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SEMINAIRE

Les Aspects juridiques des opérations de

fusions

Animateur :
Issam EL MAGUIRI

© Issam EL MAGUIRI
Objectifs des opérations de concentration

Les raisons et les opportunités des opération de concentration :

Consolidation des moyens pour confronté la concurrence

Rationalisation industrielle et commerciale

Simplification de la gestion administrative et fiscale

Restructuration des sociétés en difficultés

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Objectifs des opérations de concentration
1. Motivations liées aux synergie
Synergies opérationnelles
Synergies financières
Synergies liées à des opportunités et des ressources financières
complémentaires
Synergies liées à la réduction des risques de faillite
Synergies fiscales
Synergies managériales
1. Motivations disciplinaires
Fusions-acquisitions et imperfection du marché financier
Hypothèse d’efficience des marchés financiers
Fusions-acquisitions et inefficience temporaire des marchés financiers

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Objectifs des opérations de concentration

1. Fusions-acquisitions et problèmes d’agence

Théorie de l’agence et conflits d’intérêts entre actionnaires et


dirigeants
Fusions-acquisitions et hypothèse d’enracinement
Fusions-acquisitions et hypothèse des free cash-flows
Fusions-acquisitions et hypothèse d’orgueil des dirigeants
(hubris) .

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Sur le plan international:

Le mouvement de concentration a commencé dès la fin du


XIX siècle et le début du XX aux USA, en Grande-Bretagne et
en Allemagne.
A démarrer en France après la seconde guerre mondiale et
s’est accéléré à partir de la signature du traité de Rome, grâce
à des initiatives juridiques, de fortes incitations fiscales et des
aides financières des pouvoirs publics.
Le développement de ces opérations de concentration a donné
aux entreprises françaises une meilleure rentabilité, leur
permettant d’atteindre la taille indispensable pour affronter la
concurrence internationale.

Les restructurations ne sont pas sans inconvénients, les


absorptions trop nombreuses peuvent devenir ingouvernable,
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Références législatives
Avant la réforme du droit des Suite à la réforme du droit des
sociétés sociétés
Le code de commerce (1912) et le
dahir instituant les sociétés La loi 17-95 du 30 août 1996 relative
anonymes (1922) édictaient des aux sociétés anonymes constitue la
conditions et un cadre pour référence actuelle en matière de fusion.
réaliser les opérations de fusion. Elle a consacré ses articles 222 à 229
aucune disposition législative ou aux dispositions générales et ses articles
réglementaire n’a abordé 230 à 242 aux dispositions propres aux
concrètement dans toutes ses sociétés anonymes.
phases, et avec une rigueur
indispensable le type d’opérations La loi 5-96 du 13 février 1997 relative
qui se déroulent dans nos jours. aux autres sociétés commerciales
Certaines lacunes ont été comblées renvoie aux dispositions générales de la
par le législateur fiscal qui a traité loi relative aux sociétés anonymes
largement de l’opération de fusion. (article 222 à 229).

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Autres textes
Code de travail

Loi sur le concurrence et la liberté des prix

les articles 163 et 164 du livre d’assiette et de


recouvrement qui reprennent les dispositions des
articles 19 et 20 de la loi sur l’impôt des sociétés .

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Notions similaires :

- Fusion

- Scission

- Scission-Fusion

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une société est absorbée par une autre ou participe à la
constitution d’une société nouvelle.
Fusion
la dissolution sans liquidation de la société qui disparaît et la
transmission universelle du patrimoine à la société
bénéficiaire

apport d’une partie ou de la totalité (scission-fusion) de son


patrimoine à des sociétés nouvelles ou à des sociétés
scission existantes.

la transmission universelle de la partie scindée du patrimoine


social simultanément , soit à la société nouvelle, soit à la
société absorbante.

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La fusion est l’opération par laquelle une société
est absorbée par une autre ou participe à la
constitution d’une société nouvelle. La fusion
entraine la dissolution sans liquidation de la société
qui disparaît et la transmission universelle du
patrimoine à la société bénéficiaire, dans l’état ou il
se trouve à la date de la réalisation définitive de
l’opération. Les associés de la société dissoute
acquièrent la qualité d’associés bénéficiaires, dans
les conditions déterminés par le traité de fusion.

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Fusion:

Est l’opération par laquelle deux sociétés se


réunissent pour n’en former qu’une seule. La
fusion peut résulter:

• Soit de la création d’une société nouvelle par


plusieurs sociétés existantes.

• Soit de l’absorption d’une société par une


autre.

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La fusion implique l’échange des titres de la société
absorbée avec ceux de la société absorbante;
Toutefois, il n'est pas procédé à l'échange de parts ou
d'actions de la société bénéficiaire contre des
parts ou actions de la société qui disparaît ou
qui se scinde, lorsque ces parts ou actions sont
détenues :
1) Soit par la société bénéficiaire ou par une
personne agissant en son propre nom mais
pour le compte de cette société ;
2) Soit par la société qui disparaît ou qui se
scinde, ou par une personne agissant en son
propre nom, mais pour le compte de cette
société ;

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Scission:

Le cas où la société fait apport d’une partie de son


patrimoine à des sociétés nouvelles ou à des sociétés
existantes.

Scission-fusion:

Le cas où la société fait apport de son patrimoine à des


sociétés existantes ou participer avec celles-ci à la
constitution de sociétés nouvelles.

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I - Préparation de l’opération de fusion

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Comment réussir votre opération de fusion ?
Les principaux facteurs qui président au succès d’une opération de fusion
sont:

Capacité à intégrer la société acquise : Implications des dirigeants,


communication et respect de la diversité culturelle.

Evaluation préalable de la société acquise : définition d’une vision


stratégique claire, Fixation d’objectifs chiffrées et limités dans le temps.

Compétence du management de la société acquise: Capacité à


accompagner le changement, transmission de l‘information aux acquéreurs.
Expérience du groupe acquéreur en matière d’acquisition

Compatibilité des styles de management des deux entités.

Prix d’acquisition raisonnable

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Une attention particulière devra être portée aux facteurs qui peuvent
conduire à l’échec de l’opération réalisée.il s’agit notamment de :

Mauvaise répartition des pouvoirs ou conflits de personnes :Départ des


dirigeants et des personnes clés , Conflits de pouvoir, Implication insuffisante
de la direction générale dans le rapprochement , Instauration d’un climat «
acheteur-acheté »: les acquéreurs se comportent en force d’occupation et les
achetés font de la résistance.

Absence d’un projet précis et clairement exprimé: vision trouble, peu


motivante du rapprochement, chiffrage imprécis de ses objectifs et de ses
avantages, chevauchement des métiers et doublons non éliminés,
communication externe faible.

Inexistence de valeurs communes : Communication interne insuffisante,


Oppositions culturelles réelles, Incompréhension mutuelle

Mauvaise et/ ou trop lente intégration des systèmes d’information .

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I-1 Sociétés concernées:
Ces opérations peuvent être réalisées entre des sociétés de même forme
ou de forme différente.

Elles sont décidées par chacune des sociétés intéressées, dans les
conditions requises pour la modification de ses statuts.

Toutefois, lesdites opérations ne peuvent avoir pour effet une


modification de la répartition des droits des associés ou une
augmentation de leurs engagements, sauf leur accord unanime.

Si l'opération comporte la création de sociétés nouvelles, chacune de


celles-ci est constituée selon les règles propres à la forme de la société
adoptée.

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Toutes les sociétés qui participent à des opérations de fusion doivent
établir un projet de fusion ou de scission dont le contenu est précisé
par l’Article 227 de la loi.

La plupart des opérations de fusion nécessitent à un moment ou un


autre , l’évaluation de l’entreprise considérée.

La détermination de la valeur d’une entreprise est une opération


complexe. Cela implique de rendre compte , en un seul chiffre , de
la réalité de cette entreprise , de son fonctionnement et de son
devenir.

Les opérations de fusions présentent certaines difficultés d’ordre


juridique, comptable et fiscal rencontrées en pratique résultant soit
de l’ambigüité ou de l’insuffisance de la loi, soit de la complexité de
la mission ou encore de l’absence des normes marocaines en la
matière.

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Fusion simplifiée
Lorsque, depuis le dépôt au greffe du tribunal du projet de fusion et jusqu’à la
réalisation de l’opération, la société absorbante détient en permanence la
totalité des actions représentant le capital des sociétés absorbées , il n’y a
lieu ni à l’approbation de la fusion par l’assemblée générale extraordinaire
des sociétés absorbées, ni à l’établissement des rapports de commissaires
aux comptes et conseil d’administration. L’assemblée générale
extraordinaire de la société absorbante statue au vu du rapport d’un
commissaire aux apports .

Ces règles s’appliquent également à la fusion entre filiales dont les actions sont
détenues en totalité par la même société mère. Dans ce cas ,l’assemblée
générale extraordinaire de cette dernière statue seule sur l’opération »

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I-2 En Droit de Travail
En cas de fusion (Article 19 et 131 du code de travail)

Tous les contrats en cours au jour de la modification dans la situation ou la


forme juridique de l’entreprise subsistent entre les salariés et le nouvel
employeur. (Article 19 du code de travail)

L’employeur prend vis-à-vis des salariés la suite des obligations du


précédent employeur, notamment en ce qui concerne le montant des salaires
et des indemnités de licenciement et le congé payé. (Article 19 du code de
travail)

La convention collective de travail demeure en vigueur entre les salariés et


le nouvel employeur (Article 131 du code de travail)

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Choix de la méthode d’évaluation

« L’évaluation est un inépuisable sujet de réflexion et constitue un


problème fondamental de l’analyse financière. Ce problème n’est pas le
même que celui de l’évaluation comptable des postes du bilan : il ne se pose
pas dans les mêmes circonstances et il ne se résout pas par les mêmes
procédés » G.Hirigoyen.

Le choix de la méthode d’évaluation dépend directement des intentions du


vendeur et de l’acquéreur : l’évaluation d’une entreprise dans le cadre d’une
restructuration interne au sein d’un groupe ne sera pas la même que dans le
cas d’un acquéreur qui a un objectif de placement et qui a espère encaisser
des dividendes ou des plus values à terme ou encore un acquéreur qui a un
objectif de liquidation en jouant sur les différences de cours ou de prise de
contrôle.

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Notion de la valeur

Les définitions de la valeur sont nombreuses, elle peut être définie comme
étant « La qualité relative des objets en vertu de laquelle on obtient en
échange de l’un, une ou plus ou moins grande quantité de l’autre ».

La relativité se comprend dans la mesure ou chaque objet a :

objet

Valeur d’usage Valeur d’échange


Une valeur d’usage ou d’utilité que font ressortir ses qualités intrinsèques;

Une valeur d’échange ou un prix qu’acceptera de payer un éventuel


acheteur prudent et avisé.

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Les valeurs d’apports possibles peuvent être distinguées en quatre catégories :

La valeur comptable qui consiste à reprendre les apports à leurs valeurs


comptables chez l’apporteur;
La valeur vénale ou actuelle, de chacun des éléments apportés qui consiste
à reprendre dans les comptes de l’absorbante, les apports à la valeur unitaire
de chacun d’ente eux;
La valeur économique globale de l’entité apportée, qui consiste à reprendre
dans les comptes de la société absorbante les apports à leur valeur d’apport
globale;
Une méthode mixte qui emprunte simultanément et pour une même
opération à chacune des premières techniques.

Les méthodes d’évaluation sont la concrétisation directe de l’appréhension


de ces quatre catégories de la valeur

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Les méthodes d’évaluation courantes

Les principales méthodes d’évaluation pratiquées sont :

L’approche patrimoniale

L’approche par les flux

Les méthodes de synthèse de la valeur de l’entreprise

L’évaluation boursière

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Limites de la méthode d’évaluation
Quelque soit le concept de la valeur et la méthode d’évaluation retenue pour
l’appréciation des apports, la valorisation de ces derniers ne peut être que relative.

Les différentes théories de la valeur posent des difficultés pratiques parce qu’on fait
appel à trois éléments qui sont incertains et subjectifs:

La rentabilité future

La durée des prévisions

Le taux d’actualisations

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I-3 Détermination de la parité d’échange

La parité d’échange sert de base à la rémunération des apports


précédemment évalués et par là l’attribution des actions.

Le terme trouve son originalité dans le fait que la fusion n’est pas traité
comme une cession de l’entreprise absorbé, mais un transfert universel du
patrimoine et de l’activité de cette dernière : Les actionnaires de la société
absorbée recevront en contre partie les titres de la société bénéficiaire des
apports et deviendront ainsi des nouveaux actionnaires.

La parité d’échange diffère de l’évaluation des apports en raison de la prise


en comptes des éléments extra-comptables et non quantifiables.

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Comment peut-on déterminer cette parité d’échange?

La parité est déterminée généralement par pesée comparative de la valeur de


chaque société par rapport à l’autre.

La rentabilité de ce comparatif aboutit à des conséquences pratiques:

L’annulation des participations réciproques entre la société absorbante et la


ou les sociétés absorbées ce qui revient parfois à résoudre des systèmes
d’équations à plusieurs variables comme dans le cas d’une société mère qui
absorbe ses propres filiales ayant des participations croisées entre elles;

La prime de fusion proprement dite dégagée par la société absorbante sera


égale à la différence entre la valeur réelle des éléments actifs et passifs
apportés et l’augmentation de capital nominal. Elle ne peut être vérifiée par le
calcul (Valeur d’échange de l’action-Valeur nominale) x Nombre d’actions.

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Exemple 1:

La société A au capital de 4 200 000DH divisé en 16 800 actions de 250DH a


absorbé la société B au capital de 1 400 000 DH divisé en 14000 actions de
100DH.

Par hypothèse, les différentes estimations ont abouti au résultat suivant:

Valeur de l’action de la société « A » :600 DH


Valeur de l’action de la société « B » : 120 DH

Le rapport théorique d’échange est de : 600/120 = 5/1 soit 5 actions de la


société « B » pour l’action de la société « A ».

La société « A » devra créer 14000 actions : 5 = 2800 actions nouvelles.


Aug Capital : 2800 * 250 = 700000
Prime de fusion : 1680000 – 700000 = 980000 ((600-250) * 2800)

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Exemple 2 :

Société A : Actif net 600 000 dhs, valeur mathématique de l’action 200dhs;
Société B : Actif net 1 500 000 dhs, valeur mathématique de l’action 150dhs;
Mais avec un rapport d’échange fixé, compte tenu des divers critères
d’appréciation, non plus à 4/3 (rapport des valeurs mathématiques) mais à
5/3 (5actions B pour 3actions A).
B dont la valeur nominale est de 100 DHS absorbe A.

Les modalités de l’opération seront les suivantes :


-Nombre d’action à créer par B : 3000 actions Ax5/3= 5000
-Conséquences pour la société absorbante B:
Apport reçus de A………………………………….600 000
Augmentation de capital ………………….500 000
Prime de fusion……………………………100 000

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Le rapport d’échange ne peut pas contenir de virgule . Dans le cas contraire
il est possible d’arrondir arbitrairement les rapports de parité.

En général, dans le sens favorable pour les actionnaires de la société


absorbée ou d’envisager le versement d’une soulte.

Exemple :
Les actions d’une société absorbée B valant 200dhs doivent être échangées
contre les actions de la société A valant 300 dhs, soit trois actions B contre
deux actions A.
Les actionnaires de N détenant un nombre de titre multiple de 3 pourront
échanger leurs actions sans difficultés.
Les autres actionnaires auront des « Rompus ». Par exemple :
-De 1 action pour l’actionnaire ayant 4 actions : (3+1)
-De 2 actions pour l’actionnaire ayant 20 actions : (3x6 +2)

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I-4 Rédaction du projet du traité de fusion
Etablissement du projet de fusion
Avant toute formalité, il appartient au conseil
d’administration, ou au directoire ou au(x)gérant(s)
de chacune des sociétés participant à l’opération
envisagée d’arrêter le projet de fusion.
Contenu du projet de fusion
Le projet de fusion doit contenir les indications
suivantes :
1. La forme, la dénomination ou la raison sociale et le
siège social de toutes les sociétés participantes à
l’opération.
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I-4 Rédaction du projet du traité de fusion (Suite)
2. Les motifs, buts et conditions de la fusion.
3. La désignation et l’évaluation de l’actif et du passif dont
la transmission aux sociétés absorbantes ou nouvelles est
prévue.
4. Les modalités de remise des parts ou actions et la date à
partir de laquelle ces parts ou actions donnent droit aux
bénéfices ainsi que toute modalité particulière relative à
ce droit et à la date à partir de laquelle les opérations de
la société absorbée seront, du point de vue comptable,
considérées comme accomplies par la ou les sociétés
bénéficiaires des apports.
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I-4 Rédaction du projet du traité de fusion (Suite)
5. Les dates auxquelles ont été arrêtés les comptes des
sociétés intéressées utilisés pour établir les conditions de
l’opération.
6. Le rapport d’échange des droits, et le cas échéant, le
montant de la soulte.
7. Le montant prévu de la prime de fusion.
8. Les droits accordés aux associés ayant des droits
spéciaux et aux porteurs de titres autres que des actions
et, le cas échéant, tous avantages particuliers.

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Publicité du projet de fusion
- Publicité du projet de fusion
Une fois établi et signé, le projet de fusion doit être déposé au greffe du
Tribunal du lieu du siège des différentes sociétés participant à la
fusion.
Le projet de fusion fait également l’objet d’un avis inséré dans un
journal d’annonces légales, par chacune des sociétés participant à
l’opération. Cet avis contient exactement les mêmes dispositions que
précitées.
Si une au moins de ces sociétés fait publiquement appel à l’épargne, un
avis doit être inséré au Bulletin Officiel
- Délais
Le dépôt au greffe et la publicité doivent avoir lieu au moins trente
jours avant la date de la première assemblée générale extraordinaire
appelée à statuer sur l’opération

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Tableau chronologique des opérations de fusion
Date (au Durée Evénement
plus min.
tard) (jours)
J-52 Variable Pourparlers, puis signature du protocole de fusion
J-50 Variable Arrêté des termes et rédaction du projet de fusion
J-48 Variable Signature du projet de fusion
J-46 45 Communication du projet de fusion aux commissaires
aux comptes de chaque société par le conseil
d’administration ou directoire.
J-32 Variable Etablissement d’un rapport écrit afférent au projet de
fusion : - par le conseil d’administration ou directoire
de chaque société
- Par les commissaires aux comptes de chaque société
J-30 30 Dépôt du projet de fusion au greffe du tribunal du
siège social des sociétés participant à la fusion.
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Date Durée Evénement
(au plus min.
tard)
J-30 30 Insertion d’un avis relatif au projet de fusion dans un
journal d’annonces légales et au bulletin officiel (pour les
sociétés anonymes qui font appel à l’épargne public)
30 Ouverture du délai d’opposition des créanciers au projet
de fusion (30 jours à compter de la dernière insertion de
l’avis mentionné ci-dessus)
30 Mise à disposition des actionnaires par le conseil
d’administration de chaque société, au siège social des
documents suivants :
-Projet de fusion
-Rapport du conseil d’administration ou du directoire
-Rapport des commissaires aux comptes
-Etats de synthèse approuvés et rapports de gestion des
trois derniers exercices
-Le cas échéant, état comptable arrêté à une date antérieur
de moins trois mois à la date du projet de fusion

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J-16 15 Insertion dans un journal d’annonces légales et au bulletin
officiel de l’avis de convocation de l’AGE à l’effet de se
prononcer sur le projet de fusion.
J 0 Réunion de l’AGE et approbation du projet de fusion (dans
la société bénéficiaire des apports, approbation des apports
et des avantages particuliers)
J+31 30 Dépôt du PV de l’AGE, contenant la décision
d’approbation du projet de fusion au greffe du tribunal du
siège social des sociétés participant à la fusion.
30 Insertion dans un journal d’annonces légales et au bulletin
officiel d’un avis mentionnant :
-La dissolution de la société absorbée
-L’augmentation de capital de la société bénéficiaire des
apports.
Demande d’inscription modificative au registre du
commerce se traduisant par :
-Radiation de la société absorbée
-Modification des statuts de la société bénéficiaire des
apports.
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II – Exécution des opération de fusions

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II-1 Date d’effet d’une opération de fusion

D’après l’article 225, La fusion ou la scission prend effet :


1) en cas de création d' une ou plusieurs sociétés nouvelles,
à la date d' immatriculation au registre du commerce de
la nouvelle société ou de la dernière d' entre elles;
2) dans tous les autres cas, à la date de la dernière
assemblée générale ayant approuvé l' opération sauf si le
contrat prévoit que l' opération prend effet à une autre
date, laquelle ne doit être ni postérieure à la date de
clôture de l' exercice en cours de la ou des sociétés
bénéficiaires ni antérieure à la date de clôture du dernier
exercice clos de la ou des sociétés qui transmettent leur
patrimoine.

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Date d’effet d’une opération de fusion

Selon l’article 225 de la loi n°17/95 relative aux sociétés anonymes


la période légale durant laquelle la fusion est possible comporte :

Une période pendant laquelle il y a un effet rétroactif. Elle se situe


entre la date de l’assemblée et date de clôture de l’exercice précédent
de la société absorbée,

Une période pendant laquelle il y a un effet futur ou différé qui se


situe entre la date de l’assemblée et date de clôture de l’exercice en
cours de la société absorbante.

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Clôture Absorbante Clôture Absorbée Projet AGE Clôture Absorbante
31/12/n-1 31/01/n de fusion 3 1/05/n 31/12/n

Effets rétroactifs Effets futurs

La période avec effet futur, ne peut être retenue dans la mesure où elle ferait
peser sur les apports un caractère d’incertitude incompatible avec la
nécessité de libérer le capital.

En pratique, la rétroactivité est appréciée par référence à la date d’effet


juridique.

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II-2 Rapport du conseil d’administration

Le conseil d'administration ou le directoire de chacune


des sociétés établit un rapport écrit qui est mis à la
disposition des actionnaires.
Ce rapport explique et justifie le projet de manière
détaillée du point de vue juridique et économique,
notamment en ce qui concerne le rapport d'échange des
actions et les méthodes d'évaluation utilisées, qui doivent
être concordantes pour les sociétés concernées ainsi que,
le cas échéant, les difficultés particulières d'évaluation.
Les liens et intérêts des administrateurs avec les sociétés
fusionnées.

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II-3 Information des actionnaires
Toute société anonyme participant à une opération de fusion ou de
scission doit mettre à la disposition des actionnaires au siège social,
trente jours au moins avant la date de l'assemblée générale appelée à
se prononcer sur le projet, les documents suivants:
1) le projet de fusion ou de scission;
2) les rapports du CAC et du conseil d’administration ou du directoire
3) les états de synthèse approuvés ainsi que les rapports de gestion des
trois derniers exercices des sociétés participant à l'opération;
4) un état comptable, établi selon les mêmes méthodes et la même
présentation que le dernier bilan annuel, arrêté à une date qui, si les
derniers états de synthèse se rapportent à un exercice dont la fin est
antérieure de plus de six mois à la date du projet de fusion ou de
scission, doit être antérieure de moins de trois mois à la date de ce
projet.
Tout actionnaire peut obtenir, sur simple demande et sans frais copie
totale ou partielle des documents susvisés.

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II-4 Contrôle de l’opération de fusion
Le projet du traité de fusion doit être communiqué au ou aux commissaires
aux comptes au moins 45 jours avant la date de l'assemblée générale
appelée à se prononcer sur ledit projet.
Le ou les commissaires aux comptes peuvent obtenir auprès de chaque
société communication de tous les documents utiles et procéder à toutes
vérifications nécessaires.
Ils vérifient que la valeur relative attribuée aux actions des sociétés
participant à l'opération est pertinente et que le rapport d'échange est
équitable.
Le rapport du ou des commissaires aux comptes indique la ou les méthodes
suivies pour la détermination du rapport d' échange proposé, si elles sont
adéquates en l' espèce, et les difficultés particulières à l'évaluation s'il en
existe.
Ils vérifient notamment si le montant de l’actif net apporté par les sociétés
absorbées est au moins égal au montant de l'augmentation de capital de la
société absorbante ou au montant du capital de la société nouvelle issue de
la fusion. La même vérification est faite en ce qui concerne le capital des
sociétés bénéficiaires de la scission.

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Commissariat à la fusion

Opération Commissariat à Observation


la fusion
Fusion entre SA Oui Les deux sociétés sont des
SA
Fusion entre SA et Non Nomination d’un CAA
autres formes de
sociétés
Fusion entre autres Non Nomination d’un CAA
formes de sociétés

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Opération Commissariat à Observation
la fusion
Scission -fusion entre Oui Le CAC assure le CAA
SA
Scission-fusion entre Non Nomination d’un CAA
SA et autres formes
de sociétés
Scission entre autres Non Nomination d’un CAA
formes de sociétés

Scission partielle Oui Le CAC assure le CAA


entre SA
Scission partielle Non Nomination d’un CAA
entre SA et autres
formes de sociétés ou
entre autres formes
de sociétés

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Démarche générale du commissaire à la fusion

Prise de connaissance générale de la mission

Vérification de la pertinence des valeurs


relatives des actions

Vérification de l’équité de rapport d’échange

Vérifier que l’actif net apporté est au moins


égale à l’augmentation du capital

Contrôle de la période de rétroactivité

Synthèse et rédaction du rapport

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a) Vérification du caractère équitable du rapport d’échange

Le commissaire à la fusion doit veiller à ce que l’importance relative donnée


aux méthodes d’évaluation retenues dans la détermination du rapport
d’échange proposé ne conduit pas à favoriser certains actionnaires.

IL vérifie que ces méthodes sont adéquates en l’espèce et appropriés aux


secteurs d’activité respectifs des sociétés.

Il s’assure que les éléments pris en comte pour la détermination des valeurs
relatives pertinentes.

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b) Vérification de la valeur relative des actions des sociétés participantes

Le commissaire à la fusion s’assure que les valeurs relatives attribuées aux


actions reposent sur différentes méthodes réelles: valeur patrimoniale,
perspectives d’avenir, cours de bourse……

c) Incidence de la période de rétroactivité

Le commissaire aux comptes doit s’assurer que les faits intervenus entre la
date de réalisation matérielle de l’opération et sa date de prise d’effet ne sont
pas de nature à remettre en cause la rémunération des apports.

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.
d) Rapport du commissaire à la fusion

Le rapport du commissaire à la fusion doit :

- Indiquer la ou la méthodes suivies pour la détermination du rapport


d’échange proposé;
- Indiquer si cette ou ces méthodes sont adéquates en l’espèce;
- Indiquer en outre les difficultés particulières à l’évaluation s’il en existe.

Le rapport doit être écrit, daté et signé par le ou les commissaires à la fusion

Tout actionnaire peut obtenir sur simple demande et sans frais, copie totale
ou partielle du rapport.

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III – Les effets des opération de fusions

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III-I Effet à l’égard des Obligataires
- Les obligataire de l’absorbée :
L’assemblée des obligataires est appelée à délibérer sur la proposition
de fusion, sauf faculté pour les dirigeants de ne pas consulter les
obligataires et de leur offrir le remboursement immédiat de leurs
titres. En cas de consultation, si l’assemblée des
obligataires refuse la proposition de fusion, les dirigeants peuvent
passer outre, ce qui ouvre le droit pour l’assemblée des obligataires
de faire opposition à la fusion.

- Les obligataires de l’absorbante

La situation est plus simple dans la mesure où le projet de fusion n’a


pas à leur être soumis ; leur seule défense est l’opposition ; elle exige
que l’assemblée des obligataires ait donné mandat en ce sens au
représentant de la masse.

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III-2 Effet à l’égard des créancier non
obligataires
Tout créancier non obligataire de l'une des sociétés participant à
l'opération de fusion peut, si sa créance est antérieure à la publicité
donnée au projet de fusion, former opposition dans le délai de trente
jours de sa publication
L'opposition est portée devant le tribunal du siège de la société
débitrice. Elle ne suspend pas la poursuite des opérations de fusion.
Lorsqu'il estime l'opposition fondée, le tribunal ordonne soit le
remboursement de la créance, soit la constitution de garanties au
profit du créancier par la société absorbante si elle en offre et si elles
sont jugées suffisantes.
A défaut de remboursement ou de constitution de garanties
ordonnées, la fusion est inopposable au créancier opposant.

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III-3 Effet à l’égard
La fusion desl’acquisition,
entraîne actionnaires par les associés des
sociétés qui disparaissent, de la qualité d’associés des
sociétés bénéficiaires dans les conditions déterminées par
la contrat de fusion. Les actionnaires de la société
absorbée troquent leurs titres contre ceux de la société
absorbante selon les parités d’échange.
Quant aux actionnaires préexistants de la société
absorbante, leur nombre croit, d’où des incidences
éventuelles sur l’équilibre des forces. Notons toutefois,
que cette entrée de nouveau associés n’est pas soumise à
la procédure d’agrément, la solution étant commandée
par la nature de la transmission universelle de la fusion.

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III-4 Effet à l’égard des administrateurs
En cas de fusion, les nombres de douze et quinze (cas de cotation à la
bourse) administrateurs prévus par la loi, pourront être dépassés jusqu'à
concurrence du nombre total des administrateurs en fonction depuis plus de
six mois dans les sociétés fusionnées, sans pouvoir être supérieurs à vingt-
quatre, vingt-sept dans le cas d'une fusion d'une société dont les actions sont
inscrites à la cote de la bourse des valeurs et d'une autre société, trente dans
le cas d'une fusion de deux sociétés dont les actions sont inscrites à la cote
de la bourse des valeurs.
Sauf en cas de nouvelle fusion, il ne pourra être procédé à aucune
nomination de nouveaux administrateurs, ni au remplacement des
administrateurs décédés, révoqués ou démissionnaires tant que le nombre
des administrateurs n'aura pas été réduit à douze ou à quinze, lorsque les
actions de la société sont inscrites à la cote de la bourse des valeurs.
En cas de décès, de révocation ou de démission du président du conseil
d'administration et si le conseil n'a pu le remplacer par un de ses membres, il
pourra nommer un administrateur supplémentaire qui sera appelé aux
fonctions de président.
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III-5 Effet à l’égard des employés
En cas de fusion (Article 19 et 131 du code de travail)

Tous les contrats en cours au jour de la modification dans la situation ou la


forme juridique de l’entreprise subsistent entre les salariés et le nouvel
employeur. (Article 19 du code de travail)

L’employeur prend vis-à-vis des salariés la suite des obligations du


précédent employeur, notamment en ce qui concerne le montant des salaires
et des indemnités de licenciement et le congé payé. (Article 19 du code de
travail)

La convention collective de travail demeure en vigueur entre les salariés et


le nouvel employeur (Article 131 du code de travail)

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III-6 LaLanullité d’une
nullité d'une opération
opération de ou
de fusion fusion
de scission ne
peut résulter que de la nullité de la délibération de l'une
des assemblées qui ont décidé l'opération.
Lorsqu'il est possible de porter remède à l'irrégularité
susceptible d'entraîner la nullité, le tribunal saisi de
l'action en nullité d'une fusion ou d'une scission accorde
aux sociétés intéressées un délai pour régulariser la
situation.
l'action en nullité d'une fusion ou d'une scission se
prescrit par six mois à compter de la date de la dernière
inscription au registre du commerce rendue nécessaire
par l'opération.

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III- 6 La nullité d’une opération de fusion
(suite)
Lorsqu'une décision de justice prononçant la nullité d'une
fusion ou d'une scission est devenue définitive, cette
décision fait l'objet d'une publicité comme à la
constitution;
Elle est sans effet sur les obligations nées à la charge ou
au profit des sociétés auxquelles le ou les patrimoines
sont transmis entre la date à laquelle prend effet la fusion
ou la scission et celle de la publication de la décision
prononçant la nullité.
Dans le cas de fusion, les sociétés ayant participé à
l'opération sont solidairement responsables de l'exécution
des obligations mentionnées à l'alinéa précédent à la
charge de la société absorbante.
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IV - Difficultés spécifiques aux opérations de fusions

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1- Fusion des sociétés présentant des pertes

Les raisons et les opportunités de la fusion sont :

Rationalisation industrielle et commerciale

Simplification de la gestion administrative et fiscale

Restructuration des sociétés en difficultés

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1-1 Problème de la continuité d’exploitation

Parmi les facteurs susceptibles de conduire une entreprise à ne plus être en


état de continuité d’exploitation. On peut citer :

Un fond de roulement fortement négatif

D’importants crédits à court terme utilisés dans le financement des


investissements à long terme

L’absence de prévisions de possibilités d’autofinancement et de profits


futurs

L’importance des pertes cumulées en cas de situation déficitaire


structurelle

Pour que l’activité puisse être maintenue, les concours financiers


nécessaires doivent être maintenus ou obtenus, notamment par
reconstitution du capital social (par apport de liquidités dans la fourchette
correspondant aux besoins)

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1-2 Existence de pertes entre la date d’effet et la date de réalisation des
apports

Les opérations de fusions sont généralement longues à réaliser. Il existe un


délai qui sépare la date d’arrêté des comptes retenues par les parties (date
généralement choisie comme base pour l’évaluation des actifs et passif
apportés) et de la date de réalisation effective de la fusion marquée par le vote
des assemblées générales extraordinaires des sociétés participantes à
l’opération.

Pendant cette période intercalaire qui est une période de rétroactivité, bon
nombre d’événements susceptibles de remettre en cause les données de
référence peuvent survenir .C’est le cas notamment des pertes subies par la
société absorbée.

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D’après Art 21de la loi n°17/95et51de la loi n°5/96, et à la position de la
COB et La CNCC : si le traité d’apport doit mentionner les apports valorisés
à la date d’effet comptable, il y a lieu de les minorer du montant de la perte
prévisible de la période intercalaire. Cette minoration prend la forme d’une
provision extracomptable ne traduisant qu’une minoration juridique et non
une minoration comptable.

A notre sens, si les pertes constatées lors de la réalisation définitive de


l’opération sont supérieures aux prévisions de telle sorte que la parité et le
traité sont remis en cause, l’ensemble des modalités de l’opération seront à
revoir.

Il existe des risques de distorsions quant à la consistance de la valeur des


biens apportés et à la valeur des titres en échange, lorsque la situation de la
société absorbée laisse présager l’existence ou l’accroissement des pertes
pendant la période de rétroactivité. Cette distorsion peut être interprétée
comme une majoration frauduleuse des apports.

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1-3 actif net par action inférieure au nominal

l’actif net par action de la société bénéficiaire des apports

l’actif net par action de la société apporteuse

a) De la société bénéficiaire des apports

Si l’actif net par action de la société bénéficiaire des apports est inférieur au
nominal, l’émission de nouvelles actions devient impossible sur le plan
juridique.

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Pour que la valeur réelle des actions redevienne au moins égales à leur valeur
nominale, il convient de procéder à une réduction de capital afin d’apurer les
pertes :

Soit par diminution du nombre d’action ;


Soit par réduction de leur valeur nominale

Afin de maintenir le nominal, le nombre d’actions doit être réduit et ce en


procédant à la division du montant de l’actif net corrigé apporté par le
nominal : Actif net corrigé/ nominal

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b) De la société apporteuse

Le problème ici ne se pose que lorsque l’actif net apporté est négatif. Dans
ce cas précis, l’augmentation du capital de la société bénéficiaire ne peut
pas se réaliser.

Toutefois, ce problème ne semble pas se poser lorsqu’il s’agit d’une


opération n’entraînant pas d’augmentation du capital c'est-à-dire au
moment de l’absorption (fusion-renonciation) d’une filiale détenue en
totalité par la société absorbante.

Les commissaires n’ont donc pas à vérifier que le montant de l’actif


apporté par la filiale absorbée est au moins égal au montant de
l’augmentation du capital de la société absorbante. Ils ne sont investis que
de la mission classique d’appréciation des apports en nature.

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En dehors de ce cas, il existe d’autres manières de faire participer une
société à actif net négatif à une fusion :

Réévaluation libre des actifs corporels et financiers de la société absorbée

Abandon de créances

Fusion de l’envers : La société déficitaire absorbe dans ce cas la société


mère bénéficiaire et les bénéfices de cette dernière pourront, dans le cadre de
la fusion être compensés avec les déficits de l’absorbante.

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2-1 Conséquences d’une opération à effet rétroactif

La période de rétroactivité présente des conséquences à la fois chez la


société absorbée et chez la société absorbante.

a) Chez l’absorbée

1- Neutralisation du résultat de la période intercalaire


La comptabilisation des opérations relatives à l’activité de la société
apporteuse (ou absorbée) pendant la période intercalaire, se fait selon les
modalités habituelles, générant ainsi un résultat pour cette période.

Après l’approbation du traité d’apport par l’assemblée des associés ou des


actionnaires, la société apporteuse procède à :
-L’enregistrement des écritures ;
-L’établissement de la balance des mouvements de la période ;
-Au solde des comptes mouvementés sur la période intercalaire.

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2- Traitement des opérations de la période intercalaire

a- Opérations courantes

Durant la période intercalaire, la comptabilisation des opérations relatives à


l’activité de la société absorbée ou apporteuse se fait selon les modalités
habituelles.

La société absorbée ou apporteuse n’a pas de déclaration fiscale au titre


l’impôt sur les sociétés à établir de son activité courante durant la période
intercalaire, car les opérations courantes seront incluses dans le résultat de la
société absorbante ou bénéficiaire des apports.

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b- cessions de biens apportés

La société absorbée (ou apporteuse) procède à l’enregistrement de la cession


selon les règles comptables en vigueur et soldera ses comptes au moment du
transfert de son patrimoine à la société absorbante ou bénéficiaire d’apports.

Elle est imposable au titre des plus-values réalisées au cours de la période


d’imposition close par la fusion qui peut correspondre à l’exercice précédant
la date conventionnelle à laquelle la fusion prend effet comptablement et
fiscalement.

Dans ce cas, l’imposition des plus-values de cession réalisées par la société


apporteuse (ou l’absorbé), sur la période intercalaire, sera faite au nom de la
société bénéficiaire des apports (ou absorbante).

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b) Chez l’absorbante

1- Reprise de résultat de la période intercalaire

Lors de reprise de la balance de la société absorbée, l’ensemble des


écritures de la période intercalaire est repris par la société bénéficiaire des
apports.

Dans le souci de ne pas rompre la chronologie des enregistrements, il n’est


généralement repris dans le journal de la société absorbante que le total des
opérations réalisées par la société absorbée depuis la d’effet de l’opération.
Le détail mensuel est, quant à lui, conservé sur le journal original.

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2- Traitement des opérations de la période intercalaire

a) Opérations courantes

Durant la période intercalaire, la société absorbante (bénéficiaire des


apports) comptabilise normalement les opérations relevant de son activité.

b) Cession de biens reçus

Les effets des opérations réalisées sur la période intercalaire par la société
absorbée, sont éliminés par la société absorbante.

En effet, du point de vue de la comptabilité, ces opérations sont considérées


comme étant accomplies par la société bénéficiaire des apports.

La société absorbante (ou bénéficiaire des apports) calcule le plus-values de


cessions sur la valeur d’apport et élimine de ce fait les plus-values calculées
par l’absorbée (ou apporteuse).

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c) Amortissements des biens reçus

Les amortissements relatifs à la période intercalaire sont calculés par la


société absorbante (ou bénéficiaire des apports) sur la base des nouvelles
valeurs.

En effet, la société absorbante est tenue d’amortir les biens reçus sur la base
de leur valeur d’apport, en contre partie de l’obligation de rapporter à son
résultat fiscal les plus- values, et cela parce que l’opération prend effet
comptablement à la date conventionnelle fixée par les parties.

Evidemment, il y a lieu de tenir compte des dotations aux amortissements


préalablement constatées par la société apporteuse de biens et de ne
constater qu’un complément de dotation.

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2-2 Pertes subies par l’apporteuse durant la période intercalaire

Toutes les opérations actives et passives effectuées par la société absorbée


pendant la période intercalaire comprise entre la date d’effet comptable et
la date d’effet juridique sont prises en charge intégralement par la société
absorbante (Principe de rétroactivité)

a) Conséquences Chez l’absorbée

La question qui se pose ici est de savoir s’il y a lieu de constituer chez
l’absorbée une provision pour pertes à subir pendant la période intercalaire.

En fait, cette provision ne se justifie pas dans la mesure ou les parties ont
convenu, qu’à partir de la date d’effet comptable, les résultats (perte ou
profit) seraient pris en compte par l’absorbante. Il n existe donc aucune
raison de provisionner chez l’absorbée une perte qu’elle n’aura pas à
supporter

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*Conséquences sur le traité de fusion

Date ou période Indications à porter sur le traité de fusion


d’évaluation
Date d’effet Montants des apports
comptable
Période « Provision » pour perte à subir durant la période
intercalaire intercalaire
Date de réalisation Montant des apports dont la libération est à apprécier par
définitive le commissaire aux apports

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b) Conséquences chez l’absorbante
Les incidences de la « perte intercalaire » chez la société absorbante seront
examinées en deux temps :
D’abord la traduction du traité de fusion
Ensuite les conséquences générales sur les comptes de l’exercice de fusion

*Traduction du traité de fusion

Société Absorbante Traité de fusion


Augmentation de capital Montant des apports
Prime de Prime dont la libération est
Valeur des Fusion ou définitive à apprécier par le
apports à Augmentation d’apport commissaire aux
la date de la apports ou à la
d’effet Situation nette fusion
comptable Compte « Provision »pour
d’ordre perte de la période
intercalaire

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*Conséquences générales sur les comptes de l’exercice de fusion de
l’absorbante:

Résultat : Le résultat réel de la période intercalaire (perte ou profit) est


inclus dans le résultat de la société absorbante au titre de l’exercice de fusion
conformément à la volonté des parties exprimée dans le traité

Capitaux propres : Le compte d’ordre n’apparaît pas distinctement au


niveau des capitaux propres, étant inclus dans le poste « Prime de fusion
dans l’attente de l’affectation du résultat de l’exercice. En effet, ce compte
d’ordre n’est pas soldé à la clôture de l’exercice au cours duquel est réalisée
la fusion

Affectation du résultat : Une fois les apports et l’augmentation de capital


approuvés, le compte d’ordre, dont le rôle était la réduction de l’actif net
apporté du montant des pertes survenues durant la période intercalaire n’a
plus raison d’être: il ne doit donc être viré au crédit du compte de résultat, ce
qui constituerait un profit fictif, mais au compte de prime de fusion et le
résultat net de l’exercice est affecté selon les principes généraux.

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Cas n°1

Les sociétés anonymes (A) et (B) ont décidé de se fusionner avec effet le
01/01/2008. La société (B) sera absorbée par la société (A).

Les valeurs attribuées aux apports de fusion sont les suivantes (en DH):
Fond commercial : 100 000
Terrain : 200 000
Créances clients: 120 000
Stocks : 100 000
Dettes fournisseurs : 100 000

La société absorbante remettra des titres pour rémunérer l’apport de la société


absorbée. La valeur retenue de l’action correspond à la valeur mathématique.
Ces actions sont émises à la même valeur nominale que les anciennes. Pour
faciliter l’échange le nombre de titres sera arrondi à 100 supérieur par
défaut .

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Cas n°1 (Suite)

Le bilan résumé de la société absorbante au 31/12/2007 se présente comme suit (en


DH):

Actif Mt net Passif Mt


Actif 300 000 Capitaux 500 000
immobilisé propres
Actif 400 000 Dettes 200 000
circulant
Total 700 000 Total 700 000

Capital social est de 200 000 DH (100 DH / action)

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TAF :
a) Calculer la valeur nette de l’apport
b) Calculer la prime de fusion
c) Calculer la parité d’échange

Autres informations :
*Les frais engagés lors de la fusion s’élèvent à 10 000 DH.
*Le bilan de la société absorbée au 31/12/2007 est comme suit:

Actif Mt net Passif Mt


FC 0 Capital 100 000
Terrain 10 000 Réserve 10 000
Clients 120 000 RAN 20 000
Stocks 100 000 Fournisseurs 100 000
Total 230 000 Total 230 000

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Merci pour votre attention

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