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Immunité et acupuncture

Introduction:

La médecine occidentale définit L'immunité comme l'ensemble des mécanismes biologiques (humoraux et cellulaires, spécifiques ou non spécifiques) permettant à l’organisme humain de maintenir la cohérence de ses cellules et tissus et d'assurer son intégrité en éliminant ses propres constituants altérés et les substances étrangères auxquelles il est exposé (infection, allergène,

greffe, etc

)

En MTC, le processus permettant la protection et le maintien de l’intégrité de l’organisme est lié aux énergies Weiqi (énergie défensive d’aspect yang qui lutte contre les agressions extérieures Xie qi) et Zhengqi (qi correct d’aspect yin qui prévient les désordres internes et rétablit les réserves énergétiques produites par les Zang Fu.

Par l’élimination des Xie qi et le renforcement du Zheng qi, l’acupuncture est tout naturellement impliquée dans les systèmes de défense de l’organisme et il parait logique de s’intéresser à ses effets immunologiques à la fois au niveau clinique qu’expérimental.

L’étude de la littérature a retrouvé sur Medline un total de 165 articles traitant le sujet « acupuncture et système immunitaire ». Parmi ces articles 29, indexés depuis 2000, tendent à prouver une action de l'acupuncture dans ce domaine.

Vision occidentale de l’immunité:

La réponse immunitaire fait intervenir deux processus qui travaillent toujours en étroite collaboration : l’un est naturel et l’autre est acquis :

*L'immunité naturelle, encore appelée innée, repose sur une distinction globale du soi et du non- soi. C'est une réponse immédiate, non spécifique de l'agresseur et non adaptative. Elle est généralement localisée au tissu atteint (réaction locale de cellules sensibles à des "signaux de danger" divers), et n'a pas de mémoire.

Son rôle est d’empêcher la pénétration d’agents pathogènes dans l’organisme grâce à la barrière formée par la peau et les muqueuses intactes. Lorsque cette barrière est franchie par les antigènes, une réaction inflammatoire est déclenchée pour empêcher leur propagation dans les

tissus environnants, éliminer les débris cellulaires et les agents pathogènes et amorcer les premières étapes du processus de réparation.

*L'immunité acquise

est à l’inverse spécifique de l'antigène. C'est une réponse lente,

adaptative et systémique mais qui reste limitée dans le temps à l'éradication de l'agresseur dont elle garde la mémoire. Elle est à double médiation ,cellulaire et humorale, l’une induit de cellules cytotoxiques et l’autre des Anticorps humoraux. Elles sont complémentaires et leur coopération est nécessaire pour l’élimination des agresseurs étrangers.

*Les agents de l’immunité naturelle non spécifiques

L’immunité non spécifique repose sur des agents cellulaires et humoraux:

- Les agents cellulaires sont les phagocytes du sang, qui groupent les granulocytes, les macrophages et une population de cellules lymphoïdes dites lymphocytes NK (Natural killer) ou cellules tueuses naturelles. Les phagocytes une fois mobilisées, ingèrent et détruisent les agents pathogènes qui pénètrent les barrières superficielles.

Les NK représentent une part importante de l’immunité cellulaire non spécifique, elles exercent une cyto -toxicité naturelle: Elles sont capables de lyser spontanément, directement ou indirectement, des cellules tumorales ou infectées par un virus

- Les agents humoraux sont des protéines anti microbiennes représentées notamment par les interférons et le complément sérique.

Parmi ces agents de l’immunité non spécifique , un bon nombre participe à la préparation et l’activation de la réponse immunitaire spécifique. Cette intervention qui concerne essentiellement les phagocytes et les NK se fait grâce à l’action de cytokines considérées comme une sorte de messager.

*Les agents de l’immunité acquise spécifique :

Les lymphocytes T support de l'immunité à médiation cellulaire.

Au contact des antigènes, que leur présentent à leur surface les macrophagocytes, ces lymphocytes se différencient en deux populations principale: Les lymphocytes CD4 qui sont des lymphocytes T auxiliaires et Les lymphocytes CD8 qui font partie des lymphocytes T cytotoxiques.

- Les lymphocytes T auxiliaires (CD4):

Les lymphocytes TCD4+, dits helper ou auxiliaires ont une fonction régulatrice d'amplification des réponses immunitaires.

Activées, elles libèrent des cytokines et selon le profil des cytokines sécrétées ces lymphocytes T CD4 vont se répartir en deux sous-populations,TH1 et TH2 (H pour "helper"), capables d’orienter la réponse immunitaire soit vers la composante cellulaire ,soit vers la composante humorale.

La composante cellulaire consiste à augmenter l’activité phagocytaire des cellules macrophagiques ,à stimuler la prolifération des lymphocytes (CD8),et à permettre la différenciation des lymphocytes T en lymphocytes NK

La composante humorale se traduit par la production d’anticorps par les lymphocytes B.

Certaines cytokines telle que l'interleukine II et l'interferon gamma (l'IFN У) ,sécrétées par les lymphocytes T CD4, TH1 jouent un rôle important dans la régulation du système immunitaire.

- Les lymphocytes T cytotoxiques (CD8):

Aussi appelés lymphocytes T tueurs, ils ont pour cible principale les cellules infectées par des virus, mais ils s'attaquent aussi aux cellules infectées par certaines bactéries intracellulaires ou des parasites, aux cellules cancéreuses et aux cellules étrangères introduites dans l'organisme par transfusion sanguine ou greffe d'organe.

Outre ces deux grandes catégories, il y’a:

- Les lymphocytes T suppresseurs (Ts)

Ces sont des cellules de régulation. Elles libèrent des cytokines qui suppriment l'activité des Lymphocytes T et B, empêchant ainsi une activité non maîtrisée ou inutile du système immunitaire (rôle important dans la prévention des réactions auto-immunes).

- Les lymphocytes T mémoires

Ces LT sont capables de réagir de façon rapide et efficace à une nouvelle agression par un antigène déjà rencontré (réinfection) et de permettre la tolérance vis-à-vis des antigènes du soi.

Les lymphocytes B et les plasmocytes = support de l'immunité humorale :

Leur stimulation antigénique par la fixation de l'antigène sur leur membrane plasmique est suivie de la formation d’ un clone. La plupart des cellules du clone deviennent des plasmocytes, (cellules effectrices), qui sécrètent et libèrent les anticorps dans le sang et la lymphe où ils se fixent principalement aux bactéries et à leurs toxines ainsi qu'aux virus libres, qu'ils inactivent temporairement et qu'ils marquent pour favoriser leur destruction par les phagocytes ou le Complément.

La prolifération et la différenciation des LB, lors de la toute première exposition à un antigène particulier, constituent la réaction immunitaire primaire . Certains lymphocytes du clone deviennent des cellules mémoires à durée de vie prolongée qui peuvent entraîner une réaction humorale quasi immédiate si elles rencontrent de nouveau le même antigène (réaction immunitaire secondaire ).

Déséquilibres homéostatiques de l'immunité:

- Le Vieillissement du système immunitaire La vieillesse diminue l’efficacité du système immunitaire, d’où une fréquence plus élevée des cancers et des maladies en rapport avec les déséquilibres de l’immunité cités ci-dessus.

- Les déficits immunitaires :

Dans ce cadre, la production et la fonction des cellules immunitaires, des phagocytes ou du complément sont anormales. De nos jours, le plus néfaste des déficits immunitaires est le syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA). Cette maladie affaiblit le système immunitaire en détruisant les lymphocytes T auxiliaires et, par le fait même, provoque un déficit d l'immunité à médiation cellulaire.

- Les hypersensibilité ( réponse immunitaire excessive) ou allergies:

Le système immunitaire cause des lésions tissulaires en combattant ce qu'il perçoit comme une « menace » mais qui ne représenterait par ailleurs aucun danger pour l'organisme.

Quatre types (I, II, III et IV ) selon la classification établie par Coombs et Gell :

le type I porte sur les hypersensibilités anaphylactiques ( allergie, atopie), le type II celui des hypersensibilités cytotoxiques par activation du complément ou de cellules NK (anémies hémolytiques), le type III, celui des hypersensibilité semi retardées associées à la présence de complexes immuns( réactions allergiques observées dans le LEA, les glomérulonéphrites et la polyarthrite rhumatoïde ) et enfin le type IV qui concerne les hypersensibilités retardées à médiation cellulaire (qui reposent sur l'activation des lymphocytes T CD4 (eczéma de contact) qui produisent l’IL-2). Les réactions d’hypersensibilité immédiate dépendent des lymphocytes T CD8 qui jouent un rôle primordial dans l’atopie (production des IL -4 -5 ).

- Les maladies auto-immunes :

Le système immunitaire perde sa capacité de distinguer le soi du non soi. Il sécrète des

(auto anticorps)et produit des lymphocytes Tc sensibilisés qui détruisent ses propres tissus.

anticorps

Effets de l’acupuncture sur l’immunité (Données de l’expérimentation):

a)Effets généraux :

1. Effets sur la fonction immunitaire non spécifique :

°Augmente l’activité phagocytaire des PN neutrophiles et des macrophages et l’activité cytotoxique des cellules NK . Augmente l’activité des lysosomes des cellules macrophagiques.

°Augmente les taux plasmatiques de complément.

°Augmente les concentrations sériques des agents responsables d’une activité opsono- cytophagique accrue de la part des leucocytes.

2. Effets sur la fonction immunitaire spécifique :

*Cellulaire :

favorise la libération des cytokines par les macrophages (IL1) et les

lymphocyte(IL2, IFN Y). Augmente la vitesse de transformation lymphoblastique, les taux périphériques en lymphocytes T ainsi que leur différenciation et leur activité.

*Humorale ( fondée sur les lymphocytes B) : augmente les taux d’anticorps ou Ig (Ig A, Ig M et Ig G ),produites par les plasmocytes après stimulation antigénique .

b)Effets immunosuppresseurs :

- Effets anti inflammatoires : par double action locale tissulaire et générale corticotrope.

- Effets anti allergiques :

Suppression de l’hypersensibilité immédiate de type I ( ex: rhinites et asthme allergique) et de l’hypersensibilité retardée. Dansl’hypersensibilité immédiate de type I, l’acupuncture agit par suppression de la production des IgE et par diminution des cytokines spécifiques de la réponse immunitaire de type humorale. Dans l’hypersensibilité retardée, l’acupuncture atténue la réaction œdémateuse.

- Effets sur les maladies auto-immunes :

Rôle stabilisateur de la maladie. Modulation des taux de CD4 et CD8 et de l’activité des cellules NK

Mécanismes d’action de l’acupuncture sur la réponse immunitaire

La transduction d’un signal à travers le tissu conjonctif après stimulation acupuncturale implique secondairement des centres nerveux et divers autres neuropeptides qui vont jouer un rôle important dans la régulation de l’immunité par Acupuncture.

Des nombreuses structures du SNC sont concernés et plus particulièrement l’hypothalamus qui exerce un rôle principal en contrôlant à la fois le système nerveux autonome et le système endocrine.

° Le rôle du système nerveux autonome

Attesté par La présence de récepteurs adrénergiques et muscariniques sur les lymphocytes,monocytes et neutrophiles et par l’innervation noradrénergique issue des ganglions sympathiques des organes lymphoïdes (rate, moelle osseuse, thymus).

L’acupuncture , par une action inhibitrice sur le système sympathique , stimule l’immunité rapide à médiation cellulaire. En effet, cette réponse immunitaire, qui porte sur l’activité cytotoxique des lymphocytes NK, est inhibée par la noradrénaline via ses récepteurs β et l’acupuncture agit en levant cette inhibition.

Ainsi par ce biais l’acupuncture s’oppose aux effets immunosuppresseurs du stress qui active le système sympathique par le Locus Coeruleus, sous contrôle de l’hypothalamus antérieur.

L’action sur le système sympathique explique également les effets anti-inflammatoires de l’acupuncture et ses effets suppresseurs sur la répons humorale Type TH2 via les voies α adrénergiques( production des IgE).

° Le système endocrine

Il est également sous contrôle des noyaux hypothalamiques et plus particulièrement du noyau arqué et de la Substance grise péri- acqueducale.

La stimulation acupuncturale de ces centres est une des voies de libération des β-endorphines. Ces endorphines endogènes interviennent à la fois sur la réponse humorale (en inhibant la production d’Ig par les plasmocytes, et de cytokines (INFy) par les lymphocytes T auxiliaires (CD4)) et sur la réponse cellulaire (en activant les lymphocytes T suppresseurs ( CD8) ,en inhibant la transformation des autres lymphocytes, et en inhibant la cytotoxicité des NK).

La substance grise péri- acqueducale serait donc le support de l’immunosuppression induite par les opiacés endogènes.

L’action immuno- modulatrice des morphiniques pourrait être indirecte, par le biais de récepteurs centraux des opioïdes et directe, via les récepteurs des opioïdes des cellules immunocompétentes au niveau périphérique.

Outre l’activation des β-endorphines, l’acupuncture augmente la sécrétion des glucocorticoïdes par la mise en jeu de l’axe hypothalamo -hypophysaire qui induit par la CRH ou corticolibérine des neurones du noyau paraventriculaire de l’hypothalamus ,la libération de l’ACTH par l’hypophyse. Ce mode d’action rend aussi compte des effets anti-inflammatoires et immuno –suppresseurs (dans le cadre des allergies) de l’acupuncture.

D’autres systèmes sont également impliqués dans la modulation de l’immunité par acupuncture à savoir:

Le système sérotoninergique qui, contrairement au système adrénergique, va agir en activant l’immunité différée à médiation humorale et en inhibant l’immunité cellulaire de telle manière que les deux systèmes agissent en coopération pour maintenir en équilibre la fonction immunitaire.

Des neuropeptides qui voient leur concentration augmenter au niveau cérébral lors de la stimulation acupuncturale (substance P, vaso intestinalpeptid VIP. Neuropeptide Y et angiotensine II). et qui paraissent exercer un rôle important dans la modulation du système immunitaire selon des recherches récentes en neuro -immunologie.

Acupuncture

des recherches récentes en neuro -immunologie. Acupuncture Locus c - + Catécholamines Immuno-suppression Immuno
Locus c - + Catécholamines Immuno-suppression Immuno –activation Sérotonine
Locus c
-
+
Catécholamines
Immuno-suppression
Immuno –activation
Sérotonine

SGPA

Immuno-suppression Immuno –activation Sérotonine SGPA noyau arqué + β ENDORPHINES immuno-modulation HYPOTHALAMUS

noyau arqué

+
+

β ENDORPHINES

immuno-modulation

HYPOTHALAMUS

CRH HYPOPHYSE
CRH
HYPOPHYSE
+ ACTH
+
ACTH

CORTICO-SURRENALE

Corticoïdes

Immuno –suppression

Effets anti inflammatoires

Mécanismes d’action et effets de l’acupuncture sur le système immunitaire

SGPA = Substance grise péri- acqueducale, Locus c= Locus Coeruleus, CRH= corticolibérine hypothalamique

Au total:

L’acupuncture par son action régulatrice sur le qi et le xue pourrait soit potentialiser l’immuno-réactivité, soit supprimer les effets d’une réaction allergique exagérée ou auto-immune en inhibant la réponse immunitaire .

Selon la vision chinoise: son action dans le processus immunitaire découle de ses effets sur le weiqi et le zhongqi qui apparaissent comme les principes essentiels capables de protéger le soi,et de maintenir l’intégrité de l’individu.

Selon la vision occidentale : Les interactions entre le système nerveux et le système immunitaire ainsi que le rôle important des neurotransmetteurs et des cytokines dans cette communication bidirectionnelle sont aujourd’hui bien admis. l’acupuncture semble moduler le système immunitaire en stimulant différents centres nerveux et principalement l’hypothalamus,

Cette action initie un ensemble des réactions complexes tantôt activatrices tantôt inhibitrices selon le type de désordre immunitaire mais qui agissent en synergie pour maintenir en équilibre physiologique la fonction immunitaire. Ces réactions sont liées principalement au fonctionnement de deux systèmes importants, le système neurovégétatif et le système opioïde endogène.

Ainsi par ses effets sur le système immunitaire, l’acupuncture ,en faisant intervenir les opioïdes endogènes , semble participer au rétrocontrôle de la réaction immunitaire comme à celui de la réaction douloureuse . Ces actions de rétrocontrôle, indispensables au maintien de l’homéostasie font de l’acupuncture une alternative crédible dans les domaines de l’analgésie et de la défense immunitaire.

Applications pratiques de l’acupuncture:

1. Déficience des mécanismes immunitaires de défense :

a) renforcer l’état général:

·Déficiences de Yin et/ou de Xue: les points indiqués sont: Ve13, Fo4,

Re3, VC12, Ve20 pour agir sur le sang et les liquides organiques

·Déficiences de Yang et/ou de Qi : VC6, VC17 et Po9 auxquelles on ajoute

Es36 et GI11 pour renforcer l’effet sur le Qi.

.Immuno sénescence : épuisement du Jing du rein: VE20, VE23, VE43, ES36, RA6, RE3 et

VC12 (pour agir sur l’immuno-genèse).Intérêt de la phytothérapie.

b) maintenir l’état des ZANG :

Dans une approche globale du patient, l’état des 5 Zang doit être évalué et corrigé

par Acupuncture et/ou moxibustion. Choix efficace des points Shu du dos , des points

Mu et des points sources:

Déficience de poumon

Déficience de Reins

Déficience de Rate

Déficience de Foie

Déficience de Cœur

VE13 (Shu du dos), PO9 et ES36 = points sources ou de tonification

VE 23 (Shu du dos), RE 3 ( point source),VG4 (Mingmen)

VE 20 (Shu du dos), FO 13( point Mu), RA3(point source) et RA6

VE 18 (Shu du dos), FO3 ( point source), FO4

VE 15 (Shu du dos), MC6

c) Situations cliniques associées à une déficience immunitaire

En MTC, la formation des tumeurs peut résulter d’une altération du système de défense

immunologique (weiqi) et le but thérapeutique réside dans l’activation de la production

et de la circulation de cette énergie défensive.

Dans les tumeurs :

L’association de l’acupuncture avec les traitements occidentaux (chimio,radiottt) améliore les résultats

2 points spécifiques : Es36 et MC6 à compléter avec des points sélectionnés selon le Zheng concerné :

Dysharmonie foie/estomac FO3 FO14

Dysharmonie Rate/Estomac VC12

Déficience de cœur-Rate VE20

Déficience de Rate-Reins VC12, VE23, RE3

L’électrostimulation des points Es36 et MC6 active l’immunité cellulaire et augmente l’activité cytotoxique des cellules NK sur les cellules cancéreuses

d) Stimuler l’immunité lorsque elle doit faire face à l’agression :

En général :

* pour une réponse immunitaire rapide on renforce Rate-Estomac RA 2, 3, 4 et 6, VE20,21,43

* idem pour augmenter le taux des cellules sanguines ES36, 30 et VC12.

* pour augmenter le taux des Ac Moxa sur VG14

* Renforcer le weiqi et le jinye par TR2 et les faire diffuser par PO2 et GI18

Sur l’immunité humorale

En MTC , l’immunité humorale semble être liée préférentiellement à yang ming et aux

jinye . On agit :

*Soit par moxibustion de VG14 et VG20, ES36 et VE21

*Soit par poncture de GI4 et GI11 ; VC12 ; ES25 et ES37

Sur l’immunité à médiation cellulaire:

*GI16 , FO5 et FO4 pour agir contre les viroses ,surtout au début, par augmentation de l’interféron y

* ES36 , VG14 et VE20 (points de déficience de l’énergie Wei) en moxibustion ou

poncture de ES36, MC6, GI4 ,CO7, PO9, RA6 l’activité des lymphocytes

2) Moduler l’immunité:

Stimuler les Zang avec les points Shu du dos et mu.

et VB34 ainsi que Lanwei pour augmenter

Agir sur le xue et le jinye ( qui transportent les endorphines et les neurotransmetteurs)

par la stimulation des points généraux ES36 et GI4.

Guider le qi vers l’organe ou la région cible (point xi ou les points luo et yuan).

3. Hypersensibilité et allergie :

A° Dans l’allergie immédiate de type I

- Atopie: Eczéma atopique Acup + moxa

- Urticaire:

GI4, GI11, CO7 pour équilibrer le qi et le xue

Eliminer chaleur et humidité du sang RA10 et RA6

Calmer le prurit GI4 et GI11

Forme aiguë VE18, VE40, GI11

Forme chronique VE18 ,VE40,ES36 les alterner avec VB34 ,VE12,GI11

- Rhinite allergique:

Point principal: PO7 (implication du Zang poumon)+ RE6 (point clé du yinqiaomai à utiliser

si désordres oculaires)

Au printemps :

VB34, FO3

En Eté :

RE3,24,25,27

- Asthme allergique :

a) Type Shi (excès)

Vent- Froid (Poumon):VE13(pour renforcer le qi du poumon),PO7,GI4 (pour expulser le vent et le froid).

Glaires-chaleur (estomac): ES40, VC22, PO5 pour dissoudre et résorber les glaires

b) Type Xu (déficience)

Déficience poumon : VE13,PO9, ES36 pour renforcer le qi et le zang

Déficience Rein : VE23, VG4, VC17

Déficience Yang (yangxu) :

Moxa+++ VE13, VG14

Dans l’hypersensibilité retardée

- Eczéma de contact :

Points recommandés FO5, FO8 , VB36, VB38et 39, VE40

4.Points spéciaux :

choc allergique : VG26 , VC 24

protection de la peau : Ve40 , Po9 , GI11

protection des muqueuses : Ra9

VB39 contrôle la Mer des Moelles , fait circuler le Yang , et libère des granulocytes dans le Sang.

Ve62 : action directe sur le Yang , régularise le Qi , agit contre l’infection

Fo 3 est antiallergique et anti-inflammatoire

Toutes réactions en excès : Es36 (harmonise Yin et Yang),VB41 et VB39 harmonisent Shaoyang.

PO7 pour relancer l’immunité du patient cancéreux

Conclusion:

L’acupuncture est pleinement impliquée dans les systèmes de défense de l’organisme . Elle représenterait une stimulation non spécifique qui pourrait moduler en amplifiant ou en diminuant les réactions de défense de l’organisme par le jeu de mécanismes neuro-humoraux

Le SN, intéressé à la fois dans la modulation du système immunitaire et dans les mécanismes de l’acupuncture, apparaît comme un lien entre l’acupuncture et l’immunité. Ce lien semble être dévolu au système opioïde.

En pratique, il faut savoir que l’effet clinique, de l’acupuncture sur les réponses immunitaires humorale et cellulaire est normalement retardé et qu’il faudra répéter les séances à intervalle régulier avec en moyenne une fois par semaine pour en tirer des bons résultats. D’autre part, le recours à la moxibustion et à l’électro-acupuncture sur des points bien choisis et tout en multipliant les séances, améliore considérablement les effets. Enfin, il faut privilégier la prévention en agissant sur les défenses générales et en empêchant la pénétration des agents pathogènes.

BIBLIOGRAPHIE:

Articles:

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5.Bossy.J

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Acupuncture

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Revue générale

P. Forget, M. De Kock.l’anesthésie,l’analgésie et la modulation sympathique augmentent-elles l’incidence des récidives néoplasiques après chirurgie?.Annales Française d’Anesthésie et de réanimation. 28(2009)751-768.

Ouvrages:

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2. Traité d'acupuncture.Jean-François Borsarello (Auteur),Patrick Henry (Préface).les preuves scientifiques de l'acupuncture. Edition Masson.2005

Dr BADREDDINE Nabil

Année 2011-2012