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Essais Géotechniques Partie II : Essais in-situ

P ARTIE II :

ESS AIS IN -SITU

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Essais Géotechniques Partie II : Essais in-situ

I. LE PENETROMETRE STATIQUE

I.1 Principe et mode opératoire


L’essai de pénétration au cône électrique (CPT) consiste à mesurer la résistance limite
du sol. Il sert à enfoncer dans le sol, à vitesse lente (0.2 à 2 cm /s) et constante, une
pointe pénétrométrique au moyen d’un train de tiges de fonçage. Au cours de la
pénétration, les mesures des résistances au cône et du frottement latéral sur le manchon
sont enregistrés. L’essai de pénétration au piézocône (CPTU) inclut également le
mesurage des pressions interstitielles autour du cône.

Il existe deux Normes internationales relatives aux essais de pénétration au cône :

ISO 22476 qui décrit la mise en œuvre des essais CPT et CPTU en utilisant des capteurs
électroniques ;
ISO 22476-12 qui décrit la mise en œuvre de l'essai CPT à l'aide de systèmes de
mesures mécaniques.

Schéma de principe du CPT

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Schéma de principe du cone Photo du piezecone

I.2 Les différents cônes CPT


La photo ci-dessous montre quelques modèles de pointes. Plusieurs sections sont possibles comportant
une partie conique surmontée d’une partie cylindrique. Il y a plusieurs diamètres de cône : 15 mm, 35,7
mm, 55 mm, … mais seul le cône de Ø 35.7 mm (section droite de10 cm²) est normalisé (cône Gouda)

Différents types de pointes

Il existe 3 types de pointes en fonction de leur géométrie :


 Les pointes à cône simple (type M4 selon la norme NF EN ISO 22476-12) ;
 Les pointes à cône à manchon (type M1) à ne pas confondre avec le manchon de frottement ;
 Les pointes à cône à manchon et manchon de frottement (type M2).

En ce qui concerne la pointe Andina, le diamètre est de 80 mm (section droite de 50 cm²) avec un angle
au sommet de 90° (60° pour la pointe normalisée). Elle permet de mesurer le terme de pointe usuel mais
aussi l’effort total et le frottement latéral sur un manchon situé au-dessus de la pointe. Lors de la rencontre
de terrains compacts, une goupille se rompt libérant une pointe intérieure de diamètre 39 mm (section
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droite de 12 cm²) qui, ainsi télescopée, permet de poursuivre l’essai. Le terme de pointe est alors obtenu
par différence entre l’effort d’enfoncement et d’arrachement puisque le frottement latéral ne peut plus
être mesuré.

I.2.1 Les cônes CPTU (Ø 35.7 mm)


Il existe deux types de pointes piézocône, en fonction de la position du filtre. Si le filtre est sur la pointe
du cône la position est dite u1. Si le filtre se trouve juste derrière la pointe du cône la position est dite u2.

I.2.2 Autres cônes


 Le cône de conductivité : mesure de la conductivité (résistivité) électrique des sols, c’est une donnée
utile en reconnaissance environnementale.
 Le cône thermique : mesure de la température dans le sol.
 Le cône sismique (SCPT) : mesure de la vitesse des ondes de cisaillement Vs, il donne accès au module
dynamique Gmax, il existe en version triaxial permettant de mesurer les ondes de compression Vp.
 Le pressiocône : combinaison des avantages du CPT et d’un pressiomètre (différent de la norme
française).
 Le cône fluorescent : détermination de la présence et de la concentration d’hydrocarbures dans les
sols.

I.3 Interprétation
I.3.1 Mesures effectuées par le CPT et CPTU
Les paramètres mesurés par les CPT sont :
 La profondeur z en m,
 L’effort total de pénétration noté Qt en kN,
 L’effort s’exerçant sur la pointe ou sur le cône Qc en kN,
 L’effort du frottement latéral sur le manchon Fs en kN,
 La pression interstitielle u en kPa (paramètre spécifique au CPTU). Ce paramètre u est mesuré en
cours de fonçage ou lors d’un essai de dissipation (u en fonction du temps),
 L’inclinaison de la pointe (< 15%).

I.3.1 Paramètres déduits


Les paramètres déduits des mesures par les CPT sont :
- L’effort de frottement latéral total Qst en kN qui est égal à la différence entre l’effort total de
pénétration Qt et l’effort de pointe Qc, soit : Qst  Qt  Qc
- La résistance de pointe statique qc en kPa qui est égale au rapport entre l’effort de pointe Qc et la
section droite Ac de la base du cône, soit :qc=Qc/Ac

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- Le frottement latéral unitaire fs en kPa qui est égal au rapport entre l’effort du frottement latéral sur le
manchon Fs et la surface latérale du manchon As, soit :fs=Fs/As

Le rapport de frottement Rf en % qui est égal au rapport entre le frottement latéral unitaire fs et la
résistance de pointe statique qc, soit : Rf=fs/qc

Exemple de pénétrogrammes

Les paramètres déduits des mesures spécifiques au CPTU sont :


- l’effort Qu en kN exercé sur la partie supérieure du cône par la pression interstitielle générée par le
fonçage qui est égal au produit de la pression interstitielle u et de la différence entre la section du cône
Ac et la section de la zone de mesure de la pression interstitielle Au, soit :

𝑄𝑢 = (𝐴𝑐 − 𝐴𝑢 )

L’effort total sur le cône QT en kN (à ne pas confondre avec l’effort total de pénétration Qt défini ci-
avant) qui est égal à la somme de l’effort de pointe Qc et de l’effort exercé par la pression interstitielle
Qu, soit :

𝑄𝑇 = (𝑄𝑐 + 𝑄𝑢 )

La résistance de pointe totale à la base du cône qT en kPa qui est égale au rapport entre l’effort total sur
le cône QT et la section du cône Ac, soit :

𝑄𝑇
= 𝑞𝑐 + (1 − 𝑎)𝑢
𝑄𝑐

Le paramètre a est soit déterminé lors d’un étalonnage en laboratoire (pour les sols argileux avec qc < 1
MPa - cf. annexe E norme NF P94-119 en annexe), soit pris conventionnellement comme le rapport
Au/Ac.

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Le coefficient de pression interstitielle Bq qui est le rapport de la différence entre la pression


interstitielle u et la pression hydrostatique initiale u0, et la différence entre la résistance de pointe totale
à la base du cône qT et la contrainte verticale totale initiale v0, soit :
𝑢 − 𝑢0
𝐵𝑞 =
𝑞𝑇 − 𝜎𝑣0

Le temps t50 est la durée nécessaire à la dissipation de la moitié de la pression interstitielle (uh - u0)
avec uh la pression interstitielle lors de l’arrêt du fonçage, soit :

𝑢(𝑡50 ) − 𝑢0 = 0.5(𝑢ℎ − 𝑢0 )

D’où :

𝑢(𝑡50 ) = 0.5(𝑢ℎ + 𝑢0 )

Le tableau IV.1 présente une classification des sols sur la base de la résistance en pointe qc.

qc (MPa) Nature probable du sol Constructibilité


Sol de médiocre qualité, ne convenant pas
Sol cohérent compressible à très
0à1 comme assise de fondation et neccessitant
compressible ou sable lâche saturé
eventuellement des études complémentaires
Sol cohérent peu consistant ou sable peu
1à5 Sol adaptés aux fondations peu chargés
compact
Sol cohérent peu consistant ou sable Sol pouvant supporter des fondations
5 à 10
compact moyennement chargées
>10 Sol cohérent raide ou sable très compact Sol ne posant pas de problème de fondations
Tableau IV.1. Classification des sols

I.4 Limites d’utilisation :


L’essai de pénétration statique peut être utilisé sur tous les sols grenus et fins dont les éléments ne
dépassent pas 20 mm.

La profondeur d’investigation est limitée par les caractéristiques de l’appareil. Pour des profondeurs
supérieures à 50m, un inclinomètre doit être utilisé pour éviter le flambement des tiges. Or il n’est pas
rare de rencontrer des massifs rocheux entraînant le flambage des tiges et donc des résultats erronés.
Pour optimiser l’essai, la force exercée sur le pénétromètre doit au moins être de 100 kN, toutefois il
existe des appareils prévus pour assurer une réaction de 250 kN.

I.5 Applications :
Les résultats déduits de l’essai de pénétration au cône, permet d'évaluer
 La stratification des couches,
 Le type de sol, et
 Les paramètres géotechniques tels que :
 la densité du sol,
 les paramètres de résistance au cisaillement, et
 les caractéristiques de déformation et de consolidation

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Exemples d’identification

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II. LE PRESSIOMETRE

II.1 Historique et principe du pressiomètre


C’est au milieu des années 1950 que Louis MÉNARD, Ingénieur Civil des Ponts et Chaussées et Master
of Sciences de l’Université de l’Illinois, met au point un appareil de dilatation cylindrique. Le
pressiomètre MÉNARD est un essai de chargement de sol en place, réalisé à l’aide d’une sonde
cylindrique dilatable, laquelle est disposée au sein du terrain, dans un forage préalable. Cette sonde,
constituée de trois cellules, est gonflée par de l'eau et de l'air comprimé, exerçant ainsi sur la paroi du
forage des pressions rigoureusement uniformes. Les déplacements de cette paroi s'accompagnent donc
d'une augmentation de volume de la sonde qui est alors lue, pour chacune des pressions, en fonction du
temps.

Principe du pressiomètre

II.2 Description
Le pressiomètre représente un type d’essai géotechnique évolué puisqu’il permet d’obtenir une relation
entre contrainte (pression appliquée) et déformation (variation du volume d'eau dans la sonde). Le
pressiomètre est constitué de trois éléments principaux :

II.2.1 Un contrôleur pression-volume (C.P.V)


Il permet d’exercer les pressions dans la sonde et de mesurer la variation correspondante de volume de
celle-ci. Il comprend un réservoir de liquide à niveau visible (eau additionnée d’un peu d’antigel coloré
afin d’améliorer la visibilité du ménisque) ainsi qu’un système de mise en pression (manomètre).

Le Contrôleur Pression-Volume CPV

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II.2.2 Une sonde pressiométrique


Cette sonde se présente sous la forme d’un unique cylindre en acier, dont la partie centrale de mesure est
recouverte d’une membrane souple. Une gaine plus rigide recouvre ensuite l’ensemble de la sonde, isolant
donc de part et d’autre de la cellule centrale deux petites cellules de garde. Lors de l’essai, l’opérateur
met sous pression ces deux dernières grâce à un gaz comprimé, tandis que la cellule de mesure est remplie
par le liquide du C.P.V.

La sonde pressiométrique

II.2.3 Tubulure de liaison


Des connexions assurant la liaison entre le CPV et la sonde

Les différents organes du pressiomètre

II.3 Interprétation des résultats


Les variations de volume du sol au contact avec la cellule pressiométrique sont égales aux variations du
volume de la sonde. Elles sont déterminées en fonction de la pression radiale appliquée au sol, que l’on
augmente par paliers. Sous chaque palier de chargement, les variations du volume au bout de 1, 30 et 60
secondes sont mesurées puis l’on passe au palier suivant. La courbe d’expansion brute représente les
variations de volume de la sonde au bout de 60 secondes en fonction de la pression mesurée en surface.
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Courbe pressiométrique

Avant d’introduire la sonde dans le forage, il est nécessaire d’étalonner la sonde pressiométrique en la
gonflant à l’air libre, à côté du forage : on détermine ainsi une courbe d’étalonnage qui traduit l’inertie
de la sonde. Par ailleurs, il est nécessaire de déterminer la constante de dilatation, désignée par a
(exprimée en cm3 /MPa), qui traduit la déformabilité 2 propre de l’appareillage et des tubulures : la
constante a est déterminée en gonflant la sonde sous forte pression en la plaçant dans un tube en acier
indéformable.

Trois caractéristiques du sol peuvent être déterminées :

- la pression du fluage pf , qui définit la limite entre le comportement pseudo-élastique et le comportement


plastique du sol ;

- la pression limite pLM, qui caractérise la résistance à la rupture du sol ;

- le module œdométrique EM, qui définit la déformabilité pseudo-élastique du sol.

Pour une variation de volume ∆Vr mesurée, la pression réelle appliquée au sol à la profondeur H est
donnée par la relation :

P = Pr – Pe + (H + h)γw,

Où Pr désigne la pression mesurée au manomètre, placé à la hauteur constante h au-dessus de la surface


du sol, Pe désigne la pression d’étalonnage, correspondant à la variation de volume ∆Vr sur la courbe
d’étalonnage et H est la profondeur de la sonde dans le sol (niveau du plan médian de la cellule centrale).

La variation de volume de la sonde après correction pour la déformabilité du système de mesure est
déduite de la relation :

∆V = ∆Vr – apr .

De cette manière, les corrections correspondant à l’application des deux formules ci-dessus donnent les
courbes présentées sur la figure ci-après. La courbe de fluage traduit les variations de volume mesurées
entre 30 et 60 secondes pour chaque palier de pression et elle permet de définir la pression de fluage.

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Résultats corrigés

La courbe corrigée donnant ∆V en fonction de P délimite trois domaines:

- Le premier correspond à la mise en contact de la sonde avec la paroi du forage ;

- Le deuxième correspond au domaine pseudo-élastique, dans lequel la relation pression-volume est


linéaire ; cette relation linéaire peut être décrite par le module pressiométrique Ménard EM défini par :
EM = 2(1+ν)(Vs+∆Vm) ∆p/∆V,

Où ν est le coefficient de Poisson du sol (pris conventionnellement égal à 0,33), Vs est le volume initial
de la sonde et ∆Vm la variation de volume moyenne du domaine pseudo-élastique ;

- le troisième correspond au domaine plastique, qui s’étend de pf (pression de fluage) à PLM (pression
limite). La pression limite PLM, qui correspond à la valeur asymptotique de la courbe pressiométrique, est
définie conventionnellement comme la pression nécessaire pour doubler le volume de la cavité où le
pressiomètre a été introduit. Comme le volume de la cavité vaut Vs + ∆Vo, la variation de volume
correspondante est égale à :

∆VLM = Vs + 2 ∆V0

Le rapport EM/PLM est utilisé pour l’interprétation de l’essai.

Par ailleurs, l’utilisation des résultats de l’essai fait intervenir les contraintes totales initiales verticale σv0
et horizontale σh0 au niveau de l’essai. La valeur de σh0 est déterminée en utilisant le coefficient de
pression des terres au repos K0 = σ’h0/σ’v0. On obtient :

σh0 = K0(σv0 – u0) + u0, au dessous du niveau de la nappe

σh0 = K0σv0 , au dessus du niveau de la nappe,

Où u0 est la pression interstitielle au niveau de l’essai.

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II.3 Corrélations
II.3.1 Classification conventionnelle des sols
Les formules et les abaques utilisés dans les méthodes de calcul des fondations à partir des essais en place
font référence à des classes conventionnelles des sols, présentées dans le tableau suivant :

II.3.2 Corrélations entre le module pressiométrique et le module œdométrique

L’essai pressiométrique est un essai de cisaillement et il ne traduit pas le phénomène de consolidation.


Toutefois, les applications de l’essai pressiométrique aux prévisions de déformation à long terme ont
conduit à rattacher le calcul du tassement différé à la théorie de la consolidation, donc aux caractéristiques
œdométriques du sol. Pour cela, Louis Ménard a défini un coefficient appelé coefficient rhéologique, ou
encore coefficient de structure du sol, qui fournit une relation entre le module pressiométrique et le
module œdométrique sous la forme :

EM = αEœd.

Les valeurs numériques du coefficient α dépendent de la nature et de l’état du sol. Ces valeurs sont
données dans le tableau suivant :

Valeurs du coefficient 

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III. LE PENETROMETRE STANDARD SPT

III.1 Principe.
L'essai S.P.T consiste à faire pénétrer dans le sol par battage, un carottier de dimensions normalisées,
porté par un train de tiges et de compter le nombre de coups nécessaire à l'enfoncement de 30 cm. Cet
essai présente l'avantage de permettre à la fois de prélever des échantillons remaniés indicatifs des
couches traversées et d'avoir une mesure de la résistance du sol. Il permet parfois la traversée de couches
denses alors que l'essai purement statique ne le permet pas.

L’essai permet, d’une part, de tracer un profil de pénétration et, d’autre part, de fournir des echantillons
de sol remaniés qui peuvent servir à la reconnaissance des couches travaersées et sur lesquels on peut
pratiquer les essais d’identification classqiues (granulométrie, limites d’Atterberg, teneur en eau et
analyse chimique). L’essai est d’utilisation courante dans les pays anglo-saxons et notamment aux USA,
où il a été mis au point dans les années 1930. Dans ces pays, il est connu sous le nom de Standard
Penetration Test (SPT)

Pénétromètre Dynamique SPT

Carottier SPT

Cet essai est conçu essentiellement pour déterminer la capacité portante d’un pieu (élément de fondation
profonde), et peut servir pour estimer la capacité portante d’une fondation superficielle. Lors de la
reconnaissance des sols, il donne aussi une idée sur la nature des couches traversées.

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III.2 Appareillage
L'appareillage est composé d'un équipement de forage et de tenue de la paroi, d'un dispositif de battage,
d'un train de tiges, d'un carottier et d'un système de mesures. L'équipement de forage doit permettre de
réaliser un trou de forage nettoyé avant l'insertion du carottier et doit garantir que l'essai de pénétration
sera réalisé dans un sol relativement peu remanié. Le carottier est battu par l’intermédiaire d’un train de
tiges. Le battage s’effectue par passes successives à l’aide d’un mouton de 63.5kg qui tombe en chute
libre d’une hauteur de 76 cm sur la tête du train de tiges. La profondeur de chaque passe de pénétration
est de 45cm.

III.3 Mesures effectuées


Durant le battage, on note trois enfoncements successifs ;

- L’enfoncement de mise en place : c’est l’enfoncement du carottier sous son propre poids et sous
celui du train de tiges et du dispositif de battage ; la pénétration est poursuivie immédiatement si
ce premier enfoncement dépasse 45 cm ;
- L’enfoncement d’amorçage : le carottier est enfoncé de 15cm sous l’effet de N0 coups du
mouton ;
- L’enfoncement d’essai : le carottier est enfoncé de deux fois 15 cm sous l’effet de N1 puis N2
coups de mouton.

Le nombre N=N1+N2 est appelé résistance à la pénétration (au carottier standard). Les résultats sont
présentés sous forme de tableau, comme indiqué par la norme, et éventuellement sous forme d’une courbe
de variation de N en fonction de la profondeur.

Différents nombres de coups

Remarque : Après chaque essai, le carottier est remonté à la surface pour récupérer l'échantillon de sol
remanié.

III.4 Expression des résultats :


En fonction de la profondeur, on donne l'enfoncement sous le poids mort et le nombre de coups de mouton
nécessaire pour chaque intervalle successif de 15 cm (15 cm + 15 cm) ou le refus pour 50 coups de mouton
pour l'un ou l'autre des intervalles. On décrit également les sols qui ont été identifiés.

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III.5 Domaine d’application:


La norme précise que ;
L’essai ne s’applique qu’aux sols sableux dont la dimension des plus gros éléments ne dépasse pas 20mm,
Le nombre de coups N doit être compris entre 0 et 50 ;
La profondeur maximale d’investigation ne doit pas dépasser 50m.
Il faut être très prudent de l’utiliser pour les argiles.

III.6 Corrélations :
Etat de compacité relative en place Indice N (coups/0.3m)
Très lâche 0-4
Lâche 4 – 10
compact 10 – 30
dense 30 – 50
Très dense 30 et plus

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IV. LE PENETROMETRE DYNAMIQUE LOURD

IV.1 Principe.
Le sondage au pénétromètre dynamique est un procédé d‘essai du sol qui est utilisé pour déterminer les
conditions du terrain à bâtir dans les pierreries meubles. Le procédé a été utilisé pour la première fois
durant la première moitié du 20ème siècle. A présent, il est largement reconnu et est utilisé dans le monde
entier pour des explorations de sous-sol. Il consiste à faire pénétrer dans le sol par battage un train de
tiges lisses, muni à son extrémité d’une pointe, à l’aide d’un mouton tombant d’une hauteur donnée.

Pénétromètre Dynamique Lourd

IV.2 Description du pénétromètre dynamique


La schématisation d'un pénétromètre dynamique permet d'en distinguer quatre éléments importants:
- Le mouton, source d'énergie, est généralement à chute libre, d'une hauteur plus ou moins constante et
avec plus ou moins de frottement ;
- L'enclume comporte parfois un amortisseur et sa liaison avec le train de tiges peut être rigide ou par
frottement ;
- Les tiges présentent un poids et une géométrie très variables ;
- La pointe est la partie de l'appareil la plus sophistiquée.
Les particularités portent sur l'angle au sommet, la géométrie et le diamètre de la pointe par rapport à
celui des tiges.
IV.3 Conditions courantes d'utilisation du pénétromètre dynamique
En général, les pénétromètres dynamiques utilisés sont munis d'une pointe débordante. Selon les pays, on
note le nombre de coups nécessaires pour enfoncer la pointe de 10, 20 ou 30 cm, que nous désignons par
Nd10, Nd20 ou Nd30. Cependant, Nd ne peut pas être une caractéristique dynamique, car elle est influencée
par de nombreux facteurs tels que l'énergie de frappe, le diamètre et la largeur du débordement de la
pointe, et le rapport variable entre la masse frappante et la masse frappée.

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IV.4 Types d’appareils.


surface de la Masse Hauteur Angle de la Energ.
Désignation
pointe [cm2] Mouton [kg] Chute [m] pointe [°] batt. [kJ/m2]
Pénétromètre dynamique
DPL 10 10 0.5 90 50
léger
Pénétromètre dynamique mi-
DPM 15 30 0.5 90 150
lourd
Pénétromètre dynamique
DPH 15 50 0.5 90 167
lourd
Pénétromètre dynamique
DPSH-A 16 63.5 0.5 90 198
super-lourd A
Pénétromètre dynamique
DPSH-B 20 63.5 0.75 90 238
super-lourd B
«Von Moos» VAWE 10 30 0.2 30 60

IV.5 Présentation des résultats


On compte le nombre de coups N correspondant à chaque enfoncement 20/10cm de la tige dans le sol.
L’enfoncement en profondeur de la tige est fonction de la compacité du sol. Dans un sol homogène,
l’enfoncement est proportionnel au nombre de coups. On dit que le "refus" est atteint lorsque le nombre
de coups N, pour une pénétration inférieure ou égale à 20/10cm devient très élevé (plus de 100 coups)
Les résultats obtenus au pénétromètre dynamique à cône sont généralement présentés de deux façons
différentes en fonction de la profondeur :
- Soit par le nombre de coups, Nd, pour un enfoncement donné,
- Soit par la résistance dynamique de pointe, Rd, déduite de la formule des Hollandais :
𝑀2 𝑔𝐻
(𝑀 + 𝑀′ ). 𝐴. 𝑒
Avec,
M : masse du mouton,
M' : somme des masses du train de tiges, de la pointe, de l'enclume et de la tige guide,
H : hauteur de chute,
e : pénétration moyenne par coup,
A : section droite de la pointe,
g : accélération de la pesanteur.

IV.6 Applications
- Exploration de la structure des couches
- Estimation de la compacité des couches à gros
grains
- Estimation de portance du sol.
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IV.7 Interprétation
L‘interprétation des sondages au pénétromètre dynamique sert en premier lieu à déterminer la structure
des couches et n‘est le plus souvent possible que d‘un point de vue qualitatif. Une évaluation quantitative
qui établit un lien entre les nombres de coups et les paramètres géotechniques, n‘est le plus souvent
judicieuse qu‘avec des informations supplémentaires.

IV.8 Limites d‘application


La résolution verticale est réduite parce que le nombre de coups n‘est enregistré que tous les 10 ou 20
cm. De plus, les résultats ne sont reproductibles que de manière limitée. D‘une part, le nombre de coups
mesuré est influencé par différentes conditions géotechniques telles que l‘irrégularité du matériau du sol,
la teneur en eau et le comportement géotechnique du terrain à bâtir (comportement drainé ou non drainé).
D‘autre part, les influences liées à la technologie des appareils, telles que l‘efficacité énergétique du
dispositif de battage et les propriétés mécaniques du train de tiges (amortissement mécanique, flexion
élastique par coup) jouent également un rôle. Pour pouvoir évaluer la résistance du système, il est
nécessaire de soulever régulièrement le pénétromètre et de rebattre ensuite. L‘objectif est d‘éliminer en
grande partie la résistance au battage dans la zone de la pointe de manière à devoir uniquement surmonter
la résistance du système pour foncer la sonde. Néanmoins, ces modes opératoires ne peuvent être utilisés
dans les sables sous le niveau de la nappe phréatique que dans certaines conditions car un renard
hydraulique peut survenir dès que la sonde est tirée de sorte que le trou de sondage se remplit à nouveau
de sable avant le rebattage.

IV.9 Corrélations
A partir des nombreux essais effectués sur les mêmes sites avec :
— Un pénétromètre dynamique SERMES à pointe débordante et injection de boue,
— Un scissomètre de chantier,
— Un pénétromètre statique à pointe fixe ou mobile,
— Un pressiomètre standard,
Des rapports entre les principaux paramètres sont résumés dans le tableau ci-après:
qd : résistance dynamique unitaire de pointe,
qc : résistance statique unitaire de pointe,
PL : pression limite pressiométrique standard,
EM : module pressiométrique standard,
cu : cohésion non drainée mesurée au scissomètre de chantier.
Rd/qc Rd/pL Rd/EM
Argiles, limons et vases normalement consolidés
;
«1 1,4 à 2,5 0,1 à 0,3
sables lâches ou moyennement
denses
Argiles et limons surconsolidés 1à2 3à5 0,2 à 0,4
Sables et graviers ; sables limoneux ou argileux
0,5 à 0,5 à 0,4 à 1,5
denses à très denses

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V. LE PHICHOMETRE

V.1 Principe de l’essai:


La difficulté voir l’impossibilité de prélever des échantillons non remaniés dans certains sols grossiers ou
sensible au remaniement, a conduit à la mise en place de l’essai de cisaillement au pichomètre. Il permet
la mesure des caractéristiques de cisaillement désignées par Ci et i (l’indice i désigne in-situ).

L’essai de cisaillement au pichomètre est un essai en place réalisé dans un forage préalable d’un diamètre
équivalent à celui d’un essai préssiométrique. Il consiste à l’introduction dans le forage, une sonde
cylindrique présentant des dents annulaires, à gonfler cette sonde pour faire pénétrer les dents dans le sol
et, enfin, à cisailler le sol en arrachant la sonde à vitesse constante, selon la direction axiale.

Schéma de principe du phicomètre

V.2 Description de l’essai:


L’appareil comprend trois parties (organes) :
Un appareillage de surface ;
Un organe de liaison ;
Une sonde phicométrique.
La partie centrale de la sonde du phicomètre est constituée de coquilles métalliques munies d’indentations
de 230 mm de longueur utile et de 58 mm de diamètre extérieur initiale. La surface de cisaillement,
variable pendant l’essai reste voisine de 500 cm2. Une cellule gonflable est placée à l’intérieur des
coquilles.

L’organe de liaison est composé d’un train de tiges, auquel est associée une tubulure reliant la cellule
gonflable à l’appareillage de surface.
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L’appareillage de surface comprend :

Un contrôleur de pression-volume (pour connaître le volume injecté dans la sonde et la pression appliquée
aux coquilles) ;

Une plaque d’appui sur le sol ;

Un vérin creux, permettant d’exercer l’effort d’arrachement ;

Une cale dynamométrique pour mesurer l’effort d’arrachement t ;

Un système de blocage de l’ensemble ;

Un cadencemètre permettant de maintenir une vitesse d’arrachement constante et égale à 2mm/min.

Appareillage de mesure Sonde du phicomètre

Comme pour l’essai au pressiomètre, avant de commencer l’essai, il est nécessaire de réaliser un
étalonnage permettant de déterminer la déformation propre de la sonde ainsi que son diamètre externe en
fonction de la pression radiale appliquée.

V.3 Interprétation des résultats:


La sonde est soumise à une pression normale, . La surface mobilisable est S= .D.L
D : diamètre extérieur des dents ;
L : longueur de la sonde de mesure.
L’effort limite mobilisable T sous la contrainte  donne une contrainte de cisaillement  =T/S.
Le cisaillement s’effectue sous différents paliers croissants de la pression radiale.
Les couples de valeurs (i,i) sont relevés par paliers de pression croissants.

36
Essais Géotechniques Partie II : Essais in-situ

Les résultats sont tracés sur trois graphiques. L’abscisse des trois graphiques représente la pression radiale
appliquée au sol.

Sur le premier graphique sont reportés les points de résistance maximale obtenus à chaque palier de
cisaillement. L’alignement de ces points donne une droite dont la pente est l’angle de frottement in situ
i et l’ordonnée à l’origine donne la cohésion in situ Ci..

Le deuxième graphique donne la variation du volume intervenu en cours de cisaillement.

Le troisième graphique relie le volume de la sonde à la pression normale.


100.00
800.00

80.00

Variation de volume dV
Resistance au cisaillement (kPa)

600.00

60.00 penetration des dents

400.00
PHIi=35° 40.00
Ci=87 kPa

200.00 20.00

0.00
0.00
0.00 200.00 400.00 600.00 800.00 1000.00 1200.00
0.00 200.00 400.00 600.00 800.00 1000.00 1200.00
Pression radiale Pc (kPa) Pression radiale Pc (kPa)

Droite =f() Courbe V=f(P)

800.00
Volume injecté dans la sonde V

600.00

400.00

200.00

0.00

0.00 200.00 400.00 600.00 800.00 1000.00 1200.00


Pression radiale Pc (kPa)

Courbe V=f(P)

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Essais Géotechniques Partie II : Essais in-situ

VI. LE SCISSOMETRE DE CHANTIER

VI.1 Principe de l’essai:


L’essai scissométrique est un essai de cisaillement direct des sols, permettant de mesurer la cohésion
apparente des sols fins cohérents et saturés de faible résistance (tourbes, vases argileuses, argiles molles).

La réalisation de l'essai consiste à foncer le moulinet comprenant à quatre pales au niveau de l'essai et à
lui appliquer un mouvement de rotation à vitesse constante à l'aide de la barre de torsion du couplemètre.
Les lectures de rotation sont effectuées à intervalles réguliers de 20 secondes jusqu'à quatre lectures après
la valeur maximale du moment de torsion (détermination du pic de résistance τmax) et, ensuite, quatre
lectures sont effectuées après que le moulinet a fait dix tours dans le sol (détermination de la résistance
résiduelle τr).

Schéma de principe du scissomètre de chantier

VI.2 Appareillage de l’essai


Le scissomètre est composé des éléments suivants :

- Un moulinet constitué de pales disposées à angle droit, dont R=35 mm et h=140 mm.
- Un système de fonçage composé d’un train de tubes permettant d’enfoncer lentement le moulinet
(vitesse d’enfoncement <2cm/s).
- Des tiges de torsion tournant librement à l’intérieur des tubes et à l’extrémité desquelles est fixé
le moulinet.
- Un couplemètre, placé en surface, permettant de transmettre un moment de torsion au train de
tiges. Le moment est mesuré à l’aide d’un dynamomètre. La vitesse doit être constante (18°/min)

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Essais Géotechniques Partie II : Essais in-situ

Scissomètre de chantier

VI.3 Description de l’essai


L’essai consiste à appliquer un couple de torsion à un moulinet de dimensions définies préalablement
enfoncé dans le sol au moyen d’un système de tiges. Selon le Canadian Manual for foundation
engineering (1994), le rapport entre la hauteur et le diamètre du moulinet devrait être égal à 2. Le
couple de torsion maximal mesuré au sommet du système de tiges est utilisé pour déterminer la
résistance au cisaillement non drainé, en considérant la surface de révolution définie par le moulinet.
Précisons que cette méthode ne s’applique qu’aux sols cohérents, soit les argiles molles à raides. La
présence de stratifications, de matières organiques, de sable, d’une forte proportion de silt ou de
particules grossières dans le dépôt peut influencer significativement les résultats.

Surface du sol mobilisée

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Essais Géotechniques Partie II : Essais in-situ

En supposant que les résistances au cisaillement sur des plans horizontaux et verticaux sont égales, la
résistance au cisaillement non drainé se calcule comme suit :

2𝑇
𝐶𝑢 =
𝜋𝐷 3 (𝐻⁄𝐷 + 𝑎⁄2)

Avec,

cu = Résistance au cisaillement non drainé


T= Couple maximum mesuré
H= Hauteur du moulinet
D= Diamètre du moulinet
a= Coefficient qui dépend de l’hypothèse faite sur la répartition du cisaillement sur les faces supérieure
et inférieure du cylindre de rupture égale à 0,66 en supposant une répartition uniforme.

VI.4 Interprétation
La résistance au cisaillement du sol  dépend directement du moment de torsion et s’écrit : =T/K
Avec, K : coefficient tenant compte des caractéristiques géométriques du moulinet.
La courbe des valeurs du couple de torsion T en fonction de l’angle  permet de déterminer la résistance
maximale de cisaillement, appelée cohésion scissométrique Su et la résistance résiduelle appelée cohésion
remaniée Sr. Celle-ci est mesurée après que le moulinet ait effectué plusieurs tours dans le sol.
Les lectures sont reportées sur une feuille d’essai et les valeurs caractéristiques Su et Sr sont déterminées
graphiquement.
La sensibilité St du sol au remaniement est donnée par le rapport suivant : St=Su/Sr

Courbe scissométrique

On peut utiliser un sondage scissométrique en effectuant plusieurs essais scissométriques à différents


profondeurs.

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Essais Géotechniques Partie II : Essais in-situ

VI.5 Domaine d’utilisation


Cet essai simple d’un coup modéré et surtout utilisé pour la les études de la stabilité des remblais sur sols
compressibles. L’expérience a montré que les résultats déduits de cet essai sont souvent surestimés surtout
dans les sols à fort indice de plasticité. Pour cela, il est recommandé d’appliquer un coefficient correcteur,
fonction de l’indice de plasticité Ip afin de déduire la cohésion non drainée Cu de Su.
1.20

1.10

1.00

0.90

Coefficient correcteur K 0.80

0.70

0.60

0.50

0.40

0.30

0.20

0.10

0.00

0.00 20.00 40.00 60.00 80.00 100.00 120.00


Indice de plasticité Ip

Correction de la cohésion non drainée

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Essais Géotechniques Partie II : Essais in-situ

VII. LE CHARGEMENT A LA PLAQUE

VII.1 Objet de l’essai :


L’essai de chargement à la plaque est destiné à vérifier la qualité des matériaux et du compactage d'une
plate-forme reconstituée (voirie, substitution sous un bâtiment). Il s’applique aux plates-formes
d’ouvrages de terrassement destines à la construction d’infrastructures routières, ferroviaires,
aéroportuaires constituées par des matériaux comportant des éléments dont le Dmax est inférieur à 200mm.

Il consiste à évaluer la déformabilité d’un sol (tassement s de la plaque) en effectuant deux cycles de
chargement à vitesse constante (80 daN/s) sur une plaque rigide de 60 cm diamètre à l’aide d’une poutre
de Benkelmann. Le module de Westergaard est le rapport entre la pression et l’enfoncement. Il est utilisé
pour évaluer la portance des sols supports pour les bâtiments.

Poutre de Benkelmann Appareillage LCPC

VII.2 Appareillage
L’appareillage comprend:
a) une plaque de 60 cm de diamètre,
b) un appareil de chargement composé d’un vérin hydraulique de capacité 200 kN, d’un poinçon de
charge, d’un jeu de rallonges et d’une rotule à placer sous l’appui ;
c) un élément dynamométrique (anneau dynamométrique);
d) un dispositif de lestage permettant de reprendre les charges appliquées à la plaque (camion par
exemple) ;
e) un bâti de référence, portant les 3 comparateurs (lecture au 1/100 mm, course 20 mm) au bout des trois
étriers de fixation.

VII.3 Procédure de l’essai :


Après repérage du point d'auscultation de la plate-forme, il est appliqué, par l'intermédiaire d'une plaque
de diamètre donné, deux cycles de chargement successifs conduits selon des modalités également
normalisées. Avant la mise en place de la plaque, une fine couche de sable est répandue sous
l’emplacement de la plaque. Le sable permet de s’assurer que la charge s’applique sur toute la surface de
la plaque. Le chargement est maintenu pour les deux cycles jusqu'à constatation de la stabilisation de
l'enfoncement de la plaque. La valeur de l'enfoncement de la plaque mesurée à la fin du second cycle
permet de calculer le «Module sous chargement statique à la plaque EV2». L'essai s'applique aux plates-
formes d'ouvrages de terrassement et d'assainissement dont le Dmax est inférieur à 200 mm et la valeur
maximale du module pouvant être mesurée par cet essai est de 250 MPa. Le «Module sous chargement
statique à la plaque» ne caractérise pas l'état de compacité des sols situés sous la plate-forme auscultée.

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Essais Géotechniques Partie II : Essais in-situ

Le vérin de 200 KN, lève le massif réaction (6x4), effectue deux cycles successifs de chargement :
- 1er cycle de chargement :
On monte de 0 à 0,25 MPa, puis on maintient la pression jusqu’à stabilisation de la déformation
(<0,02mm / 15 sec.). On mesure alors l’enfoncement Z0 en mm. Et on descend la pression à 0.

- 2ème cycle de chargement :


On charge de 0 à 0,20 MPa puis on attend la stabilisation de la déformation (< 0,02 mm / 15 sec.) On
mesure l’enfoncement Z2 en mm. Et on descend la pression à 0.

La valeur retenue est celle du second chargement : Z2

Les déformations sont mesurées en centième de mètre.

Les résultats sont calculés sur place, puis repris au bureau sur ordinateur afin de tracer le graphique de
l'essai.

Principe de l’essai

VII.4 Interprétation des résultats


Les résultats déduits de cet essai sont présentés sous forme de courbe pression et tassement. Un module
de réaction ks est déduit de cet essai ; c’est un paramètre utilisé pour concevoir des dalles entièrement
supportées telles que les revêtements rigides et flexibles des routes ou des pistes d’atterrissage, les radiers
et les semelles filantes. Le module Ks dépendant de la géométrie du cas de chargement, on le calcule à
partir du module Kt déduit de la courbe pression-tassement.

Pour les semelles continues, Terzaghi, propose la relation suivante :

𝐵+0.03 2
𝐾𝑠 = 𝐾𝑡 ( 2𝐵
) [𝑘𝑁/𝑚3 ]

Avec,
𝑃 2
𝐾𝑡 = (𝑌) [𝑘𝑁/𝑚3 ]

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Essais Géotechniques Partie II : Essais in-situ

Courbe Pression-tassement

La formule à utiliser est la suivante :

EV2 = 90/Z2

Avec :
Z2 : enfoncement de la plaque en mm
EV2 : portance minimale du sol en MPa

On peut retenir la déformation du premier chargement (à 0,25MPa) pour calculer EV1.

On utilise la formule suivante :

EV1 = 112,5/E1

Avec ;
EV1 en MPa
E1 en mm

Le rapport EV2 / EV1 permet d’apprécier la qualité du compactage.

- EV2 / EV1 < 2 = Bon compactage


- EV2 / EV1 < 1,2 = Très bon compactage

VII.5 Domaine d’application.


Les essais de chargement à la plaque ne sont réalisés que sur des sols pulvérulents ; ils ne sont pas
recommandés pour les sols cohérents.

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