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2014

STAGE IFSI

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Réalisé en Janvier 2010 et mis à jour en janvier 2014


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STAGE IFSI

Sommaire

La Santé : droit à la santé, notion de santé publique, la … Par M. Aubert p. 3


prévention

Le système de protection sociale et dépenses de santé … Par Mme Gacoin p. 10

Les pathologies dominantes : les cancers … Par M. Leon p. 15

Les pathologies dominantes : MST et Sida … Par Mme Chouffani p. 23

Le handicap … Par Mme Arbelot p. 28

a
Les toxicomanies : alcoolisme … Par Mme Richard p. 34

ép
Les toxicomanies : tabagisme … Par Mmes Teyssier p. 39

Pr
et Guillin
Les toxicomanies : drogues illicites … Par M. Klingbeil et p. 42
La
M. Harang
Don d’organes … Par M. Bathiard p. 50
&

L’enfant … Par Melle Cottin p. 54


n
ie

Personnes âgées et vieillissement … Par Mme Tournier p. 59


al

Exclusion sociale et pauvreté … Par Mme Paloque p. 65


G

Place de la femme dans la société (contraception et IVG) … Par Mme Wistuba p. 71


u rs

Immigration … Par Mme Salloum p. 78


Co

Pollution et protection de l’environnement … Par Mme Reig p. 84

Alimentation et nutrition … Par Melle Barbé p. 89

Bioéthique et euthanasie … Par Mme Wistuba p. 94

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SANTE / SANTE PUBLIQUE


La santé
1. La santé, quelques repères historiques

L’homme a toujours eu comme préoccupation de se nourrir et de s’abriter contre les agressions.


C’est déjà une première notion de protection. Puis, l’homme s’est cultivé et s’est soigné.
Les deux principes sont concomitants, en effet, « détenir du savoir » c’est par exemple, utiliser
les principes actifs des plantes et se soigner. Il s’agit ici de savoirs empiriques.
La notion de santé initiale est apparue dans la première édition du Dictionnaire de l’Académie
Française en 1694 : « Estat de celuy qui est sain, qui se porte bien ».
A cette époque-là, « se porter » voulait dire, être sur ses jambes. Ensuite, l’ère pastorienne
ouvra la voie à de multiples découvertes : microbes, notion d’hygiène, identification des
maladies infectieuses …

a
ép
2. La santé - quelques définitions

Pr
La santé est un concept neutre que chacun est appelé à définir. Une seule chose est sûre, il est
impossible de définir la santé d'une manière univoque, valable pour tous, en tout lieu et en tout
temps.
La
Santé doit résonner avec :
 bien-être physique et mental ;
&

 absence de maladie ;
 absence de handicap
n
ie

 En 1937, R. Leriche disait que : « la santé, c’est le silence des organes ».


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Bel écho que nous renvoie ce « silence » mais la santé doit aussi se faire entendre.
G

 René Dubos : la santé, c’est l'épanouissement de chacun dans le milieu où il vit.


A ce niveau, apparaît la notion de bien-être et de milieu. Lorsque nous entendons milieu, il
rs

s’agit de tous les milieux (environnement, habitat, travail).


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Co

 Illich : la santé, c'est la capacité que possède tout homme de s'affirmer face au milieu ou de
prendre la responsabilité de sa transformation.
Ici, ce sont les notions de capacité et de responsabilité qui sont mises en évidence et en plus,
l’idée de milieu comme le cite René Dubos.

 L'O.M.S. : La constitution de l'Organisation Mondiale de la Santé a été adoptée à New-York


le 22 Juillet 1946. Son but est d'amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé
possible.

- Définition de la Santé : La santé est un état de bien-être total physique, social et mental de la
personne (image POSITIVE de la santé). Ce n'est pas la simple absence de maladie ou
d'infirmité.

- Évolution du concept :
Auparavant, la santé était considérée comme étant l'état contraire de la maladie. S'occuper de
l'accès à la santé revenait à lutter contre les maladies.

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Avec la définition de l'O.M.S., la prévention et les soins ne sont pas les seuls moyens au service
de la santé, il y a aussi : les lois, les règlements, les orientations politiques en environnement,
l’aménagement du territoire... La santé de la population devient une responsabilité collective
(Charte d'Ottawa en 1986).

- Les politiques pour la santé (selon les recommandations d'Adélaïde, 2ème Conférence
internationale sur la promotion de la santé qui s'est tenue en Australie, à Adélaïde, en avril
1988 ):
La santé est un droit fondamental de l'homme et un investissement social. Les gouvernements
doivent investir dans les politiques pour la santé et dans la promotion de la santé afin
d'améliorer l'état de santé de tous ses citoyens.
Leurs buts principaux sont d'instaurer un environnement physique et social propice, de faciliter
les choix des citoyens en faveur de la santé, de combler l'écart de santé entre les personnes
défavorisées et les autres ...
Comme vous pouvez le constater, la notion de médicalisation n’apparaît pas dans ces
différentes notions de santé.

3. La santé n’a pas de prix

a
- Les différentes définitions concernant la santé ne nous ont pas fait ressentir la notion de coût,

ép
voire de prix. En effet, pendant très longtemps nous avons été très pudiques en matière de
chiffrage.

Pr
- La santé, c’est avant tout un capital que l’on se doit de protéger et de faire « fructifier » au
sens, bien entendu, de la prévention.
La
- La notion de santé évolue, c’est quelque chose de dynamique et dont les composantes varient
en fonction :
 de notre lieu de vie ;
&

 de notre âge ;
 de notre manière à financer celle-ci ;
n

 de notre patrimoine génétique…


ie

Ces différentes composantes influent considérablement notre santé.


al

Exemples
G

- Dans les pays où l’accès aux soins n’est pas facile, l’état de santé de la population n’est pas
optimal.
rs

- Le fait de pouvoir avoir accès à la vaccination représente un élément fondamental de


u

conservation de son état de santé.


Co

- Etre et rester en bonne santé, c’est aussi être responsable ; responsable de ne pas faire
progresser une épidémie par exemple. Le port du préservatif est un excellent exemple.

- En revanche, si la santé n’a pas de prix, elle a un coût. Un coût qui se mesure.
Lors de vos études d’infirmiers un module est consacré à la santé publique et toutes ces notions
y seront approfondies.

- Enfin, la santé est un droit fondamental, mais c’est aussi un devoir. Ce qui nous renvoie à la
notion de responsabilité individuelle et collective.
Se maintenir en bonne santé, c’est lutter contre la propagation des maladies.

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4. La population française

- Avant de parler de mesure de l’état de santé, il est important d’identifier la population et, de
ce fait, d’en faire son état à un moment donné.
- La France (métropole et DOM) compte 65,8 millions d'habitants au 1er janvier 2013, selon
les estimations de l'Insee, et dont voici les grandes lignes :
- La France compte 65,8 millions de personnes, dont 63,7 millions en métropole et 1,9 million
dans les DOM (hors Mayotte)
- Au sein de l'Union européenne, la France est au deuxième rang, derrière l'Allemagne (80.2
millions d'habitants).
- La France s'est enrichie de 822.000 naissances, mais 571.000 personnes sont décédées.
- La fécondité a atteint 2,01 enfants par femme en 2013 (1,98 en 2007).

Sources : www.ined.fr www.insee.fr

5. Comment mesurer l’état de santé de la population ?


L’état de santé de la population se mesure avec des indicateurs.

a
* Lesquels ?

ép
 le taux de mortalité générale ;
 le taux de mortalité infantile ;

Pr
 le taux de fécondité ;
 l’espérance de vie à la naissance.
La
* Comment se définissent-ils ?
&

 Taux de mortalité générale : c’est le rapport du nombre de décès de l'année à la population


n

totale moyenne de l'année. Il s’exprime pour mille


ie

Exemple : le taux de mortalité générale des Français en 2012 est de : 8,8 pour mille
al

 Taux de mortalité infantile : c’est le rapport entre le nombre d'enfants décédés à moins d'un
G

an et l'ensemble des enfants nés vivants.


Exemple : le taux de mortalité infantile des Français en 2012 se situe à 3.3 pour mille (3 pour
rs

mille pour le Japon et 18 pour mille pour l’Albanie).


C’est un excellent indicateur de bonne santé car il reflète à la fois les moyens de santé
u

maternelle avant, pendant et après la naissance.


Co

A titre indicatif, les taux de mortalité de certains pays en développement se situent aux
alentours de 100 pour mille.

 Le taux fécondité : c’est le rapport du nombre de naissances vivantes de l'année rapporté à la


population féminine moyenne de l'année (population féminine : femmes fécondes entre 15 et
50 ans). Le seuil de renouvellement d’une population doit être de 2.1
Exemple : le taux de fécondité des Françaises est de : 2,01 enfants par femme pour 2013.

 L’espérance de vie à la naissance (ou à l'âge 0) : représente la durée de vie moyenne -


autrement dit l'âge moyen qu’aura un individu lors de son décès
Exemple : l’espérance de vie à la naissance en France en 2013 :
. hommes : 78,4 ans
. femmes : 84,2 ans

Une équipe de chercheurs de l'université de Cambridge (Royaume-Uni), en partenariat avec le


Medical Research Council, a mené une enquête sur 20 244 individus pendant 14 ans (entre

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1993 et 2007), dont 1987 sont décédés en cours d'enquête, afin de déterminer l'impact du
mode de vie sur l'espérance de vie.
L'étude conclut que le "mode de vie idéal" - absence de tabac, consommation d'alcool égale
ou inférieure à un demi verre par jour, consommation de 5 fruits et légumes par jour, exercice
physique de 30 minutes par jour - majore l'espérance de vie de 14 ans par rapport au cumul de
quatre facteurs de risque.

Le cumul des quatre facteurs de risque (tabac, alcool, manque de fruits et légumes et d'exercice
physique) multiplie le risque de décès par 4,4 ; trois facteurs de 2,5 ; deux facteurs de près de 2
et 1 facteur de 1,4. Selon le professeur Kay-Tee Khaw, premier signataire de l'étude, « c'est la
première fois que l'on analyse l'effet cumulé des facteurs de risque sur la mortalité».

Source : Wikipedia

6. Concrètement, comment se situe la santé des Français ?

La santé des Français est globalement bonne ; elle se situe dans les pays les mieux lotis en
matière d’espérance de vie et d’accès aux soins.
Il faut savoir que l’état de santé varie d’une région à une autre, voire d’un département à un

a
autre. En santé publique, cela s’appelle des disparités territoriales.

ép
Exemple : Les régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie sont parmi les régions où la mortalité

Pr
générale est la plus élevée.

Pour quelles raisons ?


La
Nous constatons qu’au sein de ces régions il y a des décès prématurés dus :
 aux cancers ;
&

 à l’alcoolisme ;
 aux suicides ;
n

 aux pathologies cardiaques.


ie

En revanche, les régions Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes, Ile-de-France, Alsace, Provence-Alpes-


al

Côte d’Azur sont plus épargnées par les décès prématurés.


G

Les raisons sont plurifactorielles et les explications sont difficiles.


Nous en resterons ici qu’à des constats. Cependant, ces constats ne sont pas récents et,
rs

nombreux sont les décès qui pourraient être évités ; nous parlerons également de mortalité
u

évitable.
Co

Exemples
Nous pouvons parler de mortalité évitable, lorsque les moyens et les mesures prises en matière
de prévention primaire ont permis d’éviter :
 le SIDA ;
 les cancers bronchiques ;
 les accidents de la circulation.
A ce jour, Le SIDA est une maladie évitable.

7. Les points forts à retenir

- La santé a plusieurs définitions.


- La santé est une composante dynamique de l’homme.
- La santé est un droit mais aussi un devoir.
- La santé n’a pas de prix mais elle a un coût.
- L’état de santé des Français est globalement bon malgré des disparités régionales.
- L’état de santé se mesure avec des indicateurs.

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La santé publique
1. La santé publique, de quoi s'agit-il ?

La santé publique prend en compte les dimensions d’organisation administrative, politique et


économique. La santé publique aborde l’organisation de la santé pour une collectivité, une
population à un niveau individuel et à un niveau collectif.

L’OMS, en 1952, en donne la définition suivante :


« La santé publique est la science et l’art de prévenir les maladies, de prolonger la vie et
d’améliorer la santé et la vitalité mentale et physique des individus, par le moyen d’une action
collective concertée visant à :
 assainir le milieu ;
 lutter contre les maladies ;
 enseigner les règles d’hygiène personnelle ;

a
 organiser des services médicaux et infirmiers en vue d’un diagnostic précoce et du

ép
traitement préventif des maladies ;
 mettre en œuvre des mesures sociales propres à assure à chaque membre de la collectivité

Pr
un niveau de vie compatible avec le maintien de la santé ».

La santé publique est aujourd’hui une discipline autonome qui s’occupe de l’état sanitaire
La
d’une collectivité, de la santé globale des populations sous tous ses aspects : curatif, préventif,
éducatif et social. La santé publique peut être aussi considérée comme une institution sociale,
&

une discipline et une pratique.


n

Son champ d’action est vaste et couvre tous les efforts sociaux, politiques, organisationnels qui
ie

sont destinés à améliorer la santé de groupes ou de populations entières. Ceci inclut toutes les
approches organisées, tous les systèmes de promotion de la santé, de prévention des maladies,
al

de lutte contre la maladie, de réadaptation ou de soins orientés en ce sens.


G
rs

2. La santé publique et ses moyens


u

 La prévention
Co

La prévention est l’ensemble des mesures visant à éviter ou réduire le nombre et la gravité des
maladies, des accidents et des handicaps. » d’après l’OMS
Les 3 niveaux de prévention sont :
- La prévention primaire vise à réduire le risque d'apparition de nouveaux cas
Exemple : vaccination contre l'apparition d'une maladie (grippe).
- La prévention secondaire vise à réduire l'évolution de la maladie
Exemple : dépistage du cancer colo rectal
- La prévention tertiaire vise à éviter les récidives ou ses complications.
Exemple : La rééducation après infarctus du myocarde

 Promotion de la santé
La promotion de la santé a pour but de donner aux individus davantage de maîtrise de leur
propre santé et davantage de moyens de l’améliorer. » OMS, Ottawa, 1986.

Les moyens de la promotion de la santé sont :


. le renforcement de l’action communautaire ;
. la création d’environnements favorables ;

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. l’élaboration de politique pour la santé ;


. l’acquisition d’aptitudes individuelles ;
. la réorientation des services de santé.
Exemple : Expliquer à une classe comment se déroulera une visite médicale et mettre les
enfants en confiance.

 Education pour la santé


« Processus long de découverte ou d’apprentissage de savoirs (connaissances), de savoir-être
(attitudes, représentations, croyances) et de savoir-faire (aptitudes, habiletés) permettant de
donner les moyens à un individu ou à un groupe d’exercer des choix relatifs à des
comportements de santé ».
Exemple : apprentissage des gestes et des comportements en matière d'hygiène bucco-dentaire.

3. La politique de santé en France

Aucun système de santé ne peut fonctionner convenablement sans ligne conductrice, c'est-à-
dire des objectifs clairement définis. Ces objectifs sont contenus dans la politique de santé.
La politique de santé est définie par l’Etat et fait l’objet d’une loi – il s’agit de la loi 2004-806

a
du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique.

ép
Nous nous limiterons ici au titre premier, chapitre I de cette loi.

Titre Ier – chapitre Ier – Politique de santé publique (extrait) :

Pr
Cette loi nous précise que :
 la nation définit sa politique de santé selon des objectifs pluriannuels ;
La
 les programmes de santé publique sont mis en œuvre par l'État et par les collectivités
territoriales et les organismes d’assurance maladie ;
&

 tous les cinq ans, les objectifs de la politique de santé publique sont évalués et révisés.
n

Sources : Code de la Santé Publique. www.legifrance.fr


ie
al

4. La politique de santé par l’exemple


G

- L’accent est mis sur la responsabilité de l’état en matière de santé publique.


rs

- La loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique place l’échelon régional
comme niveau idéal d'intervention pour parvenir à l’atteinte des objectifs nationaux de santé.
u

- Enfin, elle s’est dotée de 3 instances pour développer à 5 ans la politique régionale de santé, il
Co

s’agit :
• du Projet Régional de Santé Publique pour renforcer la loi de santé publique (PRSP) ;
• de la Conférence régionale de santé qui donne un avis et évalue le PRSP ;
• du groupement régional de santé publique qui met en œuvre le PRSP.

Pour mieux comprendre : Un extrait du Projet Régional de Santé Publique – Région Rhône-
Alpes :

A. Réduire les inégalités de santé


C’est-à-dire faciliter l’accès aux soins et à la prévention :
 Pour des populations marginalisées (jeunes isolés en errance, travailleurs saisonniers,
populations précaires) en développant l’accès au dépistage, aux bilans de santé, en repérant les
risques liés à l’environnement (saturnisme, monoxyde de carbone) ;
 Pour des personnes manquant de mobilité ou situées loin de tout et auxquelles une offre de
transport ou le développement de services mobiles seraient utiles.

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B. Prévenir les pathologies les plus graves


- En réduisant les facteurs de risque :
 l’usage du tabac, la consommation excessive d’alcool, de drogues, notamment chez les
jeunes ;
 le suicide des jeunes en développant des dispositifs d’écoute et de soutien ;
 la souffrance psychique liée aux conditions de travail ;
 les comportements à risque des jeunes (conduite sous l’emprise de l’alcool ou de la drogue,
risques d’infections sexuellement transmissibles et de grossesses non désirées).

- En développant la prévention périnatale :


 informer les femmes enceintes des risques liés à la consommation d’alcool, de tabac, de
toxiques, de médicaments ;
 promouvoir l’allaitement maternel ;
 promouvoir les dépistages organisés existants (sein, colon).

- En organisant une prévention spécifique pour les personnes âgées :


 pour éviter les chutes ;
 pour qu’elles s’alimentent correctement ;

a
 pour dépister les dépressions, les troubles de la mémoire…

ép
Source : Projet Régional de Santé Publique Rhône-Alpes - www.prsp-ra.com

Pr
La
5. Les points forts à retenir

 La notion de santé publique est plus volontiers de l'ordre du concept.


&

 Elle fait appel à la loi et à l'organisation.


 La santé se définit à l’aide d’une politique nationale.
n

 En France, la politique de santé fait l’objet d’une loi.


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Webographie
G

+ Sur le thème de la Santé


rs

www.insee.fr
u

www.sante.gouv.fr
Co

www.inpes.sante.fr

+ Sur le thème de la Santé publique


Ministère de la santé : www.sante.gouv.fr
Haut Comité en Santé Publique : www.hcsp.fr
Institut National Pour l’Education à la Santé : vwww.cfes.sante.fr
Haute Autorité en Santé : www.has.fr
Banque de données en santé publique : www.bdsp.ehesp.fr
Projet Régional de Santé Publique Rhône-Alpes - www.prsp-ra.com
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LE SYSTÈME DE PROTECTION SOCIALE


ET DÉPENSES DE SANTÉ

ORGANISATION DU RÉGIME GÉNÉRAL DE LA SÉCURITÉ SOCIALE

BRANCHE BRANCHE BRANCHE BRANCHE


MALADIE VIEILLESSE FAMILLE RECOUVREMENT
(avec la CPAM) (avec la CNAV) (avec la CAF) (l’ACOSS et l’URSSAF)

L’ACOSS (l’Agence
Gère les risques liés : Gère : Gère les prestations Centrale des Organismes de
familiales avec conditions Sécurité Sociale) assure la
• aux maladies • l’assurance
de ressources : gestion de la trésorerie de
vieillesse
• à la maternité l’ensemble du régime
(= les retraites) • PAJE
général et centralise les

a
• à l’invalidité • complément familial
sommes d’argent collectées

ép
• l’assurance • RSA
• au décès par l’URSSAF (Union de
veuvage • allocation de rentrée
(= pension de Recouvrement des

Pr
• aux accidents du scolaire
travail reversion) • allocation logement Cotisations de Sécurité
Sociale et d’Allocations
La
• aux maladies Et les prestations sans Familiales).
professionnelles conditions de ressources :
C’est une branche qui
&

• allocations familiales participe au financement


• alloc de soutien de la sécurité sociale.
n

familial
ie

• alloc d’éducation de
l’enfant handicapé
al

Les recettes :
• alloc de présence
G

Les dépenses : parentale. • Les cotisations sociales


Les dépenses :
prélevées sur les salaires
• Remboursement de • Versement des des employés et revenus
rs

frais médicaux retraites, des non salariés


u

(médicaments et • Versement du (allocations chômage


Co

examens médicaux) minimum vieillesse, Les dépenses : par exemple) + les


• Remboursement des • Versement des charges patronales
consultations, pensions de Le versement des versées à l’URSSAF.
• Versement des reversion. différentes allocations • Les impôts et taxes tels
indemnités que CSG et RDS, les
journalières en cas avec et sans conditions de taxes sur les alcools forts
d’arrêt de travail ressources. et le tabac, les taxes sur
supérieur à 3 jours, les primes d’assurance
• Versement des automobile et sur les
pensions d’invalidité publicités de produits
pharmaceutiques.
• La contribution de l’État
qui finance les dépenses
de solidarité (fonds de
solidarité vieillesse, par
exemple).

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ORGANISATION DES AUTRES RÉGIMES DE LA SÉCURITÉ SOCIALE

Le régime général couvre 85 % de la population française. Il existe néanmoins « d’autres


régimes » qui couvrent certaines catégories professionnelles :
• La MSA (Mutualité Sociale Agricole) pour les exploitants et salariés du secteur agricole.
• Le régime des travailleurs non salariés non agricoles couvre les artisans et
commerçants, les industriels et les professions libérales.
• Les régimes spéciaux pour les marins, les salariés de la SNCF, EDF-GDF, les clercs et
employés de notaire, les salariés de l’Assemblée Nationale et du Sénat, les marins, les
salariés de la Banque de France. Ces régimes faisant parler d’eux puisque le
gouvernement souhaiterait les réformer.

Pour chacun de ces autres régimes, nous retrouvons une protection pour les risques liés à la
maladie, à la vieillesse, à la famille + une branche recouvrement. Même si l’organisation est
identique à celle du régime général, les régimes spéciaux offrent des avantages que nous ne
retrouvons pas au sein du régime général (par exemple : l’âge légal de départ à la retraite est de
62 ans pour un salarié bénéficiant du régime général et de 50 ans pour certains salariés de la

a
SNCF).

ép
Pr
LA CMU (la Couverture Maladie Universelle) Loi du 27/07/99
La
La CMU permet l’accès aux soins pour toutes les personnes résidant en France de manière
stable et régulière depuis plus de trois mois, et qui n’ont pas droit à l’assurance maladie à un
&

autre titre (activité professionnelle, etc). La CMU sert à la fois de sécurité sociale et de mutuelle
complémentaire. Ainsi l’accès aux soins peut se faire sans avance de frais.
n

La CMU complémentaire est accordée pour un an sous conditions de ressources. Les soins
ie

sont pris en charge à 100 % en tiers payant et les professionnels de santé ont l’obligation de
respecter les tarifs reconnus par la sécurité sociale.
al

Au 31 octobre 2012, 2 196 128 personnes bénéficiaient de la Cmu de base.


G

Par ailleurs, 4 502 572 personnes bénéficiaient de la Cmu-C. Enfin, pour ce qui est de l’Aide à
la complémentaire santé (Acs), elle concernait 738 580 personnes fin août 2012
u rs

L’ACS (l’Aide Complémentaire de Santé) depuis 2004


Co

Initialement dénommée crédit d'impôt, elle consiste en une aide financière partielle pour
l’acquisition d’une mutuelle complémentaire. (Par exemple, si le contrat vaut 400 € et que la
réduction est de 200 €, il ne reste plus qu’à payer la différence, soit 200 €).

Elle s’adresse donc aux personnes dont les ressources ne leur permettent pas de bénéficier de la
CMU mais qui n’ont pas les moyens de se payer une mutuelle complémentaire. L'ACS permet
aussi de ne pas faire l'avance des dépenses de santé prises en charge par l'Assurance Maladie
pour les soins réalisés dans le cadre d'un parcours de soins coordonnés. Cet avantage est
valable 18 mois à compter de la remise de l'attestation de droit à l'ACS. La demande d'aide
complémentaire santé est à faire auprès de la caisse d’assurance maladie.

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L’AME (l’Aide Médicale de l’État)

Elle permet l’accès aux soins des personnes étrangères résidant en France de manière
ininterrompue depuis plus de trois mois, mais qui sont en situation irrégulière (absence de titre
de séjour ou de récépissé de demande). A titre exceptionnel, l’AME peut être accordée à des
personnes de passage sur le territoire français dont l’état de santé le justifie (maladie ou
accident survenu de manière inopinée), sur décision individuelle du ministre chargé de l’action
sociale. L’aide médicale est accordée pour un an sous les mêmes conditions de ressources que
la CMU complémentaire. Les soins de maladie et de maternité sont pris en charge à 100 %
pour les bénéficiaires de l’AME, de même que le forfait hospitalier.
En novembre 2010, les députés avaient instauré un droit d’entrée de 30 euros qui a été
supprimé en juillet 2012.
Plus de 220 000 personnes ont eu accès à l’aide médicale de l’Etat en 2011.

LA RÉFORME DE L’ASSURANCE MALADIE (Loi du 13/08/2004)

Depuis plusieurs années, la Sécurité Sociale, toutes branches confondues, connaît un déficit
important. Selon le rapport de la Cour des Comptes publié en octobre 2013, ce déficit

a
atteindrait 14.3 milliards d’euros pour le régime général répartis de la manière suivante :

ép
• 7.9 milliards d’euros pour la branche maladie,
• 3.5 milliards d’euros pour la branche vieillesse,

Pr
• 3.2 milliards d’euros pour la branche famille,
• + 300 millions d’euros pour la branche accidents du travail.
La
La réforme de la branche maladie de la Sécurité Sociale (2004) tarde à faire effet. Voici cette
&

réforme en quelques points :


• Le développement des médicaments génériques. Ils ont permis une économie de 1
n

milliard d’euros en 2007 contre 590 millions d’euros en 2005.


ie

• La contribution à 1 euro pour chaque acte ou consultation à partir du 01/01/2005 sauf


al

pour les moins de 18 ans.


G

• En 2006 : Généralisation du choix du médecin référant (traitant) et augmentation du


forfait hospitalier (passant de 14 à 15 euros)
rs

• Instauration du dossier médical personnel permettant un meilleur suivi du patient


(nouvelle phase d’expérimentation menée dans plusieurs régions depuis le troisième
u

trimestre 2009)
Co

• Carte vitale deuxième génération avec la photo de l’assuré afin d’éviter des fraudes.
• Augmentation des contrôles d’arrêts de travail. Voici une évolution des montants des
fraudes détectées par l’assurance maladie entre 2005 et 2008 :
- 2005 : 13 millions d’euros de fraudes
- 2006 : 117,9 millions d’euros de fraudes
- 2007 : 143,7 millions d’euros de fraudes
- 2008 : 160 millions d’euros de fraudes

LOI DE FINANCEMENT DE LA SÉCURITÉ SOCIALE

Tous les ans, au mois de novembre, le Parlement vote une Loi de Financement de la Sécurité
Sociale. Cette loi détermine pour l’année à venir des dépenses et des recettes des branches de
la sécurité sociale.

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Voici en quelques mots le contenu de cette loi publiée au journal officiel le 24 décembre
2013 :

- amélioration de la couverture santé des étudiants et simplification de l’accès à la couverture


maladie universelle complémentaire (CMU-C) pour les étudiants en situation précaire,
- mise en oeuvre du tiers-payant pour les actes en lien avec la prescription d’un contraceptif à
une mineure d’au moins 15 ans,
- renforcement de l’aide au sevrage tabagique pour les personnes ayant un traitement de
substitution nicotinique,
- expérimentation de la délivrance à l’unité de médicaments appartenant à la classe des
antibiotiques,
- expérimentations du déploiement de la télémédecine pour la réalisation d’actes concernant
des patients pris en charge en médecine de ville et en structures médico-sociales.
Source : http://www.service-public.fr/actualites/00644.html

Malgré les nombreuses mesures mises en place chaque année, le déficit de la Sécurité Sociale

a
demeure. La faute à l’augmentation des dépenses de santé, des recettes moins importantes

ép
(notamment avec l’augmentation du nombre de chômeurs car qui dit faible revenu, dit petites
cotisations prélevées), l’augmentation de l’espérance de vie et du nombre de personnes à la

Pr
retraite, etc …
La
Conclusion :
Notre système de protection sociale basée sur la solidarité s’essouffle. De plus en plus
&

d’organismes complémentaires apparaissent et restent à la charge des assurés sociaux :


n

• l’adhésion à une mutuelle complémentaire qui prend en charge les remboursements


ie

que l’assurance maladie ne couvre plus,


al

• le PERP : Plan Épargne Retraite Populaire. Il s’agit d’un dispositif d’épargne individuel
G

qui permettra de compléter le montant de la retraite versée par la branche vieillesse de


la Sécurité Sociale.
u rs

Si rien n’est fait dans l’avenir, ce système basé sur la solidarité finira par péricliter. Seul un
système par capitalisation pourra assurer une prise en charge mais ce système-là est riche en
Co

inégalités.
__________________________________________________________________________

Lexique

CPAM : Caisse Primaire d’Assurance Maladie


CNAV : Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse
CAF : Caisse d’Allocations Familiales
PAJE : La Prestation d’Accueil du Jeune Enfant : Il s’agit d’une allocation pour tout enfant né ou
adopté après le 1er janvier 2004 qui comprend une prime de naissance ou d’adoption, une
allocation de base et un complément pour le mode de garde.

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RSA : Le Revenu de Solidarité Active, remplace le RMI et l’API depuis le 1er Juin 2009. Il s’agit
d’un minima social pour les personnes qui n’ont pas d’emploi et qui ne bénéficient pas de
l’assurance chômage. Le RSA sert aussi de complément de revenu pour toute personne qui
reprendrait une activité professionnelle à temps partiel.
CSG : Contribution Sociale Généralisée, prélevée sur les salaires, les revenus de patrimoine et
de placement depuis 1991.
RDS : Remboursement de la Dette Sociale, prélevé sur les salaires depuis 1996 à un taux de
0,5% du salaire brut.
Site Internet à consulter : www.ameli.fr (Il s’agit du site de la sécurité sociale).

a
ép
Pr
La
&
n
ie
al
G
u rs
Co

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Le cancer
PRINCIPAUX POINTS

. Le cancer est une cause majeure de décès dans le monde à l'origine de 8 millions de décès en
2012, soit 13% de la mortalité mondiale.
. Les cancers du poumon, de l’estomac, du foie, du colon et du sein sont chaque année les plus
meurtriers.
. Les cancers les plus fréquents ne sont pas les mêmes chez l’homme que chez la femme.
. Environ 30% des décès par cancer pourraient être évités.
. Le tabagisme est le facteur de risque cancéreux le plus important.
. Le cancer survient à la suite de la modification d’une seule cellule. Cette modification peut
être provoquée par des agents extérieurs ou des facteurs génétiques héréditaires.
. D’ici à 2030, il est estimé qu’il y aura plus de 26 millions de cas incidents de cancer chaque

a
année.

ép
"Cancer" est un terme général appliqué à un grand groupe de maladies qui peuvent toucher

Pr
n'importe quelle partie de l'organisme. On parle aussi de tumeurs malignes ou de néoplasmes
malins. L'un des traits caractéristiques du cancer est la prolifération rapide de cellules
La
anormales qui, au-delà de leur délimitation normale, peuvent envahir des parties du corps
adjacentes et essaimer dans d'autres organes - formant ce qu'on appelle des métastases. Elles
sont la principale cause de décès par cancer.
&
n

CHARGE MONDIALE DU CANCER


ie

*Les principaux types de cancer responsables de la mortalité cancéreuse sont les suivants :
al

. cancer du poumon (1,3 million de décès) ;


G

. cancer de l’estomac (803 000 décès) ;


. cancer du foie (639 000 décès) ;
rs

. cancer du colon (610 000 décès) ;


u

. cancer du sein (519 000 décès).


Co

* Plus de 63% des décès par cancer surviennent dans les pays en développement. D’après les
projections, leur nombre devrait augmenter pour atteindre, selon les estimations, 13,2 millions
en 2030 à l’échelle mondiale.
Dans le monde, les types de cancers les plus fréquents, en fonction du nombre de décès au
niveau mondial, sont :
. chez l’homme : les cancers du poumon, de l’estomac, du foie, du colon et rectum, de
l’œsophage et de la prostate ;
. chez la femme : les cancers du sein, du poumon, de l’estomac, du colon et rectum et du
col de l’utérus.
Source : OMS
QUELLE EST LA CAUSE DU CANCER ?
Le cancer survient à partir d’une seule cellule. La transformation d'une cellule normale en une
cellule cancéreuse est un processus qui se déroule en plusieurs étapes, progressant le plus
souvent d'une lésion précancéreuse à une tumeur maligne. Ces changements résultent de

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l’interaction entre des facteurs génétiques du sujet et des agents extérieurs pouvant être classés
en trois catégories :
. les cancérogènes physiques, comme le rayonnement ultraviolet et les rayonnements
ionisants ;
. les cancérogènes chimiques, comme l’amiante, les composants de la fumée du tabac,
l’aflatoxine (contaminant des denrées alimentaires) ou l’arsenic (polluant de l’eau de
boisson) ;
. les cancérogènes biologiques, comme des infections dues à certains virus, bactéries ou
parasites.

Voici quelques exemples d’infections associées à certains cancers :


. Virus : hépatite B et cancer du foie, virus du papillome humain (HPV) et cancer du col,
virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et sarcome de Kaposi ;
. Bactéries : Helicobacter pylori et cancer de l’estomac ;
. Parasites : schistosomiase et cancer de la vessie.

Le vieillissement est un autre facteur fondamental dans l'apparition du cancer. En effet,


l’incidence du cancer augmente de façon spectaculaire avec l'âge, très vraisemblablement à
cause de l'accumulation des risques tout au long de la vie, conjuguée au fait que les

a
mécanismes de réparation cellulaire perdent généralement de leur efficacité avec l'âge.

ép
Le tabagisme, la consommation d’alcool, la consommation insuffisante de fruits et de légumes
et les infections chroniques liées aux virus de l’hépatite B (HBV), de l’hépatite C (HCV) et du

Pr
papillome humain (HPV) sont les principaux facteurs de risque cancéreux dans les pays à faible
revenu ou à revenu intermédiaire. Le cancer du col, provoqué par le HPV, est une cause
La
majeure de mortalité cancéreuse chez les femmes des pays à faible revenu.
&

Dans les pays à revenu élevé, le tabagisme, la consommation d’alcool et la surcharge


pondérale ou l’obésité sont les principales causes de cancer.
n
ie

COMMENT REDUIRE LA CHARGE DU CANCER ?


al
G

On sait aujourd’hui énormément de choses sur les causes du cancer et sur sa prévention ou la
prise en charge des malades. On pourrait réduire et endiguer cette maladie en appliquant des
rs

stratégies fondées sur des bases factuelles pour la prévention, le dépistage précoce et la prise en
u

charge des malades.


On pourrait éviter environ 30% des cas de cancer en modifiant ou en évitant les principaux
Co

facteurs de risque, selon une étude réalisée en 2005 à l’échelon international.

1. Facteurs de risque du cancer

. Tabagisme ;
. Surcharge pondérale ou obésité ;
. Consommation insuffisante de fruits et légumes ;
. Sédentarité (manque d’exercice physique) ;
. Consommation d’alcool ;
. Infection sexuellement transmissible du HPV ;
. Pollution urbaine de l’air ;
. Fumées à l’intérieur des habitations dues à l’utilisation de combustibles solides par les
ménages.

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2. Stratégies de prévention

. Éviter davantage les facteurs de risque énumérés ci-dessus ;


. Vacciner contre le virus du papillome humain (HPV) et contre l’hépatite B ;
. Lutter contre les risques professionnels ;
. Réduire l’exposition à la lumière solaire.

3. Dépistage précoce

On pourrait réduire d’environ un tiers la charge du cancer par le dépistage et le traitement


précoces des cas. Cette affirmation repose sur le constat que le traitement est plus efficace
lorsque la maladie est décelée tôt. Le but est de repérer le cancer lorsqu’il est encore localisé,
avant qu’il n’y ait des métastases.
Un dépistage précoce comporte deux volets :
- une action d’information pour aider tout à chacun à repérer les signes précoces de cancer
(tels que grosseurs, lésions, indigestion persistante, toux prolongée ou saignement par un
orifice corporel) et faire comprendre qu’en présence de ces symptômes, il faut consulter
rapidement un médecin.
- des programmes de dépistage pour repérer les stades précoces du cancer ou les stades

a
précancéreux avant même l’apparition de signes reconnaissables : mammographie pour le

ép
cancer du sein, cytologie pour le cancer du col (frottis).

Pr
4. Traitement et soins
La
- Le traitement du cancer a pour but de guérir, de prolonger la vie et d'améliorer la qualité de
vie des patients. Pour certains types de cancer parmi les plus fréquents (comme le cancer du
sein, du col de l'utérus et du colon et du rectum), le taux de guérison est élevé quand la
&

maladie est décelée suffisamment tôt et soignée selon les meilleurs moyens disponibles.
n

- Les principales méthodes de traitement sont la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie.


ie

Il est capital pour l'issue du traitement de poser un diagnostic exact moyennant des examens
al

faisant appel à des techniques d'imagerie (échographie, endoscopie, radiographie) et de


laboratoire (anatomopathologie).
G

- Les soins palliatifs permettent de soulager la douleur et d'autres problèmes pour plus de
rs

90% des malades du cancer. Il existe des moyens efficaces pour assurer des soins palliatifs à
u

ces malades et à leur famille, même là où les ressources sont insuffisantes.


Co

L'ACTION DE L'OMS

* En 2007, l’OMS a lancé dans toute l’organisation son Plan d’action contre le cancer qui a
pour but :
. d’éviter ce qui peut l’être ;
. de traiter ce qui peut l’être ;
. d’assurer les soins palliatifs pour tous les patients cancéreux ;
. de gérer et de surveiller les résultats.

* Un des principaux objectifs du plan est d’aider les États Membres à mettre sur pied des
programmes nationaux de lutte contre le cancer qui :
. privilégient l’humain ;
. favorisent l’équité (accent sur les populations marginalisées) ;
. assurent l’appropriation par les parties prenantes ;

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. comportent des partenariats et des approches multisectorielles impliquant les secteurs


public et privé ;
. sont durables et deviennent autonomes sur le long terme,
. s’intègrent dans les efforts connexes de la santé publique,
. adoptent une démarche par étapes, fondée sur des priorités établies,
. suivent les meilleures pratiques en se fondant sur des bases factuelles.

- L’OMS, d’autres institutions des Nations Unies et leurs partenaires, collaborent à la prévention
et à la lutte au niveau international contre le cancer pour :
. renforcer l’engagement politique en faveur de la prévention et de la lutte anticancéreuse,
. favoriser la découverte de nouvelles connaissances et diffuser celles qui existent déjà pour
faciliter l’application de méthodes de lutte anticancéreuse fondées sur des bases factuelles,
. élaborer des normes et des outils pour guider la planification et la mise en œuvre
d’interventions pour la prévention, le dépistage précoce, le traitement et les soins palliatifs,
. faciliter la création de vastes réseaux de partenaires de la lutte anticancéreuse aux niveaux
mondial, régional et national,
. renforcer les systèmes de santé aux niveaux national et local,
. fournir une assistance technique pour le transfert rapide et efficace des interventions
fondées sur les meilleures pratiques dans les pays en développement.

a
ép
Pr
EN FRANCE La
* Le nombre total des décès par cancer en France était, en 2012, de 148 000 (85 000 chez les
hommes et 63 000 chez les femmes). C'est la première cause de mortalité en France, juste
avant les maladies cardio-vasculaires (150 000 décès/an) dont le taux a baissé de 50% depuis
&

les 25 dernières années alors que le taux de cancer n'a que peu diminué.
n

Les 3 cancers les plus fréquents chez l’homme sont le cancer du prostate, poumon et colon-
ie

rectum. Chez la femme, les 3 cancers les plus fréquents sont le cancer du sein, le cancer du
colon-rectum et le cancer du poumon.
al
G

* Les chiffres 2012 du cancer :


rs

Chez l’homme, en 2012, on estime à 355 000 le nombre de nouveaux diagnostics de cancer
(incidence) en France métropolitaine. Cette estimation est de 155 000 chez la femme. Avec 56
u

800 nouveaux cas, le cancer de la prostate reste de loin le cancer le plus fréquent chez
Co

l’homme avant le cancer du poumon (28 200 cas) et le cancer colorectal (23 200 cas). En
termes de mortalité, le cancer de la prostate (8 900 décès) se situe après le cancer du poumon
(21 300 décès) et le cancer colorectal (9 200 décès).

Avec 48 800 nouveaux cas en 2012, le cancer du sein est le plus fréquent chez la femme avant
le cancer colorectal (19 800 cas) et le cancer du poumon (11 300 cas). Le cancer du sein se
situe en tête de la mortalité, avec 11 900 décès en 2012, mais le taux de mortalité diminue en
France depuis près de 15 ans. Chez la femme, la situation concernant le cancer du poumon est
toujours aussi préoccupante puisque incidence et mortalité sont en constante augmentation
(8 600 décès par cancer du poumon en 2012). Le cancer colorectal représente quant à lui
8 400 décès chez la femme.

Source : INVS

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* Il existe une augmentation du nombre de certains cancers : les cancers du poumon,


mésothéliomes, hémopathies malignes, tumeurs cérébrales et cancers du sein, de l'ovaire, du
testicule, de la prostate et de la thyroïde sont en augmentation très significative depuis les
années 1980.
Ceci est en partie lié au vieillissement et à la croissance de la population et touche
différemment hommes et femmes. De 1980 à 2005 (en tenant compte de la démographie), le
taux de cancers s'est élevé de 35 % pour les hommes et de 43 % pour les femmes.
En 2008, l’INSERM a conclu d'une revue de la littérature scientifique mondiale relative aux
liens entre ces 9 cancers en augmentation et exposition passive à des cancérogènes, avérés ou
suspectés dans l'environnement (incluant donc le tabagisme passif, mais non le tabagisme
actif), que ni les améliorations du dépistage et ni l’évolution de la démographie ne pouvaient
expliquer cette augmentation.

* L’exposition aux cancérigènes de l'environnement est donc supposée, mais reste mal évaluée,
bien que des lien de causalité soient déjà établis par exemple entre cancer du poumon et
pollution particulaire de l’air par le trafic automobile, le chauffage et l’industrie (« Environ 1
300 à 1 900 décès par cancer du poumon pourraient être évités chaque année dans 23 villes
européennes si les niveaux de PM2,5 particules fines étaient ramenés respectivement à 20 et à
15 microgrammes par millimètre cube (µg/mm3) ». Mais la norme européenne sur les PM2,5

a
(max de 25µg/mm3 en 2010) ne sera en vigueur qu'en 2015.

ép
On sait que les rayons ionisants (Rayon X et gamma en particulier) peuvent induire de
nombreux cancers (poumon, thyroïde, sein, cerveau, plèvre, leucémies…) et que les

Pr
radiographies fréquentes augmentent le risque de cancer du sein et, peut-être d'autres cancers,
a conclu l’étude. Or ces examens sont de plus en plus fréquents (+ 5 à 8 % par an en France).
La
Plus de 900 molécules pesticides sont autorisées en France, souvent sans étude toxicologique
ou écotoxicologique complète (incluant donc les risques à long terme). L'exposition aux
&

insecticides domestiques du fœtus lors de la grossesse ou dans l'enfance est associée à un


doublement du risque de leucémie et moindrement à un risque de tumeur ou cancer du
n

cerveau. En 2008, l'AFSSET s’est engagée à produire des avis et recommandations dans un
ie

proche avenir.
al
G

Incidence et mortalité (2012) par cancer en France


rs

Cancer Incidence Mortalité


u

Tous les cancers 355 354 148 378


Co

Prostate 53 465 8 876


Sein 48 763 11 886
Côlon-rectum 42 152 17 722
Poumons 39 495 29 949

Il est essentiel de bien noter la différence entre l'incidence d'un cancer (la fréquence annuelle
calculée sur une duré précise) et la mortalité. Ce tableau montre bien que certains cancers très
fréquents (prostate) ont une mortalité faible.

La France est parfois présentée comme étant le pays ayant la plus longue survie après cancer.
Mais concernant la survie à 5 ans après le diagnostic, elle serait le second en Europe derrière la
Suède, avec environ 52% de survie (63 % pour les femmes, 44 % pour les hommes). Cela
cache de grandes disparités selon les cancers.

On atteint des chances de survie de 95 % pour le cancer de la thyroïde ; chez les hommes, on
atteint 80 % de survie à 5 ans pour le cancer de la prostate, et quasiment 100 % pour les

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cancers des testicules, et, chez les femmes, 85 % pour le cancer du sein entre 15 et 44 ans,
mais 78 % au-delà de 75 ans. En revanche, les cancers profonds sont diagnostiqués plus
tardivement et sont très souvent mortels : cancer du pancréas (10 % de survie), du poumon...

QUALITE DES SOINS : TAUX DE SURVIE ET SURMORTALITE


Le taux de survie dépend aussi de l'âge. Cinq ans après le diagnostic, 70 % des 15-45 ans
survivent alors que seuls 39,4 % des malades cancéreux âgés de 75 ans survivront plus de 5
ans... Sachant qu'étant donné le risque de métastases, on ne parle pas de guérison pour un
cancer, mais de rémission.
Pour estimer l'efficacité du dépistage et des soins, on utilise le taux de survie et la surmortalité à
une certaine durée après le diagnostic.

1. Taux de survie

En 2013, l'Institut national du cancer (INCa) et l'Institut de veille sanitaire (InVS) ont publié le
second rapport sur la survie des personnes atteintes de cancer en France. Voici les résultats de
cette étude :

a
- Cancer de la prostate

ép
Survie nette à 5 ans : 84 % Survie nette à 10 ans : 70 %

Pr
La survie du cancer de la prostate s’est améliorée de façon spectaculaire. Elle est passée de 70
% pour les cas diagnostiqués en 1990 à 90 % en 2002. Cette amélioration est due à un
La
diagnostic plus précoce du fait du développement du dépistage individuel par le dosage au PSA
et à une prise en charge plus efficace car plus précoce.
&

- Cancer du sein
n
ie

Survie nette à 5 ans : 86 % Survie nette à 10 ans : 76%


La survie du cancer du sein est passée de 81 % pour les cas diagnostiqués en 1990 à 89 % en
al

2002. Cette augmentation est attribuée aux progrès thérapeutiques majeurs réalisés au début
G

des années 2000 et à une augmentation de la proportion des cancers découverts à un stade
précoce en lien avec le développement des pratiques de dépistage.
u rs

- Cancer colorectal
Co

Survie nette à 5 ans : 56 % Survie nette à 10 ans : 50%


La survie des cancers du côlon et du rectum est passée de 53 % pour les cas diagnostiqués en
1990 à 57 % en 2002. Cette amélioration de la survie s’explique par une plus grande précocité
des diagnostics du fait d’une consultation plus rapide en cas de symptômes, la mise en place
progressive d’un dépistage organisé du cancer colorectal, mais aussi par une amélioration des
prises en charge.

- Cancer du poumon

Survie nette à 5 ans : 14 % (Homme : 13 %, femme : 18 %)


Survie nette à 10 ans : 9% (Homme : 9 %, femme : 12 %)
Le pronostic du cancer du poumon est parmi les plus sombres des cancers. Malgré
l’amélioration récente des prises en charge diagnostique et thérapeutique, aucune réelle
amélioration de la survie n’a été observée au cours du temps (survie à 5 ans en 1990 : 14 % ;
en 2002 : 15 %). A l’heure actuelle, la meilleure arme pour lutter contre la mortalité liée à ce

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cancer, en forte augmentation chez la femme, reste toujours la lutte contre le tabagisme qui
augmente chez les jeunes et les femmes.

- Cancer du col de l’utérus

Survie nette à 5 ans : 66 % Survie nette à 10 ans : 59 %


La survie du cancer du col de l’utérus (forme invasive) a légèrement diminué (1990 : 68 % ;
2002 : 64 %). Cette tendance est paradoxalement le résultat du dépistage par frottis qui existe
en France depuis 25 ans, et qui a entraîné une baisse importante de l’incidence et de la
mortalité du cancer du col de l’utérus. En effet, le dépistage permet de repérer des lésions
précancéreuses et à un stade précoce, non invasif. Les cancers diagnostiqués au stade invasif
sont moins nombreux, mais sont plus souvent de mauvais pronostic, d’où la diminution de la
survie au cours de la période 1989/2007.

- Mélanome cutané

Survie à 5 ans : 85 % Survie à 10 ans : 80 %


Le mélanome de la peau est une tumeur de bon pronostic s’il est diagnostiqué précocement. La
survie a peu augmenté au cours du temps (survie à 5 ans en 1990 : 84 % ; en 2002 : 87 %).

a
L’amélioration de la survie reste liée à un diagnostic plus précoce grâce à un examen clinique

ép
complet et régulier lors des consultations médicales et aux campagnes de détection organisées
par les dermatologues.

Pr
La
PLAN CANCER II
&

Doté d’un budget de 750 millions d’euros, le Plan Cancer 2009-2013 a pour objectifs d’élargir
n

la prévention et surtout réduire les inégalités sociales face à la maladie. Il s’inscrit dans la
ie

continuité du Plan précédent qui était à l’initiative de Jacques Chirac.


al

1. 750 millions d’euros mobilisés


G

750 millions d’euros ont été mobilisés sur la durée du plan autour de cinq axes : plus de 95
millions pour la recherche, plus de 12 millions pour l’observation, 177 millions pour le
rs

dépistage, près de 403 millions pour les soins et enfin 45 millions pour le volet « vivre pendant
u

et après un cancer ».
Co

Au total, le Plan Cancer II comprend 5 grands axes, 30 mesures et 118 actions différentes. Trois
grands thèmes transversaux « structurent et irriguent la stratégie du plan » et visent ainsi :
- à mieux prendre en compte les inégalités de santé pour assurer plus d’équité et d’efficacité
dans l’ensemble des mesures de lutte contre les cancers ;
- à stimuler l’analyse, la prise en compte des facteurs individuels et environnementaux pour
personnaliser la prise en charge avant, pendant et après la maladie ;
- à renforcer le rôle du médecin traitant à tous les moments de la prise en charge pour
permettre notamment une meilleure vie pendant et après la maladie.

2. Les grandes mesures du Plan Cancer II

Renforcement des moyens de la recherche pluridisciplinaire et labellisation de 5 sites de


recherche pluridisciplinaire en cancérologie. Sélectionnés sur une base compétitive, ces sites
devront accélérer le transfert entre la recherche scientifique et les soins aux malades.
Autre mesure sur le volet recherche, l’augmentation de 50 % de la participation des malades
aux essais cliniques. L’effort porte en priorité sur les populations les plus vulnérables, enfants,
personnes âgées, tumeurs rares et formes graves.

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Concernant l’axe observation, le plan prévoit de produire et communiquer annuellement des


informations sur le cancer et sur la cancérologie avec une analyse de la répartition des cancers
sur tout le territoire. Pour ce qui est de l’axe prévention et dépistage, plusieurs mesures visent à
lutter contre les inégalités d’accès et de recours aux dépistages. Le plan vise ainsi à augmenter
de 15 % la participation de l’ensemble de la population aux dépistages organisés. Cette
augmentation devra être de 50 % dans les départements rencontrant le plus de difficultés.

3. Une augmentation de 20% du nombre de spécialistes

Pour ce qui est du volet soins, le plan souhaite personnaliser la prise en charge des malades et
renforcer le rôle du médecin traitant. Objectif : faire bénéficier 80 % des patients au moins
d’un programme personnalisé de soins. Ce programme devra systématiquement impliquer le
médecin traitant.

4. Vivre pendant et après un cancer

Enfin concernant l’axe vivre pendant et après un cancer, le plan vise notamment à développer
une prise en charge sociale personnalisée et accompagner l’après cancer. Le gouvernement
souhaite ainsi faire bénéficier 50 % des patients au moins d’un Programme personnalisé de

a
l’après cancer. Ce programme prendra en compte les besoins individuels de surveillance

ép
médicale, de soutien psychologique et social. Le président a ainsi rappelé « que les patients ont
toujours une crainte, à chaque consultation après leur guérison » et souhaite une hausse à 50%

Pr
des suivis.
Autre souhait, que l’accès à l’emprunt et à une couverture assurantielle soit assuré pour les
La
patients sortis de la maladie.

5. L’évaluation du Plan
&
n

L’évaluation du Plan cancer 2009-2013 est sous la responsabilité du Haut Conseil de la santé
ie

publique et de l’AERES, pour les mesures de l’axe «Recherche». Ceux-ci peuvent solliciter des
prestataires externes recrutés sur appels d’offres.
al
G

Plan cancer III


rs

Le président François Hollande a annoncé en décembre 2012, un troisième Plan cancer sur
u

quatre ans (2014-2018) axé sur la lutte contre les inégalités face à la maladie et préparer la
Co

France "aux nouveaux enjeux liés aux progrès médicaux".

François Hollande a indiqué que la préparation de ce troisième plan serait coordonnée par
Jean-Paul Vernant, professeur d'hématologie à l'université Pierre-et-Marie-Curie. Il sera piloté
par les deux ministères concernés, celui de la Santé et celui de la Recherche.

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LE SIDA ET LES INFECTIONS


SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (IST)
LES INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES (IST)

1. Définition
Les infections Sexuellement Transmissibles (I.S.T.) sont des infections susceptibles de se
transmettre lors des rapports sexuels, quel que soit leur mode : génital, uro-génital ou ano-
génital…
Les I.S.T. augmentent le risque de contamination par le V.I.H. : les ulcérations et les
microlésions génitales favorisent la pénétration par voie sexuelle du V.I.H. dans l’organisme.
De plus, certaines IST lorsqu’elles surviennent chez les sujets infectés par le VIH ont une
évolution plus grave et sont plus difficiles à traiter.
D'après l'OMS, l'incidence chaque année, en ce qui concerne les maladies sexuellement
transmissibles (en dehors du sida), est d'environ 350 millions de cas.

a
ép
2. Descriptif
Les personnes les plus touchées sont celles qui ont de nombreux partenaires sexuels. On peut

Pr
noter : les homosexuels, les adolescents, les adultes jeunes et célibataires, les prostituées et les
héroïnomanes.
La
Les IST les plus fréquentes sont aujourd'hui : l'herpès génital, la syphilis, les condylomes
génitaux, les infections à chlamydia (chlamydiose) et la trichomonase, la gonococcie et le sida.
&

Ces maladies ne constituent aujourd'hui qu'environ 15% des IST traitées. Depuis le début des
années 1980, les IST se sont multipliées, avec notamment le développement de l'herpès, de
n

l'hépatite B et du sida (identifié en 1982) : les IST sont redevenues des maladies pouvant
ie

entraîner la mort.
al

3. La flambée des IST depuis 1998


G

Depuis 1998 et très nettement depuis 2000, on note une très forte augmentation des cas de
syphilis ainsi que des infections gonocoques notamment chez les hommes ayant des pratiques
rs

homosexuelles et bisexuelles en partie à cause des résistances aux antibiotiques et à la


u

pénicilline.
Co

- Les causes : Sont en cause d’abord une plus grande liberté sexuelle ainsi qu’une plus grande
précocité des rapports sexuels. Puis, un certain relâchement dans le port du préservatif suite à
la banalisation de l’épidémie du Sida. Enfin il faut noter l’absence de campagne d’information
occultée par l’intérêt porté au Sida et la méconnaissance de ces infections appartenant dans
l’inconscient collectif à l’ancien temps.

- Les conséquences : Les IST entraînent de nombreuses maladies telles que le Sida mais
également la stérilité, le cancer de l’utérus, une insuffisance hépatique voire de cancer du foie.
Outre l’augmentation des pathologies graves s’ajoute un dispositif inadapté pour lutter
efficacement contre les IST. Créé en 1942 ce dispositif obligeait les médecins à déclarer
certaines IST mais cette réglementation est supprimée en 2000, ainsi la santé publique ne
dispose plus de données épidémiologiques capables d’alerter les responsables de santé. Quant
aux dispensaires antivénériens gratuits et anonymes, ils ne sont pas souvent sollicités.

- Les mesures : Parmi les mesures il y a, bien entendu, d’abord une surveillance
épidémiologique à travers les réseaux de « médecins sentinelles », puis l’assurance d’une
meilleure formation aux médecins afin de maintenir le relais et de rappeler que les IST existent

- 23 -
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encore. Enfin le programme national 2010-2014 de lutte contre le Sida et les IST prévoit de
réduire de 30% la mortalité due aux IST (Voir sida).

LE SIDA

Le mot SIDA est l’abréviation de : Syndrome d’ImmunoDéficience Acquise. C’est une maladie
due à un virus, le VIH. Ce n’est pas une maladie qui ne concerne que les toxicomanes ou les
homosexuels. Tout le monde peut être contaminé. Ce virus est transmis par : le sang, le sperme,
les sécrétions vaginales, le lait maternel.
On peut donc être contaminé :
- lors de rapports sexuels non protégés : oral, anal ou vaginal, que l’on soit un homme ou une
femme,
- à la suite d’une transfusion (pour une maladie grave ou une opération) : aujourd’hui ce mode
de contamination est très rare ; le don de sang, la préparation des poches de sang étant très
étroitement surveillée,
- en cas de partage de seringues ou d’aiguille dans le cadre de toxicomanie par voie
intraveineuse.

a
Le virus du sida ne s’attrape pas par la sueur, la salive, les larmes, la vaisselle, l’eau, l’air, la

ép
nourriture et tout autre geste de la vie quotidienne.

1. Les données statistiques 2012


Pr
La
* Au niveau mondial (source unaids)
Le 1er décembre est la journée mondiale du sida. Cette terrible épidémie qui décime des
&

dizaines de millions de personnes à travers le monde, est la plus grande catastrophe sanitaire
que l'humanité ait jamais connue, avec environ 60 millions de personnes infectées par le VIH
n

et 36 millions d'entre elles décédées depuis le début de l'épidémie. 35,3 millions de personnes
ie

vivent actuellement avec le VIH, 2.3 millions ont été contaminées en 2012 par le VIH, et 1,6
al

million sont mortes du sida en 2012.


G

En Afrique subsaharienne, 25 millions de personnes vivent avec le VIH (dont 2,9 millions
d’enfants) et 1,2 million sont mortes. En 2012, le nombre des décès liés au sida s’élève à
rs

91 000 en Europe orientale et Asie centrale et à 17 000 au Moyen-Orient et en Afrique du


u

Nord.
Co

En 2012, environ 9,7 millions de personnes vivant avec le VIH ont eu accès au traitement
antirétroviral dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Cela représente 61 % des
personnes éligibles au traitement selon les directives de l’OMS de 2010 et 34 % des personnes
éligibles selon les directives de l’OMS de 2013.

• En France (source InVS)


. Nombre de personnes vivant avec le VIH/sida : 152.000 (dont 30.000 ne connaissant pas leur
infection)
. Nombre de nouveaux cas de sida : environ 1 500
. Nombre de nouveaux diagnostics de séropositivité : 6.100
. Nombre de cas de sida cumulés depuis le début de l'épidémie : 85.000
. Nombre de décès cumulés depuis le début de l'épidémie : 46.000

Les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et les personnes contaminées
par rapports hétérosexuels nées à l’étranger (dont les ¾ dans un pays d’Afrique subsaharienne)
restent les deux groupes les plus concernés et représentent chacun 40 % des découvertes de

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séropositivité en 2011. La transmission du VIH est toujours importante parmi les HSH, qui
constituent le seul groupe où le nombre de découvertes de séropositivité est en augmentation
depuis 2003 (+30 %), même si leur nombre en 2011 est équivalent à celui de 2010.

2. Progression de la pandémie

* Dans les pays en développement


En particulier en Afrique subsaharienne, la progression est constante malgré un léger recul. Les
conséquences sont dramatiques : effondrement de l’espérance de vie et hausse de la mortalité
infantile ; le développement des pays déjà très fragile est davantage menacé par
l’accroissement de la pauvreté (absentéisme, manque de main-d’œuvre agricole, et donc baisse
de la productivité) ; un système sanitaire proche de l’asphyxie et qui fait progresser des
pathologies telles que la tuberculose.
Les ménages affectés par le VIH ou le sida doivent faire face à une hausse des dépenses de
santé alors que leurs revenus chutent avec leur capacité de travail : les paysans vendent aux
enchères la nourriture et le bétail pour financer leurs dépenses de soins. Les systèmes de santé
n’arrivent plus à faire face à la demande. En Côte d’Ivoire et en Ouganda par exemple, les

a
malades du sida occupent plus de la moitié des lits d’hôpital.

ép
* En France

Pr
Après une baisse considérable d’infections et de décès de 1996 à 2002, le nombre de
personnes atteintes par le virus augmente dangereusement. Cette première baisse est due en
La
partie aux campagnes d’information, au dépistage volontaire et gratuit, au renforcement de la
sécurité sanitaire et surtout à l’arrivée de nouveaux médicaments moins nombreux et mieux
tolérés. Ces avantages ont paradoxalement contribué à une baisse de la vigilance et donc à la
&

reprise de l’épidémie.
n

Les causes :
ie

- Relâchement des pratiques préventives : la banalisation de la maladie, qui n’est plus


al

considérée comme mortelle, fait que l’emploi du préservatif n’est plus systématique. Ainsi
nombre de jeunes qui ont commencé leur vie sexuelle après l’arrivée des nouveaux traitements
G

sont moins sensibles à la prévention. On note également les pratiques à risque dans les milieux
homosexuels, favorisées par la prise d’alcool et de drogue.
rs

- Le recours plus tardif au dépistage entraîne de nouvelles contaminations toujours ignorées.


u

- Les migrants originaires d’Afrique subsahariennes, en particulier les femmes, bénéficient


Co

d’une moins bonne information et ont un moindre accès au dépistage quand ils arrivent sur le
territoire français. Souvent issus de milieux défavorisés, leur précarité limite leur accès à la
prise en charge.

3. Les difficultés des malades

- Les contraintes quant aux soins : bilans fréquents, prises répétées de nombreux médicaments
à des horaires fixes. Les effets secondaires augmentent la fragibilité des malades : fatigue,
douleurs etc …
- Les infections à répétition et hospitalisation fréquentes.
- Echec de la trithérapie (résistance au virus) et réajustement constant du traitement.
- Manque de structures d’hospitalisation de jour
- Inégalités face aux soins (les moins informés sont les marginaux, les étrangers, les
toxicomanes) ce qui entraîne un diagnostique très tardif.

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- La détresse psychologique causée par l’angoisse et la solitude ne permet pas aux malades de
se projeter dans l’avenir ce qui entraîne une perte de l’envie de vivre (suicide 2ème cause de
mortalité).
- Problèmes financiers dus aux arrêts de travail fréquents et à la perte d’emploi.
- Rupture du lien social et familial (stigmatisation, impossibilité d’accéder aux prêts en raison
de surprimes élevées, divorce, difficulté pour obtenir la garde des enfants, difficultés
d’embauche).

4. Mesures pour lutter contre le sida

Intensification de la recherche : l’agence nationale de recherche sur le sida collabore avec le


CNRS pour trouver de nouveaux traitements plus efficaces et moins contraignants et un vaccin
préventif.

* Programme national de lutte contre le VIH/SIDA et les IST 2005-2008


La lutte contre le SIDA a été reconnue Grande Cause nationale 2005 sur décision du Premier
Ministre du 16 décembre 2004. Cette décision a permis une meilleure communication sur le
dispositif de mobilisation de l’Etat. Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé, a lancé le
programme sur le thème "Les nouvelles actions de lutte et de prévention contre le SIDA et les

a
infections sexuellement transmissibles (IST)" :

ép
. la prévention : rendre le préservatif accessible à tous et en faire un réflexe ; mettre en
place des dispositifs de prévention ciblés auprès des populations les plus touchées ;

Pr
. l'amélioration de l'organisation du dépistage pour un diagnostic précoce ;
. le suivi et la prise en charge thérapeutique : harmoniser la prise en charge sur l'ensemble
La
du territoire ; expérimenter les consultations pluridisciplinaires ;
. la lutte contre les discriminations : signature d'une convention en vue de faciliter l'accès à
&

l'emprunt pour les personnes à risque aggravé de santé (AERAS).


. le soutien financier de l'Etat aux associations de lutte contre le SIDA est stabilisé à 36
n

millions d'euros.
ie
al

* Plan Stratégique National de lutte contre les IST/VIH/SIDA 2008-2012


. l'expérimentation de tests rapides - tests réalisés auprès du patient, en petit nombre et sans
G

automatisation : simplicité d'emploi, utilisation ne requérant pas de compétence


approfondie...
rs

. une large diffusion de préservatifs à 20 centimes d'euro, en particulier dans les grandes
u

surfaces, les lycées, les gares, le métro...


Co

. des dispositifs de prévention ciblés auprès des populations les plus touchées : migrants,
populations des départements français d'Amérique, homosexuels.

• Plan SIDA 2010-2014

Ce plan vise à atteindre deux objectifs principaux en cinq ans : la réduction de 50 % des
infections par le VIH et la réduction de 50 % du nombre de personnes découvrant leur
séropositivité lorsque la maladie est déjà déclarée. Pour y parvenir, plusieurs axes d’actions ont
été privilégiés :

- mettre l’accent sur la prévention, l’information et l’éducation pour la santé


- renforcer le dépistage
- améliorer la prise en charge médicale
- assurer une meilleure prise en charge sociale des malades
- lutter contre les discriminations.

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• Décembre 2012

Une campagne de sensibilisation a été lancée à l'occasion de la Journée mondiale de lutte


contre le sida, le 1er décembre. "Objectif zéro : zéro nouvelle infection à VIH, zéro
discrimination, zéro décès lié au sida,". Le ministère de la Santé souhaite généraliser le
dépistage par tests rapides (Trod). "En 2013, seront mis en place des actions complémentaires
dans trois régions – Paca, Guyane et Rhône-Alpes – et dans d’autres lieux en Ile-de-France. Il
s’agit d’aller au plus près des populations potentiellement concernées, notamment grâce au
travail avec les associations", précise le ministère.

• Décembre 2013

Baisse de la TVA sur les préservatifs et les autotests permettant à une personne de savoir en
quelques minutes si elle est porteuse du virus du sida à partir d'une goutte de sang ou de salive
devraient être disponibles en France à partir de 2014.

__________________________________________________________________________________
Bibliographie

a
ép
IFSI le concours d’entrée, Foucher, 2009
Réussir santé/social : la culture en 70 fiches, Ellipses, 2008

Pr
Vivre à seize ans. AUDERSET, Marie-José et HELD, Jean-Blaise. La Martinière, 1995.
La famille l’école, la vie amoureuse, le Sida, la drogue, l’école : un livre complet sur
La
l’adolescence, pour l’adolescence à base de témoignages d’adolescents.
Sida : les faits, l’espoir. MONTAGNIER, Luc. MED édition, 1996.
&

Explication, thérapie, prévention.


Droit et Sida. AIDES. Librairie générale de droit et de Jurisprudence, 1992.
n
ie
al
G
u rs
Co

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Le handicap
Le terme « handicap », altération du terme anglais hand in cap, apparaît vers 1950. Le droit
français le mentionne d'abord dans la loi du 30 juin 1975 « en faveur des personnes
handicapées », puis dernièrement dans la loi « handicap » du 11 février 2005.

LA NOTION DE HANDICAP

1. Définitions
Le Petit Robert définit le handicap comme « un désavantage ou une infériorité que l'on doit
supporter ». Ce désavantage résulte de la maladie ou des séquelles de l'accident.

2. Classification
- La classification retenue par l’Organisation Mondiale de la Santé se nomme la CIF
(Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé).
Elle est l’évolution de l’ancienne CIH (Classification internationale des handicaps) qui s’appuie

a
sur la séquence de Wood. Ainsi, le schéma de représentation pourrait s’exposer facilement

ép
ainsi :

Pr
Maladie  Déficience  Incapacité  Désavantage
La
- La maladie (acception comprenant ici les accidents et les traumatismes) relève du diagnostic
et des traitements médicaux.
&

- La déficience est la perte ou le dysfonctionnement de diverses parties de l’organisme.


- L’incapacité constitue la difficulté ou l’impossibilité (provisoire, permanente, partielle ou
n

totale) à réaliser des gestes élémentaires (se lever, monter un escalier, parler, marcher).
ie

- Le désavantage désigne la difficulté ou l’impossibilité que rencontre une personne à remplir


les rôles sociaux auxquels elle peut aspirer ou que la société attend d’elle (se rendre au travail,
al

suivre un cursus scolaire, assumer le rôle parental etc.) ; c’est la conséquence au niveau
G

culturel, économique ou social.


rs

- Revenons au schéma cité plus haut, ainsi la déficience résulte de la maladie ; elle entraîne
une déficience qui elle-même engendre une incapacité.
u

L'expression « personne en situation de handicap » laisse supposer que la société a un rôle à


Co

jouer, en adaptant l'environnement social.

3. Les causes du handicap

Les handicaps peuvent être :


* congénitaux ; innés ou acquis à la naissance, ils sont liés soit à une maladie héréditaire
(maladie génétique, anomalie chromosomique), soit à la grossesse (malformation, maladie
infectieuse), soit à l'accouchement (prématurité) ;
* acquis ; ils résultent des accidents de la circulation, de la vie courante, du travail, des
maladies invalidantes (sclérose en plaques).

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4. Les principales affections

On distingue :
. la déficience physique (limitation de la mobilité)
. la déficience intellectuelle et mentale (déficience qui entraîne des difficultés de
compréhension ou de communication)
. la déficience sensorielle (vue, ouïe, parole, langage)
. le polyhandicap (plusieurs handicaps)
. l’autisme, récemment considéré comme une handicap (et non plus seulement comme une
maladie).
. les personnes âgées sont concernées au simple titre du vieillissement qui peut devenir un
handicap quand le quotidien ne peut plus être assumé et peut entraîner une perte d’autonomie.

LA SOCIETE ET LE HANDICAP, ETAT DES LIEUX

1. Une intégration insuffisante


Il est important que la société change le regard qu'elle porte sur le handicap. Même si des
efforts ont été fournis au travers des lois, de la solidarité (associations, Téléthon), le handicap

a
demeure une cause d'exclusion : difficultés d'accès à la scolarisation, à l'emploi, aux

ép
établissements, aux transports publics, etc. :
. La scolarisation en milieu ordinaire pose le problème de l'accessibilité des bâtiments et de la

Pr
formation des enseignants ;
. Les établissements spécialisés sont inégalement répartis sur le territoire (impliquant souvent
La
un éloignement avec les familles) et pas assez nombreux ;
. Les personnes handicapées ont du mal à accéder à un emploi valorisant, à cause du manque
&

de qualification, de l'adaptation insuffisante des postes de travail, de la réticence des


employeurs, etc. ;
n

. Elles se heurtent au manque d'accessibilité, par exemple dans les transports, dû en partie au
ie

coût des installations adaptées.


al

De nombreux efforts sont accomplis grâce à l'action d'associations représentatives, comme


G

l'Union nationale des associations de parents et amis de personnes handicapées mentales


(UNAPEI) ou l'Association des paralysés de France (APF), mais les personnes handicapées se
rs

heurtent toujours à de nombreux obstacles.


u

2. La législation
Co

* La loi du 30 juin 1975 a instauré une obligation de solidarité pour tous les acteurs de la
société (l'État, les collectivités locales, la Sécurité Sociale, les associations, les entreprises
privées) et organisé un dispositif de protection visant à réduire les handicaps et à garantir aux
personnes handicapées les mêmes droits qu'à l'ensemble des citoyens (l'accès aux soins,
l'éducation, l'emploi, les ressources).

* La loi du 10 juillet 1987 en faveur de l'emploi des personnes handicapées a créé l'obligation
d'emploi (à hauteur de 6 % de l'effectif total) dans les établissements de vingt salariés et plus,
ou le versement d'une contribution financière.

* La loi du 30 décembre 1993 modifie les conditions de l’attribution aux adultes handicapés
(AAH, allocation aux adultes handicapés) et instaure un complément à cette prestation (lorsque
la personne handicapée vit dans un logement individuel).

* La loi du 17 janvier 2002 réaffirme l’accès des handicapés aux droits fondamentaux reconnus
à tous les citoyens.

* La loi du 4 mars 2002 relative à la « solidarité envers les personnes handicapées » précise

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que « nul ne peut se prévaloir d'un préjudice du seul fait de sa naissance », en réponse à l'arrêt
« Perruche » rendu en 2000 par la Cour de cassation, qui avait autorisé l'indemnisation d'un
enfant né handicapé (Nicolas Perruche) suite à une erreur de diagnostic prénatal.

* La loi du 11 février 2005 relative à « l'égalité des droits et des chances, la participation et la
citoyenneté des personnes handicapées » a pour objectifs la prévention, l'intégration sociale
(permettre un choix de vie, donner un droit à compensation), la création de nouvelles
structures et la sensibilisation des citoyens au handicap.

3. Les institutions
La Maison départementale des personnes handicapées (MDPH, loi 2005) est un lieu unique
d'accueil, de conseil, d'information et d'accompagnement pour faciliter les démarches
administratives. En son sein, une équipe pluridisciplinaire est chargée d'évaluer les besoins et
l'incapacité de la personne handicapée sur la base de son projet de vie.
L'équipe construit un « plan personnalisé de compensation », qui contient des propositions
présentées à la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées.
La Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) prend toutes
les décisions concernant le taux d'incapacité, l'orientation scolaire ou professionnelle, les aides
et prestations (droit à compensation).

a
La Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) finance les aides en faveur des

ép
personnes âgées dépendantes et des personnes handicapées (journée de solidarité).

LES DROITS DES PERSONNES HANDICAPEES


Pr
La
1. La garantie de ressources
La prestation de compensation du handicap est une nouvelle prestation dite PCH créée par la
&

loi du 11 février 2005. Elle vient en complément des aides délivrées par ailleurs aux personnes
handicapées pour leur garantir un minimum de ressources comme l’allocation adulte
n

handicapée (AAH) ou l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH).


ie

La prestation s’adresse à toute personne âgée de 20 à 60 ans résidant en France de façon stable
al

et régulière et présentant une difficulté absolue (acte que la personne ne peut faire seule) pour
G

la réalisation d’une activité ou une difficulté grave (la personne ne peut faire que difficilement
l’acte seule).
rs

Le nouvel esprit de la loi est de rompre avec le caractère non personnalisé des allocations et
des aides accordées jusque-là aux personnes handicapées pour les surcoûts liés à leur
u

handicap. Il s’agit de proposer une nouvelle logique de prise en charge individualisée. Après
Co

dépôt de la demande auprès de la MDPH, une équipe pluridisciplinaire évalue les besoins de
la personne et établit un plan personnalisé de compensation.
Les aides couvertes par la PCH :
. aides humaines (auxiliaire de vie, possibilité de salarier un membre de la famille en tant
qu’aidant familial)
. aides techniques ou liées au logement et au véhicule (fauteuil roulant, ordinateur à lecture
optique, aménagement du logement, du véhicule)
. aides animalières (chien guide d’aveugle)
. aides spécifiques et exceptionnelles (réparation d’audioprothèse)

2. La scolarisation
L'intégration en milieu ordinaire se fait par le biais de structures spécifiques dans le cadre de
l'Éducation nationale (classe d'intégration scolaire en maternelle ou en primaire, CLIS ; unités
pédagogiques d'intégration en collège ou lycée, UPI ; section d'enseignement général et
professionnel adaptée, SEGPA) et de services de prévention (centre médico-
psychopédagogique, CMPP, chargé de dépister et de rééduquer les troubles neuropsychiques et
comportementaux ; service d'éducation spéciale et de soins à domicile, SESSAD).

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L'intégration en milieu spécialisé se fait dans des établissements d'éducation spéciale (instituts
médico-éducatifs pour déficients intellectuels, IME ; établissements d'éducation sensorielle
pour déficients visuels et pour déficients auditifs ; instituts pour polyhandicapés).

3. Les établissements et services pour adultes

Le droit au travail s'applique :


. Soit en milieu ordinaire dans des entreprises « classiques » (postes et horaires aménagés) ou
dans des entreprises adaptées (activité professionnelle adaptée aux capacités avec un statut
identique à celui des salariés en milieu ordinaire) ;
. Soit en milieu protégé, dans des établissement et services d'aide par le travail (ESAT), qui
proposent une activité professionnelle avec un soutien éducatif et médico-social.

Le droit à l'hébergement s'appuie sur :


. Les foyers de vie (ou occupationnels) accueillent à la journée ou à temps complet les
personnes incapables de travailler, en perte d'autonomie ;
. Les foyers d'hébergement pour travailleurs handicapés en milieu protégé ou ordinaire ;
. L'aide au maintien à domicile grâce aux services de soins à domicile, d'auxiliaire de vie. Des
mesures telles que l'aménagement de l'habitat favorisent l'autonomie.

a
ép
4. L’accessibilité

Pr
Ce droit concerne, mais pas seulement :
. les transports publics (aménagement des gares, tarifs réduits, etc.) ;
La
. la voirie (places de stationnement réservées, élargissement des trottoirs, feux parlants, cabines
de téléphone accessibles, etc.) ;
&

. les bâtiments publics (rampes d'accès, ascenseurs avec commande, etc.) ;


. les logements (conformité aux normes).
n

Trottoirs modifiés, parcours balisés pour les personnes à mobilité réduite, campagnes de
ie

sensibilisation auprès de la population et des écoles, les communes multiplient leurs actions en
al

faveur des personnes handicapées car l'échéance pour la mise en accessibilité des
établissements, services et transports publics est fixée en 2015.
G

Il s'agit d'un long travail, qui demande une concertation de tous les acteurs (élus, experts
techniques, associations, etc.).
rs

Le handicap ne doit plus être perçu comme une différence qui pénalise, la société agissant
u

pour une totale intégration sociale.


Co

* La loi du 11 février 2005 se base sur le principe selon lequel " toute personne handicapée a
droit à la solidarité de l’ensemble de la collectivité nationale, qui lui garantit, en vertu de cette
obligation, l’accès aux droits fondamentaux reconnus de tous les citoyens ainsi que le plein
exercice de sa citoyenneté ".
Il en résulte que la personne handicapée doit trouver toute sa place à l’école, accéder au savoir,
occuper un emploi, évoluer professionnellement, participer aux activités culturelles et de loisirs
… La nouvelle loi instaure l’accessibilité du cadre bâti, des transports et des nouvelles
technologiques. Les nouvelles technologies, elles-mêmes, doivent être accessibles.
L’accessibilité, jusqu’alors physique, est renforcée par une dimension intellectuelle et
sensorielle.

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QUELQUES CHIFFRES

* Nombre d’enfants handicapées

. 210 395 enfants handicapés sont accueillis en milieux ordinaires.


. On dénombre aujourd'hui 4 299 classes Clis dans le premier degré, et 2 297 Ulis dans le
second degré.
. 100 000 enfants handicapés le sont dans des structures spécialisées (instituts médico-
éducatifs, instituts médico-professionnels).
. On estime environ à 20 000 les enfants handicapés non scolarisés (manque de moyens,
manque de formation des enseignants, manque d’auxiliaires de vie scolaire AVS, inaccessibilité
des locaux etc.) et à 5 000 les enfants restant à domicile.

. Mesures gouvernementales :

- Le recrutement d’auxiliaires de scolarisation qualifiées, sous contrat de droit public, pour faire
face à la montée en charge de la scolarisation en milieu ordinaire et pour faire en sorte

a
qu’aucun enfant ne reste sans solution d’accompagnement

ép
- Un accompagnement individuel adapté, pour les situations où l’accompagnement collectif
n’est pas suffisant, en poursuivant la réflexion sur les AVS destinés à l’accompagnement des

Pr
enfants dans leurs différents lieux de vie (école et hors temps scolaire), gérés en partenariat
avec les associations, afin de sécuriser leur gestion sur le plan juridique et financier
La
- Le développement de formations des enseignants à la prise en compte du handicap dans le
cadre d’un module de formation dédié et l’adaptation des manuels scolaires
- Chaque année, à l’occasion de la journée mondiale des personnes handicapées de
&

l'Organisation des Nations Unies (Onu) , le 3 décembre, des actions de sensibilisation sur le
n

handicap dans les établissements scolaires


ie
al
G

* Les chiffres de l’Agefiph (Association de Gestion du Fonds pour l'Insertion professionnelle


des Personnes Handicapées)
rs

. Les contributions des entreprises de 20 salariés et plus, n'atteignant pas le quota d'emploi de
u

6% de personnes handicapées, constituent l'essentiel des ressources financières de l'Agefiph.


Co

50 400 entreprises ont versé une contribution à l'Agefiph en 2011. L'Agefiph ne reçoit aucune
subvention de l'Etat.

.Depuis le 1er janvier 2010, une entreprise qui, pendant plus de trois ans, n'aurait fait aucun
effort pour satisfaire son obligation d'emploi, verra le montant de sa contribution passer à 1500
fois le Smic horaire par personne non employée, soit presque un salaire annuel complet.

. Fin mars 2012, le nombre de demandeurs d'emploi handicapés s'élevait à 332 565, soit une
hausse de 14,7% en un an, contre une augmentation de 6,2% pour l'ensemble des
demandeurs.

* 2012 : « Ensemble pour l’autisme » grande cause nationale

Cette distinction a permis de souligner et d’encourager la démarche de rassemblement des


principales associations œuvrant en matière de prise en charge de l’autisme. L’attribution de ce
label se situe dans la continuité du plan autisme 2008-2010 qui a mobilisé 187 millions

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d’euros. En faisant de l’autisme la Grande Cause nationale 2012, l’état a souhaité sensibiliser
les Français à la nécessité de lutter contre les préjugés qui l’entourent encore trop souvent.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Webographie

www.travail-solidarite.gouv.fr/espaces/handicap
www.handicap-international.fr
www.agefiph.fr
www.education.gouv.fr/cid207/la-scolarisation-des-eleves-handicapes.html

a
ép
Pr
La
&
n
ie
al
G
u rs
Co

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STAGE IFSI

LES TOXICOMANIES
L’ALCOOLISME
A l'heure actuelle, on inclut l'alcoolisme dans le groupe des conduites addictives. Sous ce
terme de conduites addictives, on regroupe un ensemble de comportements impliquant une
relation d'assuétude :
- à une substance psychoactive le plus souvent (drogues, alcool, médicaments)
- également à certaines activités comme le jeu, les achats, la sexualité (addictions dites
« sans drogue »)

Cette conception unitaire des addictions ne nie pas les spécificités cliniques, socioculturelles,
évolutives de chacune d'elles. Elle repose sur l'hypothèse, actuellement étayée par de
nombreuses données, d'un modèle bio-psycho-social applicable à l'ensemble de ces conduites,
dont la survenue, simultanée ou successive chez un même sujet, est de plus en plus observée
(on parle de « polyaddictions »).

a
ép
Cette approche globale est entérinée par les classifications internationales récentes (DSM IV-
TR, CIM-1O) : les critères de la dépendance à une substance psychoactive sont communs aux

Pr
toxicomanies, à l'alcoolisme, aux toxicophilies médicamenteuses.
Ils impliquent l'association de symptômes physiologiques comportementaux et cognitifs
La
indiquant la perte du contrôle par le sujet d'une substance donnée, et la poursuite de sa
consommation malgré les conséquences négatives.
&

La sémiologie des conduites addictives comporte l'association, à des degrés variables, des
symptômes physiologiques et psychologiques de la dépendance.
n
ie

DEFINITION
al

Le terme désigne à la fois :


G

- L'usage excessif et/ou toxicomaniaque des boissons alcooliques


- L'ensemble des conséquences somatiques, psychiques et sociales de ce comportement.
u rs

DONNEES EPIDEMIOLOGIQUES
Co

. La France est l'un des premiers consommateurs d'alcool au monde : 13,7 litres d'alcool pur
par / an et par adulte de plus de 15 ans
. On estime à 5 millions les buveurs quotidiens et à 2 millions le nombre de personnes
dépendantes à l'alcool.
. Les hommes consomment beaucoup plus d'alcool que les femmes, que ce soit chez les jeunes
ou chez les adultes. Les femmes de 18-75 ans ont globalement une consommation trois fois
plus faible que celle des hommes. Chez les jeunes de 17 ans, l'alcool est de très loin la
substance psychoactive la plus consommée.
. L'alcool est la première cause d'accident mortel sur la route : l’alcoolémie positive d’un
conducteur est présente dans les accidents causant 30,9% des tués sur la route. 92 % des
personnes impliquées dans un accident mortel de la route avec alcool sont des hommes.
. L'alcoolisme est responsable d'environ 30 000 décès par an. C’est la 3ème cause de mortalité
après les cancers et les maladies cardio-vasculaires.

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CLASSIFICATIONS DE L'ALCOOLISME

1. Primaire/secondaire (classification de Radouco-Thomas)


Primaire : début précoce.
Secondaire : l'alcoolisme vient compliquer un trouble de la personnalité (antisociale,
borderline, phobique) ou un trouble psychiatrique (schizophrénie, dépression..)

2. Type 1/Type 2 (classification de Cloninger)


Type 1 : début tardif. Concerne les hommes et les femmes. Lié à l'environnement. Dépendance
physique moyenne mais dépendance psychologique importante.
Type 2 : début précoce. Concerne exclusivement les hommes. Dépendance physique sévère.

3. Classification de Fouquet
Alcoolite : alcoolisme d'entraînement qui survient à la fin de l'adolescence (hommes).
Consommation en public, contexte de sociabilité, absence de culpabilité.
Alcoolose : Sujets présentant une personnalité antérieurement fragile ou anxieuse. Dépendance
précoce, consommation discontinue. Souvent caché ; culpabilité.

a
PRINCIPALES FORMES CLINIQUES DE L'ALCOOLISME

ép
1. L'intoxication alcoolique aiguë : ivresse simple et ivresse pathologique

2. Les conduites alcooliques chroniques :


Pr
La
Les signes cliniques
Signes cliniques : - visage congestionné
&

- tremblements (bouche, langue, main)


- haleine
n

- appareil digestif : brûlures gastriques, anorexie


ie

- niveau moteur : crampes, fatigabilité, douleurs musculaires


al

Les signes cliniques du sevrage alcoolique.


G

Tremblements, nausées, crampes, vomissements, irritabilité, anxiété


Le delirium tremens est un état confusionnel et délirant survenant au cours d'un sevrage
rs

alcoolique, volontaire ou non. Il s'observe chez 5% des sujets dépendants. Il survient entre 24
u

et 48h après l'arrêt de l'alcool.


Co

TROUBLES NEUROLOGIQUES LIES A L'ALCOOLISME CHRONIQUE

1. Accidents carentiels
* Encéphalopathie de Gayet Wernicke
Liée à une carence en vitamines B1. Elle associe : des troubles psychiques (agitation, confusion,
désorientation) des troubles neurologiques (principalement oculomoteurs), des troubles
généraux (tachycardie, hypotension, fièvre, troubles respiratoires...) et des troubles biologiques.

* Syndrome de Korsakoff
Lié également à une carence en vitamines B1.
Peut s'installer brutalement (après un Délirium Tremens, une alcoolisation aiguë, une infection)
ou progressivement (évolution d'une encéphalopathie de Gayet-Wernicke)
Caractérisé par un syndrome amnésique associant :
- une amnésie antérograde de fixation
- des fabulations compensatrices

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- des paramnésies.
Le patient n'a pas conscience de ses troubles.
L'évolution se fait vers un syndrome confuso-démentiel.

* Polynévrite
Concerne essentiellement les membres inférieurs

2. Atteintes du système nerveux périphérique


* Myopathie alcoolique
Fréquente mais souvent asymptomatique.
Complication finale : l'insuffisance rénale aiguë

* Neuroacropathie
Atteinte associant une polynévrite, une atteinte cutanée (ulcères...) et une ostéoarthropathie.

3. Autres pathologies
* Epilepsie
Les crises surviennent plutôt pendant les périodes de sevrage total ou relatif.

a
ép
* Accident Vasculaire cérébral
L'alcoolisme favorise la survenue d'un AVC hémorragique, notamment l'hématome sous-dural,

Pr
très fréquent (insuffisance hépatocellulaire avec déficit en facteurs de coagulation).
La
TROUBLES ET COMPLICATIONS PSYCHIQUES ET PSYCHIATRIQUES
DE L'ALCOOLISME CHRONIQUE
&

1. Trouble psychotique induit par l'alcool


n

S'observe lors d'un sevrage. Syndrome délirant : hallucinations, automatisme mental,


ie

thématique menaçante, adhésion totale de la part du patient.


al
G

2. Délires alcooliques chroniques


- Psychose hallucinatoire. Délire peu systématisé et extensif. Thématique persécutive et
rs

jalousie.
- Délires paranoïaques.
u
Co

3. Troubles du caractère et du comportement


- Irritabilité, impulsivité, agressivité.

4. Trouble anxieux
L'alcool a dans un premier temps un effet anxiolytique, mais plus la consommation augmente,
plus il est anxiogène.
Attaques de panique, troubles phobiques, anxiété généralisée.

5. Etats dépressifs induits par l'alcoolisme ou de sevrage


Effet dépressogène de l'alcool.
Dépressions dans les premières semaines de sevrage.

COMPLICATIONS AUTRES QUE NEURO-PSYCHIATRIQUES

- Complications hépatiques (cirrhose, cancer, hépatite alcoolique aiguë ou chronique...)


- Complications digestives (pancréatite, gastrite, varices oesophagiennes...)

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- Complications métaboliques (carences en vitamines B1, B6, folates/hypoglycémie,


hyperuricémie...)
- Complications hématologiques (baisse de la vitamine K, diminution des facteurs de la
coagulation..)
- Complications cardio-vasculaires (augmentation de la pression artérielle systolique, de la
fréquence cardiaque...)
- Cancers (ORL, oesophage, foie, colon ...)
- Grossesses (prématurité, hypotrophie foetale, fausses couches, hématome rétro-placentaire) /
Le Syndrome d'Alcoolisation Foetale : en cas d'alcoolisation maternelle pendant la grossesse,
notamment dans les trois premiers mois, il y a risque d'embryofoetopathie, caractérisée par :
. dysmorphie cranio-faciale
. retard staturo-pondéral
. retard mental avec troubles du comportement
. malformations (cardiaques, rénales, cérébrales..)

ETIOPATHOGENIE DE L'ALCOOLISME

- Facteurs socio-culturels et environnementaux : image de l'alcool dans la société française/

a
attitude et discours parentaux vis à vis de l'alcool/ milieu professionnel.

ép
- Facteurs biologiques : il existerait des facteurs génétiques de vulnérabilité individuelle ou

Pr
encore des gènes de susceptibilité (comme pour d'autres pathologies)
La
- Facteurs psychologiques et psychopathologiques : personnalités fragiles, anxieuses.
&

TRAITEMENT DE LA CONDUITE ET DE LA DEPENDANCE ALCOOLIQUES :


n

ASPECT MEDICAL, PHARMACOLOGIQUE ET PSYCHOLOGIQUE


ie

1. Principes généraux :
al

Prise en compte - du degré de dépendance,


G

- de la demande du patient,
- de la présence ou non de troubles psychiatriques associés
rs

- de l'environnement social du patient


u

En ambulatoire ou en hospitalisation.
Co

2. Traitement chimiothérapique : benzodiazépines et vitaminothérapie

3. Prise en charge psychologique

4. La post-cure : 2 à 3 mois d'hospitalisation pour consolider le sevrage

5. les résultats :1/3 des patients demeurent abstinents, 1/3 rechutent, 1/3 en rémission
partielle.

LA PREVENTION, ELEMENT PRIMORDIAL : OBJECTIFS ET FORMES


1. Le public visé
Tous les consommateurs d'alcool (pas seulement les alcoolo-dépendants)

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2. Les objectifs
Information, limitation de la consommation, modification des formes actuelles de
consommation, en particulier chez les jeunes (binge drinking) en vue de réduire la morbidité
et la mortalité liées à l'alcool.

3. Les formes
- Séances d'informations dans les établissements scolaires
- Lois réglementant la vente d'alcool (âge légal, horaires d'ouverture des points de vente…)
- Interdiction des open-bars
- Campagnes de prévention routière/ Augmentation des contrôles routiers
- Dépistage d'une alcoolo-dépendance systématique lors d'une consultation ou d'une
hospitalisation chez un sujet à risque.
- Présence d'un éthylotest dans chaque véhicule (mars 2013)
- Depuis décembre 2011, les discothèques et bars à ambiance musicale doivent mettre des
éthylotests à disposition de leurs clients.

a
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Co

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LE TABAGISME
DEFINITIONS
- Le tabagisme actif : toxicomanie légale correspondant à la consommation habituelle de tabac.
Cette consommation quotidienne entraîne une dépendance physique à la nicotine avec
l’apparition d’un syndrome de manque au sevrage.
- Le tabagisme passif : intoxication involontaire due à une exposition prolongée à la fumée du
tabac.

LES PRINCIPALES LOIS

. 1976 : Loi VEIL : inscription sur les paquets de cigarettes d’ « abus dangereux »

. 1991 : Loi EVIN :

a
- interdiction de toute publicité incitant à la consommation de tabac

ép
- interdiction de fumer au sein des lieux publics
- inscription sur les paquets de cigarettes de la teneur en nicotine et en goudron

Pr
- messages de prévention du tabagisme
- lutte contre le tabagisme des femmes enceintes
La
. 2003 : Interdiction de vente de tabac aux mineurs de moins de 16 ans
&

. 2006 : Loi de novembre 2006 applicable au 1er février 2007 :


- interdiction totale de fumer dans les lieux publics, y compris dans les discothèques, bars
n

et restaurants
ie

- obligation dans les entreprises de « coins fumeurs fermés » ou de fumer dehors


- la loi ne s’est appliquée que le 1er janvier 2008 pour les restaurants et cafés
al

- amendes de 68 euros par personnes fumant une cigarette et 130 euros pour les entreprises
G

ne respectant pas la loi


u rs

STATISTIQUES
Co

1. En France
. 6000 décès par an liés au tabagisme passif
. 3 milliards d’euros de dépenses médicales chaque année liées au tabac
. 15 à 20 millions de fumeurs (30% de femmes et 40% d’hommes fument)
. La cigarette tue 200 personnes par jour
. Le tabac est la 1ere cause de mortalité prématurée
- En moyenne, les jeunes fument leur première cigarette vers 14 ans et demie et commencent à
fumer régulièrement vers 16 ans.
- On considère que chaque année en France, 750 000 personnes arrêtent de fumer durant au
moins un an, ce qui correspond à plus de 2 000 personnes chaque jour.

2. Dans le monde
. 6 millions de décès annuels sont dus au tabac
. 600 000 personnes meurent de tabagisme passif
. 80% des décès liés au tabagisme sont enregistrés dans les pays en développement

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. Si aucune mesure n’est prise, on aura dénombré plus de huit millions de décès par an
attribuables au tabac d’ici 2030.

LES PROBLEMES

- La toxicité du tabac qui est responsable :


. de dépendance physique, psychologique et comportementale
. de maladies cardio-vasculaires
. d’ulcère de l’estomac
. de cancers de la bouche, du larynx, des bronches, de la vessie, du col utérin
. de bronchite chronique
. d’infections respiratoires

- Grande augmentation du tabagisme féminin. Le Danemark, les Pays-Bas et la France sont


les pays européens qui comptent la plus forte proportion de fumeuses. En Europe, 15 à 33 %
des femmes continuent à fumer durant leur grossesse.
- Augmentation du tabagisme chez les jeunes : l’usage de la 1ère cigarette est de plus en plus

a
précoce, surtout chez les filles. L’initiation à la cigarette commence la plupart du temps à

ép
l’adolescence. On compte 40% de fumeurs réguliers chez les 16-25 ans. Actuellement, la seule
consommation de cigarettes des mineurs de 13 à 15 ans équivaut à quatre fois le montant

Pr
investi pour lutter globalement contre le tabagisme.
- Augmentation du tabagisme dans les pays pauvres : surtout en Asie et en Afrique. Dans
La
quelques décennies, plus de 80% des décès liés au tabagisme surviendront dans les pays
pauvres.
&

LES SOLUTIONS
n
ie

- L’aide au sevrage tabagique : substituts nicotiniques, médicaments, entretiens d’aide,


al

hypnose, soutien groupal.


G

- La législation plus répressive envers le tabagisme : en 2009, l’interdiction de vente de tabac a


rs

été étendue aux mineurs de moins de 18 ans


u

- Campagnes nationales de prévention : dans les médias, établissements scolaires,


Co

entreprises…

- Service d’accueil téléphonique Tabac info service : 39 89

- Hausse du prix des cigarettes : 30 centimes en juillet 2013 + hausse de 20 centimes (TVA)
par paquet en janvier 2014. Le prix du paquet est en moyenne de 7 euros.

- Mise en place au printemps 2011 sur les paquets de cigarettes d’images choquantes

- La ministre de la Santé M Touraine s’est dit favorable à l’interdiction de « vapoter » dans


les lieux publics où il est d’ores et déjà interdit de fumer

- Six recommandations politiques pour faire reculer l'épidémie (OMS)


La stratégie MPOWER de l’OMS repose sur les six politiques les plus efficaces pour faire reculer
l’épidémie de tabagisme:

- Monitoring: Surveiller la consommation de tabac et les politiques de prévention

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- Protecting: Protéger la population contre la fumée du tabac


- Offering: Offrir une aide à ceux qui veulent arrêter de fumer
- Warning: Mettre en garde contre les méfaits du tabac
- Enforcing: Interdire la publicité en faveur du tabac, la promotion et le parrainage
- Raising: Augmenter les taxes sur le tabac

__________________________________________________________________________________

Bibliographie

DUBOIS Gérard , Le rideau de fumée, Editions Seuil, 2003.


BELLMANN Maryannick, PALAZZOLO Jérôme, Tabagisme, entre plaisir et dépendance,
Editions Hermann, Coll Médecine-santé, 2009.

Sitographie
http://www.who.int/topics/tobacco/fr/ (site OMS)
http://www.la-cigarette.com/
http://www.drogues.gouv.fr/tabac/ (site de la MILDT)
http://www.tabac-info-service.fr/

a
http://www.ligue-cancer.net

ép
Filmographie

Pr
Thank You For Smoking, de Jason Reitman.
La
Article rfi.fr 19/12/2013 Polémiques autour de la cigarette électronique
&

Hon Lik, l’inventeur chinois de la cigarette électronique, n’aurait sans doute pas imaginé
n

rencontrer un tel succès. Un peu partout dans le monde, les « vapoteurs » se multiplient. Il y a
ie

les fumeurs qui cherchent à se libérer du tabagisme, mais aussi un nombre croissant de
nouveaux adeptes attirés par cette pratique devenue furieusement tendance. Face à l'ampleur
al

du phénomène qui touche 7 millions de personnes en Europe, dont environ 1,5 million en
G

France, les institutions européennes tentent de réagir.


rs

Un accord qui ne règle par tout


u
Co

Après avoir refusé sa qualification en tant que médicament le 8 octobre dernier, l’Union
européenne a jugé nécessaire d'en encadrer l'usage. Car en écartant un éventuel statut de
médicament, et en ne la considérant pas non plus comme produit du tabac, la e-cigarette
échappe aux réglementations de ces substances. (...)

La e-cigarette divise les professionnels de la santé

De fait, son impact sur la santé reste incertain et sujet à débat. Selon l'association 60 millions
de consommateurs, l'objet électronique ne serait pas aussi inoffensif qu'il y paraît et pourrait
émettre des composés potentiellement cancérogènes en quantités significatives. De plus, ce
sont dans les vapeurs émises par la e-cigarette que ces substances ont été décelées. La question
du « tabagisme électronique » passif se pose donc aussi.

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LES DROGUES ILLICITES


GENERALITES

Selon l’OMS, une drogue est une substance qui, introduite dans l’organisme, modifie une ou
plusieurs de ses fonctions, cette substance étant capable d’engendrer une dépendance et peut
avoir de sérieux effets psychotoxiques.

La toxicomanie se caractérise par la consommation répétée d’une drogue qui entraîne le désir
contraignant d’en consommer à nouveau et de s’en procurer par tous les moyens. La
toxicomanie est caractérisée par un processus de désocialisation, le toxicomane fait du produit
son seul but, et son usage répété entraîne le plus souvent des conséquences sur sa vie toute
entière.

a
ép
La dépendance est le processus qui pousse un individu à absorber de manière répétitive un ou
plusieurs produits afin d’en retrouver les effets psychiques (dépendance psychique), mais aussi

Pr
dans certains cas pour éviter le malaise de la privation (dépendance physique). La dépendance
psychique se caractérise par l’aspect contraignant du désir et du besoin de prendre le produit.
La
La dépendance physique correspond à la dépendance des cellules de l’organisme à une
drogue. Elle se manifeste par un phénomène de manque plus ou moins intense selon le produit.
&

La tolérance résulte de l’absorption répétée d’une substance, ce qui entraîne la diminution de


n

ses effets et conduit ainsi un individu à en accroître les doses pour obtenir les effets initiaux.
ie

L’accoutumance désigne donc plutôt une dépendance psychique caractérisée par le désir de
prendre un produit pour retrouver la sensation de bien-être qu’il engendre, et où il n’est pas
al

nécessaire d’augmenter la dose. Par conséquent, l’accoutumance n’introduit aucun syndrome


G

de sevrage ou d’abstinence.
Ces états n’existent cependant qu’avec certaines substances et toutes drogues n’entraînent pas
rs

systématiquement ces quatre états.


Nous nous attacherons ici essentiellement aux drogues illicites et parmi elles les opiacés.
u
Co

LES PRINCIPALES DROGUES ILLICITES

1. Données

. Dans le monde : Le cannabis est la drogue illicite la plus consommée.


. En Europe : 20% de la population a essayé au moins une fois la drogue (62 millions)

. En France :
Cannabis
- 13,8 millions d’expérimentateurs
- 1, 2 million consomment du cannabis au moins 10 fois par mois
- 550 000 en consomment tous les jours
- 41,5% des jeunes ont expérimenté le cannabis
- 6,5% en font un usage régulier
- Les jeunes Français sont en tête des consommations au niveau européen

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Autres drogues
- Un nombre important d’expérimentateurs d’héroïne (500 000)
- 400 000 personnes consomment de la cocaïne au moins une fois dans l’année
- 3,8 % des personnes âgées de 18 à 64 ans ont expérimenté la cocaïne
- 130 000 personnes ont consommé de l’ecstasy au moins une fois dans l’année
- 2,7% des personnes âgées de 18 à 64 ans ont expérimenté l’ecstasy
- La consommation problématique de drogues autres que le cannabis concernerait 281 000
usagers
- A 17 ans, le nombre d’expérimentateurs de cocaïne et d’ecstasy est en baisse
- 3% des jeunes de 17 ans ont expérimenté la cocaïne
- 1,9% des jeunes de 17 ans ont expérimenté l’ecstasy

Personnes mises en cause pour infractions à la législation sur les stupéfiants (ILS) en
2012
- 198 000 interpellations dont :
- 161 500 pour usage simple
- 36 500 pour trafic, revente, détention, provocation à l’usage, etc.

a
Saisies 2012 Police, Gendarmerie, Douane (Source OCRTIS)

ép
- 51 tonnes de cannabis
- 5,3 tonnes de cocaïne

Pr
- 79,9 milliers de comprimés d’ecstasy
- 521 kg d’héroïne
La
2. Caractéristiques
&

Le cannabis L'héroïne La cocaïne


n

(marijuana, haschich)
ie

Apparence Résine de cannabis : sous Poudre brune Poudre blanche


al

forme de plaquette compacte


avec une couleur différente
G

suivant provenance : noire,


rouge, jaune.
rs

Cannabis : fleurs séchées que


u

l'on fume généralement avec


Co

un mélange de tabac.
Mode Fumée (mélangé avec du Injection, voie Principalement voie
d’ingestion tabac), ingestion orale, nasale, inhalation nasale
inhalation
Dépendance Faible - Faible
physique
Dépendance Faible Très forte Forte mais
psychique intermittente
Neurotoxicité Aucune Faible Forte
Dangerosité Très faible Très forte Très forte (coût élevé)
sociale
Infos 1,2 millions de 150 000
supplémentaires consommateurs réguliers. En consommateurs
France, elle provient surtout réguliers
du Maroc (1er producteur
mondial)

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L'Ectasy (MDMA) Crack LSD

Apparence Cachet « Cailloux » de Le LSD est déposé sur de


couleur blanche à petits carrés de papier pré-
jaunâtre découpés
Mode Ingestion orale Inhalation, mélange Voie orale plus rarement voie
d’ingestion de cocaïne et de oculaire ou anale beaucoup
bicarbonate de soude plus rarement en injection
Dépendance Forte Faible Aucune
physique
Dépendance Moyenne Forte Faible
psychique
Neurotoxicité Forte Forte Très forte
Dangerosité Faible Très forte (violence) Faible
sociale

PROFIL DES TOXICOMANES

a
ép
Les hommes représentent environ les ¾ des toxicomanes, ce sont pour la plupart du temps des
hommes jeunes et sans profession, ouvriers, employés, étudiants, militaires.

1. La dimension physiologico-psychologique
Pr
La
L’usage et l’expérimentation des drogues débutent généralement à l’adolescence, période où
&

l’organisme subit des modifications majeures tant sur le plan biologique, que sur le plan
psychique et social. Le travail de séparation d’avec le mode de vie enfantin peut entraîner des
n

sentiments de vide, de morosité, de tristesse, de dévalorisation de soi.


ie

Ces symptômes sont fréquents à l’adolescence et souvent passagers, mais certains jeunes
traversent une période d’anxiété et d’angoisse plus intense, mais là encore, il faut distinguer
al

une dépression normale d’un état plus pathologique.


G

Tant que ces mouvements n’entraînent pas un désinvestissement de toute activité, ils font partie
du processus même de l’adolescence et témoigne d’une maturité en devenir. Chez certains, le
rs

passage à l’acte marquera au contraire la dépression, c’est le cas des troubles alimentaires, de
la toxicomanie, des tentatives de suicide, des troubles du comportement et du sommeil ou
u

encore des actions où l’impulsivité et la prise de risque dominent.


Co

Cependant tous les adolescents ne deviennent pas toxicomanes, le développement d’une


toxicomanie dépend de la conjonction de plusieurs facteurs. Il n’est pas rare de retrouver, dans
le passé des toxicomanes, une enfance émaillée de ruptures, d’abandons, de séparations, de
l’alcoolisme des parents et/ou de leur usage de psychotropes, d’échec scolaires, d’incestes ou
des problèmes liés à des traumatismes psychologiques.
Face aux bouleversements de l’adolescence, la toxicomanie peut par certains aspects être un
moyen d’éviter tout le travail de séparation de l’enfance et de la construction de soi que
nécessite toute autonomie. C’est aussi une manière de se protéger contre l’angoisse et la
dépression comme peuvent l’être la boulimie et l’anorexie.

2. La dimension sociologique

* Notre modernité est marquée par le déclin des valeurs sociales et collectives (institutions,
famille, patrie, église, politique, syndicalisme) et une survalorisation de l’individualisme. Les
adolescents doivent se construire une identité dans ce contexte où les repères sociaux ne sont
plus stables et où les modèles ne sont plus structurants.

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* Aujourd’hui, l’accent est mis sur la réussite individuelle et sur la performance ; la réussite
sociale est devenue le gage de l’insertion, dès lors l’individu n’étant pas à la hauteur de ces
exigences peut chercher un soutien dans le recours à la consommation des drogues. Une
bonne part des médicaments psychotropes ne vise plus à se soigner, mais à éviter des
désagréments ou à améliorer ses performances.
* D’autre part, la publicité et la société de consommation proposent une image modèle du bien
être, là où la crise économique diminue les revenus des populations les plus fragiles, rendant
par la même la situation de ceux qui ne peuvent y accéder encore plus frustrante. Il importe
également d’insister sur l’allongement des études et les difficultés des jeunes à entrer dans la
vie active, lesquels restent plus longtemps dépendant financièrement (ce qui peut être source
de difficultés intrafamiliales conflictuelles), sans être en plus certains d’échapper à la précarité
et au chômage.
* Enfin il importe aussi de dire que les adolescents sont devenus un nouveau marché pour les
trafiquants de drogue car l’extension des produits et de l’offre de drogue encourage
inévitablement l’augmentation de la consommation.

Pour conclure, les toxicomanies ne sont que l’échec de la gestion personnelle des buts de vie
d’un sujet, mais elles doivent être comprises comme des symptômes d’alerte. L’intoxication
chez le toxicomane n’a pas une fonction destructrice, elle permet au contraire de sauver ce qui

a
est sauvable en protégeant le sujet contre des pulsions mortifères. Mais cela s’épuise avec le

ép
temps.

Pr
STRUCTURES SPECIALISEES ET PRATIQUES DE SOINS
La
Les soins dans les hôpitaux ou des structures spécialisées sont gratuits lorsqu’ils sont en liaison
avec la toxicomanie (cure de sevrage, prise en charge psy, réinsertion…). Les autres soins sont
&

pris en charge par la sécu ou l’aide sociale. Ce dernier recours est fréquent car beaucoup de
toxicomanes n’ont pas de couverture sociale. Par ailleurs les usagers peuvent bénéficier s’ils le
n

souhaitent de l’anonymat.
ie

La répression de l’usage des stupéfiants ne peut servir à le faire lever. Aujourd’hui, dans la
al

majorité des cas, les traitements ont lieu en ambulatoire, c’est-à-dire que l’usager mène sa vie
habituelle et se rend dans différents lieux de soins et d’aide.
G

1. Les structures spécialisées


u rs

* Les centres d’accueil, de soins et d’accompagnement : ces structures sont composées d’une
Co

équipe pluridisciplinaire (psychiatre, psychologue, infirmiers, éducateurs, assistants sociaux,…),


elles reçoivent les toxicomanes mais aussi leurs familles. En plus des activités éducatives,
thérapeutiques et de réinsertion, certains centres participent à de la prévention en faisant un
travail sur les écoles et les quartiers, et assurent des formations sur la toxicomanie destinées aux
travailleurs sociaux et à tous les professionnels concernés par la question.

* Les structures spécialisées au sein de l’hôpital : elles se caractérisent par l’existence de lits
d’hospitalisation utilisés pour des toxicomanes présentant des troubles somatiques (hépatite,
infections, VIH,…) et/ou en cure de sevrage. Les toxicomanes représentent environ 25% des
malades du sida, cette population est particulièrement exposée du fait de la contamination par
le partage des seringues souillées.
La séropositivité a introduit une dimension davantage médicalisée de la toxicomanie alors
qu’elle ne l’était pas auparavant, les hôpitaux et le personnel soignant ont été obligés de
modifier leurs pratiques face à une population qui n’a pas bonne presse et dont on considérait
jusqu’ici la maladie comme volontaire. Si les toxicomanes ne réagissent pas différemment que
les autres malades du sida, il n’en demeure pas moins que le sida aggrave la précarité sociale et
affective des toxicomanes.

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* Les centres post-cure : ils ont pour objectif de permettre aux toxicomanes une insertion ou
une réinsertion sociale ou professionnelle dans un cadre protégé afin de les aider à supporter la
rupture avec le produit, mais aussi à quitter leur environnement souvent lié à la drogue. Un
contrat est établi avec le convalescent, toute rechute pouvant entraîner l’exclusion. Certaines
de ces structures disposent d’appartements thérapeutiques qui sont les lieux de vie avec
assistance éducative, étape intermédiaire entre le centre de post-cure et l’intégration sociale.

* Les familles d’accueil : en liaison avec une équipe thérapeutique reçoivent des toxicomanes
qui ont gardé une autonomie suffisante pour pouvoir s’intégrer au cadre proposé. Il s’agit pour
la plupart de famille rurale dont les toxicomanes partagent les tâches quotidiennes. Ces
expériences se révèlent positives dans 40% des cas, cela peut se prolonger sur plusieurs mois.

* Les antennes spécialisées en maison d’arrêt regroupent elles aussi des équipes
pluridisciplinaires et visent à informer et à former le personnel pénitencier, à aider les
toxicomanes dans leur détention qui, pour certains, n’ont jamais eu la possibilité de rencontrer
des spécialistes. Le but est de leur faire prendre conscience de la nécessité de recourir à une
aide psychothérapeutique, enfin à préparer leur sortie afin de les mettre en relation avec les
structures spécialisées à l’extérieur qui assureront le relais.

* Les équipes de rues : composées le plus souvent d’éducateurs qui sont en liaison directes

a
avec les toxicomanes et leur milieu de vie. Leur objectif est de permettre de faciliter l’accès de

ép
ces personnes aux soins.

Pr
2. Les pratiques de soins

* Pour qu’il y ait sevrage, il faut qu’il y ait une dépendance physique à la drogue. Cela
La
concerne plus particulièrement les opiacés.
L’arrêt de l’usage de la drogue va produire un état de manque (douleurs abdominales,
&

insomnies, angoisses), qu’il faut prendre en charge. Il s’agit de substituer à la drogue des
médicaments, la désintoxication peut se faire entre 10 à 15 jours mais la dépendance
n

psychique est beaucoup plus longue à traiter.


ie

Le sevrage peut alors être le moment privilégier pour instaurer un suivi thérapeutique, le plus
al

souvent d’inspiration psychanalytique.


G

Ces dernières années a été mis en place un traitement de substitution, que l’on nomme la
méthadone. C’est un produit opiacé synthétisé qui peut se prendre par voie orale et qui a
rs

l’avantage de faire effet pendant 24 heures. La prise de ce médicament, s’il ne résout pas la
u

toxicomanie permet d’éviter les délits liés à la drogue et à la marginalisation sociale. Ce qui
Co

n’est pas sans poser des problèmes par rapport à l’éthique médicale, car le médecin n’a pas
d’abord pour fonction de protéger la société.

LEGISLATION ET LUTTE CONTRE LA TOXICOMANIE


La lutte conte la toxicomanie est une compétence de l’Etat. C’est la MILDT, la Mission
Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie, placée sous l’autorité du Premier
ministre qui constitue l’épicentre du dispositif français de lutte contre les toxicomanies. Elle est
chargée de coordonner l’action du Gouvernement dans le domaine de la prévention, la prise
en charge sanitaire et sociale, la répression, la formation, la communication, la recherche et les
échanges internationaux.
Elle a été chargée d’étendre sa compétence à l’abus d’alcool, de tabac et de médicaments
psychotropes. Elle prépare les plans gouvernementaux de lutte contre les drogues et veille à
leur application et coordonne les politiques de 19 départements ministériels compétents dans
le domaine. Elle anime et soutient également les efforts des autres partenaires publics et privés

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que sont les collectivités locales, les institutions spécialisées, les organismes professionnels, les
associations et acteurs de la société civile.
La MILDT assure également le financement des groupements d’intérêt public : Observatoire
Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT), Drogues Alcool Tabac Info Service, outil
d’écoute téléphonique, d’information et d’orientation et le centre interministériel de formation
anti-drogue (CIFAD) situé à Fort de France en Martinique.

1. Législation

* Deux types de régimes juridiques régissent les drogues en France.


L'usage, la détention et l'offre des drogues licites (alcool ; tabac) sont réglementés, sans être
interdits. Les drogues illicites (héroïne, cocaïne, cannabis, hallucinogènes notamment) sont
quant à elles soumises à un régime d'interdiction fixé pour l'essentiel par la loi du 31 décembre
1970, dont les dispositions ont été intégrées dans le code pénal et le code de la santé publique.
Cette loi réprime tant l'usage que le trafic de toute substance ou plante classée comme
stupéfiant (sans différenciation selon le produit), sans établir pour autant une définition claire
permettant de distinguer l'usager du revendeur.

* La liste des produits stupéfiants visés par la loi est établie par arrêté du ministre de la Santé,

a
sur proposition du directeur général de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de

ép
santé (AFSSAPS), conformément à la réglementation internationale.

Pr
* Le cadre législatif qui réprime l'usage de stupéfiants (public ou privé) n'a pas été modifié
depuis son origine : c'est un délit passible d'une peine maximale d'un an d'emprisonnement et
La
d'une amende de 3750 euros. La perspective d'une réforme, envisagée au cours de l'année
2003, a finalement été écartée. Toutefois, l'application de la loi de 1970 a de fait évolué : les
peines d'emprisonnement prévues pour sanctionner l'usage seul sont proscrites en pratique, et
&

les circulaires de politique pénale recommandent aux procureurs d'éviter l'incarcération au


n

profit d'une orientation sanitaire et sociale.


ie

* La répression de l'usage de stupéfiants dans certaines circonstances de la vie sociale a été


al

accentuée, notamment dans une perspective d'amélioration de la sécurité routière (loi du 3


février 2003). Les dépistages sont obligatoires en cas d'accident immédiatement mortel ou en
G

cas d'accident corporel lorsque le conducteur est soupçonné d'avoir fait usage de stupéfiants.
Le régime de répression du trafic de stupéfiants s'est durci la fin des années 1980 : de nouvelles
rs

incriminations ont été créées et les peines prévues pour certaines infractions de trafic qualifiées
u

de crimes ont été aggravées (jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle).


Co

* Deux circonstances aggravantes sont prévues lorsque les faits sont commis auprès de mineurs
ou dans des centres d'enseignement ou d'éducation, ou encore dans les locaux de
l'administration. Par ailleurs, la fabrication et le commerce de produits "précurseurs"
susceptibles d'être utilisés pour la fabrication de stupéfiants sont contrôlés depuis la loi du 19
juin 1996.

* Depuis mars 2007, la loi de prévention de la délinquance apporte de nouvelles dispositions à


l’encontre des usagers de drogues. D'une part, elle donne au juge la possibilité de traiter les
infractions à la législation de stupéfiants par un mode procédural simplifié et accéléré,
débouchant, le cas échéant, sur une nouvelle sanction introduite par cette loi : le stage de
sensibilisation aux dangers de l'usage de produits stupéfiants, obligatoire et payant. D'autre
part, elle élargit le cadre d'application des mesures d'injonction thérapeutique, qui peuvent
désormais être prononcées à tous les stades de la procédure pénale : de mesure alternative aux
poursuites (occasionnant une suspension de la procédure judiciaire), l'injonction thérapeutique
peut désormais être prononcée comme modalité d'exécution d'une peine, y compris pour des
personnes ayant commis une infraction en lien avec une consommation d'alcool.

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* Sur le volet de répression des infractions préparatoires à l'usage impliquant des mineurs, la
loi du 5 mars 2007 prévoit également des sanctions aggravées en cas de "provocation directe à
transporter, détenir, offrir ou céder des stupéfiants dirigées vers un mineur" (jusqu’à 10 ans
d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende). Les peines pour les infractions commises sous
l’emprise d’un stupéfiant ou en état d’ivresse sont également durcies.

* Sur les aspects relatifs à la lutte contre le trafic, la loi organise des mesures d'investigation
nouvelles (recherches fondées sur l'utilisation des NTIC, achats surveillés ou procédures
destinés à dépister les risques en amont).

* Enfin, sur le dépistage en milieu professionnel, la loi aggrave les sanctions pénales
applicables aux salariés dépositaires de l’autorité publique pris en infraction d’usage de
drogues. Ils encourent désormais une peine de 5 ans d'emprisonnement et une amende d’un
montant maximal de 75 000 €. Les personnels des entreprises de transport public pris en
infraction d’usage dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de leurs fonctions encourent ces
peines, auxquelles s’ajoutent des peines complémentaires d'interdiction professionnelle et
l'obligation d'accomplir, le cas échéant à leurs frais, un stage de sensibilisation aux dangers de
l'usage des produits stupéfiants.

a
2. Prévention

ép
* Le Plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies (2008-2011) s'était

Pr
fixé pour objectif de faire reculer les consommations de drogues illicites et les consommations
excessives d’alcool en France.
La
&

* Le plan gouvernemental 2013-2017 de lutte contre les drogues et les conduites addictives.
n

Priorité 1 : Fonder l’action publique sur l’observation, la recherche et l’évaluation


ie
al

- Progresser dans la compréhension des conduites addictives.


- Soutenir la recherche sur les nouveaux traitements médicamenteux et les stratégies
G

thérapeutiques innovantes.
- Faire de la recherche un outil d’aide à la décision
u rs

Priorité 2 : Prendre en compte les populations les plus exposées pour réduire les risques et les
Co

dommages sanitaires et sociaux

- Empêcher, retarder, limiter les consommations des jeunes


- Améliorer le soin et l’accompagnement des femmes
- Rapprocher les dispositifs des populations les plus éloignées
- Prévenir dans le monde du travail

Priorité 3 : Renforcer la sécurité, la tranquillité et la santé publiques, au niveau national et


international, en luttant contre les trafics et contre toutes les formes de délinquance liées aux
consommations de substances psychoactives.

- Favoriser l’acceptabilité sociale des usagers et des dispositifs de soins et de réduction des
risques
- Améliorer l'articulation entre les champs judiciaire et sanitaire
- Lutter contre le trafic au niveau local et international
- Prendre en compte les phénomènes émergents en matière de trafic

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__________________________________________________________________________________

Quelques livres et films sur ce thème

J. BERGERET, Toxicomanie et personnalité, éditions PUF, collection Que sais-je?, 1996.


C. OLIEVENTSEIN, Comme un ange cannibale: drogue, adolescents, société, éditions Odile
Jacob, 2002.
Les films : Trainspotting, Las Vegas Parano, Requiem for a dream

Article de franceinfo.fr du 10/10/2013

Salles de shoot : le Conseil d'Etat émet un avis défavorable

Le Conseil d'Etat a émis un avis négatif sur les "salles de shoot". (…) "Le Conseil d'État a
procédé à l'examen de ce projet le 8 octobre et a recommandé au gouvernement d'inscrire
dans la loi le principe de ce dispositif pour plus de garantie juridique", a expliqué le ministère

a
de la santé.

ép
(…) Le Conseil d'Etat a considéré que ces salles destinées à encadrer et contrôler la

Pr
consommation de drogue contreviennent à la loi de 1970 qui instaure le principe de
prohibition totale de la consommation de drogue. "Le gouvernement va travailler avec les
La
acteurs concernés par ce projet à la sécurisation juridique de ce dispositif", a précisé le
ministère des Affaires sociales et de la Santé
&

Un décret de 2005 reconnaît tout de même aux associations le droit d'accompagner les usagers
n

de drogue. Et c'est justement ce décret que le gouvernement compte modifier et adapter pour
ie

rendre les "salles de shoot" légales.


al

Il s'agirait d'y introduire la notion de "salles de consommation" et c'est le point qui a fait tiquer
G

les Sages du Conseil d'Etat, selon France Inter. "Le Conseil d'Etat a recommandé au
gouvernement d'inscrire dans la loi le principe de ce dispositif pour plus de garantie juridique",
rs

a expliqué Matignon jeudi matin. "Le gouvernement va travailler (...) à la sécurisation juridique
u

de ce dispositif".
Co

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DON D’ORGANES

Les progrès de la médecine nous permettent désormais de remplacer des organes ou des parties
du corps défaillantes par l’intermédiaire de la transplantation d’organes (cœur, reins, foie, etc.)
ou de la greffe de tissus (peau, cornées, etc.). Ce sont les progrès de l’immunologie qui, dans la
seconde moitié du 20e siècle, ont permis l’essor de ces techniques de pointe. Les premières
transplantations de reins interviennent à la fin des années cinquante en Angleterre à
l’instigation de Murray (1959) et en France de Jean Hamburger, celles du cœur à la fin des
années soixante par l’Américain Shumway (1967), puis celles du foie, du pancréas, du poumon
ou de l’intestin grêle. De telles greffes n’auraient pas été possibles si, en vingt ans, nos
connaissances en génétique et en biologie moléculaire n’avaient pas évolué.

REPERES LEGISLATIFS ET TECHNIQUES

Contrairement aux pays anglo-saxons où la pratique est courante, le don d’organe de vivant à

a
vivant est rare en France (en 2012, seules 366 greffes ont été réalisées à partir de donneurs

ép
vivants).
Cependant, depuis le 7 juillet 2011, les dons croisés d’organes sont autorisés et inscrits dans le

Pr
code de santé publique par la nouvelle loi de bioéthique. L’objectif est de développer les
greffes d’organes à partir de donneurs vivants en permettant à une personne ayant exprimé son
La
intention de don au bénéfice d’un receveur en attente, de se voir proposer le recours à un don
croisé d’organes en cas d’incompatibilité médicale avec le receveur initial. Par ailleurs, le
&

cercle des donneurs vivant est élargi à toute personne apportant la preuve d’un lien affectif
étroit et stable depuis au moins deux ans avec le receveur.
n
ie

La xénogreffe (greffon issu d’un animal, par opposition à l’homogreffe, c’est-à-dire la


transplantation d’organes ou de tissus d’un homme à un autre) appartient à l’avenir
al

envisageable, des essais prometteurs ayant déjà été réalisés. Dans la quasi totalité des cas, cela
G

signifie donc que les greffons proviennent de sujets décédés.


rs

Pour qu’un organe soit utilisable, il faut qu’il soit encore perfusé au moment du prélèvement,
u

puis rincé et refroidi, ce qui permet sa conservation 48 heures environ. Il faut donc prélever sur
Co

des personnes juridiquement décédées, mais dont le cœur bat encore. C’est la destruction
cérébrale irréversible (mort encéphalique) qui définit désormais la mort clinique : elle est
compatible avec la persistance de la vie des organes tant que le cœur bat, à condition que l’on
assure artificiellement la respiration et les autres fonctions vitales. Une équipe de réanimation
doit assurer le maintien de ces fonctions le temps que soit porté le diagnostic de mort
cérébrale, que l’on puisse avoir un entretien avec l’entourage et que l’on organise le
prélèvement. Les organes prélevés sont ensuite acheminés vers le lieu de la transplantation.

En France, le prélèvement sur les personnes décédées obéit au principe dit du « consentement
présumé » ou « tacite », fixé par la loi Cavaillet (1976), qui se décline parfaitement sur l’adage :
« qui ne dit mot consent ». Cette loi stipule en effet que « le prélèvement peut être effectué sur
le cadavre d’une personne dès lors que celle-ci n’a pas fait connaître de son vivant son refus
d’un tel prélèvement ». Autrement dit, après sa mort, toute personne est en principe considérée
consentante au don d’éléments de son corps en vue de greffe, si elle n’a pas clairement
manifesté son opposition de son vivant.
L’opposition au prélèvement doit être formulée du vivant de la personne par une inscription au
Registre National des Refus, géré par l’Agence de la Biomédecine, ou doit pouvoir être attestée

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par les proches du défunt au moment du décès. Le témoignage de ce refus, par une personne
de la famille qui n’a pas à en apporter de preuves, suffit à faire jouer l’interdiction du
prélèvement. Ainsi, lorsque la famille s’y oppose, quelles que soient par ailleurs ses raisons, les
équipes françaises ne prélèvent pas. Actuellement, on estime que ce refus empêcherait 30 à 50
% des prélèvements qui auraient été techniquement possibles. On a donc ici l’exemple d’une
loi qui révèle en pratique ses limites…

Précisons enfin qu’en France, la transplantation d’organes n’est autorisée qu’à des équipes
reconnues, travaillant dans un centre hospitalo-universitaire. Il n’y a aucune relation d’argent
entre les patients et les équipes, contrairement à d’autres pays. Le don d’organes – comme
d’ailleurs le don de sang, de plaquettes, de moelle, de sperme ou d’ovocytes – relève de la
logique de l’anonymat et de la gratuité, seule modalité possible de cession d’un élément du
corps humain en France. La loi sur la transfusion sanguine illustre de manière frappante cette
modalité ; celle-ci stipule en effet que « la transfusion sanguine s’effectue dans l’intérêt du
receveur et relève des principes éthiques du bénévolat et de l’anonymat du don, ainsi que de
l’absence de profit ».
Bref, dans notre droit, les éléments et substances corporels ne sont ni appropriables ni
négociables dans le commerce, le corps, substrat de la personne, étant considéré comme
indisponible (l’idée d’« indisponibilité » étant employée dans le droit a contrario de l’idée de

a
libre disposition du corps, par exemple de la possibilité de l’aliéner ou de le traiter comme un

ép
objet en en vendant des éléments). Ainsi, le corps et ses produits ne peuvent entrer dans la
circulation des biens. Cette idée est en particulier présente dans les lois de Bioéthique du 29

Pr
juillet 1994 qui déclarent que « le corps humain, ses éléments et ses produits ne peuvent faire
l’objet d’un droit patrimonial ».
La
LES PROBLEMES
&
n

Les prélèvements et les transplantations d’organes mettent en jeu un certain nombre


ie

d’interrogations, à la fois médicales – proposer une technologie chirurgicale audacieuse et


pouvoir la mettre en œuvre (cf. par ex. la première double greffe des mains, réalisée le 13
al

janvier 2000 sous la direction du Pr. Dubernard à l’hôpital Edouard Herriot de Lyon) –,
G

psychologiques – accepter dans son corps un organe provenant d’un autre et se l’approprier, et
socioculturelles, liées à nos systèmes de représentation du corps et de la mort – accepter la
rs

transgression implicite de l’ordre symbolique que constitue l’intrusion dans le corps vivant
d’une « pièce morte », c’est-à-dire d’un fragment de cadavre…
u

Sans évoquer les problèmes plus prosaïques – encore qu’extrêmement délicats – liés à la
Co

discussion autour du prélèvement, qui enfreint nécessairement le respect de la douleur de la


famille – d’autant que la prise de conscience de la réalité de la mort est parfois difficile pour
celle-ci, la nouvelle définition de la mort clinique (mort cérébrale) aggravant cette difficulté et
suscitant parfois la pensée fantasmatique que la mort pourrait ne pas être tout à fait certaine
(illusion entretenue par le fait que l’on assure artificiellement la respiration et les autres
fonctions vitales) et qu’alors le prélèvement la provoquerait…

On a surtout beaucoup parlé ces dernières années des résistances au don d’organes face à une
demande croissante de la part des équipes médicales (pour de nombreuses personnes,
croyantes ou non, le prélèvement d’organes sur le corps de proches est perçu comme une
véritable mutilation, sinon comme une violation de l’intégrité du corps, attentatoire à l’image
que l’on gardera de l’être cher), mais aussi de la crise identitaire vécue par le sujet greffé (qui se
retrouve devant la nécessité de reconstruire son existence en intériorisant l’intrusion, difficile à
assumer, d’un organe provenant d’un autre homme, intériorisation d’autant plus délicate à
réaliser que parfois vient aussi s’y ajouter la nécessité d’intérioriser la perte d’une part de soi, la
greffe ayant souvent nécessité l’ablation de l’organe malade, comme c’est le cas pour les greffes
cardiaques), ainsi que de son sentiment de dette envers un autre qu’il ne connaît pas et dont la

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mort empêche à tout jamais toute « liquidation » symbolique de la dette (sur ce thème, voir par
exemple le beau film d’Alejandro Gonzalez Inarritu, 21 grammes (2003)).

La récente greffe partielle de visage (2005) réalisée par le Prof. Jean Dubernard à Lyon soulève
quant à elle bien des questions sur l’intégration psychologique au long terme d’un greffon si
visible, si chargé de sens et, surtout, si porteur d’identité : que reste-il en effet du sujet dans ce
nouveau visage qui n’est ni tout à fait le sien, ni tout à fait celui d’un autre, et qui tient
littéralement de la chimère ? La dialectique du familier et de l’étranger, le rapport à soi-même
et à « l’autre » sont tout simplement bouleversés par la greffe de visage – raison pour laquelle,
en France, le Comité Consultatif National d’Ethique avait d’abord rendu un avis négatif sur
cette première chirurgicale, avant de revenir finalement sur sa décision et de l’autoriser du bout
des lèvres …
Enfin, dernier problème, et non des moindres, la question récurrente de la pénurie d’organes et
de tissus à greffer dans la plupart des pays industrialisés amène aujourd’hui certains penseurs à
soutenir des positions pour le moins audacieuses, à l’image du prix Nobel d’économie Gary
Becker (voir Sciences Humaines de Janvier 2009) qui en appelle purement et simplement… à la
création d’un « marché » de reins ( !), ce qui présenterait selon lui le double mérite de réguler
l’offre et la demande tout en mettant par ailleurs un terme au trafic qui a cours dans certains
pays (Turquie, Inde…) à destination, le plus souvent, d’une clientèle européenne ou américaine

a
aisée – solution qui ne va pas sans soulever, toutefois, un certain nombre de questions d’ordre

ép
éthique, comme on l’imagine aisément, puisqu’un tel « commerce » semble attentatoire à la
dignité de la personne humaine.

Pr
Reste que l’opposition à un marché des organes ne tient pas seulement à l’immoralité de telles
La
transactions. Etudiant le système américain de collecte du sang, dans lequel les donneurs
peuvent être rémunérés, le philosophe Richard Titmuss avait déjà montré dans les années 70
(The gift relationship : From human blood to social policy, Londres, Methuen, 1971) les limites
&

de cette logique libérale : il montrait en particulier que la commercialisation des produits


n

sanguins telle qu’elle est pratiquée aux USA, en soumettant la médecine aux lois du marché,
ie

faisait subir des coûts importants à ceux qui ont le plus de mal à les supporter (les pauvres, les
malades, les handicapés), et débouchait sur le fait que de plus en plus de sang était fourni aux
al

riches et aux nantis par les pauvres, les chômeurs et les défavorisés… Dans son ouvrage,
G

Titmuss montrait également que la commercialisation des produits sanguins réprime


l’expression de l’altruisme (moins de dons spontanés), émousse le sens de la communauté,
rs

augmente le danger de voir se développer des comportements « immoraux » et est cause


d’accroissement des risques sanitaires : en effet, si l’on peut penser qu’un donneur volontaire
u

aura plus de scrupules à donner son sang en se sachant atteint de telle ou telle pathologie, un
Co

donneur-vendeur, poussé par la pauvreté, aura plus tendance à cacher la vérité…

CONCLUSION

Pratique porteuse d’espoir, la greffe d’organes se heurte incontestablement aujourd’hui à la


difficulté du don : la demande de greffons est en effet forte et le don faible. Ainsi, en France, en
2012, 5 023 greffes ont été réalisées, 17 627 personnes ont eu besoin d’une greffe.
Aujourd’hui, le déséquilibre existant entre les besoins ou la demande en organes et le nombre
d’organes disponibles pour être greffés est devenu quasi structurel. Dans tous les cas de mort
accidentelle, deux logiques se font face : celle des proches, accablés par la douleur, assaillis
par un sentiment d’injustice, de culpabilité parfois, souvent de refus face à la demande de
prélèvement. Et celle des médecins, pensant aux patients en attente d’une greffe…
Si chacun perçoit bien la nécessité d’un tel geste, il n’en demeure pas moins qu’il suscite
encore beaucoup de réticences, pour des raisons extrêmement diverses, qui tiennent d’ailleurs
parfois du fantasme pur et simple : absence de confiance dans la définition de la mort clinique

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ou dans l’éthique de la pratique médicale, nécessité pour certains d’être inhumés dans
l’intégrité de leur corps, crainte du « préjudice esthétique » voire de la mutilation du corps, etc.

Les gestes du don et du prélèvement d’organes appartiennent à une culture nouvelle, très
marquée par la médecine. Une perte de sens pour l’entourage du défunt ne peut être évitée que
s’il adhère aux valeurs qui sont associées aux transferts de tissus et d’organes d’un être à l’autre
– valeurs qui sont d’ailleurs celles sous-jacentes au don du sang – et qui sont avant tout liées à
un sentiment de solidarité sociale, avec l’appel au sens civique et à l’altruisme.

Comme le rappelle fort justement le philosophe François Dagognet (Le Corps multiple et un,
Paris, Synthélabo, 1992), la logique du don d’organes et du don de sang repose in fine sur une
« vision citoyenne » ou « solidariste » du corps humain : si le corps a en effet des droits, ces
droits ne vont pas sans un certain nombre d’obligations ; ainsi, s’il y a par exemple un « droit à
la transplantation » ou un « droit à la transfusion », ce droit ne peut être logiquement satisfait
que si chacun de nous considère réciproquement le don d’organes et le don de sang comme un
devoir... A une époque où, pour des raisons multiples, les valeurs citoyennes sont de plus en
plus affaiblies, une telle remarque est plus que jamais à méditer…

a
______________________________________________________________________________

ép
Pour en savoir plus

Pr
La
+ Sur la loi Cavaillet et le statut juridique du corps humain : Xavier Labbée, La condition
juridique du corps humain avant la naissance et après la mort, Presses Universitaires de Lille,
1990.
&
n

+ Sur les résistances au don d’organes : P. Oliviero, « Don d’organes, don du corps et
ie

représentation de la mort », Psychologie médicale, 1994, vol. 26, numéro spécial 3, pp. 269-
276. On trouvera également de remarquables analyses dans l’ouvrage de l’anthropologue
al

David le Breton, La chair à vif, Paris, Métailié, 1993.


G

+ Sur les difficultés psychologiques rencontrées par les sujets greffés : voir l’article classique de
rs

J.-C. Crombez et P. Lefebvre, « La fantasmatique des greffés rénaux », Revue Française de


Psychanalyse, 1-2, (1973), pp. 95-108. Cf. également D. le Breton, La chair à vif. On trouvera
u

un témoignage bouleversant dans le récit-méditation du philosophe Jean-Luc Nancy, greffé


Co

cardiaque : cf. Nancy, L’intrus, Paris, Editions Galilée, 2000.

+ Sur la greffe de visage : David Le Breton, « Greffe du visage, greffe de sens », Libération du
6/12/2005.

+ Sur la philosophie du corps : François Dagognet, Le Corps multiple et un, Paris, Synthélabo,
1992.

Voir également le roman d’anticipation quasi-prophétique de Maurice Renard, Les mains


d’Orlac, 1920 (rééd. Les moutons électriques éditeur, Lyon, 2008).

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L’ENFANT
L'ENFANCE EN DANGER ET LA MALTRAITANCE

1. Les besoins de l'enfant

- Des besoins physiologiques : besoins nutritionnels, temps de sommeil très important,


horaires/rythme réguliers, temps pour activités récréatives et/ou sportives...
- Des besoins éducatifs : importance du jeu --> découverte du monde, de ses propres
capacités, développement de l'imagination, de la créativité, du langage, socialisation... besoin
de repères et de valeurs
- Des besoins affectifs et constructifs : sécurité, affection, repères éducatifs par l'imposition de
limites, l'apprentissage des règles sociales et des valeurs mais aussi par la valorisation, le
respect de sa personnalité, + responsabilisation à mesure qu'il grandit.

2. Les droits de l'enfant

a
ép
- La Convention internationale des droits de l'enfant (CIDE) rédigée par l'ONU et ratifiée par la
France en 1989. Parmi les 195 Etats indépendants reconnus par l'ONU, seuls les Etats-Unis

Pr
(peine de prison à perpétuité et peine de mort sur mineurs) et la Somalie (guerre civile,
nouveau gouvernement non reconnu par l'ONU) ne l'ont pas ratifiée.
La
La CIDE reconnaît un ensemble de droits spécifiques à l'enfant (jusqu'à 18 ans). Il s'agit de
principes et non de lois, que les pays signataires s'engagent à respecter (peuvent poser certaines
modifications).
&

- Cinq domaines en matière de droits (interdépendants)


n

1&2. Les droits civils et politiques : avoir un nom, une nationalité, une famille / la liberté
ie

d'expression et d'association / la protection contre la torture et les mauvais traitements / un


al

système judiciaire qui favorise les enfants.


3. Les droits économiques : la Sécurité sociale, un niveau de vie suffisant pour garantir les
G

besoins, la protection contre l'exploitation au travail.


4. Les droits sociaux : le degré le plus élevé possible de santé et d'accès aux soins / des
rs

soins particuliers pour les enfants handicapés / la protection contre l'exploitation sexuelle et
u

l'enlèvement / la réglementation de l'adoption.


Co

5. Les droits culturels : l'éducation et les loisirs / la participation à des activités artistiques
et culturelles / l'apprentissage de la tolérance.

* Journée internationale des droits de l'enfant le 20 novembre. C'est l'occasion de dresser le


bilan de la situation des enfants dans le monde. En 2009 on compte jusqu'à un milliard
d'enfants dont les droits ne sont pas respectés. 1

1 Actualités : « En moyenne, chaque jour, plus de 24 000 enfants de moins de 5 ans meurent de causes qui sont pourtant en
grande partie évitables", souligne le rapport de l'Unicef. "Plus de 140 millions d'enfants de moins de 5 ans souffrent d'insuffisance
pondérale pour leur âge, et environ 100 millions d'enfants en âge d'aller à l'école primaire ne sont pas scolarisés" (contre 115
millions en 2002). {...}
D'autres chiffres traduisent l'ampleur des efforts qu'il reste à mener : 1,2 million d'enfants sont chaque année victimes de la
traite, 150 millions vivent dans la rue, 500 millions à 1,5 milliard subissent des violences familiales ou étatiques. Au total, un
milliard d'enfants restent privés d'au moins un de leurs droits élémentaires. Les plus mal lotis vivent en Afrique subsaharienne et en
Asie du Sud : les seules régions dans lesquelles le taux de mortalité des moins de 5 ans reste supérieur à 50 pour 1 000 (76 pour
l'Asie du Sud, 144 pour l'Afrique subsaharienne), où le mariage des enfants affiche des taux record (respectivement 46 % et 39 %),
où deux enfants sur trois ne sont pas enregistrés à la naissance. Et où la récession économique actuelle, aggravée par une hausse
historique des prix alimentaires, fait craindre plus que partout ailleurs une aggravation de la misère et de la dénutrition. » Article
paru dans Le Monde, le 20/11/09, par C. Vincent

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- Des droits bafoués


Les pays du Sud sont régulièrement cités pour atteintes aux droits fondamentaux de l'enfant,
mais la France (« pays des droits de l'Homme ») comme d'autres pays riches ne montrent pas
toujours l'exemple.
. Niveau de vie : les enfants sont victimes directes de la précarité économique et sociale. En
France, 1 enfant sur 5 vit sous le seuil de pauvreté, dont 30 000 vivent dans la rue.
980 000 enfants vivent dans des familles percevant
les minima sociaux. Dans les pays pauvres, 12 millions meurent de sous-alimentation et de
mortalité prématurée (par an).
. Exploitation : plus de 250 millions d'enfants de 5 à 14 ans travaillent dans le monde (y
compris dans les pays riches : agriculture, cinéma, commerce...). Environ 2 millions sont
exploités dans des réseaux de prostitutions (dont plus de 50 % en Asie, 30 % en Amérique
latine, 10 % en Europe).
. Education : L'illettrisme (*apprentissage lecture, écriture et calcul mais bases non acquises)
et l'analphabétisme (*non apprentissage) concernent 130 millions d'enfants dans le monde.
En France : 100 000 adolescents sortent de l’école sans diplôme, ni formation.
Le label Grande Cause nationale pour 2013 a été attribué au collectif "Agir ensemble contre
l’illettrisme". Par cette distinction, le Premier ministre a souhaité "souligner et encourager la
démarche de rassemblement des principales associations et organisations qui luttent contre

a
l’illettrisme".

ép
. Famille : le droit à une identité n'est pas garanti pour les enfants nés sous X ou dans le cas
des procréations médicalement assistées avec un don de sperme ou d'ovule. 150 000 enfants

Pr
sont séparés de leur famille, majoritairement dans les milieux défavorisés, 7 000 mineurs
étrangers vivent isolés sans aucun soutien. Et combien d'enfants non-adoptés (ou pas
La
« adoptables », ayant peu de chance d'être adoptés, trop âgés...) grandissent sans famille ?
&

3. L'enfance en danger
n

- Définitions / Terminologie, la notion d'enfance en danger recouvre différentes situations :


ie

. Les enfants maltraités : victimes de violences physiques et/ou psychologiques (cruautés


al

mentales, abus sexuels ou négligences lourdes ayant des conséquences graves sur le
développement de l'enfant. En France, environ 19 000 enfants ont été maltraités (6 300
G

violences physiques, 4 300 violences sexuelles, 5 000 négligences et 3 400 violences psycho)
rs

en 2006.(source ODAS)
. Les enfants en risque (de maltraitance) : condition d'existence risquant de mettre en danger,
u

compromettre la santé, la sécurité, la moralité, l'éducation, l'entretien... de l'enfant (parents


Co

SDF, délinquants, gravement malades, dépendants...). Environ 79 000 enfants en 2006.


. Les enfants en danger : ensemble des enfants maltraités et des enfants en risque : > 95 000

NB : Chiffres Odas (sous-estimation car pas de prise en compte des signalements2) : en 2005,
mise en place de l'Observatoire national de l'enfance en danger qui estime en fait à environ
235 000 enfants en danger + 15 000 jeunes majeurs (- 21 ans).

- Repères :
. 9 fois sur 10 les auteurs de maltraitance sont des membres de la famille ou de l'entourage
proche.
. Les carences éducatives (manque de repères...) sont le premier facteur de risque.
. Tous les milieux sociaux sont concernés.
. Maltraitance en augmentation mais elle existe de tous temps. Les enfants en risque de
maltraitance sont en augmentation, c’est plus significatif --> augmentation de l'isolement social

2 * Signalement : Le Code pénal fait obligation à quiconque ayant connaissance de sévices ou de privation infligés à une
personne n'étant pas en mesure de se protéger (personne âgée, handicapée...) ou à un mineur, d'en informer les autorités
judiciaires. Son non-respect constitue un délit.

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et de la précarité, c’est inquiétant face à la précarisation de la société (2001 : 67 500 enfants en


risque contre 79 000 en 2006).
. Conflits de couple (violence psychologique) 35 % des signalements, carence éducative 63 %
des cas.

- Les facteurs de risques :


Maltraitances physiques, matérielles ou économiques plus facilement identifiables, au contraire
des maltraitances psychologiques (dévalorisation, humiliation, insultes, rejet, ignorance, etc.)
qui sont moins visibles, plus difficiles à repérer et à identifier.
. Cellule familiale fragilisée : mésentente, divorce, abandon conjoint, décès, fragilité
psychologique des parents (dépression, alcoolisme, parents maltraités dans leur enfance,
pathologie mentale...), pauvreté... créent les conditions de survenue de la maltraitance.
. Conditions socio-économiques difficiles : chômage, revenus insuffisants, habitat insalubre ...
. Exigences éducatives et scolaires exagérées
. Enfants au comportement difficile, handicapé (demandant une prise en charge trop lourde
pour les parents), non désiré, né d'une autre union...

Conséquences :
Développements de l'enfant menacé.

a
. Développement physique : des séquelles peuvent être graves, retard de croissance

ép
(négligences lourdes, privation de nourriture, de l'hygiène et des soins de base), l'enfant peut
rester handicapé.

Pr
. Développement psychologique : l'enfant se replie sur lui-même, dépression, angoisse, perte
de confiance en lui et envers les adultes, troubles psychiatriques, suicide...
La
. Développement intellectuel : retards, difficultés scolaires
. Développement social : problèmes d'insertion sociale et professionnelle, violence contre lui-
même (déscolarisation, comportements à risque, toxicomanies...) ou contre les autres
&

(agressivité, délinquance) --> à la charge de la collectivité, conséquences sur la société dans


n

son ensemble.
ie
al

LE DISPOSITIF DE PROTECTION DE L'ENFANCE


G

La protection de l'enfant est d'abord assurée par la famille. En cas de difficultés, celle-ci peut
rs

être aidée, assistée, voire remplacée.


u

administrative (ASE)
Co

1. La protection de l'enfance
judiciaire (PJJ)

- La protection administrative : L'Aide Sociale à l'Enfance (ASE)


Service départemental, sous l'autorité du Président du Conseil Général (service décentralisé).
Protection des futures-mères et des enfants.
. Personnel de l'ASE : Educateurs spécialisés et éducateurs de jeunes enfants (EJE), assistants
sociaux, assistantes maternelles, travailleurs familiaux.
. Missions :
Protection des femmes enceintes et des mères isolées avec un enfant de moins de 3 ans :
accueil gratuit dans les centres maternels (hébergement, garde, aide psychologique, aide à
l'insertion sociale...).
Aide aux familles en difficultés : versement d'une allocation mensuelle (pour entretien et
éducation) aux familles modestes ou pauvres. et intervention d'une technicienne des
interventions sociales et familiales pour remplacer la mère absente ou malade.
Protection des mineurs et des jeunes majeurs en danger : actions éducatives, voire mesures
de placement.

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Agrément des familles adoptantes

. Action de l'ASE essentiellement préventive : n° vert 119 (24/24) / organisation des


signalements des enfants en danger / accompagnement des parents / prise en charge médico-
sociale.
- La protection judiciaire de la jeunesse (PJJ)
. Protection des mineurs en danger et traitement social de la délinquance.
. Placée sous la tutelle du Ministère de la Justice.
. Complète l'ASE (le juge est saisi lorsque l'enfant se trouve dans une situation de danger ou
lorsque les parentes refusent toute collaboration avec les services de l'ASE).
. L'ASE met en oeuvre les décisions d'assistance éducative ordonnées par le juge des enfants.
. Organisation :
Le juge pour enfants : instruction dossiers et jugement seul ou au tribunal pour enfants
Le tribunal pour enfants : compétent pour les délits (ou les crimes) commis par un mineur de
moins de 16 ans (âge de la responsabilité pénale). Acquittement, mesure éducative ou
sanction pénale. Débat à huis clos, le mineur n'est pas obligé de comparaître.
La Cour d'assise des mineurs : Jury de 9 personnes, compétence pour les crimes les plus
graves des moins de 16 ans.
Les services rattachés à la PJJ : Educateurs, psychologues, assistants sociaux (appliquent les

a
actions éducatives en milieu ouvert (AEMO, « liberté surveillée ») ; services sociaux ; service

ép
de placement familial, établissements spécialisés (foyers, centres éducatifs renforcés
(CER)...).

Pr
La
2. La protection médicale et médico-sociale de l'enfant

- La Protection maternelle et infantile


&

. Créée en 1945. Ensemble des mesures techniques et financières de prévention médicale,


psychologique, sociale pour la santé de la future mère et de l'enfant de moins de 6 ans.
n

. Sous la responsabilité du Conseil Général (service décentralisé).


ie
al

- Le service de promotion de la santé en faveur des élèves (santé scolaire)


. Santé scolaire créée en 1945. Dépend du Conseil général.
G

. Missions : Promouvoir la santé physique et mentale des jeunes et contribuer à assurer la


réussite scolaire.
rs

. Organisation : délimitation par secteurs dans chaque département (normalement 5000 élèves,
u

autour de 15 000 en réalité).


Co

. Equipe de santé scolaire : un médecin scolaire, un infirmier, une secrétaire médico-sociale, un


assistant social.
La loi sur l'école de 2005 souligne le rôle de l'assistant social scolaire ainsi que celui de
l'infirmier scolaire dans la prévention de l'absentéisme et de la déscolarisation.

- Les établissements et les services de soins pour la maternité et l'enfance


. Services de maternité
. Services de néonatalogie et de réanimation néonatale pour les nouveaux-nés nécessitant des
soins spéciaux (surtout les prématurés)
. Services de pédiatrie
. Les centres d'assistance médicale assistée.

- La psychiatrie infanto-juvénile
. Services de pédopsychiatrie dans les hôpitaux
. Hôpitaux psychiatriques de jour
. Centres médicaux psychopédagogiques (CMPP) (organisés par secteurs d'environ 200.000
habitants).

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Article francesoir.fr du 24/01/2012

Harcèlement scolaire : Trois vidéos pour lever un tabou


Un enfant sur dix est victime de harcèlement à l'école. Moqueries, violences, rumeurs... La
campagne de sensibilisation sur Internet du ministère de l'Education nationale passe en revue
de nombreuses formes d'atteinte à la dignité en établissements scolaires. Dans des spots vidéos,
diffusés à partir du 24 janvier, des scènes très réalistes présentent plusieurs situations de
harcèlement ainsi que plusieurs rôles : la victime, les moqueurs ou les violents, ainsi que
l'élève consterné et impuissant face à ce qui se joue devant lui. La campagne « Agir contre le
harcèlement à l'école » veut « responsabiliser » les élèves, les parents et le personnel de
l'Education nationale pour combattre le harcèlement scolaire responsable à long terme de
manque de confiance en soi voire de troubles psychologiques ou encore, à court terme, de
tentatives de suicides, comme l'expliquent des experts de la pédopsychiatrie sur le site lancé
pour l'occasion, Agircontreleharcelementalecole.gouv.fr. De la prof qui punit la victime sans le

a
savoir, à la rumeur de « fille facile » lancée contre une adolescente, la campagne virale, mais

ép
aussi télé, monte encore ce qu'est le « cyberharcèlement » via les réseaux sociaux. Le leitmotiv

Pr
: « Avant qu'il n'en garde des traces à vie, agissons ».
La
&
n
ie
al
G
u rs
Co

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LES PERSONNES AGEES

Vieillir c'est-à-dire prendre de l’âge, approcher de la vieillesse et de la mort, est un phénomène


naturel, qui débute dès la naissance. Le vieillissement pourrait en fait s’appliquer à chaque âge
de la vie.
L’affaiblissement global des fonctions physiologiques et des facultés mentales, les modifications
atrophiques (une diminution de volume) des tissus et des organes caractérisent la sénescence
des individus, qui engendrent un graduel déclin dans leurs possibilités d’adaptation à
l’environnement.
Le vieillissement est très relatif : il est fonction des caractéristiques génétiques individuelles et
des différences de conditions de vie tout au long de l’existence.

CARACTERISTIQUES
- La longévité, ou durée de la vie, est fixée pour tous les individus d’une même espèce.

a
- La gérontologie est la science du vieillissement : causes et modalités, modifications que l’âge

ép
imprime sur les plans biologique, physiologique, psychologique et social.

Pr
- La gériatrie est l’étude médicale de la vieillesse.
La
- L’âge, temps écoulé depuis qu’un homme est en vie, est communément découpé en périodes
allant de tel à tel âge. Par convention, on distingue : la petite enfance, l’enfance, la jeunesse, le
&

troisième âge et plus récemment le quatrième âge. Le troisième âge commençant à 60 ans
selon l’OMS et le quatrième âge au-delà de 75 ans.
n

- La dépendance, physique ou psychique, est le fait pour une personne de se retrouver dans la
ie

situation de ne plus pouvoir accomplir seul, sous l’effet de l’âge ou d’un handicap les actes
al

simples de la vie quotidienne : se vêtir, se déplacer, s’alimenter, préparer ses repas, entretenir
G

son intérieur, s’orienter dans le temps ou dans l’espace…


rs

LES CHIFFRES
u
Co

La population française poursuit son vieillissement.


- En 2012, l’espérance de vie est de 84,9 ans pour les femmes et de 78,5 ans pour les hommes.
- La répartition par sexe et par âge :
. moins de 20 ans : 24,4% de la population française
. de 20 à 64 ans : 57,9%
. plus de 65 ans : 17,7%
- Au 1er janvier 2011, l’âge moyen des hommes en France atteint 38,9 ans et celui des femmes
41,9 ans. Tous sexes confondus, l’âge moyen en France dépasse 40 ans alors qu’il était tout
juste inférieur à 37 ans il y a 20 ans.
- Où vivent les personnes âgées ?
. Parmi les 75-79 ans, 95,3% vivent à domicile et 3,6% dans un établissement pour
personnes âgées.
. Parmi les 80-84 ans, 90,2% vivent à domicile et 8,1 dans un établissement pour personnes
âgées.
. Parmi les 85–90 ans, 80,4% vivent à domicile et 16,7% dans un établissement pour
personnes âgées.

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. Parmi les 90 ans et plus, 64% vivent à domicile et 30,7% dans un établissement pour
personnes âgées.
La moyenne d’âge d’entrée en « maisons de retraite » est de 85 ans. Jusqu’à cet âge, 9
personnes sur 10 vivent à domicile.

L’ANALYSE
1. Problèmes posés

* Préoccupations générales
Le vieillissement social est ainsi le produit de changements cumulatifs, normalement
irréversibles et parfois brutaux : déclin des capacités fonctionnelles et professionnelles, départ
et mariage des enfants, naissance des petits enfants, veuvage, disparition des proches de la
même génération, départ en retraite, solitude…

Dans notre société de salariés, la prise de retraite est particulièrement chargée de sens. Elle
provoque de nouveaux événements, parfois positifs comme le choix d’une résidence plus
agréable, l’accès au repos et aux loisirs, parfois négatifs comme la chute des revenus ou la

a
perte du logement et la réduction de l’autonomie qui en résulte. Elle range aussi le retraité,

ép
qu’il le veuille ou non dans une catégorie sociale, celle des inactifs qui sont entrés dans le
dernier temps de leur vie.

* Les personnes âgées de demain


Pr
La
Le vrai problème en ce début du XXIème siècle consiste à trouver les moyens d’assurer demain
une retraite décente aux aînés sans faire payer aux seuls actifs les effets néfastes du
&

vieillissement de la population.
n

2. Les causes
ie

- Les progrès spectaculaires de la médecine, des conditions et de l’hygiène de vie ont freiné le
al

vieillissement des individus, augmenté l’espérance de vie et par conséquent l’effectif des
G

personnes âgées et très âgées.


- Les altérations du temps présentent une baisse des performances physiologiques et
rs

psychologiques, des modifications mentales et parfois des troubles psychiatriques propres aux
personnes âgées.
u

- Sur le plan social, l’âge provoque des changements dans les relations de l’homme à son
Co

milieu et s’accompagne des incidences économiques du passage à la retraite.

3. Les réponses apportées

* Le logement
- Les maisons de retraites : elles dépendent du secteur public ou privé, elles accueillent des
personnes valides ou semi valides.
- Les maisons de retraite avec « section de cure médicale » : elles permettent d’effectuer des
soins sur place pour les personnes âgées dépendantes ou les personnes nécessitant un
traitement d’entretien et une surveillance médicale.
- Les foyers logements sont des appartements autonomes disposant de services collectifs
facultatifs.
- Les « résidences–services » sont des appartements individuels (plusieurs pièces)
accompagnées d’un service de surveillance médicale et de services collectifs.
- Les villages retraites sont des pavillons individuels implantés en zone rurale.
- Les centres et unités de longs séjours pour les personnes âgées qui ont besoin de soins
médicaux importants et constants.

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* L’aide sociale
Pour bénéficier de la prise ne charge par l’aide sociale, il faut remplir les conditions suivantes :
. Age : avoir 65 ans ou plus (ou 60 ans en cas d’inaptitude au travail)
. Ressources : il n’y a pas de plafond de ressources. Toutefois, il faut être dépourvu de
ressources suffisantes pour assurer le coût d’un hébergement en maison de retraite
. Le montant de l’aide apportée par la collectivité est variable et dépend de la participation
du bénéficiaire sachant que 90% de ses revenus sont affectés au paiement de ses frais
d’hébergement.

* Les services de soins à domicile


Financés par les caisses de retraite et les conseils généraux les services d’aide ménagère et
d’auxiliaire de vie s’adressent aux personnes âgées qui ont également la possibilité de faire
appel à des organismes d’aide a domicile par des associations.
Depuis 1987, ce type de services se développe grâce à des mesures d’exonération des
cotisations sociales pour les personnes de plus de 70 ans.

* Le revenu minimum vieillesse (Aspa depuis 2006)


L’état garantit aux personnes âgées de plus de 65 ans (dans certains cas 60 ans) un revenu

a
minimum : le minimum vieillesse.

ép
Pour une personne seule, depuis le 1er avril 2013, son montant est fixé à 9 447,21 euros par an
pour une personne seule et à 14 667,32 euros pour un couple.

* La prise en charge de la dépendance


Pr
La
- L’allocation personnalisée d’autonomie (APA) varie de 559,22 euros à 1 304,84 euros par
mois selon le degré de dépendance et les ressources de la personne âgée.
- Plus la perte d’autonomie est importante, plus le montant de l’aide est élevé.
&

- L’APA est une prestation sous forme d’une rémunération versée directement aux services de
n

soins et d’aide à domicile.


ie

* Le reste à charge
al
G

- Les coûts mensuels moyens à la charge des familles concernées par la dépendance d'une
personne âgée sont supérieurs à 1.000 euros pour une prise en charge à domicile et à 2.000
rs

euros pour une prise en charge en établissement.


u

- Le reste à charge total peut même atteindre des sommes supérieures à 150.000 euros en cas
Co

de perte d'autonomie prolongée.

- Les personnes dépendantes et leurs familles ont sorti 10 milliards d'euros de leur poche en
2010 pour payer leur prise en charge tandis que les pouvoirs publics ont déboursé environ 24
milliards.

4. Maladie d’Alzheimer

En France, cette maladie touche 5% des sujets de plus de 65 ans, jusqu’à 25% des plus
de 85 ans et représentant 75% des démences survenant après 65 ans. L'affection
touche plus de femmes que d'hommes : au-delà de 75 ans, elle atteint environ 13 %
des hommes et 20,5 % des femmes. Elle affecterait 15 % de la population, après
80 ans.

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Les formes précoces ne sont pas rares puisqu'elles concernent 32 000 cas avant 60 ans
et 1 000 cas avant 50 ans.
Elle frappe 860 000 personnes (225 000 nouveaux cas/an) et ce nombre devrait doubler d’ici
2050.
- Cette maladie se traduit, le plus souvent, chez une personne de plus de 65 ans par
l’apparition et l’aggravation progressive des troubles de la mémoire, de difficultés pour
identifier les objets ou les personnes ou pour trouver le mot exact et de troubles affectifs.
- La perte d’autonomie est progressive et inéluctable, mais peut être retardée par une prise
précoce d’un traitement médical adapté et surtout grâce à des efforts pour soutenir et stimuler
l’activité de la personne.
- La prise en charge matérielle de cette maladie n’est que très ponctuelle et la plus large partie
reste à la charge de la famille.
- La journée mondiale de la maladie d’Alzheimer a lieu le 21 septembre.

5. Les soins palliatifs

- L’accompagnement des malades en fin de vie est essentiel pour leur permettre de conserver
jusqu’au bout leur dignité, leur personnalité. Les personnes âgées sont particulièrement

a
concernées.

ép
- L’objectif des soins palliatifs est de soulager les douleurs physiques et autres symptômes mais
aussi de prendre en compte la souffrance psychologique sociale et spirituelle.

Pr
- Ils s’adressent au malade en tant que personne, à sa famille et à ses proches, à domicile ou en
institution.
La
PLAN DE SOLIDARITE GRAND AGE 2007 – 2012
&
n

Il se décline en un éventail de mesures :


ie

. Assurer aux personnes âgées dépendantes le libre choix de rester à domicile.


al

. En développant l’offre de services et de soins : services d’aide et d’accompagnement à


G

domicile, accueil de jour, gardes itinérantes de nuit.


. En soutenant davantage les aidant familiaux avec la création d’un congé de soutien familial.
rs

. En assurant une continuité entre domicile et maison de retraite.


. En augmentant le nombre de personnels soignants pour disposer au terme du plan d’un
u

professionnel par résident dans les établissements accueillant les personnes âgées les plus
Co

dépendantes.
. En améliorant la qualité de vie, insuffler une nouvelle dynamique à la recherche et à la
prévention.
. En généralisant dès 2007 une consultation gratuite de prévention pour toutes les personnes
âgées de plus de 70 ans.
. En lançant un grand programme de recherche sur les maladies du grand âge, la maladie
d’Alzheimer, la maladie de Parkinson et les pathologies apparentées.
. En maîtrisant les prix et en diminuant le reste à charge des résidents et des familles. Adapter
l’hôpital aux personnes âgées.
. En développant et en labellisant les filières gériatriques.
. En garantissant un haut niveau de protection sociale face à la dépendance et le pouvoir
d’achat de l’allocation personnalisée d’autonomie en terme de services et d’aides.

PLAN ALZHEIMER 2008-2012

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STAGE IFSI

Le Plan Alzheimer 2008-2012 se décline en 44 solutions concrètes, étalées sur 5 ans, et


financées à hauteur de 1.6 milliards d’euros, dont 1.2 milliards pour le volet médico-social.

Le Plan Alzheimer a trois priorités :

- la recherche : 200 millions d’euros sur 5 ans pour mettre la France à la pointe de la recherche
et trouver ou valider un diagnostic ou un traitement.

- dans le domaine de la santé et de la solidarité (200 millions d’euros pour le soin et 1,2
milliard pour le médico-social) : en attendant de trouver, le plan vise à améliorer la qualité de
vie de la personne malade et de ses proches
- au moment du choc de la découverte de la maladie en favorisant le diagnostic
précoce et accompagné ;
- tout au long de la maladie en renforçant et rendant plus cohérente l’offre de
soins et d’accompagnement autour de la personne malade.

- changer le regard sur la maladie en en faisant un enjeu sociétal pour tous.

Un nouveau plan sur Alzheimer et les autres maladies neuro-dégénératives sera présenté en

a
2014 et portera en particulier sur l'accompagnement des aidants, l'entourage qui aide les

ép
malades, a indiqué la ministre de la Santé.

Pr
La
&

Article lefigaro.fr 13/09/2013


n
ie

Les personnes âgées prennent trop de médicaments


al

Plus de 90% des personnes âgées de plus 80 ans consomment en moyenne dix comprimés de
G

médicaments par jour. Des ordonnances bien trop longues qui augmentent les risques
d'accidents médicamenteux et d'effets indésirables évitables, dénoncent des spécialistes
rs

français en gériatrie. (…)


u
Co

Une tendance lourde

Une situation dangereuse, met en garde dans le quotidien le Pr Olivier Saint Jean, chef de
service en gériatrie à l'hôpital Pompidou à Paris, qui a coordonné ces travaux. «Au-delà de
trois ou quatre molécules prises ensemble, on ne sait plus trop leur métabolisme, c'est-à-dire
leur façon de réagir, explique-t-il. Et, surtout, à partir de cinq médicaments, le risque d'accident
médicamenteux augmente considérablement.» Il concernerait 80% des patients de plus de 80
ans. (…)

Des habitudes difficiles à combattre

(…) La multiplicité des spécialistes consultés par les seniors ne facilite pas la tâche du médecin
généraliste, censé «faire le tri». «Il faut savoir stratifier les risques et être capable de dire à un
patient qu'on lui supprime, temporairement ou définitivement, un traitement car il est pris en
préventif et non pas pour soigner une pathologie installée. C'est le cas des antihypertenseurs,

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par exemple: l'hypertension est un facteur de risque, pas une maladie. On peut suspendre le
traitement 15 jours.» (…)
Tout en reconnaissant la nécessité de passer régulièrement en revue les ordonnances des
patients âgés, le Pr Olivier Hanon, président de la Société française de gériatrie, se veut moins
alarmiste. Il rappelle que la France a «l'espérance de vie la plus longue». «C'est peut-être
attribuable en partie au fait que nous avons facilement accès aux médicaments, grâce à notre
système médical», avance-t-il.

a
ép
Pr
La
&
n
ie
al
G
u rs
Co

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EXCLUSION SOCIALE ET PAUVRETE


DEFINITIONS

A. La notion d’exclusion
 
. Terme largement utilisé depuis ces dix dernières années pour évoquer des situations de
précarité et de pauvreté économique. Il concerne une même population placée hors de la
sphère économique.  
. Définition des instances européennes : l’exclusion concerne « les individus ou groupes
d’individus interdits d’accès au champ d’application des droits de l’Homme et des droits
sociaux. » C’est une exclusion subie : une mise à l’écart d’une frange de la population.
L’exclusion peut être choisie : certains font le choix de ne pas se comporter comme la

a
majorité des individus. Ils subissent alors un défaut d’intégration.

ép
. L’exclusion est un phénomène multiforme. Il existe différentes formes d’exclusions :
professionnelle, économique, de la protection sociale, de la communauté (perte du rôle

Pr
social et des relations sociales), familiale, culturelle, géographique (la banlieue où sont
rejetés par les villes les pauvres qui n’ont pas les moyens de se loger en leur centre),
La
ethnique (elle est rencontrée par les étrangers à cause de leur refus ou de leurs difficultés
d’intégration, voire à cause du racisme d’autres immigrés ou de la population).
&

B. La notion de pauvreté
n
ie

La pauvreté est un phénomène multiforme.


al

* Le quart-monde (par analogie avec le tiers-monde) : concerne une population subissant


G

un état de pauvreté absolue qui ne dispose pas du minimum vital (les ressources
nécessaires) pour assurer ses besoins vitaux, qui sont l’alimentation, l’hygiène et le
rs

logement. Cet état se transmet de génération en génération, car ces personnes accumulent
les handicaps sociaux : grande précarité économique, sociale et culturelle entraînant une
u

incapacité à accéder à des conditions de logement, de ressources et de soins correctes.


Co

C’est une réalité matérielle et immatérielle à la fois qui peut prendre la forme
d’humiliations, de la dépendance aux services sociaux, de l’absence de considération…

* La nouvelle pauvreté : c’est celle qui survient soudainement (par exemple la naissance
d’un nouvel enfant pour une femme seule, la survenue d’un accident de santé, du
chômage, un divorce). On voit apparaître en France « les nouveaux pauvres » qui sont
souvent des français « moyens » qui pour l’une des raisons précédentes basculent dans une
situation de précarité qui se dégrade très rapidement. L’apparition de cette nouvelle
pauvreté caractérise la France actuelle, cette pauvreté soudaine est d’autant plus mal
ressentie que notre société a développé des normes d’existence et de comportement de
consommation dont l’exclusion est ressentie douloureusement.

* La pauvreté « laborieuse » : concerne les personnes qui occupent un emploi précaire et


à temps partiel peu qualifié d’un salaire modeste.

DONNEES STATISTIQUES

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. En France, un individu peut être considéré comme "pauvre" quand ses revenus mensuels
sont inférieurs à 814 ou 977 euros (données 2011) selon la définition de la pauvreté utilisée
(seuil à 50 % ou à 60 % du niveau de vie médian).
. En 2010, l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion évalue le nombre de
pauvres en France à 8,6 millions. 4,7% des plus de 60 ans sont pauvres et 54% des pauvres
sont des femmes.
. 2,5 millions de personnes (soit 7% des 18-65 ans) sont illettrées : personnes qui ne
maîtrisent pas suffisamment l’écrit pour faire face aux exigences minimales requises de la
vie professionnelle.

PROBLEMES POSES PAR L’EXCLUSION


A. Les causes de l’exclusion
 
1- Les raisons socio-économiques  
 
- Le chômage : Depuis la fin des « Trente Glorieuses », notre pays est entré dans une phase
de récession qui a fait beaucoup de chômeurs : déclin du secteur industriel au profit du

a
secteur tertiaire requérant des capacités d’adaptation et relationnelles (la demande

ép
d’emplois plus qualifiés a augmenté). La crise économique que nous traversons établit le

Pr
nombre de chômeurs à 10.9% et entraîne un ralentissement de la hausse des salaires. Face
à l’inflation (la hausse des prix), le pouvoir d’achat des familles diminue.  
La
 
- La mondialisation, l’ouverture à la concurrence étrangère et les critères de compétitivité
&

génèrent la multiplication des délocalisations dans les pays où la main d’œuvre est moins
chère, appuyant encore cette hausse du chômage. La concurrence génère aussi des
n

restructurations, des faillites à l’origine de nombreux licenciements et à l’augmentation du


ie

recours aux emplois précaires.  


al

 
G

- La crise actuelle du logement : d’après les chiffres de l’INSEE publiés en 2011, la France
compte 250.000 personnes sans domicile ou en hébergement précaire et 2,9 millions de
rs

mal logés.  
u

 
Co

- Le surendettement : en 2012, 220 836 ménages ont déposé un dossier de surendettement


(source Banque de France). Les causes du surendettement sont diverses : trop de crédits,
une mauvaise gestion de son argent, un poste logement trop élevé, le chômage, les
divorces-séparations-décès, ou encore la maladie.  

 
2 - L’éclatement des familles  
 
Notre société voit naître une dissociation grandissante des familles (divorces, séparations).  
Ce sont les femmes qui payent le plus lourd tribut dans les séparations car elles se
retrouvent souvent seules avec des enfants, sans emploi ou obligées d’accepter des emplois
précaires mal payés, souvent sans aide de leur famille. Elles sont en danger face aux

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difficultés financières, à l’éducation des enfants, au stress et elles sont les plus touchées par
les dépressions.
Quant aux hommes en difficulté sociale, ils se tournent souvent vers les drogues, comme
l’alcool, le tabac et le cannabis ; ce qui va accélérer leur désinsertion.

3 - Le bouleversement des valeurs et la crise des institutions.

- La disparition des mécanismes de solidarité familiale et de voisinage (poussée de


l’individualisation) accentue le phénomène d’exclusion.
- Idem avec la religion qui était autrefois facteur de cohésion sociale et qui tend à
disparaître.  
 
B. Qui sont les exclus ?  
 
- Les jeunes hommes de moins de 25 ans, célibataires, sans emploi ou ayant un emploi peu
qualifié et précaire ou étudiants.  
- Les familles monoparentales (femmes seules, avec un ou plusieurs enfants), les jeunes

a
ménages ouvriers ou employés surendettés (familles piégées par la surconsommation).  

ép
Ce sont souvent des personnes qui cumulent un certain nombre de handicaps qui

Pr
perturbent leur recherche d’emploi et rend leur réinsertion très difficile : l’absence
d’instruction, une fragilité et une dépendance aux services sociaux, la rupture du lien
social, la perte de leur identité sociale, l’absence de perspectives, une maladie physique ou
La
mentale (dépression).  
Les populations issues de l’immigration : demandeurs d’asile mal logés avec beaucoup
&

d’enfants.  
C’est un phénomène urbain, surtout du nord de la France et du pourtour méditerranéen.  
n

L’écart entre les revenus des ménages est parfois de cinq. Cela s’explique par la présence
ie

d’un patrimoine et par le montant des retraites.


al

C. Les conséquences sociales de l’exclusion


G
rs

L’exclusion se traduit tous les jours par un certain nombre de situations de mendicité, de
délinquance, la prostitution, le travail non déclaré, de la violence entre exclus (bagarres,
u

crimes…), des manifestations de révolte (vandalisme, agressivité, non respect des forces de
Co

police, de la justice et de l’Etat), des comportements de fuite (toxicomanie à l’alcool, à la


cigarette, au cannabis et suicides), des placements d’enfants (pour des raisons financières
ou à cause de la perte du logement qui risquent d’entraîner plus tard pour ces enfants des
problèmes d’insertion).  

D. Les problèmes de santé publique


 
Certaines maladies augmentent à cause de l’exclusion et de ses effets. L’anxiété engendre
des troubles du sommeil et la consommation de substances psycho-actives comme l’alcool
et les médicaments ; la mauvaise alimentation génère l’obésité plus importante chez les
personnes démunies socialement ; il existe un mauvais accès aux soins et notamment aux
soins dentaires.  

LA POLITIQUE D’ACTION SOCIALE

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A. Les acteurs
Ils sont plusieurs :
- L’Etat : Il définit et applique la politique sociale décidée par le ministère qui est chargé de
l’intégration et de la lutte contre les exclusions.  
- Les collectivités locales : interviennent grâce aux services départementaux (DDASS) de
l’action sociale et les centres communaux d’action sociale (CCAS)  
- Les Caisses d’Allocations Familiales distribuent les aides aux plus démunis.  
- Le tissu associatif qui joue un rôle très important « d’insertion économique » : elles
mettent en contact les personnes exclues du marché du travail avec des employeurs ou des
particuliers (employés de maison, jardiniers…)  
- Les organisations caritatives reconnues d’utilité publique et subventionnées par l’Etat : Le
Secours Catholique ou Populaire, Médecins du Monde, Médecins sans Frontières, ATD-
quart-monde, La banque alimentaire, Les Restos du cœur… Exemples d’actions :
distributions de boissons chaudes, soins médicaux d’urgence, écoute, informations sur les
structures existantes…  
 
B. Les aides financières  

a
ép
 
* Le RSA.  

Pr
Loi du 1er décembre 2008 (issue des travaux du Grenelle de l’insertion) prévoit la mise en
place du RSA (Revenu de Solidarité Active) qui veut lutter contre le phénomène des
La
travailleurs pauvres. Il s’est substitué au RMI et à l’allocation de parent isolé (API) au 1 er
juin 2009 en métropole.  
Depuis le 1er septembre 2010, les jeunes de moins de 25 ans ayant travaillé au moins deux
&

ans au cours des trois dernières années ont droit au RSA. En juin 2013, 2,23 millions de
foyers ont perçu le RSA (+ 7% entre juin 2012 et juin 2013) et moins de 9 000 jeunes ont
n

bénéficié du RSA jeunes actifs. (Le montant du RSA socle a été revalorisé en janvier 2014
ie

et s’élève à 499,31 euros pour une personne seule)


al

* L’aide au surendettement.
G

Dispositif : Elle a été créée par Mme Neiertz (loi du 30.12.89). La loi dit que les particuliers
rs

ne pouvant faire face à leurs dettes (crédits, impôts), du fait de la survenue d’un événement
(divorce, chômage, maladie) ou de la multiplication des crédits ou ne pouvant plus assurer
u

les dépenses de la vie quotidienne, peuvent déposer un dossier devant la commission de


Co

surendettement de leur département.


Problème : le nombre de personnes endettées augmente et la commission de
surendettement croule sous les dossiers, en cause : l’attitude des banques (crédits revolving)
et des organismes de crédits via les magasins, qui continuent de solliciter les familles
pauvres.

C. L’aide aux soins

* Les PRAPS = Programmes Régionaux d’Accès à la Prévention et aux Soins qui mettent en
place des actions ayant pour but d’améliorer les réponses en matière de santé, aux besoins
des populations en situation de précarité.
* La CMU (Couverture Maladie Universelle).
* L’aide de l’Etat aux étrangers en situation irrégulière : l’aide sociale.

D. Le Droit au logement

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* Intervention de l’Etat et des collectivités locales par des actions d’amélioration du parc
existant et la construction de logements sociaux mais aussi par un appui financier en
direction des ménages les plus modestes.
* Loi du 25 mars 2009 de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion : cette
loi crée pour chaque organisme HLM, l’obligation de fixer des objectifs concernant le
nombre de logements à construire, à mettre en vente, les loyers.
* Création de l’ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine) dont le but est de
financer des opérations portant sur des structures d’hébergement ou des logements de
transit.
* Mobilisation du parc privé vaquant non occupé : droit de préemption sur les terrains est
accordé au préfet dans les communes qui n’atteignent pas le quota de logements sociaux.
* Loi Duflot 2012 sur le logement social : prévoit un relèvement de 20 à 25 % du nombre
de logements sociaux dans les communes de plus de 3 500 habitants (1 500 en Ile-de-
France. Veut favoriser le logement social en accordant la cession de terrains publics à bas
prix, voire gratuitement, en augmentant le seuil de logements sociaux et en multipliant par
cinq les pénalités exigibles des communes récalcitrantes.

E. La lutte contre l’échec scolaire et l’illettrisme

a
Elle dépend du ministère de l’Education Nationale et du groupement permanent de lutte

ép
contre l’illettrisme. Le dispositif comporte : le classement en ZEP (zone d’éducation
prioritaire) : classes moins chargées, soutien scolaire, plus de moyens (informatique ; le

Pr
soutien scolaire par des associations ; le dépistage de l’illettrisme (journée de la défense,
bilan d’orientation dans les PJJ, action d’alphabétisation de l’armée, des associations) ; la
La
volonté du gouvernement que les enfants entrant en 6ème sachent lire, écrire et compter.
Grande cause nationale 2013 : la lutte contre l’ilettrisme.
&

F. L’urgence sociale  
n

 
ie

C’est l’aide rapide aux personnes en très grande difficulté : Le SAMU social (c’est un
dispositif mobile de traitement de l’urgence sociale mais il présente des limites), l’aide à
al

l’hébergement (accueil des sans abris 24h/24 par le 115), les CHRS ou Centres
G

d’Hébergement et de Réinsertion Sociale (centres d’urgence avec un soutien social), les


lieux d’accueil de jour, l’aide alimentaire, l’accès aux soins d’urgence.  
u rs
Co

Article lemonde.fr le 07/11/2013

La pauvreté s'aggrave, alerte le Secours catholique

La pauvreté continue de s'étendre en France et concerne de plus en plus de couples


avec enfants, souligne le Secours catholique dans son rapport annuel publié jeudi 7
novembre, qui constate aussi que les plus fragiles ont de moins en moins accès à
l'emploi.

En 2012, le Secours catholique a rencontré 1,43 million de personnes, dont près de la


moitié sont des enfants. Leur niveau de vie a baissé de 2,5 % par rapport à 2011, à 497
euros mensuels.

Près de 95 % vivent en dessous du seuil de pauvreté (977 euros par mois en 2011), et
70 % sous le seuil de très grande pauvreté (644 euros). Une personne sur six ne dispose

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d'aucune ressource, et 45 % ne vivent que d'aides sociales. Un tiers sont étrangers, et


48 % disposent d'un titre de séjour.

a
ép
Pr
La
&
n
ie
al
G
u rs
Co

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LA FEMME DANS LA SOCIETE

L’ACTIVITE PROFESSIONNELLE DES FEMMES

L’arrivée massive des femmes sur le marché du travail coïncide avec la généralisation
de la contraception, une meilleure scolarité, la banalisation du matériel électroménager, la
croissance du secteur tertiaire mais aussi et surtout la volonté des intéressées d’acquérir une
autonomie financière après des décennies de politique familiale qui les incitait à demeurer au
foyer.
En deux ou trois générations, l’accès au domaine professionnel des femmes s’est
considérablement modifié. Selon l’Insee, en 2008, les femmes représentent 47,6% de la
population active. Le taux d’activité des femmes atteint 51,8% en moyenne tous âges
confondus. Les experts, estiment que près de 90% des femmes devraient en 2040 occuper un
emploi salarié.
Cependant, les femmes n’en continuent pas moins à souffrir de discriminations et
d’inégalités persistantes : salaire moins élevé à travail égal (salaires des femmes inférieurs de

a
27% à celui des hommes), responsabilités moindres, chômage plus élevé, précarité plus

ép
importante (30% d’entre elles sont à temps partiels, 2/3 des bas salaires sont gagnés par des
femmes), pauvreté…

Pr
Les femmes occupent surtout des emplois à même de concilier vie professionnelle et
familiale. Et seules 28% d’entre elles, font partie des administrateurs du CAC 40.
La
Bien souvent, les femmes ont des carrières discontinues à cause de la naissance de leurs
enfants ou de la mobilité professionnelle de leur mari. Cependant, il est intéressant de souligner
que, d’après une étude «Emplois du temps» de l’Insee, sur un an, une femme assume 680
&

heures de travail domestique supplémentaires en comparaison de son compagnon, soit dix-


n

neuf semaines de travail de 35 heures.


ie

Outre, continuer à développer des systèmes de garde pour les enfants, pousser les jeunes filles
à poursuivre des études normalement réservées aux garçons et lutter contre le harcèlement
al

moral et sexuel au travail, il convient d’imposer le respect de la législation. En effet, depuis


G

1972, six lois ont été votées pour « qu’à travail égal, le salaire doit être égal ». C’est pour lutter,
une nouvelle fois, contre cette inégalité que la loi sur les retraites (article 31) prévoit une
rs

sanction financière modulable pouvant aller jusqu'à 1% de la masse salariale pour les
entreprises ne respectant pas certaines obligations en matière d'égalité salariales entre les
u

hommes et les femmes.


Co

REPERES

1907 : les femmes mariées peuvent disposer librement de leur salaire


1924 : les programmes de l’enseignement secondaire, ainsi que le bac, deviennent identiques
pour les filles et les garçons.
1944 : droit de vote par ordonnance signée du Général de Gaulle. Les femmes sont électrices
et éligibles.
1946 : le principe de l’égalité entre les femmes et les hommes dans tous les domaines est inscrit
dans le préambule de la Constitution.
1965 : loi du 13 juillet. Les femmes peuvent gérer leurs biens propres et exercer une activité
professionnelle sans autorisation maritale.
1972 : principe d’égalité de rémunération homme-femme inscrit dans la loi.
1981 : Création d’un ministère des droits de la femme.

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8 mars 1982 : première journée de la femme en France


1983 : loi Roudy qui établit l’égalité professionnelle homme-femme.
2000 : loi relative à l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux = parité
politique.

2008 : l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives,
ainsi qu’aux responsabilités professionnelles et sociales, est inscrit dans l’article 1er de la
Constitution.

27 janvier 2011 :Promulgation de la loi relative à la représentation équilibrée des femmes et


des hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance et à l’égalité
professionnelle. Ce texte prévoit l’instauration progressive de quotas pour aller vers la
féminisation des instances dirigeantes des grandes entreprises, ainsi qu’un système de sanctions
financières en cas de non-respect.

6 août 2012 : loi relative au harcèlement sexuel.

30 novembre 2012 : le Comité interministériel aux droits des femmes et à l’égalité entre les
femmes et les hommes, qui ne s’était pas réuni depuis 12 ans, inaugure l’élaboration d’une

a
troisième génération des droits des femmes. Après les droits civiques reconnus à la Libération,

ép
les droits économiques et sociaux des années 1970, il s’agit désormais de définir des droits
porteurs d’égalité réelle

Pr
Septembre 2013 : Adoption par le Sénat de la loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes
La
qui prévoit d’assurer l’égalité dans l’entreprise, de poser les fondements d’une garantie contre
les impayés de pensions alimentaires, de protéger les femmes contre toutes les violences et de
&

généraliser la parité
n
ie
al

LES FEMMES ET LA CONTRACEPTION


G

La contraception est l’ensemble des méthodes utilisées pour éviter de façon réversible et
rs

temporaire la fécondation, donc la grossesse. En l’absence de contraception, une fécondation


u

est possible dès la première relation sexuelle. En France, 90,2% des femmes sont sous
Co

contraception, environ 55,5% des femmes utilisent la pilule, 26% le stérilet et 18,5% une autre
méthode.

Malgré toutes ces méthodes, on constate trop de grossesses non désirées (1 grossesse sur
trois) et donc trop d’avortements, notamment chez les adolescentes. Leur sexualité est d’ailleurs
toujours tabou. Cependant, en avril 2011, la Région Ile-de-France (suivie depuis par d’autres
régions) a lancé le « pass santé contraception » destiné aux élèves de classes de seconde. A
retirer dans les infirmeries d'établissements scolaires, le pass se présente sous la forme d'un
chéquier comprenant cinq coupons valables six mois, qui permettent aux jeunes d'accéder à
deux consultations médicales gratuites et une analyse de sang ainsi qu'à une délivrance de
contraceptifs.

Les méthodes :

• Les méthodes naturelles : abstinence, coït interrompu et la méthode Ogino (courbe de


températures). Méthodes peu utilisées et peu fiables.
• Les pilules contraceptives : faciles à utiliser, fiables et beaucoup utilisées

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• L’implant : il s’agit d’un petit bâtonnet cylindrique, en plastique, de 4 cm de long et 2


mm de diamètre (la taille d'une allumette). C'est un réservoir contenant le même type
de substance que les pilules progestatives. En France, un implant facile à poser et à
retirer est disponible depuis 2001.
• Le patch : timbre qui se colle sur la peau et qui contient une association similaire à
celle d'une pilule combinée. Les deux hormones (l'estradiol et le progestatif) pénètrent
dans le sang à travers la peau.
• La pilule du lendemain : 60% des femmes ignorent son existence. Administrée dans les
3 jours suivant un rapport non protégé et permet d’éviter une éventuelle grossesse.
• Pilule du « surlendemain » : EllaOne commercialisée depuis septembre 2009 et
délivrée sur ordonnance, elle peut agir jusqu’à dans les cinq jours après le dernier
rapport sexuel.
• Le dispositif intra-utérin : stérilet choisi notamment après 35 ans (remboursé à 65% par
la sécurité sociale)
• Les spermicides : ovules et gelées. Efficaces mais généralement utilisées pour des
rapports occasionnels et ne protègent pas du SIDA
• L’anneau vaginal : anneau flexible en plastique poreux qui contient une association
d'hormones (estrogène + progestatif), comme une pilule combinée. On l'insère au fond
du vagin et à la chaleur du corps, les hormones diffusent à travers la paroi vaginale et

a
passent dans le sang. Il est efficace pendant 3 semaines (16 € non remboursé par la SS.)

ép
• Le diaphragme : en latex ou en silicone. Protection qui se glisse dans le vagin, au
contact du col de l'utérus, pour empêcher le passage des spermatozoïdes vers l'intérieur

Pr
de l'utérus. Peut être posé au moment du rapport sexuel mais aussi jusqu'à deux heures
avant le rapport sexuel. Il doit être utilisé en association avec les spermicides pour une
La
meilleure efficacité. Le diaphragme peut être réutilisé plusieurs fois et doit être laissé en
place pendant 8 heures après le rapport sexuel (et retiré au plus tard dans les 24 heures
qui suivent le rapport).
&

• Le préservatif masculin : efficace. Protège contre le SIDA et IST


n

• Le préservatif féminin : disponible en France depuis 2000, 99.2% d’efficacité


ie

contraceptive. Protège des IST.


• La stérilisation à visée contraceptive : depuis 2001, la loi autorise toute personne
al

majeure qui en fait la demande à subir une intervention chirurgicale à visée


G

contraceptive (vasectomie pour l'homme ou ligature des trompes pour la femme).


La stérilisation à visée contraceptive ne peut être pratiquée que si la personne intéressée
rs

a exprimé une volonté libre, motivée et délibérée après avoir reçue une information
claire et complète sur ses conséquences.
u
Co

REPERES

Loi Neuwirth du 28 décembre 1967, qui autorise la fabrication et la vente des contraceptifs sur
prescription médicale ; cette loi a également permis la création de centres de planification et
d’éducation familiale dans le but d’informer sur les différents moyens de contraception et
d’assurer la prescription médicale des contraceptifs, la contraception est généralisée en France.

La loi Veil du 04 décembre 1974 accepte le remboursement par la sécurité sociale des moyens
de contraception et en permet la délivrance gratuite dans les centres de planification à des
mineures, sans autorisation parentale.

Les lois du 13 décembre 2000 et du 04 juillet 2001 ont changé la loi de 1967. En effet, les
pharmaciens et les infirmières scolaires sont autorisés à délivrer un contraceptif d’urgence
gratuitement et sans prescription médiale et sans accord parental.

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1/6/2010 : Les pharmaciens et infirmières peuvent renouveler une ordonnance de pilule


contraceptive pour une durée de 6 mois maximum.

2013 : remboursement à 100% de l’IVG pour toutes les femmes et pilule gratuite pour les filles
de 15 à 18 ans.

31 mars 2013 : Déremboursement de la pilule 3ème génération

L’INTERRUPTION VOLONTAIRE DE GROSSESSE

Le mot avortement est employé comme synonyme d’interruption volontaire de


grossesse. L’IVG peut être définie comme l’expulsion avant terme provoquée de l’embryon ou
fœtus lors d’une grossesse non désirée. Il ne faut pas confondre l’IVG avec l’avortement
thérapeutique (IMG = interruption médicale de grossesse). L’IMG peut être pratiquée à toute
époque de la grossesse pour motif médical, lorsque le fœtus présente une malformation grave
par exemple.

a
ép
Méthodes :

Pr
- Méthode instrumentale ou "chirurgicale" : exclusivement pratiquée en établissement de santé
et nécessite dans la plupart des cas, une hospitalisation inférieure ou égale à 12 heures. Cette
La
méthode requiert différents moyens, le plus courant étant l'aspiration. Elle est pratiquée sous
anesthésie locale ou générale.
&

- Méthode médicale ou "médicamenteuse" : réalisée en 2 prises éloignées de médicaments, l'un


n

interrompant la grossesse, l'autre provoquant des contractions et l'expulsion de l'embryon. Elle


ie

peut être pratiquée en médecine de ville, en établissement de santé ou en centre de


planification familiale.
al
G

Coût :
rs

- IVG chirurgicale : de 430 euros à 650 euros.


u
Co

- IVG médicamenteuse : à l'hôpital : 257 euros, dans un établissement de santé privé : entre
260 euros et 270 euros, dans un cabinet médical : 190 euros. Ce forfait comprend la
consultation durant laquelle la patiente remet la confirmation de sa demande par écrit, les
consultations d'administration des médicaments, le coût de ces médicaments et la consultation
de contrôle et de vérification

Depuis 1975, le nombre d’avortements reste stable : autour de 200 000 / an (222 500
en 2011). 72% des femmes qui avortent sont sous contraceptif.

Le taux d’IVG varie selon l’âge : 27 pour 1000 chez les 20-24 ans (environ 15 000
jeunes filles de moins de 25 ans ont eu recours à une IVG en 2007), 15.1 pour 1 000 pour les
15-49 ans et 5.8 pour 1000 chez les 40-44 ans.

A noter que de moins en moins de médecins acceptent de pratiquer l’avortement pour


des raisons économiques : on ferme actuellement des centres IVG alors qu’on en manque.
C’est l’une des conséquences directe du démantèlement de l’hôpital public. Entre 2000 et

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2006, les établissements pratiquant des IVG est passé de 729 à 639, et, les médecins sont
rémunérés 300 Euros par acte.
Mais, l’IVG provoque encore des problèmes éthiques : loi contestée (France et Europe) et
décret d’août 2008 autorisant les parents de fœtus nés sans vie à les inscrire sur le livret de
famille sans préciser l’âge minimum de grossesse.

REPERES

1975 Loi Veil qui autorise l’IVG


1982 Loi Roudy qui permet le remboursement à 80% de l’IVG par la Sécurité Sociale
1993 Loi Neiertz qui créée le délit d’entrave à l’IVG et qui établi des sanctions contre les
commandos anti-IVG
2001 Loi Veil est modifiée sur certains points par la loi Aubry :
. le délai légal passe de 10 à 12 semaines de grossesse (14 semaines d’aménorrhée), la loi
s’aligne ainsi sur la plupart des pays européens
. une mineure a toujours besoin de l’autorisation parentale, mais si elle n’est pas envisageable,

a
elle peut être accompagnée d’un adulte de son choix ; l’intervention est gratuite

ép
. un entretien social et psychologique préalable est obligatoire pour les jeunes filles mineures
mais disparaît pour les femmes majeures

Pr
. L’IVG médicamenteuse peut être pratiquée sans hospitalisation jusqu’à 5 semaines
d’aménorrhée
La
. la loi ne punit plus la publicité et l’information sur l’IVG
. la clause de conscience permet à un chef de service hospitalier de refuser de pratiquer des
&

IVG, mais il doit s’assurer qu’un accueil des patientes est possible dans une autre structure.
n
ie

LES FEMMES ET LA VIOLENCE CONJUGALE


al
G

Aujourd’hui, en France, une femme sur dix est victime de violences conjugales. Les
chiffres sont alarmants : 148 femmes sont mortes en 2012 sous les coups de leur compagnon,
rs

soit une femme tuée tous les deux jours et demie, et 542.000 femmes ont été victimes de
u

violences soit de leur compagnon, soit d'un autre membre de la famille.


Co

Pour lutter contre ce fléau, un numéro d’appel gratuit a été mis en service : le 3919
(numéro national unique destiné aux victimes ou témoins de violences conjugales). Les femmes
âgées de moins de 40 ans sont les plus nombreuses à appeler, tous milieux sociaux confondus.
Le 3919 reçoit aussi des appels de femmes cadres ou de professions libérales, contrairement
aux idées reçues.

Depuis 2008, un plan triennal de lutte contre les violences faites aux femmes a été mis
en place : campagne d’informations, journée pour l’élimination des violences envers les
femmes (25 novembre), depuis juillet 2010, une loi a renforcé l’arsenal de la lutte. Une
«ordonnance de protection» a été créée, permettant des mesures d’urgence pour les victimes
de violences conjugales et les femmes menacées de mariage forcé, sans attendre le dépôt d’une
plainte. Elle est appliquée depuis le 1er octobre. Autres mesures innovantes : la création d’un
délit de «violences psychologiques», ainsi que l’expérimentation du bracelet électronique pour
tenir à distance le conjoint violent.

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REPERES

La loi du 22 juillet 1992, portant réforme des dispositions du Code Pénal, mentionne que la
qualité de conjoint ou de concubin de la victime constitue une circonstance aggravante des
"atteintes volontaires à l'intégrité de la personne". Il en ressort que, même s'ils n'ont entraîné
aucune Incapacité Totale de Travail (ITT), ces faits de violences sont constitutifs d'un délit,
donc passibles du Tribunal Correctionnel. Ils peuvent entraîner des sanctions (amende et
emprisonnement).

La loi du 26 mai 2004 relative au divorce, prévoit sur le plan civil l'éviction du conjoint violent
du domicile conjugal

La loi du 4 avril 2006 étend la circonstance aggravante à l'exconjoint, l'ex-concubin, l'ex-


pacsé quand l'infraction commise est en lien avec la relation qui a existé entre les
personnes. Cette même loi supprime l'immunité entre les époux en cas de vols de certains
biens : objets ou documents indispensables à la vie quotidienne de la victime : carte de séjour,
carte d'identité, carte de paiement.

2008-2010 Plan triennal pour lutter contre les violences faites aux femmes

a
ép
2010 Les violences faites aux femmes sont déclarées « grande cause nationale » par F.Fillon

Pr
La loi de juillet 2010, votée à l’unanimité à l’Assemblée, vise à faciliter le dépôt de plainte des
femmes violentées et à ordonner une protection. Elle crée de surcroît un délit de «harcèlement»
La
au sein du couple marié, pacsé ou vivant en concubinage.
&

2011-2013 : Nouveau plan triennal 2011-2013 de lutte contre les violences faites aux femmes,
piloté par le ministère des solidarités et de la cohésion sociale. Il engage au total 31,6 M d’€
n

d’argent public, contre 24,2 M d’€ lors du plan précédent, soit 30% d’augmentation. Il se fixe
ie

trois priorités : Protection, prévention et solidarité.


al

2014-2017 : 4ème plan triennal de lutte contre les violences. Budget de 66 millions d’euros,
G

1 650 solutions d’hébergement d’urgence nouvelles d’ici 2017, 350 intervenants sociaux en
commissariats et brigades, expérimentation d’un kit de constatation en urgence des viols et
rs

généralisation du téléphone grand danger.


u
Co

Article lci.fr le 04/12/2013

La proposition de loi sur la prostitution adoptée, ce que dit le texte

Les députés ont adopté mercredi la proposition de loi sanctionnant les clients des prostituées
d'une amende de 1.500 euros. Le texte abroge aussi le délit de racolage et accompagne les
personnes désirant sortir de la prostitution.

C'est un texte controversé qui a finalement rassemblé une majorité à l'Assemblée ce mercredi.
Les députés ont adopté par 268 voix contre 138 la proposition de loi qui sanctionne les clients
de prostituées d'une amende de 1.500 euros, plaçant la France dans les pas de la Suède ou de
la Norvège, pays précurseurs en la matière. Cette proposition de loi vise à renforcer la lutte

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contre le système prostitutionnel. Elle prévoit par ailleurs d'abroger le délit de racolage
et contient également des dispositions pour accompagner les personnes souhaitant sortir de la
prostitution (voir ci-dessous le détail du texte). Avant d'entrer en vigueur, il devra cependant
franchir l'étape du Sénat qui devrait l'examiner d'ici à fin juin. (…)

Les associations prônant l'abolition de la prostitution ont salué ce vote des députés, évoquant
une décision "historique". Saluant "le vote d'une loi historique", l'association Osez le
féminisme! annonce qu'elle restera "mobilisée pour que cette proposition de loi soit également
votée au Sénat" et sera "vigilante à ce que les manques de la loi soient comblés". Environ 200
prostituées ont de leur côté manifesté leur colère mercredi soir près de l'Assemblée contre le
texte adopté. "Ce qui pose problème, c'est la pénalisation du client et l'absence de véritable
mesure sociale", a déclaré à l'AFP la porte-parole du Syndicat du travail sexuel, Morgane
Merteuil.

a
ép
Pr
La
&
n
ie
al
G
u rs
Co

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L’IMMIGRATION
Pays des Droits de l’Homme, la France s’est toujours présentée comme une « terre d’accueil ».
Cependant cette image semble remise en question par la nouvelle politique française de
l’immigration et le débat sur l’identité nationale.

CARACTERISTIQUES DE L’IMMIGRATION EN FRANCE ET EN EUROPE

1. Dans l’Union Européenne


Selon le dernier recensement3, l’Union Européenne compte 20 millions d’immigrés4
inégalement répartis sur le territoire. L’Allemagne est le premier pays d’accueil suivi par la
France (deuxième position) et le Royaume Uni. Avec l’élargissement de l’Europe, l’immigration
se caractérise par un double flux : d’une part des migrations intérieures venues d’Europe
centrale et orientale et d’autre part des migrations extérieures provenant d’Afrique, de Turquie
et d’Asie.
Plusieurs facteurs sont à l’origine de ces mouvements migratoires : l’instabilité politique

a
(conflits internationaux, guerre civile), la pauvreté et la famine, le désir de retrouver un membre

ép
de la famille (regroupement familial) ou la volonté d’obtenir un diplôme européen afin
d’accéder à un poste plus élevé dans le pays d’origine.

Pr
Chaque état membre de l’UE n’accueille pas forcément le même type d’immigrés pour des
raisons géographiques, économiques et historiques. En fonction de sa proximité avec un pays
La
pauvre ou en développement, un état comme l’Italie peut devenir l’objet d’une immigration
importante. Les relations économiques entre le Maroc et l’Espagne favorisent l’installation
&

d’immigrés marocains en Espagne. La France et le Royaume Uni accueillent des ressortissants


de leurs anciennes colonies (l’Algérie pour la France, l’Inde et le Pakistan pour le Royaume
n

Uni).
ie

2. En France
al

Le dernier rapport du Ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du


G

développement solidaire5 souligne la présence de 3,5 millions d’immigrés en France


métropolitaine, soit 5,7% de la population totale.
rs

Parmi ces étrangers, 40,4% sont d’origines portugaise et maghrébine, 35% sont européens et
u

13% asiatiques. Depuis l’essor économique de l’Europe, la part des ressortissants européens
Co

tend à diminuer au profit des Africains et des Asiatiques. Cependant, depuis 2007, pour des
raisons économiques et politiques, le gouvernement limite l’immigration africaine au profit de
l’immigration asiatique.

* Au niveau géographique
Les immigrés sont inégalement répartis sur le territoire français : quatre régions regroupent 60%
des étrangers (Ile de France, Rhône Alpes, Paca, Alsace) tandis que l’ouest de la France
(Bretagne, Basse Normandie, Pays de la Loire) est déserté avec seulement 2%.
Le dynamisme économique de ces quatre régions les rend plus attractives. Les étrangers
espèrent y trouver du travail, des aides et un logement. Pour ces mêmes raisons, 2 immigrés sur
3 vivent en ville. Paris, Lyon et Marseille sont les principales villes d’accueil.

* Dans le domaine économique

3
Recensement officiel de l’Union Européenne de 2007
4
Sur une population totale de 265 millions d’habitants
5
Rapport de Corinne Régnard, Octobre 2009 (source : immigration.gouv.fr)

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Les immigrés représentent 5,4% de la population active française : la majorité d’entre eux
travaille dans le secteur tertiaire (71%) et dans le secondaire, essentiellement dans le bâtiment
(15,5%). Depuis les années 1980, le chômage se développe dans cette catégorie de la
population : en 2007, 16,4% des immigrés actifs étaient sans emploi. Selon les statistiques du
Ministère du Travail, les étrangers sont deux fois plus touchés par le chômage que les Français.
Ce phénomène serait lié à l’absence de qualification, à l’illettrisme et à la diminution du travail
manuel due à la mécanisation et à la robotisation.

* Depuis les années 1980, le profil des immigrés de France a changé. Il est possible de
constater le passage d’une immigration masculine, jeune et célibataire à une immigration
familiale dont l’âge moyen à l’arrivée est plus élevé (34 ans). Cette évolution s’explique par la
politique de regroupement familial. Durant plus de vingt ans, la proportion des femmes
immigrées s’est accrue au détriment des hommes. Si la majorité de ces femmes travaille dans le
tertiaire et essentiellement dans les services d’aides à la personne, les immigrées sont plus
touchées que les hommes par le chômage.

* Les étrangers sont confrontés à de nombreux problèmes :


- Le chômage : avant la crise de 2008, le taux de chômage des immigrés était deux fois
supérieur à celui des Français (16 ,4% contre 7,4%)

a
- La précarité, la pauvreté et l’exclusion : les salaires des étrangers sont faibles et irréguliers à

ép
cause de la précarité de l’emploi. Plus de la moitié des immigrés de France ont des revenus
inférieurs au seuil de pauvreté. Cela a des conséquences sur l’alimentation, l’hygiène et les

Pr
conditions de vie.
- Le logement : en fonction de leurs niveaux de vie, les étrangers résident dans des HLM, des
La
immeubles vétustes voire insalubres
- Les discriminations (racisme, xénophobie et discrimination religieuse)
&
n

Evolution des migrations et des politiques d’immigration


ie

1. Evolution en Europe
al

De 1957 à 2009, l’immigration en Europe s’est développée en plusieurs étapes :


G

* 1957-1985, l’immigration s’accroît : l’élargissement de la CEE et son organisation progressive


rs

ont permis aux pays membres de s’enrichir et d’attirer plus d’étrangers. Parallèlement, cette
augmentation est favorisée par le recours des gouvernements européens à la main d’œuvre
u

étrangère pour pallier au manque de salariés.


Co

* 1985-1994, l’immigration ralentit : si l’Europe ne change pas de politique, des changements


limitent pour la première fois les migrations. En 1985, le Traité de Schengen supprime les
frontières intérieures mais établit un contrôle plus strict des frontières européennes avec la mise
en place d’un système informatisé (SIS)6 et la création d’une liste de personnes à surveiller ou à
expulser. Avec les accords de Dublin en 1992 et le traité de Maastricht en 1992, la CEE lutte
contre les clandestins et accroît le contrôle de l’immigration.

* 1994-2009, l’immigration diminue : l’Union Européenne poursuit sa politique et développe


des mesures pour limiter le nombre d’immigrants comme la loi sur la « préférence
européenne » en matière de l’emploi : pour lutter contre le chômage des Européens, l’Europe
préconise la diminution du nombre d’étrangers.

* De 1957 à 1994, l’immigration en Europe s’est développée puis s’est affaiblie de 1994 à
2009 : jusqu’en 1994, la CEE n’avait pas de politique commune de l’immigration. La diversité
des lois permettait à des étrangers de s’installer dans certains pays uniquement. A partir de

6
Système Informatisé Schengen

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1994 et de la Conférence de Séville (2002), les états ont harmonisé leur politique et ont décidé
pour des raisons de sécurité (crainte du terrorisme) et économiques de lutter contre
l’immigration clandestine et de limiter les entrées sur le territoire ;

2. Evolution en France
L’immigration s’est développée en cinq phases :

* 1850-1914, l’immigration apparaît : la diminution du taux de natalité entraîne une


diminution de la main d’œuvre à un moment où l’industrialisation nécessite beaucoup
d’ouvriers. Pour répondre au manque de salariés, la France recrute des étrangers. La première
vague d’immigration a donc des origines démographiques et économiques.

* 1914-1974, l’immigration se développe : les déficits démographiques causés par les Deux
Guerres Mondiales et les Trente Glorieuses ont renforcé le besoin de main d’œuvre étrangère.

* 1974-1981, l’immigration ralentit : la fin de la Croissance, les crises de 1973 et 1979 ont
favorisé le chômage et le sous-emploi. Ce phénomène est aggravé par l’entrée en activité des
Baby-boomers. Face à la diminution d’emplois disponibles, l’Etat décide de ne plus recourir à
la main d’œuvre étrangère d’où le ralentissement de l’immigration.

a
* 1981-2002, l’immigration réapparaît grâce à la politique de regroupement familial.

ép
* 2002- 2011, l’immigration fléchit avec la lutte contre les clandestins et les réformes de la

Pr
politique de l’immigration réalisées par M. Brice Hortefeux et M Guéant.

L’évolution de l’immigration en France peut se résumer en deux étapes : une période d’essor
La
irrégulier de 1850 à 2002 et une période de déclin de 2002 à nos jours. Cette dernière étape
est directement liée à l’harmonisation de la politique européenne de l’immigration et à
&

l’évolution de la situation économique française.


n

3. Les principales mesures de la politique française de l’immigration


ie
al

* 1977 Loi Stoléru : mise en place d’un dispositif prévoyant le versement d’une prime aux
travailleurs étrangers en échange de leur départ définitif. Cette loi fut renouvelée en 2003.
G

* 1986 Lois Pasqua : elles limitent les conditions de renouvellement des cartes de séjour et
rs

favorisent la lutte contre les clandestins.


u
Co

* 1993 Lois Méhaignerie : la nationalité française n’est plus acquise automatiquement à 18 ans
pour les enfants nés en France de parents étrangers. L’époux/épouse d’un Français doit
désormais attendre 2 ans au lieu de 6 mois pour obtenir la nationalité.

* 1997 Lois Debré : elles se caractérisent par l’intensification de la lutte contre les clandestins,
la création d’un fichier d’empreintes digitales et de photographies des non-européens (mesure
renouvelée en 2003) et une tentative de limitation de l’immigration en obligeant les étrangers à
fournir un certificat d’hébergement délivré par les mairies.

* 2002 Démantèlement du centre de réfugiés de Sangatte à Calais

* 2006 Pour lutter contre les mariages blancs, l’état prévoit un contrôle de l’identité du conjoint
étranger et une audition des futurs époux.

* 2007 Réforme de la politique d’immigration par M. Brice Hortefeux (mise en place d’une
immigration contrôlée et choisie) :

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. Désormais pour acquérir la nationalité française, le conjoint d’un Français doit attendre 4 ans
et prouver l’existence d’une vie commune tandis qu’un étranger célibataire doit résider 5 ans
sur le territoire pour demander une naturalisation. Dans les deux cas, il est nécessaire d’avoir
un bon niveau en Français.
. Parallèlement, les mesures pour entrer en France sont devenues plus complexes :
. Fixation de quotas de visas accordés en fonction des pays d’origines et des professions
exercées
. Pour obtenir un titre de séjour, les étrangers doivent attester d’un revenu suffisant afin d’éviter
l’immigration des plus pauvres. Dans certains cas, ils doivent fournir une promesse
d’embauche ou un contrat de travail.
. Les étudiants non-européens doivent avoir un diplôme bac+2 pour pouvoir venir en France.
Ils doivent aussi obtenir une équivalence de diplôme, et passer un examen pour confirmer leurs
connaissances de la langue et de la culture française.

*Loi Besson 2010 sur l’immigration : prévoit la déchéance de la nationalité française,


jusqu'alors essentiellement appliquée aux auteurs d'actes terroristes, pourra être prononcée à
l'encontre d'un Français naturalisé depuis moins de 10 ans et condamné pour meurtre d'un
représentant de l'ordre public (policier, gendarme, pompier). Elle facilite la reconduite à la
frontière de ressortissants, européens ou non, pour vols répétés, mendicité agressive, ou encore

a
dans le cas d'occupation illégale d'un terrain public ou privé.

ép
* 2010 Vote par l’Assemblée Nationale en octobre d’une mesure qui prévoit de punir les

Pr
«mariages gris» de sept ans de prison et de 30.000 euros d’amende. Sont visées ces unions où
l'un des deux conjoints aurait trompé l'autre sur ses sentiments dans l'objectif d'obtenir un titre
La
de séjour.

* 2011
&
n

12 mai 2011
ie

Lors d’une réunion à Bruxelles des ministres de l’Intérieur de l’Union européenne, adoption des
propositions de la Commission européenne visant à réformer les accords de Schengen pour
al

permettre exceptionnellement le rétablissement temporaire d’un contrôle aux frontières,


G

notamment en cas d’arrivée massive d’immigrés irréguliers.


rs

16 juin 2011
Promulgation de la loi relative à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité (Jo du 17). Le
u

texte rend plus rigoureuses les conditions de maintien sur le territoire et d’obtention de la
Co

nationalité française. Le Conseil constitutionnel a validé toutes les dispositions de la loi sauf
une : celle qui permet de prolonger de douze mois supplémentaires, au-delà des six premiers
mois, la rétention des étrangers condamnés à une Interdiction du territoire français (ITF) ou
expulsés pour un comportement lié à des activités à caractère terroriste.

* 2012

Printemps 2012 : François Hollande, alors candidat à la présidentielle, s’engage à mettre en


place une loi permettant le droit de vote des étrangers aux élections locales.

Décembre 2012 : Le Parlement donne son feu vert au projet du gouvernement de créer une
retenue pouvant aller jusqu’à 16 heures pour remplacer la garde-à-vue des sans-papiers
devenue illégale, et de supprimer le délit de solidarité.
Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, annonce la fin de l'aide au retour offerte aux Roms qui
acceptent de rentrer dans leur pays d'origine. Cette aide financière au retour volontaire dans
leur pays d'origine (300 € par adulte et 100 € par enfant mineur) est versée aux étrangers ayant

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la nationalité d'un État membre de l'Union européenne, comme les Roms, présents en France
depuis plus de trois mois et en situation de grande précarité, qu'ils soient en situation
irrégulière ou non. En 2011, plus de 10.600 personnes en ont bénéficié, dont 2.000 enfants,
selon l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii).

* 2013

Recul du gouvernement : Manuel Vals a annoncé qu’il reportait son projet de loi sur
l’immigration à 2014

Diversité des politiques d’intégration

* En Europe, en dehors des mesures concernant la création et la gestion des centres d’accueil
de réfugiés, il n’existe pas de politique commune. L’intégration ne fait pas, pour l’instant,
l’objet d’une volonté d’harmonisation.

* Jusque dans les années 1970, la France ne possédait pas de politique d’intégration car

a
l’immigration était considérée comme provisoire et ne concernait que des hommes retournant

ép
majoritairement au pays. Les premières mesures pour favoriser l’intégration datent de 1975
avec la création de foyers pour travailleurs étrangers (foyers SONACOTRA), d’un fonds d’aides

Pr
sociales (FAS) pour les migrants et le droit d’accéder à des cours de langue.
La
* Avec l’essor du chômage des immigrés et des discriminations, l’intégration devient en 1983
un problème politique et d’actualité. La « marche pour l’égalité » organisée par les futurs
membres de SOS racisme oblige l’état à progressivement élargir les aides aux logements, les
&

aides financières (RMI/RSA) et sanitaires (CMU/CMUC) aux étrangers.


En 1994, le premier « Plan Banlieue » tente de lutter contre le chômage des immigrés par des
n

accompagnements à l’emploi, et de faciliter l’intégration par des cours d’alphabétisation, le


ie

développement d’actions sociales. Le « Plan Espoir Banlieue » de Mme Fadela Amara complète
al

cette tentative en facilitant l’implantation d’entreprises dans les banlieues pour lutter contre le
chômage.
G

* Dès 2005, la politique d’immigration française se précise avec la mise en place de la


rs

discrimination positive et du CV anonyme. Elle évolue définitivement en 2007 avec la réforme


u

de M. Hortefeux. A partir de cette période, l’objectif de l’état n’est pas seulement de limiter
Co

l’intégration mais aussi de « favoriser l’intégration des migrants légaux, de contribuer à (leur)
intégration professionnelle et de promouvoir l’identité nationale »7. Pour cela, le gouvernement
met en place plusieurs mesures :
- La loi oblige les étrangers à passer un examen de langue et de culture française avant leur
départ pour pouvoir fournir des cours de soutien aux étrangers en cas de difficultés.
- Le contrat d’accueil et d’intégration devient obligatoire : signé entre l’Etat et le futur immigré,
il lui donne le droit de bénéficier d’une formation civique, linguistique et culturelle, et d’avoir
un accompagnement social et professionnel. D’une durée d’un an, ce contrat est renouvelable
et permet à l’état de contrôler régulièrement les activités des immigrés sur le territoire. Le non-
respect de ce contrat peut aboutir à des sanctions voire à des reconduites au pays.
- Pour les étudiants, le ministère a créé en octobre 2009 le Parcours de Réussite Professionnelle
(PARP). Destiné aux étudiants titulaires du DILF (Diplôme d’Etudes en Langue Française)8,
désirant s’inscrire en IUT ou en écoles préparatoires, le PARP se caractérise par l’attribution
d’une bourse de 3 ans.

7
Extrait de la déclaration de M. Besson in Immigration.gouv.fr
8
Diplôme acquis dans le pays d’origine

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Du XIXe siècle à nos jours, la France a mis en place trois modèles d’intégration : le modèle
assimilationniste jusqu’en 1983, le modèle basé sur le « vivre ensemble 9» de 1984 à 2005 et le
multiculturalisme avec la discrimination positive.

Lexique

- L’immigration : phénomène caractérisé par l’arrivée de personnes étrangères dans un pays et


désirant y demeurer
- Un immigré : « est une personne née dans un pays étranger et résidant en France »10.
L’immigré peut avoir un titre de séjour ou la nationalité française
- Un étranger : « une personne n’ayant pas la nationalité française »11. La France est le seul
pays à établir une distinction entre les immigrés et les étrangers
- Un réfugié : « une personne craignant d’être persécutée dans son pays d’origine pour des
raisons ethnique, religieuse, culturelle, sociale, économique ou politique »12. Un réfugié est un
demandeur d’asile. En France, ils sont en pris en charge par l’OFPRA (l’Office Français de
Protection des Réfugiés)

a
- Un sans papier : au sens strict, ce mot désigne une personne entrée légalement dans un pays

ép
étranger avant de perdre son titre de séjour et résidant illégalement dans ce même pays. Au
sens large, il désigne une personne entrée illégalement sur le territoire. Il est synonyme de

Pr
clandestin.
- L’intégration : politique visant à faire participer un groupe à la vie de la communauté
La
nationale
- L’assimilationnisme : politique d’intégration appliquée en France jusqu’en 1983 consistant à
vouloir fondre les immigrés dans une culture homogène faisant table rase de leurs spécificités13
&

- Le multiculturalisme : politique d’intégration visant à favoriser le développement des


n

expressions culturelles, religieuses et linguistiques au sein d’une même entité politique14


ie

- La discrimination positive : ensemble de mesures visant à favoriser certaines personnes pour


lutter contre les discriminations.
al
G
u rs
Co

9
Politique mise en place par en 1984 pour lutter contre la xénophobie en favorisant le dialogue et la
cohésion sociale
10
Selon le Haut Conseil à l’intégration et le Ministère de l’Immigration
11
Idem
12
Convention de Genève (28 Juillet 1951)
13
Gérard Noiriel, Le Creuset Français, 1996
14
Idem

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L’ENVIRONNEMENT, LES POLLUTIONS


L’environnement est l’ensemble des éléments naturels et artificiels qui entourent un individu
humain, animal ou végétal. Cet environnement dans lequel évolue l’être humain est
quotidiennement menacé par diverses pollutions.
Longtemps, on a eu le sentiment que la nature pourrait réguler les agressions domestiques et
industrielles. Néanmoins, la démographie et la consommation d’énergie s’accélèrent au risque
de dérégler la « biodiversité naturelle ».
Quelles sont les principales pollutions et quels remèdes peut-on apporter ?

LA POLLUTION DE L’EAU

1. Les différents types de pollution des eaux


Il existe de multiples formes de pollution des eaux, des rivières et des nappes phréatiques.

a
ép
* La pollution organique
Elle est essentiellement due aux déchets plastiques. C’est elle qui est déversée par les villes

Pr
mais aussi par certaines industries comme l’agroalimentaire. Les matières organiques, rejetées
dans les eaux (lait, sucre…), sont dévorées par les bactéries des rivières. Celles-ci utilisent ainsi
La
beaucoup d’oxygène, ce qui tuent les poissons par asphyxie.
La pollution organique a fortement diminué en France en particulier pour l’industrie. De même,
&

depuis la directive européenne de 1991 sur le traitement des eaux urbaines, la plupart des
villes se sont équipées de station d’épuration, efficace à 90% pour éliminer ce type de
n

pollution.
ie

* La pollution toxique (chimique)


al

Celle-ci tue directement par toxicité. Elle est essentiellement due aux industries chimiques et à
G

l’agriculture (engrais et élevage intensif). Les matières nutritives, comme les nitrates et
phosphates, sont responsables de l’eutrophisation des rivières et des mers. En effet, l’excès de
rs

nutriments favorise la prolifération d’algues qui consomment l’oxygène. Le manque d’oxygène


u

génère alors dans l’eau des fermentations et une toxicité.


De plus, certaines algues peuvent être toxiques (1988 : marée jaune d’algues toxiques en
Co

Scandinavie, Bretagne avec les algues vertes) et engendrent la disparition de certaines espèces.
De même, un excès de nitrates dans l’eau domestique peut provoquer chez les nourrissons des
maladies comme celle du « sang bleu ».

* la pollution bactérienne
Elle est due au rejet sans traitement des déchets et eaux usées dans les rivières. Celle-ci est
écartée dans les pays industrialisés (eau désinfectée mais il reste un risque pour les baignades et
les coquillages).

* La pollution thermique
Elle résulte d’un échauffement des eaux dû aux rejets de chaleur des centrales nucléaires qui
favorise une activité bactérienne plus importante ainsi qu’une consommation d’oxygène.

2. La réglementation
En France, 3 lois sur l’eau ont été votées en 1964, 1992 et 2006.
* La loi de 1964 a créé 6 agences de bassin qui recouvrent les 6 grands bassins

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hydrographiques français. Ils perçoivent les redevances de ceux qui polluent et financent ainsi
la construction de stations d’épuration.
* La loi de 1992 oblige les communes de plus de 2000 habitants à épurer les eaux usées
conformément aux directives européennes.
* Loi de 2006 a créé l’ONEMA (office national de l’eau et des milieux aquatiques).
Une directive européenne de 2000 a prévu que chaque État mette en place des programmes
d’action pour la qualité de l’eau ainsi qu’une meilleure répartition des taxes pour les pollueurs
d’ici 2015.

LA POLLUTION ATMOSPHERIQUE

Elle provient de trois grandes causes : la combustion (chauffages), les transports automobiles et
certains procédés industriels.

1. Les différents polluants

* Le dioxyde de soufre (SO2) : il provient surtout de la combustion du charbon ou de fioul. En


France, les concentrations de SO2 ont fortement diminué (réduites de 86 % entre 1973 et

a
2002). Le dioxyde de soufre a des effets sur les voies respiratoires et inhibe la photosynthèse

ép
des végétaux.
* Les oxydes d’azote (NOX) : ils proviennent surtout de l’automobile. Ces rejets sont importants

Pr
en particulier à Paris et Lyon qui dépassent les normes de 2007. Ses effets sur la respiration
humaine sont dus aux brouillards irritants qu’ils provoquent dans les villes.
La
* L’oxyde de carbone (CO) : provient de l’automobile et des chauffages urbains. A forte dose, il
est mortel ; à faible dose, il provoque des maux de tête, des vertiges.
* Les particules : certaines sont d’origine naturelle (pollens), d’autres sont dues à l’activité
&

industrielle ou à l’agriculture. Elles peuvent être irritantes, allergènes ou cancérigènes.


n

* L’ozone : il est produit par la réaction de composés organiques volatiles (COV) avec la
ie

lumière du soleil. L’excès d’ozone au ras du sol a des effets nocifs sur la santé : respiration,
irritation mais aussi sur les végétaux. Les pointes de pollution à l’ozone sont encore importantes
al

en particulier en cas de canicule.


G

2. Le trou de la couche d’ozone


rs

L’ozone, présent dans la stratosphère, nous protège des rayons ultraviolets qui sont dangereux
pour l’homme, les animaux et les végétaux. Dans les années 90, on découvre que la couche
u

d’ozone se raréfie de 60% au-dessus de l’antarctique.


Co

Les CFC (chlorofluorocarbones) sont les principaux responsables. Ils sont surtout présents dans
les aérosols, les fluides de réfrigération, les solvants. Depuis 1990, l’emploi des CFC a été
supprimé dans certains produits, mais les effets sur la couche d’ozone sont de plusieurs
dizaines d’années.

3. L’effet de serre
Notre terre, qui reçoit des radiations solaires, réémet des radiations infrarouges. Toutefois, avec
l’industrialisation, la prolifération de certains gaz (méthane, CO2) retient ces rayons, ce qui
occasionne un réchauffement (+ 0,6° actuellement, devrait atteindre entre 1,5° à 4° d’ici 2100).
Ce réchauffement progressif risque d’entraîner une modification des climats et une élévation du
niveau de la mer.

4. Les solutions
L’enjeu majeur est de réduire les émissions de CO2 responsables en grande partie de l’effet de
serre.
* Les stratégies à l’échelle mondiale : Le protocole de Kyoto, qui a lieu tous les 5 ans depuis
1992, tente de mettre en œuvre une stratégie mondiale pour le développement durable. Les

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pays signataires devaient réduire leurs émissions de 8 % pour les pays de l’U.E. Toutefois, le
sommet de Copenhague, qui a eu lieu en décembre 2009, montre bien les difficultés des pays à
s’entendre et à trouver un accord.

* Economie d’énergie : le développement durable avec utilisation des énergies renouvelables


(13% de l’énergie dans le monde, 2% hydroélectricité, 11% biomasse) mais aussi électricité par
les éoliennes et le solaire.

* Instauration d’un marché des émissions de GES avec mise en place de quotas à ne pas
dépasser sous peine de sanctions financières.

* Développement des transports en commun dans le cadre des actions urbaines ainsi que des
voies cyclables (tramways, vélos).
- Contrôle des automobiles pour l’émission des gaz.
- Limitation des vitesses pour les véhicules.
- Information des populations sur la qualité de l’air.

LA POLLUTION PAR LES DECHETS

a
ép
1. Les déchets ménagers
Les Français rejettent en moyenne 354 kg/habitant de déchets et d’emballages en tout genre.

Pr
De nos jours, il existe 4 moyens de traitement : le recyclage, le traitement biologique
(fermentation), l’incinération et la décharge. Sur 21 millions de tonnes de déchets, 42% partent
La
à l’incinération, 40% en décharge et 18% en recyclage.

2. Les déchets industriels


&

On compte près de 100 millions de tonnes de déchets dont 84 millions assimilables et 9


n

millions de déchets dangereux (déchets hydrocarbures, solvants…).


ie

Le traitement des déchets industriels peut se faire de 3 façons : l’incinération, le traitement


physicochimique, la décharge. Dans la plupart des cas, le traitement a lieu dans l’usine ou dans
al

les centres de traitement.


G

Les déchets radioactifs (24 % des laboratoires, 63 % de production nucléaire, 10 %


d’installations militaires) sont gérés selon une réglementation stricte : l’uranium et le plutonium
rs

sont retraités à l’usine de la Hague et transformés en combustible.


Les déchets radioactifs se caractérisent par leur durée de vie. Les déchets à durée de vie courte,
u

sont enfouis en surface alors que ceux à longue vie sont vitrifiés et entreposés dans des
Co

conteneurs.

3. le transport des déchets dangereux


Le règlement de l’U.E interdit le transport hors de l’union des déchets destinés à être détruits.
Mais les autres peuvent être déplacés d’où des risques de pertes en chemin et la pollution que
cela occasionne.

LA POLLUTION PAR LE BRUIT

1. Définition
Le bruit est une notion relative, un son agréable pour certains peut être insupportable pour
d’autres, d’où des difficultés à mesurer ses effets mais aussi à mettre en place des directives.

2. Les effets
Le bruit a un effet sur la santé en particulier sur :
. l ‘audition soit par une fatigue auditive, soit un déficit provisoire à partir de 75 à 80
décibels.

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- le système cardio-vasculaire (hypertension)


- le système digestif
- le psychisme (stress)
50% des citadins se plaignent des nuisances par le bruit.

3. Les causes
Les bruits sont surtout liés au transport.

* Le transport routier qui a doublé entre 1980 et 2000 expose les populations urbaines. Malgré
des contrôles des véhicules (automobiles, motocyclettes…), la maîtrise du bruit reste difficile.
En France, la loi de 2001 a été mise en place pour immatriculer les 2 roues.
* Le transport aérien est également considérable, d’où la mise en place de taxes pour les
aéroports et une interdiction totale des avions bruyants depuis 2002 en Europe.
* Le transport ferroviaire : moins important mais qui risque d’évoluer à la hausse à cause du
développement des lignes TGV dans les 10 années à venir.

4. Les bruits du voisinage


Ils peuvent être dus à la présence d’industries, de bars ou restaurants ou occasionnés par les
bruits domestiques. Pour les industries, il existe une réglementation depuis 1976 qui limite le

a
bruit maximum à 70DB le jour et 60DB la nuit.

ép
Le plus difficile reste de limiter les bruits du voisinage et de les sanctionner car il existe un flou
juridique.

Pr
La
Quelques dates importantes pour l’environnement
&

1983 : l’ONU crée la Commission mondiale sur l’environnement et le développement.


1992 : sommet de la Terre de Rio : programme intitulé « Agenda 21 »
n

1997 : signature du protocole de Kyoto qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre
ie

d’au moins 5% à l’horizon 2008-2012.


Août-septembre 2002 : le sommet de la terre à Johannesburg, où 191 pays sont représentés,
al

permet de relancer les initiatives internationales définies dans l’Agenda 21.


G

Juin 2003 : adoption par la France de la stratégie de développement durable.


Février 2005 : entrée en vigueur du protocole de Kyoto, après ratification par la Russie. Le
rs

congrès du Parlement français adopte la Charte pour l’environnement et son inscription dans la
Constitution.
u

Juin 2007 : création d’un ministère de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement


Co

durables.
Octobre 2007 : Grenelle de l’environnement, ensemble de rencontres politiques visant à
prendre des décisions en matière d’environnement et de développement durable.
Octobre 2008 : projet de loi dit « Grenelle I » proposé par Nicolas Hulot, adoptée par le
parlement en deuxième lecture le 23 juillet 2009.
Décembre 2009 : sommet de Copenhague (réunion qui suit Kyoto dans le but de trouver un
accord international sur les émissions de gaz à effet de serre).
Décembre 2010 : sommet de Cancun (Mexique). 200 pays ont adopté un texte qui prévoit la
création d’un Fonds vert pour aider les pays en développement à faire face au réchauffement et
lance un mécanisme pour lutter contre la déforestation.
Décembre 2011 : conférence de Durban sur les changements climatiques. 194 pays se sont
donnés trois ans, jusqu’en 2015, pour déterminer les règles qui seront applicables à tous et
pour élaborer les outils qui permettront de vérifier les engagements de chacun. A partir de
2015, chaque pays devra ensuite faire ratifier par son Parlement ses propres engagements qui
devront être effectifs, eux, à partir de 2020. L’objectif est toujours de limiter le réchauffement
du climat de la planète à 2 degrés.

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2011, année la plus chaude depuis plus d’un siècle : du 1er janvier au 26 décembre, la
température moyenne à l'échelle de toute la France a été de 13,6 °C, soit 1,5 degré de plus que
la normale (moyenne de référence 1971-2000)
Décembre 2012 : conférence de Doha (Qatar : premier émetteur de CO2 au monde !). Les 192
négociateurs ont tout juste réussi à s'entendre sur une deuxième période d'engagement pour le
protocole de Kyoto. La portée de ce Kyoto 2, prévu jusqu'en 2020, est relativement faible. Le
Canada, le Japon et la Russie ont en effet décidé de se retirer du processus qui est pour le
moment le seul accord contraignant en matière de réduction des émissions de gaz à effet de
serre, très largement responsables du changement climatique. L'Europe, l'Australie et une
dizaine d'autres pays qui ont renouvelé leur engagement ne représentent que 15 % de ces
émissions au niveau mondial. Les États-Unis, plus gros émetteur des pays industrialisés, n'ont
jamais adhéré à Kyoto.
Décembre 2013 : conférence de Varsovie. Aucune avancée majeure n’a été votée. Il s’agit
encore une fois d’échec.

Quelques ouvrages à connaître

a
ép
- François Dagognet, des détritus, des déchets, de l’abject. Une philosophie écologique, Les
Empêcheurs de penser en rond, 1998.

Pr
- Nicolas Hulot, Pour un pacte écologique, Calmann-Lévy, 2006.
- Michel Serres, Le contrat naturel, Flammarion, coll. Champs, 1999.
La
&

Article leparisien.fr le 20 août 2013


n

Depuis le 20 août, les Terriens creusent leur «dette écologique»


ie

Les ressources naturelles produites par la terre en un an sont épuisées. Cette année 2013
al

encore, les Terriens vont continuer à creuser leur «dette écologique». En un peu moins de huit
G

mois, nous avons déjà épuisé l'équivalent des ressources naturelles que peut produire la terre
en un an sans compromettre leur renouvellement. Il va donc falloir finir l'année «à crédit».
u rs

Alimentations, matières premières, potentiel d'absorption des déchets et du CO2.


Co

.. tout est épuisé pour le reste de l'année. A partir de ce mardi 20 août, la consommation de
l'humanité en ressources naturelles excède ce que la nature est capable de régénérer en un an.
Jusqu'au 31 décembre, les humains vont donc vivre en puisant dans les stocks eux-mêmes,
ceux de poissons par exemple, déjà surexploités, ou en polluant davantage que ce que la
nature peut absorber. La capacité des puits à carbone, principalement les forêts et les océans
est épuisée. Depuis le 1er janvier, nous avons produit tout le CO2 qu'ils peuvent capter pour
un an.

Il nous faudrait 1,5 terre pour couvrir nos besoins de façon durable...

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L’ALIMENTATION
LA MALNUTRITION
* Malnutrition signifie principalement « mauvaise nutrition ». Elle concerne l'insuffisance ainsi
que l'excès de nourriture, les mauvais types d'aliments, et la réaction du corps à de
nombreuses infections qui entraînent la malabsorption des éléments nutritifs ou l'incapacité
d'utiliser les éléments nutritifs convenablement pour préserver la santé.
Sur le plan clinique, la malnutrition est caractérisée par un apport insuffisant ou excessif de
protéines, d’énergie et de micronutriments tels que les vitamines, ainsi que par les infections et
les troubles fréquents qui en résultent.

* La malnutrition sous toutes ses formes augmente le risque de maladie et de décès précoce. La
malnutrition protéino-énergétique, par exemple, joue un rôle majeur dans la moitié de tous les
décès des moins de cinq ans chaque année dans les pays en développement (OMS 2000). Les
formes graves de malnutrition comprennent le marasme (perte chronique de graisses, de
muscles et d'autres tissus), le crétinisme et des lésions cérébrales irréversibles dues à la carence

a
en iode, ainsi que la cécité et le risque accrû d'infection et de décès imputables à l'avitaminose

ép
A.

* Les pénuries alimentaires chroniques touchent environ 870 millions de personnes dans le

Pr
monde (FAO 2012), dont 20% de la population des pays en développement. Dans le monde, la
malnutrition touche une personne sur trois et chacune de ses formes principales éclipse la
La
plupart des autres maladies à l’échelle mondiale. La malnutrition affecte tous les groupes d’âge,
mais elle est particulièrement fréquente chez les pauvres et ceux qui ont un accès insuffisant à
&

l'eau propre et à un assainissement de bonne qualité et sont privés d’éducation sanitaire. Plus
de 70% des enfants souffrant de malnutrition protéino-énergétique vivent en Asie, 26% vivent
n

en Afrique et 4% en Amérique latine et dans les Caraïbes (OMS 2000).


ie
al

* Les interventions qui contribuent à la prévention de la malnutrition comprennent :


G

- l'amélioration de l'approvisionnement en eau, de l'assainissement et de l'hygiène.


- l’éducation sanitaire pour une alimentation saine.
rs

- un meilleur accès, par les pauvres, à des quantités suffisantes d'aliments sains.
u

- la garantie que le développement industriel et agricole n'entraîne pas une malnutrition


accrue.
Co

L’OBÉSITÉ
* L'obésité est un excès de masse de graisse dans le corps, résultat d'un déséquilibre.
L'organisme reçoit plus qu'il ne dépense et donc "stocke" une partie du surplus.
Cette maladie est définie par l'Indice de Masse Corporelle (IMC) qui met en relation le poids et
la taille selon la formule suivante : IMC = poids (Kg) / taille (m)2.

IMC Interprétation
- de 16.5 famine
16.5 à 18.5 maigreur
18.5 à 25 corpulence normale

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25 à 30 surpoids
30 à 35 obésité modérée
35 à 40 obésité sévère
+ de 40 obésité morbide ou massive

On dénombre dans le monde plus de 300 millions d'obèses, et 700 millions de personnes
affectées de surcharge pondérale, soit un milliard de personnes en surpoids.

* Plus aucun pays n'est épargné par l'obésité, au point que l'Organisation mondiale de la santé
parle désormais d'une "épidémie mondiale" qui représenterait le nouveau fléau du XXIe siècle.

Au regard de cette tendance alarmante, en France, le ministère de la Santé et l’Inpes ont mis en
place :
. le programme national Nutrition Santé, (PNNS),
. le programme « manger, bouger », « 5 fruits et légumes par jour »
. le contrôle des publicités alimentaires
. taxe soda (2012)

a
ép
LES TCA : TROUBLES DU COMPORTEMENT ALIMENTAIRE
1. L’anorexie
Pr
La
* Elle fait partie des troubles du comportement alimentaire, qui touchent 20% des "ados". Elle
débute presque toujours à l’adolescence, et concerne dans 90% des cas les filles : près de 0,5%
&

des filles de 15-20 ans sont anorexiques, et la fréquence augmente actuellement dans tous les
pays occidentaux. C’est une maladie d’évolution chronique, grave. Seulement 50% des cas
n

connaissent une guérison totale, et 16% se terminent par un décès.


ie
al

* Sorte de grève de la faim, apparemment motivée par l’obsession d’être toujours plus mince,
l’anorexie est souvent accompagnée d’une activité physique intense et abusive (pour maigrir
G

encore plus), de vomissements provoqués et parfois de la prise de laxatifs. On peut s’interroger


sur l’origine de ce comportement anormal (dit pathologique), alors même que l’anorexique
rs

souffre dans son corps martyrisé (arrêt des règles, troubles de la circulation veineuse, sensation
u

de froid, perte des cheveux, décalcification des os, caries et chute des dents, perte de
Co

concentration et de mémoire, insomnies, …)

* L’anorexie est donc une maladie mentale, traduisant de profonds et difficiles conflits au sein
d’une personnalité pathologique (les spécialistes parlent de conflits pulsionnels). Elle nécessite
d’être traitée le plus précocement possible par des spécialistes, au premier rang desquels les
psychiatres ayant l’habitude de ces prises en charge.

2. La boulimie

* Elle se caractérise par - une perte de contrôle sur l’alimentation - l’association de purgatifs, de
diurétiques, d’exercices physiques intenses et de périodes de restriction alimentaire - des
troubles psycho-pathologiques. La perte du contrôle sur l’alimentation est marquée par des
crises de prises alimentaires brutales, massives, d’aliments hypercaloriques (on parle de
compulsions alimentaires).

* Ces prises alimentaires s’accompagnent d’une intense culpabilité et d’un dégoût de soi. La
boulimique se fait alors vomir par différents moyens. Les troubles psycho-pathologiques qui
sous-tendent ce comportement sont dominés par la peur obsessionnelle de devenir obèse, par

- 90 -
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le souci obsédant de maîtriser son poids (d’où la prise de laxatifs, de diurétiques, d’exercices
physiques intenses et les périodes de régimes draconiens).

* La personne boulimique cache le plus souvent son comportement, aussi bien ses prises
alimentaires que ses vomissements. Comme pour l’anorexie, le traitement est avant tout
psychiatrique avec notamment l’utilisation de méthodes particulières appelées cognitivo-
comportementales auxquelles on associe souvent un traitement antidépresseur.

LE RISQUE ALIMENTAIRE

1. Définition

La salubrité des aliments prend de plus en plus d'importance en santé publique. Dans le
monde entier, les gouvernements redoublent d'efforts pour l'améliorer, en réaction à un
nombre croissant de problèmes et à des inquiétudes de plus en plus vives de la part des
consommateurs.
Définition d'une maladie d'origine alimentaire : il s'agit d'une affection, en général de nature

a
infectieuse ou toxique, provoquée par des agents qui pénètrent dans l'organisme par le biais

ép
des aliments ingérés. Personne n'est à l'abri de maladies d'origine alimentaire.

Pr
2. Principales maladies d'origine alimentaire imputables à des micro-organismes :
La
* Les salmonelloses représentent un problème important dans les pays industrialisés.
Provoquées par des bactéries appelées salmonelles, les symptômes en sont de la fièvre, des
&

céphalées, des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales et des diarrhées. Les
aliments incriminés dans les flambées épidémiques ont pu être par exemple des plats à base
n

d'oeufs, de volaille, de viande, de lait cru ou de chocolat.


ie

* La campylobactériose est une infection répandue provoquée par certaines espèces de


al

bactéries du genre Campylobacter. Dans certains pays, son incidence dépasse celle des
salmonelloses. Les aliments incriminés sont principalement le lait cru, la volaille crue ou mal
G

cuite et l'eau de boisson. Les troubles aigus comprennent de sévères douleurs abdominales, de
rs

la fièvre, des nausées et de la diarrhée. Dans 2 à 10% des cas, l'infection évolue vers des
problèmes de santé chroniques comme de l'arthrite réactionnelle ou des troubles
u

neurologiques.
Co

* Les infections imputables à des E. coli entérohémorragiques (qui provoquent des hémorragies
intestinales) comme E. coli O157 et les listérioses sont d'autres maladies d'origine alimentaire
qui sont apparues au cours des dernières décennies. Malgré une incidence relativement faible,
leurs conséquences sérieuses et parfois mortelles, notamment chez les nourrissons, les enfants
et les personnes âgées, les placent parmi les infections les plus graves.(cf épidémie en Europe
au printemps et été 2011)

* Le choléra représente une menace importante pour la santé publique dans les pays en
développement et entraîne des pertes économiques considérables. L'agent responsable est une
bactérie, Vibrio cholerae. En dehors de l'eau, divers aliments contaminés peuvent transmettre
l'infection : c'est ainsi qu'on a associé aux flambées épidémiques, le riz, des végétaux, le gruau
de millet, et différents poissons et fruits de mer. Les symptômes comprennent des douleurs
abdominales, des vomissements et des diarrhées aqueuses profuses pouvant entraîner une
déshydratation grave et la mort, si les pertes hydriques et salines ne sont pas compensées.

* Autres problèmes de salubrité des aliments :

- 91 -
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- Les toxines naturelles, comme les mycotoxines, les biotoxines marines, les glucosides
cyanogéniques et les toxines que l'on trouve dans les champignons vénéneux, provoquent
régulièrement des intoxications graves. On trouve les mycotoxines, comme l'aflatoxine ou
l'ochratoxine A, à des titres mesurables dans de nombreux aliments de base. Toutefois, on
connaît mal les conséquences pour la santé de l'exposition à long terme à ces toxines.
- Les agents non conventionnels. Un exemple en est le prion. A l'origine de l'encéphalopathie
spongiforme bovine qui frappe le bétail (ESB ou « maladie de la vache folle »), on l'associe à la
nouvelle variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob chez l'homme. La consommation de
produits d'origine bovine contenant des tissus du système nerveux central est la voie la plus
probable de transmission des prions à l'homme.
- Les polluants organiques persistants (POP) sont des produits qui s'accumulent dans
l'environnement et l'organisme humain. Les exemples les plus connus sont les dioxines et les
PCB (biphényles polychlorés). Les dioxines sont produites involontairement par certains
procédés industriels, notamment dans le domaine de l'incinération des déchets. L'exposition de
l'être humain aux POP peut entraîner des effets indésirables très divers.
- Les métaux, comme le plomb ou le mercure, provoquent des lésions neurologiques chez le
nourrisson et l'enfant. L'exposition au cadmium peut également entraîner des lésions rénales
que l'on observe d'habitude chez la personne âgée. Ces métaux (et les POP) contaminent les
aliments par l'intermédiaire de la pollution de l'air, de l'eau et des sols.

a
ép
___________________________________________________________________________

Pr
Documentation
La
« Alerte sur la cité » : Docu-Sciences, 54min
A l'heure où la technologie peut se retourner contre la société, les «lanceurs d'alertes», qu'ils
soient experts, porte-parole d'associations ou élus préviennent des dangers mais tentent
&

également d'en infléchir les processus ou d'en limiter les dégâts. Il leur est difficile, pourtant, de
n

faire entendre leur voix. André Cicolella, spécialiste en évaluation des risques de santé, Martin
ie

Hirsch, ancien directeur général de l'Afssa (Agence française de la sécurité sanitaire des
aliments), Charles Pilet, ancient président de l'Académie de médecine et Claude Birraux, vice-
al

président de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques


G

apportent leur éclairage sur le sujet.


rs

« Super size me » : Date de sortie : 30 Juin 2004 Réalisé par Morgan Spurlock, Avec Morgan
Spurlock, Film américain. Genre : Documentaire Durée : 1h 38min. année de production :
u

2004
Co

Titre original : Super Size Me


Le fast-food est partout. 37 % des enfants et des adolescents américains ont un problème de
poids. Deux adultes sur trois sont atteints de surcharge pondérale ou d'obésité. Comment
l'Amérique est-elle devenue aussi grosse ? Pour mener son enquête, Morgan Spurlock a traversé
les Etats-Unis et interrogé des spécialistes dans plus de vingt villes. Un ancien ministre de la
santé, des profs de gym, des cuisiniers de cantines scolaires, des publicitaires, des avocats et
des législateurs lui confient le résultat de leurs recherches, leurs sentiments, leurs craintes et
leurs doutes. Mais le fil rouge de ce documentaire est une expérience que Morgan Spurlock
décide de mener sur lui-même. Sous la surveillance attentive de trois médecins, le voilà donc
au régime MacMuffin, Big Mac, Royal Cheese, frites et coca.

Article Atlantico.fr le 15/04/2013

Scandales alimentaires : un autre visage de la mondialisation.

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L’affaire ne date que de quelques semaines, et il y a peu de chances que vous l’ayez oubliée,
surtout si vous êtes amateur de plats surgelés ou amoureux des équidés : de la viande de cheval
a été retrouvée dans nombre de plats surgelés – des lasagnes aux tomates farcies – dans toute
l’Europe.

L’occasion pour beaucoup d’entre nous de découvrir qu’un animal peut être abattu en
Roumanie, puis sa viande vendue en gros via deux courtiers, un à Chypre et l’autre aux Pays-
Bas, à une société française, pour être transformée au Luxembourg et ensuite être vendue un
peu partout en Europe, de la France à l’Italie, en passant par le Portugal, l’Angleterre, et ce,
entre autres, par une entreprise suédoise.

Derrière cette filière, un principe : la rentabilité. Car si le grossiste néerlandais a acheté de la


viande de cheval en Roumanie, c’est uniquement pour une question de coût et de marge. Un
circuit qui nous permet d’acheter des lasagnes surgelées quelques euros.

L’affaire de la viande de cheval a été le début d’une vaste vague de contrôles sanitaires. Les
résultats laissent… perplexe. C’est en effet une véritable ménagerie qui transite dans nos
assiettes : du cheval dans des lasagnes, des boulettes, des raviolis ou de la moussaka, du porc à
la place du bœuf en Angleterre ou encore du kangourou et de la girafe dans des bâtonnets de

a
viande séchée d’antilope en Afrique du Sud...

ép
Les mauvaises surprises ne s’arrêtent pas là : des bactéries d’origine douteuse ont été

Pr
découvertes dans des tartes Ikea et, en Islande, des tourtes à la viande se sont avérées ne
contenir aucune trace de protéines animales. Bienvenue dans l’ère de la suspicion envers le
La
contenu de votre assiette.
&

Si la viande de cheval ne risque pas de vous tuer, d’autres scandales alimentaires ont non
seulement défrayé la chronique mais aussi fait des victimes.
n
ie

En 2008, c’est le scandale du lait frelaté qui a secoué la Chine. Le géant agroalimentaire
chinois Sanlu avait en effet mis en vente du lait de vache contenant de la mélamine, destinée à
al

en falsifier la quantité de protéines. Le problème est que la mélamine peut déclencher des
G

calculs rénaux. D’après l’estimation du ministère de la Santé chinois, 300 000 enfants auraient
été concernés et une dizaine d’entre eux en seraient morts.
u rs

En février dernier, l’affaire a même été relancée alors que 72 tonnes de poudre de lait
Co

contaminé ont été saisies, preuve que les stocks de lait à la mélamine n’ont toujours pas été
complètement détruits.

- 93 -
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BIOETHIQUE ET EUTHANASIE

LA BIOETHIQUE

- DEFINITION

Élaboration des normes juridiques et réflexion sur les principes éthiques appelés à encadrer les
interventions biomédicales sur la personne, en particulier, celles rendues possibles par les
greffes d’organes, de tissus ou de cellules, les procréations médicalement assistées et la
génétique.

- LOIS DE BIOETHIQUE

a
ép
Les lois de bioéthique sont les lois encadrant la recherche sur le vivant et ses utilisations.
En, France les premières lois de bioéthique ont été adoptées en 1994. Ces lois ont été révisées

Pr
en 2010 et publiées au J.O en juillet 2011.

Les lois de bioéthique 2011


La
- Maintien de l’anonymat pour les donneurs de gamètes (sperme ou ovocyte). Le don s’ouvre
&

désormais aux personnes n’ayant jamais eu d’enfant.


n

- Les mères porteuses : interdiction de la gestation pour autrui et du transfert d'embryon post-
ie

mortem. Pas d’ouverture à l'assistance médicale à la procréation (AMP) aux célibataires ou aux
al

homosexuels.
G

- Assistance médicale à la procréation : suppression de la condition de deux ans de vie


commune pour les partenaires et concubins, autorisation de la technique de congélation ultra-
rs

rapide des ovocytes, et les sages-femmes peuvent désormais concourir aux opérations
u
Co

- Autorisation du don croisé d'organes.

- La recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires est interdite, mais
autorisation à titre exceptionnel.

- Transfert d’embryons post-mortem sous conditions

- Révisions des lois tous les 7 ans (5 ans auparavant).

- DATES CLES

1971 : Première apparition du terme " sous la plume d’un médecin américain, Van Rensselaer
Potter.

- 94 -
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24 février 1982 : Naissance du premier bébé éprouvette français Amandine à l'hôpital Antoine
Béclère de Clamart. René Friedman, Jacques Testart et Émile Papiernick ont permis cette
naissance.

23 février 1983 : En France, création du Comité consultatif national d’éthique (CCNE).

29 juillet 1994 : En France, premières lois sur la bioéthique qui établissent les principes
généraux de protection de la personne humaine et fixent les règles d’organisation de certains
secteurs médicaux (aide à la procréation, greffes).

Juillet 1996 : la première fois, clonage d’un mammifère adulte, la brebis Dolly.

7 décembre 2000 : Proclamation de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne


qui interdit le clonage reproductif des êtres humains, les pratiques eugéniques de sélection des
personnes et interdit de faire du corps humain et de ses parties une source de profits (art. 3).

25 novembre 2001 : Pour la première fois, des biologistes américains affirment avoir réussi à
créer par clonage trois embryons humains atteignant le stade de six cellules à des fins
thérapeutiques.

a
ép
6 août 2004 : Nouvelle loi de bioéthique, révisant les lois de 1994, qui créée notamment
l’Agence de la biomédecine et la notion de crimes contre l’espèce humaine (eugénisme,

Pr
clonage reproductif).
La
26 janvier 2011 : Naissance à Clamart du premier bébé médicament français.
&

Juillet 2011 : Nouvelles lois de bioéthique


n
ie

Vocabulaire :
al

- AMP : Assistance médicale à la procréation


G

Ensemble des techniques qui permettent à des couples stériles d’avoir un enfant. Ces
rs

techniques peuvent être : insémination artificielle, fécondation artificielle et transfert


u

d’embryons dans l’utérus : FIV, ICSI.


Co

On estime qu’un couple sur 7 est amené à consulter un médecin au moins une fois pour une
infertilité supposée et qu’un couple sur 10 suit des traitements pour remédier à son infertilité.
Depuis 1978, 5 millions de bébés sont nés dans le monde grâce aux techniques de fécondation
in vitro.
Selon la Société européenne de reproduction humaine et d'embryologie (ESHRE), quelques
350.000 bébés sont désormais conçus chaque année par fécondation in vitro, soit 0,3% des
130 millions de bébés qui naissent dans le monde.
Le taux de succès d'un cycle de traitement s'est stabilisé à 32% de taux de grossesse par
embryon transféré.
En 2010, 60 357 inséminations ont été effectuées en France.

- DPI : Diagnostic pré implantatoire

Le DPI consiste à rechercher certaines anomalies génétiques sur des embryons obtenus par
fécondation in vitro (FIV). Les embryons non porteurs de l’anomalie sont transférés dans l’utérus
et les embryons atteints sont détruits.
Le DPI n’est pratiqué que dans des centres certifiés : 17 dans le monde.

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Les 2/3 des diagnostics concernent la détermination du sexe pour éliminer les embryons de
sexe masculin à risque car peut-être porteurs d’une maladie liée au chromosome X.
Le DPI est utilisé pour identifier la dystrophie musculaire, l’hémophilie, la mucoviscidose…

L’EUTHANASIE

L’euthanasie fait régulièrement la une de l’actualité (Chantal Sébire en 2008 ou Vincent


Humbert en 2003) et le débat pour ou contre est souvent relancé. Les français semblent
pourtant plutôt favorables à l’euthanasie pour les personnes atteintes de maladies
insupportables ou incurables.

a
ép
- DEFINITIONS

Pr
L’euthanasie signifie étymologiquement : bonne mort, mort douce et sans souffrance.
Le dictionnaire Larousse la définit comme la "doctrine selon laquelle il est licite d'abréger la vie
La
d'un malade incurable pour mettre fin à ses souffrances"
La définition reconnue est : "geste ou omission du geste qui provoque délibérément la mort du
&

malade qui souffre de façon insupportable ou vit une dégradation insoutenable".


On distingue :
n

- L'euthanasie active qui suppose le geste d'un tiers administrant à un mourant une
ie

substance létale ou la lui fournissant ou le tuant par tous moyens.


- L'euthanasie passive qui est définie comme l'arrêt des traitements de réanimation, ou
al

celui du traitement de la maladie fatale, à partir du moment où l'on est convaincu que le cas
G

est désespéré.
- Le suicide assisté : le médecin montre au patient encore lucide et mobile une méthode
rs

lui permettant de mettre fin à ses jours le plus sereinement possible.


u

- LA LOI
Co

En France, l'euthanasie est pénalement réprimée. Elle peut constituer un meurtre, un homicide
involontaire, un délit de non assistance à personne en péril, un empoisonnement, une
provocation au suicide.
De plus, la personne qui provoque l'euthanasie peut être condamnée à payer des dommages et
intérêts et si elle a agit dans le cadre de sa profession, elle encourt des sanctions disciplinaires.
La loi Leonnetti du 22/04/2005 régit « la fin de vie » des malades. Elle interdit donc
l’acharnement thérapeutique, prévoit le droit du patient de refuser un traitement et promeut les
soins palliatifs.
Les médecins n’ont pas le droit d’administrer une substance pour faire mourir le malade.

Les pouvoirs publics ont mis à la disposition du public et des professionnels un service
téléphonique d’informations, d’orientation et d’écoute sur l’accompagnement de fin de vie :
0 811 020 300.

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Depuis 2010, les personnes accompagnant un proche en fin de vie ont droit à une « allocation
d’accompagnement à la fin de vie » (54,82 €/jour pendant 21 jours pour compenser l’arrêt de
leur activité professionnelle).

- A SAVOIR

En Europe, les Pays Bas, le Luxembourg et la Belgique ont dépénalisé l’euthanasie (loi très
réglementée). En Suisse, le suicide assisté par un médecin est légal. Certains pays européens
permettent de mettre un terme à l’acharnement thérapeutique : France, Espagne, Danemark,
Allemagne, Slovaquie… L’euthanasie est strictement interdite en Roumanie, Grèce, Croatie,
Pologne et Irlande.

Article liberation.fr 01/11/2013

92% des français favorables à l’euthanasie

a
92% des Français sont favorables à l’euthanasie pour les personnes qui en font la demande et

ép
qui souffrent de «maladies insupportables et incurables», selon un sondage Ifop publié
vendredi par l’association pro-euthanasie ADMD.

Pr
Ce baromètre a été réalisé en ligne par l’Ifop auprès d’un échantillon représentatif de 1 004
La
personnes (méthode des quotas) du 29 au 31 octobre.

A la question, «selon vous la loi française devrait-elle autoriser les médecins à mettre fin, sans
&

souffrance, à la vie de ces personnes atteintes de maladies insupportables et incurables si elles


n

le demandent ?», 44% répondent «oui absolument» et 48% répondent «oui dans certain cas»
soit un total de 92% de réponses positives.
ie
al

Ils étaient 94% à répondre globalement oui à la même question lors d’un sondage réalisé en
G

août 2011 par le même institut pour le journal Sud Ouest.


rs

Pour l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) qui organise samedi des
rassemblements à Paris et en province pour réclamer «une loi de liberté qui permette à chacun
u

de décider des conditions de sa propre fin de vie», ce sondage est un nouvel élément en faveur
Co

d’une légalisation de l’euthanasie.

L’association anti-euthanasie Alliance Vita dénonce de son côté «la récupération du jour des
défunts par les promoteurs de l’euthanasie» alors que le 2 novembre a été baptisé par l’ADMD
«journée mondiale pour le droit à mourir dans la dignité».

Le président François Hollande avait promis en juillet après la publication d’un avis du Comité
consultatif national d’éthique (CCNE) sur la fin de vie, un débat public sur la question, avant un
possible projet de loi d’ici la fin de l’année. (…)

Dans sa proposition 21 de candidat à la présidence, M. Hollande disait: «Je proposerai que


toute personne majeure en phase avancée ou terminale d’une maladie incurable, provoquant
une souffrance physique ou psychique insupportable, et qui ne peut être apaisée, puisse
demander, dans des conditions précises et strictes, à bénéficier d’une assistance médicalisée
pour terminer sa vie dans la dignité».

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