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1 Modélisation et mesure des propriétés thermophysiques des fibres végétales naturelles par la

2 méthode du plan chaud asymétrique et la méthode du flux radial : fibres de kapok, de coco, de
3 rotin et de coque d’arachide
4
5LEMTA, Nancy-Université, CNRS 2, Avenue de la forêt de la Haye, BP 160, 54504
6Vandoeuvre Cedex France
7Laboratoire d’Energétique, Eau et Environnement, Ecole Nationale Supérieure Polytechnique
8de Yaoundé-Cameroun, BP 8390 Yaoundé
9
10Résumé
11Cet article présente deux méthodes de détermination des propriétés thermophysiques des
12fibres naturelles cultivées dans presque tous les pays du monde. Des mesures expérimentales
13ont été effectuées sur quatre fibres naturelles végétales sèches de faible densité: les fibres de
14kapok; les fibres de coques d'arachide; les fibres de rotin et les fibres de coco. L’effusivité
15thermique a été estimée par une méthode en régime transitoire (la méthode du plan chaud
16asymmétrique) et avec la mesure expérimentale de la capacité thermique massique par
17calorimétrie différentielle (DCS) a permis de déduire la conductivité thermique de ces fibres.
18Les propriétés thermiques estimées par cette méthode sont alors comparées aux résultats
19obtenus par la méthode du flux radial, une méthode en régime permanent qui permet de
20mesurer directement la conductivité thermique. Les résultats expérimentaux comparés par ces
21deux méthodes sont en bon accord (erreur relative < 5 %). Les conductivités thermiques des
22fibres de kapok (λ=0.045 W m-1K-1) et les fibres de coco (λ=0.055 W m-1K-1) alors obtenus
23montrent qu’ils peuvent être utilisées comme isolants de substitution aux isolants synthétiques
24comme les fibres de polyester (λ=0.045 W m-1K-1) ou la laine de verre (λ=0.04 W m-1K-1) et
25servir ainsi d’alternative dans la mesure ou les isolants synthétiques ne sont pas toujours
26d’origine renouvelables. Aussi les conductivités thermiques des fibres de kapok et de coco
27étant en accord avec les résultats obtenus par d’autres méthodes de mesure dans la
28littérature, nous permet de dire que le modèle quadripolaire 1D développé pour l’estimation
29des propriétés thermiques des fibres en vrac est valide et peut permettre une bonne estimation
30des propriétés thermophysiques. Dès lors, la conductivité thermique des fibres de coques
31d’arachide et des fibres de rotin estimées sont de l’ordre de λ=0.093 W m -1K-1 et λ=0.072 W
32m-1K-1 respectivement.
33

1 1
34Mots-clés: régime transitoire, la méthode de flux radial, fibres naturelles, méthode
35quadripolaire, propriété thermique
36
37Points clés
38
39- L'effusivité thermique est estimé pour des différentes fibres avec un modèle transitoire
40- La conductivité thermique est mesurée avec une méthode en régime permanent
41- Les valeurs des conductivités thermiques sont en bon accord avec les deux méthodes
42

44 1. Introduction
45

46Avec le réchauffement de la planète qui se fait de plus en plus ressentir sur la planète, l'une
47des solutions pour ralentir la croissance de cette dernière est la réduction de l’émission des
48gaz à effet de serre. Dans le secteur du bâtiment, l’émission des GES est principalement liée à
49la forte consommation énergétique par le biais de l’utilisation des appareils procurant un bon
50confort thermique dans l’ambiance intérieur du bâtiment, mais fortement émetteurs de CO 2.
51Cette forte consommation constatée est dû soit à la mauvaise isolation de l’enveloppe du
52bâtiment, soit à l’emploi des matériaux ayant une grande valeur du coefficient de conductivité
53thermique. Un des défis serait alors de réduire considérablement la consommation d'énergie
54en développant des matériaux de construction isolants ou en fabricant de matériaux isolants à
55faible énergie grise capable d'isoler de manière optimale un bâtiment [1]. Aujourd'hui, l’un
56des matériaux les plus utilisés pour l’isolation des bâtiments sont les fibres de verre.
57Cependant, ces fibres ne sont pas toujours d’origine renouvelables et pose alors le problème
58de leur élimination en fin de cycle de vie. Les fibres de verre posent également des problèmes
59en matière de santé et de sécurité. Par exemple, ils provoquent des irritations de la peau lors
60de leurs manutentions manuelle pendant le transport ou pendant leur traitement. Une
61alternative écologique intéressante aux fibres de verre serait alors l’utilisation des fibres
62végétales naturelles.
63Des études [1, 2] ont montrés que les matériaux de construction à base de fibres végétales sont
64une réponse parfaite au problème de l’impact environnemental des matériaux (énergies grises
65et émissions polluantes) et de la réduction de la consommation énergétique du bâtiment. En
66Europe par exemple, l’une des fibres végétales les plus valorisées sont les fibres de chanvre.
67Les recherches [3,4] effectuées sur cette fibre ont permis à ce jour de déterminer ces

2 2
68propriétés: mécanique, thermique et hydrique. Samri [5] et Evrard [6], ont montrés que les
69bétons à base de chanvre présente des très bonnes performances hygrothermiques (λ=0.046 W
70m-1 K-1) et permettent d’assurer un bon confort thermique. En ce qui concerne l’Afrique, elle
71regorge une grande variété de fibre naturelle végétale, parmi lesquelles: le rotin; le kapok;
72coquille d'arachide; le bois; les fibres de coco; le bambou; les gousses de mil; les fibres de
73palmier ou encore la sciure de bois. Au Cameroun, ces fibres sont disponibles en grandes
74quantités sur le territoire national et non valorisées. La plupart de ces fibres sont jetés dans
75l’environnement et sont alors source de pollution ou alors brulés en des grandes quantités
76générant des GES responsable du changement climatique. Un moyen de recyclage serait alors
77de valoriser ces fibres en les incorporant comme agrégats aux matériaux de construction
78locaux.
79Plusieurs auteurs se sont intéressés à la caractérisation des matériaux locaux incorporant des
80fibres naturelles isolantes. Bal et al [7] a incorporé à la latérite des gousses de mil à des
81proportions différentes. Il a étudié l’influence de la teneur en gousse de mil sur la conductivité
82thermique du matériau composite brique de latérite-gousse de mil, mais dans son étude, il n’a
83pas estimé préalablement les propriétés thermiques des gousses mil qui ne sont pas connues
84dans la littérature. Meukam [8] a incorporé à la latérite des fibres d’ayous. Il a montré que
85cette incorporation optimise la capacité d’isolation du matériau composite fabriqué. Mais
86également dans son étude une estimation de la conductivité thermique des fibres d’ayous n’a
87pas été réalisée. Asangwing [9] a incorporé à de la latérite, des fibres de palmier à huile a des
88proportions allant de 1 % à 12 %. Il a déterminé la conductivité thermique du matériau
89élaboré non pas par une méthode expérimentale, mais avec un dispositif électronique qui
90indique la conductivité thermique à partir de l’application des électrodes de l’appareil sur le
91matériau fabriqué. Egalement, dans son étude les propriétés thermique des fibres de palmier
92ne sont pas estimées et ne sont pas connues dans la littérature. Mekhemerche [10] a réalisé un
93matériau composite en incorporant à de l’argile (37%) et du sable (40 %), 3 % de fibres de
94palmier d’Algérie. Il est arrivé à une résistance en compression de 3.24 MPa. Il a montré que
95les briques confectionnées avec un pourcentage maximum de 3% de fibres de palmier
96peuvent améliorer l’isolation thermique d’un bâtiment. Mais également dans son étude il ne
97détermine pas au préalable les propriétés thermiques des fibres de palmier incorporées.
98De toutes ces études, les propriétés thermiques et mécaniques des fibres incorporées comme
99agrégats aux matériaux locaux de construction (latérite pour la plupart) ne sont pas déterminés
100et ne sont pas connues dans la littérature. Néanmoins, l’ajout de ces fibres optimise les
101capacités d’isolations du matériau composite mis en place. De ce fait, la connaissance

3 3
102préalable des propriétés thermiques et mécaniques de fibres incorporées est un enjeu
103important dans la mesure où leurs connaissances peuvent permettre de prévoir le caractère
104isolant d’un matériau composite lorsqu’on lui incorpore différents agrégats.
105Généralement, le principal paramètre thermophysique qui permet de classer un matériau
106comme un matériau isolant est la conductivité thermique. Il existe plusieurs méthodes de
107détermination de la conductivité thermique, donc les plus fréquents sont :
108 - La méthode du fil chaud [11, 12]
109 - La méthode de la plaque chaude gardée [13, 14]
110 - La méthode du hot-disc [15, 16]
111 - La méthode du tri-couche [17]
112Parmi ces méthodes, la seule méthode qui à priori pourrait permettre de déterminer la
113conductivité thermique des fibres en vrac est la méthode du fil chaud. Les autres méthodes
114sont dédiées aux échantillons ayant une forme géométrique bien précise. Les échantillons
115étudiés ici étant des fibres en vrac et légère, un fil chaud avec un très faible diamètre (moins
116de 1 mm) ne serait pas très adapté pour la mesure de l’élévation de température le long du fil
117traversant les échantillons de fibres. Dans la mesure où le contact entre les fibres et le fil n’est
118pas parfait ceci pourrait conduire à une valeur erronée de la conductivité thermique estimée.
119L’objectif de ce travail est alors de proposer deux méthodes de mesure de la conductivité
120thermique de fibres végétales (fibres de kapok, fibres de coco, fibres de coques d’arachides et
121fibres de rotin).
122 - La première méthode: la méthode du plan chaud asymétrique qui est une méthode en régime
123 transitoire, permet l'estimation de l'effusivité thermique E à partir de deux modèles :
124  L’exploitation de la pente de la courbe expérimentale des températures

125 T(t)=f ( t ) permet une pré-estimation de E pour le modèle simplifié


126  En utilisant la valeur pré-estimée, la minimisation de la somme des carrés des
127 écarts quadratiques entre les valeurs des températures expérimentales et
128 celles simulées par la modélisation quadripolaire permet l’estimation de E
129 pour le modèle complet. Cette estimation est faite sur un intervalle de temps tel
130 que les résidus soit centré autour de zéro degré
131 Dans les deux cas, l’exploitation des températures expérimentales se fera à partir
132 d’un code de calcul en Matlab. La mesure expérimentale de la capacité thermique
133 massique par calorimétrie à balayage différentiel permet avec l’estimation de
134 l’effusivité thermique de déduire avec la conductivité thermique de ces fibres.

4 4
135 - La seconde méthode, la méthode du flux radial, qui est une méthode en régime
136 permanent dans laquelle le fil chaud remplacé par un tube en acier inoxydable permet
137 une mesure directe de la conductivité thermique.
138Le calcul des écarts relatifs entre ces deux méthodes de mesures nous permettra de valider les
139résultats expérimentaux de la conductivité des fibres et de les comparés à ceux de la
140littérature.
141
1422. Echantillons et dispositif expérimental
1432.1 Préparation des échantillons
1442.1.1 Fibres de kapok
145La Fibre de kapok est une fibre cellulosique naturelle qui se développe sur le kapokier. Il se
146compose des fibres unicellulaires comme celles du coton, mais elles sont sept fois moins
147dense [18] que ceux de cette dernière et ont une flottabilité qui peut avoir vingt fois son poids.
148Les fibres de kapok (Fig 1) étudié dans le présent article proviennent de la région de
149l'Extrême-Nord du Cameroun.

150
151 Fig 1: Natural fibers kapok: a) kapok fruit; b) fibers of kapok
152
153Plusieurs auteurs se sont intéressés aux fibres de kapok. Voumbo et al [19] a mesuré la
154conductivité thermique des fibres de kapok par la méthode des boîtes [20, 21]. Il a obtenue
155des valeurs de conductivité variant entre 0,03 W m-1 K-1 et 0,04 W m-1 K-1. Pang Cui et al [22]
156a étudié le transfert d’un flux de chaleur pour différentes températures à travers des fibres de
157kapok. La valeur de la conductivité thermique des fibres de kapok utilisé pour ses expériences
158était 0,0486 W m-1 K-1. Faming et al [23] au terme de son étude a proposé que les fibres de

5 5
159kapok peuvent être utilisées en lieu et place des fibres de canard pour la fabrication des
160blousons.
161Le processus d’obtention des fibres de kapok pour la mesure de ses propriétés thermiques est
162le suivant:
163 - Les fibres entourant les graines murent (Fig 1.a) arrivées à maturités sont alors
164 séparées de la capsule du fruit de kapok et traités en enlevant toutes les parties solides.
165 On obtient alors des fibres végétales très légères comme le montre la figure 1.b
166 - Ces fibres sont alors séchées à l’air libre avant d’être placé pendant 48 h dans une
167 chambre à vide dans laquelle la pression peut être abaissée en dessous de 1 Pa
168 - Une fois sorti de la chambre à vide, elles sont emballées dans un sac plastic étanche
169 dans le but de les maintenir à une teneur en eau nulle

1702.1.2 Les fibres de coques d’arachide


171Les coques d’arachides étudiées dans cet article proviennent de la région de l'Ouest du
172Cameroun. En effet, au Cameroun l’industrie de l’huilerie génère en moyenne 3000 tonnes de
173coques d’arachide [24]. Lors de la combustion de ces stocks d’importantes quantités de gaz
174carbonique sont émises dans l’atmosphère contribuant au réchauffement climatique. Il est
175donc important de recycler et valoriser thermiquement ces coques d’arachide. Au Sénégal et
176en Gambie [25], par exemple, les briques de coques d’arachide (biocharbon) sont utilisées
177comme combustible comme solution alternative à la déforestation.

178
179 Fig 2: Peanut: a) peanut nut; b) peanut shell fibers
180
181Avant la mesure de ses propriétés thermophysiques, le processus d’obtention des fibres de
182coques d’arachides est le suivant:

6 6
183 - La gousse d’arachide récoltée de la terre humide est séchée à l’air ambiant pendant
184 plusieurs semaines. Ce processus permet à la terre de se libérer de la coque
185 - Les graines d’arachides comme le montre la Fig 2.a, sont alors séparés de la coque à
186 l’aide d’une machine à décorticage
187 - Les déchets de coques d’arachides sont alors récupérés et légèrement écrasé à l’aide
188 d’un moule mécanique. On récupère alors les copeaux de coques d’arachides comme
189 le montre la Fig 2.b, que nous séchons à l’aide d’une chambre à vide pendant 48 h.
190 - Après tirage sous vide, les fibres sont emballées dans un sac plastic étanche.

1912.1.3 Fibres de coco


192Les fibres de coco étudiées dans cet article proviennent de la région du Centre-Cameroun. En
193génie civil, les fibres de coco sont utilisées comme matériau de renforcement [26]. D’après Li
194Z. et al [27] qui a inventé la CFB, a montré que les fibres de noix de coco peuvent remplacer
195des matériaux de construction tels que des tuiles, les briques, les contre plaqués. Il a
196également montré que ces fibres peuvent également fournir un bon confort thermique.
197Momohar et al [28] en utilisant une méthode de caractérisation en régime permanent (ASTM
198C518) a montré que la conductivité thermique expérimentale des fibres de noix de coco à 21,8
199° C se situe entre 0,05009 W m-1 K-1 et 0,05758 W m-1 K-1 pour une masse volumique variant
200entre 40 et 90 kg m-3.

201
202 Fig 3: coconut: a) coconut husk; b) coconut fibers treated
203Avant la mesure de ses propriétés thermophysiques, le processus d’obtention des fibres de
204coco est le suivant:
205 - le fruit de coco est cueillir du cocotier une fois arrivé à maturité
206 - les fibres de coco entrelacées entre elles, comme le montre la Fig 3.a sont alors
207 séparées de la noix et séchées pendant plusieurs jours à l’air ambiant. Ces fibres

7 7
208 séchées sont alors trempées dans l’eau pendant plusieurs jours. Une machine à rotation
209 (285 tr/mn) permet de mélanger l’ensemble des fibres et faciliter leurs séparations. On
210 obtient des fibres comme le montre la Fig 3.b
211 - Après tirage sous vide, les fibres sont emballées dans un sac plastic étanche.
212

2132.1.4 Fibres de rotin


214Fibres de rotin (voir Fig 4) sont superficiellement semblables aux fibres de bambou.
215Contrairement au bambou, les tiges de rotin sont plus solides, mais la plupart des espèces ont
216besoin de s’accrocher à un support et ne peuvent se maintenir par eux même à l’équilibre. En
217forêt où pousse le rotin, sa valeur économique peut aider à protéger les terres forestières, en
218offrant une alternative aux bûcherons qui renoncent à l'exploitation forestière de bois et
219récolte plutôt les cannes de rotin. Dans certains village du sud Cameroun, les fibres de rotin
220sont mélangées à de la terre pour construire des habitations, comme le montre la Fig 4.b.
221Les fibres de rotin étudiées dans cet article proviennent de Limbe (région du sud-ouest du
222Cameroun). Avant la mesure des propriétés thermophysiques, elles ont été coupées en minces
223fibres et dans une chambre sous vide pendant 48 h.

224
225 Fig 4: Rattan: a) rattan fibers; b) mud house + fiber rattan
226
2272.2 Dispositif expérimental
228Le dispositif expérimental mis en place pour la mesure de l’effusivité thermique est représenté
229à la Fig 5. C’est un dispositif plan chaud asymétrique qui permet l’enregistrement de la
230température au centre de l’élément chauffant.

8 8
231
232 Fig 5: View of the experimental device
2332.2.1 Processus de calibration de l’élément chauffant
234La température au centre de la résistance chauffante est mesuré avec un thermocouple de type
235K dont les fils ont un diamètre de 0,002 mm. Ces fils sont collés au centre de la résistante
236chauffante MINCO HK 5178. La Fig 6 montre le schéma du processus de calibration.
237

238
239
240 Fig 6: Scheme of calibration process of the heating element
241
242La conductivité thermique du polystyrène mesurée par la méthode de la mini plaque chaude
243[29] est de 0,032 W m-1K-1 et sa capacité calorifique volumique icpi=48000 J m-3 K-1. Avec ces
244données, en utilisant une méthode plan chaud symétrique qui minimise la fonction

9 9
n
2
245 F = ��
(DTc )exp (ti ) - (Tc ) mod el (ti ) �
� �ou (Tc (t )) mod est l’inverse de la transformée de Laplace
i =1

246 q c ( z, p) donnée par:


f0 Bi
q c ( z, p) =
247 2 p j h ch eh B p + D (1)
i i
2
248Ou:
249h, ch et eh sont respectivement la masse volumique; la chaleur spécifique massique et
250l’épaisseur de la résistance chauffante.
251Bi et Di sont les coefficients de la matrice quadripolaire du matériau isolant
252La surface estimée et la capacité thermique par unité de surface de la résistance chauffante
253sont alors respectivement 0.010141 m2 et 590.626 J m-2K-1
254
2552.2.2 Programme expérimental
256La résistance chauffante calibré inséré entre deux films de polyamide est collé sur la face
257plane du matériau isolant de section 150 mm ×150 mm et d’effusivité thermique connu. Sur
258les sections non occupées (50 mm50 mm) par l'élément chauffant du matériau isolant, on
259colle un autre échantillon de polystyrène de même épaisseur mais sur lequel on a pratiqué un
260trou rectangulaire de même section que la résistance chauffante et de 5 cm de profondeur. Le
261processus de mesure de l’effusivité thermique est le suivant:
262 - Les fibres en vrac sont insérées dans le trou rectangulaire à la main en petit tas et
263 pressé jusqu’à ce que les fibres remplissent complètement le volume.
264 - Avant l’enregistrement des températures, les fibres contenues dans l’espace
265 rectangulaire sont versées dans un sac plastique sec de masse connue.
266 - Les échantillons de fibres sont alors pesés et séchés pendant 48 h à l’aide d’une
267 chambre à vide.
268 - Après ces 24 h, ces fibres sont encore repesées pour avoir la masse sèche. Connaissant
269 le volume apparent Va du trou rectangulaire 10 cm10 cm5 cm et la masse apparente
270 mf, on déduit leurs masses volumique apparente ρapp par la relation.
mf
271 j app = (2)
Vapp

272 - Les fibres sont alors rapidement reversées dans le trou rectangulaire et couvert par un
273 film plastique pour maintenir la teneur en eau proche de zéro. Au dessus des fibres, on

10 10
274 place un bloc d’aluminium (voir Fig 5) de 4 cm d’épaisseur et de section 130 mm130
275 mm, le but étant de maintenir l’humidité de l’air proche de zéro.
276
277L’ensemble de ce dispositif expérimental est placé sur un bloc isotherme d’épaisseur 20 mm
278et de section 200 mm×200 mm. La température (T0) de ce bloc isotherme est supposée

h� L
279uniforme. Cette hypothèse est validée si le nombre de Biot Bi = est inférieur à 0,1 [30].
l Al
280En effet, en considérant un coefficient de convection h=10 W m-2 K-1, la conductivité
281thermique des blocs lAl=200 W m-1 K-1 conduisent à Bi = 0.01, soit donc la température des
282blocs d'aluminium peut être considérée comme uniforme. Un échelon de flux de chaleur est
283envoyé à l’élément chauffant au moyen d’un générateur de tension et on enregistre la
284température Th(t) au centre de l’élément chauffant.
285
2863. Modélisation
287La modélisation est basée sur les hypothèses suivantes:
288 - le système est initialement a la température ambiante de l’air Ta
289 - le polystyrène étant un matériau isolant, la résistance de contact à l'interface de
290 résistance chauffante /matériau isolant sera négligée;
291 - les fibres sont sèches, donc pas les transferts de masse
292
2933.1 Modèle 3D
294Si T(x,y,z,t) est la température à travers les fibres, l'équation de transfert de chaleur est la
295suivante:

296
297
298 Fig 6: Schema of the modeled 3D system

11 11
�2T ( x, y , z , t ) �2T ( x, y, z, t ) �2T ( x, y, z, t ) 1 �T ( x, y , z, t )
299 2
+ 2
+ 2
= (3)
�x �y �z a � t
300La condition initiale est:
301 t = 0, T ( x, y, z, 0) = Ta (4)
302Les conditions aux limites (Fig 6) sont:

T (0, y, z , t )
303 x = 0 =0 (5)
� x

T (x, 0, z , t )
304 y = 0 =0 (6)
� y
z = e 0 �x �c et 0 �y �d
305 �T (x, y, e, t ) (7)
-l = h1 (T (x, y, e, t ) - Ta )
� z
T (c+ a, y, z, t )

306 x = c + a -l = h(T (c+ a, y, z, t ) - Ta ) (8)
� z
T (x, y, 0, t ) Th (x, y, t ) - T (x, y, 0, t )

307 z = 0 -l = (9)
� z Rc


T (c, y, z, t ) �T (c, y, z, t )
308 x = c -l = - li i (10)
� x � x

T (x, d, z, t ) �T (x, d, z, t )
309 y = d -l = -li i (11)
� y � y

Tc ( x, y, t ) �
T ( x, y, 0, t ) �T ( x, y , 0, t )
310 z = 0 f0 = jh ch eh -l + li i (12)
� t � z � z
311
312Où:
313 l est la conductivité thermique des fibres (W m-1 K-1);
314a est la diffusivité thermique des fibres (m2 s-1);
315 li conductivité thermique du polystyrène (W m-1 K-1);
316ei est l'épaisseur (m) du bloc de polystyrène;
317Ti est la température au centre du bloc de polystyrène;
318Th est la température au centre de l'élément chauffant;
3192c et 2d sont respectivement la largeur et la longueur (m) de l'espace rectangulaire dans lequel
320les fibres sont contenues;
321 h1 est le coefficient de transfert de chaleur par convection
322h est le coefficient de transfert de chaleur par convection sur les faces latérales du matériau
323isolant

12 12
324 f0 est la densité de flux thermique produite dans l'élément chauffant.
325L’équation (7) correspond à la continuité du flux thermique au dessus des fibres. L’équation
326(9) correspond à la continuité du flux de chaleur produit à l’interface résistance à l’interface
327(résistance thermique de contact Rc) résistance chauffante/fibres. Les équations (10) et (11)
328représentent la continuité du flux thermique sur chaque face, à l’interface fibres/polystyrène.
329En utilisant la méthode de séparation des variables, il est impossible de résoudre l'équation
330(1) par une méthode analytique du fait que les températures T (x, y, z, t), T h (x, y, t) et Ti (x, y,
331z, t) ne sont pas égales, de plus il n’y pas continuité des diffusivité thermique a et a i. Soit
332alors, la seule méthode de résolution de cette équation est la méthode numérique.
333En utilisant la valeur de la conductivité thermique obtenue par estimation à partir du modèle
334simplifié 1D, nous avons simulé par Comsol un quart du dispositif expérimental. La Fig 7
335montre une simulation du dispositif avec les propriétés thermophysiques des coques
336d’arachide (l=0.097 W m-1 K-1, cp=218.0089 103 J m-3 K-1).

337
338 Figure 4: Schéma du quart du dispositif expérimental simulé pour les coques d’arachide:
339 e=5cm, l=0.097 W/m/ K, cp=218.0089 103 J m-3 K-1, h=10 W m-2 °K-1, h1=10 W m-2 °K-1
340
341En considérant les températures simulées (T (t ))comsol (pas de temps de 0.5 s) à l’aide de
342Comsol, dans un premier temps les pertes latérales convectives sur les faces du polystyrène
343h=0 W m-2 °C-1 et la convection sur les fibres h 1=10 W m-2 °K-1 (transfert 1D), et dans un
344second temps h=10 W m-2 °C-1 et h1=10 W m-2 °K-1 (transfert 3D), on calcule l’écart

13 13
T (t ) h =0 - T (t ) h =10
345 . Le temps tmax au bout duquel on obtient 1 % de cette différence relative est
T (t ) h =0
346tmax=450 s. Ainsi, l’intervalle de temps sur lequel une bonne estimation de l’effusivité
347thermique pourrait être obtenue dans l’hypothèse d’un transfert de chaleur unidirectionnel est
348[0, 450 s]. La validité de ce résultat pourrait être examinée en analysant les résidus
349d’estimation du modèle complet 1D.
350
3513.2 Modèle 1D
352Un modèle 1D a été établi en considérant l’hypothèse supplémentaire que le transfert de
353chaleur reste 1D au centre du système pendant l'expérience. Avec cette hypothèse, la
354température au centre de l'élément chauffant ne dépend que des coordonnées z et du temps t
355(voir Fig 8).

356
357
358 Figure 5: Vue en coupe du dispositif expérimental
359En utilisant le formalisme quadripolaire présenté par Maillet et al [31], et en négligeant les
360pertes latérales convectives de chaleur sur les faces latérales du matériau isolant et en
361considérant l'élément chauffant comme un système mince, les relations matricielles suivantes
362peuvent être écrites:
363 - en considérant la densité de flux de chaleur ( F 01 ) sortant de la sonde vers les fibres

qc � � 1
� 0��1 SRc � �
�A B �1 1 � �0 �
364 � � � = � h1 � (13)

� �
� � � �
F 01 � � h ch eh p 1 �
� �0 1 � �C D��0 1 � �F1 �
� �
365 - en considérant la densité de flux de chaleur ( F 02 ) sortant de la sonde vers le matériau
366 isolant
qc � �Ai
� Bi �
�0 �
367 � �= � �
� � (14)
F 02 � �
� Ci Di �
�F2 �

14 14
368où:
� sh(q �e) �
�A B � � ch(q �e) p
369 � �= � l� q � with q=
�C D� � � a
l ��
� q sh(q �e) e) �
ch( q � �
370et:
� sh(qi �
ei ) �
�Ai Bi � � ch(qi � ei ) p
371 � �= � qi � with
li � qi =
Ci Di � � � ai
� li �
qi �
sh(qi � ei ) ei ) �
ch(qi �
� �
372avec:
373 - qc ( z , p ) = L( DT ( z, t )) la transformée de Laplace de T (z,t)-Ta

374 - F 0 est la transformée de Laplace de la densité de flux total produit par l’élément

375 chauffant
376 - Rc la résistance de contact à l’interface élément chauffant/fibres (°CW-1)
377 - p est le paramètre de Laplace
378 - a et ai sont respectivement les diffusivité thermique des fibres et les diffusivité
379 thermique du matériau isolant (m s-2)
380En combinant les relations (12) et (13) avec:
381 F 0 = F1 + F 2 (14)
382on obtient:
f0 1
q c ( z , p) =
383 p j h ch eh ( A + Bh1 ) p + Dh1 + Di (16)
A + Bh1 Bi
384En appliquant la transformée inverse de Laplace en utilisant l’algorithme de De Hoog [32], on

385obtient la valeur numérique de la température Tmod el (t ) du modèle.


386
3873.3 Modèle simplifié 1D
388Un modèle simplifié 1D a aussi été développé toujours avec l’hypothèse que le transfert de
389chaleur reste 1D au centre de l’échantillon et en supposant également que les fibres et le bloc
390de polystyrène sont des milieux semi-infinis. Avec ces hypothèses, on peut écrire:
391 - en considérant la densité de flux de chaleur ( F 01 ) sortant de la sonde vers les fibres

qc � � 1
� 0��q1 �
392 � �= � �
�E pq �
� � (17)
F 01 � � h ch eh p 1 �
� � 1�

393 - en considérant la densité flux de chaleur ( F 02 ) sortant de la sonde vers le matériau isolant

15 15
q c � �Ai
� �
Bi �q2 �
394 � �= � �
�E pq �
� � (18)
F 02 � �
� Ci Di �
�i 2�

395où:
396E est l’effusivité thermique des fibres (J m-2 °C-1s-1/2)
397Ei l’effusivité thermique du matériau isolant (J m-2 °C-1s-1/2).
398Les équations (17) et (18) conduisent à:
f0 1
399 qc ( p) = (19)
p  h ch eh p + ( E + Ei ) p

400Pour des temps suffisamment longs (p0):


2�f0
401 T (0, t � �) = t 20)
( E + Ei ) �p
402L’effusivité thermique peut alors être calculé avec le modèle simplifié par évaluation

403numérique de la pente b (t) de la partie linéaire de la courbe T(t)=f( t ).


f0
2�
404 E = - Ei (21)
b �p
4053.4 Mesure de la chaleur spécifique massique
406Avant l’estimation de l’effusivité thermique et la déduction de la conductivité thermique, les
407fibres sont encore tirées sous vide pendant 48 h. La capacité thermique massique C P de
408chaque fibre est mesurée par la méthode DSC. Les résultats sont présentés au tableau 1.
409Table 1: Valeurs expérimentales de la masse volumique apparente sèche et de la capacité
410thermique massique sèche
411
T(0C) 20 30 40 50 60
Peanut S.  (kg m-3) 170.92
cp (J kg-1 K-1) 1259 1310 1363 1415 1470
cp (J kg-1 m-3) 215.18 103 223.90 103 232.96 103 241.85 103 251.25 103
Coconut  (kg m-3) 46.76
cp (J kg-1 K-1) 1180 1228 1278 1329 1381
cp (J kg-1 m-3) 55.17 103 57.42 103 59.75 103 62.14 103 64.57 103
Kapok  (kg m-3) 17.1
cp (J kg-1 K-1) 1261 1307 1360 1413 1469
cp (J kg-1 m-3) 21.56 103 22.34 103 23.25 103 24.16 103 25.11 103
Rattan  (kg m-3) 70.58
cp (J kg-1 K-1) 1280.5 1341.5 1414.5 1466.1 1526.9
cp (J kg-1 m-3) 90.65 103 94.68 103 99.90 103 103.47 103 107.76 103
412
413Pour les quatre produits la chaleur massique varie linéairement en fonction de la température
414comme le montre la Fig 9.

16 16
415
416 Fig 9: Mass heat capacity as a function of temperature
417
4184. Méthode d’estimation de l’effusivité thermique en régime transitoire
419L’effusivité thermique est mesurée en utilisant la méthode du plan chaud asymétrique (cf Fig
4205). L’estimation de l’effusivité thermique est effectuée à partir du modèle complet en prenant
421comme valeur initial la valeur de l’effusivité thermique pré-estimée à partir du modèle
422simplifié avec les valeurs des températures expérimentales. Les valeurs de la résistance
423thermique de contact et du coefficient de convection sont respectivement 10-10 °C W-1 et 10 W

424m-2 K-1. La courbe théorique Tmod el (t ) (modèle complet) est calculée en réalisant une inversion
425numérique de la relation (16) grâce à l’algorithme de De Hoog. L’algorithme de Levenberg-
426Marquart [33] intégré dans un code Matlab permet d’estimer alors la valeur de E qui minimise

n 2
427la somme des erreurs écarts quadratique y = ��
DTexp (ti ) - Tmod el (ti ) �
� �entre courbe
i =1

428expérimentales DTexp (t ) = T (0, t ) - Ta et courbe théorique. L’estimation a été faite sur un


429intervalle de temps [t0, tmax] tel que les résidus soient centrés autour de zéro degré, ce qui
430validera notre modèle 1D. Avec la valeur de l’effusivité thermique et de la capacité thermique
431volumique on déduit la conductivité thermique par la relation (22).
E2
432 l = (22)
cp

433
4345. Résultats expérimentaux et discussion
435Les études expérimentales sont faites sur 4 fibres naturelles végétales:

17 17
436 - les fibres de kapok
437 - les fibres de coco
438 - les fibres de rotin
439 - les coques d’arachides
440
4415.1 Estimation from experimental 1D model
442Trois mesures ont été faites pour chaque fibre et la valeur moyenne a été retenue comme

443valeur expérimentales. La Fig 10.a, montre la courbe expérimentale T(t)=f( t ) et la pente b


444(t) (modèle simplifié) et la Fig 10.b, montre les courbes expérimentale et simulée ainsi que les
445résidus d’estimation obtenus à partir des valeurs pré-estimées des paramètres
446thermophysiques des fibres de coques d’arachide (modèle complet).
447

14
15
Texp Texp
12 Slope Tmodel
Residus x10 Residus x10
10
10

8
Temperature(C)
Temperature (C)

5
6

4
0
2

0 -5

-2

-4 -10
0 5 10 15 20 25 30 35 0 200 400 600 800 1000 1200

448 rac(t) t(s)

449 a) b)
450 Fig 10: Courbe de température pour les coques d’arachides. e=5cm, ei=5cm, li=0.032 W m-
451 1
K-1, icpi=48000 J m-3 K-1. a) modèle simplifié; b) modèle complet
452
453On peut remarquer que contrairement au matériau de grande densité, comme la poudre de
454latérite par exemple [31], la température est sensible à la capacité thermique volumique de la
455sonde pendant un temps trop long pour les matériaux de faible densité. Dans le cas des fibres
456de coques d’arachide par exemple (Fig 10), durant les première 25 s après l’enregistrement
457des températures, la température est sensible uniquement à la capacité thermique de la sonde
458et à la résistance de contact à l’interface sonde/fibres. Cette durée de temps très longue peut
459être un problème dans l’estimation à partir du modèle 1D si les effets 3D apparaissent
460très rapidement. En observant la Fig 10.a, on remarque que le transfert de chaleur au
461centre des fibres est unidirectionnel (résidus centre en zéro) sur l’intervalle de temps

18 18
462[5s ; 20s] pour le modèle simplifié et sur l’intervalle de temps [50s ; 400s] pour le modèle
463complet. En prenant en compte le temps maximum (400 s) sur lequel l’estimation peut se
464faire, ce temps est légèrement en dessous de la durée maximale estimé par les
465simulations Comsol (tmax=450 s). Ceci peut être justifié dans la mesure où le modèle
466quadripolaire développé ne prend pas en compte les pertes latérales convectives sur les
467faces du matériau isolant (h=0), mais uniquement la convection (h=10 W m-2 K-1) qui
468peut se produire sur la surface des fibres en contact avec l’air ambiant pendant la durée
469d’enregistrement de la température. Par exemple, pour les fibres de coques d’arachides,
470une estimation entre 100-150 s pour le model simplifié donne E=145.41 J m-2C-1s-1/2 et
471l=0.097 W/m/ K alors que entre 200-300 s à partir du modèle complet on obtient
472E=143.910 Jm-2C-1s-1/2 l=0.095 W/m/ K. L’erreur relative entre les valeurs pré-estimées et
473les valeurs estimées sont inférieure à 4 % ce qui est très acceptable. Cette observation
474reste valable pour les fibres de coco et les fibres de rotins (voir tableau 2).
475
476Dans le cas des fibres de kapok qui sont des fibres très légères (masse volumique apparente
47718.24 kg m-3), la difficulté est encore plus grande. La Fig 11 montre l’évolution de la
478température au centre des fibres de kapok placé à l’air libre pendant 3 jours. En observant la
479courbe de température et la courbe des résidus du modèle simplifié, on constate que
480l’épaisseur de la couche de kapok se fait ressentir sur un temps très long et contrairement aux
481fibres de coques d’arachide. Par exemple, l’intervalle de temps durant lequel l’hypothèse du
482milieu semi-infini est valide est 100-144 s pour le kapok (résidus centrés sur cet intervalle de
483temps. Fig 11.a) contre 25-300 s pour les coques d’arachide (résidus centrés sur cet intervalle
484de temps. Fig 10.a). La Fig. 11.b montre que le modèle complet ne minimise pas les écarts
485entre les températures expérimentales et la température du modèle (inversion de la relation
48616). Ceci peut s’expliquer par le fait que l’enregistrement des températures s’est fait sur des
487fibres de kapok exposé à l’humidité de l’air pendant 3 jours (masse volumique apparente
48818.24 kg m-3, teneur en eau Xe=5,66%) or le modèle quadripolaire ne prend pas en compte les
489phénomènes de transfert de masse.
490

19 19
15 12
Texp Texp
10 Tmodel
Slope
10 Residus x10 Residus x10
8

6
5

Temperature(C)
Temperature (C)

0 2

0
-5
-2

-4
-10
-6

-15 -8
0 5 10 15 20 25 0 100 200 300 400 500 600

491 rac(t) t(s)

492 a) b)
493 Fig 11: Courbe de température pour les fibres de kapok. e=5 cm; ei=5 cm; li=0.032 W m-1 K-1,
494 icpi=48000 J m-3 K-1. a) modèle simplifié; b) modèle complet
495
496Nous avons alors tiré ces échantillons de fibres sous vide pendant 48 h (masse volumique
497apparente 17.1 kg m-3, teneur en eau Xe=0 %). Comme le montre la Fig 12, ce processus
498améliore les résidus qui sont alors centre en zéro jusqu’à 300 s (Fig 12.b). Au delà de 300 s
499(temps a partir duquel le flux de chaleur n’est plus unidirectionnel au centre de la résistance
500chauffante car la courbe des résidus décroche) seul un modèle 3D peut permettre l’estimation
501de l’effusivité thermique ou une méthode en régime permanant peut permettre l’estimation de
502λ.

15 12
Texp Texp
Slope 10 Tmodel
Residus x10 Residus x10
10 8

6
Temperature(C)
Temperature (C)

5
4

2
0
0

-2
-5

-4

-10 -6
0 5 10 15 20 25 30 0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000

503 rac(t) t(s)

504 a) b)
505 Figure 9: Courbe de température pour les fibres de kapok. e=5 cm; ei=5 cm; li=0.032 W m-1
506 K-1, icpi=48000 J m-3 K-1. a) modèle simplifié; b) modèle complet
507
508La synthèse des résultats expérimentaux obtenus est présentée au tableau 2.

20 20
509 Table 2: Résultats expérimentaux
510
Fibers Simplified model Completed model D (%)
E cp l E cp l
J m-2 C-1 s-1/2 J Kg-1 m-3 W m-1 K-1 J m-2 C-1 s-1/2 J Kg-1 m-3 W m-1 K-1
PS 145.419 218008.90 0.097 143.910 218008.90 0.095 1.037
kapok 31.453 21049.38 0.0477 30.879 21049.38 0.0463 1.824
coconut 56.952 55923.96 0.0582 56.459 55923.96 0.0576 0.865
Rattan 82.202 93851.69 0.0710 83.336 93851.69 0.0741 1.360
511PS: Peanut shell, D standard deviations between completed and simplified model

512
513On remarque une bonne concordance des résultats expérimentaux entre le modèle simplifié et
514le modèle complet. Les écarts relatif sont inférieur à 3 % ce qui est très acceptable.
515
5165.2 Estimation par la méthode radial flux
517Dans le but de comparer ces valeurs de conductivité thermique par une autre méthode qui
518mesure directement la conductivité thermique, nous avons alors mesuré expérimentalement la
519conductivité thermique par la méthode du flux radial qui est une méthode de mesure de la
520conductivité thermique en régime permanent. Ce dispositif est constitué de deux tubes
521coaxiaux: un tube intérieur en acier inoxydable de 4 mm de rayon intérieur; de 4,5 mm de
522rayon extérieur et 380 mm de hauteur et un tube extérieur en laiton 39 mm de rayon intérieur;
523de 40 mm de rayon extérieur et 426 mm de hauteur. Le centrage du tube intérieur est assuré
524par deux disques évidés de PVC de 8 mm d’épaisseur, 9 mm de diamètre intérieur et 78 mm
525de diamètre extérieur. Ces deux tubes sont placés respectivement en bas et en haut des tubes
526permettant de maintenir les fibres dans l’espace annulaire et de l’isoler de l’ambiance
527extérieure. Le cylindre extérieur est refroidi par le passage de l’eau à travers deux tubes de
528PVC qui maintient ainsi constante la température extérieure du cylindre extérieure. Deux
529thermocouples de type K de 0,005 mm de diamètre sont placés à mi-hauteur, respectivement,
530sur le tube intérieur en acier inoxydable pour mesurer T1(t) et sur le tube extérieur en laiton
531pour mesurer T2(t). La procédure expérimentale est la suivante: les fibres sont remplies dans
532l’espace annulaire entre les deux tubes (Fig 13.b). On impose ensuite le passage d’un courant
533d’une grande intensité à travers le tube intérieur en acier inox. Les températures T 1 et T2 sont
534alors enregistrées grâce à un ALMENO 2390-5 jusqu’à ce leur différence atteigne une valeur
535constante (régime permament).

21 21
536
537
538 a) b)
539 Fig 13: Dispositif expérimental pour la méthode du flux: a) vue général, b) vue en coupe
540
541La modélisation est basée sur les hypothèses suivantes:
542 - Les fibres sont sèches: aucun transfert de masse durant la mesure
543 - Les gradients de température sont négligeables le long de l’axe z à mi-hauteur des
544 tubes
545 - Les gradients de température suivant l’axe radial sont négligeables dans l’épaisseur du
546 tube intérieur
547L’équation du transfert de chaleur en régime permanent est:
1 �� �T�
548 �r �= 0 (23)
r�r�� r�
549Le flux de chaleur à une distance r peut s’écrire:
� � T� dT
550 f = A(r ) �
�-l � �= -2 �����
p r L l (24)
� � r� dr
551La conservation du flux de chaleur entre les rayons extérieur du tube en acier inox R1 (m) et le
552rayon intérieur du tube extérieur en laiton R2 (m), nous permets d’écrire:
R2 T
dr 2
p r L l
2 ����
553 � = - � dT (25)
R1
r T1
f

554Cette dernière relation conduit à:


555
�R �
f�ln � 2 �
556
l= �R1 � (26)
p L (T1 - T2 )
2 ���

22 22
557En supposant que le courant fournit par le générateur électrique soit totalement transformé en
558chaleur par effet joule dans la résistance chauffante. Le flux de chaleur s’écrit:
559 f = R �
I2 (27)
560où R est la résistance électrique du tube en acier inox calculé à partir de la relation (27):
� L
561 R = (28)
p�
( R1 - Ri 2 )
2

562où: Ri (m) est le rayon intérieur du tube intérieur et  (μ cm) la résistivité électrique [34]
563donnée par.
564  = 71.3 + 1.261 �
10-3 T1 + 7.76 �
10-4 T12 (29)
565 En combinant les relations (27) et (28), on obtient finalement, l’expression de la conductivité
566thermique en régime permanent:
�R � 2
� ln � 2 � �
I
567 � R1 � (30)
l=
p2�
2� ( R12 - Ri 2 ) �
(T1 - T2 )
568
569La relation (30) permet alors de déterminer la conductivité thermique des fibres une fois que
570le régime permanent est atteint. Un des avantages de cette méthode est que les fibres peuvent
571être compactées au maximum dans l’espace annulaire entre les deux tubes et ainsi augmenter
572le nombre de points de contact entre les fibres et le tube chaud. Les résultats de la
573conductivité thermique des fibres obtenus par cette méthode sont présentés à la table 3. Nous
574avons également calculé les incertitudes entre les valeurs expérimentales de la conductivité
575thermique obtenue par la méthode du flux radial et celles déduites de l’estimation de
576l’effusivité thermique par le modèle complet et le modèle simplifié.
577
578 Table 3: Mesure directe et valeur estimée de la conductivité thermique
579
Fibers Radial lux SM CM
T1(C) T2(C) DT(C) I(A) (μ l(W m K )
-1 -1
l(W m K )
-1 -1
l(W m-1K-1) D1(%) D2(%)
cm)
PS 26.6 20.5 6.5 5.45 71.88 0.093 0.097 0.095 4.123 2.105
kapok 33.4 20.4 11.7 5.45 72.20 0.042 0.0477 0.0453 10.638 7.284
coconut 30.1 205 9.10 5.36 72.04 0.058 0.0582 0.0576 0.429 1.724
Rattan 31 23.3 7.7 5.46 72.08 0.072 0.0710 0.0741 1.291 2.702
580PS: Peanut shell, SM : Simplified model ; CM: Completed model; D1: standard deviation between radial flux and Simplified
581model ; D2: standard deviation between radial flux and Completed model

582Pour chacune des fibres étudiées, nous avons ajoutés dans l’espace annulaire une masse
583supplémentaire de fibres sèches, ceci en pressant fortement sur celles déjà contenus dans

23 23
584l’espace annulaire. Le but de ceci étant de voir si l’ajout des fibres modifie la valeur de la
585conductivité thermique, nous avons constaté qu’une fois que la masse des fibres introduites
586dans l’espace annulaire entre les deux tubes assure un contact parfait avec le tube chaud, cet
587ajout ne modifie pas la valeur de la conductivité thermique. Ce qui est en accord avec les
588conclusions faites par Agoudjil et al [35]. L’analyse des résultats du tableau 3 montre une
589bonne concordance entre les résultats expérimentaux des conductivités thermique obtenus par
590la méthode du flux radial et celle déduite de l’estimation par la méthode du plan chaud
591asymétrique. Les écarts observés sont inférieurs à 3 % (sauf pour les fibres de kapok), ce qui
592est acceptable. Dans le cas du kapok, au vue des résultats de la littérature, [19,20,21,22], on
593peut déduire que vu leur densité très légère, seule une méthode en régime permanent comme
594la méthode du flux radial présenté dans cette article, ou la méthode du cylindre à trois couche
595[36] peut permettre une bonne estimation de sa conductivité thermique. De plus, sa
596conductivité thermique est proche des fibres commercialisées [37], comme les fibres de
597polyester (l=0.045 W m-1 K-1); la laine de chanvre ou la laine de verre (l=0.05 W m-1 K-1) et
598peuvent donc servir d’isolant de substitution à ces fibres. Les résultats obtenus pour les fibres
599de coco sont en accord avec ceux de la littérature [37]: laine de coco (l=0.05 W m-1 K-1). Les
600expériences sur la caractérisation thermique des fibres de coques d’arachides et les fibres de
601rotin étant rare dans la littérature au vue des résultats obtenus pour les deux autres fibres qui
602sont en accord avec celle de la littérature, on peut dire que la conductivité thermique des
603fibres de coque d’arachide et des fibres de rotin sont autour de 0.09 W m -1 K-1 and 0.07 W m-1
604K-1 respectivement.
605
606
6076. Conclusion
608La méthode du plan chaud asymétrique présenté dans cet article est un dispositif simple qui
609permet l'estimation thermique de l'effusivité thermique. Les résultats expérimentaux obtenus
610par cette méthode comparés à la méthode du flux radial, montre que le modèle quadripolaire
6111D développé peut permettre une bonne estimation pour les fibres végétales ayant une grande
612densité. La mesure directe de la conductivité thermique, réalisé avec la méthode du flux
613radial, a permis de valider celle déduite de l’estimation de E et de la capacité thermique
614volumique obtenue par calorimétrie différentielle programmée. Les résultats expérimentaux
615pour les fibres de kapok et de coco en accord avec ceux de littérature, nous ont permis de
616validé les conductivités thermiques 0.09 W m-1 K-1 and 0.07 W m-1 K-1 comme étant
617respectivement celles des fibres de coques d’arachides et des fibres de rotin respectivement.

24 24
618En ce qui concerne les fibres de kapok, dans les pays tropicaux comme le Cameroun, leur
619utilisation comme alternative aux isolants conventionnels qui coutent 5 à 6 fois plus chères
620peut permettre de réaliser des économies conséquentes sur le cout d’investissement de la
621construction des containers pour la conservation des denrées par exemple.
622The development of materials with these low thermal conductivity fibers will be an interesting
623alternative that would simultaneously solve energy and environmental concerns.
624
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626
627
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649
650Nomenclature
651cp specific heat capacity (J kg-1 K-1)

25 25
652E thermal effusivity (J m-2 °C-1 s-1/2)
653Ei thermal effusivity of the insulating material (J m-2 °C-1 s-1/2)
654λ thermal conductivity (W m-1 K-1)
655a thermal diffusivity (m2 s-1)
656h Convective heat loss coefficient (W m-2 °C)
657Rc thermal contact resistance (°C W-1)
658θ Lapalce tramsform of temperature
659Φ Laplace transform of heat flux
660p Laplace parameter
661φ heat flux dissipated in the heating element (W)
662 f Heat flux density (W m-2)
663ε porosity
664e thickness (m)
665ρ density (kg m-3)
666
667PS: Peanut Shell
668SM Simplified model
669CM Completed model
670
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672
673
674
675
676
677
678
679
680
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774
775List of Figs:
776Fig 1: Natural fibers kapok: a) kapok fruit; b) fibers of kapok
777Fig 2: Peanut: a) peanut nut; b) peanut shell fibers
778Fig 3: coconut: a) coconut husk; b) coconut fibers treated
779Fig 4: Rattan: a) rattan fibers; b) mud house + fiber rattan
780Fig 5: View of the experimental device
781Fig 6: Scheme of calibration process of the heating element
782Fig 7: Schema of the quarter of experimental device solve by Comsol for peanut shell:
783e=5cm, l=0.097 W/m/ K, cp=218.0089 103 J m-3 K-1
784Fig 8: Experimental device in sectional view
785Fig 9: Mass heat capacity as a function of temperature

29 29
786Fig 10: Temperature curve for peanut shells. e=5cm, ei=5cm, li=0.032 W m-1K-1, icpi=48000 J
787m-3 K-1. a) Simplified model; b) Completed model
788Fig 11: Temperature evolution of kapok fibers. e=5 cm; ei=5 cm; li=0.184 W m-1 K-1,
789icpi=48000 J m-3 K-1. a) Simplified model; b) Completed model
790Fig 12: Temperature evolution for dry fibers of kapok. e=5 cm; ei=5 cm; li=0.184 W m-1 K-1,
791icpi=48000 J m-3 K-1. a) Simplified model; b) Completed model
792Fig 13: Experimental device for radial flux method: a) general view, b) schematic view
793
794List of tables:
795
796Table 1: Measured values of densities and mass specific heat
797Table 2: Estimated values
798Table 3: Measured values and estimated values of thermal conductivity
799

30 30