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Prix du Numéro: P.T.

2 nm• année
-No 81
Etranger d. 6 Samedi 12 janvier 1924

'
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lffaut chercher seulement d penur et à pm·ler ju.tte,
sans vouloir amener les autres à notre go·ùt et
à nos sentiments: c'est une trop grande entreprise.
LA BRUYÈnE, «Des ouvrages de l'esprit"·

Libres que nous serions du joug de la religion, nout


ne devrio·n.s pas l' être de celui de l' équittl.
MoNTw;(tUIEU, " Lettres Persanes "

oooo SOMMAIRE 0~'o>-oc-

Le Guêpier politique .. . . . . . . • . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . José CANE RI


Foulad YEGHE1N
Antoine MAROUN
Poèmes (vers et proses) ... . .... . ...... , . . . . • . . . . . France LAM,BERT
Yvonne LAEUFER
Ellan J. FINB'ERT
Sur le thème de l'ennui • :. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Jeanne HAR,ARI
Dans la Vallée- des Rois . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . Emile N:AMER .
Mes Idées de devant la tê~e . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . SIMP:L'EX
Les gaîtés de l'escadron .... . ......... • .. . ...... PATT.E·E~N~L'AIR

La carence de la Ligue des Droits de l'Homme .... M. Clainville·Bioncourt


Ephémérldes ..•. . ...........•••.....••... ; • .••.... AGATHON
Pointes sèches ,A.LBtERTUS
Choses d'Egypte ....•...•.....••• .. .. .... .. .......... Cheikh .EL BALAD
Le Coin des Idées et des livres ................... . THEO
Musique •••..•............••..•.............•.••.• FAFHER
Tribune libre •...... . .........•............ •·.... M,E.NECHM;E
Le manteau d'Arlequin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . SCAPIN
A hue et à dia •... , ....•.. , ...................... , MASCARILLE
Chiffons ....•..... .. ..... . ... ·. , . ... . .•. ,. . ....... LUCE et 1RENE=E
Sur le Turf ..... : . . . ............ . . ·.. . .....•.•.... TURFIUS
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BLEUS" pour Janvier prochain, à la Nouvelle Re- maintenant ce livre chez leur lilbr.aire. Il est .véri-
vue Française (3, rue de Grenelle)', Le recueil des en- tablement indispensable à quiconque veut se tenir
tretiens avec les grands -écrivains de l'heure actuelJ.e, au courant d·e la littérature d'aujourd'hui et du mou-
publiés chaque semaine dans LEtS NOUVELLES vement .des idées dans notre pays. L'édition origi-
LITTERAIRES par Frédéric LEFEVRE. Titre : nale qui est vendue le même prix que !'-édition ordi-
UNE HEURE AV!EC .. . naire, sera vite épuisée.
L'ACTION FRANÇAŒE du 22 Novembre, à la- Ce livre qui se lit comme un roman, où Les per-
queHe je cr.ois, Fr-édéric LEFEVRE n'appartient sonnages, plus nombreux, plus alertes, plus vivants
pourtant pas, é.c rivait en annonçant ce livre : ON que dans beaucoup de romans ont en outre l'avan-
SAIT COMMENT PROCEDE LEFEVRE. CE N'EST tage d'exister, amuse en même temps qu'il instruit.
PAS UNE CONVERISATION SUBERFICIELLE C'·est •v éritablement, oomme on a dit, le ;vade-mecum
QU 'lL REPRODUIT. IL FAUT AVEC LUI ENTRER des «honnêtes gens" au sens du XVIIme siècl-e.
DANIS LA PROFONDEUR DES' QUESTIONS. Et
Eugène Marsan i'auteur de l'article, ajoutait cette
Diurnales:
***
phrase qui ,est le plus bel élog·e : SON LIVRE SERA
ll'l'DLSPENrSABLE au DOSSIER DES DIRECTIONS
SPIRITUIELLES DE CE TEMPS. Concert de Minuit
-Cette publication sera augmentée d'in-édits, puis- BILEWSKY ET ASKENAZE -CHEZ MADAME
que a plupart des -écrivains ont -été revus par l'au- ET M. CLAUDE AGHION.
teur et leurs nouvelles déclarations enregistrées.
•Parmi les -écrÎivains aux déclarations les plus re- De la Salle de Concert au Salon de musique ;
tentis·stantes, citons : Henri Béraud, Laur-éat du du r&ssemblement anonyme, neutre et froid, à l'am-
Prix Goncourt 1923 avec le Martyre de l'Obèse, Ro- biance enveloppante et recueillie... Mon -expérience
land Dorgelès, Alphonse de Châteauibriant dont la de cette nuit, elle m'a convaincu dans ma vieille re-
Brière a obtenu cette année le grand prix du roman, dite qu e la Phrase musical·e n 'est qu'une sorte d'aveu
J ean Cocteau , Daniel Halévy qui dirige les Cahiers qui a besoin d'un cadre pour s'abandonner, alors
Verts, Abel Hermant qui sera un jour de l'Acadé- la Musique prtnd un coloris sincère ; heureuse, et
mie, Henry de Montherlant, Andr-é Suarès, Jean sans plus de retenue, elle peut confier se~s émotivités
Giraudoux, Francis Carco, Gaston Cherau, et Fran- sonores à ses amis, et aussi a ux choses d'alentour.
çois Mauriac, le romancier catholique qui publia Aux choses d'alent-our... Que le phénomène -était
l'année dernière «Le Baiser au Lép-reux " et vient visible dans ce beau Salpn d'un goût d'abord très
d·e noûs d-onner « GENITRIX "· . avis-é, avouant un secret penchant pour les belles
Fr-éd-éric LEFEVRE a interviewé aussi des per- choses anciennes, -et où des musiques de même épo-
•s onnalités à qui l'on n'a pas coutume de demander que allaient s'exprimer.

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II L'EGYPTE NOUVELLE

Dégagée par la ;virile et somptueuse interprétation


de cet étonnant Askenaze, voici la copieuse et puis- 1 '
CHIFFONS
sante pensée harmonique du Concerto d'e 1Bach.· Quel
chant s'élève martelé, puis développé en contrepoints
de fugue? S'élève jusqu'à ce beau taJbleau ancien, Les étoles qui avaient eu un moment de ·vogue
appGsé contre les tentures pour insuffler à sa mys- ont fait place aux demi-collets qui moulent étroite-
térieuse inertie la r.evivance des ,heures de sa pro- ment ·les épaules lorsqu'elles sout j etées sur un j-oli
pre époque... C'est un émouvant entretien entre les tai-lleur, et tiennent beaucoup plus chaud, ce qui,
sons et les c-ouleurs de Temps disparus. · à cette époque, n'est nullement à dédaigner pour
'Mais de son ins.piratiàn mystique, le cüwier passe sortir du théâtre. '
à une brillance romant'Ïque ext:r.aordinaire. : Etudes L'éto.le usagée, et dont on aura retiré les l{ill'lies
sur les touches noiTes, Etudes en tierc es, un jet étin- un peu u sées, fournira aux élégantes économes dès
celant de sonorités bondissantes et claires, tran spa- bandes de fourrure qu'elles• feront 1appüquer par
rentes et perlées monte en reflets. immatériels· jus- leur couturière , au col, aux manch es et s'il en reste
qu'au lustre de cristal, perlé lui aussi, transparent àssez, au bas de la jupe.
clair, précieux d'éClats et de lueurs· animées comin~ Cette dernière sera dr-oite, mais devra pouvoir
cette musique de Dh'Gpin.. . "- - · ' .:;',ouvrir sous un pli, pour faciliter la marche tout
De vifs ·courants d'admiration aussi francs que en donn a11t cependant au repos l'illusion du fOUJ\-
spontanés p arco-u rent cette atmosphère artiste. Con'l- reau. L'étroitesse des jupes, devient en effet un peu
IT_le Askenaze ·termine un superbe envoi, deux jeun es gênante s.i l'on est obligé de trop raccourc·r le p as,
filles se sourient d'un -étonnement émenveillé : un ce qui est sou vent la ca use de bi en des accide'tlts,
ho~me jette sa cigarette pour mieux .§Lpplaudir; des surtout à la tra.Jversée des rues.
mams de femmes battent de joie émue. Pour tous les autres détails de la toilette il ost
.... La Seguidilla d'Albeniz succède contournéE. inutile de les citer. Chacune de vous Mesdame~ saura
provàquante, fougueuse comme une daJVale p étri~ les choisir, s'adaptant au ton de la toilette. Nous
de -c oloris bruts ·et crus; eUe s'adresse à 1~ · lampe av-ons r emarqué aux vitrines du Bon. Marché un
d'or, à son vaste abat-jour dont lE.s mêmes couleurs luxe de ,c es mille choses que ce rr~agasin sait pré-
crues répètent les couleurs dimsantes de cette musi- senter wvec un art consommé des teintes chatoyan-
que . tes· et des lignes 'harmonieuses qui sont devenues
.... Et ayant pu juger, j.e dil:l : Askenaze, un très , pour· lui une spécialité. Bas , chaussures·, gants, en-
très grand pianiste_. Clair, perlé, rap~de, .sonore, et cas et tous les bibelots artistiques qui complètent si
d'une virilité dè jeu superbe, associant à la fougue bien une toilette élégante, boîtes à pou dre, néces-
de son temperament 1e don d'une précision extrême saires, sacs, etc. offrent aux élég.antes ·un .choix
dans · le détail des· modelages. · in-épui•s able. -
Mais Bilewski vient d'arriver, et je p eux, cette . N_e faut-il pas également, pour le soir, s'approvi-
fois, analyser son jeu dans une amlbiance favora- swnner de boucles , de barrettes, ·de bracelets com-
ble. D'une personnalité musicale extrêmement mar- binés et même enchevètr-és· ? Gazes d'or et d'ai:·gent,
quée, plus impressionniste que technicien, échappant tissus lamés et broderies chinoises, sou liers agré-
souvent au procédé linéaire, à la règle d'-Ecole, pour mentés de perles. On ne peut voir tout cela san s so
exécuter son effet en libre expansion de lui-même. laisser tenter. - LUCE ET RENEE.
BilElwski ne semble pas. jouer, mais improviser plu- ---------------~~----------
tôt sur des inspirations qui flottent dans son cffiUr.
Après le Tempo di Minuetto de Pugnani-Kreis1er, et
le _Grave de Friedmann-Bach, voici cette Berce t~se LE MANTEAU D'ARLEQUIN
de Fauré, si connue, qui remplit pourtant le beau
salon d'un émoi inconnu, j ama:s entendu. Et de
Au Nouveau Radium la réouverture a été sensa-
même le· fameux Tambourin Chinois de Kreisler sort
tionnelle. Aussi Charlie Chaplin dans " Pay Day "
du domaine de sa d.ificulté iechnique pour, sous était plu-; irrésistilblem ent c.omique que jamais, -et
l'archet de Bilewski, emprunter des élans neufs, des il eut fallu être lJH cas de neurasthénie complète-
convictions mouvementées, impressives, qui entraî- ment désespéré pour ne pas rire d'un Ulout à 'l'!tu-
nent notre entendement musical dans le remous de
tre de cet excellent super-film comique.
sa propre fougue.
Le talent de Bilewski est moins fait d'Ecole que
· d:Instinct; il dispose de. touche.s propres qu'on n'ap-
***
Au Kleber Palace, "Vox Feminaen 8Jvec la o-rande
prend pas .. . Ce lbeau cadre de lumières ,voilées., ca- vedett e américaine, Mlle Dorothy Philips : un" grand
r-esses pour les rvieux ors des meubl-es •et les étoffes .drame d'amour, une mise en scène des plus lu-
anciennes des tentures, . caresses aussi pour le talent xueuses, une interp1·étation hors pair, •voilà ce
de Bilewski; il y apparut en •belle valeur ému e, se qu'est ce film.
révéla en plénitude dans sa dernière interprétation :
-l e Canto Amoroso, de Samartini. · ***
Au Métropole, la série des grands· films continue
. . . . M u·s ique . . . . ambiance. . . . 2 heures du ma- "Le Vainqueur de l 'Ogron eut des salles combles
tin._:. . quelle preuve ! toute la semaine. Et il eut été de mauvais goût de
ne p as aller voir ce film admirablement photcwra- ·
Ext:r.aiï de l'Orient Musica~ de Jinvier 1924. phié, admirablement interprété et dont le . scén~rio
original était !les p!us intéressants.
101. ._ lnsti.tutrlce très compétente et très série:use ***
Au Nouveau Théâtre Printania, il paraît que la
consentirait s'occuper de deux ou trois enfants dans
famille honorable. - E crire à Madame "W.n chez troupe de M. Geo. Portal remporte de grands suc-
Madame Max. ;Raybaud, 54, Mazarita, Al•exan'drie. cès. Je n'ai pas. encore eu l'occasio·n d'aUer l'en-
L'EGYPTI NOUVELLE III

ten dre mais j'espèr e, la semaine proch aine donner récital, des ovations ré~térées - qui n' étaioot que
un compte-r endu de quelques-un es des pièces qu' elle mér itées.
a ura jou ées. Mlle Zozo Dalm as, soprano légère, a délicieusement
,égrené la m élodie à la mod e: Co.si piange Pierrot et
***
«La Casta Diva, , r eprésentée pour la première le Bonheur perdu, de Xanthopoulos. C'est une débu-
fois en Egypte, au Ku rsaal, obtint un accu eil en- tant e, à laquelle nous prédisons le p'lu.s brillant ave-
th ousiaste. La Duce Marella -et Dezan se surp assè- nir.
ren t et durent revenir plusieurs fois sur la scèn e, Au pian o; Mlle M. Niw lescou s'est :r.évélée un e
aux appla udissements du public. Cette op érette, à accompagn atrice accompli,e . Elne m érite tou.s nos
la mu siqu e gaie et légère, a ux décors fa n tasqu és ou co mpli~ ents . - FoRTUNIO.
g r a ~ i eux se clas-s·e dans l'opér ette-type, a ux côtés
de ces excellentes «Veuve J oyeuse, ou «Princesse des
Doll ars,. Et le f\uccès qu 'on lui a fait, ét ait simpl e- Petites annonces .
mcn-t justifié.
* *·*
Cin éma Empire. «Sa Fille,, drame émouvant , est Pour venu en aide à ceux qui ont de l a peine
fin ement interprêté par la toute gracieuse P r iscil1a L' EGYPTE NOUVELLE
Dean - une étoile qui se lève. Elle y réalise un ;vrai insérera gratuitement toutes l es offres et deman -
tour de for ce -en assum ant a vec un égal bonheur le
doulble rôle ·de la m ère et de la fille. No_s jolies sp ec- des d' emploi sa_ns distinctio.n aucune entr e l çs tra ·
tatrices s'intéresseront vivement aux r avissantes toi- va illeurs intellectuell:l et l es travailleurs man uels.
lettes qui défilen t dan s un cadre vraiment luxu eux.
«Cœu r de P ompi er, l oufoquerie américaine est en- 112. - Jeune homme connaissa nt ' le Français,
Ievé avec u n entrain endi ablé. Le spectacle commen ce l'Anglais, l'Ar a be. Cher ch e emploi dans bureau, ad-
par les ha bitu elles actu alités «Universal Magazine, ministration ou m agasin. S'adresser à l'((Egypte
ct «La Gazette d'Orien t". .- Nourvelle,, 3 Rue El F a dl. L-e Caire.
114. - Dame .Su issesse cherch e situ a tion de gou-
. ** *
Nove lty Cinéma. Le r ideau se lève sur cc Le Gros vernan te institutrice dans bon.1e famille a nglai,se ou
Lotn fan taisie des plus comiques. Pui s p asse un do- turque . Bon nes refér en ces. Ecrire Mll e P erren oud ,
cumentaire d'un genre inédit «Une Visite à P ar a- . Ru Borsah N ° 16. Le Caire.
mou n t-Ville,; c'est la rvie' des couli sses du .ciném a, 115. - Demoiselle da ct ylo connaissant, fran çais,
on pén ètre dans l'intimité des «Stars" et on assiste anglais, allemand. Ch er ch e empl oi. S'adresser à
à la pr éparation d'un film. l' ccE gyp te Nou velle,, 3 Rue el F.adl. Le Caire.
ceLe ·Miracle" vous emmèn e faire un tour dan s les 116. - Dame Anglaise donne leçons Anglais, ac-
qua rti ers interlopes -s·i pittoresques de l;:t Ville chi-· compagn er ait jeunes filles. S'adresser à l'«Egypte
noise de New-york. C'est une des meilleures produc- Nouvelle, , 3 Ru e el F a.dl. Le Ca ire. · ·
tion s P aramoun t et une des création s les plu s goûtées 117. - Masseuse diplômée de Paris, s'occupant du
de la ch a rmante Betty Compson. massage facial electrique, d e l'effacement des rides
On ann ol'l ce pour la semaine prochain e «La terr e et de tout ce qui c-on cerne la beau té, ayant t9ute l a
qui h1en drame moderne don t Le Caire au r a la pr i- - clientèle élégante du Caire. Rendez vous sur de-
meur wvan t même l'Europe et l'Amériqu e. Qu'on se man de. Madam e Rossi, 12, Rue Soliman P acha. Ap-
le dise ! ! ! par tem ent 2. Le Caire.
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Triomph ant", conte m erveilleux de Tourgu en eff s e journal. • , ,
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. P lnsiP-nrs do cumentaires in téres-s an ts : «P athé-Re- sérieu se. Bonnes références. Ecrire: B.A.V., B.P.1492,
vu en, «Pa thé-J ournal,, «Chorégraphie classique" et Alexandrie. .
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gramme . - S CAPI N. mann equins. S'adresser à Monsi·eur P rosperi, cfo ·The
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pour le Caire, aux bureaux mêmes de l'<<Egypte Nouvelle» situés
me nous pensons paree qu'aucun poids mort,
3 Rue El Fadl, - pour Alexandrie, à la Librairie Schuler, - pour aucune subvention n'alourdit notre plume ou
Port Said, à la Librairie Saonli et Chrissanthou. notre langue, nous estimons que le pays a vêcu
Nous rappelons en outre que tout lecteur qui s'abonnera avant ce jour-là une minute décisive. En prenant con-
le 31 Janvier 1924 aura droit d'office à ce numéro spécial. tact avec les nations d ' Occident, l'Egypte sort de
D'autres avantages très appréciables seront incessamment assurés 1'isolement où elle s'anémiait, établit la liaison
à nos amis. Nous en parlerons lorsque la mise au point nécessaire avec le riche humus international dans lequel
sera réalisée.
elle puisera les éléments nutritifs né cessaires à sa
~-------
propre existence, et pénètre en égale dans le con-
cert des peuples. Désormais, les vases communi-
LE GUÊPIER POLITIQUE quent. Désormais, les égyptiens participent à la
vie universelle dont une tutelle ombrageuse les
avait retranchés. Pour nier l'évidence, il faut
Caveant Consules. être un imbécile ou un fier gredin. Et c'est
grand dommage que la presse qui avait pour
es ambassadeurs et consuls égyptiens ont mission de déssiller les yeux et de desceller les
L enfin rejoint leurs postes respectifs. Il en
était grand temps. Depuis trois mois, on
annonçait à chaque instant leur départ immi-
cerveaux, se soit une fois de plus soustraite à
son devoir. - Mais ne nous attardons pas à de
naïves _jérémiades. Tournons nous vers l'avenir
nent. J:<:t jamais ils ne partaient. Tels ce3 guer- et risquons quelques suggestions sur le rôle de
riers valeureux d 'opérette qui, pendant des heures nos agents diplomatiques à l'étranger. Jadis, Je
entières, brament à tue tête : Courons, volons, peuple qui désirait entretenir des relations ami-
sans se déplacer d'un pouce, ils piétinaient sur cales avec son voisin lui dépêchait des délégués
place et semblaient rivés au sol. Des paris même suivis d'une escorte somptueuse et chargés de
commençaient à s 'organiser lorsque nos offi- présents fastueux. Peu à peu, ces délégués ont
ciels ont brusquement décollé. En moins d'une perdu leur caractère patriarcal. Ils ont cessé in-
semaine, le stock entier a été embarqué à des- sensiblement d'être des agents de liaison pour de-
tination. L'évènement est passé presque inaperçu. venir des agents de désag-régation. Installés au
Il était d 'importance, pourtant, et l'Egypte tou- cœur de la place forte, ils en ont profité pour
chait là du doigt les preuves palpables de son recueillir les renseignements susceptibles de ser-
autonomie. Mais les leaders zaghloulistes fai- vir leur propre pays et de desservir celui qui
saient sentinelle . Il leur eut été désagréable que leur offrait une si généreuse hospitalité. Les
le troupeau sur lequel ils règnent soulignât par choses ont pris une tournure telle que 1'agent
des réjouissances intempestives cette date mémo- diplomatique est devenu, dans l'état actuel des
rable. Pour eux, pour les nécessités de leur thèse, mœurs, l'être qui se méfie de tous et dont tous
l'Egypte est encore l'humble vassale de l'An- se méfient. Inutile de réagir contre cette forme
gleterre. C'est là un dogme auquel il est interdit sourde et férocement active de la guerre souter-
de toucher. Tous les faits qui le contredisent ou raine entre nations. Bornons-nous à constater
le démentent doivent être énergiquement re- sans commentaire aucun. Or, seuls les ambassa-
poussés. C'est pourquoi d'ordre de Sinn ott Bey deurs d'Egypte à l'étranger pourront échapper à
Hanna et de Fakhry Bey Abdel Nour, la conspira- cette dure nécessité diplomatique. Seuls, ils
tion du silence a été organisée. Jusqu'à l'heure pourront se dispenser de recourir à la ruse, à la
actuelle, le peuple ne s'est point encore avisé cautèle, à l'astucieuse et savante stratégie des
que ses chefs, que les mauvais bergers auxquels Chancelleries. La raison en est bien simple. Ils
il fait si imprudemment confiance ont, avec représentent un pays où vingt Etats se disputent
une scélératesse insigne, escamoté un moment la préséance, 1'influence et la priorité. Chacun
essentiel de l'histoire de l'indépendance. Nous de ces pays pris séparément cherche à se faire
qui ne sommes point inféodés au Bcit cl Omma pré[érer, à consolider sa prépondérance, à l'em-
et qui n'en tirons pas le plus clair de notre sub- porter sur ses rivaux. La lutte est donc au dehors
18 L'EGYPTE NOUVEl.LE 2

entre les divers concurrents, et non pas du de- rwms . Si nos proses agréent, nous serons auto-
hors au dedans, c'est-à-dire d'un peuple étranger risés à sortir des presses. A défaut, eh bien nous
contre le peuple égyptien. Cet état de fait place nous les roulerons au soleil. Voilà le régime que
l'Egypte dans une situation tellement exception- Abdel Razek Pacha et El Keissi Bey espèrent
nelle que ses représentants n'ont qu'à se croi- nous imposer incessamment. J'ignore ce que fe-
ser les bras, a attendre que les compétiteurs s'en- r·::mt mes confrères. Mais j'avertis charitable-
tredévorent, et à écrémer les bénéfices au fur ment et le Ke issi et l'Abdel Hazek que jamais,
et à mesure que l'occasion s'en présentera . au gnnd jamais :je n 'attendrai leur poinçon pour
Au lieu donc de perdre un temps précieux à cre L<.- publier l'Eg_ypLe Nouvelle. Ils subiront ma cen-
ser des galeries souterraines, à débusquer la clef sure. Sous aucun prétexte, :je ne subirai la leur.
du code secret, à crocheter une valise ou à lire Et puisqu'ils soJit en train de faire l'apprentissa-
l 'envers d'un buvard, les ambass3.deurs égyp- ge de la liberté, je me promets de leur apprendre
tiens devront profiter de l'avance que le hasard en moins de temps qu'il n'en faut pour se mou-
leur donne pour révéler l'Egypte à l'Occident, cher avec les doigts ce q_ue ce mot-là signifie
pour mieux faire connaitre aux nègres d'Europe chez les barbares blancs. - José CANER!.
le berceau de la lumière et de la civilisation,
pour créer les points de suture et de jonction qui Variations sur un vieil air
wuderont ce joyau méditerranéen au restant du
monde ciYilisé. Par cette besogne honnête, ils
uand donc viendra le i:mr heureux où ch::t-
réintègreront la fondion dans son ancienne
beauté et ils travailleront vraiment à la grandeur
de leur patrie.
Q cun de nous n œuvre'ra que dans le cadtY
où le sort l'a placé P Je ne sais rien de plu~
méprisable qu'un individu qui s'intéresse à une
Le quatrième pouvoir. chose au-dessus de sa compétence. ll me suffit
de l'entendre parler pour sentir un grnnd dégoùt
l paraît que le Sous Secrétaire d'Etat au Mi- m'Pn..-ahir. Cependant l'Egypte est pleine de ces

I nistère de 1'Intérieur et le Directeur égyptien


du Bureau de la Sûreté ont voué à la presse
sr: obs. C'est que le terrail! leur est propice. Leurs
:mditeurs ne sont pas en mesure de découvrir
sculs les inepti es qu'ils entendent. Une insou-
une haine qui serait comique si l'on avait le lo~­
sir de rire. Ces messieurs regrettent l'époque du ciance absolue règne d:ms le pays. Qu'importe
janissaire où l'Egypte entière marchait à quatre si l'étudiant a ban donne ses étude;s pour fabri ··
pattes et où h bastonnade sur la plante de~::. quer des pamphlets virulents. Qu'importe si le
pieds constituait l'ultima ratio. Le Sous Secré- barbarin, le nez fourré dans un canard qu'il lit
taire d'Etat au Ministère de l'Intérieur et son avec peine, laisse pénétrer le voleur dans le logh
frère jumeau le Directeur égyptien du Bureau qu'il est chargé de garder. Tout cela n'a point
de la Sûreté estiment qu'ils ont reçu à leur d'importance. Et vous n'avez pas le droit de ju-
naissance le génie en partage. Tout ce qu'ih ger défavorablement cet amour de la politique.
pensent, tout ce qu'ils disent, tout ce qu'ils font La politique, vous diront ces vertébrés, est une
est simplement admirable. Ils ne conçoivent srience subtile que seul un esprit développé peut
donc pas qu'on ose être d'un avis contraire. Om- saisir. Si le peuple égyptien s'adonne à la poli-
bngeux jusqu'à la susceptibilité, ils considèrent tique. cela prouve qu'il est déjà à même de com-
la moindre critique, que dis-je, la moindre res prendre les problèmes qui mettent en jeu les des-
triction dans l'éloge comme un crime inexpia- tinées de son pays.
ble.S'ils s'écoutaient,ils nous infligeraient la tor- Ah ! laissez-moi rire, lecteur ! Le fellah poli-
ture une demi-douzaine de fois par semaine.
Malheureusement, l'âge délicieux du chevalet, du
brodequin, de la poire d'angoisse et des autres
douceurs est révolu. le :journaliste le plus dé- Où il aura lieu ?
gradé se fait aujourd'hui une idée très haute et
très nette de sa profession. Ne pouvant attaquer
de face le gibier à plume, ces messieurs ont déci- De quoi il s'agit? Ne l'avez-vous pas deviné ... Mais
dé de le prendre en enfilade, si 1' on peut dire. Ils du Grand Bal annuel de l'Hôpital Israélite. Sans
ont tenté de lui retirer quelques prérogatives, tel doute, d'ores et déjà les personnes avisées et «dans
ce libre parcours sur le réseau des Chemins de fer. le train" ont retenu leur soirée du M·3rcredi 30 Jan-
La mesure a paru si misérable que le Président vier pour pouvoir assister à cet " event " de pre-
du Conseil s'y est énergiquement opposé. Alors, mière grandeur. Mais une question se pose encore :
changeant leur fusil d'épmle, nos garde-chiour- Où aura-t-il lieu.
me ont imaginé autre chose . Ils rêvent de nous
obliger à leur soumettre cinq exemplaires de nos Eh bien, sachez-le, dans le local du Caire le mieux
:iournaux. Ces exemplaires seront lus à la loupe, adapté par ses vastes dimensions à un succès de ce
épluchés, décortiqués par une bande d'imbéciles genre, à l'Américan Cosmograph.
qui savent à peine dessiner grossièrement leurs
3 L'EGYPTE NOUVELLE 19

ticien ! Voilà une trouvaille dont je ne me dou- civilisation et dont les revendications sont jus-
tais gnère, une trouvaille exquise ! Et cet argu- tifiées.
ment nous est servi avee une candeur touchante Oui, ami lecteur, vous avez raison. Le langage
par nos gros bonnets les plus sages. Et person- que je tiens est révoltant. En ce siècle d'éman-
ne ne répond à ces bêtises. Castro, pareil à ces cipa.tion et de rénovation, en ce siècle où l'hom-
cheikhs qui errent dans les rues un encensoir à me, non content d'avoir dompté tous les élé~
Lt main orne d'un article élogieux, chef-d'œuvre ments terrestres, a conquis 1'empire des airs, il
de platitude (r), chaque insanité qu'il recueille. est injuste d'émettre des théories pareilles. Mais
Au lieu d'imposer silence à ces perroquets vul- que voulez-vous que je fasse? J'ai beau réfléchir,
gaires, ii se fait Icar chef d'orchestre. Et le nom- je ne trouve pas d'autre solution à la question
bre des politiciens s'accroît. ... elite égyptienne. - Foulad YÉGHEN,
Les idées les plus contradictoires se heurtent
quotidiennement. On parle sans savoir ce que La misère des peuples.
l'ou dit. On entend sans comprendre. Bref, nous
out homme qui pense objectivement se
n 'avons rien à envier à la tour de Babel.
Cette situation va durer probablement. Le par-
i<;ment qui ne devait jamais être créé va permet-
T pose cette question : pourquoi, alors qu ' il
y a tant de richesse dans le monde, -y a-t-il
tant de misère ?
tre à un tas de bipèdes d'acquérir des opiniom
politiques. Il -y aura beaucoup de bruit; les scan. Je dirai que tout le monde, - les autres aussi,
dales seront innombrables. Et l'Angleterre vu- - à un moment quelconque, admet au moins
vant cet imbroglio sera obligée de rétablir le vaguement, que cette question se pose à la lo-
}noteetorat. V :::>ilà où nous ~ondu!r~nt quelques gique et à la conscience humaines - comme tout
ambitieux aux turbans massifs su1v1s des adora- le monde à un moment quelconque, devant les
leurs dn Chef Bien-Aimé et de quelques patrio. phénomènes de la création, se demande irrésis-
tards dressés à vociférer dans la rue. tiblement : quel est le principe de tout cela il
Mais presque iout le monde se le dit «à fleur
*** de pensée>>, si je peux ainsi m'exprimer, et, par-
Si la Grande-Bretagne avait emplo-yé un autre mi ceux qui -y poussent plus profondément, la
régime en Egypte, elle aurait pu év~ter ce triste plupart sont trop veules ou trop lâches pour con-
et grotcsq ue résultat. Elle aurait ~u adopt~r _1~ former leurs actes à leurs raisonnements.
cravache turque. Cette méthode lm aurait ev1L~ Alors il arrive ceci : d'aucuns ne cherchent
beaucoup d'ennuis. L'Egyptien est habitué de- même pas à se répondre, parce qu'ils sont con.-
puis des millénaires à travailler sous la ,~érule du tcnts, eux, comme ça se trouve; d'autres se ré-
maître. Quand il ne sent plus le fouet s mcruster pondent qu'il est inutile de chercher une solu·
clans sa chair, il se croit un objet de terreur. tion qu'ils ne trouveront pas ; d'autres enfin
Voilà pourqu:::>i, il est à présent si arrogant. . voient le mal, savent d'où il vient et quels sont
Le lecteur s'étonnera sans doute de me von les remèdes à -y apporter, mais se donnent 1·2
m'exprimer ainsi (2). Quoi ! avoir des idées pa- prétexte qu'ils ne peuvent rien y changer, que
reilles en j)lein vino-tième
~
siècle ! C'est insulter
' c'est trop tôt, que, du reste, il faut qu'il y ait
la civilisation ! C"est méconnaître le progrès rea- une élite et une «canaille)), (1) et qu'ils aiment
lisé par l'humanité depuis les éJ?oques féodales. mieux, jusqu'à nouvel ordre, être de l'élite,
Enfin, c'est faire revenir au vreux temps des quant à eux .... et continuent à recourir à des
serfs et des vilains un pa-ys en contact avec la compromis avec leur logique et avec leur cons-
cience .
(1) Nous en demandons pardon à Foulad Yeghen: Quoi qu'il en soit : pourquoi, alors qu'il y a
Castro n'est jamais plat. - N.D.L.R. tant de richesse dans le monde, y a-t-il tant de
(2) Mais non, mais non. Les lecteurs de «l'Egypt~ misère ?
Nouvelle » n'ont plus le droit de s'étonner de qu01 L:J. réponse première qui vient aux lèvres est
que ce soit. - N.D.L.R. parce que la. richesse est mal distribuée, et on

(1) Canaille? ... Cela me remet en mémoire un inter-


~~~~======~~====~~\
mède de cirque qui nous faisait rire jusqu'aux lar-
A HÉLIOPOLIS mes : Gugusse proposait à son compagnon une parti~
de boxe, et convenait, comme condition du jeu, qu'il
LOIN DE LA VILLE ET DU BRUIT, fallait. s'arrêter immédiatement, quand il comman-
DANS UN COQUET LOCAL derait : pouce. Alors il attendait que son compagnon
ait quelque chose en main, fonÇait sur lui, lui as-

SAULT
nous pré-
sénait un violent coup de poing, le renversait, lui
sente une prenait ce qu'il portait, et criait simultanément :
variété lu- pouce.
Nous disions : quelle canaille, ce Gugusse! Certains
xueuse de PATISSERIES et de répondaient : il est intelligent.
CO~FlSERIES du meilleur goût Et nous nous rappelons tous comment finissait le
jeu. - A. M.
20 L'EGYPTE NOUVELLE 4

en conclut que la réforme sociale doit porter sur


ce point, et l ' on s'imagine volontiers qu 'elle POÈMES
porte sur ce point - ce qui permet à certams de
uire gue la transformation sociale est un pillage. Songerie
Au second abord, néanmoins, on ;;'avise que
Je vous nomme, parfois, si lointaine, évoquée,
la distribution de la richesse n ' est qu 'une c0nsé-
Sur quel monde êtes-vous, maintenant, '· tes-moi?
quence, que tout remède qui agit ~.ur la consé-
Il se peul, hésitante, au seuil de la mosquée,
quence seulement n ' est pas un remède, n est
qu ' un palliatif - bon ou mauvais, mais qui ne Temple de votre loi.
guérit Jamais - qu 'il doit donc y avoir autre
Sous les arbres très hauts où. les fils d'Algérie
chose.
Sont . accroupis, rêveurs, et paraissant prier;
Eh ! oui, il y a auire chose : il y a que la pro- Assise près d' un roc, d'une source tarie,
duction de la richesse est mal organisée, et que M'entendez-vous crier?
c'est de là qu 'il résulte que la richesse circuie
mal et qu'elle est, finalement, mal répartie et Voulez-vous re venir à l'époque adorable ?
mal consommée. Sur moi, s'e st arrêté votre brûlant regard . ...
Et alors on se pose inévitablement cette autre Il y a bien longtemps, laissez courir le sable,
question : pourquoi la production de la richesse C'est fini, c'est trop tard.
est-elle mal organisée P
Ici, pour peu qu 'on réfléchisse, la réponse S eigneur! s'il se pouvait, que là-bas, revenue
vient toute seule : parce que le but de la pro- Dans la grande maison : ce fastueux palais,
duction, ce ne sont pas les besoins du consom- Au pays enchanteur où je vous ai connue,
ma.teur, mais le lucre p ersonnel. Si je vous retrouvais 1
Prenons un exemple, pour être plus clair : J'ai pensé défaillir au sein de la nuit calme,
Primus, en Egypte, est propriétaire de mille fed- Votre image tremblait dans les frênes pâmés,
dans. Il ne se demande nullement quels peuvent Folle, sc balançait comme une souple palm.e
être les besoins du pays, ni de quoi il va planter Devant m es yeux charmés.
sa propriété, mais uniquement : << par quels
moyens vais-je avoir le maximum de rendement A nouveau, les blés d'or ont couvert la prairie;
et le maximum de rentes P
Je crois avoir un peu caressé votre main;
D 'abord, il faut que je Ïasse des économies ât- On m'a dit: c'est par là, que seule , elle est parUe,
personnel, soit en diminuant le nomnre des tra- Serez-vous là demain ?
vailleurs, soit en abaissant l es salaires de ceux
qui sont indispensables , les deux à la fois, s1 La tristesse au grand front vaste ct toujours ))lus
possible. De cette façon, je restreindrai les frai •o [soni brr
d' exploitation, et j'augmenterai d'autant mes Me poursuit sans repos , ca,r votre souvenir:
rentes. Puis, je planterai du coton, parce que Lacère encor mon cœur,au soir,clans la pén01nbrc
c'est le coton qui rapporte le plus. Et me fera mourir.
Son voisin en fera de même, leur voisin égale. Fran ce LAMBERT.
ment, et l'autre voisin, l'autre aussi, et tous les
propriétaires riverains ou limitrophes . ***
La Joie du Pauvre
Ainsi, d'abord une foule de paysans ne pour -
ront pas avoir l 'essentiel de l 'existence, pour que Sa, vie était laborieuse et humuw. Courbée sur
quelques--uns aient les plus gros revenus. Et l'ingrate besogne; atla,blée dcvmtl un miséra.ble
puis, ensuite, il y aura surproduction, d ' où repas ou allongée la nuit, sw· la, pa,il/.e de sa cou-
chambardement des prix, ruines ou fortunes su- chett e, elle respirait la, joie, et ses yeux, ses yeux
bites, factices, la spéculation s'en mêlant, con- d'ea,u. changea,nte, déconcerta,nts, célaienl un
curren ce entre les fournisseurs, de manière que monde invisible mais a,clif.
les plus forts écrasent les plus faibles, dérange- Un homme riche s'éprit d'elle et, fier de sa
ment de la vie normale, ruines en core ou for- puissance, mit à ses pieds tout ce que la vie offre
tunes subites - apparences de fortune, mirage aux privilégiés de ce monde. La jeune fille , éton-
de bien-être, réalités de souffrances - le dernier née et ravie, goûta,, l'hiver, la douceur des cli-
mot restant toujours aux plus riches, etc., etc. - mats tempérés; l'été, la. voluptueuse fraîch eur rles
sans compter les parasités qui vivotent entre le glaciers. Elle connui la satisfaction des désirs à
producteur et le consommateur (courtiers, agents peine formulés; la satiété des choses nouvelles et
de ch ang-e, commerçants, avo cats, etü.) qu 'il faut curieuses; le dégoût cles patwres plaisirs que,
remunérer tous, ce qui, en fin de compte, aug- d'un pôle à l'autre, sur toutes les latitudes, les
mentcm la rich -3sse des rich es, qui sont une in- hommes enfiévrés ont imaginé pour remplir la
fime m~norité, et la misère des pauvres, qui sont monotonie de l'existence. Et la, joie se mua, en
l'immense majorité. - Antoine MAROUN. amerturn.e ; la curiosité en lassitude ; les beaux
5 L'EGYPTE NOUVELLE 21

ycu.r d'eau. profonde trahirent un mal sans


CS[iOir. SUR LE THÈME DE L'ENNUI
:!lors, nne nuit que. dans le calme languide
alourdi de parfums, l'amant hcnreux écoulait Les lecteurs de 1'(cEgypte Nouvellen seront surpris
d'apprendre que l'auteur des li gnes qui suivent est une
l>altrc ce jeune cœur qn'il avait corn blé, il l'en-
toute petite jeune fill e . S'ils con;:entent ù faire un ef-
tendit gémir. Anxieux il murmura : - «Mon fort sur leur frivolité et à la suivre attent ivement, leur
m1ww·. mc cachez-vous quelque peine? nourris- surpri se augmentera en constatant que cette jeune fille
sez-vous un désir que v ons n'osez me confier? . .. n se meut avec une aisance rare entre J' esprit de finesse
Dans le vas le silence étoilé, le cœur sounira : et l'esprit de géométrie dont Pascal a parlé quelque
« Que 1w puissiez-vous me rendre le cadre où part. Ils admireront non pas s implement la fermeté
nous m'avez tronvée; ce qui ornait ma solitude et la v i~ueur de la dialectique, - non pas même l'art
et colorait rna misère, hélas ! que ne puis-fe re- subtil d'ouvrir une idée en deux et d'en exprimer la
substance et le suc, - rnais encore, mais surtout, la
trouv er mrs l1(1ves? ... n - Yvonne LAEUFEn.
qualité de la pensée, son élévat ion, sa beauté, ind ices

*** certains d'une nature harmonieuse et équili brée . Par


ees temps d'intense trivialité, l'exception valait la
Chanson
peine d'être mise en Pel ief. - N.D.L.R.
Tous les espoirs qui fttrent miens,
I.
Où sont-il:>, dites, où sont-il.s
.le suis si pauvre avec mon âme ! Chacune de mes crises morales ayant été provo-
l1oyez : les araignées y tissent leurs nids ... quée par une cause d'ordre différent, mon ennui
était chaque fois d'une couleur, ou piutôt d'une tona-
Ils sont partis tou t frissonnants, lité différente. Cependant, il conservait toujours un
Au temps de la feunesse belle, même caractère : le sentiment de vide. J'ai d'abord
connu I'em'lui que l'on affecte par snobisme et que
Et j'attendais leur doux retour l'on finit par énrouver réellement. Au fond, il était
Comme on attend les hirondelles . . . . compliqué par la crainte d'entraver l'évolution natu-
rell e de mon intelligence. Je me réservais toujours
!l chaque aube je me disais, intellectuellement. m'intéressant à tout sans me don-
/?n ouvrant, large, m.a fenêtre ner à rien, afin de n'être l'esclave d'aucun système,
" Les voici poindre à l'horizon, d'aucune erreur, et par la suite de uouvoir facile-
(;Jwrgés cle joie, chargés de vie ment m'adanter à la vérité, où qu'elle se trouvât.
Cette complication ne tourmente pas ..ie pense. ceux
Ma is ils ne sont pas revenus, d~ mes contemnorai'ns ani s'ennuient par snobisme
TU je suis la ruche déserte et se prétend ent blasés. S'ils manauent d'fmthousias-
Où ne vif; plus l' ilmc des fl eurs, mP. cEla ·?St peut-être dû à leurs idées matérialistes,
i'! leur excès de posHivism e. Ils n'ont foi au e dans la
Et qui n'attend T>lus ses abeilles .. .. vie actuelle. et ils en ont vite épuisé les plaisirs. Il s
Eli :m J. Fu-mEHT. sont également. trop égoïstes pour se réjouir de tout
ce aui arrive d'heureux i't leurs sembla.bles,pour s'inté-
resser à leur sort et les aimer. C'est pourtant la
NOTE DE LA REDACTION
seule ioie dont on ne se blase nas, qui ne décoive
Taus les manuscrits doivent être envoyés sous pli nas car on n'en attend rien, c'est la plus désinté-
fermé à l'adresse de M . le Secrétaire de RéC:action. ressée. Mais aurès s'être tant réservés et présErvés,
On ne répond pas de ceux qui portent une adresse ils mourront sans avoir vécu. Selon les vers dE Mus-
différente. s:ot " de leurs mains sera tombé le livre"·
les articles non insérés ne sont pas rendus. ((nans leanel ils n'aw·ont Tien ln" · Grasset a dit
nue " l'homme bir~ 1> portant est un animal altnliste"
GUP '' T' éao'i . m?e est nn S1J mrJtôme de maladie " et

Docteur A. Narkirier ,, r11 t.'il frwt tonrner le malade veTs l'altrnism e en ltt.i
"montrant qne la qttérison est là et nniauement
Spécialiste pour les maladies de la peau " liT. " On elirait Gue "ette nouvelle qénérat.ion est
"nni~éP rl 'avnncE: Gu'elle n'a nas la force, l'énergie
et vénériennes r1P se créer des resnonsahilités. ce nui pourtant se-
44, PLACE IlE L'Of-'bRA (Imm . Zogheb) rait un excell ent préventif contre l'ennui. Elle n ' a

~
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...-·-··-..
1
···~·0·~ ·-~~- .. ... ~···~··· ..-··-·lii!'B·.. 1
22 L'EGYPTE NOUVELLE 6

ni courage ni initiative. Comme l'a dit Bordeaux, et souffrent de ne pas le re trou ver réellement autour
" la peur de vivre marqne an visage cette race non- d'eux. C'est qu'ils n'ont pas une pleine conscience
" velle de jennes gens, qui ne paraissent soucieux de leurs responsabilités, ce qui les aurait obligés à
" que de leur santé, et qui, tout en ne digérant qu'a- s'adapter davantage au monde où ils vivent. Le pri-
" vec l'aide des eaux minérales où de la camonâUe, mitif, lui non plus, ne s'ennuie pas quand il ne fait
"n'ouvrent la bouche que pour critiquer et dénigrer, rien. Cela est dû à ce qu'1l n'a pa-" comme nous
"ne louent rien, n'aiment rien, ne désirent rien, d'exigeantes tendances intellectuelles ou srntimenl:l -
" comme s'ils avaient dans les veines du sang de pois- les; quand ses besoins animat:C\ sont satisfaits, il ne
" son n. Puis : " la peur de viv1'e se confond avec la lui manque rien, il jouit pleinement du bon fonc-
" peur de sentir. EUe agite les dilettantes qui ne veu- tionnement de son organisme. Q<Jant au civilisé, dès
" lent ni choisir ni se donner, se prêtent seulement que l'une de ses tendances est contrariée, l'activit.:~
" à toutes les manifestations intellectuelles ou plas- de toutes les autres ne suffit pas à lui éviter l' ennui.
" tique.s sans ,iamais se livrer à ['enthousiasme, et Selon Janet " la vTaie source dn bonheu~· est dans
" s'estiment supérieurs patce qu'ils sont flottants et " l' e,rercice àe nos facult és et le d.éploiem.cnt des
"profonds, quand l'amour seul va au delà de.s suT- "forces de notre être "· Sinon le bonheur, croyons
" faces n. du moinE: qu'il en découle une certaine paix dépour-
J'a.i connu aussi l'ennui causé par la monotonie VU·') d' enuu i. - Jeu rme HAR~RI.
des choses, la nostalgie du changement et des aillEurs (à suivre. )
nouveaux. C'e;:.t, je pense, un effet de notre civilisa-
tion qui nous rt-nd plus exigeants. Ainsi, nous sa-
vons que les sauvages peuvent s'amuser des h eures
entières d'une petite mélodie de trois notEs, tandis
que nous nous lassons bien vite . des harmonies les
plus complexes et les plus énervantes. C'Est que no-
DANS la VALLÉE des ROIS
tre oreille plus éduquée s'y adapte facilement, et,
après quelques auditions, nous permet d'en prendre (lle notre correspondant ]JCtrticulier)
possession complète. On dit souvent: «la vie, c'est
ton,iours la même chose"· Mais c'est une erreur... C'est d'un caf6 qur; j'écris, et de retour d'une
Il est vrai que la vie est au fond toujours la mên,e longu .3 excursion . J'éprouve la lassitudE douce et
dans ses lois générales, physiques et psychologiqurs. fière du héro~, qui a accompli simplement une gran-
Mais elle est toujours nouvelle par ses combinai- de action. Naghi est muet. Il ruminE des croquis,
sons, ses harmonies multiples, dans la nature et sur- pendant qu.3 la chaleur des déserts me monte au
tout dans les âmes. Elle n'en est que plus admirable cerveau Et met en vibration toutes mes cellules.
d'être au fond la même et pourtant si diverse dans Pour visiter les Hypogées et le <( C'imetiè1'e des
ses merveilleuses modifications. Comment épuiser Chats , de Béni-Hassan, nous avons consacré deux
cette infinie variété, comment s'en lasser? Mais pour longuE s j ournées. Celle d'hier, après hui.t heures
l' apprécier, il faut d'abord la découvrir. Il faut sa- de barque sur le Nil, de Miuieb à la CoUine Rouge,
voir être artiste et jouir de tout ce qui passe. Il suf- fut stérile. Le vent ne soufflait pas et il fallait en-
fit de si peu pour voir ce qu'il y a de beau en chaque core des heurEs pour atteindre le lmt de not12 L'xplo-
chose. Quelle est, après tout, cette prétendue digni- ration, Aujourd'hui, nous avons choisi un nouvel
té que l'on trouve à s'entêter dans unE attitude dEl itinéraire. Nous avons réussi à vaincre les mille dif-
malade, une attitude qui ne veut s'apercevoir que ficultés de locomotion et à arriver ù ces sép1ùcres
des laideurs ou de la monotonie des choses ? Cepe'1- millénaires de Khéti, de J(nemhotcp et d'Ameni,
dant, si le sens esthétique procure des plaisirs, ü grottes mystérieuses pratiquées par les hommes qui
ne suffit pas pour nous attacher à l'existence (je ne honoraient cEux qui avaient vécu et souffert avant
parle pas bien entendu de certains tempéraments eux. C'est à la porte d'un temple, du sommet de la
particulièrement doués, qui en font leur idéal) . Il colline, parmi. les ombres des Egyptiens disparus,
faut sortir de soi-même. C'est l'altruisme qui nous aue nous avons fait une halte, Et (tUe nous avons
fait accepter les responsabilités, c'est à dire qui nous déjeuné. Le Omdeh du pays voulut honorer " l'Egypte
assigne un but que l'effort seul peut atteindre. Nouvelle n. Il nous fit escorter de deux ghaffirs, mit
Ceci indiqué, examinons encore dans le détail , de petits ânEs à notre disposition et nous fit un ac-
d'autres form es de l'ennui. Nous savons par ex·3m- cueil comme seuls ces hommes siinples des campa-
ple que le désœuvrement est une cause certaine gnes et des villages savent en faire. Il insista avec
d'ennui; les philosophes hindous, toutefois, sous la tant de sincérité pour que nous passions chez lui la
forme du Nirvâna le conçoivent plutôt comme une nuit et que nous dînions à sa table que, n'était l'ine-
sorte de béatitude. C'est que le nirvâna n'est pas xorable Naghi , .i'aurais cédé avec amour. En géné-
précisément un manque d'occupation, ou plutôt de ral, les ha.hitants des provinces que nous avons vi-
préoccupation. Il prétend donner en quelque sorte sitées se sont montrés bons et hospitaliers. Ceux qui
la conscience du travail qui s'accomplit dans l'uni- nous ont servi pour de l'argent n'ont pas été avides
vers. Il offre ainsi la sensation de participer pour et désagréables comme vos hommes du Caire. Ils se
ainsi dire à tout ce mouvement, à toute cette évolu- sont toujours contentés de ce qu'on leur a payé. Et
tion. C'est donc une occupation quand même, bien cela. compren·<èz-vous, rend le voyage agréable mal-
qu'on espère y supprimer l'effort qui est le can:tc- gré les obstacles matériels, l'impossibilit·3 de rensei-
tère propre du travail. gnemnnts, l'absrnce totale d'organisation pour le
LEs Orientaux en général sont très amateurs du servi.ce des touristes. Hormis Louxor et Assouan, que
" dolce farniente"· Grâce à leurs narcotiques, ils je n'ai pas encore visités, ct qui sont, paraît-il, adap-
peuvent rêvasser indéfiniment. Mais ils risquent de tés aux exigences des voyageurs, tonte la HmJte-
tomber dans l'ennui des romanesques. Ceux-ci, cho- Egypte, riche et inépuisable rn monuments, reste
qués par les réalités de la vie, se réfugient flans un inconnue parce q1w peu praticable. Tl faut être,
monde imaginaire, s'y complaisent, puis s'étonnent comme nous, des chevaliers sans peur et sans re-
7 L'EG"ff:TE NOUVELLE 23

proche, pour s'aventurer si loin, pour essayer mille ont tous la même religion; c'est nous, les vivants,
tentatives pénibles avant de trouver le filon. Aucun ou soi-disant tels, qui, d'une seule et unique foi
bureau officiel pour nous renseigner, pour nous ai- primordiale, en avons confectionné toute une collec-
der . Le Gouvernement ne devrait-il pas y penser? En tion, en coupant en quatre les cheveux des prophètes,
Europe il y a toujours de ces initiatives qui rendent et quelquefois les prophètes eux-mêmes .... Au fait,
tant de services et qui permettent de goûter et d'ap- les murs qui séparent entre eux les cimetières des
pré cier un passé et un pays. Ici, on en est rôduit différentes confessions ne s'enfoncent pas si profon-
aux explications vagues et erronées, la plupart du dément qu'ils puissent prolonger sous le sol les dis-
temps, de ces braves villageois que j'ai appris à tinctions que les hommes établissent au-dessus; ils
aimer et qui demeurent bienveillants, affables ct ne constituent pas des cloisons étanches divisant la
spontanés. 1 l.s ne rrsscmhlrnt guère ii vos cochers, décomposition organique générale en infection ortho-
ù vos charretiers, à vos IJoyaghis, ù vos indigènes, doxe et en infection schismatique,de ::orte que chacun
le plus sou vent grossiers ct malhonnêt.es. Sont-ce les de nous, à quelque culte qu'il sacrifie, arrive en Pa-
intérêts de la capitale qui les rendent si mauvais, en radis à égalité de pourriture ..... Moi, ami très cher,
tous cas si inférieurs aux Egyptiens avec qui je je n'ai rien à faire clans la vie; elle m'indiffère en
prends ici contact? long, en large et en travers, comme dit Maître José
Ce soir, je pars pour Mellaoui. On logera dans une CanerL J'ai vu que la vie est un composé baroque
modeste auberge, la seule qui soit, afin de nous de choses simples que nous avons soigneusement
rendre de là, ù cheval ou à dromadaire, aux ruines compliquées, et de choses très propres que nous
de la ville antique de Tel-El-Amarna. Tout cela. ESt avons tachetées de souillures avec une sottise can-
inconnu parce qu'il n'y a pas d'organisation. C'est dide. C'est une suite laborieuse d'attitudes et de
dommage, et il faudrait protester au nom de l'art, gestes abjects ou cocasses que nous nous bernons
de l'histoire et de la beauté. - Emile NAMER. mutuellement à vouloir faire paraître pour dignes et
solennels. Nos travaux sont un échange de rhubarbe
CEDULE. - Tnutile de protester, mon cher ami. frelatée contre du séné empoisonné, des transactions
Pour l'instant, les Egyptiens sont fermés à l'art, à de vessies données et recues pour des lanternes, d'opé-
l'histoire, à la lleauté. Leur unique préoccupation rations caverneuses à la Bourse, de larcins obliga-
consiste ù faire la politique mesquine de parti. Pé- toires, d'assassinats légalisés. Nos jours et nos nuits
rissent leurs dieux et leurs temples· Inillénaires pour- sont un programme d'amours plus ou moins exemptes
vu que le professeur William Makram Ebeid l'cm- d'à propos, de haines moins ou plus dénuées de né-
potte sur El :vrenzalaoui, par exemple, ou l'inverse. cessité, d'orgueils bedonnants, d'hypocrisies tari-
Avez-vous compris? - N.D.L.R. fées, de phosphorescenc0s éphémères d'ambitions réa-
~-------·
lisées, de sautes d'espoir à détraquer la pompe
aspirante et foulante du cœur, de coups de matraque
de la déception à défoncer des boîtes crâniennes m:u-
MES IDÉES DE DEVANT LA TÊTE moréennes, de pannes de l'estomac et d'obstructio-
nismes intestinaux, quand ne s'y ajoutent pas des
maladies de premier choix, dont la plus douloureus0
LR FOU DU CIMETIEIŒ. est la note du médicastre et celle de l'apothicaire, -
aue Dieu daigne les patafioler, amen. - La vie est
Lecteur très cher, si jamais le hasard de ta pro- donc idiote et ridicule au point que le foetus passé
menade ou de tes affaires - ù moins que ce soit à l'état de marmot geint comme un petit cochon
une a'rerlture d'amour a vec une négresse - conduit ébouillanté dès qu'il est éjaculé sur les draps du
tes pas du côté de la banlieue de .. ... , tu apercevras, lit parturial.... Que si un quidam candide, benêt
it mi. endroit où l'on peut dem.eurer seul à seul avec inexpugnable, s'imagine qu'on peut vivre d'après un
un rayon de soleil, un homme assis sur une borne, programme autre que celui-ci, sans génuflexions de
dans l'attitude d'une attente dépourvue d'énerve- conscience; s'il croit qu'on peut se donner impuné-
ment. ment le culot de ne voler. ni tuer, ni forniquer, dq
C'est un monsieur quelconque, habill·3 comme tout crainte du gendarme, c'est qu'il ne connaît pas l-1
lo monde, - visage ovale, front ordinaire, nez ordi- Q·endarme. Le moindre mal qui puisse advfmir à un
naire, menton ordinaire, .... le portrait tiré ii cent tel crétin congénital - pas le gendarme, l'autre -
milli.ons d'exemplaires par le bon Dieu des passe- c'est d'être vomi comme scorie malfaisante en marge
ports. de la société basée sur le panmuflisme convenu et
Ce monsi eur c'est moi. accepté. Et il crévera comme chien édenté, par excès
Que si tu as l'obligeance indiscrète de mo deman- d'honnêteté famélique ..... Tu admett.ras, par consé-
der co quo je fais lù, qu'ost-c·3 qui m'y amène tous quent, que la vie vaut tout au plus la peine d'être
J.es saints jours de la semaine, et ce qui m'y retient vécue par la seule force de l'habitude. C'est pour-
de l'n.uho au ponant, je m'empresserai de satisfaire quoi j'y reste, et y resterai tant qu'il plaira à Dieu
ta sotte curiosité en tc tenant ce langage aussi lim- et à la résistance de mes artères de m'y maintenir
pid e qu o dénué de bon sens. en santé et en joie. Or donc, ma présence ici s'expli-
Ami très cher, que Diou te tienne en sa grâce que toute seule. Je me plais énormément dans la frô-
divine et te préserve longtemps encore do l'inéluctable quentation des morts. Eux, du moins, ne nous la font
fatalité de franchir ce lieu les pieds en avant, car pàs à l'oseille; ils ne parlent plus, donc ils ne men-
c'est ici la limite extrême de la ville des vivants, tent pas; ils ne désirent plus rien, donc ils n'ont au -
et ce chornin qui s'ouvre hospitalier devant loi, cune raison de nous passer sur le ventre; ils ne
mène tout droit, quoique avec quelques cahots, à la vivent plus, donc ils ne sont ni des sots ni des fri-
cité des morts. Nous nous trouvons, en effet, sur la pons.Jls se laissent aller cahin caha, et s'en foutent
route des principaux cimetières de la ville, - cime- si, pauvre, on s'en va sans faire du chichi, ou si,
tières musulman, catholique, protestant, orthodoxe, riche, on part précédé des pétarades de six croupes
,iuif..... ou autres, peu m'importe. Les morts, vois-tu, chevalines caparaçonnées.... Dès que, de cet obser-
L'EGYPTE NOUVELLE 8

vatuirc ou Je 111e tiens, je vois approcher un convoi * A dérobé un manteau ù un de ses camarades
funèbre encadré des jovials lurons que sont les cro- pour Je donner à un homme d'un autre peloton qui
que-morts, je m'insère dans le cortège et je prends avait perdu le sien.
une part sincère à l'indifférence g·3nérale. Peu im- * Etant factionnaire ù l'écurie de D heures à
porte si le défunt fut un maigre hère de crève-la- 11 heures a été trouvé accroupi dans le fourrage
faim ou un suant bourgeois que la graisse a étouffé; de son peloton et. n'a pas répondu aux appels du
s'il fut jui.f, musulman ou chr·étien ou bouddhiste. Je sous-officier de ronde.
m'en vais derrière le cercueil, et, au bord du trou * A quitté momentanément son secteur de sen-
par où l'on quitte cc monde, je salue bas, très has .... tinelie pour aller auprès d'un feu voir l'heure.
C'est Je seul cas où je puisse avoir la certitud·3 dr * Faisait le guet pendant que ses camarades
saluer quelqu'un qui n'est plus ni un imbécile ni un jouaient aux cartes.
gredin. * S'est enivré au Souk. A continué à boire au
Camp du vin qu'il avait dérobé à la popote des Of-
.... ~Ioi? moi? tu veux savoir à laquelle de ces ficiers. A eu avec un sous-officier une violente al-
deux catégories j'appartiens? .... Mais à aucune des tercation en présence des hommes (Demande de cas-
deux, mon cher, car, moi, vois-tu, je me contente sation de son grade de caporal).
d'être fou. - SIMPLEX. * Etant chef de patrouille, a pénétré avec sa
patrouille dans une maison de tolérance, sans né-
-----------------~-----------
cessité de service.
* Commandant la patrouille de surveillance au
Les Gaîtés de l'Escadron quartier réservé a été trouvé en état complet d'i-
vresse avec ses hommes. A fait et a laissé faire du
scand ale dans une maison de tolérance, ce qui a
Cout"teline n'e~t pas mort. Les inénarrables histoires nécessité l'intervention de la police et l'obligation
de caserne qu'il nous débitait naguère avec un flegn1C de la faire relever avec ses hommes par une autre
hargneux et qui firent s'esclaffer ou suffoquer au patrouille.
tnoins deux générations, ces histoires sont du petit * A été trouvé porteur d'une matraque dissi-
lait comparées ù l'humble réalité. ~ous publions ci- mulée dans son pantalon.
dessous des H motifs de punitions n glanés sur des rap- * Chargé de faire exécuter à des détenus un tra-
ports officiels, qui feront rêver plus d'un lecteur. L'atni vail déterminé ne les a pas conduits au chantier sous
qui nous les envoie hésite entre le rire et le grince- le prétexte fallacieux que la température était trop
basse.
ment. Dans la vie n1ilitaire, nous dit-il, cotnme dans
l'ancienne Sparte, il n'est défendu ni de voler, ni de * Ayant. reçu l'ordre de se présenter à l'appel aux
mentir, ni de boire, ni de déserter. II est simplement armes, a fait de grandes difficultés et à l'annonce
interdit de se faire pincer. C'est ce que démontrent d'une punition de 2 jours de consigne a répondu :
lumineusement les li~nes extravagantes qu'on lira plus "Tu peux m'en mettre dix. Ne m'emmerde pas. Je
loin. On est étonné que des gradés aient perdu un ne suis pas ton domestique».
temps précieux ~~ rédi~er avec une gravité et une mi- * Ayant reçu l'ordre de se lever a11 réveil a obéi.
nutie aussi houffonnes cette prose dont chacun s'in- :vrais s'est recouché après le dép art du qhef de
chambre.
dignera ou se réjouira suivant son tempérament. -
N.D.L.R . * En rentrant du tir, s'est arrêté sans autorisa-
tion, pour satisfaire un besoin naturel.
* Etant cuisinier, a été trouvé porteur de trois * Etait manquant à l'appel de 20 heures. N'est
poignées de sncre, cachées dans la poche de sa rentré au'à 22 henres, donnant pour excuse q11'il
veste (8 jours de prison). était allé à la pêche.
* A fait une incongruité sonore au moment de * Ayant recu l'ordre d'attraper 1111 mulet ani
l'appel du soir dans le but. de provoquer une hila- s'était échappé, ne l'a exécuté qu'à la denxième in-
rité de ses camarades. jonction.
* Au cours d'une conversation avec des cama- * Sous nrétexte qu'à l'ordinaire on leur servait
rades a fait preuve du plns mauvais esprit en leur plusienrs têtes de lapins et dans le but évident de
donnant de mallvais conseils au sujet de l'exécu- provoauer l'hilarité de ses camarades a ainsi inter-
tion du service (4 jours de consigne). pellé l'un d'eux : "Est-ce que tu ~onnais cette es-
* Ayant reçu l'ordre d'amener 3 chevaux à l'abreu- pèce de lapin aui a plusieurs têtes ponr une seu le
voir, a murmuré et n'en a emmené que deux. patte». (Quatre Jours de salle de police). - PATTE-
* A été surpris urinant dans un local de l'infir- F\'-T.'.uR.
merie, alors qu'un urinoir se trouvait à proximité.
* S'est présenté au bnreau pour parler au capi-
taine et dans une attitude de violente colère a jeté
les galons sur la table de cet officier en criant «tiens MANGEZ TOUS
voilà tes galons».
* A pe;du son caleçon (15 jours de salle de po- LA CONFITURE
lice).
* Garde d'écurie aux jeunes chevaux, n'a pas
rendu compte que deux chevaux avaient reçu des
conps de pied.
* A accepté une certaine somme d'argent d'un
sien tirailleur que celui-ci lui offrait dans le but
- NAWA -
C'est la plus pure
d'obtenir ses faveurs.
* S'est présenté sur les rangs sans veste ni pan- C'est la meilleure
talon de drap. 2ème fois. (15 jours de prison).
9 L'EGYPTE NOUVELLE 25

grès de la Ligue des Droits de l'Homme. La motion


La carence de la Li gue tendait à ce qu'un vœu fut émis pour que: «en atten-
dant de voir s'améliorer fa législation con cernant les
des droits de l'Homme (*) indigènes clc nos colonies en matière de naturalisa-
tion, celle-ci fut appliquée dans un large esprit d'é-
--0--
quité et de fraternité humaine n.
A remarquer d'abord que le Congrès se sépara
Chacun sait que la Ligne des Droits de l'Homme sans attendre d'être saisi de la motion. Celle-ci eut-
a fait faillite sur de norn!Jreux points de son pro-
elle été discutée, n'aura it pas été votée. Fût-elle mê-
gramme démocratique, et qu'elle s'entend à mer-
me retenue , elle n'aurait rien signifié et rien chan-
veille à bourrer les crânes avec ses campagnes con-
gé. Ce sont des mots ! des mots !
tre la guerre, pour l'amnistie, etc., etc. Mais la ques-
L'atroce situation des indigènes ne sera pas trans-
tion coloniale est une de celles où elle réussit. le
formée par les formules impuissantes des rhéteurs.
mi eux ù faire des dupes. Seule l'action révolutionnaire libèrera les parias co-
Elle avait créé, il y a quelque deux ou trois ans, loniaux, en même temps que les exploités de par-
une commission coloniale, à côté de son comité cen- tout. - Max Clainville BLONCOURT.
tral. Avez-vous jamais entendu parler des travaux
de cet organisme fantôme et des résultats obtenus
par lui? Je n'hésite pas à déclarer qu'il n'en est ja-
mais rien sorti.
Et, cependant, c'est par centaines que les deman- ÉPHÉMÉRIDES
des d'intervention sont adressées à la Ligue des
Droits de l'Homme par de malheureux indigènes , Jeudi 3 Janvier 1924.
victimes de l'arbitraire administratif, de l' exploita-
tion la plus éhontée et qui lui accordent encore ~ ~1. Durtal - est-ce un pseudonyme? - expose,
quelque crédit. Les requêtes dorment dans des car- en un style compassé d'instituteur, aux lecteurs de
tons poussiéreux ou des chemises éventrées, car la la " Lih ertén , à qui cela est du reste, bien éo·al,
Ligue des Droits de l'Homme a bien d'autres choses que la F rance et l'Ang-1 eterr'e sont des rivales7 il
à faire. Elle agit d'autant moins , que son opinion, définit les origines de la dégringolade du change;
sur , le problème indigène, ne diffère pas sensible- il critique l'appui donné par Paris à la Pologne; il
ment de celle que professent les pires réacteurs: il dénonce le péril de l'accord signé entre la France
ne faut rien anticiper, il faut être prudent, procéder et la Petite Entente; il désapprouve l'attitude de la
par étape, chaque chose arrive à son heure, les in- Grèce, et stigmatise celle de l'égoïste Albion : à part
digènes ne sont pas mùrs pour l'accession aux droits cà, tout va hien .... Si vous avez, confrère, la clef
politiques, etc.. etc. Tl y a belle lurette que nous sa- du paradis terrestre, qu'attendez-vous pour en ou-
vons ce au e cela. veut di r e. C'est un e théorie d'indif- vrir la porte? Au fait, vous avez peut-être les pieds
férence , d'abstention ou même de régression. plats ......
Au cours d'une des réunions de la fameuse com- ~ La Seine monte rapidement : Je coton, un peu
mission coloniale dont nous parlons plus haut, s'est moins vite : la livre anglaise baisse : ceci console
passée la petite scène suivante: les indigènes, de je de cela ....
ne sais plus au elle colonie, avaient saisi le secré- ~ Les bandits chinois mettent quelques dames
taire général de la Ligue , d'une réclamation a11 su- américaines à l'abri et renvoient à Dieu, quelques
ie!. des vexations et des brigandages dont ils étaient missionnaires.
l'objet. Tl s'agissait de prendre une décision. La de- ~ Le Cabinet Grec donne sa démission.
mand e d'intervention était transmise et appuyée par ~ Travaillistes et conservateurs anglais se cou-
le président de la section locale de la Lig·ue, dans la vrent de fumier : quelle fleur merveilleuse éclora de
colonie. On commenca par déclarer que la relation ces immondices?
des faits incriminés était très probablement exa,q;é- ~ Londres correspond. par téléphone sans fil, avec
rée. Et quelqu'un. ayant rappelé aur le président de le CRp : il y a bonne espP.rance ....
la section locale semblait les confirmer, cette flat- ~ Le princr Arthur de Connaught et le prince de
teuse observation fut émise; sans doute, mais c'est Spoletto sont au Caire : réceptions, banqùets, dis-
lui-même un indi~ène! Ainsi donc lorsqu'un prési- cours.
dent d'une section coloniale de la Ligue est un in- ~ "\If. Dumani eff. refuse à Saroit Pacha le droit
digène , ses déclarations sont sujettes à caution. Qu'en d·f se faire entendre contradictoirement : ne faites
pensez-vous, camarades d'Asie et d'Afrique, qui con- p as aux autres .... mais Dumani s'en fout. ...
senier, encore à clonner dans le piège de la démocra- ~ M. Poincaré adresse un message à l'Amérique.
tie rénu!Jlicaine de la Ligue n. laauelle appartien- ~ T.es journalistes continueront à voyager à l'œil.
nent MM. Théodore Steeg· et autres?
Je me souviens :=mssi de l'accueil moins qu'empres- vendredi 4 Ja.nvier 1924.
sé que fit M. A. Aulard du Comité Central de la
Lig·u e. à une demande de' participation à un meetincr ~ G. Pondevaux , dans le «Journ:J.l du Cairen en-
crue lui adressait aut.refois la "Ligue pour l'aece~~ gueule copieusement l'Agence Reuter : il y met un
sion aux droits de citoyen des indigènes de Mada- certain courau·e, car 1e vieux pot de fer est bougre-
gascar n. ment solide et se trouve assis s11r des bases p1lis-
Après cela, croyez. si vous voulez, au succès qu'au- santes et défendn par des flancs rebondis : c'est
rait remporté la motion aue M. Gouttenoirc de Tou- assez crâne : malhenrensernent, cà ne sert i't. rien.
ry se proposait de soumettre au vote du clernier Con- car la cavalerie de St. Georges continuera à pous-
ser ses pointes, toutes les fois qu'elle en aura l'oc-
ca;::ion : et les occasions n e lni mana11eront jamais.
(*) Extrait du journal "Le Parian, du mois de ~ Un temps d'arrêt dans la signature du proto-
Novembre 1923. cole relatif rmx frontières méridionales et occiden-
26 L'EGYPTE NO:JVELLE 10
============--==== ===============
tales du Soudan : l'Egypte rouspète et elle n'a pas Lundi 7 Janvier 1924.
tout-à-fait tort.
~ Dumani répond à l' article de la «Siassa» et au
~ M. Mussolini proclame, en italien, que la poli-
tique est un art difficile : la formule est agréable .... commmliqué de la Légation de Fran ce : c'est um,
et profonde. composition à base d'acide su lphurique et de pont -
~ Tempêtes de neige, en Ita lie : froid intense :
m a de de mélinite et de vaseline boriquée : et il
on marque 28 degrés au-dessous de zéro : presque la écrit 'l os mots de "fripons, fourl.J cs et traîtres» ù
température du Ciro's, un jour de banquet poli- l' a dresse de ses adversaires : après tout, çà le re-
tique. garde ....
~ M. Vénizelos est élu président dE l'Assentblée
~ On suspend l'installation de la lumière électri-
que dans les Ministères : est-ce un indic e que l'on Nationale.
1!1 La crue de la Seine devi ent très inquiétant e.
abandonnera le travail de l'après-midi, ou simple-
1!1 La France va prendre des mélsures contre les
ment la con statation tardive qu e la terre tourne a u-
tour du soleil et que la duré e du jour augmente? .... spéc ulateurs, pour en co urager la baisse du franc .
~ :\1. Poin caré est ré élu sén ateur d e la Meuse, ù
:\1ystère et paperasse ....
la presqu'unanimité.
Samedi 5 Janvier 1924.
1!1 Un M. Rcichberg propo se ù la France un projet
pour la solution du problème des réparations : il
~ L'article de Dumani contre Saroit provoque, ne sem ble pas inacceptable : on verra ....
de la part de la «Siassa» des comn!entaires iden- 1!1 Vives manifestations a nti·-imp ériales au Japon :
tiques à ceux que, dans ces courtes notes, je for- bombes : on accuse les Coréens.
utulai s il y a quelques semaines : les fonds de pro- ~ Le prix du blé augmente en France : on favo-
pagande du Quai d'Orsay servent-ils donc unique- risera l'importation.
ment à subventionner un journa l qui ouvre, toutes ~ :\1 . :VIussolini a pris des décisions irrévocables :
grandes, ses écluses à la fan ge qu 'un confrère dis- il les fera conn aître en janvier.
sol u déverse avec une incontinence sans horn es, sur ~ L'Egyptc signe un accord commercial avec la
des personn ages contre lesqu els il as30 uvit des ran- n ulga.rie.
ctmes personnelles et des vengeances privées? Le ~ La loi sur les loyers sera remise en vigueur
'VIinistre de France s'est ému de ces allégations ponr un an, .... qu'on dit : c'est une jolie perspec-
précises de la ccSiassa» : les nôtres ne sont peut- tive.
êtr·3 pas étrangères à cette émotion diplomatiqu e :
quoi qu'il en soit , M. H. Gaillard, envoyé extraor- Mardi 8 Janvier 1924.
dinaire du Gouvernement de la République fran-
çaise a tenu à faire savoir officieusement qu'aucun ~ Zaghlonl clame à la n ation qu'il y a des pièges
jonrnal du Caire n'était le porte-parole de la léga- au tour des u r nes : le vieux r enar d s'y connaît. ...
tion de France et que la responsabilité des articles ~ Sedky Pa cha dépo se une plainte en diffamation
qui pourraient paraître dans des organes de lan ,5ue cont re deux membres du W afd qui l'accu sent d'avoir
française, incombai t. à leurs seuls auteurs. A cer- vendu l'Egypte aux Anglai s et d' avoir fomenté les
tains confrères, ce papier fera l'effet d'une dou che; troubl es d'Alexandrie en 1021 , avec l'a rgent d e l'Etat:
ù d'autres, il ouvrira l'appétit. La vic est un sport, a llons, ça commence bien , les 111œurs politiques s'in -
mais il faut re specter les règles dG jeu. troduiront très viie ici; si ce sont l it les accusations
~ La France pose certaines conditions à la rati- d e d ébut, que sera-cc qu a nd la. vie parlementaire
fi cation du traité de Lau sanne : elle ne péchera pas au r a commencé ?....
par précipitation. ~ L'Ethiopie refuse d e céder aux suggestions de
~ A propos des frontièr e-s de l'Egypte et de la l'Angleterre, en ce qui concerne la vallée du Nil
Tripoli.taine, il y a un cheveu : on demande un mane.
démêloir : la marque "Senoussi» est très recomman- ~ Lord Allenby part pour le Soudan.
dé e. ~ Le duc de Spoletto va visiter la Haute E gypte
~ La «Liberté» se sert, évidemment, de verres gros- et la Vallée des Rois.
sissa nts : d'un menu incident d e cotillon, dans un ~ Immen se incendi e a ux docks de Londres : 100.000
grand hôtel, elle fab r ique un sc.::md a le énorme : ces livres de dégâts. Et dire qu'il y a d es gens qui meu-
me ::sieurs ont-ils donc la di.gestion si pénible? .... rent de froid ....
1!1 Le budget d e l'Egypte pom 1921-1925 est prêt : ~ L'accord entre la France et la Tchéco-Slova-
ks !\1inistres l'examineront. incessamment. qui e inquiète l'Allemagne et l'Italie.
~ M. Carter a enlevé les couvercl es du sarcophagr ~ On r etrouve l' épave du «Dixmude» au large d e
de Tout-Ankh-Amon : il en est resté baba : ct il la Sicile.
n'a pas fini ....
~ Les conversations continuent, entre Paris, Dru-
Mercredi 9 Janvier 1924.
xellc.s ct Derlin.
~ Le Gouvernement français expulse des tripoteurs
Dimanche 6 Janvier 192~. étranger s qui spéculent sur· le change et font dé-
gringoler le fran c : si elle parvient à les expu ls8r
~ Vieille coutume, on tire le·s Roi s : ceux qui n e tou .::, la crise des loyers sera. vite r ésolue.
penvent pas manger de la brioche, tirent la Jan- ~ L'Espagne veut modifier l'accord projeté sur le
gue : d'autres tirent. d es plan s, c1'autres, cnîin, tirent statut de Tanger.
des con clu sion s : chacun ti.re ce qu'il peut et c'est ~ Vénizelos demande un pl ébi scite sur la ques-
pe ut-être pour cela que je me crois obligé de tirer ti on dynastique.
à la li gn e pour fournir ma copie en ce jour creux ~ Les travaillistes anglais rêvent de paix uni-
comm e un article de Castro, bl afard comme la prose verselle : dans qu el mond e viv ent-ils donc?
d'Enkiri et vide comme la feuill e de chou de Bou- ~ Sor el et Lambert j ouent qu elques scènes du
tigny. «Mis anthrope» devant le Roi. - AGATHON.
tl L'EGYPTE NOUVELLE 27

libristes, mendiants, habituelle graine du trot-


POINTES SÈCHES loir cairote forment cette triste cohorte. L'ain:;
--0--
des gosses peut avoir une dizaine rl' années; le
Silence au pauvre. plus jeune n'en a pas six. Paterne, sons inutile
dureté, un sergent de ville snrveille le rang. Je
Un libraire parisien vu, dit-on, jaire paraître m'enquiers :
tiiiC nouvelle édition des œuvres de Lamennais. - Que va-t-on faire cle ces malheureux petits .
'v' oit à 1111 geste de noble inspiration ct qui témoi- !,cs confier à une crêche, ù une œuvre d'assis-
fJnerait, de la part de son auteur, d'une géné- tance de l'enfance, sans doute?
I'Citsc co nscience professionnelle. Malheureuse- - Non pas. A chacun une semonce, quelques
mettl, la "crise du livre cher)) ne permettra pas, conps de fouet. Puis, on les relâchera.
ie le crains, d e donner aux "Paroles d'un cro- C'est tout. On les relâchera. Rt dans elix ans,
yant))' l'essor populaire <tui conviendrait à leur dans quinze ans, ceux d'entre eux que n'aura
magnifique envolée. J c le regrette , car j'aimerais pas happés le bagne seront des citoyens organi·
les 1Jo ir, vu}fjarisée.~ par le livre et /.'interpréta- sés. - Sil-~ncc au pauvre !
lion des instituteurs, pénétrer jusque clans les Ces mots de Lamennais ù l'Assemblee consti-
plus modestes écoles primaires. tuante, en ., RâR, n'ont, hélas! rien perdu, en
l~n émcllant cc vœu, je risque <le me faire sus- o.uclque lieu que ce soit, de leur triste significa-
nccter d'hypocrisi e par ceux de mes lecteurs à lwn. - ALnERTUf".
ifllÏ ne déplait pas mon apparent athéisme. Ap-
parent, oui. Car pourquoi serais-je athée? Pour-
ouoi, aussi, ne le srrois-je pas? - J e suis l'nn.
parce <;ne fe nr suis pus l'autre, lout simple- CHOSES D'ÉGYPTE
ment. Mrris cmnûicn clc gens ne seraient-ils pas
"l'autre)), s'i ls avaient connu la douc eur d'une L'âge du mufle
érlr<calion moins tyrannique, i/Ui ont, dès leur
Toutes le3 fois qu 'ils en ont l'occasion, les Rata-
jw.ne âge cor;Jnris la turnitwle d'un enseigne- poils ct lc3 Va-t-cn-gn-3rTc proclament sur le ton pé-
ment [JOUI' qui le réveil de la conscience univer- remptoire la vertu du carnage et la pllissance régéné-
selle sonncmit le glas de la ruine. Tourmenté ratrice de la tuerie organisée. Gardons-nous de les
par l'Eglise, renié par les faux dévots. Lamennais cuniredire. lls doivent s'v conn::cître. L'hécatombe ù
mérilcrait que l'on m aux jeunes de fréquentes laquelle les civilisés viennent ù peine de mettre un
lcclnres de ses impérissables ouvrages, qne l'on terme, n'a peut-être pas précisément confirmé leur
en détachfd souvent, pour le plu.~ grand profit point d-8 vue. La faute en est à notre hmneur chagrine
des rm~coccs inlelligcnccs, des lignes corn.me qui appelle noi.r ce qui est noir ct blanc ce qui est
blanc. Déplorable manie propre tout au plus à accré-
c: lles-~i :
diter le:. malentendus. Un même fait peut être appré-
"-Rn rossant sur cette terre, comme nous cié différemment. suivant l'é~lairage sous lequel on
"v passons tor~s, pauvres voyageurs d'un laur, le contemple. D'aucuns considèrent comm·3 un bien-
"i'ai entendu de arancls gémissements; foi OU· fait de la guerre le laisser-aller qu'on enregistre dans
'' 11ert les yeu.r, et mes yen.x ont vu des sou(- les mœurs actuelles. D'autres, au contraire, quali-
" fronces inoni:cs des douleurs sans nombre . fient sévèrement cette débandade. L'esprit incertain
"Pfile. mrdarle. défaillante, couverte de vête- oscille entre les deux appréciations. Mai s le fait est
lù, tangible; brutal, décisif. Le savoir-vivre, la cour-
" ments de deuil narsemé.ç de tâc h es de sana.
toisie, la tenue sont en déc rue. Nous m:uinons en
"l'humanité .ç'rst levée devant moi, et ie me plein dans l'âge épais du mufle. Depuis l'armistice,
"suis demandé : Rsl-cc donc là l'ho:nme, ~st· la vie sociale telle qu'on h concevait avant Aoùt 1914
" r.r lrl lui tel rnw Dieu l'a fait? El mon rî.me est désaxée. De tous côtés, on enregistre un abaisse-
"s'est <'mue nrofondément, ct ce doute l'a rem- ment désolant. dans l'art exquis de vivre en commun.
" nli rl'rrnaoissr .... . )) On ne peut plus se risquer au dehors sans mettre à
·~tinsi solilomwnt, pensif. fe mr remémo- rud e épreuve le peu de sensibilité que les bouleverse-
rais varp,ement ces phrases que ie conie ments de ces précédentes années n'avaient point en-
nc ainl;rnant - en noossant mes ras vers lrg hau- core écornée. Je me suis hasardé l'autre jour dans
une salle de concert. Cc que mes yeux de chair ont
lew·s rle ln (;itarle1lr . Déià., i'avrd.e, mrrrehé sur vu n'a fait qu'accroître ma dé solation. Onze fois sur
l·•s n ierls rlr nloûenrs nassants. ic m .' (>tais fuit dix, les hommes pénétraient les premiers, avec des
hr11rlcr· n()r d'indociles nmmenenrs et bouscnl(';r airs bêtes de dindons faisant la roue, suivis de leurs
pnr r;uelrmes charretiers, lnrsnne 1m imnéricnx femmes, pouliches ha.rnachées et résignées . Ils com-
com•nondemenl. n~'enicianit d('; mc livrer à 11n mençaient par s'asseoir, préoccupés av::mt tout de
su11rlnin wrêt. J' obtemnr>rrri. Barrnnt la chaussée, caler confortablement leurs gros derrières, et sans
Wlf' filr• de l)llrsicnrR rJizainrs rl'inrUril)lrs rmc-
autrement se soucier de la chabraque qni venait à
leur remorque. Après quoi. ils déroulaient. leurs mou-
nil/ c .~ . rlf' hoillnns infnrmf'S, de nudités nitnvrr-
choirs et, avec un bruit de tonnerre, ils y vidaient
l.le o r~loif 1)071S8Pf' 1JCrs Zr Ccnvernorrrt. Mrâns of- leurs nasea.ux. Une fois la vid!'l.nge terminée, ils allu-
lrw l>h~s ù une unionc rf; lon(lue cnrdc. de mi.~é­ maient rmc cigarette et ils Cil soufflaient sans ver-
rrrl!lcs cn(nnls sonl menés vers la justice des gogne la fumée malodorante dans la nuque de leurs
lwmmcs .l3oyaghis, 1Jendeurs de jonrnaux, équi- voisines. Je les regardais, je les contemplais, frappé
28 L'EGVPTE NOUVELLE 12

d'admiration. Si ces salauds se gênaient si peu en lant, vous êtes en règle avec la morale facile des
public, à quels excès ne devaient-ils pas se livrer dans salons, d os dancings et des maisons closes. Mais
le pr ivé. Secrèteinent, j'enviais le sort de leurs lar- l'êtes-vous avec les honnêtes gens? Ah, Toto, les
bins, témoins obligés de crapuleuses intimités. Un honnêtes gens, quel obstacle it. certains triomphes,
n•mords me vint pourtant. En Egypte, une salle de quel poison ù certaines quiétudes , quel tourment à
concert était considérée comme l'annexe d'un bar. certaines régularisations. Bon nombre de ces gre-
La musique n'avait point acquis ici cc caractère re- dins, - c'est des honnêtes gens que j e veux parler,
ligieux dont l'idolâtrie européenne l'a inve"tie. Cer- - ont, trente fois de suite, affecté de ne pas aper-
tains prenaient devant un violoniste des libertés cevoir le battoir en forme de main que vous leur
qu'ils se fuss ent interdites ailleurs. Je me reprochais tondiez. Et de cela vous avez souffert horriblem ent.
donc la témérité de mes déductions ct cette hâte à Si horriblement que vous avez pris l'héroïqu e parti
généraliser lorsque le soir du même jour 1111 hasard de les ignorer à votre tour. D11 plus loin que vous
m'amena an Théâtre Royal de l'Opéra. Le même en apercevez un, vous feignez la distraction. C'est
"prctacle déprimant m'y attendait. J e n'avais fait probab'ement pour cela que vous m'avez si galam-
que changer de local. Je n'avais pas changé d'am- m ent. écrasé le pied ce tantôt. Et votre trouble fut
biance. Je retrouvais. posés sur le rebord des bai- tel que vous avez poursuivi sans seulement es-
gnoires et des loges, les mêmes saligauds, les mê- quisser le geste de banal regret. Ecoutez-moi, mépri-
mes charognes, la même collection de marlous et de sable Toto. Je ne suis pas incompréhensif comme
grues. La lumière artificielle soulignait plus cruelle- les autr es . Si. j'observe rigourensement la morale
ment, plns affreusement encore la bassesse de leurs par crainte du gendarme, .ie ne l' estim e pas. Le
visag·es, J'ignominie de leurs attitudes. On se ff!t cru. hi.en, le maL autant de distinctions arbitraires, au-
soudain transporté dans une assemblée a11guste de tant de manifestations impertinentes de nos préfé-
tripières et de garcons de lavoir. Les maris en cos- rences ou de nos routines personnelles. Votre cas
tumes de ville . les femmes en chapeaux et en jupes n'est pas pendable. Et quel que soit l'âge du parte-
trotteur mitraillairnt le parterre de reg·ards inso- naire que vous vous êtes donné. l'opération se ra-
lrnts et hovins. satisfaits, semblait-il. d'offusquer par mènr en somme à 1111 mariage d'argent. Vous avez
leur mépris des convenances les humbl e.s mortels fait ce que font un tas de jeunes gens de bonne fa-
ani arboraient. l'habit de soirée. Ah! où est-il le temps mille : vous avez épousé le coffre-fort et vous vous
où un contrôleur vigilant r efusait J'accès du théâ- faites entretenir nar votre épouse . En l'état des
tre anx béotiens qui s'y présentaient déguisés en mœurs actuelles, ie ne vois rien là d'anormal. Si
r:ochers de fincre , et leur enseignait sans cérémonie la délicatesse de quelques contemporains s'en trouve
le rituel subtil de la vie en société. Qu'a-t-on fait de incommodée, la faute n' en est pas à vous mais au
<:ette ép oque lointaine où une inadvertance dans législateur qui a orq;:lnisé le maquerellag·e officiel.
l'accoutrement, un éclat de voix, un g·este déplacé, Les textes en vigueur flétrissrnt 011 exaltent le même
mettaient un snrctateur à la torture et à l'index. actQ su ivrmt qu'il est accompli dans certaines con-
La. politesse, c'est-i'l.cdire l'effort touchant tenté par ditions. L evez donc la. tête. Toto, plastronn8z et
nn e colled.ivité pour s'élever a11-dessus du t.ro11pem1, écrasez vos ialoux, sous le poids d'unr opulence ac-
,:e nrrd de iour· rn .io11r. Lentement. nous revenons quise par des movens légitimes. Ce que vous faites
h ln trivi.alité. à l'épaisse vulg·arité du gorille ances- rst parfaitement. licite, c-omnrenez-vous. basse cra-
tral. C'est un des l rgs dr la grande g·11erre. Oui nous pule, puisqu'aussi hien la LOT. sm1rce de toute mo-
rn débarrassera. Ourl P étrone remettra en honneur rale, esi avec vous. - Cheikh EL BALAD.
lrs traditions d'élégn.n ce rt de beauté dont le sou-
venir illumine mon crépuscule attristé?
LEÇONS DE VIOLON
Fructueuse industrie Accompagnement, Solfège
- "1\ii.rmte, Toto. Vous venez de me bousculer com- M. CHARLES BERGER, Violoniste
me si j'étais votre bâtard. Et vons ne vous excusez Ier Prix du Conservatoire de Lille
même pas. Elle est vraiment raide cette histoire. Albion House, Maison Davies Bryan
Peut-être vous croyez-vous descendu en droite ligne 14, Rue Emad el Dine
de la cuisse de .Tupin. Voyons , voyons, Toto, la
mémoire serait-elle nlus courte chez vous aue le Il faut chercher seulement à penser et à parler juste, sans vouloir
cœnr? Avrz-vous perdu à ce point le souvenir de. vos amener les autres à notre goût et à nos sentiments : c'est une
orhtines. ou seriez-vous par hasard devenu fou? Ré- trop grande entreprise.
ranitu-Jons. A onze ans , vous êtes exnu lsé de l'Ecole LA BRUYERE, «Des ouvrages de l'esprit».
Libre dn Trou-Bonbon p011r avoir été surpris dans
le '<o.g uenean nrochain r;n fâcheusP. posture avec l'un
des séminaristes dP. J' en doit. A seize ans, vous videz
les vases. vous remplissez les brocs, vous remplacez AU SORTIR DU SPECTACLE
lrs serviettes dans un hôtel horgne de la banlieue.
ET DU DANCING
A vinrd ans. l'un des nôtres vons surprend exercant
la nohle profession rle masseur dans un hammam
tnrc . .Te sais hi.Rn qu'il n'est point de sot métier. Mais
re n'est point au métier au e i'en ai ici. A vin,gt-
quatre ans. vous puro:ez six mois de prison pour
romnlici.tP- dans 1me tentative de vol it l'eshrouffe.
SAULT
est le rendez-vous du meilleur monde et vous
A vingt-sept ans, 1111e rentière bancale et édenté.9 fait
d" vons son o;üwlo en pied. f:'est de là !Tue date ()ffre un séjour agréable, un souper succulent
votre élévation. si l'on neut s'exnrimrr aiw;i. Depuis et d'excellente musique.
lors , vous avez épousé la mérétrice. Strictement par-
13 L'EGYPTE NOUVELLE 29

uli~é ù ·8 xpre;;s,on, ses il vres m e 's enwl8lH le complé-


LE COIN des IDÉES et des LIVRES JJiLaiv nc:C L:.:.~i:ÜL IJ ,
1a
lJ.lll .fJèt.LiHlL !JUU!' lè:::) l!Ull-SJ.h..:L.:la.H::::le::-:ï
pny;;,uJlOlll1C ue 'n1~ou11·e uuntno 1es wruvs lllOUel·-
HG;; e11 i' ranl:e; querque cnose COHHue re cnapeau,

LA PHEMlERE TRAVEHSEE DU SAHARA EN AU· 1a vwreLce et ra üange, conLrwuarn a nous aonner


TOMOBILE, par G. !.\1. H aardt et L. Audoin-Du- uHe e vocaolüll prus eH clere ù une ugure aonnee.
breuil (Lib. Plon). "L·.i!.nvers e L Li:<,Huron» c~n, sr Je ne rne trornpe,
so11 preuuer roman; roman toui1u, copieux, pas le
Livre prenant ; il a le double attrait d'être un Iti-
néraire, un carnet de route, une succession d'alertes Hwms au uwnae e.mwyeux, mms qm ne vauc qu 'au
notes de voyage à travers une région terriblement pom·L ae ,yue 8p1soarque, uon par 1 ensemble; il y a
in téressante, et aussi l'historique d'une randonnée ue très belles pages, cela es• farci de remarques
111agnifique. J uaicieuses, nnes, profondes, empruntees au beau
Ce raid des auto-chenilles Citroën, franchissant
monde d 'antan; plusieurs Jeunes filles et Jeunes
sans encombre l'immensité de sable qui sépare l'Al- gens accomplis denlent sous nos yeux, et nous font
gérie du Soudan fut une entreprise épique qui n'a res aimer, mars la vie vraie, vécue, réelle, multiple,
point eu l'heur, je crois, - au moins à l'étranger - v,IDrante, notre vie humaine actuelle aui fait de toUL
d'être appréciée à sa valeur. Notre pauvre monde, être un mélange - ù doses plus ou 'm-oins élevées -
si mal à l'aise, détraqué, ravagé par mille soucis n e de bons et de mauvais pencnanLs, y manque, ou est
tro uve plus de loisirs pour s'enthousiasmer (1); la iaussèe. Nous avons, par con tre, le clan ues purs et
pensée de chaque région est obnubilée par tout une des impurs; de ceux qui sont, de suite et en tom,
série de tracas domestiques. Je m'imagine l'intérêt dignes d être aimés, eL de ceux qui sont en tout, er
qu'un pareil exploit eût, avant la guerre, partout de suite naïssables; puis cela fimt un peu en conte
suscité; on n'a pas oublié le raid Pékin-Paris du de fées : tl"Op de mariages d'amour, trop de bonheur
Prince Borghese, et son retentissement. en p erspective; trop d'argent même, évangéliquement
Le succès de l'expédition Citroën ouvre des possi- distribué pour mieux arranger des unions.
bilités immenses, dont profiteront nos descendants; Ceci dit, je trouve le livre qui est, d'ailleurs, bien
en attendant, il y a lieu de noter que, pour une fois, présenté dans les éditions soignées de Perrin, et
à côté du splendide esprit d'aventure, d'organisation, écrit en une langue aisée, élégante qui dénote le
de hardiesse, triomphe aussi l' esprit d'initiative in- lettré de race, un agréable compagnon pour quelques
dustrielle, cette industrie capitaliste qui a ses dé- heures de loisir.
fauts - hurlants - mais aussi son mérite.
Les auteurs de ce volume, agrémenté d'une docu- .LE VlN BLANC DE LA VILLETTE par Jules Ro- ***
mentation photographique excellente et d'une pré- mains (Ed. Nouvelle Revue Française).
fa ce explicative de M. Citroën, nou s retracent avec Des causeries de débardeurs, à Paris, dans des ca-
netteté et. relief la figure, la silhouette plutôt, des bar.ets de la Villette; cela semble peu intéressant, et
régions traversées; cela vous (me) donne une intense voilà qu'il suffit d'ouvrir le livre pour être empoigné
envie de parcourir ces déserts presque inconnus, le on n e sait comment; c'est que Jules Romains est
pays de la soif, de la peur, et des mystérieux Toua- un :viaître; il est poète toujours, même quand il écrit
regs voilés; et les confins du Soudan et du désert de J a prose : il crée des types vivants; ce ne sont
toutes ces solitudes illimitées au milieu desquelle~ poinl. des figures falotes qui passent devant vous;
l'homme se se~t si petit par le corps et si grand par lcurr parol es, leurs pensées, sont extraites du fond
la volonté, l'esprit. même de leur être imaginé; toute une humanité in-
Pourvu que la civilisa ti on n' a ille encore moder- térieure est décélée par quelqu es phrases; l'histoire
niser, farder et rendre trop accessibles ces quelques d' une époque se profile éclairée en-dessous à la
coins du globe qui gardent encore leur physionomie lu eu r d'un dialogue au coin d'une rue, à la porte
caractéristique et farouche . d'une taverne. Sous son sujet en apparence banal et
Le livre arrive à un moment propice; je, ne sache son titre qui ne dit rien, c'est un très beau, un grand
pas qu'on puisse trouver de cadeau plus agréable; livre qui renferme des pages admirables, lourdes
cadeau apte, également, à influencer le caractère d'un d'âme; je n'oublierai pas de longtemps le récit de l a
adolescent en lui infusant la curiosité de notre vaste charge des autobus et celui du 22 jan vier à Hyde·
monde, et l'amour des grands projets de l'éneP,.ie Park. On sent à lire cela le souffle d'une humanité
d' un p eu de risque, du 'dévouement ii.' un Idéal," e~ toute proch e, chaude, grouillante, frémissante, et
un mot. dont nous sommes un fr a gment, une parcelle, et qui
n 'est elle-même qu'une parcelle d'un tout. C'est
***
L'ENVERS ET L'ENDROIT, par V. du Bled (Ed. Per- ainsi que .ie vois ''unanimisme de Romains, du pan-
rin et Cie.). théisme en som1"" ou un de ses dérivés, ce pan-
lVI. du Bled est le prototype de ces fouineurs éru- théisme que l'Eglise Catholique rejette, mais qu'on
dits, de ces savoureux anecdotiers que les Anglais trouve à la base de toutes les religions (pourvu qu' on
-<.J.I. apas aun euuop u snou n :e::mu .r..:r u2 eJu.J sn]d se donne la peine de les débarrasser des scories ac-
p,. isent à un si haut point et dont la race est bien cumulées par les siècles et les hommes, pontifiant r,t
marquable en neuf volumes: la ccSociété fr a nçaise du codifiant) et qu'un Spinoza, non mystique a redé-
16ème au 20ème siècle», qui est, en vérité, une belle couvert par une intuition du génie,
fresque de Mœurs, si on peut dire, et quelques autres " Le Vin blanc de la Villette » nous a menés un peu
ouvrages de plus mince envergure, mais presque tout loin, mais tout se tient da.ns ce monde, et un beau
aussi bons. livre est un bon prétexte pour philosopher et faire
Il représente une mine inépuisable d' a necdotes, la critique buissonnière.
de mots, d'informations, de portraits; chercheur * ~: '~
consciencieux et ayant du flair, doué d'une belle fa- SOUS LES GONFANONS DES CROISES, par L. M.
Enfrey (Ed. Ernest Leroux).
(1) Sauf quand il s'agit d'un match de boxe. De vivantes évocations des siècles onzième et dou-
30 L'EGYPTE NOUVELLE 14

zième en Syrie et en Palestine et M. Enfrey semble patience et l'on attend sans tmp de soubresauts la
connaître à fond ces régions. Ce devait être un monde fin.
bien curieux, celui des croisés installés en Orient, ~·[ ademoiselle Ottavia Giordano nolls :1. l'Udrmen ·G
cet établissement franc au pays de Sarrasins, le aidés ù attendre. Délicieuse :\Iimi, fl'aîch·3 et jolie ,
contact forcé des deux religions, des deux menta- chantant en mesure et jouant avec soin·iété . A sr 3
lités, de races tellement différentes avec leurs haines, côtés, une mention spéciale ponr :\f. Alessio Solri,
leur méfiance, leur intolérance; et cependant, par- dont le timbre pathétique a retem1 l'attentilln des
dessus toutes ces barrières, devait souvent s'accom- honnêtes gens.
plir l'union de certains cœurs si éloignés; la race A l'orchestre le maestro Armani s'est taillé le suc-
était belle et fière des deux côtés, le sang chaud, cès habituel.
la jeunesse ardente et l'Amour plus fort que tous
les obstacles; cela devait arriver, Mektoub, et cela ***
était probablement nécessaire pour l'évolution des LA DAMNATION DE FAUST, légende dramatique
âmes. Que de romans, que de tendres idylles, sacri- en quatre actes et dix tableaux, poème et musique
lèges pour l'époque, ensevelies à jamais sous le d'Hector Berlioz.
sable et l'oubli. J'étais tellement torturé et poursmv1 par la beau-
M. Enfrey, dans son gros volume, un peu effra- té de cette musique que j'y suis retourné. Et j'ai
yant - avant qu'on ne le lise, seulement - à cause bien fait. Cette deuxième audition fut de beauC"oup
de ses quatre cents et quelques pages, nous a ressus-
cité avec habileté la vie et les vicissitudes des croisés
supérieure à la première. La mise au point ;\ la
scène et ù l'orchestre avait été poussée aux limites
et de leurs voisins, en tableaux séparés; ce sont des extrêmes. M. Taurino Parvis a tout simplement été
nouvelles variées et imprégnées de couleur locale splendide dans son rôle de Yiephisto. Je n.e parl e pas
où, plus d'une fois, il nous esquisse délicatement ce de certains jeux de scène, de certaines passrs ma-
sentiment auquel je viens de faire allusion, qui jette gnétiques d'un goût contestable. ?dais de ccttG voix
dans les bras d'un sarrasin une adolescente franque, qui arrive toute chaude jusqu'au cœur, qui s'insi-
ou vice-versa; ainsi dans la « Bourse de Juete , que nue dans les veines, et qui fait littéralernent fris-
j'ai avec «le Gonfanon» beaucoup goûté. - THEo. sonner de plaisir. L'orchestre de son côté, a l'·3ndu
tantôt avec plus de force et tantôt avec plus de fi-
nesse certaines pages à l'audition desquelles on était
d'abord demeuré hésitant. Dans la salle des pas per-
MUSIQUE dus, j'ai entendu nos augures discuter le mouvenwnt
de la Marche Hongroise. La faute n'en est pas au
maestro Armani. Elle en est tout simplement au
THEATRE ROYAL DE L'OPERA
nombre insuffisant d'instrumentistes. Pour que cette
~1arche produise ici l'effet enregistré ailleurs, il fau-

LA BOH EM E, opéra en quatre actes, musique de


drait au moins doubler le nombre des musiciens. Le
Giacomo Puccini.
budget dont l'Opéra dispose ne permet pas de pa-
reilles débauches.
Je n'ain1e pas le Puccini de !a ,, Bohème et de
" Tosca "· C'est mon droit le plus strict. Les anglo- ***
saxons, par contre, en raffolent. C'est le leur. Quand SAII..LE KLEBER. Concert Bilews~·<i .
un impresario veut faire salle comble, il n'a qu'à Un monde fou. On s'écrasait. C'est probabl·3l11ent
sortir de son magasin d'accessoires ces oripeaux fa- pour cela que l'ami Noël, entreprenem· de la chose,
nés. Il est assuré qu'on se battra aux guichets. Pen- ne s'était pas inquiété de savoir où l'on placerait les
dant que Rodolphe et :VIimi se renvoyaient leurs music iens. Bilewski a donc joué par tene, à ras du
gargouillades, je reluquais la salle peuplée d'Améri- sol, coude à coude avec des auditeurs dont le regard
cains. Le spectacle était prodigieux de tous ces fronts dénombrait soigneusement chacun des boutons de
têtus, butés, herméti.ques, de ces maxillaires de car- son gilet. Pendant ce temps, derrière lu i, face à un
nassiers sensuels chez qui la Bible a singulièrement piano Ibach offert gracieusement par la Maison Pa-
compliqué le contact des épidermes et rendu plus pasian, un jeune homme du nom de Tigermann, se
irrésistible encore le délicieux péché de la chair. dégourdissait les doigts en exécutant iluperturbable-
La mise en scène de ce machin a été très soignée ment la série entière des gammes. Le son clair et
comme toujours. Les gens que M. Conegliano a en- ensoleillé du violon en parut quelque peu alourdi et
gagés s'acquittent admirablement de leur besogne. empâté aux entournures. C'est dans ces conditions
On sent un souci constant de réaliser une figuration admirables, tout à fait admirables, c'est dans ces
qui sorte de l'ordinaire et qui crée l'ambiance vou- conditions dignes d'être soulignées que Bilewski a
lue. En regardant les décors on prend son mal en cependant trouvé moyen de se faire appaludir, à

~=========================~================~~
(CHEZ

CICUREL SOLDES
CONFECTIONS DAMES & ENFANTS
CHAPEAUX & FOURRURES
DU LUNDI 14 AU SAMEDI 19 JANVIER courant
15 L'EGYPTE NOUVELLE 31

tout rompre. Pour un tour de force, ce fut un tour Sur le même sujet
de force. :VIais le jeu est dangereux. Bilewski devra
se tâter avant de recomm encer. - FAFNEH.
Mon cher Maître,
Je nE puis m'empêcher de vous communiquer le
Polémique.
*** plaisir que m ' a procuré votre très juste et fine cri-
tique musicale de la Damnation rle Faust dans
Lecteur assidu et collalJorateur occasionnel de ce votre Egyptc Nouvelle.
journal, il se peut quE quelques unes de mes idées, Il fait bon d'entendrE juger sainement des ouvra-
sans doute maladroitement exprimées, n'aient pas ges par des personnes compétentes, impartiales et
été jugées comme des " dignus est intrare, par les mélomanes quand, dans une ville comme lE Caire,
dirigeants de l'«Egypte Nouvelle,. il n 'est presque pas de journaliste qui ne vende sa
Lit n'est cependant pas la question. plume ou fasse étalage de l'ignorance musicale la
Ce qui me choque et me fait bondir, c'est lorsque plus crasse.
.i e vois figurer à côté des étincelantes chroniques du Je me suis particulièrement délecté au paragra-
«Guêpier Politique, (j'y ai eu plusieurs fois trouvé phe réservé à Charles Gounod. En vérité, tous les
asile), des expressions plutôt en désaccord harmoni- musiciens pensent absolument commE vous. Seule-
que avec le sujet traité. ment, ils n'ont pas eu le courage de qualifier ce
Ainsi, dans le dernier numéro, je trouve sous la si- «radoteur .sans vergogne>> a ussi bien que vous lŒ
gnature «Fafner" cette phrase que l'on me pardon- faites par les épithètes, on ne peut plus justes de
nera de citer cruellement en entier : «Quand on songe «séminariste asexué>>.
"que cet ouvrage (La Damnation) auquel il avait Et dire qu'il y a des gEns quasiment intelligents
" commencé de travailler en 1828 fut représenté en qui dénigrent Berlioz ! ! !
" 1846, on demeure confondu que ce radoteur sans Veuillez agréer, cher Maître, mon estimE profonde.
"vergogne, ce séminariste asexué (sic) qu'on appelle - (s) Maestro Ascar RAFFAELE, Unione Lirica Ita-
" Charles Gounod, ait osé reprendre le même sujet lia.na.
" et déposer ses immondices (resie) contre le texte de
"Goëthc" ! ! Et voilà. - Oui, voilà. - Je ne puis
comprendre comment le comité de lecture, car il y a
un comité de lecture (j'en sais quelque cho·se) à l'«E-
gypte Nouvelle,, ait pu laisser passer cela.
Tribune Libre
Tout d'abord je dirai qu'un grand musicien dis-
paru, je nomme Saint-Saens, a déjà traité la ques- Les lettres publiées soùs cette rubrique n'engagent que leurs si-
tion avec moins de fougue peut-être, mais aussi avec gnataires. - 1\éanmoins, comme la responsabilité civile du jour-
plus de compétence. Cela posé, je pourrai reprendre nal demeure quand même entière, ceux de nos collaborateurs oc·
le refrain «Quand on songe que Saint-Saens a déjà casionnels oui sont obligés de garder l'anonymat devront noLs
lumineusement traité, on demeure confondu. ... je révéler leur identité et s'en remettre à notee bonne foi pour le
fais grâce du reste. reste. - N.D.L.R.
Car s'il est certain que dans son ensemble «La
Damnation" est une œuvre puissante, œuvre que Bondieuseries.
le Faust de Gounod ne saurait regarder sans pâlir,
il n·est pas moins vrai que les deux ouvrages con- Cher Maître,
tiennent de belles pages et n'en déplaise à Fafner, Une indisposition assez seneuse et heureusement
«La Damnation» n'est pas exempte de fautes de tech- maîtrisée, m'a empêché de répondre aussi vite que
nique et de vulgarités. je l'aurais désiré, à votre aimable lettre.
Sans faire ici un exposé critique oiseux, je dirai Aimable certes, car si vous m'y malmenez féroce-
que le motif de la «Ronde des Paysans, n'est pas muet, du moins vous consacrez un temps que je
d'un style très élevé et ne saurait être comparé au sais précieux à m'écrire deux longu-es pages, c'est
chœur «Paresseuse fille qui sommeille encore" de là beaucoup d'honneur pour un journaliste amateur.
Faust. Je vous en remercie vivement.
Je conviens que le 3ème acte en entier et surtout Cela dit, permettez-moi de formuler de vives pro-
le chœur des soldats (Ah, ce chœur), font hurler, testations contre des griefs qui ne sont attribuables,
que Méphistophélès est représenté (ça c'est plutôt à mon avis , qu'à ma manière imparfaite d'exprimer
à Barbier et Carré qu'il faudrait reprocher), com- mes idées.
me un brave petit entremetteur, mais peut-on dire Vous m'accusez encore de cléricalisme? Quelle er-
que la Scène de l'Eglise et l'admirable «Anges purs reur! Je vous o.i . déjà dit que je ne pratique aucune
anges radieux" du finale, sont des ordures? - religion dans le sens propre du mot mais que je crois
Non. - Faust a eu 1500 représentations à l'Opéra en toutes dans le vrai sens qu'elles devraient avoir.
de Paris et n'est pas prêt à quitter l'affiche, il fait Lisez, si vous ne l'avez dé.i à fait, l'admirable con-
salle comble bien plus que la «Légende de St. Chris- férence de Mahatma Jinarajadasa, tenue tout der-
tophe" et autres cassecous musicaux, sans mélodie nièrement au Continental, et vous jugerez de mes
et bourrés de technique ultra-moderne et rébarba- idées, car ce sont les miennes. Je suis fidèle disciple
tive. de la Théosophie. Après les Etats-Unis du monde, je
D'ailleurs est-il raisonnable de traiter de «sémina- voudrais voir les Etats-Unis des Esprits.
riste asexué, l'auteur de «Mors et Vita, ? - CHARLOT.
Il m'est donc impossible étant imbu de ces pré-
ceptes d'entendre d'ineptes querelles de clocher. Je
N.B. - J'ai assisté à la représentation de «La ne puis avaler des critiques vides de sens, prenant
Damnation" à l'Opéra, et suis oblig·:l d'avouer qu'à à parti telle ou telle autre religion sous prétexte
part l'orchestre et les chœurs, je ne partage point, qu'elle diffère de celle que nous pratiquons plus ou
maü:. là, pas du tout, l'admiration que «Fafner» té- moins. Enfin, j'estime qu'on a assez entendu les
moigne pour les exécutants. philosophes pédants, fulminer et tempêter au nom
32 L'EGYPTE NOUVELLE 16

de vagues théories abstraites et de crlimériques pro- se perfectionne et plus l'idée du divin s'épure. Il mo
J ds a a1Irancllissement de lu pensée. plaït enfin d 'en déduire que Dieu, par conséquent,
L'iaée de D1eu est mnée, c'est le sixième sens do loin d'êtr8 une cause, un commencement, ne serait
l'homme, on ne la détruira jamais, on changera tout qu'un effet, un couronnement et une fin.
au plus son enveloppe. Modernisons-la au lieu d'es- A la seule charge par vos pareils de tolérer l'exposé
sayer inutilement ue la brûler. Car ce qui fait la inoffensif de ces quelques théories sans nous vouer
tawlesse des religions actuelles, c'est uniquement le au paternel bûcher, nous sommes tous disposés, mon
fait d'avoir materialisé l'esprit divin, chacune à sa vieux Charlot, à vous secouer la cuiller. - J. C.
manière. De là les divergences. De là les désaccords.
Et voilà pourquoi je m'élève contre les juifs qui
<f **
Vieille Chanson.
insultent le catholicisme, contre les musulmans qui
Monsieur,
haïssent le judaïsme et aussi contre les catholiques
lVI a lettre à deux buts : D' abm·d vous féliciter
qui récidiveraient et voudraient voir revenir les hor-
vivement pour votre numéro spécial de fin d'an-
reurs du moyen âge.
née. J'en ai été aussi surprise que charmée car
Assez de haines, de discussions oiseuses, de que- je n'aurais pas cru que l'on pût faire un travail
relles futiles. Les temps nouveaux exigent 1a paix aussi beau, a us si artistique en Egypte.
pannl les hommes de bonne volonté. Venons-nous C'est un petit chef-d'œuvre sans précédent pour
ces temps-là? Ne les reléguons-nous pas dans l'infini lequel je joins mes remerciements et mes compli-
avec: nos polémiques stériles? ments à ceux que vous avez certainement reçus de
Croyez-vous franchement, cher Maître, que rr:es vos autres lecteurs.
idées dégagées de toute casuistique sont si éloignées Eusu'ite, de ne vous point félicitEr au sujet de
de celles que J'ai cru être vôtres? Ce serait un.: lJi.en votre correcteur. Il eût mieux fait de regarder soi-
viv., déception pour moi. Allons. Rassurez votrr;> ~in­ gneusement les épreuves de mon malchanceux «pa-
cère admirateur. - CHARLOT. ravent japonaisn plutôt que de se permettre de
corriger l'auteur en changeant les lettres minus-
*** cules en majuscules, ce qui est ridicule, vous en
conviendrez.
Réponse.
J'avais écrit le Fusi-Yama et il a laissé passer le
Puisque vous m'y a ut..; bez, je vais vous rassurer Fusi-Jama; j'avais écrit :
immedtatement. De:s pleurs ont dû voiler.... et il a laissé passer
Jamais cerveaux n'ont dé autant aux antipodes Les pleurs .... ; ce qui est un non sEns. Votre cor-
que les deux nôtres, 'llOil vieux Charlot. Vous avez recteur aurait-il voulu me donner des leçons? Je
Leau vous en défendre, v.;us êtes enduit de mysti- préfère supposer qu'il se livre pendant son t.ra.vail
cisme sur toutes les faces. C'est probablement à de douces distractions, et c'est pourquoi je
pourquoi, confondant la cause avec l'effet, vous at- Yous demande dt> publier ces rectifications.
crilluez l'invention de l'intolérance aux Juifs, Musul- Veuillez agréer, Monsieur, mes salutations très
umns et aLttres Chrétiens, au lieu d'en rendre res- distinguées. - DE CAZALENS.
ponsables les seules religions. Puis, craignant d'être
allé trop loin, pour atténuer le blasphème, vous pro- ***
Un qui la connaît dans les coins
clamez une admiration béate à l'endroit de ce saule
plEureur qu'on appelle Jinaraj ad asa. J'ai lu, en Le Caire, le 8 Décembre 1923.
eïfet, sa conférence, puisqu'aussi bien il faut, par de- Monsieur le Rédacteur
voir professionnel, donner le pas à Jinarajadasa sm· de !'« Egypte Nouvelle"·
.c\Iontalgne ou Descartes. J 'ai donc lu, ai-je dit, sa Dans le journal du 24 Novembre ayant lu l'article
conférence. Et j e sui<; navré de constater que le contre la compagnie des Wagons Lits, je me suis
brave homme a débuté par une bourde si monumen- rappelé que quand lVI. Tite ou M. Chaker partaient
tale qu'il faut êire frappé par la grâce, tel le trou- en voyage, il y avait toujours des choses extras, tel
peau bêlant des théosophes, pour n'avoir pas aus- que ... caviar, foie gras, des viandes exquises, des
sitôt bondi. asperges, du dindon, etc., et plusieurs voyageurs
Jinarajadasa part du principe que toutes les reli- s'étonnaient que le déjeuner ou dîner fût si parfait;
gions se valent, la sienne, la tienne, la mienne. Et parce que d'habitL<de c'est si simple que le voyageur
qu'elles sont à l'humanité ce que l'arc-en-ciel est à ne se donne même pas la peine d'entrer au wagon-
la voûte céleste. C'est là une monstrueuse hérésie. restaurant.
Car chaque religion prétend avoir une origine divine. Alors quand ces voyageurs demandaient au Maître
Chacune prétend révéler le mot de l'énigme. Chacune d'Hôtel en quel honneur ils étaient si bien servis, la
enfin prétend apporter à ses fidèles la vérité tant réponse était; c'est Mr. Tite ou Mr. Chaker qui
attendue. Elles s'excluent donc forcément l'une l'au- mange avec nous aujourd'hui; c'est pour cela que
tre. Et l'idée de les fusionner, d'en faire une palette le bureau de contrôle a donné ordre de servir de cet-
où les couleurs se marieraient pour la plus grande te manière. Alors c'était vraiment une chance que
joie des yeux, ne pouvait sourdre que dans l'esprit le voyageur se trouvât dans le même train que
d'un hérétique ou d'un innocent. Mr. Tite ou Chaker parce que ceux-là doivent être
Dans laquelle de ces catégories vous rangez-vous? bien servis.
Là-dessus, libre à vous d'estimer que l'idée de Dieu La Compagnie, a choisi connue Maître d'Hôtel un
est innée et même d'en faire un sixième sens. Tous copte qui se nomme Acladius Mangarios avant, il
les goûts sont dans la nature. Nous ne vous chica- était bourriquier puis ensuite drogman. ~aintenant
nerons pas celui-ci. Mais, de grâce, ne nous disputez on en a fait un Maître d'Hôtel. Comment un hom-
pas sur le nôtre. Il me plaît de croire que Dieu fut me pareil peut-il hien faire son métier,surtout lors-
créé de toutes pièces par l'homme et à l'image de qu'il voyage sur les principales lignes. - Leo lHGo-
l'homme. Il me plaît d'imaginer que plus l'homme LITSCH.
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VI L' EGYPTE NOUVELLE

SUR LE TURF à un match entre les deux, mais mes préfér·enè.è s


,vont à ce dernier. ·- REUTER pour la 3ème· place.
- Nous désignon s : MON BEGUIN, PRESTIGE,
LES COURSES RED TER.
6.-Ghatta Handicap. (6 furl-ongs). - Cette épreuve·
devrait normalement se passer entre MIKADO,
Favorisée par un temps superbe, la ·double réu - SHARKIEH, ARDIT et FASSIH; les deux premiers
nion de Gezireh a olbtenu un grand succès. - Lq ont fourni ·de ·tré-lles courses cette saison sur la même
présence de Sa Majesté le Roi à rehàussé l'intérêt. distance et les deux- autre·s se recommandent de
du spectacle et rarement notre turf a vu affluence deLlX bonnes sorties. - GABR et MATAIE courent
aussi grande. ,_ Le programmé a, 1:i'ailleurs, tenu d\me manière décevante et manquent de régula-
toutes ses promesses et la plup art des épreuves pré- rité. - J 'ai un peu peur de SANDY qui tient en ce
sentèrent un · très IVif intérêt. - Du côté sportif, moment sa meilleure forme. - Nous désignons :
rien dé sltiilant à signaler_,_:sauf la bonne tenue des MIKADO on $lHARKTEH, ARDIT,
favoris. Le Caü··o Cambridgeshire, r ésèrvé aux pur DIMANCHE 13 J ANViER 1924 A HELIOPOLI$.
s_ang anglais a principalement retenu !;attention t.--Mrican Stakes. biv. B. (fi fur1ings). - ANISS
p;ililique ·e t a donné lieu à une course digne du et GARCIA sont à mon avis, les seuis prétendants
plus gr and intérêt. -== Elle fut lbrillah1ment enlevée à la vi ctoire d a~s ce lot modeste. - t e pr'e mier a,
pàr ANNI-E SENSE, la prestigieuse jument du Ba- à s-on actif, quelques places plus ou moins appré-
·ron de Menàsce, hailement montée par Collins dont cialbles et le second •vient d·e finir 3ème derrière
le mérite a été hautement apprécié . - Nous adres- AGÀL et MOSER. - VIOLET qui doit avoir pro-
sons nos me·i lleures· félicitations à ce sympathique gressé, 'occupera la 3ème place. - Nous désignons:
propr1ét.aire ainsi qu'à son actif , entraîneur. GARCIA ou ANISS, VIOLET.
2.-Pitlace Stakes. (1 mile) . - MOTOR, LOZAN,
REUNION DÜ SAM.EDI 12 JANVIER 1924. R JZK et NURAN retiennent principalement mon
_ L-:-Mrîcan Stakes. D1v. A. (6 furlongs). - Je crois attention dans cette épreuve et dominent le loi
que HADDAR qui vient de fournir une excellente entier. - Ils ont tous fourni d'excellentes p erfor-
course derrière MOSER n'éprouvera aucune diffi- mances depuis le début de la saison cairote, notam-
cu lté à régler ce 1ot qui ·est ·presque identique à celui ment MOTOR qui vi·ent de faire une petite pr.ome-
qu'il a rencontré à Gezireh. - HASSAN se recom- n a de de,vant CROISEUR et -TOMMY TUCKER. -
mande d'une bonne place derrière F IHAN ·e t devrait LOZAN et NURAN s ont également deux p·r oduits
finir très près du gagnant. - BËNI-SOt J:EF aura d'-e xcellente origine et ont gagné l eur beginner dans
une place. - .Nous désignons : IiAb DAR., H ASSAN, un très joli ·s tyle. - Nous d·é signons : MOTOR ou
BENI-SOUE:F. NURAN, LOZAN. -
2.- Libian Stà kes. (7 furlongs. - Ma;lgré tout le 3.-New Yea r Stakes. (5 furlon gs). - Aucun des
bien qu'on dit de NIRON et AMHONG dont l'ori- concurrents de cette épreuve ne s;est encor·e révélé
gine est excellente, je suis sous l'impr ession que cet- Rur notre turf. - Quelqu es un s d'entre eux ont ga-
te course· reviendra à l'écurie de Ahmed Eff. Ibish gné des courses ·e n Angleterre et sont précédés d'un e
dont les représentants, DREADNOUGHT et surtout honne réputation. - Par impression, je vois KA-
ADfM'IRAL constituent les Jm eilieurs él·éments du HETRA finir devant QUITE COOL et ONE OF
lot. - ·Le dèrnier vient de finir 3ème derrière EL- THEM. - NonSJ dés ignons : KAHJE JRA, QUITE
WIAN et YAVRôUM sur 1 mile. ---, Nous désignons: COOL, ONE OF TI-lEM.
BCURŒ AliMEb EFF. IBISH, . NIRON, AMHOUG. 4.-The Sursock Cup. (1 mHe). - Encore une très
3.---'Amafeur Handicap. (1 1/4 mil es).-J.e pense bell e course en perspective, mettant en lignes les
qUe cette épreuve d-onnera lieu à un match en1.re meilleurs poneys de la nouvelle génération . - La
LUCKY TOSS et Mr. GE'RRY, les seuls qui retien- plupart d'entre eux ·se présentent da n s les meilleures
nent mon attention et qui ont assez bien couru ré- conditions et peurvent prétendre à la conpe, gra-
cemment. - _THE LITTLE ONE aura probalblement cieusement offerte par Shrsock Bey. - Il y a c·e-
sa 3ème place habituelle. -Nous désignons : LUCKY p enda nt lien de fair·e un triag-e et ·extraire du lot.
TOSS , Mr. GERRY . THE LITTLE ONE. ci nq à six concurrents en tr e le.:.q1.1el s devrait nor-
4·.-Heliopolis Derby. (1 mile) : - Très belle course malement se passer. - Ce sont MAHOUL, HARB T,
en perspectiiV·e ·et qui, comme chaque année, r é1mit NARCISSE , VOLTI GEUR, SAMALUT et SEMRI.-
les c-oncurrents de m eill eure marque. - NASR, :5.-Tou rist Hand icap. (1 mile). - HATTAL vient
HTLAL, ZEIBA, MONAHCH et ROI DE L'AIR ITI d'e remporter nn e victoire assez facile devant TAG
se prés·en1ent ici avec le prestige de l eur classe et EL MELOUR et ARDTT presqu e au mêm e écart de
constituent dans ce handicap les éléments les plus poids, ce qui me fait croire à un e répétiti-on. - L e
apprécialbles, par rapport aux autres concurrents. - prestig·ieux pon ey de Hefni. Bey est en très grands
Toutefois, la présence de STNGAR et W AFJ an progrès et se trouvera mieux sur la pis.t e d'Hé lio-
poids de 7.12 et 7.7 est à prendre en sérieuse wnsi- polis. - Le seul danger pour lui pourrait prove-
dérati-on. - ·Ces deux cracks' ont fouf ni une car- nir de SELMT q11i court Jhien après u n rP.pos et
riè re des plus fructueu ses eJ lenrs états d-e services peut-être SABET s'il tient sur ses j11mhes. - -- No11s
sont des meilleurs~ - P a r impression, je les crois désignnm: : H ATTAL ou SELMT. TAG EL-MELOTJK.
capahles d'inqu iéter n 'importe quel cheval du hau t 6.--Januarv Ha nd icap. (fi furlong-s). - MaL<>:r-é le
du h andicap à cet écart de poidR. -- Nous désignons: poids écrasant de 9.5, ABOUL FATTAH est, à mon
ZEIBA, SINGAR, W AFI. avis, en m esn1·r de régler STR MELTON et MAS-
5.- Wad.i Ha lfa Han dicap . (5 furlon gs)). - Malgré COTTE les seu ls au'il devrait craindre dans cette
tout le mérite qu'-on accorde a BR'ESTTGE q1li est -épreuve. - ·WJHITE STAR comt d'une manière dé-·
un produit de meilleure marque, je ne le crois pas c·evantP. et ne se tr-o111v-era pa s ici sn r sa. meilleure
capahle de ba ttre MON BEGUIN à l' écart de poids distance. - Nous désignons : ABOUL FATTAH,
actuel et sür cette distance. - La course se réduira MASCOTTE, SI R MEL TON. - TURFIUS.
L'EGYPTE NOUVELLE VII

A HUE ET .A DIA
PARFUIWERIE FINKS Prop riétaire Si·m ple question.
L F I NKILS TEIN Pour aller à l'Op éra, il faut prendre autant de
Fabrir.ant les meilleures Eaux de Cologne précautions qu'un explor ateur méditant un voyage
au Pô le Nord. Les naïfs abandonnent leurs fourru-
Lotion - Extrait - Poudre, etc. Ùs au .v ès.tiaire et se h asardent presque nus dans
Vente en gros, à des pr·ix très convena bles l' enceinte frigorifique. Les malins se présentent tout
au contraire rembourrés comme des aviateurs,
ES SA V E Z ET C OMPAREZ voire d-es esquimaux. C'est iout simplement scanda-
B. P . No,, 89- GHO URIEH leux. Quand donc le Gouvernement é gyptien se ré-
soudra-t-il à installer le chauffage central dans cet-
te boîte et à nous épargner les désol])ligeantes ob-
servations des touristes venus des quatre coins de
The Bradford Worsted Co. l'uni•v ers ?
Notre numéro spécial .
NEGOCIANT EN LAINES
BERR Y QOAD Il nous faut -reniercier vivemen t ici les confrères
MANCHEST ER. q·tii ont consa cré des'. articles élogieux à notre n u-
méro spécial, -et principalem_ent lVI. R. G. Canivet
de la " Réforme », M. Léon Castro de ,, La Liberté »,
Nous avons u n des plus g rands stocks d'étoffes -et M. Morni de la « Bourse Eg;yptieune ». La pincée
de Manchester et nous nou s fai sons u ne spécialité fraternelle d'éloges qu'ils oht laissé t omb er sur ce
des ét offes de liq u idatio n. Nous pou vo ns donc offrir numéro constitue le salaire magnifique de nos sa-
une grande variét é de qualités et de dessi ns à des crifices et de nôs efforts. Nous les en r emercious
prix inférieurs aux côu r s du marché. - vi.v ement. - Nous profitons de l'o ccasion pour r a p-
La su ccùrsale de not re M aison c.n Egypte se · trouve peler à ceux d'entre eux qui n 'au r aient p a s
entr e les mai ns de : enc-ore r eçu ce numéro d'en faire la deruande di-
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Cheikh Abd el Aziz ChaolJiche vient. en ):espace
d'un e sem aine, de tâter deux foi s de la libert e· de
p enser en. Egyp te. A une r é un ion électorale où il
pr étendait exposer son progr a mm e, sa voix fu t cou-
verte pa r les huées dissid en tes. D'autr e part, en tra-
v-ersan t un quar ti er subJ;Ir!l.J ain d'Alexa nd ri e, il fut
reconnu par la foule et faillit être lyncpé. Doux
PRODUITS AL'IMENTAIRES p ays. Il n 'y a qu·à laisser - faire les s aadistes. J e
VINS ET LIQUEUR,S vous promets en leur nom et au m ien des n1œurs
qui rapp ellero:qt celles décrites pàr Juvénal dans sa
RUE EL BORSA EL . GHEDIDA. satire XV. - · ·
Tél.éph. 70-81; Caire. Un concurrent sérieux .
SERVI CE A DOMICILE. Le "Journal du Caire » annon ce à ses abonnés un
prochain supplément illustré. Cela fera au moins
YIll

deux avec celui qu'il leur a servi il y a _quelques Cinquante, bien cqmptés. La preUJve par neuf vient
Jours. P<>ur commettre pareilles folies, il faut que d'être faite aux d~épens de notre rédacteur en chef.
le "Journal du Caire» ramasse l'or à la pelle. Il Et nous tenons l'olbjet du crime à votre .dis•p osi-
ne nous appartient pas de dire où il le trouve. Cha- tion. Un pli adressé du Caire à M. Charles Muller,
cun saH c·e qui bout dans sa marmite. Qu'il nous Ingénieur•Chimi:ste à Alexandrie le 1!1 Ncwembre
soit permis de mettre charitablement en garde ce 1923, ne lui est parvenu que le 8 J anvier 1924 seule-
confrère contre une nouNelle rapine dont 1'« Egypte ment. Les Puissances Capitulaires qui rêvent d'a-
Nouvelle» ferait seule les frais. Si le ''J-ournal du bandonner tranquillement les pri•vilèges stipulés par
Caire" reproduit encore des dessins ou des texte~ la sages·se des ancêtres, auront, dans ce petit fai1.,
empruntés à notre canard, nous le prions de vouloir un avant a-oût de ce qui les attend lorsque les ser-
lbien indiquer ses s-ourc·es, et de ne pas recommetl- vices publi~s seront entièrement nationalisés.
. cèr, comme pour son dernier machin, le coup du
Père François. Faute de quot, nous nous fâcherons, . Un beau pianiste en perspective.
si tant est qu'il soit permis au s•iècle où nous vivons Nous sommes h eureux d'annoncer à .nos lecteurs
de témoigner de l'humeur à l'aigrefin qui vous dé- la prochaine arTi,vée en Egypte du célèbre pianiste
valise sans crier gare. · italien Brugnoli.
Brugnoli ·est l'un des plus célèlbres musiciens
Les lauriers sont coupés. d'Ita>lie. Né à Rome, il fit ses études au Conserva-
tDimanche prochain à quatre heures de l'après- toir·e de Naples où il obtint le diplôme de Profes-
mtdi, en l'Eglise d'Ismaïlia, Mademoiselle J oncour- seur. Il fit partie du fameux quatuor Waldemar
Valloi;:;, fiUe de Mada~e et _M. Paul Va,llois, ·~P9"11-. Mayer dont il fut un élément précieux.
sera le .capitaine Jose ph Reina. Ge sera certes l'un-- Brugnoli a donné des concerts qui sont restés
des plus beaux mariages de la saison. Nos IVŒUX célèbres à Paris et à Berlin. C'est à Paris même qu'il
de bonheur aux époux et nos sincères f-élicitations à oJttint le prix de composition " Rubinstein », adjugé
leurs parents. par un comité composé des plus importantes auto-
rités municipales d'Europe .
Dans le monde où l'on imprime. Bru()'noli est le principal professeur de l'Institut
Notre éminent ami , M. Lucien Sciutô, va faire Music~l de Flo"rence. M,ai-s1 l'enseignement ne l'a
paraîtr-e incessamment un journal hebdomadaire pas détourné de ,l a composition et de l'interpréta-
d'informations juives qu'il appellera l'« Aurore "· tion des plus grands maîtres. Il s'·est prés·e nté com-
Les lecteurs de l'«Egypie Nouvelle" ont eu sou- me pianiste à Milan, à Rome, à Trieste, à Bologne,
oventes fois l'occasion d'apprécier l'adorable sensi- à Paris, à Riga où il a glorifié, par sa superbe
bilité en même temps que le clairvoyant esprit · cri- interprétation, Chopin, Schuman, Liszt, et tous nos
tique de M. Lucien Sciuto. Le journal d-ont il va grands auteurs contemporains, .e n confirmant sa
prendre la direction est assuré de trouiVer au Caire renommée de concertiste ·exceptionnel pour sa re-
le succès qu'il eut jadis à Constantinople. marqualble technique et IJOUr sa finesse d'interpré-
tation.
Les dieux ont soif. Voilà l'artiste que nous aurons la chance d'en-
S.E. lsmail Sidky Pacha, ancien ministre égyp- tendre et d'applaudir. Nous qui connaissons sa re-
tien des Financ·es, vient de déposer une plaiiirte en nomméB et les brillants succès qu'il a r·emportés
diffamation contre F.athallah Pacha Barakat et dans les plus importantes villes d'_Eur;ope, no~s
Neguib Effendi El Gharalbli, pour la raison que ces n'hésitons pas à affirmer que le pubhc d Alexandne
messieurs l'auraient c-oiffé des épithètes habituelles et du Caire se trouvera en face d'un virt:uose excep-
de trattre et de vendu. S.E. Sidky Pacha fait trop rtionnel, digne successeur de l'immortel Busoni, uni-
d'honneur à ces vendus et à ces trai·ires. Il aurait IVersellement connu.
dû les traiter comme il fait de Gourgui Effendi Dou- Brugnoli sera notrE.) hôte dans la première quin-
mani, par le mépris. zaine du mois de Janvier. Car il a l'intention de
visiter les monuments de l a Vallée des Rois. C'est à
Le banquet de Plat on. l a suite de l'insistance de ses nombreux a dmirateurs
Une délégation de copains, armée de triques·, s'est qu'il a accepté de se faire entendre au Caire et à
présentée chez Harpagon, administrateur de l'«Egypte Alexandrie. - MASCARILLE.
NouiVEÙle» et lui a demandé s'il avait décidé d'·e sca-
moter définitiverrieùt l'agape mensuelle qui repré- 11 raut chercher seulement à penser et à parler juste, sans vouloir
sente le plus clair de notre bénéfice. Devant cette amener les autres à notre goût et à nos sentiments : c'est une
démarche fraternelle, Harpagon s'est confondu en trop gr ande entreprise.
protestations et a donné rendez-wous à ses agres- LA BRUYER E, uDes ouvrages de l'esprit, .
seurs di=ms. la salle des fêtes du Restaurant Santi
pour· le Dimanche 27 Janvier c<>urant à 8 heures et ,~~~~~~~~~~~~
demie p.m. - Tous les camarades qui ont écrit. ne Fondé en 1922
fût-ce qu'une fois dans l'«Egypte Nouvelle" sont cor-
dia.lement invités. Nous les prions simplement de Argus Égyptien et International
faire parvenir au plus tôt ,J.eur adhésion au Secré- de la Presse
tariat de l'«Egypte Nouv·ellei• sis 3 Rue El Fadl, aux Bureau de Coupures jles Journaux et Revues
seules fins d'·é quilibrer le nombre des chaises avec Unique du genre en Egypte
celui des conviiVes. Les collalboratrices qui désiren t Collaboration · avec :
Ar~us de la Presse, Paris
participer à la bacchan ale seront cueillies et !!ame- International Press-Cuttinf( Bureau, Londres
nées à domicile, par. deux col:labor ateurs. Ar~us Suisse et International de la Presse,
L'Echo dell a Stampa, Milan". ·
Alerte. A. CASSIGONIS, Direï:teur
Boulevard Ramleh 26, · Alexandrie
Savez-vous, bonnes gens, combien de jours il fau t
. à une lettre pour aller du Caire à Alexandrie ?
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