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En matière économique, la régulation désigne l’ensemble des actions qui contribuent à la


stabilisation du système socio-économique qui règne dans la société. Autrement, il s’agit
d’un ensemble de mesures qui font face aux déséquilibres.
La régulation peut se réaliser par le marché ou par l’intervention de l’Etat.

I : La régulation par le marché


Dans une économie de marché, la régulation de l'activité économique est assurée
principalement par des mécanismes de marché (la loi de l’offre et de la demande) qui
maintiennent le système en équilibre.
A : Le marché de concurrence pure et parfaite
1 : La détermination de l’équilibre sur le marché de CPP
Le tableau suivant représente la variation de l’offre et de la demande en Kg en fonction du
prix sur un marché concurrentiel de tomates :
Prix du Kg de Quantité Quantité
tomates en DH offerte demandée
2,5 800 1550
3 1000 1350
3,5 1200 1200
5 1500 1000
7 1800 850

1 : Présentez sur le même graphique les courbes d’offre et de demande (quantités en


abscisse et prix en ordonnées).
2 : Déterminez le prix et la quantité d’équilibre.
3 : Quels sont les sens de variations de l’offre et de la demande en fonction du prix ?
4 : Que se passera t-il si le prix d’un Kg de tomates est fixé à 5 DH ?

Equilibre du marché

8
7
6
5
Demande
Prix

4
Offre
3
2
1
0
800 1000 1200 1500 1800
Quantité
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2 : L’équilibre du marché est réalisé lorsque la quantité demandée par les consommateurs et
égale à celle offerte par les entreprises (prix = 3,5 ; quantité = 1200), le prix correspondant à
cette situation est appelé : prix d’équilibre.
3 : L’offre est une fonction croissante du prix, si le prix augmente la quantité offerte
augmente et vice versa.
La demande est une fonction décroissante du prix, si le prix augmente la quantité demandée
diminue et vice versa.

4 : Si le prix d’un Kg de tomates est fixé à 5 DH, à ce prix la quantité offerte (1 500 Kg) est
largement supérieure à la quantité demandée (1 000 Kg). Le marché est en situation d’offre
excédentaire et les tomates restent en stock dans les magasins. Alors les entreprises seront
amenées à baisser leur prix afin d’accroître leurs ventes. Et au fur et à mesure que le prix
baissera, de nouveaux consommateurs achèteront des tomates. Progressivement ce prix va
atteindre le niveau auquel offres et demandes vont s’équilibrer à 3,5 DH.
Ce mécanisme de réalisation de l’équilibre du marché s’appelle la loi de l’offre et de la
demande. Ainsi, la loi de l’offre et de la demande est un mécanisme de marché selon lequel
toutes les variations de l’offre et de la demande entraînent des variations relatives de prix qui
permettent d’établir un nouvel équilibre entre offre et demande.

2 : Maximisation du profit sur le marché de CPP


Une firme sur un marché concurrentiel, comme de nombreuses firmes dans l’économie,
essaie de maximiser son profit qui est égal à sa recette totale (P x Q) moins son coût total.
Comme sur les marchés de CPP l’entreprise ne peut pas influencer le prix du marché, elle le
prend comme une donnée et maximise son profit en fixant le niveau de production (la
quantité produite).
La laiterie « Bonlait » se trouve sur un marché concurrentiel du lait où le prix d’équilibre est
de 6 DH le litre. Son coût total de production en fonction de la quantité produite se
présente dans le tableau suivant :
Quantité Coût total Coût Coût Recette Profit total
offerte marginal moyen totale (RT-CT)
CT/Q (PxQ)
0 3 - - 0 -3
1 5 2 5 6 1
2 8 3 4 12 4
3 12 4 4 18 6
4 17 5 4,25 24 7
5 23 6 4,6 30 7
6 30 7 5 36 6
7 38 8 5,43 42 4
8 47 9 5,88 48 1
1 : Complétez le tableau.
2 : Quelle quantité devra-t-on produire pour maximiser le profit ?
3 : Présentez sur le même graphique le coût marginal, le coût moyen et le prix en fonction
de la quantité offerte.

Le coût marginal est le coût de la dernière unité produite, il correspond à la variation du coût
total par rapport à la variation de la quantité produite :
CT CTn  CTn1
Coût marginal  
Q Q n  Q n 1
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Le premier litre du lait rapporte une recette marginale de 6 DH (qui correspond au prix pour
les entreprises du CPP) et il a un coût marginal de 2 DH et donc la production de ce litre
augmentera le profit de 4 DH. Le deuxième litre du lait procure une recette marginale de 6
DH et il a un coût marginal de 3 DH, alors la production de ce litre augmentera le profit de 3
DH.
L’entreprise continuera d’accroître sa production tant que le coût marginal ne dépasse pas la
recette marginale (prix du marché).
Le profit maximal est de 7 DH et correspond à une quantité produite de 5 litres.

On peut conclure donc, qu’une entreprise sur un marché concurrentiel maximisera son profit
en produisant la quantité pour laquelle le coût marginal est égal au prix du marché.

A B
Surface du profit maximum

D C

La surface du rectangle ABCD représente le profit maximum de l’entreprise, avec :


 B : le point d’intersection du coût marginal et du prix ;
 C : le coût moyen correspondant au point au point B ;
 A : le point de projection de B sur l’axe des ordonnées ;
 D : le point de projection de C sur l’axe des ordonnées.
La surface du rectangle ABCD est AB x BC = 5 x (6 – 4,6) = 7

B : Le marché de monopole
Une entreprise en situation de monopole dispose d’un pouvoir sur son marché, il influence
son prix en fonction de la quantité offerte. Cependant, ce pouvoir n’est pas absolu, car une
augmentation de prix implique une diminution de la demande du produit.
L’entreprise cherchera le prix qui maximisera son profit, qui correspond, comme le cas de la
concurrence pure et parfaite, à l’égalité entre recette marginale et coût marginal.
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Soit une ville avec un seul fournisseur d’eau. Le tableau suivant met la liaison entre la
quantité produite en m3, le coût total et le prix unitaire en dirhams.
Quantité Coût Prix Coût Coût Recettes Recettes Profit
produite total unitaire marginal moyen totales marginales total
0 7 11 - - - - -
1 11 10 4 11,00 10 10 -1
2 14 9 3 7,00 18 8 4
3 16 8 2 5,33 24 6 8
4 20 7 4 5,00 28 4 8
5 25 6 5 5,00 30 2 5
6 31 5 6 5,17 30 0 -1
7 38 4 7 5,43 28 -2 -10
8 46 3 8 5,75 24 -4 -22
1 : Complétez le tableau. 2 : Quelle quantité devra-t-on produire pour maximiser le profit ?
3 : Présentez sur le même graphique le prix unitaire, coût marginal, le coût moyen et la
recette marginale en fonction de la quantité.

Le profit maximum est de 8, c’est la situation où s’égalise recette marginale et coût marginal
(Rm = Cm = 4). L’entreprise doit fixer un prix de 7 DH qui correspond à une demande 4 m3.

A B
Surface du profit maximum

D C

La surface du rectangle ABCD représente le profit maximum de l’entreprise, avec :


 B : le point d’équilibre (quantité d’équilibre, prix d’équilibre) ;
 C : le coût moyen correspondant au point au point B ;
 A : le point de projection de B sur l’axe des ordonnées ;
 D : le point de projection de C sur l’axe des ordonnées.
La surface du rectangle ABCD est AB x BC = 4 x (7 – 5) = 8
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II : Le dysfonctionnement du marché
A : Dysfonctionnement du marché des biens et services : L’inflation

1 : La mesure de l’inflation
1.1 Les indices synthétiques
Exemple : Le tableau suivant représente la consommation mensuelle du lait, du sucre et de
l’huile pour un ménage en 2007 et en 2012 :
2007 2012 P0 x Q0 P1 x Q0 P1 x Q1 P0 x Q1
P0 Q0 P1 Q1
Lait (l) 5,80 20 6,40 24 116 128 153,6 139,2
Sucre(Kg) 11 10 12 13 110 120 156 143
Huile (l) 9 8 13 9 72 104 117 81
Total 298 352 426,6 363,2
P0 : Les prix de l’année de base Q0 : Les quantités de l’année de base
P1 : Les prix de l’année actuelle Q1 : Les quantités de l’année actuelle

L’indice synthétique, est à la différence de l’indice simple, permet de suivre l’évolution


globale de plusieurs variables à la fois.
1.1.1: Les indices de Laspeyers
Laspeyers utilise comme pondération les quantités et les prix de l’année de base.

L’indice des prix de Laspeyers : LP1 / 0 


 PQ 1 0
x100
P Q 0 0
Cet indice permet de mesurer l’évolution des prix entre deux périodes en les pondérant par
les quantités de l’année de base.
Pour l’exemple, l’indice Laspeyers des prix : (352/298) x1 00 = 118,12
Les prix des produits ont augmenté de 18,12 % en 2012 par rapport à 2007.
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L’indice des quantités de Laspeyers : LQ1 / 0 


Q P 1 0
x100
Q P 0 0
Cet indice permet de mesurer l’évolution des quantités consommées entre deux périodes en
les pondérant par les prix de l’année de base.
Pour l’exemple, l’indice Laspeyers des quantités : (363,2/298) x 100 = 121,88
Les quantités consommées par ce ménage ont augmenté de 22,01 % en 2012 par rapport à
2007.
1.1.2 : Les indices de Paasche
Paasche utilise comme pondération les quantités et les prix de l’année actuelle.

L’indice des prix de Paasche : PP1 / 0 


 PQ1 1
x100
P Q0 1
Cet indice permet de mesurer l’évolution des prix entre deux périodes en les pondérant par
les quantités de l’année actuelle.
Pour l’exemple, l’indice Paasche des prix : (426,6/363,2) x 100 =117,45
Les prix des produits ont augmenté de 17,45 % entre 2007 et 2012.

L’indice des quantités de Paasche : PQ1 / 0 


Q P 1 1
x100
Q P 0 1
Cet indice permet de mesurer l’évolution des quantités consommées entre deux périodes en
les pondérant par les prix de l’année actuelle.
Pour l’exemple, l’indice Paasche des quantités : (426,6/ 352) x 100 = 121,19
Les quantités consommées ont augmenté de 21,19 % entre 2007 et 2012.
1.1.2 : L’indice de Fisher
L’indice de Fisher représente la moyenne géométrique des indices de Laspeyres (L) et de
Paasche (P) : F  LxP
1.2 : L’indice des prix à la consommation
Document 1 : L’IPC au Maroc : une mesure de l’inflation.
Les prix de la plupart des biens et services augmentent avec le temps. L’augmentation générale
et durable des prix s’appelle l’inflation. Cette inflation cause une perte de pouvoir d'achat : 1 000
dirhams aujourd'hui achètent moins de produits qu'il y a 10 ou 20 ans.
Le niveau général des prix est généralement mesuré par l’indice des prix à la consommation
(IPC). Pour calculer cet indice, on pondère les prix par des quantités de ces produits. Ces
quantités doivent refléter les achats de biens et services par un consommateur moyen. Comme
les habitudes des consommateurs changent et plusieurs nouveaux produits apparaissent alors
que d'autres disparaissent, il faudrait réviser régulièrement la composition du panier-type du
consommateur moyen.
La dernière révision de l’indice a été effectuée, par la direction de la statistique, en 2009. L’IPC
(base 100 : 2006) remplace l’indice du coût de la vie (base 100 : 1989).
Cet indice concerne la même population de référence que le précédent à savoir la population
urbaine dite «Modeste».
Cet indice mesure l’évolution relative des prix de détail dans le temps et dans l’espace. Le
panier de l’indice contient désormais 478 articles et 1067 variétés de produits représentant
l’essentiel des produits consommés par la population de référence. Ces articles sont classés en
12 groupes.
Les prix sont relevés à l’aide d’une enquête permanente dans 17 des principales villes du
Royaume, à savoir : Agadir, Casablanca, Fès, Kenitra, Marrakech, Oujda, Rabat, Tétouan,
Méknès, Tanger et Laâyoune, Al Hoceima, Settat, Béni Mellal, Safi, Guelmim et Dakhla.
La formule de calcul de l’indice est celle de « Laspeyres en chaînes». Cette nouvelle formule
nous offre la possibilité d’actualiser en continu le panier et les coefficients de pondération.
Les coefficients de pondération de l’IPC sont calculés sur la base des données de l’enquête
nationale sur la consommation et les dépenses des ménages de 2001. Les coefficients de
pondération des douze divisions de la nomenclature des biens et services ont été actualisés par
les données de l’enquête sur les revenus et les niveaux de vie des ménages de 2007.
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Document 2 : Indice des prix à la consommation (Base 100 en 2006)


Année Pondération 2008 2009
Indice général 100 106,36 107,39
Produits alimentaires et boissons
non alcoolisées 39,3 112,3 113,3
Boissons alcoolisées et tabacs 2,2 104,6 108,2
Articles d'habillement et
chaussures 3,9 102,8 103,8
Logement, eau, électricité et
autres combustibles 14,8 103,0 103,8
Meubles, articles de ménages et
entretien courant du foyer 4,9 103,4 105,4
Santé 5,5 101,0 101,9
Transport 11,4 103,0 103,2
Communication 3,5 95,7 91,4
Loisirs et culture 2,2 98,4 97,8
Enseignement 3,9 104,8 110,5
Restaurants et hôtels 2,9 104,7 106,6
Biens et services divers 5,5 103,1 105,2
www.hcp.ma

1 : Définissez les termes soulignés dans le document 1.


2 : Précisez, à partir du document 1, comment mesure-t-on l’évolution des prix ?
3 : Lisez les chiffres soulignés dans le document 2.
4 : Calculez l’IPC2008 et l’IPC2009.
5 : Déduisez le taux d’inflation de 2009.

3,9 : Les consommateurs marocains consacrent, en moyenne, 3,9 % de leurs dépenses aux
articles d’habillement et chaussures.
103,4 : Les prix du transport ont augmenté de 3,4 % en 2008 par rapport à 2006.
91,4 : Les prix de communication ont baissé de 8,6 % en 2009 par rapport à 2006.

Taux d’inflation
L’indice des prix à la consommation est un indice Laspeyres des prix (base 100 en 2006)
mesurant l’évolution des prix d’un panier-type d’un consommateur marocain moyen.

IPC2008 = [(112,3 x 39,3) + (104,6 x 2,2) + (102,8 x 3,9) + (103 x 14,8) + (103,4 x 4,9) + (101
x 5,5) + (103 x 11,4) + (95,7 x 3,5) + (98,4 x 2,2) + (104,8 x 3,9) + (104,7 x 2,9) + (103,1 x
5,5)]/100
IPC2008 =106,36
IPC2009 = [(113,3 x 39,3) + (108,2 x 2,2) + (103,8 x 3,9) + (103,8 x 14,8) + (105,4 x 4,9) +
(101,9 x 5,5) + (103,2 x 11,4) + (91,4 x 3,5) + (97,8 x 2,2) + (110,5 x 3,9) + (106,6 x 2,9) +
(105,2 x 5,5)]/100
IPC2009 =107,39

Le taux d’inflation correspond au taux de variation de l’IPC entre deux dates. Si l’indice est
106,36 en 2008 et 107,39 en 2009, le taux d’inflation de l’année 2009 est :

IPC 2009 IPC 2008 ...........................................


Taux d' inflation 2009  x100  x100
IPC 2008 ...........................................

Le taux d’inflation de 2009 est de 0,97 %.


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2 : Définition de l’inflation
L’inflation désigne une hausse des prix durable, généralisée et auto-entretenue.
Durable : On ne parle pas d’inflation si les prix augmentent à une certaine date puis restent
stables pendant de longs mois, la hausse des prix doit être durable. Par exemple, la hausse
des prix des tomates durant le ramadan ne peut être considérée comme inflation.
Généralisé : Lorsque les prix de quelques biens augmentent il n’y a pas forcément
d’inflation, l’inflation correspond à la hausse des prix de la plupart des biens et services.
Auto-entretenue : C’est une hausse des prix qui entraîne une autre hausse des prix. Par
exemple, l’augmentation du prix du pétrole entraîne l’augmentation des prix du transport qui
entraîne à leur tour la hausse des prix des produits alimentaires,…etc.
3 : Types d’inflation
Il existe plusieurs catégories d’inflation en fonction de son taux :
Inflation rampante : C’est une inflation maîtrisée par les pouvoirs publics, son taux est
inférieur à 5 %.
Inflation déclarée ou ouverte : C’est une inflation dont le taux est compris entre 5 % et 10 %.
Inflation galopante : C’est une inflation à deux chiffres (plus de 10 %).
Hyper inflation : C’est lorsque l’inflation dépasse 50 % l’an.

Remarque : L’inflation est à distinguer d’autres phénomènes qui affectent aussi le niveau
général des prix à savoir :
 La désinflation : elle désigne la baisse du taux d’inflation : par exemple le taux
d’inflation passe de 5 % à 3 %.
 La déflation : c’est la baisse du niveau général des prix c’est l’opposé de l’inflation.
 La stagflation : c’est une situation dans laquelle coexistent un taux d’inflation élevée
et une faible croissance accompagnée d’une hausse du chômage : on a donc à la
fois stagnation et inflation.

4 : Les causes de l’inflation


4.1 : Les causes conjoncturelles
L’inflation monétaire

La théorie quantitative de la monnaie a, depuis longtemps, établi un lien entre la quantité de


monnaie en circulation et le niveau général des prix. Cette approche est reprise à partir des
années 1950 par M. Friedman (prix Noble d’économie en 1976) dans le cadre du monétarisme.
Pour Friedman, « la cause de l’inflation est toujours et partout la même : un accroissement
anormalement rapide de la quantité de monnaie par rapport au volume de la production ». C’est
donc le laxisme des autorités monétaires qui constitue la cause permissive de l’inflation. Par
conséquent, pour lutter contre l’inflation, il faut assurer la croissance à taux constant de la masse
monétaire. La quantité de monnaie doit croître à taux constant pour ne pas perturber les
anticipations des agents et parce que les autorités monétaires doivent interdire toute politique
discrétionnaire. La croissance de la quantité de monnaie doit correspondre au taux de
croissance en volume à long terme de la production. De sorte que, la production et la quantité de
monnaie s’accroissant au même rythme, le niveau général des prix est stable.
ème
Economie, 4 édition, Beitone, Alain, 2009.
1 : Quelle est la cause de l’inflation d’après le document ?
2 : Que doivent faire les autorités monétaires pour garantir la stabilité des prix ?

1 : L’inflation est due à un accroissement rapide de la quantité de monnaie par rapport au


volume de production.
2 : Pour garantir la stabilité des prix, les autorités monétaires doivent fixer un taux
d’accroissement de la monnaie correspondant au taux de croissance du volume de la
production.

L’inflation par la monnaie est causée, alors, par une croissance rapide de la masse
monétaire en circulation plus élevée que la croissance du volume de la production.
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L’inflation par les coûts


L’idée directrice de l’explication de l’inflation par les coûts de production est que celle-ci provient
d’une croissance de la rémunération des facteurs de production supérieure à celle de leurs
productivités. Cette hausse incite les chefs d’entreprise à relever les prix de leurs produits offerts
aux entreprises et aux ménages, qui tendront à nouveau à élever leurs prix ou à revendiquer de
nouvelles hausses de rémunération. Ainsi, de proche en proche, se crée et s’entretient le
processus inflationniste, permis par l’accroissement de la demande engendré par celui des
revenus et facilité par la création de monnaie et de crédit.
www.etnoka.fr
1 : Quelle est la cause d’inflation par le coût ?
2 : Montrez comment la hausse des coûts de production peut entraîner une spirale
inflationniste prix-salaire ?
On parle d’inflation par les coûts lorsque les entreprises qui supportent une hausse de leurs
coûts de production (hausse des salaires, hausse des prix des matières premières …)
répercutent ces hausses sur les prix afin de sauvegarder leurs marges. L’inflation par les
coûts peut être une inflation importée lorsqu’elle résulte d’une augmentation du coût des
produits importés. (Réponse à la question 1)
On peut entrer dans une spirale inflationniste prix-salaires si les revendications salariales
entraînent une hausse des salaires qui causent une hausse des prix qui causent une hausse
des salaires et ainsi de suite. (Réponse à la question 2)

L’inflation par la demande


Cette inflation peut résulter d’un excès de la demande (une demande supérieure à l’offre) qui
conduit à un déséquilibre sur le marché des biens et services ce qui pousse les prix à la
hausse pour retrouver le point d’équilibre entre l’offre et la demande.
Cette inflation par la demande peut résulter de : l’augmentation des dépenses publiques,
l’augmentation des crédits à la consommation …

4.2 : Les causes structurelles


Les structures économiques
Dans une économie caractérisée par une présence massive des monopoles et des
oligopoles on peut avoir une forte inflation, car ces entreprises ont un pouvoir sur le marché
et peuvent augmenter les prix.

Les causes sociologiques


Ce type d’inflation résulte de la compétition entre les groupes sociaux pour le partage de la
valeur ajoutée.
Par exemple, si les agriculteurs entraînent une hausse des prix agricoles après quelques
manifestations. Il va en découler une hausse des prix des produits alimentaires qui va
déclencher des revendications en faveur de la hausse des salaires, ces hausses des
salaires augmentent les coûts des entreprises qui augmentent leurs prix de vente, etc. on
entre dans une spirale inflationniste.

5 : Les conséquences de l’inflation


Conséquences économiques Conséquences sociales
Réduction des exportations car les produits Baisse du pouvoir d’achat : l’inflation causse
nationaux deviennent plus chers et moins la diminution du pouvoir d’achat des
compétitifs ; titulaires de salaires fixes (salaires, loyers) et
Dépréciation de la valeur de la monnaie ; favorise les titulaires des revenus variables
Découragement de l’épargne : on peut (profits et dividendes).
même avoir un taux d’intérêt réel négatif, si
le taux d’inflation est supérieur au taux
d’intérêt.
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B : Dysfonctionnement du marché du travail : Le chômage


1 : Mesure du chômage
Le taux de chômage est mesuré par la formule suivante :
Population en chômage
Taux de chômage en %  x100
Population active totale

Population selon le sexe, le type d'activité et le milieu de résidence au premier trimestre


2011 :
Postes Actifs occupés Chômeurs Inactifs Ensemble
Masculin 7748397 738820 7290474 15777691
Féminin 2801088 297624 13183003 16281715
Ensemble 10549485 1036444 20473477 32059406
Urbain 5296379 808651 12490536 18595566
Rural 5253106 227793 7982941 13463840
15 ans – 24 ans 1872969 393144 4074603 2928417
Source : hcp.ma
Calculez les taux de chômage suivant : global, par milieu de résidence, par sexe, pour la tranche
d’âge de 15 ans à 24 ans.

Population en chômage
Taux de chômage = x100
Population active
1036444
Taux de chômage = x100  8,95%
1036444 + 10549485
Taux de chômage urbain = (population urbaine en chômage/population active urbaine) x 100
808 651
Taux de chômage urbain = x100  13,25%
808 651 + 5 296 379
Taux de chômage rural = (population rural en chômage/population active rurale) x 100
227793
Taux de chômage rural = x100  4,16%
227793 + 5253106
Taux de chômage féminin = (femmes en chômage/population active féminine) x 100
297624
Taux de chômage féminin = x100  9,6%
297624 + 2801088
Taux de chômage masculin = (homme en chômage/population active masculine) x 100
738820
Taux de chômage masculin = x100  8,71%
738820 + 7748397

393144
Taux de chômage (15-24 ans) = x100  17,35%
393144 + 1872969

Caractéristiques du chômage au Maroc :


 Les femmes sont plus touchés que les hommes ;
 Le milieu urbain est plus touché que le milieu rural ;
 Les jeunes de 15 ans à 24 ans sont plus touchés que le reste de la population ;
 Les diplômes sont plus touchés que les sans diplômes.
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2 : Définitions du chômage
Au sens du Haut Commissariat au Plan (HCP) (Direction de la Statistique)
La population active en chômage est constituée des personnes âgées de 15 ans et plus, qui
n'ont pas une activité professionnelle et qui sont à la recherche d'un emploi.
Au sens du Bureau International du Travail (B.I.T)
D’après le Bureau international du travail, est chômeur toute personne qui :
 est sans un emploi et n’ayant exercé aucune activité rémunérée durant la semaine
précédent l’enquête ;
 est disponible pour travailler dans les 15 jours ;
 cherche un travail rémunéré.

3 : Causes du chômage
Stagnation de La pression des salaires, les taux d’intérêts réels élevés, la crise
l’investissement et la de confiance des ménages et des entreprises expliquent en partie
faiblesse de la la faiblesse de la demande globale et l’augmentation du chômage
demande intérieure
Inadaptation des Il s’agit d’un décalage entre les qualifications disponibles des
offres et des offreurs de travail et celles demandées par les entreprises.
demandes de travail Exemple : Inadaptation des formations universitaires classiques
au marché du travail au Maroc.
La rigidité des Les salariés refusent des salaires inférieurs au SMIG ou au
salaires SMAG, ce qui empêche la réalisation de l’équilibre sur le marché
du travail.
Les changements Les nouvelles technologies suppriment des emplois dans certains
technologiques secteurs (automobile, industrie lourde…) : il s’agit de la
substitution du capital au travail.
La concurrence Les investisseurs se dirigent vers les pays à faible coûts de
internationale production (salaires faibles, taux d’imposition faible …).
L’évolution L’activité des femmes, les mouvements migratoires, le taux de
démographique natalité élevé sont des facteurs parfois responsables du chômage.

4 : Les formes du chômage


Chômage ce type de chômage lié à un ralentissement de l'activité économique. Il
conjoncturel est temporaire et disparaît en période d’expansion.

Chômage ce type de chômage est durable, il est dû à la faible croissance


structurel économique et à l’incapacité de l’appareil productif de créer
durablement des emplois.
Chômage il est dû au progrès technique, il résulte de la substitution du capital au
technologique travail.
Chômage ou chômage de transition, désigne le chômage lié à la courte période
frictionnel d'inactivité qui sépare deux emplois.
Chômage Il est dû à une interruption du processus technique de production dans
technique une entreprise (baisse d’activité, panne de machines…).

5 : Les conséquences du chômage


Sur le plan individuel Sur le plan socio-économique global
Perte de revenu et du pouvoir Manque à gagner pour les organismes sociaux ;
d’achat ; Baisse de la demande suite à la baisse du pouvoir
Sentiment d’exclusion et de d’achat ;
marginalisation par la société. Déstabilisation social : développement des crimes,
perte de confiance dans l’efficacité du gouvernement.
Partie II : Intervention Etatique Page 12/27 @ DAABAJI

La crise de 1929 a montré que la régulation de l’activité économique par le marché renferme
beaucoup de limites, c’est pourquoi le recours à l’intervention de l’État s’avère très souvent
déterminant pour maintenir les équilibres macro-économiques.
Cette régulation de l’économie par l’Etat se fait par l’intermédiaire de la politique
économique. Les moyens d’intervention de l’État dans la sphère économique reposent sur
un certain nombre de moyes dont les plus importants sont la politique budgétaire et la
politique monétaire.

I : Notions et objectifs de la politique économique


Les politiques économiques regroupent un ensemble d’objectifs et d’instruments par lesquels
les pouvoirs publics cherchent à agir sur les variables économiques.
On distingue généralement les politiques conjoncturelles et les politiques structurelles.
Les politiques conjoncturelles sont des politiques ayant pour but de faire face à l’ensemble
des variations à court terme de l’activité économique. Elles peuvent se fixer différents objectifs
qui peuvent être complémentaires ou contradictoires : une croissance élevée du PIB, le plein
emploi, la stabilité des prix et l’équilibre extérieur.
Les politiques structurelles sont des politiques qui portent sur l’évolution à long terme de
l’économie et de ses structures (politiques sociales, industrielles, politique d’aménagement du
territoire…).
Economie 4e édition Auteur : Beitone, Alain
Editeur : Dalloz, 2009
1 : Donnez une définition des politiques économiques.
2 : Distinguez entre les politiques conjoncturelles et les politiques structurelles.

A : Définition des politiques économiques


Les politiques économiques regroupent l’ensemble des instruments utilisés par les pouvoirs
publics (l’Etat) pour atteindre certains objectifs se rapportant à la situation économique et
sociale du pays : une croissance élevée du PIB, le plein emploi, la stabilité des prix et
l’équilibre extérieur.

B : Types de politiques économiques


On distingue deux grands types de politiques économiques : les politiques conjoncturelles et
les politiques structurelles.
La politique conjoncturelle : elle vise à orienter dans le court terme l’activité économique
dans le sens souhaité par les pouvoirs publics dans les domaines de la monnaie, des
dépenses publiques, des prix et des salaires, afin de maintenir ou de rétablir les grands
équilibres macroéconomiques.
La politique structurelle : il se préoccupe du long terme et vise à agir sur les structures
économiques du pays, le fonctionnement des différents marchés. Il s’agit d’agir pour
transformer le mode de fonctionnement du système économique. Exemples : les grands
projets d’infrastructure (autoroutes, aéroports, TGV…), les grands travaux d’équipements
touristiques (hôtels, sites touristiques …), travaux pour mettre fin à l’habitat insalubre.

C : Objectifs des politiques économiques


1 : Présentation des objectifs
Il Existe une diversité d’objectifs des politiques économiques, mais quatre de ces objectifs
apparaissent particulièrement importants : le plein emploi, la stabilité des prix, la croissance
économique, l’équilibre des comptes extérieurs.
Partie II : Intervention Etatique Page 13/27 @ DAABAJI

 La croissance économique : les pouvoir publics cherchent à instaurer une croissance


économique forte et durable .la croissance économique est mesurée par le taux de
variation du PIB.
 La stabilité des prix : (mesuré par le taux d’inflation) l’État cherche à préserver le
pouvoir d’achat des consommateurs en luttant contre les excès de l’inflation
(maintenir le niveau général des prix à un niveau jugé raisonnable).
 Le plein emploi des facteurs de production : (mesuré par le taux de chômage)
l’objectif de l’État est d’encourager la création d’emploi (lutter contre le chômage)
 L’équilibre des comptes extérieur : (mesuré par le solde de la balance des paiements
ou de la balance commerciale en % du PIB). Cela permet :
o D’éviter une inflation importée,
o De maintenir une compétitivité externe de l’économie nationale,
o De limiter les fluctuations des changes.
Ces objectifs sont schématisés par l’économiste Kaldor sous la forme d’un carré magique.
2 : Le carré magique de Kaldor
2.1 : Principe : En fonction de ce carré magique, on pourra mesurer l’impact des politiques
économiques en fonction de l’air du carré reliant les différents axes entre eux : si la
croissance économiques est forte et s’accompagne d’une stabilité des prix, d’un taux de
chômage faible et d’un solde de paiement positifs, alors la surface du carré sera importante.
Selon cette représentation graphique, la situation économique d’un pays est jugée d’autant
plus satisfaisante que la surface du carrée est grande et proche du carrée magique. En
effet, ce carrée représente pour chacun des quatre grands objectifs de politique économique
à la situation idéale (pas chômage, pas d’inflation, une forte croissance, et un excédent
extérieur important)
Cette représentation permet de faire une comparaison de la situation économique d’un pays
dans le temps et dans l’espace.
2.2 : Exemple : Principaux indicateurs de l’économie marocaine en 2009 et en 2011 :
2009 2011
Taux d’inflation 1% 0,9 %
Taux de chômage 9,1 % 8,9 %
Taux de croissance 6,88 % 5%
Solde courant de la balance commerciale en % du PIB -5% -8%
Partie II : Intervention Etatique Page 14/27 @ DAABAJI

On remarque une détérioration de la situation économique en 2011 par rapport à 2009.


Malgré une légère amélioration au niveau de l’emploi et de la maîtrise de l’inflation, il y avait
une baisse du taux de croissance de l’économie et une aggravation du déficit de la balance
commerciale.

2.3 : Limites
Le carré magique ne prend pas en considération l’inégalité de la répartition des richesses et
la pauvreté des couches sociales défavorisées.

II : La politique budgétaire
A : Le budget de l’Etat
1 : Définition
Le budget est constitué par l’ensemble des comptes qui décrivent pour une année civile
toutes les recettes et toutes les dépenses de l’Etat.

2 : La loi de finances
La loi de finances est une loi qui prévoit, évalue et autorise pour chaque année budgétaire,
l’ensemble des ressources et des charges de l’Etat, compte tenu d’un équilibre économique
et financier qu’elle définit. Elle comprend trois composantes : le budget général de l’Etat, les
services de l’Etat gérés de manière autonome et les comptes spéciaux de trésor :

La loi de finances

Budget général de Les services de l’Etat Comptes spéciaux de


l’Etat gérés de manière trésor
autonome
Partie II : Intervention Etatique Page 15/27 @ DAABAJI

Loi de finances 2012 :


Partie II : Intervention Etatique Page 16/27 @ DAABAJI

2.1 : Le budget général de l’Etat


 Les dépenses
Les principales Exemples
dépenses
Dépenses de Dépenses de personnel, dépenses de matériel des administrations
fonctionnement publiques, les charges de compensation des prix de denrées de
base, de produit pétrolier …
Dépenses Dépenses d’infrastructures : routes, autoroutes, aéroport, lycée,
d’investissement hôpitaux, universités…
Dépenses de la Remboursement des emprunts contracté par l’Etat auprès des
dette agents nationaux et internationaux (FMI, Banque Mondiale) : il
comprend le principal plus les intérêts.
Les dépenses de fonctionnement et les intérêts de la dette sont considérés comme
des dépenses ordinaires ; alors que les dépenses d’investissement et le
remboursement du principal de la dette sont considérés comme des dépenses non
ordinaires.
 Les recettes
Les principales Exemples
recettes
Impôts directs et IS, IR : ils sont versés et supporté par le même agent
taxes assimilées
Impôts indirects Se sont des impôts versé par un agent et supporté par un autre
agent : TVA, taxes sur les tabacs et les produits pétroliers
Produits et revenu Se sont les recettes des propriétés de l’Etat comme les plages, les
des domaines logements de fonctionnaires, les forêts…
Produits de Se sont les produits des monopoles de l’Etat comme l’OCP,
monopole l’ONCF, CDG…
Privatisation Se sont les recettes des cessions des participations de l’Etat dans
certaines entreprises. Exemple : vente de 51 % des parts de l’Etat
dans Maroc Telecom à Vivendi Universel
Emprunts, dons et Il s’agit des emprunts contactés ou des dons reçus par l’Etat
legs auprès de certains organismes internationaux : FMI, Banque
Mondiale, Banque Africaine de développement…
A part les emprunts qui sont des recettes non ordinaires, les autres recettes sont
considérées comme des recettes ordinaires.

2.2 : Les services de l’Etat gérés de manière autonome (SEGMA)


Ce sont des services qui n’ont pas la personnalité morale, leur création s’inscrit dans le
cadre de la tendance des ministères à faire payer aux particuliers certains de leurs services.
En cas de déficit d’exploitation d’un service, on prévoit une subvention d’équilibre (budget
générale).
Exemples : Direction de l’imprimerie officielle, les centres hospitaliers, complexe sportif
moulay Abdellah de Rabat, Parc Zoologique National.
Partie II : Intervention Etatique Page 17/27 @ DAABAJI

2.3 : Comptes spéciaux du trésor : CST


L’objet de ces comptes est de permettre :
 soit l’individualisation de certaines opérations ;
 soit l’affectation des ressources à des dépenses définies ;
 soit le report et la continuité d’opérations d’une année sur l’autre.

Exemple de CST :
 les comptes d’affectation spéciale ;
 les comptes d’adhésion aux organismes internationaux ;
 les comptes d’opérations monétaires ;
 les comptes d’avances (au trésor) ;
 les comptes de prêts faits par l’Etat.

B : Soldes
1 : Le solde budgétaire
Il s’agit de la différence entres les recettes définitives et les dépenses définitives.
Si Recettes > Dépenses : solde budgétaire excédentaire (politique restrictive de l'Etat).
Si Recettes < Dépenses : solde budgétaire déficitaire (politique expansive de l'Etat).
Si Recettes = Dépenses : solde budgétaire nul (politique neutre de l'Etat).
2 : Le solde ordinaire (ou courant)
Il s’agit de la différence entre les ressources ordinaires (recettes fiscales et on fiscales) et les
dépenses ordinaires (dépenses de fonctionnement + intérêts de la dette).
Si Recettes ordinaires> Dépenses ordinaires : excédent ordinaire (ou épargne publique).
Si Recettes ordinaires < Dépenses ordinaires: déficit ordinaire.
Si Recettes ordinaires = Dépenses ordinaires: solde nul.
3 : L’impasse budgétaire
C’est une situation dans laquelle les recettes du budget sont supérieures aux dépenses
définitives mais inférieures au total des dépenses définitives et temporaires. Dans cette
situation, l’Etat n’arrive pas à financer à travers l’épargne (le solde budgétaire) les dépenses
d’investissements, il doit recourir à des emprunts.

4 : Exemple
Donnés du budget général de l’Etat en 2010 et en 2011 en milliers de DH:
Recettes Loi de Loi de Dépenses Loi de Loi de
Finances finances Finances finances
2010 2011 2010 2011
Dépenses de 136 912 629 151 993 796
1-Impôts directs et 65 389 000 66 928 000 fonctionnement
taxes assimilées Dépenses 53 784 801 53 858 748
2- Droits de douane 12 035 000 12 778 000 d’investissement
3-Impôts indirects 60 964 000 67 677 000 Dépenses de la 38 238 239 36 534 258
4-Droits 11 692 300 12 283 000 dette 17 883 549 18 230 179
d’enregistrement et de Dont : intérêt de
timbre la dette :
5-Produits et revenus 321 500 348 500 Total du Budget 228 935 669 242 386 802
du domaine Général
6-Produits des 9 340 161 10 227 000
monopoles et
exploitations et des
participations
financières de l’Etat
7-Recettes d’emprunt, 50 153 000 54 202 000
dons et legs
8-Privatisation. 4 000 000 -
9-Autres recettes. 2 170 127 2 079 608
Total des recettes 216065088 226523108
Partie II : Intervention Etatique Page 18/27 @ DAABAJI

1 : Complétez le tableau suivant et interprétez les résultats :

Recettes 2010 Part en % 2011 Part en % Variation%


Recettes fiscales 150 080 300 69,46 % 159 666 000 70,48 + 6,38
Recettes non fiscales 15 831 788 7,32 % 12 655 108 5,58 - 20,06
Recettes d’emprunts 50 153 000 23,21 54 202 000 23,93 +8,07
Total 216 065 088 100 226 523 108 100 +4,84

2 : Complétez le tableau suivant et interprétez les résultats :


Dépenses 2010 Part en % 2011 Part en % Variation%
Dépenses de 136 912 629 59,8 151 993 796 62,7 + 11,01
fonctionnement
Dépenses 53 748 801 23,48 53 858 748 22,22 + 0,13
d’investissements
Dépenses de la dette 38 238 239 16,7 36 534 258 15,07 - 4,45
Total 228 935 669 100 242 386 802 100 + 5,87

3 : Calculez et interprétez pour 2010 et 2012 :


a : le solde budgétaire
b : le solde ordinaire
c : solde général

1 : Les recettes budgétaires ont augmenté en 2011 par 4,84 % grâce à l’augmentation des
recettes fiscales de 6,38 % et l’augmentation des recettes d’emprunts de 8,07 %.
La part la plus importante des recettes budgétaires proviennent des recettes fiscales avec 70
% : 69,46% en 2010 et 70,48 % en 2011.
Les recettes d’emprunts représentent environ 23 % des recettes générales : 23,21 % en
2010 et 23,93 % en 2011.
Les recettes non fiscales ne représentent que 7,32 % en 2010 et 5,58 % en 2011, elles ont
baissé de 20,06 % à cause de l’absence des recettes de privatisations.
2 : Les dépenses de fonctionnement absorbent 60 % des dépenses totales, elles ont connu
une augmentation de 11,01 % en 2011 par rapport à 2010 ;
Les dépenses d’investissement représentent environ le ¼ des dépenses globales, elles se
sont stabilisées en 2011 (+0,13 %) : la politique actuelle du gouvernement vise non pas la
relance de l’économie mais la conservation des grands équilibres macroéconomiques ;
Les dépenses de la dette ne représentent qu’une faible part dans les dépenses globales
avec 16,7 % en 2010 et 15,07 % en 2011, elles ont connu une baisse de 4,45 % en 2011.
3:
Eléments Formule de calculs 2010 (en milliers) 2011 (en milliers)
Le solde Recettes totales – 216 065 088 - 228 935 669 = 226523108 - 242 386 802 = -
budgétaire Dépenses totales - 12 870 581 15 863 694
Le solde Recettes ordinaires – (150 080 300 + (159 666 000 + 12 655 108)
ordinaire Dépenses ordinaires 15 831 788) – (136 912 629 – (151 993 796 + 18
+ 17 883 549) = 11 115 910 230 179) = 2 097 133
Solde Solde ordinaire – 11 115 910 - 53 784 801 = - 2 097 133 - 53 858 748 = -
général Investissement 42 668 891 51 761 615

Le solde budgétaire est négatif : les recettes définitives ne couvrent pas la totalité des
dépenses définitives : il existe un déficit budgétaire.
Le solde ordinaire est positif : les recettes ordinaires couvrent la totalité des dépenses
ordinaires : l’Etat dégage une épargne publique qui peut servir pour financer les
investissements.
Le solde général est négatif : l’épargne publique n’arrive pas à financer l’investissement, on
dit qu’il y a une impasse budgétaire. Pour le financer, l’Etat doit faire recours à l’emprunt.
Partie II : Intervention Etatique Page 19/27 @ DAABAJI

B : La régulation par le budget


La politique budgétaire
La politique budgétaire consiste à utiliser le budget de l’Etat comme un instrument de
régulation conjoncturel. La politique budgétaire consiste à agir sur le niveau de la demande
globale afin d’influencer celui de l’offre globale. Ainsi, toute variation des dépenses de l’Etat
doit se répercuter sur la production intérieure.
Dès lors, en cas de récession et pour accroître les créations d’emplois, il suffit de stimuler la
production intérieure, en augmentant les dépenses de l’Etat. En pratique, cela revient à
accepter de la part de l’Etat un déficit budgétaire. Celui-ci sera temporaire, car la création de
richesses supplémentaires permettra de le résorber rapidement par des recettes fiscales
accrues : on parle dans ce cas d’une politique de relance.
L’action sur les recettes constitue un deuxième instrument de la politique budgétaire de
relance. En diminuant le taux d’imposition (baisse de TVA ou d’IS par exemple), l’Etat peut
accorder un pouvoir d’achat supplémentaire et ainsi relancer la consommation et
l’investissement, et donc l’emploi.
Dans le cas de tension inflationniste, l’Etat peut adopter une politique de rigueur (ou de
stabilisation) ; elle consiste à réduire les dépenses publiques et/ou augmenter les impôts pour
baisser les demandes et les prix.
Letudiant.fr (texte adapté)
1 : Définissez la politique budgétaire.
2 : Relevez du document les types de politiques budgétaires et précisez pour chaque
type l’objectif recherché et les instruments utilisés.

1 : Définition de la politique budgétaire


La politique budgétaire est une politique économique qui consiste à utiliser le budget de
l’Etat pour atteindre certains objectifs. Elle consiste à agir sur le niveau de la demande
globale afin d’influencer celui de l’offre globale. (Réponse à la question 1)

2 : Types de politiques budgétaires


Types Politique de relance Politique de rigueur ou de stabilisation
Objectifs Relancer l’économie et favoriser l’emploi Lutter contre l’inflation

Instrume Augmentation des dépenses publiques Baisse des dépenses publiques (limitation
nts (embauche des fonctionnaires, des emplois publics, réduction des
(actions) augmentation des traitements et des subventions) ;
investissements) ; Augmentation des impôts
Baisse des impôts

Résultats revenusdemandeproduction
revenusdemandeproduction stabilisation des prix
emploicroissance
Partie II : Intervention Etatique Page 20/27 @ DAABAJI

3 : Limites de la politique budgétaire


Les limites de la politique budgétaire
Dès que l’économie s’ouvre sur l’extérieur, toute injection supplémentaire de fonds de la part
de l’Etat stimule les achats à l’étranger, ce qui aboutit à une hausse des importations. Cela a
pour effet de diminuer l’effet multiplicateur de ces dépenses publiques sur la production
intérieure.
De plus, lorsque les importations connaissent une croissance plus rapide que la production,
l’économie subit la contrainte extérieure qui se traduit par le déséquilibre de la balance
extérieure.
[…] Par ailleurs, lorsqu’une partie plus importante du revenu est thésaurisée, c’est-à-dire
retirée du circuit économique, l’effet multiplicateur des dépenses publiques est également
amoindri.
[…] Le financement monétaire du déficit de l’Etat (par création de la monnaie) peut être source
d’inflation. Si le déficit est financé par l’emprunt, un effet d’éviction peut se produire : ce mode
de financement constituant un appel aux ressources d’épargne, il réduit le volume de capitaux
disponibles pour les autres agents en besoins de financement, ce qui provoque la hausse du
taux d’intérêt.
Du reste, le financement du déficit par l’emprunt pose le problème de la dette de l’Etat ; celle-
ci est d’autant plus élevée que les taux d’intérêts le sont. Un cercle vicieux d’endettement peut
alors se déclencher, lorsque l’Etat est amené à supporter une charge d’intérêt croissante qui
aggrave son déficit initial et le pousse à emprunter de nouveau : on parle d’un effet boule de
neige.
Letudiant.fr (texte adapté)
1 : Relevez du document les limites de la politique budgétaire.
2 : Expliquez l’« effet boule de neige » du déficit budgétaire.
La politique budgétaire notamment de relance économique d’inspiration keynésienne est
basée essentiellement sur un déficit budgétaire (augmentation de dépenses et réduction des
recettes notamment les impôts). Cette politique est l’objet de trois critiques
La contrainte extérieure
Une politique de relance augmente la consommation qui peut porter sur les produits
importés et profite donc aux pays étrangers. Il risque d’aggraver, le déficit de la balance
commerciale, au lieu de relancer la croissance et l’emploi.
L’effet d’éviction :
Si le déficit budgétaire est financé par la création monétaire alors il y a un risque d’inflation
mais s’il est financé par des emprunts auprès des agents économiques il aura donc
déplacement des ressources de l’épargne disponibles vers le secteur public au détriment du
secteur privé ce qui provoque une augmentation du taux d’intérêt et donc découragement de
l’investissement privé donc il aura éviction du secteur privé.
L’effet boule de neige
Il concerne le problème de la dette : si le déficit est financé par la dette, plusieurs années de
déficits budgétaires peuvent conduire à une accumulation de la dette publique. Un risque
important apparaît alors, c’est celui d’un « effet de boule de neige » de la dette : ainsi une
dette importante implique le versement d’intérêts importants, qui constituent des charges
c’est-à-dire une dépense du budget ce qui va aggraver le déficit et conduit à un nouvel
endettement public qui à son tour conduira à un niveau d’intérêts encore plus importants et
ainsi de suite.
Déficit budgétaire

Emprunt public
Augmentation des
dépenses

Augmentation des
charges d’intérêts
Partie II : Intervention Etatique Page 21/27 @ DAABAJI

III : La politique monétaire


A : La monnaie
1 : Les fonctions de la monnaie
Fonctions de la
monnaie

La monnaie est un La monnaie est un La monnaie est un


instrument d’échange : elle instrument de mesure : c’est instrument de réserve des
permet d’acheter tous les un étalon de valeur qui permet valeurs : ainsi elle permet de
autres biens ; elle élimine le de mesurer la valeur des différer l’utilisation d’une
troc. biens. ressource d’une période à une
autre.

2 : Les formes de la monnaie

Les formes de la
monnaie

La monnaie fiduciaire : elle La monnaie scripturale : Elle La monnaie électronique :


est composée des billets de n’est pas tangible elle s’agit carte de crédit, paiement sur
banque (20 DH, 50 DH…) et des dépôts à vue dans les internet
des pièces ou monnaie banques, les CCP (Centres de
divisionnaire (50, centimes, 1 Chèques Postaux) et au
DH, 2 DH…) trésor.

Monnaie scripturale : monnaie inscrite dans les comptes de banques (d’où son nom).
3 : Les composantes de la masse monétaire

Agrégat en millions de DH 2002 2005 2010 Structure en %


2002 2005 2010
I- monnaie fiduciaire (billets, 69 556 89 906 145 235 19,6 17,6 16,1
monnaie divisionnaire)
II- monnaie scripturale 159 522 241 182 407 054 44,9 47,2 45
(comptes à vue)
Agrégat M1= I+II 229 078 331 088 552 289
III- placements à vue (comptes 43 097 59 429 93 802 12,1 11,6 10,4
sur carnets ou sur livret)
Agrégat M2= M1+III 272 175 390 517 646 091
IV- placements à Terme 83 337 120 990 258 149 23,4 23,7 28,5
(comptes à terme, bons à
échéance et certificats de dépôt)
Agrégat M3= M2+IV 355 512 511 507 904 240 100 100 100

1 : Complétez le tableau.
2 : Que représente l’agrégat M3 ?
3 : Sur quel critère peut-on classer les agrégats ?
4 : Interprétez l’évolution de la structure de la masse monétaire.
Partie II : Intervention Etatique Page 22/27 @ DAABAJI

2 : L’agrégat M3 représente la masse monétaire.


3 : Les agrégats sont classés par ordre de liquidité décroissante.
4 : La part de la monnaie fiduciaire dans la masse monétaire connaît une baisse continue :
elle est passée de 19,6 % en 2002 à 17,6 % en 2005 puis à 16,1 % en 2010 : on parle de la
dématérialisation de la monnaie.
La monnaie scripturale apporte la plus importante contribution à la masse monétaire, sa part
varie autour de 45 %.
La part des placements à vue dans la masse monétaire connaît une baisse continue en
passant de 12,1 % en 2002 à 10,4 % en 2010.
Les placements à terme prennent de plus en plus de part dans la masse monétaire en
représentant 23,4 % en 2002, 23,7 % en 2005 et 28,5 % en 2010.

4 : Les contreparties de la masse monétaire


Les contreparties de la masse monétaire représentent les sources de création de la
monnaie; on distingue trois contreparties de la masse monétaire :
o Les concours à l'économie ;
o Les avoirs extérieurs nets ;
o Les créances sur l'Etat.

Contreparties de la masse 2004 2007 2010 Structure en %


monétaire 2004 2007 2010

Avoirs extérieurs nets 144 441 208 519 192 742 30,10 28,77 19,65
Créances sur l’Etat 72 665 79 961 91 943 15,14 11,03 9,37
Concours à l’économie 262 743 436 285 696 318 54,76 60,20 70,98
Total 479 849 724 765 981 003 100 100 100

On constate que les crédits à l’économie représentent la principale source de création


monétaire au Maroc.

B : La finance directe : le marché des capitaux


1 : Définition et compartiments du marché monétaire et financier (voir Partie I,
Chapitre 1 : Le marché)
2 : Les intervenants sur le marché boursier
Les sociétés de bourse : Elles sont des intermédiaires de bourse, elles sont autorisées à
exécuter des transactions sur les valeurs mobilières au profit de leurs clients.
Le conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM) : Le CDVM est le gendarme de la
bourse, c’est un établissement public doté de la personnalité morale et de l’autonomie
financière, il a pour mission de :
 Surveiller et assurer le bon fonctionnement du marché boursier ;
 Contrôler l’information diffusée par les personnes morales intervenants à la bourse ;
 Contrôler les sociétés de bourse et les OPCVM.
Les organismes de placement collectif des valeurs mobilières (OPCVM)
Ils sont des organismes qui collectent l’épargne du grand public pour le placer en bourse, on
distingue deux catégories : Les SICAV et les FCP.
Les SICAV (sociétés d’investissement à capital variable) sont des sociétés anonymes qui
gèrent un portefeuille des valeurs mobilières et de liquidités ils doivent avoir un capital
minimum de 50 millions de DH.
Les FCP (Fonds collectif de placement) : Ils sont des copropriétés des valeurs mobilières et
de liquidités dont les parts sont émises ou rachetées à tout moment à la demande des
porteurs de parts. A la différence des SICAV, les FCP n’ont pas le statut de personne
morale.
Partie II : Intervention Etatique Page 23/27 @ DAABAJI

3 : Le rôle du marché boursier


Il permet de mettre en contact direct les agents à besoins de financement et les agents à
capacité de financement sans passer par les banques.

4 : La mesure de la performance du marché boursier


La performance de la bourse des valeurs de Casablanca est mesurée par plusieurs indices,
les deux principaux sont le MASI et le MADEX :
L’indice MASI : (Moroccan All Shres Index) est l’indice global de la capitalisation boursière,
il mesure l’évolution du marché dans son ensemble. La base de cet indice est 1000 au
31/12/1991.
L’indice MADEX : (Morrocan Most Active Shares Index) il mesure l’évolution des valeurs les
plus actives en termes de liquidités.

C : Objectifs et actions de la politique monétaire


1 : Notions et fondements théoriques de la politique monétaire
Les soubassements théoriques de la politique monétaire
La politique monétaire est une politique conjoncturelle qui désigne l’action par laquelle
l’autorité monétaire, notamment, Bank AL Maghrib, agit sur l’offre de la monnaie (la masse
monétaire en circulation) dans le but d’atteindre les objectifs de la politique économique : la
stabilité des prix, la croissance économique, l’emploi et l’équilibre extérieur.
Elle s’inspire d’un soubassement théorique constitué essentiellement par les conceptions des
écoles suivantes :
L’école classique :
Pour les classiques la monnaie est contrôlable et c’est le seul facteur qui permet de stabiliser
les prix et réaliser l’équilibre économique. C’est une conception fondée sur la théorie
quantitative de la monnaie (TQM) : M x V= P x Q c'est-à-dire M= P x Q/V où
M : désigne la masse monétaire totale en circulation dans une économie pendant une période
donnée.
V : la vitesse de circulation de la monnaie, elle correspond au nombre de fois où une même
unité de monnaie permet de régler des transactions pendant la même période.
P : étant le niveau générale des prix et Q : le volume de production pendant la même période.
L’école keynésienne :
Keynes a critiqué la théorie quantitative de la monnaie, il avance que :
o Toute augmentation de la masse monétaire entraîne une baisse du taux d’intérêt et
par conséquent une augmentation de l’investissement, de la production et de l’emploi ;
o Toute augmentation de la quantité de monnaie permet aux entreprises d’effectuer des
achats supplémentaires permettant de satisfaire une nouvelle demande.
L’école monétariste :
Pour les monétaristes et notamment pour le chef de cette école l’américain Milton Friedman
(prix noble d’économie en 1976) :
L’inflation est le mal absolu : celui dont découlent tous les autres : chômage, déficit
commercial et récession économique.
L’inflation, c’est trop de monnaie : Cette croyance résulte de la stricte application de la
TQM.
Pour vaincre l’inflation, il faut donc limiter la croissance de la masse monétaire à hauteur du
taux de croissance du PIB en volume, neutralisant ainsi le rôle de la monnaie dans
l’économie.
Donc pour les monétaristes le contrôle de la masse monétaire est nécessaire pour la
réalisation de l’équilibre économique, cela n’est possible que par l’augmentation du taux
d’intérêt ce qui va réduire la demande de la monnaie.
1 : Définissez la politique monétaire.
2 : Précisez pour chaque école : les objectifs de la politique monétaire et ses instruments
(moyens).
Partie II : Intervention Etatique Page 24/27 @ DAABAJI

1.1 : Notions de la politique monétaire


La politique monétaire est l’ensemble des actions exercées par les autorités monétaires
(Bank Al Maghrib) pour assurer ses objectifs finals à savoir : la stabilité des prix, la
croissance économique, l’emploi et l’équilibre extérieur.

1.2 : Fondements théoriques de la politique monétaire

Ecoles Objectifs de la politique Instruments


monétaire
Classique La stabilité des prix et Contrôler la masse monétaire en
l’équilibre économique circulation
Keynésienne Favoriser la croissance et Baisse des taux d’intérêts : politique
l’emploi monétaire expansive

Monétariste Lutter contre l’inflation Augmentation du taux d’intérêt pour


limiter la demande de monnaie : politique
monétaire restrictive

2 : Objectifs de la politique monétaire


2.1 : Objectifs finals
Les objectifs finals de la politique monétaire sont : La stabilité des prix, la croissance
économique, l’emploi et l’équilibre extérieur. (Les objectifs du carré magique).

2.2 : Objectifs intermédiaires


La réalisation des objectifs finals de la politique monétaire passe par des objectifs
intermédiaires, ils portent sur la quantité de la masse monétaire en circulation, le taux
d’intérêt et le taux de change.

Masse monétaire : La banque centrale doit mettre à la disposition de l'économie ni trop, ni


peu de monnaie.
 Une politique monétaire expansive (augmentation de la masse monétaire en circulation)
favorise la croissance économique (baisse des taux d'intérêts et relance de
l'investissement) mains augmente l'inflation.
 Une politique monétaire restrictive (baisse de la masse monétaire en circulation) réduit
l'inflation mais entrave la croissance économique.

Le taux d’intérêt : les autorités monétaires doivent fixer à un niveau souhaitable pour les
taux d’intérêt.
 Un taux d’intérêt élevé réduit l’inflation mais entraîne une baisse d’investissement.
 Un taux d’intérêt faible favorise l’investissement mais augmente l’inflation.

Le taux de change : La Banque Centrale doit choisir le cours de change optimale pour sa
balance commerciale.
 Un taux de change faible (dévaluation de la monnaie nationale) favorise les exportations
car les produits nationaux seront à bon prix sur le marché international mais il est source
de tensions inflationnistes.
 Un taux de change élevé (réévaluation de la monnaie nationale) diminue la compétitivité
des entreprises marocaines par rapport aux entreprises étrangères, mais il permet de
réduire les tensions inflationnistes.
Partie II : Intervention Etatique Page 25/27 @ DAABAJI

3 : Actions (instruments) de la politique monétaire


Les instruments de la politique monétaire sont les moyens utilisés par les autorités
monétaires pour réguler la quantité de monnaie en circulation.
3.1 : Actions sur les liquidités bancaires : La réserve monétaire (ou obligatoire)
«Les réserves monétaires sont des dépôts non rémunérés que chaque banque doit
effectuer sur un compte à la banque centrale. Le montant de ces dépôts correspond à une
part (un pourcentage) du total des dépôts réalisés dans les banques. Les réserves
monétaires sont donc des ressources que les banques donnent gratuitement à la banque
centrale (celle-ci ne les utilise pas) alors qu'elles auraient pu les prêter à leurs clients afin de
réaliser un profit. Ainsi, lorsque la banque centrale augmente le montant des réserves
obligatoires, les banques vont réduire leurs offres de crédit."
Dictionnaire d'économie et de sciences sociales.
T.A.F. : Quel est l’impact du changement du taux de réserve monétaire sur la quantité de
monnaie en circulation ?

La technique de réserve monétaire oblige les banques à geler auprès de la banque centrale
une partie de leur liquidité sous forme de réserve ne donnant pas lieu à des intérêts.
 L’augmentation du taux de la réserve monétaire entraîne une baisse de l’offre de crédit
par les banques et donc une baisse de la masse monétaire.
 La baisse du taux de la réserve monétaire entraîne une augmentation de l’offre de crédit
par les banques et donc une augmentation de la masse monétaire.
3.2 : Actions sur le marché monétaire
Les interventions de Bank Al-Maghrib sur le marché monétaire peuvent être à l’initiative de la
Banque Centrale ou des banques.
3.2.1 : Les opérations effectuées à l’initiative de Bank Al-Maghrib
Les opérations effectuées à l’initiative de Bank Al-Maghrib peuvent revêtir les formes
suivantes :
 Les opérations hebdomadaires sur appel d’offres sous forme d’avances ou de
reprises de liquidités ;
 Les opérations d’open market ;
 Les opérations de swap de change.
Les avances (ou pensions) de liquidité à 7 jours : Technique utilisée par Bank Al-Maghrib
En lançant une opération d’appel d’offre ouverte aux banques commerciales ayant besoins
de liquidités.
La banque centrale fixe, en fonction de la liquidité sur le marché, le taux d’intérêt auquel elle
décide de prêter aux banques et le montant des avances. Le taux d’intérêts des avances à 7
jours s’appelle le taux directeur.
L’augmentation du taux directeur entraîne une baisse de l’offre de crédit par les banques et
donc une baisse de la masse monétaire.
Les reprises de liquidités à 7 jours : les banques commerciales à excédents de liquidités
peuvent placer leurs argents sous forme de dépôts rémunérés auprès de Bank Al-Maghrib.
L’augmentation du taux des reprises de liquidités encourage les banques commerciales à
placer leurs excédents de liquidités auprès de Bank Al-Maghrib et entraîne une baisse de
l’offre de crédit par les banques et donc une baisse de la masse monétaire.
L’open Market : L'open Market est l'opération par laquelle Bank Al Maghrib intervient sur le
marché monétaire pour acheter et vendre des bons de trésor.
 En achetant des titres, la banque centrale fournit des liquidités ce qui provoque une
baisse des taux d'intérêts et la distribution de plus de crédits.
 En vendant des titres, la banque centrale réduit le volume des liquidités ce qui augmente
les taux d'intérêt et par conséquent limite la distribution des crédits.
Partie II : Intervention Etatique Page 26/27 @ DAABAJI

Les opérations de swaps de change : Il consiste pour Bank Al-Maghrib d’un achat au
comptant de devises contre des dirhams, suivi d’une vente à terme.
En cas d’insuffisance de liquidité, Bank Al-Maghrib achète des devises auprès des banques
commerciales ce qui entraîne l’augmentation de la masse monétaire et par conséquent
l’augmentation de l’offre de crédit.
En cas d’excès de liquidité, Bank Al-Maghrib vend des devises aux banques commerciales
ce qui entraîne la baisse de la masse monétaire et par conséquent la baisse de l’offre de
crédit.
3.2.2 : Les opérations effectuées à l’initiative des banques
Les facilités permanentes à l’initiative des banques revêtent les formes suivantes :
 Les avances à 24 heures ;
 Les facilités de dépôts à 24 heures.
Les avances à 24 heures : En cas de besoin non satisfait dans le cadre des appels d’offre
(avance sur appel d’offre à 7 jours), les banques commerciales peuvent recourir à une
avance, à échéance de 24 heures auprès de la banque centrale mais à un coût supérieur
(sont assorties d’un taux d’intérêt supérieur, de 100 points de base, à celui des avances sur
appel d’offres à 7 jours)
Le taux d’intérêt de cette facilité représente le taux plafond du marché monétaire
Les facilités de dépôts à 24 heures : Les facilités de dépôts permettent aux banques
commerciales de constituer des dépôts à 24 heures auprès de la banque centrale.
Le taux d’intérêt de cette facilité constitue le taux planché du marché monétaire
Tableau récapitulatif :
Types de Une politique monétaire expansive, Une politique monétaire restrictive,
politique de relance de stabilisation

Objectifs Croissance économique et création Lutter contre l’inflation


d’emploi
Taux directeur : Taux directeur :
BAM diminue le taux directeur pour BAM augmente le taux directeur pour
pousser les banques à s’emprunter désencourager les banques à
auprès d’elle et à distribuer plus de s’emprunter, ce qui diminue l’offre de
crédit crédit
Reprise de liquidité à 7 jours : Reprise de liquidité à 7 jours :
BAM diminue taux d’intérêt sur les BAM augmente taux d’intérêt sur les
dépôts pour désencourager les dépôts pour encourager les banques à
Inst_ruments

banques à placer l’excédent de liquidité placer l’excédent de liquidité ce qui


ce qui augmente l’offre de crédit diminue l’offre de crédit
Réserves monétaires : Réserves monétaires :
BAM diminue le taux de la réserve BAM augmente le taux de la réserve
monétaire pour encourager les monétaire pour diminuer l’offre de crédit
banques à distribuer plus de crédit des banques
Open market : Open market :
BAM achète des titres sur le marché BAM vend des titres sur le marché
monétaire pour distribuer plus de monétaire pour baisser les liquidités
liquidités
Swaps de change : Swaps de change :
BAM achète des devises sur le marché BAM vend des devises sur le marché
monétaire pour distribuer plus de monétaire pour baisser les liquidités
liquidités
Conséqu Augmentation de la masse monétaire : Baisse de la masse monétaire : baisse
ences augmentation de la demande : de la demande : baisse de la
augmentation de la production : production : baisse de l’emploi et de
augmentation de l’emploi et de l’inflation.
l’inflation.
Partie II : Intervention Etatique Page 27/27 @ DAABAJI

3.3 : Actions à objectifs externes


3.3.1 : En situation de change fixe (dévaluation et réévaluation de la monnaie nationale)
En régime de change fixe, le taux de change de la monnaie nationale par rapport aux
devises étrangères est fixé par les autorités monétaires.
La dévaluation est une diminution (par les autorités monétaires) de la valeur de la monnaie
nationale par rapport à un étalon de référence (or, devise ou panier de devise).

Avantages de la dévaluation Inconvénients de la dévaluation


Encourager les exportations Le service de la dette extérieure devient
Freiner les importations lourd
Réduire le déficit de la balance commerciale Risque d’inflation
Relancer l’investissement et le tourisme

La réévaluation est une augmentation (par les autorités monétaires) de la valeur de la


monnaie nationale par rapport à un étalon de référence (or, devise ou panier de devise).
Avantages de la réévaluation Inconvénients de la réévaluation
Les importations deviennent moins chères Freinage des exportations et du tourisme
Le service de la dette extérieure devient Augmentation du déficit de la balance
moins onéreux commerciale
Départ des capitaux spéculatifs

3.3.2 : En situation de change flottant (appréciation et dépréciation de la monnaie nationale)


Dans le régime de change flottant, c’est la loi de l’offre et de la demande qui détermine la
valeur de la monnaie nationale par rapport aux devises étrangères.
 En cas de diminution de la valeur de la monnaie on parle d’une dépréciation de la
monnaie (même avantages et inconvénients de la dévaluation).
 En cas d’augmentation de la valeur de la monnaie on parle d’une appréciation de la
monnaie (même avantages et inconvénients de la réévaluation).