Vous êtes sur la page 1sur 15

Chapitre IV : Capteurs industriels types Capteurs d’accélération, vibrations, chocs

Chapitre IV
Capteurs industriels types
Capteurs d’accélération, vibrations, chocs
Chapitre IV : Capteurs industriels types Capteurs d’accélération, vibrations, chocs

Table des matières

1 Introduction 3
2 Gammes d’accélération 3
3 Capteur sismique 3
3.1 Capteur sismique de déplacement 5
3.2 Capteur sismique de vitesse 6
3.3 Capteur sismique d’accélération 7
3.4 Influence de la liaison mécanique entre accéléromètre et structure 8
3.5 Finesse 8
3.6 Précautions 9
3.7 Étalonnage 9
3.7.1 Accélération constante : 9
3.7.2 Accélération sinusoïdale : 9
3.7.3 Mouvement transitoire : 9
4 Accéléromètres piézoélectriques 10
4.1 Accéléromètres piézoélectriques à compression 10
4.2 Accéléromètres piézoélectriques à cisaillement 10
4.3 Accéléromètres piézoélectriques à Montage en porte-à-faux 10
5 Accéléromètres piézorésistif 11
6 Accéléromètres utilisant une mesure de déplacement 12
6.1 Amortissement et rappel 12
6.2 Accéléromètres à potentiomètre 13
6.3 Accéléromètres capacitifs 13
6.4 Accéléromètres asservis 13
7 Analyse spectrale des signaux vibratoires 14

2
Chapitre IV : Capteurs industriels types Capteurs d’accélération, vibrations, chocs

1 Introduction
L’accélération est une caractéristique d’un objet en mouvement sous l’effet d’une force. Elle peut être
déterminée à partir de la loi fondamentale de la dynamique. Sur base de cette dernière, les capteurs
d’accélération font appel à un phénomène physique (piézoélectricité, force, …) permettant de traduire
l’accélération en une grandeur électrique. Cela peut donner lieu à une mesure directe ou indirecte par le
biais de déplacement où de déformation d’un corps d’épreuve.
Les chocs sont des vibrations transitoires de courte durée. Ils peuvent être décrits en termes de force,
d'accélération, de vitesse ou de déplacement.
Les accéléromètres sont parfois préférés par rapport aux capteurs de déplacement et de vitesse pour
plusieurs raisons, notamment : leur large gamme de fréquences ; mesure des accélérations constantes ; la
mesure d’accélération est souvent nécessaire vue que les forces destructives sont directement liées à
l’accélération (plutôt qu’à la vitesse ou le déplacement) ; la mesure des transitoires et des chocs peut se
faire plus facilement ; la vitesse et le déplacement peuvent être obtenus par simple intégration.

2 Gammes d’accélération
Plusieurs classes d’accélération peuvent être distinguées selon les situations expérimentales :
i) Mobiles lourds : avion, missile, véhicule terrestre ou maritime, ….
Le mouvement du centre de gravité reste à des fréquences relativement faibles (de 0
à quelques Hz). On utilise dans ce cas des accéléromètres inductifs, capacitifs ou à
potentiomètre optique.
ii) Accélérations vibratoires de structures rigides ou à masses
importantes
Une bande de fréquence de quelques centaines de Hz. On fait appel dans ce cas à des
accéléromètres à inductance variable ou, le plus souvent, piézoélectriques.
iii) Accélérations vibratoires de structures légères : une bande de fréquence
de quelques dizaines de KHz. C’est le cas par exemple des machines
tournantes de production telles que les alternateurs de centrales électriques
et les broyeurs dans les cimenteries, etc. Les vibrations peuvent alors être
vues comme des symptômes de défaillances qui permettraient de
traduire l’état mécanique d’une machine tournante. Parmi les nombreuses défaillances connues, il y a les
défauts d’engrenages (écaillage de dents), les balourds
(répartition irrégulière des masses autour de l’axe du rotor),
les défauts des roulements à billes (écaillage de billes ou des
bagues) et les défauts de fixation.
L’analyse vibratoire est souvent utilisée comme outil de diagnostic en maintenance
préventive de ce type de machines. Cela exige des capteurs de grande finesse,
souvent de type piézoélectrique.
iv) Mesure de chocs : ce sont des accélérations pulsées qui exigent des capteurs de
bande passante étendue vers les basses et les hautes fréquences ; jusqu’à 100 KHz.

3 Capteur sismique
C’est un capteur de mouvement à masse sismique (ou masse d’épreuve, M). Il est caractérisé par une
oscillation périodique de la masse sismique autour d’une position de référence (h0) comme le schématise
la Figure 1: Schéma de principe d’un capteur de mouvement à masse sismique L’amortissement est lié au

3
Chapitre IV : Capteurs industriels types Capteurs d’accélération, vibrations, chocs

milieu dans lequel baigne M (liquide, gaz,..). Le rappel élastique peut être, par exemple, un ressort, un cristal
piézoélectrique ou une lame de flexion.
D’une manière générale, un tel capteur peut, selon la gamme de fréquence, constituer un capteur de
déplacement, de vitesse ou d’accélération subie par son boîtier.
Soit z()
t h()
t h0()
t (5.1)

le déplacement relatif de la masse sismique M par masse sismique


apport à son boîtier. En l’absence d’accélération, z(t) = rappel élastique
M M
0. L’équation d’équilibre entre la force de rappel Cz()t
(C : constante de rappel), la force de frottement amortissement
dz(t) boîtier
visqueux f (f : coefficient de frottement) et la
dt
force due à l’accélération de la masse sismique
h
d2h(t)
M est donnée par 0 h0(t) h(t)
dt2
Figure 1: Schéma de principe d’un capteur de
d2h()
t dz()
t mouvement à masse sismique
M 2
f C z()
t (5.2)
dt dt

d2h0()t d2z()
t dz()
t
Ou encore, M 2
M 2
f C z()
t (5.3)
dt dt dt
dép.relatif
acc.relative vitrel
. ative

La transformée de Laplace de l’équation différentielle (5.3) permet de mettre en évidence la fonction de


transfert entre la position h0(t) du boîtier et le déplacement relatif z(t) de M.

s2
En effet, Z (s) H 0(s) (5.4)
f C
s2 s
M M
s2
Soit Z (s) H 0(s) (5.5)
s2 2 0s 0
2

Sd (s)

C f
où Sd (s), 0 2 f0 et (5.6)
M 2 CM

sont respectivement la fonction de transfert entre h0(t) et z(t), la pulsation propre et le coefficient
d’amortissement caractérisant les oscillations de M.

Selon sa constitution, le capteur sismique peut mesurer le déplacement h0 du boîtier, sa vitesse dh0/dt ou
son accélération d²h0/dt² comme mesurande principal m1 via un mesurande secondaire m2 qui est le
déplacement relatif de la masse sismique z(t), sa vitesse relative dz(t)/dt ou son accélération relative
d²z(t)/dt² ; cela dépend de la gamme de fréquence qui détermine lequel de ces trois derniers termes est
dominant dans l’équation (5.3). Si nous désignons par em le signal électrique fourni à la sortie du capteur,
par S1 la sensibilité mécanique (m2 = S1m1) et par S2 la sensibilité du capteur secondaire (em = S2m2), alors
la sensibilité globale du capteur est donnée par S = S1S2 (em = S2 S1m1).
La Figure 2 et le Tableau 1 illustrent les principes de base des capteurs sismiques de mouvement.

m1 m2 em
S1 S2

capteur sismique de base capteur


secondaire
Figure 2 : Principe de base d’un capteur sismique

4
Chapitre IV : Capteurs industriels types Capteurs d’accélération, vibrations, chocs

Mesurande m1 Mesurande m2 Capteur secondaire Capteur global


z(t) Potentiomètre,
h0 Sismomètre
Transfo. diff.
dh0/dt dz(t)/dt Capteur de
Inductance variable
vitesse vibratoire
z(t) Potentiomètre,
d²h0/dt² déformation Transfo. diff., élém.
Accéléromètre
piézoélec., élém.
force de rappel piézprésist.

Tableau 1: Principe de base d’un capteur sismique

3.1 Capteur sismique de déplacement


Il a comme mesurande principal la position de la structure
en mouvement (ou celle du boîtier du capteur qui lui est m1=h0(t) m2=z(t)
Sd(s)
solidaire) m1 = h0(t).
En examinant l’équation (5.5), la fonction de transfert Sd(s) Figure 3 : Représentation entrée/sortie
n’est autre chose qu’un filtre passe-haut dont la réponse du capteur sismique de déplacement
fréquentielle est illustrée par la Figure 4 :

 = 0,2
Sd ( j )
 = 0,5
 = 0,7
=1

0 
Figure 4: Réponse fréquentielle d’un capteur sismique de déplacement :
effet du coefficient d’amortissement.

L’usage de ce capteur est donc limité à la mesure des déplacements vibratoires d’une pulsation
0 C /M .

Exemple :
On suppose que le capteur a une pulsation propre 0 100 rad / s et un coefficient d’amortissement
0,2 . La Figure 5 illustre, respectivement de haut en bas, les réponses du capteur à des sollicitations
sinusoïdales de pulsations respectives 0/5, 0 et 50.

h0()
t sin(50 t)

h0()
t sin( 0t)

h0()
t sin(5 0t)

Figure 5: Réponse temporelle du capteur à Figure 6 : Réponse fréquentielle du capteur


des sollicitations sinusoïdales de pulsations sismique de déplacement de l’exemple précédent
respectives 0/5, 0 et 50
5
Chapitre IV : Capteurs industriels types Capteurs d’accélération, vibrations, chocs

On voit bien que le capteur n’est efficace que pour des mouvements de pulsations suffisamment supérieures
à la pulsation de résonance, Figure 6.
Pour élargir la bande vers les basses fréquences, il faut réduire le coefficient de rappel C (par un choix
approprié de l’élément élastique) ou augmenter la masse sismique M.

3.2 Capteur sismique de vitesse


Dans ce cas, le mesurande principal est la vitesse du
boîtier : m 1 t.
h0() m2=z(t)
Si le mesurande secondaire est m2=z(t), l’équation (5.5) Sv(s)
s’écrira sous la forme
Figure 7 : Représentation entrée/sortie du
s capteur sismique de vitesse
Z (s) sH 0(s) (5.7)
m2
s2 2 0s 0
2
h0(t) m 1
Sv(s)

La nouvelle fonction de transfert Sv(s) est un filtre passe-bande avec une bande passante étroite comme le
montre la Figure 8. La mesure est en conséquence limitée à une gamme de fréquence restreinte.

Sv ( j )   0, 2
  0,5
  0,7
 1

0 
Figure 8 : Réponse fréquentielle d’un capteur sismique de vitesse :
effet du coefficient d’amortissement
Exemple :
Pour les mêmes sollicitations, on peut constater (Figure 9) que la mesure de la vitesse via Sv(s) est très
mauvaise à cause de la bande passante qui est très restreinte.

h0()
t 5
0
cos(50 t)

h0()
t 0 cos( 0t)

h0()
t 5 0 cos(5 0t)

Figure 9 : Réponse temporelle du capteur à


des sollicitations sinusoïdales de pulsations Figure 10 : Réponse fréquentielle du capteur
respectives 0/5, 0 et 50 sismique de vitesse de l’exemple précédent

6
Chapitre IV : Capteurs industriels types Capteurs d’accélération, vibrations, chocs

Une manière de détourner cette limitation de la bande de


fréquence est d’utiliser un dispositif permettent d’avoir comme
sortie du capteur secondaire un signal électrique associé à la
vitesse relative (mesurande secondaire) m 2 t au lieu de
z()
m2=z(t). La formule suivante peut alors être utilisée :
s2
sZ (s) sH 0(s) (5.8)
z(t) m 2
s2 2 0s 0
2
h0(t) m 1
Sd (s) Figure 11: Schéma de principe d’un
capteur sismique de vitesse. La sorite em
On retrouve le filtre passe-haut pour lequel la mesure des est proportionnelle à dz/dt.
vitesses vibratoires est limitée aux pulsations 0.
La traduction de la vitesse relative par rapport au boîtier en un signal électrique est généralement assurée
par une bobine liée à la masse sismique M et mobile autour d’un noyau aimanté solidaire du boîtier du
capteur, Figure 11.

3.3 Capteur sismique d’accélération


Si l’on s’intéresse à la mesure de l’accélération m 1 h0()
t
z(t)
à travers le mesurande secondaire m2 = z(t), nous aurons Sa(s)
1
Z (s) 2 2
s2H 0(s) (5.9) Figure 12 : Représentation entrée/sortie
z(t) m 2
s 2 0s 0 du capteur sismique d’accélération
h0(t) m 1
Sa (s)

La fonction de transfert Sa(s) est un filtre passe-bas dont la réponse fréquentielle est illustrée par la Figure
13.

Sa ( j )   0, 2
  0,5
  0,7
 1

0 
Figure 13 : Réponse fréquentielle d’un capteur sismique
d’accélération : effet du coefficient d’amortissement

La mesure des accélérations vibratoires est limitée aux pulsations 0 C /M .

Exemple :
On reprend les mêmes sollicitations, avec la fonction de transfert Sa (s), nous obtenons les résultats de la
Figure 15. Le signal de base fréquence a pu être mesuré correctement, mais avec un déphasage proche de
180°.

7
Chapitre IV : Capteurs industriels types Capteurs d’accélération, vibrations, chocs

2
h0()
t 0
25
sin(50 t)

2
h0()
t 0 sin( 0t)

2
h0()
t 25 0 sin(5 0t)

Figure 15 : Réponse temporelle du capteur à Figure 14 : Réponse fréquentielle du capteur


des sollicitations sinusoïdales de pulsations sismique d’accélération de l’exemple précédent
respectives 0/5, 0 et 50

La bande passante peut être élargie en augmentant la pulsation propre (via C et M).
Si le capteur est destiné à mesurer des accélérations de hautes fréquences, on pourra se ramener à
l’expression d’un filtre passe-haut en utilisant comme mesurande secondaire l’accélération relative d²z/dt².

Remarque
Chacune des fonctions de transfert précédentes introduit un déphasage dépendant de la fréquence du
mesurande. Si le capteur est utilisé en temps réel, dans une boucle de réglage par exemple, ce déphasage
doit être tenu en considération dans la reconstitution du mesurande.

3.4 Influence de la liaison mécanique entre accéléromètre et structure


La raideur de fixation des accéléromètres peut être affectée par :
- le mode de fixation,
- l’état de la surface,
- le couple de serrage,
- la dureté superficielle,
Figure 16: Schéma de principe de l’accéléromètre monté.
- la courbure de la surface d’appui.
Goujon solidaire
Les erreurs introduites affectent
surtout la réponse fréquentielle de Colle rapide
l’accéléromètre à partir d’environ Adhésif double face
200Hz. Le choix du mode de fixation
peut se faire en fonction des Pointe de touche
fréquences mesurées selon le
graphique suivant : Quelque soit le
mode de fixation, les états des surfaces 0,01 10 100 1K 10K Fréquence (Hz)
de contact capteur-structure doivent
être parfaits. Un film d’huile améliore de Figure 17: Choix du mode de fixation.
façon très importante le couplage accéléromètre/structure.

3.5 Finesse
Si la masse Mc du capteur est importante par rapport à la masse Ms de la structure en mouvement,
l’accélération mesurée en sera infectée. En effet, la force agissant sur la structure étant la même sans ou
avec capteur. Les accélérations a (avec capteur) et s (sans capteur) qu’elle lui communique sont telles que :
F M s s (M s M c) a (5.10)

M s
soit a s (5.11)
M s M c

8
Chapitre IV : Capteurs industriels types Capteurs d’accélération, vibrations, chocs

Ces deux accélérations ne peuvent donc être considérées comme égales que lorsque M s M c.

3.6 Précautions
Les chocs imprévus sont souvent une cause de détérioration des accéléromètres. Le capteur doit être choisi
de manière convenable en fonction de l’étendue de mesure, supposée suffisamment connue. Les
accéléromètres peuvent aussi subir des agressions imprévisibles non négligeables lors du transport ou du
montage par exemple.

3.7 Étalonnage
Les méthodes d’étalonnage des accéléromètres se classent en trois groupes, selon que l’on applique au
capteur une accélération constante, sinusoïdale ou transitoire.

3.7.1 Accélération constante :


Cette méthode convient uniquement aux capteurs transmettant une capteur
accélération continue.

3.7.1.1 Étalonnage dans un champ de la pesanteur g connu :


Cela consiste à mesurer le signal du capteur lorsque son axe de

sensibilité est orienté d’un angle  par rapport à la verticale, Figure
18. La connaissance de la valeur locale de l’accélération de la axe sensible
pesanteur g permet de déduire la courbe d’étalonnage en faisant g du capteur
varier l’angle .
Figure 18: Étalonnage dans le
champ de la pesanteur
3.7.1.2 Étalonnage par centrifuge
La centrifuge est constituée d’une table ou d’un bras tournant autour d’un axe vertical supportant
l’accéléromètre dont l’axe de sensibilité est orienté radialement,
capteur
Figure 19. Le niveau de l’accélération r 2 peut être réglé en
 faisant varier la vitesse angulaire  ou la distance r entre le centre
de rotation et le centre de gravité de la masse sismique.
r
Pour quelques valeurs de r, à  constante, on peut tracer une courbe
d’étalonnage.
Cette méthode permet une grande dynamique de mesure (de 0 à
Figure 19: Étalonnage par centrifuge
50000 g).

3.7.2 Accélération sinusoïdale :


Cette méthode consiste à faire subir au capteur un mouvement sinusoïdal à des amplitudes et fréquences
différentes et comparer avec un capteur de référence.

3.7.3 Mouvement transitoire :


Les mouvements transitoires connus, tels que la chute libre ou l’oscillation d’un pendule simple, peuvent
être utilisés comme technique d’étalonnage.

3.7.3.1 Pendule simple :


Le capteur est fixé sur l’extrémité du pendule, Figure 20, puis lâché à partir
d’un certain angle et on mesure le niveau de crête obtenu pour la première
oscillation.

3.7.3.2 Chute libre :


Le capteur est lâché en chute libre et on mesure la vitesse entre deux axe sensible
points par deux cellules photoélectriques par exemple, puis on compare du capteur
avec l’intégrale du signal issu du capteur (accélération).
Figure 20: Étalonnage par
pendule simple

9
Chapitre IV : Capteurs industriels types Capteurs d’accélération, vibrations, chocs

4 Accéléromètres piézoélectriques
La masse sismique est supportée par un élément piézoélectrique qui délivre une charge électrique
proportionnelle à la force de rappel donc au déplacement de la masse sismique M.

4.1 Accéléromètres piézoélectriques à compression

Figure 21: Coupe d’accéléromètres piézoélectrique à compression axiale.

+ la fréquence de résonance est assez élevée,


+ une grande robustesse,
- sensibilité aux effets pyroélectriques, qu’il faut compenser ou isoler.

4.2 Accéléromètres piézoélectriques à cisaillement


Un exemple de ce type de capteurs est illustré par la Figure 22. Ils sont constitués d’un élément
piézoélectrique en forme d’anneau (ou de plusieurs éléments plans) inséré entre une masse sismique et
une pièce solidaire au support du capteur.

Figure 22: Accéléromètres piézoélectriques à cisaillement


+ Le découplage mécanique des éléments piézoélectrique et la base permet une faible sensibilité aux
contraintes de base.
+ Faible sensibilité aux influences thermiques.
- Fragilité due au mode de travail du matériau piézoélectrique.

4.3 Accéléromètres piézoélectriques à Montage en porte-à-faux (en position instable)

La flexion d’une paire de plaquettes piézoélectriques minces accolées dont l’extrémité supporte une masse
sismique.

Figure 23: Accéléromètre piézoélectrique à montage porte-à-faux

10
Chapitre IV : Capteurs industriels types Capteurs d’accélération, vibrations, chocs

+ grande sensibilité
- usage limité aux basses fréquences
D’une manière générale, les capteurs piézoélectriques peuvent être influencés par :
- la température
- le vieillissement
- les bruits dus aux câbles
- les bruits dus à la pression acoustique ambiante
- décalage du zéro (à la suite d’un choc, il disparaît exponentiellement avec une constante de temps
liée au capteur et son conditionnement).

5 Accéléromètres piézorésistif
La masse sismique M est solidaire d’une lame de rappel élastique sur laquelle sont placées 2 ou 4 jauges
piézorésistives montées dans un pont de Wheatstone. La flexion de la lame est traduite en déformation des
jauges. Le mouvement est mesuré par la mesure de la variation de la résistance des jauges en déformation.

Figure 24: Principe d’un accéléromètre piézorésistif


Les technologies et les conceptions mécaniques différent selon les usages auxquels sont destinés les
accéléromètres.

Exemples :
 Accéléromètres piézorésistifs pour la mesure des mouvements de fréquences moyennes (0 à 10
KHz) à usage général :

Figure 25: Principe d’un accéléromètre piézorésistif à amplification


mécanique pour mesures en moyenne fréquence

 Accéléromètres piézorésistifs de chocs :

11
Chapitre IV : Capteurs industriels types Capteurs d’accélération, vibrations, chocs

Figure 26: Principe d’un accéléromètre piézorésistif de choc

Les accéléromètres piézorésistifs présentent un certain nombre d’avantages :


+ peu sensibles aux perturbations extérieures
+ aptes à mesurer des accélérations statiques ou à très basses fréquences
+ pas de risque de décalage important de zéro après de chocs rapides
+ faible influence du couple de serrage sur le zéro et la sensibilité
+ miniaturisation possible
et un certain nombre d’inconvénients :
- difficulté de réaliser des capteurs à très faible étendue de mesure (EM minimale ~ 1g)
- précision et sensibilité plus faibles que les systèmes à zéro asservi
- nécessité d’une alimentation

6 Accéléromètres utilisant une mesure de déplacement


Le déplacement de la masse sismique par rapport au boîtier de l’accéléromètre est mesurée à l’aide d’un
capteur potentiométrique, capacitif ou par une méthode optique.

6.1 Amortissement et rappel


L’amortissement est généralement assuré par écoulement d’un gaz entre la masse sismique et le boîtier ou
à l’aide d’un film d’huile entre la masse sismique et le boîtier.
Le ressort nécessaire pour assurer le rappel de la masse sismique lui sert en général de support et de guide.
Deux types de ressorts sont utilisés : ressort circulaire et ressort plat. Le premier est caractérisé par une
bonne isoélasticité, mais potentiellement sensible aux accélérations latérales qui entrainent la déformation
irréversible du ressort ou le frottement de la masse contre les parois de l’accéléromètre. Le second autorise
une course importante de la masse sismique suivant Oy, assure une bonne rigidité transversale suivant Ox
mais sensible aux accélérations transversales suivant Oz, Figure 27.

Ressort plat Ressort circulaire

Figure 27: Principe d’un accéléromètre à mesure de déplacement,


suspension de la masse sismique par un ressort.

12
Chapitre IV : Capteurs industriels types Capteurs d’accélération, vibrations, chocs

6.2 Accéléromètres à potentiomètre


 Résolution et linéarité médiocre.
 Etendue de mesure de  quelques g à quelques dizaines de g.
 Fréquence de résonance de quelques dizaines de Hz.
 Masse sismique inférieure au Kg.

6.3 Accéléromètres capacitifs Figure 28: Principe d’un accéléromètre à


potentiomètre avec amplification mécanique

Figure 29: Principe d’un accéléromètre capacitif

+ miniaturisation possible  accroissement de finesse  abaissement des coûts


+ possibilité d’intégration de l’électronique de conditionnement sur un même substrat
+ fréquence de résonance de quelques KHz
+ stabilité thermique très supérieure à celle des capteurs piézorésistifs

6.4 Accéléromètres asservis


Le principe des accéléromètres asservis est schématisé par la Figure 30. Le système asservis consiste à
maintenir la masse sismique à sa position d’équilibre initialement obtenue en l’absence de toute
accélération extérieure. Toute accélération extérieure écartant la masse sismique de sa position d’équilibre
est considérée par le système asservis comme une perturbation et sera résorbée à l’aide d’une force de
rappel développée par un actionneur électromagnétique commandé en courant en sorte que la masse
sismique retrouve sa position initiale. Lorsque la masse est en équilibre, le courant qui est à l'origine de la
force de rappel donne la mesure de l'accélération. La force de rappel utilisée peut être de type
électromagnétique ou électrostatique.
Ce type de capteur est caractérisé par :
 une grande précision (erreur inférieure à 0,1% de l’étendue de mesure (E.M.)) ;
 très bonne résolution (10-6g) ;
 E.M. de  quelques g à  quelques 10g ;
 bande passante de 0 à quelques 100 Hz ;
 signal fourni élevé : plusieurs mA ;
 coût élevé ;
 fragile.
Accélération mesurée

Accélération à mesurer
convertisseur mesurande

Position
d’équilibre Position de la
+ Actionneur masse sismique
de la masse Régulateur Masse
sismique en (PI) électromagnétique sismique
 Courant de Force de rappel
l’absence du commande
mesurande développée

Capteur de
déplacement

Figure 30: Principe d’un accéléromètre asservis

13
Chapitre IV : Capteurs industriels types Capteurs d’accélération, vibrations, chocs

7 Analyse spectrale des signaux vibratoires


Un signal vibratoire fourni par un accéléromètre est
théoriquement composé par la somme d’un grand
nombre de sinusoïdes de fréquences et d’amplitudes
différentes.
n
m ()
t ai sin(2 fit i) (5.12)
i 1
Chaque sinusoïde pourrait être interprétée comme
une contribution d’un phénomène oscillatoire
élémentaire au sein de la machine vibrante.
L’amplitude de chaque sinusoïde exprime en
quelque sorte l’ampleur du phénomène et sa
fréquence caractérise sa signature. Cette dernière
nous permet par exemple de déterminer la nature
d’une défaillance ; d’un balourd, d’une mauvaise
fixation d’un élément ou du relâchement d’une
courroie par exemple. La mise en évidence des
différentes sinusoïdes présentes dans un signal
vibratoire peut se faire à l’aide d’une décomposition
spectrale par transformation de Fourier (FFT) et Figure 31: Décomposition d’un signal en
obtenir ainsi ce qu’on appelle le spectre du signal. sinusoïdes.
C’est une courbe dont les abscisses sont des
fréquences et les ordonnées sont des amplitudes. Chaque vibration élémentaire du signal est représentée à
une certaine fréquence sous forme d’un « pic » d’une certaine amplitude. Connaissant les sources
potentielles des vibrations ainsi que leur signature, l’analyse du spectre doit permettre d’attribuer chaque
vibration à une source et d’en suivre l’évolution. Le spectre ne se présente généralement pas sous forme
d’un ensemble de raies mais sous forme d’une courbe continue.
Puisque les mesures accélérométriques brutes sont souvent entachées de bruits de hautes fréquences, il est
plus judicieux de procéder à leur filtrage avant l’analyse spectrale.

Exemple de simulation :
Supposons que nous avons à surveiller des phénomènes vibratoires de signatures f1=2Hz, f2=8Hz, f3=20Hz
et f4=25Hz et que toute vibration de fréquence située au delà de 60Hz est considérée comme une
perturbation. La simulation d’un signal vibratoire brute et filtré (à l’aide d’un filtre de Butterworth d’ordre
4) contenant ces signatures ainsi que des perturbations de hautes fréquences est illustrée par la Figure 32.

Figure 32: Signal vibratoire temporel brute (bleu) et filtré (rouge).


Le résultat de la décomposition spectrale à l’aide de la FFT des signaux brute et filtré est illustré par la figure
suivante.

14
Chapitre IV : Capteurs industriels types Capteurs d’accélération, vibrations, chocs

Figure 33: Décomposition spectrale des signaux brute (bleu) et filtré (rouge).

Nous retrouvons donc les quatre signatures f1=2Hz, f2=8Hz, f3=20Hz et f4=25Hz avec leurs amplitudes
respectives 0,15 ; 0,5 ; 0,33 et 0,8 (légèrement atténuée) ainsi que les spectres des vibrations perturbatrices
filtrées.

Réf : Notes du cours du professeur Lhoussain ELBAHIR, (2014-2015).

15