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Normes comptables internationales – Partie 2 Fiche n°10

Fiche N°10 1
PROVISIONS ET PASSIFS (ACTIFS) ÉVENTUELS (IAS 37)

I AS 37 traite de la comptabilisation et de l’information à fournir pour les


provisions, les passifs et actifs éventuels hormis quelques exceptions.

1. DÉFINITIONS ET CRITÈRES DE COMPTABILISATION

Dans la version actuelle d’IAS 37, les provisions sont, en effet, définies comme
des passifs dont l’échéance ou le montant est incertain. Par ailleurs, les critères
de comptabilisation des provisions sont au nombre de trois, à savoir :

– l’existence d’une obligation actuelle de l’entreprise résultant d’événements


passés (a) ;
– la probabilité d’une sortie de ressources pour satisfaire l’obligation (b) ;

– la possibilité d’une estimation fiable (c).IAS 37 distingue les provisions, des


passifs et des passifs éventuels suivant le degré de certitude du montant et de
l’échéance ainsi que de la nature de l’obligation.

Provision Passif Passif éventuel (*)


Échéance, Échéance ou montant Échéances et N/A en principe (non
montant incertain mais estimé de montants certains
connus de façon
façon fiable fiable)
Nature de Actuelle : – Potentielle dont
l’obligation – juridique : contrat, l’existence sera
résultant dispositions légales ou confirmée par des
d’événements réglementaires et autres ; événements futurs
passés – ou implicite : pratiques incertains non
passées vis-à-vis des tiers totalement contrôlés
par l’entreprise.
– Ou actuelle mais ne
remplissant pas les
critères de
comptabilisation
définis ci-avant (b) et
(c).
Traitement Comptabilisation Comptabilisation Pas de
comptable séparée des provisions endettes ou comptabilisation.
charges à payer Mention uniquement
en notes annexes
Exemples Coûts de dépollution ou Coût à venir
de démantèlement d’équipement des
d’une installation usines en filtre à fumée
résultant de dommages pour faire face à une
passés obligation future
(*) Non comptabilisable, un passif éventuel n’est autre qu’un passif potentiel résultant
d’événements passés dont l’existence ne sera confirmée que par des événements futurs

Jules MVÉTIMBO TAMBO


Expert-comptable, commissaire aux comptes
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incertains non totalement contrôlés par l’entreprise. Exemple : action en justice dont le
dénouement est incertain. 2

2. MODALITÉS D’ÉVALUATION

L’évaluation de la provision doit être faite sur la base d’un jugement visant à
déterminer la meilleure estimation du montant permettant de libérer
l’entreprise de son obligation et, en cas d’incertitudes, selon une méthode
statistique de pondération des résultats en fonction de leur probabilité,
méthode dite « de la valeur attendue ». Revue et ajustée si nécessaire à
chaque clôture, cette évaluation doit tenir compte des risques et incertitudes
sur la base d’une certaine prudence et des événements futurs attendus
pouvant objectivement affecter l’obligation. Elle doit comprendre, en outre,
une actualisation des décaissements futurs si cela est significatif, sans prise en
compte d’éventuelles sorties d’actif associées, ni de compensation avec des
remboursements « quasi-certains » en vertu, par exemple, de contrat
d’assurance, de clause d’indemnisation, etc. Dans ce dernier cas, un actif
distinct devra être enregistré dans la limite du montant de la provision
constituée. IAS 37 donne trois cas d’applications spécifiques de ces règles de
provisionnement. Cela concerne :
– l’interdiction de constituer des provisions sur pertes opérationnelles futures
(application des tests de dépréciation d’actifs selon l’IAS 36) ;

– l’enregistrement de provision sur les contrats déficitaires exécutés ;


– des conditions précises de constitution des provisions pour restructuration.
Elles font référence principalement à l’existence d’un plan formalisé et détaillé
(activité, sites, effectifs, dépenses, date de mise en œuvre) et connu des
intéressés (annonce, commencement d’exécution du plan). En outre, les
dépenses visées doivent être directement liées à la restructuration.
IFRIC 21 – Taxes

Selon l’interprétation IFRIC 21, le fait générateur de l’obligation créant un passif au titre
d’une taxe due est l’activité rendant cette taxe exigible. Celui-ci est prévu par les
dispositions légales ou réglementaires. Ainsi, si l’activité rendant la taxe exigible est la
génération de produits au cours de la période en cours et que la base de calcul de
cette taxe correspond aux produits générés au cours d’une période antérieure, le fait
générateur de l’obligation est la génération de produits au cours de la période en
cours. La réalisation de produits au cours de la période antérieure est nécessaire, mais
non suffisante, pour créer une obligation actuelle. Exemple : la contribution sociale de
solidarité des sociétés (C3S) calculée sur le chiffre d’affaires N-1 a un fait générateur
au 1erjanvier N. Ainsi, la comptabilisation d’un passif au titre d’une taxe peut être
immédiate à l’ouverture de l’exercice ou progressive en cas de fait générateur se
réalisant au fur et à mesure de l’activité, voire différée en fonction de l’atteinte d’un
seuil minimal d’activité correspondant au fait générateur.

Jules MVÉTIMBO TAMBO


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3. INFORMATIONS À FOURNIR
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IAS37dresseenfinunelisted’informations à fournir sous forme narrative et chiffrée
pour chaque catégorie :

– de provisions : tableau de variation, description de la nature et des


échéances des obligations correspondantes, incertitudes éventuelles et
remboursements attendus ;
– de passifs éventuels et actifs éventuels : description de leur nature
accompagnée d’une estimation chiffrée.
À la différence des normes IFRS, le PCG prévoit en particulier la
comptabilisation obligatoire en provision ou composant des « provisions pour
grosses réparations ». L’obligation d’actualisation des provisions n’existe pas
dans les dispositions du PCG.

Exemple
À fin N, l’entreprise A est susceptible d’engager des dépenses futures sur plusieurs sites
de production évaluées à 150 KFcfa pour se mettre en conformité avec de nouvelles
préconisations de sécurité sous réserve que celles-ci soient confirmées en N+ 1.
S’agissant de préconisations en attente de confirmation et ayant un caractère non
obligatoire, l’entreprise porte uniquement une information en notes annexes
s’agissant d’un passif éventuel significatif. L’entreprise A a été reconnue responsable
en octobre N d’un sinistre causé à un tiers. Le montant de l’indemnisation estimée à
30 KFcfa sera arrêté définitivement lors de l’appel du versement au premier trimestre
N+ 1. À fin N, l’entreprise a obtenu un accord définitif de la part de son assureur
concernant le remboursement d’une somme forfaitaire de 15 KFcfa. L’indemnisation
définitive à la charge de l’entreprise constitue une obligation actuelle résultant d’un
sinistre antérieur dont l’échéance est connue (1ertrimestre N+ 1) mais le montant
incertain. Il s’agit ainsi d’une provision à comptabiliser à fin N pour un montant de 30
KFcfa. Par ailleurs, la somme forfaitaire de 15 KFcfa acquise fin N de la part de
l’assureur constitue un actif à comptabiliser distinctement. L’entreprise A est soumise
à des obligations de dépollution résultant d’engagements contractuels dans le cadre
de l’exploitation d’un site industriel. La dépollution dont le coût est estimé à fin N à50
KFcfa (avant actualisation au taux de 3 %) devra intervenir dans 10 ans en fin
d’exploitation. S’agissant d’obligations actuelles (engagements contractuels)
résultant d’événements passés (pollutions causées à l’environnement), l’entreprise A
doit constater une provision à fin N en tenant compte de l’actualisation compte tenu
du différé significatif de sortie de trésorerie en fin d’exploitation du site. D’où, la
dotation d’uneprovisionramenéeà37,2KFcfa [50 KFcfa/(100 % + 3 %)^10].

Jules MVÉTIMBO TAMBO


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Quiz - Provisions, passifs éventuels, actifs éventuels


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Indiquer si les assertions suivantes sont vraies ou fausses :

1. En normes IFRS, si le montant d’une provision pour risques et charges ne peut


être estimé qu’au sein d’une fourchette, alors aucun montant ne doit être
provisionné dans les comptes.

2. En normes IFRS, si une obligation actuelle existe mais qu’aucune estimation


n’est possible, une mention devra figurer dans 1 annexe.

3. Dans les comptes IFRS, les provisions pour risques et charges sont présentées sur
deux lignes distinctes au passif : provisions pour risques et provisions pour
charges.

4. Lorsque l’on passe d’une comptabilité française à une comptabilité IFRS il faut
retraiter les provisions réglementées.

5. Les provisions pour grosses réparations peuvent être enregistrées en normes IFRS

6. Un des critères de comptabilisation des couts de restructuration en normes IFRS


est « avant la date de clôture, la direction a approuvé le plan et l’a soit
annoncé, soit commencé à le mettre en œuvre ».

7. En normes IFRS, les pénalités de résiliation d’un contrat de location d’un bien
qui ne sera plus utilisé dans le cadre d’une restructuration ne constituent pas
des coûts de sortie.

8. En norme IFRS, un changement de système informatique constitue un coût de


sortie.

9. En normes IFRS, les efforts commerciaux faits pour atténuer les effets de
perturbations engendrées par une restructuration ne constituent pas des coûts
de sortie.

10. En N1, 10 clients ont subi une intoxication alimentaire en raison de produits
commercialisés par la société X et les produits concernés ont été retirés du
marché. Courant NI, une action a été intentée à rencontre de la société, qui
conteste sa responsabilité. Au 31/12/N1, les avocats de la société indiquent
que sur la base de leur expérience passée, il est improbable que la
responsabilité de la société soit retenue. La société établit ses comptes en
normes IFRS. Dans ce contexte, au 31/12/N 1, aucune provision ne doit être
constituée dans les comptes de la société X.

Jules MVÉTIMBO TAMBO


Expert-comptable, commissaire aux comptes
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11. Au 30/06/N2, sur la base d’une décision de justice rendue sur un cas similaire,
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les avocats indiquent à présent qu’il est plus probable qu’improbable que la
responsabilité de la société sera retenue. Les négociations commencent afin
de trouver un arrangement amiable. Au 30/06/N2, aucune provision ne doit
être constituée dans les comptes de la société X.

Jules MVÉTIMBO TAMBO


Expert-comptable, commissaire aux comptes