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Collège Catts Pressoir

2018-2019

Dissertation Philosophique

Nom de l’élève :
Sanozier Kitz

Nom du professeur :
M Sainvil

Date :
15 Novembre 2018
Dans la culture de l'humanité, on a souvent cherché à éviter la souffrance à soi-
même et à ses proches. Car en effet sa nature destructrice n'est plus à démontrer. Mais
au cours de l'histoire, il est arrivé qu'on ait abordé la souffrance avec une autre
dynamique. Cette dynamique étant que la souffrance peut, en fait, apporter du positif à
un individu. Est-ce vraiment le cas? La souffrance peut-elle être formatrice pour
l'homme? Pour aborder une telle interrogation, il convient d'analyser les impacts et
conséquences qui font que la souffrance est réputée néfaste pour faire le parallèle avec
les éléments qui font qu'elle est admise comme positive par certains.

La souffrance renvoie à un état de douleur intense. Si elle est généralement


perçue comme étant physique, elle peut tout aussi bien être psychologique. Ainsi elle
dégrade l'état idéal de l'homme.
Elle fait perdre la notion des valeurs comme la loyauté, le patriotisme.
L'histoire est parsemée d'histoires d'hommes patriotes, de compagnons loyaux dont la
torture a eu raison.
Elle prive d'identité. Le lavage de cerveau a été une pratique courante lors de la
guerre froide. Le sujet finissait par devenir un farouche opposant de ses propres
convictions. Il n'existait plus. Il se trouve pourtant que l'un des facteurs déterminants
dans le processus du lavage est la souffrance.
Elle peut aussi plonger dans l’état de mollesse léthargique de celui qui ne lutte
plus. Il est des cas où celui qui souffre se sent condamné, il croit parfois fermement
que sa souffrance relève d'une force supérieure. La souffrance a annihilé sa volonté.

Mais s'il existe beaucoup de cas où une souffrance prolongée a pu faire du tort,
au-delà de cela, il existe également de nombreux cas où la souffrance s'est révélée
constructive à long terme. Car si les tempéraments dits « faibles » se laissent anéantir,
les tempéraments « forts » ne cessent de rebondir.
Celui qui a toujours été frappé, s'il n'est pas mort, a nécessairement appris à
encaisser. Tout comme celui qui n'a jamais eu quelqu'un pour mener les combats à sa
place a nécessairement appris à se battre.
Ce qui est d'autant plus intéressant, c'est que des tempéraments dits faibles au
départ, ont finalement fini par se fortifier. Qui ne connait pas la réalité de l'enfant
indolent qui, une fois orphelin et frappé par les aléas de la vie, se révèle être un jeune
énergique et débrouillard?
La souffrance comme outil d'évaluation: cela renvoie à son caractère éprouvant.
Celui qui a beaucoup souffert a eu l'opportunité de prendre conscience de ce qu'il peut
endurer, il sait donc jusqu'où il peut aller. Et cela est très libérateur car il n'a plus de
doutes, il sait. Il peut se dire qu'il va traverser ce champ de ronces car il le peut ou
qu'il ne le fera pas car il en mourra. Celui qui n'a que peu souffert restera indécis, son
rêve en restera un et il sera frustré.
Il faut aussi rappeler que la croyance populaire et beaucoup de psychologues
sont d'accord sur le fait que ceux réussissent le mieux sont ceux qui ont beaucoup eu à
souffrir. C'est d'ailleurs là l'image très charismatique du battant.
D'autre part, dans la même idée la souffrance formatrice, il faut compter avec
le qu'on n'échappe pas à la souffrance. Cela étant établi, il est clair que celui qui aura
été longtemps tenu à l'écart de la souffrance, n'aura donc pas eu l'occasion de
l'apprivoiser et le choc inévitable de la première rencontre avec cette peine sera
d'autant plus violent.

Il est certain que souffrir peut pousser à nier son identité, renoncer à ses
convictions. La trahison des valeurs: de la patrie ou encore de la loyauté n'est pas
toujours bien loin derrière la souffrance. Car, en effet, on est souvent prêt à transiger
pour échapper à la douleur. La souffrance attaque donc notre condition d'homme et
peut pousser les dommages jusqu'à pulvériser les rêves, les envies, les visions, la foi,
l'espoir... Toutefois à côté de ces possibilités, la souffrance peut affecter de façon tout
à fait différente. On ne compte plus les hommes d'exception que la souffrance a
contribué à bâtir. Il n'est pas anodin que ce soit Dessalines en tant que rebelle qui nous
ait guidés vers l'indépendance que Toussaint n'a pas su nous donner alors même qu'il a
occupé le poste de Gouverneur général. La souffrance rend plus décidé, plus lucide,
plus endurant. Il peut pousser à atteindre le sommet de ses capacités à l'image de
l'enfant indolent devenu débrouillard. Cet ensemble de considérations tend à conforter
l'idée de la souffrance formatrice. Il pousse d'ailleurs à élargir l'horizon et à se
demander si cela ne tient pas au fait que nous sommes fondamentalement des êtres
résilients. Ce qui laisserait donc entendre qu'avant d'être destructrice, la souffrance est
essentiellement formatrice et constructive.