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&

Patrimoine passé Projet réalisé avec le soutien de


Tradition vivante «Djazaïr, une année de l’Algérie en France»

Constantine,
2000 ans d’architecture

Exposition réalisée par


l’École d’Architecture de Grenoble
CRATerre-EAG
et
l’Université Mentouri de Constantine
Département d’Architecture
et d’Urbanisme

Avec le soutien de : Ambassade de France en Algérie / AFAA / Région Rhône-Alpes / Conseil Général de l’Isère /
Ville de Grenoble / Ville de Constantine / Commissariat Général Français / Commissariat Général Algérien

UNIVERSITÉ
ME N T O U R I
CRATerre-EAG C ONSTANTINE
2
N
ous tenons à remercier (AFAA) du Ministère des Affaires Relations Internationales; Ainsi que le
chaleureusement toutes les étrangères et l’ambassade de France en Conseil Général de l’Isère, en particulier
personnes qui ont contribué à la Algérie pour leurs appuis indéfectibles M. André Vallini, député de l’Isère et
réussite de ce projet. C’est grâce à elles que à ce projet et leur soutien financier à la Président du Conseil général et M. Claude
l’Université Mentouri de Constantine et réalisation de plusieurs phases de ce projet. Bertrand, vice président chargé de la
l’école d’architecture de Grenoble vivent, Nous citons tout particulièrement Mme culture et du patrimoine.
depuis près de deux années, une aventure Françoise Allaire, commissaire générale de
extraordinaire au cours de laquelle, l’année de l’Algérie en France, Mme Carine Nous tenons a remercier également la ville
étudiants, enseignants et chercheurs ont Guibert, responsable du pôle AFAA/ de Grenoble pour les relations privilégiées
pu se rencontrer en croisant et partager collectivité territoriale, M. Michel Pierre, qu’elle a tissées avec la ville de Constantine
les rêves et les projets de demain dans une attaché culturel à l’ambassade de France à dans le cadre du projet de jumelage et son
ambiance d’échange et d’enrichissement Alger, M. Jean François Grunstein et M. soutien à notre projet. Nous remercions
réciproque. Jean Toussaint du service Coopération M. Michel Destot, Maire de Grenoble et
Universitaire, M. Aldo Herlaut, directeur Député de l’Isère ainsi que M. Jean-Jaque
Du côté algérien, nous voudrions remercier du centre culturel français à Alger et M. Glèzal, adjoint-maire chargé des relations
tous les responsables des institutions et des Philippe Germain-Vigliano, directeur du internationales.
établissements qui, depuis le début de cette Centre Culturel français à Constantine
aventure, nous ont réuni les conditions pour son soutien à ce projet et son Enfin, nous tenons à souligner
idéales de travail permettant un échange engagement à assurer la promotion et la l’engagement et la détermination des
constructif et un rapprochement durable. circulation de cette exposition à travers responsables de l’Université Mentouri de
Nos remerciements vont particulièrement à toute l’Algérie. Constantine et de l’école d’architecture
M. Katim Kherraz, Maire de Constantine de Grenoble dans la mise en oeuvre de
et à tous les élus de l’assemblée populaire Nous remercions la Direction de ce projet et la pérennisation des échanges
communale de Constantine, M. Kamel l’Architecture et du Patrimoine au entre les deux établissements. A cet effet,
Bounah et tous les élus de l’assemblée Ministère de la Culture et de la nous remercions Pr. Abdelhamid Djekoun,
populaire de la Wilaya de Constantine Communication et particulièrement recteur de l’Université Mentouri de
pour leur accueil et leur soutien logistique. Mme Laurence Cassegrain, sous-direction Constantine, Pr. Salaheddine Cherrad,
de l’enseignement et de la recherche; doyen de la faculté des sciences de la
Nous remercions aussi M. Nasreddine Le Conseil Régional Rhône-Alpes pour terre et M. Makhlouf Moukhtar, chef du
Boumaouche, directeur de la Cellule son aide financière appréciable et son département d’architecture et d’urbanisme
de réhabilitation de vla Médina de engagement à renforcer les échanges ainsi que M. Vincent Michel, directeur de
Constantine ainsi que les responsables de la universitaires entre l’Est Algérien et la l’école d’architecture de Grenoble et toute
Wilaya de Constantine. Région Rhône-Alpes. Nous remercions l’équipe CRATerre-EAG pour le soutien

REMERCIEMENTS
aussi Mme Marie-Christine Tardy, scientifique et l’aide logistique et technique
Du côté français, nous voudrions remercier, Conseillère régionale et Maire de Meylan, qu’ils ont apporté à ce projet depuis son
l’Association Française d’Action Artistique M. Bruno Chiaverini, directeur des lancement.

REMERCIEMENTS
3
L’
opulence des vestiges des cités logique de la notion de patrimoine. Bien De la fondation de l’antique Cirta par les
antiques, la richesse des villes entendu, c’est sous une vision nouvelle Numides à la présence romaine en passant
et médina de l’époque arabe, que nous devrions aborder cette question par les apports de la civilisation arabo-
la multitude des Ksour qui parsèment si nous voulons être les dépositaires de ce musulmane et enfin le legs colonial, l’es-
l’immense désert et la diversité de l’ar- vaste héritage. Cette nouvelle vision sup- pace urbain Constantinois s’est constitué
chitecture de l’époque coloniale font de pose une connaissance approfondie de la progressivement en se complétant et en
l’Algérie l’évocation d’une longue histoire substance historique de ce patrimoine, se juxtaposant pour forger l’identité de
de créativité et de dialogue culturel qui l’examen objectif des problèmes que pose l’actuelle Constantine. Aux particularités
laisse deviner l’existence d’un héritage sa conservation et enfin, la mise au point de son Rocher naturel, s’ajoutent autant
architectural inestimable. Les uns comme de stratégies durables pour sa protection d’apports culturels et civilisationnels qui
les autres, ces exemples attestent d’une et sa revalorisation. étaient à la base de sa créativité généreuse
permanence réelle du phénomène urbain et de son ouverture positive.
depuis l’antiquité jusqu’à nos jours et La connaissance instruite de l’héritage
témoignent d’une réceptivité certaine aux architectural algérien passe par la con- C’est ainsi que cette exposition, réalisée par
influences architecturales qui ont traversé frontation de la recherche scientifique les étudiants et enseignants de l’Université
chaque époque de son histoire. aux savoirs pratiques, pour une revalori- Mentouri de Constantine et de l’école d’ar-
sation objective des cultures constructives chitecture de Grenoble, vient d’une part,
Cependant, la richesse et la diversité de traditionnelles et u ne projection créative apporter sa contribution à la connaissance
ce patrimoine architectural reste encore de l’avenir de l’architecture et son déve- du patrimoine de cette ville millénaire et
méconnu, aussi bien des algériens eux- loppement en Algérie. Voilà quelques élé- d’autre part, retracer le parcours d’une ren-
mêmes que des étrangers. La crise mul- ments de réflexion proposés dans le cadre contre universitaire inédite.
tidimensionnelle que traverse l’Algérie du projet labellisé par « Djazaïr, une
depuis une quinzaine d’années et son année de l’Algérie en France ». Dans un premier temps, un Atelier
isolement de la scène internationale n’ont Mixte franco-algérien a été créé autour
pas favorisé l’émergence d’une réelle prise A cet égard, Constantine est la ville du thème: Patrimoine passé et tradi-
de conscience des enjeux considérables idéale pour illustrer la permanence du tions vivantes et lancé en décembre
que représente la valorisation de ce patri- fait urbain qui la caractérise et mettre en 2002 après la signature d’une conven-
moine. Malgré l’inscription de ses sites éclairage sa riche créativité. Sonder cette tion de partenariat entre l’Université
majeurs sur la liste du Patrimoine mon- richesse, à travers l’analyse de la stratigra- Mentouri de Constantine et l’école
dial de l’UNESCO et les efforts consen- phie des époques architecturales, qui se d’architecture de Grenoble. Cet atelier
tis depuis près de quarante ans pour le sont déposées au cours de son évolution, mixte, lieu fécond et propice au foison-
développement d’une politique de ges- était à la base de notre approche, pour nement d’idées, s’est chargé de la pré-
tion et de mise en valeur des sites histo- permettre d’appréhender l’histoire des paration des activités qui ont eu lieu en

AVANTPROPOS
riques, l’Algérie a subi, comme d’autres cultures constructives inhérentes à cha- France en 2003. Au total, deux séminai-
pays, les méfaits d’une déformation idéo- que époque. res ont été organisés, un à l’Université

AVANT PROPOS
de Constantine et l’autre à Grenoble laboration entre l’école d’architecture
autour d’un « chantier-école » permettant de Grenoble et l’Université Mentouri
la rencontre d’enseignants, chercheurs, de Constantine et présenter les grandes
étudiants et artisans des deux pays. Ces lignes du programme pluriannuel 2005-
chantier-écoles, consacrés au thème du 2008 lancé en décembre 2004 autour
Patrimoine architectural, visent à rap- d’un projet pilote « la maison constan-
procher la connaissance théorique : « la tinoise ». Le bilan de cette fructueuse
pensée » de la connaissance pratique : « la collaboration, retracée au début de cette
matière », en mettant en place un ensei- exposition, dépasse nos prévisions car au
gnement basé sur l’expérimentation et la delà du projet inscrit dans l’agenda des
connaissance par la preuve. évènements de l’année de l’Algérie en
France d’autres projets ont été lancés ou
Cette exposition est aussi l’occasion de sont en cours de montage pour pérenni-
faire la synthèse de trois années de col- ser ces échanges.
4

OBJECTIFS
LES OBJECTIFS
L’objectif de ce projet est de permettre
aux partenaires identifiés de :
• se rencontrer à travers la création d’un
réseau local, national et international par
la signature d’une première convention
rien et l’organisation d’une série de sémi-
naires d’échange et de formation dans
les deux pays ;
• initier une réflexion collective à travers
un projet ciblé sur le patrimoine constan-
projets de demain sont seuls capables de
pérenniser une vision à long terme ;
• vivre ensemble un parcours productif
à travers le montage d’une exposition sur
le patrimoine constantinois et la publica-
entre l’école d’architecture de Grenoble tinois afin de favoriser le rapprochement tion d’un catalogue retraçant les différen-
et celle de Constantine ; entre institutions et d’élaborer une straté- tes phases du projet. Ces travaux seront
• assurer l’ouverture des établissements gie adaptée aux besoins de l’Algérie dans le témoignage vivant d’une expérience
algériens d’enseignement de l’architecture ce domaine. Cette réflexion sera basée riche et productive ;
sur la communauté scientifique inter- sur le principe de l’enrichissement réci- • et enfin, s’accomplir en mettant en
nationale par leur adhésion à la Chaire proque ; pratique cette expérience collective par la
UNESCO : cultures constructives et • renforcer l’expérience vécue dans le construction de modules expérimentaux,
développement durable ; cadre de Djazaïr 2003 par le lancement inspiré de l’architecture locale, permet-
• se connaître et se rapprocher à travers de projets d’avenir afin d’assurer un tant l’émulation des compétences et le
la création de l’atelier mixte Franco-algé- échange et une coopération durable. Ces métissage des cultures.
Phase I Phase II
5
• De préparer une convention de coopé-
ration à long terme entre les deux établis-
sements ;
1. Mission préparatoire 1. Séminaire à Constantine :
• D’encourager l’idée de la création d’un
avril 2002 « L’atelier mixte en chantier »
centre du patrimoine architectural en
Suite aux effets favorables suscités par le du 23 avril au 2 mai 2003
terre qui sera un pôle national en phase
projet proposé par l’Ecole d’Architecture Ce séminaire a permis aux deux éta-
avec les politiques de conservation et de
de Grenoble s’intitulant : Patrimoine passé blissements d’initier une collaboration
construction.
et traditions vivantes : Une Ecole-Chantier scientifique étroite pour le montage d’un
nommée Algérie 2003, une mission en programme pédagogique commun. Il
Algérie a été effectuée pour une prise 2. Séminaire inaugural a permis aussi le lancement effectif des
de contacts avec les différents partenai- du 14 au 18 décembre 2002 activités qui rentrent dans le cadre de
res susceptibles de prendre part à cette Ce premier séminaire nous a permis de la convention de coopération signée en
manifestation. Ce premier voyage a été réunir tous les partenaires préalablement décembre 2002 entre l’école d’architec-
l’occasion d’officialiser les échanges entre identifiés pour le lancement du program- ture de Grenoble et le département d’ar-
l’Université Mentouri de Constantine et me initié dans le cadre de Djazaïr, une chitecture de l’Université Mentouri de
l’Ecole d’Architecture de Grenoble, per- année de l’Algérie en France. Constantine.
mettant ainsi un rapprochement entre
nos deux institutions pour la projection A cet effet, plusieurs objectifs ont été A cet effet, le programme développé au
d’une coopération scientifique à long fixés : cours de ce séminaire a été le cadre idéal
terme. • Signature d’une convention de coo- pour expérimenter un programme péda-
pération entre l’Université Mentouri de gogique nouveau et mettre en place les
Cette première visite en Algérie a permis : Constantine et l’Ecole d’Architecture de outils didactiques adaptés permettant
• De présenter, aux différents respon- Grenoble ; d’atteindre les objectifs fixés au début de
sables de la ville de Constantine et de • Création d’un atelier mixte franco- notre projet.
l’Université Mentouri, le projet que nous algérien pour la promotion et la mise en
avons proposé dans le cadre de Djazaïr, valeur du patrimoine constantinois ; 2. Le montage d’une exposition
une année de l’Algérie en France ; • Montage pour la saison 2003 d’une sur le patrimoine architectural
• De désigner, en accord avec les repré- exposition autour du thème « Patrimoine constantinois
sentants du Département d’Architecture et Architecture » ; Cette œuvre collective a été réalisée par
et d’Urbanisme de l’Université Mentouri, • Organisation de deux séminaires entre l’atelier mixte en collaboration avec tous
un comité de coordination et de suivi les deux écoles d’architecture pour des ses partenaires.
pour la période 2002-2003 ; échanges pédagogiques et scientifiques vi-
• De lancer les premiers contacts avec sant une prise en charge réelle des pro-
les Universités algériennes pour leur blèmes liés au patrimoine ;
adhésion à la Chaire UNESCO ; • Edition d’un catalogue de promotion
• De programmer, pour la prochaine qui sera un espace ouvert à la réflexion
phase, l’organisation d’un séminaire à pour la pérennisation du projet au-delà

PHASES
Constantine qui regroupera les parties de la saison 2003 et un support pour
algériennes et françaises du projet ; l’inscription des visions de demain.

LES PHASES
Phase III cultures, des matériaux et des savoir-faire
était le maître mot des échanges entre
les étudiants, enseignants et artisans de
1. Séminaire à Grenoble :
Grenoble et de Constantine.
« La Medersa en chantier »
du 6 octobre au 7 novembre 2003
2. Edition d’un catalogue de
Ce séminaire nous a permis de réunir en
promotion
un seul lieu trois différentes expositions
Un catalogue, édité en collabora-
sur le patrimoine architectural algérien,
tion entre l’Université Mentouri de
un chantier de construction « grandeur
Constantine et Ecole d’Architecture de
nature » et des ateliers de démonstration.
Grenoble, fait la synthèse du projet en
Pendant plus d’un mois, l’école d’archi-
retraçant les différentes phases de son
tecture de Grenoble était à la fois un
montage et les évènements majeurs qui
lieu d’exposition, de rencontres, de for-
ont marqué sa réalisation.
mation et de diffusion où la mixité des
6

PARTICIPANTS
LES PARTICIPANTS
Ont participé à la réalisation de ce projet :
7
Chef de projet Étudiants Artiste/artisan
Mahmoud BENDAKIR Sarah BENHARKAT Mohamed MOULOUD KARA
Zinedine GUENADEZ Nedjma DEBBOUZE Noureddine BOUMEZBAR
Myriam BELKADI Entreprise BALLÈCHE KAMEL
Coordination du projet Razika BENBEGHILA Fouad BENSALEM
Abdelhamid DJEKOUN Fares DJAMAÏ
Salahedinne CHERRAD Karima BOUFENARA Mise en place
Mokhtar MAKHLOUF Adba TOURECHE Bernard RUFFIN
Zoubir BENDJAMAA Ahcene SAYOUD Gilbert BÉRALDIN
Vincent MICHEL Karima BENHALILOU Michel PERROUD
Danièle RUFFIN Hanane LAIB Lucien GÉRÉ
Brigitte CHAMPSAVOIR Wided HAMADA
Marina TRAPPENIERS Sofian BADOUNA Conception graphique et
Sylvia BARDOS Dallel KHEMRI
Mouloud OUENNOURI Scénographie
Linda RAMOUGA Arnaud MISSE
Équipe pédagogique Stephane MAEDER
Abdelwahab BOUCHAREB Ibtissem BOUKRADERA
Djaber MEBARKI Varvara VALTCHANOVA
Lakhdar GHARBI Jean Marie LE TIEC
El-Hadi TEBBIB Chaker CHERGUI
Imed BOUDJENAH Romain ANGER
Tarek BOUZNADA Læticia FONTAINE
Bachir RIBOUH Mouhieddine KHEROUATOU
Rachid DEHABA Adellotfi CHERIET
Nihed KHENCHOUCHE Video
Patrice DOAT Christian BELINGA
Hugo HOUBEN Sami MEDOUKALI
Gilbert BÉRALDIN Chouaïb GHEDIRI
Wilfredo CARAZAS-AEDO Issame KHALFI
Samuel DUGELAY Karima ZERIOUL
Ana CABEZA Abdedine BOULACHED
Jean Marie LE TIEC Clothilde GIORGETTI
Alix DINNEQUIN
Sayouba TIEMTORÉ
Christian BELINGA

ACTEURS
LES ACTEURS
8

constantine
du 23 avril
au 2 mai 2003

L’ ATELIER MIXTE
séminaire à

EN CHANTIER
9

CONSTANTINE
L’ ATELIER MIXTE
EN CHANTIER 2 SÉMINAIRE
Ce séminaire a permis aux enseignants des
deux établissements d’initier une collabo-
ration scientifique étroite pour le montage
d’un programme pédagogique commun. A
e

de la ville de Constantine. Dans un cadre


d’échange et d’interdisciplinarité, l’expé-
rimentation reste l’outil privilégié mis au
service de l’enseignement et de la recherche
SÉMINAIRE À CONSTANTINE

domaine et une affirmation concrète des


connaissances acquises.
Le contact réel entre les établissements
d’enseignement de l’architecture et les dis-
cet effet, « L’atelier mixte en chantier » était dans le domaine du patrimoine. ciplines indispensables et complémentaires
l’occasion idéale pour évaluer, expérimenter Ainsi, le mariage entre les connaissances aux métiers du patrimoine permet de sensi-
et mettre en œuvre les outils pédagogiques théoriques et les savoirs pratiques est l’ob- biliser les différents acteurs aux enjeux que
et didactiques adaptés à notre programme. jectif fondamental de notre projet qui vise représente une telle collaboration.
La formation à la fois théorique et pratique une préparation qualitative d’un enseigne- La prise en charge des questions liées au
a permis d’offrir aux étudiants des deux ment vivant prédisposant les étudiants aux patrimoine architectural suppose l’adhé-
établissements les moyens nécessaires pour réalités du métier. sion de tous les acteurs oeuvrant dans ce
une appréhension scientifique et technique La complémentarité visée à travers la con- domaine pour l’élaboration d’une politique
des problèmes que pose la mise en valeur et naissance par la pratique permet une valo- cohérente et favorable au renouveau de l’ar-
la sauvegarde du patrimoine architectural risation certaine des compétences liées à ce chitecture algérienne.
10

Évolution du chantier

Exercice d’implantation et de calpinage, mise en place des premières assises Construction des piliers.

CONSTANTINE
Construction des arcs Décoffrage des arcs

CHANTIER SÉMINAIRE À CONSTANTINE

PÉDAGOGIQUE
Il s’agit d’un exercice pratique visant à à la fois des participants, des techniques contre a été la répétition générale avant
expérimenter les connaissances théori- et des matériaux est visée afin de sensi- le lancement de « la Médersa en chan-
ques acquises par les étudiants à travers biliser tous les acteurs de la vie sociale, tier », évènement majeur dédié au patri-
la valorisation d’un espace collectif situé scientifique et économique de la ville de moine bâti et qui s’est produit au sein
au cœur du département d’architecture Constantine aux questions liées à la pré- des ateliers de l’école d’architecture de
de l’Université Mentouri. Une démons- servation et la sauvegarde du patrimoine Grenoble.
tration à l’échelle réelle a été réalisée par architectural de cette ville deux fois mil-
les étudiants de l’atelier mixte sous l’œil lénaire.
vigilant des enseignants et guidée par D’autre part, cet exercice nous a permis
les conseils savants des artisans locaux. aussi de préparer la délégation constanti-
Nous avons voulu que cette démonstra- noise qui a participé à l’exposition vivan-
tion soit ouverte au public Constantinois te qui a eu lieu à Grenoble en octobre
ainsi qu’aux étudiants des autres dépar- 2003 dans le cadre de Djazaïr, une année
tements de l’Université. Une vraie mixité de l’Algérie en France. Ainsi, cette ren-
11

CONSTANTINE
Construction d’une petite coupole Constuction de la coupole

CHANTIER SÉMINAIRE À CONSTANTINE

PÉDAGOGIQUE
Constuction de la coupole Le chantier en phase de finition
12

Démonstration moulure plâtre Démonstration mosaïque Démonstration moulure plâtre

Démonstration moulure plâtre

CONSTANTINE
Démonstration moulure plâtre Espace d’exposition des artisants

ATELIERS SÉMINAIRE À CONSTANTINE

DE DÉMONSTRATION
Finition d’une clef de coupole Espace d’exposition des artisants Espace d’exposition des artisants
13

grenoble
du 6 octobre
au 7 novembre 2003
séminaire à

EXPOSITIONS ET
CHANTIER
PÉDAGOGIQUE
Un événement important a eu lieu à
Grenoble entre le 6 octobre et le 10
novembre 2003. Un chantier de cons-
en œuvre et de finition, le visiteur a pu
découvrir l’ensemble d’une filière cons-
tructive vivante et créative.
14
truction «grandeur nature» d’un module
expérimental, inspiré de l’architecture A l’accueil de l’école, un lieu permanent
traditionnelle constantinoise, a permis d’expositions, de rencontres et de diffu-
d’offrir aux partenaires du projet un sion, deux expositions ont été présentées.
espace d’expression ouvert et innovant et La première portant sur les sites algériens
a donné au public français l’occasion de du patrimoine mondial de l’UNESCO et
découvrir une culture constructive encore la deuxième sur la céramique des demeu-
vivante. A cet effet, l’école d’architec- res et palais de l’époque Ottomane. Dans
ture de Grenoble a accueilli avec enthou- les locaux du niveau inférieur, des ateliers
siasme ses partenaires de l’Université de d’artisans ont été aménagés, en passant
Constantine autour de la « Medersa en par l’aire de stockage et de présentation
chantier », qui était à la fois un lieu d’ex- des matériaux pour enfin déboucher sur
position, de formation et de création. le chantier de construction. A proximité,
Ouvert au grand public, les ateliers et les l’exposition sur le patrimoine architec-
salles d’expositions étaient les lieux pro- tural constantinois permettait une tran-
pices pour une rencontre inédite capable sition directe entre l’histoire et la réalité.
de croiser les approches, d’enrichir les Cette scénographie a privilégié le contact
connaissances en additionnant les com- en favorisant la rencontre de la matière,
pétences en favorisant les échanges. Une des outils et des hommes pour mieux
délégation constantinienne de 30 person- appréhender le processus de la compré-
nes (enseignants, chercheurs, étudiants, hension, conceptualisation, transforma-
et artisans) a fait le voyage à Grenoble et tion et enfin matérialisation.
a pris part, aux côtés de leurs collègues
grenoblois, à cette aventure. A. EVÉNEMENT PÉDAGOGIQUE
Cette rencontre hautement symbolique a • Chantier de construction
été dédiée à la valorisation du patrimoine • Exposition des matériaux et matières
par le métissage de l’enseignement, de la premières
recherche et enfin, celle de la pratique
des métiers. B. EVÉNEMENT VISUEL
• Expositions sur le patrimoine
Les locaux de l’école d’architecture de • Projection de films documentaires et
Grenoble ont été animés par une mise en diaporama
scène dynamique autour des filières liées C. Evénement promotionnel
au patrimoine bâti. De la matière pre- • Ateliers d’artisanat

GRENOBLE
mière, ses modes de transformation et de • Exposition d’objets d’art et d’artisanat
fabrication jusqu’aux techniques de mise du patrimoine algérien.

EXPOSITIONS ET SÉMINAIRE À GRENOBLE

CHANTIER PÉDAGOGIQUE
LA MEDERSA EN CHANTIER
15

Mise en place des coffrages Maçonnerie des poteaux Maçonnerie des poteaux

Maçonnerie des murs Finition d’une coupole Construction de la coupole

GRENOBLE
Maçonnerie des murs Mise en oeuvre des enduits en terre Mise en place des finitions au sol

CHANTIER SÉMINAIRE À GRENOBLE

PÉDAGOGIQUE
Vue générale du chantier
16

Travail du plâtre et du gypse

Travail du plâtre et du gypse

GRENOBLE
Menuiserie

ATELIERS SÉMINAIRE À GRENOBLE

DE DÉMONSTRATION
Mise en place des finitions au sol Menuiserie
Les résultats obtenus pour la seule
année universitaire 2002-2003 sont très
satisfaisants et dépassent largement les
mixte. Ils ont tous soutenu leurs projets
avec succès en juillet 2003. 17
prévisions fixées au lancement de cette 4. RÉALISATIONS
structure. Cinq points essentiels pour Trois séminaires ont été organisés, deux
dresser un premier bilan et pour mieux à Constantine et un à Grenoble ; une
illustrer la densité des échanges et la exposition intitulée : « Constantine, deux
qualité des réalisations : mille ans d’architecture » a été réalisée
et présentée en France ; un catalogue de
1. EQUIPE PÉDAGOGIQUE promotion et un chantier de démonstra-
Plus de 15 enseignants chercheurs, de tion à Témacine dans le sud Algérien.
France et d’Algérie, ont assuré l’encadre-
ment et le suivi des activités de l’atelier
mixte.

2. INTERVENANTS
En plus du département d’architecture
et d’urbanisme de l’Université Mentouri
de Constantine, l’école d’architecture
de Grenoble et le laboratoire CRATerre-
EAG, plusieurs institutions et organismes
ont été contactés et ont participés aux
activités de l’atelier mixte.
Nous citons : le laboratoire ville & patri-
moine, l’équipe de restauration du Palais
du Bey de la Circonscription d’Archéo-
logie de Constantine, le Centre de for-
mation professionnelle de Constantine,
les artisans de l’entreprise Baleche et
Alhamra de décoration en plâtre, l’école
des beaux arts, le Musée Cirta et la Ville
de Constantine ainsi que trois écoles
d’architecture : Alger, Biskra et Sétif.

3. INSCRIPTIONS
Au total 27 étudiants se sont inscrits
pour l’année 2002-2003 et ont dévelop-

GRENOBLE
pé leurs diplômes de fin d’études autour
du programme proposé par l’atelier

BILAN DE 2002-2003 SÉMINAIRE À GRENOBLE

L’ ATELIER MIXTE
5. PARTENAIRES FINANCIERS Voila quelques réalisations qui montrent pérenniser l’existence de cette structure
Ce projet a reçu le soutien du Ministère le chemin à prendre et ouvrent la voie à et renforcer la coopération entre nos
des Affaires étrangères, de l’Ambas- une coopération riche et productive. deux pays.
sade de France en Algérie et de l’AFAA,
du Ministère de la Culture et de la Pour renforcer ces échanges et consoli-
Communication, la DAPA et l’école der notre démarche, un programme plu-
d’architecture de Grenoble, de la Région riannuel a été préparé pour la période
Rhône-Alpes, du Conseil Général de 2004-2008 et proposé à l’Université
l’Isère, de la Ville de Grenoble, du Mentouri de Constantine et l’école d’ar-
Commissariat général pour l’année chitecture de Grenoble pour son appro-
de l’Algérie en France, de l’APC de bation. Avec l’adhésion de plus en plus
Constantine et de l’Université Mentouri forte de nos partenaires, nous espérons
de Constantine. recevoir l’aide et l’appui de tous afin de
18

Algérie,
sites du patrimoine mondial
de l’UNESCO

Exposition réalisée par M.


Abderrahmane Khelifa,
responsable du Département
Patrimoine du Commissariat
général algérien.

Constantine, 2000 ans La céramique d’hier à


d’architecture aujourd’hui

Réalisée en collaboration entre Exposition réalisée par Mme Nechar


le département d’architecture Khedidja de l’université d’Alger en
et d’urbanime de l’Université collaboration avec Mlle Aissaoui Zohra
Mentouri de Constantine de l’Agence Nationale d’Archéologie
et l’école d’architecture de et protection des sites et monuments
Grenoble. historiques d’Alger.

GRENOBLE
EXPOSITIONS
TROIS EXPOSITIONS SUR LE PATRIMOINE ARCHITECTURAL ALGÉRIEN
SÉMINAIRE À GRENOBLE
19

2000 ans d’architecture LE PATRIMOINE URBAIN À


CONSTANTINE
Comme beaucoup de villes majeu-
res dans les mouvements de l'histoire,
LA VILLE MUSULMANE ARABO-
BERBÈRE ET OTTOMANE
Au début du VIIIe siècle, Constantine
fut convertie à l'Islam. Largement ber-
Constantine est un lieu de citadinité bère ( elle l'était encore à 50% au début
ancien. Forteresse naturelle, le site du du XIXe siècle ) elle fut arabisée plus
Rocher de Constantine vit la fondation tardivement avec les courants migratoi-
de la première Cirta numide, puis après res du XIe siècle. Le développement de
une présence punique, le développement la ville musulmane médiévale s'est donc
d'une ville romaine qui allait donner son fait lentement sur des substrats romains
constantine

nom à la ville actuelle dès le IVe siècle. formant parfois l'assise des construc-
De ces périodes, les traces sont enfouies tions ultérieures. La ville romaine
sous les épaisseurs de la sédimentation n'obéissait pas à un plan hippodaméen,
historique et physique ; à proximité de la mais, s'est conjuguée avec un site com-
ville une partie de pont ou un lambeau plexe, sorte de presqu'île trapézoïdale
d'aqueduc viennent témoigner encore de (oppidum) à forte double pente.
la présence romaine.
L'histoire urbaine de Constantine n'est
véritablement précise qu'avec la domina-
tion Hafçide et surtout la présence otto-
mane à partir du XVIe siècle. Certains
remaniements urbains ont pu être
importants sous tel ou tel Bey (gouver-
neur ottoman), mais on peut dire que
la ville a conservé son cadre médiéval
jusqu'à la colonisation française (et par-
tiellement au-delà). La structure urbaine
médiévale à travers la permanence des
tracés de rues ne nous est donc pas
étrangère, ni même la typologie du bâti,
remarquablement constante à travers le
temps et l'espace arabo-musulmans.
20

Règles de voisinage, usages domestiques venant compléter le nombre déjà grand spatiale de la ville médiévale. A partir
et traditions religieuses ont assuré le des mosquées du type dit arabe hypos- de 1850 environ (partition de la ville
maintien de ces éléments sur une longue tyle jusqu'alors diffusé. Dans la maison, ancienne en 1844) toute la partie haute
période dès qu'on s'intéresse à des élé- à part le décor qui peut subir quelque de la ville, au pied du grand quartier
ments généraux. Des mouvements plus influence du Levant, on ne constate pas militaire qui domine le site du Rocher,
fins émergeraient bien sûr d'une appro- de remise en cause de sa structure fonda- est déstructurée et remplacée par un tissu
che très détaillée. Les « structures profon- mentale, pas même dans le palais beylical européen qui tente sur un site contraint
des » ont un poids important par rapport dont la seule surface vient marquer le ter- de tracer un damier de rues hiérarchi-
aux « saillances » singulières, et les mai- ritoire de la ville. sées (perspectives). Deux parties de ville
sons populaires, par exemple, ont sans se dessinent, chacune avec ses éléments
doute pu passer des siècles sans modifi- LE LEGS COLONIAL fonctionnels et résidentiels avant qu'un
cations typologiques majeures, malgré La colonisation française va s'emparer de dernier grand axe lié à la création de la
des rythmes de renouvellement probable- la ville et du site constantinois en deux gare vers 1865 ne vienne éventrer tout le
ment soutenus, beaucoup des maisons les temps. L'on a très tôt envisagé la créa- tissu des anciens souks et ne transforme
plus anciennes étaient en briques de terre tion d'une ville nouvelle à Constantine, les quartiers pré-coloniaux en une simple
séchée. Entre la période arabo-berbère et mais la complexité du site, la lenteur de marge enkystée à la ville-centre française.
la présence ottomane, les différences les la croissance démographique coloniale, En dehors du Rocher, à part d'autres

INTRODUCTION
plus importantes peuvent concerner la au début de l'implantation française, casernements, les quartiers européens
typologie des mosquées, quelques mos- dans ce qui était alors plutôt une ville de vont se développer par lambeaux sous
quées ottomanes hanifites à coupoles garnison vont entraîner une colonisation forme de faubourgs, en fonction du site,

INTRODUCTION PRÉHISTOIRE

où se lisent telle ou telle influence régio- Affirmant le classicisme européen, ces


nale métropolitaine ou européenne. Ce bâtiments s'imposent par une présence Du point de vue patrimonial, si l'hérita-
n'est qu'au début du vingtième siècle que hiératique et sans concession à l'image ge pré-colonial vaut surtout par la figure
la colonisation réussira à se doter d'un de la ville, dont la partie musulmane ne d'ensemble de la médina, les éléments
nouveau centre sur le site collinaire arasé semble plus qu'un amas de bâtiments issus de la présence coloniale française
du Coudiat Aty urbanisé jusque dans les d'un autre âge, dégradés, de plus, par la correspondent davantage à des bâtiments
années 1940. surpopulation liée au resserrement du emblématiques alors conçus pour frapper
Compte tenu de ces avatars, les éléments tissu traditionnel. Ce n'est qu'après le les imaginations.
parmi les plus significatifs de l'héritage tournant du siècle que l'observation des
bâti de la présence française se situent traditions locales conduit à la naissance
donc sur le Rocher, Hôtel de Ville, d'un style «arabisant» (médersa, hôtel BERNARD PAGAND
ARCHITECTE, MAÎTRE DE CONFÉRENCES,
Préfecture, ou en lieu et place des ancien- Cirta, Basilique du Sacré Cœur …) vite ENSAIS, STRASBOURG
nes portes de la ville, théâtre, Palais de abandonné par décret local par crainte de ANCIEN PROFESSEUR AU DÉPARTEMENT
D’ARCHITECTURE DE CONSTANTINE
justice, bâtiments des postes, halle … déficit d'image dominante.
constantine
préhistoire

Grotte du mouflon
21
22

Dolmen de Bounouara

PRÉHISTOIRE
Céramiques du dolmen

INTRODUCTION PRÉHISTOIRE

D
e par sa position géographique Mouflon et de l'Ours au pied du versant à - 2 000 ans avant notre ère. De cette
stratégique qui en fait un lieu Nord de Sidi M'Cid, où des ossements période ont été retrouvés différents outils
défensif par excellent, le site de fossilisés d'hippopotames, d'ours et de tel des meules, des haches ou des racloirs.
Cirta - Constantine a connu une occu- mouflons ont été retrouvés. La pierre, l'os et le coquillage était des
pation depuis des temps très anciens. En provenance du sud Constantinois, matériaux utilisés pour la fabrication
La découverte de sphéroïdiques à facet- les Capsiens (environ - 14 000 à - 9 000 d'objets de cette époque, comme en
tes sur le plateau du Mansourah permet ans av. J.C.), du nom tiré de l'époque atteste les outils en quartzite de Djebel El
d'estimer à un million d'années l'occupa- Caspienne (environ -14 000 à - 9 000 ans Ouahch qui dénote une activité préhisto-
tion du Rocher par les australopithèques. av. J.C.), vont se diffuser dans l'ensem- rique importante.
ble du Maghreb et peuvent être considé-
A l'époque du paléolithique (- 45 000 ans rés comme les ancêtres des Numides. Constantine et sa région, riche en décou-
av. J.C.) furent aménagées par l'Homme vertes, continue toujours de livrer des
de Neandertal des habitations permanen- Ils s'adapteront au mode de vie néolithi- informations indispensables à la compré-
tes dans les grottes, notamment celles du que, période datant d'environ - 10 000 hension des périodes préhistoriques.
23

PRÉHISTOIRE
Ruines de Bazina Dolmen

PALÉOLITHIQUE PRÉHISTOIRE

& NÉOLITHIQUE Les dolmens autour de Constantine

Les recherches archéologiques dans la •Les Chouchets, tours cylindriques en


région de Constantine ont mis au jour pierres bâties sur les versants et les pentes
l'existence de plusieurs monuments abrupts.
mégalithiques.
Des plus connus, nous pouvons citer : •Les Dolmens, monuments
•Les bazinas, monuments exclusivement mégalithiques constitués de dalles
berbères. Ce sont des tumulus de dressées verticalement formant une pièce
pierres semi enterrés, formés en assises rectangulaire et recouverte d'une dalle
concentriques (Vallée du Kheneg, posée horizontalement.
Tiddis…).
D'autres types de monuments
•Les Haounet, chambres sépulcrales mégalithiques sont aussi présents
creusées dans le rocher puis fermées et particulièrement à l'ouest où les
d'une dalle en pierre verticale. Djeddars ont été localisés.
24

antique
constantine VI III
e- e
S AV. JC
C 25
irta. Voilà le nom d’une cité regroupant, Rusicada, Milev et Chullu ? « représentations » de haut
antique qui n’avait pas échap- (Actuellement, Skikda, Mila et Collo.) niveau dans un empire
pée aux écrits historiographi- si vaste que l’accession
ques des Tite-live, Polybe, Salluste, Il y a dans cette « puissance urbaine » aux postes importants commandait un
Diodore de Sicile, Strabon et bien un immense travail de fond entamé par « bagage » mental et intellectuel des plus
d’autres hommes d’histoires et de voya- Massinissa et poursuivi par Micipsa, puissants.
geurs. tous les deux en fins stratèges étaient Il y a également les « épitaphes » tradui-
La redécouverte de son histoire est con- alliés de Rome. Il a fallu la fougue de tes par les épigraphistes et dont les tex-
sécutive à la passion qui avait animée Jugurtha et la dignité de Juba pour que tes sont tellement émouvants par leur
les archéologues, les paléontologues et Rome se décidait de coloniser l’Afrique. poésie et leurs solennité… preuve d’un
les épigraphistes de la fin du XIXe et du Comment était cette capitale de la raffinement, d’une sensibilité et d’une
début du XXe siècle. Numidie à la tête de villes comme moralité qui n’ont rien de barbares ni
Timgad et Cuicul (Djemila) ? de rustres…
Alors comment ne pas La ville a été une pépinière Comme exemple : des parents pleurant
voir dans les œuvres de d’hommes valeureux qui leur fils mort à 14 ans : Breviter ut rosa
Ernest et de Gustave avaient pu briguer des ut narcissus. ( aussi brève qu’une rose ou
Mercier, de postes importants une narcisse…)
Stéphane Gsell, dans les hautes sphè-
d’André Berthier res romaines. Les vestiges encore visibles de cette épo-
et d’autres émi- Il suffit de citer que laisse deviner un foisonnement d’édi-
nents scientifi- Aurelius Pactumeis fices de grandes importances. En effet,
ques, une « per- consuli ex Africa les ouvrages romains (le pont Antonin,
che » salutaire primo sous le règne et l’aqueduc du Sud) sont les précieux
pour se reconnec- de Vespasien Lollius témoins d’une civilisation qui n’enten-
ter avec le glorieux Urbicus fut candida- dait pas se cantonner sur le Rocher, elle
passé de Constantine ? tus caesaris nommé par s’ouvrait et en allant même puiser l’eau à
Hadrien et fini en préfet de des kilomètres pour le besoin d’une cité.
Cirta, avant de glorifier Rome. Antistius Adventus était un La partie non visible des vestiges est
le nom de l’empereur vainqueur de grand général de la VIe Ferrata et même disponible dans le Musée Cirta, mais
Maxence, avait été une cité qui inté- gendre de l’empereur Marc- Aurele aussi dans les écrits des Mémoires de La
gra le statut administratif romain en (Vibia Aurélia Sabina était mariée à Société Archéologique du Département
COLONIA JULIA. Ce titre accordait à Burrus, elle était patronne de Thibilis et de Constantine, où toute trouvaille (ou
ses habitants le statut de citoyen égal à de Calama). presque) était mentionnée…
celui de la métropole. Comment ne pas Apulée de Madaure et Fronto de Cirta Il y a aussi l’ouvrage majeur de St. Gsell,
voir dans cette « accession », la disponi- étaient d’éminents hommes de lettres. ou les énumérations des découvertes dans
bilité d’un tas d’ « arguments » urbains Le second avait même été le précepteur les feuillets relatives à Constantine font
convaincants, d’un rayonnement per- de Marc-Aurèle et de Lucius Verus. état de plus d’une centaine d’objets et de

ANTIQUITÉ
ceptible et donc d’une « civitas » éviden- Il n’y a pas mieux pour constater l’ur- sites romains identifiés dans la ville et
te étant la capitale d’une confédération banité prégnante de Cirta que ces ses environs.

DE CIRTA ANTIQUITÉ - IV e -III e SIÈCLE AV. JC

À CONSTANTINE - URBANITÉ ET CIVITAS


Des édifices majeurs, nous soulignons le ture en marbre (Bacchus) et en bronze
Capitole avec sa triade (Jupiter, Junon (Victoire) dénotent un certain dévelop- ABDELOUAHAB BOUCHAREB
CHARGÉ DE COURS. DAU
et Minerve), occupant le haut de la pement des arts et surtout le remarqua- UNIVERSITÉ DE CONSTANTINE
Casbah, manière de dominer la cité, les ble goûts des habitants.
citernes situées aux limites du Rocher,
les temples et basiliques près de la place Comme les autres cités africaines, Cirta
du Palais du Bey, le cirque près de la a eu ses martyrs chrétiens, victimes des
Gare, et le théâtre sur le lieu du défunt persécutions, elle devenait une cité dispu-
Casino… tée entre les alliés à Maxence et les alliés
La présence des éléments architectu- à Constantin et prit enfin le nom de
raux raffinés (capitaux), des mosaïques « l’auteur de la sécurité perpétuelle et de
figurants des scènes de chasse, de sculp- la liberté », qui entreprit sa restauration.
26

Souama de Khroub (axonométrie) Carte de la période Numido-Punique

ANTIQUITÉ
Vase de Tiddis Ruines du Souma du Khroub Souama de Khroub (vestiges)

PÉRIODE ANTIQUITÉ - IV e -III e SIÈCLE AV. JC

NUMIDO-PUNIQUE
Vers l'an 814 av. JC, les Phéniciens, ori- Durant les guerres puniques qui La Numidie était constituée des ter-
ginaires de la méditerranée orientale, opposèrent Carthaginois et ritoires occupés par la tribu des
fondent la ville de Carthage dans l'ac- Romains ( IIIe-IIe siècle av. JC ), Masaesyles, limité à l'ouest par le
tuelle Tunisie. Ils établirent des comp- Masinissa, un chef numide de pays des Maures et s'étalant jusqu'à
toirs commerciaux sur la côte algérien- la tribu des Massyles, appuyé Cirta, et des territoires de la tribu
ne : Annaba, Skikda, Collo, Jijel, Bejaïa, par les romains fonda le royau- des Massyles qui occupait la zone
Dellys, Alger, Tipaza, Cherchell… qui me de Numidie en 202 av. limitée à l'ouest par le territoire
vont jouer un rôle important dans le JC en annexant le royaume des Masaesyles et à l'est par les
commerce et dans les échanges durant des Masaesyles et fit de territoires puniques.
l'Antiquité et au-delà. On retrouve les Cirta sa capitale. La topo-
influences de cette civilisation cartha- graphie de ce site en faisait un
ginoise, hellénisée pendant les derniers emplacement très convoité en
siècles de son existence, dans les tradi- raison du caractère défensif
tions numides postérieures. du Rocher. Statuette en céramique
27

Paysage des ruines (Studio Gonsales)

C I R T A
Le Médracen, mausolée numide) Le Médracen, coupe Le Médracen, plan

CIRTA, LE FAIT URBAIN : ANTIQUITÉ - IV e -III e SIÈCLE AV. JC

FONDATION OU REFONDATION ?
Comme produit historique, géographi- témoignage dont le principe s’appuie sur statut particulier de la cité du moins sous
que et social, la fondation ou la refonda- une évaluation comparative. Il s’ensuit la tutelle des Phéniciens ou de Syphax.
tion de Cirta n’est pas un fait de hasard manifestement que des mutations socia- C’est Massinissa qui l’avait prise pour
ou de spontanéité. les, mentales et comportementales étaient capitale et siège de pouvoir, entre autres
A priori, la fondation de la cité inter- devenues décelables. Et c’est dans cette grandes résolutions dont la portée dénote
venait dans une intention d’asseoir un simultanéité que l’état substitutif était une immense ambition.
Pouvoir, de polariser un territoire, d’unir pris pour un événement, tant l’analogie
une population éparse et par conséquent avec l’état initial laissait entrevoir une D’ailleurs G. CAMPS récuse le fait que
de mettre en oeuvre les préludes d’un situation opposée. En fait de diachronie, Cirta aurait été « dominée par les cartha-
Etat-Nation souverain. il s’agit d’une véritable métamorphose ginois encore moins une fondation phé-
sociale, une transfiguration. nicienne. »
Quand Strabon, cité par Ch.-A. JULIEN
(1961), avait noté que Massinissa « rendit Ce qui ressort des écrits sur l’histoire de
les numides sociables », il apportait un Cirta ne mentionne aucune ambition, ni
28

Constantine à l’époque romaine (restitution)

Cirta en tant que siège royal s’inscrivait


donc dans une série de « chantiers » tra-
duisant une prise de conscience originale
dans l’environnement. Le fait urbain
n’avait donc rien de spontané dans la
mesure où sa mise en oeuvre semble
intervenir dans une intentionnalité de

C I R T A
projets dont l’ambition dépasse le cadre
local, en l’occurrence les confins des ter-
ritoires tribaux.
Reste deTetrapyle (croquis de Ravoisié)

CIRTA ANTIQUITÉ - IV e -III e SIÈCLE AV. JC

Cette hypothèse s’annonce comme Selon A. BERTHIER (1965), le sommet délien ») pour la construction de palais
incontournable dans la mesure où elle du Rocher, situé au nord, était occupé et pour l’embellissement de Cirta.
intervient dans une suite d’opérations par un sanctuaire, alors que le reste abri-
complémentaires. tait la classe dirigeante composée de scri- Sur le plan architectural, seul témoin
bes, suffètes, médecins et chef de tribus. de cette époque, un mausolée attri-
Le site de Cirta, socle rocheux entouré D’après les écrits de Tite-Live, il ressort bué à Massinissa (Ch.-A. JULIEN), à
d’un ravin dans lequel coule l’Amp- que la ville était entourée de remparts Micsipa (G. CAMPS), à un roi numide
saga, offre des déterminants favorables et la résidence « royale » était un palais (A. BERTHIER), dont la base carrée
à l’établissement humain, surtout sur le (dans lequel Massinissa avait rencontré demeure en état. Cependant, le mausolée
plan défensif. Cette qualité a fait que le Sophonisbe). révèle un art de construire proche inspiré
site est resté pendant longtemps l’objet Sur le plan du développement de la du style gréco-punique, avec ses colonnes
d’une grande convoitise par les différents ville, Massinissa avait fait appel à des supportant un pyramidion allongé vers le
prétendants à l’occupation de la ville. grecs (parmi lesquels figurait « son ami sommet.
29
Mur et colon-
nes (croquis de
Ravoisié)

Le pont Antonin

M. BENZEGGOUTTA (1998), cite Cirta en tant que ville fondée par les car-
Ibn El Moubarak qui écrivait : « j’ai thaginois est l’hypothèse la plus galvau-
Superposition des fondations
appris par les hommes du savoir que la dée par les historiens, s’appuyant pour
ville de Constantine a été fondée par cela sur l’étymologie ; faisant un rappro-
celui-là même qui a construit Carthage chement avec le sens punique du nom
et à la même époque ». de Carthage, Kart Hadash, signifiant
ville nouvelle, le nom de Cirta est issu
Selon la version transmise par Timée de Kart, Kirta, signifiant Ville ou petite
relatant la fondation de Carthage, la ville…(D’autres historiens disent egale-
reine Didon fuyant Tyr avec des notables ment Sarim Batim).
avait installé sa ville sur le golfe de Tunis
en 815 av. JC. On verrait mal comment Sans mettre en question cette version,

ROMA INE
une bande de fuyards avait eu la capacité nous avons poussé plus loin la recher-
de fonder deux villes distantes de plus de che pour plus d’informations sur l’ori-
400 Km en même temps… gine du nom de Cirta. Il y a une règle
Chapiteau romain

ÉPOQUE ANTIQUITÉ - IV e -III e SIÈCLE AV. JC

ROMAINE
toponymique en Algérie, qui dans le cas dans une échelle cyclopéenne, rappelle
de lieux, les noms font référence direc- étrangement le socle rocheux sur lequel
tement à la nature (oued, plantation, la ville s’était établie…
relief…) ou à une forme symbolique
reconnaissable. L’aqueduc Romain
En effet, en cherchant dans les dia-
lectes berbères environnants, le terme
le plus proche au mot Cirta étant
« Thassirt », signifiant en chaoui (aurra-
sien) meule… Cette dernière, en usage
domestique fréquent (huilerie, ..) est
un double disque taillé dans la pierre
dont l’un est tournant autour d’un axe
encastré dans l’autre. Ce disque, pris
30

Mosaïque florale

Chateau d’eau

TIDDIS
Thermes Baptistère Vue d’ensemble des ruines

TIDDIS ANTIQUITÉ - IV e -III e SIÈCLE AV. JC

Situé à 17 km de Cirta, Tiddis recè- évoluées - on a trouvé des vases d'un


le d'importants vestiges de l'époque aspect inconnu. Il s'agit d'un décor
numide. La fabrication de poterie fut peint, géométrique, avec des bandes
l'activité principale de ce site à toutes d'oiseaux et des danseurs très stylisés.
les époques de son occupation. On y a Bref, de la poterie Kabyle, telle qu'elle
Vase aux danseuses -Tiddis
découvert un vaste quartier de potiers, est fabriquée aujourd'hui encore par les
dont les ateliers sont équipés de fours, femmes, sans tours, par des techniques
de douves et la plus belle collection immémoriales...
d'outils de toutes les époques, y compris
l'époque punique. Tiddis renferme aussi des vestiges
Les fouilles ont permis de découvrir des anciens, des DOLMENS, sur le versant
vases puniques et des lampes grecques du occidental du plateau ; et, surplombant
Ve siècle avant JC. de part et d'autre le ravin de Kheneg
Dans les tombeaux situés aux abords de s'élève une cinquantaine de Bazinas au
la ville - les BAZINAS, sépultures très pied de la montagne à l'est.
31

arabo-musulmane
VII - XVI se e
LA VILLE
ARABO-MUSULMANE
PAR B. PAGAND

A
quoi correspond donc la figure Au cœur de la ville, se développe un
de la Constantine « médiévale » assez vaste ensemble continu, linéaire
arabo-berbère et ottomane ? ou surfacique, de boutiques et échop-
pes où se regroupent par métiers, arti-
Constantine, comme la plupart des sans et commerçants, hormis ceux qui
médinas maghrébines présente un tissu ont besoin de dispositifs particuliers
urbain cellulaire ou cristallin complexe (potiers, tanneurs…). Adossées aux
et compact de maisons, ici à toits de maisons ou intégrées en rez-de-chaus-
tuiles rondes, drainé par un faisceau de sée, l'échoppe est, après la maison, la
rues étroites et de ruelles, contraint par deuxième figure architecturale caracté-
seulement trois véritables accès princi- ristique et paradigmatique de la cité. Les
paux au site et témoin d'une topogra- réseaux boutiquiers s'organisent autour
phie exceptionnelle. de la mosquée principale (jama'a) à la
époque

porte de laquelle ils conduisent, uni-


Ce tissu urbain résulte de la juxtaposi- fiant en une image spatiale, voire une
tion des unités d'habitations - maisons figure symbolique, le temporel et le
traditionnelles - qui en forment l'es- spirituel. La cité musulmane médiévale
sentiel. Ces maisons, à cour centrale s'inscrit aussi dans une éthique et des
et aveugles sur rue, se regroupent par codes référés à la religion musulmane.
quartier, sur des ruelles et impasses, Le quotidien n'excluait pas une pro-
autour de quelques éléments vitaux au fonde spiritualité, attestée par une affi-
quotidien, puits et citernes, mosquée liation massive (hommes et femmes) à
(masjid) et petits commerces… des organisations initiatiques soufies. Le
choc colonial de la modernité occiden-
tale a-spirituelle, outre l'espace, affectera
aussi toute une société dont on peine à
simplement imaginer les valeurs.
32

Le système de circulation
avant 1937

E
n 1837, l’agglomération ne • Bab el Djabia, au sud qui s’étendait
débordait nulle part des limites de la porte de Bab el Oued jusqu’au
formées par le ravin du Rhumel Rhumel.
et le mur de défense construit sur le Il existait quatre rues principales :
côté sud-ouest. Elle était divisée en qua- • Une rue supérieure partant de Bab
tre quartiers : el Djedid (entrée du boulevard Joly de
• La Casbah au Nord, Brésillon), tournant légèrement à droite
• Tabia à l’ouest qui comprenait toute et se dirigeant sur la Casbah. Les rues
la partie située de part et d’autre de la Brunache et Damrémont en suivent à
rue Danrémont, jusqu’à la Casbah ; peu près le tracé.

URBANISME
• El Kantara qui englobait la partie • Une rue partant pratiquement de
est, en dessous de la rue Vieux jusqu’au l’entrée de la future rue Caraman, sui-
pont ; vant le tracé de celle-ci en passant
Rue R’cif

ORGANISATION ÉPOQUE ARABO-MUSULMANE - VII e-XVI e - LA MÉDINA

SPATIALE ZINEDDINE GUENADEZ PAR

devant le vieux palais Dar-el-Bey, puis rue du Marché, se tenait un souk avec res rues Perrégaux, Said Benchicou et
sous la mosquée Souk-Rzel (la cathé- les droguistes, les selliers, les cordon- Alexis Lambert. Cette dernière déviait
drale) et se prolongeant suivant le tracé niers, les marchands d’étoffes et d’objets à gauche pour éviter un énorme mas-
de la future rue Chevalier pour débou- divers, les passementiers, les forgerons sif rocheux qui s’étendait du carrefour
cher sur la place de Souk el Acer (place et le grand bazar. Dans les rues inter- Perrégaux (place Molière) jusqu’aux
Négrier) devant la mosquée et la méder- médiaires de ce quartier (notamment la abords de la porte El Kantara et qu’il
sa de Sidi El Kettani : rue Vieux), on trouvait les fabricants de faudra faire sauter à la mine pour ouvrir
• Une rue bordée de boutiques, par- tamis, les chaudronniers, les menuisiers, la rue Nationale en 1868.
tant de Bab el Oued (devant le théâ- les parchemineurs, puis les bouchers et
tre), passant à el Mouffok (angle des les teinturiers ;
rues Cahoreau et Nationale) et se pro- • enfin, une voie qui seule, traversait
longeant par la rue Combes jusqu’à la entièrement la ville de Bab el Djabia
place Rahbet es Souf (Place des galet- (entrée du pont Sidi Rached) à Bab
tes). Tout au long de cette rue appelée el Kantara, suivant le tracé des futu-
33
LE QUARTIER COMMERCIAL DE LA MEDINA AVANT
1837

Source : Mercier, 1837.


Lecuyer, les métiers constantinois.
Divers. Élaboration BP 1983.

MÉTIERS
droguistes
selliers
cordonniers
chaussures dames
parchemineurs
fab. bâts huiles
teinturiers artichauts sauvages
laine filée maraichers
passementiers bouchers
halle de la laine confiseurs
fab. tamis marchés
menuisiers tanneries

URBANISME
fab. plats bois tisserands
tourneurs sur bois hammams
charbonniers fours boulangers
Sabat Ben Djelou

RUELLES ÉPOQUE ARABO-MUSULMANE - VII e-XVI e - LA MÉDINA

& COMMERCES

Impasse Zellaïka Impasse Kerrouaz Rue Mellah Slimane (Souika)


34

BENTCHIKOU
MAISON À PATIO
BEN TCHIKOU
L’habitation traditionnelle constantinoise se recevoir les invités.
ÉPOQUE ARABO-MUSULMANE - VII e-XVI e - LA MÉDINA

Le rez de chaussée comporte, outre les


définit par son introversion. Reconduisant La porte extérieurs à deux battants s’ins- pièces de réception, la cuisine et parfois
une ancienne organisation qui est d’ailleurs crit dans un dormant massif en arcature. des chambres. Sous la dalle du patio se
répandue autour de la Méditerranée, cet Un cloutage composé de gros cabochons trouve une citerne, « El Madjen », accu-
agencement impose le patio comme espace en bronze la décor. Sur les battants droits mulant les eaux pluviales provenant de la
central structurant. Il est un intermédiaire se trouve un heurtoir en forme de poigné toiture.
entre l’intérieur et l’extérieur, le haut et le de main renfermant une boule, et sur Si de l’extérieur, l’habitation n’offre
bas, le couvert et l’ouvert. l’extrémité se pose une main de fatma aucune singularité architecturale, l’inté-
L’accès à partir de l’extérieur se fait par appelée « Khamsa ». L’accès à l’étage se rieur est compensé par l’utilisation des
la Skiffa, passage en chicane couvert et fait également à partir de la galerie ou matériaux nobles (marbres, céramique,
souvent meublé d’une banquette pour directement de la skiffa par des escaliers. bois) avec des décorations très élaborées.
35

La maison Inglis Bey est Située dans mations importantes. Ces transformations
le quartier de la Casbah (ex. Tabia-el- sont aussi dues au percement de la rue du
Kebira), c'est-à-dire dans la partie euro- 23° de ligne sur laquelle elle se situe.
péenne du rocher. Les plus importantes sont l'introduction
La date exacte de sa construction demeu- de l'escalier hélicoïdal et l'ajout de fenê-
re inconnue. Les habitants actuels racon- tres (du à la nouvelle percée) sur les faça-
tent qu'elle appartenait à la famille Inglis des Est et Nord, ouvrant ainsi de maniè-

INGLISBEY
Bey. Elle a changé plusieurs fois de pro- re atypique la maison sur l'extérieur.
priétaires. Durant la période coloniale, On y accède à partir d'une impasse de
Elle a appartenu à des européens. 15 m de longueur et 1.5 m de largeur,
C'est pour cela qu'on y note des transfor- desservant également d'autres maisons.

MAISON À PATIO ÉPOQUE ARABO-MUSULMANE - VII e-XVI e - LA MÉDINA

INGLIS BEY

BENCHARIF
MAISON À PATIO
BEN CHARIF
36

SIDIRACHED
ZAOUIA
SIDI R ACHED
ÉPOQUE ARABO-MUSULMANE - VII e-XVI e - LA MÉDINA

La mosquée de Sidi Rached est bâtie à la pointe sud du rocher, elle est surtout inté-
ressante par sa situation pittoresque.
La date de sa construction n’est pas connue précisément mais elle est antérieur à
l'époque ottomane.La salle de prière, de dimension exiguë, contient le tombeau de
Sidi Rached.
37

DJAMARELKEBIR
MOSQUÉE DE
DJAMA EL KEBIR
La Grande mosquée de Constantine
est le seul monument qui soit anté-
rieur à l'époque Ottomane. Il fut en
effet construit sur les ruines des tem-
ÉPOQUE ARABO-MUSULMANE - VII e-XVI e - LA MÉDINA

Elle connut une dernière grande


modification avec le percement de la
rue Impériale à la fin du XIXe siècle.

ples de Vénus et de la Concorde des


colonies Cirtéennes.
La date de sa construction reste cepen-
dant imprécise. Plusieurs inscrip-
tions permettent de la situer à la fin
du XIIIe siècle. Ces inscriptions ont
permis aux historiens de dire que la
Grande Mosquée de Constantine a
été construite sous les Hammadides et
restaurée sous les turcs.
38

ottomane
1522-1830
I
l a fallu attendre l’annexion de l’Al- En revanche, Souk Et-Tejjar à
gérie à l’Empire Ottoman pour que Constantine, centre géométrique de la
Constantine retrouve un statut glo- ville en constitue la partie la plus impor-
rieux. Capitale du Beylik de l’Est, elle tante. Il est traversé par des grandes voies
avait à sa tête un bey désigné par le Dey permettant la circulation des biens et des
d’Alger. personnes en joignant les portes de Bab-
el-Oued à Bab-el-Kantara.
Les beys successifs avaient plus ou moins Contrairement à l’idée que l’on peut
engagé des initiatives urbaines de grande s’en faire, ces voies sont larges et assez
ampleur. Le règne de Salah Bey (1771- régulières.
1791) se distingua par une série de Un système de rues étroites et sinueu-
grands chantiers pour l’embellissement ses débouchant sur des impasses permet
époque

de la ville. En effet après une acquisi- de desservir les parties résidentielles de


tion de terrain au nord de la ville, le bey la ville qui sont fortement différenciées
fonda une place de marché (Souk El de la partie commerciale. Organisées en
Acer actuellement), flanquée d’une mos- quartiers fermés, elles répondent à des
quée (Sidi El Kettani) et Dar El Bey. Il y exigences climatiques et sociales.
avait également des opérations de travaux Les maisons organisées autour de patios
publics et d’utilité ou le Bey n’hésita pas n’ont pas de façades mais offrent une
à faire appel à des spécialistes étrangers architecture riche et intéressante par le
(Restauration du pont d’El Kantara par jeu de volumes et d’échelles.
Bartoloméo). Le quartier résidentiel le plus connu et le
Cette conception présente beaucoup plus peuplé à Constantine est le quartier
d’analogie avec l’image urbaine qu’offre de Souika. Il tient son nom du groupe
les médinas du Moyen-Orient. de boutiques où les habitants pouvaient
De manière plus générale, les éléments trouver, près de chez eux, les denrées et
constitutifs de la médina constantinoise les objets les plus courants : ce sont les
correspondent au schéma classique de petits souks ou souika.
la ville arabo-musulmane. Ce n’est ni
la mosquée ni le centre du pouvoir qui L’éclatement du souk principal de la ville
étaient déterminants dans la morpholo- par le percement de la rue impériale a
gie de la ville mais le marché. conduit à une déstructuration totale de
Cette situation se retrouve tout à fait à l’équilibre de la Médina.
Constantine. La mosquée de Djamâa el
Kebir ayant été construite sur les vestiges ABDELOUAHAB BOUCHAREB
d’un temple romain. Le siège du pouvoir ET ZINEDDINE GUENADEZ
ENSEIGNANTS AU DÉPARTEMENT
ayant changé plusieurs fois de lieu mon- D’ARCHITECTURE ET D’URBANISME,
tre leur caractère secondaire. UNIVERSITÉ MENTOURI DE CONSTANTINE
39

A H M E DB E Y
PALAIS
DU BEY
Le palais Ahmed Bey (palais de la
Division) occupe tout un côté de la
place Foch (ancienne place du Palais,
aujourd'hui place Si El Haoues).
fenêtres, irrégulièrement percées. Mais
on ne doit pas s'arrêter devant ce masque
froid et presque lugubre ; il faut franchir
le seuil du palais et pénétrer à l'intérieur.
ÉPOQUE OTTOMANE - 1522 - 1830

la plus intéressante; ils sont à plus d'un


mètre en contrebas des galeries simples,
doubles ou triples qui les encadrent et les
séparent.
Le contraste est alors frappant, et l'on
Ce palais est la trace vivante de la oublie aussitôt ce que le dehors a de
civilisation Ottomane. Sa cons- rude et de disgracieux. On se trouve
truction fut entreprise en 1826 alors en présence d'un tableau ori-
Inauguré en 1835, sous le ginal et élégant.
règne du dernier Bey Le palais se compose de trois
Hadj Ahmed. corps de logis principaux à un
Toute la décoration étage, séparés par deux jar-
extérieure du palais dins.
se réduit à quelques Ces jardins sont la partie
40

coloniale
1830 - 1962
LES VICISSITUDES
COLONIALES
PAR ABDELOUAHAB BOUCHAREB

L’
année 1837 a été une période
de réussite pour l’occupation
époque

coloniale. Elle réussit enfin à


percer une brèche dans les remparts
de Constantine après moult tentatives
infructueuses face à la farouche et légen- Cette Place de la Brèche était également
daire résistance des constantinois. le point de départ des extensions urbaines
Cette brèche, devenue symbolique, avait coloniales décidées pour mieux asseoir
non seulement signifié une victoire mili- une domination durable.
taire mais aussi nommée la place auréolée
de la statue du vainqueur. Lamoricière qui, En effet, les interventions urbaines colonia-
pendant longtemps dans sa position figée, les se résument à trois moments majeurs.
donnait l’assaut comme en témoignait son Elles se traduisaient par des opérations
épée brandie en direction de la ville. urbanistiques importantes et leurs corol-
laires architecturaux qui avaient fini par
imprimer un nouveau paysage à la ville.

Au début il a fallu imposer un modèle


totalement inspiré de la culture métropo-
litaine non seulement pour signifier une
domination mais aussi pour « recréer » une
ambiance comme panacée au dépayse-
ment des colons fraîchement débarqués.
41

Constantine 1919

Ainsi de larges voies parfois « tracées au ture locale reléguée et complètement igno- support aux mondanités et aux parades,
cordeau » (la Rue Nationale et la Rue rée. appuis principaux à l’urbanité occiden-
Caraman) avaient été superposées à un Ces bâtiments dont les rez-de-chaussée tale. L’Hôtel de Ville, le Théâtre, l’Hôtel
maillage labyrinthique, principale caracté- réservés exclusivement aux commerces des Postes, le Palais de Justice présentent
ristique de la médina. inscrivaient de nouveaux modes socio-éco- une architecture inspirée des « œuvres de la
Ces rues bordées d’immeubles introdui- nomiques et de nouveaux comportements métropole » ou se mêlent monumentalité et

URBANISME
saient une architecture de style classique dans un tissu médinal jusque-là organisé scénographie, des intérieurs majestueux et
ou Néoclassique, une échelle « démesurée » selon les spécialités commerciales et artisa- des matériaux de haute gamme.
et une redondance volontaire des éléments nales (corporations). Des faubourgs (St-Jean, El Kantara) ont
architectoniques, semblent mépriser la cul- D’autres édifices ont été construits comme été crées de toutes pièces à la périphérie de

DE LA MÉDINA ÉPOQUE COLONIALE - 1830/1962 - URBANISME

À LA VILLE
la ville pour accueillir des colons. Les con- Le second moment majeur, une opération
cepteurs de ces établissements n’avaient pas de charme employée comme subterfuge
omis de les doter d’une architecture régio- pour se faire adopter par les « autochtones »,
nale et provinciale pour accompagner le s’appuyait sur un paternalisme « mala-
quotidien des colons en leur rappelant leur droit ».
origine.
Brefs, les alignements, la répétitivité et la L’usage des styles architecturaux locaux
monumentalité résument les insertions spa- a été assez marqué dans des édifices
tiales et architecturales coloniales élaborées publics.
pour contrarier une population habituée à L’interprétation des formes et des détails
des formes et à des rythmes qu’elles avaient architecturaux avait abouti à une « cari-
adoptés au terme d’une longue expérience caturisation », conséquence d’une lec-
constantine 1919, les phases d’évolution principales
et pour imposer une insularité « culturelle » ture superficielle et stéréotypée, appelée
comme stratégie de conquête. « style mauresque ».
42

Vue aérienne (mission 1957)

URBANISME
la Brèche rue Anatole France boulevard Victor Hugo

A XES ÉPOQUE COLONIALE - 1830/1962 - URBANISME

STRUCTURANTS
Au centenaire de la colonisation, les pro- structurants les extensions. principale de 70 mètres, la restauration
grès techniques et la démographie (issus Schématiquement, les extensions des- du pont d’El Kantara.
de la Révolution Industrielle) avaient sinent une forme radio-concentrique Si les premières extensions s’étaient
contraint le Pouvoir Colonial à procéder contrariée par une topographie du site accommodées de la construction de
à l’urbanisation des périphéries et opter assez contraignante, s’appuyant sur des modèles de maisonnettes (types habitat
pour des modèles urbanistiques et archi- avenues qui aboutissent en majorité à la ouvrier) occupant des parcelles permet-
tecturaux « à la mode » tels que préconi- Place de la Brèche. tant de dégager des jardins et des cours
sés par la mouvance fonctionnaliste. Cette volonté d’imposer ce schéma est et dont la caractéristique essentielle était
Le Centre-Ville, désormais bicéphale telle qu’elle avait contraint à effectuer la charpente (Bellevue, Les Combattants,
par l’annexion du Coudiat (après des des franchissements du ravin qui entoure Sidi Mabrouk), la « deuxième » généra-
travaux d’aménagements importants et le rocher des cotés Sud - Ouest, Sud et tion s’était appuyée sur la construction
l’implantation d’équipements adminis- Sud - Est en usant des techniques très d’immeubles reprenant intégralement les
tratifs) au noyau originel (le Rocher), performantes ; Le pont Sidi M’Cid, sus- recommandations des fonctionnalistes,
articulés autour de la Place de La Brèche, pendu par des câbles, le pont de Sidi à savoir les pilotis, les murs- rideaux, le
était devenu le lieu de ralliement des axes Rached, en pierre, présente une arche toit-terrasse…
43

Place de la Brèche et Médina en arrière plan

URBANISME
Rue Danrémont Rue Danrémont

PERCÉES ÉPOQUE COLONIALE - 1830/1962 - URBANISME

IMPÉRIALES
Superposition de la percée haussmanienne
44

Rue Casanova

URBANISME
Rue Blanc Rue Impériale

PETITES ÉPOQUE COLONIALE - 1830/1962 - URBANISME

PERCÉES
La rue Larbi Ben M’Hidi avant 1867
Dans cette histoire longue de 125 Cependant Constantine restera l’uni-
années, Constantine est un champ que medina qui garde les traces d’une
dans lequel se côtoient les styles archi- double opération de déstructuration/
tecturaux développées en Europe restructuration ayant permis de col-
depuis la fin du XIXe siècle et les styles lectionner sur le Rocher les différentes
locaux. L’historiographie de l’archi- phases de l’histoire de l’homme et de
tecture et de l’urbanisme avait connu l’humanité.
une accélération depuis 1837 sous le
double effet des velléités stratégiques
coloniales et le progrès des techniques
industrielles et constructives.
45

Vue aérienne de Bellevue

URBANISME
Vue aérienne: Lamoricière, pont Sidi Rached et Médina en arrière plan

FAUBOURGS ÉPOQUE COLONIALE - 1830/1962 - URBANISME

Vue aérienne de Coudiat Quartier «Ciloc»


46

M E DE R S A
PLAN NIVEAU PRINCIPAL

LA MEDERSA ARCHITECTURE - ÉPOQUE COLONIALE - 1830/1962

Pendant toute la période coloniale, la 1909-1938 : la Medersa devient « l'Ecole « Lycée », aligné sur le statut de lycée du
monumentalité architecturale qui fut de Française Arabe » destinée à former des type français. Elle conservera celui-ci jus-
règle, s'est exprimée sous différents styles fonctionnaires de l'administration colo- qu'à l'indépendance.
correspondant chacun à une phase parti- niale dans l'intention de disposer d'auxi- 1966 : Après l'indépendance, la Medersa
culière de la conquête. Dans ce contexte, liaires musulmans défenseurs du régime fut rattachée au Ministère de l'éducation
la Medersa fut construite sur les dessins colonial ; mais ce fut un échec et cette nationale en tant que centre universitaire.
de l'architecte et archéologue A. Ballu institution s'est transformée en un foyer 1970 : elle constitua l'une des struc-
avec la collaboration de Bonnel. de nationalistes virulents. tures de l'université de Constantine et
La Medersa a connu durant près d'un C'est pour cela qu' en 1950, elle fut rat- accueillera le « CURER ».
siècle d'existence de multiples reconver- tachée au « Lycée Franco Musulman ». 1995 : siége de « l'Académie Universitaire
sions : Elle comptait 40 élèves musulmans pré- de l'Est Algérien ».
en 1907 : la Medersa était rattachée à la parant le Brevet d'Arabe qui leur permet-
Medersa Kettania, l’institution fondée tra de devenir maîtres d'arabe ou talebs.
par Salah Bey en 1775. 1952 : la Medersa reçoit l'appellation de
47

M E DE R S A
LA MEDERSA ARCHITECTURE - ÉPOQUE COLONIALE - 1830/1962
48

CATHÉDRALE
LA CATHÉDRALE

La mosquée Souk El Ghezal a été cons-


truite à partir de 1703 par un Marocain,
ARCHITECTURE - ÉPOQUE COLONIALE - 1830/1962

mier curé et les arabes lui offrent la chai-


re, magnifique travail artisanal.
ter aux offices catholiques, on a le choix
entre les chapelles de plusieurs couvents ou
Abbas ben Alloul Djelloul, au service Ce bâtiment a bien sûr retrouvé la cathédrale, église paroissiale de toute la
du bey de Constantine Hussein bou aujourd'hui son affectation originelle. ville. C'était, avant l'occupation française,
Koumia, et achevée en 1730. Enfin je vous propose une description de la plus belle mosquée de Constantine.»
Transformée et agrandie par l'architecte cet édifice et extraite du journal de Mme
Meurs, elle est affectée au culte catho- Louis Régis publié en 1880 : «17 juin.
lique en 1838 sous le nom de Notre- - Nous sommes allés aujourd'hui visiter la
Dame des Sept-Douleurs (première cathédrale. Elle est située sur un des côtés
paroisse de Constantine). La coupole est de la place principale de la ville, dont tout
imitée du dôme de Florence. le fond est occupé par le palais, un rare
En 1839, l'abbé Suchet devient le pre- échantillon du beau style arabe. Pour assis-
49

Banque Hôtel Cirtha Hôpital Universitaire

La poste Maison bourgeoise

COLONIAL
Quartier Belle vue Quartier Belle vue Rue Larbi Benmhidi

ARCHITECTURE ARCHITECTURE - ÉPOQUE COLONIALE - 1830/1962

COLONIALE L’hotel de ville

Le théatre
époque
contemporaine
1962 - 2003
50
51

URBANISME
Cité Ameziane, en arrière plan la cité illicite de Benchergui

STRUCTURE URBANISME - ÉPOQUE CONTEMPORAINE - 1962/2003

URBAINE ACTUELLE
La ville de Constantine a connu une l’occurrence la RN 20, la RN 3, et la
extension spectaculaire depuis l'indépen- RN 5. Ces orientations sont apparues pen-
dance. Celle-ci s’est d’abord réalisée selon dant l'application du plan de Constantine
deux axes : l'axe Est et l'axe Sud-Ouest. en 1958, et elles ont été concrétisées par
Durant la dernière décennie c'est l'axe le P.U.D de 1975.
Sud qui a été privilégié. Le « report de croissance » de
Cette extension à consistée en un « report Constantine sur ces villes périphéri-
de croissance » sur ces trois axes, qui pos- que (El-khroub, Ain Smara, Hamma
sédaient à l’origine des structures « villa- Bouziane et Didouche Mourad) s’est
geoises » (Elkhroub, Didouch, Ain Smara) accompagné aussi d’un report « d’ac-
mais qui disposaient d’une implantation tivités » et ce dans tous les secteurs
préférentielle le long d’axes routiers, en (primaire,secondaire, et tertiaire).
52

URBANISME
SCHÉMA DIRECTEUR DU GRAND CONSTANTINE

STRUCTURE URBANISME - ÉPOQUE CONTEMPORAINE - 1962/2003

URBAINE ACTUELLE
NOYAU INITIAL
A partir de 1988 ,il a été procédé à l'activa-
URBANISATION COLONIALE tions des opérations de promotions immobi-
lières et des coopératives destinées à l'auto
URBANISATION NATIONALE
construction, particulièrement dans les zones
SECTEUR A URBANISER A COURT ET MOYEN de AIN EL BEY vers le Sud, celle de SERKINA et
TERME EL BARDA vers le Nord-Est.
L'implantation des quartiers informels à
SECTEUR A URBANISATION FUTUR Constantine, occupe différentes zones centra-
EMPRISE DU SECTEUR INDUSTRIEL (ZI) les et périphériques. les plus anciens se situent
à proximité du rocher.
EMPRISE DE LAÉROPORT L'accroissement du flux de population
immigrante s'est accompagné de l'appari-
ESPACE BOISÉ À PROTÉGER ton de nouveaux regroupements informels
densifiant la zone à proximité du centre :
ESPACE IRRIGABLE À PROTÉGER
BARDO, AVENUE DE ROUMANIE,CHALET DES
ESPACE AGRICOLE À PROTÉGER PINS,BENTELLIS.
53

Quartier Bellevue

Quartier Boussouf’

URBANISME
Cité de recasement El Gammas

LES CITÉS URBANISME - ÉPOQUE CONTEMPORAINE - 1962/2003

« NOUVELLES »
CITÉS DE RECASEMENT UN EXEMPLE : Les premiers occupants s’installent
Le plan de Constantine de 1958 com- LA CITÉ EL GAMMAS en1968. Le lotissement se compose alors
portait entre autre un vaste projet de Architecte : Rosien House de 150 constructions pour une popula-
logement et de relogement : le program- Début du chantier : 1967 tion de 1288 habitants.
me de relogement concernait la popula- Les lots sont de surfaces différentes mais
tion occupant des logements insalubres Conçue par une société danoise, El il existe une certaine uniformité dans
ou précaires, avec comme objectif l’amé- Gammas est à l'origine une cité de l'aspect architectural des constructions.
lioration de l’habitat et du cadre de vie. transit temporaire. Ses maisons en bois
ont été prévues pour loger provisoire- La cité est aujourd'hui devenue pérenne,
ment les habitants en transit entre leurs loin de l'objectif initial. Les habitants se
anciens bidonvilles et les nouveaux pro- sont appropriés les lieux par la modifica-
grammes de logement alors en cours de tion progressive et la « durcification » des
construction. modèles initiaux.
1. CITÉ DE RECASEMENT - CITÉ LES MURIERS
Première cité de recasement construite en 1958, elle comporte
362 logements et regroupe une population de 2530 habitants qui
provenaient en majorité des localités avoisinantes.
54
2. ZHUN - DJEBEL EL OUAHCH - CITÉ ZIADIA
Entamé en 1976, ce projet de 1400 logements devait être achevé
en1979. Il n'a été achevé qu'en 1983 en raison de la non rentabilité du
procédé tridimensionnel.

3. ZHUN BOUSSOUF.

4.5. CITÉ 20 AOÛT 55


La cité du 20 août 55 représente la première expérience de construction
industrialisée dans l'extension de Constantine après l'indépendance.

2 4

URBANISME
3 5

LES CITÉS URBANISME - ÉPOQUE CONTEMPORAINE - 1962/2003

« NOUVELLES »
Avant les années 1990, l'urbanisation en On peut aujourd’hui aisément en Immeuble d’habitation à
Constantine, en éléments de
Algérie se faisait à coup de programmes observer les conséquences négatives, béton préfabriqués
économiques et d'habitat et non sur la et ce malgré la satisfaction d'une par-
base de plans d'urbanisme tenant compte tie de la demande : un gaspillage des
de la dimension spatiale, de l'utilisation terres agricoles et du foncier urbain
rationnelle des sols urbains et de l'échelle et périurbain en général ; des désé-
mineure. Cet état des choses qui privilégie quilibres régionaux persistants ; des
forcement l'expansion urbaine démesurée déséquilibres entre les centres anciens
s'est répercuté négativement sur les centres et les nouvelles cités d'habitation ; la
urbains qui ne disposaient d'aucun instru- désintégration systématique des espa-
ment d'intervention spécifique. Sans légis- ces d'urbanité qui sont dédifférenciés
lation suffisante et sans politique volontai- et monotones ; les difficultés de ges-
re, l'urbanisation relative aux tissus anciens tion et l'insuffisance des infrastructu-
et aux centres des villes était délaissée. res et des équipements.
1.
2.
3.
4.
Entrée de la bibliothéque.
La tour administrative.
Schémas de principe du bloc des lettres.
Croquis du plan masse.
55
5. L’auditorium.
6. Maquette de l’université.
7. Circulation dans le bloc des lettres.

1 2

3 4

NIEMEYER
5 6

UNIVERSITÉ ARCHITECTURE - ÉPOQUE CONTEMPORAINE - 1962/2003

NIEMEYER 7

L'université de Constantine est la premiè- différents enseignements disciplinaires. En


re construction universitaire de l'Algérie effet, plutôt que de concevoir son projet
indépendante. Le projet fut confié à Oscar comme une juxtaposition de plusieurs ins-
Niemeyer en 1968. tituts, l'architecte a regroupé, d'une part
le plus grand nombre de salles destinées
Niemeyer choisit pour son implantation aux travaux dirigés, aux séminaires et aux
un site sur les hauteurs de Constantine cours, d'autre part les amphithéâtres des-
faisant face à la ville. tinés aux cours théoriques et les laboratoi-
res pour l'expérimentation scientifique, et
L'architecte brésilien semble avoir anti- enfin, tous les services administratifs et les
cipé la réforme de l'enseignement qui secrétariats, qui sont réunis dans une tour
proposait de supprimer le plus possible les centrale de 21 étages. C'est cette tour qui
barrières qui existaient entre les instituts confère à l'université son omniprésence
afin d'intégrer, dans un même espace, les dans le paysage urbain constantinois.
56

3 2

NIEMEYER
4

UNIVERSITÉ ARCHITECTURE - ÉPOQUE CONTEMPORAINE - 1962/2003

NIEMEYER 5

L'ensemble des bâtiments est un


jeu de volumes ou plutôt d'objets.
L'auditorium, représentant un livre
ouvert entouré de plusieurs objets
symbolisant le savoir : plumiers, encrier,
crayon…

1. L’esplanade de l’université, l’auditorium.


2. Esquisses de principe des bâtiments,
croquis de O. Niemeyer.
3. Vue aérienne de l’esplanade.
4. L’esplanade et le bloc des lettres.
5. L’espace sous le bloc des lettres.
57

CAMPUS
CAMPUS ARCHITECTURE - ÉPOQUE CONTEMPORAINE - 1962/2003

A. HAMANI «ZERZARA» Maitre d’ouvrage : ROM CONSULT


Date du début des études : 1976
58

TA N G E
LA CITÉ AÏCHA
OUM EL MOUMININ
Architecte : KENZO TANGE
Date du début des études : 1976

Cette cité universitaire est d'une


ARCHITECTURE - ÉPOQUE CONTEMPORAINE - 1962/2003

Pour son projet, l'architecte insére


capacité de 2000 lits, elle dispose d’un l'espace de vie entre deux blocs
restaurant, d’une bibliothèque, d’un parallélépipédiques, leur échelle aide
foyer, d’une petite salle de spectacle, l'édifice à s'imposer horizontalement
d’un terrain de jeux et enfin d’un petit sans casser la verticalité de la tour de
théâtre en plein air qui n'a pas encore l’université conçue par Niemeyer et
vu le jour. réalisée à proximité.
à l'intérieur, le travail de l’architecte a
surtout porté sur la qualité des éclairages.
59

La mosquée et l’université, vue générale

COUPE SUR LA MOSQUÉE

M E NS OU R
La mosquée, entrée principale

COMPLEXE ARCHITECTURE - ÉPOQUE CONTEMPORAINE - 1962/2003

EL EMIR ABDELKADER
Architecte : MUSTAPHA MENSOUR
Date du début du chantier : 1970

Face au modernisme de Oscar Niemeyer Ainsi, les artisans egyptiens et marocains


et de KENZO TANGE, la mosquée ont exprimé leur talent en donnant
el émir s'impose dans un style très harmonie aux formes et aux matières
contradictoire qui rappel l'architecture dans les moindres détails, en témoigne
arabo-musulmane. Avec ces minarets la très grande richesse de l'intérieur.
de 110m de hauteur et son immense L’ensemble offre aux visiteurs un endroit
coupole, l'édifice domine une partie propice à la prosternation.
de la ville. La volumétrie du bâtiment
est volontairement sobre, elle permet
de mettre en évidence le travail et la
recherche apportés a l’ornementation.
60

FAÇADE EST

Étant donné la complexité et la diver- significations architecturales les plus ori-


sité des détails qui composent l'ar- ginelles qui persistent, et qui n'ont pu
chitecture de la Mosquée « El Emir s'estomper malgré les temps.
Abdelkader », il est difficile de faire Un retour vers la pensée musulmane
une lecture assez exhaustive à travers s'impose, du moins pour comprendre et
un premier regard, mais néanmoins, il apprécier l'architecture de cette gigan-
est toujours possible de présenter un tesque mosquée. Cette dernière a puisé
aperçu permettant d'apprécier l'image la force de sa beauté dans les temps glo-
d'une somptueuse architecture musul- rieux d'une civilisation fondée sur les
mane contemporaine. principes d'un Islam Universel qui a fait
A travers quelques images, on découvre de ce lieu de prosternation, un symbole
une grande mosquée qui vient ajouter sa de toutes les vertus humaines.

M E NSOU R
valeur artistique à Constantine, ville déjà
riche de sens, de cultures et de traditions. NASRI YAMINA
On appréciera cette œuvre à travers ses ET MÉROUANI MALEK

COMPLEXE ARCHITECTURE - ÉPOQUE CONTEMPORAINE - 1962/2003

EL EMIR ABDELKADER

PLAN