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ENSA OUJDA

Cours des barrages


Barrages en terres
•Introduction

Barrages en terres sont des ouvrages, dont plus de moitié de son volume est formé par es matériaux
fins prévenant des zones d’empreinte, construits en matériaux naturels sans adjonction de liant.
Le terme « terre » couvre donc toute une gamme de matériaux allant de l’argile pure très
Fine à des éléments très grossiers. Dans certains cas même, on utilise des roches altérées facilement
compactables, tels que des latérites, des schistes et grés tendres etc
Les volumes à mettre en œuvre pour la construction d’un barrage en terre sont en général importants
: 5 à15 fois plus que pour un barrage en béton du type poids susceptible d’être réalisé sur le même
site .Pour des petits ouvrages, il est fréquent d’avoir à compacter de 20000 à 100000 m3en terre . Les
grands barrages nécessitent des millions et même des dizaines de millions de m3. Le transport et la
mise en œuvre des matériaux sont donc des éléments essentiels du prix de revient. Le transport sur
de longues distances devient vite très onéreux. Sauf pour des matériaux particuliers, comme la terre
destinée à la construction du noyau ou les enrochements de qualité, des distances de 2000 à 3000 m
doivent être considérées comme le maximum envisageable.
Le massif sera donc souvent constitué de plusieurs zones formées de terres de caractéristiques
différentes.
La construction de ces types d’ouvrages hydrauliques, bien que très ancienne, a beaucoup
évolué dans ces dernières années à raison de :
Progrès de la mécanique des sols et de l’instrumentation ;L’emploi des matériels performant
pour l’extraction, le transport, et la mise en ouvre des matériaux.
Ces dernières années, leur cout relatif à beaucoup diminué par rapport aux barrages en béton.
Notons que les barrages en terre sont tres sensibles à la submersion, leur sécurité
beaucoup accrue. Ceci due aux progrès que la conception de ce type d’ouvrage a connue.
La hauteur des barrages en terre a considérablement augmentée. En effet, avant 1939, une
hauteur de 100 m était exceptionnelle.
En 1947, le record était détenu par le barrage d’ANDERSON RANCH avec 150m, « en 1968 le
barrage d’Oroville a constitué un nouveau record avec 235m. viennent d’être mis en service en
1974 les barrages de MICA ( sur fleuve Columbia )au Canada avec 242m et 1979 le barrage en
enrochement avec un noyau de terre de NUREK en URSS (au Tadjikistan )avec 317m.
•II- Caractéristiques des matériaux

Les matériaux utilisés dans la construction des barrages en terres compactée doivent ,
en principe, satisfaire aux conditions suivantes :
Avoir une forte résistance au cisaillement,
Avoir une imperméabilité suffisante
Etre insoluble dans l’eau, la terre utilisé ne doit pas contenir de particules de gypse
Doit être exemple ou avec une teneur très faible en matière organique
Etre économiques exploitables et facilement mis en place
III- Conception des barrages

•La hauteur totale du barrage Ht


Ht = HN+Hc+R

•Largeur de a crête
La largeur de la crête d’un barrage en terre
doit être suffisante pour limiter le gradient
hydraulique à la retenue. il doit également
permettre la circulation des engins pour la
finition de l »ouvrage et ultérieurement
pour son entretien, pratiquement la largeur
en crête d’un barrage en terre n’est jamais
inferieur à 3m.
On adopte souvent une largeur égale au 1/3 de la hauteur du barrage. Comme on peut
calculer la largeur de la crête Lc par des formules empiriques parmi lesquelles on cite :

Formule T.T. KNAPPEN.


L c=1,65 Ht1/2
Expression de PREECE.
Lc =1,10 Ht1/2 +1
Formule française
Lc=3,60 H t1/3 -3
Formule d’USBR (United States Bureau of Reclamation)
LC = Ht/5 + 3
•Pente des talus

La pente des talus du barrage en terre est fixée par la condition de stabilité mécanique du
massif et de ses fondations. En ce qui concerne le massif, pour déterminer la pente des
parements on se donne en général des pentes qui apparaissent Optimales, compte tenu la
natures des matériaux, et on vérifié par une étude de stabilité que le barrage présente une
sécurité suffisante avec ces pentes.
La fondation du barrage doit être stable de point de vue mécanique. On ne doit donc pas
considérer seulement le massif du barrage mais l’ensemble du massif et la fondation.
Lorsque les fondations sont de mauvaise qualité, argileuse par exemple, on est conduit à
diminuer la pente des talus en élargissant l’embase de l’ouvrage.
Ainsi pour les terres les plus stables à granulométrie étendue, on pourra généralement
prendre les pentes suivant 2.5/1 à l’amont et 2/1 à l’aval . pour les matériaux argileux , et si
le barrage ne dépasse pas 15 m de hauteur on peut prendre 3/1 à l’amont et 2.5/1 a l’aval.
Dans des cas des grands barrages en terres argileux sans massifs stabilisateurs, il faudra
encore adoucir ces pentes.
Largeur de labase du barrage

Largeur de la base du barrage LB


LB = (m1+m2)Ht+Lc
Avec Ht : hauteur totale du barrage
m1 la pente du talus amont
IV- Types des barrages en terres
Il existe trois schémas principaux de structures de barrage en terre:
•Barrage homogène
•Barrages à noyau
•Barrage à masque amont Barrage
homogène
a- Barrage homogène
Ils sont totalement construits avec un seul matériau qui
est le plus souvent argileux remplissant simultanément les
deux fonctions d’écran et de masse. Ce matériau doit
présenter des caractéristiques permettent de garantir une
étanchéité suffisante et une stabilité du remblai.
Ces types d’ouvrages sont munis d’un dispositif de
drainage dans sa partie aval et des dispositifs de protection
mécanique contre l’effet de batillage dans sa partie amont
Ces ouvrages comportent toujours un système de drainage :
Soit au pied du talus aval un cordon de matériaux perméables et résistants qui est
employé seul pour les ouvrages de faible hauteur et en liaison avec les autres systèmes
de drainage pour les ouvrages importants
Soit un tapis drainant au contact de la fondation sous la partie aval du massif
Soit un drain interne au contact de la fondation entre l’aplomb de la crête et le milieu
du talus aval : Drain –band relié à l’aval par des cordons drainants.
Drain vertical ( Cheay drain) à l’intérieur du massif un peu en arrière de la crête et
complété par un tapis drainant. Ce drain, parfois, est incliné vert l’amont.
Le drain vertical est particulièrement efficace quant le remblais a une grande anisotropie de
perméabilité
b- Barrage à noyau
C’est un massif de plusieurs zones, la fonction d’étanchéité est assurée par un noyau
étanche réalisé en matériaux imperméables . Ces types d’ouvrages sont adopté dans le cas
où la quantité des matériaux imperméables disponibles sur site est insuffisante pour réaliser
tout le corps du barrage.
Ce type de barrages présente toutefois des inconvénients suivantes:
-Mise en œuvre plus compliquée et onéreuse surtout si la vallée est étroite et où le travail
mécanisé devient plus compliqué;
-Relativement couteux;
-Etre difficilement réparables en cas de fuites
- La nécessité de séparer par des filtres de transition les différentes zones;
Par contre, pour les ouvrages importants, les matériaux grossiers de recharges sont plus
résistants que les matériaux argileux, on peut donc construire des talus plus raides et on
contrôle mieux les écoulements dans le corps du barrage.
Selon la position du noyau on distingue :
 barrage a noyau central
Barrage à noyau incliné
Parfois remplacé par un diaphragme en béton au ciment ou bitumineux.
b1- Barrage à noyau central
Le noyau , partie la plus imperméable , est disposé symétriquement ou presque sous
l’aplomb de la crête. Cette disposition est fréquemment adoptée car elle correspond au
traitement de fondation de longueur minimale, par contre , la mise en place des divers
matériaux ne peut pas être décalée. noyau augmente vers le bas, de manière à y maintenir
un gradient hydraulique inferieur à un seuil fixe .
La stabilité du massif sera assurée par des zones perméables appelées recharges. Ces
recharges dépondent des conditions spécifiques à chaque barrage. Les recharges peuvent
être constituées d’enrochements ou d’alluvions. Elles permettent d’assurer la stabilité du
barrage, alors que le noyau central assure son étanchéité. Il est Plus stable qu’un barrage
homogène, grâce aux recharges, les barrages à noyaux permettent de construire des talus
plus raides. De plus le risque d’écoulement dans le corps du barrage est plus limité grâce à
ces enrochements.
b1- Barrage à noyau incliné
L’élément étanche ou très peu perméable, comme par un
noyau en limon argileux peut dans certains cas être
déplacé vers l’amont jusqu'à l’élimination complète du
corps amont .On obtient la solution d’une digue à noyau
incliné.
Plus le noyau est incliné plus la pente du parement amont
est conditionnée par les propriétés mécaniques du
matériau du noyau.
Les surfaces potentielles de glissement traversent le noyau
et la pente du parement amont est donc plus douce pour
garantir la stabilité. La masse du corps d’appuis aval
augmente également ce qui représente un certain a tout
pour le barrage.
b3- Barrage à Diaphragme interne
L’étanchéité des barrages en terre au moyen de
noyaux bitumineux a pris un très grande importance Diaphragme en
dans le monde entier et dans toutes les zones Béton

climatiques ; cet élément d’étanchéité (mieux que


plus part des autres) satisfait, en effet, aux exigences
de sécurité les plus strictes grâce à sa déformation, Recharge Recharge Aval
Amont
sa bonne résistance à l’érosion et au vieillissement.
b3- Barrages en terre à masque amont

Les barrages en terre à masque sont des remblais perméables avec un écran
imperméable appelé masque placé sur le parement amont. Le corps du barrage est
construit avec un matériau quelconque pour autant qu’il soit peu déformable et
pouvant assurer la stabilité au glissement de l’ensemble de l’ouvrage. Le masque qui
assure l’étanchéité peut être en béton, en produits bitumineux ou en géo membrane.
La présence de ce masque sur le parement amont présente un double avantage de
pouvoir faire des réparations en cas de dégradation du masque et de permettre de faire
des vidanges rapides sans risque de glissements.
V- Type et traitement des fondations
Dans la plus parts des cas en cherche à réduire le plus possibles les infiltrations et les fuites on
adopte certain traitement de fondation en réalisant soit:
-Un écran d’étanchéité qui s’étend jusqu’à la couche imperméable;
- un tapie étanche en amont connecté à l’organe d’étanchéité ;
-Un parafouille sous le noyau ou organe d’étanchéité;
Donc le traitement de fondation de barrage en terre , dans le cas de présence une ou plusieurs
couches perméable , se fait par l’une des solutions:
 réaliser un écran vertical coupant complètement ou partiellement les couches
imperméables
 réaliser un tapis étanches horizontale
a) Ecran verticale
Les méthodes suivantes peuvent être employées pour réaliser l’écran d’étanchéité vertical:
- Tranché remplie de martiaux imperméables compactés jusqu’à une vingtaine de mètre de
profondeur ;
- Ecran rigide en palplanches ( limité à des profondeurs de l’ordre de 20m) et en béton armé
(soit dans une tranché étayée, soit sous forme de paroi moulée dans une tranchée stabilisée
à la boue de bentonite) jusqu’au une soixantaine de mètres ;
- Ecran d’étanchéité par injection
b) Tapis étanches horizontale
Un tapis étanche horizontal amont peut remplacer l’écran vertical. Son rôle est de
diminuer les fuite et les risques de renard, en allongeant vers l’amont les lignes
d’infiltration. Il est néanmoins difficile d’obtenir une bonne étanchéité au moyen d’un
tel tapis. Dans le but de bonne étanchéité, on ajoute au matériaux argileux des
polymères synthétiques et de la bentonite.

L’épaisseur de du tapis est donnée par :


Parafouille e= x.L.KT
T.KF
Avec : KT : perméabilité du tapis
KF: Perméabilités des fondation

L’épaisseur minimale est donnée par la formule suivante :


c) Types de fondation
c1- Fondation sur couche imperméable
Lorsque les fondation des barrages sont suffisamment imperméable la liaison barrage
fondation est réalisée par une tranché e d’ancrage remblayé e en matériaux étanche,
destinée à éviter les infiltrations préférentielles le long de contact barrage fondation .

c2- Fondation sur sol perméable


c2- 1- cas d’une couche perméable peu épaisse
Si l’épaisseur de la couche n’est pas important et l’infiltration peuvent être contrôlée, on peut
réaliser un parafouille : tranché e creusée jusqu’au substratum imperméable. Cette tranchée
sera ensuite remblayée avec un matériau imperméable compacté.

Parafouille sous le noyau


c2- 2- cas d’une couche perméable épaisse
Dans le cas d’une couche épaisse.( ou si les venues d’eau ne peuvent pas être métrisées )
on peu réaliser:
•Une paroi moulée
•Un parafouille profond
•Un rideau d’injection
•Un tapie d’etanchiété
c2- 3- cas d’une couche imperméable reposant sur couche permiable
Dans le cas d’une couche épaisse.( ou si les venues d’eau ne peuvent pas être métrisées )
on peu réaliser:
•Une paroi moulée
•Un parafouille profond
•Un rideau d’injection
•Un tapie d’etanchéité
c2- 4- Fondation sur sol impermiable reposant sur Substratum
Ce type de fondation ( imperméable) peut consister en limon, argile. Dans ce cas on n’a pas de
problème de fuite. Mais la présence de limon et argile requiert des investigations appropriées
pour :
•Evaluer les problèmes de tassement et les tassement différentiel;
•Réaliser l’étude de stabilité de la digue et de sa fondation;
•Veiller à ce que le gradient hydraulique à l’aval n’entraine les fins ( effet de Renard)
Le calcul des tassements s’impose pour les sols compressibles aussi bien pour dimensionner
les ouvrages annexes que pour déterminer la flèche de la digue. Autrement la revanche peut
être sous-estimée, d’où le risque de déversement par-dessus la digue.
C3- Fondation sur sol recheux
C’est le meilleur type de fondation quand la fondation rocheuse est saine en effet:
•La résistance de la roche est supérieure à la resistance de tout remblai en terre . C’est donc
une fondation très stable;
•L’absence de risque d’érosion régressive
• pour les roches saines , les fuites sont négligeables .
les problèmes que les fondations rocheuses peuvent présenter sont liés au l’existence de
zones de faiblaisses tels que : faille ;Joints ,Zone de cisaillement;, stratifications et dissolutions
Dans le cas du barrages en terre ,on cherche surtout à réduire les gradients hydrauliques au
voisinage du noyau par un écran d’étanchéité ( profondeur de l’ordre de la moitié de la charge
hydrostatique).
On cherche à voir des formes permettant un bon compactage en régularisant de la fondation
Sous le noyau:
 fermeture de fissures multiple s soit par mortier fluide repondu au balai, soit par béton
projeté
 fermeture de failles ou zones broyées par un bouchon du béton;
Régularisation des arrêts
Remplissage des cavité avec du béton;
Les fondations
V- Étude des infiltration dans le corps du barrage

Quelque soit la perméabilité des terres employés , il y a toujours de ‘eau qui s’infiltre. Le
problème proprement dit des infiltrations soit ‘ l’intérieur du massif , soit dans la fondation ,
soit dans les deux. Donc ,la perméabilité dans un barrage en terre existe toujours.
Conditionnent la stabilité de l’ouvrage.
L’étude d’infiltration dans le barrage et dans ces fondation permet d’évaluer les éléments
suivants : l
- La détermination des lignes de courant d’écoulement La ligne de saturation ou phréatique,
- le débit de fuite de l’eau par infiltration,
- l’épaisseur du drain.
a- ligne de courant et La ligne de saturation
En un point du barrage le potentiel hydraulique E peut etre exprimé par la somme de la cote Z
et la pression hydrostatique en ce point
E = P+Z
L’écoulemnt de l’eau dans le corps du barrage et dans ses fondation est régi par la loi Darcy

La charge h(x,z) satisfait à une équation de Laplace. C'est une fonction harmonique.

Dans le cas d'un milieu anisotrope, on aboutit à l'équation


En pratique, la résolution de l'équation de Laplace consiste à rechercher :
- les lignes équipotentielles pour lesquelles on a h = Cte,
- les lignes de courant pour tout point M desquelles on a

Deux lignes de courant déterminent un tube de courant dans lequel I'eau circule
sans sortir; le débit y est donc constant.
La vitesse de décharge est d'autant plus faible que les lignes de courant s'écartent.
La ligne de saturation du massif de barrage est la ligne le long la quelle la pression hydrostatique
est nulle. C’est la ligne qui limite la zone sèche et la zone mouillée

Les équipotentielles et les lignes peuvent être déterminées par les différentes méthodes
suivantes :
Méthode analytique :
cette méthode est assez compliquée pour construire des équipotentielle.
Le calcul numérique:
Le calcul numérique est réalisé sur l’ordinateur, il peut résoudre le problème des infiltrations par
le biais des programmes mis au point, afin de déterminer la position de la ligne de saturation, le
potentiel hydraulique et, le débit de fuite.
L’analogie électrique:
L’analogie électrique est basée sur le fait que le potentiel électrique est régi par la même loi
que le potentiel hydraulique.
Le modèle graphique
Il représente une méthode simplifiée, la plus souvent utilisée. Cette méthode donne des
résultats approches, mais en général suffisants. L’écoulement des eaux d’infiltrations dans le
barrage est régi par la loi de DARCY, V = K * i ( K : coefficient de perméabilité en (m/s) et i : le
gradient hydraulique).
b-Tracé de ligne de saturation
Dans le cas d’une digue homogène drainée, reposant sur une assise imperméable, KOSENY
a montré que la ligne de saturation (ligne phréatique) est une parabole d’axe horizontal,
dont le foyer est le pied l’aval de la digue (ou l’extrémité amont du drain, auquel se
raccorde la ligne phréatique).
Elle a pour équation : y2 -y02- 2xy0= 0 avec
d: largeur du base du barrage diminué de 0,7b
b : étant la projection horizontale de la partie mouillée du barrage
H: etant la hauteur d’eau Le parabole coupe le plan d’eau amont
en un point A situé à une distance  de
ce parement telle que AB == 0.3b
e Pour obtenir la ligne de saturation à
partir de la parabole de Koseny on
raccorde celle-ci à l’estimer avec le plan
d’eau ; mai normale au parement amont
et tangente à la parabole.
À l’aval ; elle coupe nécessairement le
parement aval en un point C. En fait la
ligne phréatique réelle le coupe plus
en bas en un point D sensiblement
situé au 2/3 de OC, théoriquement tel
que :
DC/OD = 3/8.cos()
En generale les barrage en terre sont menu d’un drain aval qui rabat a ligne de saturation
du barrage dans ce cas l a parobole de Kozeny à pour foyer l’extrémité amont du drain,
auquel se raccorde la ligne phréatique).
C- Calcul du débit de fuite par infiltration
C1- débit de fuite à travers la digues ( corps du barrage)
Connaissant le réseau des équipotentielles et des lignes de courant , on peut évaluer le
débit de fuite en appliquant la loi de Darcy .
Le débit de fuite par unité de largeur à travers le barrage est donné par :
Q= K.I.A=K.Y0
C2- débit a travers de fondation permanant
Dans le cas d’une fondation relativement
perméable , ( figure ci après ),On admet
que la longueur moyenne de courant est
celle de la ligne de contact du massif
imperméable avec la fondation ( B)
L= B+2F
Le débit Q est alors
Q= ( T-F).K.H/(B+2F)

par assimilation les lignes d’écoulement à des ellipses dont les foyers sont
respectivement les extrémités amont et aval du noyau étanche , on trouve la formule
qui donne une évaluation plu précise :
D- calcul du pression interstitielle
Quant on dispose du réseau d’équipotentielle, il est aisé d’en déduire la pression inertielle
en tout point . Soit à calculer cette pression en M0 ( voir figure)

A partir de M0 on trace , à l’estime , une courbe


équipotentielle s’intégrant dans le réseau. Cette
courbe coupe la ligne phréatique en un point M1
de potentiel égal a la cote de ce point qui est Z1.
Donc Z1 = Z0 + P0
par suite la pression interstitielle en M0 est
P0 = Z1-Z0

dans le cas on ne dispose pas du réseau équipotentiel, on une bonne approximation de


la pression interstitielle ,en prenant comme valeur P0= Z2-Z0 avec Z2 est la cote du point
M2qui se trouve sur la verticale de M0
VI- Stabilité hydraulique- effet de Renard
la circulation de l’eau d’infiltration au sien du corps du barrage et ses fondation peut mètre
en danger la stabilité de l’ouvrage.
Dans un sol saturé en eau et en équilibre hydrostatique, l’action de l’eau sur les grains du
sol se résume à une poussée d’Archimède. Lorsqu’il y a écoulement, il y a perte de charge
par dissipation d’énergie par frottements eau/grains du sol. Ainsi apparaissent sur les grains
du sol, des forces dirigées dans le sens de l’écoulement et qui s’opposent à l’écoulement de
l’eau.
Soit un volume élémentaire du sol, dV, le bilan des forces s’exerçant sur lui correspond à
trois forces (figure):
Le poids, force verticale descendante : P = sat .V avec sat, le poids volumique du sol
saturé,
La poussée d’Archimède, force verticale ascendante : A = w .DV, avec w, le poids
volumique de l’eau (10kN/m3)
La force d’écoulement : j =  .i. La stabilité des sols traversés par l’eau dépend de cette
force d’écoulement qui est d’autant plus grande que la vitesse de circulation l’est. j est une
force volumique et i le gradient hydraulique (sans dimension).
Grain V
Ligne de courant

Force d’écoulement :
w .i.V

Résultante verticale :
’V avec ’=sat -w

Figure :Bilan des forces s’exerçant sur un volume élémentaire du sol


Les forces d’écoulement sont souvent de même ordre de grandeur que la résultante de
pesanteur
' et de poussée d’Archimède. Elles sont donc à prendre en compte dans les calculs de
i 
c

stabilité
w des ouvrages.
Il est à noter que lorsque l’écoulement est vertical descendant, les composantes des forces
volumiques sont toutes portées sur z et auront une résultante égale à – ( '+w .i)V. Dans le
cas d’un écoulement vertical ascendant, la résultante sera égale à – ( ‘-w .i)V
Dans un écoulement la composante verticale ascendante de la force d’écoulement génère un
gradient hydraulique i vertical ascendant. Cette composante verticale de la force
d’écoulement s’oppose directement à la pesanteur (figure) ; avec i suffisamment élevé, les
grains sont entraînés par l’eau : c’est le phénomène de boulance.
On définit un gradient hydraulique critique, ic, pour
lequel la résultante des forces est nulle et donc les
grains du sol à la limite d’être entraînés :
ic 
'
w
Il est nécessaire de vérifier que les gradients
hydrauliques ascendants sont inférieurs au gradient
critique lors de construction de barrage ou digue en
Figure :Les forces mises en jeu lors de la boulance terre, mais aussi lors de fouille dans un sol ou de
construction sur un sol où ce phénomène est possible.
L’arrachement des grains est la première phase de l’érosion interne. Il crée de nouvelles
conditions d’écoulement éventuellement plus menaçantes : augmentation des vides,
modification des assemblages de composition des sols… Le sol devient plus décharné et plus
perméable, permettant à l’eau de circuler à vitesse plus importante et/ou dans de nouveaux
écoulements.
Le phénomène d’arrachement comme la boulance est susceptible d’être accompagné d’un
transport important des grains, déstabilisant les sols. Le phénomène de renard apparait dans
des écoulements en milieu perméable comme les barrages ou digues en terre, dans la
direction d’écoulement de l’amont vers l’aval. Localement les vitesses d’écoulement
augmentant peuvent atteindre le seuil d’entraînement des grains fins qui progressivement va
« raviner » les lignes de courant de l’intérieur. Les éléments plus importants vont alors être
entraînés, l’érosion progresse de manière régressive le long d’une ligne de courant, formant
un conduit où s’engouffre l’eau de manière irréversible ( voir figure)
Eau
Eau Eau

Substrat
Substrat Substrat

(a) (b) (c)


Illustration du phénomène de renard dans une retenue d’eau par rideau de palplanche (a) Réseau d’écoulement sans perturbation, (b)
Erosion interne en début de phénomène, le conduit s’élargit depuis la sortie, (c) renard hydraulique développé, rupture proche

Le développement d'un renard hydraulique est conditionné par le gradient hydraulique au sein
de la structure, de la différence de niveau h et de la propension de la structure à libérer des
particules. Ainsi, lorsque l’écoulement de l'eau dans la structure est long, l'eau ne développe
pas la force pour pouvoir emporter des grains du sol. De même, si les grains du sol ont une
grande cohésion (comme pour l'argile) il n'y a pas de transport de grain. Alors que dans un
massif sableux qui présente une grande différence de niveau d'eau amont-aval et une faible
largeur de remblai la probabilité du développement d’un renard hydraulique est importante.
Le sol devient localement plus perméable, les vitesses d’écoulement augmentent, le
phénomène s’amplifie avec l’élargissement de la conduite créée. Les conséquences sont la
rupture du barrage soit par ouverture d’une brèche ,soit par effondrement de l’ouvrage
avec submersion par une vague (figure).
H

Illustration de l’effondrement de l’ouvrage avec submersion dus à un renard

Un renard peut survenir dans la fondation


L’apparition exacte du risque de renard est très difficile. Tout au plus peut-on dire que les
matériaux fins, à granulométrie discontinue sont les plus dangereux.
A signaler particulièrement les sables fins argileux pouvant devenir boulant lorsqu’ils sont
mouillés.
D’après ce qui précède, on voit que le risque est directement fonction du gradient de
potentiel. Comme la hauteur H d’eau à l’amont du barrage est imposée ,c’est la longueur L
des cheminements qui est le paramètre essentiel.
LANE distingue les cheminement verticaux de longueur Lv et les cheminement horizontaux
Lh . La règle de Lane exprime la condition pour que le renard hydraulique ne se forme pas
par l’inéquation suivante :
Lv + Lh/3  C.H
Le coefficient C dépond la nature de terrain

Nature du terrain c
Sables fins et limons 8.5
Sables fins 7
Sables moyens 6
Gros sables 5
Petits graviers 4
Gros graviers 3

Mélange de graviers et de gros galets 2.5


Argile plastique 3
Argile consistante 2
Argile dure 1.8
VII- dispositifs de protection contre effet de l’eau
La présence d’une charge hydraulique à l’amont du remblai engendre une infiltration
d’eau dans le barrage et ses fondations. Malgré l’attention accordée au dispositif d’étanchéité
prévu, ces infiltrations peuvent être nuisibles à la stabilité tant hydraulique que mécanique
de l’ouvrage. Pour y remédier on prévoit un dispositif de drainage souvent associé à des
filtres.
A-Les filtres
A-1- Rôle des filtres
Le rôle des filtres est très important dans le fonctionnent d’un barrage en terre,
particulièrement sur la plan de la sécurité de l’ouvrage, ainsi ils peuvent jouer de
nombreuses fonctions complémentaires les unes aux autres, parfois les filtres peuvent jouer
le rôle de drains surtout dans les petits barrages. Parmi leurs rôles on peut citer:

 Entreposés entre deux couches à granulométrie différentes, ils évitent que les grains
fins de la première couche ne soient entraînés par les eaux d’infiltration à travers les
matériaux de gros diamètres.
Entreposés de part et d’autre d’un noyau d’étanchéité ou sous un écran d’étanchéité,
ils jouent le rôle de couches drainantes en évacuant les eaux d’infiltration vers l’aval du
barrage.
Intercalés entre un massif de barrage et sa fondation, si elle est argileuse, contribue
grandement à activer sa consolidation grâce à leur rôle drainant qui réduit les
pressions internes.
A-2- Composition et dimensionnement de filtres :
Les filtres sont constitués de sables et de graviers dont les grains sont insolubles et non
altérables en présence de l’eau. Ces dernières années les filtres granulaires sont de plus en
plus remplacés par des géotextiles qui sont des produits industriels très économiques et
faciles à mettre en œuvre.
Les filtres, pour être efficaces ne doivent pas se colmater ni se dégrader par
entraînement de leurs propres grains. Ils doivent jouer le rôle pour lequel ils sont prévus à
savoir éviter que les particules fines du matériau de base ne soient entraînées à travers les
vides des couches perméables. Il est conseillé pour cela d’utiliser les sables dont le
coefficient d’uniformité :D60/D10 2
Les paramètres de base de ces règles sont les caractéristiques granulométriques des
matériaux. On schématise par Dx( sol) et Dx( filtre) les dimensions des grains de filtre et du
matériau à protéger qui sur la courbe granulométrique correspond au l’ordonné x%. Selon
l’analyse granulométrique ,On peut distinguées deux sortes filtres :
Filtre à granulométrie uniforme ou étroite:
dans ce cas pour que le filtre soit stable il faut:
5 D50( sol) D50( filtre)  10 D50( sol)
Filtre à granulométrie contenue et étendue:
Dans ce cas le filtre est stable si :
12D50( sol) D50( filtre)  58 D50( sol)
12 D15( sol) D15( filtre)  40 D15( sol)
N.B
La courbe granulométrique du filtre doit être approximativement parallèle à celle du sol.
le filtre ne doit pas contenir plus de 5% de fines ( les inferures à 80 m) et ces fines doivent
être pulvérulents
Terzagui ( 1925) et Sherard ( 1963) recommandent que la granulométrie du filtre vérifie
les inéquations suivantes :
D15( filtre)4 à 5 D15( sol)
D15( FILTRE) 4 à 5 D85( sol)
D60( FILTRE) 2D40( sol)
USBR recommande les inéquations suivantes :
5 D15(so) D40 (FILTRE)  40 D15(so)
D15( FILTRE) 5 D85( sol)
L’épaisseur du filtre ne doit pas être inférieure à 25 cm pour tenir compte des
tassements qui se produisent dans tout le remblai. Cette épaisseur doit être toujours
supérieure ou égale à 50 D15.
Si la couche filtrante sert à drainer les eaux d’infiltration, sa capacité drainante doit être
plus grande que le débit qui traverse le remblai et peut être vérifiée à l’aide de la loi de Darcy

Le plus souvent pour les petits barrages, on peut choisir un matériau drainant suffisamment
perméable et satisfaisant directement a cette double condition: la mise en place d'un filtre est
alors inutile.
Parfois, on se voit contraint d'interposer, entre le remblai et le drain, de perméabilité et
de granulométrie très différente une couche - filtre en prenant soin de vérifier les règles de
filtre à chaque interface.
B- Les drains
Le drain est un organe fortement perméable incorporé dans le barrage en terre pour
évacuer les eaux provenant d’une infiltration. Il est généralement constitué de graviers et
d’enrochements avec des caractéristiques de non altération au contact de l’eau et résistant aux
grandes compressions ou des tuyau en béton poreux ou en plastique perforé également
entourer d’une couche de gravier . Il est admis que la
B-1- Rôle des drain
Les drains dans les barrages en terre ont une multitude de fonctions très importantes.
 Intercepter les eaux d’infiltration et les évacuer à l’aval du barrage.
 Abaisser la ligne de saturation et éviter les résurgences sur le talus aval.
 Abaisser la ligne de saturation, pour garder une grande partie du remblai non saturé afin
de conserver les caractéristiques géotechniques du matériau utilisé.
 La présence du drain dans un barrage en terre sert à minimiser le débit de fuite sur
l’ouvrage.
Il sert aussi à décompresser la fondation et donc à minimiser les pressions interstitielles.
 La présence du drain permet d’activer la consolidation du remblai
B-2- Différents types de drainages et leur dimensionnement :
On rencontre plusieurs types de drainages qui différent les uns des autres par leur
formes constructives, leur emplacement dans le barrage et le rôle pour lequel ils ont
été prévus.
B-2- 1- tapis drainant et drain de pied
On rencontre plusieurs types de drainages qui différent les uns des autres par leur formes
constructives, leur emplacement dans le barrage et le rôle pour lequel ils ont été prévus.
VII- Stabilité hydraulique- effet de Renard
phénomène de renard barrage