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Chapitre 5 : Traitement numérique du signal 1

1 – Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2 – Représentation numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
3 – Relation entre binaire, hexadécimal et octal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
4 – Les nombres négatifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
5 – Arithmétique binaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
6 – Les opérateurs logiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
7 – États logiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
8 – Théorèmes fondamentaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
9 – Conception d’un circuit logique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18

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Chapitre 5 : Traitement numérique du signal 2

1 – Introduction

Un signal numérique n’existe qu’à des niveaux ou états bien spécifiques. Il change de niveau
ou d’état seulement selon des pas discrets.

La plupart des signaux numériques ont deux états.

Un système à deux états permet l’application de la logique booléenne ainsi que la


représentation des nombres binaires qui sont le fondement de la conception de tous les
circuits numériques.

Un signal numérique est traité par des circuits numériques classés selon leurs fonctions en :

• logique combinatoire : la sortie dépend de la valeur instantanée de l’entrée;

• logique séquentielle : l’historique de la séquence dans le temps joue un rôle important


dans la détermination de la sortie.

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Chapitre 5 : Traitement numérique du signal 3

2 – Représentation numérique
Tout nombre peut être représenté dans la forme suivante :

(dn dn−1 . . . d0 )b

= 0, . . . , n représente les chiffres formant le nombre.


où b est la base et di , i
Tout nombre à base b peut être converti en un nombre à base 10 utilisant :

(dn dn−1 . . . d0 )b = (dn × bn ) + (dn−1 × dn−1 ) + . . . + (d0 × b0 )

• base 10 : les chiffres utilisés sont 0, 1, . . . , 9.

(dn dn−1 . . . d0 )10 = (dn × 10n ) + (bn−1 × 10n−1 ) + . . . + (d0 × 100 )

Exemple : 3210 = 3 × 10 + 2 × 100 = 32

• base 2 : les chiffres utilisés sont 0 et 1. Exemple : (32)10 = (100000)2


• base 8 : les chiffres utilisés sont 0, 1, . . . , 7. Exemple : (32)10 = (40)8
• base 16 : les chiffres et lettres utilisés sont 0, 1, . . . , 9, A, B, C, D, E, F.
Exemple : (32)10 = (20)16

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Le système binaire est utilisé dans les circuits électroniques. La raison en est que ces
circuits sont basés sur des transistors. Les transistors fonctionnant en interrupteurs ont
deux états : état ON (saturation) ou état 1 et état OFF ou état 0.
Tout nombre en base 2 est représenté ainsi :

(dn dn−1 . . . d0 )2 = dn × 2n + dn−1 × 2n−1 + . . . + d0 × 20

où di , i = 0, . . . , n est désigné par bit et prend la valeur 0 ou 1 seulement.


Le bit le plus à gauche d’un nombre binaire s’appelle le bit le plus significatif (MSB= Most
Significant Bit).
Le bit le plus à droite d’un nombre binaire s’appelle le bit le moins significatif (LSB= Least
Significant Bit). Souvent, on doit convertir un nombre d’une base donnée (2, 8 ou 16) dans
la base 10 en utilisant l’équation ci-dessus.
Pour le processus inverse, c.a.d. la conversion d’un nombre décimal dans une autre base
(2, 8, 16), on doit :

• faire une division successive du nombre décimal par la base choisie et ensuite
conserver les restes de chaque division;

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• en écrivant de gauche à droite le dernier quotient ainsi que tous les restes lus dans le sens inverse,
obtenir le résultat recherché.

Exemple : soit à convertir le nombre 3210 dans des bases différentes :

Base Divisions Reste Résultat Vérification

successives final

32/2 0
16/2 0
8/2 0
base 2 100000 1000002 = (1 × 25 ) + (0 × 24 ) + . . . + (0 × 20 )
4/2 0
2/2 0
1/2 1
32/8 0
base 8 40 408 = (4 × 81 ) + (0 × 80 )
4/8 4
32/16 0
base 16 20 2016 = (2 × 161 ) + (0 × 160 )
2/16 2

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3 – Relation entre binaire, hexadécimal et octal

Comme 16 = 24 et 8 = 23 , alors il faut 4 bits binaires pour former un bit hexadécimal et 3


bits binaires pour former un bit octal.

L’exemple suivant donne un même nombre dans les trois bases et la relation entre les
nombres obtenus.

HEXA 7 B A 3 B C 4

BINAIRE 0111101110100011 101111000100

OCTAL 7 5 6 4 3 5 7 0 4

VIRGULES

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4 – Les nombres négatifs


Le bit le plus à gauche est le bit de signe : bit 0 pour positif, bit 1 pour négatif.

1. Signe et valeur absolue : +610 s’écrit 01102 et −610 s’écrit 11102

2. Complément à 1 : Remplacer chaque 1 par 0 et chaque 0 par 1 incluant le bit de signe.


Exemple +610 = 01102 et −610 s’écrit en Complément à 1 : 10012

3. Complément à 2 : a) remplacer chaque 1 par 0 et chaque 0 par 1 incluant le bit de signe.


b) 1 est ajouté au résultat
Exemple +610 = 01102 et −610 s’écrit en Complément à 2 : 10012 + 12 = 1010

k−1
4. Excédent 2 − 1 : Pour un nombre de k bits, on fait la somme du nombre lui-même
k−1
avec (2 − 1).
Exemple pour un nombre de 8 bits (excédent 127) :

−3 s’écrit −3 + (28−1 − 1) = −3 + (27 − 1) = −3 + 127 = 124


le nombre binaire équivalent à 124 est 011111002
Les nombres de −127 jusqu’à +128 peuvent être écrits sur 8 bits (sauf exceptions
dans le standard IEEE).

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Chapitre 5 : Traitement numérique du signal 8

5 – Arithmétique binaire

Addition en binaire

0 + 0 = 0 0 + 1 = 1
1 + 0 = 1 1 + 1 = 1 avec une retenue

Exemple Complément à 1

0 0 0 0 1 0 1 0
décimal
+ 1 1 1 1 1 1 0 0
10
1 0 0 0 0 0 1 1 0
+ −3
+ retenue → 1
= +7
= 0 0 0 0 0 1 1 1
Complément à 2

0 0 0 0 1 0 1 0
+ 1 1 1 1 1 1 0 1
rejeté → (1) 0 0 0 0 0 1 1 1

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Chapitre 5 : Traitement numérique du signal 9

Addition en Hexadécimal

1 1 1 7 A 2 8 4 2 A F 9 4 B

+ 1 F + 8 D 5 F + D A D + 7 A B C

= 3 0 = A 5 0 1 = 9 1 D 7 = 1 7 4 0 7

Soustraction en binaire Soustraction en Hexadécimal

1 1 0 1 A 4 2
− 1 1 − B 8 3
= 0 1 1 = E B F

Règles de la multiplication binaire

0 × 0 = 0
0 × 1 = 0
1 × 0 = 0
1 × 1 = 1

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Chapitre 5 : Traitement numérique du signal 10

Principe de la multiplication - add and shift right

1 0 1 1 Registre B

x 1 0 0 1 Registre C

0 0 0 0 Remise à zéro du Registre A

résultat partiel 1 1 0 1 1 Premier digit est 1

1 0 1 1 ajouter multiplicande au Registre A

1 0 1 1 décaler d’un bit vers droite

résultat partiel 2 0 0 0 0 multiplicateur suivant est 0

0 1 0 1 1 ajouter zéro au Registre A

0 0 1 0 1 1 décaler d’un bit vers droite

résultat partiel 3 0 0 0 0 multiplicateur suivant est 0

0 0 1 0 1 1 ajouter zéro au Registre A

0 0 0 1 0 1 1 décaler d’un bit vers droite

résultat partiel 4 1 0 1 1 multiplicateur suivant est 1

résultat final 1 1 0 0 0 1 1 ajouter multiplicande au Registre A

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Chapitre 5 : Traitement numérique du signal 11

Division binaire : 101001000/1000 ≡ 328/8=41 ≡ 101001

Retenue Résultat
1 1 0 1 0 0 1 0 0 0 dividende

2 − 1 0 0 0 diviseur-soustraction

3 0 0 0 1 0 0 1 0 0 0 Retenue = 0 → 1
4 0 0 1 0 0 1 0 0 0 décalage à gauche

5 − 1 0 0 0 soustraction

6 1 1 1 0 0 1 0 0 0 Retenue = 1 → 0
7 + 1 0 0 0 restaurer

8 0 1 0 0 1 0 0 0
9 1 0 0 1 0 0 0 décalage à gauche

10 − 1 0 0 0 encore soustraction

11 0 0 0 0 1 0 0 0 Retenue = 0 → 1
12 0 0 1 0 0 0 décalage à gauche

13 − 1 0 0 0 soustraction

14 1 1 0 1 0 0 0 Retenue = 1 → 0
15 + 1 0 0 0 Restaurer

16 0 0 1 0 0 0
17 0 1 0 0 0 décalage à gauche

18 − 1 0 0 0 soustraction

19 1 1 1 0 0 0 Retenue = 1 → 0
20 + 1 0 0 0 Restaurer

21 0 1 0 0 0
22 1 0 0 0 décalage à gauche

23 − 1 0 0 0 soustraction

24 0 0 0 0 0 Arrêt Retenue = 0 → 1

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Chapitre 5 : Traitement numérique du signal 12

6 – Les opérateurs logiques

Le rôle des circuits logiques combinatoires est de convertir des entrées binaires en sorties
binaires utilisant les règles mathématiques de la logique.

Les symboles des principaux opérateurs sont :

Porte NON
x Porte XOR
x
x x⊕y
y

x x
Porte OR x+y Porte NOR x+y
y y

Porte AND
x Porte NAND
x
x.y x.y
y y

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Chapitre 5 : Traitement numérique du signal 13

7 – États logiques
Un des protocoles utilisé pour produire les deux états numériques est le TTL
(Transistor-Transistor-Logic). La convention suivante est utilisée :

• Entrée
– le ZÉRO logique (0) ou niveau bas (ou Low : L) est défini comme étant une valeur inférieure à
0.7 V;
– le UN logique (1) ou niveau haut (ou High : H) est défini comme étant une valeur supérieure à
2.5 V.

• Sortie
– le ZÉRO logique (0) (ou Low : L) est défini comme étant une valeur comprise entre 0.0 V et
0.4 V.
– le UN logique (1) ou niveau haut (ou High : H) est défini comme étant une valeur comprise entre
2.5 V et 5.0 V ;
– les valeurs comprises entre 0.7 V et 2.5 V représentent la zone morte.

Autre technologie CMOS (Complementary Metal Oxide Semiconductor).

Les CMOS consomment très peu de puissance.

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Chapitre 5 : Traitement numérique du signal 14

Les circuits intégrés TTL sont désignés par la formule suivante : AA xx y zz

• AA : préfixe du manufacturier (SN veut dire TO and others; DM veut dire National
semiconductor);

• xx : distingue entre la qualité militaire (xx = 54) et celle industriel (xx = 74).

• y : distingue entre différents designs internes :


• pas de lettre veut dire TTL standard;
• L veut dire Low Power dissipation.
• H veut dire High Power dissipation.
• S veut dire Schottley
• AS Advanced Schottley
• LS veut dire Lower Power Schottley
• ALS veut dire Advanced Power Schottley

• zz : numéro d’ordre dans le data book.

Exemple DM74LS00 : fait par National semiconductor; utilisation industriellle; technologie


Schottley à faible puissance; le circuit porte le numéro 00 dans le data book.

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Chapitre 5 : Traitement numérique du signal 15

8 – Théorèmes fondamentaux

Constantes x+0=x x × 0=0


x+1=1 x × 1=x

Idempotence x+x=x x × x=x


Complémentation x+x=1 x × x=0
Commutativité x+y =y+x x × y=y × x

Distributivité x + (y • z) = (x + y) • (x + z)
x • (y + z) = (x • y) + (x • z)

Associativité x + (y + z) = (x + y) + z = x + y + z
x • (y • z) = (x • y) • z = x • y • z

Théorèmes de Morgan x•y =x+y x+y =x•y

Autres x=x x + (x • y) = x
x + (x • y) = x + y x • (x + y) = x
(x + y) • (x + y) = x

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Exemple

Soit à simplifier :

X = A • (B • C) + (B • C) + (A • B)

En utilisant la loi sur l’associativité et le fait que Y = Y • 1 , on a :

X = A • (B • C) + 1 • (B • C) + (A • B)

X = (B • C) • (A + 1) + (A • B)

puisque A + 1 = A , alors on a :

X = (B • C) + (A • B)

En factorisant par B , on obtient l’expression finale :

X = B • (C + A)

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Chapitre 5 : Traitement numérique du signal 17

9 – Conception d’un circuit logique


On peut utiliser les étapes suivantes pour concevoir un circuit logique :

• définir clairement le problème sous forme d’expressions littérales;


• écrire les affirmations logiques en expressions littérales qui puissent être traduites en langage
booléen;

• écrire les expressions booléennes;


• simplifier et optimiser si possible les expressions booléennes;
• écrire une expression générale tout en AND ou tout en NAND ou tout en OR ou tout en NOR du
circuit afin de minimiser le nombre de circuits intégrés requis;

• dessiner le schéma logique pour la réalisation électronique du circuit.

Considérons un système de protection d’une maison. Supposons que le propriétaire désire que l’alarme
sonne si :

• quelqu’un entre par effraction dans la maison par la porte principale;


• quelqu’un entre par effraction dans la maison par une fenêtre;
• quelque chose est en mouvement dans la maison alors que le propriétaire est absent;
• le propriétaire veut avoir la possibilité de désactiver l’alarme dans certaines situations.
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Chapitre 5 : Traitement numérique du signal 18

Conception d’un circuit logique - solution

Hypothèse nous disposons des capteurs nécessaires pour concevoir le circuit logique

• Étape 1 : définissons le problème sous forme d’expressions littérales.


On doit activer l’alarme quand :

• les fenêtres sont dérangées (le propriétaire dort)


• la porte ou les fenêtres sont dérangées ou lorsqu’il y a mouvement dans la maison (propriétaire
absent);

• débrancher l’alarme pendant les travaux domestiques


• Les variables boolénnes suivantes sont utilisées :
• A est l’état des capteurs de la porte principale et des fenêtres;
• B est l’état du détecteur de mouvement;
• Y est la sortie qui actionne l’alarme;
• C, D est un code à 2 bits établi par le propriétaire pour choisir l’état d’opération défini ainsi :

 0 1 état d’opération 1


CD = 1 0 état d’opération 2 (1)


0 0 état d’opération 3

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Chapitre 5 : Traitement numérique du signal 19

Conception d’un circuit logique - solution

• Écrivons les affirmations logiques : activer l’alarme (Y = 1) si A est au niveau haut et le code
C D est dans l’état d’opération 1 ou activer l’alarme si A ou B sont au niveau haut et le code C D
est dans l’état d’opération 2.

• Écrivons les équations booléennes :

Y = A • (C • D) + (A + B) • (C • D) = (A • D) + (A + B) • C

• Réalisation avec des portes ET :

Y = (A • D) + (A + B) • C = A • B • C • A • D

A B C D

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