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MINISTЀRE DE LA FONCTION PUBLIQUE RÉPUBLIQUE DE CÔTE D'IVOIRE

------------------------ Union - Discipline – Travail


ECOLE NATIONALE D'ADMINISTRATION ----------------
-------------------------
DIRECTION DE LA FORMATION CONTINUE
-------------------------

COURS DE PREPARATION AUX CONCOURS


D’ENTREE A L’ENA EN 2019
Unité Pédagogique : NOTE DE SYNTHESE

LA NOTE DE SYNTHESE
DOCUMENT DE PREPARATION AU CONCOURS D’ENTREE A L’ENA

DOCUMENT OFFICIEL

1
Ont apporté leur contribution à l’élaboration de ce document, les personnes dont les
noms suivent :

1 - M. COULIBALY AROUNA
2 - M. DAKOURY KOUDOU DAVID
3 - M. DJESSAN BI WIN
4 - Mme KAKOU EPSE ASSI ADJA ABOMAN BEATRICE
5 - M. KOUADIO MANZAN ANDRIEN
6 - M. TRAORE FRANCOIS BRUNO
7 - M. YAO DJETH LUC-ARSENE

2
AVANT-PROPOS

Il existe différents types d’exercices de méthodologie en Lettres ; parmi eux, le


Commentaire composé ou littéraire, l’Essai ou la Dissertation littéraire ou générale et la
Contraction de texte. Ici, notre intérêt est retenu par la Contraction de texte, exercice dont
l’objet est de réduire le volume quantitatif et qualitatif d’un ou de plusieurs textes.
La Contraction de texte est constituée de trois exercices que sont l’Analyse de texte, le
Résumé de texte et la Note de synthèse. La Note de synthèse, dont l’objectif est d’informer
une personne, consiste fondamentalement en la réduction du volume d’une série de textes
réunis pour constituer un dossier. La réduction porte sur les éléments quantitatifs du dossier –
nombre de textes, de pages, de lignes, de parties, de paragraphes et de mots – et sur les
éléments qualitatifs que sont les idées principales ou directrices évoquées par les auteurs dans
leurs textes. Au besoin, une idée de moyenne importance et une illustration jugées
indispensables peuvent accompagner l’idée directrice, pour mieux la préciser. A partir d’un
dossier volumineux ou hypotexte, l’on rédige une note ou hypertexte qui est, dans un style
personnel, mais sans le moindre commentaire des idées du texte, un condensé, une restitution
synthétique de celles-ci.
La Note de Synthèse, dont certaines variantes portent le nom de note de dossier ou de
synthèse de documents, de note administrative, prépare à rendre compte d’un ensemble de
documents, souvent très nombreux, d’une façon dynamique, afin de faciliter une prise de
décision. Elle mobilise les capacités de lecture méthodique, de sélection, d’analyse,
d’organisation, de synthèse et de rédaction.

La Direction de la Formation Continue

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SOMMAIRE
AVANT-PROPOS
SOMMAIRE
PREMIERE PARTIE : PRESENTATION DE L’EPREUVE

INTRODUCTION

CHAPITRE I : LA NATURE DE LA NOTE DE SYNTHESE


Section 1 - Approche définitionnelle
Section 2 - La spécificité de la note de synthèse
Section 3 - Les objectifs de la note de synthèse
I - L’objectif général
II - Les objectifs spécifiques
Section 4 - Les exigences de l’épreuve de note de synthèse
CHAPITRE II : LE DOSSIER
CHAPITRE III : LA METHODOLOGIE DE L’EPREUVE
Section 1 - L’APPROCHE OU LE DECORTICAGE DU DOSSIER
I - L’ETUDE DU DOSSIER
A - L’analyse du sujet
B - La lecture des documents
II - LA NATURE DES DOCUMENTS ET LA STRUCTURE DU
PARAGRAPHE
A - La nature des documents
B - La structure du paragraphe
III - LE RELEVE DES IDEES
Section 2 - L’ANALYSE DES DOCUMENTS OU L’EXPLOITATION DU
DOSSIER
Section 3 - L’ELABORATION DU PLAN
Section 4 - LA STRUCTURE OU LES PRINCIPALES ETAPES DE LA NOTE
I - L’INTRODUCTION
II - LE DEVELOPPEMENT
III - LA CONCLUSION
Section 5 - LA REDACTION DE LA NOTE
Section 6 - LA CHARTE GRAPHIQUE DE LA NOTE DE SYNTHESE
Section 7 - CONSEILS POUR LA REDACTION D’UNE NOTE DE SYNTHESE
Section 8 - LA PRESENTATION MATERIELLE DE LA NOTE

DEUXIEME PARTIE : EXERCICES D’APPLICATION

BIBLIOGRAPHIE

4
PREMIERE PARTIE :
PRESENTATION DE L’EPREUVE

5
INTRODUCTION
La note de synthèse est à la fois une pratique professionnelle et une épreuve ; on la
retrouve au programme de formation de certaines grandes écoles, en milieu professionnel et
aux concours administratifs. Dans ces différentes situations, elle permet d’étudier un dossier
constitué de plusieurs documents ou textes, adossés à un thème ou sujet d’ordre général1. On
la retrouve sous différentes appellations, parmi lesquelles, d’une part, la note ou synthèse
administrative et, d’autre part, aux concours, la synthèse de documents ou synthèse de
dossier.
Quelle que soit la circonstance, la note de synthèse vise à produire un document
synthétique qui restitue de manière organisée, méthodique, cohérente et pertinente, les idées
essentielles des documents d’un dossier. Le produit de cet exercice est un élément qui permet
de prendre rapidement une décision. La note de synthèse fait appel à diverses qualités dont
celles d’observation, de lecture, de compréhension, d’analyse, de clarté, d’organisation, de
rigueur, de sélection, de concision, de fidélité à des idées relevées et de rédaction dans une
langue française claire.
Pour Armogathe2, « la note de synthèse, qui consiste à analyser un dossier et à en
présenter de manière synthétique le contenu, est une épreuve de concours qui fait une
sélection importante parmi les candidats. L’épreuve de la note de synthèse nécessite du
candidat, des qualités de rigueur. En effet, il doit respecter scrupuleusement des contraintes
de forme très strictes et faire preuve d’une grande objectivité dans la restitution des idées du
dossier. Son avis sur le dossier ne doit jamais apparaître. Le candidat doit, dans un premier
temps, décortiquer le dossier et, dans un second temps, établir un plan et rédiger une note de
synthèse très structurée. »
Mais, quelle définition doit-on retenir de la note de synthèse ?

1 - Les dossiers comportent des textes portant sur des sujets de société, d’économie, d’environnement, de
politique, d’éducation, de développement durable, de Tic, culturels, etc.
2
- Armogathe, La synthèse de documents, Paris, Dunod, 1988, p. 12.

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CHAPITRE I : LA NATURE DE LA NOTE DE SYNTHESE
SECTION 1 - APPROCHE DÉFINITIONNELLE
Le dictionnaire Robert présente la « synthèse » comme une opération mentale par
laquelle l’on construit un système. Il nous paraît essentiel de rappeler que, de même que
l’Analyse et le Résumé de texte, la note de synthèse est une épreuve de contraction de textes
réunis en un dossier. Il s’agit de réduire le volume quantitatif - nombre de pages, de textes, de
parties, de paragraphes, de lignes - et qualitatif - choix des idées principales ou essentielles, au
détriment des idées secondaires et des exemples - de plusieurs textes.
Mais il faut avoir à l’esprit, à l’entame de ce travail, que la synthèse est une opération
intellectuelle par laquelle l’on réunit en peu de mots et en un tout cohérent et structuré, divers
éléments de connaissance en rapport avec un domaine particulier. La culture générale à
laquelle se réfère la note de synthèse est constituée par une connaissance vaste et précise de
sujets multidisciplinaires, dont tous ont une relation avec la vie de la société.

SECTION 2 - LA SPÉCIFICITÉ DE LA NOTE DE SYNTHÈSE


Il faut comprendre, avant d’aller plus loin, qu’il existe différents types de textes ou
d’écrits : il s’agit, entre autres, des textes narratifs, descriptifs, démonstratifs, injonctifs,
dialectiques et argumentatifs. Les dossiers retenus pour servir de supports à la note de
synthèse sont généralement constitués de documents ou textes argumentatifs.
D’autre part, les textes argumentatifs comportent des parties, mais également des
paragraphes ; ceux-ci sont soit, déductifs (faite ou idée essentielle + argumentaire ou
explication + exemple), soit inductifs (exemple + argumentaire ou explication + fait ou idée
essentielle). Les textes retenus pour la note de synthèse sont les textes argumentatifs dont la
structure syntaxique et sémantique du paragraphe est déductive.

SECTION 3 - LES OBJECTIFS DE LA NOTE DE SYNTHÈSE


Ceux-ci peuvent se décliner en objectif général et en objectifs spécifiques.

I - L’objectif général
La note de synthèse vise à développer chez l’apprenant en particulier et, chez toute
personne qui s’y exerce, l’aptitude à la reformulation synthétique d’idées initialement
nombreuses.
II - Les objectifs spécifiques
Prise sous l’angle d’une épreuve inscrite à un concours administratif, la note de
synthèse sollicite chez le candidat, l’aptitude à :

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- lire activement les documents constituant le dossier ;
- analyser avec circonspection les documents concernés ;
- sélectionner les idées essentielles des documents d’un dossier ;
- organiser ces idées et à bâtir un plan cohérent ;
- rédiger la note de synthèse dans une langue française correcte.

SECTION 4 - LES EXIGENCES DE L’ÉPREUVE DE NOTE DE SYNTHÈSE


La note de synthèse ne doit pas être perçue et traitée comme un résumé de texte. Elle
fait appel à la culture générale du candidat, pour la compréhension du dossier, mais n’est pas
une dissertation non plus. Il ne sera fait recours à aucun élément de connaissance extérieur au
dossier. Les auteurs des textes adoptent des démarches d’analyse ou des plans qui leur sont
propres et qui s’imposent à la compréhension du lecteur.

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CHAPITRE II : LE DOSSIER
La note de synthèse a pour support un dossier. Ainsi, il est nécessaire de :
- rappeler les caractéristiques du dossier ;
- avoir une vue précise sur le travail demandé ;
- donner les éléments justificatifs de l’exercice.

SECTION 1 - GÉNÉRALITÉS
- Le dossier est bâti principalement autour d’un ensemble de documents, notamment des
textes.
- Les autres documents peuvent être des photos, des images, des tableaux et graphiques.
- Les documents formant le dossier se rejoignent par leur thématique qui est commune : le
réchauffement climatique, la pollution, le tourisme, les problèmes de santé, l’éducation,
l’économie…
- En situation professionnelle, le dossier peut porter sur des thèmes qui sont en prise directe
sur l’administration, notamment des textes juridiques.

SECTION 2 - LA STRUCTURE DU DOSSIER


Le dossier support de la note de synthèse peut avoir plusieurs articulations possibles :
- les textes peuvent être rangés selon une logique déductive : ici, le premier texte est de portée
générale, il contient les différents aspects du thème étudié (c’est l’hypertexte). L’hypertexte
est suivi de textes exposant des cas particuliers qui confirment les différents aspects de cet
hypertexte ;
- les textes peuvent apparaître selon une logique inductive : ici, les textes informant sur les
aspects particuliers du thème sont placés au début et l’hypertexte est placé à la fin ;
- les textes peuvent se présenter sans aucune logique précise d’organisation : ici, des textes de
portée générale sont associés à d’autres textes portant sur des aspects précis développés par
les textes de portée générale.
- il peut même arriver que le dossier ne comporte pas d’hypertexte : chaque texte développe le
thème de façon spécifique.

SECTION 3 - LE TRAVAIL DEMANDÉ


Le travail demandé se trouve inscrit dans le libellé qui accompagne le dossier. (En
situation professionnelle, le libellé peut être désigné par le vocable « commande »). Mais de
façon plus précise, c’est la réponse à la question « que signifie faire la synthèse d’un
dossier ? » qui nous permettra de mieux appréhender l’esprit du travail demandé.

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I. La commande
La commande de la note de synthèse se réfère généralement à l’intégralité du dossier,
sans autre indication précise, autrement dit, en ne faisant allusion ni à un thème, ni à un
problème.
Exemple : Vous rédigerez, à partir du dossier ci-joint, une note de synthèse. C’est le cas le
plus fréquent lors des concours d’entrée à l’ENA.
Toutefois, certaines commandes suggèrent un thème de réflexion plus vaste :
Exemple : Vous élaborerez une note de synthèse ordonnée des documents suivants sur le
racisme.
D’autres commandes encore indiquent clairement le problème à examiner.
Exemple : À partir des textes et du dessin humoristique, vous élaborerez une note de synthèse
sur le problème de l’immigration des Africains en France.
II. Que signifie faire la synthèse d’un dossier ?
Faire la synthèse d’un dossier, c’est :
- réduire le volume du dossier (nombre de pages, de lignes, nombre d’idées de mots) :
réduction quantitative et qualitative ;
- réunir les éléments constitutifs pour en faire un tout (≠ Analyse = décomposer un tout en
ses éléments, en ses détails).
L’hypertexte ainsi construit représente la note synthétique de l’hypotexte volumineux.

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CHAPITRE III : LA METHODOLOGIE DE L’EPREUVE
SECTION 1 - L’APPROCHE OU LE DECORTICAGE DU DOSSIER
Cette opération consiste en deux étapes : l’étude du dossier et le relevé des idées.

I - L’ETUDE DU DOSSIER
A - L’analyse du sujet
Elle commence avec la lecture et l’appréciation du libellé, qui indique la consigne à
suivre. Si l’on demande de rédiger une note qui tiendra sur quatre pages, il faut s’en tenir à
cette prescription. C’est cette analyse du sujet qui permet de circonscrire le travail à effectuer
et déterminer le type de note.
B - La lecture des documents
1 - Les types de documents
Il existe différentes appréciations de l’ordre dans lequel les documents sont présentés :
les uns estiment qu’ils sont dans le désordre et, pour les autres, ils sont plutôt ordonnés.
Généralement, les documents sont directement tirés d’une revue qui a pris le temps de les
ordonner. Il est donc inutile de les recomposer. Mais dans d’autres cas, les documents, pris
individuellement, voire empruntés à différentes revues, sont organisés ou présentés dans un
désordre ordonné.
Le conseil qui vaille est qu’il faut prendre en compte tous les documents du dossier.
Mais, pour une appréciation objective desdits documents, si l’on en a le temps, il faut les
classer en quatre catégories :
* Les documents pivots
Ils sont censés être les plus importants parce que comportant l’essentiel des
informations ; leur nature (constats ou causes ou conséquences ou solutions) serait également
explicite. En outre, considérons un dossier sur le thème du Sida et constitué de quatre
documents : le premier a pour auteur un médecin, le second, un enseignant, le troisième, un
journaliste et le quatrième, un sociologue. On appellerait, à tort, document pivot, celui produit
par le médecin, au jugement qu’il est le plus savant en la matière. Faux ! Le journaliste, qui
investigue avant d’écrire ou le sociologue, qui impose à ses écrits, des exigences
d’exhaustivité et d’informations pertinentes, peuvent être plus éclairés que le médecin. Le
texte pivot peut donc ne pas être celui que l’on croit ; d’où, la vacuité de cette thèse.
* Les documents complémentaires

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Les documents dits complémentaires sont censés n’apporter qu’une information
périphérique par rapport au thème central du dossier ou, n’en évoquer qu’un aspect - par
exemple les causes. Il serait dangereux de ne pas les considérer.
* Les documents redondants
Ils reprennent des informations certes importantes, mais déjà contenues et relevées par
le candidat dans des textes précédents. L’on conseillerait de les négliger. A notre sens, il ne
faut pas les tenir hors d’analyse, car ils peuvent apparaître à travers une reformulation qui
comporte des nuances que les précédents documents n’ont pas relevées.
* Les documents parasites
Il s’agit de documents introduits dans le dossier pour induire le candidat en erreur. Ils
ne présenteraient aucun intérêt pour l’étude, vu que la question qu’ils abordent n’a pas de
rapport avec le sujet. Peut être que c’est le cas ; mais, pourquoi « glisser » subrepticement un
document « hors sujet » dans un dossier pour égarer les candidats3, alors qu’il existe des
critères objectifs d’évaluation et d’élimination ? Un conseil : sur un ensemble de 5 textes, si le
thème ou la problématique correspond à 4 textes et qu’un seul détonne, il faut revoir ledit
thème ou ladite problématique en l’élargissant au cinquième texte apparemment sans lien
avec les autres.
Au regard de ce qui précède et qui présente une série de types de documents, il
apparaît, si l’on veut être objectif, qu’il faut « se méfier » de tous les textes du dossier. Si l’on
aborde la note de synthèse avec ces a priori, en quoi consistera le travail à faire ?
Une seule solution : aborder les documents en toute décontraction intellectuelle, en les
exploitant tous, sans exception et en trouvant le lien thématique et problématique qui les unit.

2 - Les types de lectures


On en distingue trois types : la lecture en diagonale, la lecture rapide et la lecture
active.
* La lecture en diagonale
La spécificité et la complexité des documents met le candidat devant différents cas
qu’il lui revient d’apprécier calmement ; le dossier est constitué de peu de textes et de pages :
doit-on prendre son temps pour le lire et le relire ? Au contraire, les documents sont
volumineux : faut-il les lire rapidement et dans quel ordre ?

3
- Généralement, l’on met le recours à des documents parasites sur le compte du nombre pléthorique de
candidats ou sur le niveau du concours qu’il faut élever, pour éliminer ceux qui ne sont pas à la hauteur.

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Il faut retenir qu’en tout état de cause, il faut toujours commencer par une rapide prise
de connaissance des documents. Cette approche permet de prendre connaissance du dossier en
portant son intérêt sur son objet, sa date de publication, la rubrique, l’introduction, le nom de
l’auteur, sa profession, les titre, sous-titre et inter-titres, les images, les encadrés, tableaux,
graphiques et autres éléments de visualisation, etc.

* La lecture rapide
Il s’agit d’un survol du dossier au cours duquel sont considérés, l’ensemble de la
titraison, les chapeaux, les passages mis en relief, le nombre de pages et de paragraphes par
document, etc. A ce niveau, le candidat doit fixer le thème, le sens général de chaque
document, établir un lien de pertinence entre le document et le thème du dossier, la nature et
l’importance des documents et enfin, leur ordre de lecture. Cette étape rend service à la
compréhension du texte

* La lecture active ou approfondie


Cette lecture consiste à parcourir les documents du dossier, à sélectionner les idées
forces, en prenant des notes. La problématique du dossier pend déjà forme. La prise de note
peut se faire :
. soit par document. Une fiche est réservée à chaque document ; toutes les
informations ou idées essentielles sont relevées.
. Soit d’un point de vue thématique. L’accent est mis sur les principaux thèmes que
comportent les documents du dossier. Dans ce cas, il est conseillé de dédier une fiche à
chaque thème et de regrouper ainsi les idées essentielles qui sont pertinentes ensemble.
. Soit par la démarche « Problème, fait ou constat + causes + conséquences +
solutions ». Les textes supports de la note de synthèse sont des documents argumentatifs ; ils
abordent donc dans une majorité de cas, un sujet de société à partir duquel ils font un constat
ou un état des lieux, en déterminent les causes, en énoncent les conséquences, avant de
proposer des solutions. Pour relever les idées essentielles, une fiche sera réservée aux
constats, une autre aux causes et ainsi de suite.
. Soit par l’approche dite axiale. Il s’agit d’une méthode de lecture spécifique aux
dossiers à dominante juridique. Pour Armogathe, « … autour d’un document pivot comme
une circulaire, des documents complémentaires, c’est-à-dire des textes officiels, ou bien de la
jurisprudence ou des expériences, le candidat prend des notes à partir de la circulaire pour

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bien maîtriser l’ensemble du sujet ; il valide ces informations par les documents officiels et il
les concrétise avec des exemples tirés de la jurisprudence. »4
Toute lecture doit permettre de dégager :
- le thème ;
- l’idée générale du dossier ;
- la problématique. Celle-ci, contrairement à celle de la dissertation de culture
générale, est une question relative au thème du dossier et dont chaque document ou thème
majeur (constats - causes - conséquences - solutions) est une réponse.
Que retenir de ces modes de lectures ? D’une part, que la lecture doit être appliquée,
car c’est par son truchement que le candidat accède à la délimitation des idées principales
dans chaque paragraphe et à leur relevé. D’autre part, la lecture doit pouvoir être sélective et
porter sur les informations strictement nécessaires à la rédaction de la note.

II - LA NATURE DES DOCUMENTS ET LA STRUCTURE DU


PARAGRAPHE
Au cœur de la note de synthèse, deux questions clés : la nature des documents et la
structure du paragraphe. L’un et l’autre sont déterminants pour la suite de l’analyse.

A - La nature des documents


Il existe différents types de documents qui traduisent la pensée d’un auteur : il s’agit,
entre autres, de textes narratifs, descriptifs, démonstratifs, injonctifs, dialectiques, etc. et
argumentatifs. Ceux qui servent de supports à la note de synthèse, de même qu’au résumé de
texte, sont exclusivement les textes argumentatifs.
Un texte argumentatif est un texte qui aborde l’étude d’un sujet - de société - donné en
utilisant des faits, des idées, des preuves ou des raisons pour établir une thèse suivant une
démarche organisée. Généralement, la structure d’ensemble de ce type de textes est la
suivante : état des lieux ou problème ou constat, suivi des causes, des conséquences et des
solutions. Les textes argumentatifs sont donc l’essentiel des supports de la note de synthèse.
B - La structure du paragraphe
Les textes argumentatifs sont organisés en parties et en paragraphes. Commençant
toujours par un alinéa, d’une longueur variable, un paragraphe dans un texte est le lieu

4
- Armogathe, op. cit., p. 19.

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exclusif de l’expression d’une idée, d’une seule idée. Mais le plus important est de savoir que
le texte argumentatif comporte une succession de paragraphes inductifs et déductifs.
Le paragraphe inductif adopte une démarche ternaire claire : un exemple - ou une
anecdote - est exposé, suivi d’une explication qui, à son tour, induit un fait ou une idée. Quant
au paragraphe déductif, il s’énonce suivant une logique ternaire également claire : un fait ou
une idée est présenté ; suivent immédiatement son explication et son exemplification.
Il faut retenir que le paragraphe qui nous intéresse et qui est celui des textes du dossier
de note de synthèse est le paragraphe déductif. Le paragraphe déductif est organisé à son tour
de la manière suivante :
1 - idée principale + explication (par des idées secondaires) + exemple ;
2 - idée principale + explication exemplifiée ;
3 - idée principale (tout le paragraphe se réduit à une seule phrase).
Cette structuration du paragraphe fait dire qu’il a une structure syntaxique - son
organisation interne) et sémantique (sa signification).

III - LE RELEVE DES IDEES


Cette étape est importante, tant par rapport à ce qui précède qu’à ce qui va suivre. Si la
lecture et l’analyse ont été fécondes, cela crédite et facilite le relevé des idées. Pour relever les
idées dans un document, il faut procéder par étape :
1 - identifier les documents constituant le dossier et ceux d’entre eux qui vont être pris
en compte (Document 1, document 2, etc.) ;
2 - identifier et décompter ensuite les paragraphes de chaque document ;
3 - délimiter l’idée principale dans le paragraphe et la souligner ou la surligner ;
facile : celle-ci s’arrête juste avant que ne débute l’explication. Elle est toujours exprimée par
la première ou la deuxième phrase du paragraphe. Chaque paragraphe ne comporte qu’une
seule idée principale. Au besoin, une idée de moyenne importance et une illustration jugées
indispensables peuvent accompagner l’idée directrice, pour mieux la préciser.
4 - Chaque fiche ou page de brouillon peut être réservée à une principale séquence
thématique (les constats sur une fiche, les causes sur une autre fiche, les conséquences et les
solutions sur des fiches respectives, par exemple). Les idées qui s’y rattachent y seront alors
consignées.
Il est également proposé de procéder par l’élaboration d’un tableau ; les colonnes
seront dédiées à chaque séquence principale et les idées relevées dans chaque document
affectées à la thématique idoine.

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5 - Attention ! Les idées principales relevées ne doivent pas se retrouver telles qu’elles
dans la note 5; elles ne doivent pas non plus être paraphrasées. Les idées principales relevées
sont transcrites - ou exprimées - dans un style personnel.
NB. Dans un plan « causes, conséquences, solutions », une fiche ou une colonne sera
réservée aux idées qui ne pourront pas s’inscrire dans l’une de ces rubriques, par exemple, les
avantages et les inconvénients.
La confrontation des documents et des idées relevées permet de former des blocs
d’idées qui nourriront le plan. Dans la partie et les sous-parties, les idées qui expriment une
même situation seront non seulement réunies, mais surtout hiérarchisées, de sorte à faire sens
lorsqu’elles seront rédigées.
NB. Il ne faut pas forcer une idée à entrer dans une colonne qui ne convient pas ni de
considérer qu’une idée qui est plutôt une cause d’entrer dans la colonne des solutions. En
outre, il ne faut pas être trop sélectif ou, également déconseillé, effectuer un relevé d’idées
trop inclusif - ou ouvert.
La lecture du sujet comprend la lecture de la consigne et la lecture par un balayage
rapide de l’ensemble des documents, afin de s’en imprégner et avoir une première bonne
impression qui aide à découvrir le thème et les aspérités des textes.

SECTION 2 - L’ANALYSE DES DOCUMENTS OU L’EXPLOITATION


DU DOSSIER
Il faut procéder à une lecture active et sélective des textes, de sorte à mettre en
évidence, pour chaque texte, les idées essentielles. Il faut également confronter les idées, pour
n’en retenir que les plus utiles devant servir à bâtir le plan.
SECTION 3 - L’ELABORATION DU PLAN
Le plan est la structure de la note qui rassemble les informations dûment regroupées en
principales séquences thématiques : par exemple, les idées constats, les idées causes, les idées
conséquences et les idées solutions. Le destinataire de la note doit tout aussi bien veiller à
intégrer toutes les idées relevées et transcrites dans les parties et les sous-parties du plan. Ne
pas oublier de restituer les liens logiques entre les idées et les parties en recourant à des
articulateurs conséquents.
Le plan doit être logique, chronologique et en harmonie avec le dossier. Il faut éviter
de plaquer des plans a priori, parce qu’ils auraient fonctionné ailleurs. La clarté, la simplicité
et la pertinence sont à privilégier … Il est élaboré, non à partir des documents, mais sur la

5 - Pour Armogathe, le candidat qui relève les idées principales doit les exprimer de manière personnelle ; il doit
veiller à tout instant à rester fidèle aux documents.

16
base des idées relevées, car ce sont ces idées qui, dûment transcrites 6, figureront dans la note.
Le développement comportera 2 ou 3 parties ; chacune d’elles se subdivisera en deux sous-
parties en moyenne. Les parties et sous-parties sont et doivent être strictement équilibrées.
Chaque partie est introduite par un chapeau ou une phrase-annonce.
Il faut noter qu’il existe différents types de plans dont la liste ne peut être exhaustive.
Mais du fait que les auteurs des textes choisissent un type précis de démarche argumentative
propre à leur perception d’une question, nous estimons que seuls les plans sous-entendus par
les idées relevées sont rigoureux et de fait, à privilégier. C’est ce que l’on appelle le plan dicté
par les textes. A l’instar de ce plan, d’autres existent, qui peuvent être d’un usage pertinent :
- le plan analytique examine une notion ou un phénomène en établissant le fait
ou le problème, ses causes, ses conséquences et éventuellement ses solutions. C’est sans doute
le plus répandu dans les textes de la note de synthèse, car très souvent, les documents suivent
ce plan dans l’exposition de leur argumentaire. Deux des dérivés de ce plan sont la structure
problème + causes + conséquences ou causes + conséquences + solutions) ;
- le plan dialectique s’impose lorsque les documents exposent des points de vue
opposés relativement à une notion ou à un phénomène. Il prévoit 2 ou 3 parties ; l’une
« pour », l’autre « contre » et éventuellement une dernière partie pour la synthèse, un point de
vue « consensuel ». Attention, dans ce cas, tous les documents doivent comporter des
arguments « pour », « contre » et « consensus » ;
- le plan thématique, également appelé « plan par catégories, correspond à des
sujets où un problème est perçu sous plusieurs angles. Il peut s’agir d’un domaine social,
psychologique, économique, culturel, politique, etc. Il s’agit par exemple du plan aspects
techniques + aspects financiers + aspects sociaux ou aspects politiques + aspects juridiques +
aspects culturels, etc.
- le plan situation passée + situation présente + situation à venir ;
- le plan exposé d’une situation + débat en cours ;
- le plan avantages + inconvénients ;
- le plan exposé d’une problématique + thèse qui y répond ;
- etc.
Attention : il n’est pas acceptable de considérer comme pertinent, un plan où une
partie des documents est traitée dans la première partie, une autre dans la deuxième partie et
une troisième dans la troisième partie. Ce sont les axes qu’il faut privilégier ; c’est autour

6
- La transcription a le sens de la restitution des idées principales relevées dans les documents, mais à partir du
style personnel du candidat.

17
d’eux que le bon plan doit se construire. Le plan classe les idées en parties, sous-parties et
sous-sous-parties ; il ordonne les idées et les hiérarchise.
- Les qualités d’un plan :
 complet, c’est-à-dire qu’il doit prendre en compte les idées utiles
 équilibré
 logique et chronologique (il respecte la hiérarchie entre les idées)
 dynamique (avec une structure détaillée)

SECTION 4 - LA STRUCTURE OU LES PRINCIPALES ETAPES DE LA


NOTE
I - L’INTRODUCTION
L’introduction d’une note de synthèse doit être brève et comporter les éléments
suivants :
 une perspective générale qui permet d’aborder le thème du dossier, avec
la possibilité de donner sa source
 l’idée générale du dossier
 la problématique, le fil directeur qui orientera la rédaction de la note.
Une réponse lui sera apportée dans la conclusion
 l’annonce du plan ; elle suggère la démarche qui sera suivie. Cependant,
il faut éviter de faire croire que cet ordre est celui du dossier.
NB. L’introduction doit être rédigée en un tout cohérent (un bloc typographique).

II - LE DEVELOPPEMENT
C’est la rédaction de la note qui expose les idées, les parties, suivant le plan annoncé
dans l’introduction. Cette rédaction doit respecter certaines règles :
 la note est construite sous la forme de parties, de sous-parties et de sous-sous-
parties. A l’intérieur de ces séquences, les idées sont également ordonnées, hiérarchisées, de
manière logique et chronologique, pour qu’elles aient un sens.
 Ne pas faire de référence aux auteurs, aux textes
 Être neutre et objectif
 Faire un effort de rédaction en évitant le style télégraphique
 Ne pas ajouter des idées extérieures aux textes du dossier
 Soigner les enchaînements d’idées avec des mots de liaison

18
 Après chaque partie, une transition s’impose, qui résume ce qui vient d’être fait
et annonce ce qui va l’être ; elle est toujours isolée entre deux sauts de lignes. A défaut, le
candidat recourra à une conclusion partielle accolée à la partie précédente
 Ne pas émettre de sentiment ni d’opinion personnelle, encore moins un
jugement de valeur
III - LA CONCLUSION
Elle doit être brève. Elle consiste à :
 dresser un bilan qui peut revêtir la forme d’un résumé des idées majeures du
dossier
 proposer une réponse à la problématique
 émettre un avis qui expose la position du candidat, après qu’il a fait le point du
problème
 proposer une possible ouverture.

SECTION 5 - LA REDACTION DE LA NOTE


La rédaction de la note de synthèse se fait généralement sur la base d’un plan détaillé
bien élaboré. Il faut être et rester objectif et rechercher en permanence la concision. Tous les
documents ayant été examinés, leur prise en compte doit être exhaustive. Il est impossible de
procéder à une rédaction intégrale du développement au brouillon ; seuls, l’introduction, les
chapeaux des parties, les conclusions partielles ou transitions et la conclusion peuvent faire
l’objet d’une rédaction complète au brouillon.
Le succès d’une rédaction tient à la qualité d’un bon plan détaillé et organisé.
Les phrases doivent être courtes - 15 à 20 mots - ; l’on n’abusera pas des « qui » et
« que » ; les sigles doivent être évités autant que faire se peut ; les citations de longs passages
sont à éviter ou, s’ils s’avèrent nécessaires, ils doivent être présentés entre guillemets. Il faut
éviter les fautes d’orthographe qui abaissent la qualité de la note qui, généralement, est
présentée dans une langue soutenue. La copie doit être rendue achevée.
- Le devoir doit être aéré, en respectant les sauts de lignes et les retraits en alinéas
- utiliser à bon escient la ponctuation
- respecter les règles de grammaire, d’orthographe et de syntaxe
- Éviter les répétitions des mêmes termes
- Faire des phrases courtes du genre : sujet + verbe + complément
- Être simple dans son style, mais élégant
- Éviter le « Je »

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- Ne pas négliger les accents

SECTION 6 - LA CHARTE GRAPHIQUE DE LA NOTE DE SYNTHESE


- Pas de références aux auteurs
- Rédiger à l’aide de paragraphes, en respectant les alinéas
- Sauter deux (2) lignes entre l’introduction et le développement et deux (2) lignes entre le
développement et la conclusion
- Sauter une ligne entre les différentes parties du développement
- Prévoir des chapeaux pour chaque partie du développement
- L’introduction et la conclusion se rédigent en bloc. Elles constituent chacune un paragraphe
- Pas de saut de ligne entre les paragraphes
- Pas de saut de ligne entre le chapeau et le paragraphe suivant
- Pas de sous-titre ni de numéro de partie
- Les parties doivent être équilibrées
- Pas de juxtaposition de résumés des textes
- Ne pas faire allusion aux textes (dans le texte 2, …., dans le texte 8, ….)
- Le devoir doit s’appuyer exclusivement sur les idées du dossier
- S’interdire les citations
- Pas d’astérisques.

SECTION 7 - CONSEILS POUR LA REDACTION D’UNE NOTE DE


SYNTHESE
- Veiller à un équilibre du plan, à travers les parties et sous-parties.
- Ne pas citer les textes
- Formuler de manière personnelle les idées relevées dans les textes.
- Le devoir doit être aéré, les alinéas et sauts de lignes respectés.
- Ne pas oublier au début de chaque partie les chapeaux et à la fin, une conclusion partielle ou
une phrase de transition.
- Faire une note de synthèse, c’est construire un raisonnement ; pour ce faire, il faut trouver
un lien entre les idées à l’intérieur des parties et entre les sous-parties, par le moyen
d’articulateurs appropriés.

SECTION 8 - LA PRESENTATION MATERIELLE DE LA NOTE

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DEUXIEME PARTIE :
EXERCICES D’APPLICATION

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BIBLIOGRAPHIE

 ALBOU-RIO, La lecture méthodique, Paris, Ellipses, 1996.


 ARMOGATHE, La synthèse de documents, Paris, Dunod, 1988.
 CHARNET C., NIPI-ROBIN J., Rédiger un résumé, un compte-rendu, une synthèse,
Paris,
 CHEVALIER B., Lecture et prise de notes, Paris, Nathan, 1992.
 Clé International, coll. « Entraînez-vous », 1997.
 Dictionnaire Le Robert, 2015.
 Dictionnaire les 4 Volumes du Larousse, 2015.
 GIRODET J., Pièges et difficultés de la langue française, Paris, Bordas, 2012.
 GREVISSE M., GOOSE A., Le Bon Usage, Paris, Duculot, 1992.
 GUÉDON Jean-François et PROMEYRAT Louis, Clés de la composition française
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 GUEVART Pierre, Réussir ses notes de synthèse, Éditions l’Etudiant, Paris, 2011
Hachette, 1998.
 HOUNZANDJI Romain, Réussir la synthèse de documents, Ḗditions Christon,
Cotonou, 2013
 Le Bescherelle, L’Art de conjuguer, éd. 2015.
 MALASSIGNE Pascaline et MASSALIGNE Fabien, Rédiger une note de synthèse,
Éditions Eyrolles, Paris, 2013
 MERAUD D., La note de synthèse aux concours administratifs, Éditions Roudil,
Paris, 1994
 SEVE A., Dictionnaire orthographique et grammatical, Paris, Ed. Sociales, 1991.
 TAMISIER Kathleen, L’abécédaire des écrits professionnels, Éditions Ems, Paris,
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 Thomas A., Dictionnaire des difficultés de la langue française, Paris, Larousse, 1997.
 TROUVḖ Alain, Réussir le résumé et la synthèse de textes aux concours, Presse
Universitaires de France, Paris, 2012
 WAGNER R. L., Pinchon J., Grammaire du français classique et moderne, Paris,

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