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Systèmes nationaux de sécurité sociale

Le régime marocain de sécurité sociale

2018

Généralités

Structure

Organisation

Affiliation

Financement

Prestations

Maladie - Maternité

Allocations familiales

Accident du travail et maladies professionnelles

Décès

Invalidité

Vieillesse

Pension de survivants

Chômage

I. Généralités

A. Structure

Le régime marocain de protection sociale couvre tous les salariés du secteur public et du secteur privé. Il
assure aux intéressés une protection contre les risques de maladie maternité, invalidité, vieillesse,
survie, décès, chômage et il sert des prestations familiales.
L'assurance accident du travail-maladies professionnelles est obligatoire pour tous. Les entreprises
doivent souscrire une police d'assurances pour le compte de leurs employés auprès d'une Société
d'Assurance et de Réassurances (Fédération Marocaines des sociétés d'assurances et de réassurance).

Les organismes de gestion du régime des travailleurs salariés sont différents selon le secteur
professionnel :

la Caisse Nationale des Organismes de prévoyance sociale (CNOPS) gère l'assurance maladie du régime
public et des étudiants, la couverture retraite est gérée par les caisses citées au point B),

la Caisse Nationale de Sécurité sociale (CNSS) gère l'ensemble des risques du régime privé.

L'Agence Nationale de l'Assurance Maladie (ANAM) a pour mission l'encadrement technique de


l'Assurance Maladie Obligatoire (AMO) dont la gestion a été confiée aux caisses citées ci-dessus.

B) Organisation

La couverture retraite des différents régimes de base est assurée par les caisses suivantes :

pour les travailleurs salariés du secteur privé : la Caisse Nationale de Sécurité sociale (CNSS),
établissement public placé sous la tutelle du ministère du Travail et de l'Insertion Professionnelle qui
dispose de directions régionales et d'agences qui gèrent le régime et versent l'ensemble des prestations.
Elle a par ailleurs mis en place un réseau d'établissements sanitaires sous forme de polycliniques ;

pour le secteur public et parapublic (régime des pensions civiles et pensions militaires) : la Caisse
Marocaine des Retraites (CMR), établissement public placé sous la tutelle du ministère de l'Economie et
des Finances ;

pour les salariés du secteur semi-public (personnel non titulaire de l'Etat et des collectivités locales,
personnel contractuel) : le Régime Collectif d'Allocation de Retraite (RCAR) qui est une institution de
prévoyance sociale gérée par la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) ;

pour les salariés de la Bank Al Maghrib et de l'Office National d'Electricité et de l'Eau Potable (ONEP) :
l'Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale (ACAPS).

L'Agence Nationale de l'Assurance Maladie (ANAM), est un établissement public doté de la personnalité
morale et de l'autonomie financière. Elle veille au bon fonctionnement du dispositif de la couverture
médicale de base (CMB) de l'Assurance Maladie Obligatoire (AMO) ainsi que de la gestion du Régime
d'Assistance Médicale (RAMED).
La Caisse Nationale des Organismes de prévoyance sociale (CNOPS) est une union de 8 sociétés
mutualistes du secteur public du Maroc :

la Mutuelle de Police créée en 1919,

la Mutuelle de Douanes et Impôts indirects (MDII), créée en 1928,

les Œuvres de Mutualité des Fonctionnaires et Agents assimilés du Maroc (OMFAM), créées en 1928,

la Mutuelle des Postes et Télécommunications MGPT), créée en 1946,

la Mutuelle Générale du Personnel des Administrations Publiques du Maroc (MGPAP), créée en 1946,

la Mutuelle Générale de l'éducation nationale du Maroc (MGEN), créée en 1963,

la Mutuelle des Forces auxiliaires (MFA), créée en 1963,

la Mutuelle du Personnel de l'Office d'Exploitation des Ports (MODEP) en 1995.

Depuis la rentrée scolaire 2015, elle est en charge des dossiers médicaux des étudiants.

Il existe par ailleurs, 3 régimes de retraite complémentaire et facultative :

pour les travailleurs salariés du secteur privé : la Caisse Interprofessionnelle Marocaine de Retraite
(CIMR),

pour les salariés du secteur semi-public : le Régime Complémentaire du RCAR (RCAR-RC),

pour le secteur public et parapublic : le régime Attakmili géré par la CMR.

C) Affiliation

Les employeurs sont tenus :

de s'affilier à la Caisse Nationale de Sécurité sociale (CNSS) au plus tard 30 jours après l'embauche du
premier salarié,

de déclarer régulièrement à la CNSS le montant mensuel des salaires versés et le nombre de jours
travaillés par leurs salariés.
Une carte d'immatriculation est délivrée à chaque salarié.

Le régime des travailleurs salariés couvre, les salariés et apprentis de l'industrie, du commerce, de
l'artisanat, des professions libérales, des coopératives agricoles, de la sylviculture, les personnes
employées par les propriétaires d'immeubles et les marins pêcheurs.

Depuis son entrée en vigueur le 1er mars 2006, la CNSS gère l'assurance maladie obligatoire (AMO) :

des salariés du secteur privé assujettis au régime marocain de sécurité sociale qui ne disposaient pas
d'une couverture d'assurance maladie facultative au moment de l'instauration de l'AMO,

des titulaires d'une pension d'un montant minimum (500 MAD1 par mois).

1Au 16 novembre 2018, 1 dirham marocain (MAD) vaut 0,092 euro

Les personnes qui disposent d'un revenu annuel égal ou inférieur à 5 650 MAD par personne composant
le ménage sont couvertes par le régime d'assistance médicale (RAMED), sous condition de résidence.

L'affiliation à l'AMO est obligatoire mais les entreprises qui disposaient d'une couverture médicale de
groupe avant l'instauration de l'AMO, sont exonérées partiellement du paiement de la cotisation. Elles
ne paient que le taux correspondant à la solidarité. Toutefois, une entreprise ne peut pas couvrir une
partie de son personnel dans le cadre de l'assurance facultative et une autre partie dans le cadre de
l'AMO. L'ensemble du personnel doit être couvert par le même dispositif.

Une couverture AMO étudiante pour les moins de 30 ans existe depuis la rentrée universitaire
2015/2016. Elle couvre les étudiants marocains et étrangers de l'enseignement supérieur et en
formation professionnelle, titulaires du baccalauréat ou d'un diplôme équivalent.

Les étudiants de l'enseignement supérieur public et privé qui ne bénéficient pas de l'AMO comme ayant
droit doivent s'inscrire auprès du ministère de l'Enseignement Supérieur de la Recherche Scientifique et
de la Formation des cadres.
Les étudiants en formation professionnelle doivent s'inscrire :

à l'Agence Nationale de l'Assurance Maladie (ANAM) pour les établissements relevant des départements
ministériels et établissements privés ;

sur le site de l'Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT) pour les
établissements qui en relèvent.

D) Financement

Le financement du régime est assuré par une contribution patronale et salariale assise sur les salaires.

Au titre de l'assurance maladie obligatoire (AMO), une cotisation de 2,26 % sur l'ensemble des salaires
est à la charge des employeurs, y compris ceux qui assurent une couverture médicale à titre facultatif à
leurs employés. La charge de cette cotisation patronale est compensée par une diminution d'un point de
la cotisation sur les allocations familiales.

La cotisation maladie des retraités bénéficiaires d'une pension d'un montant égal ou supérieur à 500
MAD par mois est fixée à 4 % de l'ensemble des pensions de base ; elle est précomptée directement par
l'organisme débiteur de la pension.

Travailleurs salariés

Taux de cotisations au 1er janvier 2018

Risques Part patronale Part salariale Plafond Total

Maladie-maternité (prestations en espèces), décès 0,67 % 0,33 % 6 000 MAD 1%

Pension7,93 % 3,96 % 6 000 MAD 11,89 %

Prestations familiales 6,40 % - pas de plafond 6,40 %

Solidarité AMO obligatoire 1,85 % pas de plafond 1,85 %

AMO de base2 2,26 % 2,26 % pas de plafond 4,52 %

Indemnité pour perte d'emploi 0,38 % 0,19 % 6 000 MAD 0,57 %

Taxe de formation professionnelle 1,6 % - pas de plafond 1,6 %


Total 21,09 %6,74 % 27,83 %

2 Les entreprises qui disposent d'une couverture médicale groupe avant l'instauration de l'AMO, sont
exonérées du paiement de cette cotisation. Elles ne paient que le taux correspondant à la solidarité (1,85
%).

À côté du recouvrement des cotisations de sécurité sociale, la CNSS est également chargée du
recouvrement de la taxe de formation professionnelle et de son versement à l'Office de la formation
professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT).

Depuis le 1er juillet 2015, le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) brut est de :

13,46 MAD dans les secteurs de l'industrie, du commerce et des professions libérales soit 2 570 MAD
pour 191 heures par mois,

69,73 MAD par jour dans le secteur de l'agriculture.

La durée légale de travail hebdomadaire est de 44 heures pour les activités non agricoles.

Afin de faciliter les démarches des entreprises, la CNSS a mis en place un portail internet gratuit
(DAMANCOM) permettant la télédéclaration (via des échanges de formulaires ou de données) et le
paiement des cotisations sociales.

Travailleurs non-salariés

Le programme d'appui à la réforme de la couverture médicale (PARCOUM) démarré en 2005, vise dans
son troisième volet, à la mise en place d'un régime spécifique aux travailleurs indépendants.

La loi 03-07 en vigueur depuis 2010, a prévu un régime d'assurance maladie spécifique pour les
travailleurs indépendants, les personnes exerçant une profession libérale, les gérants n'ayant pas la
qualité de salarié et les aides artisans. Selon cette loi, ils sont tenus d'adhérer pour eux-mêmes, leurs
conjoints et leurs ascendants au premier degré, à une assurance maladie de base, soit auprès
d'entreprises d'assurances, soit auprès de sociétés mutualistes.
Des projets de lois ont été adoptés et sont en attente des décrets d'application, pour entrer en vigueur :

la loi n° 84-11 instituant l'extension de la couverture sociale aux professionnels non-salariés des
transports routiers,

la loi 98-15 relative à l'Assurance Maladie Obligatoire pour les catégories des professionnels travailleurs
indépendants et personnes non salariés exerçant une activité libérale (couverture médicale des actifs
non salariés - AMI) adoptée courant juin 2017 à l'unanimité par la chambre des représentants,

la loi n° 99-15 visant l'élaboration d'un régime de retraite au profit des catégories des travailleurs
indépendants et des non salariés exerçant une activité professionnelle libre.

Assurés volontaires

Tout assuré a le droit de souscrire une assurance volontaire, à condition :

d'avoir été assujetti au régime obligatoire pendant au moins 1 080 jours continus ou discontinus (3 ans
1/2 en cas d'emploi régulier à temps plein) ;

de ne plus exercer d'activité salariée ;

de déposer une demande de souscription à l'assurance volontaire dans un délai maximum de 12 mois à
compter de la date de cessation de l'assujettissement obligatoire.

Taux de cotisations au 1er janvier 2018

Risques Taux Plafond

Pension de retraite 12,89 %6 000 MAD

Couverture maladie (AMO base + obligatoire) 4,52 % Salaire de référence1

1 Le salaire de référence pris en considération pour le calcul des cotisations correspond au salaire moyen
des 6 derniers mois déclarés à la CNSS au moment de l'assujettissement de l'assuré au régime de
sécurité sociale. Ce salaire ne peut en aucun cas être inférieur au SMIG.

Etudiants

Les frais sont entièrement pris en charge par l'Etat pour les étudiants du secteur public et des
universités.
Les étudiants du secteur privé et des filières payantes de l'enseignement supérieur public doivent
s'acquitter d'une cotisation de 400 MAD par an perçue avec les droits d'inscription.

II. Prestations

A. Maladie - Maternité

1/ Maladie - Prestations en nature

a/ L'Assurance Maladie Obligatoire (AMO)

Conditions

Les salariés du privé sont soumis obligatoirement à l'assurance maladie obligatoire sauf les salariés dont
les employeurs assuraient, au moment de l'instauration de l'AMO, une couverture médicale facultative
par le biais d'une compagnie d'assurances, d'une mutuelle ou d'une caisse interne.

Pour pouvoir bénéficier de l'exonération des cotisations AMO de base, l'entreprise doit retourner tous
les ans, une attestation de bénéfice d'une couverture médicale dûment cachetée par l'organisme
assureur.

L'ouverture du droit aux prestations d'AMO de base pour les travailleurs salariés, est subordonnée :

à la réalisation d'une période de cotisation de 54 jours ouvrables successifs ou non pendant les 6 mois
précédant les soins,

au paiement effectif des cotisations par l'employeur,

à l'identification des membres de la famille de l'assuré ou du pensionné auprès de la CNSS,

à la déclaration des maladies longues et coûteuses à la CNSS.

Sont considérés comme ayants droit :

le conjoint de l'assuré seulement s'il ne bénéficie d'aucun autre régime,

les enfants :

- à charge de l'assuré âgés de 21 ans au maximum,


- les enfants âgés de 26 ans au maximum s'ils poursuivent des études supérieures,

- les enfants, sans limite d'âge, atteints d'un handicap physique ou mental et dans l'impossibilité totale,
permanente et définitive d'exercer une activité rémunérée.

Lorsque les parents sont l'un et l'autre assurés, les enfants sont déclarés à l'organisme assureur du père.

Maintien de droits

En cas de cessation d'activité, l'assuré bénéficie, à compter de la date à laquelle les conditions pour
relever d'un régime d'assurance maladie de base ne sont plus remplies, du maintien de droit aux
prestations pendant une période maximum de 6 mois.

En cas de dissolution du mariage, l'ex conjoint d'un assuré qui ne bénéficie pas d'un régime d'assurance
maladie à titre personnel, continue de bénéficier des prestations de l'AMO pendant un an.

Les ayants droit de l'assuré décédé qui ne bénéficient d'aucun autre régime d'assurance maladie ont
leurs droits maintenus aux prestations de l'AMO pendant une période de 2 ans.

En cas d'arrêt des études pendant une période dépassant 6 mois sans justificatif valable, la couverture
AMO de l'étudiant n'est plus effective.

Couverture

Le panier de soins de l'AMO du secteur privé contient :

le suivi de la maternité et les actes médicaux et chirurgicaux en découlant,

les prestations liées à l'enfant de moins de 12 ans,

les prestations médicales requises et le suivi des affections longues et coûteuses (ALC) et des affections
de longue durée (ALD),

l'ensemble des soins et prestations dans le cadre d'une hospitalisation,

depuis 2015, les soins ambulatoires pour l'ensemble des bénéficiaires.


Les soins ambulatoires comprennent :

les soins préventifs et curatifs liés au programme prioritaire de l'Etat ;

les actes de médecine générale et de spécialités médicales et chirurgicales ;

les analyses de biologie médicale ;

la radiologie et l'imagerie médicale ;

les explorations fonctionnelles ;

les médicaments admis au remboursement ;

les actes de rééducation fonctionnelle et de kinésithérapie ;

les actes paramédicaux ;

les dispositifs médicaux et implants nécessaires aux actes médicaux et chirurgicaux admis au
remboursement ;

les appareils de prothèse et d'orthèse médicales admis au remboursement ;

les soins dentaires, prothèses dentaires et l'orthodonthie pour les enfants de moins 16 ans sur accord
préalable de la CNSS ;

la lunetterie médicale.

Les consultations médicales délivrées par des généralistes (tarif national de référence : 80 MAD) ou des
spécialistes (150 MAD), les analyses biologiques, les actes de radiologie, la rééducation, les actes
paramédicaux, la lunetterie ainsi que les médicaments admis au remboursement sont couverts à 70 % de
la tarification nationale de référence.

Le remboursement des prothèses dentaires est effectué dans la limite d'un plafond fixé à 3 000 MAD
tous les 2 ans.

L'hospitalisation et les soins ambulatoires liés à cette hospitalisation sont couverts à hauteur de 70 à 90
% du tarif national de référence, selon qu'ils sont prodigués par le secteur privé ou par les hôpitaux
publics.
Les prestations de soins concernant des maladies graves ou invalidantes dispensées dans des services
publics de santé sont prises en charge à 90 % du tarif de référence. En cas de maladie grave ou
invalidante nécessitant des soins de longue durée ou des soins très onéreux, la part restant à la charge
de l'assuré fait l'objet d'une exonération partielle ou totale.

Une liste répertoriant 41 Affections de Longue Durée (ALD) et représentant 140 maladies est publiée
dans l'arrêté n° 2518-05 du Ministère de la Santé.

Le bénéficiaire de l'AMO a la liberté de choisir librement son praticien, son établissement de santé et son
pharmacien.

Les étudiants couverts par l'AMO étudiante (mise en place à la rentrée universitaire 2015), bénéficient
du même panier de soins que les salariés de la fonction publique : soins médicaux, actes chirurgicaux,
analyses médicales, radiologie, soins dentaires, rééducation, services para médicaux, lunettes de vue. La
prise en charge s'élève à 80 % du tarif national de référence. Les hospitalisations sont couvertes à 100 %
en hôpitaux publics et à 90 % dans les cliniques privées. Les médicaments sont remboursés à hauteur de
70 % du tarif national de référence.

b) Régime d'assistance médicale (RAMED)

Fondé sur les principes de l'assistance sociale et de la solidarité nationale des populations les plus
démunies, le RAMED concerne les personnes qui :

résident au Maroc,

ne sont pas assujetties à l'AMO ou à une autre couverture médicale en qualité d'assurés ou d'ayants
droit,

ont un revenu annuel inférieur ou égal à 5 650 MAD par personne composant le ménage en milieu
urbain. Des variables liées aux conditions de vie, aux revenus déclarés et aux éléments du patrimoine
précisent l'éligibilité des ménages en milieu rural (articles 3 et 4 définis par l'arrêté conjoint des autorités
gouvernementales chargées de l'intérieur, des finances, de la santé et de l'agriculture n° 836-08 du 28
ramadan 1429 - 29 septembre 2008).

Les soins de santé relevant du RAMED sont identiques au panier de soins de l'AMO mais ne peuvent être
dispensés que dans les hôpitaux publics, établissements publics de santé et services sanitaires relevant
de l'Etat.
La participation financière des collectivités locales est fixée à 40 MAD par an et par bénéficiaire en
situation de pauvreté.

La contribution partielle annuelle des personnes en situation de vulnérabilité (revenu pondéré inférieur
ou égal à 5 650 MAD) se limite à 120 MAD par personne et dans la limite d'un plafond de 600 MAD par
ménage quel que soit le nombre de personnes le composant. Les personnes en situation d'extrême
pauvreté, dont le revenu annuel est inférieur ou égal à 3 767 MAD, bénéficient gratuitement du RAMED.

2/ Maladie - Prestations en espèces

a) Indemnités journalières

Pour prétendre aux indemnités journalières lors d'un premier arrêt de travail, l'assuré salarié doit
justifier de 54 jours de cotisations au cours des 6 mois civils précédant l'incapacité de travail.

Les prestations sont servies à partir du 4e jour d'arrêt de travail en cas de maladie ou d'accident (autres
que les maladies professionnelles et les accidents du travail) pour une période de 52 semaines maximum
au cours des 24 mois consécutifs qui suivent le début de l'incapacité.

En cas d'accident du travail, aucune de ces conditions n'est requise.

A la suite du premier arrêt de travail, l'assuré ne peut prétendre à de nouvelles indemnités journalières
qu'après une période minimum de 6 jours de cotisations.

Les indemnités journalières correspondent aux 2/3 du salaire journalier moyen sur lequel les cotisations
ont été versées durant les 6 mois qui précèdent le début de l'incapacité de travail. Elles ne peuvent être
inférieures au salaire minimum légal (13,46 MAD/heure).

3) Maternité

a) Prestation en nature
Le panier de l'AMO (ou RAMED) prévoit que la femme enceinte ouvre droit pendant toute sa grossesse à
l'ensemble des prestations en nature requises par son état (visites médicales, radio, analyses, etc…)
avant et après l'accouchement.

b) Prestation en espèces

L'assurée qui justifie de 54 jours de cotisations pendant les 10 mois civils d'immatriculation précédant la
date de l'arrêt de travail pour congé prénatal bénéficie d'indemnités journalières pendant 14 semaines
(98 jours), dont 7 semaines minimum après la date de l'accouchement.

Les indemnités journalières sont égales à 100 % du salaire brut moyen plafonné à 6 000 MAD par mois.
Le montant minimum de ces indemnités ne peut, en aucun cas, être inférieur au SMIG (2 570 MAD pour
191 heures par mois).

4) Remboursement des congés de naissance

Lorsqu'une naissance survient dans un foyer, le père a droit à un congé de naissance de 3 jours,
remboursé (692,30 MAD maximum) directement par la CNSS à l'employeur.

B) Allocations familiales

Peuvent prétendre aux allocations familiales :

les travailleurs salariés domiciliés au Maroc,

les titulaires de pensions (vieillesse et d'invalidité) ayant des enfants nés au plus tard le 300e jour après
la date de prise d'effet de la pension.

En cas de décès du travailleur cotisant ou du pensionné, le droit aux allocations familiales est maintenu
aux enfants bénéficiaires.

Pour en bénéficier, le travailleur doit justifier :

de 108 jours de cotisations pendant 6 mois civils d'immatriculation,


de la perception d'un salaire minimum mensuel supérieur ou égal à 60 % du SMIG (ou SMAG pour le
secteur agricole).

L'âge limite des enfants bénéficiaires est en principe de 12 ans ; toutefois, le service des allocations
familiales est poursuivi :

jusqu'à 18 ans pour les enfants placés en apprentissage,

21 ans pour les titulaires du baccalauréat qui poursuivent leurs études au Maroc ou à l'étranger,

sans limite d'âge pour les enfants qui, par suite d'infirmité ou de maladie incurable, sont dans
l'impossibilité permanente d'exercer une activité lucrative.

Le montant mensuel des allocations familiales est égal, pour chaque enfant à charge et dans la limite de
6 maximum, à :

200 MAD du 1er au 3e enfant,

36 MAD du 4e au 6e enfant.

C) Accidents du travail et maladies professionnelles

La souscription à une assurance accident du travail - maladies professionnelles est obligatoire. Les
entreprises doivent souscrire une police d'assurances pour le compte de leurs employés auprès d'une
Société d'Assurance et de Réassurances. Le service des accidents du travail du ministère du Travail et de
l'Insertion professionnelle assure la surveillance générale de ce régime.

L'assurance couvre :

les accidents de travail,

les accidents survenus pendant les trajets,

les maladies professionnelles provoquées par les conditions de travail et contractées à l'occasion du
travail. Elles font l'objet d'une liste fixée et mise à jour par arrêté ministériel.

L'employeur est tenu de déclarer l'accident de travail de son salarié dans les 5 jours maximum à son
assureur.
Le salarié bénéficie d'une couverture dès son 1er jour de travail sans condition de stage.

Les prestations garanties sont :

les prestations en nature (frais médicaux, pharmaceutiques et d'hospitalisation),

les frais de transport, les frais funéraires en cas de décès, les frais d'appareillages et de prothèses,

l'assistance d'une tierce personne pour les besoins de la vie courante,

les prestations en espèces :

- indemnités journalières pour incapacité temporaire de travail,

- rente ou capital alloué à la victime en cas d'incapacité physique permanente,

- rentes versées aux ayants-droit de la victime.

1) Incapacité temporaire de travail (ITT)

La date de départ de l'ITT est fixée au jour qui suit l'accident du travail (le jour de l'accident étant à la
charge de l'employeur) ou le jour de la consultation médicale jusqu'à la veille de la date de reprise du
travail, le décès de la victime ou la date de constatation de l'incapacité permanente.

Les indemnités journalières sont calculées comme suit :

[nombre de jours (ouvrables et non ouvrables) x salaire journalier] x 2/3.

2) Incapacité permanente (IPP)

Le taux d'incapacité physique permanente (IPP) est déterminé lors d'une expertise médicale amiable ou
judiciaire, en fonction du taux de réduction de la capacité de travail selon un barème officiel avec un
maximum de 100 %.

Le montant de la rente d'IPP est fonction du taux d'incapacité de travail, soit :


pour une IPP > à 50 %, l'indemnité est de 45 % + la partie qui excède 50 % ;

pour une IPP se situant entre 30 et 50 %, l'indemnité est de 15 % + la partie qui excède 30 % augmentée
de moitié ;

pour une IPP < à 30 %, l'indemnité est de la moitié du taux d'IPP ;

pour une IPP < à 10 %, l'indemnité donne lieu au paiement d'un capital de rachat.

Si l'état de l'assuré requiert l'assistance d'une tierce personne, l'indemnité est majorée d'une somme
égale à 10 % de la rente.

L'indemnité permanente est payée trimestriellement.

3) Frais funéraires

L'employeur paie la totalité des frais d'obsèques.

D) Décès

1) Pension de survivants

Suite au décès d'un assuré après un accident de travail ou une maladie professionnelle, certains
membres de la famille ont droit, sous conditions, à une pension de survivant :

les enfants âgés de moins de 16 ans ou 26 ans s'ils sont scolarisés ou sans limite d'âge si atteints d'un
handicap physique ou mental,

le conjoint non divorcé si le mariage a été contracté avant l'accident du travail,

les ascendants qui au moment du décès étaient à la charge de la victime.

La pension est calculée en pourcentage de la rémunération assurable moyenne du défunt qui varie selon
le statut du survivant :

30 % au conjoint de moins de 60 ans, 50 % au conjoint de 60 ans ou plus,

15 % pour chacun des orphelins,


10 % pour chaque ascendant à charge.

S'il n'y a pas de veuve ou d'enfant survivant, des prestations en espèces peuvent être versées aux
parents, grands-parents...

Toutes les prestations de survivants confondues ne doivent pas dépasser 85 % de la rémunération


assurable moyenne du défunt.

2) Allocation au décès

Cette allocation est servie aux membres de la famille d'un assuré décédé qui étaient à sa charge au
moment du décès, par ordre de priorité:

le conjoint,

les enfants,

les ascendants,

les frères et soeurs,

à défaut, la personne qui a supporté les frais funéraires.

L'assuré décédé devait satisfaire à une des conditions suivantes :

avoir cotisé durant 54 jours au cours des 6 mois précédant le décès,

bénéficier au moment du décès, d'indemnités journalières de maladie ou d'accident,

être titulaire d'un pension de vieillesse ou d'invalidité.

L'allocation est versée en une seule fois et son montant est de :

10 000 à 12 000 MAD en général,

9 250 MAD en cas d'accident de travail,

5 000 à 6 000 MAD si le bénéficiaire n'est pas un membre de la famille.

E) Invalidité
La pension d'invalidité est accordée à l'assuré âgé de moins de 60 ans (ou 55 ans pour les travailleurs des
mines justifiant de 5 années de fond) :

qui présente une invalidité présumée permanente non couverte par la législation sur les accidents du
travail et les maladies professionnelles,

qui justifie d'au moins 1 080 jours d'assurance dont 108 pendant les 12 mois civils qui précèdent le
début de l'incapacité de travail suivie d'invalidité,

qui est totalement incapable d'exercer une activité lucrative.

Si l'invalidité est due à un accident non professionnel, le droit à pension est reconnu sans condition de
stage pourvu que la victime ait été assurée à la date de l'accident.

L'invalidité doit être dûment constatée par le médecin désigné ou agréé par la CNSS.

Le montant de la pension d'invalidité est fonction du nombre de jours d'assurance accomplis par le
travailleur et de son salaire mensuel moyen de référence (dans le cas de l'invalidité, il est défini comme
étant la 12e ou la 60e partie du total des salaires soumis à cotisation et perçus pendant les 12 ou les 60
mois déclarés qui précèdent le dernier mois civil d'assurance avant le début de l'incapacité de travail
suivie d'invalidité) :

entre 1 080 et 3 240 jours d'assurance, il est égal à 50 % du salaire mensuel moyen soumis à cotisation
de l'assuré plafonné à 6 000 MAD ;

au-delà de 3 240 jours d'assurance, le taux de la pension est majoré de 1 % pour chaque période
d'assurance de 216 jours d'assurance, sans toutefois dépasser 70 % du salaire mensuel moyen de
référence plafonné à 6 000 MAD.

Par le jeu de cette augmentation, le travailleur qui justifie de 7 560 jours d'assurance (soit 35 ans pour un
salarié qui travaille 18 jours en moyenne par mois) aura droit à une pension égale à 70 % du salaire de
référence plafonné, soit 4 200 MAD.

Si l'état de l'assuré requiert l'assistance d'une tierce personne, la pension est majorée d'une somme
égale à 10 % du salaire de référence.
La pension d'invalidité ne peut dépasser 70 % du salaire de référence plafonné, soit 4 200 MAD et ne
peut être inférieure à 1 000 MAD par mois.

La pension d'invalidité est remplacée par une pension de vieillesse de même montant lorsque le
bénéficiaire atteint l'âge ouvrant droit à ladite pension.

F) Vieillesse

1) Régime de base

Pour bénéficier d'une pension de retraite, l'assuré doit :

être âgé d'au moins 60 ans,

cesser toute activité salariée,

justifier d'au moins 3 240 jours d'assurance.

Les travailleurs des mines justifiant de 5 années de travail de fond bénéficient de la pension à 55 ans.

Pour l'assuré comptant au moins 3 240 jours d'assurance, le montant mensuel de la pension est égal à 50
% du salaire moyen mensuel de l'assuré plafonné à 6 000 MAD.

Le taux de la pension est majoré de 1 % pour chaque période d'assurance de 216 jours accomplie en sus
des 3 240 jours, sans toutefois dépasser 70 % du salaire mensuel de référence (4 200 MAD).

La pension de vieillesse ne peut dépasser 70 % du salaire de référence plafonné (6 000 MAD), soit 4 200
MAD et ne peut être inférieure à 1 000 MAD par mois.

La pension prend effet à partir du premier mois civil qui suit la date de cessation de travail à condition
que la demande soit déposée dans les 6 mois qui suivent la cessation d'activité.

Selon le mode de versement choisi, la pension de vieillesse est versée avec une périodicité différente :
par virement bancaire (paiement mensuel) ;

par mise à disposition (paiement trimestriel) ;

par carte bancaire (paiement mensuel).

2) Retraite anticipée

A partir de 55 ans et jusqu'à 59 ans, l'assuré a la possibilité de demander une retraite anticipée
moyennant le versement d'une prime par l'employeur à la CNSS. Le montant de cette prime varie en
fonction de l'âge de l'assuré.

Pour en bénéficier, il faut :

l'accord de l'employeur,

justifier d'au moins 3 240 jours de cotisations,

avoir cotisé 54 jours de façon continue ou discontinue pendant les 6 mois précédant la demande.

3) Remboursement des cotisations salariales

Peut bénéficier du remboursement des cotisations salariales de la branche pensions, l'assuré qui :

a atteint l'âge de la retraite (à partir de janvier 2000),

n'a pas cumulé 3 240 jours de cotisations,

n'ouvre pas de droits à pension de vieillesse ou d'invalidité,

a cessé toute activité rémunérée.

Peuvent également bénéficier de cette prestation les ayants droit de l'assuré décédé se trouvant dans la
même situation.

Le montant de cette prestation est égal à la somme des cotisations salariales actualisées, dues au titre de
la branche pension.
En cas de décès, la somme des cotisations salariales est versée aux ayants droit dans les conditions
suivantes :

50 % du montant du remboursement auquel l'assuré décédé aurait pu prétendre à la date de son décès
pour le conjoint à charge ;

25 % pour l'enfant à charge, ouvrant droit aux allocations familiales, orphelin de père ou de mère ;

50 % pour l'enfant à charge, ouvrant droit aux allocations familiales, orphelin de père et de mère.

4) Retraite complémentaire

Le régime de retraite complémentaire n'a pas de caractère obligatoire.

L'adhésion à la Caisse Interprofessionnelle Marocaine des Retraites (CIMR), qui a le statut de société
Mutuelle de Retraite, est facultative et concerne :

tout employeur ayant décidé d'en faire bénéficier son personnel à condition qu'il s'agisse de l'ensemble
du personnel ou, au moins, l'ensemble d'une catégorie déterminée,

toute personne physique souhaitant y adhérer à titre individuel, qu'il s'agisse de travailleurs
indépendants, de salariés du secteur privé ou public (dans ce cas, la cotisation est supportée en totalité
par le salarié), ou encore de personnes exerçant une profession libérale.

Les taux de cotisation de la CIMR varient entre 6,90 % et 27,60 % de la masse salariale et sont répartis à
parts égales entre salariés et employeur (avec une surprime au niveau patronal).

La pension de retraite complémentaire est versée à partir de 60 ans mais l'assuré a la possibilité d'en
bénéficier à partir de 50 ans. Un abattement est alors appliqué.

En cas de décès de l'assuré en activité ou retraité, une pension de survivants est versée aux ayants droit
(conjoint et enfants mineurs orphelins de père et de mère).

G) Pension de survivants
La pension de survivants est accordée aux ayants droit d'un assuré pensionné ou qui remplissait, à la
date de son décès, les conditions requises pour bénéficier d'une pension ou justifiait d'au moins 3 240
jours de cotisation à la date du décès.

Ont qualité d'ayants droit :

le conjoint à charge,

les enfants à charge ouvrant droit aux allocations familiales.

En cas de remariage, le droit à pension est supprimé.

Le montant versé pour chaque ayant droit est un pourcentage de la pension due à l'assuré décédé :

50 % pour le conjoint,

25 % à l'orphelin de père ou de mère, 50 % à l'orphelin de père et de mère.

Le montant total des pensions de survivants ne peut excéder le montant total de la pension du défunt.

Si la demande de pension est déposée dans un délai de 12 mois qui suit la date du décès, elle prend effet
à partir de la date du décès. Si elle est introduite après l'expiration du délai, elle prend effet du 1er jour
du mois suivant la réception de la demande et ce pendant 5 ans.

H. Chômage (Indemnité pour Perte d'Emploi)

L'assuré salarié qui perd involontairement son emploi peut bénéficier durant 6 mois, d'une indemnité
pour perte d'emploi, selon les conditions suivantes :

avoir été salarié du secteur privé,

être en recherche active d'emploi,

avoir cumulé 780 jours de cotisations salariales pendant les 36 derniers mois précédant la date de perte
d'emploi dont 260 jours durant les 12 mois précédant la perte d'emploi.
Le montant mensuel de l'indemnité est égal à 70 % du salaire de référence* sans excéder le montant
mensuel du salaire minimum légal (13,46 MAD/heure).

* Le salaire de référence est le salaire mensuel moyen des 36 derniers mois.

L'assuré remplissant les conditions précitées doit déposer une demande à la CNSS, dans un délai ne
dépassant pas 60 jours à compter de la date de perte d'emploi.

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