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Universite Sidi Mohamed ‫جامعـة سيـدي محمـد بـن عبـد هللا‬

Ben Abdellah ‫الكليـة متعـددة التخصصـات‬


Faculté ‫تازة‬
Polydisciplinaire

Taza

Département de droit et d’économie

Filière sciences économiques et de gestion

Mémoire pour l’obtention de licence en sciences économiques et de gestion

Sous le thème :

Préparé par : Co-encadré par :

Mlle. ZMARROU Oumayma Pr. ZAMITA Nabil

CNE : 1129823066 Pr. BOUARFA Jaouad

Année universitaire: 2018/2019


L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Sommaire :
Chapitre I : Le cadre conceptuel de l’audit interne ------------------------------ 7
Introduction du chapitre I : ---------------------------------------------------------------------------- 7

Section I : Approche théorique et historique de l’audit interne. --------------------------------- 8

Section II : Méthodologies et outils de l’audit interne-------------------------------------------- 23

Conclusion du chapitre I : ----------------------------------------------------------- 42

Chapitre II : les contraintes de l’audit interne dans les entreprises


marocaines. ----------------------------------------------------------------------------- 43
Introduction du chapitre II : -------------------------------------------------------------------------- 43

Section I : Les préalables à la mise en place de la fonction d’audit interne ------------------- 43

Section II : les contraintes de création de la fonction d’audit interne -------------------------- 52

Conclusion du chapitre II : ---------------------------------------------------------- 56

Chapitre III : les perspectives de l’audit interne dans les entreprises


marocaines. ----------------------------------------------------------------------------- 57
Introduction du chapitre III : ------------------------------------------------------------------------ 57

Section I : Les perspectives financières de l’audit interne --------------------------------------- 58

Section II : les perspectives opérationnelles de l’audit interne : -------------------------------- 62

Section III : Les perspectives stratégiques de l’audit interne : ---------------------------------- 66

Conclusion chapitre III : ---------------------------------------------------------------------------- 69

Conclusion générale ---------------------------------------------------------------------------------- 70

Bibliographie ------------------------------------------------------------------------------------------- 72

Webograpgie-------------------------------------------------------------------------------------------72

Listes des abréviations--------------------------------------------------------------------------------73

Listes des tableaux et figures ------------------------------------------------------------------------- 74

Table des matières ------------------------------------------------------------------------------------- 75

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L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

DEDICACES :

Je dédie cet humble travail avec grand


amour, sincérité et fierté :

A mes chers parents, sources de tendresse, de noblesse et


d'affectation

A mes chers professeurs en témoignage de la fraternité, avec


mes souhaits de bonheur de sante et de succès.

Et a tous les membres de ma famille.

A tous mes amis, le staff administratif et pédagogique


de la FP-Taza.

Et a tous qui compulsent ce modeste travail.

3
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

REMERCIEMENTS

En préambule à ce mémoire, il m’est agréable de m’acquitter d'une dette de


reconnaissance auprès de toutes les personnes dont l'intervention au cours de ce
projet a favorisé son aboutissement.

Avant tout, on remercie DIEU le Tout-puissant de m’avoir donné le courage, la


volonté, la patience et la santé durant toutes ces années d'études et que grâce à
lui ce travail a pu être réalisé.

Je tiens à exprimer mes vifs remerciements pour mes grands et respectueux


professeurs encadrant, Messieurs Zamita Nabil et Bouarfa Jaouad, d’avoir
accepté de m’encadrer pour mon projet de fin d’études, ainsi que pour leurs
soutiens, leurs remarques pertinentes et leurs encouragements.

Mes remerciements vont aussi à mes parents qui m’ont soutenu jusqu’au bout,
et m’ont encouragé durant toute la période de mes études.

Enfin, je tiens aussi à remercier tous mes professeurs, enseignants et toutes les
personnes qui m’ont soutenu, et qui n’ont pas cessé de me donner des conseils
très importants en signe de reconnaissance.

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L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

INTRODUCTION GENERALE
L’étude de l’audit interne répond à des attentes réelles de l’entreprise marocaine. A
l’heure de la mondialisation, des privatisations, des mises à niveau et des restructurations des
entreprises et des groupes, de l’assainissement du secteur public, l’utilité de l’audit est de plus
en plus évidente.
La réussite, voire la survie de l’entreprise marocaine dépend de son aptitude à intégrer
la rapidité et la complexité de ces mutations ; par la qualité d’anticipation et le degré de
réactivité de ses managers, aussi bien que par les capacités d’apprentissage de son personnel
et la réadaptation de son organisation.
Un outil d’aide à la gestion pour améliorer le potentiel compétitif de l’entreprise et
accroître sa réactivité dans un contexte qui impose d’améliorer sans cesse son
fonctionnement, l’audit interne s’avère un outil indispensable et adapté.
L’audit est l’aboutissement d’une démarche comportant une série d’actes,
d’observations, de lecture, d’analyse, d’évaluation, d’étude, de contrôle, d’entretien, de
communication, de synthèse…les actes exigent de l’auditeur un professionnalisme particulier.
L’audit interne se déroule dans l’entreprise qui est un milieu, comme on le sait porteur
de routines confortables et de problèmes ardus, de liens affectifs et de tensions conflictuelles.
La réussite de l’auditeur dépendra donc de son professionnalisme au sens large du
terme y compris de ses aptitudes relationnelles dont le poids est loin d’être négligeable.
Toutes ces considérations démontent l’importance déterminante que les entreprises devraient
désormais accorder à cet outil puissant qu’est l’Audit, outil d’organisation et de maîtrise des
risques d’origine interne ou externe.
Le but essentiel de l’audit est de s’assurer de la maîtrise de la gestion des entreprises
et de proposer des actions de progrès pour les rendre plus performantes et, par-là, plus
compétitives.
En effet, l'audit interne se propose bien comme un outil d'investigation permettant de
traduire et d'accompagner la volonté de transparence et d'assister les membres de l'entreprise
dans l'exercice efficace de leurs responsabilités. Dans ce but, l'audit interne veille sur
l'évaluation et la gestion des risques opérationnels tout en fournissant des analyses et des
recommandations afin de stimuler les performances de l'entreprise.
La présente mémoire vise à traiter l’audit interne comme étant une fonction de
l’entreprise. Pour cela une question principale se pose.
Que représente l’audit interne pour les entreprises marocaines ?
5
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

L’analyse de cette problématique permet d’avoir une vision générale sur l’audit
interne et ses différentes contraintes ainsi que ses attentes dans l’avenir.
Dans ce cadre nous avons essayé d’apporter des réponses aux interrogations
suivantes :
 L’audit interne de quoi s’agit-il ?
 Quelles sont les contraintes d’une fonction de l’audit interne ?
 Quelles sont les attentes de l’audit interne au sein des entreprises marocaines ?

Pour répondre à cette problématique, nous allons aborder dans le premier chapitre le
cadre conceptuel de l’audit interne, dans le deuxième chapitre les contraintes et les conditions
de réussite de ce dernier, et finalement dans le troisième chapitre nous mettons l’accent sur
ses perspectives quant à son application dans les entreprises marocaines.

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L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Chapitre I : Le cadre conceptuel de l’audit interne

Introduction du chapitre I :

Toute entreprise, qu’elle que soit commerciale ou industrielle a pour objectif principal,
la création de la valeur ajoutée. Pour atteindre cet objectif, elle met en œuvre les stratégies et
les politiques afin d’accroitre sa performance.

L’audit interne est un outil indispensable au bon fonctionnement d’une entreprise. Il


permet d’évaluer et de prévenir les risques. C’est donc un outil qui permet d’améliorer la
performance d’une entreprise. De plus, l’entreprise ne doit pas perdre de vue l’importance de
la fiabilité de l’information financière dans la prise de décision. Une structure de contrôle à
l’interne permettant de minimiser les risques liés à certains processus décisionnels serait un
atout pour la croissance et la vie d’une entreprise.

Dans ce premier chapitre consacré au cadre conceptuel de l’audit interne, nous


essayerons d’aborder en premier lieu, l’approche théorique et historique à travers la définition
d’audit interne et son historique, ainsi que ses différentes formes, et les autres fonctions
voisines, dans un deuxième nous allons de pencher sur les différentes phases de la mission de
l’audit interne. Puis dans la deuxième section, pour nous nous consacrons en particulier aux
méthodes et les outils de la mission de l’audit interne, en étudiant les différentes étapes de
chacune de ces deux.

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L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Section I : Approche théorique et historique de l’audit

interne.

I. Définition et évolution historique de l’audit interne :

La création de la fonction d’audit interne dans les entreprises s’inscrit dans le cadre
plus général de l’évolution de la notion d’audit. Dans ce volet, nous définirons l’audit interne,
son évolution historique depuis son apparition jusqu’au aujourd’hui.

A. Définition du métier de l’audit interne :

Avant de procéder à une définition de l’audit interne, il convient de clarifier les


significatives du mot audit.

Le mot audit, qui nous vient du latin audire, c’est-à-dire « écouter », a pour ancêtre
en France le commissariat aux comptes, avait alors pour rôle la vérification des comptes. On
parla de révision des comptes avant de lui préférer le terme d’audit qui a une connotation plus
valorisante1.

Généralement, la définition de l’audit la plus répandue peut être ainsi présentée : «


l’audit est l’examen professionnel d’une information, en vue d’exprimer sur cette information
une opinion responsable et indépendante, par référence à un critère de qualité ; cette opinion
doit accroitre l’utilité de l’information ». La définition de l’audit nous a permet de pencher
vers l’un de ses types, c’est l’audit interne.

Tout d’abord, l’audit interne n’est pas un dispositif mais une fonction. En outre, elle
confond entre les rôles d’audit interne (apprécier, juger …) et les objectifs du contrôle interne
(assurer, garantir …).

L’IFACI2 définit l’audit interne comme est une fonction d’expertise indépendante au sein de
l’entreprise, assistant la Direction Générale de celle-ci pour le contrôle général de ses
activités.

Cependant, cette définition est très utopique car l’audit interne ne peut toucher
l’ensemble des fonctions d’une entreprise. L’audit interne est à l’intérieur d’une organisation,

1
. Eustache Ebondo Wa Mandzila « “Organisation et méthodologie de l’audit interne “Audit interne ; Enjeux et pratique à l’international ».
Ed, Organisation. 2007. P17
2
. Institut Français de l’audit et contrôle interne, fondée en 1965

8
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

une fonction indépendante d’évaluation périodique des opérations pour le compte de


l’organisation.

Ainsi, l’audit interne, traditionnellement limité au contrôle de conformité et à


l’évaluation des risques, attache une importance croissance de la Direction Générale et aux
Directions opérationnelles. Il est donc, nécessaire d’acquérir beaucoup d’expériences dans des
nouveaux domaines d’audit pour développer la fonction d’audit dans les meilleures conditions
et dans les meilleurs délais.

L’IIA3 a, ainsi, reformulé sa définition de l’audit interne :

L’audit interne est une activité indépendante et objective qui donne à une organisation
une assurance sur le degré de maitrise de ses opérations, lui apporte ses conseils pour les
améliorer, et contribuer à créer de la valeur ajoutée. Il aide cette organisation à atteindre ses
objectifs en évaluant, par une approche systématique et méthodique, ses processus de
management des risques, de contrôle, et de gouvernement d’entreprise, et en faisant des
propositions pour renforcer leur efficacité4.

La définition élargit le rôle de l’auditeur interne en soulignant sa fonction de conseil.


Il ne s’agit plus de rester dans sa tour d’ivoire mais d’apporter ses compétences et d’aider à
résoudre les problèmes. Les interprètes minimalistes traduisent conseil par recommandation
en déduisant qu’il n’y a rien de nouveau dans tout cela. A coup sûr ce n’est pas l’intention des
rédacteurs qui voient dans cette approche en élargissement du rôle de l’auditeur interne.

B. Histoire de l’audit interne :

La fonction d’audit interne est une fonction relativement récente puisque son
apparition (ou sa réapparition, diraient certains) remonte à la crise économique de 1929 aux
États-Unis.
Les entreprises subissaient alors de plein fouet la récession économique et l’ordre du
jour était aux économies de toute nature. Les comptes furent passés au peigne fin en vue
d’une réduction des charges.
Or les grandes entreprises américaines utilisaient déjà les services de Cabinets d’audit
externe, organismes indépendants ayant pour mission la certification des comptes, bilans et
états financiers. Là comme ailleurs, on chercha le moyen de réduire le montant des dépenses
et on s’avisa que pour mener à bien leurs travaux de certification les auditeurs externes

3
. The Institute of Internal Auditors, fondé en 1941
4
. Khayrallah BELAÏD « l’audit interne et l’approche de la dynamique de groupes » Ed, centre de publication universitaire 2005, p11
9
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

devaient se livrer à de nombreuses tâches préparatoires : inventaires de toute nature, analyses


de comptes, sondages divers et variés, etc. On en vint donc tout naturellement à suggérer de
faire assumer certains de ces travaux préparatoires par du personnel de l’entreprise. Les
cabinets d’audit externe donnèrent leur accord sous la condition d’une certaine supervision.
Ainsi apparurent ces « auditeurs » puisqu’ils effectuaient des travaux d’audit, au sens
où on l’entendait alors, mais « internes » puisque membres à part entière des entreprises.
Ils participaient aux travaux courants des auditeurs externes sans toutefois en établir
les synthèses et les conclusions. « Petites mains », « sous-traitants » des auditeurs externes, ils
permirent d’atteindre l’objectif initialement fixé : l’allégement des charges des entreprises.
Né, non pas la fonction mais le mot.
La crise passée, on continua à les utiliser puisqu’ils avaient acquis la connaissance et
la pratique de méthodes et outils appliqués au domaine comptable ; peu à peu ils en élargirent
le champ d’application et en modifièrent insensiblement les objectifs. Mais longtemps encore
la fonction d’audit interne va conserver dans la mémoire collective ce patrimoine héréditaire.

Et ce d’autant plus aisément qu’il s’agit là d’une histoire récente. Au regard des
grandes fonctions traditionnelles de l’entreprise : fonction de production, fonction, fonction
commerciale, fonction comptable…qui ont toujours existé, on mesure à quel point la fonction
d’audit interne en est encore à ses premiers pas.
En 1949 à New York « The Institute of Internal Auditors » (IIA) est fondé pour
favoriser le développement rapide d’audit interne aux Etats-Unis, au Canada, en Grande
Bretagne, aux pays Scandinaves, et en Allemagne. Puis cette fonction s’est étendue pour
toucher l’Italie, l’Espagne, la France, le Benelux. L’audit interne s’est ensuite développé au
Japon, en Inde et en Australie.

Crée en 1965, Institut Français de l’Audit et du Contrôle Internes (IFACI) a comme


principale vocation la promotion de l’audit interne en France et dans les pays francophones,
d’accroitre la compétence de ses membres, de diffuser et de préserver la déontologie de
l’audit interne. Il assure cette vocation a travers une mise en commun des compétences, la
recherche et le développement des principes des systèmes et méthodes de contrôle et l’audit5.

Au Maghreb, l’évolution de l’audit interne s’est produite dans un environnement


économique typique des pays occidentaux à savoir les pressions du marché financier ainsi que
les exigences quant à la qualité de l’information financière.

5
. Khayrallah BELAÏD « l’audit interne et l’approche de la dynamique de groupes » Ed, centre de publication universitaire 2005, p15
10
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

C’est vers les années 70, que certains organismes, surtout dans le secteur public et
semi public, se sont dotés de cellules d’audit interne

Au Maroc, l’économie a subi des transformations profondes (modernisation des


structures, libération et ouverture sur l’extérieur).

L’introduction et le développement de l’audit se sont fait parallèlement. En fait :

 Plusieurs organismes notamment les filiales des firmes multinationales, ont été
soumises à l’audit externe.
 Implantation de grands cabinets internationaux et développement des cabinets
nationaux.
 Création en 1985 d’une association marocaine des auditeurs internes (AMACI)
affiliée depuis 1991à l’IIA.
 Création des comités permanents d’audit interne au sein de plusieurs ministères
depuis 19906.

II. Les formes de l’audit interne :

Aujourd’hui, l’audit a pénétré tous les domaines, toutes les fonctions, toutes les
activités ou toutes les opérations de l’entreprise, tous les stades décisionnels.

A. L’audit financier et comptable :

Il s’agit de l’examen des comptes annuels d’une entité économique, auquel procède un
professionnel compétant et indépendant, en vue d’exprimer une opinion motivée sur les
comptes annuels qui traduisent, d’une part la situation financière et le patrimoine de l’entité à
la date de clôture ; et d’autre part, les résultats de l’entité pour l’exercice considéré ; en tenant
compte du droit et des usages du pays où l’entité a son siège.

De cette définition, l’audit financier est une mission qui se conclut par l’expression
d’une opinion sur la qualité des comptes annuels, ainsi, il garantit la qualité des comptes
annuels auprès des tiers utilisateurs7.

L’audit financier peut être exercé à la fois par les auditeurs internes et externes.

 Audit financier et comptable : certifier la régularité, la sincérité et l’image


fidèle des comptes, résultats et états financiers, et cela est le rôle de l’audit externe.

6
. http/univers-audit-interne.blogspot.com201301historique-de-laudit-interne.html consulté le 14/02/2018
. Mohamed LAHYANI « L’audit pour tous, référence et analyse » Ed AL MADARISS 2011, p11
7

11
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

 Audit de la fonction comptable par les auditeurs internes : porter un


jugement sur la maitrise de la fonction par les responsables et recommander les
dispositions à prendre pour l’améliorer8.
Dans le cadre d’une mission d’audit financier, orientée sur la fiabilité des informations
financières et la protection des actifs matériels, humains et financiers, l’auditeur interne doit
s’assurer, en relation avec les auditeurs externes, que les procédures de contrôle interne
compatibles sont fiables9.

B. L’audit opérationnel :

C’est un examen des informations relatives à la gestion de chaque fonction d’une


entité, en vue d’exprimer une opinion responsable et indépendante, par référence aux critères
de régularité, de fiabilité et d’efficacité
L’audit opérationnel est donc un examen des instruments dont dispose la direction de
l’entité pour la contrôler et la gérer. Les objectifs principaux de l’audit opérationnel sont de
s’assurer :

 Que les organisations sont efficaces ;


 Que les instructions de la direction sont appliquées ;
 Que les procédures mises en place comportent les sécurités suffisantes ;
 Que les informations fournies à la direction sont sincères ;
 Que les opérations réalisées sont régulières.

L’audit opérationnel est fréquemment mis en œuvre par les auditeurs internes, mais
aussi par les auditeurs externes (par exemple, dans les PME, ou dans les cas difficiles).

8.J. Renard « Théorie et pratique de l’audit interne » Ed Organisation 2010, P62


9.EUSTACHE EBONDO WA MANDZILA « Audit interne, enjeux et pratiques à l’international » Ed organisation 2007,
p22

12
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Tableau nº1 : la différence entre l’audit financier et l’audit opérationnel

OBJECTIF REALISATION

AUDIT FINANCIER Opinion sur les états Interne ou externe


financiers

Apprécier les performances


AUDIT OPERATIONNEL des fonctions de l’entreprise Interne ou externe

Source : LAHYANI « l’audit interne références et analyses », p13

Il peut y avoir par conséquent autant d’audits qu’il existe des fonctions dans
l’entreprise.

La mission de l’audit opérationnel est plus tournée vers l’efficacité de l’organisation et


le respect des procédures écrites mises en place. L’auditeur interne doit procéder à un examen
systématique des activités ou des processus d’une entité en vue d’évaluer l’organisation et ses
réalisations et identifier les pratiques jugées non économiques, improductives et inefficaces,
enfin de proposer des solutions d’amélioration et de s’assurer éventuellement de leur suivi.

L’audit opérationnel contient quatre types d’audit, qui peuvent être présenté comme
suit :

1) L’audit de gestion (management) :

Il ne s’agit pas, comme certains peuvent le penser encore d’auditer la Direction


Générale en portant un quelconque jugement sur ses options stratégiques et politique10.

L’audit de gestion ou (management) est un audit qui a pour objectif de vérifier si les
moyens de management retenus par la Direction sont convenablement mis en œuvre et
adéquats par rapport aux objectifs déclarés.
Il s’agit d’un développement important de la fonction d’audit. L’auditeur interne est
appelé à observer les choix et les décisions, les mesurer et attirer l’attention de la Direction
Générale sur les risques éventuels ou leurs incohérences. L’auditeur analyse la politique déjà
tracée qui doit être conséquente avec la stratégie de l’entreprise.

10
. J. Renard « Théorie et pratique de l’audit interne » OP CIT, p51

13
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

2) L’audit stratégique :

Selon Thiétart la stratégie est définie comme « l’ensemble des décisions


et des actions relatives au choix des moyens et à l’articulation des ressources en vue
d’atteindre un objectif »11.

On estime aujourd’hui que « les décisions stratégiques qui portent sur grandes
orientations et le choix fondamentaux » sont potentiellement porteuses de risques pouvant
compromettre la vie de l’organisation. L’audit de stratégie va consister à apprécier la
pertinence des objectifs et leur degré de cohérence avec la finalité de l’organisation. L’audit
de stratégie constitue (le top développement) de la fonction d’audit interne. Pour réaliser ce
type d’audit, l’auditeur interne doit disposer d’un niveau d’expertise suffisant et faire preuve
d’une grande maturité12.
L’audit de stratégie, conçu comme une confrontation de l’ensemble des politiques et
stratégies de l’entreprise avec le milieu dans lequel elles se situent pour en vérifier la
cohérence globale. Cette conception confirme la pétition de principe en vertu de laquelle
l’auditeur interne ne saurait en aucun cas prétendre apprécier les politiques et les stratégies,
son rôle se limite à souligner éventuellement les incohérences.

Dans l’audit de stratégie, l’audit interne ne change ni de nature ni de méthode, mais il


aborde le domaine particulier de la stratégie. On va donc appliquer à ce domaine les
questionnements habituels :
 Dispose-t-on pour l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie d’un bon contrôle
interne ?
 Dispose-t-elle des compétences nécessaires pour la mettre en œuvre ?
 Cette même mise en œuvre est-elle compatible avec l’organisation existante ?
 Se donne-t-on les moyens pour mesurer son application ?
 A-t-on communiqué suffisamment auprès des personnels concernés ? cette
communication était-elle claire et compréhensible ?
Ainsi, avec un regard sur les risques susceptibles de naitre d’une mauvaise maitrise de
l’élaboration ou de la mise en œuvre de la stratégie, les auditeurs internes accèdent
indirectement à un domaine réserve. Cette évolution leur fait rencontrer tout naturellement les
travaux des contrôleurs de gestion sur le même sujet mais avec une autre perspective.

11
. Eustache Ebondo Wa Mandzila « “Organisation et méthodologie de l’audit interne”, Audit interne enjeux et pratique à
l’international » Ed d’Organisation 2007, p22
12
. Patricia CoutelleBrillet « “ l’audit stratégique : positionnement, démarche et risques “Audit interne enjeux et pratique à
l’international » Ed d’Organisation 2007, p290.
14
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

3) L’audit de conformité :

L’audit de conformité a pour objectif principal la vérification du respect des


procédures et des dispositions légales et réglementaires. L’auditeur suit une démarche simple
et classique qui consiste à la bonne application des règles, des procédures de la description
des taches et des postes, l’analyse de l’organigramme et du système d’information13.

L’audit de conformité correspond la démarche simple et traditionnelle de l’auditeur et


qui va consister à vérifier la bonne application des règles, procédures, description des postes,
organigrammes, systèmes d’information… en bref, il va comparer la règle et la réalité, ce qui
devrait être et ce qui est. Autrement dit, il va travailler par rapport à un référentiel et c’est en
cela que son travail est relativement simple. L’auditeur, s’étant informé sur tout ce qui devrait
être, signale au responsable les distordions, les non-applications (évitables ou inévitables) les
mauvaises interprétations des dispositions établies ; il en analyse les causes et les
conséquences et recommande ce qu’il convient de faire pour qu’à l’avenir les règles soient
appliquées.

Avec les manquements graves et répétés aux différentes législations et


réglementations, constatés récemment, l’audit de conformité semble bien prendre une
importance accrue et est toujours d’actualité. Et ce d’autant plus que les dispositions
réglementaires sont de plus en plus strict et contraignantes. Les évolutions dans le domaine
bancaire insistent sur l’importance de cette notion.

Cet audit de conformité peut aussi s’appeler « audit de régularité » : les puristes
distinguent que dans le premier cas on observe la conformité avec les dispositions légales et
réglementaires et dans le second cas la régularité par rapport aux règles internes de
l’entreprise. Mis dans les deux cas, la démarche est la même : comparer la réalité au
référentiel proposé.

4) L’audit d’efficacité :

C’est l’audit dont l’objet, au-delà d’une comparaison de la réalité à un référentiel


préexistant, est d’examiner le bienfondé de méthodes et de procédures, l’adéquation des
moyens aux objectifs et d’évaluer la performance d’une entité.

L’auditeur cherche à savoir si la procédure existante :

 Contribue à l’atteindre des objectifs.

13
. KhayarallahBelaid « l’audit interne et l’approche de la dynamique de groupes » OP CIT, p23
15
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

 Si elle est opportune.


 Si elle souple.
 Si elle est en harmonie avec la politique de développement de l’entreprise.
 Si elle produit les effets escomptés.

Cet audit demande une certaine compétence, technicité et surtout une grande habilité.

C. L’audit social :

L’Audit du Social est un domaine particulier d’application des méthodes d’audit qui
sont largement utilisées dans le domaine financier, organisationnel, qualité, etc... Il est
pratiqué par des auditeurs externes spécialisés ou par des auditeurs internes, parfois en
coopération entre les deux.

L’audit du social évaluant la conformité des pratiques internes à un référentiel


normatif externe (Droit du travail, Conventions Collectives, Accords d’entreprise) et au-delà
des frontières de l’entreprise (pour les sous-traitants et fournisseurs), à des normes liées à la
responsabilité sociale de l’entreprise, souvent référencées sur les principes de l’Organisation
Internationale du Travail14.

Combemale et Igalens analysent le concept d’audit social, en spécifiant qu’il s’agit d’une
« forme d’observation qui tend à vérifier qu’une organisation a effectivement réalisé ce
qu’elle dit avoir fait qu’elle utilise au mieux ses moyens, qu’elle conserve son autonomie et
son patrimoine, qu’elle est capable de réaliser ce qu’elle est capable de réaliser ce qu’elle dit
vouloir faire, qu’elle respecte les règles de l’art et sait évaluer les risques qu’elle court. »

D’après les définitions précédentes, le périmètre de l’audit social s’étend à l’ensemble


des relations de l’entreprise. L’objectif de l’audit social est de s’assurer de la conformité des
données sociales, de leur efficacité et de la pertinence de leurs liens avec la stratégie de
l’entreprise.

Dans les années 1950, ils se sont développées des missions d’audit spécialisées (par
fonction : audit de la fonction d’achat, de la fonction marketing, etc.) et l’audit social
représentait alors un développement transversal des audits opérationnels. Les missions d’audit
social au sein des entreprises françaises se sont d’autant plus développées à la fin des années

14
. www.Auditsocial.net consulté le 15/02/2018
16
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

1970 qu’est survenue en 1977 une obligation de publication de bilan social pour les
entreprises de plus de trois cents salaries15.

III. L’audit interne et les autres fonctions et professions :

Dans ce paragraphe, on va aborder l’audit interne par rapport à des fonctions voisines,
afin d’absorber les confusions existées.

A. L’audit externe :

L’audit externe est une fonction indépendante de l’entreprise dont la mission


est de certifier l’exactitude des comptes, résultats et états financiers.

Observons, et ceci est important, que cette fonction exercée par des cabinets indépendants,
commissaires aux comptes ou grands cabinets nationaux et internationaux, ne s’est pas
toujours confondue avec l’ensemble des activités desdits cabinets. En effet, ceux-ci ont exercé
d’autres fonctions que celle d’audit externe : consultants, organisateurs, ils obéissaient alors à
d’autres règles. Le développement de plus en plus important de ces autres fonctions dans les
grands cabinets a créé souvent la confusion. Et c’est pourquoi, suite aux affaires récentes, les
nouvelles réglementations cantonnent l’audit externe dans ses fonctions traditionnelles.

S’agissant de la fonction d’audit externe, et de celle-là seulement, on peut inventorier


de façon précise les différences entre les deux fonctions ; il est utile de noter également
qu’elles ne sont non point concurrentes mais largement complémentaires.

L’audit externe est réalisé par des professionnels externes à l’organisation en vue
d’exprimer une opinion sous forme de rapport annuel de certification des comptes d’une
entreprise à partir d’un plan comptable et des normes comptables permettant la mise en œuvre
de diverses procédures de vérification réalisées par les commissaires aux comptes et leurs
équipes sur la base des standards professionnels.

On peut distinguer deux types d’audit externe :

1) L’audit légal :

Le commissariat aux comptes est une fonction indépendante de l’organisation dont la


mission est de certifier la régularité, la sincérité et l’image fidèle des comptes et des états
financiers.

15
. J. Tixier « Audit social : fondements méthodologie et évolutions stratégiques ; Audit interne, enjeux et pratique à
l’international » Ed d’Organisation 2007, p270-271

17
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Le commissaire aux comptes a pour rôle de certifier la sincérité et la régularité des comptes
annuels de la société conformément à la loi en vigueur relative au système comptable des
entreprises. Il vérifie périodiquement l’efficacité du système de contrôle interne16.
Le commissaire aux comptes défini par la loi ; il s’applique à toutes les sociétés
remplissant les conditions prévues par les dispositions légales.

-SA : articles 159 et suite de la loi nº 17-95 relative aux sociétés anonymes

Il doit être désigne dans chaque société anonyme, un ou plusieurs commissaires aux
comptes chargés d’une mission de contrôle et de suivi des comptes sociaux dans les
conditions et pour les buts déterminés par la présente loi.

Toutefois, les sociétés faisant appel public à l’épargne sont tenues de designer au
moine deux commissaires aux comptes ; il en est de même des sociétés de banque, de crédit,
d’investissement, d’assurance, de capitalisation et d’épargne.

-SARL : articles 80 de la loi nº 5-96 relatives à la SNC, la SCS, SCA, la SARL, la


SP.

Les associes peuvent nommes un ou plusieurs commissaires aux comptes dans les
conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 75.(De ladite loi)

Toutefois, sont tenues de designer un commissaire aux comptes au moins, les sociétés
à responsabilité limitée dont le chiffre d’affaire, à la clôture d’un exercice social, dépasse le
montant de cinquante millions e dirhams, hors taxe. Même si le seuil indiqué à l’alinéa
précédent n’est pas atteint, la nomination d’un commissaire aux comptes peut être demandée
au président du tribunal, statuant en référé, par un ou plusieurs associés représentant au
moins le quart du capital.

-SCA : article 34 de la même loi.

L’assemblée générale ordinaire des actionnaires désigne un ou plusieurs


commissaires aux comptes ; les dispositions de l’article 13 sont applicables, sous réserves des
règles propres à la société en commandite par action.

-SNC : article 12 de la même loi

16
. ZiedBoudriga « L’audit interne : Organisation et pratiques » Collection Azurite 2012, p251

18
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Les associés peuvent nommer à la majorité des associés, un ou plusieurs


commissaires aux comptes. Toutefois sont tenues de designer un commissaire aux moins, les
sociétés dont le chiffre d’affaire à la clôture de l’exercice social, dépasse le montant de
cinquante millions de dirhams hors taxes. Même si le seuil indiqué à l’alinéa précédent n’est
pas atteint, la nomination d’un ou plusieurs commissaires aux comptes peut être demandée
par un associé au président du tribunal, statuant en réfère.

2) L’audit contractuel :

L’audit contractuel est un audit non imposé par la loi ; il fait l’objet d’un contrat entre
l’entreprise et le cabinet. Ce type d’audit se rencontre principalement dans deux situations :

 Audit lié au rachat d’une entreprise (en général effectué à la demande de l’acheteur).
 Audit d’une filiale d’un groupe.

La demande d’un audit peut être effectuée par l’entreprise ou par des tiers.

2-1 Demande faite par l’entreprise :

Les préoccupations d’un audit demandé par l’entreprise sont le plus souvent :

 Le besoin pour l’entreprise, d’une information financière fiable avant de l’utiliser


ou de la présenter à tiers.
 L’appréciation de son organisation actuelle, en vue d’en déceler les insuffisances
et l’amélioration.
 La nécessité d’éviter la survenance des fraudes, ou de détournement éventuel.

2-2 Demande faite par les tiers :

Certains tiers en relation avec l’entreprise ont intérêt à ce que les comptes qui leurs
sont soumis soient préalablement audités avant de prendre des décisions susceptibles d’avoir
des incidences sur leur devenir et celui de l’entreprise. C’est ainsi que les banquiers sollicités
pour un emprunt, les salariés, par l’intermédiaire du comité d’entreprise ou des syndicats, une
entreprise désireuse de prendre une participation, un groupe minoritaire d’actionnaire désirant
être informés, l’Autorité des marchés financiers, préalablement à l’introduction en bourse des
titres d’une société, seront à la base d’audits contractuels

B. Le contrôle interne :

Le contrôle interne est un dispositif de la société, défini et mis en œuvre sous sa


responsabilité.
19
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Il comprend un ensemble des moyens, de comportement de procédures et d’actions


adaptés aux caractéristiques propres de chaque société qui :

- Contribue à la maitrise de ses activités à l’efficacité de ses opérations et l’utilisation


efficiente de ses opérations et l’utilisation efficiente de ses ressources etc.
- Doit lui permettre de prendre en compte de manière appropriée les risques significatifs
qu’ils soient opérationnels, financiers ou de conformité.

Le dispositif vise particulièrement à assurer :

- La conformité aux lois et règlements ;


- L’application des instructions et des orientations fixées par la Direction Générale ou le
directoire ;
- Le bon fonctionnement des processus interne de la société, notamment ceux concourant à
la sauvegarde des actifs ;
- La fiabilité des informations financières

Le contrôle interne ne se limite pas à un ensemble des procédures ni aux seuls


processus comptables et financiers. Il ne recouvre pas non plus toutes les initiatives prises par
les organes dirigeants ou le management comme la définition de la stratégie de la société, la
détermination des objectifs, les discisions de gestion, le traitement des risques ou le suivi des
performances17.

Pour atteindre cet objectif général, on assigne au contrôle interne des objectifs
permanents, que l’on retrouve d’ailleurs, mais de façon moins complète, dans les définitions
déjà évoquées du TurnBullet de l’AMF. Dans la norme 2120.A1.

Les normes professionnelles définissent ainsi les aspects sur lesquels doit porter
l’évaluation du contrôle interne et qui sont donc autant d’objectifs à atteindre :

 Fiabilité et intégrité des informations financières et opérationnelles


 Efficacité et efficience des opérations
 Protection du patrimoine ;
 Respect des lois, règlements et contrats.
L’interprétation de la norme souligne que, pour atteindre ces objectifs, les auditeurs
internes doivent s’assurer que :

17
. Obert R, Mairesse M.P « comptabilité et audit ; Manuel et applications » 2eme Ed Dunod 2013, p510

20
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

 Les objectifs de l’organisation sont cohérents avec la mission ;


 Les risques significatifs sont identifiés ;
 Leurs modalités de traitement sont appropriées ;
 Les informations relatives sont recensées et communiquées.
Figure nº1 : les objectifs du contrôle interne

Contrôle interne

Prévention, Fiabilité des


détection, informations
Respect Sauvegarde Respect des
fraudes et comptables
politique des actifs délais
erreurs
de gestion

Source : Obert R, Mairesse M.P « Comptabilité et audit : manuel et applications » 2eme Ed, Dunod, p511

1) L’inspection :

Les confusions sont ici nombreuses et les distinctions plus subtiles car comme l’auditeur
interne, l’inspecteur est membre à part entière du personnel de l’entreprise. Ces confusions
sont aggravées par la pratique et le vocabulaire : on trouve bien évidemment des inspecteurs
qui font de l’inspection mais on trouve également des « inspecteurs » qui, en fait, font de
l’audit interne, et on trouve aussi – last but not least – des inspecteurs qui font de l’inspection
et de l’audit interne18.

18
. Renard « Théorie et pratique de l’audit interne » OP CIT, p91
21
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Tableau nº2 : la comparaison entre l’audit interne et l’inspection

Audit interne Inspection

Contrôle le respect des règles Contrôle le respect des règles


Régularité/ efficacité et leur pertinence, caractère sans interpréter ni les
suffisant … remettre en cause.
Remonte aux causes pour S’en tient aux faits et
élaborer des identifie les actions
Méthodes et objectifs recommandations dont le but nécessaires pour les réparer et
est d’évité la réapparition du remonte en ordre.
problème.
Considère que le responsable Détermine les responsabilités
– le chef – est toujours et fait éventuellement
Evaluation responsable et donc critique sanctionner les responsables.
les systèmes et non les Evalue le comportement des
hommes, évalué le hommes, parfois leurs
fonctionnement des systèmes. compétences et qualités.
Privilégie le conseil et donc Privilégie le contrôle et donc
Service/ police la coopération avec les l’indépendance de
audités. contrôleurs.
Répond aux préoccupations Investigations approfondies
du management soucieux de et contrôles très exhaustifs
Sélection/ sélective renforcer sa maitrise, sur éventuellement sous sa
mandat de la direction propre initiative.
générale.
Source : P. Schick « Mémento d’audit interne » Ed Dunod, p

2) Le contrôle de gestion :

La locution « contrôle de gestion » trouve son origine dans l’expression anglo-


saxonne « management contrôle ». Or le mot « contrôle », en France, fait référence à une
vérification pouvant aboutir à une sanction, tel un contrôle routier. Ce n’est absolument pas la
signification du terme « contrôle », qui renvoie plutôt au terme « pilotage »19.

Contrairement à l’audit interne, il n’y a pas de définition du contrôle de gestion qui


soit unanimement reconnue. Toutefois, se dégagent des conceptions communément admises

En 1965, Robert Anthony propose, une définition classique du contrôle de gestion :


« le contrôle de gestion est un processus par lequel les managers obtiennent l’assurance que
les ressources sont obtenues et utilisées de manière efficace et efficiente pour réalisation des
objectifs de l’organisation »20.

19
. C.Hénot, F. Hemici « Contrôle de gestion » Ed BREAL 2007, p6
20
. Renard J, Nussbaumer S « Audit interne et contrôle de gestion » Ed organisation 2011, p
22
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Le contrôle de gestion est formé de processus et systèmes qui permettent aux


dirigeants d’avoir l’assurance que les choix stratégiques sont et ont été mis en œuvre,
notamment grâce au contrôle d’exécution.

Le contrôle de gestion exerce une fonction de vigilance qui en fait le garant de la


cohérence entre la stratégie et le quotidien. Il remplit donc particulièrement important pour
garantir que les buts de l’entreprise sont correctement déclinés au sein de la structure21.

Tableau nº3 : comparaison entre audit interne et contrôle de gestion

Audit interne Contrôle de gestion

Photo périodique et détaillée Cinéma continue et global

Via des problèmes rencontrés en pratique à Via des indicateurs généraux aux paramètres
leurs causes et conséquences particuliers

Contrôle l’application des directives, la Planifie et suit les opérations et leurs


fiabilité des informations et l’adéquation des résultats. Conçoit et met en place le système
méthodes : les processus, les conditions d’information pour ce faire.
d’obtention des résultats.
Analyse du budget du service d’audit interne
Audite la fonction de contrôle de gestion.

Découvre les moyens organisationnels pour Elabore les objectifs en s’appuyant sur des
atteindre les objectifs. Valide les objectifs. hypothèses explicites.
Analyse couts bénéfices.

Mécanisme de chaque secteur Navigateur de l’ensemble des secteurs

Source: P. Schick « Mémento d’audit interne » Ed Dunod, p59

Section II : Méthodologies et outils de l’audit interne

I. Les missions de l’audit interne :

La mission d’audit n’est autre qu’un ensemble des actions limitées dans le temps pour
répondre aux besoins du conseil et de la Haute Direction de l’organisation. Elle mobilise les
équipes d’audit interne et une logistique et produit, un livrable qui est le rapport de la mission

L’objet d’une mission d’audit interne est l’étude de la maitrise des risques de
l’activité, le processus ou l’entité qu’on audite – étude au sens large : analyse, examen,
identification des lacunes, élaboration des solutions (avec les audités), suivi de la mise en

21
. Henri Bouquin « La maitrise des budgets dans l’entreprise » Ed EDICEF 1992, p14
23
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

œuvre des plans d’action des audités ; en bref, ce que fait le médecin généraliste avec son
patient, lorsqu’il effectue son diagnostic, réalisé son pronostic et préconise sa thérapeutique.
Une mission d’audit opérationnel peut durer de quelques jours à quelques mois, selon
l’envergue du sujet et le nombre d’auditeurs.

Le plus fréquent est de quatre à dix semaines pour une mission nouvelle avec 2 à 4
auditeurs dont un chef de mission. Toute mission d’audit se déroule en trois grandes phases :

Etude, vérification, conclusion. Les deux premières phases sont approximativement de


même durée quand le sujet de la mission est nouveau – la phase de conclusion est plus courte
– mais quand on dispose de programmes de travail rodés, la phase d’étude peut ne prendre
que quelques journées. D’où l’utilité de capitaliser le savoir-faire du service.

La phase d’étude se prépare au bureau et s’effectue sur le terrain. La phase de


vérification est bien étendue totalement terrain.

La phase de conclusion est une alternance d’actions et d’interactions à l’équipe d’audit


et avec les audités ; pour les missions lointaines, on effectue la première partie sur place, la
fin au bureau.

A. La phase d’étude :

1) L’ordre de mission :

L’ordre de mission est le mandat donné par la direction générale à l’audit interne
d’informé les responsables des entités concernées de l’intervention imminente des auditeurs.
Certes, le programme d’audit constitue par lui-même un ordre de mission collectif, mais
l’auditeur avant chaque mission, à faire signer par la direction générale, adressé, non
seulement, au service d’audit mais aussi à tous ceux qui vont être concernés par la mission
d’audit.

L’objectif est de diffuser l’information en prévenant les audités par voie hiérarchique
afin de leur permettre de s’organiser. L’ordre de mission précise l’origine de la mission et son
étendue, les entités concernées, sujet, raison et dates ; il accrédite l’équipe d’audit (noms,
téléphone, etc.)

24
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

2) La décomposition en objet auditable :

Les auditeurs internes étudient toutes les informations utiles collectées concernant la
société ou les activités à auditer, développent des questionnaires et mènent quelques
interviews auprès des principaux responsables identifiés.

3) Le découpage en objet auditable :

Le processus à auditer sera découpé en élément plus simples à appréhender, puis


chacun étudié tour à tour.

Le découpage se fait en deux stades :

 Découper en stade chronologiques :

Quand, cas le plus fréquent, la dimension chronologique est guide. Par exemple, dans l’audit
de la facturation, on aura probablement entre autres : la sortie d’usine ou de magasin, le calcul
et l’émission de la facture la mise à jour de la comptabilité et des statistiques commerciales.

 Découper par arborescence sémantique :

Par exemple, pour une facturation de flux continus (électricité, téléphone…) où les
événements sont des changements d’options ou de tarifs une fois le contrat initial mis en
route.

On pourra vérifier l’exhaustivité des préoccupations par l’approche qualité22.

B. La phase de réalisation :

Des programmes de travail sont déroulés représentant l’ensemble des tests de


recherches auxquels doivent se livrer les auditeurs afin de porter une appréciation
motivée sur la qualité du contrôle interne dans la mise en œuvre du processus par l’entité
concernée par la mission23.
L’auditeur interne dans cette phase, va sortir de son bureau, non plus de façon
épisodique, mais pour des travaux qui vont le maintenir durablement au sein de l’unité
auditée. Tout commence par une réunion relativement solennelle et nommée ici
« réunion d’ouverture ».

22
. P. Schick « Mémonto d’audit interne » Ed Dunod 2006, p73-75-76
23
. Mohsin Berrada « l’audit interne, tout simplement » Afrique Challenge Editions 2012, p41

25
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

1) La réunion d’ouverture :

Cette réunion se fait sur les lieux où la mission doit se dérouler. Pendant cette
réunion, les auditeurs essaient d’aborder et d’éclaircir quelques points aux responsables
du service audité et vice- versa.
 L’ordre du jour de la réunion :

Six points, et pas un de plus, sont à aborder au cours de cette réunion : ils ont été
indiqués dans l’ordre du jour envoyé avec la convocation aux participants et accompagné du
rapport d’orientation.

Les six points abordés sont :

1) Présentation de l’équipe de l’audit par le premier responsable de l’audit interne, et


présentation du personnel de l’unité à auditer par le responsable concerné.
2)
Rappel sur l’audit interne : Un rappel fondamental s’impose sur les objectifs généraux
de l’audit interne dont la connaissance est indispensable pour réaliser une parfaite
collaboration auditeurs/audités.24
3) L’examen du rapport d’orientation durant la réunion d’ouverture, présenté aux deux
parties Pour commentaire et pour éventuelles modifications.
4) Rendez-vous et contacts entre audités et auditeurs, ces derniers fixent une liste qui
n’est pas limitative des personnes à interroger au cours de la mission.
5) Les conditions matérielles de la mission d’audit (local ou l’équipe va s’installer,
machine à calculer ou l’ordinateur, accès à l’application informatique …).
6) Rappel sur la procédure d’audit : « Il est, en effet, important de mentionner ce qui va se
passer après la phase d’intervention sur le terrain. On va donc rappeler :(l’éventualité de réunions
intermédiaires en cours d’audit, l’information systématique sur les constats, la réunion de clôture où
les mêmes participants vont se retrouver, quand et comment va être rédigé le rapport d’audit, à qui il
va être distribué, la procédure retenue pour le suivi des recommandations. »

2) Le programme d’audit :

On l’appelle aussi « Programme de vérification » ou encore « planning de réalisation »


; quelle que soit sa dénomination, il s’agit du document interne au service et dans lequel on va
procéder à la détermination et à la répartition des tâches.

J. Renard « théorie et pratique de l’audit interne » OPCIT, p246 ,248

26
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Ce programme d’audit est établi par l’équipe en charge de la mission, sous la


supervision du chef de mission et en général au cours d’un bref retour dans les bureaux du
service. Ce document répond à 6 objectifs, son contenu est essentiellement technique.
 Les six objectifs :

Un document (contractuel) : Il va lier l’équipe d’audit à sa hiérarchie comme


n’importe quelle mission permanente ou occasionnelle dont sont chargés les acteurs de
l’entreprise dans les autres services. Quelles que soient les modifications qui peuvent être
apportées en cours d’audit, le programme constitue la référence utilisée pour apprécier le
travail effectué.
Un planning de travail : Sur ce document, on répartit les tâches entre les différents
membres de la mission : aux auditeurs juniors les tâches élémentaires, aux auditeurs seniors
les analyses plus complexes, à tel auditeur spécialisé l’exploration du domaine qu’il connaît
bien, etc. En sus de cette répartition en fonction des compétences, le travail est organisé et
planifié dans le temps.
Un fil conducteur : C’est un « fil conducteur » pour chaque auditeur qui n’ira pas « à
l’aventure », des pistes par intuition mais procède ainsi de façon logique en suivant les
différentes étapes de son programme. Dans une mission importante, les tâches des uns et des
autres s’additionnent un peu comme les pièces d’un puzzle pour constituer à la fin un
ensemble cohérent qui permet d’atteindre les objectifs fixés.
Suivi du contrôle : Le programme permet également au responsable de la mission de
mieux suivre, et donc d’avoir les moyens d’apprécier le travail des auditeurs.
 Ce suivi s’exerce à un double niveau :
 Globalement, il permet de s’assurer du déroulement normal des opérations
dans le temps, et donc d’anticiper les avances ou retards par rapport au planning
préétabli.
 Individuellement, il permet de savoir où en est chaque auditeur dans les tâches
qui lui ont été assignées.
Documentation : Enfin – et ce n’est pas le moindre des objectifs – l’existence d’un
programme de travail précis pour chaque thème ou sujet d’audit constitue au sein du service
d’audit interne une documentation particulièrement précieuse et qui sert de modèle pour les
audits à venir.
Le contenu : C’est l’énoncé précis et détaillé de deux points essentiels :
 Le premier est l’indication des travaux préliminaires à accomplir pour mettre
en œuvre les techniques et outils. Ces travaux préliminaires sont le plus souvent à réaliser

27
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

par les auditeurs eux-mêmes : inventaires, rassemblement de documents, sélections


diverses.25
 Le second est l’indication de quelle technique, de quel outil, il faut envisager
l’utilisation. Pour chaque tâche à accomplir et bien identifiée, le chef de mission et ses
auditeurs définissent s’il a lieu : (d’établir un diagramme de circulation, de faire un
sondage statistique, de suivre une piste d’audit, d’interviewer un opérationnel, de réaliser
telle observation sur le terrain ; etc.)

3) Le travail sur le terrain :

A cette phase, l’auditeur a déjà préparé son programme de travail et les questionnaires
de contrôle interne, il se présente alors sur terrain pour observation physique afin collecter les
informations avec les outils qui sont à sa disposition et il établit pour chaque anomalie une
Fiche de Révélation et d’Analyse des Problèmes :
Questionnaire de contrôle interne : Le questionnaire de contrôle interne (QCI) est un
document interne à l’Audit Interne dont la finalité est de permettre aux auditeurs internes
d’évaluer le dispositif de contrôle interne de l’entité à auditer.
Le QCI comporte 5 questions fondamentales qui permettent de regrouper l’ensemble
des interrogations concernant les points de contrôle : qui, quoi, où, quand, comment :
 Qui ? regroupe les questions relatives à l’opérateur qu’il faut identifier avec précision
et déterminer quels sont ses pouvoirs.
 Quoi? regroupe les questions relatives à l’objet du processus, activités, opérations ou
tâches.
 Où? concerne les endroits où se déroule l’opération.
 Quand? regroupe les questions relatives au temps : début, fin, durée, périodicité etc.
 Comment? regroupe les questions relatives à la description du mode opératoire,
comment se réalise le processus, l’activité ou l’opération.
Preuve d’audit : Les auditeurs ne doivent jamais baser leurs constats sur des
hypothèses ou intuitions, ils doivent avoir des preuves de ce qu’ils avancent. Les auditeurs
internes doivent rassembler des informations sur tous les éléments en relation avec les
objectifs et le champ d’application de la mission de manière à fournir une base solide à leurs
constatations.
L’observation : L’observation comporte l’observateur (auditeur interne) et l’observé
(la conduite et les traitements des opérations, le déroulement du travail, les conditions et

25
J. Renard « théorie et pratique de l’audit interne » OP CIT, p252, 253,254
28
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

l’environnement de travail, les biens etc.). L’auditeur interne observe dans un but précis, que
ce soit pour mieux connaitre, pour vérifier (valider) des hypothèses ou voir ce qui se passe.
L’observation assure 4 fonctions :
 Fonction descriptive : observer pour décrire une opération, un processus ou une
situation etc.
 Fonction de vérification : observer pour vérifier des hypothèses ou l’existence d’un
bien etc.
 Fonction évaluative : observer pour mesurer selon une échelle bien déterminée.
 Fonction heuristique : observer pour faire émerger des hypothèses, des nouvelles
idées etc.
Interview : L’interview constitue pour l’auditeur une méthode de collecte
d’information probante. Il permet, d’établir le contact avec l’équipe audité et d’avoir les
informations qui lui seront utile dans la démarche de travail. L’interview aide à préciser les
questions à étudier et à obtenir l’information probante à l’appui des constatations de
l’auditeur.
L’auditeur doit conduire les interviews de façon ordonnée et dans le respect des
personnes et il doit préparer un compte rendu après chaque interview.
Fiche de collecte des données : La FCD est un document établi par l’auditeur interne
chaque fois qu’il réalise une tâche dans le cadre de sa mission. Elle se présente sous la forme
d’un support de prise de note et d’enregistrement des observations et des constatations.
La FCD constitue une pratique préalable à toute analyse ainsi qu’à la rédaction des
fiches de constat et d’analyse.
Fiche de constat et d’analyse : La FCA est un papier de travail synthétique par lequel
l’auditeur interne documente chaque trouvaille en termes d’anomalie ou d’opportunité
d’amélioration.
La FCA formule le raisonnement de l’auditeur et l’aide à mettre en évidence les
anomalies et les opportunités d’amélioration.26
Chaque FCA respecte la structure suivante :
 Objet ;
 Faits ;
 Risque ou opportunité ;
 Analyse ;
 Recommandation ;

J.Renard « théorie et pratique de l’audit interne »OP CIT, p255


29
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

C. La phase de conclusion :

Après avoir effectué son travail sur le terrain, l'auditeur interne passe à la dernière étape de sa
mission, à savoir celle de la conclusion, où il va formuler les recommandations nécessaires,
élaborer le rapport d'audit et l'envoyer à la direction générale et aux responsables concernés,
élaborer un plan d'action pour le suivi de la mise en œuvre des recommandations et enfin
s'assurer de la mise en place des recommandations retenues. Afin de permettre la validation
générale, l'auditeur a l'obligation de rédiger en premier lieu un Projet de rapport d'audit
interne.

1) Projet de rapport :

Le Chef de mission rédige le projet de rapport sur la base des FCA (fiches de constat
et d’analyse) et des FCD (Fiche de collecte des données). Il organise une réunion avec tous
les auditeurs chargés de la mission pour en discuter le projet de rapport.
Les résultats de la mission sont présentés dans un document baptisé « projet de rapport
» pour trois raisons :
 Première raison : les observations qu’il contient n’ont pas encore fait l’objet d’une
validation générale; elles ne peuvent pas être considérées comme définitives, même si
chaque FCA (fiche de constat et d’analyse) a fait l’objet d’une validation spécifique.
 Deuxième raison : ce document, s’il comporte déjà les recommandations, ne
comprend pas les réponses des audités à celle-ci.
 Troisième raison : le droit de réponse permet aux audités, dans le cas d’un désaccord
avec les auditeurs internes en charge de la mission, de faire intégré leur commentaire, avis
ou version des faits dans le rapport.

2) La réunion de clôture :

Cette réunion a pour objectifs : de présenter et valider les constats; d’expliquer et faire
accepter les recommandations ; et de fixer les modalités pratiques relatives au plan d’action et
au suivi de la mission.
Tous les éléments découverts lors de l’audit doivent être présentés et validés par les
audités, tous les documents, tous les éléments de preuve qui ont permis les observations et la
collecte de données contenues dans le projet de rapport doivent être mis sur la table.

La transparence et la participation de tous les membres sont les principes clés de cette
réunion.

30
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Deux situations sont possibles :

 Soit l'auditeur fournit toutes les preuves concernant ces contestations, et le problème est
résolu ;
 Soit l'auditeur ne possède pas encore des preuves et donc la réunion est considérée non
réussie et rapportée jusqu' à ce que l'auditeur ramène ses preuves s'il y en a.
En cas de désaccord entre l'auditeur et les services audités sur le contenu des
recommandations, une demande d'arbitrage est adressée au mandant de la mission mettant en
exergue les points de désaccord entre les recommandations formulées par l'audit et les
réponses des services audités.
A la fin de cette réunion, l'auditeur doit demander aux audités de lui envoyer une
réponse sur les recommandations, et leurs rappeler aussi de la procédure de suivi d'audit.

3) Le rapport final :

Le rapport final de la mission d’audit ne peut être rédigé que lorsque les entités
auditées ont remis leurs commentaires écrits, si prévus lors de la réunion de validation.
Le rapport doit être structuré pour des lecteurs différents. C’est pourquoi, il comprend
un exposé général et une synthèse. L’exposé général doit être complet et apporte toutes les
informations utiles aux responsables audités et aux responsables des actions à entreprendre.
La synthèse s’adresse à des personnes qui doivent être informées et sensibilisées.
Le rapport doit être exact, objectif, clair, concis, constructif, complet et établi en
temps opportun.
Lors de la rédaction de ce rapport, l'auditeur doit rappeler le plan d'action et les
objectifs de la mission, et décrire l'organisation de la fonction auditée. Les constats, les
recommandations, et les réponses aux recommandations constituent le corps du rapport ainsi
qu'en conclusion, il est nécessaire d'aborder une synthèse brève et précise. 27

4) Le plan d’action :

La Structure de l’Audit Interne n’ayant ni l’autorité ni la responsabilité de mettre en


place les recommandations formulées dans le rapport, il est demandé alors d’élaborer des
plans d’action pour la mise en œuvre les recommandations.
Le plan d’action est un document sous forme de tableau établi par le Chef de la
mission en concertation avec les parties concernés (l’entité auditée et autres).

27
ZiedBoudriga « L’audit interne : Organisation et pratiques » OP CIT, p179, 180, 181

31
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Le plan d’action est soit inséré au rapport, soit remis à une date ultérieure comme
convenu lors de la réunion de clôture et de validation.
Figure nº2 : Le plan d’action se présente comme suit :

Source : ZiedBoudriga « L’audit interne : Organisation et pratiques » Collection Azurite 2012, p181

5) Suivi de la mission :

L’activité « suivi de la mission » permet de vérifier que les recommandations ont été
effectivement mises en œuvre par les entités ou les personnes désignées dans le plan d’action.
L’activité « suivi de la mission » est une mission en elle-même, qui ne nécessite pas
un ordre de mission spécifique, au cours de laquelle les auditeurs internes vérifier la mise en
œuvre du plan d’action.28
Le Responsable de la Structure d’Audit Interne charge un des auditeurs internes qui
ont réalisé la mission pour assurer le suivi de mise en œuvre du plan d’action. L’auditeur
chargé de l’activité de suivi prépare un rapport structuré comme suit :
Figure nº3 : Le plan d’action

Source : ZiedBoudriga « L’audit interne : Organisation et pratiques » Collection Azurite, p186

L’auditeur interne indique dans la colonne « état de réalisation » une des trois mentions
suivantes :
 Réalisée ;
 Non réalisée, dans ce cas il faut préciser dans la colonne « observation » les
causes ;

28
ZiedBoudriga « L’audit interne : Organisation et pratiques » OP CIT, p186
32
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

 En cours, dans ce cas il faut préciser dans la colonne « observation » le degré


d’avancement.

II. Les outils de l’audit interne :

Dans sa boîte à outils, l’auditeur prélève l’instrument qui va lui permettre d’atteindre
son but, on perçoit donc bien la difficulté qui est le choix de l’outil adéquat. Ils ne sont pas
spécifiques à l’audit interne et sont utilisés à de nombreuses fins par d’autres professionnels :
auditeurs externes, organisateurs, consultants, informaticiens…
Au cours d’une même recherche, deux outils peuvent être utilisés pour le même
objectif aux fins de validation, les résultats de l’un validant les résultats de l’autre29.
On peut utiliser plusieurs critères de classement des outils d’audit, retenons-en un qui
traduit deux démarches possibles de l’auditeur :
 Les outils d’interrogation qui vont aider l’auditeur à formuler des questions ou
à répondre à des questions qu’il se pose ;
 Les outils de description, on pourrait presque dire de « révélation », qui ne
présupposent pas de questions particulières, mais vont aider à mettre en relief les spécificités
des situations rencontrées.
Les outils d’interrogation sont :

 Les sondages statistiques ou échantillonnages.


 Les interviews et questions écrites.
 Les outils informatiques.
 Les vérifications, analyses et rapprochement divers.
Les outils de description sont :
 L’observation physique.
 La narration.
 L’organigramme fonctionnel.
 La grille d’analyse des taches.
 Le diagramme de circulation.
 La piste d’audit.

29
J. Renard « théorie et pratique de l’audit interne » OP CIT, p329
33
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

A. Les outils d’interrogation :

1) Les sondages statistiques ou échantillonnages :

Le sondage statistique est une méthode qui permet, à partir d’un échantillon prélevé de
façon aléatoire dans une population de référence, d’extrapoler à la population, les
observations faites sur l’échantillon.30
Les sondages statistiques (ou échantillonnages) sont parfois, et à tort, controversés en
audit interne. La fausse querelle qui leur est faite repose sur l’existence de fichiers
informatiques et de logiciels d’extraction et d’analyse. Pourquoi donc, déclare-t-on alors,
réaliser un sondage statistique alors que l’on dispose de fichiers informatiques pouvant être
analysés dans leur intégralité ? D’où la conclusion rapide que le sondage statistique est un
outil obsolète. Ce raisonnement est erroné, il est même triplement erroné :
 Tous les ensembles, que l’auditeur interne souhaite observer, ne se retrouvent
pas nécessairement dans les fichiers informatiques.
 Et quand bien même la population à observer serait inventoriée dans un fichier,
encore faudrait-il avoir la certitude que ce fichier est exhaustif et à jour.
 Enfin, la finalité du sondage statistique pour l’auditeur est à ce point
élémentaire que la réponse cherchée ne nécessite que rarement la mise en œuvre de
programmes d’extraction et d’analyse. En effet, ce qu’attend le plus souvent l’auditeur
interne d’un sondage statistique est une information simple : ayant rencontré au cours de
ses tests un phénomène, une erreur, un dysfonctionnement, il veut connaître rapidement
l’ampleur de ce phénomène, de cette erreur, de ce dysfonctionnement.
2) L’information statistique :

Dans toute organisation il existe trois niveaux d’information statistique que l’auditeur

interne va utiliser pour mener son investigation.

Premier niveau : les données élémentaires

L’auditeur interne va le plus souvent les mettre en ordre, c’est-à-dire les trier, pour
pouvoir en tirer soit des conclusions, soit des pistes d’observation. Ces tris sont de deux
ordres les enquêtes (ou tris à plat) qui vont permettre de connaître le pourcentage de gens
qui vont répondre oui ou non.
- Le tri croisé est un peu plus élaboré puisqu’il met en œuvre deux variables. Exemple :
analyse des ventes par régions et par produits.

30
J. Renard « théorie et pratique de l’audit interne » OP CIT, p331
34
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Deuxième niveau : les statistiques internes

Elles sont élaborées par tous, et en particulier par le contrôle de gestion. Il faut
rappeler ici le rôle important joué par le contrôle de gestion comme « pourvoyeur »
d’information pour l’audit interne.
Troisième niveau : l’échantillonnage statistique

Ce niveau est celui qui nous intéresse ici. Il est mis en œuvre par la technique du
sondage. L’usage en est simple à condition de respecter un certain nombre de règles
essentielles.

3) Les interviews :

Interview: L’interview constitue pour l’auditeur une méthode de collecte


d’information probante.
L’interview de l’audit interne ce n’est ni conversation ni interrogatoire.

 L’interview de l’audit interne n’est pas une conversation : l’auditeur interne ici
c’est ce lui qui écoute, qui est demandeur de l’entretien. L’interview d’audit est organisée
et centrée sur les objectifs à atteindre qui sont l’obtention d’un certain nombre
d’informations.
 L’interview n’est pas un interrogatoire : n’est pas un interrogatoire dans lequel
le rapport serait celui d’un accusé face à son accusateur. Tout au contraire l’atmosphère
d’une interview d’audit interne doit être une atmosphère de collaboration.
En audit interne l’interview est coopérative.
L’interview d’audit se déroule normalement en quatre étapes :

La première étape : préparation de l’interview

Préparer une interview c’est :

 Définir au préalable le sujet de l’interview : Quelle qu’en soit la cause, la


définition du sujet est, en effet, la première démarche.
 Connaitre le sujet : cela recouvre deux éléments importants :
- Connaitre la personne que l’on va rencontrer.
- Connaitre l’objet de l’entretien, disposer des informations quantitatives
sur l’activité concernée.
 Elaborer les questions : il s’agit, compte tenu de la personnalité de
l’interlocuteur et du contexte, de poser les bonnes questions pour obtenir la réponse. Pour
ce faire, les questions seront toujours ouvertes, non fermées.
35
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

 Prendre rendez-vous : Prendre rendez-vous est un acte indispensable pour un


bon déroulement de l’interview. L’auditeur ne doit pas se présenter sans prévenir.
La deuxième étape : début de l’interview

Il faut commencer par se présenter : l’auditeur rappelle qui il est, quel est l’objet de la
mission et ce qu’il vient faire. D’entrée de jeu, il précise la technique qu’il compte utiliser :
questions préétablies, prise de notes, en expliquant que c’est là la façon normale de procéder
en interview d’audit interne.
La troisième étape : les questions

Si les questions ont été bien élaborées, et si elles sont posées à quelqu’un qui est en
état de réceptivité, l’auditeur va obtenir l’information recherchée, à condition :
 Toujours vérifier que l’on a bien compris la réponse de l’interlocuteur.
 Toujours laisser l’auditer s’exprimer implique qu’il ne s’exprime que pour formuler ce
qu’on attend de lui afin obtenir le maximum d’informations.
 Les réponses sont notées par écrit, mais cela doit être fait sans casser le rythme de
l’interview la prise de notes se fait en même temps que la prise de parole.
La quatrième étape : la conclusion de l’interview

Conclure c’est :

 Procéder à une validation générale en résumant les principaux points notés pour
s’assurer qu’il n’y a ni erreur d’interprétation, ni omission.
 Lorsque tout est dit, remercier l’auditer pour le temps qu’il a bien voulu consacrer à
l’interview.31

4) Les outils informatiques :

Il existe plusieurs outils informatiques utilisé par le service d’audit interne, Nous nous
limiterons sur trois catégories d’outils informatiques :
Premier outil : les outils de travail de l’auditeur

On est ici dans le domaine des logiciels du marché, très largement connus, et pour
lesquels une simple énumération suffit :
 Les logiciels de traitement de textes qui sont utilisés en permanence.
 Les logiciels de dessin (Power point – Flow charting…) qui sont
particulièrement utiles dans l’illustration des rapports et pour la réalisation des
diagrammes de circulation.

31
J. Renard « théorie et pratique de l’audit interne » OP CIT, p336, 337, 342
36
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

 Les tableurs qui sont très utilisés pour mettre de l’ordre dans les chiffres.
 Les gestionnaires de bases de données qui sont utiles dans le traitement
automatique des résultats des missions.
 Les logiciels de représentations graphiques qui sont toujours utiles.
Deuxième outil : Les outils de réalisation des missions

Dans ce type on trouve des outils méthodologiques et des outils d’interrogation et


d’extraction de fichiers.
 Les outils méthodologiques : Ils permettent à l’auditeur interne de concevoir
son tableau de risques, d’établir et de suivre le déroulement de son questionnaire de
contrôle interne etc.
Ce sont pour la plupart des logiciels conçus par le service. Quelques logiciels du
marché sont de plus en plus souvent utilisés et qui permettent la réalisation et le suivi des
missions et recommandations.32
<HORUS >est le plus connu logiciel de gestion des missions et recommandations,
il est destiné aux auditeurs sur le terrain. De même les auditeurs utilisent < SPHYNX >
logiciel de mission et d’évaluation du contrôle interne.
 Les outils d’interrogation et d’extraction de fichiers :pour utiliser les outils
d’interrogation rendant possibles les extractions et analyses de fichiers, trois conditions
sont nécessaires :
 Disposer d’un fichier fiable contenant les informations que l’on souhaite
analyser.
 Disposer d’outil d’interrogation et de personnel capable de les utiliser.
 Un bon rapport qualité /prix : autrement dit, un cout d’interrogation qui
reste capable par rapport au bénéfice attendu.
Troisième outil : les outils de gestion du service

Ils sont très largement conçus par le service lui-même, car ils sont fonction de son
organisation et de ses modalités de gestion.
On trouve sous cette rubrique :
 Les logiciels d’élaboration du plan et de suivi de sa réalisation.
 Les logiciels de suivi des temps de travail des auditeurs.
 Les outils de mesures d’efficacité des missions d’audit.
 Les bases de données répertoriant constats et recommandations.

32
J. Renard « théorie et pratique de l’audit interne » OP CIT, p343, 344
37
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

 Le contrôle budgétaire de l’unité.

5) Les vérifications, analyses et rapprochement divers :

Ce ne sont pas des outils à proprement parler mais plutôt des procédés et qui sont
utilisés par l’auditeur au cours du travail sur le terrain. Ces procédés sont également
largement utilisés par :
 Tous les responsables chargés de la vérification au premier degré.
 Les auditeurs externes.
 Les auditeurs internes n’y ont recours que pour s’assurer de la validité des
opérations effectuées.
Les vérifications : Elles sont extrêmement diverses :

Les plus nombreuses sont les vérifications arithmétiques. Signalons à ce propos les
erreurs croissantes dues à la pratique des tableurs. On peut assimiler aux vérifications
arithmétiques l’utilisation des ratios, largement utilisés en audit comptable. Ajoutons à cette
rubrique, la vérification de l’existence de documents et la recherche d’indices, tous éléments
que nous retrouverons en parlant de l’observation.
Les analyses : Les analyses de données permettent d’utiliser les potentialités du
Système d’Information pour aider les auditeurs dans la conduite de leurs travaux. Leur mise
en œuvre exige une bonne connaissance des données disponibles dans les applications
informatiques (données financières et techniques) et une bonne fiabilité dans la technique de
saisie des informations. Ces analyses permettent de révéler des dysfonctionnements mais ne
permettent pas d’en connaître les causes. Il faut, pour ce faire, aller au-delà : entretiens,
observations, vérifications, Etc.33
Les rapprochements : Les rapprochements constituent pour l’auditeur interne une
technique de validation : on confirme l’identité d’une information dès l’instant qu’elle
provient de deux sources différentes : c’est le cross contrôle.
Par exemple :
 Effectif déterminé par le service du personnel et effectif connu de l’unité.
 Stock comptable et stock réel.
 Vente de produits à une filiale et achats de la filiale à la société mère.
 Entrées et sorties dans les bureaux et état des heures supplémentaires.
 Etc.

33
J. Renard « théorie et pratique de l’audit interne » OP CIT, p346, 347, 348
38
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

B. Les outils de description :

1) L’observation physique :

L’auditeur interne n’est pas quelqu’un qui reste dans son bureau : il saisit toutes les
occasions pour aller sur le terrain et pratiquer l’observation physique. Aller « sur le terrain »
ce peut être allé dans une usine, visiter un secteur commercial… ou aller dans un autre
bureau. Dans tous ces cas, il ne procède pas seulement à des interviews, il va également
observer.
La pratique de l’observation physique exige trois conditions :
 L’observation ne doit pas être clandestine : l'auditeur doit prévenir les
responsables concernés pour les informer de sa visite et ses intentions.
 L’observation ne doit pas être ponctuelle : ou bien elle dure un certain temps,
et cela la contrepartie de la première condition, peu importe que les intéressés aient été
prévenus, l’observation sera toujours suffisamment complète pour saisir le phénomène
dans sa réalité.34
 L’observation doit toujours être validée car elle est incertaine, sauf le cas où
elle est elle-même une validation.
Que peut-on observer ?
On peut observer les processus :
 Comment se déroule une opération de recrutement.
 Comment se déroule l’établissement, le contrôle et règlement des notes de frais.
 Comment se déroule l’achat et l’approvisionnement des matières premières.
 Etc.
On peut observer les biens :
L’observation élémentaire des biens, c’est l’inventaire. Mais il n’y a pas que
l’observation quantitative des biens, il y a aussi l’observation qualitative.
On peut observer les documents :
Les documents comptables sont les premiers auxquels on pense, les notes, les
procédures et papiers divers. Le nombre est infini.
On peut observer les comportements :
Le comportement des personnes au travail : ainsi l’auditeur observe que personne ne
présente sa carte d’identification à l’entrée des bureaux, ou l’interdiction de fumer dans des

34
J.Renard « théorie et pratique de l’audit interne » OP CIT, p351, 352
39
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

lieux dangereux ne sont pas respectés ; ou encore qu’une entreprise ramasse les déchets dans
l’usine alors qu’un contrat forfaitaire et à l’année a été conclu avec une autre, Etc.

2) La narration :

Il existe deux sortes de narration, toutes les deux utilisées en audit interne : la
narration par l’audité et la narration par l’auditeur. La première est orale, la seconde est écrite.
La narration par l’audité est la plus riche, c’est elle qui apporte le plus d’enseignements ; la
narration par l’auditeur n’est qu’une mise en ordre des idées et des connaissances.35

3) L’organigramme fonctionnel :

On a vu que l’organigramme hiérarchique, dispositif essentiel de contrôle interne, doit


être construit et mis en place par le responsable et qu’il est de première importance pour
l’auditeur de se le faire communiquer. L’organigramme fonctionnel, par contre, va être
construit par l’auditeur, si celui-ci le juge nécessaire, pour y voir plus clair. L’auditeur le
dessine à partir d’informations recueillies par observations, interviews, narrations…
Le dessin d’un organigramme fonctionnel permet d’enrichir les connaissances
obtenues à partir de l’addition : organigramme hiérarchique + analyses de poste. C’est, en
général, le document qui permet de passer de l’un à l’autre car il révèle la totalité des
fonctions existantes et permet donc d’aller voir, si on trouve leur traduction, dans les analyses
de poste.

4) La grille d’analyse des taches :


Elle va véritablement relier l’organigramme fonctionnel à l’organigramme
hiérarchique et justifier les analyses de postes. Tous ces documents reflétant une situation à
une date donnée, il en est de même de la grille d’analyse des tâches, qui est la photographie à
un instant T de la répartition du travail. Sa lecture va permettre de déceler sans erreur possible
les manquements à la séparation des tâches et donc d’y porter remède. Elle permet également
de faire le premier pas dans l’analyse des charges de travail de chacun.

5) Le diagramme de circulation :
Le diagramme de circulation, ou<flow chart>, permet de représenter la circulation des
documents entre les différentes fonctions et centres de responsabilité, d’indiquer leur origine
et leur destination et donc de donner une vision complète du cheminement des informations et

J.Renard « théorie et pratique de l’audit interne » OP CIT, p353, 354, 355


40
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

de leurs supports. Le diagramme de circulation est dynamique par contre la grille d’analyse
des taches est statique.36

6) La piste d’audit :
La piste d’audit ou chemin d’audit est alors une méthode de test s’appuyant sur un
document final ou sur le résultat d’une opération, et permettant de remonter à la source en
passant par toutes les phases intermédiaires.
En audit interne, la piste d’audit peut être utilisée dans toutes les fonctions et pour
toutes les opérations. Citons à titre d’exemples :
 Retracer toutes les opérations relatives à la vente d’un produit.
 Retracer toutes les opérations relatives à l’achat d’un matériel.
 Retracer toutes les opérations relatives au paiement d’un salaire.
 Retracer toutes les opérations relatives à la fabrication d’un objet.
 Reconstituer les différentes étapes d’un recrutement.
 Etc

36
J. Renard « théorie et pratique de l’audit interne » OP CIT, p367
41
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Conclusion du chapitre I :

L’audit interne est positionné dans les normes internationales comme une véritable

source d’amélioration continue pour accroître l’efficacité du système globale de l’entreprise.

Un audit réussi se doit être organisé et dans lequel des outils soient utilisés avec une bonne

méthodologie.

La fonction de l’audit interne a évolué ces dernières années et l’auditeur interne ne

devient pas uniquement comme un policier pour protéger les actifs de l’organisation mais, un

partenaire stratégique dans le business.

Depuis les scandales financiers qui ont défrayé la chronique aux Etats-Unis et en

Europe l’audit interne, devient un outil incontournable au sein de l’entreprise.

Nous pouvons conclure que la mission d'audit est une fonction temporaire et

déterminée et que l'auditeur interne doit l'accomplir à l'intention de la Direction Générale de

manière efficace. Elle exige de l'auditeur interne un bagage de connaissances et de techniques

qui lui permettront d'attribuer à l'amélioration des systèmes et à la vérification des processus

internes.

42
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Chapitre II : les contraintes de l’audit interne dans les entreprises


marocaines.

Introduction du chapitre II:

La création ou la mise en place d’une entité d’audit interne dans une entreprise ne peut
se faire par une simple décision hiérarchique et sans étude préalable des conditions optimales
de sa réussite. Celle-ci ne se limite pas seulement à étudie les contraintes, les besoins ou
l’opportunité pour l’entreprise à introduire l’audit interne dans son management, mais à
analyser également si le contexte de l’entreprise dispose des préalables organisationnels,
humains nécessaires à la réussite opérationnelle de la fonction d’audit interne.

Section I : Les préalables à la mise en place de la fonction

d’audit interne

Disposer les préalables nécessaires à la création de service d’audit, c’est le fait pour
l’entreprise de disposer du référentiel organisationnel, humain nécessaire pour procéder à ses
missions.

I. Règles de conduite des auditeurs interne :

L’IFACI impose un code de déontologie ou des règles de conduite qui doivent être
respecté par les auditeurs interne. Donc Les auditeurs internes exercent leur métier en
respectant des règles et des principes fondamentaux à savoir : l’intégrité, l’objectivité, la
confidentialité, et la compétence.

A. Intégrité et honnêteté des auditeurs :

L’intégrité des auditeurs internes est à La base de la confiance et de la crédibilité


accordées à leur jugement. Les auditeurs internes doivent accomplir leurs missions avec
honnêteté, diligence et responsabilité. Ils ne doivent pas sciemment prendre part à des
activités illégales ou s’engager dans des actes déshonorants et mettre en doute leur intégrité.

43
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Les auditeurs internes :


 Les auditeurs doivent accomplir leur mission avec honnêteté, diligence et
responsabilité.
 Doivent respecter la loi et faire les révélations requises par les lois et les règles
de la profession.
 Ne doivent pas sciemment pas sciemment prendre part à des activités illégales
ou s’engager dans des actes déshonorants et mettre en doute leur intégrité.
 Doivent respecter et contribuer aux objectifs éthiques et légitimes de leur
organisation.37

B. Objectivité des auditeurs :

L’objectivité est une attitude impartiale qui permet aux auditeurs internes d’accomplir
leurs missions de telle sorte qu’ils soient certains de la qualité de leurs travaux menés sans
compromis. L’objectivité implique que les auditeurs internes ne subordonnent pas leur propre
jugement à celui d’autres personnes.37
Les auditeurs internes montrent le plus haut degré d’objectivité professionnelle en
collectant, évaluant et communiquant les informations relatives à l’activité ou au processus
examinés. Les auditeurs internes évaluent de manière équitable tous les éléments pertinents et
ne se laissent pas influencer dans leur jugement par leurs propres intérêts ou par autrui (les
faits d’abord les opinions ensuite).
Les auditeurs internes :
 Ne doivent pas prendre part à des activités ou établir des relations qui pourraient
compromettre ou risquer de compromettre le caractère impartial de leur jugement.
 Ne doivent rien accepter qui pourrait compromettre ou risquer de compromettre
leur jugement professionnel.
 Doivent révéler tous les faits matériels dont ils ont connaissance et qui, s’ils
n’étaient pas révélés, auraient pour conséquence de fausser le rapport sur les
activités, opérations ou processus examinée.

C. Confidentialité des auditeurs :

Les auditeurs internes respectent la valeur et la propriété des informations qu’ils


reçoivent. Ils ne divulguent ces informations qu’avec les autorisations requises, à moins
qu’une obligation légale ne les oblige à le faire.

37
ZiedBoudriga « L’audit interne : Organisation et pratiques » OP CIT, p101.
44
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

En cas de découverte d’irrégularité graves, de fraude ou de malversation, les auditeurs


internes doivent informer immédiatement leur hiérarchie et examiner avec elle la meilleure
conduite à tenir pour la recherche de preuve avec le tact et la discrétion nécessaires.
Les auditeurs internes :

 Doivent utiliser avec prudence et protéger les informations recueillies dans le cadre de
leurs activités.
 Ne doivent pas utiliser ces informations pour en retirer un bénéfice personnel, d’une
manière qui contreviendrait aux dispositions légales ou porterait préjudice aux
objectifs éthiques et légitimes de leurs organisation.

D. La compétence des auditeurs :

Les auditeurs internes doivent posséder les connaissances et expériences


indispensables à la pratique de l’Audit Interne. Ces exigences portent sur la compétence en
matière d’application des normes, du manuel de procédure d’audit et des techniques d’audit
interne.
La norme 2030 de l’institut des auditeurs internes indique que « Le responsable de
l’audit interne doit s’assurer que les ressources de l’audit interne sont appropriées, suffisantes
et efficacement déployées pour réaliser le plan d’audit approuvé. »38
L’interprétation de cette norme :

- Appropriés se réfère à la combinaison des connaissances, de savoir-faire et des autres


compétences nécessaires pour la réalisation du plan.
- Suffisantes se réfère à la quantité de ressources nécessaires pour la réalisation du plan.
- Les ressources sont déployées efficacement lorsqu'elles sont utilisées d'une manière qui
optimise la réalisation du plan approuvé.39
On distingue trois types des compétences que doivent dispose les auditeurs internes :
les compétences qualitatives et comportementales, les compétences fondamentales liées a
l’audit interne, et les compétences spécifiques.

1) Les compétences qualitatives et comportementales :

En ce qui concerne le profil comportemental, les auditeurs internes doivent :

 Etre intègre et honnête.


 Avoir un esprit critique et créatif.

38
Normes internationales pour la pratique professionnelle de l’audit interne de l’IIA version 2010.
39
ZiedBoudriga « L’audit interne : Organisation et pratiques » OP CIT, p113
45
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

 Avoir le sens d’organisation et de rigueur.


 Disposer de bonnes qualités relationnelles.
 Avoir de très bonnes qualités en matière de communication orale et écrite.
 Maitrise les techniques d’écoute : l’auditeur doit crée un climat de confiance
avec les audités.
 Avoir le sens de la pédagogie.
 Avoir des aptitudes à améliorer les connaissances, savoir-faire et autres
compétences.40

2) Les compétences fondamentales liées à l’audit interne :

En ce qui concerne les compétences techniques les auditeurs internes doivent avoir :

 Une connaissance approfondie du code de déontologie et des normes


professionnelles de l’audit interne établis par l’I.I.A.41
 Une maîtrise des outils d’audit à savoir :
 Les outils de collecte d’information : les questionnaires de contrôle interne, les
check-lists, les interviews et entretiens, l’observation physique.
 Les outils descriptifs : les flow-charts (diagramme de circulation), la grille
d’analyse des tâches, la piste d’audit.
 Les outils d’analyse : les 5 pourquoi, le diagramme d’Ishikawa ou diagramme
causes/effets, le QQQOCCP (Quoi, Qui, Quand, Où, Comment, Combien,
Pourquoi.
 Les outils de validation : l’observation physique, le rapprochement, la
reconstitution, l’échantillonnage et sondage statistique.
 Les outils informatiques : logiciels bureautiques, logiciel d’audit, Internet.
 Les outils de formalisation des travaux : le papier de travail, la FCA (feuille de
constat et d’analyse).42

3) Les compétences spécifiques :

Les compétences spécifiques, dont doivent disposer les auditeurs internes, sont :
 Des connaissances approfondies en matière de contrôle interne.
 Des connaissances approfondies en matière de gestion des risques.

40
ZiedBoudriga « L’audit interne : Organisation et pratiques » OP CIT, p113
41
Normes internationales pour la pratique professionnelle de l’audit interne de l’IIA version 2010.
42
ZiedBoudriga « L’audit interne : Organisation et pratiques » OP CIT, p115
46
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

 Une bonne connaissance en matière des technologies d’informations sans pour autant
qu’il soit exigé de posséder l’expertise en technologie d’information.
 Des connaissances approfondies en matière des principes et des techniques comptables
pour les auditeurs qui travaillent sur des documents et rapports financiers.
 Des bonnes connaissances en matière des principes de management.
 Des connaissances suffisantes en matière de fraude, pour être en mesure d’identifier les
indices de fraude.

II. Les préalables organisationnels et structurels de l’entreprise :

L’entreprise doit assurer plusieurs conditions afin de faciliter la mission, ou la


fonction d'audit, et parmi ces conditions on peut citer : l’indépendance structurelle, système
d’information efficace, l’organisation de l’entreprise, la politique de gestion de l’entreprise.

A. L’indépendance de l’audit interne :

L’indépendance c’est la capacité de l’audit interne à assumer, de manière impartiale,


ses responsabilités. Afin d’atteindre un degré d’indépendance nécessaire et suffisant à
l’exercice de ses responsabilités, le responsable de l’audit interne doit avoir un accès direct et
non restreint à la dire Le responsable de l'audit interne doit relever d’un niveau hiérarchique
suffisant au sein de l’organisation pour permettre au service d’audit interne d’exercer ses
responsabilités.43 Le responsable de l’audit interne doit confirmer au Conseil, au moins
annuellement, l’indépendance de l’audit interne au sein de l’organisation. 44L’indépendance au
sein de l’organisation est atteinte lorsque le responsable de l’audit interne rapporte
fonctionnellement au Conseil.

Les relations fonctionnelles impliquent, par exemple, que le Conseil :


 Approuve la charte d’audit interne.
 Approuve le plan d’audit interne fondé sur l’approche par les risques.
 Approuve le budget et les ressources prévisionnels de l’audit interne.
 Approuve la rémunération du responsable de l’audit interne.

43
ZiedBoudriga « L’audit interne : Organisation et pratiques » OP CIT, p102
44
http://www.iiamaroc.org/index.php/l-audit-interne/code-de-deontologie consulté le 15/04/2018
47
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

B. Le système d’information de l’entreprise :

Le système d’information est un référentiel indispensable à l’auditeur interne pour analyser


les faits observés, détecter les décalages, distorsions et anomalies éventuels d’un système,
trouver des explications pour les dysfonctionnements, valider les faits observés par l’auditeur.
Comment est organisée et structurée la fonction informationnelle de l’entreprise ?
Le système d’information est pris dans un sens très large et désigne les hommes qui
participent au processus d’information de l’entreprise, les structures d’organisation (les
circuits des informations, les documents, les procédures mises en place, la décentralisation…)
et les technologies de l’information et de la communication.
Le système d’information est ainsi défini comme « l’ensemble interdépendant de
personnes, des structures d’organisation, des technologies de l’information, (matériels et
logiciels), des procédures et des méthodes qui devraient permettre à l’entreprise de disposer
juste à temps des informations dont elle a (ou aura) besoin pour son fonctionnement courant
et pour son évolution.
Le système informatique n’est pas cantonné uniquement dans le système
d’information comptable. La fonction informationnelle doit intégrer des secteurs qui ne
relèvent pas de la finance : sécurité, environnement, social, marché…autant de domaines qui
ne se traduisent pas directement en chiffres dans le bilan de l’entreprise mais qui, en bonne
gestion, exigent d’être suivis et pilotés.
Toutes les entreprises doivent recueillir les informations pertinentes (financières ou
non) relatives aux événements et activités, externes comme internes identifiées par le
management comme étant utiles à la conduite des affaires.
Le système d’information, en tant que composant du système global de contrôle
interne, doit également faire l’objet d’audit interne. La qualité de l’information générée par le
système influe sur la capacité de gestion de l’entreprise de manière générale et sur le travail
de l’auditeur interne de manière particulière.

C. L’organisation de l’entreprise :

L’organisation de l’entreprise permet d’abord à l’auditeur interne de bien comprendre


le fonctionnement de l’entreprise. Il va pouvoir comprendre les relations de pouvoir et de
responsabilité, réaliser des tests de conformité et analyser les dysfonctionnements éventuels
d’une telle organisation. « On ne contrôle que ce qui est organisé » disait Fayol.
Il n’existe pas de modèle unique qui pourrait servir de référentiel. La diversité des
organisations est aussi grande que peut l’être la diversité des entreprises : taille, nature
d’activité, environnement, structure juridique…sont autant de variables qui vont générer des
48
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

organisations différentes. Mais le principe essentiel est que l’organisation doit être « adaptée »
à la culture, à l’environnement, à l’activité, etc.
Le dispositif d’organisation se traduit par la mise en place des éléments constitutifs
qui sont :
 L’organigramme, pour savoir qui commande à qui.
 L’analyse de poste pour savoir qui fait quoi.
 Le recueil des pouvoirs et latitudes pour connaître les limites des pouvoirs de
chacun.

1) L’organigramme :

L’organigramme présente de manière formelle et synthétique les positions, les dépendances


hiérarchiques et fonctionnelles, éventuellement les principales missions de chacun des
membres d’un service, et de chacun des services au sein de l’entreprise. L’organigramme
hiérarchique est le premier document que doit se faire communiquer l’auditeur.
L’organigramme hiérarchique permet de bien comprendre le fonctionnement de
l’unité, il peut ensuite révéler des pistes intéressantes. Des rattachements hiérarchiques
imprécis, des structures compliquées incitent l’auditeur à regarder les choses de plus prés.
Pour ce faire, il va se livrer à deux examens préalables :
- Un audit de conformité pour voir si la réalité structurelle de l’organigramme
correspond bien à celle décrite sur le document.
- Un audit de conformité pour s’assurer que les personnes désignées sur
l’organigramme sont bien celles qui sont en charge des différents postes et ce même si
la structure du document n’a pas varié.
En outre, l’examen de l’auditeur peut porter notamment sur le contenu des postes, leur
cohérence interne et surtout sur la compatibilité de l’organigramme avec les objectifs
généraux de l’entreprise.

2) L’analyse des postes :

L’analyse de poste (ou description de poste) est le second élément du dispositif


d’organisation. La description des postes présente tous les aspects importants du poste au
moyen d’une fiche détaillée, comprenant les rubriques suivantes :45
 Identification de l’emploi.
 Compétences souhaitées (formation, expérience, parcours antérieur).
 Mission de l’emploi à court et moyen terme.

45
J-M. PERETTI “Ressources humaines”, éd. Vuibert, 1990, p : 147
49
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

 Situation dans la structure hiérarchique et fonctionnelle.


 Inventaire des attributions.
 Description des activités (informations reçues et données, interlocuteurs, plan de
travail…).
 Marge d’autonomie.
 Contrôle par le supérieur (critères et objectifs).
 Moyens matériels et humains.
 Etc.
L’information contenue dans ce document doit être claire, réaliste, complète et
objective. Elle doit être approuvée par la direction et les différents responsables hiérarchiques
concernés.

3) Le recueil des pouvoirs :

Le recueil des pouvoirs et latitudes est le troisième élément du dispositif


d’organisation. Chaque acteur doit connaître avec précision ce qu’il doit faire et dans quelles
limites se situent ces délégations de pouvoir. Ces délégations doivent être écrites, connues des
bénéficiaires et de leur hiérarchie et surtout mises à jour en fonction des changements.
L’auditeur interne s’assure que toutes les dispositions sont prises pour répondre à ces
exigences.
L’existence d’un manuel de procédures ou des procédures écrites, devient une
nécessité dans toutes les organisations. En effet, les méthodes et procédures auraient
d’avantages d’efficacité si elles figuraient dans les manuels d’instruction.
L’auditeur veillera, dans un premier temps, à ce que des procédures écrites existent
dans l’entreprise. Dans un deuxième temps, il s’assurera qu’elles sont fiables et adaptées à
l’évolution de l’entreprise et de son environnement, et, finalement, il vérifiera qu’elles sont
appliquées.

D. La politique de gestion de l’entreprise :

Toute fonction de l’entreprise s’exerce dans le cadre d’une politique de gestion et


chaque responsable de fonction doit définir, ou à tout le moins connaître, la politique qu’il
doit conduire. Donc aucune fonction de l'entreprise ne peut s'exercer sans une politique de
gestion bien définie. Et, il appartient à chaque responsable de fonction de la définir ou la
connaître pour un meilleur exercice de la fonction.
Chaque politique de gestion va définir quelle est la mission du responsable de
fonction :

50
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

 Quelles actions doit-il entreprendre ?


 Dans quel domaine va-t-il les exercer ?
 Pour atteindre quels objectifs ?
On perçoit bien que pour une même activité, plusieurs politiques soient possibles et
que selon que l’on choisira l’une ou l’autre, le meilleur contrôle interne à mettre en place pour
atteindre les objectifs ne sera pas le même. On n’utilisera pas les mêmes moyens, les hommes
n’auront pas la même formation, le système d’information ne fournira pas les mêmes
renseignements etc. Dès lors, comment pourrait-on se lancer dans la mise en place d’un
contrôle interne adéquat encore moins à l’apprécier si au préalable, la mission ou la politique
à suivre n’est pas prédéfinie ? Et c’est pourquoi l’auditeur qui aura à apprécier ces
dispositions de contrôle ne pourra le faire que pour autant qu’il ait eu connaissance de la
mission assignée au responsable audité.
L’auditeur interne peut apprécier dans quelle mesure les audités poursuivent les
objectifs de l’entreprise, si ces derniers ne sont pas clairs entraînant une mauvaise
interprétation, éventuellement s’ils sont mal conçus l’entreprise risque en conséquence de mal
orienter ses ressources. L’auditeur interne peut également émettre son opinion non seulement
sur la bonne application des objectifs mais également sur leur qualité.
Les objectifs sont-ils opportuns ? Il peut même aller plus loin et apprécier la
pertinence des procédés d’élaboration des décisions stratégiques et attirer l’attention sur les
risques et les incohérences relevés au niveau des choix de l’entreprise. Néanmoins, le champ
couvert par l’audit interne est corrélé à une multitude de paramètres : la politique de
développement de l’audit interne, la compétence des auditeurs, la culture de l’entreprise…

51
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Section II : les contraintes de création de la fonction

d’audit interne

Il existe plusieurs critères et déterminants de la création de la fonction d’audit interne et parmi


lesquels on peut citer : la taille de l’entreprise, la décentralisation géographique, secteur
d’activité, qualification du personnel. Justifient souvent la création d’un service d’audit
interne dans des entreprises évoluant sur le plan national et international.
A. La taille de l’entreprise :

La taille de l’entreprise est considérée parmi les critères les plus importants à la
création de la fonction de l’audit interne au sein des l’entreprises est souvent associée au
chiffre d’affaires ou aux effectifs. Le nombre de salariés est le critère qui, de loin, détermine
la création d’un service d’audit interne. On considère généralement qu’un service d’audit
interne s’impose à raison d’un auditeur interne pour mille salariés environ. Il n’est pas rare de
rencontrer un service d’audit interne dans des entreprises disposant de moins de mille salariés.
Dans cette hypothèse, outre l’effectif, c’est surtout l’importance relative et la nouveauté des
opérations qui seront prises en compte pour décider de la création d’un service d’audit
interne.46
Dans tous les secteurs, l’audit interne ne concerne pas que les grandes entreprises,
même si c’est par elles que le mouvement a commencé. En outre, l’audit interne n’est pas un
département mais une fonction qui au moins au plan des principes peut exister en dehors de
toute structure spécifique. Cette dernière concerne de plus en plus les organisations de
moyenne importance et celles-ci constituent un groupe important au sein de l’Institut Français
des Auditeurs et Consultants Internes (IFACI). L’enquête réalisée par l’IFACI en 1991 a
permis de calculer un chiffre moyen d’un auditeur par 1000 personnes. A partir de ce constat,
on a parfois conclu que seules les grandes entreprises étaient concernées par la fonction. C’est
oublier qu’il s’agit là d’une moyenne arithmétique recouvrant des réalisations bien
différentes.
Dans les PME (petite et moyenne entreprise), une certaine souplesse s’impose dans la
réalisation des programmes de travail. Les services d’audit sont rarement structurés. D’une
façon générale, dans une PME, l’audit doit être ciblé sur le chef d’entreprise lui-même, afin
de l’éclairer et de le sécuriser sur les aspects de celle-ci qui, pour des raisons de formation, de
compétence ou autres, ne relève pas de ses préoccupations permanentes.47

46
Élisabeth bertin : audit interne Ed 2007 OP CIT page: 27
47
Elisabeth bertin : audit interne Ed 2007 OP CIT page : 27
52
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Dans les grandes entreprises, l’organisation des missions doit être plus rigoureusement
organisée : programmes, calendrier, points de contrôle de l’avancement des travaux, comptes
rendus au « client », constituent une trame contraignante, indispensable à la fois pour éviter
les pertes de temps sur des problèmes secondaires ou périphériques et pour servir de référence
aux relations régulières à entretenir avec les audités.
B. Décentralisation géographique :

Même si la création d’un service d’audit interne est principalement dictée par la taille,
dans un groupe, la dispersion ou l’éloignement géographique des filiales par rapport au siège
justifie la création d’un service d’audit interne au niveau du groupe, voire des filiales.
Le siège réunit certains services centraux tels que les services financiers, juridiques,
informatiques qui subissent parfois des difficultés pour saisir une information exacte du fait
de l’éloignement géographique.
Les missions à attribuer au service d’audit groupe peuvent être les suivantes :
 S’assurer que les procédures sont mises en place de façon homogène tant au niveau du
siège qu’au niveau des entités filiales.
 S’assurer que les décisions prises au niveau du siège sont correctement appliquées au
niveau des filiales.
 S’assurer que les informations en provenance des mêmes filiales (les informations
découlant d’obligations légales, les informations additionnelles, i.e.reporting et
l’information collectée) sont fiables.
 S’assurer que les filiales respectent les lois et les règlements en vigueur dans les pays
où elles sont implantées.48
La décentralisation géographique dont le rôle n’est certes pas à négliger mais joue
davantage sur le nombre des auditeurs que sur la décision de créer un service. Il est évident
donc qu’une organisation décentralisée est plus difficile à maintenir et incite donc à la mise en
place d’un audit interne. Mais, il est surtout évident que dans une telle structure,
l’organisation des missions exige plus de personnel pour être menée efficacement.
En définitive, les services d’audit interne dans les grandes entreprises nationales et
dans les grands groupes internationaux ont pour mission de garantir l’unité de commandement
et la cohérence globale des politiques et des stratégies entre le siège et les différents centres de
responsabilité et/ou les entités filiales du groupe. L’efficacité de l’audit interne dans les

48
Jacques RENARD « Théorie et pratique de l’audit interne » OPCIT, p : 19
53
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

grandes entreprises nationales et dans les groupes internationaux dépend de l’organisation du


service d’audit et de l’approche méthodologique utilisée.49

1) Le secteur d’activité de l’entreprise :

La diversification ou la multiplication des secteurs d’activité de l’entreprise est


considérée comme une contrainte, qui entrave la mise en place de la fonction de l’audit
interne dans les entreprises.

Les risques d’erreur les plus importants en matière d’information existent dans les
entreprises disposant de secteurs d’activité différents. Les entreprises diversifiées risquent, en
voulant uniformiser les procédures de tous les secteurs d’activité, d’obtenir une information
de gestion qui n’est plus le reflet fidèle de la situation de tel ou tel domaine. Cette critique
s’applique surtout à l’information concernant le cycle de production et la fixation de normeset
de standards (qualitatifs et quantitatifs).

L’auditeur interne peut alors susciter, selon les mêmes auteurs, la création de
procédures d’informations spécifique à chaque secteur : son apport peut devenir
particulièrement important quand une entreprise n’a pas de service de contrôle de gestion bien
adapté à ses besoins dans chaque secteur d’activité. La synthèse de ces diverses informations
doit être faite néanmoins au niveau « holding » avec toute la prudence que requiert la
comparaison d’informations fournies par des procédures différentes ; à ce niveau, également,
le service d’audit interne peut contribuer considérablement à la conception de l’information
synthétique à travers les tableaux de bord adaptés.
Certes, la multiplication des secteurs d’activité a une influence non négligeable pour
expliquer la création d’une fonction d’audit interne mais elle a surtout beaucoup plus
d’incidence sur l’importance de l’équipe des auditeurs.

2) La qualification du personnel :

La dimension humaine est tellement déterminante pour réaliser efficacement l’audit


interne dans l’entreprise qu’il revient tant aux auditeurs internes qu’aux directions générales
de créer un état d’esprit permettant cet épanouissement et favorisant les nécessaires
adaptations aux mutations de l’environnement et des techniques.
Le personnel faisant preuve d’un niveau de qualification excellent et uniforme et une
capacité suffisante d’adaptation. Ceci n’est malheureusement pas toujours le cas, surtout dans
les entreprises employant de nombreuses personnes.

49
Elisabeth Bertin : audit interne Éd 2007 OPCIT page : 28
54
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Les personnels en poste dans la plupart de nos entreprises n’ont souvent pas le profil
de l’emploi. Ceci est dû soit à une mauvaise politique de gestion des ressources humaines,
soit à la mauvaise gouvernance d’entreprise. Dans de nombreux cas, les dirigeants
d’entreprises préfèrent portés à des postes sensibles les membres de la famille qui n’ont
toujours pas des compétences nécessaires, car les choix sont plus stratégiques qu’objectifs.50
On trouve dans certaines entreprises par exemple les responsables de la comptabilité
dont la formation de base n’a pas de lien avec les disciplines comptables. De même les chefs
d’entreprise n’accordent pas d’importance à la formation permanente de leurs collaborateurs.
Dans un environnement en pleine mutation comme le notre, les personnels devraient
normalement suivre de façon régulière les formations professionnelles pour une meilleure
efficacité. Mais très peu d’entreprises pensent à engager des charges à cet effet.
En marge des mutations et innovations, la fiabilité des informations produites dans ces
conditions est plutôt douteuse.

50
http://www.investir-afrique.com/doc/fiabilite_de_information_comptable_et_gouvernance_entreprise.pdf consulté le
15/04/2018

55
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Conclusion du chapitre II:

Nous pouvons conclure que la création de la fonction d’audit interne est justifiée par
plusieurs critères, et parmi lesquels on a trouvé :

 La taille de l’entreprise : le phénomène est prépondérant dans les grandes entreprises.


Mais dans tous les secteurs, l’audit interne ne concerne pas, que les entreprises de taille
importante.
 La décentralisation géographique dont le rôle n’est certes pas à négliger mais qui joue
davantage sur le nombre des auditeurs que sur la décision de créer le service.
 La multiplication des secteurs d’activité est également invoquée pour expliquer la
création de la fonction, les remarques sont les mêmes que précédemment : influence
certes non négligeable mais surtout incidence sur l’importance de l’équipe d’auditeurs.

Néanmoins, l’opportunité de la création d’un service d’audit interne peut être


discutable pour des considérations organisationnelles, humaines et culturelles inhérentes à
l’entreprise. Une telle entité exige l’existence et la mise en place de préalables nécessaires à la
création d’un contexte opérationnel et réceptif pour la fonction.
Ces préalables sont :
 La définition d’une politique de gestion claire et précise.
 La structuration et la définition du système « organisation ».
 L’existence d’un système d’information.
 L’adhésion des acteurs.
Politiques, plans, dispositions individuelles ou conjoncturelles, normes et procédures
de travail, système d’information, environnement de contrôle sont des référentiels dont la
connaissance est nécessaire pour l’auditeur interne.

56
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Chapitre III : les perspectives de l’audit interne dans les entreprises


marocaines.

Introduction du chapitre III :

Les perspectives au sein des entreprises marocaines sont réparties en trois


dimensions : des perspectives financières; des perspectives opérationnelles; et des
perspectives stratégiques.

Les perspectives dans le cadre financier : orientées sur la fiabilité des informations
financières et la protection du patrimoine de l’entreprise, et aussi assurer la fiabilité des
documents comptables. L’auditeur interne doit s’assurer, en relation avec les auditeurs
externes, que les procédures de contrôle interne comptables sont fiables. Il ne s’agit nullement
ici d’une mission de certification des comptes.
Les perspectives opérationnelles : sont plus tournées vers l’efficacité et l’efficience de
l’organisation, vers une gestion participative de la fonction d’audit au sien de l’entreprise, et
la détection des dysfonctionnements. L’auditeur interne doit procéder à un examen
systématique des activités ou des processus d’une entité en vue d’évaluer l’organisation et ses
réalisations et identifier les pratiques jugées non économiques, improductives et inefficaces,
enfin de proposer des solutions d’amélioration et de s’assurer éventuellement de leur suivi.
Sur le plan stratégique : les perspectives sont tournées vers L’établissement d’une
performance durable de l’entreprise et assurer le suive de l’audit interne, l’évaluation de la
conformité ou la cohérence d’ensemble entre ce qui avait été dit et ce qui est fait dans le but
d’apprécier la performance des réalisations.

57
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Section I : Les perspectives financières de l’audit interne

I. La fiabilité des informations financières :

L’image de l’entreprise se reflète dans les informations qu’elle donne à l’extérieur et


qui concernent ses activités et ses performances.
Les informations financières à publier doivent être pertinentes et fiables.
L’information financière est pertinente lorsqu’elle permet aux utilisateurs d’évaluer
correctement les événements passés, présents ou futurs. Ainsi, l’information financière
publiée doit traduire la situation précise de l’entité concernée et notamment au niveau de sa
situation financière, de sa performance et de ses perspectives futures. Les informations
financières, pour être fiables, doivent répondre non seulement à certaines caractéristiques et à
certaines exigences de la loi, mais être aussi conformes aux normes généralement admises en
matière d’audit et de comptabilité.51
Il est nécessaire que tout soit en place pour que « la machine à fabriquer des
informations » fonctionne sans erreur et sans omission, et ce aussi bien dans les secteurs
techniques et commerciaux que dans le domaine financier.
Et plus précisément, ces contrôles internes doivent permettre à la chaîne des informations
d’être :
 Fiables et vérifiables.
 Exhaustives.
 Pertinentes.
 Intelligible.

 Fiables et véritables :

 Il ne suffit pas qu’une information soit bonne, encore faut-il que le système permette
de vérifier son exactitude. On affirme ainsi que tout contrôle interne doit comporter un
système de preuve sans lequel n’existe ni garantie ni justification possible. Pour le
comptable ce sera le système d’archivage et de conservation, pour le responsable de
fabrication ce sera l’enregistrement des températures, des pressions et des débits.
 Donc l’information financière diffusée doit être exempte d’erreurs et justifiée. Elle
doit traduire fidèlement la transaction ou l’évènement qu’elle vise à représenter. Les
points clés en matière de fiabilité sont : la prééminence de la substance sur la forme, la
neutralité, la prudence et l’exhaustivité de l’information.

51
J.Renard « théorie et pratique de l’audit interne »OPCIT, p145
58
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

59
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

 Exhaustives :

 Il ne sert à rien d’avoir des informations exactes si elles ne sont pas complètes. Ce qui
veut dire que le système de contrôle interne doit garantir la qualité des enregistrements
à la source des données de base et faire en sorte que tous les éléments soient pris en
compte dans la chaîne des traitements.
 Pertinentes :

 L’information est pertinente lorsqu’elle permet aux utilisateurs d’évaluer correctement


les événements passés, présents et futurs. Elle n’est donc utile que si son omission
peut influencer négativement les décisions à prendre par les utilisateurs.
 L’information doit être adaptée au but poursuivi, sinon elle est superflue. De nos jours,
les bases de données génèrent souvent des flux d’informations excessifs, une
abondance de biens qui en fin de compte empêche de s’y retrouver et n’améliore donc
pas la connaissance.
 Intelligible :

L’information doit être facilement compréhensible par les utilisateurs qui doivent
avoir un niveau raisonnable en gestion, en économie et en comptabilité ainsi que la volonté
d’étudier l’information relative consciencieusement. Bien que les utilisateurs des états
financiers soient censés avoir des connaissances suffisantes pour interpréter les états
financiers, l’information qui s’y trouve ne doit pas être diffuse. Toutefois, toute information
utile, même complexe, doit être fournie aux utilisateurs.

II. La protection du patrimoine de l’entreprise :

Les premiers énoncés de la règle parlaient de « la sécurité des actifs ». En effet, un


bon système de contrôle interne doit viser à préserver le patrimoine de l’entreprise. Mais il
faut étendre la notion et comprendre par là non seulement les actifs immobilisés de toute
nature, les stocks, les actifs immatériels, mais également deux autres éléments non moins
essentiels :
 Les hommes, qui constituent l’élément le plus précieux du patrimoine de l’entreprise,
et on retrouve ici la notion de risque, au sens le plus large du terme : sécurité, risque
social.
 L’image de l’entreprise qui peut se trouver détruite par un incident fortuit dû à une
mauvaise maîtrise des opérations.52

52
J. Renard « théorie et pratique de l’audit interne » OPCIT, p145 ,146
60
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Enfin, et pour être complet, on peut ajouter dans la liste des actifs qui doivent être
valablement protégés par le système de contrôle interne, la technologie (aussi bien technique
que de gestion) ainsi que les informations confidentielles de l’entreprise.

III. Assurer la fiabilité des documents comptables :

L’un des moyens pour garantir la qualité de l’information financière fournie par les
états financiers, est le contrôle exercé par les auditeurs.
On peut définir l’audit légal comme étant un ensemble de travaux menés
conformément à des normes, par un professionnel compétent et indépendant, et conduisant à
exprimer une opinion motivée sur la régularité et la sincérité des états financiers d’une
entreprise, par référence à un système comptable bien déterminé. La mission générale de
l’auditeur légal se décompose en deux grands axes : le contrôle des comptes et de
l’information financière. Sa responsabilité première consiste généralement à :
 Eviter la manipulation des comptes : la comptabilité doit contribuer à la transparence
des informations communiquées, et ne doit pas faire l’objet d’une quelconque
manipulation dans le cadre de l’intérêt spécifique des dirigeants ou dans le cadre d’une
stratégie globale de l’entreprise (lissage des résultats, gestion fiscale du résultat,
nettoyage ou habillage des comptes, comptabilité « créative » ou tout simplement
fraude)53
 Donner une assurance sur les informations communiquées par les dirigeants : il s’agit
des informations à caractère financier et relatives au contrôle interne.
 Garantir la transparence des relations directes ou indirectes qui existent entre les
organes de l’entreprise : dirigeants, administrateurs, actionnaires.
Il s’en suit donc que l’audit des états financiers constitue « un garant de l’image fidèle
des comptes annuels » et renforce par-là, la confiance dans les marchés financiers. Vu sous
cet angle, l’audit a un rôle privilégié à jouer dans la sécurisation financière. En certifiant
l’information publiée, les auditeurs engagent leur responsabilité et, par là même, contribuent à
renforcer la confiance de ses utilisateurs.

53
http://www.investirafrique.com/doc/fiabilite_de_information_comptable_et_gouvernance_entreprise.pdf consulté le
20/05/2018
61
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Section II : les perspectives opérationnelles de l’audit

interne :

I. L’efficacité et l’efficience de l’organisation :

C’est l’objectif permanent du contrôle interne dont la prise en compte est appréciée
dans les audits d’efficacité. Est-ce que les moyens dont dispose l’entreprise sont utilisés de
façon optimale ? A-t-elle les moyens de sa politique ? Cet impératif dans le sens de la plus
grande efficacité est un élément important, que le contrôle interne doit prendre en compte
pour permettre aux activités de l’entreprise de croître et de prospérer.
La performance du système de contrôle interne peut s’appréhender à travers les
indicateurs d’efficacité et d’efficience du système.54

A. L’efficacité :

L’efficacité : le résultat obtenu par rapport au niveau du but recherché. En effet, pour
que le système de contrôle interne soit efficace, il est nécessaire qu’il constitue un vecteur
essentiel d’amélioration de la capacité de l’entreprise à atteindre ses objectifs.
En outre, le contrôle interne peut être qualifié efficace s’il remplit les critères
développés ci-dessous.
Il peut être jugé efficace dans chacune des trois catégories d’objectifs (objectifs
opérationnels, financiers et de conformité) lorsque le conseil d’administration et le
management estiment qu’ils Disposent d’une assurance raisonnable leur permettant de
considérer :
 Qu’ils savent clairement dans quelle mesure les objectifs opérationnels de l’entité
seront atteints.
 Que les états financiers publiés sont établis sur une base fiable.
 Que l’entreprise est en conformité avec les lois et règlements en vigueur.
En fait, apprécier l’efficacité d’un système de contrôle interne est un jugement
subjectif fondé sur la présence des cinq éléments du contrôle interne et le fonctionnement
efficace de ceux-ci.

54
La contribution de l'audit interne à la performance de l'entreprise.pdf (www.archipel.uqam.ca/6041/1/M13215.pdf)
consulté le 20/05/2018
62
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

L’efficacité de leur fonctionnement fournit un niveau d’assurance raisonnable quant à


la réalisation d’une ou plusieurs catégories d’objectifs. Ainsi, les éléments du contrôle interne
constituent également des critères d’efficacité.55

B. L’efficience :

L’efficience est la capacité d’obtenir un résultat donné au moindre coût. Ainsi, pour
que le système de contrôle interne soit efficient, il doit être conçu avec moindre coût.
Tel que mentionné précédemment, la performance de l’entreprise est l’alliance entre
l’efficacité et l’efficience. Ainsi, lorsque les opérations deviennent plus efficaces et efficientes
du fait que la direction mette davantage l'accent sur la conception du contrôle tout en
réduisant les coûts, ceci entraîne évidemment des impacts positifs sur la performance de
l’entreprise.
Il est clair maintenant que le lien entre contrôle interne et performance de l’entreprise
est une évidence. Par contre, une défaillance du système de contrôle interne menace
automatiquement la performance de l’entreprise.56

II. Une Gestion participative de la fonction d’audit au sein de

l’entreprise :

De nombreux auditeurs internes désireux de faire preuve de leur compétence,


conçoivent leur fonction comme consistant à détecter les points faibles et à faire des
recommandations sur les moyens de les corriger. Les rapports d’audit issus de ces
interventions sont alors établis de manière à faire valoir les auditeurs et à remettre en cause les
audités. Mais une approche participative intégrant une logique conjointe auditeurs-audités
peut permettre de faire briller les uns et les autres.
L’audit interne doit être une association manager-auditeur pour résoudre les problèmes où :
 L’auditeur détecte et identifie les problèmes.
 L’audité leur apporte une solution.
Le souci d’objectivité de l’audit est sans contexte l’élément essentiel de sa méthodologie,
gage d’une collaboration entre l’auditeur et l’audité. Ce dernier acceptera plus volontiers les
remarques et les recommandations de l’auditeur et la démarche d’audit deviendra une
démarche partenariale qui va s’enrichir de l’apport des deux parties. Le but serait que l’audité

55
La contribution de l'audit interne à la performance de l'entreprise .PDF (www.archipel.uqam.ca/6041/1/M13215.pdf)
consulté le 20/05/2018
56
J.Renard « théorie et pratique de l’audit interne » Ed d’Organisation 2010, p147
63
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

puisse devenir auditeur de se comporter comme ce dernier et le cas échéant, compléter le


travail de l’auditeur en lui indiquant ses missions.
En effet, traditionnellement, les relations audités-auditeurs se basaient sur un constat
de mise en accusation de l’un et par une victoire de l’autre dans une démarche antagoniste.
L’audit, pour devenir plus acceptable et par là plus vivable doit beaucoup plus suivre
une démarche participative qui met l’accent sur la recherche de solutions adaptées et
conjointes que sur la recherche unilatérale des dysfonctionnements.
L’audit a le recul et la méthode pour détecter les problèmes mais il n’a habituellement
pas une connaissance suffisante des caractéristiques et de l’environnement du processus qu’il
audite pour définir la solution et il n’en a pas la légitimité.
Les audités connaissent les dysfonctionnements et leurs causes. En s’appuyant sur leur
expérience pour comprendre le fonctionnement du processus que l’auditeur analyse et sur leur
compétence pour en connaître les difficultés et les facteurs clés de succès, l’auditeur
disposerait d’un gain de temps considérable.
Si les audités sont convaincus des avantages tirés de la démarche de l’auditeur, ils
seraient plus motivés et convaincus d’apporter leur aide et leurs suggestions et de mettre en
œuvre les recommandations.
Les audités seront ainsi conduits à considérer l’intervention de l’audit comme une
opération participative. L’audit réussi doit être un « partnership » dans lequel l’auditeur est
celui qui détecte et identifie les problèmes, et l’audité celui qui leur apporte une solution.
L’auditeur explicite l’état des choses, les standards non respectés, l’effet et la cause, l’audité
avec les conseils de l’auditeur, prend la décision et l’engagement assurant que l’action
correctrice sera effective.
Cette approche participante présente les avantages suivants :
 Les recommandations d’audit qui tiennent compte des remarques des audités, auront
plus de chance d’être acceptées et mises en œuvre.
 Les audités connaissent bien souvent les causes des dysfonctionnements et leur
participation permet à coup sûr de réduire le temps et les efforts nécessaires pour un bon
audit et par là accroître son efficacité.
 Les audités sont portés à fournir leur aide à condition qu’ils soient convaincus qu’ils
profiteront de l’audit. L’auditeur a pour mission alors de démontrer que son objectif va
servir le leur.

64
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

 La détection et réponse aux dysfonctionnements :

L’audit découle d’une logique d’assainissement de gestion et d’organisation. Il


s’appuie en cela sur des méthodes et sur une démarche déontologique précise qui lui procure à
la fois rigueur et souplesse. L’audit se rapproche de par sa fonction principale de la notion
d’évaluation ou d’appréciation, il procède à des mesures et à des estimations par référence à
des critères normatifs. Son originalité principale réside dans le fait qu’il permet de soulever
des problèmes, poser des questions et mettre en doute les moyens utilisés pour atteindre les
objectifs.
Sa fonction de diagnostic identifie les irrégularités et dysfonctionnements des modes
d’application de stratégies de développement au sein de l’entreprise.
L’audit s’occupe des risques de dysfonctionnements : oubli de la rigueur nécessaire,
désordres et inefficacités.
L’audit a une démarche d’analyse qui a pour objectif de porter l’éclairage sur les
aspects cachés et ignorés de toute organisation. C’est un passage en revue des éléments
constitutifs du système à observer.
L’audit n’a de raison d’être que de rendre intelligible une situation donnée, et pour ce,
l’auditeur dispose de normes et de références pour établir, un constat de faiblesses et de forces
dans ladite organisation.
Les auditeurs vont aller sur le théâtre des opérations pour apprécier comment elles
sont menées, déterminer leurs chances et leurs conditions de succès, et en informer les
responsables.
L’audit va examiner un processus de l’entreprise et établir :
 Un diagnostic attestant de son plus ou moins bon fonctionnement.
 Un pronostic alertant les responsables.
 Une thérapeutique visant la sécurité des actifs et la fiabilité des informations,
l’efficacité des opérations et la compétitivité de l’organisation.
Il s’agit de déceler les principales faiblesses de l’organisation, en déterminer les
causes, en évaluer les conséquences, leur trouver un remède et convaincre les responsables
d’agir. Le but de tout audit est de procéder à l’établissement d’une synthèse ou rapport ayant
pour but de présenter aux responsables une vue réelle et sincère et en somme l’instantané de
la vie de l’organisme audité.

65
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Section III : Les perspectives stratégiques de l’audit

interne :

I. L’établissement d’une performance durable de l’entreprise et assurer

le suive de l’audit interne :

L’audit stratégique (ou l’audit de stratégie) est conçu comme une confrontation de
l’ensemble des politiques et des stratégies de l’entreprise avec le milieu dans lequel elles se
situent pour en vérifier la cohérence globale. Le rôle de l’auditeur est donc orienté vers une
vérification des incohérences. Pour cela, il peut mettre en place un référentiel en fonction des
caractéristiques de l’environnement et de l’entreprise, qui lui servira de repère pour examiner
la cohérence des décisions. La démarche de mise en place de ce référentiel, ainsi que les
principaux domaines d’indicateurs nécessaires à l’audit, font l’objet de ce prochain
développement.57
La construction d’un référentiel constitue la première étape de mise en place d’un
audit stratégique. Il permettra à l’auditeur de positionner l’entreprise par rapport à son
environnement et à ses concurrents et d’évaluer la cohérence de ses décisions stratégiques. En
aucun cas l’auditeur ne doit juger les décisions stratégiques qui sont prises. Néanmoins, il doit
pouvoir établir un constat de cohérence des décisions par rapport à un environnement externe
et interne. La mise en place du référentiel débute par l’établissement d’un diagnostic précis de
l’entreprise au sein de son environnement. Des indicateurs de contrôle doivent ensuite être
proposés afin d’assurer le suivi de l’audit et son utilisation dans le cadre de la stratégie de
l’entreprise.
L’auditeur, lors de la construction du référentiel, doit s’assurer que la performance
voulue est réalisable par l’entreprise en fonction de son secteur et de ses moyens propres.
Ensuite, l’auditeur doit observer certains indicateurs pour s’assurer que la performance voulue
est connue de tous les services.
Pour vérifier que la performance de l’entreprise est réalisable, l’auditeur doit
confronter les informations concernant les objectifs de performance avec celles de
l’environnement, ainsi qu’avec les moyens internes de l’entreprise.
Une politique de benchmarking peut aider l’auditeur à établir une norme de
performance de l’entreprise par rapport à ses principaux concurrents et à fournir des critères

57
Elisabeth bertin : audit interne. Éd 2007 OPCIT page : 295

66
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

d’efficacité et d’efficience. En effet, le benchmarking consiste à prendre en considération les


meilleures pratiques dans le secteur d’activité et dans le pays concerné et à effectuer une
comparaison systématique avec les résultats et les moyens de l’entreprise. L’auditeur peut
alors déterminer si l’objectif stratégique proposé est réalisable grâce à l’analyse des facteurs
de contingence.58
La performance de l’entreprise représente un concept polymorphe. Elle s’apprécie par
différents indicateurs qui ne sont pas uniquement financiers ou boursiers. La performance de
l’entreprise prend aussi en considération le marché, les aspects sociaux et l’environnement.
L’audit de stratégie, qui demande le contrôle de la vision à plus ou moins long terme de
l’entreprise, doit s’assurer que la performance est associée à de multiples critères :
 Performance boursière : Valeur boursière sur les marchés internationaux pour les
entreprises cotées.
 Performance financière : Ratio d’autonomie financière, CAF.
 Performance économique : Taux de croissance, part de marché, ...
 Performance sociale : Niveau de rémunération, Formations proposées, Indice de
satisfaction.
 Etc.

II. Evaluation de la conformité entre ce qui avait été et ce qui est fait
(appréciation de la performance) :

C’est le point d’ancrage fondamental des stratifications ultérieures et successives. À


cette période correspond la démarche simple et traditionnelle de l’auditeur et qui va consister
à vérifier la bonne application des règles, procédures, descriptions de poste, organigrammes,
systèmes d’information… en bref, il va comparer la règle et la réalité, ce qui devrait être et ce
qui est. Autrement dit, il va travailler par rapport à un référentiel et c’est en cela que son
travail est relativement simple. L’auditeur, s’étant informé sur tout ce qui devrait être, signale
au responsable les distorsions, les non-applications (évitables ou inévitables) les mauvaises
interprétations des dispositions établies ; il en analyse les causes et les conséquences et
recommande ce qu’il convient de faire pour qu’à l’avenir les règles soient appliquées.59
Cette moisson est rapportée à l’auditer qui en fait son profit, nous verrons comment
ultérieurement. Avec les manquements graves et répétés aux différentes législations et
réglementations, constatés récemment, l’audit de conformité semble bien prendre une

58
Elisabeth Bertin : audit interne. Éd 2007 OP CIT page : 298
59
J. Renard « théorie et pratique de l’audit interne » OP CIT, p48
67
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

importance accrue et est toujours d’actualité. Et ce d’autant plus que les dispositions
réglementaires sont de plus en plus strict et contraignantes.
Cet audit de conformité peut aussi s’appeler « audit de régularité » : les puristes
distinguent que dans le premier cas on observe la conformité avec les dispositions légales et
réglementaires et dans le second cas la régularité par rapport aux règles internes de
l’entreprise. Mais dans les deux cas, la démarche est la même : comparer la réalité au
référentiel proposé. Cette démarche, toujours essentielle pour un auditeur interne.

68
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Conclusion du chapitre III :

Le système de contrôle des entreprises se caractérise par la multiplicité des intervenants et la


diversité des procédures et de techniques d’investigation. Toutefois, malgré son importance,
ce dispositif répond t-il réellement aux attentes et aux objectifs attendus de son exercice.

Sachant pertinemment que les différentes composantes de contrôle restent beaucoup plus
orientées vers un contrôle de régularité et de conformité que sur un contrôle axé sur
l’évaluation des résultats et des performances.

Conscients de l’ampleur de ces limites, les pouvoirs publics ont entrepris toute une série de
mesures visant à conférer au contrôle des entreprises plus d’efficacité et d’efficience. Des
réformes ont été déjà entreprises certes, mais elles mériteraient d’être complétées par d’autres
mesures visant à étendre et systématiser le contrôle de performances basé sur la recherche de
l’efficacité, de l’efficience et de la rentabilité sur des entreprises et à assurer plus de synergie
dans l’intervention des différents organismes d’audit dans le cadre d’une vision globale
et intégrée.

Ce chapitre a eu pour ambition de cerner un aspect de l’audit des performances aussi


important que central à savoir le problème des normes et référentiels. En effet, tous les experts
en la matière concordent sur le fait que l’appréciation des performances dans les organisations
publiques et privées obéit à des considérations où la subjectivité de l’analyste s’octroie une
grande part. S’Il est vrai que l’audit comptable se fait à la lumière des principes comptables
et de l’architecture des comptes prévus par le code de normalisation comptable, l’audit des
performances se fait au cas par cas.

Cela n’empêche que cette variante de l’audit s’inspire de l’audit financier au niveau de la
démarche générale et adopte son référentiel en plus d’autres instruments qui permettraient
d’apprécier la gestion dans toutes ses dimensions : technique, financière, commerciale,
sociale, etc.

69
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Conclusion générale :

Comme conclusion générale à mon travail, je peux dire que l’audit interne peut être considéré
comme acteur au service du changement et du progrès au sein des entreprises, qu’elles soient
privées ou publiques.

J’ai démontré que l’audit interne est une fonction indispensable et un bon investissement à
long terme pour tout type d’organisation, mais elle est récente dans l’entreprise
contemporaine et encore plus dans l’entreprise marocaine. Beaucoup de déviations et
transgressions du cadre normatif sont observées dans la création et fonctionnement de l’entité
d’audit interne au Maroc et dans la pratique de la mission et l’usage des techniques d’audit
interne : La fonction, la mission et les techniques d’audit interne ont besoin d’être
correctement présentées et pratiquées par les professionnels marocains.
Au cours de traitement de ce thème, nous avons tenté de répondre à notre
Problématique sur l’essence de l’audit interne, et les contraintes de l’audit interne, et les
perspectives de ce dernier dans les entreprises marocaines. Et nous avons retenu :
L’essence de l’audit interne s’étend au-delà de l’examen des systèmes en tant que
procédures, méthodes, moyens, à l’évaluation des comportements « managériaux » et des
systèmes de gestion qui sous-tendent et gouvernent ces systèmes. Au lieu de se tenir aux faits
et à leurs conséquences, l’audit cherche aussi à identifier les causes et les origines qui leur
sont liées.
Tout système de contrôle interne, aussi bien conçu et appliqué soit-il, ne peut fournir
au plus qu’une assurance raisonnable au management, car les facteurs internes et externe qui
le déterminent sont en perpétuel changement. Ainsi les évolutions techniques et
technologiques dont l’emploi nécessite une modification profonde des fondements de
l’organisation. De même la croissance de l’activité, mais aussi la décroissance, créent des
conditions d’exploitation qui appellent une organisation différente. De même l’environnement
social, politique, culturel et le facteur humain de manière générale peuvent compromettre
l’équilibre du système.
Les enjeux de l’audit interne sont ainsi inhérents à l’évolution de l’environnement de
contrôle interne. Les enjeux d’une telle démarche sont inhérents à l’entreprise en tant que
réalité complexe, interactive et multidimensionnelle. Ce qui suppose de l’audit interne une
compréhension pluraliste et intégrée de l’organisation.
L’audit interne doit être une association auditeur-audité pour enclencher une véritable
dynamique de progrès, toutes les bonnes conceptions ou recommandations, ce sont les audités

70
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

qui les mettent en pratique et d’eux essentiellement dépend le succès de ce que l’auditeur a
élaboré.
Communiquer sur les finalités : donner un sens à l’effort d’amélioration qu’on
préconise.
Associer les audités : l’idéal serait de faire que les acteurs s’approprient les
actions qu’on leur recommande.
L’auditeur interne est désormais un auditeur consultant interne en management qui
exerce son métier en privilégiant l’approche participative au lieu et place de l’approche
contrôle sous son acceptation traditionnelle.
La pratique de l’audit interne est corrélée à l’environnement managérial, politique,
culturel et social de l’entreprise. L’opportunité de la création d’un service d’audit interne peut
être discutable pour des considérations organisationnelles, humaines et culturelles inhérentes
à l’entreprise.
L’introduction de l’audit interne exige l’existence :
 De préalable managérial : la définition d’une politique de gestion claire et précise.
 De préalable organisationnel : la définition du système « organisation ».
 De préalable informationnel : l’existence du système « information ».
 De préalable culturel : l’adhésion des acteurs.
L’audit interne est un vecteur de culture de remise en cause, de changement, de
transparence et de performance.
En conclusion, La fonction d’audit interne est une fonction qui n’est pas statique elle
se développe au fur et à mesure du développement de l’environnement économique et son
évolution ne s’arrêtera pas à ce niveau mais elle continuera son développement et à s’imposer
comme outil indispensable de la gestion de l’entreprise.

71
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Bibliographie :

LES OUVRAGES:

- Eustache Ebondo Wa Mandzila «“Organisation et méthodologie de l’audit interne “Audit

interne ; Enjeux et pratique à l’international».Ed, Organisation.2007.

- Khayrallah BELAÏD « l’audit interne et l’approche de la dynamique de groupes» Ed,

centre de publication universitaire 2005,

- Mohamed LAHYANI « L’audit pour tous, référence et analyse » Ed AL MADARISS

2011.

- J.Renard «Théorie et pratique de l’audit interne » Ed Organisation 2010

- EUSTACHE EBONDO WA MANDZILA « Audit interne, enjeux et pratiques à

l’international » Ed organisation 2007

- J.Tixier «Audit social : fondements méthodologie et évolutions stratégiques ; Audit

interne, enjeux et pratique à l’international » Ed d’Organisation 2007

- ZiedBoudriga « L’audit interne : Organisation et pratiques » Collection Azurite 2012

- Obert R, Mairesse M.P « comptabilité et audit ; Manuel et applications » 2eme Ed Dunod

2013

- P. Schick « Mémonto d’audit interne » Ed Dunod 2006.

- Mohsin Berrada « l’audit interne, tout simplement » Afrique Challenge Editions 2012

- J-M. PERETTI “Ressources humaines”, éd. Vuibert, 1990

- Élisabethbertin : audit interne Ed, Organisation.2007

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L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Webographie :

- http/univers-audit-interne.blogspot.com201301historique-de-laudit-interne.html.

- www.Auditsocial.net

- http://www.iiamaroc.org/index.php/l-audit-interne/code-de-deontologie.

- http://www.investirafrique.com/doc/fiabilite_de_information_comptable_et_gouvernance

_entreprise.pdf.

- La contribution de l'audit interne à la performance de l'entreprise .pdf

(www.archipel.uqam.ca/6041/1/M13215.pdf

- www.ifaci.com.

73
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Liste des abréviations :

 L’IFACI : Institut Français de l’audit et contrôle interne.

 L’IIA: The Institute of Internal Auditors.

 AMACI : association marocaine des auditeurs internes.

 QCI : Le questionnaire de contrôle interne.

 FCD : Fiche de collecte des données.

 FCA : Fiche de constat et d’analyse.

 CAF : capacité d’autofinancement.

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L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Listes des tableaux et figures :

 Tableau nº1 : la différence entre l’audit financier et l’audit opérationnel

page : 13

 Tableau nº2 : la comparaison entre l’audit interne et l’inspection 24

 Tableau nº3 : comparaison entre audit interne et contrôle de gestion

page : 26

 Figure nº1 : les objectifs du contrôle interne page : 24

 Figure nº2 : Le plan d’action page : 37

75
L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

Table des matières

Chapitre I : Le cadre conceptuel de l’audit interne ---------------------------------------------- 7


Introduction du chapitre I : ---------------------------------------------------------------------------- 7

Section I : Approche théorique et historique de l’audit interne. --------------------------------- 8

I. Définition et évolution historique de l’audit interne : ................................................. 8


A. Définition du métier de l’audit interne : ------------------------------------------------- 8
B. Histoire de l’audit interne : ---------------------------------------------------------------- 9
II. Les formes de l’audit interne : ................................................................................... 11
A. L’audit financier et comptable : --------------------------------------------------------- 11
B. L’audit opérationnel : --------------------------------------------------------------------- 12
1) L’audit de gestion (management) :----------------------------------------------- 13
2) L’audit stratégique : ---------------------------------------------------------------- 14
3) L’audit de conformité : ------------------------------------------------------------- 15
4) L’audit d’efficacité :----------------------------------------------------------------- 15
C. L’audit social : ----------------------------------------------------------------------------- 16
III. L’audit interne et les autres fonctions et professions : .............................................. 17
A. L’audit externe : --------------------------------------------------------------------------- 17
1) L’audit légal : ------------------------------------------------------------------------- 17
2) L’audit contractuel : ---------------------------------------------------------------- 19
2-1 Demande faite par l’entreprise : ----------------------------------------------- 19
2-2 Demande faite par les tiers : ---------------------------------------------------- 19
B. Le contrôle interne : ----------------------------------------------------------------------- 19
1) L’inspection : ------------------------------------------------------------------------- 21
2) Le contrôle de gestion : ------------------------------------------------------------- 22
Section II : Méthodologies et outils de l’audit interne-------------------------------------------- 23

I. Les missions de l’audit interne : ................................................................................ 23


A. La phase d’étude : ------------------------------------------------------------------------- 24
1) L’ordre de mission : ----------------------------------------------------------------- 24
2) La décomposition en objet auditable : ------------------------------------------ 25
3) Le découpage en objet auditable :------------------------------------------------ 25
B. La phase de réalisation : ------------------------------------------------------------------ 25
1) La réunion d’ouverture : ----------------------------------------------------------- 26
2) Le programme d’audit : ------------------------------------------------------------ 26
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L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

3) Le travail sur le terrain : ----------------------------------------------------------- 28


C. La phase de conclusion : ----------------------------------------------------------------- 30
1) Projet de rapport : ------------------------------------------------------------------- 30
2) La réunion de clôture : ------------------------------------------------------------- 30
3) Le rapport final :--------------------------------------------------------------------- 31
4) Le plan d’action : -------------------------------------------------------------------- 31
5) Suivi de la mission : ----------------------------------------------------------------- 32
II. Les outils de l’audit interne : ..................................................................................... 33
A. Les outils d’interrogation : --------------------------------------------------------------- 34
1) Les sondages statistiques ou échantillonnages : ------------------------------- 34
3) Les interviews : ----------------------------------------------------------------------- 35
4) Les outils informatiques : ---------------------------------------------------------- 36
5) Les vérifications, analyses et rapprochement divers : ----------------------- 38
B. Les outils de description : ---------------------------------------------------------------- 39
1) L’observation physique : ----------------------------------------------------------- 39
2) La narration : ------------------------------------------------------------------------- 40
3) L’organigramme fonctionnel : ---------------------------------------------------- 40
4) La grille d’analyse des taches : --------------------------------------------------- 40
5) Le diagramme de circulation : ---------------------------------------------------- 40
6) La piste d’audit : --------------------------------------------------------------------- 41
Conclusion du chapitre I : ----------------------------------------------------------------------------- 42
Chapitre II : les contraintes de l’audit interne dans les entreprises marocaines. --------- 43
Introduction du chapitre II: --------------------------------------------------------------------------- 43

Section I : Les préalables à la mise en place de la fonction d’audit interne ------------------- 43

I. Règles de conduite des auditeurs interne :................................................................. 43


A. Intégrité et honnêteté des auditeurs : --------------------------------------------------- 43
B. Objectivité des auditeurs : ---------------------------------------------------------------- 44
C. Confidentialité des auditeurs : ----------------------------------------------------------- 44
D. La compétence des auditeurs : ----------------------------------------------------------- 45
1) Les compétences qualitatives et comportementales : ------------------------ 45
2) Les compétences fondamentales liées à l’audit interne : -------------------- 46
3) Les compétences spécifiques : ----------------------------------------------------- 46
II. Les préalables organisationnels et structurels de l’entreprise : ................................. 47
A. L’indépendance de l’audit interne : ----------------------------------------------------- 47
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L’audit interne : contraintes et perspectives cas d’Entreprises Marocaines

B. Le système d’information de l’entreprise : -------------------------------------------- 48


C. L’organisation de l’entreprise : ---------------------------------------------------------- 48
1) L’organigramme : ------------------------------------------------------------------- 49
2) L’analyse des postes : --------------------------------------------------------------- 49
3) Le recueil des pouvoirs :------------------------------------------------------------ 50
D. La politique de gestion de l’entreprise : ------------------------------------------------ 50
Section II : les contraintes de création de la fonction d’audit interne -------------------------- 52

1) Le secteur d’activité de l’entreprise : -------------------------------------------- 54


2) La qualification du personnel : --------------------------------------------------- 54
Conclusion du chapitre II: ---------------------------------------------------------------------------- 56
Chapitre III : les perspectives de l’audit interne dans les entreprises marocaines. ------- 57
Introduction du chapitre III : ------------------------------------------------------------------------- 57

Section I : Les perspectives financières de l’audit interne --------------------------------------- 58

I. La fiabilité des informations financières : ................................................................. 58


II. La protection du patrimoine de l’entreprise : ............................................................ 60
III. Assurer la fiabilité des documents comptables : ....................................................... 61
Section II : les perspectives opérationnelles de l’audit interne : -------------------------------- 62

I. L’efficacité et l’efficience de l’organisation : ........................................................... 62


A. L’efficacité : --------------------------------------------------------------------------- 62
B. L’efficience : -------------------------------------------------------------------------- 63
II. Une Gestion participative de la fonction d’audit au sein de l’entreprise : ................ 63
 La détection et réponse aux dysfonctionnements : ----------------------------------- 65
Section III : Les perspectives stratégiques de l’audit interne : ---------------------------------- 66

I. L’établissement d’une performance durable de l’entreprise et assurer le suive de


l’audit interne : .................................................................................................................. 66
II. Evaluation de la conformité entre ce qui avait été et ce qui est fait (appréciation de la
performance) : ................................................................................................................... 67
Conclusion chapitre III : ------------------------------------------------------------------------------ 69

Conclusion générale : --------------------------------------------------------------------------------- 70

Bibliographie ------------------------------------------------------------------------------------------- 72

Webographie : ------------------------------------------------------------------------------------------ 73

Liste des abréviations : -------------------------------------------------------------------------------- 74

Listes des tableaux et figures : ----------------------------------------------------------------------- 75


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Table des matières ------------------------------------------------------------------------------------- 76

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