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Rapport d’étude NOVEMBRE 2017

LE RENARD, CET ÊTRE


UNIQUE AU MONDE  
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SOMMAIRE

INTRODUCTION. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 3

1. FICHE D’IDENTITÉ. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 3

2. UNE VIE CAUCHEMARDESQUE .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 5

A. UN MIROIR DE L’HUMAIN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 5

B. UNE RÉPUTATION DE NUISIBLE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 5

C. TIRÉ, DÉTERRÉ OU PIÉGÉ TOUTE L’ANNÉE .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 6

• TIRS DE DESTRUCTION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 6

• DÉTERRAGE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 7

• PIÉGEAGE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 7

D. UN GIBIER ULTRAPRISÉ DES CHASSEURS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 8

CONCLUSION. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 9

BIBLIOGRAPHIE.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . p. 10

ANNEXE : LA SENTIENCE DES RENARDS

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INTRODUCTION Que penserait le Petit Prince de Saint-Exupéry du haut de ses étoiles ?...
Qu’avons-nous fait de son ami ? Certes, le renard roux (Vulpes vulpes)
ne figure pas sur la liste des espèces menacées de l’UICN. Ce canidé
fin et agile est un champion de l’adaptation. C’est même l’un des
mammifères sauvages les plus répandus à travers le monde. On le
rencontre dans des milieux très variés, de la plaine à la montagne en
passant par les forêts, avec une prédilection pour le bocage. Ses pas
peuvent même le conduire avec succès aux abords des villes.

En France, son aire de répartition est vaste, et même si l’on ne


connaît pas précisément les effectifs de sa population, celle-ci semble
relativement stable. Mais si, pour les gestionnaires de la faune
sauvage, l’espèce se « porte » bien, qu’en est-il du sort de ses individus ?
Soumis à de multiples dangers, victimes d’une mauvaise réputation,
souffre-douleurs préférés des chasseurs, les renards survivent rarement
au-delà de leur premier anniversaire dans la nature.

À travers ce rapport, One Voice souhaite mieux faire connaître cet


animal extraordinaire et dresser un état des lieux de sa situation en
France. Ainsi, chacun de ses représentants aura-t-il des chances d’être
enfin respecté, apprécié, « apprivoisé » par le cœur de l’ensemble des
politiques et des citoyens pour devenir « unique au monde ».

1. FICHE D’IDENTITÉ
Mouvements lents, silencieux, sens toujours aux
aguets, le discret Goupil est maître de la débrouil-
lardise. Chasseur à l’approche et en embuscade
hors pair, il bondit sur ses proies avec une adresse
et un sens de l’équilibre remarquables grâce au
balancier de sa queue. Une ombre, une odeur,
un bruit suspects ? Il file alors en zigzag comme
l’éclair sans demander son reste. Sa silhouette,
agile et élancée, lui permet aussi bien de se fau-
filer sous terre, ramper au ras des herbes, escala-
der des murets, voire grimper aux arbres ! Ainsi
partage-t-il certains comportements avec les féli-
dés. Des similitudes morphologiques également :
vibrisses très développées, yeux en amande fen-
dus de pupilles verticales. À peine plus lourd
qu’un gros chat (6-7 kilos), le renard est pourtant
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membre à part entière de la famille des canidés.


Proche cousin du chien, on le reconnaît avant
tout à son museau allongé et pointu, ses oreilles
droites ainsi qu’à ses longues jambes effilées.

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Le renard roux européen appartient au genre rurale, il jette surtout son dévolu sur les petits ron-
Vulpes et à l’espèce du même nom. C’est donc geurs. Capable d’en capturer des milliers chaque
Vulpes vulpes que le promeneur de nos régions a année, il limite ainsi leur présence dans les champs
parfois la chance de croiser, au détour d’un che- et endigue même la propagation de la maladie
min de campagne, dans le mystère d’un sous- de Lyme véhiculée par les porteurs de tiques ! De
bois ou même au beau milieu d’un parc urbain. plus en plus d’agriculteurs reconnaissent ainsi
Omnivore et opportuniste alimentaire, ce canidé en Goupil un véritable allié pour protéger leurs
s’adapte en effet à des milieux extrêmement récoltes. La prédation naturelle qu’il assure vaut
variés dès lors qu’il trouve de quoi se nourrir. bien mieux que la lutte chimique ! Les produits
contenant de la bromadiolone se révèlent particu-
En France métropolitaine, son aire de répartition lièrement dangereux. Cet anticoagulant hautement
s’étend sur l’ensemble du territoire, du littoral toxique, distribué sous forme d’appâts, empoi-
jusqu’en montagne, à environ 2500 mètres d’alti- sonne non seulement les rongeurs, mais aussi les
tude. Selon son habitat et la saison, les proies les espèces non ciblées, y compris menacées, et repré-
plus diverses peuvent figurer à son menu : inverté- sente un risque pour l’environnement tout entier.
brés, insectes, amphibiens, poissons, petits mam-
mifères… Il lui arrive même de grappiller quelques Maître Renard mérite donc toute sa place dans
fruits ou de faire les fonds de poubelle aux abords nos écosystèmes. En dehors de son rôle éco-
des villes. En revanche, il ne s’attaque jamais à logique, c’est aussi un animal particulièrement
plus gros que lui, à moins que l’animal soit fragile, attachant. Ses extraordinaires capacités d’adap-
blessé, malade ou mort. Le canidé se transforme tation, d’apprentissage et de mémoire, son apti-
alors en charognard, prélevant sur le cadavre de tude à trouver facilement de nouvelles stratégies
quoi se rassasier et enterrant le reste pour les jours de survie, ses techniques de chasse évoluées, son
de disette… un agent sanitaire parfait ! En zone organisation sociale, ses modes de communica-

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tion, sont les signes d’une intelligence vive, mais A. Un miroir de l’humain
malheureusement trop souvent ignorée. (Voir fiche Il semble que les êtres humains aient depuis tou-
sentience en annexe) jours perçu l’intelligence et l’habilité de Maître
Renard. À tel point qu’ils y ont probablement
reconnu certaines de leurs propres qualités et vu
2. UNE VIE dans cet animal une forme de reflet d’eux-mêmes.
CAUCHEMARDESQUE Pour le meilleur et pour le pire, notre espèce
ayant aussi de nombreux défauts… À force de
Malgré ses facultés d’adaptation remarquables, confondre le canidé avec un miroir, nous avons
Goupil ne sort pas victorieux des nombreuses fini par projeter sur lui des traits de caractère peu
épreuves qui jalonnent son existence. Si un indi- reluisants qui n’appartiennent qu’à nous. Les ver-
vidu peut vivre jusqu’à 20 ans en captivité, on tus se sont transformées en vices, l’intelligence a
estime que seuls 2 à 10 % des spécimens sau- laissé place à la ruse, et le canidé a été accusé
vages passent le cap des 5 ans. Bien-sûr, certains des pires intentions et méfaits… Comme le sou-
prédateurs tels que le hibou, l’aigle royal, le lynx, ligne l’auteur et biologiste Jean-Steve Meia, c’est
le loup ou le chien viverrin peuvent occasionner au Moyen Âge, entre le XIIe et le XIIIe siècle, que
quelques victimes. Mais étant donné l’état extrê- sa mauvaise réputation atteint des sommets,
mement limité des populations de ces animaux en lorsque le Roman de Renart est écrit. À travers
France, leurs prélèvements sur les renards restent cet ensemble de textes, « il passe clairement du
dérisoires. Le petit rouquin a plus à craindre en côté des méchants. Sa réputation de “nuisible”et
revanche de certaines maladies qui, non soignées, de “puant” date au moins de cette époque. Le
lui sont systématiquement fatales. La gale, par renard est considéré comme un malin, un pro-
exemple, ou la rage par le passé, tuent ou ont tué fiteur, un faussaire ». Une image qui, depuis, lui
ses congénères par légions dans d’atroces souf- colle à la peau. Celui qu’on appelait goupil (dérivé
frances alors qu’on les traite et/ou prévient très du latin vulpes) en ancien français tient même son
bien chez les animaux domestiques. nom actuel de l’œuvre littéraire : « C’est le succès
Ces causes de mortalité naturelles sont cependant énorme du Roman de Renart qui conduit, entre le
loin d’expliquer toutes les hécatombes. En France, XVIe et le XVIIe siècle, à la transformation du nom
le renard roux doit aussi, et surtout, composer avec propre Renart en nom commun. Renart devint rei-
l’être humain ! Celui-ci représente sans conteste gnard puis finalement renard. »
son ennemi le plus redoutable. D’abord, on peut
évoquer les accidents avec les véhicules (voitures, B. Une réputation de nuisible
trains, faucheuses dans les champs…). Même s’il De nos jours, même si le renard a vu sa cote de
est difficile d’évaluer l’impact de ces collisions sur sympathie légèrement augmenter, notamment
la population vulpine par manque de données, chez les citadins, il continue de faire les frais d’une
elles se chiffrent probablement au moins par cen- mauvaise réputation. Celle-ci est généralement
taines chaque année. Un rapport du Service Patri- véhiculée par les chasseurs qui le considèrent
moine Naturel de septembre 2012 du Muséum comme un concurrent face au gibier. Bouc émis-
national d’Histoire naturelle, par exemple, fait état saire de nombreux fantasmes, on le dit aussi bien
pour les années 2010 et 2011 de « 168 collisions voleur de poules, croqueur de chats, porteur de
entre un renard et un véhicule le long du réseau rage, ou encore en surnombre… Autant de lieux
de la DIR Est de Franche-Comté. C’est l’espèce communs à démonter. Un poulailler bien protégé
qui a payé le plus lourd tribut dans cette enquête ne connaît pas de victimes, les chats font plutôt
(33 % des collisions observées) ». S’il en est ainsi fuir les renards que l’inverse, la France est officiel-
sur le réseau routier d’une seule région, on peut lement indemne de rage depuis 2001. Certes, une
imaginer sans peine, même sans nombre précis, vigilance s’impose, car des foyers de cette maladie
les monceaux de cadavres s’amoncelant sur le existent toujours en dehors de nos frontières, mais
bitume de l’ensemble de l’Hexagone… l’épizootie de rage vulpine, qui a touché notre
Mais, outre ces drames involontaires, ce sont de pays en 1968, est bel et bien enrayée à ce jour.
loin les destructions intentionnelles qui provoquent Une victoire due à la vaste campagne de vaccina-
le plus de morts. Mal-aimé, voire haï par certains, le tion des renards, menée à partir de 1986, et non
renard roux vit un enfer dans notre pays. au massacre quasi généralisé de l’espèce, qui avait

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précédé. Les tueries perpétrées pour lutter contre renards et que cette mesure provoquait même
le virus s’étaient avérées inutiles. Pire, elles avaient « une augmentation de la prévalence de E. multi-
favorisé sa progression ! locularis de 40 % à 55 % tout en restant stable dans
une zone témoin voisine (585 km2) ». Et les auteurs
Car voilà, chez les renards, quand un individu dis- de conclure : « Nous préconisons donc que les
paraît, un autre prend sa place. Comme les autres gestionnaires envisagent des méthodes alterna-
espèces prédatrices, les populations vulpines tives telles que l’appât anthelminthique, qui s’est
s’autorégulent ! « […] celles-ci compensent le avéré efficace ailleurs, pour lutter contre l’échino-
taux de mortalité élevé par une natalité accrue », coccose alvéolaire ». Ainsi, l’emploi d’antiparasi-
expliquent Emmanuel Do Linh San et Denis- taires à titre préventif ou en traitement présente-
Richard Blackbourn dans une étude. « Ainsi, rait de bien meilleurs avantages. Un point de vue
lorsque la densité de population vient à chuter, partagé par l’Organisation Mondiale de la Santé :
une proportion plus importante de renardes met « La vermifugation régulière des carnivores domes-
bas, alors que le nombre moyen de renardeaux tiques qui entrent en contact avec des rongeurs
par portée augmente. Ce mécanisme de régula- sauvages devrait aider à réduire le risque d'in-
tion naturelle s’explique par le fait que la réduc- fection chez l’homme. Le déparasitage des hôtes
tion des effectifs est concomitante à une baisse définitifs sauvages ou errants au moyen d’appâts
de la concurrence alimentaire pour les renards contenant des anthelminthiques a permis d’obte-
encore présents, et ainsi la quantité de nourriture nir des baisses significatives de la prévalence de
disponible pour chaque renard augmente. Ceci l’échinococcose alvéolaire, selon des études euro-
concourt à une amélioration de la condition cor- péennes et japonaises. L’abattage des renards et
porelle des femelles, qui mènent alors plus faci- des chiens errants semble très inefficace. La dura-
lement à terme leur grossesse, et produisent plus bilité et l’efficacité de telles campagnes par rap-
de jeunes. » Par conséquent, en temps d’épidé- port à leur coût sont controversées ».
mie, abattre un sujet potentiellement sain libère
l’espace pour l’un de ses congénères, potentiel- Pourtant, à l’heure actuelle, les préjugés font la
lement contaminé. La maladie suit ainsi tranquille- loi. Ils valent aux renards de figurer encore sur la
ment son cours… liste 2 des « espèces susceptibles d’occasionner
des dégâts » dans 90 départements. Cette nou-
Cette leçon du passé devrait nous servir. velle terminologie, adoptée en août 2016 par
Aujourd’hui, c’est la menace de l’échinococcose notre Code de l’environnement, désigne les ani-
alvéolaire qu’on brandit. Causée par les ténias du maux qui étaient jusque-là étiquetés « nuisibles ».
genre Echinococcus, cette zoonose peut en effet Si l’on peut se réjouir de l’avancée lexicale, les
être véhiculée par un certain nombre d’animaux, modes de régulation des espèces concernées
dont le renard. Si celui-ci ingère des larves du restent, quant à eux, identiques et le renard n’est
parasite, présentes dans les viscères d’hôtes inter- jamais en paix.
médiaires tels que les rongeurs, des vers se déve-
loppent dans son intestin. Pour autant, le canidé C. Tiré, déterré ou piégé toute l’année
n’en pâtit pas. En revanche, il devient contagieux Considérer le renard comme « susceptible d’occa-
et susceptible de transmettre la maladie aux sionner des dégâts » revient à autoriser son exter-
humains ou aux chiens qui le touchent. Pas de mination toute l’année par différents moyens.
panique pour autant ! Des précautions élémen-
taires d’hygiène suffisent pour se prémunir de tout • Tirs de destruction :
risque. Certes, des cas de contamination chez les Entre la date de clôture générale de la chasse
humains sont recensés tous les ans (27 en 2016) et (fixée par les préfets de chaque département
selon les spécialistes, l’endémie s’étend progres- après consultation du Conseil Départemental de
sivement sur le territoire. Mais faut-il pour autant la Chasse et de la Faune Sauvage) et le 31 mars
s’acharner une fois encore sur les renards ? Surtout au plus tard, au moment où d’autres animaux
pas ! Une étude menée autour de la ville de Nancy connaissent enfin un peu de répit, les renards
pendant quatre ans a démontré, comme dans le continuent d’être abattus. Le canidé étant volon-
cas de la rage, qu’un protocole d’abattage n’avait tiers noctambule et ses yeux brillants facilement
aucune efficacité pour diminuer la population de repérables, les tirs ont souvent lieu de nuit, avec

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les risques que cela représente pour le reste de la blanches ou même à feu (pour lesquelles le per-
faune, voire même les êtres humains ! mis de chasse n’est pas obligatoire) !

• Déterrage : • Piégeage :
En France, à partir de la mi-mars, c’est l’époque où Selon l’Office national de la chasse et de la faune
les renardes mettent bas. À peine née, leur pro- sauvage (ONCFS), cette pratique, également
géniture se voit menacée par l’ignoble technique autorisée toute l’année, représenterait 57 % des
du déterrage autorisée toute l’année. Celle-ci modes de destruction utilisés, la plaçant ainsi
consiste à traquer les petits et leurs parents devant les tirs de destruction (31 %) et le déter-
jusqu’au fond de leurs terriers, avec ou sans l’aide rage (12 %) (saisons 2011-2012 et 2012-2013 cumu-
de chiens, parfois durant des heures. Acculée et lées). Même si une réglementation stricte (Arrêté
pétrifiée de peur, la famille entend les coups des du 29 janvier 2007) rend obligatoire l’agrément
pioches et des pelles qui se rapprochent. Une fois des piégeurs (deux jours de formation suffisent
capturés, ce sont ces mêmes pelles et pioches pour l’obtenir !) et interdit l’usage des instruments
déchaînées qui les tueront. Quitte à les frapper les plus barbares (collets sans arrêtoirs et pièges
à plusieurs reprises pour faire durer l’horreur (en à mâchoires avec dents, par exemple), les persé-
dépit des recommandations officielles de ne pas cutions ne faiblissent pas. Ainsi, l’ONCFS révèle
provoquer de souffrances inutiles). À moins que encore que « le renard est le mammifère le plus
ce ne soient les chiens et les humains en furie qui détruit sur le territoire avec une intensité moyenne
achèvent les victimes, à coups de crocs, d’armes de prélèvement avoisinant 0,5 individu/km2 ».

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ment dangereux sont aussi responsables de la
mort d’autres espèces non ciblées, parfois même
protégées ou domestiques.

- Les collets munis d’un arrêtoir (Catégorie 3)


Utilisés en coulée, ils visent spécifiquement le
renard pour l’attraper par le cou. Source d’un
stress immense pour le captif, la réglementation
prévoit une visite obligatoire du piégeur chargé
de le tuer dans les deux heures suivant le lever
du soleil. Y a-t-il un représentant de la loi posté
devant chaque piège pour s’assurer que la
consigne est respectée ?!

- Les pièges à lacet (Catégorie 4)


Ils se déclenchent par pression sur une palette ou
tout autre système de détente, pour capturer le
renard par une partie de son corps sans le tuer.
Là encore, le piégeur est censé faire sa tournée
dans les deux heures suivant le lever du soleil pour
l’achever. Combien respectent la démarche ? Qui
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se soucie de la panique d’un animal qu’on cherche


ainsi à persécuter ? D’ailleurs, bon nombre de pié-
geurs « oublient » de déclarer leurs prises à la pré-
fecture, malgré l’obligation légale.
Les pièges officiels autorisés peuvent relever
de cinq catégories différentes. Concernant les D. Un gibier ultraprisé des chasseurs
renards, les plus répandus sont : Bien sûr, en période de chasse, le renard
subit encore plus de pression. À sa casquette
- Les pièges par contention (Catégorie 1) d’ « espèce susceptible d’occasionner des
Utilisés en coulée ou avec un appât, ils ne néces- dégâts » s’ajoute celle d’ « espèce chassable ».
sitent pas d’homologation. Leur but : confiner Chasse au chien courant, chasse à l’affût, chasse
l’animal dans un espace clos sans le retenir par sous terre, chasse à courre, tous les moyens sont
une partie de son corps. Théoriquement sans bons pour lui faire la peau.
blessure, donc. Théoriquement. Toutes sortes
d’inventions, plus tordues les unes que les autres, Dans le cadre de la publication d’une enquête
existent : cages à fauves, boîtes tombantes, pou- nationale sur les tableaux de chasse à tir, l’ONCFS
lailler à renards (avec compartiment à volaille indique 430 000 renards tués pour la seule saison
vivante) et même cages à renardeaux, spéciale- 2013-2014. « Cette estimation est très nettement
ment conçues pour « cueillir » les plus petits à l’en- supérieure à celle des prélèvements par pié-
trée de leur terrier… Prisonniers, parfois des jours geage, qui est six fois plus faible (environ 68 500
durant (même si la législation oblige les piégeurs individus pour la saison 2012-2013, Albaret et al.,
à relever leurs prises quotidiennement avant midi), 2014). La chasse est donc très clairement le mode
le captif terrorisé (voire affamé et déshydraté si le de prélèvement le plus utilisé pour le renard. »
supplice se prolonge) attend le coup de grâce que
lui donnera son bourreau lors de sa « visite »… À ces chiffres officiels, combien de victimes non
recensées faut-il ajouter ? Combien de chas-
- Les pièges tuants (Catégorie 2) seurs n’ont pas répondu à l’enquête ? Où sont les
Comme leur nom l’indique, ils tuent les renards renards morts autrement que sous les fusils ? Où
sur le coup. Ils se déclenchent par pression sur sont ceux assommés, transpercés, égorgés à la sor-
une palette, par enlèvement d’un appât ou tout tie de leurs terriers ou lors d’interminables parties
autre système de détente. Ces objets extrême- de chasse à courre ? Des « détails » sans doute…

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CONCLUSION
Il est urgent de réhabiliter le renard et de le respecter. Il joue à la perfection
le rôle qui est le sien dans la grande partition du vivant. Parce que cet animal
est indispensable à l’équilibre des écosystèmes, parce qu’il n’est pas nuisible,
parce qu’il ressent des émotions, One Voice travaille à ce qu’il soit retiré en
urgence de la liste des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » et,
à terme, qu’il ne soit plus chassable.

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BIBLIOGRAPHIE
OUVRAGES ET PUBLICATIONS GÉNÉRALES
• Le Renard, Jean-Steve Meia, éd. Delachaux et Niestlé, 2016.
• Évaluation UICN : http://www.iucnredlist.org/details/23062/0
• Inventaire national du patrimoine naturel : https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/60585/tab/statut
• ONCFS – Dépliant « Le Renard », téléchargeable sur : http://www.oncfs.gouv.fr/Depliants-download154
• « Le renard, ce champion de l’adaptation », Emmanuel Do Linh San, Denis-Richard Blackbourn :
https://www.researchgate.net/profile/Emmanuel_Do_Linh_San/publication/227858788_Le_renard_ce_champion_de_l%27adaptation/
links/542dd41b0cf27e39fa950e85/Le-renard-ce-champion-de-ladaptation.pdf
• « Évolution des populations de renards en France. Analyse des suivis réalisés par comptages nocturnes (2004-2013) », Sandrine Ruette, Nicolas Lieury,
Michel Albaret, Jean-Pierre Arnauduc, Sébastien Devillard, in Faune Sauvage - Le bulletin technique et juridique de l’Office national de la chasse et de la
faune sauvage, n° 306, 1er trimestre 2015 : http://www.oncfs.gouv.fr/IMG/file/mammiferes/carnivores/petits/FS306_evolution_populations_renards.pdf

LE RENARD, UN ALLIÉ
• Portail de la lutte intégrée contre le campagnol terrestre - Rôle de la prédation : http://www.campagnols.fr/role-de-la-predation.html
• Programme de recherche ANR Contaminants, Écosystèmes, Santé RODENT : https://chrono-environnement.univ-fcomte.fr/spip.php?article821
• Impacts de la bromadiolone sur la faune non-cible dans le cas de la lutte contre le campagnol terrestre, Programme de recherche RODENT, Colloque
Besançon, 2012 : http://www.campagnols.fr/ressources/pages/4_ColloqueCampa_121122_impr_Mode_de_compatibilite.pdf
• Synthèse de l’article « Cascading effects of predator activity on tick-borne disease risk » (« Renards et risque de transmission de la maladie de Lyme :
un effet en cascade »), Hélène Soublet, Fondation pour la recherche sur la biodiversité : http://www.fondationbiodiversite.fr/images/documents/
Comprendre_la_biodiv/Renards_et_risque%20de_transmission_de_la_maladie_de_Lyme.pdf

COLLISIONS
• Identification des points de conflit entre la faune et les routes - Méthode d’observation des collisions par les agents des routes - Retour d’expérience sur
le réseau de la DIR Est en Franche-Comté, Géraldine Conruyt-Rogeon, Xavier Girardet, Direction de la Recherche, de l’Expertise et de la Valorisation,
Rapport SPN (Service du Patrimoine Naturel) 2012-37, septembre 2012 : http://spn.mnhn.fr/spn_rapports/archivage_rapports/2012/SPN%202012%20
-%2037%20-%20Rogeon__Girardet_2012_Analyse_collisions.pdf

UNE RÉPUTATION DE NUISIBLE


• Loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages – Article 157 :
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=DC3182E96983443887A87AA5653A1FA1.
tpdila15v_3?idArticle=JORFARTI000033016377&cidTexte=JORFTEXT000033016237&dateTexte=29990101&categorieLien=id
• ONCFS – Classement et modalités de destruction des espèces d’animaux non domestiques ou susceptibles d’occasionner des dégâts - Arrêté
départemental nuisible : http://www.oncfs.gouv.fr/Textes-juridiques-relatifs-a-la-chasse-ru291/Decret-relatif-aux-especes-classees-nuisibles-ar1281
• « Nuisible, qui es-tu ? », Patrice Luchetta, Muséum de Toulouse, 2016 : http://www.museum.toulouse.fr/-/nuisible-qui-es-tu-
• Rage, Ministère des solidarités et de la santé : http://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/maladies-infectieuses/article/rage
• Fiche de description de danger biologique transmissible par les aliments / Echinococcus multilocularis par l’Agence nationale de sécurité sanitaire :
https://www.anses.fr/fr/system/files/MIC2011sa0033Fi.pdf
• « Échinococcose alvéolaire : recherche et proposition de moyens de contrôle sur le terrain », Deborah Gottsche, nov. 2002 :
http://www.e-l-z.com/doc_word/DocTheses/MemoireGottscheck.pdf
• Epidemology of Alveolar Echinococcosis in Europe: Monitoring and Control Perspectives, Recent Developments and New Trends, Congress Abstract
Book, 2010 : http://e-l-i-z.com/congres/doc/2010-Echino_Congress-Abstract_Book.pdf
• « Expansion géographique du parasite Echinococcus multilocularis chez le renard en France », Benoît Combes, Sébastien Comte, Vincent Raton, Francis
Raoul, Franck Boué, Gérald Umhang, Stéphanie Favier, Charlotte Dunoyer, Natacha Woronofi-Rehn, Patrick Giraudoux :
http://bulletinepidemiologique.mag.anses.fr/sites/default/files/BEP-mg-BE57-Art5.pdf
• « Echinococcus multilocularis chez le renard et les carnivores domestiques : vers une nouvelle donne épidémiologique ? », Franck Boué, Benoît Combes,
Patrick Giraudoux, Gérald Umhang : http://bulletinepidemiologique.mag.anses.fr/sites/default/files/BEP-mg-BE38-art8.pdf
• Entente Lutte Interdépartementales contre les Zoonoses, État d’avancement des travaux 2016 sur les zoonoses Échinococcose alvéolaire, Leptospirose
et Rage, Note de Synthèse n° 16 : http://www.ententeragezoonoses.com/NoteSynthese/NS16/NS16.pdf
• Échinococcose, Organisation Mondiale de la Santé, Aide-mémoire n° 377, mars 2017 : http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs377/fr/
• Echinococcus multilocularis management by fox culling: An inappropriate paradigm, Sébastien Comte, Gérald Umhang, Vincent Raton, Francis Raoul,
Patrick Giraudoux, Benoit Combes, Franck Boué, Preventive Veterinary Medecine, vol. 147, novembre 2017 :
http://www.e-l-i-z.com/doc_word/ECHINO/COMTE-2017-publi-Em_Nancy-prevetmed.pdf

DESTRUCTIONS VOLONTAIRES
• Arrêté du 29 janvier 2007 fixant les dispositions relatives au piégeage des animaux classés nuisibles en application de l’article L. 427-8
du Code de l'environnement : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=59607D35334F87676580FAFB2A08F723.
tplgfr25s_3?cidTexte=JORFTEXT000000648027&dateTexte=20171023

10 LE RENARD, CET ÊTRE UNIQUE AU MONDE NOVEMBRE 2017


• Arrêté du 2 août 2012 pris pour l’application de l’article R. 427-6 du Code de l’environnement et fixant la liste, les périodes et les modalités de
destruction des espèces d’animaux classées nuisibles : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=E37CF4428D94F1588B8E99B206C54D36.
tpdjo04v_3?cidTexte=JORFTEXT000026292961&dateTexte=20130807
• Réglementation relative aux nuisibles et leurs modalités de destruction, Fédération Nationale des Chasseurs, 2013 :
http://www.chasseurdefrance.com/wp-content/uploads/2013/08/GUIDE_REG_NUISIBLES_V0.pdf
• ONCFS – « Droit de destruction des espèces nuisibles : le point en 2014 », Christelle Gobbe in Faune Sauvage - Le bulletin technique et juridique de
l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, n° 305, 4e trimestre 2014 :
http://www.oncfs.gouv.fr/IMG/file/juridique_synthese/FS_305_droit_destruction_especes_nuisibles.pdf
• ONCFS – Tableau départemental nuisibles, Arrêté du 30 juin 2015 :
http://www.oncfs.gouv.fr/Textes-juridiques-relatifs-a-la-chasse-ru291/Arrete-30-juin-2015-tableau-departemental-nuisibles-ar1339
• ONCFS – Destruction des animaux nuisibles : http://www.oncfs.gouv.fr/Destruction-animaux-nuisibles-faq284
• ONCFS – Période de destruction des animaux nuisibles :
http://www.oncfs.gouv.fr/Destruction-animaux-nuisibles-ru284/Periode-de-destruction-des-animaux-nuisibles-ar1690
• Union Nationale des Associations de Piégeurs Agréés de France : http://www.unapaf.fr/-Pieges-
• Enquête nationale sur les prélèvements par piégeage pour sept espèces prédatrices au cours de la saison 2007-2008, Michel Albaret, Sandrine Ruette, in
Faune Sauvage - Le bulletin technique et juridique de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, n° 295, 2e trimestre 2012 :
http://www.oncfs.gouv.fr/IMG/file/mammiferes/carnivores/petits/FS295_albaret_petit_carnivore_2008.pdf
• Nouvelle enquête sur la destruction des espèces classées nuisibles en France – Saisons 2011-2012 et 2012-2013, Michel Albaret, Sandrine Ruette,
Murielle Guinot-Ghestem, in Faune Sauvage - Le bulletin technique et juridique de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, n° 305, 4e
trimestre 2014 : http://www.oncfs.gouv.fr/IMG/file/mammiferes/carnivores/petits/FS305_albaret_enquete_destruction_nuisibles.pdf

CHASSE AU GIBIER
• ONCFS – Le tir d’été – Quels gibiers et dans quelles conditions :
http://www.oncfs.gouv.fr/Fiches-juridiques-chasse-ru377/Le-tir-d-ete-Quels-gibiers-et-dans-quelles-amp-nbsp-ar1139
• Dates d’ouverture de la chasse : http://chasseurdefrance.com/chasser-en-france/dates-douverture/
• Les modes de chasse en France, site de la Fédération nationale des chasseurs : http://chasseurdefrance.com/chasser-en-france/les-modes-de-chasse/
• « Enquête nationale sur les tableaux de chasse à tir, Saison 2013-2014, résultats nationaux », Philippe Aubry, Laetitia Anstett, Yves Ferrand, François Reitz,
François Klein, Sandrine Ruette, Mathieu Sarasa, Jean-Pierre Arnauduc, Pierre Migot, in Faune Sauvage - Le bulletin technique et juridique de l’Office
national de la chasse et de la faune sauvage, n° 310 supplément, janvier-mars 2016 :
http://www.oncfs.gouv.fr/IMG/file/publications/revue%20faune%20sauvage/FS_310_enquete_tableau_de_chasse.pdf

LE RENARD, CET ÊTRE UNIQUE AU MONDE NOVEMBRE 2017 11


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JUILLET 2017

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LES RENARDS

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Les renards roux (Vulpes vulpes) ont une extraordinaire capacité
à s’adapter rapidement à des situations inédites et à trouver
de nouvelles stratégies de survie, signes d’une intelligence trop
souvent ignorée !
LE MONDE SOCIAL DES RENARDS
Quand il y a peu à manger, le renard vit seul et ne forme un couple qu’en période de reproduction. Si le
gibier est plus abondant, il vivra toute l’année en couple et si, comme en ville, la nourriture abonde en
permanence, il formera des groupes sociaux plus importants, structurés comme des meutes où seul le
couple alpha se reproduit. Les autres femelles aident à l’élevage des petits et occupent un territoire voisin
de celui du couple. Notons que tout le monde chasse seul, mais ramène la nourriture au terrier.
Il existe une organisation très stricte au sein de ces groupes sociaux. L’approche d’un alpha se fait presque
en rampant. Le renard s’incline ou se tortille sur le dos aux pieds de son « chef » en reproduisant les gestes
d’apaisement du chiot.
Cette hiérarchie se met en place dès que les petits sortent du terrier et se livrent à des jeux de combat assez
violents. Les affrontements commencent sous terre, autour des mamelles de la mère. Une fois les rôles
sociaux bien établis, dès la huitième semaine, les combats se raréfient. Les renardeaux les plus forts ont un
accès privilégié à la nourriture. Ils grandissent donc plus vite et renforcent encore leur avantage. Ils font aussi
l’objet d’un toilettage social plus intense de la part des adultes. Leur intégration dans le groupe social est
ainsi facilité, y favorisant leur maintien à l’automne, contrairement aux autres.
Les grands groupes sociaux sont composés de trois, quatre, voire dix adultes des deux sexes. Jusqu’à trois
femelles peuvent avoir des portées mais, le plus souvent, une seule se reproduit. Les petits sont élevés
séparément ou au sein d’une grande « crèche » commune. Pendant les premières semaines, leur mère
reste la plupart de son temps avec eux sous terre. Le mâle apporte de la nourriture puis les grandes sœurs
prennent le relais.

SENTIENCE ANIMALE FICHE ONE VOICE JUILLET 2017 LES RENARDS 1


PARLER RENARD
Généralement silencieux, le répertoire vocale des renards est néanmoins très riche. Ils peuvent émettre une
trentaine d’appels différents. Leurs glapissements retentissent surtout lors de la saison des amours, lorsqu’ils
s’appellent les uns les autres et joutent pour leur territoire. Même leurs jeux sont peu bruyants. Souvent, les
appels de renard sont confondus avec ceux de la chouette hulotte. Le célèbre « cri de la renarde » (vixen call)
peut aussi être émis par les mâles, dans des échanges sonores complexes.
Le panel des sons est varié : des cliquètements et gémissements organisent les rapports interindividuels.
Les adultes avertissent les jeunes d’un danger par un aboiement brusque.
Chaque renard semble porter une sorte de « carte d’identité vocale » qui lui permet d’être reconnu par ses
congénères.
La gestuelle est aussi importante dans la communication des renards. La position des oreilles, de la queue,
du corps et diverses expressions faciales indiquent l’humeur de l’animal et ont même été comparées aux
expressions des primates.
Ainsi, l’apaisement se traduit par les oreilles rabattues en arrière, la gueule ouverte et les lèvres rétractées.
Lors d’une dispute, l’animal voute son dos et tourne son arrière train vers l’agresseur. Lorsqu’un renard
rencontre un alpha, il le salut en agitant sa queue de gauche à droite…

LA SCIENCE DE LA CHASSE CHEZ LE RENARD


La détection de proies et leur capture nécessitent des sens affinés et des réflexes rapides. Généralement
actif au crépuscule ou durant la nuit, le renard roux utilise surtout son audition qui lui permet de localiser ses
proies avec précision. Comme chez le chat, les rétines de ses yeux sont tapissées de cellules qui réfléchissent
la lumière et en double l’intensité, ce qui lui permet de distinguer ses proies même lorsque la luminosité
est minimale. Le renard roux est également capable de bondir en modifiant l’angle de son décollage et en
ajustant sa trajectoire au cours du saut. Il peut aussi varier la force de son impact à l’atterrissage. Le renard
roux fait preuve d’une grande endurance. Il peut galoper sur plusieurs kilomètres et piquer des pointes de
vitesse de 60 km/h tout en sautant des clôtures de deux mètres de haut, en grimpant sur les toits ou en
traversant les rivières à la nage. Sa petite taille et son agilité sont parfaitement adaptées aux petites proies.
Le renard a l’habitude de faire des réserves qu’il cache sous terre et revient visiter en cas de disette. Il est
également connu pour employer de véritables ruses. Il est notamment capable de faire semblant d’être mort
ou de se livrer à des ébats ludiques pour attirer une proie.

LES RENARDS URBAINS


Depuis une quarantaine d’années, les renards se sont installés dans les villes européennes de manière
spontanée et naturelle. Ils font aujourd’hui partie intégrante de la faune urbaine, notamment en Grande-
Bretagne, en Suisse, en Belgique et même en Australie.

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SENTIENCE ANIMALE FICHE ONE VOICE JUILLET 2017 LES RENARDS 2


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Le principal avantage de la vie en ville est l’abondance de la nourriture. Les renards ont élargi leur régime
alimentaire pour consommer tout ce qui se trouve dans les poubelles. Ils s’y nourrissent aussi de fruits, d’in-
sectes, de rongeurs et d’oiseaux.
Malgré les doutes de certains, le renard ne représente pas de menace pour les animaux domestiques. Il ne
cherche absolument pas le conflit dont il pourrait ressortir blessé.

LA TENTATION DE L’ÉLEVAGE
Pendant 51 ans, un chercheur russe a mené des expériences contestées dans le seul but de domestiquer
les renards. Aujourd’hui, à force d’une sélection cruelle, il est parvenu à ce qu’ils obéissent à des gestes
basiques de l’homme comme le font les chiens et à des vocalises tendant vers l’aboiement. Mais dans ce
projet fou, qui ne permet en aucun cas de tirer des conclusions pertinentes sur les processus de domestica-
tion, les 3 000 renards finissent pour la plupart dans les fermes à fourrure.

RÉFÉRENCES

• Vulpedia
http://mynarskiforest.purrsia.com/ev1con.htm
• Urban Foxes
http://www.thefoxwebsite.net/urbanfoxes/urbanmanagement.php
http://bioweb.uwlax.edu/bio203/f2013/eidensch_matt/adaptation.htm
• The Red Fox
http://jmammal.oxfordjournals.org/content/63/2/351
• Red Fox: The Catlike Canine, by J. David Henry
https://books.google.be/books?hl=en&lr=&id=raFqBgAAQBAJ&oi=fnd&pg=PT5&dq=red+fox+behaviour+intelligence+&ots
=PPJhO9J6jg&sig=UrWMeYYMMtPgApbClyRD4ceiDPQ#v=onepage&q=red%20fox%20behaviour%20intelligence&f=false
• Domestication
http://www.bionet.nsc.ru/vogis/pict_pdf/2008/t12_1_2/vogis_12_1_2_07.pdf
http://www.nrcresearchpress.com/doi/abs/10.1139/cjas-2016-0026?journalCode=cjas#.V-fr7Y9OIhk
• Le guide des mammifères de France et d’Europe. Barret, P et Macdonald, D. Delachaux et Niestlé.
• Fox, M. W. A Comparative Study of the Development of Facial Expressions in Canids; Wolf, Coyote and Foxes. Behaviour, Vol. 36, No.
1/2 (1970), pp. 49-73

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