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Figure 1

Sécateur pointu aux lames longues et


étroites avec poignées à ressort. Pour
couper petites branches et racines.

Figure 2
Ciseaux pointus à grandes poignées.
Pour couper petites branches et raci-
nes.

Figure 3
Ciseaux courts et étroits à petites
poignées. Pour tailler petites bran-
ches, fruits desséchés ou feuilles
(HAGARI).

Figure 4
Grand sécateur pouvant couper des
branches et des racines.

1
Figure 5
Tenaille KUIKIRI de forme spéciale
permettant de couper une branche ou
une racine sans laisser d'aspérité. La
section est concave et se cicatrise donc
plus vite. A ne pas utiliser pour tailler
les petites branches.

Figure 6
La tenaille KUIKIRI permet aussi de
couper une branche à l'endroit de la
ramification.

Figure 7
Grande tenaille KUIKIRI pour cou-
per grosses branches, racines ou
noeuds.

Figure 8
Scie pliable pour scier une branche,
une racine ou un tronc ne pouvant pas
être coupés avec un autre outil.

2
Figure 9
Scie pliable pour grosses racines ou
branches.

Figure 10
Emondoir à main pour grosses racines
ou branches.

Figure 11
Couteau à greffer à usages multiples:
greffage simple ou en écusson par
exemple.

Figure 12
Cisaille coupe-boulons pour trancher
les très gros fils.

3
Figure 13
Grande pince coupante à poignées
droites. Sert à couper petits et gros fils
de métal.

Figure 14
Petite pince coupante pour petits fils.
Importée du Japon, elle possède de
longues poignées faisant levier.

Figure 15
Pince coupante américaine à poignées
droites.

Figure 16
Pince coupante en forme de ciseaux.
Sa petite taille permet de retirer les
fils des petites branches tout en les
gardant bien en main.

4
Figure 17
Pince plate à bout pointu pour plier,
tordre ou retirer les gros fils. Sur ce
modèle, fabriqué au Japon, seuls les
deux bouts pointus se touchent.

Figure 18
Pince plate normale dont les deux
bouts se touchent.

Figure 19
Pince en forme de ciseaux, pour reti-
rer les fils dont le bout est courbé et
pour retirer les fils des branches sans
les blesser. Elle est assez petite pour
tenir dans la paume de la main et lais-
ser les doigts libres.

Figure 20
Pince pour faire un JIN sur une bran-
che ou un tronc.

5
Figure 21
Deux modèles de cintreurs pour les
troncs et les branches que l'on ne peut
plier à la main.

Figure 22
Baguettes pointues de bambou pour
dégager la terre au moment du rempo-
tage ou la tasser.

Figure 23
Baguette en fibre de verre ayant le
même usage que sur la figure 22.

Figure 24
KUMADE. Grattoir en forme de grif-
fes d'ours, avec spatule à l'autre bout,
pour retirer la terre et tasser le sol
après rempotage.

6
Figure 25
Petit croc pour dégager la terre et
démêler de grosses racines lors du
rempotage.

Figure 26
Truelle pour tasser le sol et la mousse
après un rempotage, spécialement au
bord de la coupe. Utilisez des truelles
à bords droits pour les coupes rectili-
gnes et à bords courbes pour les
coupes rondes ou ovales.

Figure 27
Petite balayette pour égaliser la terre
après rempotage.

Figure 28
Pincette pour saisir les feuilles et les
aiguilles mortes, retirer les mauvaises
herbes ou les insectes d'un arbre.
L'autre bout en forme de spatule sert
à enlever ou tasser la terre.

7
Figure 29
Petite faux pour dégager la terre des
bords de la coupe.

Figure 30
Plateau tournant avec arrêtoir. Utilisé
surtout pour former ou rempoter de
grands bonsaï. L'arrêtoir permet de
stabiliser le plateau pendant le tra-
vail.

Figure 31
Cale triangulaire en bois de 25 cm
environ. Elle maintient la plante dans
la position désirée pendant la réparti-
tion des racines et l'installation dans la
coupe.

Figure 32
Ciseaux à tôle pour couper le grillage.
Ne vous servez pas du sécateur à
bonsaï pour cet usage.

8
Figure 33
Cisaille à tôle pour ouvrir les boîtes en
fer blanc ou les récipients plastiques.
Ne pas s'en servir pour couper des
branches.

Figure 34
Arrosoir à pomme fine pour bonsaï.

Figure 35
Pomme fine d'arrosage à brancher sur
un tuyau de jardin.

Figure 36
Réserve d'eau dans un récipient en
bois ou en terre (voir page 104).

9
Figure 37
Tamis de fabrication maison pour trier
sable et terre.

Figure 38
Tamis avec mailles de 15 mm, 8 mm,
3 mm et 2 mm.

Figure 39
Gouges pour râcler.

Figure 40
Gouges, de fabrication maison, faites
à partir de vieilles limes.

10
Figure 41
Ciseaux et pilon.

Figure 42
Perceuses électriques.

Figure 43
Marteau à bout pointu, poinçons,
plombs de pêche et fil métallique pour
style rupestre.

Figure 44
Hygromètre.

11
Figure 45
Boîte à outils, à compartiments.

Le débutant n'a pas besoin de tous ces outils mais ils deviennent peu à peu nécessaires. Les plus importants
sont ceux représentés sur les figures: 1, 2, 4, 5, 8. 11, 14 ou 15, 17 ou 18, 22, 28, 30, 31, 35, 37 et 38. L'assor-
ti ment variera en fonction de l'expérience de l'amateur de bonsaï.

12
Autres Accessoires

1. Pour colmater les sections: mastic pour arbres, écorce artificielle, peinture, blanc
d'ceuf, ruban adhésif, résine d'arbre ou boue.

2. Auxine et vitamine B 1, pour rempoter ou stimuler la croissance d'un arbre affaibli.

3. Hormones pour racines, boutures et en cas de réduction sévère des racines.

4. Cordelette, raphia, toile, ruban plastique adhésif ou chambre à air pour protéger le
tronc et les branches.

5. Colle époxyde pour la fixation des crochets dans le style rupestre.

13
Entretien des outils et des accessoires

1. Gratter au tampon abrasif et nettoyer avec un chiffon imbibé d'alcool.

2. Bien huiler.

3. Ne pas laisser les outils dehors ou dans un endroit humide.

4. Faire aiguiser régulièrement les outils.

5. Suspendre l'arrosoir dans le bon sens.

Figure 46
De cette manière, l'eau peut s'écouler
totalement.

Figure 47
Ici, de l'eau reste à l'intérieur et pro-
voque de la rouille.

14
Introduction génerale à l'art bonsaï

Apprentissage progressif des éléments de base.

1. Choisissez des plantes résistantes. Les conifères sont les plus utilisés, notamment les
genévriers, sauf les variétés colorées qui sont moins rustiques. La famille des pins est
résistante mais elle manque souvent de branches faciles à travailler et leur croissance
est lente. Les feuilles se prêtent également à l'art bonsaï mais ce travail demande plus
d'expérience.

2. Il est recommandé de commencer avec un petit arbre, pas trop petit cependant. La
taille adéquate se situe entre 15 et 30 cm.

3. Il faut considérer cinq éléments dans le choix d'une plante.

Racines: Elles doivent être bien réparties dans toutes les directions et se ramifier à
partir du pied du tronc (Cf. p. 18).
Tronc: Le tronc doit être effilé jusqu'à la cime. Il est assujetti à d'autres règles (Cf. p.
18).
Cime: Chaque arbre a une cime. Si la cime est coupée, c'est la branche suivante qui
doit prendre sa place (Cf. p. 18).
Branches principales: Elles doivent être épaisses et amples à la base du bonsaï, et al-
ler en diminuant vers le haut. Les branches doivent pousser dans toutes les directions
et être garnies de rameaux (Cf. p. 21).
Branches plus petites: Elles doivent être feuillues à partir de leurs aiguilles courtes et
fournies. Chez les arbres à feuilles caduques, retenez ceux qui varient selon les sai-
sons avec des fleurs, des fruits, des baies ou des feuilles dont les couleurs changent au
printemps ou en automne. Même en hiver, une ramure peut présenter un aspect at-
trayant et intéressant.

4. Le style de base. La forme fondamentale par laquelle tous les débutants devraient
commencer est la forme rigoureusement verticale appelée CHOKKAN.

5. Position pour former un bonsaï. Placez-vous devant, de manière à regarder le milieu


de l'arbre. Vos yeux ne doivent ni regarder vers le haut ni vers le bas.

6. Face devant: tout bonsaï doit avoir une face avant, qui doit correspondre à son plus
beau côté.

15
7. Symétrie, équilibre et proportions: la création d'un bonsaï est l'une des expressions
les plus nobles de l'art, qui doit associer un don artistique et une excellente pratique
horticole. Pour créer un bonsaï à la fois beau et naturel, il est indispensable de com-
prendre les notions de symétrie, d'équilibre et de proportions.

Chez un bonsaï, la symétrie est la répétition du même style et de la même dimension.


Cela signifie que d'un point donné vers la gauche ou vers la droite, vers le sommet ou
vers la base, tout a le même style et la même dimension. C'est une vue simpliste man-
quant peut-être un peu d'imagination, mais il sera plus facile pour un débutant de com-
mencer par une forme symétrique telle qu'un carré, un cercle ou un triangle équilatéral,
et de s'engager progressivement vers des compositions plus esthétiques.

L'équilibre est une question d'égalité. Pour le bonsaï, l'équilibre correspond à une éga-
lité, même lorsque le côté droit est différent du côté gauche.

La création d'un bonsaï dépend d'un rapport de proportions qui constitue l'un des
éléments importants nécessaires à sa création. Une méthode, appelée «la section d'or de
la division» a été utilisée pour obtenir les bonnes proportions. Les figures 48 et 49 illus-
trent «la section d'or de la division» d'une façon plus méthodique. La figure 50 illustre
l'emplacement de la première branche dans un bon équilibre par rapport à l'arbre.

Figure 48
Une suite numérique connue sous le
nom de «séquence de Fibonnacci» est:
1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55 etc. Cha-
que nombre est égal à la somme des
deux précédents:
1+1 = 2, 1+2 = 3, 2+3 = 5, etc.

16
Figure 49
Soit AB, un segment de 21 cm, C le
milieu de la ligne AB. Décrivez un arc
ayant BC comme rayon et B comme
centre. Joignez B à D en formant un
angle droit. Reliez A et D. Décrivez
un arc avec un rayon égal à BD et D
comme centre pour trouver E.
Ensuite décrivez un arc de rayon égal
à AE ayant A pour centre; Le point
d'intersection F marque la section
d'or de la division AF (13) + BF (8) _
AB (21).

Figure 50
Voici un arbre de 21 cm. La branche la
plus basse est située à environ 1/3 de
la hauteur, qui est à 8 cm de la base, ou
au point F sur la figure 49. Les 13 cm
restant pour les autres branches per-
mettent de constituer un arbre bien
proportionné.

17
Introduction à la forme de base rigoureusement verticale
(CHOKKAN-KIHONGATA)

1. Racines (NEBARI): Retirez toutes les branches, pousses, feuilles mortes, racines re-
montantes et rejets du pied du tronc. Puis retirez doucement la terre en commençant
par le tronc. Repérez les racines bien développées pour les garder en surface. S'il n'y
en a pas, gardez les plus petites afin qu'elles se développent.

2. Tronc (MIKI): Le tronc doit être droit et vertical. Toute courbure du tronc devra être
corrigée par des fils métalliques, ou tournée à l'arrière. La face avant doit présenter
un tronc effilé jusqu'à la cime.

3. Cime (SHIN): Déterminez la hauteur du bonsaï (Cf. fig. 66). Pour réduire la hauteur,
remplacez la cime par une branche avant, mais par une branche latérale ou arrière.
Coupez la cime toujours derrière et ligaturez-la. Si l'arbre est encore trop haut, il est
possible de raccourcir encore la branche.

Figure 51
Diminuez la hauteur en coupant la
cime.

18
Figure 52
Coupez à l'arrière de l'arbre.

Figure 53
Ligaturez la branche supérieure.

Figure 54
Redressez-la pour former une nou-
velle cime.

19
Figure 55
Voici le résultat.

Figure 56
Si l'arbre est encore trop élevé, vous
pouvez encore le raccourcir, mais en
coupant la cime à l'arrière d'une bran-
che avant.

Figure 57
La coupure doit se trouver à l'ar-
rière.

20
Figure 58
Ligaturez la branche et courbez-la
doucement vers le haut. L'arbre aura
ainsi une nouvelle cime.

4. La position des branches (Cf. fig. 59)

A. Branche inférieure (ICHI-NO-EDA): Elle peut se trouver à droite ou à gauche,


mais jamais devant ni derrière le tronc.
C'est la branche la plus grande, la plus longue, la plus grosse et la plus belle de
forme. Elle doit se trouver dans le tiers inférieur ou en dessus de la moitié (Cf. p.
17).
B. La branche arrière (USHIRO-EDA): Elle vient après la première branche et
confère à l'arbre sa profondeur. Elle ne doit jamais se diriger vers l'arrière, mais
un peu à droite ou à gauche, et avoir un côté visible de l'avant. Au cas où aucune
branche venant juste après la première ne puisse devenir une branche arrière, il
convient de prendre la suivante la plus apte à assurer cette fonction.
C. Seconde branche (NI-NO-EDA): Elle doit se trouver à l'opposé de la première
branche. Si ce n'est pas possible, choisir une branche et la diriger dans une autre
direction mais pas vers l'avant. Cette deuxième branche doit être placée au-
dessus de la première et être un peu moins longue.
D. Troisième branche (SAN-NO-EDA): Doit être située à l'opposé de la deuxième.
E. La branche de face (MAE-EDA): Cette branche est placée au-dessus du niveau
des yeux et ne doit jamais se diriger droit vers l'avant, mais plutôt vers la gauche
ou vers la droite.
F. Les autres branches: elles doivent être alternées jusqu'à la cime.
G. Nombre de branches: il est toujours préférable d'avoir davantage de branches au
départ, afin de pouvoir en enlever plus tard, au fur et à mesure de leur développe-
ment.

21
Figure 59
Position des branches principales.

1. Cime.
2. Branches alternées.
3. Troisième branche.
4. Branche avant.
5. Seconde branche.
6. Branche arrière.
7. Première branche.
8. Tronc.
9. Racines.

22

Figure 60
Distance entre les branches principa-
les.
Les espaces doivent être inégaux, plus
grands entre les branches inférieures
et de plus en plus rapprochés en direc-
tion de la cime. En cas d'espace trop
grand, il vaut mieux abaisser la bran-
che supérieure que de remonter la
branche inférieure.

arrière
12

Figure 61
Direction des branches.
N° 1, 5, 9, 13: branches de droite.
N° 2, 6, 10, 14: branches arrière.
N° 3, 7, 11, 15: branches de gauche.
N° 4, 8, 12, 16: branches avant.
L'arrière du cadran est à 12 H.
La droite à 3 H. gauche 3 droite
L'avant à 6 H.
La gauche à 9 H.
Cette répartition est difficilement
applicable car elle est trop symétri-
que.

6
avant

23
Figure 62
Angle de pente des branches pricipa-
les.
Lorsque la première branche est
orientée vers le bas, les autres bran-
ches doivent avoir la même pente. Il
en est de même pour les branches
horizontales ou pour celles dirigées
vers le haut.

Figure 63
Exception.
Sur cet arbre, la première branche est
très penchée vers le bas. Plus on se
rapproche de la cime, plus l'angle de
la branche par rapport au tronc est
ouvert vers le haut. A l'état naturel,
cela indique un jeune arbre.

24
Figure 64
Longueur des branches principales.
La longueur des branches va en dimi-
nuant jusqu'à la cime de l'arbre, ce qui
lui donne un contour triangulaire. Il
en va de même pour les branches
avant et arrière, en veillant toutefois à
obtenir une face avant un peu plus
étroite que la face arrière.

Figure 65
Largeur d'un bonsaï.
La largeur totale des branches latéra-
les les plus longues doit correspondre
à la moitié de la hauteur du bonsaï, ou
être inférieure à sa hauteur totale.
Cette règle ne s'applique pas à un
arbre doté d'un tronc extrêmement
large.

25
Figure 66
La hauteur d'un bonsaï.
Le rapport idéal entre la grosseur du
tronc et sa hauteur est de 1 à 6. Ainsi,
lorsque le diamètre du tronc est de 2
cm à la base, la hauteur du bonsaï doit
être de 12 cm.

5. Forme des branches.


Elle doit correspondre à la forme d'un triangle étiré, d'un diamant ou d'une pointe de
flèche. Sa surface doit être deux fois plus longue que large.

Figure 67
Forme triangulaire d'une branche vue
d'en haut, montrant la structure des
rameaux.

26
Figure 68
Vus de côté, les premier, deuxième et
troisième rameaux forment un trian-
gle.

Figure 69
Branche vue d'en haut, en forme de
diamant, montrant la structure des
rameaux.

Figure 70
Branche vue de côté, en forme de dia-
mant. Les premier, second et troi-
sième rameaux ont aussi la forme d'un
diamant.

27
Figure 71
Branche en forme de flèche, vue d'en
haut, dévoilant ses ramifications.

Figure 72
Branche en forme de flèche, vue de
côté, laissant apparaître les premier,
second et troisième rameaux en forme
de flèche également.

28
Racines défecteuses

Figure 73
Les racines enroulées n'ont pas une
forme naturelle et sont disgracieu-
ses.

Figure 74
Des racines trop enterrées ne donnent
pas l'impression d'un arbre qui
pousse.

Figure 75
Des racines verticales donnent une
impression de fragilité et d'instabi-
lité.

29
Figure 76
Des racines sur le côté ne donnent pas
non plus une impression de solidité.
On peut cependant rééquilibrer l'ar-
bre en le plantant au bord de la coupe.
Les grosses racines ne doivent pas être
placées à l'avant.

Figure 77
La grosseur des racines doit être en
rapport avec celle du tronc. Un gros
tronc sur de petites racines n'est pas
harmonieux.

Il est possible de pallier le manque de racines à l'aide d'une pierre dont la couleur, la
taille et la forme seront en harmonie avec les racines. Il est également possible de mettre
une petite plante au pied du tronc ou d'amonceler la terre autour du pied pour la dissi-
muler.

La formation des racines peut être favorisée en grattant l'écorce, en perçant de petits
trous dans le pied du tronc, et en épandant de l'auxine pour activer la croissance des raci-
nes.

30
Racines intéressantes

Figure 78
Pin noir du Japon.
En laissant les racines apparentes lors
du rempotage, elles prendront le
même aspect que le tronc.

Figure 79
Orme.

Figure 80
Chêne.

31
Figure 81
Pin rouge du Japon.

Figure 82
Genévrier de Californie.

Figure 83
Cyprès chauve.

32
Figure 84
Chêne.

Figure 85
Micocoulier.

33
Troncs défectueux

Les cicatrices ou les boursouflures causées par l'incrustation d'un fil sont inesthétiques.
Autant que possible, ne placez pas ces déformations sur la face avant.

Figure 86
Jabot de pigeon (HATOMUNE).
La courbure du tronc ne doit pas res-
sortir à l'avant comme un jabot de
pigeon.

Figure 87
Forme arquée (YUMI-KAN).
Le tronc ne doit pas avoir la forme
d'un arc car c'est disgracieux.

34
Figure 88
Canon de fusil (TEPPO-MIKI).
Un tronc cylindrique n'est pas naturel.
Si vous gardez les branches inférieu-
res sur un jeune arbre, cela aidera le
pied du tronc à grossir.

Figure 89
Forme inversée (SAKASA-MIKI).
Un tronc dont le milieu est plus long
que sa base est disgracieux. Entourez
la partie mince avec du fil serré pour
faire grossir le pied, en veillant toute-
fois à ce que le fil ne s'incruste pas.

Figure 90
Tronc en dents de scie (GIKKURI-
MAGARI).
Un tronc en dents de scie est mono-
tone.

35
Figure 91
De même, la répétition de courbes
identiques est aussi monotone.

36
Troncs intéressants

Figure 92
Genévrier au tronc exceptionnelle-
ment courbé et torsadé.

Figure 93
Genévrier au tronc très noueux, pres-
que tordu, mais intéressant.

Figure 94
Genévrier au tronc très sinueux.

37
Figure 95
Ecorce intéressante d'un pin des Iles
Canaries, greffé sur un pin noir du
Japon.

Figure 96
Le tronc a été écorcé, blanchi et scari-
fié, pour lui donner l'aspect d'un vieil
arbre naturel.

38
Cimes défectueuses

Figure 97
Si vous supprimez la cime d'un arbre,
la branche destinée à la remplacer doit
toujours être ligaturée et placée dans
sa nouvelle position.

Figure 98
Il ne faut pas remplacer la cime par
une branche plus courte et plus petite
que celle placée immédiatement au-
dessus.

Figure 99
Si vous remplacez la cime par une
branche inférieure, supprimez le tron-
çon d'origine. Ecorcez-le pour en
faire un JIN ou coupez-le.

39
Figure 100
Mais la cime vivante et la branche
transformée en JIN ne doivent pas
avoir la même hauteur. En général, le
JIN est placé à l'avant, légèrement à
gauche ou à droite, un peu plus court
ou un peu plus long.

Figure 101
Une cime fine émergeant d'une cou-
ronne fournie ne paraît pas natu-
relle.

Figure 102
Il ne faut pas créer deux ou plusieurs
cimes sur un seul arbre, à moins que
vous ne souhaitiez obtenir une forme
en balai.

40

Branches défectueuses

Figure 103
Lorsque les défauts indiqués ne peuvent être corrigés par ligaturage, il faut supprimer
ces branches.

1. Sans cime (SHINNASHI).


2. Branche mutilée (SHINKIRE-EDA). ,t
3. Branche à croissance inversée (GYAKUBOSORI-EDA).
4. Branche retournée (GYAKU-EDA).
5. Branches parallèles (KASANE-EDA).
6. Branches opposées (KANNURI-EDA).
7. Branche prisonnière (FUTOKORO-EDA).
8. Branches en rayons de roue (KURUMA-EDA).
9. Branche croisant le tronc (MIKI KIRI-EDA).
10. Branches croisées (KOSA-EDA).
11. Branche en Y (FUTAMATA-EDA).
12. Branche arquée (HAN-EN-EDA).
13. Branche en U (KAERUMATA-EDA).
14. Branche coudée (HIJI TSUKI-EDA).
15. Branche se dressant verticalement (TACHI-EDA).
16. Branche retombante (SAGARI-EDA).
17. Branche emmêlée (KARAMI-EDA).
18. Branche pointant vers l'avant (METSUKI-EDA).

41
Comment tailler les branches et les racines

1. Taille des branches

Plus les branches sont coupées court, plus denses seront les rejets. Sur un arbre qui
pousse bien droit, il faut davantage couper les branches supérieures que les basses. En
général, la cime des espèces naines ou rampantes se développe lentement. Dans quel-
ques cas comme par exemple certaines azalées, les branches doivent être sévèrement ra-
battues par le bas.

Figure 104
Branches principales.
1. La coupe concave est la meilleure
méthode car elle se cicatrise vite.
2. La coupe à plat se cicatrise plus
lentement.
3. Les moignons sont inesthétiques et
se cicatrisent trop lentement.

Figure 105
Rameaux.
1. Coupe concave (très bien).
2. Coupe à plat (bien).
3. Moignon restant (mauvais).

42
Figure 106
Comment raccourcir une branche.
1. Pas de taille à angle droit. La cica-
trisation est bien plus lente.
2. Taille en diagonale, la section
orientée vers le haut. La cicatrisa-
tion est plus rapide.
3. Surtout pas de coupe orientée vers
le bas.

Figure 107
Comment scier une branche.
Sciez d'abord la branche par le des-
sous.

Figure 108
Ensuite, finissez de la scier par le des-
sus. Tirez un peu et la branche viendra
en laissant une coupe nette.

43
Figure 109
Voilà comment utiliser la tenaille
KUIKIRI pour bien mordre la bran-
che.

Figure 110
Ne taillez pas sur la longeur. La bles-
sure serait trop longue.

Figure 111
Utilisation correcte de la grande te-
naille. Il faut d'abord saisir la branche
à couper.

44
Figure 112
Faites pénétrer la tenaille dans
l'écorce par un mouvement tournant.
Ceci est valable pour couper de très
grosses branches ou des racines.

Figure 113
Après avoir coupé une grosse bran-
che, taillez en laissant une section dont
le bas se terminera en pointe. La cica-
trisation naturelle en sera plus rapide.
Grattez toutes les aspérités.

Figure 114
Pour les très grandes sections, laissez
un cône ressortir du centre. La cica-
trice progressera vers le cône et la sur-
face s'aplanira.

45
Figure 115
Si vous devez greffer un morceau
d'écorce à l'endroit d'une grosse bran-
che coupée, faites-le en hiver. Sinon,
l'écorce qui sèche plus vite en été se
détacherait du cambium. Gardez sous
la branche un morceau d'écorce de
même diamètre qu'elle.

Figure 116
Une fois la branche coupée, appliquez
le bout d'écorce sur la section.

Figure 117
Attachez solidement un ruban ou du
raphia jusqu'à cicatrisation.

46
2. Taille des racines

Pour rendre un bonsaï plus dense et plus compact, rabattez sévèrement toutes les
grosses racines. Cela favorisera le développement des radicelles.

Epointez celles qui existent déjà. Si un bonsaï manque de racines sur un côté, faites une
petite entaille avec un couteau tranchant, à l'endroit où vous voulez voir se former des
racines. Recouvrez de sable et de nouvelles racines apparaîtront d'ici quelques semai-
nes.

Figure 118
Pour obtenir un bonsaï fourni et
dense, taillez les grosses racines.
Epointez les petites.

Figure 119
Entaillez la base du tronc sur le côté
manquant de racines et recouvrez-la
de sable.

47
Taille des rameaux, des pousses et des bourgeons

Pour affiner la forme du bonsaï, il est important de tailler les pousses et les rameaux et
d'enlever les bourgeons. Cette méthode peut également s'appliquer aux conifères (Cf.
p. 113).

Figure 120
Coupez à cet endroit.

Figure 121
La nouvelle pousse prendra cette
direction.

48
Figure 122
Raccourcissez encore pour obtenir
une nouvelle pousse.

Figure 123
Ne coupez pas à cet endroit.

Figure 124
Sinon la nouvelle pousse prendrait
une direction verticale.

49
Figure 125
Et ne pourrait pas être corrigée même
en la ligaturant.

Figure 126
Bourgeons opposés. Retirez tous les
bourgeons supérieurs. Le rameau
peut être coupé derrière le dernier
bourgeon.

Figure 127
Ne retirez pas les bourgeons infé-
rieurs.

50
Figure 128
Il faut tenir compte du sens de crois-
sance des pousses et des bourgeons.
Coupez les rameaux poussant vers
l'intérieur, le haut ou le bas. De même
ceux qui se croisent, qui sont parallè-
les ou en forme de U.

Figure 129
Le résultat de la taille selon la fig. 128.
Ces rameaux peuvent aussi être liga-
turés.

Figure 130
Ebourgeonnage. Retirez tous les
bourgeons poussant vers l'intérieur.

51
Figure 131
Après l'ébourgeonnage, vous pouvez
voir le sens de la croissance.

Ces méthodes de taille et d'ébourgeonnement ont pour but d'obtenir une belle forme
d'arbre, telle qu'on peut en voir en hiver. Les trois lignes suivantes sont nécessaires: la
ligne fine de la lettre L, la ligne douce de la lettre C et la ligne droite de la lettre T.

52
Taille des feuilles ou Effeuillage

La taille des feuilles se pratique sur des arbres à feuilles caduques ou des persistants à
larges feuilles. On ne l'emploie pas sur des arbres en fleurs, avec fruits, baies, ni sur les
conifères. Cette méthode consiste à dépouiller l'arbre de toutes ses feuilles. Elle provo-
que un nouveau printemps et la repousse qui s'ensuit apporte de nombreux avantages.

1. Les feuilles sont plus petites.


2. Le feuillage renouvelé aura des couleurs plus vives en automne.
3. Davantage de petits rameaux vont pousser.
4. Cela évitera un choc en cas de rempotage en période de croissance.

La taille des feuilles doit aussi avoir lieu de juin à début août. N'essayez pas plus tôt, si-
non les nouvelles feuilles seront plus grandes que celles d'origine et elles ne resteront pas
vertes jusqu'à l'automne. Mais si vous attendez trop longtemps, il n'y aura pas de re-
pousse.

Ne taillez jamais les feuilles lorsque l'arbre est en mauvais état. Ne le faites que sur des
arbres jeunes et sains. La taille des feuilles favorise aussi la croissance de l'année sui-
vante. C'est pourquoi un arbre affaibli ou malade n'aurait plus les forces nécessaires
pour reprendre et périrait.

Ne laissez aucune feuille sur l'arbre. S'il en restait quelques unes, elles seraient les seules
à grandir et il n'y aurait pas de repousse. Chez les feuillus, comme l'orme et le grenadier,
dont les pétioles sont courts, les feuilles peuvent être retirées à la main.

Gardez l'arbre dans un lieu ombragé jusqu'à la repousse qui doit normalement se pro-
duire un mois après. Il ne faut pas mettre d'engrais juste avant et après la taille des feuil-
les. Veillez aussi à ne pas noyer la plante. Sans feuilles elle consomme bien moins d'eau
qu'à son habitude.

53
Figure 132
Bonne manière de couper les feuil-
les.

Figure 133
A ne pas faire. Il ne doit rester aucune
partie de feuille ni de jeunes feuil-
les.

54
Taille des aiguilles ou des feuilles

Il existe une autre méthode pour tailler les aiguilles et les feuilles des pins et des podo-
carpes. Mais elle ne s'applique qu'aux jeunes arbres et à ceux qui ne sont pas encore for-
més. Ne l'essayez pas non plus sur des bonsaï ayant déjà plusieurs années. Lorsque les ai-
guilles ou les feuilles des pins ou des podocarpes sont très longues et denses ou longues
et bouclées, vous pouvez utiliser la technique suivante: réduisez les aiguilles ou les feuil-
les à 2 cm environ. Voici les avantages.

1. La longueur des futures feuilles est réduite.


2. Les petits rameaux intérieurs reçoivent mieux le soleil, ce qui les encourage à former
de nouvelles pousses.
3. La taille, le ligaturage et la mise en forme sont facilités.

Cette intervention peut être effectuée toute l'année, sauf si les aiguilles sont trop jeunes
et trop tendres. Dans ce cas, il faut attendre ou alors retirer totalement les aiguilles et les
feuilles.

Vaporisez tous les jours les arbres ainsi taillés, pour éviter le brunissement des pointes,
mais au bout d'un an ou deux, les aiguilles taillées finiront par tomber.

Les genévriers, cyprès ou autres arbres à feuilles en écailles devraient toujours être épin-
cés. Lorsque celles-ci sont très denses et longues, vous pouvez aussi les tailler et les
éclaircir. Les parties coupées bruniront mais disparaîtront progressivement.

Les arbres à aiguilles courtes tels que les épicéas, les sapins, les ifs et les cèdres ne doi-
vent pas être taillés.

Les aiguilles des pins jeunes et sains peuvent aussi être épincées. Mais veillez à ne pas
ôter les jeunes aiguilles. N'épincez les plus vieilles que lorsque les jeunes sont devenues
dures.

Une meilleure méthode consiste à enlever entièrement les aiguilles. Ainsi, l'écorce et les
petites branches resteront intactes.

55
Vieillissement Artificiel: JIN, SHARI et SABA-MIKI

Le mot JIN désigne une tige d'arbre, une branche ou un tronc mort. Parfois c'est toute
une branche qui peut être transformée en JIN.

Si vous devez réduire la taille d'un arbre ou la longueur d'une branche, cela fera plus
d'effet de les transformer en JIN. C'est comme si la foudre avait frappé l'arbre, tels ces
vieux arbres qui poussent en montagne ou au bord de la mer.

Il faut choisir normalement des arbres à l'écorce très dure comme le genévrier ou le
chêne. Le JIN peut être aussi pratiqué sur un pin, un épicéa, un cèdre ou un if mais rare-
ment sur un feuillu. Un JIN sur bois dur reste plus longtemps sans pourrir.

Figure 134
Entaillez le tronc de moitié à l'arrière
et cassez-le vers l'avant.

Figure 135
Tirez vers le bas pour l'arracher.

56
Figure 136
La cime reste normalement plate.

Figure 137
Faites une entaille verticale à l'aide
d'un sécateur.

Figure 138
Arrachez la partie détachée en
tirant.

57
Figure 139
A l'aide d'une pince plate, tirez les
fragments du tronc.

Figure 140
En enroulant vers le bas.

Figure 141
Jusqu'à ce que vous obteniez une
pointe.

58
Figure 142
Utilisez une pince à JIN pour déta-
cher et peler l'écorce.

Figure 143
Ecorcez jusqu'au bois.

Figure 144
Continuez l'écorçage encore plus
bas.

59
Figure 145
Ecorcez jusqu'à une branche
vivante.

Pour donner le style JIN à une branche, cassez le bout vers l'avant pour que la texture du
bois présente un aspect naturel. Arrachez morceau par morceau pour former une
pointe.
Pour un conifère, retirez toutes les aiguilles. La branche mourra d'elle même et l'écorce
se détachera.
Une branche de style JIN doit être formée comme une branche vivante. Vous pouvez la
ligaturer et la plier avant qu'elle ne sèche. Si elle est déjà sèche, ligaturez-la tout d'abord,
puis enveloppez-la dans un chiffon imbibé d'eau très chaude. Après quelques minutes,
le JIN redeviendra suffisamment souple pour être plié.

Le style SHARI s'obtient en écorçant un tronc, une branche ou une racine apparente,
pour produire le même effet qu'un vieil arbre exposé pendant des années aux intempé-
ries, ou que la foudre a frappé. La branche n'est donc pas entièremenat morte comme
dans le style JIN car une partie de son écorce doit rester intacte.

Figure 146
Choisissez un arbre formé depuis de
nombreuses années.

60
Figure 147
Retirez les feuilles de toutes les bran-
ches à transformer en JIN. Commen-
cez par une branche du JIN et écor-
cez-la doucement en suivant le fil du
bois. Ainsi vous éviterez de blesser
des branches vivantes.

Figure 148
Continuez d'écorcer jusqu'à la base
du tronc. L'écorce est plus facile à
détacher en période de pousse, parce
que le cambium est tendre. Laissez
d'abord sécher votre JIN et votre
SHARI avant de continuer les opéra-
tions.

Comment soigner un JIN ou un SHARI

Juin, juillet ou août est la bonne période pour traiter un JIN ou un SHARI avec un mé-
lange de soufre et de chaux. Ce mélange liquide empêche les parties dénudées de pour-
rir et éloigne les parasites. Employez-le dans les heures chaudes de midi. Les parties
traitées doivent être complètement sèches. Appliquez le mélange avec une petite
brosse. Mais auparavant, protégez le sol d'une feuille plastique pour éviter que des gout-
tes ne tombent sur les racines ou sur la terre.

Il convient de renouveler cette application deux fois par an avec un intervalle d'un mois
en été; et pendant deux ans si nécessaire. Le bois du JIN et du SHARI blanchit après
chaque application, mais il reprend ensuite peu à peu sa couleur naturelle.

61
Le style SABAMIKI correspond à un tronc creusé ou fendu qui rappelle les arbres
ayant été frappés par la foudre ou ravagés et creusés par les intempéries. On utilise cette
méthode pour les feuillus et les persistants.

Figure 149
Une branche indésirable est retirée à
l'avant du tronc. Au lieu d'attendre la
cicatrisation de la plaie, on l'agrandit à
l'aide d'un ciseau.

Figure 150
De même, le tronc est entaillé et
creusé pour renforcer l'aspect natu-
rel.

62
Fils métalliques et Ligaturage

1. Les fils
C'est le cuivre qui convient le mieux pour former un bonsaï. Il est non seulement fa-
cile à manier, mais encore il peut être réemployé après l'avoir chauffé ou recuit. Le fil
galvanisé, trop raide et difficile à manier peut blesser les branches. Le fil d'alumi-
nium a longtemps été considéré comme trop clair et inesthétique. Mais depuis qu'il
existe sous gaine cuivrée dans le commerce, il est le plus employé.

Le fil pour bonsaï existe dans toutes les grosseurs correspondant aux grosseurs des
branches. Les calibres 1, 1,5, 2, 2,5, 3, 3,5, 4, 4,5, 5 et 7 sont les plus employés.

2. Ligaturage
Il faut d'abord choisir la bonne grosseur de fil pour la branche que vous voulez for-
mer. En principe 1/3 du diamètre de la branche ou du tronc. Mesurez ensuite la lon-
gueur de l'arbre ou du tronc, et comptez 1/3 en plus avant de couper le fil. Commen-
cez toujours par ligaturer le tronc puis les branches principales avant les autres.

Ligaturez toujours vers l'avant et non sur le côté ou vers l'arrière. Autrement dit: ten-
ez-vous toujours devant la branche que vous voulez ligaturer et ligaturez vers
l'avant. Vous éviterez ainsi de prendre des feuilles ou des rameaux dans le fil.

63
Figure 151
Commencez à la base du tronc et liga-
turez ensuite les branches en utilisant
le bon calibre de fil. Terminez par la
cime.

Figure 152
Ligaturage du tronc.
Commencez à l'arrière du tronc après
avoir enfoncé de 3 à 5 cm le fil dans la
terre, pour le fixer.

Figure 153
L'angle des torsades doit être de 45°.

64
Figure 154
Pas trop espacé.

Figure 155
Pas trop rapproché.

Figure 156
Pas aussi inégal.

Figure 157
Pas trop serré.

65
Figure 158
Pas trop lâche. Si le fil est trop lâche, la
branche peut se casser si elle subit une
tension trop forte.

Figure 159
Ne ligaturez que dans un sens. Vers la
droite.

Figure 160
Vers la gauche.

Figure 161
Ne croisez pas les fils.

66
Figure 162
Si vous n'avez pas le fil de la taille adé-
quate, vous pouvez employer plu-
sieurs fils plus petits, deux ou trois,
mais n'utilisez qu'un fil à la fois et ne
laissez pas d'intervalle entre les fils.

Figure 163
Regroupez les fils.

Figure 164
Ne ligaturez pas sur une partie mince
de la branche, même s'il vous reste du
fil, sinon la branche serait endomma-
gée.

Figure 165
Ne laissez pas les bouts de fil libres.
Coupez-les.

67
Figure 166
Ne coupez pas le fil à l'avant du tronc
ou de la branche, mais à l'arrière.

Figure 167
Evitez de prendre des feuilles sous le
fil.

Figure 168
Evitez de ligaturer les petites bran-
ches.

Figure 169
Ne prenez pas les aiguilles de pin sous
le fil.

68
Figure 170
Ne ligaturez pas deux ou trois bran-
ches à la fois.

Figure 171
Ne tressez pas des fils de calibre diffé-
rent, ensemble.

Figure 172
On peut ligaturer une branche avec un
fil double à condition que les fils
soient de même largeur.

Figure 173
N'attachez pas le bout du fil au
tronc.

69
Figure 174
Maintenez le fil à la naissance de la
branche et enroulez rapidement en le
tendant bien.

Figure 175
Si le fil n'a pas été bien maintenu au
départ de la branche, la position de
celle-ci ne pourra pas être modifiée.

Figure 176
Si vous utilisez deux fils de grosseur
égale, commencez par le tronc et
fixez-les séparément.

Figure 177
Ne commencez pas le ligaturage à la
naissance d'une branche secondaire
car le fil tiendrait mal.

70
Figure 178
Ne ligaturez pas deux rameaux oppo-
sés avec le même fil, car il flotterait et
endommagerait l'un ou l'autre.

Figure 179
Mais on peut ligaturer ensemble un
rameau ou une branche proche, pour
leur donner une meilleure tenue.

Figure 180
Lorsque la branche doit être pliée vers
le bas, commencez à ligaturer par le
haut.

Figure 181
Ne commencez pas à ligaturer par le
dessous de la branche, car elle pour-
rait se casser sous l'effort.

71
Si l'écorce de l'arbre est fine et tendre comme celle du bouleau, du myrte et de l'érable,
ou s'il s'agit d'une très jeune pousse, entourez le fil d'une bande de papier gaufré pour
protéger l'écorce. N'entourez pas la branche avec la bande pour ne pas recouvrir les
bourgeons.

N'utilisez pas de fil isolant car il n'est pas assez solide et trop voyant.

Si la branche est trop grosse pour être pliée par un gros fil, utilisez-en deux, trois ou plus,
si nécessaire, jusqu'à ce que la branche garde sa position.

Les figures suivantes montrent une autre méthode pour courber un gros tronc ou une
branche.

Figure 182
Utilisez un rembourrage en raphia ou
en cordon pour éviter la fracture ou le
craquèlement de la branche. Placez
d'abord le rembourrage et attachez-
le.

Figure 183
Et ensuite, autour de la branche et du
tronc.

72
Figure 184
Utilisez plusieurs rangées de fil métal-
lique de gros calibre le long de la bran-
che. Attachez-les à la branche ou au
tronc avec un autre fil.

Figure 185
Si le tronc ou la branche sont très gros,
utilisez une barre métallique ou un
morceau de tube.

Figure 186
Pliez ensuite avec précaution pour
obtenir la forme voulue.

73
Formation des branches

1. A quel moment procéder?


Tenez compte de la saison. Certains arbres sont cassants et d'autres souples. La plu-
part des conifères doivent être pliés pendant la période de croissance. Si des inter-
ventions plus importantes sont nécessaires, évitez de les effectuer en plein été, sinon
l'écorce pourrait se détacher et le cambium être endommagé, mettant ainsi la plante
en danger.

La plupart des arbres feuillus doivent être formés au début du printemps, avant la
pousse ou à l'automne, juste avant la période de repos. Pendant cette période, beau-
coup d'arbres deviennent très cassants. Pendant la période de croissance, la forme de
l'arbre n'est guère visible à cause du feuillage, et l'écorce se détache facilement. La
période de la floraison n'est pas propice à la formation. Attendez qu'elle se termine.
Quelques arbres feuillus comme l'érable ou l'orme, entre autres, peuvent être formés
après la taille des feuilles (Cf. p. 53).

Avant un ligaturage important, cessez d'arroser pendant deux ou trois jours, pour le
rendre plus souple.

Ne transplantez jamais juste avant un ligaturage et ne défaites pas la motte de racines.

2. De quelle manière procéder?


Assurez-vous d'abord que la branche est correctement ligaturée (Cf. fig. 180 et 181).
Pliez à l'endroit où le fil entoure la branche, en appuyant pa dessous avec les pouces.
Puis en tenant bien la branche, pliez-la doucement mais vigoureusement dans la di-
rection voulue. Si vous maintenez vos pouces bien en appui par dessous, la branche
ne se fendra pas.

74
Figure 187
Evitez la forme en arc-en-ciel.

Figure 188
Pliez en suivant la courbure naturelle
de la branche.

Figure 189
Ne forcez pas la branche dans un sens
contraire à la courbure naturelle.

75
Figure 190
Chez le pin et le genévrier, la rigidité
de la branche peut être réduite en
écorçant le côté extérieur.

Figure 191
Mais il ne faut pas écorcer le côté inté-
rieur.

Figure 192
Evitez de fendre la branche car la cica-
trisation serait très difficile.

76
Figure 193
Pliez d'abord tout près du tronc. Une
petite entaille facilite souvent l'opéra-
tion.

Figure 194
Ne formez pas une courbure ronde à
la naissance de la branche.

Figure 195
Pliez la branche légèrement vers
l'avant et vers le bas.

77
Figure 196
Ne pliez pas trop vers l'avant. Pré-
voyez exactement l'ampleur que vous
voulez lui donner, sans faire de mou-
vement d'avant en arrière.

Figure 197
Si une branche basse d'un arbre déjà
formé s'est affaiblie, ne la raccourcis-
sez pas. Ligaturez-la et pliez-la vers le
haut.

Figure 198
Après avoir repris vigueur, cette bran-
che pourra être taillée et pliée vers le
bas.

78
Traitement d'une branche cassée

Une branche cassée ou fendue doit être immédiatement traitée avec du mastic, de
l'écorce artificielle ou même de la boue. Entourez l'endroit d'un pansement de raphia
pour aider à la cicatrisation.

Figure 199
Si les dégâts sont importants, retirez
une partie de la branche cassée.

Figure 200
Retirez tous les fragments d'une bran-
che craquée.

79
Règles à suivre avant et après le ligaturage

1. Avant le ligaturage:
Suivez les instructions p. 74.
Si l'arbre est faible ou s'il vient d'être transplanté, ne le ligaturez pas et ne le formez
pas encore.
Si l'arbre provient d'une région au climat différent, ne le ligaturez pas tout de suite;
laissez-le s'acclimater.

2. Après le ligaturage:
Protégez votre arbre du soleil ou du vent pendant quelques jours.
Même en période de croissance, attendez deux semaines avant de mettre de l'engrais.
Arrosez bien l'arbre, surtout si vous ne l'avez pas fait avant le ligaturage et la forma-
tion.
En outre, le vaporiser ne peut lui faire que du bien.

80
Retrait des fils métalliques

Il est difficile de prévoir le moment où il faut retirer un fil. Cela dépend du rythme de
croissance de l'arbre. Observez bien et dès que le fil entaille l'écorce, il est temps de le
retirer. En règle générale, le fil doit rester entre six mois et un an.

Il peut être enlevé ou coupé par petits morceaux afin de ne pas blesser le tronc ou la
branche lors de son retrait.

Figure 201
N'utilisez pas de pinces coupantes
pour ne blesser aucun rameau (Cf. fig.
13 et 14).

Lorsque le fil est déjà incrusté, retirez-le avec précaution pour ne pas risquer de peler
l'écorce. Pour retirer le fil, suivez le sens de l'enroulement. S'il y a entaille, appliquez du
mastic. Ne laissez jamais le fil dans la cicatrice, car il provoquerait une boursouflure dis-
gracieuse.

Si, après le retrait du fil, la branche reprend sa forme antérieure, ligaturez à nouveau,
mais dans le sens opposé ou dans le même sens, s'il n'a pas laissé de marques.

Les branches de certains arbres plus élastiques reviennent peu à peu à leur forme ini-
tiale. Dans ce cas, faites une petite entaille qui, après cicatrisation, permettra à la bran-
che de garder sa nouvelle position. L'entaille diminue l'élasticité de la branche à cet en-
droit et maintient bien sa position.

A ce propos, lors des expositions, il est permis de laisser les fils.

81
Le choix d'une coupe

Il est très important de bien choisir une coupe à bonsaï.Elle doit toujours être choisie en
fonction de l'arbre formé. Ne choisissez pas la coupe avant la formation de l'arbre.
Après celle-ci, l'arbre peut être directement planté dans une coupe à bonsaï ou dans un
récipient provisoire. Ne transplantez jamais l'arbre avant de l'avoir formé.

Taillez les racines en fonction de la dimension de la coupe. En général, il faut raccourcir


sévèrement les racines verticales ou les répartir de chaque côté du tronc. Les racines re-
montantes seront taillées ou bien rectifiées. Les racines doivent être réparties dans tou-
tes les directions.

Les couleurs des coupes qui conviennent à la majorité des arbres sont le brun, le gris ou
la couleur terre-cuite. Les coupes non vernissées, à la surface mate et sombre, convien-
nent à la plupart des conifères. Les coupes vernissées sont réservées en principe aux
feuillus.

Figure 202
Les proportions entre l'arbre et sa
coupe. Dans la plupart des cas, la lon-
gueur de la coupe doit correspondre à
un peu plus des 2/3 de la hauteur de
l'arbre.

82
Figure 203
Lorsque l'arbre est plus large que
haut, la longueur de la coupe doit cor-
respondre à un peu plus des 2/3 de la
plus grande largeur de l'arbre. Elle ne
doit jamais coïncider avec sa largeur
ou sa hauteur.

Figure 204
La hauteur de la coupe doit corres-
pondre à la taille du tronc, sauf pour
les formes en cascade et à troncs multi-
ples. Les arbres recueillis dans' la
nature peuvent faire exception, parce
qu'ils possèdent souvent une motte de
racines plus grosse et de grandes raci-
nes-pivot.

Figure 205
La largeur de la coupe peut être un
peu plus petite que celle des grandes
branches dépassant de chaque côté.
Une fois la longueur choisie, sa lar-
geur suit la norme des potiers.

83
Figure 206
La forme de la coupe doit correspon-
dre au caractère de l'arbre. Le style
vertical se marie bien avec une coupe
rectangulaire.

Figure 207
Les troncs contournés et aux formes
plus souples seront mieux mis en
valeur dans une coupe ovale, ronde,
ou rectangulaire aux coins arrondis.

Figure 208
Un arbre vigoureux, à l'aspect sauvage
aura besoin d'une coupe du même
genre.

84
En général, pour les formes en cascade, la coupe doit être profonde ou en hauteur. Par-
fois une coupe d'une hauteur moyenne peut être employée, mais ne plantez jamais un
bonsaï en cascade dans une coupe plate. La hauteur de l'arbre (entre la cime et la base du
tronc) et celle de la coupe ne doivent jamais être identiques. La cime de l'arbre peut très
bien redescendre plus bas que la coupe à condition qu'un grand présentoir surélève suf-
fisamment le bonsaï pour le mettre en valeur. Mais elle ne doit jamais toucher ce présen-
toir.

Choisissez une coupe étroite et longue pour les bonsaï à troncs doubles, à troncs ju-
meaux, pour le style en radeau et celui aux racines contournées, ainsi que pour les plan-
tations en groupe. Veillez aux proportions entre l'arbre le plus haut et la longueur de la
coupe: celle-ci doit représenter environ le tiers de la hauteur du bonsaï le plus haut.
Dans certains cas, on peut prendre une très grande coupe lorsqu'elle présente un pay-
sage libre ou un pré.

Dans le cas du style à troncs multiples, la longueur de la coupe doit représenter les deux
tiers de l'arbre le plus haut.

La coupe d'une forme rupestre peut être la même que celle d'un tronc multiple, à condi-
tion d'être en harmonie avec la taille et la couleur du rocher.

Une coupe pour la forme du Lettré (BUNJIN) peut être petite, ronde et plate afin de
souligner le caractère de l'arbre. La céramique artisanale convient aussi lorsque ses cou-
leurs ne sont pas trop vives. Elle doit être SHIBUI c'est à dire réduite à l'essentiel.

La plupart des arbres à feuilles caduques et des persistants à grandes feuilles peuvent
être plantés dans une coupe vernissée. Choisissez une couleur convenant à celle des
feuilles, des fleurs, des fruits et des baies. Les coupes de couleur pastel s'harmonisent
avec les arbres donnant de belles fleurs au printemps, et les coupes de couleur sombre,
avec ceux prenant de belles couleurs en automne. Les coupes anciennes vernissées, de
Corée, de Chine et du Japon peuvent être employées aussi bien pour les conifères que
pour les feuillus.

On peut toujours utiliser des coupes non vernissées pour les arbres feuillus. Certains
feuillus nécessitant une coupe plus grande et plus profonde, en raison de la forme de
leurs racines.

85
Un bonsaï peut aussi être planté sur un rocher au lieu d'une coupe. Mais il ne faut pas le
confondre avec un «ISHIZUKE», ou style sur rocher, qui est complètement différent et
sera décrit plus loin. La pierre utilisée à la place d'une coupe doit avoir les caractéristi-
ques suivantes:

1. Elle doit être dure et sa surface rugueuse, mais pas trop lisse ni fragile.
2. Sa couleur doit compléter celle du bonsaï. Les bruns rouge foncé et gris sont plus ap-
propriés que les pierres claires ou calcaires.
3. La roche ne doit pas dominer l'arbre par sa taille et sa forme. Les formes oblongues
ou formes en bateau (FUNA-GATA) sont très appréciées.
Les formes symétriques, c'est à dire rondes, carrées ou triangulaires, surtout si elles
sont de grande taille, doivent être évitées.
4. En ce qui concerne la taille, la largeur et la hauteur, mêmes règles que pour les
coupes.

Les coupes décorées de fleurs ou de scènes, ne se prêtent pas au style bonsaï parcequ'el-
les détournent l'attention au détriment de l'arbre. En revanche, une coupe profonde aux
signes calligraphiques, s'harmonisant avec les lignes de l'arbre, convient parfaite-
ment.

Choix de la face avant avec des coupes rondes,


carrées, hexagonales ou aux côtés symétriques

Figure 209
Deux positions possibles des pieds.

Figure 210
Vous pouvez placer à l'avant une ou
deux encoches.

86
Figure 211
Avec une coupe carrée, vous pouvez
présenter à l'avant, soit un côté plat,
soit un angle.

Figure 212
De même si elle est profonde.

Figure 213
Avec une coupe hexagonale plate,
mettez l'un des côtés à l'avant.

Figure 214
Si elle est profonde, placez toujours
un angle à l'avant.

87
Mélange de terre pour bonsaï

Un mélange de terre pour bonsaï doit être propre, sain et perméable. Il doit pouvoir ab-
sorber l'eau sans qu'il y ait stagnation et ne doit pas être trop tassé pour permettre à l'air
d'y pénétrer, car l'oxygène est vital pour les plantes, mais toutefois, évitez que des po-
ches d'air ne se forment. Au début de la préparation, le bonsaï a besoin d'un mélange de
terre qui active sa croissance et son développement. Cinq à six ans après sa formation, la
plante doit changer de terre.

En principe, le mélange de terre doit correspondre aux besoins de la plante. Si une crois-
sance rapide est nécessaire ou si l'arbre est malade, le mélange de terre doit être gros-
sier. Ajoutez du sable plus gros pour assurer un bon drainage. On utilise un mélange plus
fin lorsqu'il n'est pas nécessaire d'avoir une croissance rapide. N'ajoutez pas de tourbe
et en tout cas, veillez à bien la tasser. Les arbres à feuilles caduques et les persistants à
larges feuilles demandent plus de terre et de tourbe que de sable. Les conifères, plus de
sable et moins de terre et de tourbe. Le mélange doit être adapté aux espèces. Consultez
le tableau page 90.

Vous pouvez acheter de la terre végétale ou bien prélever de la terre de jardin, là où les
plantes poussent bien. Si vous prélevez de la terre en montagne, en bordure de rivière ou
en plein champ, observez les conditions de croissance des végétaux poussant à proxi-
mité. S'ils sont en bon état, c'est signe que le sol est bon.

Si vous voulez vous-même votre terre à bonsaï, prenez une brouettée de terre de jardin à
laquelle vous ajouterez une autre de sable et une autre de terreau. Etalez le tout sur une
couche de 10 cm et épandez dessus 12 kg d'engrais organique (farine d'os, de sang, de
poisson et sciure de corne).

Bien arroser ensuite. Ecartez la terre sur un sol solide que vous pouvez cerner de bri-
ques. Laissez reposer la terre 2 à 3 mois environ. De temps en temps, versez de l'eau
bouillante sur cette terre et vaporisez avec un insecticide et un fongicide, ce qui détruira
les insectes et les neufs.

Ne réutilisez jamais de la vieille terre provenant d'un rempotage car elle n'a plus de qua-
lité nutritive pour un bonsaï.

Pour les végétaux recueillis dans la nature, la terre d'origine ne convient pas forcément
car ils ont changé d'environnement.

88
Le choix du sable. Il faut vérifier le degré salin ou alcalin des sables de construction, de
rivière ou de granit désagrégé. Certains sols ont été traités avec des désherbants. Basez -
vous donc sur la végétation environnante. N'utilisez jamais de sable de mer ou d'aqua-
rium.

La litiére pour chat peut être utilisée si elle n'est pas traitée chimiquement. Lisez bien
les indications sur l'emballage.

Le tamisage. Il faut d'abord tamiser le sable pour obtenir des grains de différentes gros-
seurs. Cf. p. 10.

La poussière résiduelle qui passe à travers les plus petites mailles ne doit pas être em-
ployée, sinon pour terminer la surface après un rempotage.

L'humus. C'est la feuille de chêne qui fournit le meilleur humus. Si vous le faites vous-
même, stérilisez-le avec des produits chimiques ou de l'eau bouillante pour tuer les in-
sectes et les champignons. Eliminez toutes les grosses particules avec le tamis. La
mousse de tourbe, le terreau, vendus dans le commerce, sont également valables.

Les tableaux des pages suivantes indiquent les éléments des mélanges de terre de base,
utilisables pour la plupart des espèces de bonsaï. Les mélanges se font à partir de parts
égales.

N.B. L'indication «sable» englobe les types de sables cités plus haut. Assurez - vous que
le pH est neutre et que le sable peut absorber 20 % d'humidité. S'il en absorbe plus, vous
aurez un mélange trop trempé, et la pourriture des racines est à craindre. Tous les maté-
riaux cités plus haut doivent être tamisés avec les différents tamis mentionnés p. 10 et
90.

89
Tableau de mélanges de terre

Légende du tableau

NATURE DU BONSAI JEUNE 4 à 5 ans après formation


et rempotage.

ÂGÉ Lorsque sa croissance s'est


ralentie.

DIMENSIONS DU BONSAI GRAND entre 75 et 120 cm.

PETIT jusqu'à 75 cm.

MÉLANGE terre, tourbe, sable et charbon


de bois.

CALIBRE DU SABLE G gros: 3,1 à 6,3 mm.

M moyen: 1,6 à 3,1 mm.

F fin: 0,6 à 1,6 mm.


Ne pas utiliser la poussière.

NATURE DU BONSAI JEUNE


DIMENSION DU BONSAI GRANDE PETITE
MÉLANGE terre tourbe sable terre tourbe sable
CALIBRE DU SABLE G M F G M F
Abricotier du Japon 1 1 1 1 1 1 1

Arbres feuillus (autres) 1 1 1 1 1 1 1 1


Arbres tropicaux 1 2 1 1 1 3 1 1

Azalée 4 1 1 4 1 1
Azalée du Japon 4 2 1 4 2 1
Bambou 1 4 2 1 1 4 2 1
Bouleau 1 1 1 1 1 1 1 1

90
Tableau de mélanges de terre

NATURE DU BONSAI JEUNE


DIMENSION DU BONSAI GRANDE PETITE
MÉLANGE terre tourbe sable terre tourbe sable

CALIBRE DU SABLE G M F M F
Buis 1 1 1 1 1 1 1 1
Camélia 3 1 2 3 1 2
Cèdre 1 2 1 2 1 2 1 2
Chamaecyparis 2 2 1 2 2 1
Charme 1 2 1 1 1 2 1 1
Chêne 1 3 1 1 1 3 1 2
Citronnier 2 2 1 2 2 2 1 2
Cognassier 1 1 1 1 1 1 1 1
Conifères 1/2 2 2 1 1/2 2 2 1
Cotonéaster 1 2 2 1 1 2 2 1
Cyprès chauve 1 2 1 1 1 2 1 1
Épicéa 1/2 2 2 1 1/2 2 2 1
Érable 1 2 1 1 1 2 1 1
Ficus 1 1 1 1 1 1 2
Genévrier 1/2 1 1 2 1/2 1 1 2
Ginkgo 1 1 1 1 1 1 1 1
Glycine 2 1 2 2 1
Grenadier 3 2 1 1 3 2 1 1
Houx 1 1 1 1 1 1 1 1

91
Tableau de mélanges de terre

NATURE DU BONSAI JEUNE


DIMENSION DU BONSAI GRANDE PETITE
MÉLANGE terre tourbe sable terre tourbe sable

CALIBRE DU SABLE G M F G M F
If 1/2 2 2 1 1/2 2 2 1
Juniperus chinensis 1/2 1 1 2 1/2 1 1 2
Myrte 1 2 2 1 1 2 2 1
Olivier 1 1 1 1 1 1 1 1

Orme 1 1 1 1 1 1 1 1

Palmier 1 1 1 1 1 1 1 1

Pins (autres) 2 3 1 2 3 1

Pin blanc du Japon 2 3 1 2 2 1

Pin noir de Thunberg 2 3 1 2 3 1

Pin noir de Thunberg «corticata» 2 3 1 2 3 1

Pin sylvestre 1/2 2 2 1 1/2 2 2 1

Podocarpe 1/2 2 2 1 1/2 2 2 1


Pommier 1 1 1 1 1 1 1 1 1
Pyracantha 1/2 2 2 1 1/2 2 2 1
Saule 2 2 1 1 2 2 1 1

Tamaris 1 2 1 1 1 2 1 1
Troène 1 2 2 1 1 2 2 1

92
Tableau de mélanges de terre

NATURE DU BONSAI ÂGÉ


DIMENSION DU BONSAI GRANDE PETITE
MÉLANGE terre tourbe sable terre tourbe sable

CALIBRE DU SABLE G M F G M F
Abricotier du Japon 1 1 1 1 1 1
Arbres feuillus (autres) 1 1 1 1 1 1 1 1
Arbres tropicaux 1 2 1 1 1 2 1 1
Azalée 4 1 1 4 2
Azalée du Japon 4 2 2 4 2
Bambou 1 4 2 1 4 2 1
Bouleau 1 1 1 1 1 1 2
Buis 1 1 1 2 1 1 1 2
Camélia 3 1 2 3 1/2 2
Cèdre 1/2 2 2 1 1/2 2 2 1
Chamaecyparis 2 3 2 2 2 2
Charme 1 2 1 1 1 2 1 1
Chêne 1 3 1 1 1 3 1 1
Citronnier 1 2 2 1 1 2 2 1
Cognassier 1 1 1 1 1 1 1 1
Conifères 1/2 2 2 1 1 1/2 2 2 1
Cotonéaster 3 2 1 3 2 1
Cyprès chauve 1 2 1 1 2 2
Épicéa 1/2 2 2 1 1 1/2 2 2 1

93
Tableau de mélanges de terre

NATURE DU BONSAI ÂGÉ


DIMENSION DU BONSAI GRANDE PETITE
MÉLANGE terre tourbe sable terre tourbe sable

CALIBRE DU SABLE G M F G M F
Érable 1 2 1 1 1 2 1 1
Ficus 1 1 1 1 1 1 2
Genévrier 1 1 3 1 1 3
Ginkgo 1 1 1 1 1 1 1 1
Glycine 2 2 2 1 2 2
Grenadier 3 2 1 1 3 2 1
Houx 1 1 1 1 1 1 1 1
If 1/2 2 2 1 1 1/2 2 2 2
Juniperus chinensis 1 1 3 1 1 3
Myrte 1 2 2 2 1 2 2 2
Olivier 1 1 1 2 1 1 1 2
Orme 1 1 1 1 1 1 1 1
Palmier 1 1 1 1 1 1 1 1
Pins (autres) 2 3 2 2 3 2
Pin blanc du Japon 2 3 1 2 3 2
Pin noir de Thunberg 2 3 2 2 3 2
Pin noir de Thunberg «corticata» 2 3 2 2 3 2
Pin sylvestre 1/2 2 2 1 1 1/2 2 2 1
Podocarpe 1/2 2 2 1 1 1/2 2 2 2

94
Tableau de mélanges de terre

NATURE DU BONSAI ÂGÉ

DIMENSION DU BONSAI GRANDE PETITE

MÉLANGE erre tourbe sable terre tourbe sable

CALIBRE DU SABLE G M F G M F

Pommier 1 1 1 1 1 1 1 1

Pyracantha 1/2 3 2 1 1/2 3 2 1

Saule 2 2 1 1 2 2 2

Tamaris 1 2 1 2 1 2 1 2

Troène 1 1 1 1 1 1 1 1

95
Figure 215
Comment placer le mélange de terre
dans un pot?
1. Sable pour le drainage:
3 mm pour les petits bonsaï.
6 mm pour les grands.
2. Mélange de terre adéquat.
3. Fine couche de poussières prove-
nant du tamisage (Cf. p. 89).
4. Garniture de mousse sèche.

96
Rempotage

Il est très important de vérifier que les orifices de drainage de la coupe soient couverts.
La meilleure méthode est de découper un morceau de grillage de 5 à 8 cm de côté et de
3 mm de calibre pour recouvrir les orifices de tailles différentes. Le calibre de 3 mm est
le mieux adapté. Plus petit, l'eau s'écoulerait trop lentement. Plus grand, l'eau serait en-
traînée.

Figure 216
Pliez un grand morceau de fil de 1,5 à
2 mm pour former un U et enfon-
cez-le au centre du grillage.

Figure 217
Recouvrez le trou avec ce grillage.
Faites ressortir les extrémités du fil
par le dessus et repliez-les.

97
Figure 218
Fixez bien la grille de l'orifice du drai-
nage.

Figure 219
Grille de drainage en terre importée
du Japon.

Figure 220
Il est aussi très pratique d'utiliser des
fragments de coupes cassées.

98
Figure 221
Répartissez de gravier de 6 à 12 mm
pour garnir le fond de la coupe.
Recouvrez cette couche du mélange
de terre, en ménageant un petit monti-
cule où l'arbre doit être planté.

Figure 222
L'arbre doit être placé d'une façon
excentrée à droite ou à gauche, mais
derrière la ligne médiane. Penchez-le
un peu vers l'avant.

Figure 223
Si la coupe est plate, ménagez un mon-
ticule pour maintenir la base du tronc
au-dessus du sommet de la coupe. La
hauteur du monticule doit être égale à
la moitié ou légèrement supérieure à
celle de la coupe. Cet arbre, par exem-
ple, est placé trop haut.

99
Figure 224
Celui-ci, en revanche, est placé trop
bas.

Figure 225
Cette position est correcte. Faites en
sorte que la base de la pente arrive un
peu en dessous du bord de la
coupe.

Figure 226
Lorsque l'arbre est trop lourd, arri-
mez-le par le dessous.

100
Figure 227
Vous pouvez aussi l'attacher solide-
ment par l'exterieur.

Au moment du rempotage, installez-vous dans un endroit ombragé. Démêlez toujours


les racines avant de rempoter. Sans toutefois les laisser se dessécher, arrosez moins, juste
avant le rempotage. Retirez 3 à 6 cm de terre tout autour. Coupez les racines pivot et cel-
les qui sont trop longues. Cette taille va renforcer les racines plus petites et activer la
naissance des branches. Souvent, de la vieille terre et des racines pourries se sont accu-
mulées juste au-dessous du tronc. Elles doivent être enlevées et ceci provoque une petite
cavité. Coupez en diagonale toutes les racines qui dépassent. Ne les hachez pas. Appli-
quez du mastic ou de l'écorce artificielle sur les grosses coupures. S'il n'y a pas assez de
petites racines, mettez de l'auxine.

Figure 228
Juste au-dessous du tronc, retirez la
vieille terre et les racines mortes en
creusant.

Le mélange de terre doit avoir un taux correct d'humidité. La terre ne doit être ni trop
sèche ni trop mouillée. Servez-vous de bambou ou de bois pour bourrer la terre sur les
racines. N'utilisez pas vos mains afin d'éviter la formation de poches d'air. La terre doit
être légère pour permettre à l'oxygène de circuler.

10 1
Lissez la surface avec une petite balayette et tassez la terre sur le pourtour avec une
truelle ou les doigts (Cf. p. 26).

Rabaissez les grosses racines qui se redressent, à l'aide d'une agrafe, et taillez les racines
chevelues qui ressortent de la terre. Epandez de la mousse séchée en employant un tamis
de 3 mm. Plaquez la mousse et recouvrez enfin d'une mince couche de terre légère.

Figure 229
Agrafez les grosses racines qui se relè-
vent avec un morceau de fil en forme
d'épingle à cheveux.

Recouvrez la surface d'une mince couche de mousse passée au tamis de 3 mm et imbi-


bez-la d'eau ensuite. Un morceau de toile de sac peut éviter que la terre ne soit empor-
tée. Arrosez doucement la surface avec une pomme fine. N'arrosez pas en un seul en-
droit pour ne pas entraîner la mousse tamisée. Arrosez, bien à fond, en veillant à ce que
le dessous des branches soit bien mouillé. N'oubliez pas aussi de vaporiser par le dessus,
selon les instructions.

L'emploi de la vitamine B 1 peut aider l'arbre à surmonter le traumatisme initial du rem-


potage. Ne donnez pas d'engrais pendant 1 an et 2 mois. Vous trouverez d'autres con-
seils d'arrosage p. 110 dans la rubrique «soins quotidiens».

102
Étagères et présentoirs à bonsaï (BONSAÏ-TANA)

Dès qu'un bonsaï est formé ou se trouve déjà à un stade avancé, il faut le placer sur une
étagère, une table ou tablette spéciales. Il existe plusieurs possibilités de les fabriquer.
Mais le critère essentiel est d'en construire une qui rende l'entretien du bonsaï facile.
Elle ne doit pas supplanter, par sa forme et sa couleur, le bonsaï qui, de toute évidence,
reste l'objet essentiel (Cf. photo n° 1).

Emplacement du bonsaï. Arrosez-le immédiatement après le rempotage et mettez-le sur


une étagère où il ne sera pas nécessaire de le déplacer pour l'arroser. S'il était déplacé
trop souvent, la terre humide se tasserait et durcirait en séchant et sa perméabilité dimi-
nuerait.

Choisissez un endroit à mi-ombre pouvant recevoir le soleil du matin. Ne le mettez pas


dans un endroit venté, ni à l'abri d'un toit, où il ne recevrait ni soleil, ni pluie, ni rosée ni
air frais. Si vous n'avez pas encore d'étagère à bonsaï, ne le placez pas directement par
terre. Mettez toujours des briques ou des planches dessous.

10 3
C'est l'eau de pluie qui est la meilleure. Recueillez-la dans un récipient de céramique ou
de bois. Evitez les récipients en métal ou en plastique. Ajoutez quelques gouttes d'insec-
ticide pour tuer les larves d'insectes.

L'eau du robinet n'est pas bonne à cause du chlore qu'elle contient et qui est nocif pour
les arbres. Il vaut mieux d'abord la laisser reposer vingt quatre heures dans un récipient.

L'eau d'une mare, d'un lac ou d'une rivière est en général bonne pour l'arrosage si elle
n'est pas polluée. On utilise souvent de l'eau en bouteille pour les bonsaï.

104
Mousse

De la mousse sur un sol de bonsaï est esthétique. Elle aide aussi à maintenir la terre de
surface, mais il faut tenir compte de l'harmonie.

Un jeune bonsaï ayant une solide couverture de mousse ne paraît pas naturel. Il est pré-
férable que la mousse se développe en même temps que le bonsaï et qu'elle ne recouvre
qu'une partie de la terre. A mesure que le bonsaï vieillit et se développe, la mousse
pousse naturellement sous son ombrage.

Une mousse recouvrant toute la surface du sol est dommageable à l'arbre car elle réduit
la respiration de la terre et garde trop d'humidité à l'intérieur du sol.

Comment faire pousser la mousse:

Arrosez doucement la surface et appliquez un engrais très léger. Par exemple, une part
de petit lait pour quatre parts d'eau. Si de l'alcali se forme en surface, répandez une fine
couche de terreau.

Il existe de nombreuses variétés de mousse. C'est l'espèce veloutée qui convient le


mieux. Après l'avoir recueillie, faites-la sécher entièrement. Passez-la ensuite à travers
un tamis fin et conservez-la dans un récipient étanche. Quand vous en aurez besoin,
épandez-la sur le sol et recouvrez-la de terre fine.

Vous ne réussirez pas aussi bien si vous la plantez morceau par morceau: ou bien elle se
desséchera et s'émiettera, ou bien, si elle arrive à prendre, elle se divisera en petites mot-
tes.

105
Engrais

L'engrais organique est meilleur que l'engrais chimique. Ce dernier, en effet, obtient
souvent des résultats rapides dans les terres médiocres, mais il est plus dangereux pour
les plantes s'il n'est pas employé avec précision. La farine de sang, d'os, de corne, de
poisson ou du fumier d'animaux sont recommandés.

Différents types d'engrais:

1. Engrais solide.
Mélangez deux parts de tourteau et une part de farine de sang ou d'os avec de l'eau
pour former une pâte molle comme un lobe d'oreille. Cette pâte ne doit être ni trop-
sèche, ni trop mouillée. Formez des boulettes de la taille d'une balle de ping-pong
(une cuillerée à soupe bien pleine). Aplatissez les boulettes jusqu'à 3 à 5 cm de haut
et posez-les sur la terre de chaque bonsaï. Vous pouvez également donner à cette pâte
la forme d'un rouleau d'environ 3 cm de diamètre que vous couperez en rondelles de
3 cm. Une-autre possibilité consiste à former un gâteau de 40 cm x 40 cm x 3 cm et à
en couper des morceaux de 3 cm. Conservez l'engrais dans un récipient hermétique
après l'avoir vaporisé avec une bombe insecticide. Il ne faut pas le conserver plus de 2
mois.

Disposez l'engrais à chaque coin de la coupe ou derrière le tronc, entre l'arbre et la


coupe. Ne mettez pas l'engrais trop près du tronc. Déposé dans un endroit sans raci-
nes, il favorisera leur formation.

Figure 230
Mélange d'engrais en boulettes.

106
Figure 231
Pâte roulée, coupée en rondelles.

Figure 232
Engrais solide en forme de gâteau,
coupé en petits morceaux.

10 7
2. Farine d'engrais.
Mélangez deux parts de tourteau et une part de farine de sang ou d'os dans un réci-
pient. Si vous employez ce mélange, il ne faut pas le répandre sur toute la surface de la
terre, car la farine serait entraînée par l'eau d'arrosage, et en outre, la couche de
mousse serait détruite. Faites de petits tas à chaque coin de la coupe.

3. Engrais liquide.
Il existe des engrais organiques adaptés aux bonsaï. Respectez le mode d'emploi.

4. Engrais d'origine animale.


Il doit être bien décomposé avant son utilisation. Remplissez-en un sac et plongez-le
dans un récipient d'eau. Diluez le liquide et versez-le sur les arbres. La solution ne
doit pas être trop concentrée car elle pourrait brûler les racines des arbres.

5. Farine d'os.
La farine d'os doit être mélangée avec de la terre avant d'être employée pour les
bonsaï en fleurs, tels que la glycine et le grenadier.

Les quantités.
Il est préférable d'employer des quantités plus petites plus fréquemment, que des quan-
tités plus importantes plus rarement. Il ne faut jamais donner de l'engrais à une plante
malade.

Employez une portion ou une cuillerée à soupe d'engrais pour environ quatre litres de
terre. Respectez bien les instructions si vous utilisez les engrais liquides du commerce.

La fumure.
Il faut tenir compte de l'espèce, de l'âge et de l'état de santé de l'arbre. La plupart des
conifères ont moins besoin d'engrais que les feuillus.

1. La période de fumure va d'avril à octobre. Ne mettez de l'engrais que pendant la


période de croissance.

2. N'en mettez pas non plus pendant un ou deux mois après un rempotage.

3. Appliquez de l'engrais une fois par mois ou toutes les deux semaines, mais en plus
petites quantités.

4. Les camélias, azalées, gardénias, rhododendrons, etc. ont besoin d'un engrais spécial.
Choisissez un engrais de type ferrique et acide. Utilisez d'avantage de farine d'os et
de tourteau pour les espèces à fruits, à baies et à fleurs. Pour les conifères et les arbres
à beau feuillage, utilisez de la farine de sang et de tourteau.

108
5. Si la terre est trop acide, vous pouvez répandre de la chaux, de la cendre de bois ou de
charbon de bois pour adoucir la terre.

6. Lorsque l'arbre présente des signes de carence en minéraux (feuilles jaunes tachetées
ou décolorées), employez un engrais à base d'oligo-éléments tels que le cuivre, le fer,
le manganèse, le zinc etc. Respectez soigneusement les instructions.

109
Soins Quotidiens

1. Arrosage.
Surveillez vos bonsaï tous les jours. Il faut les arroser lorsqu'ils sont secs. S'ils sont en-
core humides, une légère vaporisation suffira. Faites attention après une légère
averse car une petite pluie n'apporte pas toujours assez d'eau.

La meilleure heure pour arroser est le matin ou le début de la soirée. Il ne faut jamais
arroser pendant la pleine chaleur de midi. S'il y a de la gelée le matin, attendez le dé-
gel. Mouillez le tronc et les branches. Cela stimulera la formation de la mousse et des
lichens. Arrosez aussi derrière le tronc et sous les branches.

Pendant les fortes chaleurs, moillez le pourtour des arbres, le sol et les murs. Vous
augmenterez ainsi le taux d'humidité de l'air à proximité de la plante. Il faut aussi ar-
roser davantage lorsqu'il y a du vent. Lorsqu'un arbre ne sèche pas à la saison chaude
au bout de deux ou trois jours, il faut en rechercher les causes. En principe la plante
n'aura pas été correctement fumée, ou la terre n'est pas assez perméable.

Lorsqu'un bonsaï est très desséché, ne l'arrosez pas trop d'un seul coup, mais douce-
ment. Installez-le dans un endroit humide et ombragé. La rosée nocturne achèvera
d'irriguer les radicelles. Le lendemain, vous l'arroserez à nouveau copieusement. De
temps en temps, immergez le bonsaï entier dans l'eau, mais en été seulement et pas
tous les jours.

2. Formation et taille.
La mise en forme et la taille sont deux éléments très importants de l'art du bonsaï.
Vous pouvez par exemple raccourcir une cime d'arbre ou l'extrémité d'une branche
et la remplacer par une branche latérale plus petite, une pousse ou un bourgeon.

Une branche se taille toujours à son extrémité. Si vous taillez trop vers l'intérieur, elle
paraîtra trop longue et perdra son caractère dense. Elaguez aussi le tronc, car les
branches qui en sont trop proches dépérissent par manque de lumière. Les conifères,
les persistants à grandes feuilles et les feuillus se taillent différemment.

11 0
Les pins:
Au printemps, à la mi-mars, réduisez les jeunes pousses selon la forme que vous vou-
lez leur donner. En automne (septembre, octobre, novembre) taillez les pousses qui
ne l'ont pas été au printemps. Raccourcissez aussi tout ce qui est trop long. Laissez
quelques aiguilles. Taillez les rameaux en laissant une section tournée vers le haut. Le
nombre d'aiguilles qu'il faut laisser dépend de la forme de l'arbre.

Figure 233
Voici comment tailler un rameau. La
section doit être faite en biais.

Figure 234
La section doit être ovale et tournée
vers le haut.

Figure 235
Les pins ne doivent pas être taillés
ainsi.

iii
Figure 236
Le rameau ne doit pas présenter cet
aspect provoqué par une taille trop
droite. D'ailleurs, une section ronde
se cicatrise moins vite.

Genévriers:
On peut en toute saison tailler des branches et des rameaux morts. Tout ce qui a trop
poussé doit être raccourci. Les pointes des aiguilles doivent être constamment reti-
rées pour qu'elles restent denses. Vous pouvez transformer une grosse branche morte
en JIN (Cf. p. 60).

Figure 237
Lesjeunes aiguilles des genévriers
sont épincées avec les doigts ou avec
une pincette.

Figure 238
Taillez ainsi les aiguilles du gené-
vrier.

11 2
Figure 239
Les aiguilles ne doivent pas être tail-
lées en touffes.

Autres conifères:
Epicéas, cèdres, cryptomérias, ifs, cyprès, pins hemlock, podocarpes etc. doivent
être légèrement taillés lorsque leur croissance déforme la silhouette de l'arbre.

Les arbres à feuillage caduc:


Les arbres à feuilles caduques et les persistants à grandes feuilles doivent être taillés
lorsque les nouvelles pousses ont durci. Les grandes interventions concernant leur
forme doivent être faites pendant la période de repos.

Taille des feuilles et effeuillage (Cf. p. 53):


Les fleurs fanées, les fruits, les baies et les étamines doivent être retirés avec leur tige.
Ne gardez pas les fruits et les baies trop longtemps, parce qu'ils affaiblissent l'arbre.
Les rameaux morts et les feuilles fanées doivent aussi être retirés.

Un rameau mort se coupe à partir du bois vivant. La blessure guérit plus vite et cela
stimule une nouvelle croissance.
Tous les rejets qui poussent sur le tronc doivent être enlevés, de même que tout nou-
veau rejet partant d'une fourche de branche. Seule exception: lorsque l'on a besoin
d'une branche de rechange ou que l'on veut ralentir sa croissance.

Figure 240
Retirez tous les rejets du tronc.

11 3
3. Rempotage:
Changez la terre une fois par an, si l'arbre doit encore grandir (Cf. p. 117). Si le
bonsaï a déjà atteint la forme désirée, vous pouvez rempoter moins souvent. Les co-
nifères doivent être rempotés tous les 3 à 5 ans. Cela dépend des circonstances. On
rempote les arbres à feuillage caduc au bout de un à deux ans, les jeunes conifères,
tous les 2 à 3 ans.

Utilisez un sable plus gros et plus irrégulier pour les bonsaï auxquels vous voulez
donner un aspect plus rude et plus sauvage. Pour les formes plus douces de bonsaï,
utilisez un mélange de terre plus fine. Jetez la vieille terre du dessous du tronc (Cf. p.
101).

Figure 241
Taillez les racines en formant des
triangles et en suivant les grosses raci-
nes.

Chez la plupart des feuillus, retirez presque toute la terre. Chez les conifères, une
partie seulement. Taillez sévèrement les racines à deux ou trois endroits, en forme de
triangle étroit jusqu'à la base du tronc, et si possible, le long d'une grosse racine.

4. Premiers soins pour un arbre malade:


Si le bonsaï présente des signes de faiblesse ou a l'air malade, ne mettez plus d'en-
grais. Et d'autre part, ne le mettez surtout pas à l'ombre. Retirez-le avec précaution
de sa coupe, et dégagez les racines qui émergent de la motte. Plantez le bonsaï dans
une coupe plus grande et mettez-le dans un endroit à mi-ombre, ou plantez-le direc-
tement en pleine terre, toujours à mi-ombre.

Si l'arbre est en très mauvais état, vous pouvez en dernier recours essayer ceci. Reti-
rez toute la terre des racines et plantez-le dans du sable pur. Mettez-le à mi-ombre
jusqu'à ce qu'il remette à pousser, et suspendez la fumure.

11 4
5. Vaporisation contre les insectes et les champignons:
Traitez les bonsaï pendant la dormance avec les insecticides et les fongicides vendus
dans le commerce, et seulement en cas de besoin, pendant la période de croissance.
La présence de fourmis révèle souvent l'existence de pucerons et de cochenilles.
Dans beaucoup de cas, il faut alors traiter l'arbre.

6. Soins pour JIN, SHARI et SABA-MIKI:


Après avoir lissé les surfaces à transformer en JIN, attendez qu'elles sèchent complè-
tement et que de petites fissures se forment. Appliquez une solution de chaux et de
soufre en milieu de journée, lorsqu'il fait très chaud en été. Répétez cette opération
au moins 2 fois par an pendant deux ou trois ans. Grattez la surface avec du papier de
verre avant de faire une nouvelle application.

7. Divers:
Pour éviter une croissance unilatérale d'un bonsaï, tournez-le assez souvent sur son
étagère. Les pousses et les feuilles se tournent naturellemenat vers le soleil et un côté
qui resterait en permanence à l'ombre dépérirait.

Placez les feuillus sur une étagère plus basse que celle des conifères, car en haut ils se
dessécheraient plus vite.

Si une branche inférieure dépérit, ne la taillez pas mais ligaturez-la vers le haut jus-
qu'à ce qu'elle récupère.

Figure 242
Les longues racines ressortent parfois
par les orifices de drainage.

Figure 243
Vérifiez périodiquement et coupez les
racines qui dépassent.

115
Vérifier périodiquement les orifices de drainage car les racines peuvent les boucher.
Nettoyez-les avec du fil ou une pointe. Coupez les racines qui dépassent.

Après de fortes pluies ou lorsque la pression d'arrosage a été trop forte, la terre qui a été
emportée doit être remplacée. Lorsque la base du tronc et les racines qui affleurent sont
recouvertes d'un dépôt blanc, mettez une couche de tourbe ou de terreau fin. Si ce dé-
pôt est trop épais, il faut rempoter l'arbre et le planter très profond pendant six mois.
Pour enlever une couche blanchâtre de sel alcalin sur la coupe, utilisez un mélange de vi-
naigre et d'eau. Si cela reste sans effet, il faut enfouir la coupe dans la terre pendant quel-
ques mois.

Protégez vos bonsaï des grands écarts de températures tels que les vagues de chaleur et
de froid, des vents violents etc. Gardez les caractéristiques de chaque bonsaï à l'aide d'é-
tiquettes et de numéros accrochés. Il est important de noter les rempotages et les chan-
gements de terre.

Des photos de vos bonsaï à chaque stade de leur développement vous procureront le
même plaisir que les photos de vos enfants. Elles peuvent aussi être utiles en cas de vol.

11 6

Tableau de rempotage et de changement de terre


X = Mois de rempotage
O = Rempotage après taille des feuilles

Mois 1 2 3 4 5 6 7 8 9101112 Changer la


terre tous
Espèces les
Abricotier du Japon
(UME, SUMONO, ANZU) X X X X 1 à 2 ans
Arbres feuillus
(RAKUYOJU, ZOGI) X X X X 1 à 2 ans
Arbres tropicaux
(NETTAI-GI) X X X X 1 à 2 ans
Azalée
(TSUTSUJI) X X X 1 à 2 ans
Azalée du Japon
(SATSUKI) X X 1 à 2 ans
Bambou
(TAKE) X X X X X X 2 à 3 ans
Bouleau
(SHIRAKABA) X X X O O X 1 à 2 ans
Buis
(TSUGE) X X X X X 1 à 2 ans
Camélia
(TSUBAKI) X X X X X 1 à 2 ans
Cèdre
(HIMARAYA-SUGI) X X X X X 1 à 2 ans
Chamaecyparis
(HINOKI-CHABOHIBA) X X X X X X 2 à 4 ans
Charme
(SHIDE, SORO) X X X O O O X X 1 à 3 ans
Chêne
(KASHI, SHII, KUNUGI) X X X 1 à 4 ans
Citronnier
(KANKITSU) X X X X X 1 à 4 ans

117
Tableau de rempotage et de changement de terre
X = Mois de rempotage
O = Rempotage après taille des feuilles
Mois 1 2 3 4 5 6 7 8 9101112 Changer la
terre tous
Espèces les
Cognassier
(BOKE, KARIN) X X X X O O X X 1 à 2 ans
Conifères
(TOKIWA, SHOHAKU) X X X X X 3 à 5 ans
Cotonéaster
(BENISHITAN) X X X X X X X X 1 à 2 ans
Cryptomeria
(SUGI) X X X X X 3 à 5 ans
Cyprès chauve
(HAGOROMO-MATSU) X X X X X 2 à 4 ans
Épicéa
(EZO-MATSU) X X X X X 3 à 6 ans
Érable
(MOMIJI-KAEDE) X X X O O X X 1 à 3 ans
Ficus
(ICHIJIKU) X X X X X 1 à 2 ans
Genévrier
(SHIMPAKU) X X X X X X 3 à 7 ans
Ginkgo
(ICHO, GINNAN) X X X O O X X 1 à 3 ans
Glycine
(FUJI) X X X X X 1 à 2 ans
Grenadier
(ZAKURO) X X X X O X X 1 à 2 ans
Houx
(HIRAGI-UMEMODOKI) X X X O O X 1 à 2 ans
If
(ICHII) X X X 3 ans

11 8
Tableau de rempotage et de changement de terre
X = Mois de rempotage
O = Rempotage après taille des feuilles

Mois 1 2 3 4 5 6 7 8 9 101112 Changer la


terre tous
Espèces les
Juniperus chinensis
(SHIMPAKU) X X X X 3 à 6 ans
Myrte
(SARUSUBERI) X X X X 1 à 2 ans
Olivier
(GEKKEIJU) X X O O X X 1 à 3 ans
Orme
(SHIDE, SORO) X X X O O O X X 1 à 3 ans
Palmier
(SOTETSU,
SHUROCHIKU) X X X X X 1 à 4 ans
Pin
(MATSU) X X X X X 3 à 7 ans
Pin blanc du Japon
(GOYO-MATSU) X X X X X 3 à 5 ans
Pin sylvestre
(MOMI) X X X X X 3 à 5 ans
Pinus thunbergii
(KURO-MATSU) X X X X X 3 à 7 ans
Pinus «corticosa»
(NISHIKI-MATSU) X X X X X 4 à 7 ans
Podocarpe
(MAKI) X X X X X X 3 ans
Pyracantha
(TACHIBANA-MODOKI) X X X X X X X 1 à 2 ans
Saule
(YANAGI) X X X X O X 6 mois à 1 an

Tamaris
(GYORYU) X X X X X X 6 mois à 1 an

Troène
(IBOTA) X X X X O X X 1 à 3 ans

11 9
12 0
Dimensions des bonsaï

Il n'existe pas de bonnes ou de mauvaises dimensions de bonsaï. Elle dépend de votre


goût personnel, de sa forme et de l'endroit où il est placé. La première impression que
l'on a d'un bonsaï est celle d'un arbre miniature prenant peu de place, facile à déplacer et
qui agrémente votre vie quotidienne. Un bonsaï, toutefois, ne doit pas être astreint à une
dimension précise mais formé, afin de mettre en valeur toutes ses qualités.

La proportion adéquate entre la dimension d'un bonsaï et la place qu'il lui faut est la sui-
vante: un bonsaï de 5 à 7 cm correspond à la place prise par un tatami de 90 x 180 cm. Un
bonsaï de 12 cm de hauteur correspond à deux tatamis. Un bonsaï de 1 m correspondrait
à une surface de 20 tatamis, soit une superficie de 6 x 5,50 m.

Il est difficile de déterminer la dimension d'un bonsaï. Il existe l'échelle de base sui-
vante:

1. Grand bonsaï (OMONO BONSAI):


La hauteur maximum d'un bonsaï sans coupe est de 130 cm. On parle d'un bonsaï
pour deux, trois ou quatre personnes selon le nombre de personnes qu'il faut pour le
porter. Un bonsaï de plus de 130 cm est appelé HACHI-UYE que l'on expose en gé-
néral dans une cour ou brièvemenat dans un grand bâtiment. Un arbre formé qui
n'est pas planté dans une coupe mais dans un jardin n'est pas considéré comme un
bonsaï. On l'appelle un NIWA-GI, même si sa hauteur est inférieure à 130 cm.

2. Bonsaï moyen (CHUMONO-BONSAI):


Un bonsaï de cette taille peut être facilemenat déplacé par un homme de force
moyenne. Il mesure de 45 à 90 cm. Ce genre de bonsaï en exposition fait beaucoup
d'effet et est en outre facile à transporter.

3. Bonsaï pour une main (KATADE-MOCHE BONSAI):


Il s'agit là d'un bonsaï de 20 à 40 cm, selon son style. La forme rupestre n'en fait pas
partie. Cette dimension de bonsaï pouvant être soulevé d'une main est celle que les
amateurs de bonsaï préfèrent.

12 1
Dimensions des bonsaï

4. Petit bonsaï (KOMONO BONSAI):


Ce sont les bonsaï de 12 à 18 cm. Il n'est pas facile de transformer un arbre si petit,
avec tous les détails que cela nécessite, en un véritable arbre naturel. Certaines espè-
ces telles que l'orme et le cotonéaster ont une structure qui permet leur transforma-
tion en petits bonsaï.

5. Les bonsaï miniatures (MAME BONSAI):


Ce sont les plus petits. Quatre ou cinq bonsaï miniatures peuvent tenir dans une
main. Leur «taille» est fascinante. Mais leur entretien est très difficile et il n'est pas
aisé de travailler ces arbres miniatures. On les appelle bonsaï de poche.

11 existe enfin une taille microscopique de bonsaï appellée taille du grain de coquelicot
ou KESHITSUBU. La graine de ces plantes est semée directemenat dans des coupes
minuscules avec de très bons résultats.

122
Les différents styles de bonsaï

Il est fascinant d'observer des arbres dans la nature et les imaginer en bonsaï. Il n'en est
pas deux qui soient identiques. Il existe, bien sûr, une certaine ressemblance entre deux
arbres de même espèce, mais les variations entre ces arbres, dues à leur situation et à l'in-
fluence de la nature, tendent à les classer selon des caractères de similitude que même un
simple observateur peut remarquer. Le classement japonais des styles de bonsaï est basé
sur ces différents modèles, mais comme beaucoup de bonsaï correspondent à des cas li-
mite, il faut les classer selon leurs traits dominants.

Voici les styles de bonsaï les plus courants ainsi que les traits qui les caractérisent:

BONJU Bonsaï
TACHI-GI Arbre vertical
CHOKKAN Tronc droit
SHAKAN Tronc incliné
SHO-SHAKAN Tronc très peu incliné
CHU-SHAKAN modérément incliné
DAI-SHAKAN Très ou extrêmement incliné
MOYOGI vertical
FUKINAGASHI Battu par les vents
BUNJIN Style abstrait et libre
BANKAN Tronc crochu
NEJIKAN Tronc contourné
SABAKAN Tronc creusé ou fendu
KOBUKAN Tronc noueux
SHARIKAN Ecorcé

KENGAI En cascade
KENGAI Cascade ordinaire ou conventionnelle
HAN-KENGAI Cascade modérée ou semi-cascade
DAI-KENGAI Cascade extrême ou presque verticale
GAITO-KENGAI Cascade sur falaise ou en dôme
TAKI-KENGAI Cascade en chute d'eau
ITO-KENGAI Tronc et branches tombant en cascade, en
faisceau de cordes
TAKA-KENGAI Cascade à troncs triples ou multiples
SOKAN Tronc double
SOJU Tronc jumeau

12 3
KABUDACHI Troncs multiples
KORA-BUKI Rejets multiples sur souche ou poussant
dans une carapace de tortue.
NETSURANARI Forme rampante; rejets sur une longue raci-
ne de surface
YAMA-YORI Pousses d'un cône tombé
IKADABUKI Forme en radeau
YOSE-UYE Plantations en groupe
ISHI-ZUKE Plantation sur rocher
TAKO-ZUKURI En forme de pieuvre
NE-AGARI Racines remontantes visibles
SAKEI Plantations en groupe avec arbres, rochers,
plantes et mousse, composant un paysage
naturel
JUKEI Formes ou contours du bonsaï
MATSU-ZUKURI Forme traditionelle de pin
HOKI-ZUKURI Forme en balai
TAMA-ZUKURI Forme en balle ou en neuf
ROSOKU-ZUKURI Forme en flamme de chandelle
KASA-ZUKURI Forme parasol
HOSHO-ZUKURI Forme exagérée de MATSU-ZUKURI
souvent employée pour un arrière-plan de
jeux «NOH»

124
Exemples de forme rigoureusement verticale
(CHOKKAN)

Les exemples suivants sont des variations de la forme rigoureusement verticale.

Figure 244
Si possible, placez la branche princi-
pale à l'arrière, entre la première et la
deuxième branche.

Figure 245
Les branches se redressent, caracté-
ristique d'un sujet jeune.

12 5
Figure 246
Les branches poussent horizontale-
ment. Seule leur extrémité se redresse
légèrement.

Figure 247
Des branches légèrement penchées
allongent la silhouette de l'arbre.

Figure 248
Les branches fortement penchées
soulignent la grosseur du tronc.

12 6
Figure 249
Les branches forment une couronne
presque plate. Le tronc est partielle-
ment écorcé et formé comme un JIN.
On a l'impression que l'arbre a subi un
gros orage.

Figure 250
Tronc massif. La première et la troi-
sième branche ainsi que la cime ont
été transformées en JIN.

Figure 251
Le tronc est échancré (SABAMIKI)
et les branches proches ont été trans-
formées en JIN.

127
Figure 252
Les branches sont très inclinées et font
ressembler le bonsaï à un parasol
fermé.

Figure 253
Les larges branches serrées sont à la
cime. Le bonsaï ressemble à un para-
sol ouvert.

Figure 254
Les branches poussent d'un seul côté.
La cime et la branche opposée sont
transformées en JIN.

128
Figure 255
Le tronc initial était mort. Une bran-
che en assume les fonctions.

Figure 256
L'écorce d'un tronc torsadé a été reti-
rée (SHARI). (Cf. p. 60.)

Figure 257
La plus grande partie de l'arbre est
morte. Il ne reste plus qu'une branche
importante.

129
Figure 258
La partie droite du tronc est complè-
tement morte. L'écorce a été enlevée
et les branches ont été taillées en JIN.

Figure 259
Une seule branche a survécu et a
donné une nouvelle forme à l'arbre.

13 0
Exemples d'un tronc (SHAKAN)

La forme du tronc comprend trois variantes qui sont fonction de l'inclinaison (Cf. p.
123). L'équilibre de l'arbre est obtenu en orientant la cime à contre-sens et en disposant
la première branche de façon à la rééquilibrer.

Figure 260
SHO-SHAKAN. La première bran-
che se trouve du côté incliné du tronc.
Les branches de ce côté-là sont légère-
ment redressées tandis que celles de
l'autre côté sont légèrement incli-
nées.

Figure 261
SHO-SHAKAN. La première bran-
che est placée du côté opposé de l'in-
clinaison.

13 1
Figure 262
CHU-SHAKAN. La première bran-
che est ramenée jusqu'à la base du
tronc pour équilibrer l'ensemble.

Figure 263
DAI-SHAKAN. La première bran-
che est placée devant et s'étend des
deux côtés du tronc sans gêner la vue.

Figure 264
Exemple d'un SHAKAN-KOBOKU.
Forme de tronc incliné. L'arbre a un
vieux tronc trapu, chêne, quercus
chrysolepsis Liebmann. Trouvé en
1960.

132
Figure 265
Le même arbre deux ans plus tard.

Figure 266
Toujours le même arbre après cinq ans
de travail.

133
Exemples de bonsaï à feuillage caduc et à feuillage persistant

Figure 267
TAMA-ZUKURI. Tronc vertical à la
silhouette presque ronde, telle un bal-
lon.

Figure 268
ROSOKU-ZUKURI. Tronc vertical
à couronne, en forme de flamme.
C'est ainsi que l'on forme habituelle-
ment les gynkgos.

134
Figure 269
HOKI-ZUKURI. Forme en balai.
Les ormes sont habituellement formés
ainsi.

Figure 270
SHIZEN-ZUKURI. Forme natu-
relle. Ne soyez pas trop systématique
pour la disposition des branches.

Figure 271
MATSU-ZUKURI. Cette forme de
pins est la plus populaire pour les
bonsaï à feuillage caduc.

13 5
Figure 272
Autre exemple de forme de pin ou
MATSU-ZUKURI.

Figure 273
Grand vieux tronc. Cette forme peut
être choisie pour les arbres à feuillage
caduc et les persistants à larges feuil-
les. Les branches sont transformées
dès qu'elles apparaissent.

Figure 274
SABA-MIKI. Vieux tronc ainsi
échancré pour ressembler à un tronc
fendu.

136
Formation en balai (HOKI-ZUKURI)

Un orme au tronc élancé avec de bonnes racines et des branches en hauteur peut être
formé en balai.

Figure 275
Pour éviter une forme symétrique,
pratiquez une section en V à une hau-
teur égale à trois fois le diamètre du
tronc.

Figure 276
Si le tronc est épais, vous pouvez en-
tailler profondément le cceur du bois,
en prenant soin toutefois de ne pas
endommager le cambium pour qu'il se
cicatrise plus vite.

13 7
Figure 277
Entourez bien la partie coupée avec
du ruban et du raphia. Vous éviterez
ainsi la formation d'un noeud. Au bout
d'une année, une foule de petits rejets
se formeront.

Figure 278
Si le tronc n'a pas été bien bandé, il se
formera des noeuds au moment de la
repousse.

Figure 279
En automne, réduisez les nouvelles
pousses à la moitié de la hauteur du
tronc, sauf la pousse centrale qui acti-
vera la croissance et pourra équilibrer
le tronc d'origine. Veillez à ce que les
sections soient tournées vers l'inté-
rieur et à ce que les nouvelles pousses
croissent vers l'extérieur.

138
Figure 280
L'automne de l'année suivante, cou-
pez à nouveau toutes les nouvelles
pousses (sauf celles du centre) mais
cette fois-ci, plus modérément. Et
coupez encore moins les années sui-
vantes.

13 9
Exemples de forme verticale libre (MOYOGI)

Le style MOYOGI est le plus courant parmi les styles de bonsaï, notamment pour les
chênes, les pins, les genévriers et autres conifères. Il convient aussi aux grenadiers, éra-
bles, abricotiers et aux pommiers. Le bonsaï de style vertical libre a un tronc légèrement
courbé, suffisamment pour retenir l'attention, mais sans exagération. C'est le style le
plus répandu chez les collectionneurs de bonsaï.

Figure 281
Le célèbre style MOYOGI.

Figure 282
L'équilibre de l'ensemble obtenu
grâce à la cime située juste à l'aplomb
du centre de la base du tronc.

140
Figure 283
Forme droite inclinée SHAKAN-
MOYOGI. L'équilibre est large grâce
à une base stable.

Figure 284
Tronc incliné, équilibré par une
vigoureuse première branche, très
inclinée vers le bas.

Figure 285
Une première branche forte et trapue
équilibre des racines puissantes.

14 1
Figure 286
Bonsaï de style vertical libre, aux raci-
nes en courbe et tronc orienté nette-
ment vers le bas.

Figure 287
MOYOGI avec un tronc joliment
courbé. La première grosse branche
est dirigée vers le bas pour équilibrer
l'arbre.

Figure 288
Les courbes du tronc convergent vers
le haut, mais celles des branches sont
dirigées vers le bas et touchent pres-
que le tronc.

142
Transformation d'un pin noir du Japon en bonsaï

La plupart des styles de bonsaï peuvent être rendus par le pin noir du Japon car il se
prête à différents types de formation.

1. Plant:
Il est courant d'obtenir un plant à partir d'une graine, mais il faudra de nombreuses
années avant qu'il ne devienne un vrai bonsaï. Lorsque l'arbre a deux ou trois ans,
commencez à le former et plantez-le dans la terre ou dans un grand pot pour activer sa
croissance. Au bout de quelques années, après un travail de formation adéquat, une
fois que le tronc a assez grossi et que les branches se sont développées, transplan-
tez-le dans une coupe à bonsaï et commencez sa véritable formation.

2. Arbre de pépinière:
Contrairement à la formation d'un jeune plant, celle d'un arbre de pépinière vous
prendra beaucoup moins de temps. Choisissez-en un avec de bonnes racines, un
tronc fort, des branches denses et des aiguilles belles et fournies. Il faudra d'abord
s'occuper de la silhouette du tronc, car il est déjà solide et difficile à former.

3. Arbres de plein champ ou de jardin:


Certaines pépinières ont des pins noirs en pleine terre. Ce sont les meilleurs maté-
riaux de base pour obtenir un bonsaï. Choisissez un sujet avec un tronc vigoureux et
bien courbé. Attendez au moins un an après qu'il ait été prélevé du champ et trans-
planté dans une coupe. Cela donnera le temps aux racines de s'implanter. Si les ai-
guilles sont longues, frisées et touffues, enlevez-en 3 cm environ.
Cette possibilité de se procurer des plants peut aussi être employée avec d'autres co-
nifères ainsi qu'avec des arbres à feuillage caduc.

14 3
Figure 289
Choisissez un sujet avec un gros tronc
et de fortes racines et des branches
capables de former une future cime.

Figure 290
Supprimez les deux branches du bas
et les deux latérales du haut. Coupez
la cime. Coupez aussi les rameaux
centraux des branches restantes.

Figure 291
Toutes les branches doivent être cou-
pées en pensant à la forme future.
Laissez des branches sur les courbes
extérieures du tronc.

144
Figure 292
Bonne distribution des branches.

Figure 293
Mauvaise distribution des branches.
Elle est contraire à l'esthétique et à la
nature.

Figure 294
Ligaturez chaque branche.

14 5
Figure 295
Pliez les branches dans la bonne posi-
tion. La première à gauche, la seconde
à droite et la cime légèrement à gau-
che.

Figure 296
En automne, retirez les fils s'ils s'in-
crustent dans l'écorce. Lorsque les
pousses dépassent 3 cm, taillez-les.

Figure 297
Au printemps suivant, de nouvelles
pousses apparaîtront entre les aiguil-
les ou aux endroits où il y a eu taille à
l'automne précédent. Les branches
peuvent ainsi s'étoffer au lieu de s'al-
longer.

146
Figure 298
Ligaturez toutes les branches en les
rabaissant d'après le même modèle
que la première branche. Toutes les
premières branches doivent avoir une
position déterminée.

Figure 299
Au printemps, toutes les ramules doi-
vent être coupées à leur base si elles
dépassent 3 cm. Ne laissez pas la
moindre partie de ramule lors de la
taille de printemps.

Figure 300
La deuxième année, plantez l'arbre
dans une coupe à bonsaï (Cf. p. 82).

147
Figure 301
Au fil des ans, l'arbre s'étoffera et ses
aiguilles deviendront plus belles et
plus courtes. Retirez toutes les aiguil-
les fanées.

Figure 302
Pin noir du Japon (Pinus thunbergii,
Parl.), formé par l'auteur. L'arbre a
été cultivé plusieurs années dans un
pot normal, puis la cime a été amputée
et ensuite reformée (photo de juin
1960).

Figure 303
Les jeunes pousses ont été taillées
tous les ans pour obtenir des aiguilles
plus denses. Photo de janvier 1962.

148
Figure 304
Commencez par former d'abord les
branches inférieures. Réduisez la hau-
teur de la coupe pour l'adapter à celle
de l'arbre. Photo de juillet 1964.

Figure 305
Donnez à la cime la forme d'une cou-
ronne. Taillez les ramules au prin-
temps et à l'automne pour garder la
forme et la taille du bonsaï. Veillez à
ce que le fil n'entame pas l'écorce.
Photo de juillet 1966.

14 9
Soins pour le pin noir du Japon

1. Arrosage
Il faut arroser un jeune pin noir comme n'importe quel bonsaï, ni plus ni moins. Mais
dès qu'il a atteint son plein développement et sa forme définitive, il ne faut plus l'ar-
roser qu'au minimum, sinon sa forme serait compromise par une croissance inconsi-
dérée. Le bassinage de la couronne doit se limiter au nettoyage de la poussière des ai-
guilles. Trop d'humidité favorise la formation d'aiguilles anormalement longues qui
compromettent la forme de l'arbre.

2. Fumure
Là encore, le pin noir doit être fumé aussi souvent qu'un autre bonsaï. Dès que la
forme définitive est obtenue, limitez la quantité d'engrais au maintien de la motte de
l'arbre, remettez-vous en à votre propre expérience, selon l'arbre et ses besoins
spécifiques. Un pin noir adulte a besoin de 3 à 4 apports d'engrais par an. Mais au
cours de sa première année de développement, il doit être fumé tous les mois, d'avril
à octobre. Le mélange d'engrais recommandé est une part de farine de sang et deux
de tourteau ou de poissons. A raison d'une cuillerée à soupe pour 4,5 litres de terre
(Cf. p. 106).

3. Taille
Le pin noir classique a des aiguilles denses et compactes. On y parvient par une taille
soigneuse à des périodes précises de sa croissance. Les nouvelles jaillissent en touffes
au printemps. La tige d'une touffe est appelée ramule qui, en poussant, devient un
long rameau. Retirez cette pousse entre avril et mai, dès qu'elle mesure plus de 3 cm.
De nouvelles pousses apparaîtront à cet endroit pour former d'autres touffes pen-
dant l'été. Il est donc important que la ramule entière soit enlevée au printemps.

En octobre ou en novembre, la nouvelle pousse sera devenue assez solide pour une
seconde taille qui augmentera la densité des aiguilles. Taillez chaque pousse d'un
tiers ou de la moitié, selon la forme d'arbre que vous prévoyez. Il est d'ailleurs préfé-
rable de tailler plus court que d'en laisser trop. Ne touchez pas aux autres aiguilles.
Ne taillez pas là où il n'y a pas d'aiguilles. Les ramules qui mesuraient au printemps
moins de 3 cm peuvent être alors taillées. Cette taille d'automne favorisera la pousse
de nouvelles touffes au printemps suivant. Ces tailles peuvent être répétées à l'infini
jusqu'à ce que le bonsaï ait acquis la forme voulue. De même, une branche courte
peut être rallongée en ne taillant pas la ramule.

150
Il ne faut jamais tailler sévèrement un pin affaibli ou malade. Sinon, des branches
pourraient mourir ou ne pas redémarrer à la saison suivante. Les vieux pins ne pro-
duisent pas beaucoup de pousses au printemps. Et les ramules existantes allongent au
fil des ans. Dans ce cas, on conservera la forme des bonsaï en rabattant les branches
jusqu'aux premières fourches secondaires. Mais veillez à effectuer ces coupes der-
rière les branches secondaires pour les cacher à la vue.

Choisissez une branche pouvant conserver la forme générale effilée. La période la


plus favorable est la période de croissance car les blessures se referment d'elles-
mêmes. Enlevez toutes les aiguilles jaunes et brunes en automne, ainsi que celles qui
poussent sous la branche et compromettent sa forme. Ligaturez toutes les extrémités
des branches dirigées vers le haut ou vers le bas.

4. Rempotage
Normalement, le pin noir n'est rempoté que tous les trois ou sept ans, mais un arbre
adulte et sain peut rester dans la même terre pendant 10 ans. Cependant, la crois-
sance d'un jeune arbre peut être stimulée en le rempotant tous les deux ans selon la
même technique que pour les autres espèces (Cf. p. 101). Il faut aussi rempoter un
pin lorsqu'il a l'air affaibli ou malade avec des aiguilles décolorées, lorsque les extré-
mités de ses branches dépérissent ou que la pousse du printemps est insignifiante,
également lorsque la masse des racines est si dense qu'elle obstrue les orifices de drai-
nage et (ou) qu'elle a fait déborder la terre de la coupe.

Lorsqu'un pin noir est plus âgé, taillez ses racines très modérément et ne retirez que
les vieilles racines fines, noires et filiformes, en laissant les jeunes racines brunes.
Lorsqu'un pin a un accès de faiblesse sans raison apparente, débarrassez les racines
de leur terre en les rinçant quelle que soit la saison, et plantez-le dans du sable brut.
Gardez-le mi-ombre jusqu'à ce qu'une amélioration apparaisse, telle qu'un change-
ment de couleur des aiguilles ou un redémarrage (Cf. p. 114).

5. Formation
La branche principale doit être gardée vigoureuse. Dès qu'elle commence à paraître
faible et à s'amenuiser, taillez d'abord toutes les branches proches qui avaient été
laissées pour renforcer le tronc. Ne laissez jamais de branches pousser en ligne
droite. Essayez, lors du ligaturage et de la taille, de créer des courbes et des formes
intéressantes. L'écorce rugueuse que les Japonais appellent KAME-NO-KO (cara-
pace de tortue) n'apparaît qu'avec le grand âge. On peut cependant accélérer ce pro-

15 1
cessus et l'imiter, en scarifiant verticalement le tronc avec un couteau tranchant. L'é-
corce la plus rugueuse apparaîtra côté soleil. C'est pourquoi, il faut veiller à le
tourner régulièremenat à chaque rempotage ou changement de terre. Il faut aussi re-
former les racines en les démêlant ou en les taillant.

6. Maladies et autres difficultés


Un pin noir laissé trop longtemps à l'ombre ou qui s'est affaibli par manque de soins
est sensible aux maladies et aux attaques des insectes, comme par exemple les coche-
nilles, les pucerons lanigères, les pucerons des racines et les araignées rouges. On les
trouve à la naissance des jeunes aiguilles ou sur les pousses tendres. Parfois aussi sur
les racines où l'on peut les voir en soulevant l'arbre de sa coupe. Si les extrémités des
racines sont blanches et n'indiquent aucune présence d'insectes, la plante est saine! Si
elles sont noires, c'est signe de maladie. Pour lutter efficacement contre les insectes, il
faut les vaporiser avec un insecticide approprié. De même, une mauvaise aération
peut entraîner l'apparition d'insectes ou de maladies.

Lorsque les aiguilles deviennent jaunes et brunes, les causes


peuvent être diverses

PERMEABILITE DE LA TERRE: Si vous avez l'impression qu'elle est insuffisante, il


faut rempoter le pin à la prochaine occasion, en automne ou en hiver. Si l'arbre est en
mauvais état, plantez-le directement en pleine terre pendant quelques mois.

FORTE CHALEUR ESTIVALE: Lorsqu'à la fois, l'effet de la lumière et de la chaleur


réfléchie par un mur ou une surface peinte se conjuguent, il faut (alors) changer l'arbre
de place.

SIGNES DE CARENCE: En ce cas, utilisez l'engrais préconisé pendant la période de


croissance d'avril à octobre, mais en plus petites quantités et plus souvent que d'habi-
tude. Ceci est important, surtout pour les jeunes pins. Si vous n'observez aucune amélio-
ration au bout de quelques semaines, essayez une solution faite à raison d'une cuillerée à
café de sulfate d'ammoniac par litre d'eau chaque semaine, jusqu'à ce que les racines re-
prennent des couleurs. Le sulfate d'ammoniac est très fort. Un excès ferait mourir l'ar-
bre.

MAUVAISE TERRE: Si aucune des causes précédentes n'est responsable du mauvais


état des pins, une terre trop lourde, parce que trop argileuse, peut en être la cause. Ou
bien toute la vieille terre du dessous du tronc n'a pas été enlevée lors du dernier rempo-
tage, avec, comme conséquence, une accumulation de dépôts acides et alcalins. Réparez
cet oubli lors du prochain rempotage (Cf. pp. 101, 114).

152
Exemples de forme battue par les vents (FUKINAGASHI)

D'une certaine manière, le bonsaï battu par les vents fait partie du style incliné. Mais il
existe aussi des arbres qui poussent verticalement et ont des branches fouettées par le
vent. Cette forme de bonsaï se prête bien à l'étude de la disposition des branches. Il
existe deux types de cette forme. Chez les uns, on dirait que le vent est en train de souf-
fler dessus. Chez les autres, on dirait qu'ils l'ont subi pendant des années. Mais en tous
cas, le tronc n'est jamais horizontal.

Figure 306
Bonsaï battu par les vents avec dispo-
sition caractéristique de branches sur
un seul côté. Leur silhouette forme un
triangle.

Figure 307
Les branches sont très rabattues par le
vent. On s'en rend compte, car elles
sont courbées dès la naissance du
tronc.

153
Figure 308
Tronc vertical. Seules les branches ont
été entraînées sous l'effet du vent.
Quelques-unes ont été transformées
en JIN.

Figure 309
Bonsaï légèrement remué par le vent,
de style MOYOGI. Les branches sont
plus longues d'un côté que de l'au-
tre.

Figure 310
La branche qui croise le tronc courbe
est aussi un exemple exagéré du style
battu par les vents.

15 4
Figure 311
Arbre battu et retourné par le vent. Le
JIN a été obtenu en écorçant une
branche saine et en ligaturant aussitôt
pour produire cet effet.

Figure 312
Pin battu par les vents au sommet
d'une montagne de Californie.

Figure 313
Genévrier battu par les vents au bord
de la mer?

15 5
Figure 314
Mais non! C'est un genévrier trans-
formé en vrai bonsaï. Trouvé en fé-
vrier 1960. Photo de mars 1963.

156
Exemples de forme en cascade (KENGAI)

Il existe plusieurs variantes de KENGAI qui dépendent du degré d'inclinaison de l'ar-


bre: quand le tronc penché et les branches ressemblent à une chute d'eau (TAKI-
KENGAI); quand elles pendent comme des cordes (ITO-KENGAI). Avec la cascade
normale KENGAI, l'inclinaison du tronc est de 45 degrés. La cime de l'arbre, qui se ba-
lance à droite ou à gauche et se termine juste au-dessous du tronc, lui donnera un meil-
leur équilibre. Dans certaines présentations en cascade, la cime ne retombe pas jusqu'à
la base du tronc. Comme cime, choisissez une branche très proche de la base du tronc,
que vous garderez plus courte que la partie en cascade.

Utilisez toujours une coupe profonde pour les formes en cascade. Si possible, plantez
l'arbre au milieu ou légèrement en arrière en veillant à ce que le tronc ne touche pas la
coupe.

Figure 315
Forme en semi-cascade (HAN-KEN-
GAI). Elle ressemble beaucoup à la
forme du tronc penché. La cime reste
le point culminant de l'arbre. La
demi-cascade demande des pots de
profondeur moyenne.

157
Figure 316
Cascade de style pur.

Figure 317
Le point culminant de l'arbre, le cen-
tre du pot et la cime de la partie en cas-
cade sont situés sur une même ligne
droite.

Figure 318
GAITO-KENGAI ressemble à un
arbre poussant sur le sommet d'une
montagne, avec une partie retombant
par-dessus le versant sous l'effet du
vent.

15 8
Figure 319
Cascade verticale (DAI-KENGAI).
L'inclinaison est presque verticale.
L'arbre n'a pas de couronne. Mais elle
serait possible s'il y avait des bran-
ches.

Figure 320
Tronc en cascade.

Figure 321
Une cascade très particulière. Le
tronc est d'abord penché, puis se
relève. Voilà un arbre que la nature a
fait se pencher et qui lutte pour sa sur-
vie.

15 9
Figure 322
La partie endommagée d'un arbre
vertical contraint à la forme en cas-
cade, mais, recherchant toujours la
lumière du soleil, elle se redresse déjà.

Figure 323
Les courbes de cette cascade sont irré-
gulières mais intéressantes. L'arbre
est bien retenu dans son pot par les
racines.

16 0
Exemples de formes de style pleureur
(SHIDARE-ZUKURI)

Comme son nom l'indique, ce style pleureur s'obtient d'autant mieux aves les espèces,
dont c'est le style naturel. Quelques espèces de chêne ou d'orme peuvent être formées
en style semi-pleureur. La glycine ne fait pas partie des espèces à port pleureur car seu-
les ses fleurs pendent, tandis que ses branches se redressent. Et le port pleureur classi-
que ne concerne que les branches.

Figure 324
Ce tronc est rigoureusement vertical
et ses branches retombent (style
CHOKKAN). Les branches supé-
rieures retombent sur les branches
inférieures. La silhouette doit avoir la
forme d'un triangle.

Figure 325
Tronc incliné aux branches retomban-
tes.

16 1
Figure 326
Bonsaï MOYOGI pleureur avec tronc
creusé.

Figure 327
Semi-cascade HAN-KENGAI aux
branches retombantes.

16 2
Formation du style pleureur

L'arbre qui a subi les transformations et qui est décrit ci-dessous est un tamaris. Jeune, sa
croissance est rapide. Les branches, retombant naturellement, font du tamaris un bon
exemple de ce style.

Figure 328
Tamaris à l'état naturel.

Figure 329
Commencez par ligaturer les branches
du haut en formant des demi-cercles.
La cime retombe presque verticale-
ment en même temps que les bran-
ches.

163
Figure 330
Taillez les branches qui poussent vers
le bas.

Figure 331
Vous obtiendrez ainsi l'amorce d'un
demi-cercle. La répétition de cette
opération crée le style pleureur.

Figure 332
Gardez les branches qui poussent
au-dessus de la branche que vous liga-
turez.

16 4
Figure 333
Ligaturez-la de manière à former un
bel arc de cercle.

Figure 334
Coupez tous les rameaux qui poussent
en-dessous de la branche principale.

Figure 335
Enlevez aussi toutes feuilles du des-
sous de la branche.

16 5
Figure 336
Supprimez la pointe droite de la bran-
che principale et conservez une bran-
che supérieure qui la rallongera.

Figure 337
Résultat de la taille et du ligaturage.
Les branches inférieures peuvent re-
descendre par-dessus la coupe qui ne
doit pas être plate. Employez plutôt
une coupe de hauteur moyenne ou
profonde.

16 6

Calendrier des soins

Les indications mentionnées dans ce chapitre sont basées sur le climat du sud de la Cali-
fornie. Elles doivent être corrigées en fonction du pays où vous habitez. Selon le temps,
ces données peuvent être décalées d'un mois.

Janvier

La saison hivernale demande presqu'autant d'entretien que la période de croissance. Un


bonsaï n'est pas seulement une plante particulière. Il ressemble plus à un animal do-
mestique auquel il faut consacrer chaque jour un peu de temps.

Arrosage: En raison du temps froid et pluvieux de janvier, les bonsaï n'ont pas be-
soin d'être arrosés chaque jour. En zone tropicale, il faut le bassiner
tous les jours, qu'il soit sec ou non. Dans les régions froides, il faut le
mettre à l'abri du gel.

Fumure: Pas d'engrais en janvier. Mais c'est la bonne période pour apporter à la
terre des éléments capables de l'alléger et de neutraliser les sols alcalins.

Insecticides: Les feuillus et les conifères peuvent être traités contre les parasites hi-
bernants avec un aérosol ne contenant pas d'huile.

Formation: C'est le bon moment pour reprendre la formation des arbres à feuillage
caduc qui, à cette époque, n'ont aucune feuille. A condition que cela ne
soit pas trop sévère, car les branches sont alors très cassantes. Vérifiez
que les fils ne serrent pas trop les branches.

Rempotage: Il ne faut pas rempoter avant que des signes de repousse ne se mani-
festent.

Divers: Préparez des mélanges de terre de réserve (Cf. chapitre sur les mélan-
ges de terre). Veillez à ne pas laisser les plantes trop au chaud ou au so-
leil pour éviter tout démarrage surtout si elles sont dans une serre
froide. Les plantes tropicales et semi-tropicales doivent être mises à
l'abri dans une serre ou dans une cave claire. En aucun cas elles ne doi-
vent être exposées au gel.

167

Les bonsaï sont à l'état de dormance. Ils peuvent donc être rentrés sans
risque dans la maison pendant une brève période. Ne les placez jamais à
proximité d'un radiateur ou d'un poêle. Mettez-les près d'une fenêtre
pour qu'ils recoivent un peu de soleil.

Greffage: C'est le moment de greffer les pins et autres conifères (Cf. chapitre sur
la multiplication).

168

Février

En général, on applique en février les mêmes règles d'entretien qu'en janvier. Les con-
ditions climatiques de ces deux mois sont très similaires. Cependant, il arrive que les
derniers jours du mois soient déjà chauds. Cet occasionnel redoux peut réveiller certains
bonsaï et il est alors nécessaire de prendre les mesures suivantes.

Si un arbre à feuillage caduc se met à pousser ou à fleurir, il faut le retirer de l'ombre et le


mettre progressivement au soleil. Sinon les pousses deviennent trop longues et trop min-
ces. Ce qui donnerait au bonsaï une allure chétive et peu naturelle. Les fleurs auraient
une couleur pâle et maladive.

Les premiers jours plus chauds de l'année correspondent souvent à la première appari-
tion des pucerons. Soyez vigilants et prêts à les vaporiser ou à les saupoudrer. Cette der-
nière méthode est la plus pratique dans la mesure où c'est encore la saison des pluies tar-
dives et des fortes rosées. De toutes façons, une vaporisation avec un insecticide et un
fongicide est nécessaire, juste avant le démarrage des premiers bourgeons.

Fumure: Pas encore d'engrais. Cependant vous pouvez rééquilibrer le pH de la


terre. Avec une solution d'acide oxalique à 0,1 % administrée aux ar-
bres toutes les deux semaines, si la terre est trop alcaline. Si elle est trop
acide, utilisez de la cendre de bois ou de la chaux pour l'adoucir.
Taille: Vous pouvez tailler les arbres portant des fruits. Même si vous voulez at-
tendre la floraison, il faut s'en tenir à cette règle: plus vous taillerez tôt,
meilleurs et plus sains seront les fruits.
Bouturage: En février, vous pouvez déjà commencer à couper des boutures (Cf.
chapitre sur la multiplication).
Greffage: Vous pouvez commencer également le greffage des feuillus. Les pins et
les autres conifères peuvent encore être greffés ce mois-ci, mais c'est la
dernière limite.

16 9
Mars

La plupart des bonsaï débutent leur période de croissance en mars. Ils demandent par
conséquent plus de soins et d'attention qu'en période de dormance. De même, comme
février, mars peut connaître de grands écarts de température. Dans ce cas, redoublez
d'attention.

Emplacement: C'est le moment maintenant de mettre dehors tous les bonsaï qui
avaient été gardés à l'abri. Ils auront plus de lumière. C'est le cas notam-
ment des feuillus qui n'ont pas encore produit de nouvelles pousses.

Mettez d'abord le bonsaï à mi-ombre jusqu'à ce que les pousses soient


durcies. Car les nouvelles pousses trop tendres peuvent être brûlées lors
de journées anormalement ensoleillées. Mais il ne faut pas les maintenir
trop longtemps à l'ombre, car les pousses deviendraient trop longues et
trop fines. Ne les placez pas trop près les uns des autres sur les étagères.
Ils doivent pousser librement, sans que leurs branches se touchent.

Arrosage: Respectez les consignes générales d'arrosage en mars, avec une atten-
tion particulière pour les feuillus. La plupart vont se mettre à pousser
très vite, ce qui, associé à un temps chaud, va épuiser bien plus rapide-
menat que d'habitude l'humidité de la terre.

C'est durant ces premières semaines que vous pouvez contrôler la crois-
sance des bonsaï en arrosant avec retenue. Mais il est risqué d'appliquer
cette méthode sans connaître parfaitement chaque bonsaï. Laissez sé-
cher l'arbre, juste assez pour que les tiges des nouvelles pousses com-
mencent à se faner. Mettez alors le bonsaï dans un endroit ombragé et
n'arrosez pas le sol. Le soir, vaporisez superficiellement le feuillage. Le
lendemain, arrosez normalement. Un excès d'arrosage en mars peut
provoquer la mort des branches et des rameaux en été.

Taille: C'est maintenant que les arbres à fleurs et à fruits fleurissent. Dès que
80 % des bourgeons sont éclos, retirez les fleurs fanées et les bourgeons
restants. Ceci empêchera l'arbre de consacrer trop de ses forces à la flo-
raison. Faites de même avec les arbres fruitiers en ne laissant que quel-
ques fleurs, afin qu'elles donnent naissance à des fruits décoratifs. Les
baies peuvent être gardées. Les longues pousses qui compromettent la
forme voulue du bonsaï doivent être rabattues jusqu'à deux ou trois

170
bourgeons vigoureux. Si ces derniers étaient taillés trop tôt, ils pour-
raient dépérir.

Fumure: Il est encore trop tôt en mars pour utiliser les engrais azotés. Si les chu-
tes de pluie des mois précédents ont été faibles, la terre des coupes sera
probablement très alcaline, à cause de la grande quantité d'eau de robi-
net utilisée. Cet excès peut être neutralisé par de l'acide oxalique. Il est
également recommandé d'utiliser ce genre d'additif pour les bonsaï tels
que l'érable, le ginkgo, le chêne, l'orme et le sumac. Cela donnera des
couleurs encore plus éclatantes à leur feuillage d'automne.

Un sol alcalin a tendance à décolorer les feuilles de ces arbres. Si la pluie


a rendu le sol plus acide, utilisez de la cendre de bois ou de la chaux
pour l'adoucir.

Rempotage: La période de mars à juin est en général la plus propice au rempotage.


Même s'il existe des différences entre deux sujets d'une même espèce,
il faut s'en tenir à la règle d'or suivante: mieux vaut rempoter plus tard
que plus tôt. Ceci s'applique à la plupart des arbres à feuillage caduc,
ainsi qu'aux pins, genévriers et cyprès. Il vaut mieux attendre un peu
plus, avant de perturber les racines des cèdres, des épicéas, des sapins,
des pins hemlock, des mélèzes, des ifs et des podocarpes.

Le changement de coupe répond souvent à un besoin esthétique. Mais


le changement de terre est important pour la santé d'un bonsaï. Les
feuillus à croissance rapide doivent être rempotés tous les ans. Ceux qui
poussent très rapidement, comme le tamaris ou le saule peuvent être
rempotés deux fois dans l'année, une fois au printemps et une fois à la
fin de l'été. Les conifères et les persistants à croissance plus lente ne se-
ront rempotés qu'au bout de 3 à 5 ans.

Cependant, la nécessité d'un rempotage n'est pas conditionnée par le


temps, mais l'état du bonsaï. Un bonsaï sain et vigoureux n'a pas besoin
d'être perturbé par un rempotage. Cela entraînerait très certainement
de nouvelles difficultés: par exemple l'apparition de nouvelles pousses
susceptibles de modifier la forme recherchée. De même, une crois-
sance stimulée par la nouvelle terre peut faire apparaître des racines
trop longues ou des feuilles trop larges. Ou bien, un tronc perdra son
aspect vieilli. Il est donc préférable de ne changer la terre qu'en fonc-
tion de l'état de santé de l'arbre.

17 1

Bouturage: Il est encore temps en mars, surtout pour les grands rameaux des abri-
cotiers, des grenadiers et des saules (Cf. chapitre sur la multiplica-
tion).

Greffage: C'est la période idéale pour le greffage des feuillus.

17 2

Avril

Pour l'essentiel, on applique les mêmes consignes en avril qu'en mars. A la seule diffé-
rence que la croissance est déjà plus avancée.

Emplacement: Presque tous les bonsaï en bonne santé ont maintenant de nouvelles
pousses. Il faut les mettre dans un endroit ensoleillé et aéré en les tour-
nant souvent, de sorte que chaque côté recoive une quantité égale de lu-
mière. Si ce n'est pas fait, les arbres connaîtront un développement uni-
latéral et déséquilibré.

Arrosage: Comme en mars. Mais méfiez-vous d'un soleil trop chaud accompagné
d'un vent desséchant. Il faut alors arroser davantage. Ne comptez pas
sur les petites averses. Les pins dont la croissance est finie doivent être
gardés au sec jusqu'à ce que les ramules se fanent. Ainsi, les aiguilles des
pins resteront petites et vigoureuses.

Taille: Les longues pousses des jeunes feuillus doivent être rabattues mainte-
nant, jusqu'à 2 à 3 bourgeons. Chez les feuillus plus âgés, il faut les lais-
ser jusqu'à ce que leur croissance soit achevée et qu'elles soient durcies.
Plus longtemps elles resteront sur l'arbre, plus elles le renforceront. Il
est même préférable de ne pas les enlever avant la prochaine période de
dormance.

Les nouvelles ramules des vieux pins doivent être pincées en avril. Mais
laissez celles des jeunes pins et des vieux pins vigoureux pendant un
mois encore. La forte croissance de cette période favorise également
une guérison rapide des bonsaï déficients. C'est au mois d'avril que
vous pouvez écorcer une grosse branche pour en faire un JIN.

Greffage: Avril est le meilleur mois pour greffer les prunus et tout autre feuillu
démarrant à la fin du printemps.

Rempotage: Comme en mars. Si vous rempotez un pin, gardez un peu de mycorrhize


- cette sorte de champignon qui vit en symbiose aves les racines du pin.
Mélangez-le avec la nouvelle terre et placez-le au fond de la coupe.

Fumure: C'est le premier mois où vous pourrez mettre de l'engrais (Cf. chapitre
sur les engrais).

17 3
Ne donnez pas d'engrais trop azotés, tels que la farine de sang, aux
bonsaï à fruits et à baies, Mettez plutôt de la farine d'os qui évitera aux
fruits et aux baies de tomber. Les superphosphates conviennent aussi
parfaitement (Cf. chapitre sur les engrais).

Insecticide: Dès que les jeunes pousses apparaissent, surveillez les pucerons et au-
tres parasites. N'employez pas d'insecticide trop concentré, ce qui
pourrait faire plus de dégâts que les insectes aux-mêmes.

174

Mai

Emplacement: Assurez une exposition alternée des plantes. A mesure que le temps se
réchauffe, surveillez les arbres à feuilles tendres comme l'érable, le hê-
tre rouge, le bouleau, l'orme et le liquidambar. Trop de soleil dessèche
les branches et les fait brunir. Les jours de grande chaleur, mettez les
plantes dans un endroit ombragé. Il faut trouver un compromis car trop
d'ombre provoque une pousse faible et trop fine. C'est l'expérience qui
vous guidera pour trouver un juste milieu entre l'ombre et le soleil.

Arrosage: En général, un temps chaud demande plus d'arrosage. Il est nécessaire


d'apprécier exactement la quantité d'eau exigée par un bonsaï adulte.
Arrosez juste ce qu'il faut, pas davantage. Un arrosage trop copieux sti-
mule trop la croissance et nuit au style de l'arbre. Surveillez les racines
qui pourraient ressortir par les orifices de drainage et provoquer une
stagnation de l'eau.

Taille: Pratiquement comme en avril. Les nouvelles pousses des feuillus adul-
tes cessent alors leur croissance. Elles peuvent être taillées pour mainte-
nir la silhouette de l'arbre. Laissez deux ou trois yeux et retirez le reste
de la pousse. Gardez une ramure de densité égale, un peu plus aérée
vers la cime.

Pour obtenir une croissance plus dense, commencez dès maintenant à


ébourgeonner les pins et les genévriers. Utilisez des pincettes ou vos
doigts pour enlever les nouvelles pousses à l'endroit de leur naissance.
N'employez pas de ciseaux, sinon les extrémités bruniraient. Fin mai,
vous pouvez retirer les ramules des pins jeunes et adultes si leur crois-
sance est encore vive. Commencez par le bas de l'arbre, car il a ten-
dance à pousser plus lentement et à s'affaiblir. Gardez la cime pour
l'instant car, coupée, elle croîtrait bien plus vite.

Ligaturage: Veillez à ce que les fils ne s'incrustent pas dans l'arbre.

Rempotage: Il est déjà trop tard pour rempoter les feuillus à croissance précoce,
comme les pommiers et les abricotiers. En revanche, c'est le moment
pour les tardifs tels que les grenadiers, les cotonéasters et les pyracan-
thas. Même chose pour les conifères si la région est froide.

175

Fumure: En mai, il faut donner de l'engrais aux feuillus à croissance rapide, à


moins qu'ils n'aient déjà acquis leur forme idéale. Si ce n'est pas le cas,
n'ajoutez qu'une fois de l'engrais. Alternez les types d'engrais. Par ex-
emple, de la farine de sang la première fois, et de la farine d'os la deu-
xième. Les persistants et les conifères n'ont besoin qu'une seule fois
d'engrais.

Insecticides: Utilisez un insecticide léger si nécessaire. Le mildiou apparaît au mois


de mai. Combattez-le avec du soufre ou un autre fongicide.

Divers: Le mois prochain apportera un temps plus chaud. Il faut que les bonsaï
l'abordent dans les meilleures conditions afin de résister aux effets de la
chaleur.

176

Juin

Maintenant, tous les bonsaï sains ont toutes leurs feuilles et les nouvelles pousses sont
bien consolidées.

Emplacement: N'oubliez pas d'exposer tous les côtés du bonsaï au soleil. Il peut faire
très chaud en juin. Il faut donc le protéger des coups de soleil, en le pas-
sant alternativement du plein soleil à la mi-ombre tous les 10 ou 15
jours. Quelques rebords de feuilles pourront brunir, mais le sacrifice en
vaut la peine, si l'on veut avoir un bonsaï en meilleure santé.

Arrosage: Les règles générales d'arrosage s'appliquent au mois de juin sauf, lors-
qu'une température plus élevée nécessite un arrosage plus fréquent.
Lorsqu'il fait très sec, il est recommandé d'arroser tout ce qui se trouve
près du bonsaï: les tablettes, le sol, les murs, les arbres, etc. Employez
une pomme fine pour bassiner les feuilles de l'arbre et éventuellement
les buissons qui l'entourent. Tout ce qui peut augmenter l'humidité est
utile. N'ayez aucune crainte. Tout sèchera plus vite que vous ne croyez.
Si la perméabilité de la terre est bonne, l'excès d'eau ne provoquera au-
cun dégât.

Taille: Juin est le mois de la taille des feuilles (Cf. chapitre sur la taille des feuil-
les).

Formation: Les nouvelles pousses des feuillus ont grandi, mais verticalement. Elles
peuvent maintenant être orientées horizontalement. Ne les pliez pas
vers le bas. Ne ligaturez pas non plus les jeunes pousses tendres. D'ail-
leurs, ce n'est pas le moment de ligaturer et de redresser les branches,
ceci' à cause des feuilles, à moins de tailler celles-ci.

Fumure: Juin est le mois où il faut donner de l'engrais à tous les arbres à crois-
sance rapide, sauf à ceux qui ont des fruits, des fleurs et des baies. Limi-
tez les quantités pour les conifères.

Rempotage: C'est le bon moment pour rempoter, en particulier les pins et les aza-
lées.

Ebourgeonne- C'est la bonne époque (Cf. chapitre sur la multiplication).


ment:

177

Remarques: Si vous voulez obtenir un bonsaï plus vigoureux et plus dense, respectez
les points suivants:

1. Soleil
2. Eau
3. Air
4. Terre
5. Engrais organiques

Vous pouvez employer la méthode dite «spartiate», c'est-à-dire qu'il ne faut pas gâter le
bonsaï en lui donnant trop d'eau, trop d'engrais, trop d'ombre et avoir peur de le tailler,
en général, en faire trop.

17 8

Juillet

Protégez les bonsaï de la canicule de ce mois-ci. Elle peut leur causer des dégâts irrépa-
rables.

Emplacement: Continuez à tourner régulièrement les arbres et à les mettre alternative-


ment au soleil et à mi-ombre. Il est possible de maintenir la coupe au
frais à l'intérieur, et en arrosant plus. Beaucoup d'humidité écarte le ris-
que de brûlure des feuilles. On peut encore recouvrir la terre de
sphaigne ou de journaux mouillés. Cela constitue aussi une protection
efficace contre une vague de chaleur. Rassemblez votre collection de
bonsaï dans un endroit qui facilitera leur entretien.

Arrosage: Il ne faut jamais vaporiser la couronne pendant la période chaude de


midi. Arrosez tôt le matin ou en fin d'après-midi. Mais pas en fin de soi-
rée, car les feuilles deviennent sujettes au mildiou, si elles n'ont pas le
temps de sécher avant le matin.

Fumure: Alternez les types d'engrais. Si vous venez d'utiliser de la farine de sang,
passez à la farine de poisson et vice-versa.

Taille: Il est encore temps de tailler les feuilles mais c'est la limite. (Cf. chapitre
sur la taille des feuilles.) Retirez toutes les fleurs fanées des bonsaï à
fleurs, ainsi que quelques bourgeons à fleurs. Vous affaibliriez l'arbre
en le laissant fleurir jusqu'au dernier bourgeon. Réservez-lui de la vi-
gueur pour l'année prochaine. Avec un bonsaï fruitier, gardez assez de
fleurs pour qu'il lui reste un à cinq fruits, la saison venue. Leur nombre
dépend de la grosseur de l'arbre. Les fruits ne doivent pas pousser sur
une branche et sachez que chaque fruit diminuera les forces du bonsaï.

Rempotage: Quel que soit l'espèce, il est risqué de rempoter un arbre en juillet.
Quelques espèces néanmoins le supportent, mais en y perdant un peu
de leur feuillage. En réalité, il n'y a que les arbres à croissance très ra-
pide, comme le saule et le tamaris, qui peuvent être rempotés. Naturel-
lement, il faut rempoter, sans attendre, un bonsaï malade (Cf. chapitre
sur les soins quotidiens).

Greffage: C'est le bon moment des greffes en écusson (Cf. chapitre sur la multipli-
cation).

179

Insecticides: Vérifiez surtout les bonsaï à écorce rugueuse. Ils peuvent recéler des
scolytes, des cochenilles, des pucerons lanigères ou des araignées rou-
ges. Recherchez aussi sur les cicatrices du tronc, des signes de maladie
ou une présence d'insectes. Ces insectes peuvent éventuellement être
traités avec un simple insecticide ou éliminés à la pincette.

Marcottage En pleine période de croissance, vous pouvez faire un marcottage sim-


simple ou ple ou aérien (Cf. chapitre sur la multiplication).
aérien:

180

Août

Une bonne partie des soins à prodiguer aux bonsaï au cours de ce mois, dépend de la
température et aussi du fait que la croissance décline ou s'arrête complètement.

Emplacement: Continuez de tourner les plantes sur leurs étagères, afin qu'elles recoi-
vent une égale quantité de lumière. Le soleil du matin est plus bénéfi-
que que celui de l'après-midi.

Arrosage: Continuez d'arroser régulièrement. Le bassinage par le haut est tou-


jours préférable. Si la surface de la coupe reste mouillée au terme d'une
chaude journée d'août, il y a certainement quelque chose d'anormal
dans le drainage. Recherchez-en les causes.

C'est le temps des vacances. Trouvez une personne compétente pour ar-
roser les arbres en votre absence, Les arrosages automatiques ne sont
pas totalement fiables, car ils ont tendance à trop mouiller. De plus,
chaque plante a ses propres besoins en eau.

Taille: La croissance est maintenant achevée. C'est pourquoi il faut être pru-
dent, si vous devez tailler sévèrement. Et si vous taillez des bonsaï en
fleurs, vous pouvez retirer les boutons à fleurs de l'année suivante.

Ligaturage: Vous pouvez maintenant ligaturer et plier les petites branches.

Fumure: Mettez autant d'engrais que d'habitude.

Rempotage: Sauf exception, ne tentez pas, en cette saison avancée, de changer la


terre.

18 1

Septembre

L'automne commence en septembre. Pourtant, les températures peuvent encore être


trop élevées ou même plus élevées qu'en été. Il faut donc tenir compte de cet état de fait
pour entretenir vos arbres.

Emplacement: Respectez en général les mêmes règles que pour les journées très chau-
des de juillet et d'août. Si un bonsaï au feuillage tendre subit des brûlu-
res et se met à perdre prématurément ses feuilles, mettez-le dans un en-
droit plus frais et le plus ombragé possible. Maintenez la terre aussi
humide et fraîche que possible. Cela empêchera un redémarrage et
préparera la période de dormance.

Arrosage: La période de croissance s'achève et le bonsaï n'a plus besoin d'autant


d'eau. Veillez donc à ne pas arroser de trop. Il faut trouver un juste mi-
lieu entre le besoin minimum en eau et la perte d'eau due à l'évapora-
tion par temps très chaud.

Taille: Ne taillez que légèrement les longues pousses d'un jeune bonsaï, et cela,
une fois qu'elles se sont durcies.

Fumure: Moitié moins d'engrais pour un jeune bonsaï, s'il s'avère qu'il est encore
en période de croissance.

Rempotage: Vers le milieu ou vers la fin du mois, les conifères, ainsi que la plupart
des feuillus peuvent subir un simple rempotage, sans taille sévère des
racines. Si le temps est encore chaud, mieux vaut attendre octobre. Les
arbres à croissance rapide, tels que le tamaris et le saule peuvent être
rempotés pour la deuxième fois de l'année (Cf. tableau de rempota-
ges).

Divers: C'est l'époque aussi où vous pouvez prélever des plants dans la nature
et les transplanter, à condition que la zone où vous les avez trouvés soit
suffisamment humide. Sinon, il leur manquera de bonnes racines dont
ils ont besoin.

182

Octobre

L'automne correspond au printemps en ce qui concerne la température et la durée des


jours. Dans l'ensemble, ce sont donc les mêmes règles qui président à l'entretien des ar-
bres. Les couleurs du bonsaï sont aussi vives qu'au printemps, à la différence près que
les feuilles ont pris le relais des fleurs.
Commencez déjà les préparatifs pour l'hiver.

Emplacement: Un retour soudain de la chaleur peut provoquer le redémarrage des


feuillus qui avaient commencé à perdre leurs feuilles. Pour éviter cela,
mettez-les dans un endroit frais et ombragé. Méfiez-vous aussi des tem-
pératures anormalement chaudes ou froides pour la saison. Il faut pro-
téger les arbres semi-tropicaux en les mettant à l'abri, la nuit.

Arrosage: A peu près comme en septembre. Sans oublier qu'il faut diminuer la
quantité d'eau au fur et à mesure que la période de croissance ralentit
ou s'arrête.

Taille: Réduisez les nouvelles pousses de la partie supérieure des conifères.


Taillez les pins. Otez les aiguilles mortes. Dès que les feuillus ont perdu
leurs feuilles, il vaut mieux rabattre les pousses de l'année et améliorer
la forme de l'arbre. Vous pouvez ligaturer les petites branches en sep-
tembre, en vous souvenant qu'elles sont moins souples.
A la fin du mois, retirez tous les fruits et les étamines. Les baies peuvent
être gardées sur l'arbre jusqu'au printemps, si l'arbre est en bonne
santé.

Retrait Retirez les fils des feuillus dès qu'ils s'incrustent. Sinon, la branche
des fils: mourrait pendant l'hiver.

Fumure: Mettez juste assez d'engrais pendant la période de repos. Le but étant
que l'arbre reste en hibernation et que sa croissance ne soit pas stimu-
lée.

Rempotage: Ce sont les mêmes consignes qu'en septembre et c'est le dernier mois
où un bon bonsaï peut être rempoté sans risque.

183

Novembre

Tous les bonsaï sont maintenant au repos sauf, peut-être, si la température de l'extérieur
ou du local a été trop élevée. Dans ce cas, tâchez d'éviter un second démarrage.

Emplacement: Comme en octobre. Protégez vos bonsaï du vent froid, du gel et de la


neige, mais aussi des remontées inattendues de température.

Arrosage: Réduisez la quantité d'eau sans cependant laisser les arbres se dessé-
cher pendant la période de dormance. Car, même au repos, les arbres
sont très sensibles et fragiles. Surveillez le drainage.
Ne jamais arroser un bonsaï lorsque la terre est gelée.

Taille: Retirez toutes les feuilles restant sur un feuillu. Assurez-vous qu'il n'y a
plus ni fruits, ni étamines. Pour les conifères, c'est aussi le bon moment
de retirer toutes les aiguilles dont le bout est bruni, et de pincer les ai-
guilles de deux ans trop longues. C'est aussi la période du second éla-
gage des pins noirs (Cf. chapitre sur les pins noirs).

Formation: Les branches sont maintenent trop rigides pour être ligaturées et pliées.

Fumure: Pas d'engrais en novembre.

Rempotage: Ne pas en faire ce mois-ci.

Divers: C'est la bonne période pour prélever des plants dans les pays méridio-
naux; vous les garderez à l'abri du gel.

18 4

Décembre

Tous les bonsaï sont totalement au repos. Dans les régions froides ils ont été mis sous
châssis ou à l'abri du froid.

Emplacement: Protégez les arbres contre tout changement de temps.

Arrosage: Ce sont les mêmes consignes qu'en novembre. Attention à l'arrosage


quand il gèle. Si la terre est trempée, la coupe peut se fendre sous l'effet
du gel.

Taille: Possible, à condition de prendre des précautions.

Fumure: Aucune.

Rempotage: En hiver, ne transplantez aucun arbre sans sa motte de racines. Sinon,


attendez le printemps.

Greffage: Décembre, janvier et février sont les meilleurs mois pour le greffage
des conifères (Cf. chapitre sur la multiplication) car en saison froide,
les arbres sont complètement au repos. C'est également le moment de
prélever des greffons.

Divers: C'est encore la bonne époque pour prélever des arbres dans les pays
méridionaux.

18 5
Multiplication pour bonsaï

Plants:

Figure 338
Dès que les plants sont assez grands
pour être transplantés, coupez la raci-
ne-pivot et mettez un petit galet à sa
place. Ainsi les racines auront une
répartition adéquate.

Boutures:
Le printemps est la meilleure période pour prélever des boutures en vue de la multipli-
cation. Appliquez la méthode suivante:

Figure 339
Pour prélever une bouture, ne coupez
pas la pousse mais détachez-la. Elle
suivra le grain naturel du bois.

186
Figure 340
Coupez un rameau de 10 à 12 cm et
fendez-le en deux à sa base pour obte-
nir un tronc plus large. Laissez les
bourgeons aux deux extrémités. Plan-
tez les boutures côte à côte pour éviter
qu'elles ne se détachent en les arro-
sant.

Il est possible d'obtenir des boutures à partir de branches de 5 à 12 cm de diamètre chez


les grenadiers, les saules et les prunus. La branche deviendra le tronc du futur bonsaï.
C'est pourquoi il est important de prêter attention à sa forme. Choisissez une branche
ayant l'air âgée et de forme caractéristique. Sa longueur devra être d'environ 40 à 50 cm.
Coupez-la en diagonale et enduisez-la de mastic. Enterrez les 2/3 de sa longueur dans
une caisse de sable grossier, en l'inclinant et en orientant la section vers le bas. Main-
tenez la caisse humide et placez-la à mi-ombre.

Figure 341
Enfoncez la bouture dans une caisse
de sable brut. Inclinez-la de 45° envi-
ron et orientez la section vers le bas.

187
Vous pouvez faire des boutures de racines d'orme, d'érable et de cognassier.

Figure 342
Au cours du rempotage, vous pouvez
tailler une racine-pivot en fragments
de 5 à 8 cm.

Figure 343
Plantez les boutures dans un sable en
laissant dépasser de 1,5 cm.

Greffage:
Les techniques de multiplication sont si nombreuses qu'il serait trop long de les dévelop-
per ici. Vous pouvez par exemple vous reporter à des traités d'horticulture. Mais les
techniques qui concernent l'art bonsaï retiendront plutôt notre intérêt. Une cicatrice de
greffage nuit à l'esthétique d'un bonsaï. Choisissez une plante-mère et un greffon aux
proportions équilibrées entre eux. Le meilleur support d'un feuillu est un plant de la
même espèce. S'il y a une différence, les deux éléments auront une croissance diffé-
rente. L'aspect naturel sera ainsi contrarié. Pour les pins et les conifères, la différence
n'a pas tellement d'importance. Un pin blanc du Japon ou un pin noir «corticata» peut

18 8
être greffé sur un pin noir d'Autriche. Un pin noir peut toujours être greffé sur un autre
pin noir.

Figure 344
Le porte-greffe et le greffon doivent
être de la même espèce. La dimension
du greffon doit correspondre à celle
du porte-greffe. Greffez aussi bas que
possible. A gauche et au centre: une
greffe en fente; à droite: une greffe
latérale.

Figure 345
Après avoir implanté le greffon, faites
rejoindre les cambiums et attachez-les
avec un ruban à greffe. Couvrez le
plant avec un bocal ou un manchon
plastique.

18 9
Figure 346
Pour le greffage des pins, laissez des
aiguilles sur le porte-greffe pour
recouvrir le greffon.

Figure 347
Branches effilées ayant besoin de
branches secondaires plus proches du
tronc.

Figure 348
Repliez les branches en arrière et
greffez-les à la base du tronc en inci-
sant sur chaque face. Serrez bien
ensemble les deux parties.

190
Figure 349
Vous pouvez greffer la branche d'un
autre arbre.

Figure 350
Attendez un an avant de retirer la
branche en trop: gardez la greffe bien
serrée encore un an pour être sûr qu-
'elle a bien pris.

Figure 351
On utilise la greffe en écusson lors-
qu'on a besoin de branches sur le
tronc ou sur une branche primaire.

19 1
Figure 352
Si le greffon est appliqué sur un tronc
à écorce rugueuse, enlevez d'abord
l'écorce. Une fois le greffage fait,
maintenez le greffon avec une épingle
à linge ou un serre-joint.

Figure 353
Lorsque le tronc d'un arbre est très
long et qu'il n'a pas de branches bas-
ses, vous pouvez vous servir d'un jeu-
ne arbre comme greffon. Le jeune ar-
bre va «adopter» le vieil arbre.

Figure 354
Environ un an plus tard, les 2 troncs
auront fusionné. Il en résulte que le
tronc est plus court parce que les raci-
nes du jeune arbre sont placées bien
plus haut. Il est aussi devenu la pre-
mière branche.

192
Figure 355
Vous pouvez aussi greffer des racines
pour raccourcir un tronc. Bien serrer
avec du raphia ou du ruban à greffe.
Cette pratique est très efficace sur les
feuillus.

Figure 356
Composez un mélange humide de
deux parts égales de sable et de tour-
be. Pour entourer la partie greffée,
bien envelopper avec un manchon
plastique.

Greffe en écusson:
Juillet est la meilleure période car la sève est en pleine activité. Si vous glissez un bour-
geon taillé (= oeil) entre le cambium et le bois, la greffe prendra et se dévelopera au bout
d'un mois.

19 3
Figure 357
Incisez l'écorce en forme de T.

Figure 358
Ecartez l'écorce pour y insérer le
bourgeon.

Figure 359
Insérez le bourgeon.

194
Figure 360
Attachez solidement avec du ruban à
greffer.

Figure 361
Cassez le haut de la branche pour pro-
téger la greffe du soleil. Lorsque la
greffe a bien pris, coupez la branche
juste au-dessus de la greffe.

Marcottage aérien:
Cette méthode de multiplication est employée pour créer des racines à un endroit déter-
miné du tronc. Lorsque les racines se sont formées, on coupe l'arbre juste au-dessous,
pour obtenir deux plantes plus courtes et plus compactes. Juillet est la meilleure période
pour faire une marcotte aérienne.

195
Figure 362
Dégagez un anneau d'écorce juste
au-dessous d'un bourgeon.

Figure 363
Ou serrez très fort à cet endroit avec
un fil métallique.

Figure 364
Fixez une housse plastique juste au-
dessous du bourgeon.

196
Figure 365
Mettez de l'auxine sur le bois écorcé.
Recouvrez de mousse humide,
retroussez le plastique et attachez-le
très solidement.

Marcottage simple:
Le marcottage simple est réalisé en courbant une branche jusqu'au sol et en la recou-
vrant de terre (mais la tige doit rester à l'air libre).
Maintenez-la dans cette position jusqu'à la formation de nouvelles racines.

Figure 366
Scarifiez l'endroit où vous voulez faire
naître des racines. Enterrez la branche
pour la maintenir et posez une grosse
pierre dessus pour la lester.

197
Comment prélever des plants dans la nature

Il faut d'abord avoir l'autorisation du propriétaire. La période allant de février à mai est
la meilleure pour recueillir des plants susceptibles d'être transformés en bonsaï. Car
c'est aussi l'époque où le sol encore humide facilite le déterrage et permet de récupérer
une bonne motte de racines. Vérifiez si le plant n'est pas en train de démarrer. Si c'est le
cas, il est trop tard.

Voici quelques règles à respecter pour prélever des plants dans la nature et les cultiver.

1. Il faut toujours retirer le plant avec la plus grosse motte possible. Plus elle sera impor-
tante, meilleures seront les chances d'une bonne reprise.

2. Si vous devez couper un grand nombre de racines, taillez une quantité équivalente de
branches et de feuilles. Ne coupez pas de grandes branches à la base du tronc. Gar-
dez-les pour un JIN.

3. Les racines-pivot peuvent être supprimées si elles gênent. Mastiquez toutes les sec-
tions des racines.

4. Gardez le plus de radicelles possible. Enveloppez la motte dans un sac de toile ou de


plastique et attachez-le bien avec un cordon solide. De plus, il est conseillé de recou-
vrir la motte avec de la mousse de tourbe ou des journaux mouillés, pour éviter un
dessèchement.

5. Lorsque la terre est très collante et pauvre, retirez-la complètement et plantez l'arbre
dans du sable brut.

6. Placez le plant dans un récipient à sa taille et placez-le dans un endroit à mi-ombre ou


bien directement dans une terre bien drainée, à mi-ombre. Assurez-vous que les
branches vivantes soient suffisamment exposées au soleil.

7. Trempez complètement la terre et vaporisez les feuilles. Un apport de vitamine B1


peut aider à surmonter le choc d'une transplantation. Dans les jours qui suivent, vé-
rifiez la terre. Si elle est mouillée, ne l'arrosez pas, mais vaporisez seulement le feuil-
lage.

8. Si vous remarquez des traces d'insectes, vaporisez un insecticide puissant aux en-
droits transformés en JIN ou en SHARI, afin qu'il pénètre bien dans les cavités. S'il
s'agit d'un petit arbre, il peut être plongé dans une solution insecticide.

198
Prélèvement d'un genévrier de Californie

Le prélèvement de plants dans leur milieu naturel est l'une des meilleures méthodes
pour se procurer de futurs bonsaï. Les arbres s'adaptent d'autant mieux qu'ils restent
sous le même climat. De surcroît, bénéficiant de la qualité, du choix de l'âge, de la di-
mension et de la forme du bonsaï, vous gagnerez du temps.

Figure 367
Recherchez une région où les arbres
ont un aspect sauvage et peuvent faci-
lement être déterrés.

Figure 368
Après avoir repéré l'arbre, examinez
les racines, le tronc, la cime, les bran-
ches et le feuillage.
Le feuillage des plantes femelles est
toujours plus beau, car plus fin.

199
Figure 369
Elaguez quelques branches mortes,
les morceaux d'écorce disgracieux et
les feuilles fanées.

Figure 370
Tout en imaginant la cime future, rac-
courcissez le tronc en sciant la partie
supérieure.

Figure 371
Laissez un morceau du tronc d'ori-
gine, car il pourra être réduit plus tard
pour donner un effet de cassure natu-
relle. Enlevez le bois mort de la base
du tronc.

200
Figure 372
Cernez une motte correspondant à un
tiers de la hauteur de l'arbre. Coupez
la racine-pivot.

Figure 373
Creusez sur une profondeur égale au
diamètre de la motte. Si un bon nom-
bre de racines se trouvent en surface,
la profondeur peut être réduite. Enve-
loppez la motte dans un sac de toile et
attachez-le solidement.

Figure 374
Un moment particulièrement heu-
reux.

20 1
Exemples de troncs doubles (SOKAN)
ou de troncs jumeaux (SOJU)

Les Japonais appellent ALOI un tronc double ou jumeau, deux troncs ou deux arbres
poussant dans une position très rapprochée. Ils peuvent avoir des racines communes
(SOKAN) ou pousser séparément (SOJU). Chez les pins, on parle souvent de AIOI-
NO-MATSU ou de MEOTO-MATSU ou de M. et Mme PIN. On dit, des troncs dou-
bles ou jumeaux, qu'ils font bon ménage et qu'ils résistent ensemble aux vicissitudes de
la nature. Notons au passage, qu'à l'exception du style de tronc double ou jumeau, on
ne plante jamais un nombre pair d'arbres dans la même coupe.

En ce qui concerne les troncs jumeaux, il est préférable de ne pas planter d'arbres
d'espèces différentes. Pour ce style d'arbres, on applique les mêmes règles que pour
les arbres solitaires.

Figure 375
La hauteur et la taille des deux arbres
doivent être différentes. Lorsque le
tronc du plus grand est 3 fois plus gros,
sa hauteur devra aussi être 3 fois plus
grande.

20 2
Figure 376
Lorsque vous rectifiez la hauteur de
deux arbres, les sections doivent être
tournées vers l'intérieur.

Figure 377
Ou bien dans la même direction. Les
nouvelles pousses auront ainsi la
même direction.

Figure 378
Ne faites jamais de sections opposées,
car les branches s'entrecroiseraient et
n'auraient pas l'air naturel, même
après ligaturage.

20 3
Figure 379
Il n'est pas nécessaire que les propor-
tions soient exactes, mais, de par les
lois de la nature, l'arbre le plus grand
aura le tronc le plus large. Le con-
traire, appelé GYUKU-SOKAN ou
tronc double inversé, paraîtrait anor-
mal.

Figure 380
Chaque tronc doit se trouver un peu
en diagonale par rapport à l'autre. Peu
importe lequel est devant, pourvu
que l'effet de profondeur soit
obtenu.

Figure 381
Ne placez jamais un arbre devant l'au-
tre.

204
Figure 382
Ils ne doivent pas non plus être côte à
côte, car il n'y aurait plus d'effet de
relief.

Figure 383
Le tronc doit se diviser à partir de la
souche ou du sol.

Figure 384
Ne sélectionnez pas un arbre dont le
tronc ne se diviserait que dans son
dernier tiers, il serait considéré, non
pas comme un bonsaï à tronc double,
mais à tronc simple.

205
Figure 385
La direction du tronc et de la cime est
la même. C'est la forme la plus habi-
tuelle et le style le plus répandu.

Figure 386
Il n'est pas souhaitable d'avoir des
troncs qui se rencontrent et qui se
séparent à nouveau.

Figure 387
On peut l'accepter s'il s'agit de la com-
binaison d'un tronc double et d'un
style en cascade. Dans ce cas, l'un des
troncs s'élève, tandis que l'autre s'in-
cline.

206
Figure 388
Voici un tronc double où la première
branche devient un demi-tronc. Il
arrive d'en voir également dans la
nature.

Figure 389
Un tronc double fouetté par les vents
dont les troncs sont orientés dans des
directions opposées.

Figure 390
Tronc double MOYOGI de même
modèle. Des troncs dans des direc-
tions différentes, mais des cimes
orientées dans le même sens.

207
Figure 391
La courbe des troncs est harmonieuse,
ainsi que les branches et les parties
JIN. Même la surface des troncs doit
être identique. C'est à dire que les
deux troncs doivent avoir été écorcés
de la même manière.

Figure 392
Lorsque les arbres d'un bonsaï à tronc
double ou jumeau sont très rappro-
chés, il faut former leurs branches
comme s'il n'y avait qu'un seul arbre.
La première branche est commune
aux deux arbres. C'est pourquoi elle
doit être plus grosse et plus longue,
soit 1/3 de la hauteur du plus grand
arbre.

Figure 393
Les branches de chacun des arbres ne
doivent pas être au même niveau.

20 8
Figure 394
Il ne faut pas que la première branche
du plus grand arbre soit plus basse que
celle du plus petit. La première bran-
che du plus grand doit toujours être
placée plus haut.

Figure 395
Les branches ne doivent pas s'entre-
croiser avec l'autre tronc. Si néces-
saire, placez-les derrière ou utilisez-
les comme branches de devant.

Figure 396
Ne placez pas les branches du plus
grand, juste au-dessus de la cime du
plus petit. Dans la nature, le plus petit
s'éloignerait à la recherche du soleil.
C'est pourquoi, il faut éviter cette
configuration anormale.

209
Figure 397
Les arbres à tronc double ou jumeau
doivent pouvoir s'inscrire dans une
forme triangulaire, ovale ou arron-
die.

Figure 398
Il faut disposer les racines correcte-
ment, ni croisées, ni placées d'un seul
côté. Les troncs croisés sont égale-
ment très inesthétiques.

Figure 399
Les troncs ne doivent pas avoir non
plus une forme en U mais en V.

21 0
Exemples de formes avec troncs multiples (KABUDACHI)

Les termes KABUDACHI, KABU-BUKI et MUSHA-DATE décrivent un bonsaï dont


les pousses multiples ont formé plusieurs troncs issus d'une seule et même souche. Il
existe aussi le KORABUKI dont tous les troncs sont issus de la même souche, comme
s'ils poussaient dans une carapace de tortue.

YAMAYORI et YAMAYOSE désignent un tronc multiple constitué de plusieurs arbres


dont les graines ont poussé si près les unes des autres qu'elles ont fusionné. C'est ce qui
se passe souvent lorsqu'une capsule pleine de graines tombe par terre et que ces graines
germent simultanément.

En général, il faut respecter les mêmes règles que pour les troncs doubles ou jumeaux.
Avec ceci en plus: adopter un nombre impair de troncs, 3 troncs (SANKAN), 5 troncs
(GOKAN), 7 troncs (SHICHIKAN), etc. Mais dès que le nombre de troncs devient dif-
ficile à déterminer, cela n'a plus d'importance. Dans ce cas, ne comptez que les troncs et
non les parties supérieures de l'arbre. Les nombres les plus appréciés sont les nombres
premiers 5, 7, 11, 13, 17 et 23.

Figure 400
Ici, les troncs se séparent et présentent
leur face avant. La distance entre cha-
que tronc doit être différente. Ils ne
doivent pas se croiser.

21 1
Figure 401
Dans le cas du style à tronc triple, le
centre doit être occupé par le plus
grand ou le plus petit, placé légère-
ment à l'arrière pour donner l'impres-
sion de profondeur.

Figure 402
Les troncs doivent se séparer à la base
pour donner l'illusion d'être indépen-
dants.

Figure 403
Chaque arbre doit avoir une hauteur
différente qui est fonction de la gros-
seur du tronc. Respectez les mêmes
règles que pour le style à tronc dou-
ble.

21 2
Figure 404
Chaque arbre doit avoir une cime dis-
tincte et la silhouette générale doit
présenter une forme triangulaire,
ovale ou en arrondi. Ne constituez
jamais un ensemble symétrique. La
vue latérale doit être différente de la
vue de face. La cime est, comme pour
un arbre solitaire, légèrement pen-
chée vers l'avant.

Figure 405
La perspective peut être améliorée en
plaçant des arbres plus petits à l'ar-
rière.

Figure 406
On peut créer une forme à troncs mul-
tiples par marcottage aérien au niveau
des ramifications des branches (Cf.
chapitre sur la multiplication).

213
Figure 407
Lorsque vous taillez le tronc, les sec-
tions doivent être formées vers l'inté-
rieur pour inciter les pousses à s'orien-
ter vers l'extérieur.

21 4
Exemples de plantation forestière ou groupée (YOSE-UYE)

Techniquement, le YOSE-UYE ou style forestier est un style de plantation groupée. Il


peut être défini comme une forêt miniature. Il existe cependant une tendance à l'exagé-
rer. C'est pour sa simplicité que, traditionnellement, l'on admire un bonsaï. Il devrait
être réalisé avec le moins d'éléments possible et symboliser ce qu'il y a de plus beau dans
la nature. Si la forêt est agrémentée de rochers, de pierres, de galets, de sable, de végé-
taux ou d'autres éléments, tels qu'un animal, une maison, une pagode, un pont, etc.,
alors, elle rappelle trop la réalité matérielle et diminue d'autant le pouvoir abstrait de la
nature. Elle est donc bien mieux mise en valeur sans l'apport de ces éléments qui suggè-
rent l'intervention de l'Homme. Il est préférable de permettre à l'esprit d'imaginer toute
la grandeur du YOIN* de la nature. La beauté invisible de la nature devrait se dégager
d'une forêt de bonsaï.

Il existe d'infinies possibilités d'obtenir un style forestier. Ci-dessous, vous trouverez


quelques-uns des exemples et méthodes les plus populaires.

Matériaux:
On peut utiliser la plupart des essences d'arbres, mais il est judicieux de n'utiliser que
des arbres robustes, en raison des rempotages et des interventions sévères. Choisissez
des arbres ayant des conditions de croissance semblables. Par exemple, ils doivent dé-
marrer en même temps au printemps, croître au même rythme en été, et leurs feuilles
doivent tomber au même moment en automne. Les feuilles doivent avoir une forme
semblable et une taille identique. Si vous utilisez des espèces différentes, prenez des ar-
bres ayant des caractéristiques de croissance similaires: besoin en eau, en engrais et en
soleil. Par exemple, les pins et les azalées ne forment pas une bonne association. Il vaut
mieux associer des pins à des genévriers, ou des ormes ou des genévriers à tout autre co-
nifère. Un arbre, avec des branches ou des racines d'un seul côté, convient parfaitement
à ce style, de même que les branches dites de forme défectueuse. La façon idéale de pré-
parer les arbres d'une future forêt est de prélever des boutures sur une même plante-
mère. Les plants issus de semis n'ont pas toujours les mêmes caractéristiques que la plan-
te-mère.

Dimension et nombre:
La dimension de chaque arbre doit être différente, mais leur nombre n'est pas limité.
Trois arbres plantés dans une coupe ne sont pas considérés comme formant une forêt,
car ils n'en donnent pas l'impression. Prenez des nombres impairs tels que 7, 11, 13, 17
etc.
* Souvenir vivace.

21 5
Récipients:
La coupe peut être semblable à celles utilisées pour les bonsaï à troncs multiples ou en
radeau. On peut se servir provisoirement d'une caisse en bois ou même planter les ar-
bres directement dans une coupe (Cf. chapitre sur le choix d'une coupe).

Disposition:
La perspective, l'alternance et les espacements sont des éléments importants lors de la
composition d'une forme forestière ou groupée.

Figure 408
Les intervalles entre la forêt et les
espaces libres doivent être contrastés.
Il y aura plus d'espace à l'avant en
groupant plus d'arbres à l'arrière.
Ménagez un espace inégal de chaque
côté.

Figure 409
Le côté où se trouvent les arbres plus
petits est plus dégagé et se termine en
dégradé. Il y a moins d'espace du côté
des grands arbres et leur silhouette
présente une plus forte pente.

Figure 410
Ce groupe forestier a été nettement
planté dans le coin arrière.

21 6
Figure 411
Deux groupes d'arbres plantés de
façon à créer un mouvement circu-
laire d'un groupe vers l'autre.

Figure 412
Trois groupes d'arbres plantés selon la
même idée.

Figure 413
Les arbres les plus grands à l'avant, les
moyens au milieu, les plus petits à l'ar-
rière, afin de créer une meilleure per-
spective.

21 7
Figure 414
Vue rapprochée d'une forêt. Les
grands arbres ont été placés à l'arrière
et les petits à l'avant.

Figure 415
En gardant à l'esprit l'idéogramme
(HIN), qui signifie dignité et
raffinement, cette forêt a été com-
posée de cinq arbres aves ses espaces
et sa diversité de mouvement.

Figure 416
La forêt aux sept arbres a été plantée
selon l'idéogramme it (SHIN) qui
signifie caeur, intelligence et esprit.

21 8
Figure 417
Les arbres doivent avoir des propor-
tions équilibrées. Les nombres indi-
qués sur le croquis ne correspondent
pas à des dimensions mais à des rap-
ports de hauteur. L'arbre le plus petit
(SHINGI) 10, le second (SOEGI) 8,
le troisième (HANEDASHI-GI) 7.
Ces proportions sont considérées
comme bonnes. Tout arbre supplé-
mentaire (ASHI-RAIGI) devrait
avoir moins de 7, soit 5 ou 4 ou moins.

Figure 418
Selon cette disposition, les arbres ont
4 et 3.

Figure 419
Ici les arbres d'appoint (ASHI-
RAIGI) ont 3 et 2 par rapport aux
nombres 10, 8 et 7.

21 9
Figure 420
Genévrier, foemina juniperus. Le plus
grand arbre de la forêt aux sept arbres.
Taille 122 cm. Formé depuis 1954.
Photographié en 1963.

220
Figure 421
Forêt aux sept arbres avec le genévrier
précité comme arbre principal. Forêt
formée en 1954. La plantation s'ap-
pelle (MEIGO) GOSHIN: protecteur
de l'esprit. Photographiée en 1969.
Voici la forêt dont le nombre d'arbres
a été porté à 11 en 1973. Les deux
représentés sur la photo n° 12 et deux
autres encore furent ajoutés.

Figure 422
Exemple d'une forêt aux sept arbres.
Les plus grands sont à l'avant, les
moyens au milieu et les plus petits vers
l'arrière, mais pas trop éloignés de
l'ensemble formé par les grands et les
petits.

22 1
Figure 423
L'aspect d'une forêt à neuf arbres est
identique à celui d'une forêt à sept
arbres. En Extrême-Orient, le nom-
bre neuf est jugé inintéressant, bien
qu'il soit un nombre impair et divisi-
ble par 3. Le neuf, prononcé KU signi-
fie douleur et souffrance. Selon la
superstition, le neuf n'apporte aucun
plaisir, ni philosophique, ni artisti-
que.

Figure 424
Exemple d'une forêt battue par les
vents. Une composition remarquable
dont le grand espace libre, à l'opposé
des arbres, symbolise la mer.

Figure 425
Forêt battue par les vents, de type tra-
ditionnel.

222
Figure 426
Forêt avec des essences différentes.
Divers conifères et feuillus peuvent
être utilisés, mais sans les mélanger.
Regroupez les arbres d'une même
espèce en les disposant sur la coupe.

Figure 427
Exemple de forêt mixte composée de
conifères et de feuillus placés à l'ar-
rière.

Figure 428
Forêt mixte avec des conifères placés
à l'arrière.

223
Figure 429
Deux ou trois grands conifères ou
feuillus peuvent être plantés très rap-
prochés pour renforcer leur carac-
tère.

Figure 430
Cette forêt de style BUNJIN est très
difficile à réaliser, en raison de sa sim-
plicité et de sa qualité.

Figure 431
Ne vous préocupez pas du nombre des
arbres. On a mis l'accent, ici, sur la
masse des troncs (MORIN). Chaque
arbre n'a pas été planté séparément,
mais par poignées. Cette plantation en
vrac (TSUKAMI-UYE) est souvent
plus réussie que si elle avait été faite
selon un plan déterminé.

22 4
Disposition des branches:
C'est le tronc qui revêt une importance particulière dans le style forestier. Les branches
jouent un rôle secondaire. C'est pourquoi, on ne forme que les branches externes tandis
que les branches internes sont coupées. On coupe les branches avant de placer les arbres
et non après. Le nombre de branches est déterminé contrairement à la proportion habi-
tuelle: des arbres plus nombreux et moins de branches.

Figure 432
En général, on garde seulement les
branches avant, des arbres de devant,
et les branches extérieures, des deux
côtés de la forêt. Ne coupez que les
branches poussant vers l'intérieur.

Figure 433
Les branches extérieures comptent
beaucoup dans la création de la sil-
houette générale.

225
Figure 434
Plantation en trois groupes. Chaque
groupe a sa propre silhouette, ainsi
que l'ensemble de la plantation.

Figure 435
Lors de la préparation, réduisez les
racines. Racines et branches doivent
avoir un rapport équilibré, qui leur est
vital.

Figure 436
Sur les arbres où les branches sont
coupées de façon à rapprocher les
troncs, les racines peuvent, elles aussi,
être coupées.

22 6
Exemples de forme en radeau (IKADABUKI)

Les termes IKADABUKI, IKADAZUKURI, IKADABUSE et IKADAUYE décri-


vent un arbre tombé qui a été recouvert peu à peu de terre: les branches ont donné nais-
sance à des troncs poussant individuellement et verticalement. IKADA signifie radeau.
Cette forme d'arbre n'est pas courante dans la nature.

Le terme NETSURANARI est semblable au style en radeau, avec cette différence que
pour cette forme, les troncs verticaux ne sont pas issus d'un arbre tombé, mais d'une lon-
gue racine adventive ayant produit des rejets.

La différence entre un style en radeau et une plantation en groupe est la suivante:


Dans le style en radeau, il s'agit d'un seul arbre couché dont les branches ont formé
comme des arbres individuels, tandis que dans une plantation en groupe, ce sont plu-
sieurs arbres indépendants qui ont été plantés. La culture de style en radeau est bien plus
facile, car il s'agit de la même plante-mère, mais le choix de l'emplacement est limité. On
ne peut pas modifier la place d'un arbre dans le groupe. A cet égard, la plantation en
groupe est plus facile car on peut choisir la position de chacun.

La plupart des arbres peuvent être formés en style en radeau. Mais il faut savoir qu'un
tronc de pin enterré mettra de cinq à dix ans à former des racines. Il existe un célèbre
IKADABUKI au temple HORYU-JI de Nara, Japon.

Les croquis suivants indiquent comment débuter un style en radeau.. En général, ce sont
les mêmes règles que pour le style à troncs multiples.

Figure 437
Choisissez un arbre ayant de nom-
breuses branches de longueur diffé-
rente, en particulier s'il possède une
branche pas trop grande à la base du
tronc. Une branche trop longue ne
serait pas facile à former. L'idéal
serait un arbre n'ayant des branches
que sur un côté. N'en prenez pas un à
plusieurs troncs. Un bonsaï en radeau
peut être formé à tout moment, sauf
en hiver.

227
Figure 438
Supprimez toutes les branches et les
pousses de plus de 7 ans. Laissez les
racines.

Figure 439
Comme partie inférieure, choisissez
le côté ayant le moins de branches, en
tout cas, pas de longues branches. Pla-
cez la partie courbée à l'arrière. Ainsi,
votre plantation future aura une
dimension supplémentaire.

Figure 440
Attachez un fil assez fort le long du
tronc, pour lui donner la forme vou-
lue. Laissez les fils d'attache assez
longs pour qu'ils émergent de la terre
et constituent pour plus tard des
repères.

22 8
Figure 441
Raccourcissez les branches inférieu-
res d'un tiers ou de moitié. Un bonsaï
en radeau devrait comporter au moins
cinq troncs (branches) pour pouvoir
ressembler à une forêt. On devrait
laisser sur la dernière branche une ou
deux plus petites, à proximité de la
cime.

Figure 442
Attachez au gros fil du tronc, de plus
petits fils, pour former les branches.
Redressez les branches vers le haut en
essayant de combler les espaces vides.
Ne réduisez pas la longueur, mais affi-
nez seulement les plus denses.

Figure 443
Si le gros fil ne sert pas aussi à arrimer
le, tronc, ligaturez les branches séparé-
ment.

229
Figure 444
Ne ligaturez pas deux branches avec
un seul fil, car il serait trop difficile
plus tard de l'enlever, lorsque les raci-
nes seront développées.

Figure 445
Ecorcez le dessous du tronc sur 1/3 de
sa circonférence. Mouillez les endroits
écorcés et appliquez de l'auxine pour
stimuler la formation des racines.

Figure 446
Couchez le tronc dans un récipient
sous 5 cm de terre environ. Plus pro-
fondément, les racines se formeraient
sur les branches et non sur le tronc. Si
nécessaire, attachez le tronc au fond
du précipient. Le mélange de terres
doit contenir beaucoup de sable. Pla-
cez la plantation dans un endroit enso-
leillé.

23 0
Figure 447
De nouvelles racines se forment sur
les parties écorcées, au bout d'un an à
un an et demi. Démontez avec précau-
tion le récipient et séparez la racine
originelle du pied du tronc.

Figure 448
Plantez dans une coupe peu profonde
ou, en cas de racines plus nombreuses,
dans un récipient plus profond. Ne
faites aucune taille pendant au moins
2 mois. Le tronc doit être en partie
visible. Ceci est important pour la fini-
tion de la forme en radeau.

Figure 449
Il existe trois vues. La vue rapprochée
(KINKEI), la vue centrale (CHU-
KEI) et la vue éloignée (ENKEI). Les
branches les plus longues partant de la
base du tronc original sont en général
destinées à donner l'illusion d'une vue
rapprochée, les branches médianes et
moyennes, d'une vue centrale, et les
petites, d'une vue éloignée.

23 1
Figure 450
Une autre façon de créer un effet de
relief consiste à former les plus lon-
gues et les plus hautes branches à
l'avant, les moyennes au centre, et les
petites à l'arrière.

Figure 451
Une forme en radeau composée de
pins est extrêmement difficile à obte-
nir dans une perspective éloignée.

Figure 452
Examinez les vues de l'avant et de cô-
té, pour voir si aucun arbre n'en croise
d'autres.

232
Figure 453
Forme de radeau constitué de 11 ge-
névriers plantés sur un rocher mexi-
cain. Création à partir de 1955. Photo-
graphié en 1971.

233
Exemples de formes rupestres (ISHIZUKE)

ISHIZUKE correspond à la création d'un paysage composé d'arbres, de plantes et de


rochers. Lorsqu'un arbre est planté sur un rocher au lieu de l'être dans une coupe, on
parle d'un ISHIUYE. Chacune de ces formes a sa propre raison d'être. On confond sou-
vent un bonsaï ISHIZUKE avec un BONKEI dans une coupe qui représente un paysage
composé d'éléments artificiels, tels que des montagnes, des rivières, des arbres, des mai-
sons, des ponts, etc.

Matériau pour une forme rupestre:


Choisissez d'abord un jeune feuillu ou un jeune conifère parmi des plants très résistants
de pépinière. Celui-ci devra avoir de nombreuses racines vigoureuses qui pourront s'ac-
crocher à un rocher. Choisissez un plant ayant beaucoup de branches basses: qualités
que l'on retrouve souvent chez un arbre prélevé dans la nature.

Figure 454
Si vous avez besoin de racines très lon-
gues, vous pouvez fabriquer un réci-
pient en clouant des lattes minces.
Gardez-y l'arbre au moins un an dans
un mélange de terre sableuse.

234
Figure 455
Défaites une latte supérieure tous les
3 ou 4 mois. Ainsi, au fur et à mesure,
les racines se trouveront exposées et
leur croissance stimulée.

Figure 456
Choisissez un rocher rugueux et soli-
de, de couleur foncée, de préférence à
un blanc crayeux ou gris clair. Sa
grosseur doit permettre un manie-
ment facile. Sa forme ne doit pas être
trop angulaire ni présenter de fracture
récente.

Figure 457
Le rocher doit présenter 6 pans, haut,
bas, avant, arrière, droite, gauche.
Chacun avec son caractère particulier.
Les formes carrées, rondes, triangulai-
res et en général systématiques, ne
sont pas recommandées.

23 5
Figure 458
La forme du rocher symbolise une
montagne (YAMAGATA).

Figure 459
Celle-ci, une île (SHIMA-ISHI).

Figure 460
Ce rocher vertical représente une
montagne à falaises (DANGAI-
JEPPEKI-ISHI).

236
Figure 461
Falaise ou montagne avec chute d'eau
(TAKI-ISHI). Il ne faut pas la pein-
dre, ni la creuser, elle doit être natu-
relle. Une chute d'eau sèche est plus
évocatrice.

Figure 462
Arbre poussant sur une croupe ro-
cheuse (IWAYAMA).

Figure 463
Rocher représentant une côte rude et
découpée (ARA-ISO).

237
Figure 464
La forme de se rocher ressemble à un
vieux tronc (INSHO-GATA-ISHI).
Le tronc même de l'arbre qui le sur-
plombe est incurvé et répète la courbe
du rocher. Les branches suivent le sty-
le en cascade.

Figure 465
Autre exemple d'INSHO-GATA-
ISHI.

Figure 466
Forme rupestre abstraite (CHUSHO-
GATA-ISHI). Cette forme intéressan-
te ne suggère rien de déterminé.

238
Un ISHIZUKE peut être formé avec autant d'arbres, d'espèces ou de compositions
d'espèces possibles. Mais un seul arbre placé sur un rocher exerce toujours une fascina-
tion particulière.

Si vous composez un groupe de troncs multiples, observez les mêmes règles que pour les
styles forestiers, en radeau, à troncs double ou multiples.

Si vous faites une composition d'arbres, gardez toujours à l'esprit la logique de la nature.
Si vous plantez ensemble des feuillus et des conifères, placez ces derniers sur la partie su-
périeure du rocher, les feuillus plus bas, et les azalées, fougères ou autres plantes, à la
base. Les proportions entre le rocher et les arbres doivent être respectées. En règle gé-
nérale, l'arbre est plus petit que le rocher, surtout si le rocher représente une montagne
ou une île. Il faut veiller particulièrement à l'harmonie entre le rocher et l'arbre. Par
exemple, le style de l'arbre et la forme du rocher doivent se trouver en harmonie artisti-
que tout en restant naturels.

Voici quelques modèles:

Figure 467
L'orientation de l'arbre et la structure
de rocher doivent s'harmoniser. Un
bonsaï de style libre ou penché équili-
brera la forme du rocher.

Figure 468
Un bonsaï fouetté par les vents sera
placé au sommet du rocher, car c'est là
où le vent souffle le plus.

23 9
Figure 469
Un arbre en cascade sera placé à mi-
hauteur ou dans la partie supérieure
du rocher et non à sa base.

La création d'une forme rupestre nécessite les matériaux suivants:

1. Tourbe et mousse de tourbe bien trempée.


2. Argile ou terre lourde et collante suffisamment imprégnée d'eau pour adhérer au
rocher.
3. Fil fin de calibre 1 à 1,5 cm et une pelote de ficelle.
4. Plombs de pêche de 6 mm.
5. De la colle époxyde qui peut remplacer les plombs.
6. Un burin et un marteau.
7. Un seau d'eau.
8. Un récipient assez grand pour recueillir le rocher et l'arbre à la fois.
9. Un mélange normal de terre et de sable brut pour le drainage.

Voici maintenant en détails la méthode pour créer un bonsaï de style rupestre.

Figure 470
Examinez le rocher pour déterminer
quel sera l'avant en fonction de la face
avant de l'arbre. Mouillez le rocher
avant les travaux.

240
Figure 471
Retirez toute la terre des racines et ré-
fléchissez à la façon dont vous allez fi-
xer les racines au rocher. Coupez les
petites racines à la base du tronc, et
répartissez les autres dans toutes les
directions, à droite, à gauche, à l'avant
et à l'arrière.

Figure 472
Coupez plusieurs morceaux de fil mé-
tallique d'une longueur de 8 cm envi-
ron et pliez-les en deux. Fixez ces ca-
valiers avec de la colle époxyde aux
endroits où vous aurez prévu de pla-
cer les racines. Si vous utilisez des
plombs de pêche, percez un trou à ces
endroits, attachez le fil au plomb et
enfoncez-les dans les trous avec un bu-
rin.

24 1
Figure 473
Placez l'arbre sur le rocher et atta-
chez-le solidement, les racines étant
retenues par le fil collé. Maintenez les
racines humides, pendant cette opéra-
tion, avec un vaporisateur.

Figure 474
Faites un mélange de terre, moitié ar-
gile et un peu plus de tourbe. Pétrissez
bien le tout. Pas trop mou, ni trop fria-
ble, mais plutôt humide. Recou-
vrez les racines d'environ 1,5 cm de
terre.

24 2
Figure 475
Les extrémités des racines seront en-
terrées dans un mélange normal de
terre et placées dans une coupe provi-
soire.

Figure 476
Recouvrez rocher et racines d'une
couche de mousse de tourbe et atta-
chez solidement à l'aide d'une fi-
celle.

24 3
Figure 477
Enterrez le tout dans un récipient as-
sez profond afin que la base du tronc
soit recouverte.

Figure 478
Au bout de six mois ou plus, retirez
progressivement la mousse de tourbe
et lavez, tourbe et argile du sommet
du rocher, pour découvrir les racines
enserrant le rocher. Vérifiez les fils, et
assurez-vous qu'ils n'ont causé aucun
dommage aux racines. Au printemps,
il n'y aura plus qu'à transplanter le
bonsaï dans une coupe appropriée.

244
Exemples d'autres styles de bonsaï

Figure 479
Les racines sont dégagées en hauteur
et font partie du tronc. Ce style (NE-
AGARI) n'est plus à la mode.

Figure 480
TAKO-ZUKURI. Forme en pieuvre.
Forme excessivement contournée des
branches et du tronc, rappelant celle
d'une pieuvre.

24 5
Figure 481
GOZA-KAKE ou MINO-KAKE.
Tatami ou porte-manteau. La branche
basse est très allongée. Forme origina-
le, souvent imitée en art bonsaï.

246
Forme du Lettré (BUNJIN)

Un courtisan qui avait délaissé un rang social aisé pour rechercher une «vie libre» fut à
l'origine même du BUNJIN. Les Occidentaux désignent sous le nom de NANGA le
mouvement culturel de L'Ecole Sudiste des peintres paysagistes chinois. Les peintres de
cette école n'étaient pas des artistes professionnels, mais des érudits en religion, en phi-
losophie, et en art. Hantés par les règles strictes de leur monde raffiné, ils devinrent er-
rants et ermites. Ils habitaient à l'écart, dans des huttes de montagne, s'adonnant à la mé-
ditation, au boudhisme, à la calligraphie, à la poésie et à la peinture.

Cette quête de liberté s'exprime dans les arbres de leurs magnifiques peintures paysa-
gistes. Certains arbres présentent des troncs oblongs avec quelques branches placées de
façon rigide. Les lignes sont vigoureuses, avec des changements complets de direction
rappelant la calligraphie, l'écriture au pinceau, familière à l'homme cultivé.

Le style BUNJIN est si libre qu'il semble défier les principes de l'art bonsaï. Ce style in-
défini, sans forme spécifique, est difficile à décrire, mais son expression est à la fois sim-
ple et très forte. Sans doute, ses caractéristiques les plus évidentes coïncident-elles avec
les formes des arbres façonnées par le grand âge et dans des conditions climatiques ex-
trêmes.

Un maître en art bonsaï, qui avait dû subir des règles extrêmement sévères, chercha à y
échapper, afin de créer un style plus libre, et fut ainsi à l'origine du style de Lettré.
Voici maintenant environ deux cents ans, deux grands artistes s'essayèrent à peindre les
magnifiques paysages japonais. Tous deux, le Maître HOKUSAI-KATSUSHIKA
(1760-1849) et le Maître HIROSHIGE ANDO (1797-1858) y réussirent.

Les arbres qu'ils peignaient avec des troncs et des branches entrecroisées seraient dé-
routants et désordonnés dans tout autre style de bonsaï, mais ils sont acceptables dans le
style BUNJIN. Dans un style rigoureusement vertical, les branches qui retourneraient
vers le tronc et le chevaucheraient, violeraient d'une façon inacceptable le bon sens. Ce-
pendant une branche retournée chez un BUNJIN donne à l'arbre une intensité dramati-
que et un air de liberté. C'est à partir de là que les maîtres en art bonsaï se sont orientés
vers la simplicité reposante et le style fascinant du Lettré.

Quelques modèles de BUNJIN.

247
Figure 482
La forte courbe et la direction chan-
geante du tronc semblent être l'effet
du hasard. Ici, la branche principale
croise le tronc.

Figure 483
Tronc oblong, sans équilibre. Pas de
branches basses. Pourtant, l'arbre
donne une impression de grande sta-
bilité, de simplicité et la courbe bru-
tale dans la partie supérieure du tronc
est fascinante.

Figure 484
La branche qui retombe verticale-
ment donne à l'arbre un équilibre
étonnant.

248
Figure 485
L'arbre ressemble à un large coup de
pinceau. Le tronc semble en vain
rechercher l'équilibre, mais un vent
opposé ramène avec grâce branches et
tronc en une couche légère.

Figure 486
Courbes et contorsions à la fois bru-
tales et légères mais une ligne générale
doucement contrastée.

Figure 487
Chez cet arbre battu par les vents, on
ressent la cause des distorsions par
rapport à la croissance régulière et
l'on perçoit la direction du vent.

24 9
Figure 488
L'arbre n'a pas voulu pousser dans
cette direction, mais c'était la seule fa-
çon de survivre. L'idée et la forme
rappellent le célèbre Dharma. D'où
son nom «DARUMA».

Figure 489
Les quelques branches de l'arbre ont
une position expressive. Le feuillage
clairsemé accentue encore le style li-
bre.

Figure 490
BUNJIN abstrait dont la forme cor-
respond à un signe calligraphique.

250
Figure 491
Il est rare de trouver un BUNJIN à
l'état naturel. Celui-ci a été trouvé
dans le sud californien.

Figure 492
C'est comme si l'on entendait le chant
des oiseaux. Point n'est besoin de
chercher à comprendre sa significa-
tion. Le mouvement délicat du tronc,
sans raison, ni sens, est un simple plai-
sir des yeux.

Figure 493
Etoile filante quittant son orbite. Inti-
tulé «RYUSEI».

25 1
Figure 494
Cette forme va à l'encontre de toutes
les règles. Le tronc fait un crochet de
90 degrés, une branche le croise.
Branches opposées, en rayon de roue.
Et pourtant, c'est un vieux pin célèbre
sur le mont CHICHIBU au Japon
(KANE-NOTE-MATSU).

Figure 495
BUNJIN à tronc double ou jumeau,
appelé IKA-RI-JIN ou en «forme
d'ancre».

Figure 496
BUNJIN à troncs multiples.

25 2
Figure 497
Forêt de BUNJIN avec arbres para-
sols (KASA-ZUKURI).

25 3
Vue sur le lac BIWAKO, du sommet du Mont HIEI, par un jour pluvieux. Le paysage
était noyé dans la brume. Soudain, le vieux paysage oriental (SUMIE) a surgi à travers la
brume. Les pins qui ont émergé étaient de style BUNJIN.

Commencée par un CHOKKAN pour aborder le monde des bonsaï, la revue des nom-
breux styles d'arbres de la nature s'achève avec le BUNJIN aux variations infinies.

25 4
Biographie

John Yoshio Naka naît le 16 août 1914 à Fort Lupton, Colorado. A l'âge de huit ans, ses
parents décident de rentrer au Japon pour s'occuper des parents âgés de son père. John
est très lié à son grand-père et c'est grâce à lui qu'il apprend l'art bonsaï. Bien sûr, étant
encore jeune, il ne fait que ce qu'on lui demande de faire: l'arrosage, le désherbage, jus-
qu'à ce qu'il devienne plus grand.

John reste au Japon jusqu'à l'âge de 21 ans. En 1935, il retourne dans son Colorado natal
où il se lance dans l'agriculture. Fin 1946, il s'installe à Los Angeles, Californie, avec sa
femme Alice et leurs trois fils, Eugène, Robert et Richard.
De 1946 à 1968, il exerce le métier de jardinier paysagiste.

Il se remet à sa collection de bonsaï (qui comprend aujourd'hui quelque 300 spécimens)


peu après son arrivée à Los Angeles. La première exposition de ses arbres a lieu au cen-
tre horticole Fannie-E-Morrison, Pasadena, Californie, en 1950.

La même année, il fonde avec quatre amis, le Southern California Bonsai Club qui s'ap-
pelle aujourd'hui la California Bonsai Society, Inc. dont il a été, depuis, le président,
sauf en 1959 et 1960.

Après plusieurs années de réticence, on le persuade et il se décide enfin à enseigner l'art


bonsaï, tout d'abord à ses amis, puis à d'autres. Certains d'entre eux sont devenus eux-
mêmes des professeurs confirmés d'art bonsaï.

Ce n'est qu'en 1958 que la Southern California Bonsai Society organise une exposition
annuelle au California Museum of Science and Industry. Le Président John Naka et son
équipe veillent à ce que les arbres et les cours pratiques quotidiens soient de très haute
qualité.

257

Voici la liste partielle des conférences et travaux pratiques donnés par John Naka.

1957 Passage sur le channel 5 KTLA, dans l'émission «Entretien sur le jardi-
nage» avec Joe Littlefield, et travaux pratiques d'art bonsaï.
1957 Conférence et travaux pratiques - Ligue des citoyens nippo-américains.
1958 Conférence - travaux pratiques - Fédération des jardiniers de Californie.
1962 Conférence - travaux pratiques - Société nippo-américaine.
1965 Passage sur le channel 4 KNBC, «rétrospective 65» avec Bob Wright.
1969 Consultant pour le scénario du téléfilm «L'arbre de M. OZAKI» des Don
Fedderson Productions.
1970-1973 Conférences-travaux pratiques à la Société Horticole de Philadelphie,
Pennsylvanie.
1971-1973 Conférences-travaux pratiques sur channel 23, dans l'émission «Garden
Magic Show», invité du Dr. William Benette, botaniste réputé de Pensa-
cola, Floride.
1971-1973 Conférences-travaux pratiques au Garden Center of Greater Cleveland,
Ohio.
1971-1972 Conférences-travaux pratiques au New York Botanical Garden.
1971 Conférence-travaux pratiques au Congrès national sur le bonsaï à Nor-
folk, Virginie.
1973 Conférence-travaux pratiques au Congrès national sur le bonsaï à Atlanta,
Géorgie.
1973 Conférence-travaux pratiques sur channel 4 KABC, Expressions est-
ouest, «Bonsai Nature's Echo».

En plus de ces activités, John Naka a voyagé aux quatre coins des Etats-Unis, à Hollis,
New Hampshire, Miami, Floride, Seattle et Washington, aussi bien pour enseigner et di-
riger des ateliers que pour donner des conférences suivies de travaux pratiques, aux
nombreux élèves en art bonsaï.

John Naka a donné de nombreuses conférences et dirigé des travaux pratiques dans des
écoles du sud de la Californie, des églises, des clubs d'horticulture et des jardins botani-
ques. Il est également passé plusieurs fois à la télévision pour promouvoir le salon an-
nuel du bonsaï.

En 1971 et à nouveau en 1973, il a organisé un voyage de découverte du bonsaï au Ja-


pon. Au cours de ses voyages, il a pu rencontrer de nombreux maîtres et visiter leurs col-
lections. Par la suite, il a fait des exposés dans le monde entier sur l'art bonsaï, notam-
ment en Inde, en Afrique du Sud, en Espagne, en Allemagne et en Angleterre.

25 8
Diplômes d'honneur
Diplômes d'honneur

Deux diplômes d'honneur (A et B) remis à John Naka par le gouvernement japonais


pour son action en faveur des relations amicales entre le Japon et les Etats-Unis.

(A) Diplôme d'honneur remis le 23


mai 1960 par le ministre des Affaires
Etrangères, Shunichiro Fujiyama.

(B) Médaille d'honneur avec citation


reçue le 24 novembre 1967 du Prési-
dent de la Chambre d'Agriculture du
Japon, le Prince Norihito Takamatsu
et M. Eikichi Hiratsuka.

26 1
Ce diplôme d'honneur a été décerné le 20 mai 1972 par le «Supervisor» du comté de Los
Angeles: M. Ernest E. Debs.

262
Index alphabétique

A , ligaturer, 63-73, 145


, longueur, 25
Accessoires, 1,14 nombre, 21
Acide oscalique, 169 petites, 14
Alcalin, sol, 89, 116, 152, 179 position, 21, 22
Aiguilles, taille, 7, 55, 112 principales, 14
malades, 109, 152 taille, 42-46, 48, 50-52
Araignées rouges, 152 BUNJIN, 247-252
Arbres malades, 114 Burin, 240
persistants, 82-85, 134
Argile, 13 C
Arrosage, 55, 102, 110, 150, 167-181
Arrosoir, 9 Caduc, arbre à feuillage, 15, 74, 85, 113-115,
Atelier, bonsaï, 1 134, 135, 193, 223, 224
Attacher 100, 101 Cale, 8
Auxine, 13 Calendrier des soins, 167-185
Azalée, photo 8, 42, 215 California Bonsai Society, 257
California Museum of Science and Industrie,
B 257
Cambium, 193
Baguette de bambou, 6, 101 Carapace de tortue, 152
de fibre de verre, 6 Carences, 109, 152
Balai, forme en, 137 Cèdre de l'Atlas (photo 7)
Balayette, 7, 102 Cedrus altantica (photo 7)
Battue par les vents, forme, 153 Champignons, 114
Biographie, 255-257 Chêne (photo 6), 33, 132-133
BIWAKO, lac, 254 CHICHIBU, Mont, 252
Blessures 30, 81 CHOKKAN (photos 4, 5), 125
Boîte à outils, 12 Cicatrice, 34, 45, 46
Bonsaï, dimensions, 121 Cime, 14, 18-21, 131, 140, 157, 213
styles 123-124 Cimes défectueuses, 39-40
Bourgeons, taille, 48, 50-52 Cintreur, 6
Bouturage, 169, 172, 197 Cisaille, 3, 8, 9
Bouture, 180, 186-188 Ciseaux, 1, 8, 11
Branches, angle, 24 Cochenilles, 152
cassées, 79 Cognassier, 188
cicatrice, 45-46 Colle époxyde, 13, 240-241
défectereuses, 41 Conifères, 15, 48, 55, 74, 115, 188, 215, 223,
dimensions, 121 224
direction, 23-24 , taille, 111-113
dispositions, 223-226 Cordon, 13, 72, 240
distance, 23 Coupe, choix, 7, 8, 82-87, 149, 157, 216
fendues, 76, 79 Couteau à greffer, 3
formations, 1, 3, 78, 146 Croc, 7

26 3
Cyprès chauve (photos 4, 5) 32 pieuvre, 245
radeau, 227-231
D rupestre, 234, 244
semi-cascade, 157
Drainage, 96-98, 115, 152 FUKINAGASHI, style, 153
Fumure, 108, 150, 167, 181, 240
E
G
Eau, 104
excès, 116 Genévrier (photos 2, 9, 10, 11, 12, 13) 32, 37,
quantité, 102, 110 155,156,199-201
réserve, 9 Genévrier de Californie, fig. 82, 199, 215, 220
Ebourgeonnement, 48, 50-52, 177 , taille, 112, 220-221, 233
Ecorçage, 76 Gingko, 134
Ecorce, artificielle, 13 Ginba-sugi (photo 7)
, greffe, 46 Glycine (photo 3), 161
Effeuillage, 53 Goshin, forêt (photos 12, 13)
Emblème, v. préface Gouges, 10
Emondoir, 3 Granit décomposé, 89
Emplacement, 103, 115, 121 Grattoir (KUMADE), 6
v. aussi calendrier des soins Gravier, 99
Engrais, 106,-109 Greffage, 168-169, 172-173, 180, 186-188,
organiques, 88 192
v. aussi calendrier des soins en écusson, 3, 177, 193
Equilibre, 16 Grenadier (photo 16)
Erable, 72, 74, 188 Grillage, 8, 10, 197-198
Espèces, 90-95
Etagère (photo 1) H
F HAGORO-MATSU (photos 4, 5)
HAI-SHIMPAKU (photo 9)
Face avant, 86 HAN-KENGAI, style, 157
Farine, os, poisson, sang, 108, 150 HARI-SHIMPAKU (photos 9, 12, 13)
Faux, 8 Hauteur, bonsaï, 26
Feuilles, décoloration, 109, 152 Herbes, mauvaises, 7
, taille, 1, 53-55, 74, 113 HIEI, Mont, 254
Feuillus, 15,74,85,113-115,134,135,193, HIROSHIGE ANDO, 247
223, 224 HOKI-ZUKURI, style
Fibonacci, 16 HOKUSAI-KATSUSHIKA, 247
Fils métalliques, 63, 81 HORI-HORYU-JI, temple, 227
, retrait, 81, 146, 183 Hormones, 13
Forêt Goshin (photo 12) Huile, 14
mélangée, 223 Humus, 13
Formes, d'ancre, 252 Hygromètre, 11
arquée, fig. 87
branches, 26-28 I
canon de fusil, fig. 88
cascade, 157 If, 55, 113
cascade verticale, 158 IKADABUKI, style, 227
forestière, 215, 221-226 Insectes, 114
inversée, fig. 89 Insecticides, 167, 174, 176, 187
du Lettré, 246 ISHIZUKE, style, 234

26 4
J KABU-BUKI, 211
KABUDACHI, 211-214
Jabot de pigeon, fig. 86 KAME-NO-KO, 151-152
Japonais, vocabulaire KANE-NOTE-MATSU, 252
ALOI, 202, KASA-ZUKURI, 253
AIOI-NO-MATSU, 202 KASHU-SHIMPAKU, (photos 10, 11)
ARA-ISO, 237 KATADE-MOCHI, 121
ASHIRAIGI, 219 KENGAI, (photos 8, 9), 157-160
BONSAI-TANA, 103 KESHITSUBU, 122
BUNJIN, 85, 224, 247-254 KINKEI, 231
CHOKKAN, (photo 4), 125, 161, 254 KINPAI-KASHI, (photo 6)
CHOKKAN-KIHONGATA, 18 KOBOKU MOYOGI, (photo 6)
CHU-SHAKAN, 132 KOMONO, 121
CHUKEI, 231 KORABUKI, 211
CHUMONO, 121 KU, 222
CHUSHO-GATA-ISHI, 238 KUIKIRI, 2, 44, 45
DAI-KENGAI, 159 KUMADE, 6
DAI-SHAKAN, 132 MAE-EDA, 21
DANGAI-JEPPEKI-ISHI, 236 MAME, 122
DARUMA, 250 MATSU-ZUKURI, 135,136
ENKEI, 231 MEIGO, 221
FUKINAGASHI, 153 MEOTO-MATSU, 202
FUNA-GATA, 86 MIKI, 18
GAITO-KENGAI, 158 MINO-KAKE, 246
GIKKURI-MAGARI, 35 MORIN, 224
GINBA-SUGI, (photo 7) MOYOGI, (photos 5, 7), 140-142, 154, 162,
GOKAN, 211 207
GOSHIN, (photos 12, 13), 221 MUSHA-DATE, 211
GOZA-KAKE, 246 NANGA, 247
GYAKU-SOKAN, 204 NE-AGARI, 245
HACHI-UYE, 121 NEBARI, 18
HAGARI, 1 NETSURANARI, 227
HAGOROMO-MATSU, (photos 4, 5) NI-NO-EDA, 21
HAI-SHIMPAKU, (photos 2, 9) NIREKEYAKI, (photo 14)
HAN-KENGAI, 157,162 NIWA-GI, 121
HARI-SHIMPAKU, (photos 12,13) OMI-ZAKURO, (photo 16)
HATOMUNE, 34 OMONO, 121
HIN, 218 ROSOKU-ZUKURI, 134
HOKI-ZUKURI, 135,137 RYU, (photo 11)
ICHI-NO-EDA, 21 RYUSEI, 251
IKADA, 227 SABA-MIKI, 56, 62, 115, 127, 136
IKADA-UYE, 227 SAKASA-MIKI, 35
IKADABUKI, 227 SAN-NO-EDA, 21
IKADABUSE, 227 SANKAN, 211
IKADAZUKURI, 227 SANSHU-YAKI, (photo 10)
IKARI-JIN, 252 SHAKAN, 131,161
INSHO-GATA-ISHI, 238 SHAKAN-KOBOKU, 132
ISHIZUKE, 11, 86, 234-244 SHAKAN-MOYOGI, 141
ITO-KENGAI, 157 SHARI, 56, 60-61, 115, 129, 198
I WAYAMA, 237 SHIBUI, 85
JIN, 5,39,40,56-61,112,115,127,128,130, SHICHIKAN, 211
154, 198, 208 SHIDARE-ZUKURI, 161-166

26 5
SHIGARAKI, (photo 8) Ligaturage, 63, 174, 80, 175, 181
SHIMA-ISHI, 236 , branches, 63-73, 145, 147
SHIN, 18, 218 Litière pour chats, 89
SHINGI, 219 Longueur, bonsaï, 25
SHIZEN-ZUKURI, 135
SHO-SHAKAN, 131 M
SOEGI, 219
SOJU, 202 Maladies, 114
SOKAN, 202 Marcottage, 180, 195-197, 213
SUMIE, 254 Marteau, 11, 240
TAIWAN TSUTSUJI, (photo 8) Mastic, 13, 79, 101, 187, 198
TAKI-ISHI, 237 Médailles d'honneur, 262
TAKI-KENGAI, 157 Mélange de terres, 90-95
TAKO-ZUKURI, 245 Micocoulier, 33
TAMA-ZUKURI, 134 Mousse, 96, 102, 105
TAMABUCHI, (photo 15)
TAMA-YAKI, (photo 7) N
TEPPO-MIKI, 35
TOKONAME, (photos 4, 5, 6, 9, 10, 13, 14, NAKA, John Yoshio, 257
15,16) NARA, Japon, 227
TORA, (photos 10, 11) NIREKEYAKI (photo 14)
TSUKAMI-UYE, 224 NOH, Jeux, 123
USHIRO-EDA, 21
YAMA-FUJI, (photo 3) O
YAMAGATA, 236
YAMAYORI, 211 Oligo-éléments, 109
YAMAYOSE, 211 OMI-ZAKURO (photo 16)
YOIN, 215 Orèfice de drainage, 115-116
YOSE-UYE, 215 Orme (photo 14), 31, 74, 137,161,188, 188,215
YUMI-KAN, 34 Outillage, 1
JIN, 5, 39, 40, 56, 60, 61, 115, 127, 128, entretien, 14
308-311
Juniperus californica (photos 10, 11) P
chinesis (photos 12, 13)
squamata (photos 2, 9), 233 Papier émeri, 14
Parasites, 7, 104, 114-115, 152, 180, 198
Pépinière, 143
K Perceuse électrique, 11
Perspective, 231, 232
KABUDACHI, style, 211 Pilon, 11
KASHU-SHIMPAKU (photos 10, 11) Pin, 15, 76, 110-112, 188-189, 215
KENGAI, style (photos 8, 9) Pin blanc du Japon, 189
KINPAI-KASHI (photo 6) Pin, greffage, 189
KOSUKO-MOYOGI, style (photo 6) Pin hemlock, 113
KUIKIRI, tenaille, 2 Pin des Iles Canaries, fig. 95
KUMADE, grattoir, 6 Pin noir, fig. 95, fig. 302, 31, 38, 143, 189
rempotage, 150
soins, 150
L taille, 150-152
transformations, 151
Largeur, bonsaï, 25 Plantation, 99-100
LETTRÉ, style, 247-252 Plantation forestière, 215

266
groupée, 215-226 SHIDARE-ZUKURI, 161
mixte, 223 SOJU, style, 202
Plants, 186, 198 SOKU, style, 202
, choix, 15, 143, 144, 186, 198-201, 215 Styles, liste, 23, 124
Plateau tournant, 8 de base, 15
Plombs de pèche, 11, 240 forestier (photos 13, 14)
Podocarpe, 113 pleureur, 161, 166
Poinçon, 11 rupestre, 86
Port pleureur, 161-166 tronc double (photo 12)
Pousses, taille, 48 tronc multiple, 211-214, 227
Présentoir, 103 tronc torsadé (photo 16)
Proportions, 16-17, 25-26 Sulfate d'ammoniac, 152
Pucerons, 152 Symétrie, 16
Punica granatum (photo 16)
T
Q
Table tournante, 8
Quercus chrysolepsis (photo 6) Taille, 110, 169, 170, 173, 175, 179, 181
aiguilles, 55, 111, 148
R branches, 1, 42, 43, 48-51
feuilles, 55, 111, 148
, Racines, 14, 18, 29-31 racines, 1, 47
grosseur, 30 TAIWAN-TSUTSUJI (photo 8)
intéressantes, 31-33 Tamaris, 162
longueur, 234, 235 TAMBA-YAKI, coupe (photo 7)
taille, 47 Tamis, 10
Rameaux, taille, 48, 105 Tamisage, 10, 88
Raphia, 13, 72, 79, fig. 182 Tatami, 121, 246
Rejets, 113 Tenaille, 22
Rempotage, 97, 101, 114, 117-120, 167, 169, , KUIKIRI, 44-45
171, 173, 176, 177, 179, 181, 186 Terre, 10
, tableau, 117-119 acide, 108, 109
Réserve d'eau, 9, 104 changement, 6, 7, 18, 101, 114, 117, 119
Résine d'arbre, 13 mélange, 88, 96, v. aussi tableau
Rhododendron indicum (photo 8) usée, 101, 114
Rocher, 235 Tigre, année (photo 10)
Rouille, 14 Toile, 13
Ruban adhésif, 13 TOKONAME, coupe (photos 3, 5, 6, 9, 10,
Rupestre, forme, 234 13)

s
Tora (photo 10)
Tourbe, 10, 89, 116, 193
Troène (photo 15)
SABAMIKI, 56, 62, 115, 127, fig. 274 en dents de scie, fig. 90
Sable, 10, 89, 90, 96, 114, 187, 188, 193, 198, Troncs défectueux, 34
240 doubles (photo 12)
Salin, sol, 89 intéressants, 37-38
Scie, 3 jumeaux, 202, 210
Sécateur, 1, 3 , raccourcir, 193
Section concave, 2 Truelle, 6, 102
Section d'or, 15 TSUKAMI-UYE, style, 224
SHAKAN, style, 131
SHANSHU-YAKI, coupe (photo 10)

26 7
U w
Ulmus parvifolia (photo 14) Wisteria brachybotrys (photo 3)
UME, préface

V Y

Vaporiser, 114 YAMA-FUJI (photo 3)


v. aussi calendrier des soins 167, 174, 176, 180 YOSE-UYE, style, 215
Vieillissement artificiel, 56
Vitamine B, 13, 102, 198

26 8