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PLANIFICATION ET AMÉNAGEMENT SPATIAL 1

LA VILLE: APPROCHE THÉORIQUE ET CONCEPTS

Enseignante: S. ALILI

Université Abderrahmane Mira. Département d’Architecture, Béjaïa.


LA VILLE
La ville reste difficile à définir, plusieurs domaines peuvent lui être
rattachés (anthropologique, culturel, économique, géographique,
politique, juridique, religieux, social…), chacun tente de la définir à sa
manière.
« Milieu géographique et social formé par une
réunion organique et relativement considérable
de construction dont les habitants travaillent
Le petit Robert: pour la plupart, à l’intérieur de
l’agglomération, au commerce, à l’industrie, à
l’administration »

« Dans le langage commun d’aujourd’hui la


ville continue de désigner le lieu ou le
Françoise CHOAY: support statique d’une triple communication
engageant l’échange de biens,
d’informations et d’affects. »
Jean-Louis HUOT « Un système d'habitat particulier
Professeur en permettant à une société complexe de
Archéologie résoudre des problèmes spécifiques»

Lieu de production

Lieu d’interactions
Lieu d’échanges
économiques

Lieu mixte et Lieu où la société


hiérarchisé. est organisée de
Lieu où plusieurs manière structurée
classes sociales
coexistent
Selon Maouia Saïdouni

La ville est ce qui se distingue de la campagne (fonctionnel);


La ville, lieu de concentration des hommes ;
La ville, lieu de pouvoir et centre administratif ;
 La ville, produit du développement historique ;
La ville, lieu structuré et réglementé ;
La ville, reflet d’une organisation sociale complexe ;
La ville est considérée comme un système, cela permettra d’avoir une idée globale
de la ville ;

La ville et l’architecte
La ville n’est pas une grande maison: ce rapprochement utilisé par des figures de
l’architecture aussi illustres que Leon Battista Alberti et Louis Kahn permet d’opérer
une simple analogie, mais la comparaison s’arrête là. La différence entre la ville et
l’édifice n’est pas seulement une différence d’échelle. Les deux objets sont
fondamentalement différents.
La ville est un lieu de contraintes pour le projet d’architecture. (forme de la parcelle,
sa situation, son orientation, l’histoire du lieu…)
La genèse de la ville

Afin de mieux comprendre la ville actuelle, une étude rétrospective sur


sa genèse est nécessaire. L’histoire nous apprend que l’évolution et la
transformation de la ville sont liées à deux révolutions :
la révolution agraire (période néolithique) et la révolution industrielle.

La révolution agricole
La chasse et la
Le nomadisme cueillette laissent La sédentarisation
place à l’agriculture

Du nomadisme, où l’homme chassait et faisait la cueillette, il est passé à


l’agriculture pour finalement se sédentariser ; d’où l’apparition des premiers
établissements humains.
La révolution industrielle
La révolution industrielle: « On passe du vieux monde rural à celui des villes «
tentaculaires », du travail manuel à la machine-outil, de l’atelier ou la manufacture à
l’usine. » Jean-Pierre Rioux, la révolution industrielle, Seuil, 1989.

Conséquences de la
Les premiers pays à connaitre le passage
révolution industrielle
de la société traditionnelle à la société
→Progrès de l’agriculture
industrielle sont: la Grande-Bretagne
→Percées technologiques
(18ème siècle), la France, Cette
→Révolution des transports
révolution touche également
→Exode rural
l’Allemagne et les Etats-Unis pour
→Poussée démographique
s’étendre ensuite à d’autres pays tels que
→Forte main d’œuvre
le Japon et la Russie.
→Révolution bancaire
La révolution industrielle repose sur l'usage systématique de la machine.

Transformation des petits Accroissement de la production


ateliers artisanaux en usines. et diminution des coûts.

La machine à vapeur

La Révolution industrielle débute grâce à


la machine à vapeur améliorée par
l’écossais James Watt (1769).
Le phénomène de la mécanisation permet
une multiplication des activités:
mise au point de machines textiles.
nouvelles techniques de fabrications de
l’acier et de la fonte.
La machine à vapeur conçue par
Boulton et Watt. Dessin de 1784
La locomotive

La première locomotive a été construite par l’Anglais Richard TREVITHICK en 1804.

Le chemin de fer permet:


 d’acheminer des marchandises et des
voyageurs en des temps records.
 de créer de nombreux emplois.
 de contribuer au développement de
l’économie et de l’industrie.
 de permettre aux villes de connaitre une
grande croissance.
La bateau à vapeur L’automobile
«L’Accommodation» est le premier
bateau à vapeur du Canada. Il assurait la Le premier véhicule automobile
desserte entre Montréal et Québec. fonctionnel a été inventé en 1769
Les bateaux à vapeur favorisaient les par Joseph Cugnot.
échanges internationaux.
Conséquences de la révolution industrielle

un développement
accéléré des villes. Croissance démesurée
Cette révolution
a engendré : la naissance de nouvelles de l’agglomération
agglomérations urbaines
 Accroissement de la pauvreté.

 Concentration de la population près des usines.

 Mauvaises conditions d'hygiène, apparition de


maladies et d’épidémies
 Mauvaises conditions de travail de l’ouvrier

 Pollution de l’air, de l’eau et de la terre par les


rejets d’usines

 Apparition de classes sociales: bourgeoisie


et prolétariat (classe ouvrière).

 Réduction importante du travail manuel au


profit du travail industriel

 Crise du logement
Alternatives à la crise de la ville industrielle

Françoise CHOAY détermine


deux grands courants de pensées.

Le courant progressiste Le courant culturaliste

Préservation de l'âme
Fonctionnalité et efficacité.
de la ville.
Les idéalistes les plus connus

Robert Owen Raymond Unwin


Le Corbusier
1771-1858 1863-1940
1887-1990

Ebenezer Howard Charles Fourier Frank Lloyd Wright


1850-1929 1772-1857 1867-1959
Le courant progressiste Le courant culturaliste

La technique, la science, le Il se distingue par une certaine


progrès et le rationalisme sont les contestation de la modernité et du
outils utilisés par l’homme afin progrès.
de modeler son environnement Il est pour la variété et pour le refus
immédiat. de toute standardisation.
Le principe fondamental de cette
Les théoriciens de ce courant théorie est orienté vers le passé :
entendent planifier l’organisation chaque individu a ses particularités, sa
et la réorganisation des villes culture et ses origines.
aves des matériaux nouveaux Ce courant se tourne vers la ville du
(acier, verre, fer…) passé qui est la ville préindustrielle.
Charles Fourier, Pierre Godin, William Morris, Ebenezer Howard,
Robert Owen… Camillo Site…
Robert Owen (1771-1858) New Lanark

 Il a créé un village pour 1200 personnes,


situé dans un espace non peuplé.

 Il a encouragé le travail manuel et agricole.

 Il a interdit le travail des jeunes


enfants de moins de 10ans.

 Sa politique était de faire bénéficier


l’ensemble des habitants de soins
médicaux gratuits et d’horaires de
travail acceptables, dans des
conditions humaines.
 Il a créé des espaces de loisirs , de
détente, des espaces paysagers
agréables ainsi que des jardins.
Charles Fourrier (1772-1857) LE PHALANSTÈRE
Charles Fourrier est l’inventeur du PHALANSTERE, le « Versailles du peuple »

A:Grande place de parade


B: Jardins d’hiver ornés d’arbres
C et D: Cours intérieures de services
E: Grande entrée, tour d’ordre
F: Théâtre
G: Eglise
H et I: Grands ateliers, magasins, greniers , hangars…
J: Etables, écuries et bâtiments ruraux
Charles Fourrier (1772-1857) LE PHALANSTÈRE

« Phalanstère », mot créé par Fourier à partir du radical


phalan(ge), et du suffixe emprunté à (mona)stère

 Dans son palais social, il crée ce que l’on appelle le « zoning » en


localisant les métiers bruyants et en classifiant les activités. Il propose une
nouvelle organisation sociale.

 Dans le phalanstère, constitué de phalanges, chacun travaille selon ses


goûts et peut diversifier ses activités à son gré, selon le moment.

 Il prônait la vie en communauté; les repas sont pris en commun et les


enfants gardés ensemble.

 La circulation était facilitée grâce à des « rues-galeries », des passages


abrités et chauffés.

 C’est à la fois un lieu d’habitation, un lieu de travail et aussi un lieu de


fête
PIERRE GODIN (Familistère)

Pierre Godin crée un phalanstère à Guise.


Il apporte quelques modifications sur les plans de
Charles Fourier :
- Combinaison entre l’habitat et l’usine
- Abolition de la vie en communauté : chaque
famille se voit offrir un habitat individuel dans ce
que l’on appelle le « familistère ».
Il est constitué de trois quadrilatères, avec des
cours intérieures couvertes, et où les logements
sont desservis par des coursives. A l’intérieur, on y
trouve une école, un jardin d’enfants, un théâtre
et autres activités. L’habitat est séparé de l’usine
par un cours d’eau
Ebenezer Howard (1850-1928) Les cités-jardins

Les cités -jardins n’auraient pas existé sans l’arrivée du chemin de fer.

« Les trois aimants »


Howard publie en 1898 son ouvrage
: « Tomorrow-. A peaceful path to
real reform Demain : une voie
pacifiste vers la réforme réelle . »

Le but d’Howard dans ce projet est de réaliser


un synthèse entre la ville et la campagne.

Le diagramme des trois aimants (Three


Magnets) de Howard, où il pose la question :
« Où iront les gens ? » avec comme choix :
« ville », « campagne » ou « ville-campagne »
Caractéristiques des cités-jardins

Sur les 2 400 ha réservés à la cité, Howard n’en destina que 400 pour l’habitat.
Pour le tracé de la ville, Howard opte pour le tracé radioconcentrique.
06 boulevards de 36m de large divisent la cité en 6 parties égales.
Le quartier administratif et commercial est situé au centre de la cité entourant un jardin
de 2ha.
Une large ceinture de terrain agricole empêche ainsi l’extension des nouvelles villes.
Les usines sont situées à la périphérie de chaque cité. Celles-ci permettaient d’offrir un
emploi aux habitants en leur évitant un long déplacement.
Sur les 30 000 habitants prévus, 2 000 seraient agriculteurs ainsi chaque cité se
trouverait ravitaillée en produits frais.
Deux cités-jardins ont été réalisées par R. Unwin : Letchworth (1903) et Welwyn (1919).

Vues de
Letchworth,
mars 2008

Welwyn Garden City


Arturo SORIA Y MATA (1844-1920)
La « Ciudad lineal »
Selon SORIA Y MATA « tous les problèmes de l’urbanisme découlent du problème de
circulation ».

SORIA Y MATA propose une ville le long


d’un boulevard de 500m de large avec une
longueur indéfinie permettant ainsi à la ville
de s’étendre.
Cette ligne constitue la colonne vertébrale de
la cité.

La construction de la cité linéaire est


basée sur le principe d’une voie de
communication bordée de chaque
coté d’une étroite bande de maisons :
cette bande ne pouvant s’élargir car
derrière se trouvent des jardins.
En réalité, sur les 53km prévus pour la cité linéaire, seuls 5 km ont été
réalisés.

Le boulevard fait 40m de large au lieu


des 500m prévus.

La cité est dépourvue de centre.

La ville propose des îlots de 300m


sur 200m et sont divisés en parcelles
de 400m².
William Morris (1834-1896) Arts and Crafts

Arts and Crafts est un mouvement né en Angleterre en 1860. Ce mouvement


est contre la révolution industrielle

Il était donc urgent, non seulement de réhabiliter le travail artisanal, mais de


sauvegarder et de réapprendre les techniques traditionnelles

L’un de leurs grands principes était de favoriser un environnement sain et


agréable pour un travail efficace. Des communautés d'artisans quittent donc la
ville et partent s'installer, plus près de la nature, dans des districts campagnards
Tony Garnier (1869-1948)

Tony Garnier est un architecte et urbaniste


français. En 1917, il est à l’origine de la
« cité industrielle », projet utopique où
seront regroupés 35 000 habitants. Ce projet
novateur sera entièrement réalisé en béton
armé et en verre.

étude publiée pour la


première fois en 1917.
Tony Garnier (1869-1948)

Les caractéristiques de la « Cité Industrielle » de Tony Garnier


 Il a opté pour une trame en damier ;
 Les rues intérieures plantées d’arbres sont réservées aux seuls piétons, néanmoins,
d’autres rues sont prévues pour la circulation mécanique ;
 Il a divisé la ville en bandes étroites et chaque bande abrite une unité de base, elle
constitue ce que l’on appellera plus tard l’unité de voisinage ;
 Il a utilisé le béton brut pour toutes ses Le centre est réservé à
constructions ; l’administration et aux
 Il n’a projeté ni cour, ni courette dans ses équipements publics.
ensembles ; les formes de ses bâtiments sont
différentes les unes des autres ;
 Il a opté pour le zonage ;
 Il a généralisé le toit-terrasse ;
 Tony Garnier a pu réaliser une partie de son
projet dans sa ville natale (Lyon) et cela grâce
à l’appui politique du maire.
Tony Garnier (1869-1948)

La ville est installée sur un


promontoire rocheux. L’architecte développe le concept du
La zone industrielle est nettement zonage en séparant dans sa ville les
détachée de l’ensemble. Elle est grandes fonctions : travail, habitat, santé,
située en contrebas, au confluent loisirs.
d’un fleuve.
La « Cité Industrielle » de Tony Garnier reflète les idées fouriéristes.
Le concept
du zonage
Quatre grands principes
sont mis en avant dans
sa cité:

le fonctionnalisme,
l’espace, la verdure,
la lumière.
Tony Garnier (1869-1948)

Habitations individuelles La zone industrielle

Modèle d’habitations individuelles

La gare Construction sur pilotis


Tony Garnier (1869-1948)

Hôpital
La cité jardin

Centre d’héliothérapie

Ecole verte Les usines


Le Corbusier « Plan pour une ville contemporaine de 3 millions d’habitants »

Dans son livre Urbanisme paru en


1925, il expose ses principes qui
ont pour but l’harmonie entre
l’homme et son milieu :

•Décongestion des centres -villes


•Accroissement de leur densité
•Développement des moyens de
communication

•Développement des surfaces


plantées.

Il divise la population en trois groupes :


- Les urbains : ceux qui vivent et travaillent en ville
- Les suburbains : ceux qui travaillent en périphérie et ne vivent pas en ville. Ils vivent
dans des cités-jardins.
- Les mixtes : ceux qui travaillent dans la ville mais vivent dans les cités -jardins.
La gare Lotissements
Le quartier des affaires: 24 gratte-ciel
Les édifices publics : musées, maisons Le jardin anglais: Destiné à l’extension
de ville, services publics logique du cœur de la cité.
Le cœur de la ville: la gare

« C’est sa seule place ; il n’y a aucune raison de lui assigner une autre
place. La gare est le noyau de la roue »

Sa structure :
- Plate-forme supérieure : l’aéroport pour
aéro-taxis
- 1er étage : grande croisée des autos
rapides
- Rez-de-chaussée : Accès aux lignes de
métros, trains et services administratifs des
transports
- 1er sous-sol : métros
- 2ème sous-sol : trains
- 3ème sous-sol : grandes lignes
Plans de la gare centrale