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Etude d’un ouvrage d’art sur Oued Cherrat EHTP/DRCR

CHAPITRE 10
ETUDE DES FONDATIONS

10.1. Introduction
Notre ouvrage présente une particularité au niveau des fondations, puisqu’il existe les
deux types de fondations : fondations superficielles dans les culées C0 et C4 et dans la
pile P3 et des fondations profondes pour les piles P1 et P2. Ce choix dépend de la
proximité du substratum de la surface.

On se propose dans ce chapitre de déterminer la contrainte ultime du sol pour chaque


type de fondations puis on passera à leur principe de justification en comparant la
contrainte admissible du sol avec la contrainte de référence obtenue à partir de la
descente de charge dans les piles et les culées.

Avant d’entamer les calculs, il serait judicieux de rappeler quelques hypothèses, ainsi
que quelques notions de base qui vont être utilisées par la suite :

10.2. Hypothèses de base


10.2.1. Matériaux :

 Béton et acier :
Les éléments de fondation seront en béton armé avec :

 Béton : 𝑓𝑐28 = 30 𝑀𝑃𝑎


 Acier : 𝑛𝑢𝑎𝑛𝑐𝑒 = 𝐹𝑒𝐸500
 Sol :

Pour les diverses justifications faisant intervenir le sol, on travaillera avec une densité
de :

 20 𝐾𝑁 𝑚3 pour les sols apportés (tel le remblai d’accès) ;


 18 𝐾𝑁 𝑚3 pour les sols en place.
 Eau

Pour les différentes considérations faisant intervenir l’eau, on le prendra avec une
densité de10 𝐾𝑁 𝑚3 .

10.2.2. Fissuration :
Le ferraillage des éléments de fondation sera calculé en fissuration préjudiciable.

Travail de Fin d’Etude 2009 186


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10.3. Calcul des fondations superficielles


Les appuis en question sont la pile P3 et les culées C0 et C4.

La détermination de la portance du sol peut se faire par plusieurs méthodes, on cite : la


théorie de plasticité, l’essai au pénétromètre, les essais de pénétration dynamique ou
bien l’essai au pressiomètre Ménard. Pour notre cas, on va utiliser la dernière méthode
dont les résultats des essais ont été donnés par le rapport géotechnique (voir en
annexe 5).

10.3.1. Détermination de la charge limite à l’aide de l’essai pressiomètrique:


L’essai pressiomètrique est un essai de cisaillement pur. Les pressions limites pl*
fournie par l’essai correspond { une rupture par cisaillement. Ces pressions servent à
calculer un paramètre déterminant dans le calcul de la contrainte limite : il s’agit de la
pression nette équivalente notée p∗le

10.3.1.1. Pression nette équivalente 𝐩∗𝐥𝐞 (cas fondations superficielles):

Dans le cas d’une couche porteuse homogène, d’épaisseur au moins égale { 1,5 B au-
dessous de la base de la fondation (c’est-à-dire que le sol est de nature unique et les
pressions limites pl sont dans un rapport de 1 à 2, au plus, dans la couche), on établit un
profil linéaire de la pression limite nette et l’on prend pour pression limite nette
équivalente p∗le la valeur à la profondeurD + 2 3 B, comme indiqué sur la figure 10.1:

𝒑∗𝒍𝒆 = 𝒑∗𝒍 (𝑫 + 𝟐 𝟑 𝑩)

Figure 10.1 : Définition de 𝒑∗𝒍𝒆 pour une fondation superficielle et dans le cas d'une
couche porteuse homogène (fascicule 62-V, 1993)

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10.3.1.2. Hauteur d’encastrement équivalente De :

C’est un paramètre conventionnel de calcul destiné { tenir compte du fait que les
caractéristiques mécaniques des sols de couverture sont généralement plus faibles que
celle du sol porteur :

D
1
De  p
*
( z ).dz
ple
l
0


ple : Pression limite équivalente.

Figure 10.2 : hauteur d’encastrement équivalente pour les 2 types de fondations.

Selon le fascicule 62, titre V (1993), la contrainte de rupture sous charge verticale
centrée est donnée par la formule :

𝑞𝑙 = 𝑞0 + 𝑘𝑝 𝑝𝑙𝑒

Avec :

 𝑞𝑙 contrainte de rupture,
 𝑞0 contrainte totale verticale au niveau de la base de la fondation,

 𝑝𝑙𝑒 pression limite nette équivalente (voir la définition ci-après),
 𝑘𝑝 facteur de portance pressiomètrique dont les valeurs sont représentées
dans le tableau suivant :*

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Classe du sol Valeur de Kp


𝐵 𝐷𝑒
Argiles et limons A, craies A 0.8 [ 1 + 0.25(0.6 + 0.4 𝐿 ) ]
𝐵
𝐵 𝐷𝑒
Argiles et limons B 0.8 [ 1 + 0.35(0.6 + 0.4 𝐿 ) ]
𝐵
𝐵 𝐷𝑒
Argile C 0.8 [ 1 + 0.50(0.6 + 0.4 𝐿 ) ]
𝐵
𝐵 𝐷𝑒
Sables A [ 1 + 0.35(0.6 + 0.4 𝐿 ) ]
𝐵
𝐵 𝐷𝑒
Sables et graves B [ 1 + 0.50(0.6 + 0.4 𝐿 ) ]
𝐵
𝐵 𝐷𝑒
Sables et graves C [ 1 + 0.80(0.6 + 0.4 𝐿 ) ]
𝐵
𝐵 𝐷𝑒
Craies B et C 1.3 [ 1 + 0.27(0.6 + 0.4 𝐿 ) ]
𝐵
Marnes marno-calcaires, roches 𝐵 𝐷𝑒
[ 1 + 0.27(0.6 + 0.4 𝐿 ) ]
altérées 𝐵

Tableau10.1 : valeur du coefficient de portance kp


Compte tenu de la présence du substratum rocheux, on va utiliser la dernière formule
pour le calcul de Kp.
𝐁 𝐃𝐞
soit : Kp = [ 1 + 0.27(0.6 + 0.4 𝐋 ) ]
𝐁

Avec ;

 B : la largeur de la semelle
 L : la longueur de la semelle
 De : la hauteur d’encastrement

10.3.1.3. Résultats :

Appui B(m) L(m) D(m) De(m) Ple*(MPa) KP ql(MPa)


C0 3 10 7,2 5,5 7,95 1,36 10,93
P3 7 9 7,9 4,55 8,03 1,16 9,47
C4 3 10 7,2 6,2 7,98 1,40 11,33
Tableau 10.2 : calcul de la charge limite des fondations superficielles.
superficielles

10.3.2. Principe de justifications des semelles superficielles :


Les contraintes réellement transmises au sol par la semelle devront d’une part être
compatible avec le risque de rupture du sol situé sous la semelle et d’autre part
n’entraîner que des tassements acceptables.

10.3.2.1. Critère de rupture :

Soit qréf la contrainte transmise par l’ouvrage au sol, la condition suivante doit être
respectée :

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ql  q0
qréf  q0  i  qadm
q

Avec :

 i : coefficient minorateur dépendant de l’inclinaison de la charge par rapport { la

verticale

 q 0 : Contrainte au niveau de l’assise de fondation

  q : Coefficient de sécurité

  q prend les valeurs suivantes sous les différents états limites :

  q = 2 sous ELU

  q = 3 sous ELS

La notion de la contrainte de référence est explicitée dans la figure ci-dessous, et elle est
calculée par la formule suivante :

3qmax  qmin
qréf 
4

Figure 10.3 : Définition de la contrainte de référence pour un excentrement e.

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Appui B(m) L(m) ql(MPa) q0(MPa) qadm(MPa) qréf(MPa) Vérification qréf  qadm
C0 3 10 10,93 0,16 3,75 0,35 OK
P3 7 9 9,47 0,15 3,26 0,31 OK
C4 3 10 11,33 0,16 3,88 0,35 OK
Tableau 10.3 : Vérification des contraintes sous semelle superficielle

10.3.2.2. Critère de déformabilité :

Il convient de s’assurer que le tassement s est compatible avec le bon comportement de


l’ouvrage. La valeur du tassement admissible dépend directement de la déformabilité
plus ou moins grande de l’ouvrage supporté par la fondation.

 Calcul des tassements par la méthode pressiométrique

Cette méthode distingue deux types de tassements :

 Un tassement de consoloidation Sc dans la zone située directement sous la


semelle où les contraintes normales sont élevées. Cette zone est dénommée zone
sphérique.

 Un tassement Sd dû à des déformations de cisaillement et qui se produit dans un


domaine dit déviatorique.


Sc  (q  q0 )c B
9 Ec

2 B
Sd  (q  q0 ) B0 (d )
9 Ed B0

 q : contrainte appliquée par la semelle

 B largeur de la semelle

 B0 : largeur de référence = 0.60m

 Ed et Ec modules pressiométriques moyens dans le domaine déviatorique et

sphérique

 d et c coefficients de forme, en fonction du rapport L/B de la semelle

  coefficient rhéologique = EM/Eoed

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Tableau 10.4: Coefficients de forme d et c

Tableau 10.5 : Coefficient rhéologique 

Ec Q q0 c d B B0 Sc Sd S
Appui 
(MPa) (MPa) (MPa) (m) (m) (mm) (mm) (mm)
C0 0,67 420 0,32 0,16 1,35 1,85 3 0,6 0,12 0,24 0,36
P3 0,67 431 0,27 0,15 1,12 1,24 7 0,6 0,16 0,22 0,39
C4 0,67 426 0,32 0,16 1,35 1,85 3 0,6 0,12 0,23 0,35
Tableau10.6 : calcul des tassements des fondations superficielles

10.3.3. Vérification du glissement des culées :


Le coefficient de sécurité au glissement est donné par la formule suivante :

Fg = N.tg(δ) / H

On doit vérifier que: Fg > 2

 N et H composantes de calcul horizontal et vertical de l’effort appliqué { la


fondation

 δ : angle de frottement sol – fondation pris égal à 30°

Les résultats trouvés pour les différentes combinaisons sont regroupés dans le tableau
suivant :

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COMB N (t) N.tg(δ) (t) H (t) Fg Condition


COMB 100 889,91 513,79 84,24 6,10 vérifiée
COMB 101 889,91 513,79 84,24 6,10 vérifiée
COMB 102 969,53 559,76 89,14 6,28 vérifiée
COMB 103 948,27 547,48 91,44 5,99 vérifiée
COMB 104 920,31 531,34 84,24 6,31 vérifiée
COMB 105 812,21 468,93 84,24 5,57 vérifiée
COMB 106 673,84 389,04 84,24 4,62 vérifiée
COMB 107 673,84 389,04 91,44 4,25 vérifiée
COMB 108 673,84 389,04 91,44 4,25 vérifiée

Tableau10.7: Coefficient de sécurité au glissement pour les culées.

10.3.4. Vérification du renversement de la culée :


La condition de non renversement est vérifiée si on a :

Fs = Ms / Mr > 1,5

Avec :

 Ms : le moment stabilisateur

 Mr : le moment renversant.

Les résultats trouvés pour les différentes combinaisons sont regroupés dans le tableau
suivant :

COMB Ms (t.m) Mr (t.m) Fs Condition


COMB 100 -1025,77 243,39 4,21 vérifiée
COMB 101 -1025,77 243,39 4,21 vérifiée
COMB 102 -1249,60 268,42 4,66 vérifiée
COMB 103 -1217,70 280,11 4,35 vérifiée
COMB 104 -1175,77 243,39 4,83 vérifiée
COMB 105 -1013,62 243,39 4,16 vérifiée
COMB 106 -951,68 243,39 3,91 vérifiée
COMB 107 -951,68 280,11 3,40 vérifiée
COMB 108 -951,68 280,11 3,40 vérifiée
Tableau 10.8 : Coefficient de sécurité au renversement pour les culées.

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10.4. Calcul des fondations profondes


En général les fondations profondes traversent une ou plusieurs couches de qualité plus
ou moins bonne pour s’ancrer dans un horizon présentant des caractéristiques
mécaniques plus favorables, appelé couche d’ancrage.

Pour les pieux, on prendra une hauteur d’ancrage de 2m.

Les appuis présentant des fondations sur pieux sont les piles P1 et P2.

La charge limite Qu du pieu est obtenue en additionnant la charge limite de pointe Qpu
correspondant au poinçonnement du sol sous la base du pieu et la charge limite Qsu
mobilisable par frottement entre le fût du pieu et le pieu, c’est-à-dire :

Qu = Qpu + Qsu

10.4.1. Calcul de la charge limite de pointe 𝑸𝒑 :


Selon le fascicule 62, titre V, de 1993, la charge limite de pointe est donnée par la
formule :

𝑄𝑝 = 𝐴 𝑘𝑝 𝑝𝑙𝑒

Avec:

 𝐴 section de pointe,

 𝑝𝑙𝑒 pression limite nette équivalente,
 𝑘𝑝 facteur de portance dont les valeurs sont données pa

Tableau 10.9: Valeurs du facteur de portance 𝑘𝑝 (fascicule 62)

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La valeur du facteur de portance Kp sera prise égale { 1.1, puisqu’il s’agit des pieux dont
l’exécution se fait sans refoulement du sol (pieux forés)

Donc : Kp = 1.1

 Pression nette équivalente 𝒑∗𝒍𝒆 (cas fondations profondes):

C’est une pression moyenne autour de la base du pieu. Elle est déterminée de la manière
suivante (Figure ) :
𝐷+3𝑎

1
𝑝𝑙𝑒 = 𝑝𝑙∗ 𝑧 𝑑𝑧
3𝑎 + 𝑏 𝐷−𝑏

Avec :

 𝑎 = 𝐵 2 si 𝐵 > 1 𝑚, (B est le diamètre du pieu = 1m)


 𝑎 = 0,5 𝑚 si 𝐵 < 1 𝑚,
 𝑏 = min⁡{𝑎, 𝑕}
 𝐷 ∶ 𝑙𝑜𝑛𝑔𝑢𝑒𝑢𝑟 𝑒𝑛𝑡𝑒𝑟𝑟é𝑒 𝑑𝑢 𝑝𝑖𝑒𝑢

Où 𝑕 est la hauteur de l’élément de fondation dans la couche porteuse (h = 2m)

Donc : a = 0.5m et b = 0.5m

Ce calcul n’est cependant valable que dans le cas d’une formation porteuse homogène.

Figure 10.4 : Définition de 𝒑∗𝒍𝒆 pour une fondation profonde

10.4.2. Calcul de la charge limite de frottement latéral 𝑸𝒔


L’effort total limite mobilisable par frottement latéral sur toute la hauteur 𝑕 concernée
du fût du pieu est calculé par l’expression suivante :
𝑕
𝑄𝑠 = 𝑃 𝑞𝑠 𝑧 𝑑𝑧
0

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Dans cette expression 𝑃 désigne le périmètre du pieu et 𝑞𝑠 𝑧 le frottement latéral


unitaire limite à la cote 𝑧.

 h : est la hauteur ou s’exerce effectivement le frottement latéral.

 𝑞𝑠 𝑧 est donné en fonction de la pression limite nette 𝑝𝑙∗ par les courbes de
frottement latéral.

Le choix de la courbe à utiliser, se fait { l’aide du tableau suivant, en fonction :

 de la nature du sol ;
 du type de pieu.

Tableau 10.10: Choix des courbes pour le calcul du frottement latéral unitaire 𝑞𝑠

(1) Réalésage et rainurage en fin de forage.

(2) Pieux de grandes longueurs (supérieure à 30m).

(3) Forage à sec, tube non louvoyé.

(4) Dans le cas des craies, le frottement latéral peut être très faible pour certains

types de pieux. Il convient d’effectuer une étude spécifique dans chaque cas.

(5) Sans tubage ni virole foncé perdu (parois rugueuses).

(6) Injection sélective et répétitive à faible débit.

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Figure 10.5: Frottement latéral unitaire limite le long du fût du pieu

10.4.3. Résultats :
En suivant la méthodologie présentée ci-dessus, les calculs développés ont donné les
résultats résumés dans le tableau ci-après :

Diamètre pieu D Ple* Qpu Qsu Qu


Appui Kp
(m) (m) (MPa) ( MPa) (MPa) (MPa)
P1 1 18 7,92 1,1 6,84 4,34 11,18
P2 1 18,5 8,3 1,1 7,17 5,42 12,59

Tableau 10.11: Calcul de la contrainte limite totale

10.4.4. Vérifications de la portance des fondations profondes :


Les justifications requises consistent { vérifier que la charge axiale de calcul en tête d’un
élément reste comprise entre deux limites notées Qmin et Qmax .

Les valeurs de Qmin et Qmax sont fonction de la combinaison d’action considérée :

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𝑸𝒎𝒊𝒏 𝑸𝒎𝒂𝒙
Etats limites ultimes Combinaisons fondamentales 𝑄𝑡𝑢 𝑸𝒖

1,4 𝟏, 𝟒
Combinaisons accidentelles 𝑄𝑡𝑢 𝑸𝒖

1,3 𝟏, 𝟐
Etats limites de service Combinaisons rares 𝑄𝑡𝑐 𝑸𝒄

1,4 𝟏, 𝟏
Combinaisons quasi permanentes 𝟎 𝑸𝒄
𝟏, 𝟒
Tableau 10.12: Valeurs de Qmin et Qmax

Avec

 Qtu = Qsu la charge limite en traction

 Qc = 0.5Qpu + 0.7Qsu la charge de fluage en compression

 Qtu = 0.7Qsu la charge de fluage en traction

Pile P1 𝑸𝒎𝒊𝒏 𝑸𝒎𝒂𝒙


Combinaisons fondamentales -3,10 7,99
Etats limites ultimes
Combinaisons accidentelles -3,34 9,32
Combinaisons rares -2.17 7,12
Etats limites de service
Combinaisons quasi permanentes 0 5,59

Pile P2 𝑸𝒎𝒊𝒏 𝑸𝒎𝒂𝒙


Combinaisons fondamentales -3,87 8,99
Etats limites ultimes
Combinaisons accidentelles -4,17 10,49
Combinaisons rares -2,71 8,01
Etats limites de service
Combinaisons quasi permanentes 0 6,29

Tableau 10.13 : Valeurs de Qmin et Qmax pour les piles 1 et 2

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10.5. Calcul des semelles de liaison par la méthode des bielles


Pour le calcul des semelles de liaison, il est d’usage courant d’appliquer une méthode
dite des bielles, justifiée par l’expérience. Cette méthode suppose que les charges
appliquées aux semelles par les piles sont transmises aux pieux par des bielles obliques
qui déterminent à la base de la semelle des efforts de traction qui doivent être équilibrés
par des armatures.

10.5.1. Condition d’application de la méthode des bielles :

Notations :

 𝑎 : diamètre du fût ;
 𝑕𝑠 : épaisseur de la semelle ;
 ∅ : diamètre du pieu.

Figure 10.6 : Condition d'application de la méthode des bielles

L'application de la méthode des bielles est conditionnée par l'angle que fait chacune de
ces dernières avec l'horizontale; cet angle doit être au moins égal à 45°.

Ceci est réalisé si :

𝒍 𝒂
𝒅> −
𝟐 𝟒

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10.5.2. Calcul de la section d’armatures :


L’effort de traction dans le tirant est :

𝑃 𝑙 𝑎

𝑇= 2 =𝑃 . 2 4
𝑡𝑔(𝜃) 2 𝑑

Figure 10.7 : Effort de traction à la base de la semelle

La section d’armatures 𝐴1 relative à un couple de pieux est égale à :

𝑷 𝒍 𝒂

𝑨𝟏 = 𝟐 . 𝟐 𝟒
𝝈𝒔 𝒅

 𝑃 : effort normal transmis au pieu ;


 𝜎𝑠 : contrainte limite d’acier relative { l’état limite de calcul.

Cette quantité d’acier est { placer dans des bandes axés sur le pieu, et de largeur égale {
la largeur de la poutre noyée : ∅ + hs .

Entre les poutres noyées, on doit placer des armatures de répartition au moins A1 ′ avec
une densité au moins égale au tiers de la densité A1 des poutres noyées ; mais par souci
de simplification, on disposera la même densité de ferraillage sur toute la longueur de la
semelle.

Si les deux pieux sont tendus, alors la section d’acier calculée est { disposer sur la face
supérieure de la semelle.

Travail de Fin d’Etude 2009 200


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Figure 10.8 : Disposition des armatures dans les semelles de liaison

La section d’armatures longitudinales A2 à disposer par mètre de largeur est au moins


égale au tiers de la section A1 des poutres noyées.

10.5.2.1. Dispositions constructives relatives aux semelles de liaison :

 Fascicule 62 :
La section des armatures longitudinales est d’au moins un millième de la section
transversale de la semelle sur la face inférieure de celle-ci et la moitié sur sa face
supérieure.

 Guide SNCF-SETRA :

 Armatures de flexion :
Les nappes sollicitées en traction doivent comporter au moins le pourcentage minimum
de 1.4/fe (0.28% pour une nuance d’acier FeE500) disposées sur la face tendues.

Pour les nappes peu ou pas sollicitées en traction, le pourcentage minimum pourra être
égal à la moitié de ces valeurs.

 Armatures de cisaillement :
Les cadres calculés au minimum pour reprendre un cisaillement de 0,4 Mpa sont
disposés dans un maillage d’espacement maximal de 40 cm de façon { tenir chaque
armature longitudinale au moins un lit sur deux.

Travail de Fin d’Etude 2009 201


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10.5.2.2. Application aux piles P1 et P2 :

 Armatures transversales inférieures :

σs l/2-a/4 SECTION
P(t) l(m) a/4(m) d(m) T(t)
(MPa) (m) (cm2)
390 3 0,625 1,55 215,56 0,875 110,08 51,07
Tableau 10.14 : Armatures transversales des piles P1 et P2

Donc A1= 51.07 cm2 qu’on étale sur une longueur de 2.6m

Soit 50 HA 20 étalée sur la largeur B de la semelle.

 Armatures longitudinales inférieures :

La section de ces armatures est prise égale au tiers de la section des armatures
transversales inférieures.

Soit At = 52 cm2 ; soit 17 HA 20

 Armatures longitudinales supérieures :

La section minimale est prise égale à 0.05% de la section transversale

Soit As = 40 cm2 ; soit 13 HA 20

Travail de Fin d’Etude 2009 202


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10.6. Calcul du ferraillage des fondations superficielles :


Notations :

 B largeur de la semelle
 A longueur de la semelle
 b : la petite dimension de la section du poteau
 a : la grande dimension de la section du poteau
 M : moment appliqué sous la semelle
 N : effort normal transmis par l’ouvrage sous la semelle

On définit les hauteurs utiles da et db par les relations suivantes :

N
M

e0

σm
σref σM

Figure 10.9 : Répartition des contraintes dans une fondation


superficielle
da  A  a

B b
db 
4

M
e0 
N

Travail de Fin d’Etude 2009 203


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Les contraintes maximale et minimale sous la semelle sont données par les relations
suivantes :

M 6e
M  (1  0 )
A B B

M 6e
m  (1  0 )
A B B

La contrainte de référence est définie par la relation suivante :

3 M   m M 3e
 ref   (1  0 )
4 A B B

Le ferraillage de la semelle dans les deux sens longitidunal et transversal est obtenu par
les formules ci-après :

3e0 B  b
Ab  M (1  )( )
B 8db s

3e0 A  a
Aa  M (1  )( )
B 8d a s
Avec Fe = 500MPa

Le tableau suivant résume les sections d’acier { adopter pour chaque semelle :

M A
Appui N (t) B(m) e0(m) Aa(cm2) Disposition Ab(cm2) Disposition
(t.m) (m)

C0 202,91 969,9 10 3 0,21 14,23 13 HA 12 e 25 56,91 50 HA 12 e 25

P3 454,79 2281,96 9 7 0,20 28,63 25 HA 12 e 25 114,50 101 HA 12 e 25

C4 202,91 969,9 10 3 0,21 14,23 13 HA 12 e 25 56,91 50 HA 12 e 25

Tableau 10.15 : Ferraillage de la pile P3 et des culées C0 et C4.

Travail de Fin d’Etude 2009 204


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CONCLUSION

Au-delà des caractéristiques communes { tous les ouvrages d’art, notre


projet présente beaucoup de particularités techniques intrinsèques : un
tablier à poutres précontraintes, des piles très élancées, et un système de
fondations mixte combinant des fondations superficielles et profondes, ce
qui demande des études très pointues lors du dimensionnement et
nécessite l’utilisation des techniques très avancées lors de la réalisation.

Par ailleurs, A travers ce rapport nous ne prétendons pas avoir couvert


toutes les notions liées au projet, mais bien sûr comme nous l’avons dit au
début, nous avons essayé d’aller au long des notions dont nous avons eu
réellement l’expérience pratique de proche ou de loin.

Ce projet de fin d’études nous a permis non seulement d’approfondir nos


connaissances en matière d’ouvrages d’art mais aussi d’acquérir une
expérience extrêmement valorisante d’un point de vue professionnel dans
la mesure où il reflète parfaitement le domaine dans lequel nous aimerions
poursuivre nos carrières.

Cette étude, quoique faite, ne serait vraiment complète qu’après


l’achèvement total du projet, en raison des imprévus qui peuvent surgir
tout au long des étapes de sa réalisation, et qui risquent d’engendrer
beaucoup de modifications, chose qui nécessite de la part de l’ingénieur un
suivi et un contrôle permanents. Ainsi, une bonne coordination entre les
différentes entités du projet : Maître d’ouvrage, maître d’œuvre et
entreprise d’exécution est fortement recommandée pour la réussite du
projet.

Pour finir, nous sommes très être heureux d’avoir pu effectuer ce travail de
fin d’études entourés de personnes compétentes qui ont su nous guider
dans nos démarches tout en nous laissant une certaine autonomie.

Travail de Fin d’Etude 2009 205


Etude d’un ouvrage d’art sur Oued Cherrat EHTP/DRCR

Références bibliographiques

[1] Projet et construction des ponts « Généralités. Fondations.


Appuis. Ouvrages courants » par J.A. Calgaro et M.Virlogeux.

[2] Cours de conception des ponts de M. A. MOBARRA et M.BENNIS


(EHTP).

[3] Techniques de l’ingénieur « Fondations profondes » et


« Fondations superficielles » par Roger FRANK.

[4] Pièces pilotes PP 73 du SETRA

[5] Fascicule 61 titre II, relatifs aux surcharges routières

[6] Calcul des hourdis de ponts – Bulletin technique n°4 du SETRA–


1974.

[7] Appareils d’appui en élastomère fretté – Bulletin technique n°4


– 1974.
[8] « Le béton précontraint aux états limites » par Henry THONIER,
presses de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées

[9] « Fondations et ouvrages en terre armée » par Philliponat

[10] Fascicule n°62-titre V : Règles techniques de conception et de


calcul des ouvrages de génie civil

[11] Règles du BAEL 91 modifiées 99

[12] BPEL 91

Travail de Fin d’Etude 2009 206

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