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Partie1 : les concepts économiques de base

III- Les limites des agrégats de la comptabilité nationale

Document : PIB, le compte n’est plus bon !

… Le PIB rend aussi de grands services. Somme des valeurs ajoutées de toutes les unités productives sur un territoire
donné, il renseigne sur la manière dont la richesse monétaire est générée utilisée et répartie. Le PIB et plus largement,
la comptabilité nationale sont donc des outils indispensables pour comprendre le fonctionnement d’une économie et
conduire une politique économique. Pour autant, le prix d’un bien ou d’un service ne dit pas tout de sa valeur.
D’abord, la valeur monétaire n’est pas la valeur d’usage : 100 Dhs pour un pauvre est plus utile qu’à un riche, mais sa
valeur reste la même (le PIB ne dit rien de la répartition de la richesse). Le PIB exclut ainsi tout ce qui n’a pas de prix
et qui contribue pourtant au bien être individuel et collectif, le travail domestique, les activités citoyennes… aussi le
PIB ne tient pas compte aux dégâts qu’on peut procurer à l’environnement au cours de processus de production, il ne
tient compte non plus du « service » rendu par une mer, un beau foret ou un climat agréable, ainsi le PIB repose sur les
déclarations des acteurs économiques à l’administration fiscale, mais pour le secteur informel échappent de l’analyse
de la comptabilité nationale…

Source : Alternatives Economiques n°283 septembre 2009

 A partir du document au-dessus déduire les limites de la comptabilité nationale

Exploitation :
Comme toute mesure globale, les agrégats ne fournissent qu’une évaluation imparfaite de la production et du revenu.
Ce qui réduit la pertinence de la comptabilité nationale.
1) – Non saisie du travail domestique :
La comptabilité nationale ignore la création de richesse provenant du travail effectué par les ménages pour eux-mêmes
(bricolage, jardinage, garde d’enfant…) puisque celui-ci ne donne pas lieu à aucun échange monétaire.
2) – Ignorance de l’économie parallèle :
Si la connaissance des activités productive repose sur les déclarations des acteurs économiques (à l’administration
fiscale), les activités parallèles (dénommés « souterraines » ou encore « de l’ombre ») échappent par nature à toute
saisie comptable (travail au noir, trafic de drogue,…).
3) – Difficile prise en compte des nuisances :
La comptabilité nationale prend en considération les nuisances collectives (pollution, bruit,…) dans le calcul du PIB.
Or en réalité, la production engendrée par ces nuisances ne doit pas être pris en considération dans le calcul du PIB.
Exemple:
Soit une usine fabriquant des produits chimiques la valeur ajoutée est évaluée à 1000 unités monétaires. Comme la
production entraîne des dégâts sur l’environnement immédiat, la ville et la région engagent alors un programme de
dépollution d’une valeur de 200 unités monétaires (salaires, achat de matériel).
- La comptabilité nationale retient donc 1200 de valeur créée (1000 + 200)
- Dans la réalité, les 200 dépensés par la collectivité ne servent qu’à réparer les « dégâts du progrès »
- La richesse collective nette devrait être alors de 800 (soit 1000 – 200).
4)- Limite concernant le bien être sociale :
D’une part, le PIB est un indicateur monétaire qui ne tient pas compte des inégalités de répartition. Ainsi, deux pays à
population identique pourraient atteindre le même PIB avec pour l’un, la concentration de la richesse autour d’une
classe moyenne très importante, et pour l’autre une répartition inégale entre une minorité très aisée et une majorité très
pauvre. Cette moyenne statistique (le PIB/habitant) est donc muette sur les conditions réelles de vie des habitants.
D’autre part, le PIB ne dit rien sur la répartition sociale (l’étendue des services publics par exemple), sur les conditions
de scolarisation, sur l’espérance de vie, tous éléments indispensables au bien-être de la population.
Le PIB mesure donc la richesse totale produite par l’activité économique sur un territoire mais ne permet pas de
conclusion sur le mode de vie réel de la population. Le PIB n’est pas le « BIB » (bonheur intérieur brut).

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