit
de chantier et le comportement anormalement bruyant.
La première précaution consiste à avertir les voisins avant d’entreprendre une phase bruyante du chantier.
Prendre en compte les heures sensibles de la journée (rythme des enfants).
Le stockage des terres de déblaiement peut constituer un écran acoustique provisoire.
Éviter les déchargements bruyants, limiter l’emploi du marteau-piqueur ou perforateur.
Le maître d’ouvrage reste responsable civilement des torts causés au voisinage.

Figure 11.9 • Terres de déblaiement formant un écran provisoire sur le bruit de chantier.
APPLICATIONS
12 EXEMPLES DE LOCAUX LÉGERS À FORT ISOLEMENT
12.1. UN PETIT STUDIO D’ENREGISTREMENT
Il s’agit d’aménager le studio d’enregistrement d’une radio locale sur une surface d’environ 20 m²
disponible dans un immeuble existant. Cette surface est partagée entre le studio proprement dit, d’une
surface d’environ 12 m², et le local technique (Figure 12.1).

Figure 12.1 • Plan d’aménagement d’un studio d’enregistrement.

Figure 12.2 • Coupe verticale sur studio d’enregistrement.

Le principe mis en œuvre est de construire une boîte autonome, posée de manière élastique sur le
plancher et distante de 25 cm ou plus de toute autre paroi.
La base de la construction est une dalle flottante sèche, réalisée, par exemple, en panneaux de particules.
On choisit une sous-couche élastique plus rigide à sa périphérie, raidie par une longrine en bois, pour
tenir compte de la charge de la structure (sous-couche pour cloison).

Figure 12.3 • Détail 1 sur coupe verticale.

Sur les longrines sont fixés les poteaux qui serviront à la fois d’ossature pour les cloisons et de support
pour les solives du plafond.
À l’extérieur de cette ossature et sous les solives du plafond sont fixées deux épaisseurs de plaques de
plâtre de 13 mm sur lesquelles sont posés 4 cm de laine minérale.
À l’intérieur de cette boîte, deux cas se présentent, selon les cloisons :
– les deux cloisons proches des murs du bâtiment reçoivent le traitement acoustique destiné à réduire la
durée de réverbération de la pièce afin de permettre des enregistrements de qualité. Dans un souci de
protection contre le risque d’incendie, le choix s’oriente vers un matériau incombustible : une laine de
roche. Afin d’obtenir des performances aux fréquences graves (enregistrements musicaux), une
épaisseur de 7 cm est choisie, les panneaux venant remplir le vide entre les poteaux ;
Devant les panneaux de laine de roche, on doit placer un parement très perméable à l’air. Le choix d’un
tissu de verre découle d’une simple considération de coût et de facilité de mise en œuvre pour une
solution résistant au feu (des panneaux de laine de roche surfacés par un jute ou un feutre existent sur le
marché).
– les deux autres cloisons sont doublées à l’intérieur par une troisième plaque de plâtre. Une épaisseur de
10 mm est suffisante (BA 10).
Figure 12.4 • Détail 2 sur coupe verticale.

Figure 12.5 • Détail 3 en plan.


Figure 12.6 • Détail 4 en plan.

La cloison séparative du local technique communique avec elle par une baie vitrée constituée par un
vitrage de 8 mm parfaitement encastré dans son dormant à l’aide de mastic et de larges parecloses (détail
1, Figures 12.3, 12.4 et 12.7). Cette cloison sera traversée par des câbles électriques dont les trous de
passage devront être soigneusement mastiqués. Les éventuelles gaines (de faible section) devront être
souples et scellées à leurs extrémités.

Figure 12.7 • Détail 5 sur coupe verticale à la base de la baie vitrée intérieure.

La seconde cloison contient l’ouverture pour la porte d’entrée, s’ouvrant à l’intérieur du local. La
longrine située à la base des parois sert de seuil. La porte, de type porte palière, est pleine et s’appuie,
sur tout son pourtour, sur un joint périphérique (détail 6, Figure 12.8).
À 25 cm ou plus de la cabine du studio qui vient d’être décrite sont placées les deux cloisons sèches qui
peuvent être de type alvéolaire, à condition que leur masse reste supérieure à 30 kg/m².
Dans l’espace entre ces cloisons et la cabine du studio est placée une épaisseur de 16 cm d’une laine
minérale de faible densité.
Face à la porte de la cabine est installée une nouvelle porte identique à la précédente et s’ouvrant à
l’extérieur. Cette porte est surélevée par rapport au sol extérieur afin d’accéder au niveau du plancher du
sas intérieur (voir Figure 12.8). Les parois intérieures du sas et de son plafond sont constituées d’un
simple jute de verre maintenu lâche afin d’assurer une parfaite indépendance entre les parois.

Figure 12.8 • Détail 6 sur coupe verticale en travers du seuil de la porte intérieure.

Côté local technique, c’est un vitrage qui est encastré dans la cloison, face à celui de la cabine du studio.
On choisit un vitrage de 6 mm, épaisseur différente de son vis-à-vis.
Entre les deux vitrages, c’est le même principe que pour le sas : jute de verre sur quatre côtés.
Dans le local technique, on évite tout contact entre la table contenant le matériel d’enregistrement et la
cloison séparative du studio.
Le sol du local technique est protégé des bruits d’impact par un parquet flottant. Une protection vis-à-vis
des bruits d’impact doit exister sur les sols extérieurs au studio (hall d’entrée).
La cloison du local technique contenant sa porte d’entrée est désolidarisée de la cloison entourant le
studio (Figure 12.8) et des feutres sont posés sur le dormant de la porte afin d’amortir le choc de sa
fermeture.
Le studio ainsi réalisé est parfaitement étanche à l’air. Il faut maintenant le ventiler sans nuire à son
isolement.
De nombreuses solutions sont possibles selon l’environnement.
La Figure 12.6 propose une entrée d’air de type ESA 5 scellée dans l’épaisseur du mur et raccordé, par
un conduit souple, à un petit caisson fixé à la cloison du studio et dont les parois intérieures sont
tapissées par un matériau absorbant (voir paragraphe 9.2). Un second conduit, décalé par rapport au
précédent, aboutit à l’entrée d’air de la pièce.
En présence d’une ventilation mécanique, l’extraction de l’air se fera par une bouche située, par exemple,
sur la paroi opposée à l’entrée d’air ou bien en plafond et reliée à un conduit qui sera souple tant qu’il
sera situé entre les deux cloisons, puis rigide et enfermé dans une gaine isolée, à l’extérieur. Le
raccordement à la ventilation mécanique se fera par l’intermédiaire d’un caisson absorbant (la position
du conduit indiquée sur les figures est fictive et pour mémoire).
La Figure 12.9 donne une solution pour la pénétration de l’air à travers la double paroi. Sur chaque paroi
est fixé un petit caisson absorbant contenant une cloison absorbante formant chicane. Suivant la place
dont on dispose, ces caissons sont placés entre les deux cloisons ou à l’extérieur. Un conduit souple relie
les deux caissons. Ce système peut être relié par un conduit à un ventilateur extérieur.

Figure 12.9 • Exemple de système de passage d’air dans une double cloison.
12.2. UN LOCAL DE RÉPÉTITION POUR UN GROUPE DE MUSICIENS
La solution précédente peut parfaitement être adaptée à la réalisation d’un local de répétition pour un
groupe de musiciens. La différence réside dans un volume plus grand, qui amène à construire une ossature
de plus fortes dimensions, et dans l’absence de baie vitrée.
L’usage des instruments électroacoustiques nécessite un traitement absorbant plus important qui conduit à
la pose d’un plafond acoustique.
Les haut-parleurs, s’ils sont placés sur le sol, doivent être posés sur un support élastique (caoutchouc
mousse, par exemple). Un bon moyen consiste à les suspendre au plafond par l’intermédiaire de tendeurs
élastiques.
Cette même solution peut aussi être mise en place dans un local existant. Dans ce cas, la mise en œuvre
sera plus aisée si l’on fixe les plaques de plâtre à l’intérieur de l’ossature et non à l’extérieur, comme
précédemment. La porte d’entrée de la salle sera remplacée par une porte pleine avec seuil s’ouvrant
vers l’extérieur.
Il est, par exemple, possible d’aménager une salle de répétition dans un garage, à condition de doubler
par une cloison le portail initial (penser à doubler la toiture si c’est un simple toit de tuiles).

Figure 12.10 • Local isolé pour groupe de musiciens.

La Figure 12.10 montre une solution dont la structure est autonome et qui pourrait être posée dans un hall
ou un hangar.
Réalisée en bois, elle répond au principe de la « boîte dans la boîte ».
La boîte extérieure est constituée d’une ossature composée de poteaux et poutrelles, entièrement fermée
par des panneaux de fibres de bois ou de contreplaqué d’une épaisseur d’au moins 22 mm et cloués.
Cette structure est posée sur le sol par l’intermédiaire de plots qui doivent être élastiques si le sol est une
dalle qui fait partie de la structure d’un bâtiment.
Une ossature secondaire sert de structure à la boîte intérieure qui est très semblable à celle du paragraphe
précédent.
À sa base, un premier panneau, tel un panneau de fibres de bois de 22 mm d’épaisseur, repose par
l’intermédiaire de plots et de semelles élastiques périphériques sur les solives inférieures de l’ossature
primaire (Figure 12.11) et fait office de plancher. La charge de la boîte intérieure devant être également
répartie entre semelles et plots de même nature.

Figure 12.11 • Détail sur l’angle inférieur.

Figure 12.12 • Détail sur l’angle supérieur.

L’ossature secondaire repose, comme en Figure 12.3, sur des longrines fixées sur les panneaux de
plancher.
Un second panneau, de 22 mm d’épaisseur, est posé « flottant » sur la dalle précédente et sert de support
au revêtement de sol.
Les solives de l’ossature secondaire sont soulagées par des ressorts fixés aux solives de l’ossature
principale et qui permettent d’alléger la structure (Figure 12.12).
Cette boîte intérieure est entièrement fermée sur les quatre côtés et en plafond par deux épaisseurs de
plaques de plâtre de 13 mm (BA 13).
Un traitement absorbant couvre les quatre cloisons, à partir de 1 m de hauteur, et le plafond, par
l’intermédiaire d’un plafond suspendu.
L’espace entre les cloisons et le plafond des deux boîtes, de l’ordre de 30 cm d’épaisseur, contient une
laine minérale sur 16 cm d’épaisseur. Sas d’entrée (Figure 12.10) et ventilation sont conçus comme pour
le premier exemple.
COMPLÉMENTS, ANNEXES

A LES EXEMPLES DE SOLUTIONS ACOUSTIQUES
(APPLICATION DU RÈGLEMENT DE LA CONSTRUCTION,
POUR LES LOGEMENTS NEUFS)

A.1. RAPPEL DE LA RÉGLEMENTATION

Logements neufs : exigences de l’arrêté du 30 juin 1999

Afin de faciliter l’application de la réglementation acoustique, le ministère (Développement durable)


publie, avec l’aide du CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment), des exemples de solutions
répondant aux exigences réglementaires avec une prise en compte particulière des contraintes thermiques
et des variantes en prévision d’une limitation plus sévère des bruits de choc..
Ce document est à la disposition du public sur le site Internet du ministère : www.developpement-
durable.gouv.fr/IMG/pdf/DGALN.
Afin de faciliter la description des produits en fonction de leurs performances, un classement simplifié a
été réalisé, qui est le classement ESA (exemples de solutions acoustiques) dont il est fait mention dans le
présent ouvrage, différent de celui utilisé par la certification européenne.
À titre d’illustration, nous avons extrait quatre de ces exemples.

A.2. SOLUTION 1A (DE BASE)


C’est une solution qui fait appel essentiellement à la masse pour assurer l’isolement entre logements, ce
qui conduit à des parois de masse proche de 450 kg/m².
Cette solution prend en compte différentes variantes de doublage thermique en fonction de la nature de la
façade.
Les cloisons sont sans transmission indirecte, soit du fait de leur mise en œuvre (désolidarisation), soit
du fait de leur nature (faible rigidité).
Les revêtements de sol ont un ΔLw au moins égal à 17 dB dans les logements, 14 dB dans les parties
communes.
Au-dessus des garages, une dalle de 23 cm est améliorée d’au moins 5 dB par le doublage de plafond
dans le cas d’une mitoyenneté avec un local d’activité ou de commerce.

A.3. SOLUTION 5
Cette solution concerne les cloisons intérieures en maçonnerie qui conduisent, pour des questions de
transmissions indirectes, à porter les épaisseurs de dalle béton à 22 cm.

A.4. SOLUTION 9
Dans cette solution, les parois séparatives entre logements sont légères. Leur indice d’affaiblissement RA
doit être supérieur à 64 dB. Une coupure doit exister dans la paroi longeant la circulation commune, à la
jonction avec la paroi séparative.
Les épaisseurs de planchers sont renforcées, comme dans le cas précédent, et le revêtement de sol de la
circulation a un ΔLw au moins égal à 17 dB. En effet, en l’absence de murs de refend, le plancher vibre
plus librement.

A.5. SOLUTION 11
La seule solution bois ne concerne que les maisons en bande. Les immeubles collectifs restent une affaire
de spécialiste. La désolidarisation des structures reste la règle et les plaques de plâtre sont très utilisées.
Solution 1a de base pour niveau de bruit de choc à 58 dB
Solution avec dalle de 23 cm entre garage-local d’activité et logement

Attention pour la conformité avec la Réglementation Thermique, il faut vérifier le respect des
exigences minimales concernant les ponts thermiques entre le plancher intermédiaire et la façade

Refends (plus doublage ESA 4 ou contre-cloison ESA 4 si necessaire en thermique):


• Béton 18 cm
• Blocs de béton NF pleins perforés 20 cm enduits
• Briques pleines de 22 cm apparentes ou enduites.

Façade avec doublage ESA 4 ou contre-cloison ESA 4:


• Béton 16 cm
• Blocs de béton NF pleins perforés 20 cm
• Briques perforées en terre cuite de 22 cm apparentes ou enduites.
Façade avec doublage ESA 3:
• Blocs de béton creux 20 cm sans traitement complémentaire côté doublage
• Briques alvéolaires de 20 cm pour pose à joints épais sans traitement complémentaire côté doublage
Façade avec doublage ESA 5 ou contre-cloison ESA 5:
• Briques à alvéoles verticales de 20 cm à joint mince sans traitement complémentaire côté doublage

Dalle de béton 19 cm
Cloison ESA 4
Revêtement de sol souple ESA 3 ou chape flottante ESA 3 et revêtement de sol indifférent
Revêtement de sol ESA 2
Porte-palière ESA 4
Entrée avec sas et porte-palière ESA 3

Garage:
Dalle de béton de 23 cm et revêtement de sol avec Δ(Rw+C)plancher lourd ≥ 0 dB et ΔLw ≥ 9 dB
Fond de coffrage ou flocage avec Δ(Rw+C)plancher lourd ≥ 2 dB
Local d’activité:
Dalle de béton de 23 cm et revêtement de sol avec Δ(Rw+C)plancher lourd ≥ 0 dB et ΔLw ≥ 9 dB
Doublage horizontal ESA 5

Note: revêtement de sol dur ESA 3 si plancher séparatif entre deux pieces humides (cuisines et salles
d’eau)
Solution 5: cloisons maçonnées ESA 2
pour niveau de bruit de choc à 58 dB

modifiés par rapport à la solution de base

Attention pour la conformité avec la Réglementation Thermique, il faut vérifier le respect des
exigences minimales concernant les ponts thermiques entre le plancher intermédiaire et la façade

Refends (plus doublage ESA 4 ou contre-cloison ESA 4 si necessaire en thermique):


• Béton 20 cm
Façade avec doublage ESA 4:
• Béton 16 cm
• Blocs de béton NF pleins perforés 20 cm
• Briques perforées en terre cuite de 22 cm apparentes ou enduites.
Façade avec doublage ESA 3:
• Blocs de béton creux 20 cm sans traitement complémentaire côté doublage
• Briques alvéolaires de 20 cm pour pose à joints épais sans traitement complémentaire côté doublage
Façade avec doublage ESA 5:
• Briques à alvéoles verticales de 20 cm à joint mince sans traitement complémentaire côté doublage
Façade indifférente avec contre-cloison ESA 2

Dalle de béton 22 cm
Cloison ESA 2
Revêtement de sol souple ESA 3 ou chape flottante ESA 3 et revêtement de sol indifférent
Revêtement de sol ESA 2
Porte-palière ESA 4
Entrée avec sas et porte-palière ESA 3

Garage:
Dalle de béton de 23 cm et revêtement de sol avec Δ(Rw+C)plancher lourd ≥ 0 dB et ΔLw ≥ 7 dB
Fond de contrage ou flocage avec Δ(Rw+C)plancher lourd ≥ 2 dB
Local d’activité:
Dalle de béton de 23 cm et revêtement de sol avec Δ(Rw+C)plancher lourd ≥ 0 dB et ΔLw ≥ 7 dB
Doublage horizontal ESA 5

Note: revêtement de sol dur ESA 3 si plancher séparatif entre deux pieces humides (cuisines et salles
d’eau).
Solution 9: séparatifs légers
pour niveau de bruit de choc à 58 dB

modifiés par rapport à la solution de base

Attention pour la conformité avec la Réglementation Thermique, il faut vérifier le respect des
exigences minimales concernant les ponts thermiques entre le plancher intermédiaire et la façade

Séparatif léger ESA 5


Séparatif léger non filant ESA 5

Façade avec doublage ESA 6:
• Béton 16 cm
• Blocs de béton NF pleins perforés 20 cm
• Briques perforées en terre cuite de 22 cm apparentes ou enduites.
Façade avec doublage ESA 5 ou contre-cloison ESA 5:
• Blocs de béton creux 20 cm sans traitement complémentaire côté doublage
• Briques alvéolaires de 20 cm pour pose à joints épais sans traitement complémentaire côté doublage

Dalle de béton 21 cm
Cloison ESA 4
Revêtement de sol souple ESA 3
Revêtement de sol ESA 3
Porte-palière ESA 4
Entrée avec sas et porte-palière ESA 3
Garage:
Dalle de béton de 23 cm et revêtement de sol avec Δ(Rw+C)plancher lourd ≥ 0 dB et ΔLw ≥ 9 dB
Fond de coffrage ou flocage avec Δ(Rw+C)plancher lourd ≥ 2 dB
Local d’activité:
Dalle de béton de 23 cm et revêtement de sol avec Δ(Rw+C)plancher lourd ≥ 0 dB et ΔLw ≥ 9 dB
Doublage horizontal ESA 5

Note: revêtement de sol dur ESA 3 si plancher séparatif entre deux pieces humides (cuisines et salles
d’eau).
Solution 11: maisons en bande ossature bois
pour niveau de bruit de choc à 58 ou 55dB
Ossature bois Dalle portée en rez-de-chaussée

La dalle rez-de-chaussée sur vide sanitaire doit être isolée thermiquement

Refend à double ossature bois indépendante et contreventement côté intérieur logement


Chaque demi-refend: 2 couches de plaques de plâtre d’épaisseur d’au moins 12.5 mm vissées sur liteaux
bois verticaux ou horizontaux ménageant une lame d’air de 25 mm, pare-vapeur, panneau de
contreventement en OSB d’épaisseur supérieure à 12 mm, ossature bois 140x45 mm² minimum avec un
entraxe de 400 mm minimum, isolant semi-rigide en laine minérale de 100 mm minimum entre les
ossatures Un espace de 40 mm minimum est ménagé entre les deux ossatures indépendantes

Façade ossature bois ayant une performance Rw+Ctr ≥ 35 dB

Plafond suspendu non obligatoire du point de vue de la réglementation acoustique mais conseillé

1 plaque de plâtre d’épaisseur totale ≥ 12.5 mm sur ossature avec laine minérale d’épaisseur ≥ 200 mm
si mur de refend séparatif montant jusqu’à la charpente, ou 2 plaques de plâtre d’épaisseur totale ≥ 25
mm sur ossature avec laine minérale d’épaisseur ≥ 200 mm si non

Dalle béton 16 cm interrompue entre logements, avec chape flottante ESA 4 ou dalle béton 20 cm avec
revêtement de sol ESA 3

Joint d’isolement

B APPLICATION DE LA MÉTHODE DE CALCUL
EUROPÉENNE DES PERFORMANCES ACOUSTIQUES DES
BÂTIMENTS
La prévision des performances acoustique d’un bâtiment en fonction de celles de ses produits fait l’objet
d’une méthode de calcul précise décrite dans les normes européennes : NF EN 12354-1 à 3.
La mise en œuvre de cette méthode, adaptée à la réglementation française, fait l’objet d’un logiciel édité
par le CSTB : Acoubat Sound.

B.1. ACOUBAT SOUND


Acoubat Sound permet l’évaluation des isolements acoustiques aux bruits aériens et des bruits d’impacts
dans les bâtiments.
À partir d’une modélisation simple et aisée d’un élément de projet, le logiciel permet de connaître ses
performances acoustiques, d’analyser les chemins de propagation et de corriger le projet de manière
interactive.

Figure B.1 • Modélisation 3D d’un élément de bâtiment dans Acoubat Sound.

Pour comparer les performances acoustiques entre plusieurs produits du marché, le logiciel met à la
disposition de ses utilisateurs une base de données contenant plus de 2 000 produits récents, avec des
entrées croisées par familles de produits et par fabricants, et plus de 3 000 performances.
Figure B.2 • Analyse des différents chemins de propagation à l’aide d’Acoubat Sound.

En plus de cette évaluation, le logiciel permet de se rendre compte « à l’oreille » du résultat, grâce à un
système de simulation d’écoute utilisant la carte son du PC. Le logiciel comporte aussi de nombreux
textes de référence (textes réglementaires, exemples de solutions acoustiques…). Une mise à jour de la
réglementation en vigueur est assurée périodiquement. Il en est de même pour la base de données de
produits.

B.2. AUTRES OUTILS


La méthode européenne fait aussi l’objet d’un logiciel allemand : Bastian, moins adapté à la
réglementation française.
L’association Qualitel a développé une méthode d’évaluation simplifiée permettant d’évaluer les
transmissions indirectes : le référentiel de la Certification Qualitel.
Réf. : Association Qualitel, 136 boulevard Saint-Germain, 75006 Paris (www.qualitel.org)

C ABSORPTION ACOUSTIQUE DE DIFFÉRENTS PRODUITS

Nous donnons dans les tableaux suivants l’indice d’absorption acoustique pondéré αw de différents
matériaux et systèmes, estimé selon la norme ISO 11654 : 1997(F).
Ces valeurs, issues de différentes mesures, sont données à titre indicatif, et on remarquera que certains
produits dont la description peut paraître semblable peuvent avoir des performances très différentes. Pour
une valeur précise, on devra consulter la notice technique d’un fabricant, généralement disponible sur le
site Internet.
Les lettres A, B, C, D, E correspondent au classement européen du produit, fonction de sa performance.
La valeur de αw est complétée par l’indicateur de forme, selon la norme précédente, destiné à signaler,
pour les matériaux concernés, des performances particulières aux fréquences graves (L), moyennes (M),
aiguës (H) qui ne sont pas prises en compte dans le calcul de αw.
Pour ces derniers matériaux, nous avons calculé une valeur de α moyenne que nous avons appelée « alpha
rose », correspondant à l’efficacité du produit pour un bruit rose en dB(A). Cette valeur, que nous
signalons lorsqu’elle est très différente de αw, est adaptée à un traitement acoustique destiné seulement à
une réduction du bruit lorsque des fréquences graves ne sont pas dominantes.
La formule utilisée pour calculer « alpha rose », noté αrose , est la suivante :

αrose = 0,007 α125 + 0,035 α250 + 0,116 α500 + 0,237 α1000 + 0,313 α2000 + 0,292 α4000

α125, α250, α500, α1000, α2000, α4000, sont les indices d’absorption pour les six octaves considérées.
Nous donnons, par ailleurs, des aires d’absorption de personnes et d’objets calculées pour un même bruit
rose et par la même formule :

Arose = 0,007 A125 + 0,035 A250 + 0,116 A500 + 0,237 A1000 + 0,313 A2000 + 0,292 A4000

Surfaces
Murs αw Forme αrose

Briques peintes 0,02 0,02


Vitrages 0,02 0,02
Maçonnerie en blocs de béton + enduit 0,03 0,03
Maçonnerie en briques crépies 0,04 0,05
Chaux sur lattis 0,04 0,04
Crépi 0,04 0,09
Briques brutes 0,05 0,05
Plâtre 0,05 0,05

Sols αw Forme αrose

Marbre 0,01 0,01


Revêtement de sol PVC 2,5 mm 0,01 0,04
Carrelage collé 0,02 0,03
Sol parquet sur béton 0,03 0,03
Revêtement de sol linoléum 0,03 0,04
Parquet ciré 0,05 0,06
Parquet collé 0,06 0,06
Parquet sur lambourdes 0,07 0,06
Parquet sur sous-couche 0,07 0,08
Moquette épaisseur jusqu’à 6 mm 0,09 H 0,25
Tapis liège brut 0,09 0,18
Tapis caoutchouc 6,5 mm 0,10 0,10
Moquette épaisseur de 7 à 10 mm 0,15 H 0,48
Moquette sur thibaude 0,45 0,40
Fenêtres et ameublement αw Forme αrose
Fenêtres (vitrage feuilleté et double vitrage) 0,02 0,04
Bois verni 0,03 0,03
Fenêtres simple vitrage 0,04 0,03
Revêtement mural en liège 0,02 0,15
Draperie coton contre mur 0,13 0,28
Rideaux sur mur 0,40 0,38
Draperie coton plis serrés 0,55 M 0,73

Nota : la colonne « Forme » correspond à l’indicateur de forme. On remarque son influence sur alpha
rose.

Plafonds acoustiques
Matériaux absorbants
Nota : nous avons généralisé le mot plenum à tout vide d’air situé derrière le matériau, qu’il soit en
position horizontale ou verticale. Les valeurs inconnues sont notées nc.

Sièges et occupants d’une salle


Personnes et objets αrose en m²
Sièges en bois rabattables, inoccupés 0,04
Sièges en plastique 0,25
Élève de maternelle (densité 2 élèves/m²) 0,26
Fauteuil de théâtre en bois rabattable, inoccupé 0,30
Élève assis devant un bureau (densité 3 élèves/m²) 0,36
Fauteuil de théâtre recouvert de textile rabattable, inoccupé 0,37
Personne assise sur une chaise bois (2 m²/personne) 0,44
Personne isolée debout 0,49
Sièges capitonnés vides 0,60
Personne assise sur une chaise en bois (1 m²/personne) 0,70
Spectateur 0,75
Sièges capitonnés avec public 0,89

D FORMULES ACOUSTIQUES

Les formules suivantes correspondent aux différents abaques de calcul contenus dans l’ouvrage.
Abaque n° 1 : somme de deux valeurs en décibels
Soit L1 et L2 deux valeurs en décibels à cumuler. Leur somme s’écrit :

Abaque n° 2 : décroissance du niveau de pression acoustique Lp en fonction de la distance d (en


mètres) pour une source de puissance Lw

Lp = Lw − 10 log (2πd2)

Répartition de l’énergie sur une demi-sphère pour une source posée sur le sol et rayonnant dans toutes les
directions. En l’absence de sol, il faudrait retirer 3 dB au résultat.
Abaque n° 3 : relation entre le niveau de pression acoustique Lp dans une salle et le niveau de
puissance Lw de la source, en fonction de A, aire d’absorption équivalente de la salle (en mètres
carrés)

Lp = Lw − 10 log (A)+ 6

Abaque n° 4 : relation entre le niveau de pression acoustique Lp dans une salle et le niveau de
puissance Lw de la source, en fonction du volume V de la salle (en mètres cubes, durée de
réverbération T égale à 0,5 s)

Lp = Lw − 10 log (V)+ 11

A = 0,16V /T = 0,32V (si T = 0,5)

Abaque n° 5 : correction de durée de réverbération

C (T / 0,5) = 10 log (2T )

T étant la durée de réverbération mesurée, en seconde.


Abaque n° 6 : correction de la valeur de Ln,w d’un plancher pour prévoir LnT,w, niveau du bruit de
choc dans la pièce de réception pour le plancher nu, en fonction du volume V (m3) du local de
réception (durée de réverbération de 0,5 s)

LnT,w = Ln,w − 10log (V) +16

Abaque n° 8 : isolement standardisé dû à la seule paroi séparative

DnT,A = RA +10 log (V / S) − 5

V = volume du local de réception (m3). S = surface de la paroi (m²).


Abaque n° 9 : composition des isolements partiels
Si D1 et D2 sont deux isolements partiels à composer, l’isolement résultant total s’écrit :

Abaque n° 10 : valeur à ajouter à l’isolement partiel d’un élément pour tenir compte du volume V
du local de réception (T = 0,5 s)
Valeur à ajouter :

10 log (V) − 15

Abaque n° 11 : atténuation du son dans un conduit aux parois absorbantes


Atténuation en dB/m :

1,05(P / S)α1,4

P est le périmètre interne du conduit en mètres, S sa section en mètres carrés, α le facteur d’absorption
dans l’intervalle de fréquences considéré.

E LE CALCUL ACOUSTIQUE PAR OCTAVE

E.1. LA PONDÉRATION (A)


La pondération (A) prend en compte, de manière approchée, le fait que l’oreille a une sensibilité qui
varie en fonction de la fréquence. Elle est définie avec précision par tiers d’octave et par comparaison à
la sensibilité à la fréquence 1 000 Hz où elle est égale à zéro.
Le tableau suivant donne les valeurs utiles par octave.

E.2. CALCUL D’UN NIVEAU PRESSION ACOUSTIQUE EN DB(A) À PARTIR


D’UN NIVEAU DE PRESSION ACOUSTIQUE PAR OCTAVE
Prenons, par exemple, un bruit décrit par son niveau de pression acoustique par octave :

La première étape du calcul consiste à ajouter la pondération (A) à chaque niveau par octave afin
d’obtenir des niveaux pondérés (tableau ci-dessus).
La seconde étape consiste à cumuler les six valeurs pondérées. Pour cela, deux méthodes sont possibles.
Méthode 1 : utilisation de l’abaque n° 1 pour réaliser le cumul des six valeurs, en commençant par les
plus petites :

Niveau à 125 plus niveau à 250 : 52,5 (+) 63,7 = 64 dB


plus niveau à 4 000 : 64 (+) 66 = 68 dB
plus niveau à 500 : 68 (+) 67 = 70,5 dB
plus niveau à 1 000 : 70,5 (+) 68 = 72,5 dB
plus niveau à 2 000 : 72,5 (+) 68,2 = 74 dB

Le résultat est 74 dB(A).


Méthode 2 : utilisation de la formule de l’annexe B.
On calcule les valeurs de 10L/10 pour chaque valeur pondérée par octave, puis on les additionne
arithmétiquement.

Le résultat est dix fois le logarithme décimal de cette somme :

10 log (2 4431 509) = 73,9 soit : 74 dB(A)

Les résultats de calcul en décibels doivent être arrondis.

E.3. CALCUL D’UN ISOLEMENT À UN BRUIT ROSE À PARTIR DES


ISOLEMENTS PAR OCTAVE
La méthode est semblable à la précédente. Par commodité, on choisit à l’émission un bruit rose de 94 dB
par octave dont la valeur globale est 100 dB(A).
On calcule le niveau pondéré par octave de ce bruit.
On retire de ces valeurs pondérées les valeurs de l’isolement par octave pour obtenir les niveaux
pondérés par octave dans le local de réception.
On cumule, comme précédemment, les six valeurs pour obtenir le niveau en dB(A) dans le local de
réception.
L’isolement DnA est la différence entre le niveau dans le local d’émission et le niveau dans le local de
réception (durée de réverbération de 0,5 s pour chaque octave dans le cas de l’isolement standardisé).
Dans le cas de l’exemple suivant, où les isolements par octave sont respectivement de 50 dB, 45 dB, 52
dB, 60 dB, 68 dB, 72 dB, le niveau en dB(A) dans la pièce de réception est égal à 44 dB(A). L’isolement
est donc égal à :

DnA = 100 – 44 = 56 dB

F RÉGLEMENTATION

Les différents textes concernant la protection acoustique ont été regroupés dans une loi :

La loi n° 92-1444 du 31 décembre 1992 relative à la lutte contre le bruit

F.1. LES DIFFÉRENTS CHAPITRES DE LA LOI


Prévention des nuisances sonores
• sources de bruit (homologation) (articles 2 à 5)
• activités bruyantes (autorisation) (articles 6 à 8)
• pouvoir des maires (articles 9 à 11)
Urbanisme
• recensement des infrastructures de transport bruyantes (article 13)
• construction (article 14)
Protection des riverains d ’infrastructures
• transports terrestres recensement des points noirs (article 15)
• aérodromes (articles 16 à 20)
Contrôle et surveillance
• (articles 21 à 22)
Mesures judiciaires et administratives
• (articles 23 à 27)

F.2. LES RÈGLES D’URBANISME


Bruit de transport terrestre
• loi : 92-1444 (loi Bruit) article 13
• décret : 95-21 classement des voies
• arrêté : 30 mai 1996 (titre 2 isolement acoustique)
• autorité : préfet
Bruit des aérodromes
• loi : 85-686
• décret : 88-315 et 94-236 (plan de gêne sonore)
• circulaire : 19 janvier 1988
• autorité : préfet

F.3. LES RÈGLES DE CONSTRUCTION


Bruit dans les logements NRA (nouvelle réglementation acoustique)
• loi : 92-1444 (loi Bruit) article 14
• arrêté : 28 octobre 1994
• arrêté : 30 mai 1996
• arrêté : 30 juin 1999
• autorité : DHC, préfet
Bruit dans les écoles
• loi : 92-1444 (loi Bruit) article 14
• arrêté : 25 avril 2003 (remplace 9 janvier 1995)
• autorité : DHC, DPP EN, Col. locales
Bruit dans les établissements de santé
• loi : 92-1444 (loi Bruit) article 14
• arrêté : 25 avril 2003
• autorité : DHC, DPP EN, Col. loc.
Bruit dans les hôtels
• loi : 92-1444 (loi Bruit) article 14
• arrêté : 25 avril 2003 (précédent 14 février 1986 et référence 30 mai 1996)
• autorité : C. au tourisme et D C

F.4. BRUITS DE VOISINAGE


Le décret n° 95-408 du 18 avril 1995 relatif à la lutte contre les bruits de voisinage et modifiant le code
de la santé publique
Le décret du 31 août 2006 modifie à nouveau le code de la santé publique avec un texte plus précis
définissant la notion d’émergence et précisant, en particulier, les conditions d’application aux chantiers et
la responsabilité des maîtres d’ouvrage. La principale nouveauté se trouve dans ses conditions
d’application : en effet, il est désormais possible d’effectuer un simple constat sans mesure acoustique.
Des textes en préparation concernent en particulier : tir et ball-trap, sports mécaniques et musique
amplifiée en plein air.

F.5. ÉTABLISSEMENTS CLASSÉS


Loi n° 76663 du 19 juillet 1976 relative aux installations classées pour la protection de l’environnement
et son décret d’application du 21 septembre 1977.
Arrêté du 20 août 1985 et arrêté du 23 janvier 1997 relatifs aux bruits aériens émis dans
l’environnement pour les installations classées.

F.6. ÉTABLISSEMENTS DIFFUSANT DE LA MUSIQUE AMPLIFIÉE


Décret n° 98-1143 du 15 décembre 1998 relatif aux prescriptions applicables aux établissements ou
locaux recevant du public et diffusant à titre habituel de la musique amplifiée (application de l’article 6
de la loi du 31 décembre 1992).
Arrêté du 15 décembre 1998 relatif aux conditions et méthodes de mesurage des niveaux sonores.
Circulaire du 15 décembre 1988 relative aux conditions de mise en œuvre du précédent décret.

F.7. BRUIT DANS LES ATELIERS


Code du travail :
Article L. 231-8.
Articles R. 232-8 à R. 232-8-7, R. 235-2-11.
Code de la sécurité sociale :
Articles L. 422-3 et L. 422-4.
Circulaire du 6 mai 1988 relative à l’application du décret n° 88-405 du 21 avril 1988 relatif à la
protection des travailleurs contre le bruit.
Arrêté du 30 août 1990 pris pour l’application de l’article R. 235-11 du Code du travail et relatif à la
correction acoustique des locaux de travail.
Arrêté du 31 juillet 1992 pris en application de l’article 84 de la loi n° 91-1322 du 30 décembre 1991
relative à la loi de finance pour 1992.

EXTRAITS DES RÈGLES CONCERNANT LES ATELIERS BRUYANTS


« Les ateliers bruyants sont caractérisés par un niveau de pression acoustique continu
équivalent pondéré A, défini par la norme NF S 31-084, supérieur à 85 dB(A) au sens de
l’article R. 235-J 1 du Code du travail. »
« Ces locaux devront être conformes aux prescriptions de la réglementation relative à la
correction acoustique des locaux de travail (arrêté du 30 août 1990 pris pour l’application de
l’article R. 235-11 du Code du travail et relatif à la correction acoustique des locaux de
travail). Les résultats prévisionnels devront être justifiés par une étude spécifique aux
locaux. »
« Les parois des locaux mentionnés » ci-dessus « doivent recevoir une correction acoustique
telle que la décroissance du niveau sonore par doublement de distance à la source, mesurée
dans le local vide de toute machine ou installation de production, atteigne au moins la valeur
donnée par la règle suivante :
DL = 2 dB(A) si S = < 210 m2.
DL = 1,5 log S - 1,5 si 210 < S = < 4 600 m2.
DL = 4 dB(A) si S > 4 600 m2.
S représente la surface au sol du local (en mètres carrés).
DL est exprimée en dB(A).
Lorsque la décroissance du niveau sonore par doublement de distance à la source est mesurée
dans le local après installation des machines et appareils de production, la valeur DL qui doit
être au moins atteinte est donnée par la règle suivante :
DL = 3 dB(A) si S = < 210 m2.
DL = 1,5 log S - 0,5 si 210 < S = < 1 000 m2.
Ce critère doit être respecté, toutes tolérances de mesures incluses.
Ce critère n’est pas appliqué s’il est contradictoire avec les règles d’hygiène particulières
appliquées à certains locaux et qui exigent notamment un nettoyage régulier des parois. »
GLOSSAIRE
A : la lettre A est le symbole de l’aire d’absorption et, lorsqu’elle est entre parenthèses ou en indice, elle indique une valeur globale du niveau
acoustique dont les éléments ont été pondérés en fonction de leur fréquence par le filtre (A), approximation de la variation en fréquence de la
sensibilité de l’oreille.
Absorption acoustique : pénétration, sans réflexion, d’une part de l’énergie acoustique dans la surface d’un matériau.
Facteur d’absorption : rapport entre l’énergie acoustique absorbée et l’énergie totale arrivant sur une surface. Sa valeur ne peut pas
dépasser 1.
Symbole : α (alpha).
Indice d’absorption : valeur approchée du facteur d’absorption découlant d’une mesure de durée de réverbération en salle réverbérante.
Sa valeur peut dépasser 1.(appelé aussi « coefficient d’absorption »).
Indice d’absorption acoustique pondéré : valeur unique indépendante de la fréquence, égale à la valeur à 500 Hz d’une courbe de
référence après translation (ISO 1164 :1997(F)). Symbole : αw.
Aire d’absorption équivalente : surface fictive de facteur d’absorption égal à 1, représentant la même absorption que l’ensemble des
surfaces et éléments contenus dans une salle, ou bien la même absorption qu’un objet. Symbole : A.
Affaiblissement acoustique : réduction de l’énergie acoustique par l’interposition d’un élément sur son chemin de propagation.
Indice d’affaiblissement acoustique d’une paroi : différence en décibels entre le niveau de puissance acoustique arrivant sur la paroi et
celui transmis par cette paroi. Symbole : R.
Amélioration : symbole : Δ, s’applique, en particulier, au renforcement de l’indice d’affaiblissement acoustique par un doublage (noté ΔR) et
à la réduction du bruit de choc par la pose d’un revêtement de sol sur un plancher (noté ΔL).
Bruit : mélange confus de son.
Bruit rose : bruit contenant la même énergie dans toutes les octaves.
Bruit routier : bruit normalisé, plus riche en fréquences graves et moins riche en fréquences aiguës que le bruit rose. Symbole : tr.
Bruit de la machine à choc : bruit produit par une machine à cinq marteaux frappant sur le sol (NF S 31052).
C : terme correctif permettant, en particulier, de passer de l’indice d’affaiblissement acoustique européen Rw à l’indice d’affaiblissement
acoustique pondéré RA (relatif à un bruit rose en dB(A)) de la réglementation française. Ctr permet de passer de Rw à l’indice
d’affaiblissement pour un bruit routier Rtr utilisé pour les isolements vis-à-vis des bruits extérieurs.
D : symbole d’un isolement.
Décibel : nombre sans dimension exprimant sous forme logarithmique le rapport entre deux énergies (ou puissances) acoustiques ou
électriques. Symbole : dB.
Décibel (A) : expression en décibels d’énergies acoustiques pondérées en fréquence par la courbe (A). Symbole : dB(A).
Directivité : pour une source de bruit, c’est le renforcement de la pression acoustique rayonnée dans une direction déterminée. Le facteur de
directivité pour cette direction est la différence entre le niveau de pression rayonné et celui d’une source de même puissance acoustique
rayonnant la même énergie dans toutes les directions.
Durée de réverbération : temps mis par le niveau de pression acoustique, dans une salle, pour décroître de 60 dB à partir de l’instant où la
source de bruit a été interrompue.
e : mis en indice, spécifie une valeur (d’isolement, par exemple) ne concernant qu’un élément isolé.
Fréquence : nombre de fois qu’un phénomène périodique se répète à l’identique pendant une seconde. Unité : hertz, symbole Hz.
Fréquences acoustiques : fréquences audibles comprises, approximativement, entre 20 Hz et 16 000 Hz. Pour les règles du bâtiment, on se
limite à l’intervalle situé entre 88 Hz et 5 650 Hz.
Fréquence centrale : fréquence qui représente un intervalle de fréquence déterminé. Par exemple, l’octave 1 000 Hz est l’intervalle compris
entre 707 Hz et 1 414 Hz, dont la fréquence centrale est 1 000 Hz.
Hz : symbole du hertz exprimant la fréquence en cycle par seconde.
Indice : appliqué à une valeur : nombre sans dimension.
Impact : un bruit d’impact est un bruit de choc sur un plancher (bruit de pas, de chaise…).
Isolement acoustique : l’isolement brut entre locaux est la différence entre le niveau de pression acoustique émis dans un local appelé
« local d’émission » et le niveau de pression acoustique dans le « local de réception ». Symbole : D, exprimé en dB.
L’isolement standardisé est la valeur de l’isolement brut lorsque la durée de réverbération dans le local de réception est égale à une demi-
seconde à toutes les fréquences. Symbole : Dnt.
L’isolement standardisé et pondéré, représenté par une seule valeur en dB, est la différence entre les niveaux en dB(A) à l’émission et à la
réception lorsque le niveau à l’émission est un bruit rose et la durée de réverbération 0,5 s. Symbole : DnAT.
L : symbole d’un niveau acoustique exprimé en décibels.
Local d’émission : local où se trouve la source sonore.
Local de réception : local où l’on mesure le niveau sonore issu du local d’émission.
Niveau de pression acoustique : exprimé en décibels, c’est dix fois le logarithme du carré du rapport de la pression efficace du son, mesuré
dans un petit intervalle de temps déterminé, à une pression acoustique de référence. Symbole : L pour la valeur en dB (pour un intervalle de
fréquence déterminé) ou LA pour la valeur en dB(A).
Niveau acoustique équivalent : niveau de pression acoustique intégré sur un long intervalle de temps tel qu’une journée, une soirée, une
nuit, et utilisé pour le calcul du niveau d’exposition au bruit d’une personne (lieu de travail, voisinage) ou d’un bâtiment (voisinage des
infrastructures de transport). Symbole : LAeq,t, t représentant la période d’observation.
Niveau de puissance acoustique : exprimé en décibels, c’est dix fois le logarithme du rapport de la puissance acoustique d’une source de
bruit à une puissance acoustique de référence (égale à 1 picowatt). Symboles : Lw et LAw.
Niveau de bruit de choc standardisé : niveau de bruit produit par la machine à choc dans un local voisin dont la durée de réverbération est
de 0,5 s. Symbole : LnT.
Niveau de bruit de choc normalisé : niveau de bruit produit par la machine à choc dans un local voisin dont l’aire équivalente d’absorption
est 10 m². Symbole : Ln.
Normalisé : référence à une norme ; dans le cas des indices d’acoustique en bâtiment, cela signifie que le local de réception a une aire
d’absorption de 10 m² (condition ISO). Symbole : n, en indice.
Octave : intervalle entre deux sons dont les fréquences sont dans le rapport 2/1. La division de l’octave en trois intervalles égaux conduit au
1/3 d’octave. Le rapport de deux fréquences séparées par 1/3 d’octave est 1,26.
Chaque octave est décrite par sa fréquence centrale. Les octaves utilisées pour l’acoustique en bâtiment sont : 125 Hz, 250 Hz, 500 Hz, 1 000
Hz, 2 000 Hz, 4 000 Hz.
Pondéré : qualifie l’expression d’une grandeur acoustique par une valeur unique indépendante des fréquences, mais tenant compte de leur
importance relative. La lettre w, en indice, lorsqu’elle n’accompagne pas la lettre L, indique une pondération par le système ISO (comparaison
à des courbes gabarits). La lettre A, en indice, indique une pondération par le filtre (A).
Pression acoustique : valeur efficace des oscillations de la pression atmosphérique dans le domaine des fréquences audibles. Unité : pascal,
symbole : Pa.
Pression acoustique de référence : pression proche de la valeur la plus basse perceptible à l’oreille et servant de base au calcul du niveau
de pression acoustique en décibels. Sa valeur est : 2 x 10-5 Pa.
Puissance acoustique : quantité d’énergie produite par seconde et issue d’une source ou traversant une surface déterminée, dans le domaine
des fréquences acoustiques. Unité : watt, symbole W.
R : symbole de l’indice d’affaiblissement acoustique.
Réflexion : renvoi de l’énergie par une surface (semblable à la réflexion optique).
Réverbération : persistance du son dans un espace clos (partiellement ou totalement) après interruption de la source sonore.
Salle réverbérante : salle présentant une durée de réverbération relativement longue, destinée aux mesures d’absorption et de puissance
acoustique.
Sonomètre : appareil de mesure permettant de déterminer un niveau de pression acoustique à partir du signal électrique issu d’un microphone
étalonné.
Standardisé : dans le cas des indices d’acoustique en bâtiment, standardisé signifie que le local de réception a une durée de réverbération de
0,5 s (réglementation française). Symbole : nT, en indice.
T : symbole de durée de réverbération.
Transmission : passage de l’énergie acoustique d’un espace à un autre. Le facteur de transmission d’une paroi est le rapport entre
l’énergie qui arrive sur la paroi et celle qui est transmise par cette paroi (traduit en décibels par l’indice d’affaiblissement acoustique).
Transmission directe : part de l’énergie passant d’un local à un autre, mitoyen, par le seul chemin de la paroi séparative.
Transmissions indirectes : parts de l’énergie passant d’un local à un autre par tout autre chemin que la paroi séparative.
Transmissions latérales : parts des transmissions indirectes passant entre les parois (murs et plafond) perpendiculaires à la paroi séparative
et filant le long des deux locaux.
W : symbole de la puissance acoustique. W, en indice,est aussi le symbole de la pondération ISO.
RÉFÉRENCES
OÙ S’ADRESSER ?
CIDB : Centre d’information et de documentation sur le bruit : www.bruit.fr
Ministère du Logement : www.logement.gouv.fr
CSTB : Centre scientifique et technique du bâtiment : www.cstb.fr
AFNOR : Association française de normalisation : www.boutique.afnor.org
SFA : Société française d’acoustique : www.sfa.asso.fr

BIBLIOGRAPHIE
Guides acoustiques
Aux éditions du Moniteur
Loïc Hamayon
Comprendre simplement l’acoustique d’un bâtiment, 3e édition, 2014, 248 pages.
Réussir l’acoustique d’un bâtiment, 3e édition, 2013, 286 pages.
Mathias Meisser, L’acoustique du bâtiment par l’exemple, 1994 (épuisé).
Aux éditions Eyrolles
Christine Simonin-Adam, Acoustique et réhabilitation, 2002, 392 pages.

Plaquettes
Amélioration de l’isolation dans les immeubles anciens, Mathias Meisser (Lasa), édité par l’ANAH, 1992, 23 pages.
Équipements techniques du bâtiment, acoustique, Costic, 1999, 48 pages.
Amélioration des bâtiments existants, Guide de l’acoustique, CAPEB, 1997, 61 pages.
Construction en brique et acoustique : réponses à la réglementation, mars 2000, 12 pages, Jacques Roland, Centre technique Tuiles et
Briques.
Les essentiels du bois n° 2 : confort acoustique du bâtiment, CNDB, décembre 2006.
Documents disponibles sur Internet
Sur le site du CIDB : 19 fiches acoustiques réalisées par Mathias Meisser.
NORMES
NF EN 12354-1 : 1999, Acoustique du bâtiment – Calcul des performances acoustiques des bâtiments à partir de la performance des éléments
– Partie 1 : Isolement acoustique aux bruits aériens entre des locaux.
NF EN 12354-2 : 1999, Acoustique du bâtiment – Calcul des performances acoustiques des bâtiments à partir de la performance des éléments
– Partie 2 : Isolement acoustique aux bruits de choc entre des locaux.
NF EN 12354-3 : 2000, Acoustique du bâtiment – Calcul des performances acoustiques des bâtiments à partir de la performance des éléments
– Partie 3 : Isolement aux bruits aériens venus de l’extérieur.
NF EN 12354-4 : 2000, Acoustique du bâtiment – Calcul des performances acoustiques des bâtiments à partir de la performance des éléments
– Partie 4 : Transmission du bruit intérieur à l’extérieur.
EN 20140-10, Acoustique – Mesurage de l’isolation acoustique des immeubles et des éléments de construction. Partie 10 : Mesurage en
laboratoire de l’isolation au bruit aérien de petits éléments de construction (ISO 140-10 : 1991).
EN ISO 140-1, Acoustique – Mesurage dB l’isolement acoustique des immeubles et des éléments de construction·– Partie 1 : Spécifications
relatives aux laboratoires sans transmissions latérales (ISO 1400 : 1997).
EN ISO 140-3, Acoustique – Mesurage de l’isolation acoustique des immeubles et des éléments de construction·– Partie 3 : Mesurage en
laboratoire de l’isolation aux bruits aériens par les éléments de construction (ISO 140-3 : 1995).
EN ISO 140-4. Acoustique – Mesurage de l’isolation acoustique des immeubles et des éléments de construction – Partie 4 : Mesurage in situ
de l’isolement aux bruits aériens entre les pièces (ISO 140-4 : 1998).
EN ISO 140-6. Acoustique – Mesurage de l’isolation acoustique des immeubles et des éléments de construction – Partie 6 : Mesurage en
laboratoire de la transmission des bruits de choc par les planchers (ISO 140-6 : 1998).
EN ISO 140-7. Acoustique – Mesurage de l’isolation acoustique des immeubles et des éléments de construction – Partie 7 : Mesurage in situ
de la transmission des bruits de choc par les planchers (ISO 140-7 : 1998).
EN ISO 140-8, Acoustique – Mesurage de l’isolement acoustique des immeubles et des éléments de construction – Partie 8 : Mesurage en
laboratoire de la réduction de la transmission du bruit de choc par les revêtements de sol sur un plancher lourd normalisé. (ISO 140-8 : 1997)
EN ISO 717-1, Acoustique – Évaluation de l’isolement acoustique des immeubles et des éléments de construction – Partie 1 : Isolement aux
bruits aériens (ISO 717-1 : 1996).
EN ISO 717-2 : 1996, Acoustique – Évaluation de l’isolement acoustique des immeubles et des éléments de construction – Partie 2 : Protection
contre le bruit de choc (ISO 717-2 : 1996).
NF EN ISO 11654, Acoustique – Absorbants pour l’utilisation dans les bâtiments : Évaluation de l´absorption acoustique (juillet 1997).
NF EN ISO 354, Acoustique – Mesurage de l’absorption acoustique en salle réverbérante (septembre 2004).
NF S31-057, Acoustique – Vérification de la qualité acoustique des bâtiments (octobre 1982).
NF P90-207, Salles sportives – Acoustique (octobre 1992).
NF EN ISO 17624, Acoustique – Lignes directrices pour la réduction du bruit dans les bureaux et locaux de travail au moyen d’écrans
acoustiques (juin 2005).
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