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Plan

Introduction

Chapitre 1 : les fondements de la régionalisation avancée

Section1 : cadre conceptuel et modèles

1- Définition de la région, régionalisation

2- Quelques modèles

3- Typologies de la régionalisation

Section2 : Processus de la régionalisation au Maroc

1- Apparition de la régionalisation au Maroc

2- Aperçu sur la loi organique

3- Les principe de la régionalisation avancée

Chapitre 2 : les répercussions de la régionalisation avancé sur l’action publique et la


gouvernance

Section 1 : sur l’action publique

1- l’action publique au Maroc

2- les répercutions

Section 2 : sur la gouvernance

1- la gouvernance au Maroc

2- les répercutions

Chapitre 3 : étude de cas

Conclusion

1
Introduction :

La région actuelle au Maroc, est née d’une longue gestation et apparaissait comme le ressort d’une
nouvelle dynamique de développement, avait en fait des ambitions limitées. La régionalisation n’a
pas donné de résultats tangibles, et se trouve en décalage par rapport aux espérances.

En fait, le sens attribué à la décentralisation au Maroc a toujours revêtu un caractère


d’apprentissage et d’initiation; à travers la délégation et non l’abandon des responsabilités ; et son
appréciation par les diverses familles politiques au Maroc était plutôt dissonante.

Pourtant les défis auxquels le Maroc se trouve confronté ; de mondialisation et de conjoncture


internationale, d’ouverture sur le monde et particulièrement sur l’Europe, d’intégration
maghrébine recherchée, et de réalités sociopolitiques et économiques nationales ; requièrent un
nouveau regard sur la régionalisation.

Les régions italiennes, espagnoles, et françaises, sans parler des Landers allemands, constituent,
depuis des années déjà, des locomotives de développement qui, non seulement soulagent l’Etat,
mais lui permettent d’optimiser les actions de développement ; en tant qu’acteur fondamental en
matière d’accompagnement de proximité et de facilitation.

Les responsabilités régionales apparaissent désormais comme les ressorts de la puissance


économique de demain; même si les régions elles mêmes, connaissent entre elles des contrastes
indéniables, et des disparités ; qu’il faut corriger, à travers notamment la solidarité nationale.

Il est indéniable que la gestion de proximité constitue la meilleure voie susceptible d’imprimer au
développement local la cadence appropriée et requise ; et la région apparaît comme l’élément
structurant d’une nouvelle vision du développement, et non comme un simple organe
d’opérationnalisation des programmes de développement nationaux.

L’institution de la Commission Royale chargée d’élaborer un projet de régionalisation propre au


Maroc, qui prend appui sur son histoire, ses fondamentaux, ses constantes et ses spécificités ;
consacre la Volonté Royale pour inscrire la nouvelle vision de la gestion du développement dans
un ancrage territorial adéquat ; fort de ses instruments, cadré par des concepts porteurs, clair dans
ses desseins, imprégné des besoins réels et prioritaires de la population, affirmé dans sa
gouvernance et performante dans sa gestion.
2
La problématique sera la suivante :

Quels sont les répercussions de la régionalisation avancée sur


l’action publique et la gouvernance ?

Afin de répondre à cette problématique nous allons traiter les points suivants :

Chapitre 1 : les fondements de la régionalisation avancée

Chapitre 2 : les répercussions de la régionalisation avancé sur l’action publique et la gouvernance

Chapitre 3 : étude de cas.

3
Chapitre I : les fondements de la régionalisation avancé
Le modèle marocain de régionalisation avancée s'inscrit clairement dans le cadre d'un Etat
démocratique décentralisé et marque un bond qualitatif dans le processus de démocratisation de la
société.

Cette nouvelle conception de régionalisation requiert des collectivités territoriales élues ayant
une légitimité démocratique et dotées des mécanismes nécessaires à même de renforcer la
participation des citoyens, hommes et femmes, dans la gestion de la chose publique.

Dans cette chapitre nous allons traiter deux sections : cadre conceptuel et modele de la
régionalisation et ensuite le processus de la régionalisation avancée.

Section1: cadre conceptuel et modèle de la régionalisation


le Maroc aujourd’hui est devenu conscient de cette réalité, c’est dans le territoire où réside le
problème et dans le territoire où il y a la solution , à partir de ce temps le Maroc a décidé de faire
du territoire le moteur et l’origine du développement, c’est dans ce cadre où Sa Majesté le Roi
Mohammed VI a lancé le grand chantier de la régionalisation avancée faisant de la région un
cadre spatial favorisant un développement socio-économique équilibré tout en comptant sur ses
propres potentialités et compétences, cet article portera sur la clarification de l’enjeu de la
régionalisation au Maroc tout en portant des analyses et des critiques concernant les mécanismes
de sa mise en oeuvre.

1- régionalisation : concepts et terminologie

a. la région :
Définition :

La région est un terme latin « regere » qui signifie tracer une ligne ou une frontière, il était
considéré comme synonyme de province.

- Le conseil de l’Europe: définit la région comme étant « une unité administrative territoriale
intermédiaire, située entre le niveau de l’état etcelui local, les autorités de laquelle sont élues par
vote et qui bénéficient des moyensfinanciers pour l’affirmation et le soutien de son autonomie ».

-L’union européenne: la définit comme étant « l’échelon immédiatement inférieur à celui de


l’Etat, qui en fonction qu’on lui accorde dans le cadre des systèmes centralisés ou qu’elleaccorde
à soi-même dans le cadre des système fédéral, gère sur le plan administratif etpolitique une
communauté territoriale dont la dimension varie beaucoup ».

-La région en tant que sudivision administrative:

4
La loi organique no 111-14 relative aux régions stipule dans l'article 3 que la région constitue
l'une des subdivisons territoriales du royaume.

La région: est une collectivité territoriale de droit public, dotée de la personnalité morale, de
l’autonomie administrative et de l’autonomie financière. Elle constitue l’un des niveaux de
l’organisation territoriale décentralisée du Royaume, fondée sur une régionalisation avancée1.

Délimitation de la région :

Les critères de délimitation de la région sont nombreux, culturels, linguistiques, climatiques ou


topographiques, industriels ou urbains, de spécialisation économiques, unité administrative, aires
politiques internationales3, Selon la manière de l’organisation de l’Etat que les critères choisis
pour délimiter la région diffèrent d’un pays à un autre. Pour délimiter une région, on a besoin des
conditions suivantes: faciliter l’intégration des activités dans un cadre spatial supérieur à celui
départemental; contribuer à la réduction des déséquilibres régionaux entre les régions quelque soit
leurs emplacements géographiques ou leurs niveaux de développement économique et social,
c'est-à-dire entre les régions du Nord et celles du sud, et aussi entre les régions développées et
celles pauvres, pour ces dernières des programmesprioritaires spéciaux doivent être appliqués
pour leur permettre un développement plus rapideet pour éviter que le fonctionnement des régions
cause des troubles au système économiquenational ou affecte l’intégrité et la sécurité de l’Etat il
est nécessaire de ne pas faciliter desautonomies territoriales de type ethnique, mais seulement des
autonomies administratives etculturelles; avoir une infrastructure communicationnelle, chemins et
systèmes de transportmodernes, qui soutiennent les flux de biens, de services et de population,
dans le cadre dechaque région, mais aussi vers l’extérieur; et enfin individualiser dans le cadre de
chaquerégion un endroit central ou deux places gémelles à structure bipolaire qui développe
desrelations actives avec des autres régions2.

2- La régionalisation : définition et terminologie *

a. Le régionalisme:
La régionalisme est un mouvement du bas vers le haut généré par quatre phénomènes convergents
les déséquilibres régionaux, l’aliénation ethnoculturelle et le centralisme et lasocialisation de la
politique au niveau central, il trouve sa force en se basant sur le facteur humain, c’est-à-dire sur
l’existence d’une communauté d’intérêt qui veut gérer sespropres affaires et aspirations. Alors que
la régionalisation est un trajet descend, il s’agit d’une décision politique qui concerne la
réorganisation administrative territoriale d’un pays, il s’agit de fonder un nouveau niveau dans

1
Article 3 de la loi oragnique 111- relative aux régions
2
Jacques de Lanversin’’La Région et l'aménagement du territoire’’3ème édition, Paris, Librairies techniques, p. 11-13.
5
l’organisation territoriale d’un Etat par la mise en place des institutions régionales et de
compétences administratives au niveau régional.

b. Décentralisation et Déconcentration :
La décentralisation est « le transfert de pouvoir et de responsabilités du centre vers la périphérie
».Alors que la déconcentration désigne un processus par lequel l’Etat procède à l’implantation des
agences et des services gouvernementaux dans les régions, et des directions ministérielles dirigées
par le niveau central.

En général il y a trois degrés de la décentralisation,

le premier s’agit d’une décentralisation administrative: qui renvoie à la redistribution des


responsabilités financières et de gestion de l’appareil gouvernemental de l’État. L’État central
conserve ses responsabilités, mais il fait exécuter ses pouvoirs en dehors de la capitale, c’est-à-
dire par des antennes ou des bureaux de l’administration situés en région.

Une décentralisation fonctionnelle :où l’État procède au transfert de responsabilités vers


desorganisations semi-autonomes qui ne sont pas entièrement contrôlées par le
gouvernementcentral, mais qui lui sont néanmoins redevables. Le gouvernement supérieur fait
exécuter sespouvoirs par des antennes décentralisées de l’administration, situées à l’extérieur de
lacapitale.

La décentralisation politique: repose sur la dévolution du pouvoir, elle représente la forme


dedécentralisation qui correspond le plus à un véritable transfert des responsabilités et
descompétences vers les instances régionales ou locales. Par la dévolution, l’État central
transfèrele pouvoir à d’autres organisations gouvernementales qui ont un statut légalisé et
desfrontières géographiques reconnues. Les autorités régionales ou locales sont dirigées par
desreprésentants élus par la population et jouissent d’une grande autonomie décisionnelle
etfinancière dans leurs secteurs d’attribution respectifs3.

c. Fédéralisme
Le fédéralisme est un système politique dans lequel un corps législatif central ou fédéral et celui
de provinces ou de l’État partagent le pouvoir législatif. Le gouvernement fédéral exerce ses
compétences sur l’ensemble du territoire national et sa population, tandis que celles du
gouvernement provincial se limitent à sa portion de territoire et de population. L’autorité de
chaque gouvernement est délimitée par une constitution écrite. Dans une fédération centralisée le
pouvoir des gouvernements provinciaux est relativement restreint alors que dans une fédération

3
LEMIEUX Vincent, Décentralisation, politiques publiques et relations de pouvoirs. Les presses de l’université de
Montréal Canada. p 35 et 36.
6
décentralisée, il est plus étendu. Le fédéralisme se différencie du système à gouvernement unique
dans lequel les institutions locales reçoivent leurs pouvoirs du gouvernement central auquel elles
sont subordonnées4.Ré:Éric Champagne 2012. L’organisation et les structures gouvernementales
dans le contexte canadien Fédéralisme, centralisation et décentralisation, chapitre 1,
Administration contemporaine de l'État.

-La régionalisation est le fait de rendre régional. En matière d'organisation territoriale, la


régionalisation est une forme de décentralisation au profit des régions auxquelles un Etat accorde
une autonomie administrative et transfère certaines de ses prérogatives

-Quand il est opposé à la mondialisation, le terme "régionalisation" désigne une organisation du


monde où l'accent est davantage mis sur le niveau régional, au sens des grandes régions du monde
(Europe, Amérique du Nord, Amérique Latine, Asie et Afrique). La régionalisation permet aux
Etats qui les composent d'avoir un poids plus important dans les négociations commerciales
internationales (OMC par exemple).

3- les modèles de la régionalisation et expériences internationales:

Toutes les expériences étrangères en matière de régionalisation sont édifiantes pour le Maroc mais
c'est le modèle espagnol, qui semble "le plus proche des préoccupations" du pays, indique
l'Institut marocain des relations internationales (IMRI) dans une étude ayant porté sur les cas
allemand, espagnol, français et marocain. le cas de l'Espagne est " un bon exemple de
régionalisation pour le Maroc " dans la mesure où ce pays se définit comme un Etat intermédiaire
entre un Etat unitaire classique et un Etat fédéral. Pour ce qui est de la France, elle se présente
comme un Etat unitaire décentralisé (République indivise et libre administration des collectivités
locales), alors que le système allemand de régionalisation avec ses 16 Landers est un modèle
difficile à transposer au Maroc, qui aspire à promouvoir son propre système, a dit le conférencier.

a. L’Espagne : un modèle de l’État régional


L’exemple espagnol :Il est largement explicité dans le Titre VIII de la Constitution espagnole du
31 Octobre 1978.. Il pose comme préalables le principe de solidarité de toutes les composantes du
territoire, et celui de l’unicité des droits et obligations dans n’importe quelle partie du territoire de
l’Etat.. Tout ce qui est d’intérêt local, et qui se situe sur le territoire de la Communauté autonome,
est du ressort de cette dernière.L’Article 149 définit les compétences exclusives de l’Etat, qui sont
de deux ordres principaux : les fonctions de souveraineté, et celles qui concernent plusieurs
territoires de l’Etat. Sont également de la compétence exclusive de l’Etat, toutes les fonctions

4
Quéec : Presses de l'Université du Québec, pp 20-26
7
déléguées aux Communautés autonomes, mais qui ont un intérêt national, dépassant le territoire
de la Communauté autonome.

b. L’Allemagne : un modèle de fédéralisme:


L’exemple Allemand a toujours été, un exemple d’Etat fédéral. Constitué de 11 Länder avant la
réunification allemande en 1990, elle comprend maintenant 16 Länder après l’intégration de l’ex
RDA.. Les constitutions des *Länder* doivent respecter le principe fondamental d’un Etat de droit
républicain, démocratique et social. Les Länder se sont constitués tout au long de l’histoire
allemande, et sont basés sur l’appartenance ethnique et la tradition historique. Deux principes
fondamentaux président à l’organisation des Länder : le principe de subsidiarité et celui du
partage des tâches. La subsidiarité dispose que le niveau décisionnel immédiatement supérieur, ne
doit régler que les affaires que le niveau inférieur ne peut organiser aussi bien. Le partage des
tâches consiste à définir d’une façon précise les prérogatives de l’Etat fédéral et des Länder. C’est
ainsi que sont de la compétence exclusive de l’Etat fédéral : la politique étrangère, la défense, la
politique monétaire…. Les Länder sont compétents sur le plan administratif dans tous les
domaines que la Fédération ne prend pas en charge, ou qui lui ne sont pas attribués dans la Loi
fondamentale.

c. Modèle Français:
L’exemple Français a eu beaucoup de difficultés à mettre en place la régionalisation, du fait de la
puissance de la tradition jacobine, qui s’est toujours opposée à la décentralisation appliquant les
principes de subsidiarité. C’est ainsi que l’administration territoriale de la France est basée sur 26
régions, 100 départements, 329, arrondissements, 3883 cantons et 36.783 communes. La région
composée de plusieurs départements est gérée par le Conseil régional, élu pour 6 ans au suffrage
universel direct, et par un Préfet de région qui représente l’Etat. L’Etat a attribué à la région un
certain nombre de compétences, et lui affecté un budget pour leurs financements. Les régions
françaises sont caractérisées par leur grande diversité, géographique, démographique et
économique. Sur le plan géographique 22 régions se trouvent sur le sol métropolitain et 4 Outre-
mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion). Sur le plan démographique, la région Ile-de-
France dispose de 11,5 millions d’habitants, alors que le Limousin n’abrite que 700.000 habitants.
Sur le plan économique, le PIB moyen par habitant est de 42.000 euros en Ile-de-France, contre
13.000 euros pour les territoires d’Outre-mer. Pour compléter le tableau de l’administration
territoriale, il faut mentionner également les statuts d’inter communauté, qui groupent plusieurs
communes sous forme de communautés urbaines, communautés d’agglomérations et

8
communautés de communes. La régionalisation à la française est un équilibre entre l’Etat unitaire
et la nécessaire décentralisation régionale5.

4- Typologie des régionalisations

On peut distinguer cinq types de régionalisation en se fondant sur la place de la régionalisation


dans la structure (constitutionnelle et administrative) de l’Etat.

a. La régionalisation administrative:
On entend par régionalisation administrative la mise en place par l’Etat d’autorités subordonnées
au gouvernement, ou d’organismes qui constituent, quoique dotés d’une certaine autonomie
juridique, des instruments de son action placés sous son contrôle, et dont les fonctions, ou
certaines d’entre elles, visent à promouvoir le développement économique régional, et s’appuient
à cette fin sur la mobilisation des collectivités locales et des organisations économiques.

b. La régionalisation par les collectivités locales existantes:


La régionalisation s’opère par les collectivités locales existantes quand les fonctions dont elle
appelle le développement sont prises en charge par ces collectivités, qui ont été instituées avec
d’autres finalités, soit par une extension de leurs attributions et de leur champ d’action, soit par
leur coopération dans un cadre plus large. Ce type de régionalisation se distingue de la
régionalisation administrative par le fait que la régionalisation s’opère par des institutions
décentralisées agissant dans le cadre de leurs pouvoirs propres.

c. La régionalisation politique (régionalisme institutionnel):


La régionalisation est dite de type politique lorsqu’elle tend à reproduire au niveau des régions
une forme quasi-étatique de gouvernement qui se reflète à travers, d’une part, l’adoption de
structures de pouvoir similaires à celles de l’Etat (parlement, exécutif et tribunaux) et jouissant de
compétences plus ou moins larges et, d’autre part, la mise en place d’un ordre juridique régional
qui a notamment pour effet d’instaurer des rapports hiérarchique entre les régions et les
collectivités subrégionales et de se superposer graduellement à l’ordre juridique étatique dont
l’importance décroît au fur et à mesure que s’élargissent les compétences accordées aux régions6.

Section2: Processus de la régionalisation avancée


Les principales phases de régionalisation qu’a connue le Maroc depuis 1912 :

5
centre de recherche en management et entrpreneuriat : LES EXPERIENCES ETRANGERES DE REGIONALISATION
6
Rapport Parlement Européen : Gérard Marcou ‘’ La régionalisation en Europe’’ page 16 -17
9
1- Apparition de la régionalisation avancée

Lors du Discours Royal du 3 janvier 2010 à l’occasion de l’installation de la Commission


Consultative de la Régionalisation SM le roi Mohammed 6 a définit la régionalisation élargie
comme : « elle n’est pas un simple aménagement technique ou administratif elle traduit plutôt une
option résolue pour la rénovation et la modernisation des structures de l’État et pour la
consolidation du développement intégré 7».

Ainsi sa majesté a donné 6 mois de travail a la CCR sous la direction du Professeur Omar
Azziman afin de faire un modèle national de la RA : « Nous attendons de cette commission qu'elle
mette au point la conception générale d'un modèle national de régionalisation avancée, englobant
toutes les régions du Royaume, et qu'elle la soumette à Notre Haute Appréciation à la fin du mois
de juin prochain. »

Ainsi il a définit l’ambition de ce programme : « Notre ambition nationale est de passer d'une
régionalisation naissante à une régionalisation avancée d'essence démocratique et vouée au
développement. »

Ainsi la constitution de 2011 dans son premier article a venais par une nouvelle concernant
l’organisation territoriale du royaume : « l’organisation territoriale du royaume est décentralisée
fondée sur une régionalisation avancée. », aussi dans son 9ème titre (des régions et des autres
collectivités territoriales), il a porté sur tout ce qui concerne les collectivités territoriales et à
laisser la porte ouverte aux lois organiques relatives aux collectivités territoriales.

Ainsi pour bien réaliser ce programme de régionalisation avancée, le Maroc a mis en place des
projets de l’aménagement du territoire, à savoir :

 Le Schéma National d’Aménagement du Territoire (SNAT) :

7
LE RAPPORT DE CCR : SPECIAL DISCOURS ROYAL
10
Le Schéma National d’Aménagement du Territoire, est un documentde référence pour
l’aménagement du territoire de l’ensemble du pays qui indique pour une durée de 25 ans, les
objectifs, les orientations, les plans de développement globale, et qui décrit les besoins et les
priorités, et ce, afin de permettre aux différentes instances de l’Etat, des collectivités territoriales
ainsi qu’aux établissements publics et personnes morales de droit privé dont le capital est souscrit
entièrement par l’Etat, les collectivités territoriales ou les établissements publics, d’inclure leurs
interventions en harmonie et respect total de la politique générale de l’aménagement du territoire.

Le Schéma National d’Aménagement du Territoire constitue un cadre de référence pour les


différentes politiques publiques et interventions sectorielles ainsi que pour l’établissement et la
prévision des perspectives et orientations de la politique générale de l’Etat contenues dans les
différents plans économiques, sociaux et environnementaux, ainsi que dans les stratégies de
développement afférentes à l’aménagement du territoire national8.

 Le Schéma Régional d’Aménagement du Territoire :

Le Schéma Régional d’Aménagement du Territoire est un documentd’aménagement de


l’ensemble du territoire de la région qui permet aux acteurs régionaux de concevoir, pour une
durée de 20 ans, une vision stratégique du développement de la région. Ce document permet,
également, aux services extérieurs de l’Etat, aux Collectivités Territoriales, aux établissements
publics et aux personnes morales de droit privé dont le capital est souscrit entièrement par les
personnes publiques précitées d’inscrire leurs actions au niveau régional dans un cadre
harmonieux qui respecte les orientations de la politique générale de l’Aménagement du Territoire.

Le Schéma Régional d’Aménagement du Territoire constitue un cadre de référence pour


l’établissement des plans de développement économique et social au niveau régional ainsi que les
autres documents et plans dont les autres collectivités se chargent d’établir ou dans le cadre de
mutualisation à travers la constitution de groupements entre elles9.

 Le Schéma d’Organisation Fonctionnelle et d’Aménagement :

Le Schéma d’Organisation Fonctionnelle et d’Aménagement peut comprendre deux régions ou


plus.

Le Schéma d’Organisation Fonctionnelle et d’Aménagement a pour objetde traiter les


problématiques économiques générales des espaces polaires concernés de ce Schéma. Dans ce
cadre, ce Schéma propose une stratégie territoriale visant à renforcer la compétitivité des pôles de
ces espaces par la répartition des rôles entre lesdits pôles et en facilitant l’accessibilité entre eux.
Ce Schéma propose, également, des directives générales en relation avec l’extension urbaine et à
la localisation des villes nouvelles, et ce, en vue d’asseoir les bases du système de polarisation10.

2- Aperçu sur la loi organique 111-14 relative au région

Avec ses 256 articles, la loi organique n° 111-14 du 7 juillet 2015 relative aux régions érige
celles-ci en collectivités territoriale de droit public, dotée de la personnalité morale, de
l’autonomie administrative et de l’autonomie financière, et constituant l’un des niveaux de

8
Article premier du projet de loi sur l’aménagement du territoire
9
Article 10 du projet de loi de l’aménagement du territoire
10
Article 19 du projet de loi de l’aménagement du territoire
11
l’organisation territoriale décentralisée du Royaume, fondée sur une régionalisation avancée.
Comprenant respectivement 228 et 283 articles, les lois relatives aux préfectures et provinces (n°
112-14 du 7 juillet 215) et aux communes (n° 113-14 du 7 juillet 2015) font de ces entités des
collectivités territoriales de droit public, dotées de la personnalité morale, de l’autonomie
administrative et de l’autonomie financière, et constituant deux des niveaux de l’organisation
territoriale du Royaume.
Conformément aux dispositions de l’article 146 de la Constitution, les lois organiques fixent pour
la région, les préfectures et provinces et les communes, chacune en ce qui la concerne:
 les conditions de gestion démocratique
 les conditions d’exécution par le président du conseil de la région, de la préfecture ou de la
province et de la commune, des délibérations et des décisions desdits
 les conditions d’exercice par les citoyennes et les citoyens et les associations du droit de
pétition;
 les compétences propres à chacune de ces entités, ses compétences partagées avec l’État et
celles qui lui sont transférées par ce dernier;
 le régime financier de l’entité et l’origine de ses ressources financières.
 la nature des ressources et les modalités de fonctionnement du Fonds de mise à niveau
sociale et du Fonds de solidarité interrégionale pour la région;
 les conditions et les modalités de constitution par lesdites entités des groupements de
collectivités territoriales;
 les règles de gouvernance relatives au bon fonctionnement de la libre administration des
affaires, au contrôle de la gestion des fonds et programmes, à l’évaluation des actions et à la
reddition des comptes.

La gestion par la région, les préfectures et les provinces de leurs affaires repose sur le principe de
libre administration, en vertu duquel chaque entité dispose, dans la limite de ses compétences
prévues la loi organique la concernant, du pouvoir de délibérer de manière démocratique et du
pouvoir d’exécuter ses délibérations et ses décisions, conformément aux dispositions de ces lois et
des textes législatifs et réglementaires pris pour leur application. Loi organique n° 111-14 relative
aux régions prévoit, en son article 5, qu’en application des dispositions de l’article 143 de la
Constitution, la région assure un rôle prééminent par rapport aux autres collectivités territoriales
dans l’élaboration, l’exécution et le suivi des programmes de développement régional et des
schémas régionaux d’aménagement du territoire, dans le respect des compétences propres des
autres collectivités territoriales.

Les pouvoirs publics concernés sont tenus de prendre en compte la prééminence de la région.
Les affaires de la région sont gérées par un conseil dont les membres sont élus au suffrage
universel direct, conformément aux dispositions de la loi organique n° 59-11 relative à l’élection
des membres des conseils des collectivités territoriales (21 novembre 2011).
Les organes du conseil sont constitués du bureau (se compose du président et des vice-présidents),
de commissions permanentes et d’un secrétaire du conseil ainsi que de son adjoint.

3- les principes de la régionalisation avancée

Le législateur marocain a réalisé une innovation dans le domaine de décentralisation territoriale


dans la mesure où il a constitutionnalisé des principes très avancés en matière de démocratie

12
locale à savoir : le principe de subsidiarité ; le principe de libre administration ; le principe de
coopération ; le principe de solidarité.
 Le principe de subsidiarité

En vertu de l’article 140 de la nouvelle constitution de 2011 : « Sur la base du principe de


subsidiarité, les collectivités territoriales ont des compétences propres, des compétences partagées
avec l’Etat et celles qui leur sont transférables par ce dernier… 11»
Le principe de subsidiarité est l’un des mécanismes modernes basés sur la répartition
démocratique des compétences et des ressources entre les trois niveaux des collectivités
territoriales et de l’État, où ce que le niveau inférieur peut le faire, le niveau supérieur le laisse et
ce que ne peut pas le faire le niveau supérieur le prendre. Conformément à ce principe, La
préfecture fait ce que la commune ne peut pas faire, la région s'occupe de ce qu'il ne peut être
attribué aux autres collectivités territoriales, et l'État exerce les compétences que les collectivités
territoriales ne peuvent pas avoir à leurs trois niveaux. Le principe de subsidiarité régit les
relations entre le secteur public, la société civile et les pouvoirs publics grâce à une allocation
optimale des ressources et des compétences.
La compétence ne pouvant pas être attribuée à un niveau supérieur, que si le niveau inférieur ne
peut pas garanti leur application12.
 Principe de libre administration :
En vertu de l’article 136 de la constitution : « l’organisation territoriale du royaume repose sur les
principes de libre administration, de coopération et de solidarité. Elle assure la participation des
populations concernées à la gestion de leurs affaires et favorise leur contribution au
développement humain intégré et durable. »
Et selon l’article 4 de la loi organique relatives au région : « La gestion par la région de ses
affaires repose sur le principe de libre administration, en vertu duquel chaque région dispose, dans
la limite de ses compétences prévues dans le titre II de la présente loi organique, du pouvoir de
délibérer de manière démocratique et du pouvoir d’exécuter ses délibérations et ses décisions,
conformément aux dispositions de la présente loi organique et des textes législatifs et
réglementaires pris pour son application. 13»
 Principe de coopération et de solidarité :
Selon l’article 136 de la constitution (déjà cité ) et l’article 4 de la loi organique relatives aux
régions : « L’organisation régionale repose sur les principes de coopération et de solidarité entre
les régions et entre celles-ci et les autres collectivités territoriales, en vue d’atteindre leurs
objectifs, notamment la réalisation de projets communs selon les mécanismes prévus par la
présente loi organique. »
Ainsi l’article 99 de la loi organique 111-14 a évoqué ce concept de coopération et de solidarité,
en donnant au conseil régional la décision dans les questions de coopération et de solidarité.

11
Article 140, titre 9 de la constitution de 29 juillet 2011
12Annuaire des autorités élues au regard des exigences de la loi organique n ° 14.111 concernant les régions, la
direction générale des collectivités locales, ministre d’intérieur 2016, p :66, site électronique de la page nationale des
CT – www.pncl.gov.ma

13
Article 4 de la loi organique 111.14 relative aux régions.
13
 La coopération : il se limite aux contrats effectués entre les pouvoirs publics ou entre eux
et le secteur privé, concernant l’effectuations des projets de développement soit pour les secteurs
productifs ou les infrastructures et la logistique14.

 La solidarité : même si le développement est une opération administrative et


principalement autonome, mais la région ne doit pas être indépendant, isolé ou impliqué dans un
conflit avec d’autre région, il faut rassemblé les projets de développement régional dans le cadre
d’un processus de développement globale, basé sur l’échange entre les partie du communauté, et
ça à travers soit la solidarité entre la région et les autres collectivités territoriales ou la relation de
solidarité entre la région et son entourage économique et social15.
En ce qui concerne les formes de soutien, comme l’assistance fournie par l’état ou les collectivités
territoriales au secteur privé, par la simplification de procédures administratives et la mise à la
disposition d'entreprises privées de terrains dans des zones économiques ou industriels, avec des
prix convenable, tout ça doit être nommé solidarité et pas coopération.
Conclusion
Le Maroc s’est engagé dans un projet de grande envergure, celui d’élaborer un modèle marocain
en matière de décentralisation et de régionalisation. De ce fait, il est impératif que toutes « les
forces vives de la nation » s’impliquent davantage pour permettre au Royaume de relever l’un de
ses plus grands défis.

Chapitre II : la régionalisation avancée : une nouvelle réforme de l’Etat

Le chantier de la régionalisation avancée, qui se veut la pierre angulaire dans l’édification


institutionnelle du Maroc de demain, n’est pas seulement une mesure technique et administrative,
mais un projet sociétal consacré par la Constitution de 2011.

C’est une opportunité historique de développement inclusif, durable et pérenne qu’il ne faut pas
rater. Pour faire écho à la teneur des deux derniers discours royaux, le rôle des institutions devra
être repensé de manière totale. Mais force est de constater que le volet lié aux ressources
humaines reste le parent pauvre de cette vision.

14Mohamed BOUJIDA : « chevauchement des compétences entre l’Etat et les autres collectivités territoriales entre le
droit et la pratique », Publications de la Revue marocaine d'administration locale et de développement, séries « œuvres
et d'ouvrages universitaires », 1er impression 2008, numéro 78, p 22.

15
Najat SARRAR, « chevauchement de relation entre le développement durable et le développement avancée », p.336
14
Section1: La régionalisation avancée : levier de développement de
performance de l’action publique

1- Une modernisation des institutions de l’Etat

a. Une volonté affirmée de consolider la démocratie au niveau local

La question de l’essence démocratique de la région, abordée clairement et admise pour la


première fois par la Constitution de 2011, est surtout visible par l’admission, en plus des
modalités de la démocratie représentative matérialisée par des élections périodiques, des procédés
participatifs. L’objectif à n’en pas douter est de permettre aux citoyens de prendre en mains
directement leurs problèmes pour accompagner les mutations des régions et les dynamiques que
produisent leurs territoires. L’ouverture pour les citoyens et les associations de la société civile de
cette opportunité, particulièrement le droit d’adresser des pétitions aux Conseils des régions,
traduit une nouvelle ère symbolisée par les procédés de la démocratie participative. Désormais,
une nouvelle approche des relations entre élus et électeurs est en cours de construction. L’élection
n’est plus le seul moment où le citoyen peut abandonner sa passivité et devenir un acteur actif,
mais diverses opportunités d’action lui sont ouvertes durant le mandat des Conseils décentralisés.

b. Un schéma d’action dominé par l’élargissement des compétences des futures régions

L’élargissement des compétences attribuées aux régions peut être lu doublement. D’un point de
vue vertical, un nouveau schéma de répartition des compétences entre l’État central

15
et les régions est préconisé. Appuyant cette entreprise sur le principe de subsidiarité, les
interventions de l’État ne présentent plus la priorité. Une primauté est alors reconnue aux régions
puisqu’elles prennent en charge la lourde mission de développement des territoires.

La région devient alors le niveau de droit commun pour mettre en œuvre les politiques publiques
territoriales et assurer leurs adaptations aux espaces. Cette idée est conforme à l’essence de la
régionalisation perçue, même au niveau universel, comme un processus de transfert des
compétences aux régions de la part de l’État. Pour le pouvoir central, le processus peut être
assimilé à l’admission de contre-pouvoirs agissant comme des entités autonomes. Sur le plan
vertical, une précision concernant les relations entre les trois niveaux de collectivités territoriales
est introduite. Ainsi conformément au principe de spécialisation fonctionnelle, les compétences de
chaque collectivité4 territoriale sont déterminées de manière limitative (du point de vue de la
technique juridique, les lois organiques du 7 juillet ont abandonné la clause de compétence qui
laissait le champ d’intervention d’une collectivité territoriale ouvert pour la détermination des
compétences au moyen de la méthode des blocs). Aucune possibilité pour l’expression des
enchevêtrements ou des empiétements n’est ouverte. L’introduction de la contractualisation pour
l’aménagement de l’exercice des compétences propres et des compétences partagées traduit une
vision égalitaire fondée sur le respect de l’autonomie des régions. Les contrats État-région,
donnant lieu à des négociations entre pouvoir central et élus régionaux et fixant les modalités
techniques et financières de l’exercice des compétences, mettent en avant une mutation des
relations entre le centre et les régions.

Elles traduisent également la volonté de permettre des transferts progressifs en fonction de la


disposition des régions à exercer des compétences nouvelles conformément au nouveau principe
législatif de progressivité. La règle de la différenciation est d’une utilité fondamentale tant qu’elle
permet des transferts à une seule ou plusieurs régions sans obligation de généraliser les transferts
de compétences en question à l’ensemble des régions. Une sorte de compétition positive est
susceptible de découler d’une telle manière de procéder.

c. Un poids politique plus affirmé des élus de la région

Les régions ne devraient plus servir de cadres pour la régulation et l’articulation des politiques
centrales, mais jouer leur rôle premier qui est de mettre en œuvre des actions synchronisées
pour un développement intégré. Les relations entre les futures régions et le gouvernement ne
sont plus des relations de domination16. L’autonomie et la collaboration sont les deux mots

16
http://www.leconomiste.com/article/1016984-l-evaluation-de-l-action-publique-au-maroc-apres-le-discours- du-
trone

16
d’ordre désormais. La contractualisation des rapports s’inspire de cette nouvelle culture de
partenariat. Le fait d’accorder aux présidents des régions la qualité d’exécutifs des régions,
notamment celle d’ordonnateurs, laisse entendre des missions nouvelles de la part des walis,
agissant comme les représentants du pouvoir central au niveau régional. La tutelle est alors
levée pour laisser s’exprimer un contrôle administratif dont l’objectif est précis et la
dimension est surveillée par le juge administratif. Le principe de libre administration inscrit
dans le texte constitutionnel depuis 2011 impose ce nouveau schéma. La
régionalisation avancée ne peut réussir qu’au moyen d’une action réfléchie afin d’assurer le
renouvellement et l’élargissement des élites. Elle est également tributaire de la capacité
d’une telle élite à faire face aux problèmes que vivent les différentes régions du Royaume.
C’est un passage incontournable pour réconcilier le citoyen avec la politique. Une région
dédiée au développement intégré et durable
Une région d’essence économique est une solution pour faire face à une demande sociale
nouvelle exprimée face à des problèmes de plus en plus complexes et interdépendants. La
question du changement social, qui couvre les évolutions sociales que connaît un pays,
imposée par la période de transition que vit le Maroc, à divers niveaux à la fois économique,
démographique et de valeur, implique des actions conçues au niveau territorial pour une
meilleure efficacité que devrait permettre la régionalisation avancée. L’objectif est d’éviter les
ruptures éventuelles entre les institutions et les réalités sociales. La question de la cohésion
sociale est dépendante d’un redéploiement5 de l’action publique fondé sur le cadre régional.

d. Des régions solidaires et dotées des moyens pour réussir leurs futures missions :

L’importance de stimuler les mécanismes de solidarité entre régions est fondamentale à ce


titre. Il s’agit d’une nouvelle situation où la région se transforme, comme l’a décrit S.M. le Roi
dans son discours du 20 juillet 2015, en un «véritable pilier du Maroc de l'unité nationale, de
l'intégrité territoriale, de la solidarité inter catégorielle, de la complémentarité et de l'équilibre
interrégionaux». Les deux types d’actions imaginées par la Constitution devraient aller
simultanément dans ce sens. D’une part, l’action du Fonds de mise à niveau social, assumé par
le gouvernement et à sa tête le Chef du gouvernement, afin de permettre une nouvelle
répartition de la richesse nationale entre les régions. D’autre part, les interventions dans le
cadre du Fonds de solidarité interrégionale dans la perspective d’atténuer les déséquilibres
entre les différentes régions du Royaume.

17
5
CCR/Rapport sur la régionalisation avancée/Livre III : la régionalisation avancée au service du développement éco.
& social

18
2- Dans le cadre d’une gouvernance territoriale, le rôle des acteurs tend à
évoluer 6

 Dans le cadre d’interaction plus au moins formelles des acteurs locaux

6
http://lematin.ma/journal/2015/le-maroc--une-nouvelle-gouvernance-territoriale

19
a. Mise à niveau des administrations des collectivités territoriales.
En prenant en considération les faibles compétences aux niveaux d’encadrement des
administrations7 dont disposent actuellement les collectivités locales, il est essentiel de :
 mettre en place un programme d’urgence, dense et ciblé, pour assurer la mise à niveau
des effectifs présentant des prédispositions à cet égard ;
 réduire les sureffectifs au profit d’un meilleur encadrement ;
 mettre en place un nouveau cadre organisationnel de la fonction publique des
collectivités locales permettant de doter celles‐ci d’organigrammes souples et adaptés à chacune
d’elles, de faciliter le recrutement de compétences avérées et d’assurer des perspectives
intéressantes de carrière et des modes de gestion mobilisateurs, à travers des objectifs bien
définis et des responsabilités délimitées.
Les présidents des conseils élus pourront confier la fourniture de prestations d’assistance
technique, de formation, d’organisation ou d'exécution de travaux aux services et organismes
spécialisés de l'Etat qui seront autorisés à fournir de telles prestations, le cas échéant contre
rémunération à convenir dans un cadre contractuel.

b. Evaluation et reddition des comptes


 Rendre annuellement compte aux cours régionales des comptes est une obligation
légale, les conseils élus feront le bilan de leur gestion et de celle de leurs administrations et
organes d’exécution, dans le cadre de rapports périodiques destinés à l’Etat et à leurs
partenaires et à travers des supports d’information adéquats destinés au public. Ils présenteront
ainsi les résultats et impacts de cette gestion et l’état d’exécution des plans, programmes et
projets sur lesquels ils se sont engagés. Ils s’expliqueront des écarts éventuellement constatés et
exposeront les mesures correctives à prendre.
 Les conseils élus veilleront, dans le même esprit, à la mise en place d’un système
de prévention et de gestion des risques, à l’instar des bonnes pratiques de certains
départements et organismes publics en la matière.
 Dans le cadre de débats et d’échanges structurés organisés, on pourrait évaluer la
gestion en interne. A cet effet, ils recourront à des audits internes, pour les conseils qui
disposeraient d’organes propres à cet effet, ou externes, en faisant appel aux organismes
spécialisés de l’Etat dans ce domaine ou à des organismes indépendants

7
La Revue marocaine d'Administration Locale et de Développement (REMALD N° 92) : PILOTAGE DE LA
GOUVERNANCE TERRITORIALE AU MAROC

20
c. Modalités de gestion
D’une part , et dans un cadre de démocratie approfondie, de compétences étendues et de
ressources renforcées, les collectivités locales et, particulièrement, les conseils régionaux doivent
s’obliger à une gestion planifiée et programmée, répondant aux standards les plus modernes en
matière d’organisation et de fonctionnement, suffisamment documentée en procédures et en
descriptifs des missions et des tâches, recherchant efficience et efficacité, avec un sens généralisé
des responsabilités et un souci permanent de transparence.
D’une autre part, les collectivités territoriales doivent s’organiser pour une gestion par objectifs et
moyens assignés à chaque compétence qu’elles exercent, sur la base d’indicateurs convenus entre
l’Etat et ces collectivités, pour rendre possibles les appréciations et les comparaisons utiles. Des
plans d’action seront élaborés et mis en oeuvre par les autorités compétentes et les collectivités
territoriales pour permettre à ces dernières de disposer de descriptifs des postes/profils, pour
chaque fonction ou emploi, et de manuels de procédures couvrant leurs activités et les tâches à
assumer au niveau des administrations et organes d’exécution et de gestion.
Au‐delà des aspects techniques inhérents à tout effort de planification, de programmation ou de
projection que doivent maîtriser, sinon les conseils eux‐mêmes, du moins leurs administrations et
organes d’exécution, le préalable est posé d’un minimum de cadrage de la stratégie globale,
sectorielle et régionale de l’Etat en matière de développement, pour servir de repère aux
collectivités8 locales et pour s’assurer de la cohérence, de la convergence et de la complémentarité
de leurs plans, programmes et projets.
En revanche, le souci d’efficacité et d’efficience dans l’exercice et la gestion des compétences des
collectivités territoriales doit s’exprimer à travers les performances réalisées en matière
d’optimisation des moyens, par rapport à des normes convenues avec l’Etat et dans le cadre de
comparaisons entre collectivités locales, en tenant compte des spécificités des contextes.
Le sens des responsabilités est à entretenir autant parmi les membres des conseils que chez les
responsables, cadres et autres agents des administrations et organes d’exécution et de gestion.
Pour le personnel, la solution est à chercher dans la mobilisation permanente, à travers des
objectifs précis et mesurables, une écoute attentive, des formations appropriées et un
intéressement adéquat. Pour les élus, un encadrement sain et permanent par leurs organisations
d’appartenance et une supervision intelligente par les organes légalement compétents de l’Etat
devraient y contribuer.

8 Coopération décentralisée, un levier pour l’intercommunalité : Entretien avec AbdelouahedOurzik, gouverneur


directeur des Affaires juridiques, des études, de la documentation et de la coopération. Publié le : 21 Avril 2015 LE
MATIN

21
Les collectivités territoriales doivent se gérer avec un maximum de transparence. Y
contribuent le caractère généralement public de leurs sessions, l’affichage de leurs
délibérations et la publication de leurs budgets et comptes administratifs. Mais également,
les propositions au titre de la démocratie participative, de la pratique d’une communication
ouverte et ciblée et d’un système d’information approprié.

d. Système d’information.
 Les collectivités territoriales auront accès aux informations utiles à l’exercice de
leurs compétences auprès des administrations et organismes publics, dans les conditions à
définir par le gouvernement.
 Le système national d’information statistique demande à être amélioré et
développé dans le sens d’une meilleure prise en charge des données régionales et sous
régionales, pour apporter l’information utile, notamment aux collectivités territoriales.
 Avec la contribution de l’Etat, les collectivités territoriales mettront en place et
développeront un système d’information à même de les aider à prendre les décisions
appropriées pour l’exercice de leurs compétences, à évaluer leurs propres performances et
insuffisances et à rendre compte de leur gestion, à tout moment.
En définitive, des inégalités intolérables persistent à la fois entre les régions et entre celles-
ci et les communes se situant dans leur périmètre. D’où l’importance d’une nouvelle
politique d’aménagement du territoire afin de garantir à toutes les régions le même point de
départ. En effet, des politiques d’équité territoriales s’avèrent la condition sine qua non à la
réussite de nouveau modèle de régionalisation avancée.

Section2: les répercussions de la régionalisation avancé sur la gouvernance


1- La régionalisation avancée, pilier institutionnel de gouv ernance

a. La commission consultative de la régionalisation


 L'installation de la Commission consultative de la régionalisation, un «moment
historique », selon son président
L'installation de la Commission consultative de la régionalisation, un « moment historique»,
selon son président Marrakech- Le président de la Commission consultative de la
régionalisation, M. Omar Azziman, a qualifié de "moment historique " l'installation par SM
le Roi Mohammed VI, dimanche à Marrakech, des membres de cette commission. "La
régionalisation avancée est un grand chantier s'inscrivant dans l'optique de la consolidation
du processus démocratique engagé au Maroc", a indiqué M. Azziman dans une déclaration à

22
la presse, précisant que ce projet est à même de renforcer le lien entre l'Etat et le citoyen
ainsi que le développement économique du pays.

La Commission, mise en place par SM le Roi pour réfléchir sur le modèle maroco-marocain
d'une régionalisation avancée, est composée de compétences diverses qui vont pouvoir
mettre à contribution leurs expériences et leurs connaissances pour la réussite de ce projet, a-
t-il ajouté. Il a assuré que la Commission travaillera selon une approche participative et
écoutera tous ceux qui peuvent l'aider à mettre au point un projet clair de la régionalisation
avancée, fondée sur des bases démocratiques et contribuant au développement économique
du Maroc.

 La CCR, un pas vers une régionalisation avancée d'essence démocratique vouée


à la bonne gouvernance et au développement :
Elle constitue également le prélude à une nouvelle dynamique de réforme institutionnelle
profonde, une confirmation démocratique de la singularité du Royaume et un chantier
déterminant l'aune duquel sera apprécié le succès des grandes réformes structurantes
engagées au Maroc. Ce modèle national de la régionalisation avancée devrait être issu des
spécificités marocaines, englobant toutes les régions du Royaume, dont au premier chef les
provinces du sud et reposer sur des atouts essentiels comme la Monarchie, garante de l'unité
de la nation, proche des préoccupations des populations et incarnant la symbiose qui la lie
aux différentes composantes du peuple, et l'ancrage historique de la décentralisation au
Maroc (Système de la J'maâ), combiné à de grands progrès et acquis en matière de
démocratie locale. Ces atouts rendent le Maroc, qui dispose d'une identité riche par la
diversité de ses affluents culturel et spatial, dont le ciment demeure la Monarchie, à même
d'envisager la régionalisation avancée et de proposer l'autonomie pour le Sahara marocain,
confirmant par là sa pleine aptitude à entreprendre tout type de gouvernance territoriale,
dans le cadre de son unité nationale et territoriale. Partant de ces atouts, le Maroc compte
développer des régions à part entière viables et stables dans le temps, fondées sur un
découpage régional selon des critères rationnels et réalistes, et se doter de conseils
démocratiques représentatifs disposant des prérogatives et des ressources nécessaires pour
relever le défi du développement régional intégré. Le Maroc veut également faire du Sahara
marocain la première région du Royaume bénéficiaire de la régionalisation avancée.

Il s'agit pour le Royaume, mu par sa volonté nationale souveraine, de réaffirmer aussi bien
son attachement au processus onusien visant à trouver une solution politique réaliste et

23
mutuellement acceptable au conflit artificiel suscité autour de la marocanité du Sahara, sur la
base de son initiative sérieuse et crédible d'autonomie, que sa détermination à faire face aux
manœuvres des adversaires de son intégrité territoriale qui cherchent à le cantonner dans
l'immobilisme.

La régionalisation avancée que le Maroc compte mettre en place devrait se baser sur l'unité
de l'Etat et du territoire, la solidarité effective à travers des mécanismes efficients, incarnant
la complémentarité et la cohésion interrégionales, l'harmonie et l'équilibre au niveau de la
répartition des compétences et des moyens entre les différentes collectivités locales, les
autorités et les institutions et une large déconcentration dans le cadre d'une gouvernance
territoriale efficiente, fondée sur la corrélation et la convergence.

 La CCR, une approche participative et inclusive

L'action de la CCR s'inscrit dans le cadre d'une approche participative et inclusive et d'une
large écoute et concertation avec les instances concernées et les acteurs qualifiés.

La Commission procédera, dans ce cadre, à un examen approfondi des véritables


problématiques qui se posent, en faisant preuve d'innovation pour présenter des propositions
pratiques et réalisables en la matière, et apportera des réponses créatrices à des questions
marocaines majeures, sans pour autant verser dans le mimétisme ou la reproduction à la
lettre des expériences étrangères.

Cette méthodologie de travail permettra, in fine, de poser les fondements d'un modèle
pionnier, singulier, crédible et sérieux de régionalisation pour les pays en développement.

La CCR dispose d'une composition homogène, ramassée et équilibrée avec une présence
féminine appropriée (trois femmes).

Outre un président, une éminente personnalité connue pour sa compétence, sa grande


expérience, son impartialité et son sens élevé du devoir, la Commission compte des
membres de différents profils et sensibilités, choisis dans le respect des principes de la
complémentarité, de la pluridisciplinarité, du pragmatisme et de la maîtrise des divers
aspects de la régionalisation et de la gouvernance territoriale.

Il s'agit notamment de deux walis (administration territoriale), cinq juristes et un


politologue (volet politico institutionnel), une personnalité nationale ayant une grande
expertise dans le domaine financier et économique, M. Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-

24
Maghrib, un économiste, trois acteurs du développement régional, financier, fiscaliste et
manager des politiques publiques aux plans national et régional (aspect socio-économique),
un sociologue, un historien, un géographe et un spécialiste de l'aménagement du territoire,
ainsi que d'autres membres actifs dans les domaines de la gouvernance territoriale,
citoyenneté et de la culture.

 Les Compétences étendues du conseil régional


Une approche ouverte, évolutive et mieux articulée des compétences régionales en matière
de développement intégré, selon les règles suivantes :

- En matière de développement économique, social, culturel et environnemental, chaque


domaine de compétence (eau, énergie, transport…) est susceptible d’être partagé entre l’Etat
et les collectivités territoriales, par application du principe de subsidiarité.

- Dans chacun de ces domaines, le transfert de responsabilités et de tâches précises de l’Etat


vers la région ou vers les autres collectivités territoriales est cadré par la loi et intervient, sur
une base contractuelle dûment formalisée, de manière progressive, en fonction des
prédispositions desdites collectivités à les assumer ; ces transferts s’accompagnent toujours
de la mise à la disposition de ces collectivités des ressources et des moyens correspondants.

- Cependant, les régions et les autres collectivités territoriales disposeront, dans différents
domaines, de compétences propres leur ouvrant, dans le cadre de la loi, un champ de libre
initiative à la hauteur de leurs ressources autres que celles accompagnant des compétences
transférées par l’Etat; ces compétences seront régulièrement actualisées et redéfinies en
fonction, notamment, de l’évolution des ressources propres et des capacités d’intervention
de ces collectivités.

- Un rôle prééminent est reconnu au conseil régional envers les autres conseils élus, dans le
respect des compétences de ces derniers, en matière d’élaboration et de suivi des
programmes de développement régional, en cohérence avec les orientations de l’Etat et
après consultation des différents acteurs publics et privés dans l’espace régional.

De plus, le conseil régional a un rôle de concertation et de suggestion de l’Etat pour


l’élaboration des stratégies sociales et des schémas nationaux d’aménagement.17

b. La réforme territoriale :

17
LE RAPPORT DE CCR : SPECIAL DISCOURS ROYAL

25
En effet, il s’agit d’un modèle de régionalisation qui se démarque des réformes passées dans
la mesure où il se veut maroco-marocain et donc essentiellement basé sur les spécificités
institutionnelles et culturelles du pays. C’est aussi un tournant majeur en ce qu’il vise le
renforcement de la participation de la population locale au processus de prise de décision et
l’émergence des régions entreprenantes. Ceci est d’autant plus important que la région a été
consacrée par la nouvelle Constitution comme collectivité territoriale chargée de
développement économique et social.

Il faut préciser, d’emblée, que le projet marocain de régionalisation avancée s’inscrit dans un
cadre global lié à la révision du mode de gouvernance qui a prévalu jusqu’alors. En effet, il
se donne pour objectif la modernisation de l’État et l’amélioration de son efficacité par une
valorisation de ses territoires et la gestion de proximité.

De plus, aussi bien d’un point de vue économique que social, les régions marocaines
deviennent, vu les réformes en cours, le moteur de l’économie nationale de demain. En effet,
nombre de projets à vocation nationale sollicitent la contribution directe des régions dans
leur mise en place. Autant dire que la région devient un élément indispensable et structurant
dans la définition d’une nouvelle vision de développement.

2- Des règles de gouvernance relatives à l’application du principe de libre


administration18

On entend par les règles de la gouvernance - relatives à la bonne application du principe de


libre administration, le fait notamment de respecter les principes généraux suivants :
 l’égalité entre les citoyens dans l’accès aux services publics de la région ;
 la continuité de la prestation des services par la région et la garantie de leur qualité ;
 la consécration des valeurs de démocratie, de transparence, de reddition des comptes
et de responsabilité ;
 le renforcement de la primauté de la loi ;
 la participation, l’efficacité et l’intégrité.

 Le conseil de la région, son président et les instances relevant de la région, les


groupements des régions et les groupements des collectivités territoriales sont tenus
de se conformer aux règles de gouvernance prévues à l’article 243 ci-dessus.
 A cet effet, sont prises les mesures nécessaires en vue de respecter ce qui suit :

18
articles 243, 244, 245, 246, 247, 248, 249, 250, 251,252 de La loi organique 111-14
26
 les dispositions du règlement intérieur du conseil ;
 la délibération au cours des séances du conseil de manière démocratique;
 la présence et la participation des membres, de manière régulière, aux délibérations
du conseil ;
 la transparence des délibérations du conseil ;
 les mécanismes de la démocratie participative ;
 les dispositions relatives à l’établissement du budget, à son vote et à son exécution ;
 les dispositions régissant les marchés ;
 les règles et les conditions relatives aux recrutements dans l’administration de la
région et des instances relevant de la région, des groupements des régions et des
groupements des collectivités territoriales ;
 les règles relatives à la corrélation entre responsabilité et reddition des comptes ;
 ne pas commettre de délits d’initié ;
 la déclaration du patrimoine ;
 ne pas avoir de conflits d’intérêts ;
 ne pas commettre d’abus de position dominante.;

 Le président du conseil de la région prend les mesures nécessaires en vue d’adopter


des méthodes efficaces pour la gestion de la région, notamment :

 la définition des fonctions et la mise en place de manuels de procédures relatifs aux


activités et aux missions dévolues à l’administration de la région et à ses organes
exécutifs et gestionnaires ;
 l’adoption d’un système de gestion par objectifs ;
 l’établissement d’un système du suivi des projets et des programmes, où sont fixés
les objectifs à atteindre et les indicateurs de performance y afférents.

La région doit, sous la supervision du président de son conseil, procéder à l’évaluation de


son action, mettre en place le contrôle interne, recourir à l’audit et présenter le bilan de sa
gestion. La région programme, dans l’ordre du jour de son conseil, l’examen des rapports
d’évaluation, d’audit et du contrôle et la présentation du bilan. Ces rapports sont publiés, par
tous moyens convenables, afin que le public puisse les consulter.

Dans le cadre des règles de gouvernance susvisées, le président du conseil procède à :

- la remise d’une copie du procès-verbal des séances, à chaque membre du conseil, selon
une procédure fixée par le règlement intérieur du conseil, au plus tard, dans un délai de
quinze jours (15) après la clôture de la session ;

- l’affichage des délibérations au siège de la région, dans un délai de dix (10) jours.

27
Les citoyennes et citoyens, les associations et les divers acteurs ont le droit de demander la
consultation des délibérations, conformément à la législation en vigueur.

 Le contrôle
Sans préjudice des dispositions législatives et réglementaires en vigueur en matière de
contrôle, le conseil ou son président, peuvent, après information du wali de la région ou à
l’initiative de ce dernier, soumettre la gestion de la région et des instances qui en relèvent ou
auxquelles elle participe, à des opérations d’audit, y compris d’audit financier.

Sont chargées de la mission d’audit, les instances habilitées à cet effet par la loi. Ces
instances doivent obligatoirement adresser le rapport d’audit au wali de la région. Une copie
dudit rapport d’audit est communiquée aux membres du conseil concerné et à son président.

Le président du conseil doit présenter les rapports d’audit au conseil à l’occasion de la


session qui suit la réception desdits rapports. En cas de dysfonctionnement constaté, le wali
de la région saisi le tribunal compétent du rapport après avoir permis au concerné d’exercer
son droit de réponse.

 les états comptables et financiers

Le président du conseil de la région, ainsi que les personnes morales de droit public ou privé
qui gèrent un service public relevant de la région doivent élaborer et communiquer au public
des états comptables et financiers relatifs à leur gestion et à leur situation financière.

Ces états peuvent être publiés par voie électronique. Un décret, pris sur proposition de
l’autorité gouvernementale chargée de l’intérieur, fixe la nature des informations et des
données contenues dans les états comptables et financiers, ainsi que les modalités
d’établissement et de publication desdits états.

 Les mécanismes et les outils nécessaires pour accompagner et soutenir la région

L’Etat met en place, au cours du premier mandat des conseils des régions suivant la
publication de la présente loi organique au «Bulletin officiel», les mécanismes et les outils
nécessaires pour accompagner et soutenir la région en vue d’atteindre une bonne
gouvernance dans la gestion de ses affaires et dans l’exercice des compétences qui lui sont
dévolues.

A cet effet, l’Etat :

 définit les mécanismes permettant aux élus de renforcer leurs capacités de gestion au
début de chaque nouveau mandat ;
28
 met en place des outils permettant à la région d’adopter des systèmes de gestion
modernes, notamment les indicateurs de suivi, de réalisation et de performance, ainsi
que les systèmes d’information ;
 met en place des mécanismes d’évaluation régulière, interne et externe ;
 met à la disposition du conseil de la région toutes les informations et documents
nécessaires à l’exercice de ses attributions.
Les modalités d’application de ces disposition sont fixées par voie réglementaire.

3- la régionalisation avancée comme nouveau mode de gouvernance

a. le defi de la gouvernance
 
Mise en place du système d’information statistique régionale :

La nécessité de mettre en place un système d’information statistique à l’échelle régionale est


dictée par le besoin vital d’initier un dispositif informationnel de collecte et de traitement de
données couvrant les diverses entités de l’organisation administrative territoriale.

La prise en charge de ces exigences dans le contexte de l’approfondissement de l’option de


décentralisation territoriale et de déconcentration administrative implique l’élaboration de
données fines et intégrées à même d’accompagner les politiques régionales et locales et
d’encastrer l’évolution des économies régionales dans la dynamique de l’économie du savoir
et de la connaissance, en s’appuyant sur les nouvelles technologies de l’information et de la
communication(NTIC).

Cette nouvelle donne doit constituer une nouvelle étape devant marquer aussi bien les
méthodes de travail et de coordination, que la nature des produits du système statistique
actuel. L’engagement d’une réflexion stratégique et volontariste associant les principaux
producteurs de l’information statistique officielle s’avère nécessaire afin de pouvoir relever
les défis futurs de la régionalisation de l’appareil statistique et de redéfinir les rôles, les
missions et les démarches permettant de s’aligner sur les standards nationaux et
internationaux en matière de qualité des statistiques publiques.

La statistique régionale est l’un des vecteurs importants d’accompagnement et de succès de


la régionalisation élargie. En effet, les actions qui seront entreprises tant au niveau de
diagnostic des problématiques régionales et locales, qu’au niveau de l’analyse et de
l’élaboration des stratégies et des politiques de développement, dépendront largement de la
disponibilité de données de qualité satisfaisant l’ambition des décideurs de disposer des
statistiques :

29
 Accessibles : autorisant la facilité d’accès et d’utilisation des données de
manière simple, selon les modes ergonomiques en s’adaptant aux besoins des
différents utilisateurs ;

 Fiables : permettant de décrire fidèlement et objectivement la réalité étudiée


tout en respectant, lors de la production, les démarches statistiques requises à même
de réduire l’univers des erreurs possibles ;

 Régulières et actualisées : produite régulièrement, à échéances déterminées et à


intervalles précis, l’information statistique permettra la réalisation d’analyses
longitudinales ;

 Spatialisées : la nécessité de disposer de données statistiques à caractère


spatial (statistiques régionales, infrarégionales et locales) pour l’élaboration
d’études et d’analyses sur des problématiques relatives à la compréhension des
dynamiques des économies régionales et locales et des structures de la géographie
économique ;

 Pertinentes : répondant de manière exhaustive et impartiale aux besoins des


utilisateurs compte tenu des changements de l’environnement national et international.
Ces éléments constituent des enjeux majeurs pour tout système statistique qui se veut
moderne et plus particulièrement lorsqu’il s’agit de compiler l’information à des niveaux
plus fins de l’organisation administrative territoriale.

Actuellement, la situation de la statistique régionale reste marquée en grande partie par des
insuffisances qui affectent la qualité des informations, voire leur disponibilité et leur
exhaustivité.

Ces insuffisances ne permettent que partiellement la réalisation de recherches approfondies


sur les problématiques du développement économique et social au niveau régional et local,
ce qui constitue des facteurs de blocage pour l’aide à la prise de décision collective.

Des écarts existent entre l’offre statistique, reflétée par les informations statistiques
publiques et les attentes des utilisateurs potentiels en matière de données précises et mises à
jour, ce qui les contraint à procéder à des approximations qui peuvent se révéler fallacieuses.

Face aux contraintes contextuelles locales, certains services extérieurs des ministères censés
produire des statistiques pour le compte national ne disposent pas de capacités humaines et
logistiques leur permettant de répondre aux besoins des acteurs locaux. Aussi, dans un
contexte encore centralisé de production de l’information statistique, ces services manquent
30
de marges de manœuvre suffisantes pour répondre convenablement aux besoins régionaux et
locaux. Au surplus, la conception du dispositif statistique au niveau de ces services
extérieurs n’autorise pas la production de données assez détaillées au plan géographique.
Pour des raisons liées aux coûts des opérations statistiques ou pour des considérations
inhérentes à la programmation des enquêtes, il est hors de portée de disposer de données
locales assez détaillées et représentatives. Aujourd’hui, les progrès de l’informatique, le
développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication et la
généralisation progressive de l’accès à l’Internet permettront de surmonter ces difficultés et
de rendre plus conviviale l’utilisation des données statistiques.

Afin d’accompagner les changements liés au chantier de la régionalisation élargie et de


contribuer à sa réussite, il serait indispensable de procéder à la révision et à l’actualisation
du cadre juridique régissant la loi statistique ainsi que les décrets relatifs à la production, la
coordination et le fonctionnement du COCOES.

 
la mise à niveau sociale des régions

Toutefois, et comme souligné plus haut, la mise à niveau sociale des régions est perçue
comme un préalable à l’opérationnalisation du nouveau modèle de gouvernance
territoriale. En effet, nombre de régions accusent des déficits énormes en tous points devue
(social, économique, infrastructurel et culturel). Les politiques d’aménagement du territoire
mises en place auparavant ne sont pas arrivées à bout de ces déficits.

Cependant, l’Initiative nationale pour le développement humain, mise en place depuis 2005,
se donne pour objectif principal de réduire les inégalités régionales, communales et, partant,
l’amélioration de l’indicateur de développement humain par une forte mobilisation des
acteurs locaux et une implication directe de l’État, aussi bien financière qu’en matière
d’élaboration des politiques de lutte contre la précarité, la vulnérabilité et la dotation de
certaines régions ou communes des infrastructures nécessaires. Cependant, des inégalités
intolérables persistent à la fois entre les régions et entre celles-ci et les communes se situant
dans leur périmètre.

D’où l’importance d’une nouvelle politique d’aménagement du territoire afin de garantir à


toutes les régions le même point de départ. En effet, des politiques d’équité territoriales
s’avèrent la condition sine qua non à la réussite de nouveau modèle de régionalisation
avancée.
31
En définitive, les réformes de régionalisation avancée en cours au Maroc sont considérées
comme des mutations profondes caractérisant les modalités d’intervention de l’État et ses
rapports avec les acteurs territoriaux.

La nouvelle gouvernance territoriale en gestation nécessite une conjugaison des efforts entre
les acteurs locaux et nationaux afin de donner naissance à de nouveaux projets de
développement économique, social et culturel.19

b. L’amélioration de la gouvernance :20


Le développement d’une vision stratégique de développement, déclinées en options
régionales, est indispensable pour définir les orientations et les objectifs sectoriels et
territoriaux de l’Etat à un horizon lointain, ce qui permet à la région et aux autres partenaires
d’avoir plus de visibilité sur les options politiques de l’Etat et donc d’adapter leurs stratégies
régionales aux orientations générales de l’Etat.

La stratégie dont l’élaboration est un préalable, ne suffit pourtant pas pour porter la
contractualisation, dont la concrétisation est tributaire de la déclinaison de la vision en
programmes d’action territorialisés avec des projets intégrés, glissants et classés selon les
priorités. Cela permet notamment d’anticiper les actions de l’Etat et se préparer aux
opportunités d’intégration, à travers la définition des priorités régionales et les possibilités
de mobilisation de financement.

Ainsi, le renforcement du rôle des régions passera nécessairement par une réforme électorale
afin que les membres du conseil régional puissent être élus au suffrage universel direct.
L’objectif étant de substituer les élus du peuple aux élus des élus. De cette manière,
l’exécutif de la région sera élu directement. Ce qui peut être considéré comme une avancée
majeure dans la gouvernance territoriale. En effet, les élus de la région auront à rendre
compte directement à leur électorat régional.

La régionalisation avancée, est considérée une nouvelle gouvernance territoriale dans la


mesure où elle repose sur les éléments suivants :

La promotion de la pratique contractuelle.


La convergence des politiques nationale et régionale.

19
Rapport sur la régionalisation avancée, état des lieux, perspectives, et vision, du Mouvement Populaire
20
Rapport sur la régionalisation avancée, état des lieux, perspectives, et vision ,du Mouvement Populaire, p :14
32
Une bonne articulation du national et du régional au niveau de la conception des
projets.
L’existence de véritables programmes régionaux.
La responsabilisation des porteurs de projets sur la base d'objectifs précis.
Revitalisation du projet démocratique et réconciliation du citoyen avec la politique.
Un découpage qui donne aux régions une véritable cohérence économique et une
convivialité humaine.

33
Chapitre III : Etude de cas complexe social IBTISSAMA
Section1: Le complexe social ibtissama
1- Présentation de complexe

La ministre du développement social, de la famille et de la solidarité,

Mme Nouzha Skalli, a présidé, une réunion du conseil d'administration du complexe social
"Ibtissama" à Meknès qui a approuvé le règlement interne, le cahier des charges et ses rapports
moral et financier.
Les travaux de ce conseil, auxquels a assisté le wali de la région de Meknès-Tafilalet et gouverneur
de la préfecture de Meknès M. Mohamed Faouzi, ont été marqués par la formation d'un nouveau
bureau qui comprend, outre le président, un secrétaire général, un trésorier et son adjoint, ainsi
que trois assesseurs.
Ouvrant les travaux, Mme Skalli a souligné que le complexe social "Ibtissama", qui rentre dans le
cadre du plan stratégique du ministère relatif aux services de proximité, traduit l'esprit participatif
existant entre le pôle social, les autorités locales et la société civile. Le complexe est aussi un défi à
plusieurs niveaux et comporte plusieurs dépendances de nouvelle génération, a-t-elle dit.
Dans ce sens, elle a souligné le rôle du centre "Ibtissama" en matière de prise en charge des
catégories sociales démunies, notamment les femmes victimes de violence, les enfants de la rue et
les personnes âgées.
La ministre a, à cette occasion, passé en revue le bilan des unités du complexe, dont celles de
protection de l'enfance qui a fourni, de septembre 2010 à juin 2011, près de 700 prestations en
faveur des enfants victimes de violence, portant sur des études de terrain, le diagnostic et l'analyse
de la situation, la réinsertion, la médiation et le suivi, outre 304 autres services de nature
psychologique et 542 à caractère administratif, tel le soutien juridique et l'exécution des
jugements.
Mme Skalli a noté que son département compte faire du complexe " Al Ibtissama" une expérience
pilote au niveau national, à travers le renforcement de ses structures, de ses services et de ses
méthodes de gestion afin qu'il puisse devenir un pôle social local qui exporte son expertise en
matière de formation, de soins d'urgence, de lutte contre la violence, de protection et de suivi des
personnes en situation difficile.
De son côté, M. Mohamed Faouzi a salué le bilan "important" du centre depuis sa création,
soulignant que ces résultats illustrent la mobilisation et la volonté de tous les partenaires.
Il a fait part de la disposition des autorités locales à soutenir le complexe à travers la mobilisation
de davantage de ressources humaines, appelant à la rationalisation des dépenses.
Le président du conseil municipal, M. Ahmed Hilal, a indiqué, de son côté, que la création du centre
constitue une fierté pour la ville de Meknès et ses habitants, compte tenu de l'ampleur des services
rendus et des domaines de son intervention.
Il a affirmé que le conseil municipal, qui soutient plus de 800 associations locales dans le cadre de
conventions de partenariat, compte conclure un accord avec l'administration du centre pour
l'octroi d'une subvention de gestion et de financement des actions.
Quant au coordinateur général du centre, M. Mohamed Khokchani, il a présenté à cette occasion
les rapports financiers et moral et les importantes réalisations du centre, comprenant 5532 services
portant sur l'assistance médicale, administrative, sociale et le soutien psychologique par le biais
d'unités spécialisées.

34
Le budget du centre a atteint 6.479.995 de dirhams pour la période du 1er mai 2010 au 30 juillet
2011, assurés principalement par le ministère et des subventions des autorités de Meknès dans le
cadre de l'Initiative nationale pour le développement humain.
Auparavant, Mme Skalli, en compagnie notamment du wali de la région Mekhnès-Tafilalet et de
membres du conseil administratif du centre, ont procédé à la distribution de denrées alimentaires
au profit de plusieurs bénéficiaires.

2- La régionalisation en pratique

Quelles sont les répercussions de la régionalisation avancée sur la gestion


administrative du complexe?
a. L’adaptation des services aux besoins des usages

• Evaluation de dégrée
de satisfaction des
bénéficiaires
Amélioration • Lancer des
de la qualité compétition entre
de service les différentes
complexe nationaux

b. Subsidiarité

35
Avant : la discussion et l’acceptation des
projets ce fait au niveau de l’entraide national
• Un processus long

Maintenant : au niveau régional

• Plus efficace

c. L’approche genre

Soutien
psychologique

Formation

Intégration au
marché du travail

d. La transparence
Il s’agit d’un parti pris qui doit prendre forme dans l’action quotidienne des administrations

 l’équité

 Respecter les procédures

 La justification des opérations

36
Conclusion : En revanche que la régionalisation avancée joue un rôle très important au
niveau de l’amélioration de la qualité de service rendus aux citoyens, mais on ne peut pas
dire que toutes les principes de RA sont applicables au niveau de l’administration
publique……

37
Conclusion générale

La régionalisation avancé Par sa nature et sa portée, il s’agit d’une réforme

de grande envergure qui affecte de nombreux aspects de la vie de la société.

En effet, la gouvernance sous toutes ses dimensions, politique, économique,

sociale, culturelle, environnementale et territoriale, en est profondément

modifiée.

Le renforcement significatif de la capacité des régions à s’inscrire pleinement

dans le projet de régionalisation avancée paraît tributaire, dans une large

mesure, des diverses réformes et mesures qui seront engagées pour la

valorisation, l’optimisation et la diversification des ressources financières des

collectivités pour l’exercice de leurs nouvelles missions. La crédibilité politique

de la région suppose un niveau de ressources nettement supérieur à celui qui

existe aujourd’hui pour animer et mettre en mouvement le développement

économique et social avec l’appui et l’implication des acteurs locaux dont, plus

particulièrement le secteur privé.

Ce saut qualitatif nécessaire devrait aussi toucher les procédures qui appellent

une rénovation pour ouvrir le champ à la promotion de la politique contractuelle

et pour fournir une base réelle à la déconcentration. Il y a là un vaste

programme qui demandera plusieurs années et dont le déploiement devrait être

empreint d’une double exigence : la lisibilité et la progressivité.

38
Bibliographie

 Ouvrage et articles :
 CCR/Rapport sur la régionalisation avancée/Livre III : la régionalisation
avancée au service du développement éco. & social
 La Revue marocaine d'Administration Locale et de Développement (REMALD
N° 92) : PILOTAGE DE LA GOUVERNANCE TERRITORIALE AU MAROC
 Coopération décentralisée, un levier pour l’intercommunalité : Entretien avec
Abdelouahed Ourzik, gouverneur directeur des Affaires juridiques, des
études, de la documentation et de la coopération. Publié le : 21 Avril 2015 LE
MATIN
 Rapport sur la régionalisation avancée, état des lieux, perspectives, et vision,
du Mouvement Populaire,
 Article Écrit par Leseco.ma Publication : 24 février 2016 Affichages : 3007
 SEMINAIRE REGIONAL, La Gouvernance territoriale au service de
l’investissement durable, Présentation : Tarik EL FEKKAK, CGEM
 « La démocratie participative face à ses obstacles » article de Bozzetti Julien,
mardi 18 octobre 2016
 « Exigences de la régionalisation avancée et défis de l’intégration des
politiques sectorielles »
 « Forum parlementaire des régions 2016 : les obstacles à la régionalisation »
 « Fonction publique: Les gâchis de la GRH », Abdelmounim BELALIA,
l’Economiste, 13/02/2015
 « La GRH à l'épreuve de la régionalisation avancée », article de presse,
Journal Le Matin, 27/12/2015
 « M. Choubani: La société civile jouit d'une place particulière dans la
nouvelle Constitution » article Mercredi 24 Juillet 2013
 Rapport du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) 2016

 Webographie :

 http://www.kas.de/marokko/fr/publications/49745
 http://www.kas.de/marokko/fr/publications/49745/
 http://www.leconomiste.com/article/1016984-l-evaluation-de-l-
action-publique-au- marocapres-le-discours-du-trone
 http://lematin.ma/journal/2015/le-maroc--une-nouvelle-gouvernance-
territoriale
 http://www.oasistafilalet.ma/main.php?id=1

39
Table des matières

Plan .......................................................................................................................................................... 1
Introduction :........................................................................................................................................... 2
Chapitre I : les fondements de la régionalisation avancé .............................................................. 4
Section1: cadre conceptuel et modèle de la régionalisation ...................................................... 4
1- régionalisation : concepts et terminologie.......................................................................... 4
a. la région : ......................................................................................................................... 4
2- La régionalisation : définition et terminologie * ................................................................. 5
a. Le régionalisme:............................................................................................................... 5
b. Décentralisation et Déconcentration : ............................................................................ 6
c. Fédéralisme ..................................................................................................................... 6
3- les modèles de la régionalisation et expériences internationales: ..................................... 7
a. L’Espagne : un modèle de l’État régional ........................................................................ 7
b. L’Allemagne : un modèle de fédéralisme: ....................................................................... 8
c. Modèle Français: ............................................................................................................. 8
4- Typologie des régionalisations ............................................................................................ 9
a. La régionalisation administrative: ................................................................................... 9
b. La régionalisation par les collectivités locales existantes: .............................................. 9
c. La régionalisation politique (régionalisme institutionnel): ............................................. 9
Section2: Processus de la régionalisation avancée ..................................................................... 9
1- Apparition de la régionalisation avancée .......................................................................... 10
2- Aperçu sur la loi organique 111-14 relative au région ...................................................... 11
3- les principes de la régionalisation avancée ....................................................................... 12
Chapitre II : la régionalisation avancée : une nouvelle réforme de l’Etat ..................................... 14
Section1: La régionalisation avancée : levier de développement de performance de l’action
publique 15
1- Une modernisation des institutions de l’Etat .................................................................... 15
a. Une volonté affirmée de consolider la démocratie au niveau local.............................. 15
b. Un schéma d’action dominé par l’élargissement des compétences des futures régions
15
c. Un poids politique plus affirmé des élus de la région ................................................... 16
d. Des régions solidaires et dotées des moyens pour réussir leurs futures missions : ..... 17
2- Dans le cadre d’une gouvernance territoriale, le rôle des acteurs tend à évoluer6 ......... 19

40
a. Mise à niveau des administrations des collectivités territoriales. ................................ 20
b. Evaluation et reddition des comptes............................................................................. 20
c. Modalités de gestion ..................................................................................................... 21
d. Système d’information. ................................................................................................. 22
Section2: les répercussions de la régionalisation avancé sur la gouvernance .......................... 22
1- La régionalisation avancée, pilier institutionnel de gouvernance..................................... 22
a. La commission consultative de la régionalisation ......................................................... 22
b. La réforme territoriale : ................................................................................................. 25
2- Des règles de gouvernance relatives à l’application du principe de libre administration 26
3- la régionalisation avancée comme nouveau mode de gouvernance ................................ 29
a. le defi de la gouvernance .............................................................................................. 29
b. L’amélioration de la gouvernance : ............................................................................... 32
Chapitre III : Etude de cas complexe social IBTISSAMA ................................................................. 34
Section1: Le complexe social ibtissama .................................................................................... 34
1- Présentation de complexe................................................................................................. 34
2- La régionalisation en pratique ........................................................................................... 35
a. L’adaptation des services aux besoins des usages ........................................................ 35
b. Subsidiarité .................................................................................................................... 35
c. L’approche genre ........................................................................................................... 36
d. La transparence ............................................................................................................. 36
Conclusion générale .............................................................................................................................. 38
Bibliographie.......................................................................................................................................... 39
Table des matières ................................................................................................................................ 40

41