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Matthieu Fontaine

Deux aspects attendus du cours :

 Deux explications de textes par personnes de 15min (note d’oral)  avec la méthodologie de la
dissert (voir polycopié)

 Un exposé écrit (forme libre) et possiblement oral sur le thème ‘opposition au pouvoir’ (un
évènement, les conditions économiques qui amènent à la résistance, à une idéologie) toujours en rapport
avec la philosophie)  avant la fin du semestre, quand on veut, mais en parler au prof avant.

But du cours : De partir des résistances et de ses affrontements au pouvoir pour s’intéresser aux concepts clés de
la philosophie politique.

COURS : POLITIQUE ET POUVOIR


Introduction :
La notion en vogue est la ‘résistance’, comprise de manière très générale comme opposition au pouvoir. Elle est
donc en vogue car elle est immédiatement valorisée positivement et se place directement du côté du bien et de la
vérité. Tout se passe comme si résister était bien et faisait le bien. En résistant, j’affirme ma liberté en l’opposant
à une injustice, une répression, une domination, à un pouvoir tyrannique ou encore au capitalisme, à la mal
bouffe, au caractère horrible de la personne que j’aime, etc.... Je résiste alors à quelque chose que je dénonce
comme mauvais tout en valorisant mon propre acte.
Cependant, il n’y a plus de mal ni de bien puisque tout le monde peut résister et ainsi on peut se tromper sur
le mauvais. On peut aussi tromper les autres sur le mauvais. Tout le monde peut trouver toute chose mauvaise et
résister contre n’importe quoi comme Bashar Al Assad qui résiste contre les syriens qui eux-mêmes résistent
contre lui au départ.

1.
C’est ainsi le problème du relativisme (= l’opinion selon laquelle tout se vaut et chacun possède sa vérité)
en matière de résistance.
Le relativisme s’apparente au fait qu’il n’y a plus de normes universelles pour juger les pensées, les
discours des hommes (ex : il n’y a pas que culture universelle). Puisque le relativisme nie la vérité et les normes
universelles, on ne sait plus ce qu’est la résistance. C’est la dictature de l’acceptable, du tout est égal.
Si résister, c’est simplement s’opposer à, lutter contre, dire non, rejeter alors tout le monde peut résister à
tort et à travers. Donc, comment distinguer les résistances entre une cause juste et injuste, le vrai et le faux, le
bien et le mal ?

2.
Un deuxième problème qui explique le premier : cette résistance est écartelée entre deux notions décisives
qui sont la nature et la liberté. D’une part, tout ce qui est naturel, qui appartient au monde physique, résiste.
Dès que quelque chose est dans la nature, quelque chose lui résiste. La résistance est importante dans toutes
les pensées qui naturalisent les forces humaines. On peut comprendre l’homme qu’a partir de forces qui
s’affrontent.
Certains penseurs ont essayé de démontrer que la résistance est une loi de l’être, appartient à la nature (la
feuille et l’air) et n’était pas propre de l’homme. D’autre part, la résistance ne peut se comprendre qu’à partir de
ce qui, en l’homme, échappe à la nature comme la conscience, la morale, la justice/injustice, du bien/mal donc
tout ce qui renvoie, non à la nature mais à la liberté.
On n’est pas qu’un corps naturel mais une âme qui pense. De la même manière, un homme ne résiste pas de
la même manière qu’un animal et une plante, ce qui résiste en l’homme est la liberté par rapport à tout ce qui
veut la nier, la limiter et l’animaliser.
Pascal dit que ‘l’homme est un roseau pensant, le plus faible de la nature. Il ne faut pas que la nature
entière s’arme pour l’écraser, une goutte d’eau suffit …’, il renvoie à la fragilité physique mais aussi, à la pensée
libre qui s’égare à la nature et à l’univers tout entier. L’homme à un corps donc il résiste, le côté nature, mais
surtout l’homme doit résister car il est autre chose de la nature, une pensée libre qui s’extrait de la nature.

3.
On arrive au troisième problème touchant la résistance : le problème de l’être et du devoir être.
Autrement dit, il faut arriver à trier les bonnes et les mauvaises résistances en arrivant à les définir et
s’intéresser à leur essence.
Il y’a aussi un problème de devoir être en termes de normes et d’idéal et aussi de devoir. Si on en reste à
l’être, tout peut être justifiable et justifié.
Tout change lorsqu’on juge l’être et le devoir être et qu’on examine alors la légitimé le discours et une
action, ce qui est fait et ce qui doit être fait.
Disons que depuis Platon et la République, la justice est justement cet intervalle entre l’être et le devoir
être. Il n’y pas de résistance véritable si on en reste à l’être ou encore au devoir l’être.
Dans la République, Socrate ne dessine pas les traits d’une société utopique à fabriquer, en revanche, il
construit une idée de justice, c’est-à-dire, un instrument intellectuel pour juger toutes les cités existantes. Le
devoir être n’est pas quelque chose que l’on doit réaliser mais simplement de juger ce qui existe avec un
instrument intellectuel adéquat. Socrate ou Platon ne veulent pas être le roi d’Athènes avec des philosophes rois
mais de voir si Athènes est juste ou pas et pour cela, il faut des instruments intellectuels comme des normes.
L’écart entre l’être et le devoir être n’est pas une raison pour disqualifier le devoir être mais pour critiquer l’être,
pour qu’il se rapproche le plus possible de ce qu’il doit être.
EX : Mais quelle condition doit remplir une action pour s’appeler ‘résistance’ ? Par exemple, la résistance
de 1940 est injuste si on se réfère au droit en vigueur qui est le droit de Vichy qui obéit au droit allemand mais
cela ne rend pas cette résistance illégitime. Elle est donc illégale mais légitime. La résistance est toujours,
cependant, obligée d’être illégale, transgressive des lois d’un pays ou d’un groupe. Autrement dit, la résistance
est souvent injuste positivement (loi/droit positif = loi/droit en vigueur par un Etat) et toute la question est de
savoir si la résistance légitime ou naturellement (droit naturel = ensemble de droits et valeurs morales et valables
sur toute l’humanité). La résistance doit marcher dans les pas de l’illégalité pour se rapprocher de la légitimité.

4.
Quatrième problème : le droit de résistance qui commence par être pensé par les philosophes du Moyen-
Age (St. Thomas d’Aquin). Peut-on accorder aux citoyens un droit de résister contre le souverain alors que ce
citoyen a consenti par le contrat social à obéir ?
Jusqu’où un Etat peut se voir contester sa propre résistance ?
Comme le remarque Kant, il semble y avoir contradiction : par le droit, on vous autorise à contester le droit.
De ce fait, depuis la Déclaration d’Independence, un droit de résistance est déclaré face à un acte liberticide.
Projet de loi de la Constitution de 1946 : ‘lorsqu’un gouvernement viole son devoir, la résistance est le plus
sacré des droits et le plus impérieux des devoirs’. C’est ainsi le problème du droit et du devoir car légaliser la
résistance, c’est une manière pour le pouvoir de conditionner et limiter la résistance en empêchant la guerre
civile.
En 1789, Robespierre dit que ‘vouloir enfermer la résistance dans une forme juridique, constitue le dernier
affinement de la tyrannie’.

Exercice d’analyse de texte : ‘La servitude volontaire’, La Boétie

1. Thèmes : ‘Servitude’, ‘autorité’, ‘liberté’

2. Thèse : ‘La Boétie soutient que le peuple se soumet volontairement à un souverain et seul lui peut s’en
délivrer’.

3. Problème : La Boétie se demande pourquoi les hommes travaillent avec autant d’ardeur à leur propre
assouvissement ;
Y’a-t-il un désir naturel d’être dominé ? ;
Les individus sont-ils manipulés ?
Le problème consiste à comprendre comment une servitude peut être volontaire, désiré et que l’homme
peut renoncer à sa liberté.

4. Découpe/ Démarche :
De la ligne 0 à la ligne 4 ou il pose un diagnostic sur la condition humaine ‘si les hommes sont si
malheureux, c’est à cause de la domination de leur propre souverain dont ils se sacrifient pour les guerres’.
De la ligne 4 à la ligne 8 l’auteur explique que le souverain ne commande pas par la loi du plus fort car il est
comme tout les autres et a accès au pouvoir qu’à travers la volonté des autres
Trois dernières lignes : La Boétie rappel que la volonté n’est pas soumise à la fatalité et qu’elle peut se
retourner contre le souverain et résister.