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NICE

Albrecht DÜRER,
Collections de Nuremberg
Dans le cadre du jubilé du jumelage Nice/Nuremberg 1954-
2004
Musée des Beaux-Arts
Exposition du 18 septembre au 12 décembre 2004

Dossier de presse

Jeune couple et la mort, vers 1497-1498


Gravure sur cuivre, 195 x 121 mm

________________________________________________________________________________
Chargée de communication : Martine RUDIN
Tél : 04 97 13 34 98 / fax 04 93 80 70 87
E-mail : martine.rudin@ville-nice.fr

MR/29/06/04
Communiqué

Albrecht DÜRER,
Collections de Nuremberg
Musée des beaux-arts de Nice
Exposition du 18 septembre au 12 décembre 2004
___________________________________________________________________________

C’est une exposition exceptionnelle qu’accueille le musée des beaux-arts


de Nice, pour commémorer le cinquantenaire du pacte de jumelage signé
entre Nice et Nuremberg (20 octobre 1954), le jumelage le plus ancien
parmi les nombreux pactes ratifiés par la Ville de Nice.

Près de cent gravures sur cuivre et bois, signées du Maître de la


Renaissance Allemande, Albrecht DÜRER (1471-1528) gracieusement
prêtées pour la plupart, par la Ville de Nuremberg, mais également par le
Germanisches National Museum, sont rassemblées à Nice. L’ensemble
comprend notamment deux des Trois grands livres d’Albrecht DÜRER
(oeuvres graphiques réunies et éditées en 1511 sous forme de livre) : La
Grande Passion, suite de douze gravures sur bois décrivant les
souffrances du Christ, et La Vie de Marie, description de la vie de la
Vierge, empruntée aux Apocryphes. Quatre planches isolées de
l’Apocalypse qui fut le premier grand livre édité par Dürer ainsi que des
planches de la Passion gravée sur cuivre et de la Petite Passion,
complètent cet ensemble.

Dürer a joui de son vivant d’une réputation immense, surtout comme


graveur, technique dans laquelle il a atteint une perfection sans
précédent. Il était capable de donner à ses gravures un très grand effet
de modélisation pittoresque et une plasticité corporelle. Avant lui, il
convient de citer parmi les plus grands graveurs sur cuivre, le maître du
Haut-Rhin, Martin Schongauer (1445-1491) et l’italien Andrea Mantegna
(1431-1506), dont les réalisations techniques et les influences
stylistiques l’ont inspiré.
L’exposition est réalisée en collaboration avec la ville de Nuremberg -Dr
Jutta-Tschoeke, directrice de la Maison Dürer de Nuremberg, Dr. Rainer
Schoch, responsable de la collection graphique du musée national germanique-
et le Musée des Beaux-Arts de Nice -Béatrice Debrabandère-Descamps,
conservateur-.

Un catalogue de l’exposition sera publié Par les éditions Prestel.

…/…
Autour de l’exposition

Visites-conférences

- 21/09/04 à 15h • Dürer et l’Art religieux


- 05/10/04 à 15h • Dürer : influence de l’art gothique et de la
Renaissance
- 14/10/04 à 15h • Les techniques de la gravure à l’époque de Dürer
- 18/11/04 à 15h • Les gravures de Dürer : la Passion du Christ et la
vie de Marie

Tarif : 3 euros - réduit 1,5 euro

Musée des Beaux-Arts


33, avenue des Baumettes – 06000 Nice - Tél. 04 92 15 28 28 / fax 04 93
97 67 07
Tous les jours sauf lundi de 10h à 18h - Entrée : tarif : 4 euros - réduit :
2,50 euros

__________________________________________________________________________________________
Chargée de communication : Martine RUDIN
Tél : 04 97 13 34 98 / fax 04 93 80 70 87
E-mail : martine.rudin@ville-nice.fr
Albrecht DÜRER,
Collections de Nuremberg

La primauté de la Renaissance italienne aux XVe et XVIe siècles en


Europe

Au début du XVIe siècle, l'Italie a atteint, grâce à ses grands maîtres tels Giotto
(1226), Léonard de Vinci, Raphaël et Michel-Ange (XVe siècle), une place si
prééminente dans le domaine de l'art, qu'elle en déterminera tout le
développement en Europe pour plusieurs siècles.

Ni la France, ni l'Angleterre, ni l'Allemagne ne pouvaient alors lui opposer une


production d'une valeur équivalente. Il faudra plus d'un siècle avant que la
primauté passe de l'Italie aux Pays-Bas, grâce en particulier à Rubens (1577) et à
Rembrandt (1630), -pour peu de temps il est vrai- à l'Espagne, avec Bartolomé
Bermejo, et vers le milieu du XVIe siècle avec l'arrivée de Diégo de Siloé, à
Grenade.
Léonard de Vinci dominait la scène artistique en France et Van Dyck en
Angleterre. A la fin du XVe siècle l'Allemagne donne le jour à un maître :
Albrecht Dürer (1471- 1528)

Son œuvre n'apparaît pas comme ayant dès l'abord le même éclat et la même
puissance de séduction que celle de ses contemporains italiens, son charme
opère plus lentement, d'une manière moins apparente, son génie avance sur la
voie tracée avec rigueur et réglée jusqu'aux moindres détails par une tradition de
métier manuel. Dürer, conscient de la lutte à laquelle il se prépare, et travaillant
de façon appliquée et rigoureuse, jour après jour, s'élève par la seule force de sa
volonté, se révélant brusquement, vers sa vingt-septième année, comme le
Maître de Nuremberg, auteur de l' Apocalypse (ensemble de gravures sur bois),
avec qui aucun autre artiste allemand n'ose plus se mesurer.

Dürer : fils de Nuremberg


*Comme beaucoup de graveurs du XVe siècle, Dürer apprend d’abord
l’orfèvrerie, avec son père Albrecht l’Ancien établi Nuremberg, ce qui le
familiarise avec le burin dès son adolescence. Il est élevé dans le culte et la
tradition de la peinture européenne moderne (Jan Van Eyck et Rogier Van Der
Weyden). Il sera le premier graveur à Nuremberg.
Un voyage de formation le porte de 1490 à 1494 aux Pays-Bas, en Alsace et en
Allemagne (Colmar, Strasbourg, Bâle) au cours duquel il vit de ses dessins et
gravures sur bois et ses illustrations de livres. De retour à Nuremberg, il se marie
avec Agnès Frey dont il n’eut pas d’enfant. Il mène une vie intellectuelle brillante
fréquentant évêques, patriciens (dont l’humaniste Willibald Pirckheimer) et
seigneurs de la ville.

Par la suite, il effectue un premier voyage en Italie (1494-1495) à Padoue,


Mantoue et Venise où il découvre Mantegna et Bellini. De retour à Nuremberg, où
il s’établit en 1495, le jeune Dürer produit une grande collection de gravures qui
lui assure un revenu indépendant de ses commandes de peinture (60 gravures
sur bois et cuivre), de différents thèmes et formats. Il obtient ses premiers
grands succès d’édition en gravure sur bois avec l’Apocalypse de Saint Jean et la
vie de Marie .
Après un deuxième voyage en Italie (1505-1507), Dürer mène une carrière
florissante à Nuremberg grâce aux commandes publiques de peintures et
gravures.

La gravure sur cuivre et la gravure sur bois qui n’étaient alors que des
techniques peu abouties, utilisées pour l’illustration ont été portées au rang
d’arts majeurs par Dürer, particulièrement pour le cuivre qu’il transcenda.

source : Albrecht Dürer et la gravure allemande, chefs-d’œuvres graphiques du musée Condé à Chantilly

L’étude des proportions

*Attiré par le travail du peintre vénitien Jacopo de Barbari et influencé par le


modèle antique de Vitruve, Dürer se consacre à partir de 1500 à
l’étude systématique des proportions humaines en étudiant le travail
des artistes de la Renaissance, tels Donatello et Léonard de Vinci
(d’autres études similaires et intensives ont porté sur le cheval). Il fait
un second voyage en Italie de 1505 à 1507 pour fuir la peste et
rencontrer les savants et artistes travaillant sur le problème de la
perspective.
Ses propres recherches sur la perspective et un grand nombre d’études
de nus précèdent la création en 1507 de Adam et Eve ( Madrid, Prado),
premiers nus grandeur nature de la peinture allemande.

Dürer a rassemblé dans un livre ses études des proportions, qui ont duré
plus de dix ans. Les quatre livres des proportions du corps humain ont
parus en 1528, année de la mort de l’artiste. Il publie aussi un traité de
géométrie Instruction pour mesurer à la règle et au compas en 1525 et un
Traité sur les fortifications, en 1527.
*source : Albrecht Dürer et la gravure allemande, chefs-d’œuvres graphiques du musée Condé à Chantilly
Dr Jutta Tschoeke- responsable de la collection graphique des musées de la ville de Nuremberg,

*L’époque des « gravures de maître » des XVe et XVIe siècles

L’art de la gravure sur cuivre est né en Allemagne vers 1430, les premiers
graveurs ne signaient pas encore de leur nom ; aussi les historiens les ont
nommés en fonction de leur style (le Maître aux banderoles) ou d’après le titre de
leur œuvre principale (le Maître du livre de raison). Progressivement les artistes
se mirent à signer de leur monogramme ( Martin Schongauer), mais beaucoup de
gravures de l’époque sont restées anonymes.

La gravure sur bois ou taille d’épargne est la technique d’impression en relief


du Moyen-âge (les surfaces saillantes obtenues par évidage du bois sont encrées
et impriment le papier sous l’action d’une presse), au contraire de la gravure
sur métal qui est un procédé d’impression en creux (le papier humidifié va
chercher l’encre dans les creux lors de la presse, le trait est imprimé en léger
relief).

Entre 1515 et 1518, il est le premier à tester la gravure à l’eau-forte sur fer,
méthode de gravure utilisée dans la fabrication d’armures. La pointe sèche
(plaque de métal griffée superficiellement à l’aide d’une pointe effilée) est une
étape vers l’élaboration de la gravure à l’eau forte, technique apparue vers
1510. La plaque est recouverte d’un vernis protecteur avant le dessin à la pointe
sèche, puis soumise à l’action d’un acide -eau forte- qui creuse les parties non
protégées par le vernis.
Un dessin spontané et schématique, des effets de lumière hautement
dramatiques caractérisent ses six gravures à l’eau forte

Mais c’est surtout dans la technique du burin que Dürer devient Maître :
Saint Jérôme dans sa cellule (gravé pas moins de sept fois), et dont la réalisation
reste emblématique de son œuvre gravé (1514), ainsi que Mélancolie I et le
Chevalier, la Mort et le Diable. Les clairs-obscurs pittoresques, la forme plastique
et le rendu pictural y sont d’une maîtrise extraordinaire.
En dehors de leur format similaire, il est peu question d’homogénéité en terme
de contenu. Leur point commun est l’étude riche et variée des grandes questions
existentielles et philosophiques de l’époque.

*source : Albrecht Dürer et la gravure allemande, chefs-d’œuvres graphiques du musée Condé à Chantilly

*La rencontre avec l’Antiquité païenne

La rencontre avec l’art des débuts de la Renaissance italienne, avec les œuvres
d’Andrea Mantegna et d’Antonio Pollaluolo, est décisive dans le développement
artistique de Dürer. Les nouveaux thèmes et le nouveau langage des formes du
Quattrocento, qui lui ont été enseignés à Venise, jouent un rôle central dans la
première phase de son travail de gravure.
Elles ont parfois donné lieu à de nombreuses interprétations, images
énigmatiques inspirées par la mythologie païenne antique, avec ses divinités et
ses créatures fabuleuses. Son intérêt porte essentiellement sur la représentation
du corps nu et sur le langage corporel pathétique. L’étude du monde antique par
Dürer est pleine de contradictions. La fascination sensorielle est placée après la
réserve morale. Les déesse païennes s’unissent à des diables et des démons. Les
scènes mythologiques sont transformées en allégories de la vertu et du vice .

Les représentations chrétiennes du Moyen-âge et païennes de l’Antiquité


deviennent des images sombres qui ont constitué une énigme pour les
contemporains du Maître. Les nombreuses copies ont cependant connu un grand
succès sur le marché.

Source : Dr Jutta Tschoeke- responsable de la collection graphique des musées de la ville de Nuremberg,

*Les trois Passions d’Albrecht DÜRER

Ajoutées à l’Apocalypse, ces trois Passions ont contribué à faire connaître Dürer
dans toute l’Europe
Dürer voit dans la représentation de la passion du Christ, la principale mission de
la peinture.
Outre les diverses représentations individuelles, il a réalisé trois séries : deux
passions sur bois, appelées Petite Passion (37 gravures) et Grande Passion (6
feuilles) et une Passion gravée sur cuivre (16 feuilles).
Les 16 planches de la Passion gravée sur cuivre au format compact et élégant,
ont été publiées entre 1507 et 1512 et ne comportent pas de texte
d’accompagnement. Johannes Cochlaeus en a fait l’éloge en 1512 : « Il y a des
images de la passion du seigneur d’Albrecht Dürer qui sont représentées de
manière tellement subtile et avec de telles perspectives que les marchands de
toute l’Europe se précipitent pour en acheter ».

L’Apocalypse
Le livre biblique de l’Apocalypse décrit sous forme d’images secrètement
codées, le tribunal du monde et l’arrivée d’un royaume des dieux juste. Les
visions terrifiantes de la fin du monde sont au centre de l’art moyenâgeux. A
cette époque (avant 1500), les guerres, maladies et phénomènes naturels
représentaient une réelle menace et étaient interprétés comme des signes
annonciateurs de la fin du monde.

Seuls quelques exemplaires de « l’Apocalypse » ont été transmis dans leur


format de livre initial. Une gravure sur bois sur une page entière fait face à un
texte biblique écrit sur deux colonnes.
DÜRER a traduit ce texte difficile en un langage pictural compréhensible par
tous, utilisant des descriptions « naturalistes » détaillées par rapport aux
schémas moyenâgeux abstraits. La virtuosité de DÜRER qui conjuguait le
dynamisme du trait avec le modelage hachuré sur de grands formats, était d’une
grande nouveauté. Il a fait imprimer à son compte en 1498, une version
allemande et latine de l’Apocalypse (livre de 8 feuilles).

L’Apocalypse compte parmi les œuvres d’art les plus importantes depuis le
Moyen-âge, et jusqu’aux temps modernes.
La Grande Passion
La Grande Passion est une suite de 11 gravures sur bois et une feuille de
titre décrivant les souffrances du Christ, à peu près contemporaine de
l’Apocalypse. Aux gravures produites entre 1496 et 1499, qui firent
d’abord leur apparition sur le marché en feuilles isolées, Dürer en ajouta
quatre autres en 1510 (la Cène, l’Arrestation, le Christ dans les limbes, la
Résurrection). Publiées sous forme de livre vers 1511, elles sont
complétées par le texte (hexamètres) écrit par le moine bénédictin
Chelidonius, haut représentant du « Klosterhumanismus » de Nuremberg
à partir de poèmes latins. Alors que dans ses premières gravures, de
même que dans l’Apocalypse, c’est un tracé puissant et un mouvement
dynamique qui prédomine, c’est vers un style nouveau que s’oriente
Dürer à partir de 1508 environ. A la suite du second voyage en Italie, il
utilise des hachures parallèles et régulières alliées à des surfaces
teintées, d’intensités variées, permettant de rendre les ambiances et les
différentes lumières du jour. Ce développement s’observe
particulièrement dans la Grande Passion qui associe des gravures plus
anciennes et plus tardives.

La Vie de Marie

La vie de Marie est le dernier des trois « grands livres » de Dürer. Les 19
gravures (et une feuille de titre) relatent des évènements importants de la
vie de la Vierge, de son assomption à son couronnement.
De même que pour les deux autres suites sous forme de livre, les
innovations iconographiques importaient peu à Dürer et il s’aligna sur des
modèles traditionnels. On y reconnaît des influences de Martin
Schongauer et Andréa Mantegna. Les vingt gravures sur bois de la Vie de
Marie -de format plus petit que l’Apocalypse et la Grande Passion- datent
probablement de 1502 à 1505 et les représentations de la Mort de Marie
et de l’Assomption sont de 1510. D’abord parue sous forme de feuilles
isolées, la Vie de Marie est éditée sous forme de livre en 1511 en même
temps que les deux autres éditions.
Les vers sont écrits en lettres antiques par le moine bénédictin
Chelidonius, de fréquentes comparaisons avec les divinités antiques,
donnent un cadre classique aux images plus sentimentales avec
lesquelles DÜRER décrit les joies et les souffrances de Marie.
Un ton paisible, presque humoristique prédomine, avec lequel DÜRER
dépeint son existence sur un mode narratif simple et populaire. Les
compositions sont pensées de manière rationnelle et présentent pour la
plupart des personnages individuels ou des groupes disposés en figures
architecturales.
Source : Dr Jutta Tschoeke- responsable de la collection graphique des musées de la ville de Nuremberg,
ALBRECHT DÜRER
1471 - 1528

1471 21 mai, naissance à Nuremberg, fils d’Albrecht DÜRER,


« l’ancien », originaire de Hongrie (mort en 1502) et de
Barbara Holper (morte en 1514)

1484 Apprend l’orfèvrerie auprès de son père

1485 30 novembre : début de son apprentissage chez le peintre


Michael Wolgemut

1490 – 1494 Voyages à Colmar, Basel et Strasbourg, illustration de


livres

1494 7 juillet : mariage avec Agnès, fille de l’orfèvre Hans Frey et de


son épouse Anna, née Rummel. A l’automne, Albrecht Dürer
part en voyage à Venise et Innsbruck

1495 En début d’année, revient à Nuremberg et se lie d’amitié avec


Willibald Pirckheimer

1497 Première estampe datée : « Les quatre Sorcières »

1498 Parution de l’ « Apocalypse », série de gravures sur bois

1504 Estampe « Adam et Eve »

1505 A la fin de l’été : Départ pour Venise


1506 Achèvement de la « Fête du Rosaire » à Venise. Voyage à
Bologne

1507 Janvier : Retour à Nuremberg

1509 14 Juin : acquisition de la « Maison Dürer », place


Tiergärtnertor

1511 Editions des gravures sur bois de la petite et de la grande


passion, de la « Vie de la vierge ». Deuxième édition de
l’Apocalypse

1512 Reçoit une commande de l’Empereur Maximilien 1er de


passage à Nuremberg

1515 6 septembre : l’Empereur Maximilien 1er lui octroie une rente


annuel de 100 Florins

1517 Automne : séjour à Bamberg

1518 Eté : Dürer se rend au Reichstag à Augsburg

1519 12 janvier : mort de Maximilien 1er à Wels.


Mai ou juin : voyage en Suisse avec Willibald Pirckheimer et
Martin Tucher

1520 du 12 Juillet jusqu’à l’été 1521 : voyage aux Pays Bas


Couronnement de l’Empereur Charles V

1522 – 1523 Commande du Reichtag de Nuremberg

1525 Parution de « l’Enseignement de la mesure »

1526 Donation des « Quatre apôtres » au Conseil de la Ville


(aujourd’hui Munich)

1527 Termine ses « Quatre livres des proportions du corps humain »


(publication posthume) et publie son « traité sur les
fortifications »

528 Dürer décède le 6 avril à Nuremberg, il est inhumé au


Cimetière « Johannisfriedhof » de cette même ville
Editorial de Monsieur Ulrich Maly, Maire de Nuremberg

2004 est l’année du cinquantième anniversaire du jumelage entre les villes de


Nuremberg et de Nice. Cet anniversaire compte beaucoup dans la mesure où
les échanges entre les deux villes s’effectuent à plusieurs niveaux. Quoi de
plus naturel alors que de consacrer une grande exposition à Albrecht Dürer de
Nuremberg comme émissaire le plus digne de notre ville à Nice ? La ville de
Nuremberg est fière et heureuse que l’artiste de la Renaissance le plus célèbre
en Allemagne soit à l’honneur pendant quelques semaines au célèbre musée
des beaux arts de Nice, dans une exposition intitulée « Albrecht Dürer -
Collection de Nuremberg ». J’aimerais avant tout remercier les promoteurs du
projet sur place.

Les œuvres d’Albrecht Dürer (1471-1528), gravures sur bois et gravures sur
cuivre, qui lui ont permis de développer ses capacités artistiques uniques et
l’ont rendu célèbre au-delà des frontières de l’Allemagne, seront exposées à
Nice. Des estampes graphiques d’environ un demi- millénaire, en majeure partie
propriété de la ville de Nuremberg, ainsi que des impressions de la collection du
musée national germanique ont été réunies pour cette vaste exposition.

Quel est le principal intérêt de l’exposition ? Dürer est l’un des premiers à avoir
réalisé des gravures sur bois et sur cuivre et ces deux techniques l’ont conduit à
son apogée. Au 15ème siècle, la gravure sur bois était principalement utilisée
pour illustrer les livres et faisait généralement l’objet d’un coloriage ultérieur.
Dürer a libéré la gravure sur bois de cette dépendance avec les livres. Il lui a
donné une toute nouvelle position au même titre que la peinture et la sculpture.
Les riches dessins d’intérieur et les contrastes clairs-obscurs de Dürer ont rendu
tout coloriage superflu. Il était déjà loué par ses contemporains qui le
nommaient « l’Appelles » de la ligne noire, pour sa capacité à représenter de
manière très ressemblante, à l’aide de lignes et de hachures, la plasticité, la
lumière, les ombres, les perspectives d’une pièce et la matérialité, aussi bien
dans ses gravures sur bois que sur cuivre. Il y est parvenu en appliquant aussi
bien pour la gravure sur cuivre que sur bois, des techniques traditionnelles
comme, par exemple, les hachures parallèles et croisées.
Dans le domaine de la gravure sur cuivre, Dürer est également l’auteur
d’innovations de grande importance, qui ont exercé une grande influence sur
les générations suivantes. Avant lui, il convient de citer parmi les plus grands
graveurs sur cuivre, le maître du Haut-Rhin, Martin Schongauer (1445-1491) et
l’italien Andrea Mantegna (1431-1506), dont les réalisations techniques et
influences stylistiques l’ont inspiré. Il était capable de donner à ses gravures un
très grand effet de modélisation pittoresque et une plasticité corporelle.

Outre l’œuvre « Kleinen Kupferstichpassion »*Petite passion (1507-1512), on


retrouve à l’apogée de son travail, les trois « gravures de maître » (« Ritter, Tod
und Teufel »* Le Chevalier, la Mort et le Diable 1513, « Melencolia I » 1514, « Der Hl.
Hieronymus im Gehäus » * St Jérôme dans sa cellule 1514) dans lesquelles il a atteint
une perfection artistique et technique sans précédent dans le monde de la
gravure.

La gravure sur bois, ainsi que la gravure sur cuivre ont représenté la première
source de revenus de Dürer en raison de leur capacité de reproduction
relativement simple. Elles étaient également très appréciées pour leur diffusion
à faible coût. La production imprimée pour le marché libre lui a également
permis de se détacher de l’étroitesse de la condition artisanale de la fin du
Moyen Age. Tandis que Dürer s’adressait plutôt à des observateurs avertis avec
ses gravures sur cuivre, dans lesquelles il reproduisait des thèmes
mythologiques ou des portraits, il destinait à un plus large public, les gravures
sur bois, illustrant généralement des thèmes bibliques et des évènements
d’actualité, avec leurs représentations souvent monumentales, d’une facilité et
une clarté éblouissantes.

Le présent catalogue « Albrecht Dürer – 80 œuvres de maître » de la maison


d’édition Prestel de Munich a été publié dans une version allemande à
l’occasion de l’anniversaire de la ville de Nuremberg en 2000. II a servi de guide
de référence à une exposition spéciale de prêts de la bibliothèque Otto Schäfer
(Schweinfurt) au musée national germanique. J’adresse tous mes
remerciements à la ville de Schweinfurt pour son autorisation de reproduction,
ainsi qu’aux auteurs du catalogue. Les œuvres actuellement présentées au
musée des beaux arts correspondent aux illustrations du catalogue et
proviennent toutes de Nuremberg. Elles ont été complétées par deux des « Drei
großen Bücher* »* Trois grands livres d’Albrecht Dürer : la « Großen Passion* Grande

Passion » et la « Marienlebens* La vie de Marie », tous deux apparus sous forme de


livre en 1511. Le rassemblement des œuvres de Dürer a été effectué par la
responsable de la collection graphique des musées de la ville de Nuremberg,
Madame Dr. Jutta Tschoeke. Elle a été en outre soutenue par Monsieur Dr.
Rainer Schoch, son collègue de la collection graphique du musée national
germanique. C’est grâce à ces deux personnes qu'Albrecht Dürer peut
actuellement être exposé à Nice. Je remercie également toutes les personnes
ayant participé à la réalisation du projet, pour leur engagement. Je souhaite que
cette exposition connaisse un grand succès.

Dr. Ulrich Maly


Maire de la ville de Nuremberg

Editorial de Maître Jacques Peyrat, Sénateur-Maire de Nice

Il y a bientôt 50 ans, Jean Médecin et Otto Bärnreuter, respectivement Maire de


Nice et Maire de Nuremberg, ont eu le courage de poser sur les fonts baptismaux
les prémices d’une Europe réconciliée, par la ratification d’un pacte de jumelage.

En tant que Sénateur-Maire de Nice, je suis profondément attaché au jumelage


qui unit nos deux Cités, et je suis convaincu qu’à l’instar du 40ème anniversaire du
Traité de l’Elysée, ce Jubilé contribuera à renforcer les liens tissés de longue date
entre Niçois et Nurembergeois, et qu’il marquera une nouvelle étape de
rapprochement entre nos deux Cités.

Je suis extrêmement fier que notre Ville ait l’honneur d’accueillir une exposition
exceptionnelle de gravures sur cuivre et sur bois du Maître de la Renaissance
Allemande, Albrecht DÜRER, à l’occasion de ces 50 ans d’amitié.
Près de 100 œuvres graphiques, qui appartiennent pour la plupart à la Ville de
Nuremberg, mais également des pièces empruntées au Germanisches National
Museum, seront rassemblées au Musée des Beaux Arts.

Au XVème siècle, l'Allemagne donnait le jour à un maître: Albrecht Dürer.

Il fit son apprentissage dans l’atelier de Michael Wolgemut, un graveur sur bois
de Nuremberg, et s’intéressa de près aux estampes de Martin Schongauer, mais
il a été profondément influencé par deux séjours prolongés en Italie, en 1494-
1495, et de 1505 à 1507. Cependant, son art connut un tournant décisif grâce à
sa découverte des œuvres de Mantegna, Giovanni Bellini et Raphaël.
Fort de sa science consciencieusement acquise, son génie avança sur la voie
tracée avec rigueur et réglée jusqu'aux moindres détails. Dürer, conscient de la
lutte à laquelle il se préparait, et accomplissant fidèlement son devoir, jour après
jour, s'éleva par la seule force de sa propre volonté et se révéla brusquement,
vers sa vingt-septième année, comme le Maître de Nuremberg, auteur de l'
Apocalypse, avec qui aucun autre artiste allemand n'osa plus se mesurer.

Si la peinture du Maître est restée célèbre et se révèle déterminante dans l’art de


la Renaissance - notamment pour ses autoportraits où, accentuant ses
ressemblances avec le Christ et signant ses toiles, il affirme l’identité de l’artiste,
sa valeur et sa dignité, rompant avec le gothique qui influence encore largement
sa création – la magnificence de son œuvre s’exprime souvent au travers de ses
gravures.
Il a joui de son vivant d’une réputation immense, surtout comme graveur : ses
estampes furent copiées dans toute l’Europe.

La gravure sur cuivre et la gravure sur bois n’étaient encore que des techniques
récentes; il a porté la première à un niveau de perfection jamais atteint depuis
lors, et élevé la seconde qui, jusque-là, se limitait à de simples et grossières
illustrations de livres, au rang d’un art majeur.

La Ville de Nuremberg connaissait alors une prospérité sans précédent, et ses


relations commerciales étroites avec la Péninsule, principalement avec Venise,
favorisaient une meilleure connaissance de l’art italien. Bien qu’il n’offrait pas en
réalité de conditions particulièrement propices, le milieu nurembergeois fut
souvent invoqué pour expliquer cette métamorphose d’un artisan médiéval en
artiste de la Renaissance.

Au début de la carrière de Dürer, la tradition gothique régnait encore dans ce


pays, épuisée par des siècles de création. Lorsqu'il se retire de la scène du
monde, l'art italien de la Renaissance, à la victoire duquel il a lui-même
contribué, par sa vie et par son œuvre, s'est déjà pleinement développé, et c'est
sous son influence que se sont formés tous les maîtres de la jeune génération:
Lukas Cranach, Hans Burgkmair, Albert Altdorfer et Hans Baldung Grien, qui sont
devenus les artisans de l'évolution artistique ultérieure.
Tous ont reçu de Dürer l'impulsion décisive, mais il les éclipse par la splendeur et
la grandeur de ses œuvres. A Côté de Grünewald, le poète de la couleur et de la
lumière, et de Holbein, le porte-drapeau de l'idéal social du monde savant de
Bâle et de l’aristocratie anglaise, on peut, certes, le considérer comme l'artiste le
plus achevé qu'ait jamais produit l'art allemand.

Je souhaite sincèrement que cet événement connaisse un succès retentissant, et


je suis intimement convaincu qu’il contribuera largement au rayonnement
international de notre Cité.

Jacques PEYRAT
Sénateur-Maire de Nice

Albrech DÜRER,
Collections de Nuremberg
Visuels disponibles pour la presse
Gravure sur bois, 392 x 280 mm Gravure sur cuivre, 195 x
121 mm

La descente aux limbes, 1510 L’Adoration des


mages, 1511
Gravure sur bois, 397 x 281 mm Gravure sur bois, 296 x
222 mm

Mention obligatoire pour reproduction : Collections de Nuremberg

Exposition musée des Beaux-Arts de Nice – 18 septembre / 12 décembre 2004