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République Algérienne démocratique et populaire

Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche Scientifique

Université Abou Bekr Belkaïd-Tlemcen

Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie et des sciences de la Terre et de l’Univers

Département des Sciences Agronomiques

et de l’Univers Département des Sciences Agronomiques Thèse de Doctorat en Agronomie Spécialité : Amélioration

Thèse de Doctorat en Agronomie

Spécialité : Amélioration de la production végétale et Biodiversité

Thème :

Influence du Sol, de l’Altitude et de la Variété sur la qualité de quelques huiles d’olives dans l’ouest algérien

Présenté par :

Mr. BENDI DJELLOUL Mounsif Charaf-eddine

Devant le jury composé de :

Président :

EL HAÏTOUM. A

Maitre de conférences (A)

Université de Tlemcen

Rapporteur :

AMRANI .SM

Professeur

Université de Tlemcen

Examinateurs:

 

MOKHTARI.N

Professeur

Université de Tlemcen

BRAHAM. M

Directeur de recherche

Institut de l’olivier (Tunisie)

BELAHCENE. M

Professeur

Centre. U. Aïn Témouchent

BOUDEROUA. K

Professeur

Université de Mostaganem

Année 2016-2017

Remerciements

J’adresse tout d’abords mes remerciements les plus vifs à Monsieur AMRANI SM ; Professeur à l’université de Tlemcen, qui a bien voulu diriger ce travail, sa bien vaillante attention ,ses conseils et ses encouragements m’ont beaucoup servis pour aboutir à mes résultats .

Mes vifs remerciements sont exprimés à Monsieur EL HAÏTOUM A ; Maître de conférences au département d’Agronomie à l’université de Tlemcen, pour avoir accepté de présider ce jury.

Ma reconnaissance va également à l’égard de Madame Mokhtari N ; Professeur au département de Biologie moléculaire et cellulaire à l’université de Tlemcen pour nous avoir fait l’honneur d’examiner ce travail.

Je remercie également Monsieur BELAHCENE M ; Professeur au département de Biologie au Centre universitaire de Ain T’émouchent, Pour avoir accepté d’examiner ce travail.

J’adresse un remerciement à Monsieur BOUDERWA K; Professeur à l’université de Mostaganem, Pour avoir accepté d’examiner ce travail.

Je remercie aussi Monsieur BRAHAM M ; Directeur de recherche à l’institut de l’olivier Sousse-Tunisie et expert en oléiculture, Pour avoir accepté d’examiner ce travail.

J’adresse un merci tout spécial et combien mérité à Dr. PIERANGELA ROVELLINI ; Chercheur à Stazione sperimentale per le industrie degli oli e dei grassi Milan-Italie, pour son aide et sa collaboration pour élaborer ce travail.

Je remercie aussi tous l’équipage de l’ITAFV, INRAA et l’ONFAA Pour leurs offres en informations nécessaires pour effectuer ce travail.

Je remercie aussi Dr.Chenoune R Chercheur à l’institut agronomique méditerranéen de Montpellier pour son aide et sa collaboration.

L’occasion m’est offerte aussi pour adresser mes remerciements les plus chaleureux à toutes l’équipe du laboratoire de l’amélioration de la productivité de l’olivier et du produit-Institut de l’olivier-Sousse Tunisie, dans laquelle s’est déroulé une partie de mon expérimentation, leur accueil hospitalier et leur coopération objective qui n’a pu cesser tout au long de la réalisation de ce travail.

Dédicaces

Je dédie se modeste travaille à :

Mes parents Ma chère et aimable femme et notre petit trésor «Latifa» Mes frères et sœurs et leurs enfants Mes beaux parents Tous (tes) mes amis (es) que je connais. Qu’ils trouvent ici la marque de mon estime et ma considération envers eux. Tous mes collègues du département d’Agronomie et de la Faculté SNV-STU ainsi que des universités nationales et internationales.

Et a tous ceux qui aiment CHARAF.

صخــــلمـلا

ةدوجلا ريياعم اهنم .يرئازجلا برغلل نوتيزلا تويز ضعبل ةيئايميكويزيفلا صئاصخلا ديدحتل ةساردلا هذه تمت

ةيلونيفلا

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Résumé

La présente étude est effectuée pour une caractérisation physico-chimique de quelques huiles d’olive de l’ouest algérien. Les paramètres de qualité (acidité, indice de peroxyde, K 232 , K 270 ), l’analyse des tocophérols, la composition en des acides gras et le profil en composés phénoliques par HPLC sont déterminés. Ainsi que l’étude de l’influence de l’altitude, du sol et de la variété sur la qualité de ces huiles à l’aide de l’analyse multivariées (ACP). Les résultats obtenus montrent que les sept huiles appartiennent à la catégorie des huiles d’olive « extra vierges », « vierges » et « courantes ». Concernant la composition en acides gras, l’acide oléique est le plus dominant, l’huile Oléastre (Bensekrane) enregistre le pourcentage le plus élevée (72.80%). Des variations cultivars-dépendantes en profils d’acides gras sont relevées. Les données quantitatives concernant la teneur phénolique des sept échantillons nous révèle que l’huile Chemlal (SBA) enregistre le taux le plus élevée en polyphénols (328,99 mg/Kg). L’huile Sigoise (Sebra1) se caractérise par les teneurs les plus élevées en tyrosol et hydroxytyrosol, 15.89 mg/kg et 22.42 mg/kg respectivement. Les concentrations les plus élevées de dérivés de l'oleuropéine et en dérivés de ligstroside ont été observées dans l'huile Chemlal (SBA) avec 105.97 mg/Kg et 83.49 mg/Kg respectivement. Les sept échantillons étudiés contiennent de l’oléocanthal, ont a trouvé une quantité considérable pour huile Chemlal (SBA) 102.43 mg/Kg. L’analyse en composantes principales (ACP), nous révèle que les composées phénoliques ont des affinités avec le taux d’argile du sol et l’altitude, l’acide palmitique et palmétoléique sont influencé par le taux de la matière organique du sol et le pH. Les résultats de se travail montrent clairement que les huiles d’olive algérienne sont influencées par les facteurs géographiques, agronomiques et technologiques et aussi une source précieuse en composées phénoliques.

Mots clés: HPLC, huile d’olive, composés phénolique, sol, variété, acides gras, Ouest algérien.

Abstract The present study is carried out for a physico-chemical characterization of some olive oils from western Algeria. Quality parameters (acidity, peroxide value, K 232 , K 270 ), tocopherol analysis, fatty acids composition and the profile of phenolic compounds by HPLC are determined. As well as studying the influence of altitude, soil and variety on the quality of these oils using multivariate analysis (PCA). The results show that the seven oils belong to the category of "extra virgin", "virgin" and "ordinary" olive oils. Regarding fatty acid composition, oleic acid is the most dominant; Oleaster oil (Bensekrane) has the highest percentage (72.80%). Cultivar-dependent variations in fatty acid profiles are noted. The quantitative data on the phenolic content of the seven samples revealed that Chemlal (SBA) oil had the highest polyphenol content (328.99 mg/kg). Sigoise oil (Sebra1) is characterized by the highest levels of tyrosol and hydroxytyrosol, 15.89 mg / kg and 22.42 mg / kg respectively. The highest concentrations of oleuropein derivatives and ligstroside derivatives were observed in Chemlal oil (SBA) with 105.97 mg / Kg and 83.49 mg / Kg respectively. The seven samples studied contain oleocanthal, have found a considerable amount for Chemlal oil (SBA) 102.43 mg / Kg. Principal Component Analysis (PCA) reveals that phenolic compounds have affinities with a clay of soil and altitude, palmitic and palmitoleic acid are influenced by the organic matter content of Soil and pH. The results of work clearly show that Algerian olive oils are influenced by geographical, agronomic and technological factors and also a valuable source of phenolic compounds.

Key words: HPLC, olive oil, phenolic compounds, soil, variety, fatty acids, Western Algeria.

Sommaire

Liste des abréviations Liste des figures Liste des tableaux Liste des photos Introduction générale………………………………………………………… 1 Partie Bibliographique

Chapitre I : L’olivier

1. Généralités…………………………………………………………………………………5

1.1. Historique de l’olivier…………………………………………………………………….5

1.1.1. Description et caractéristiques générales de l’oléastre…………………………………6

1.2. L’oléiculture dans le monde…………………………………………………………… 10

1.2.1. Le marché mondial d’huile d’olive……………………………………………………10

1.2.2. Situation actuelle de l’oléiculture Algérienne…………………………………………11

1.2.2.1.

Répartition de l’oléiculture en Algérie………

…………………………………….12

1.2.2.2.

Potentiel oléicole…………………………………………………………………….12

1.2.2.3.

Production oléicole………………………………………………………………….14

1.2.2.4.

Rendement oléicole…………………………………………………………………15

1.2.3. Capacités de trituration des l’huiles d’olive algérienne………………………………17

1.2.3.1.

Capacités de trituration par wilaya…………………………………………………17

1.2.3.2.

Caractéristique du parc national de transformation……………………………… 17

1.2.3.3.

Le Prix de l’huile d’olive………………………………………………………… 18

2. Caractéristiques biologiques et morphologiques de l’olivier…………………

…….20

2.1. Systématique et classification botanique………………………………………………20

2. 2. Morphologie de l’arbre……………………………………………………………… 20

2.2.1. Système aérien……………………………………………………………………… 20

2.2.2. Système racinaire…………………………………………………………………….21

2.2.3. Les feuilles……………………………………………………………………………22

2.2.4. Les fleurs…………………………………………………………………………… 23

2.2.5. Le fruit……………………………………………………………………………….24

2. 3. Biologie et Physiologie du cycle de végétation……………………………………….27

2.3.1. Cycle de développement…………………………………………………………… 27

2.3.2. Le cycle végétatif de l’olivier……………………………………………………… 27

3. L’oléiculture…………………………………………………………………………… 28

3.1. Les exigences ecologiques de la culture de l’olivier………………….……………… 28

3.1.1. Exigences climatiques……………………………

3.1.2. Le type de sol………………………………

28

………………………………

………………………………………29

3.1.3. La quantité d’eau

………………………………………………………………

29

3.2.

Création d’une plantation……………………………………………………………

29

3.2.1. Préparation du sol……………………………………………………………………29

3.2.2. Plantation de brise vent……………………………………………………………

3.2.3. Choix des plants…………………………………………………………………… 30

3.2.4. Porte-greffes et variétés…………………………………………………………… 30

3.2.5. La densité……………………………………………………………………………33

3.2.6. La plantation………………………………………………………………………

3.2.7. Soins après la plantation…………………………………………………………….33

3.3. Conduite du verger……………………………………………………………………34

3.3.1. Les travaux du sol………………………………………………………………… 34

3.3.2. La fertilisation………………………………………………………………………34

30

33

3.3.4.

La taille……………………………………………………………………………… 35

3.4. Calendrier des travaux culturaux de l’olivier……………………………………………36

3.5. La protection phytosanitaire……………………………………………………………36

4. Les différentes variétés d’oliviers cultivées en Algérie……………………………… 38

4.1. Les variétés locales…………………………………………………………………… 38

4.2. Les variétés introduites……………………………………………………………… 40

5. Amélioration du matériel végétal………………………………………………………41

5.1. La génétique……………………………………………………………………………41

5.1.1. Le patrimoine génétique…………………………………………………………… 41

5.1.2. Le patrimoine génétique local……………………………………………………….42

5.1.3. Caractéristique de quelques variétés………………………………………………

5.2. Amélioration du matériel végétal…………………………………………………… 44

5.2.1. Sélection et amélioration des variétés………………………………………………44

5.2.2. La sélection clonale…………………………………………………………………45

5.2.3. Amélioration variétale par voie d’hybridation……………………………………

5.2.4. Amélioration variétale et polyploïdie……………………………………………….47

5.2.5. Amélioration des porte-greffes…………………………………………………….47

5.2.6. Les porte-greffes utilisés en Algérie……………………………………………… 47

5.2.7. Détermination de variétés…………………………………………………………

5.2.8. Diversité du matériel végétal……………………………………………………….48

5.3. Confusion au niveau des appellations variétales…………………………………… 48

5.4. Plasticité des variétés, adaptation au milieu………………………………………… 49

42

46

47

Chapitre II : L’oléotechnie

1. Technologie d’élaboration de l’huile d’olive…………………………………………52

1.1. Récolte des olives …………………………………………………………………….52

1.1.1. Période optimale de récolte des olives destinées à la trituration……………………52

1.1.2. Détermination de l’indice de maturité………………………………………………54

1.1.3. Système de récolte des olives……………………………………………………….55

1.3.

Stockage……………………………………………………………………………58

1.4. La transformation…………………………………………………………………. 59

1.5. Défeuillage…………………………………………………………………………59

1.6. Lavage……………………………………………………………………………

1.7. Le broyage………………………………………………………………………….60

1.7.1. Broyeur a meule………………………………………………………………….60

1.7.2. Broyeur a marteaux………………………………………………………………61

60

1.8.

Le malaxage………………………………………………………………………

61

1.9.

L’extraction………………………………………………………………………

61

1.9.1 Séparation des phases solide et liquide…………………………………………

61

1.9.1.1. Système d’extraction par pression……………………………………………

61

1.9.1.2. Système d’extraction par centrifugation……………………………………….62

1.9.2. Séparation des phases liquide-liquide……………………………………………62

2. Facteurs influençant la qualité de l’huile d’olive………………………………

63

2.1. Le facteur variété…………………………………………………………………

63

2.2. Les facteurs climatiques……………………………………………………………63

2.3. Les facteurs pédologiques………………………………………………………….63

2.4. Les pratiques culturales…………………………………………………………….63

2.4.1. Effet de l’irrigation……………………………………………………………….63

2.4.2. Effet de la fertilisation……………………………………………………………64

2.4.3. Effet de la taille……………………………………………………………………64

2.4.4. Effet du contrôle phytosanitaire……………………………………………….….65

2.5.

Les facteurs géographiques………………………………………………………

65

2.6.

Période de maturation et méthodes de récolte……………………………………

65

2.7.

Conservation du fruit jusqu’à l’extraction………………………………………….66

3. Généralités sur les huiles d’olive……………………………………………………67

3.1.

Définition……………………………………………………………………………67

3.2.

Catégories d’huile d’olive…………………………………………………………

68

3.3.1.

Fraction saponifiable……………………………………………………………

68

3.3.2. Fraction insaponifiable……………………………………………………………70

3.4. Les bienfaits de l’huile d’olive……………………………………………………

3.4.1. L’huile d'olive et l'appareil digestif……………………………………………….77

78

3.4.3. L'huile d'olive et l'intestin…………………………………………………………78

3.4.2. L'huile d'olive et l'estomac………………………………………………………

77

3.4.4. L'huile d'olive et la voie biliaire…………………………………………………

78

3.4.5. L'huile d'olive et l'enfance………………………………………………………

78

3.4.6. L'huile d'olive et la friture………………………………………………………

79

Partie pratique Chapitre I : Matériels et méthodes

1. Le matériel végétal………………………………………………………………….81

1.1. Localisation géographique et présentation des variétés……………………………81

1.1.1.

La variété Sigoise………………………………………………………………

82

1.1.2.

Caractères morphologiques de la variété Sigoise………………………………

83

1.1.3.

La variété Chemlal……………………………………………………….……….84

1.1.4.

Caractères morphologiques de la variété Chemlal……………………………….85

1.1.5.

L’Olivier sauvage ou Oléastre……………………………………………………86

1.1.6.

Caractères morphologiques de l’Oléastre……………………………………… 87

2.

Extraction des huiles………………………………………………………………

88

3. Analyses physico-chimiques des huiles……………………………………………

89

3.1. Les indices de qualité……………………………….……………………………

89

3.2. Analyse des tocophérols……………………………………………………………90

3.3. Détermination de la composition en acides gras……………………………………91

3.3.1. Préparation des esters méthyliques……………………………………………….91

3.3.2. Dosage qualitatif et quantitatif………………….……………………

3.4. Détermination des composés phénoliques par HPLC………………………………92

92

4.1. analyse granulométrique…………………………………………………………….92

4. Analyse du sol………………………………………………………………………

…………91

4.3.

Dosage du calcaire total……………………………………………………….……93

94

5. Analyse des données par (ACP)…………………………………………………….94

4.4. Dosage du carbone organique…………………………………………………

Chapitre II : Résultats et Discussion

1. Résultats de la composition chimique des huiles…………………………………

1.1. Indices de qualité…………………………………………………………………96

1.2. Analyse des tocophérols………………………………………………………….100

1.3. Composition en acides gras………………………………………………………104

1.4. Détermination des composés phénoliques par HPLC……………………………107

1.4.1. Les biophénols totales………………………………………………………….107

1.4.2. Alcools phénoliques……………………………………………………………110

96

1.4.3. Dérivées des secoiridoides……………………………………………………

111

1.4.4. La quantité des lignanes………………………………………………….……

114

1.4.5. Les flavonoïdes………………………………………………………….……

115

1.4.6. Les acides phénoliques……………………………………………………….116

2. Résultats de l’analyse du sol………………………………………………………116

3. Analyse en composantes principales (ACP)…………………………………… 119

Conclusion et perspectives…………………………………………… 123 Références bibliographiques………………………………………… 128 Annexes

Liste des abréviations

AFIDOL : Association Française interprofessionnelle de l’olive

COI : Conseil Oléicole International.

CEE : Commission des Communautés Européennes.

MADR : Ministère d’Agriculture et du Développement Rurale. INRAA : institut national de la recherche agronomique d’Algérie

ITAFV : Institut de technique de l’arboriculture fruitière et de la vigne

DSASI : Direction des statistiques agricoles et des systèmes d’information

DRDPA : Direction de la régulation de la production agricole

ONFAA : Observatoire national des filières agricoles et agro-alimentaire

pH : potentiel d’hydrogène.

CE : Commission européenne

3,4-DHPEA : Hydroxytyrosol

3,4-DHPEA-AC : Hydroxytyrosolacétate 3,4-DHPEA-EA : Oleuropéine aglycone 3,4-DHPEA-EDA : Décarboxyméthyl oleuropéine aglycone

p-HPEA-EDA : Décarboxyméthyl ligstroside aglycon.

IP : indice de peroxyde.

p-HPEA-EA : Ligstroside aglycone

p-HPEA : Tyrosol.

UV : Ultraviolet HPLC: High-Performance Liquid Chromatography

Listes des figures

Figure 1. Propagation de l’olivier en méditerranée…………………………………………………6

Figure 2. Schéma de la taxonomie du genre Olea (Oleaceae) simplifiée………………………8 Figure 3. Principaux pays producteurs d’huile d’olive……………………………………………

10

Figure 4. L’olivier dans le monde…………………………………………………………………

11

Figure 5. Localisation de l’olivier en Algérie……………………………………………………

12

Figure 6. Evolution de la superficie oléicole……………………………………………………….13

Figure 7. Evolution du nombre de l’olivier complantée……………………………………………13

Figure 8. Evolution du nombre d’olivier en rapport………………………………………………

14

Figure 9. Evolution de la production totale d’olive………………………………………………

14

Figure 10. Evolution de la production d’huile d’olive……………………………………………

15

Figure 11. Evolution du rendement en olive………………………………………………………16

Figure 12. Evolution du rendement en huile d’olive……………………………………………… 16

Figure 13. Répartition géographique de la production des olives destinées à la fabrication de l’huile.16

Figure 14. Répartition géographique de la production de l’huile d’olive………………………….16

Figure 15. Répartition des huileries par zone………………………………………………………17

Figure 16. Qualité des huiles d’olive produites à l’échelle des régions…………………………….19

Figure 17. Développement du système racinaire de l’olivier …………………………………

21

Figure 18. : Les différentes formes de la feuille d’olivier…………………………………………

23

Figure 19. Schéma d’une fleur d’olivier…………………………………………………………….24

Figure 20. Différents formes du fruit……………………………………………………………… 25.

Figure 21. Différents formes du fruit……………………………………………………………….26

Figure 22. Différents formes du noyau…………………………………………………………

26

Figure 23. Coupe schématique du fruit…………………………………………………………

27

Figure 24. Répartition géographique des variétés d’oliviers de l’Afrique du Nord……………

41

Figure 25. Population de Zitoun…………………………………………………………………….49

Figure 26. Les trois stades de pigmentation de l’olive…………………………………………

53

Figure 27. Détermination de l’indice de maturité suivant la couleur du fruit………………………54

Figure 28. Les facteurs influant sur la composition de l’huile d’olive……………………………

67

Figure 29. Les facteurs conditionnant les caractéristiques qualitatives d’une huile d’olive……… 67

Figure 30. Structure chimique de l’oléocanthal…………………………………………………….76

Figure 31. Situation géographique des régions d’études………………………………………….81

Figure 32. Fiche technique de la variété Sigoise…………………………………………………

82

Figure 33. Caractères morphologiques de la variété Sigoise………………………………………83

Figure 34. Fiche technique de la variété Chemlal………………………………………………….84

Figure 35. Caractères morphologiques de la variété Chemlal……………………………………

85

Figure 36. Caractères morphologiques de l’olivier sauvage (Olea europea, var. sylvestris)……

87

Figure 37. Système d’extraction trois phases…………………………………………………

88

Figure 38. Système d’extraction par presse……………………………………………………

88

Figure 39. Système d’extraction à deux phases…………………………………………………….88

Figure 40. Triangle granulométrique pour déterminer le type de sol………………………………93

Figure 41. L’acidité libre des différents échantillons d’huiles…………………………………96

Figure 42. Indices de peroxyde des différents échantillons d’huiles…………………………

98

Figure 43. Coefficient d’extinction spécifique à 232 nm des différents échantillons d’huiles 99

Figure 44. Coefficient d’extinction spécifique à 270 nm des différents échantillons d’huiles…99

Figure 45. Teneur du delta tocophérol des différents échantillons des huiles………………….101

Figure 46. Teneur du gamma tocophérol des différents échantillons des huiles……………….101

Figure 47. Teneur de la beta tocophérol des différents échantillons des huiles……………… 102

Figure 48. Teneur de l’alpha tocophérol des différents échantillons des huiles……………….102

Figure 49. Teneur des tocophérols totaux des différents échantillons des huiles……………………103

Figure 50. Teneurs des biophénols totales des différents échantillons des huiles………………… 108

Figure 51. Teneurs en alcools aromatiques totales des différents échantillons des huiles…… 111

Figure 52. Teneurs en secoiridoides des différents échantillons des huiles……………………112

Figure 53. Teneurs en secoiridoides des différents échantillons des huiles…………………………113

Figure 54. Teneurs en Oléocanthal des différents échantillons des huiles…………………………

114

Figure 55. Teneurs en lignanes totales des différents échantillons des huiles……………………….115

Figure 56. Teneurs en flavonoïdes totaux des différents échantillons des huiles………………115

Figure 57. Teneurs en acides phénoliques des différents échantillons des huiles………………… 116

Figure 58. Cercle de corrélation des variables dans le plan des composantes principales PC1 et

PC2……………………………………………………………………………………………

120

Liste des Tableaux

Tableau 1. Critères thermiques pour l’olivier………………………………………… …28

Tableau 2. Fertilisation de l’olivier……………………………………………………….34 Tableau 3. Calendrier des travaux culturaux de l’olivier…………………………………36 Tableau 4. La protection phytosanitaire………………………………………………….37

Tableau 5. Constitution de l’arboretum d’olivier de la station ITAFV Sidi Aîch………

Tableau 6. Liste des variétés Algériennes d’olivier………………………………………43 Tableau 7. Caractéristiques de quelques variétés locales d’oliviers………………………44

55

Tableau 8. La qualité de l'huile d'olive suivant le degré de maturité de l’olive…………

Tableau 9. La récolte des olives en Algérie……………………………………………….56

68

Tableau 10. Les différentes catégories d’huile d’olive et leurs critères de qualité………

Tableau 11. Composition de l’huile d’olive en acides gras……………………………….69

Tableau 12. Structures chimiques des acides phénoliques présents dans l’huile d’olive….71

72

Tableau 13. Structures chimiques des secoiridoides présents dans l’huile d’olive………

Tableau 14. Structures chimiques des alcools phénoliques présents dans l’huile d’olive…73 Tableau 15. Structures chimiques des flavonoïdes présents dans l’huile d’olive………….74

Tableau 16. Structures chimiques des lignanes présents dans l’huile d’olive……………

Tableau 17. Structures chimiques des hydroxy-isochromanes présent dans l’huile d’olive 75 Tableau 18. Structure chimique des tocophérols présents dans l’huile d’olive…………… 77

42

75

Tableau 19. Zones de provenance des huiles et leurs systèmes d’extraction………………

89

Tableau 20. Résultats de la composition en acides gras de différentes huiles……………

105

Tableau 21. Résultats des analyses pédologiques et de l’altitude………………………… 118

Tableau 22. Caractéristiques d’un sol jugé adéquat pour l’oléiculture…………… Tableau 23. Analyse propre des charges de matrice de corrélation

………119

des composantes principales significatives……………………………………119

Liste des Photos

Photo 1. Création d’une plantation………………………………………………………29

Photo 2. Taille de formation……………………………………………………………

35

Photo 3. L’olivier à ramification âgées…………………………………………………

35

Photo 4. Taille de régénération…………………………………………………………

35

Photo 5. Différences morphologiques entre un rameau d’olivier……………………… cultivé (a) et un rameau d’oléastre (b)

46

Photo 6. Vitro plants d’olivier…………………………………………………………….46

57

Photo 8. Caisse en plastique perforé………………………………………………………58

Photo 7. Utilisation du gaulage et des filets à la récolte…………………………………

Photo 9. Sacs en Alfa…………………………………………………………………… Photo 10. Broyeur à meule……………………………………………………………… Photo 11. L’Oléastre (Olea europea var sylvestris)……………………………………………

Photo 11. L’Oléastre ( Olea europea var sylvestris) ……………………………………………
Photo 11. L’Oléastre ( Olea europea var sylvestris) ……………………………………………

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Photo 12. Fruits mûres d’oléastre………………………………………………………….86 Photo 13. Oléastre (sous forme d’arbuste)…………………………………………………86

Photo 14. Fruits verts d’oléastre …………………………………………………………

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Introduction générale

Introduction générale

Introduction générale

Depuis des millénaires, l’olivier est cultivé dans le Bassin méditerranéen où il marque le paysage de sa silhouette si caractéristique. Arbre sacré, il a inspiré aussi bien les grands textes religieux fondateurs (Bible, Torah, Talmud, Coran) que les peintres et les poètes (Breton et al, 2006). L’huile d’olive est un produit alimentaire végétal qui nous invite au plaisir des sens, mais pas seulement. Dès l’Antiquité, les Égyptiens et les Grecs avaient compris ses incroyables pouvoirs pour la cuisine, la beauté, la santé ou la maison. À la fois produit agricole et culturel, l’huile d’olive constitue l’un des piliers de la civilisation méditerranéenne. Cet «or liquide» reflétant le soleil fut l’une des premières richesses échangées autour de la Méditerranée.

L’huile d’olive constitue le socle du célèbre régime méditerranéen, dont les bénéfices pour la santé sont vérifié depuis des millénaires. Les Italiens l’apprécient au point d’en consommer près de 14 litres par personne et par an, alors que L’algérien consomme que 1,5 kg d'huile d'olive par an soit 4,1 g par jour.

Parmi les filières qui ont bénéficié d’un appui sur le plan financier et technique, en Algérie, figure l’oléiculture qui représente actuellement 4% de la superficie agricole utile et 40% de la superficie arboricole totale. Cependant la quasi-totalité de la production oléicole estimée à prés de 7 millions de quintaux est destinée à la consommation interne avec un prix du litre variant de 650 à 800 DA garantissant ainsi un niveau de consommation parmi le plus faible dans le bassin méditerranéen.

Ainsi, la filière oléicole, n’arrive toujours pas à prendre son envol et à jouer pleinement son rôle dans la création de richesses et la promotion des exportations hors hydrocarbures à l’instar de la Tunisie qui au cours de la campagne 2014/2015 est devenue le premier pays exportateur d’huile d’olive, une place qui est détenue depuis des décennies par l’Espagne et l’Italie (Amrouni et al, 2017).

L’objectif de la politique du renouveau agricole et rurale à travers les différents programmes lancés par le ministère de l’agriculture est d’assurer la sécurité alimentaire dans une perspective de souveraineté nationale par une intensification de la production et des actions de modernisation de toutes les filières notamment les filières stratégiques y compris l’oléiculture. Les objectifs tracés pour cette filière à l’horizon 2019 est d’atteindre une production d’olive

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Introduction générale

de 8 million de quintaux, un objectif réalisable sachant que la production à la mi campagne 2014/2015 a atteint selon les données du MADR 6505000 q en dépassant légèrement l’objectif 2015 qui est de 6500000 q. La production de l’huile d’olive a enregistré le niveau le plus élevé des 15 dernières années en atteignant plus de 900 000 hl à travers le territoire national soit une croissance de 25 % comparativement à la campagne écoulée. Ce résultat s’explique par l’entrée en production de près de 2,5 millions d’oliviers au cours de cette campagne.

La qualité de l'huile d'olive commence au moment de la plantation de telle ou telle variété, continue à travers la conduite culturale de l'olivier, l'époque et les modalités de récolte, les travaux préliminaires et la durée de stockage au niveau de l'oliveraie, les conditions de transport des fruits à l'unité, la durée de stockage avant transformation et la conduite technologique d'extraction, ainsi que les conditions de stockage et de distribution de l'huile.

La teneur de l’huile d’olive en composés phénoliques dépend de plusieurs facteurs, comme la variété, les conditions climatiques, le degré de maturation des olives et la technologie d’extraction de l’huile (Servili et al, 2004). Nombreux travaux de recherche sont consacrés à l’étude de l’influence des ces différents facteurs sur la fraction phénolique de l’huile d’olives. D’autres études se sont focalisées sur la détermination du profil en composés phénoliques de l’huile d’olive vierge par différentes techniques d’analyse, notamment par HPLC (Montedoro et al., 1992; Rovellini et al., 1997; Owen et al., 2000; Bendini et al., 2003; De La Torre- Carbot et al., 2005; Rovellini, 2008; Bubonja-Sonje et al., 2011).

Au cours de ces dernières années, l’intérêt porté sur les composés phénoliques de l’huile d’olive a augmenté à cause de leurs activités antioxydantes, jouant ainsi un rôle important dans la santé humaine. Ils constituent une large classe de métabolites secondaires, qui sont des dérivés d’oleuropéine et de ligstroside (Bravo, 1998; Ryan et al., 2002a). Ils contribuent aussi à la flaveur, à la stabilité et à la valeur nutritionnelle de l’huile (Perrin, 1992).

Malgré la vocation oléicole de l’Algérie et la richesse de son patrimoine oléicole, les travaux de recherche dans ce domaine restent limités, par rapport à la Tunisie et au Maroc.

L’absence, de données sur les caractéristiques des huiles d’olive de l’oranie nous à conduits à entreprendre ce travail qui se considère le premiers en qualité de caractérisation des huiles d’olive de l’ouest algérien par leurs composées phénoliques et leurs profil en acides gras.

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Introduction générale

Ainsi nous avons étudié l’influence de la région de culture, de la composition du sol et de la variété sur la qualité des huiles d’olive.

Notre travail avais un double objectif, le premier été de caractérisés et identifier la fraction phénolique et le profil en acides gras de quelques huiles d’olive de l’ouest algérien et le deuxième ; étudier l’influence de l’altitude, du sol et de la variété sur la qualité de ces huiles.

Cette présente thèse est subdivisée en deux parties : la partie bibliographique et la partie pratique. La partie bibliographique comporte : deux chapitres ; le premier traite des généralités sur l’olivier, l’oléiculture dans le monde et en Algérie et l’amélioration du matériel végétal. Le deuxième est consacré à l’oléotechnie et les facteurs influençant l’huile d’olive ainsi qu’à la composition de l’huile d’olive et ces bienfaits.

Quand à la partie pratique elle est divisée en deux chapitres ; le premier présente le matériel et les méthodes utilisées pour l’analyse des huiles et le traitement des données. Le deuxième chapitre présente les résultats de la détermination des indices de qualité, de la composition en acides gras, en tocophérols et l’identification des composées phénoliques par HPLC ainsi que l’étude des corrélations de l’altitude, du sol et de la variété avec la qualité des huiles à l’aide de l’analyse multivariées (ACP).

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Partie bibliographique

Chapitre I : L’olivier

Partie bibliographique

Chapitre I : L’olivier

1. Généralités :

1.1. Historique de l’olivier :

L’olivier, Olea Europea, est l’un des arbres typiques de la végétation méditerranéenne à une longévité exceptionnelle ; il a une grande importance nutritionnelle, sociale et économique pour les peuples de cette région ou il est largement distribué (Kafotos, 1995).

L’olivier a une origine très ancienne, son apparition et sa culture remontent à la préhistoire ou il été considéré comme étant une espèce sauvage, mais nous ne pouvons pas déterminer avec certitude la voie de son expansion, progressive et intermittente au cours du temps (Loussert et Brousse, 1978).

Son histoire, vérité mêlée légende, compte les oliviers les plus variés : comme par les assyriens et les babyloniens, pour les égyptiens, il fut introduit comme don par la grande déesse « Isis », pour les grecs se fut « Minerve » qui en fit pousser la première plante, alors que pour les hébreux, l’olivier été déjà connu depuis le temps « d’Adam », et quel que soit son origine, cet arbre à toujours été le symbole de la paix, de la fécondité, de la force et de la purification (Ereteo, 1982).

Sa nomenclature vulgaire provient, d’une part, du nom Grecque : Oleum qui passe directement au latin : Olea ; d’autre part, du nom hébreux : Zait ou Sait qui devient en arabe Zaitoun (Pagnol, 1975).

Les dernières recherches génétiques montrent que l’origine de l’olivier cultivé, n’est peut être pas orientale, selon les résultats de recherches d’une équipe de l’INRA Montpellier ; cette origine pourrait être simultané à l’est et à l’ouest du bassin méditerranéen toujours est il l’oléastre véritable aurait existé en Algérie depuis le 12éme millénaire avant notre ère.

De se point de départ jusqu’aux phéniciens (4000 à 3000 av J.C) ; aucune indication ne permet d’en comprendre l’évolution.

La propagation de l’olivier aux quatre coins de l’Algérie montre l’attachement ancestral de l’algérien à cette espèce et ces produits. De nos jours, nous observons deux types d’oléiculture : - l’oléiculture de montagne (oliveraie de Beni Snouss)

- l’oléiculture marchande (plaine de Sig) (ITAFV, 2008)

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Partie bibliographique

Chapitre I : L’olivier

En Algérie, l’oliveraie n’a pas retrouvé son deuxième souffle d’adaptation aux nouvelles techniques de production, à l’instar de ses deux pays voisins (Tunisie et Maroc) qui ne cessent de renouveler les techniques de plantation sur de nouvelles bases de l’oléiculture ou la rentabilité est prise en considération (Slam-Gaouar, 2004).

est prise en considération (Slam-Gaouar, 2004). Figure 1. Propagation de l’olivier en méditerranée

Figure 1. Propagation de l’olivier en méditerranée (Loussert et Brousse, 1978).

1. 1.1. Description et caractéristique générales de l’Oléastre :

À coté de l’olivier cultivé, il existe un ancêtre sauvage, l’oléastre, dont l’olivier dérive, mais également des formes d’olivier sauvage, très proches en apparence de l’oléastre, qui sont en réalité des formes cultivées retournées à l’état sauvage.

Jusqu’ici, les scientifiques considéraient que les oléastres véritables étaient un groupe homogène confiné à l’est du bassin méditerranéen et que l’ensemble des oliviers cultivés dériverait d’un seul et même oléastre. La domestication se serait produite vers 3 700 av. J.C. au Proche-Orient, d’où les oliviers auraient colonisé l’ensemble du bassin méditerranéen. Selon cette théorie, les formes sauvages observées dans l’ouest du bassin seraient non pas des oléastres véritables, mais des arbres issus d’olivier cultivés et redevenus sauvages.

En étudiant trois types différents de marqueurs moléculaires du génome, les chercheurs ont largement remis en cause ce schéma. Ces marqueurs permettent de mesurer le degré de proximité génétique entre les arbres, de révéler des migrations, et donc d’avancer des hypothèses sur l’histoire évolutive de l’olivier. Le profil génétique des populations étudiées indique que les oléastres véritables sont implantés depuis les glaciations aussi bien à l’Ouest

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Chapitre I : L’olivier

qu’à l’Est. Les oléastres auraient survécu durant la dernière glaciation dans au moins quatre zones refuges différentes (nord-ouest de l’Afrique, péninsule ibérique, Proche-Orient et dans l’ensemble Sicile-Corse). On peut penser qu’ils se seraient diversifiés à l’Ouest (Maghreb, Espagne, France, Sicile) avant les glaciations et qu’un seul type serait parvenu à l’Est.

La domestication de l’olivier cultivé s’est réalisée à partir de l’oléastre non seulement à l’Est, mais aussi probablement simultanément à l’Ouest (dans la zone de l’Afrique du Nord - Espagne - France) ainsi qu’en Corse.

Pour confirmer cette hypothèse, les chercheurs envisagent d’étudier des noyaux d’olives retrouvés sur des sites archéologiques. Les oliviers cultivés ont été obtenus dans diverses régions à partir des premiers oliviers domestiqués de l’Est - en effet ils ont été largement diffusés vers l’Ouest au cours de migration humaine (Phéniciens, Grecs, Romains) - et des oléastres locaux, ce qui a permis une adaptation locale rapide. Les oléastres véritables de l’Ouest sont donc des ressources génétiques précieuses pour l’olivier.

L’intérêt de ces travaux n’est pas qu’historique. Ils permettent d’avoir une meilleure connaissance des ressources génétiques disponibles pour l’amélioration de l’olivier. Ils permettent également de garantir l’origine des variétés commercialisées par les pépiniéristes et ainsi d’éviter des plantations avec des variétés non adaptées au climat ou aux besoins des arboriculteurs. De plus, la méthode permet la traçabilité de l’huile dans les réseaux commerciaux, histoire à suivre donc (INRA, 2003).

La diversité phénologique des cultivars est remarquable et l’intérêt économique de l’espèce est majeur. Pourtant peu d’études ont porté sur la domestication de l’olivier et sur les relations entre l’olivier et sa forme sauvage, l’oléastre. Les marqueurs moléculaires rendent possible l’étude de la structure génétique des cultivars, des flux géniques et des relations entre la forme cultivée et sauvage.

L’origine de l’olivier à partir de l’oléastre ne fait plus de doute à l’est comme à l’ouest de la mer Méditerranée. Cependant, la diversité de l’oléastre et de l’olivier est maximale à l’ouest. L’archéologie confirmant la présence de l’oléastre à l’ouest, l’origine de la sous-espèce europaea est donc à reconsidérer (Breton et al, 2006).

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Partie bibliographique

Chapitre I : L’olivier

Partie bibliographique Chapitre I : L’olivier Figure 2. Schéma de la taxonomie du genre Olea (Oleaceae)

Figure 2. Schéma de la taxonomie du genre Olea (Oleaceae) (Green, 2002) simplifiée (D’après Breton et al, 2006) et répartition géographique des taxons.

Pour les agriculteurs, le terme oléastre désigne tout olivier dont l'apparence s'éloigne de celle des variétés d'olivier connues et productives (feuilles petites, rameaux raides, aspect buissonnant).

Pour le botaniste, ce terme désigne l'olivier non cultivé, avec de petits fruits ou bien un aspect buissonnant.

Pour le biologiste, ce terme désigne un arbre appartenant à une population sauvage vraie, c'est-à-dire un lignée Olea europaea qui n'a jamais bénéficié d'intervention de l'humain pour se propager.

Il existe trois cas possibles d'oliviers à l'état sauvage:

l’olivier sauvage qui n'a aucun parent domestiqué parmi ses ancêtres: c'est l' «oléastre vrai»;

l’olivier sauvage descendant d'oliviers cultivés: c'est l'olivier féral;

l’olivier cultivé qui a été abandonné: seul son aspect peut évoquer l'oléastre. Il n'existe cependant que grâce à l'appui de l'humain. C'est un olivier appartenant à une variété cultivée ou ayant été cultivée.

Cependant, les oliviers cultivés et les oliviers sauvages sont interféconds. Il y a donc en fait tous les intermédiaires envisageables.

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Partie bibliographique

Chapitre I : L’olivier

Ainsi, nous pouvons avoir des populations férales qui se sont formées à partir de noyaux issus d’oliviers cultivés, qui ne peuvent être discernées des populations d'oléastres vrais que par la biologie moléculaire.

L’olivier sauvage est surtout un arbre de la méditerranée, mais sont aire est très étendue (jusqu’en Afghanistan). En Afrique du Nord, on le trouve partout, dans la brousse comme en forêt. En Algéro-Tunisie, il couvre 30 000 ha à l’état pur. Au Maroc, il est également très commun et s’étend sur 50 000 ha environ, dans les régions atlantiques, dans le Grand et le Moyen Atlas, dans la région de l’Arganier.

Comme association végétale, c’est l’un des principaux éléments de la formation Olivier- Lentisque et de l’association du Thuya.

Au point de vue écologique, il relève de l’étage semi-aride et exceptionnellement du subhumide. C’est avant tout une essence xérophile et thermophile ; il est fréquent dans les forêt claires et broussailles de plaine ou de basse montagne. Il manque dans les montagnes élevées et trop humides. Sa répartition dépend du climat, ce qui l’écarte des climats trop secs ou trop humides.

Ce n’est pas un arbre montagnard : il va de mer à 1000 ou 1200m. Il ne manifeste pas de grandes exigences au point de vue pluviométrique et se contente de la tranche de 400mm.

Il est indifférent à la nature du sol ; c’est une des rares espèces pouvant vivre sur les sols argileux, mais il préfère les calcaires et les schistes.

Arbre au tempérament vigoureux, il rejette vigoureusement jusqu’à un âge très avancé et réagit aux mutilations en donnant de nombreux rejets de tronc ou de branches. Sa vitalité est puissante et il peut vivre plus de 1000 ans, mais sa croissance est très lente.

Essence subordonnée, il vit en mélange avec le Chêne-liège, le Chêne-zéen, le Chêne-vert, le Pin d’Alep, le Thuya, l’Arganier, le Genévrier. Bien qu’en principe, il ne puisse concurrencer les essences principales, il envahit cependant peu à peu certaines forêts sèches de Chêne-liège en Algérie et au Maroc.

En définitive, c’est un arbre précieux pour maintenir, grâce à son puissant enracinement, les terrains argileux instables (Budy, 1952).

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Chapitre I : L’olivier

1.2. L’oléiculture dans le monde :

1.2.1. Le marché mondial de l’huile d’olive

Les pays de la rive Sud de l’Union Européenne, principalement l’Espagne, l’Italie et la Grèce,

totalisent 67% de la moyenne de production mondiale des cinq dernières années (2010-2015),

et ce malgré la forte chute de production de l’Espagne en 2012/2013. Malgré de fortes

variations annuelles et en tenant compte des stocks évalués à plus d’un demi-million de

tonnes (557 500T), la tendance de la production mondiale enregistre une augmentation

moyenne de 6% depuis 2000 (COI, 2015). Sur le long terme, la croissance globale de la

production se maintient malgré les différences de rythme entre les décennies des années 1990

et des années 2000. Avec la Turquie, la Tunisie et la Syrie qui produise chacun une moyenne

de 6%, soit 18% pour ces trois pays tiers, les nouveaux pays émergents n’auraient qu’une part

résiduelle de la production mondiale, avec un maximum de 0,5% de moyenne de la

production mondiale, pour l’Australie ou le Chili (COI, 2015).

mondiale, pour l’Australie ou le Chili (COI, 2015). Figure 3. Principaux pays producteurs d’huile d’olive

Figure 3. Principaux pays producteurs d’huile d’olive (En milliers de tonnes, pour la période 2010-2015) Source : Etablie par Ilbert et Lamani, (2016) à partir de la base de données du COI, nov. 2015.

L’Espagne reste le principal pays producteur avec une part de marché de plus de 40%, soit

1 245 300 tonnes sur une production mondiale estimée à 2 892 200 tonnes entre 2005 et 2015

(Voir annexe1). Sa part augmente d’une campagne à l’autre et lors de la campagne

2015/2016, elle atteint 1 400 000 tonnes (COI, 2016a). En termes d’exportation, l’Espagne,

l’Italie et la Tunisie sont les trois principaux exportateurs d’huile d’olive. Ils ont représenté en

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Chapitre I : L’olivier

moyenne 76% des exportations entre 2010-2015, suivis du Portugal, de la Turquie, de la Syrie et du Maroc. Les deux grands pays producteurs, qui sont par ordre d’importance l’Espagne et l’Italie, totalisent près de 60% du volume total des exportations d’huile d’olive (voir annexe 2). L’huile d’olive méditerranéenne, associée à la diète méditerranéenne, est consommée mondialement et la demande internationale augmente. Même si sa consommation ne représente qu’une faible part des quantités d’huiles végétales consommées (4%), la croissance de la consommation mondiale d’huile d’olive a augmenté de 6% par rapport à la campagne antérieure (COI, 2016a). L’Union Européenne est le premier consommateur d’huile d’olive (56% de la consommation mondiale lors de la dernière campagne), mais les Etats-Unis, l’Australie et le Canada, deviennent de nouveaux pays consommateurs depuis le tournant des années 2000. Les États-Unis, troisième consommateur, avec une consommation moyenne de 290 700 tonnes durant les cinq dernières campagnes, sont devenus le premier marché d’exportation d’huile d’olive. La consommation en 2015 a augmenté de 49% par rapport à l’année 2000. Cette hausse est nettement supérieure à celle de la consommation mondiale (+ 9%) durant la même période (COI, 2015).

mond iale (+ 9%) durant la même période (COI, 2015). Figure 4. L’olivier dans le monde

Figure 4. L’olivier dans le monde (Source : AFIDOL/COI, 2015)

1.2.2. Situation actuelle de l’oléiculture algérienne :

L’objectif de la politique du renouveau agricole et rurale à travers les différents programmes lancés par le ministère de l’agriculture est d’assurer la sécurité alimentaire dans une

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Chapitre I : L’olivier

perspective de souveraineté nationale par une intensification de la production et des actions de modernisation de toutes les filières notamment les filières stratégiques y compris l’oléiculture. Les objectifs tracés pour cette filière à l’horizon 2019 est d’atteindre une production d’olive de 8 million de quintaux, un objectif réalisable sachant que la production à la mi campagne 2014/2015 a atteint selon les données du MADR 6505000 q en dépassant légèrement l’objectif 2015 qui est de 6500000q. Ainsi, la production des olives et comparativement à la même période de la campagne écoulée, a évolué de prés de 37% dépassant les 6 million de quintaux.

1.2.2.1. Répartition de l’oléiculture en Algérie :

L’oléiculture représente actuellement 4% de la superficie agricole utile et 40% de la superficie arboricole totale. Cependant la quasi-totalité de la production oléicole estimée à prés de 7 millions de quintaux; elle est présente sur l’ensemble du territoire d’Est, Est Ouest et du Nord au Sud (jusqu’à Tamanrasset). L’oléiculture a toujours résisté aux différents types d’agressions : feu, industrialisation, urbanisation, etc.…

: feu, industrialisation, urbanisation, etc.… Figure 5. Localisation de l’olivier en Algérie (Source

Figure 5. Localisation de l’olivier en Algérie (Source : ITAFV)

1.2.2.2. Potentiel oléicole : les superficies oléicoles continuent à augmenter

La superficie du verger oléicole au cours de la campagne 2015/2016 ; selon les chiffres provisoires de la DRDPA, s’élève à 471 657 ha. Cette superficie a connu une augmentation de prés de 16% comparativement à la campagne écoulée ce qui correspond à la mise en place de plus de 64 000 ha de nouvelles plantations.

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Chapitre I : L’olivier

Il est à signaler que 75 % de cette superficie a été réalisée à travers 15 wilayas oléicoles. Parmi les wilayas traditionnellement oléicoles, la wilaya de Skikda, à elle seule, a réalisé une superficie de plus de 5000 ha. Tandis que dans les nouvelles zones oléicoles, la wilaya d’EL Bayadh, enregistre elle aussi, une superficie considérable de 4274 ha.

elle aussi, une superficie considérable de 4274 ha. Figure 6. Evolution de la superficie oléicole (ha).

Figure 6. Evolution de la superficie oléicole (ha). Source : ONFAA à partir des données DRDPA, DSASI.

Le nombre total d’oliviers a enregistré une évolution de 10% comparativement à l’année écoulée pour atteindre près de 6 200 000 oliviers. L’augmentation du nombre total d’oliviers a été constatée essentiellement dans les wilayas de Béjaia, Skikda, Saida, Djelfa et Chlef avec respectivement 1 417 877, 662 411, 571 182, 461 774 et 420 045 oliviers ce qui correspond à 64% des oliviers plantés à l’échelle nationale.

à 64% des oliviers plantés à l’échelle nationale. Figure 7. Evolution du nombre de l’olivier complantée

Figure 7. Evolution du nombre de l’olivier complantée (arbre). Source : ONFAA à partir des données DRDPA, DSASI.

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Chapitre I : L’olivier

Partie bibliographique Chapitre I : L’olivier Figure 8. Evolution du nombre d’olivier en rapport (arbre). Source

Figure 8. Evolution du nombre d’olivier en rapport (arbre). Source : ONFAA à partir des données DRDPA, DSASI.

Par ailleurs, le nombre d’oliviers en rapport a également augmenté passant de 32 millions d’arbres au cours de la campagne 2014/2015 à prés de 35 millions au cours de la campagne 2015/2016, soit 2 439 033 oliviers qui sont rentrés en production au cours de cette campagne.

1.2.2.3. Production oléicole : une production record depuis plusieurs années

Malgré les conditions climatiques relativement difficiles qui ont caractérisé la campagne oléicole, notamment la vague de chaleur qui est survenue au cours du stade floraison et grossissement du fruit, la production totale d’olives (pour conserve et pour huile) n’a pas été gravement affectée à travers l’ensemble des wilayas de production de l’huile d’olive. Cette dernière a connu une évolution de 7% comparativement à la campagne écoulée. Quant à la production d’olive destinée à l’huile, l’évolution a été plus considérable puisque la production passe 420 mille tonnes au cours de la campagne écoulée à plus de 470 mille tonnes au cours de cette campagne, soit un accroissement de 13%.

au cours de cette campagne, soit un accroissement de 13%. Figure 9. Evolution de la production

Figure 9. Evolution de la production totale d’olive (q). Source : ONFAA à partir des données DRDPA, DSASI.

La production de l’huile d’olive a enregistré le niveau le plus élevé des 15 dernières années en atteignant plus de 900 000 hl à travers le territoire national soit une croissance de 25 %

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Chapitre I : L’olivier

comparativement à la campagne écoulée. Ce résultat s’explique par l’entrée en production de près de 2,5 millions d’oliviers au cours de cette campagne. (Voir annexe 3).

d’oliviers au cours de cette campagne. (Voir annexe 3). Figure 10. Evolution de la production d’huile

Figure 10. Evolution de la production d’huile d’olive (q). Source : ONFAA à partir des données DRDPA, DSASI.

1.2.2.4. Rendement oléicole : malgré l’évolution constatée, il reste relativement faible Le rendement en olives qui est un indicateur de la performance de la culture, a atteint, au cours de cette campagne, une valeur moyenne de 23 kg/arbre soit une évolution de 14% comparativement à la campagne écoulée.

Les rendements les plus élevés ont été obtenus à l’Ouest du pays et ceci est dû à la dominance des olives de table conduites en irrigué. Le rendement le plus élevé a été obtenu dans la wilaya de Mascara avec 42 kg/arbre. Par ailleurs, la majorité des wilayas oléicoles du centre et de l’Est du pays, dont la vocation est la production de l’huile d’olive, enregistre un rendement inférieur à la moyenne nationale à l’exception de la wilaya de Skikda où le rendement a atteint la moyenne de 28 kg/arbre. Les rendements les plus élevés à travers les autres wilayas ont été obtenus dans les wilayas de Blida avec 22 kg/ arbre, Jijel et Tipaza avec 21 kg/arbre. Cependant, la wilaya de Batna qui a fourni au titre de la campagne 2015/2016, 7% de la production nationale en huile d’olive, a enregistré un rendement moyen de 50 kg/arbre. Les zones steppiques et du Sud, quant à elles, enregistrent un rendement moyen de 21 kg/arbre qui se justifie par la jeunesse des plantations et leurs récente entrée en production. Le plus grand rendement a été enregistré dans la wilaya de Biskra avec 39 kg/arbre, suivi de celui enregistré à El Bayadh avec 35 kg/arbre. Cependant ; les rendements au sud sont jugés surestimés en comparaison des chiffres fourmis par les producteurs, selon le conseil oléicole interprofessionnel. Le rendement en huile a régressé de 16% comparativement à la campagne écoulée pour atteindre une moyenne de 15 l/q; cette baisse est étroitement liée au manque

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Chapitre I : L’olivier

d’eau suite, d’une part, à la sécheresse qui a sévi au cours de la campagne et, d’autre part, à la conduite en sec de l’olivier. Néanmoins, 23 wilayas enregistrent un rendement en huile supérieur à la moyenne nationale parmi lesquelles figurent les wilayas de Skikda et Souk Ahras avec chacune 22 l/q et les wilayas de Béjaïa, Jijel et Sétif avec

22 l/q et les wilayas de Béjaïa, Jijel et Sétif avec Figure 11. Evolution du rendement

Figure 11. Evolution du rendement

en olive (Kg/arbre)

Source : ONFAA à partir des données DRDPA, DSASI.

Source : ONFAA à partir des données DRDPA, DSASI. Figure 12. Evolution du rendement en huile
Source : ONFAA à partir des données DRDPA, DSASI. Figure 12. Evolution du rendement en huile

Figure 12. Evolution du

rendement en huile d’olive (l/q)

Figure 13. Répartition géographique de la production des olives destinées à la fabrication de l’huile (moyenne 2009/2013). Source : ONFAA à partir des données DSASI.

2009/2013). Source : ONFAA à partir des données DSASI. Figure 14. Répartition géographique de la production

Figure 14. Répartition géographique de la production de l’huile d’olive (moyenne 2009/2013). Source : ONFAA à partir des données DSASI.

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Chapitre I : L’olivier

1.2.3. Capacités de trituration des l’huiles d’olive algérienne

1.2.3.1. Capacités de trituration par wilaya :

La capacité nationale moyenne de trituration par huilerie s’élève à 1931 (q) d’olive, ceci bien

évidemment ne prend pas en considération le type des huileries. La capacité de trituration diffère d’une huilerie traditionnelle à une huilerie en chaine continue. Néanmoins, la lecture du tableau (Voir Annexe 4) suivant, nous permet de tirer un certains nombre de point :

- La 1ère wilaya productrice de l’huile d’olive à savoir Béjaia ne dispose pas du nombre le plus élevé d’huilerie, elle est la deuxième après la wilaya de Tizi Ouzou avec un écart de 48 huileries.

- 5 wilayas assurent une production des olives destinées à l’huile et ne disposent pas d’huileries.

- L’émergence des huileries dans les nouvelles zone de production notamment la wilaya de M’sila avec 7 huileries et la wilaya d’El oued avec 5.

- La capacité de trituration semble être très faible dans certaines wilayas ; c’est le cas d’El Tarf qui dispose de deux huileries pour une production de 23 180 (q) d’olives.

huileries pour une production de 23 180 (q) d’olives. Figure 15. Répartition des huileries par zone.

Figure 15. Répartition des huileries par zone. (Source : ONFAA à partir des données de l’ITAFV)

1.2.3.2. Caractéristique du parc national de transformation:

Le secteur de trituration d’olive est caractérisé par la coexistence de trois types d’huileries, il s’agit de :

- huileries traditionnelles,

- huileries super presses,

17

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Chapitre I : L’olivier

- huileries chaines continues

Concernant le secteur traditionnel, on note l’existence de 930 maâsras localisées notamment dans les zones les plus enclavées avec une très faible capacité de trituration estimée ne dépassant pas la moyenne de 8 q/jour. Pour le secteur moderne et semi-moderne, ce denier est représenté par 750 unités ayant une capacité minimale de trituration d’environ 10 tn/jour.

Le parc de transformation se présente comme suit :

- 55% en huileries traditionnelles,

- 21% en huileries super presses,

- 23% en huileries chaines continues

En se focalisant sur les 3 plus grandes wilayas de production de l’huile d’olive, le parc de

transformation est dominé par les huileries traditionnelles à hauteur de 60% suivi par les huileries sous presse à hauteur de 22% et enfin les huileries à chaine continue à hauteur de 18%. Les huileries traditionnelles, en plus du faible rendement industriel en huile, offre une huile d’olive lampante de mauvaise qualité.

1.2.3.3. Prix : Le prix du litre d’huile d’olive a connu cette année une hausse sensible Le prix d’huile d’olive au cours de cette campagne 2015/2016 au niveau des zones traditionnelles de production et à travers le panel des exploitations oléicoles mis en place par l’ONFAA, variait entre 600 DA à 800 DA prix producteur comparativement à des prix allant de 500 DA à 600 DA au cours de l’année écoulée. Les prix les plus élevés ont été enregistrés dans la wilaya de Bouira où la campagne oléicole a été mauvaise et la baisse de la production a été très forte comparativement à la campagne écoulée. Par ailleurs, le relevé des prix fait par l’ITAFV, au niveau des wilayas potentielles traditionnelles (Béjaïa, Tizi Ouzou, Bouira et Jijel), considérées comme les lieux de fixation des prix de l’huile d’olive, a fait ressortir l’état suivant :

- Un prix variant de 550 DA à 700 DA le litre au niveau des huileries.

- Un prix allant de 650 DA à 800 DA le litre au niveau des détaillants.

- Un prix allant de 110 DA à 260 DA pour une huile conditionnée de 33 cl et de 600 DA à 900 DA pour une contenance de 75 cl. (Source : ITAFV)

1.2.3.4. Qualité d’huile d’olive :

D’après le rapport du casier oléicole réalisé par le comité « stratégies de qualité des produits oléicoles » de l’ITAFV et en s’appuyant sur des analyses des échantillons de l’huile d’olive

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Chapitre I : L’olivier

prélevés aléatoirement au niveau des huileries, il en ressort que l’huile d’olive vierge domine à hauteur de 37.43% les huiles produites au cours de la campagne 2014/2015. Cette dernière constitue avec l’huile d’olive vierge courante et huile d’olive lampante, les catégories d’huile les plus produites en Algérie aux dépends de l’huile d’olive extra vierge qui ne représente que 7.48% des huiles produites (contre 25.64% au cours de la campagne 2013/2014).

Concernant l’aire de production et durant la campagne 2014/2015, les huiles d’olive vierges et courantes ont été produites dans le Centre et l’Est du pays tandis que la région Ouest a fourni, pour plus de la moitié de sa production, une huile d’olive vierge. La majorité de l’huile d’olive vierge extra provenait de la région Sud.

d’olive vierge extra provena it de la région Sud. Figure 16. Qualité des huiles d’olive produites

Figure 16. Qualité des huiles d’olive produites à l’échelle des régions. (Source : ITAFV)

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Chapitre I : L’olivier

2. Caractéristiques biologiques et morphologiques de l’olivier :

2.1. Systématique et classification botanique : (Cronquist, 1981)

Selon Quezel et Santa (1963), on peut distinguer deux formes principales d’olivier :

Olea europea Sylvestris (Olea oleaster)

C’est l’olivier sauvage, caractérisé par des rameaux longs, des fruits très petits et un aspect

buissonnant de l’arbre, l’olive est appelée en arabe « Zeboudj »

Olea europea Sativa

C’est l’olivier cultivé, inerme dont les fruits plus gros que ceux du précèdent, sont destinés à

la consommation. L’arbre est plus grand que celui de l’olivier sauvage.

Noms communs : Arbre éternel, boutaillon, mouraou

Noms vernaculaires : Pour la variété sauvage : Zebbour, sebboudj, tazbboujt

Pour la variété cultivée : Amourga, zitoun, zeitar, azemmour, zzit, tessetta, tahatimt, amil

(Lucienne, 2007).

2.2. Morphologie de l’arbre :

L’olivier est un arbre à feuilles persistantes, il est composé de deux parties essentielles :

Système aérien et système radiculaire

2.2.1. Système aérien :

Le tronc : c’est la partie de l’arbre reliant les racines aux branches charpentières. D’abord lisse, gris verdâtre jusqu’à la dixième année environ, devient en vieillissant noueux, crevassé, fendu, élargie à la base.

Les charpentières : se sont de grosses branches qui forment l’ossature, servant se support aux autres ramifications et aux feuillages, l’ensemble, tronc-branche

20

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Chapitre I : L’olivier

constituent le squelette de l’arbre et l’ensemble, charpentières ramifications feuillages, constituent la frondaison.

2.2.2.

Les rameaux : la croissance des rameaux se poursuit tout au long du printemps et de l’automne de l’année suivante, ils portent les fleurs, puis les fruits, leurs dimensions et de l’ordre de quelques dizaines de centimètres. Suivant la vigueur de l’arbre et de la variété. Le rameau porte à son extrémité un bourgeon terminal et au niveau de chaque nœud deux feuilles axillaires opposées avec chacune à son aisselle un bourgeon. Les différences d’activités des bourgeons constituent une population de rameaux complexes et polymorphes. On distingue trois types de rameaux : rameaux à bois, rameaux mixtes, rameaux à fruits.

Système racinaire :

Le système racinaire de l’olivier et de type mixte, à la fois, fasciculé et pivotant et se développe suivant le sol, dans les terres légères, les racines sont généralement pivotantes, contrairement aux terrains assez lourds ou elles se trouvent surtout en surface (entre 0.1 et 0.6 m de profondeur).

L’arbre adulte forme généralement des excroissances plus au moins grosses à la base du tronc, à partir de ces excroissances appelées communément « ovules », « souquet » ou « souchet », naissent des rejets de jeunes rameaux.

L’olivier doit sa vitalité à la puissance de son système racinaire qui est capable de fonctionner pendant de longues années, et sa faculté de reconstituer ses organes morts ou détruites accidentellement. La constitution du système radiculaire chez l’olivier est fonction du procédé de multiplication dont il à fait objet.

du procédé de multiplication dont il à fait objet. Figure 17. Développement du système racinaire de

Figure 17. Développement du système racinaire de l’olivier ;

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Chapitre I : L’olivier

1 : germination du noyau d’olivier ; 2 : évolution du système racinaire d’un olivier de semis ; A : système racinaire à la plantation, B : système racinaire secondaire, C : nouvelle racine émise à partir des excroissances du collet (souchet) (Loussert et Brousse, 1978).

2.2.3. Les feuilles :

Les feuilles sont simples entières, sans spatules, avec pétiole court, seule la nervure principale est apparente, le limbe lancéolé se termine par un mucron. La face supérieure est luisante, coriace de couleur vert foncé, la face inférieur présente un aspect argenté dû à la présence de poils testeurs en forme de parasol. Elle est caractérisée aussi par un long pétiole. La feuille peut varier d’ovale, ovale oblongue, lancéolée à oblongue et quelques fois presque linéaire pour la forme : pour la dimension, variée de 3 à 8 cm de long et de 1 à 2.5 cm de large. La durée de vie des feuilles est de 3 ans, à leur première année elles ne contribuent pas à l’alimentation de l’arbre. C’est à la troisième année, pendant l’automne, que les vieilles feuilles chutent. D’ailleurs grâce aux feuilles, on décèle les anomalies nutritionnelles et en cas de carence, on apporte des corrections par des pulvérisations de fumure minérale. Le maintient du rapport, feuilles sur bois et feuilles sur racines à un niveau faible affecte à moyen et à long terme la vitalité de l’arbre et à court terme la productivité.

Action physiologique: la feuille est hypotensive, diurétique. La feuille est employée comme hypotenseur (Lucienne et al, 1975).

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Chapitre I : L’olivier

Partie bibliographique Chapitre I : L’olivier Figure 18. Les différentes formes de la feuille d’olivier (ITAFV,

Figure 18. Les différentes formes de la feuille d’olivier (ITAFV, 2008)

2.2.4. Les fleurs :

Elles sont petites, réunies en grappes axillaire de 10 à 35 fleurs disposées sur 4 à 6

ramifications secondaires de grappe, sur le bois de l’année précédentes essentiellement. Chez

l’olivier les fleurs sont hermaphrodites, cependant suivant les variétés, et les fleurs, on peut

rencontrer :

Des fleurs complètes : procédant les organes sexuels normaux produisent fruits et graines, on possédant les organes sexuels normaux mais certaines ne produisent pas de fruits. Ce cas est dû à l’auto compatibilité totale ou partielle.

Des fleurs incomplètes :

- Possédant un androcée normal et un pistil anormal, se sont des fleurs stériles.

- Possédant un androcée anormal et un pistil normal, se sont des fleurs des cultivars mâles stériles c'est-à-dire la fleur ne produit pas le pollen, c’est le cas des variétés Chemlal ; Boukaila, en Algérie.

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Chapitre I : L’olivier

Partie bibliographique Chapitre I : L’olivier Figure 19. Schéma d’une fleur d’olivier (avec deux pétales

Figure 19. Schéma d’une fleur d’olivier (avec deux pétales rabattus) (Loussert et Brousse,

1978).

2.2.5. Le fruit :

Après la pollinisation et la nouaison, le fruit résultant subit une maturation progressive pour donner l’olive. L’olive est une drupe de forme ovoïde ou ellipsoïde et de dimension très variable suivant les variétés. Elle est constituée d’un mésocarpe charnu riche en lipide, de l’épicarpe très attaché au mésocarpe (pulpe) et de l’endocarpe constitué d’un noyau fusiforme très dur protégeant l’amande. Ce noyau est de forme variable et de caractéristique de la variété. Les différents constituants de l’olive sont : l’eau, les protéines, les sucres simples (glucose, fructose, saccharose, etc.), les acide organique (oxalique, malique, citrique), les polysaccharides (cellulose, hémicellulose, des gommes…), la matière grasse et les substances colorantes. La plus grande quantité de mannitol ainsi que la présence de l’oleuropéine constituent une caractéristique particulière de l’olive. Le fruit et le noyau sont de dimensions très variables les fruits ne sont portés que sur les rameaux de l’année précédente ils peuvent être attaqués par des prédateurs parasites qui modifient leur structure.

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Chapitre I : L’olivier

Partie bibliographique Chapitre I : L’olivier Figure 20. Différents formes du fruit (ITAFV, 2008) 25

Figure 20. Différents formes du fruit (ITAFV, 2008)

25

Partie bibliographique

Chapitre I : L’olivier

Partie bibliographique Chapitre I : L’olivier Figure 21. Différents formes du fruit (ITAFV, 2008) Figure 22.

Figure 21. Différents formes du fruit

(ITAFV, 2008)

L’olivier Figure 21. Différents formes du fruit (ITAFV, 2008) Figure 22. Différents formes du noyau 26

Figure 22. Différents formes du noyau

26

(ITAFV, 2008)

Partie bibliographique

Chapitre I : L’olivier

Partie bibliographique Chapitre I : L’olivier Figure 23. Coupe schématique du fruit (drupe) (Loussert et Brousse,

Figure 23. Coupe schématique du fruit (drupe) (Loussert et Brousse, 1978).

2.3. Biologie et Physiologie du cycle de végétation:

2.3.1. Cycle de développement :

On distingue 4 grandes périodes :

La période de jeunesse : c’est la période d’élevage et de croissance du jeune plant, elle commence depuis la pépinière pour se terminer au verger.

La période d’entrée en production : c’est la phase qui chevauche entre la phase de jeunesse et la phase adulte ; lors de cette période, en même temps que se poursuivent la croissance et le développement végétatif de l’arbre, apparaissent les premières productions fruitières. Le rapport C/N évolue vers l’état d’équilibre.

La période adulte : c’est la période de pleine production, le développement souterrain et aérien de l’arbre est optimum. Le rapport C/N est en équilibre.

La période de sénescence : c’est la phase de vieillissement qui se caractérise par une diminution progressive des récoltes

2.3.2.

Le cycle végétatif de l’olivier :

Comme chez les autres espèces, le cycle végétatif annuel de l’olivier est étroitement lié aux

conditions climatiques et à la position géographique de sa région. (Voir annexe 5)

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Chapitre I : L’olivier

3. L’oléiculture:

L’olivier possède des qualités indéniables de résistance aux mauvaises conditions de culture, mais lorsque ces besoins sont satisfaits, il devient l’une des espèces les plus productives. La culture de l’olivier nécessite au préalable un certain nombre de choix et d’opérations dont dépendra l’avenir de l’oliveraie.

3.1. Les exigences ecologiques de la culture de l’olivier:

3.1.1. Exigences Climatiques :

La température : L’olivier peut résister à des températures de l’ordre de – 8 C° et il n’est pas sensible aux températures élevées (+40C°) lorsque son alimentation en eau est assurée ; voici quelques critères thermiques de l’olivier :

Stade de développement

Températures

- Repos végétatif hivernal

10°C à 12°C

- Réveil printanier

-5°C à -7°C

- Zéro de végétation

- Développement des inflorescences

9°C à 10°C

14°C à 15°C

- Floraison

- Fécondation

18°C à 19°C

- Arrêt de végétation

21°C à 22°C

- Risques de brûlure

35°c à 38°C

> 40°C

Tableau 1. Critères thermiques pour l’olivier (Sebai, 2007).

La pluviométrie : A moins de 350 mm de pluie la culture sans irrigation ne peut être économiquement rentable.

L’humidité atmosphérique : Elle peut être utile dans la mesure où elle n’est pas excessive (+60%) ni constante car elle favorise le développement des maladies et des parasites.

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Chapitre I : L’olivier

Altitude : L’altitude de culture de l’olivier dépend de l’altitude. Les limites à ne pas dépasser sont de 700 à 800 m pour les versants exposés au nord et de 900 à 1000 m pour les versants exposés au sud.

Autres facteurs climatiques :

-Brouillard : Il est néfaste car il provoque la chute des fleurs (coulure)

-Neige : Elle provoque la rupture des branches

-Grêle : Elle détruit les jeunes rameaux

3.1.2. Le type de sol :

L’olivier s’adapte à tous les types de sols sauf les sols lourds compactes humides ou se ressuyant mal. Les sols calcaires jusqu’à pH 8.5 peuvent lui convenir, par contre les sols acides pH 5.5 sont déconseillés.

3.1.3. La quantité d’eau :

Comme l’eau est un facteur important les teneurs limites en sels sont :

- De 2 g/l pour une pluviométrie supérieure à 500 mm

- De 1g/l pour une pluviométrie inférieure à 500 mm 3.2. Création d’une plantation :

inférieure à 500 mm 3.2. Création d’une plantation : Photo 1. Création d’une plantation (originale) 3.2.1.

Photo 1. Création d’une plantation (originale)

3.2.1. Préparation du sol :

- Aménagement contre l’érosion

- Ameublissement du sol : défoncement mécanique de toute la surface de la

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Chapitre I : L’olivier

parcelle à une profondeur de 80 cm ou défoncement au trou (80 cm de

Profondeur et 120 cm de coté)

- Fumure de fond : son importance est en fonction de la richesse naturelle du sol, * Elle doit être épandu avant le défoncement (10 à 15 qx / ha)

*Dans le cas du défoncement au trou on utilise la dose de 3 à 5 Kg.

3.2.2. Plantation de brise vent : la mise en place des brises vent est indispensable avant

l’installation du verger

3.2.3. Choix des plants :

Les méthodes principales de propagation sont :

-Le semi suivi du greffage

-La bouture herbacée

Un bon plant doit présenter un aspect vigoureux et sain dans sa végétation et dans son système radiculaire. La greffe doit être parfaitement soudée et préférer les plants formés sur une tige unique.

3.2.4. Porte-greffes et variétés :

3.2.4.1. Les porte-greffes :

Ils proviennent du semis de noyaux d’oléastre ou des variétés cultivées dont les fruits sont de petit calibre : Chemlal, Limli, Aimel….

3.2.4.2. Les variétés : Le choix de la variété est capital, il est nécessaire de respecter :

L’adaptation de la variété aux conditions locales

Le type de production (huile ou olives de table)

La vigueur, le développement et le port de l’arbre

La multiplication facile

Le mélange variétal (favoriser la pollinisation) On peut conseiller les variétés suivantes :

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Chapitre I : L’olivier

Chemlal :

Dénomination variétale : CHEMLAL Variété autostérile Variété principale Destination de la production : Huile
Dénomination variétale : CHEMLAL
Variété autostérile
Variété principale
Destination de la production : Huile
Poids du fruit : BAS
Rapport Pulpe/Noyau : BAS
Rendement huile : 18 - 24 %
Qualité de l’huile : Très bonne
Résistance a la sécheresse : Moyenne
Taux d’enracinement : Très faible

Sigoise :

Dénomination variétale : SIGOISE Variété autofertile Variété principale Destination de la production : Double
Dénomination variétale : SIGOISE
Variété autofertile
Variété principale
Destination de la production : Double fins
Poids du fruit : Elevé
Rapport Pulpe/Noyau : Moyen
Rendement huile : 18 %
Qualité de l’huile : Moyenne
Résistance a la sécheresse : Faible
Taux d’enracinement : Moyen

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Chapitre I : L’olivier

Azeradj :

Dénomination variétale : AZERADJ Variété autofertile Variété principale Destination de la production : Double
Dénomination variétale : AZERADJ
Variété autofertile
Variété principale
Destination de la production : Double fins
Poids du fruit : Elevé
Rapport Pulpe/Noyau : Elevé
Rendement huile : 20 - 28 %
Qualité de l’huile : Moyenne
Résistance a la sécheresse : Faible
Taux d’enracinement : Moyenne

* Ferkani :

Dénomination variétale : FERKANI Variété autofertile Variété localisé Destination de la production : Huile
Dénomination variétale : FERKANI
Variété autofertile
Variété localisé
Destination de la production : Huile
Poids du fruit : BAS
Rapport Pulpe/Noyau : BAS
Rendement huile : 33 - 35 %
Qualité de l’huile : Moyenne
Résistance a la sécheresse : Très élevé
Taux d’enracinement : Très bon

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Chapitre I : L’olivier

* Abani :

Dénomination variétale : ABANI Variété autofertile Variété localisé Destination de la production : Huile Poids
Dénomination variétale : ABANI
Variété autofertile
Variété localisé
Destination de la production : Huile
Poids du fruit : BAS
Rapport Pulpe/Noyau : BAS
Rendement huile : 18 - 24 %
Qualité de l’huile : Moyenne
Résistance a la sécheresse : Elevé
Taux d’enracinement : Bon

3.2.5. La densité :

La densité de plantation varie selon :

- La nature du sol

- Les ressources en eau

- La variété et le port de l’arbre

- L’orientation de la production

On peut recommander les densités suivantes :

Extensive : 70 à 100 arbres / ha

Semi intensive : 105 à 200 arbres / ha

Intensive : 400 arbres / ha

3.2.6. La plantation :

Elle doit être réalisée début novembre à fin mars. Tout en assurant un bon traçage et piquetage. La mise en place doit être suivie immédiatement par un arrosage.

3.2.7. Soins après la plantation :

- Tuteurage

- Confection des cuvettes

- Arrosage

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Chapitre I : L’olivier

- Travail du sol : binage et labour superficiel 3.3. Conduite du verger :

3.3.1. Les travaux du sol :

L’opération conseillée c’est le labour superficiel (disquage)

3.3.2. La fertilisation :

 

N. Unités

P. Unités

K. Unités

Production en qx

Sec

Irrigué

Sec

Irrigué

Sec

Irrigué

00-15 qx

30

60

10

20

20

30

15-30 qx

60

90

20

30

30

40

30-50 qx

--

120

--

40

--

80

Tableau 2. Fertilisation de l’olivier (Source : ITAFV)

3.3.3. L’irrigation :

** Effet de l’irrigation :

- Développement végétatif

- Floraison

- Grossissement du fruit

- Teneur en huile

** Méthodes d’arrosage :

* En plaine :

- Gravité

- Micro-aspersion

- Goutté à goutte

* En montagne :

- Confection de cuvette pour l’emmagasinement de l’eau de pluie

- Apport d’eau par citerne

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Chapitre I : L’olivier

3.3.4. La taille :

La taille de formation : Elle est nécessaire pour donner aux arbres une forme

rationnelle pour faciliter son exploitation

La taille de fructification : Elle s’effectue après la récolte dans le but de supprimer

le bois morts et les gourmands mal placés

but de supprimer le bois morts et les gourmands mal placés Photo 2. Taille de formation

Photo 2. Taille de formation (originale)

La taille de rajeunissement : Elle s’effectue sur des arbres adultes et malentretenus. Elle consiste à éliminer les ramifications âgées (certaines charpentières).

les ramifications âgées (certaines charpentières). Photo 3. L’olivier à ramification âgées (originale)

Photo 3. L’olivier à ramification âgées (originale)

La taille de régénération : Elle s effectue sur les arbres très âgés et non productifs ; Elle consiste à reformer l’arbre à partir du tronc

productifs ; Elle consiste à reformer l’arbre à partir du tronc Photo 4. Taille de régénération

Photo 4. Taille de régénération (originale)

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Chapitre I : L’olivier

3.4. Calendrier des travaux culturaux de l’olivier :

Nature des S O N D J F M A M J J O travaux
Nature des
S
O
N
D
J
F
M
A
M
J
J
O
travaux
Fumure de fond
Défoncement
Ouverture des
trous
Plantation
Travaux du sol
Fertilisation
N
P
K
Irrigation
Récolte
Taille
Travaux d’entretiens
Travaux de plantation

Tableau 3. Calendrier des travaux culturaux de l’olivier (Source : ITAFV)

3.5. La protection phytosanitaire :

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Chapitre I : L’olivier

Ravageur Produits Date de traitement DEGATS J F M A M J J A S
Ravageur
Produits
Date de traitement
DEGATS
J
F
M
A
M
J
J
A
S
O
N
D
Oeil de paon
Cuivre + Zinèbe
Détruit le feuillage
Cycloconium
(poudre
Abaisse le rendement
oleaginum
mouillable)
Teigne de l’olivier
Phosphamidon
Ravageur qui réduit fortement la récolte
Tetrachlor-vinphos
Sa destruction assure floraison et
nouaison abondante
( Liquide a
pulvériser)
Cochenille
Methidathion
Envahissent les rameaux et les feuilles
( Noire et blanche)
Omethoate
Abaisse le rendement et la qualité de la
récolte
(Liquide à
pulvériser)
Provoque le développement de la
fumagine
Mouche de l’olive
ou Dacus
Dimethoate
Fenthion
Elle provoque une diminution de la
récolte et entraîne une augmentation de
l’acidité de l’huile
(Liquide à
pulvériser)
Phosphamidon
Décoloration des boutons floraux
Psylle
(Liquide à
Provoque l’avortement des fleurs
pulvériser)
Et ralentis la croissance des jeunes
pousses
Son miellat provoque la fumagine

Tableau 4. La protection phytosanitaire (Source : ITAFV).

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Chapitre I : L’olivier

4. Les différentes variétés d’oliviers cultivées en Algérie :

La détermination et la classification des variétés sont difficiles à établir avec précision du fait de l’existence de sous espèce. Les travaux de Chaux, (1952) et de Hauville, (1953) on permit de décrire les principales variétés cultivées en Algérie ; tout on soulignant que leur nombre dépasserait 150.

4.1. Les variétés locales :

4.1.1. Chemlal : Cette variété est cultivée essentiellement en grande Kabylie ou elle occupe

une place importante dans l’économie de la région. Elle représente environ 40 % des oliviers cultivés en Algérie. Il ne s’agit pas d’une variété mais probablement d’une population, car il

existe plusieurs types de Chemlal :

- Chemlal de Tizi Ouzou

- Chemlal précoce de Tazmalt

- Petite Chemlal pendante

- Chemlal de l’Oued Aissa

- Chemlal Blanche d’Ali- Chérif

Les arbres sont très vigoureux, de grande dimension à port sphérique et semi-retombant. Ses rameaux fruitiers sont longs et souples. Les fruits sont petits d’un poids de 2.5 g et sont destinés à la production d’huile. Le rendement en huile est de l’ordre de 18 % à 24 %.

Chemlal est réputée pour produire une huile d’excellente qualité. Cette variété est reconnue pour être auto stérile par absence de pollen. En Kabylie, elle se trouve toujours associée à d’autres variétés qui assurent sa pollinisation.

4.1.2. Azeradj : (Synonyme : Adjeraz)

Cette variété représente 5 % des oliviers cultivés en Algérie. Elle se trouve localisée en Kabylie en mélange avec d’autres variétés dont Chemlal. On la rencontre surtout en petite Kabylie, dans la vallée d’Oued Soummam. Il existe également plusieurs types locaux de cette variété :

- Azeradj de Seddouk

- Azeradj de Beni bou Melak

- Grosse Azeradj d’Ali Chérif.

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Chapitre I : L’olivier

L’arbre est de vigueur moyenne, à port légèrement étalé et à feuillage dense. Les rameaux

sont grêles, sinueux plus ou moins pendants et disposés en touffes. C’est une variété auto

fertile. Les fruits sont assez gros (3 à 5 g) et donnent un rendement en huile de l’ordre de

15%. Cette variété est utilisée pour son huile mais aussi pour la conserverie

4.1.3. Limli : (Synonyme : Imli, Imeli)

Cette variété est également localisée dans la vallée d’Oued Soummam. On la rencontre

surtout dans la basse Soummam (de Sidi Aîch à Bejaïa) à une altitude de 300 à 400 m. Elle

représente 8% du verger oléicole algérien, l’arbre a une vigueur moyenne, le port est

légèrement étalé. Les fruits sont petits (2g) avec un rendement en huile de 15% à 16%. On lui

reproche de donner une huile légèrement acide. Sa maturité est assez précoce. C’est une

variété régulièrement productive en conditions normales de culture.

4.1.4. Bouchouk :

Cette variété est cultivée surtout dans la basse vallée de l’Oued Soummam, en petite Kabylie. Mais on la trouve également en grande Kabylie en mélange avec Chemlal et dans l’est du pays (Constantine). Il existe plusieurs types de Bouchouk suivant la localisation des aires de culture :

- Bouchouk de Guergour

- Bouchouk de Sidi Aîch

- Bouchouk lafayette (Bougaâ).

Les fruits sont relativement gros (3 à 5g) avec une teneur en huile de 16 à 20%. C’est une variété à deux fins (huile et conserve).

4.1.5. Rougette de Mitidja :

On rencontre cette variété dans l’Atlas blidéen, le Sahel algérois et la plaine de la Mitidja. La

couleur du fruit, assez caractéristique, rougeâtre à, maturité, d’où son nom de « Rougette ».

Le fruit pèse environ 1.2g et possède une maturité précoce (fin Novembre). L’arbre est d’une

vigueur moyenne à port étalé, sa production peut aller jusqu’à 35kg/an/arbre. Il est peut

alternant.

4.1.6. Abani :

Variété cultivée dans la région de Khenchela elle présente une floraison tardive, synchrone

avec d’autre variété telle que : Mekki, Boughenfous et Ferkani. Elle est peu alternante. Ses

fruits allongés et noir pèsent environ 1 à 2g avec une teneur en huile de 13%. L’arbre est

39

Partie bibliographique

Chapitre I : L’olivier

vigoureux et possède une capacité de production annuelle moyenne par arbre de 33.02kg. C’est une variété à huile.

4.1.7. Ferkani :

Cette variété est également présente dans la région de Khenchela est ses environs. L’arbre est de vigueur moyenne à port très étalé. Les fruits sont relativement moyens (2 à 3g) avec une teneur en huile de 25%. C’est une variété exclusivement cultivée pour son huile.

4.1.8. Sigoise : (Synonyme : olive de Tlemcen, olive du Tell)

Cette variété est surtout cultivée dans l’ouest du pays, en Oranie, et plus particulièrement dans la plaine de Sig. Elle représente 20% des oliviers cultivés en Algérie. C’est une variété également à deux fins (olive de table et à l’huile). En Oranie elle est surtout cultivée comme olive de table (olive de conserve ou olive confite). Le fruit est moyen d’un poids de 3 à 3.5g et donne un rendement en huile de 18 %. C’est une variété auto fertile. Les rendements en fruits dépassent fréquemment 30qx à l’hectare et pouvant atteindre 50 kg/arbre.

Remarque :

Il est à noter que d’autres variétés existent en Algérie. Elles sont en collection et inventoriées dans l’arboretum de l’ITAFV de Takarietz (Sidi Aîch) (Voir annexe 6).

4.2. Les variétés introduites:

Les variétés espagnoles comme Cornicabra, Sevillane (ou Gordal), ont été introduite d’Espagne par les colons de l’Ouest algérien. Elles sont cultivées dans l’air de production de la Sigoise. De même, les variétés françaises comme Lucques, Verdale, sont également associées à la Sigoise dans l’Oranie. Ces variétés de diverses origines (Espagne, France) tendent à disparaître au profit du surgreffage en Sigoise, afin de répondre aux besoins du pays en olives confites. Dans les quatre vain de nouvelles introductions variétales ont eu lieu en Algérie à partir de l’Italie. Il s’agit en l’occurrence des variétés : Frantoio, Leccino, Moraiolo, Peindolino, Coratine. Ces variétés Italiennes très plastiques semblent s’adapter en Algérie. Elles se multiplient assez facilement par les techniques du bouturage herbacé.

40

Partie bibliographique

Chapitre I : L’olivier

Partie bibliographique Chapitre I : L’olivier Figure 24. Répartition géographique des variétés d’oliviers de

Figure 24. Répartition géographique des variétés d’oliviers de l’Afrique du Nord (Loussert et Brousse, 1978).

5. Amélioration du matériel végétal

5.1. La génétique :

Avec 2n = 46 chromosomes. L’olivier présente une grande variabilité dans la taille de ses fruits, allant des plus petits au plus gros.

5.1.1. Le patrimoine génétique :

A partir de 1952, une gamme variétale à été identifiée, et conservée à la station de Sidi Aîch (collection regroupent même les variétés étrangères, voir annexe 6), cette collection est constituée de 159 variétés étant 35 variétés étrangères.

Constitution de l’arboretum d’olivier de la station :

La collection de la station ITAFV de Sidi Aîch est constituée de 159 variétés dont 35 autochtones.

41

Partie bibliographique

Chapitre I : L’olivier

Pays d’origine

Nombres de variétés

Algérie

35

Tunisie

11

Maroc

02

Italie

48

Espagne

07

Portugal

11

Grèce

11

France

20

Turquie

04

Jordanie

03

Chypre

02

Liban

02

Palestine

02

USA

01

Total

159

Tableau 5. Constitution de l’arboretum d’olivier de la station ITAFV Sidi Aîch.

5.1.2. Le patrimoine génétique local :

Les variétés autochtones identifiées et introduites au niveau de la collection sont les suivantes :

5.1.3. Caractéristique de quelques variétés :

Nous avons pris en considération les variétés les plus importantes par rapport :

- Superficie occupée

- Qualité et rendement de l’huile

- Resistance à la sécheresse

- Calibre du fruit.

Les variétés les plus dominantes en Algérie pour la production d’huile sont : Chemlal, Limli et Ferkani. Pour la production d’olive de conserve, les variétés ; Sigoise et Azeradj sont les plus utilisées en conserverie.

42

Partie bibliographique

Chapitre I : L’olivier

Actuellement les variétés les plus importantes par rapports aux superficies qu’elles occupent sont :

- Chemlal : 40% de superficie totale

- Sigoise

- Azeradj : 08% de superficie totale

- Limli

: 15% de superficie totale

: 05% de superficie totale

Au cours des prospections et certains travaux réalisés, nous avons constaté que les variétés localisées au Sud-est du pays (région de Khenchela considérée comme région semi-aride) ont

une résistance élevée à la sécheresse, produisent des quantités importantes d’olive avec une teneur en huile supérieur à la variété la plus dominante à savoir « Chemlal ».

Dénomination des variétés

Localisation géographique

Destination de la production

Rougette de Mitidja

Région de Blida

Olive à huile

Hamra

Jijel

Olive à huile

Boukaila

Constantine

Olive à huile

Bouricha

«

«

«

«

Limli

Sidi Aîch

Olive à huile

Tefah

Seddouk

Double fins

Bouichret

Akbou

Olive à huile

Aimel

Tazmalat

Olive à huile

Abani

Khenchela

Olive à huile

Aaleh

«

«

«

«

Blanquette de Guelma

Guelma

Olive à huile

Longue de Miliana

Miliana

Double fins

Ronde de Miliana

«

«

«

«

Tabelout

Bejaia

Olive à huile

Takesrit

«

«

«

«

Grosse de Hamma

Constantine

Double fins

Bouchouk Lafayette

Setif

Double fins

Bouchouk Soummam

Sidi Aîch

Double fins

Souidi

Khenchela

Olive à huile

Sigoise

Sig

Double fins

Ferkani

Khenchela

Olive à huile

Akerma

Akbou

Olive à huile

Aghenfas

Setif

Double fins

43

Partie bibliographique

Chapitre I : L’olivier

Boughenfous

khenchela

 

Olive à huile

Mekki

Khenchela

 

Olive à huile

Aguenaou

Sétif

 

Double fins

Zeletni

Khenchela

 

Olive à huile

Neb-Djemel

«

«

«

«

Aghchren de Titest

Sétif

 

Double fins

Agrarez

Tazmalt

 

Double fins

Azeradj

Bejaia, Bouira

 

Double fins

Aberkane

Akbou

 

Double fins

Bouchouk Guergour

Sétif

 

Double fins

Aghchren el ousseur

«

«

«

«

Chemlal

Bejaia, Bouira, Tizi-Ouzou

Olive à huile

Tableau 6. Liste des variétés Algériennes d’olivier (ITAFV, 2008)

Variétés

Destination

Poids du

Rapport

Rendement

Qualité de

Resistance

du fruit

fruit

pulpe/noyau

en huile

l’huile

sécheresse

Sigoise

Double fins

Elevé

Moyen

18%

Moyenne

Faible

Azeradj

Double fins

Elevé

Elevé

20-28%

Moyenne

Faible

Aghenaou

Double fins

Elevé

Très élevé

18%

Moyenne

Faible

Tefah

Double fins

très élevé

Elevé

18-22%

Moyenne

Faible

Chemlal

Huile

Bas

Bas

18-24%

très bonne

Moyenne

Limli

Huile

Moyen

Bas

18-24%

Bonne

Faible

Aaleh

Huile

Bas

Bas

20-26%

Moyenne

Elevé

Ferkani

Huile

Bas

Bas

33-35%

Moyenne

Elevé

Abani

Huile

Bas

Bas

18-24%

Moyenne

Elevé

Zeletni

Huile

Très bas

Bas

22-28%

Moyenne

Elevé

Mekki

Huile

Bas

Moyen

18-24%

Moyenne

Elevé

Tableau 7. Caractéristiques de quelques variétés locales d’oliviers (ITAFV, 2008)

5.2. Amélioration du matériel végétal :

5.2.1. Sélection et amélioration des variétés :

44

Partie bibliographique

Chapitre I : L’olivier

La « domestication » de l’espèce Olea europea, en olivier cultivé (Olea europea Sativa) a eu

conséquence la propagation de l’espèce non plus par la voie sexuée, mais essentiellement par

la voie végétative. La grande diversification des variétés actuellement cultivées est due à deux

faits importants :

L’infertilité existante entre les formes spontanées et les variétés cultivées, à conduit à

une certaine diversification du matériel génétique, diversification qui s’est traduite par

une variation importante au sein des variétés cultivées.

Exemple : la variété Chemlal cultivée en Algérie est une variété pratiquement Autostérile. Dans l’olivette Kabyle, sa fécondation est en partie assurée par le pollen d’Oléastre présent dans tout le massif de Kabylie. Cette infertilité, entre Chemlal et les différentes formes spontanées d’Oléastres pourrait être en partie résponsable de la variabilité parfois importante que l’on note chez les différents types de Chemlal. La propagation de ces descendances peut correspondre aux nombreuses appellations régionales.

Les choix empiriques, tout au long des siècles de culture, sur les formes d’Oléastre a pu également contribuer à la diversification variétale.

5.2.2. La sélection clonale :

Les sources de variabilité au sein d’une population d’individus sont dues à deux effets d’origine très différente :

- La fluctuation : qui est essentiellement due à l’influence des facteurs externes indépendants du patrimoine génétique influence des conditions du milieu. Ce sont les différences non transmissibles par greffage.

- La variation : qui par contre affecte le génotype des individus, elle est donc transmissible par le greffage. Les causes de variations peuvent être d’origine purement génétique ou sanitaire. La variation d’origine génétique est due exclusivement aux mutations naturelles. La variation d’origine sanitaire due à la présence de virus ou de mycoplasmes et également transmissible par multiplication végétative.

La sélection clonale consiste donc à différencier au sein d’une population d’individus la part de variabilité ; variation génétique et à la variation sanitaire.

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Partie bibliographique

Chapitre I : L’olivier

Partie bibliographique Chapitre I : L’olivier Photo 5. Différences morphologiques entre un rameau d’olivier

Photo 5. Différences morphologiques entre un rameau d’olivier cultivé (a) et un rameau d’oléastre (b). (Source : Loussert et Brousse, 1978).

d’oléastre (b). (Source : Loussert et Brousse, 1978). Photo 6. Vitro plants d’olivier (originale) 5.2.3.

Photo 6. Vitro plants d’olivier (originale)

5.2.3. Amélioration variétale par voie d’hybridation :

L’amélioration par hybridation des variétés cultivées repose sur les possibilités de recombinaison du matériel génétique à partir d’hybridation naturelle ou dirigée. La création de vergers d’oliviers composés de variétés provenant de régions très différentes doit permettre

46

Partie bibliographique

Chapitre I : L’olivier

d’augmenter les possibilités de recombinaisons génétiques pouvant conduire à une plus grande faculté d’adaptation.

5.2.4. Amélioration variétale et polyploïdie :

Les données cytogénétique ne permettent pas actuellement de donner la composition du génome des Olea. La famille des oléacées comprend des polyploïdes chez les genres Fraxinus et Jasminum seulement.

5.2.5. Amélioration des porte-greffes :

Bien que l’olivier soit réputé pour émettre facilement des racines de néoformation à partir de portions de rameaux (boutures ligneux, boutures herbacées) ou à partir des excroissances de la base du tronc des oliviers âgés (souchet) ; certaines variétés multipliées végétativement ne développent pas un système radiculaire vigoureux.

Le souci est toujours d’améliorer la rentabilité de l’olivier, certains pays oléicoles se sont

penchés sur le problème de la recherche de nouveaux porte-greffes capables de naniser l’arbre

(entrée en production plus hâtive) ; diminution des coûts de production : taille cueillette, etc.

5.2.6. Les porte-greffes utilisés en Algérie :

Les semences utilisées proviennent de noyaux des variétés cultivées ou domine la variété

Chemlal. La germination capricieuse de cette variété (5 à 20%) oblige à utiliser une densité

de semence élevée (jusqu’5 kg de noyaux au m², soit 16000 à 17000 noyaux/m².

Des noyaux de la variété Arbequine à bon pourcentage de germination, sont également utilisés comme porte-greffes.

Les porte-greffes nanisant actuellement employés sont constitués de populations presque hétérogènes, provenant de semis de noyaux d’olives de variétés à huile telle que Limli et Chemlal parfois d’oléastres, Franta, Arbequine. Cette situation se retrouve dans tous les pays oléicoles, elle provient du fait que les études sur les porte-greffes sont encore insuffisantes pour assurer les qualités particulières de tel ou tel. De nombreuses recherches des porte-greffes nanisant, comme celle obtenu en Italie Fs 17 qui pourra être intéressante pour les plantations à forte densité (ITAFV, 2004).

5.2.7. Détermination de variétés :

Les variétés cultivées d’oliviers appartiennent à la sous espèce Olea europea Sativa (ou Olea sativa). La classification et la reconnaissance des variétés sont extrêmement difficiles et c’est pour les raisons suivantes :

- La très grande diversité du matériel végétal olivier

- Les confusions d’appellations existantes au niveau des dénominations variétales.

47

Partie bibliographique

Chapitre I : L’olivier

5.2.8. Diversité du matériel végétal :

La culture très ancienne de l’olivier et ses modes de multiplications agamiques (boutures, souchet, greffage) ont permis de propager des clones intéressants qui sont aujourd’hui les ascendants des variétés que nous connaissons. De même, les mutations gemmaires produites au cours des siècles, et maintenues par l’homme pour leurs qualités, ont pu également à partir d’un seul individu, donner naissance à un nouveau clone, en effet, grâce à la multiplication végétative ; il a été possible de propager ces « variations » affectant les caractères génotypiques de l’individu. A ces variations plus ou moins importantes du génotype, il convient d’ajouter les « fluctuations » dues aux conditions de milieu mais n’affectant que le phénotype de l’individu. Ainsi par exemple, la variété Chemlal (variété algérienne cultivée en Kabylie) rassemble t’elle sous cette appellation toute une « population » d’oliviers à caractères semblables ne différant entre eux que par quelques variations génotypiques donnant ainsi de nombreux clones, ou bien cette variété Chemlal est elle constituée d’un ensemble de sous-variétés ou les fluctuations dues aux conditions de milieu (régionales ou de culture)