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C O U R S D ’ A N A LY E V

SMA-S3
A N A L Y S E D E L ’ E S P A C E Rn
ET
FONCTIONS DE PLUSIEURS
VA R I A B L E S

HASSAN RIAHI
UNIVERSITÉ CADI-AYYAD
Faculté des Sciences Sémlalia
Mathématiques
B.P. 2390, Marrakech
E-mail : h-riahi@uca.ac.ma

18 septembre 2017
2
SMA - Module Analyse V

Table des matières

1 Introduction ......................................................... 5

2 Normes sur l’espace Rn ........................................... 7


1 Présentation de la distance euclidienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2 Normes et équivalence dans Rn . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.1 Normes dans un R-espace vectoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
2.2 Convergence de suites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.3 Équivalence de toutes les normes sur l’espace Rn . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.4 Suites de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17

3 Notions topologiques dans Rn .................................. 19


1 Ouvert, fermé et voisinage . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2 Intérieur, adhérence et frontière d’un ensemble . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3 Valeurs d’adhérence d’une suite - Ensembles compacts . . . . . . . . . . . . . . . 23
4 Parties connexes par arcs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25

4 Limite et continuité d’une fonction de Rn dans Rm ........... 29


1 Fonctions de plusieurs variables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2 Limite d’une fonction en un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
3 Continuité d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31

5 Différentiabilité dans Rn ......................................... 37


1 Dérivées partielles et fonctions de classe C 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2 Différentiabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3 Dérivées partielles d’ordre supérieur et formule de Taylor . . . . . . . . . . . . . 46

6 Fonctions implicites et inversion locale ....................... 53


1 Théorème des fonctions implicites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
2 Théorèmes d’inversion locale et globale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57

7 Extremums libres et extremums liés .......................... 61


1 Extremum libres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
2 Extremum liés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66

8 Travaux dirigés ................................................... 71

3
TABLE DES MATIÈRES 4

1 Série No1 14-15 : Topologie élémentaire de Rn et Continuité . . . . . . . . . . 71


2 Série No2 14-15 : Calcul Différentiel et Extrémum . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
3 Série No1 15-16 : Topologie de Rn et Différentiabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
4 Série No1 16-17 : Topologie de Rn . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
5 Série No1 16-17 : Différentiabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
6 Série No1 17-18 : Topologie de Rn , Continuité et Différentiabilité sur Rn 131

9 Examens corrigés ............................................... 137


1 Session Principale 2014-2015 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
2 Session de Rattrapage 2014-2015 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
3 Session Principale 2016-2017 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149
4 Session de Rattrapage 2016-2017 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156
SMA - Module Analyse V

1 Introduction

Ce cours est conçu pour les étudiants de SMA-Semestre III. L’étudiant est réputé être familier
avec le calcul différentiel des fonctions d’une variable, les fonctions de R dans R. Rappelons
quelques résultats importants :
1. Le critère de Cauchy : Une suite numérique { xk : k ∈ N} est convergente si et seulement
si lim p,q→+∞ | x p − x q | = 0.
2. Le théorème de Bolzano-Weierstrass : Toute suite { xk : k ∈ N} de points d’un intervalle
compact [a, b] contient une suite partielle (ou sous-suite) convergeant vers un point de cet
intervalle.
3. La propriété des valeurs extrêmes : L’image d’un intervalle compact par une fonction
continue est un intervalle compact.
4. Le théorème des accroissements finis : Si f : [a, b] −→ R est dérivable sur ]a, b[ et
continue sur [a, b], il existe un point c ∈]a, b[ tel que f ( b) − f (a) = f 0 ( c)( b − a).
5. Le théorème de Taylor : Si f est k + 1 fois dérivable dans un intervalle ouvert I conte-
nant x0 , alors pour tout x ∈ I il existe ξ entre x et x0 tel que
k f (k) ( x ) f (k+1) (ξ)
0 i
( x − x0 )k+1
X
f ( x) − f ( x0 ) = ( x − x0 ) +
i =1 k! ( k + 1)!

6. Les fonctions convexes :


Une fonction f : (a, b) −→ R est convexe sur (a, b) si, et seulement si,

f ( tx + (1 − t) y) É t f ( x) + (1 − t) f ( y), ∀ t ∈ [0, 1], ∀ x, y ∈]0, 1[

si, et seulement si, f 0 est croissante sur ]a, b[, si, et seulement si,

f ( y) Ê f ( x) + f 0 ( x)( y − x), ∀ x, y ∈]a, b[.

L’étudiant est aussi supposé connaître les concepts fondamentaux de l’algèbre linéaire : ma-
trices, déterminants, écriture matricielle d’un système d’équations linéaires, règle de Cramer
pour le résoudre, vecteurs, transformations linéaires de Rn dans Rm et théorèmes principaux.

Nous allons étendre dans ce cours les notions de convergence de suites réelles, de continuité
et dérivabilité de fonctions d’une variable aux suites dans Rn et aux fonctions de plusieurs
variables. Il s’agira principalement de remplacer la valeur absolue par une norme qui permet
de définir la distance entre deux vecteurs et d’analyser la variation. Nous introduirons donc
la topologie de l’espace vectoriel Rn , et étudierons la variation des fonctions réelles ou vecto-
rielles définies sur Rn . Ceci nous ménera à l’étude de l’existence des extremums globaux et des
extremums locaux des fonctions de plusieurs variables.
Pour la preuve de tout résultat de ce cours, on ne donnera qu’une petite indication, le détail est
traité dans les séances de cours.

5
Introduction 6

Nous rappelons quelques notions de base, déjà vues dans les cours  de S1 :
x1
n
 . 
Comme c’est connu, R est l’ensemble des vecteurs colonnes x =  ..  
.
xk
T
Pour simplifier l’écriture, on note x = ( x1 , · · · , xk ) , qui est la transposée du vecteur ligne
( x1 , · · · , xk ). De même xT = ( x1 , · · · , xk ).
On sait que Rn est un espace vectoriel de dimension n, dont la base canonique est { e 1 , · · · , e k },
autrement dit, e i désigne le vecteur (0, . . . , 0, 1, 0, . . . , 0)T où le nombre 1 se situant à la i eme
ligne. Donc x = ( x1 , · · · , xk )T = ni=1 x i e i .
P

On rappelle aussi le produit scalaire entre deux vecteurs x = ( x1 , · · · , xk )T et y = ( y1 , · · · , yk )T de


Rn défini par
n
X
x· y= x i yi .
i =1
n n
L’application ( x, y) ∈ R × R 7→ x · y ∈ R est une forme bilinéaire symétrique.
Soient m et n deux entiers naturels non nuls. On note par Mm×n (R) l’espace de toutes les
matrices m lignes et n colonnes. Si A ∈ Mm×n (R), on écrit aussi A = [a i j ].
SMA - Module Analyse V

2 Normes sur l’espace Rn

1. Présentation de la distance euclidienne


On rappelle que la distance usuelle et intuitive entre deux points x et y du
plan R2 (ou de l’espace R3 ), vue au lycée, est ce qu’on appelle la distance eucli-
dienne. De même, on sait que la longueur d’un vecteur x = ( x1 , x2 )T de R2 (ou
x = ( x1 , x2 , x3 )T de R3 ), encore notée k xk, est d’après le théorème de Pythagore
égale à : q q
k xk = x12 + x22 (ou k xk = x12 + x22 + x32 ).

On peut étendre cette définition de norme euclidienne à Rn comme suit : soit


x = ( x1 , · · · , xk )T un point de Rn , alors la norme euclidienne de x est définie par
s
p n
X
k xk = x · x = x2i .
i =1

On remarque que la norme euclidienne ainsi définie possède l’Inégalité de


Cauchy-Schwarz suivante :
¯ ¯ Ã !1/2 Ã !1/2
¯X n ¯ n n
x2i yi2
X X
| x · y |= ¯ x i yi ¯ É = k xk × k yk, (2.1)
¯ ¯
¯ i=1 ¯ i =1 i =1

où égalité est satisfaite si, et seulement si, x et y sont colinéaires, c.à.d. qu’il
existe t 0 ∈ R tel que y = t 0 x.

Démonstration : Soit x, y deux points de Rn . Pour t ∈ R, on considère u t = x + t y.


On a deux cas possibles :
(i) Ou bien, il existe un t 0 tel que k u t0 k = 0, et donc u t0 = 0, ce qui signifie que x
et y sont colinéaires.
(ii) Ou bien, ∀ t ∈ R k u t k > 0, et donc pour tout t ∈ R
n n n n
2 2
x2i + 2 t 2
yi2 = a + 2 bt + ct2
X X X X
0 < k x + t yk = ( x i + t yi ) = x i yi + t
i =1 i =1 i =1 i =1

où a = ni=1 x2i , b = ni=1 x i yi et c = ni=1 yi2 .


P P P

Le trinôme at2 + 2 bt + c ne peut être strictement positif pour tout réel t que si

7
Normes sur l’espace Rn 8

son discriminant est strictement négatif, c.à.d. si b2 < ac, et ceci n’est autre que
l’inégalité de Cauchy-Schwarz (2.1). ■

On remarque aussi que cette norme euclidienne satisfait les trois propriétés
caractéristiques suivantes :
– Positivité et Séparation : la norme d’un vecteur est toujours positive
(au sens large) et ne vaut 0 que pour le vecteur nul.
– Homogénéité : la norme d’un vecteur multiplié par un scalaire est égale
à la valeur absolue du scalaire par la norme de ce vecteur.
– Inégalité triangulaire : la norme de la somme de deux vecteurs est
inférieure ou égale à la somme des normes des deux vecteurs.

Les première et seconde propriétés de cette norme euclidienne sont faciles à


vérifier. La dernière découle de l’inégalité de Cauchy-Schwarz (2.1). En effet, si
x, y ∈ Rn , alors
p
k x + yk = ( x + y) · ( x + y)
q
= k xk2 + 2 x · y + k yk2
q
É k xk2 + 2k xkk yk + k yk2 d’après Cauchy-Schwarz (2.1)
= k xk + k yk


Cette inégalité triangulaire signifie simplement que le plus court chemin d’un
point à un autre est la ligne droite.

De cette preuve, on remarque que si x et y sont orthogonaux, c.à.d. x · y = 0,


l’inégalité triangulaire devient une égalité :
k x + yk2 = k xk2 + k yk2 .

Ceci n’est autre que le théorème de Pythagore dans le cas de Rn .

En utilisant le produit scalaire usuel x · y et la norme euclidienne associée, on


peut aussi définir la notion d’angle entre les deux vecteurs x et y.
Si x, y ∈ Rn \ {0}, on définit l’angle entre x et y, noté A ( x, y), par :
x· y
µ ¶
A ( x, y) = arccos .
k xkk yk
On remarque que l’angle est bien défini en vertu de l’inégalité de Cauchy-
Schwarz qui assure que le terme dans l’arccos est dans [−1, 1]. Donc pour tout
Normes sur l’espace Rn 9

x, y ∈ Rn \ {0}, A ( x, y) ∈ [0, π].


On remarque aussi que la définition de A ( x, y) est une généralisation naturelle
du cas R2 .

Exemple : Si x = (0, 1, 1) et y = (1, 1, 0) sont deux point de R3 , alors

x· y 1 1 π
µ ¶ µ ¶ µ ¶
A ( x, y) = arccos = arccos p p = arccos = .
k xkk yk 2 2 2 3

2. Normes et équivalence dans Rn

2.1. Normes dans un R-espace vectoriel

Ce sont les trois propriétés caractéristiques satisfaites par la norme euclidienne


que l’on requiert pour définir de façon générale une norme sur Rn , ou même sur
un R-espace vectoriel E .

Définition 1. (Norme)

Soit E un R-espace vectoriel. Une norme sur E est une application

k · k : E → R+
x 7→ k xk

vérifiant les propriétés suivantes :


1. (Homogénéité) kα xk = |α| · k xk pour tout x dans E et tout α dans R.
2. (Inégalité triangulaire) k x + yk É k xk + k yk pour tout x et y dans E .
3. (Séparation) k xk = 0 ⇔ x = 0.
Dans ce cas, on dit que l’espace E est muni de la norme , k · k, ou tout sim-
plement (E, k · k) est un espace normé.
Normes sur l’espace Rn 10

Remarque 1
Il faut voir la norme comme la “longueur” d’un vecteur, mais selon un critère
de mesure associé à la norme choisie, voir l’exemple des normes usuelles.
Elle permet ainsi la mesure de la distance entre deux points de E .

La distance de x à y est ainsi par définition

d ( x, y) = k x − yk,

et la norme d’un vecteur x est la distance de l’origine au vecteur x, c.à.d. k xk =


d (0, x). Avec cette notation, l’inégalité triangulaire se comprend mieux, puis-
qu’elle nous dit que pour tout x, y, z ∈ Rn ,

d ( x, z) É d ( x, y) + d ( y, z).

Cette distance satisfait aussi, en plus de l’inégalité triangulaire, les deux pro-
priétés suivantes : pour tout x, y ∈ E ,

d ( x, y) Ê 0, d ( x, y) = 0 ⇔ x = y et d ( x, y) = d ( y, x).

Si d satisfait ces trois propriétés sur un ensemble E , qui n’est pas nécessaire-
ment muni d’une structure linéaire, on dit que d est une distance sur E et que
(E, d ) est un espace métrique.

Proposition 1

Soit k · k une norme sur E . Vérifier que pour tout x et y,

|k xk − k yk| É k x − yk.

Démonstration : à faire en exercice.


Normes sur l’espace Rn 11

Définition 2

Soit (E, k · k) un R-espace vectoriel normé. Une partie A de E est dite bornée
s’il existe M > 0 tel que k xk É M pour tout x ∈ A .

Exemples de norme sur Rn :


1. Lorsque n = 1, la valeur absolue | · | est une norme sur R.
2. Les normes usuelles de Rn sont définies pour x = ( x1 , · · · , xk )T par :
(a) la norme de la somme ou norme 1 : k xk1 = ni=1 | x i |,
P
¢1/2
(b) la norme euclidienne ou norme 2 : k xk2 = ni=1 x2i
¡P
,
(c) la norme sup ou norme infinie : k xk∞ = sup1É iÉn | x i |.
Dans la première section, les trois propriétés caractéristiques d’une norme ont
été déjà vérifiées pour la norme euclidienne k · k2 . On laisse le soin au lecteur de
les vérifier pour k · k1 et k · k∞ .
Pour expliquer la différence géométrique entre ces trois norme usuelles, on va
calculer dans R2 la distance de O = (0, 0)T au point x = (1, 1)T pour chacune des
normes k · k1 , k · k2 et k · k∞ . :
p p
k xk1 = 1 + 1 = 2, k xk2 = 1 + 1 = 2, k xk∞ = max{1, 1} = 1.

On remarque que k xk∞ < k xk2 < k xk1 , donc les trois normes sont distinctes deux
à deux.

Problème : Pour tout x = ( x1 , · · · , xk )T ∈ Rn , et tout p Ê 1, on considère


à !1/ p
n
|xi | p
X
k xk p = .
i =1

On sait que k · k1 et k · k2 sont des normes sur Rn .


1
On suppose que p > 1, et on pose q = p/( p − 1) de sorte que p
+ 1q = 1.
1. Montrer que k · k p vérifie les propriétés de séparation et d’homogénéité
d’une norme.

2. Montrer que pour tout u, v > 0, uv É 1p u p + 1q v q .


3. Soit x = ( x1 , · · · , xk )T et y = ( y1 , · · · , yk )T ∈ Rn . Montrer, en utilisant la ques-
tion précédente que, pour tout t > 0,
n
tp X
n
p 1 X n
| yi | q .
X
| x i yi | É |xi | + q
i =1 p i=1 t q i=1
Normes sur l’espace Rn 12

4. Lorsque x et y sont fixés, quelle est la plus petite valeur de


tp X
n
p 1 X n
|xi | + q | yi | q
p i=1 t q i=1

pour t > 0 ?
En déduire, l’inégalité de Hölder
à !1/ p à !1/ q
n n n
|xi | p | yi | q
X X X
| x i yi | É .
i =1 i =1 i =1

5. En utilisant l’identité de Hölder, déduire l’inégalité de Minkowski


à !1/ p à !1/ p à !1/ p
n n n
(| x i | + | yi |) p |xi | p | yi | p
X X X
É + .
i =1 i =1 i =1

6. Déduirer que k · k p est une norme sur Rn .


7. Lorsque p ∈]0, 1[, k xk p définit-elle une norme sur Rn ? Pourquoi ?

2.2. Convergence de suites


Nous étendons la notion de convergence des suites réelles aux suites vecto-
rielles.
Définition 3. (Suites convergentes)

Soient (E, k · k) un R-espace vectoriel normé et ( xk )kÊ0 une suite à valeurs


dans E . On dit que xk converge ou tend vers x ∈ E et on note limk→+∞ xk = x
+∞ +∞
ou bien xk −→ x si et seulement si k xk − xk −→ 0, ce qui se traduit par

∀ε > 0, ∃K ∈ N tel que ∀ k Ê K on a k xk − xk < ε.

Proposition 2

Soient (E, k · k) un R-espace vectoriel normé et ( xk )kÊ0 une suite à valeurs


dans E
1. Si la suite ( xk )kÊ0 converge vers x, cette limite est unique.
+∞ +∞ +∞
2. Si xk −→ x et yk −→ y, alors xk + yk −→ x + y.
+∞ +∞
3. Si t ∈ R et xk −→ x, alors txk −→ tx.
+∞ +∞
4. Si xk −→ x, alors k xk k −→ k xk.
Normes sur l’espace Rn 13

Démonstration : La démonstration des trois premières propriétés se dé-


duisent de l’inégalité triangulaire de la norme, et en utilisant les propriétés des
suites réelles. La dernière relation résulte aussi de l’une des propriétés d’une
norme. ■

2.3. Équivalence de toutes les normes sur l’espace Rn

Définition 4

Supposons données deux normes k·k et k·k0 sur E un R-espace vectoriel. On


dit qu’elles sont équivalentes s’ils existent des réels strictement positifs m
et M tels que pour tout x de E , on ait

m k x k É k x k0 É M k x k.

On note k · k ≡ k · k0 si les deux normes k · k et k · k0 sonr équivalentes.

Cette définition est bien entendu symétrique au sens où les inégalités précé-
dentes impliquent pour tout x ∈ Rn ,

M −1 k xk0 É k xk É m−1 k xk0 .

Plus généralement, cette relation entre les normes de Rn est une relation d’équi-
valence :
– reflexive : pour toute norme k · k, on a k · k ≡ k · k ;
– symétrique : si k · k ≡ k · k0 , alors k · k0 ≡ k · k ;
– transitive : si k · k ≡ k · k0 et k · k0 ≡ k · k00 , alors k · k ≡ k · k00 .
Ente les normes usuelles, nous avons les relations suivantes :
Normes sur l’espace Rn 14

Proposition 3

Pour tout x de Rn , on a

k xk∞ É k xk2 É k xk1 É nk xk∞ ,

et donc les normes usuelles k · k1 , k · k2 et k · k∞ sont équivalentes. En plus,


on a
p
k xk2 É nk xk∞ .

à !1/ p
n
Exercice. Soit pour x ∈ Rn et p ∈ [1, +∞[ la norme k xk p = |xi | p
X
.
i =1

1. Montrer que si 1 É p É q, alors pour tout x ∈ Rn , k xk q É k xk p .


2. Montrer que pour tout x ∈ Rn , lim p→+∞ k xk = k xk∞ .

Enonçons à présent un résultat plus général et qui est propre aux espaces de
dimension finie sur R (comme Rn ).

Théorème 1. (Théorème de Riesz sur l’équivalence des normes)

Sur l’espace Rn toutes les normes sont équivalentes.

Démonstration : L’idée principale est de vérifier qu’une norme quelconque


k·k sur Rn est équvalente à k·k∞ . On utilise le théorème de Bolzano-Weierstrass
. ■
Normes sur l’espace Rn 15

Remarque 2
L’implication pratique de ce résultat est la suivante : si une suite de vec-
teurs ( xk ) converge vers x pour une norme donnée k · k, elle en est de même
pour toute autre norme k xk0 . Dans Rn , puisque toutes les normes sont équi-
valentes, on dit alors, sans préciser de norme, que ( xk ) converge vers x.

Remarque 3
La démonstration faite au théorème précédent, peut être adaptée à tout
R-espace vectoriel de dimension finie n. Si on considère un espace vecto-
riel de dimension finie n, dont le corps associé n’est pas la droite réelle,
l’équivalence des normes n’est pas assurée.

Remarque 4. (importante)
En dimension finie, ce théorème est faux si le corps associé n’est pas complet
!.

Exemple de normes non équivalentes en dimension finie :


p p
Considérons E = {a + b 2 : a, b ∈ Q} = Q[ 2].
p
Alors E = vect Q {1, 2} est un Q-espace vectoriel de dimension 2, il suffit d’utili-
p
ser l’application ϕ : Q2 −→ E définie par ϕ(a, b) = a + b 2, qui est une application
linéaire bijective.
p p
On prend, pour x = a + b 2 ∈ E , N1 ( x) = |a| + | b| et N2 ( x) = |a + b 2|.
Il est facile de vérifier que N1 et N2 sont des normes sur E , sauf la séparation
p p
de N2 où l’on utilise 2 est irrationnel pour déduire N2 (a + b 2) = 0 ⇒ a = b = 0.

Pour justifier la non équivalence de N1 et N2 , on prend pour k ∈ N? ,


p p
xk = (1 − 2)k et yk = (1 + 2)k ,

qui sont tous les deux des éléments de E , car


p p
xk = a k − b k 2 et yk = a k + b k 2 où a k , b k ∈ Q.
p p
Puisque −1 < 1− 2 < 1 et 1+ 2 > 1, on déduit que lim xk = 0 et lim yk = +∞.
k→+∞ k→+∞
Donc
xk + yk
lim a k = lim = +∞.
k→+∞ k→+∞ 2
Par suite
p
lim N1 ( xk ) = lim (|a k | + | b k |) = +∞ et lim N2 ( xk ) = lim (|1 − 2|k ) = 0.
k→+∞ k→+∞ k→+∞ k→+∞
Normes sur l’espace Rn 16

Donc les¶ deux normes sur E , N1 et N2 ne sont pas équivalentes, car la suite
N1 ( x k )
µ
n’est pas bornée. ■
N2 ( x k )

Exemple de normes non équivalentes en dimension infinie :


On considère l’espace vectoriel (de dimension infinie) E = C ([0, 1], R) des fonc-
tions continues sur [0, 1] et à valeurs dans R. Pour f ∈ C ([0, 1]), on définit :
Z 1
k f k1 = | f ( t)| dt, et k f k∞ = sup | f ( t)|.
0 t∈[0,1]

On peut vérifier que k · k1 et k · k∞ sont des normes sur E .

Considéronst la suite de fonctions f k : [0, 1] −→ R définies par f k ( t) = t k pour tout


t ∈ [0, 1].
On peut déduire que ( f k ) tend vers 0 pour la norme k·k1 , mais pas pour la norme
k · k∞ , car
Z 1 Z 1
1
k f k k1 = | f k ( t)| dt = t k dt = et k f k k∞ = sup | f k ( t)| = sup t k = 1.
0 0 k+1 t∈[0,1] t∈[0,1]

Donc les deux normes k · k1 et k · k∞ ne peuvent être équivalentes. ■

En utilisant ce théorème d’équivalence de normes, on peut caractériser la


convergence de suites dans Rn en termes de convergence de suites réelles.

Proposition 4

Soient ( xk )kÊ0 une suite à valeurs dans Rn . Alors ( xk )kÊ0 converge vers x si
et seulement si pour tout 1 É i É n, la suite réelle ( x ki )kÊ0 tend vers x i .

Démonstration : Il suffit d’utiliser l’équivalence de normes dans Rn . ■

Citons une application simple du théorème de Riesz.


Normes sur l’espace Rn 17

Proposition 5

Soit u ∈ L (Rn , Rm ). Si k · k est une norme sur Rn et k · k0 une norme sur Rm ,


alors il existe un réel M u Ê 0 tel que pour tout x ∈ Rn

k u( x)k0 É M u k xk.

2.4. Suites de Cauchy

Définition 5

Soient (E, k · k) un R-espace vectoriel et ( xk )kÊ0 une suite à valeurs dans E .


On dit que ( xk )k est de Cauchy si

∀ε > 0 ∃K ∈ N tel que ∀ p, q Ê K on a k x p − x q k < ε.

L’espace E est dit complet (ou de Banach) si toute suite de Cauchy dans E
est convergente.

Proposition 6

Soient (E, k · k) un R-espace vectoriel et ( xk )kÊ0 une suite à valeurs dans E .


Si ( xk )kÊ0 est de Cauchy et admet une sous-suite qui converge ; alors toute
la suite ( xk )k converge.

Proposition 7

L’espace Rn muni de l’une de ses normes est de Banach : si ( xk )kÊ0 une suite
à valeurs dans Rn , alors ( xk )kÊ0 est de Cauchy si, et seulement si, elle est
convergente.
Normes sur l’espace Rn 18
SMA - Module Analyse V

3 Notions topologiques dans Rn

1. Ouvert, fermé et voisinage


On suppose (E, k · k) est un espace normé.

Définition 6. (Boules)

Soit x dans E et r > 0.


1. On appelle boule ouverte de centre x et de rayon r l’ensemble défini
par
B( x, r ) = { y ∈ E : k x − yk < r }.

2. On appelle boule fermée de centre x et de rayon r l’ensemble défini par

B( x, r ) = { y ∈ E : k x − yk É r }.

3. On appelle voisinage de x dans E tout ensemble V dans E pour lequel


il existe r > 0 tel que B( x, r ) ⊂ V .
On note par V ( x) l’ensemble de tous les voisinages de x dans E associés
à la norme k · k.

Remarque 5

1. Lorsque x = 0 et r = 1, on appelle B( x, r ) et B( x, r ) boules unité.


2. L’ensemble S ( x, r ) = B( x, r ) B( x, r )Ù = { y ∈ E : k x − yk = r } est appelé sphère
T

de centre x et de rayon r .
3. L’équivalence des normes sur Rn assure que si un ensemble V est un
voisinage de x dans Rn pour une certaine norme, il le sera pour toute autre
norme.

Exemples :
1. Lorsque E = R, si la norme k · k est la valeur absolue, B( x, r ) =] x − r, x + r [ et
B( x, r ) = [ x − r, x + r ].
Si E = R2 , une boule pour la norme euclidienne est un disque dans le plan.

19
Notions topologiques dans Rn 20

2. Nous représentons sur la figure ci-dessous la boules B(0, 1) (appelée boule


unité) de R2 pour les trois normes usuelles distinctes : la norme euclidienne,
la norme sup k · k1 et la norme k · k∞ .

Définition 7. (Ouverts et fermés)

Soit (E, k · k) un espace normé.


1. Un sous-ensemble O de E est dit ouvert (pour la norme k · k) si pour
tout x ∈ O , il existe r > 0 tel que B( x, r ) ⊂ O , c.à.d. k y − xk É r implique
y ∈ O.
2. Un sous-ensemble F de E est dit fermé (pour k · k) si le complémentaire
de F noté F Ù = { x ∈ E : x ∉ F } est ouvert.

Remarque 6
On peut facilement vérifier que l’espace normé (E, k · k) (donc Rn ) et l’en-
semble vide sont à la fois ouverts et fermés (on admet ici que ; est un
ouvert).
On aussi que le complémentaire d’un ouvert dans E est un fermé.

Voici quelques propriétés simples des ouverts et des fermés.

Proposition 8

Supposons Rn muni d’une norme k · k.


1. Toute boule ouverte est un ouvert.
2. Toute réunion d’ouverts est un ouvert.
3. Toute intersection d’un nombre fini d’ouverts est un ouvert.
4. Toute boule fermée est un fermé.
Notions topologiques dans Rn 21

5. Toute intersection de fermés est fermée.


6. Une réunion finie de fermés est fermée.

Exercice. Soient A, B ⊂ Rn . On définit A + B = {a + b : a ∈ A et b ∈ B}.


1. Montrer que si A ou B est ouvert dans Rn , alors A + B est aussi ouvert.
2. Donner un exemple où A et B sont des fermés de Rn sans que A + B le soit.

La définition des ouverts dépend à priori de la norme choisie sur Rn ; cependant


ce n’est pas le cas comme on le vérifiera sur la proposition suivante :

Proposition 9

Soit (E, k · k) est un espace normé. Deux normes équivalentes sur E défi-
nissent les mêmes ouverts de E ; elles définissent donc aussi les mêmes
fermés de E : si k · k et k · k0 deux normes équivalentes sur Rn , alors

O est ouvert pour k · k ⇔ O est ouvert pour k · k0 ,


F est fermé pour k · k ⇔ F est fermé pour k · k0 .

Remarque 7. (importante)
De cette proposition, vu que toutes les nomes sur Rn sont équivalentes
d’après le théorème de Riesz, on déduit que ces deux notions d’ouvert et
de fermé ne dépendent pas de la norme choisie. On se contentera de dire
ouvert ou fermé sans mentionner la norme utilisée, puisque le choix d’une
norme sur Rn ne modifie pas l’ensemble des ouverts et des fermés.

On peut caractériser les fermés de Rn en termes de suites.

Proposition 10

Soit F un sous-ensemble de Rn . L’ensemble F est un fermé si et seulement


si pour toute suite ( xk )kÊ0 à valeurs dans F qui converge vers x ∈ Rn , on a
x ∈ F . Autrement dit, les fermés sont les sous-ensembles de Rn stables par
passage à la limite.

2. Intérieur, adhérence et frontière d’un ensemble


Notions topologiques dans Rn 22

Définition 8

Soit X un sous-ensemble de l’espace normé (E, k · k).



1. L’intérieur de X , noté X , est le plus grand ouvert contenu dans X .
2. L’adhérence de X , notée X , est le plus petit fermé contenant X .

3. La frontière de X , notée ∂ X , est l’ensemble X \ X .

La proposition suivante caractérise l’intérieur, l’adhérence et la frontière d’un


ensemble.
Proposition 11

Soit X un sous-ensemble de l’espace normé (E, k · k) et x ∈ E .



Ù
1. On a X = X Ù .

2. x ∈ X si et seulement s’il existe un voisinage de x contenu dans X .
3. x ∈ X si et seulement si tout voisinage de x contient un élément de X .
◦ ◦
4. Pour A, B ⊆ E , si A ⊆ B alors A ⊆B et A ⊆ B.

Exemples : On considère dans Rn , X = B( x, r ) = { y ∈ Rn : k x − yk < r }. Alors


◦ ◦
X = B( x, r ), X = B( x, r ) et X = S ( x, r ) = { y ∈ Rn : k x − yk = r }.

De même, si X = B( x, r ) = { y ∈ Rn : k x − yk É r }. Alors X = B( x, r ), X = B( x, r ) et

X = S ( x, r ) = { y ∈ Rn : k x − yk = r }.
Donc les boules ouverte et fermée ont le même intérieur, la même adhérence et
la même frantière.

Exercice. On considère la partie de R suivantes :


A = {1/ n : n ∈ N∗ } ∪ ]2, 3[ ∪ ]3, 4[ ∪ {4, 5} ∪ [5, 6] ∪ (Q ∩ [7, 8[) .
Déterminer et faites une présentation graphique sur R+ des ensembles sui-
vants :

³ ◦ ´Ù ◦
◦ ◦ ◦
B 1 = A = R+ \ A , B 2 = A , B 3 = A , B 4 = ( A ) , B 5 = A , B 6 = A , B 7 = A , B 8 = A ,
Ù Ù

µ ¶Ù Ã !Ù
◦ ◦

B9 = BÙ6 = A , B10 = BÙ7 = A , B11 = A , B12 = BÙ11 , B13 = BÙ8 .

Exercice. Soient A = {( x1 , x2 ) ∈ R2 : x1 x2 > 0} et B = {( x1 , x2 ) ∈ R2 : x1 x2 Ê 0}.



Montrer que A = B et B= A , et déduire la frantière de A .
Notions topologiques dans Rn 23

3. Valeurs d’adhérence d’une suite - Ensembles com-


pacts

Définition 9. (Extractions - Valeur d’adhérence)

1. On appelle extraction toute application ϕ : N → N strictement crois-


sante. La suite ( xϕ(k) )k∈N est alors appelée sous-suite ou suite extraite
de ( xk )k∈N .
2. Soit ( xk )kÊ0 une suite à valeurs dans Rn . On dit que ( xk ) admet x pour
valeur d’adhérence s’il existe une extraction ϕ : N → N telle que la sous-
suite ( xϕ(k) )k∈N converge vers x.

Une proposition très simple est la suivante.

Proposition 12

Toute sous-suite d’une suite convergente est convergente vers la même


limite que la suite initiale.

Remarque 8
La réciproque n’est pas toujours vraie. Une suite qui admet une valeur
+∞
d’adhérence n’est pas forcément convergente, car si xk = (−1)k , on a x2k −→ 1,
mais ( xk ) n’est pas convergente.
Encore plus, même si cette valeur d’adhérence est unique, la suite n’est pas
forcément convergente. Il suffit de prendre xk = 1k si k = 2 p, et xk = k si
k = 2 p + 1 ; alors la seule valeur d’adhérence de ( xk )k est 0, mais cette n’est
pas bornée, donc n’est pas convergente.

Proposition 13

Si toutes les sous-suites d’une suite ( xk )k sont convergentes, alors ( xk )k est


convergente.
Notions topologiques dans Rn 24

Définition 10. (Ensemble compact)

Soit K un sous-ensemble de Rn . On dit que K est compact si toute suite


à valeurs dans K admet une valeur d’adhérence dans K , c.à.d. pour toute
suite ( xk )kÊ0 dans K , il existe une sous-suite ( xϕ(k) )k∈N et x ∈ K tels que
+∞
xϕ(k) −→ x.

Le caractère compact d’un ensemble tel qu’énoncé dans cette définition peut
sembler difficile à vérifier. Le théorème suivant caractérise de manière plus
simple les compacts de Rn . On rappelle que K est dit borné s’il existe M > 0 tel
que k xk É M pour tout x ∈ K .

Théorème 2. de caractérisation simple d’un compact de Rn

Un sous-ensemble K de Rn est compact si, et seulement si, K est fermé et


borné.

Démonstration : On utilise le théorème de Bolzano-Weierstrass et on suit la


preuve du théorème de Riez. ■

Exemple : On sait déjà que B( x, r ) est fermée. D’autre part, pour tout y dans
B( x, r ), on a
k yk É k y − xk + k xk É r + k xk,

donc B( x, r ) est un fermé et borné, donc la boule fermée B( x, r ) est un compact.

Corollaire 1

1. Toute intersection de compacts est compacte.


2. Une réunion finie de parties compactes est compacte.

Démonstration : à faire en exercice. ■

Exercice. Soient A, B ⊂ Rn , on note A + B = {a + b : a ∈ A et b ∈ B}.


1. Montrer que si A est compact et B fermé, alors A + B est fermé.
2. Déduire que si A et B sont compacts, alors A + B est aussi compact.
Notions topologiques dans Rn 25

Définition 11

Soit (E, k·k) un espace normé. On dit que K ⊂ E est un ensemble qui satisfait
la propriété de Borel-Lebesgue si de tout recouvrement de K par des ouverts
de E , on peut en extraire un sous-recouvrement fini. En d’autres termes,
si K ⊂ i∈ I U i où les U i sont des ouverts de E , alors il existe J un sous-
S

ensemble fini I tel que K ⊂ i∈ J U i .


S

Théorème 3

Une partie K de Rn satisfait la propriété de Borel-Lebesgue si, et seulement


si, elle est compacte.

On peut traduire ce résultat par :

La proriété de Bolzano-Weierstrass est équivalente à celle de


Borel-Lebesgue.

Dans le cours, on va démontrer la plus simple, l’autre est admise sans preuve.

Exemple. Soit ( xk ) une suite de Rn qui converge vers un x ∈ Rn . Utiliser le


théorème précédent pour justifier que A = { xk : k ∈ N} ∪ { x} est compact (c’est un
exercice de TD).

Remarque 9
L’intérêt de l’introduction des ensembles compacts apparaîtra encore plus
dans le paragraphe 3.3 après l’introduction des fonctions continues et les
extremums.

4. Parties connexes par arcs


Notions topologiques dans Rn 26

Définition 12. (Connexité par arcs)

Soient A ⊆ Rn et a, b ∈ A .
1. On appelle chemin de a à b dans A toute application continue γ :
[0, 1] −→ A telle que γ(0) = a et γ(1) = b.
2. On dit que A est connexe par arcs si pour tous x, y ∈ A il existe un
chemin de x à y dans A .

Remarque 10

1. S’il y a un chemin γ de a à b dans A alors l’application β définie sur [0, 1]


par β( t) = γ(1 − t) définie un chemin de b à a dans A . On l’appelle le chemin
inverse de γ.
2. Soient x, y ∈ R. S’il existe une application continue γ : [ x, y] −→ A telle que
γ( x) = a et γ( y) = b alors il existe un chemin de a à b dans A .
En effet, il suffit de considérer l’application δ définie sur [0, 1] par δ( t) =
γ((1 − t) x + t y) qui définie bien un chemin de a à b dans A .
3. Soient a, b, c ∈ A . S’il y a un chemin γ1 de a à b dans A et un chemin γ2 de
b à c dans A alors il existe un chemin de a à c dans A .
En effet, il suffit de considérer l’application γ définie sur [0, 1] par γ( t) =
γ1 (2 t) si t ∈ [0, 1/2] et γ( t) = γ2 (2 t − 1) si t ∈ [1/2, 1].

Proposition 14

Si A convexe alors A est connexe par arcs.

Remarque 11

- Tout sous-espace vectoriel de Rn est convexe donc connexe par arcs. En parti-
culier, Rn est connexe par arcs.
- Les boules ouvertes et les boules fermées sont connexes par arcs.
- La réciproque de la Proposition 14 est fausse : La sphère unité pour la norme
euclidienne est connexe par arcs mais n’est pas convexe.
Notions topologiques dans Rn 27

Proposition 15

Soient A ⊆ R p et B ⊆ R q deux parties connexes par arcs, alors A × B est


connexes par arcs dans Rn où n = p + q.

Proposition 16

Les connexes par arcs de R sont les intervalles.


Notions topologiques dans Rn 28
SMA - Module Analyse V

4 Limite et continuité d’une fonction de Rn dans Rm

1. Fonctions de plusieurs variables


Soient E, F des ensembles non vides et R une relation binaire de E dans F
(on dit aussi correspondance). Si xR y, on dit que y est une image de x par la
relation R et que x est un antécédent de y par R .

En s’appuyant sur cette définition de relation, les mathématiques modernes


distinguent alors deux objets différents :
1. Une fonction f est définie par un ensemble de départ E , un ensemble
d’arrivée F et une relation R de E vers F dans laquelle chaque élément de
E possède au plus une image (aucune ou une seule). On écrit f : E −→ F et
on note y = f ( x) si xR y.
L’ensemble des éléments de E possédant une image par f est alors appelé
domaine de définition de la fonction f , et est noté D ( f ). L’ensemble des
images par f des éléments de E est noté f (E ) (ou parfois I ( f ).
2. Une application f définie par un ensemble de départ E , un ensemble
d’arrivée F et une relation R de E vers F dans laquelle chaque élément de
E possède une image et une seule une image (une application est donc une
fonction dont le domaine de définition est égal à la source : D f = E ).
Si A ⊂ E , l’image de A par f est l’ensemble des éléments f ( x) où x est élément
de A :
f ( A ) = { y ∈ F : ∃ x ∈ E, y = f ( x)}.

De même l’image réciproque de B ⊂ F par f , notée f −1 (B), est

f −1 (B) = { x ∈ E : ∃ y ∈ F, y = f ( x)}.

29
Limite et continuité d’une fonction de Rn dans Rm 30

Remarque 12
En pratique, le fait qu’il suffise de réduire l’ensemble de départ d’une fonc-
tion à son ensemble de définition pour la transformer en application rend
peu utile cette distinction.
Aujourd’hui, le terme fonction est souvent utilisé comme synonyme du terme
application dans le cas particulier où l’ensemble d’arrivée est R ou C (l’en-
semble de départ étant alors pris égal au domaine de définition).

Une fonction f : E −→ Rm est définie par f ( x) = ( f 1 ( x), · · · , f m ( x))T , pour tout


x ∈ E , où f i : E −→ R sont des fonctions de domaines I ( f i ) = D ( f i ) est d’image
f i (E ) ⊂ R.
Donc
m m
D ( f ) = D ( f i ) et I ( f ) = I ( f i ).
\ Y
i =1 i =1

2. Limite d’une fonction en un point

Définition 13. (Limite en un point)

Soient X un sous-ensemble de Rn , a ∈ X et f : X −→ Rm une application. On


note respectivement les normes de Rn et Rm par k · k et k · k0 .
On dit que f tend vers ` lorsque x tend vers a, et on note limx→ X a f ( x) = `
si limx→ X a k f ( x) − `k0 = 0, c.à.d. pour tout ε > 0, il existe r > 0 tel que

(k x − ak < r, x ∈ X ) ⇒ k f ( x) − `k0 < ε.

Remarque 13
On peut vérifier que si la limite ` existe, elle est unique.

En effet, supposons qu’on a deux limites différentes ` et `0 , alors pour ε > 0 fixé,
ils existent r > 0 et r 0 > 0 tels que
ε ε
(k x − ak < r, x ∈ X ) ⇒ k f ( x) − `k0 < et (k x − ak < r 0 , x ∈ X ) ⇒ k f ( x) − `0 k0 < .
2 2
Donc, si on prend r 0 = min( r, r 0 ) > 0, on aura, pour k x − ak < r 0 et x ∈ X , k f ( x) −
`k0 < ε/2 et k f ( x) − `0 k0 < ε/2 ; et par suite

k` − `0 k0 É k f ( x) − `k0 + k f ( x) − `0 k0 < ε.
Limite et continuité d’une fonction de Rn dans Rm 31

Ceci étant pour tout ε > 0, on déduit que k` − `0 k0 = 0, c.à.d. ` = `0 . ■

On retrouve aussi les mêmes propriétés que pour les limites des fonctions
réelles d’une seule variable réelle :
Proposition 17

Soit X ⊆ Rn , f , g : X −→ Rm et a ∈ X .
1. Si f admet une limite en a, alors f est bornée au voisinage de a, c.à.d.
on a existence de M > 0 et r > 0 tels que x ∈ X et k x − ak < r impliquent
k f ( x )k É M .
2. Si limx→ X a f ( x) = ` et limx→ X a g( x) = `0 , alors limx→ X a ( f + g)( x) = ` + `0 .
3. Si limx→ X a f ( x) = ` et, pour α : X → R, limx→ X a α( x) = b, alors limx→ X a (α f )( x) =
b` .
4. Soient Y ⊂ Rm , g : Y → R p et ` ∈ Y . Si limx→ X a f ( x) = ` et lim y→Y ` g( x) =
`0 , alors lim x→ X a g ◦ f ( x) = `0 .
5. Si f = ( f 1 , · · · , f m )T et ` = (`1 , · · · , `m )T , alors limx→ X a f ( x) = ` si et seule-
ment si limx→ X a f i ( x) = ` i pour tout i = 1, · · · , m.

3. Continuité d’une fonction


Nous connaissons la notion de continuité d’une fonction définie sur un intervalle
de R. On peut l’étendre aux fonctions vectorielles définie sur Rn .

Définition 14. (Fonctions continues)

Soit X un sous-ensemble de Rn et f : X −→ Rm une application. On note


respectivement les normes de Rn et Rm par k · k et k · k0 .
1. - On dit que f est continue en x0 ∈ X si pour tout ε > 0, il existe r > 0
tel que
( x ∈ X et k x − x0 k É r ) ⇒ k f ( x) − f ( x0 )k0 É ε.
- On dit que f est continue sur X si f est continue en tout point x de X .
2. On dit que f est uniformément continue sur X si pour tout ε > 0, il
existe r > 0 tel que pour tout x, y ∈ X

k x − yk É r ⇒ k f ( x) − f ( y)k0 É ε.
Limite et continuité d’une fonction de Rn dans Rm 32

Remarque 14
Les notions de continuité et uniforme continuité ne dépendent pas des
normes choisies d’après le théorème de Riesz.

Proposition 18

Soit X un sous-ensemble de Rn et f : X −→ Rm .
1. Si f est uniformément continue sur X , alors elle est continue sur X .
2. La réciproque est vraie si X est supposé compact dans Rn .

Exemple : 1- Soient k·k une norme sur Rn et X ⊂ Rn . Montrons que toute autre
application norme N sur Rn est uniformément continue sur X .
Pour tout x, y ∈ X , on sait que | N ( x) − N ( y)| É N ( x − y) É ck x − yk, dont la seconde
résulte de l’équivalence de deux normes quelconques de Rn .
Donc, si ε >, alors pour r = ε/ c, on aura

k x − yk < r =⇒ | N ( x) − N ( y)| < ε.

2- Plus généralement, toute application lipschitzienne sur X à valeurs dans Rm ,


c.à.d. :
∃ l > 0 tel que ∀ x, y ∈ X , k f ( x) − f ( y)k0 É l k x − yk,

est uniformément continue (donc continue) sur X .

Proposition 19

Toute application linéaire u : Rn → Rm est continue. Donc, une application


affine est continue.

Remarque 15
La continuité d’une application linéaire nécessite que l’espace sur lequel
cette application u est définie soit de dimension finie (on note que si E est
de dimension finie alors u(E ) l’est aussi).

Contre-exemple : Considérons E = R[ X ] l’espace vectoriel vectoriel de poly-


nômes à coefficients réels. Cet espace est de dimension infinie. On munit E de la
norme kP k∞ = sup i∈N |a i | si P ( X ) = +∞ i
P
i =0 a i X (vérifier que k·k∞ est effectivement
une norme sur E ).
Limite et continuité d’une fonction de Rn dans Rm 33

Soit u : E −→ E définie par u(P ) = P 0 pour tout P ∈ E ;. Il est facile de vérifier


que u est linéaire sur E .
Comme suite dans E , on prend le terme général P k ( X ) = 1k X k lorsque k ∈ N? .
1
Alors kP k k∞ = qui converge vers le polynôme P ( X ) = 0, lorsque k → +∞.
k
D’autre part, k u(P k )k∞ = kP k0 k∞ = 1 qui ne converge pas vers P 0 ( X ) = 0. Donc u
n’est pas continue en P = 0.

Faisons la liste de quelques propriétés simples des fonctions continues.

Proposition 20

Soit X un sous-ensemble de l’espace normé (E, k · k) et soit f : X −→ Rm une


fonction continue.
1. Si t ∈ R, t f est continue.
2. Si g : X → Rm est une autre fonction continue, f + g est continue.
3. Si m = 1 et g : X → R est une autre fonction continue, f g est continue
et pourvu que g soit non nulle, f / g est continue.
4. Si Y ⊂ Rm et G : Y → R p est une fonction continue et f ( X ) ⊂ Y , alors
g ◦ f est une fonction continue.
5. Si f = ( f 1 , · · · , f m )T , f est continue si et seulement si f 1 , · · · , f m sont
continues de Rn dans R.
+∞
6. Si xk ∈ X et xk −→ x ∈ X , alors limk→+∞ f ( xk ) = f ( x).

Remarque 16
Grâce à cette proposition et à nos connaissances sur les fonctions continues
d’une variable réelle, nous avons une grande famille de fonctions continues
obtenue à partir des applications linéaires en composant chaque coordonnée
par des fonctions d’une variable usuelles puis en additionnant, multipliant,
divisant, recomposant . . .

Exemple : Pour simplifier les notations, on note les vecteurs de R2 et R3 par


( x, y) et ( x, y, z), au lieu de ( x1 , x2 ) et ( x1 , x2 , x3 ) respectivement.
Pour montrer que la fonction de R3 dans R définie par :
y5
µ ¶
z− y
f : ( x, y, z) = 5 + 3 cos bx + c 2 −e
z +4
est continue sur R3 , on l’écrit sous la forme : f ( x, y, z) = g ◦ h( x, y, z), où
Limite et continuité d’une fonction de Rn dans Rm 34

h 2 ( y)
g( u) = 5 + 3 cos u et h( x, y, z) = h 1 ( x) + − h 4 ( y, z) avec h 1 ( x) = bx, h 2 ( y) =
h 3 ( z)
c y5 , h 3 ( z) = z2 + 4 et h 4 ( y, z) = e z− y .
Toutes les fonctions g, h 1 , h 2 , h 3 et h 4 sont continues sur leurs domaines ; donc
pour déduire la continuité de f , il suffit d’utiliser les parties 1,2,3 et 4 de la
proposition 20.

Exemple : Soit f : R2 −→ R la fonction définie par :



 x3
 si ( x, y) 6= (0, 0)
f ( x, y) = x2 + y2
0 si ( x, y) = (0, 0)

Cette fonction est continue sur R2 \ {(0, 0)} en tant que fraction de fonctions
continues.
En (0, 0), puisque f est définie par parties, on est obligé de calculer la limite
lorsque ( x, y) → (0, 0) dans R2 . Pour cela, on doit vérifier que lim(x,y)→(0,0) ( f ( x, y) − f (0, 0)) =
0.
On a
¯ x3 ¯
¯ ¯
lim | f ( x, y) − f (0, 0)| = lim ¯¯ 2 2
¯ É lim | x| É lim k( x, y)k1 = 0
( x,y)→(0,0) ( x,y)→(0,0) x + y
¯ ( x,y)→(0,0) ( x,y)→(0,0)

Finalement, la fonction f est continue en (0, 0) et donc elle est continue sur R2 .

Exemple : Soit g : R2 −→ R la fonction définie par :



2 2
 x −y

si ( x, y) 6= (0, 0)
f ( x, y) = x2 + y2
0 si ( x, y) = (0, 0)

qui est continue sur R2 \ {(0, 0)} en tant que fraction de fonctions continues.
p
En (0, 0) on a : si ( x, y) = ( r cos t, r sin t) alors k( x, y)k2 = x2 + y2 = r car r > 0.
Donc k( x, y)k2 −→ 0 ⇔ r −→ 0+ , et par suite
¯ 2
¯ x − y2 ¯
¯
¯ = lim ¯cos2 t − sin2 t¯ .
¯ ¯
lim | g( x, y) − g(0, 0)| = lim ¯¯ 2
( x,y)→(0,0) x + y2
( x,y)→(0,0)
¯ r−→0+

Cette limite dépend de t ∈ [0, 2π[, et donc il n’y a pas de limite unique, donc la
limite n’existe pas. Ainsi g n’est pas continue en (0, 0).
Limite et continuité d’une fonction de Rn dans Rm 35

Remarque 17

1. De ces deux exemples, on remarque que la continuité d’une fraction de


P
fonctions polynômes f = dépend de d ◦ P − d ◦Q qui doit être strictement
Q
positif.
2. Pour justifier la continuité de f en x0 ∈ Rn , on utilise souvent la majoration

k f ( x) − f ( x0 )k0 É ϕ(k x − x0 k) pour x voisin de x0 . (4.1)

où ϕ : R −→ R est une fonction continue en 0 avec ϕ(0) = 0.


Pour l’exemple précédent, on a utilisé ϕ( t) = t.

Proposition 21

Soient g 1 , · · · , g m : Rn → R des applications continues et soient c 1 , · · · , c m des


réels. Alors l’ensemble X = { x ∈ Rn : g 1 ( x) É c 1 , · · · , g m ( x) É c m } est fermé.

Proposition 22

Soit f : D −→ R p une fonction continue sur une partie D ⊆ R n et K une partie


compacte de Rn contenue dans D . Alors, f (K ) est une partie compacte de
Rp.

Proposition 23

Soient E et F deux espaces normés. Si A est connexe par arcs dans E et


f : A −→ F continue, alors f ( A ) est connexe par arcs.

Corollaire 2

Si A est connexe par arcs dans Rn et f : A −→ R continue, alors f ( A ) est un


intervalle.
Limite et continuité d’une fonction de Rn dans Rm 36

Théorème 4. (Théorème des valeurs intermédiaires)

Soient A un connexe par arcs dans Rn , f : A −→ R continue, et a, b ∈ A . Alors


pour tout m entre f (a) et f ( b) il existe c ∈ A tel que f ( c) = m.
SMA - Module Analyse V

5 Différentiabilité dans Rn

1. Dérivées partielles et fonctions de classe C 1


Soit f : I −→ R une fonction définie sur un intervalle ouvert I ⊂ R.

On rappelle que f est dite dérivable en x ∈ I si, la dérivée de f au point x,

f ( x + h) − f ( x) f ( y) − f ( x)
f 0 ( x) = lim = lim ,
h→0 h y→ x y− x

existe.
Pour définir une notion similaire pour une fonction f en un point x sur partie
ouverte U de Rn , on considère un voisinage D de x dans U , et on introduit une
dérivée où l’on fixe toutes les composantes de x ∈ D sauf une, c’est la dérivée
partielle par rapport à cette composante. Pour faciliter cette définition, nous
considérons D sous forme de produit d’intervalles.

Définition 15

Soient U = I 1 × · · · × I n ⊂ Rn un voisinage ouvert de x = ( x1 , · · · , xk )T ∈ U ,


et f : U −→ R. Pour i = 1, · · · , n on note ϕ i : I i −→ R définie par ϕ i ( t) =
f ( x1 , · · · , t, · · · , xn ) où t est la i eme composante.
On appelle dérivée partielle par rapport à x i de f en x = ( x1 , · · · , xk )T , et on
∂f
la note ( x), ou bien D i f ( x), la dérivée de la fonction ϕ i prise en x i :
∂xi
∂f ϕ i ( x i + h) − ϕ i ( x i )
( x) = ϕ0i ( x i ) = lim
∂xi h→0 h
f ( x1 , · · · , x i + h, · · · , xn ) − f ( x1 , · · · , x i , · · · , xn )
= lim .
h→0 h

37
Différentiabilité dans Rn 38

Définition 16

Si maintenant f : U −→ R p et x ∈ U . On définit la matrice des dérivées


partielles de f , qui s’appelle la matrice jacobienne (ou la Jacobienne de f )
en x, par
∂ f1 ∂ f1
 
 ∂ x ( x) · · · ∂ x ( x) 
1 n
.. . ..
 
J f ( x) = 

. . . .

 (5.1)
 ∂fp ∂fp
 

( x) · · · ( x)
∂ x1 ∂ xn

Remarque 18

1. La matrice jacobienne J f ( x), comme la fonction f , fait passer de Rn dans


R q : J f ( x) ∈ Mn× p (R) est une matrice qui a n colonnes et p lignes.
2. Pour une fonction f : D −→ R, de n variables et à valeurs · réelles, la matrice ¸
∂f ∂f
jacobienne est simplement une matrice-ligne : J f ( x) = ( x) · · · ( x) .
∂ x1 ∂ xn
¸T
∂f ∂f
·
Sa matrice transposée, la matrice-colonne : ∇ f ( x) = ( x) · · · ( x)
∂ x1 ∂ xn
s’appelle le gradient de f en x.
3. Pour une fonction f :]a, b[⊂ R −→ R p , d’une seule variable et à p va-
leurs réelles, la matrice jacobienne est simplement une matrice-colonne :
¸T
∂ f1 ∂fp
·
J f ( x) = ( x) · · · ( x) .
∂x ∂x

Remarque 19
Plus généralement, on peut définir la dérivée directionnelle de f au point x
dans la direction d par
f ( x + hd ) − f ( x)
f 0 ( x, d ) = lim .
h →0 h
∂f
Comme on peut le remarquer, pour tout i = 1, · · · , n, ( x) = f 0 ( x, e i ), où
∂xi
{ e 1 , · · · , e n } est la base canonique de Rn .
Différentiabilité dans Rn 39

Définition 17

Soient f : D −→ R p et x = ( x1 , · · · , xk )T ∈ D . On dit que f est de classe C 1


en x = ( x1 , · · · , xk )T si, pour tout i = 1, · · · , n et tout j = 1, · · · , p, les dérivées
∂f j
partielles existent au voisinage de x et sont continues en x.
∂xi

Remarque 20

Si f est définie sur une partie de R2 , pour calculer la dérivée partielle de f ,


en ( x, y)T , par rapport à x, on considère y comme une constante et on dérive
par rapport à x, et vice versa pour la dérivée partielle par rapport à y.

Il n’y a donc en général aucune difficulté supplémentaire par rapport au calcul


de dérivée classique vue au lycée et en SMA-S1. Donc, les seuls cas où l’on
devra revenir à la définition de la dérivée partielle comme une limite de taux
de variation seront ceux où f n’est pas définie partout par une seule fonction.

Exemple 1 : Soit f définie sur R2 par f ( x, y) = x3 y2 . Ses dérivées partielles au


∂f ∂f
point ( x, y)T sont ( x, y) = 3 x2 y2 , ( x, y) = 2 x3 y, et donc
∂x ∂y
∂f ∂f
· ¸ h i
J f ( x, y) = ( x, y) 2 2
( x, y) = 3 x y 2 x y .3
∂x ∂y
Ces dérivées partielles sont donc des fonctions continues sur R2 . La fonction f
ainsi définie est donc de classe C 1 en tout point de R2 .

Exemple 2 : Soit f ( x, y) = | x| + | y| qui est une fonction continue sur R2 tout


entier, en particulier au point O = (0, 0). Alors que les dérivées partielles de f
∂f ∂f
en O , (0, 0) et (0, 0), par rapport à x et par rapport à y, n’existent pas. En
∂x ∂y
effet,
f ( h, 0) − f (0, 0) f ( h, 0) − f (0, 0)
lim− = −1 6= 1 = lim+
h →0 h h→0 h
et
f (0, h) − f (0, 0) f (0, h) − f (0, 0)
lim− = −1 6= 1 = lim+ .
h→0 h h →0 h
Exemple 3 : La fonction f peut admettre des dérivées partielles en un point
sans être continue en ce point.
On considère la fonction f définie sur R2 par
xy
f ( x, y) = 2 si ( x, y) 6= (0, 0) et f (0, 0) = 0.
x + y2
Différentiabilité dans Rn 40

Au point O = (0, 0)T , les deux applications partielles ϕ1 et ϕ2 sont constantes


∂f
(égales à 0) donc dérivables et les dérivées partielles de f au point O , (0, 0) =
∂x
∂f
ϕ01 (0) et (0, 0) = ϕ02 (0), sont égales à 0. D’autre part, la fonction f n’est pas
∂y
continue en O , car
1
lim f ( t, t) = 6= 0 = lim f ( t, 0).
t →0 2 t →0

Proposition 24

1. Soient f , g : D −→ R p , λ ∈ R et x = ( x1 , · · · , xk )T ∈ D . Pour tout i = 1, · · · , n,


∂f ∂g
si et existent en x (au voisinage de x et sont continues en x),
∂xi ∂xi
∂ ∂
alors (λ f + g) et ( f g) existent en x (au voisinage de x et sont
∂xi ∂xi
continues en x), et
∂ ∂f ∂g ∂ ∂f ∂g
(λ f + g)( x) = λ ( x) + ( x) et ( f g)( x) = ( x) g ( x) + f ( x) ( x ).
∂xi ∂xi ∂xi ∂xi ∂xi ∂xi

f ∂
µ ¶
2. Si en plus g( x) 6= 0, alors existent en x (au voisinage de x et
∂xi g
sont continues en x), et
∂ f 1 ∂f ∂g
µ ¶ µ ¶
( x) = 2 ( x) g ( x) − f ( x) ( x) .
∂xi g g ( x) ∂ x i ∂xi

Démonstration : Il suffit d’utiliser les règles de calcul des dérivées de fonc-


tions réelles déjà vues en S1. ■

Dans le cas des fonctions d’une seule variable f : R → R de classe C 1 au voisi-


nage d’un point x, on est assuré de l’existence d’un développement limité de
f au voisinage du point x (c’est la formule de Taylor-Young à l’ordre 1) :
f ( x + h) = f ( x) + f 0 ( x) h + hε( h).
Comme on le remarque, ce développement limité permet de remplacer locale-
ment une fonction régulière au premier ordre par une application affine, c’est-
à-dire par une fonction plus simple à analyser. Ceci, on peut l’étendre pour des
fonctions de Rn dans R p .
Différentiabilité dans Rn 41

Théorème 5

Soient f : U ⊆ Rn −→ R p de classe C 1 sur l’ouvert U et x ∈ U . Alors il existe


un voisinage V de l’origine 0 et une fonction ε : V → R p continue tels que
x + V ⊂ U , ε(0) = 0 et pour tout h ∈ V :

f ( x + h) = f ( x) + J f ( x) h + k hkε( h). (5.2)

2. Différentiabilité
Des deux exemples 2 et 3 auparavant, on remarque que la continuité et l’exis-
tence des dérivées partielles par rapport à toutes les composantes ne sont pas
comparables puisque chacune des deux n’implique pas l’autre. Ceci signifie qu’il
faut renforcer la définition de dérivabilité d’une fonction de plusieurs variables
pour passer de la continuité, qui est une régularité de degré 0, à une régularité
de degré 1 qu’est la différentiabilité.
En utilisant le développement à l’ordre 1 déjà vu dans (5.2), on va définir la
différentiabilité d’une fonction d’un espace normé sur un normé.

Définition 18

Soient (E, k · k) et (F, k · k0 ) deux espaces normés, f : U ⊆ E −→ F définie sur


l’ouvert U et x ∈ U . On dit que f est différentiable en x s’il existe une ap-
plication linéaire continue ` x : E −→ F , un voisinage V de 0 et une fonction
ε : V → F tels que limh→0 ε( h) = 0 et pour tout h ∈ V :

f ( x + h) = f ( x) + ` x ( h) + k hkε( h). (5.3)

L’application linéaire ` x est appelée différentielle de f en x et est notée


d f ( x) ou f 0 ( x).
La fonction f est dite différentiable sur U si elle est différentiable en tout
point de x de U .

On peut réécrire la condition (5.3) de différentiabilité de f au point x comme


suit :
f ( x + h) − f ( x) − ` x ( h)
lim =0 (5.4)
h→0 k hk
Comme première propriété de la différentiabilité en un point x, on justifie la
bonne définition de d f ( x).
Différentiabilité dans Rn 42

Proposition 25

Dans cette définition de différentiabilité de la fonction f en x, si la différen-


tielle ` x = d f ( x) existe, elle est unique.

Remarque 21
En dimension finie, les applications linéaires sont représentées d’une ma-
nière unique sous forme d’une matrice m × p qui est continue (voir Pro-
position 19). Donc la différentielle de f en x est la matrice jacobienne :
d f ( x) = J f ( x).

On déduit du théorème 5 que :

Théorème 6

Toute fonction f : U ⊆ Rn −→ R p de classe C 1 sur l’ouvert U est différentiable


sur U et ∀ x ∈ U , d f ( x) = J f ( x).

C’est pourquoi on dit d’une fonction de classe C 1 sur l’ouvert U qu’elle est
continûment différentiable sur U .

Remarque 22. (importante)


En pratique, pour montrer qu’une fonction est différentiable sur un ouvert
U , on vérifie directement que les dérivées partielles sont bien définies et
continues sur tout U . Sinon, après le calcule des dérivées partielles, on
vérifie directement la relation de différentiabilité 5.3, qui est similaire à 5.4.

Exemple : Si les dérivées partielles existent en un point x de U alors f n’est


pas forcément différentiable au point x. Par exemple, considérons f : R2 → R
définie par

x y2
f ( x, y) = 2 si ( x, y) 6= (0, 0) et f (0, 0) = 0.
x + y2

∂f ∂f
Pour tout ( x, y) 6= (0, 0), on a les dérivées partielles ( x, y) et
( x, y) existent
∂x ∂y
et sont continues ; donc f est de classe C 1 sur R2 \ {(0, 0)}. Par suite f est diffé-
rentiable sur R2 \ {(0, 0)}.
Différentiabilité dans Rn 43

∂f ∂f
Au point (0, 0), et existent car
∂x ∂y

∂f f ( t, 0) − f (0, 0) ∂f f (0, t) − f (0, 0)


(0, 0) = lim = 0 et (0, 0) = lim = 0, (5.5)
∂x t →0 t ∂y t →0 t

alors que f n’est pas différentiable au point (0, 0), puisque pour ( h, k) 6= (0, 0) on
a

1 ∂f ∂f 1 hk2
· µ ¶¸
f ( h, k) − f (0, 0) − h (0, 0) + k (0, 0) = p
k( h, k)k ∂x ∂y 2
h2 + k 2 h + k
2
2
hk
=
( h2 + k2 )3/2

1 t3
Donc en choisissant ( h, k) = ( t, t), on aboutit à 6= 0, qui justifie que
=
23/2 t3 23/2
f est non différentiable au point (0, 0), puisque la fonction ε( h, k), continue en
(0, 0) et pour laquelle (5.3) n’existe pas.

xy
Comme cela a été souligner auparavant, la fonction , qui est faible d’un
y2 x2 +
degré au numérateur par rapport à f , admet toutes les dérivées partielles au
point (0, 0), alors qu’elle n’est même pas continue en ce point.

Exemple : Si f est différentiable en un point x ∈ U , alors les dérivées par-


tielles, qui existent par différentiabilité, ne sont pas forcément continues en x.

Considérons f : R2 −→ R définie par : f ( x, y) = x2 sin 1x + y2 si x 6= 0 et f (0, y) =


¡ ¢

y2 .
∂f
Alors f est différentiable en (0, 0), mais existe mais n’est pas continue en
∂x
(0, 0).
En effet, au point (0, 0), on a les dérivées partielles existent car

∂f f ( t, 0) − f (0, 0) 1
(0, 0) = lim = lim t sin = 0,
∂x t →0 t t →0 t

∂f f (0, t) − f (0, 0)
(0, 0) = lim = lim t = 0,
∂y t →0 t t →0

et

∂ ∂ 2 2
¯ ¶¯
1 ¯ f ( h, k) − f (0, 0) − h (0, 0) + k (0, 0) ¯ É ph + k = k( h, k)k2 .
f f
µ
¯ ¯
k( h, k)k2 ¯ ∂x ∂y ¯
h2 + k 2
Différentiabilité dans Rn 44

Donc f est différentiable en (0, 0).


∂f
Pour justifier la discontinuité de en (0, 0), on calcule d’abord les dérivées
∂x
partielles pour tout ( x, y) :
(
∂f 2 x sin 1x − cos 1x si x 6= 0 ∂f
( x, y) = et ( x, y) = 2 y.
∂x 0 si x = 0 ∂y
∂f 1
On remarque que lim ( x, y) = − lim cos qui n’existe pas, puisque cette
( x,y)→(0,0) ∂ x x →0 x
1 1
limite est égale à 1 si x = , et est égale à 0 si x = , lorsque k ∈ N? .
(1 + 2 k)π 2 kπ

Comme pour la continuité et les dérivées patielles, on peut établir des propriétés
similaires sur les fonctions différentaibles.
Proposition 26

Soient U un ouvert inclus dans Rn et x = ( x1 , · · · , xn )T ∈ D .


1. Si f , g : U −→ R p , λ ∈ R sont différentaibles en x et λ ∈ R, alors λ f + g
est différentiable en x, et

d (λ f + g)( x) = λ d f ( x) + d g( x);

2. Si f , g : U −→ R sont différentaibles en x, alors f g est différentiable en


x, et
d ( f g)( x) = g( x) d f ( x) + f ( x) d g( x).
f
Si en plus g( x) 6= 0, alors est différentiable en x, et
g
f 1
µ ¶
d ( x) = 2 ( g( x) d f ( x) − f ( x) d g( x)) .
g g ( x)

3. Si f , g : U −→ R sont différentaibles en x, alors f g est différentiable en


x, et
d ( f g)( x) = g( x) d f ( x) + f ( x) d g( x).
f
Si en plus g( x) 6= 0, alors est différentiable en x, et
g
f 1
µ ¶
d ( x) = 2 ( g( x) d f ( x) − f ( x) d g( x)) .
g g ( x)

Un autre résultat de différentiabilité concernant la composée de deux fonctions


différentiables est important :
Différentiabilité dans Rn 45

Proposition 27

Soient U un ouvert inclus dans Rn , O un ouvert inclus dans R p et x ∈ U . Si


f : U −→ R p est différentiable en x et si g : O −→ Rm est différentiable en
y = f ( x) ∈ O , alors g ◦ f est différentiable en x et

d ( g ◦ f )( x) = d g( f ( x)) ◦ d f ( x).

Remarque 23
Avec la Jacobienne, on peut traduire ces formules de differentiabilité comme
suite :

Jλ f + g ( x) = λJ f ( x) + J g ( x), J f g ( x ) = g ( x )J f ( x ) + f ( x )J g ( x ),
f ( x)
J f / g ( x) = g(1x) J f ( x) − g( x)2 J g ( x) et J g◦ f ( x) = J g ( f ( x)) × J f ( x).

La plus utilisée de ces formule est la jacobienne d’une composée de deux fonc-
tions est le produit des matrices jacobiennes associées : si h = g ◦ f alors pour
tout i = 1, · · · , n et j = 1, · · · , m
∂h j ∂g j ∂ f1 ∂g j ∂ f2 ∂g j ∂fp
( x) = ( f ( x)) ( x) + ( f ( x)) ( x) + · · · + ( f ( x)) ( x).
∂xi ∂ y1 ∂xi ∂ y2 ∂xi ∂ yp ∂xi
Exemple. Soit g : R2 −→ R une fonction différentiable. On utilise les coordon-
nées polaires u = r cos θ et v = r sin θ . On obtient pour h( r, θ ) = g ◦ f ( r, θ ) où
f ( r, θ ) = ( u, v),
∂h ∂g ∂u ∂g ∂v
( r, θ ) = ( u, v) ( r, θ ) + ( u, v) ( r, θ )
∂r ∂u ∂r ∂v ∂r
∂g ∂g
= ( r cos θ , r sin θ ) cos θ + ( r cos θ , r sin θ ) sin θ
∂u ∂v
et
∂h ∂g ∂u ∂g ∂v
( r, θ ) = ( u, v) ( r, θ ) + ( u, v) ( r, θ )
∂θ ∂u ∂θ ∂v ∂θ
∂g ∂g
= ( r cos θ , r sin θ )(− r sin θ ) + ( r cos θ , r sin θ )( r cos θ ).
∂u ∂v
Donc si g( u, v) = uv, on obtient
∂h ∂g ∂g
( r, θ ) = ( r cos θ , r sin θ ) cos θ + ( r cos θ , r sin θ ) sin θ
∂r ∂u ∂v
= 2 r sin θ cos θ = r sin(2θ )
et
∂h ∂g ∂g
( r, θ ) = ( r cos θ , r sin θ )(− r sin θ ) +
( r cos θ , r sin θ )( r cos θ )
∂θ ∂u ∂v
= − r 2 sin2 θ + r 2 cos2 θ = r 2 cos(2θ ).
Différentiabilité dans Rn 46

Théorème 7. (Théorème des Accroissements Finis)

Soit U un ouvert convexe de Rn et f : U −→ R de classe C 1 sur U . Soit


a, b ∈ U , alors il existe un point c du segment ouvert ]a, b[ tel que
X n
∂f
f ( b) − f (a) = d f ( c)( b − c) = ∇ f ( c) · ( b − a) = ( c)( b i − a i ). (5.6)
i =1 ∂ x i

Corollaire 3

Soit U un ouvert convexe de Rn et f : U −→ R de classe C 1 sur U . Si d f ( x)


est nulle en tout point x de U , alors f est constante sur U .

Corollaire 4

° de R et f : U −→ R de classe C sur U . S’il existe


n p 1
Soit U un ouvert
° convexe
°∂f °
M > 0 tel que °° ∂ x ° É M pour tout i = 1, · · · , n, j = 1, · · · , p et tout x ∈ U ,
( x ) °

alors f est Lipschitzienne sur U : il existe ` > 0 tel que ∀a, b ∈ U

k f ( b) − f (a)k0 É `k b − ak.

3. Dérivées partielles d’ordre supérieur et formule


de Taylor
Il est maintenant naturel d’étudier les dérivées d’ordre supérieur à un. Au lieu
de définir les différentielles d’ordre supérieur ou égale à deux, on va définir les
fonctions de classe C p sur un ouvert U en se basant seulement sur les dérivées
partielles.

Définition 19. (Dérivées partielles secondes)

Soit U un ouvert de Rn et f : U −→ R de classe C 1 sur U .


∂ ∂f
µ ¶
On définit les dérivées partielles d’ordre 2 de f par : D j D i f = si
∂x j ∂xi
i, j ∈ {1, · · · , n}.
On note aussi ces dérivées partielles d’ordre 2 par :
∂2 f ∂2 f
pour tout 1 É i 6= j É n, et pour tout 1 É i = j É n.
∂x j ∂xi ∂ x2i
Si toutes les dérivées partielles D j D i existent et sont continues sur U , on
Différentiabilité dans Rn 47

dit que f est de classe C 2 sur U .

Si f : U −→ R de classe C 2 sur U , on note H f ( x) la matrice hessienne (ou la


Hessienne) de f en x qui est définie par :
∂2 f ∂2 f ∂2 f
 
( x) ( x) · · · ( x) 
 ∂ x12 ∂ x1 ∂ x2 ∂ x1 ∂ xn


 ∂ f2
∂ f
2
∂ f
2
 
( x) ( x) · · · ( x) 

 ∂ x2 ∂ x1
H f ( x) =  ∂ x2 ∂ x2 ∂ xn
 2 
.. .. ... ..

. . .
 
 
 ∂ f2
∂ f
2
∂ f
2
 

( x) ( x) · · · ( x )
∂ xn ∂ x1 ∂ xn ∂ x2 ∂ x2n
Le déterminant de la matrice H f ( x) est appelé le hessien de f en x.

Exemple : Soit f la fonction définie sur R2 par f ( x, y) = x3 y2 .


Ses dérivées partielles d’ordre 1 au point ( x, y)T sont
∂f ∂f
( x, y) = 3 x2 y2 et ( x, y) = 2 x3 y,
∂x ∂y
et ses dérivées partielles d’ordre 2 sont
∂2 f 2 ∂2 f 2 ∂2 f 2 ∂2 f
( x, y) = 6 x y , ( x, y) = 6 x y, ( x, y) = 6 x y et ( x, y) = 2 x3 .
∂ x2 ∂ y∂ x ∂ x∂ y ∂ y2
Puisque toutes ses dérivées partielles d’ordre 1 et 2 existent et sont continues
sur R2 , on a f est de classe C 2 sur R2 .
∂f ∂f
µ ¶
La jacobienne de f en ( x, y) est J f ( x, y) = ( x, y) = 3 x2 y2 2 x3 y ,
¡ ¢
( x, y)
∂x  ∂y
∂f

 ∂ x ( x, y) 
à !
2 2
3 x y
le gradient de f en x est ∇ f ( x, y) =   ∂f
= ,
( x, y)
 2 x3 y
∂y
la hessienne de f en ( x, y) est
∂ f ∂2 f
 2 
 ∂ x2 ( x, y) ∂ x∂ x ( x, y) 
à !
2 2
6 x y 6 x y
H f ( x) = 
 ∂2 f ∂2 f
=
( x, y) ( x, y)
 6 x2 y 2 x3
∂ y∂ x ∂ y∂ x
¯ ¯
¯ ¯¯ 6 x y2 6 x2 y ¯¯
et le hessien de f en ( x, y) est ¯H f ( x)¯ = ¯ 2
¯
3
¯ = −24 x4 y2 .
¯ 6x y 2x ¯
On remarque aussi que l’on peut permuter les dérivées partielles par rapport à
x et y :
∂2 f ∂2 f
pour tout ( x, y) ∈ R2 , ( x, y) = ( x, y) = 6 x2 y.
∂ y∂ x ∂ x∂ y
Différentiabilité dans Rn 48

Contre-exemple : Comme illustré par l’exemple suivant 1 , la permutation de


dérivées partielles d’ordre deux n’est pas toujours vraie.

2 2
 x y( x − y ) si ( x, y) 6= (0, 0)

Soit f : R2 −→ R définie par : f ( x, y) = x2 + y2 .
0 si ( x, y) = (0, 0)

On a pour tout ( x, y) ∈ R2 ,

∂f f ( x, y) − f (0, y) y( x2 − y2 )
(0, y) = lim = lim 2 = −y
∂x x→0 x x→0 x + y2

et
∂f f ( x, y) − f ( x, 0) x( x2 − y2 )
( x, 0) = lim = lim 2 = x.
∂y y→0 x x→0 x + y2

Donc
∂2 f ∂2 f
(0, 0) = −1 et (0, 0) = 1
∂ y∂ x ∂ x∂ y

∂2 f ∂2 f
Ceci justifie que et existent en (0, 0), mais ne sont pas égales.
∂ y∂ x ∂ x∂ y
∂2 f
On peut vérifier que pour ( x, y) 6= (0, 0), les dérivées partielles secondes et
∂ x∂ y
∂2 f
n’ont pas de limite en (0, 0), et donc la fonction f n’est pas de classe C 2
∂ y∂ x
en (0, 0).

Théorème 8. (Théorème de permutation de Schwarz de degré 2)

Soit f : U ⊆ Rn −→ R, une fonction numérique, définie sur un ensemble ou-


vert U . Si f est de classe C 2 sur U , alors ∀ x ∈ U , ∀ i, j ∈ {1, · · · , n}

∂2 f ∂2 f
( x) = ( x ). (5.7)
∂xi ∂x j ∂x j ∂xi

1. La question de permutation de dérivées partielles apparaît pour la première fois dans un cours de calcul
différentiel donné par Weierstrass en 1861. Le théorème a été démonté par Schwarz en 1873. Un premier contre-
exemple a été proposé par Schwarz lui même. Toutefois cet exemple est assez compliqué. Le contre-exemple
ci-dessus a été fait par Peano en 1884
Différentiabilité dans Rn 49

Remarque 24
On remarque que dans la preuve de ce théorème, on a seulement utilisé les
conditions : f de classe C 1 sur U , ∀ x ∈ U , ∀ i, j ∈ {1, · · · , n} les deux fonctions
∂2 f ∂2 f
et existent, et l’une des deux est continue en x.
∂xi ∂x j ∂x j ∂xi

Remarque 25

On déduit de (5.7) que si f de classe C 1 sur U , alors H f ( x) est symétrique


sur U .

Par induction, on peut définir les dérivées partielles de tout ordre (ordre su-
périeur à 2). Si la fonction dérivée partielle d’ordre k, D i 1 D i 2 · · · D i k f est conti-
∂k+1 f
nue sur U , on définit la dérivée partielle d’ordre k + 1 notée =
∂ x i 1 · · · ∂ x i k+1
D i 1 D i 2 · · · D i k D i k+1 f par
¡ ¢
D i 1 D i 2 · · · D i k D i k+1 f ( x) = D i k+1 D i 1 D i 2 · · · D i k f ( x) =

Définition 20. (Fonctions de classe C k et C ∞ )

Soit U un ouvert de Rn et f : U −→ R de classe C 1 sur U .


Par induction, on peut définir les dérivées partielles de tout ordre (ordre
supérieur à 2). Si la fonction dérivée partielle d’ordre k, D i k · · · D i 1 f
est continue sur U , on définit la dérivée partielle d’ordre k + 1 notée
∂k+1 f
= D i k+1 D i k · · · D i 1 f par
∂ x i k+1 ∂ x i k · · · ∂ x i 1

∂ ∂k+1
µ ¶
¡ ¢
D i k+1 D i k · · · D i 1 f ( x) = D i k+1 D i k · · · D i 1 f ( x) = D ik · · · f ( x)
∂ x i k+1 ∂xi k · · · ∂xi1

On dit que f est de classe C k sur U , si toutes les dérivées partielles d’ordre
inférieurs ou égale à k existent et sont continues sur U .
Si les dérivées partielles de tout ordre existent, f est dite de classe C ∞ sur
U.
Différentiabilité dans Rn 50

Remarque 26
D’après Proposition 24, on peut montrer que si f , g : U ⊂ Rn −→ R p sont de
classe C k sur U , alors pour tout λ ∈ R, λ f + g est de classe C k sur U .
Si p = 1, on aura f g est de classe C k sur U , et si en plus g( x) 6= 0 pour tout
x ∈ U , on aura aussi f / g est de classe C k sur U .

Remarque 27
De même, lorsque f : U ⊂ Rn −→ R p , g : O ⊂ R p −→ Rm sont respectivement
de classe C k sur U et sur O , et si f (U ) ⊂ O , alors g ◦ f est de classe C k sur
U.

En utilisant une démonstration par récurrence, on peut déduire la forme géné-


rale du théorème de Schwarz :
Théorème 9. (Théorème de permutation de Schwarz de degré k)

Soit f : U ⊆ Rn −→ R, une fonction numérique, définie sur un ensemble ou-


vert U . Si f est de classe C k sur U , alors ∀ x ∈ U , ∀ i 1 , · · · , i p ∈ {1, · · · , n} où
2 É p É k et toute permutation { j 1 , · · · , j p } de { i 1 , · · · , i p }, on a

D i 1 D i 2 · · · D i p f ( x) = D j1 D j2 · · · D j p f ( x). (5.8)

On rappelle que { j 1 , · · · , j p } est une permutation de { i 1 , · · · , i p }, si les deux en-


sembles contiennent les mêmes éléments et s’il existe une bijection entre eux.

Remarque 28
Si on note D d f ( x) = f 0 ( x, d ), on peut justifier de la même façon, que si f est
de classe C k sur U , si d 1 , · · · , d k ∈ Rn et d j1 , · · · , d j1 une permutation associée,
alors ∀ x ∈ U

D d 1 D d 2 · · · D d k f ( x ) = D d j 1 D d j 2 · · · D d j k f ( x ). (5.9)

Pour formuler la formule de Taylor pour une fonction f de classe C k sur U ⊂ Rn ,


nous avons besoin de la formule de Taylor pour les fonctions réelles de variables
réelles (déjà vue en S1) et la formule du multinôme de Newton.

1. On sait que si g : I ⊂ R −→ R est une fonction de classe C k+1 sur l’intervalle


ouvert I , et si x ∈ I alors pour tout h ∈ R tel que x + h ∈ I , il existe θ ∈]0, 1[
Différentiabilité dans Rn 51

tel que
h2 00 hk h k+1 (k+1)
g( x + h) = g( x)+ hg0 ( x)+ g ( x)+· · ·+ g(k) ( x)+ g ( x +θ h) (5.10)
2 k! ( k + 1)!
2. On rappelle aussi a formule du multinôme de Newton, qu’on peut montrer
par récurrence sur la puissance m : Si x1 , · · · , xn ∈ R et m ∈ N? , alors
à !m à !
n
m
x1k1 · · · xnk n
X X
xi = (5.11)
i =1 k 1 +···+ k n = m k 1 , · · · , k n

où Ã !
m m!
k 1 , · · · , k n ∈ {0, 1, · · · , m} et = .
k1, · · · , k n ( k 1 !) · · · ( k n !)
En adaptant cette formule aux dérivées partielles, on peut écrire la relation
suivante :
à !m à !
n
m
h 1k1 · · · h knn D 1k1 · · · D nk n f
X X
hiDi f = (5.12)
i =1 k 1 +···+ k n = m k 1 , · · · , k n

On peut formuler le résultat suivant :

Théorème 10. (Formule de Taylor de degré k)

Soit f : U ⊆ Rn −→ R définie sur un ensemble ouvert U . Si f est de classe


C k+1 sur U , alors ∀ x ∈ U , ∃ r > 0 tel que B( x, r ) ⊂ U et ∃ε : B(0, R ) −→ R
continue tel que ε(0) = 0 et ∀ h ∈ B( x, r )
à !k
n n
1 X
h i D i f ( x) + k hkk ε( h) (5.13)
X
f ( x + h) = f ( x) + h i D i f ( x) + · · · +
i =1 k! i=1

Pour montrer ce résultat nous considérons la fonction réelle d’une variable


réelle suivante : g : [0, 1] −→ R définie par g( t) = f ( x + th). Comme composée
de deux fonctions de classe C k+1 , g est de classe C k+1 sur [0, 1] (en fait nous
prenons un intervalle ouvert contenant [0, 1] dont l’image est incluse dans U ).

À l’ordre deux nous obtenons la formule de Taylor la plus utilisée :


à !2
n n
1 X
h i D i f ( x) + k hk2 ε( h)
X
f ( x + h) = f ( x) + h i D i f ( x) +
i =1 2 i=1
X ∂f
n
1 X ∂2 f
= f ( x) + h i ( x) + hi h j ( x) + k hk2 ε( h)
i =1 ∂xi 2 1É i, jÉn ∂xi ∂x j
n
∂f 1X n
∂2 f ∂2 f
h2i 2 ( x) + ( x) + k hk2 ε( h).
X X
= f ( x) + h i ( x) + hi h j
i =1 ∂xi 2 i=1 ∂ x i 1É i < j É n ∂xi ∂x j
Différentiabilité dans Rn 52

On remarque que
n
X ∂2 f n
X ∂2 f X ∂2 f
hi h j ( x) = hi ( x) + ( x)
hi h j
1É i, j É n ∂xi ∂x j i =1 ∂ x2i ∂xi ∂x j
1É i 6= j É n
X n
∂2 f X ∂2 f
= h i 2 ( x) + 2 hi h j ( x)
i =1 ∂xi 1É i < j É n ∂xi ∂x j

dont la dernière égalité se déduit du théorème de Schwarz puisque f est de C 2


sur U .

Exemple : Considérons f ( x, y) = ln(1 + x + 2 y). On a f est de classe C ∞ sur


U = {( x, y) ∈ R2 : 1 + x + 2 y > 0} qui est un demi-espace ouvert.
Les dérivée partielles d’ordre un et deux sont :

∂f 1 ∂f 2 ∂2 f −2
( x, y) = , ( x, y) = , ( x, y) = ,
∂x 1 + x + 2y ∂y 1 + x + 2y ∂ x∂ y (1 + x + 2 y)2
∂2 f −2 ∂2 f −1 ∂2 f −4
( x, y) = , ( x, y ) = , ( x, y ) = .
∂ y∂ x (1 + x + 2 y)2 ∂ x2 (1 + x + 2 y)2 ∂ y2 (1 + x + 2 y)2
1. Au voisinage du point (0, 0), on a la formule de Taylor à l’ordre deux :

∂f ∂f ∂2 f ∂2 f
f ( u, v) = f (0, 0) + (0, 0) u + (0, 0)v + (0, 0) u2 + (0, 0)v2
∂x ∂y ∂x 2 ∂ y2
∂2 f
+2 (0, 0) uv + k( u, v)k2 ε1 ( u, v)
∂ x∂ y
= ( u + 2v) − 12 u2 + 4 uv + 4v2 + k( u, v)k2 ε1 ( u, v).
¡ ¢

2. Au voisinage du point (1, 1), on a la formule de Taylor à l’ordre deux :

∂f ∂f ∂2 f ∂2 f
f (1 + u, 1 + v) = f (1, 1) + (1, 1) u + (1, 1)v + (1, 1) u2 + (1, 1)v2
∂x ∂y ∂x 2 ∂ y2
∂2 f
+2 (1, 1) uv + k( u, v)k2 ε2 ( u, v)
∂ x∂ y
¡ u v ¢ 1 ³ u2 uv v2 ´
= ln 4 + 4 + 2 − 2 − 16 − 4 − 4 + k( u, v)k2 ε2 ( u, v).
SMA - Module Analyse V

6 Fonctions implicites et inversion locale

1. Théorème des fonctions implicites


Pour f : U ⊂ R2 −→ R de classe C 1 sur l’ouvert U , une courbe C du plan est
définie par f ( x, y) = 0 où y est en fonction de x et inversement.
On dit que cette courbe C est définie implicitement. Pour déduire une expres-
sion explicite de la courbe C , on doit construire une fonction ϕ : I −→ R suffisa-
ment régulière sur I telle que C doit se déduire par le graphe de ϕ :

( x, y) ∈ C ⇐⇒ f ( x, y) = 0 ⇐⇒ y = ϕ( x). (6.1)

La première forme d’expression ce C est dite implicite, la dernière forme est


dite explicite.
En général, il n’est pas possible de passer de la relation implicite f ( x, y) = 0 à la
relation explicite y = ϕ( x). Souvent c’est possible, mais seulement localement,
au voisinage d’une solution particulière de f ( x, y) = 0.
On peut remarquer que si la fonction f est non linéaire, la forme explicie de C
est plus difficile.

Exemples :
1. Soit f ( x, y) = x2 + y2 − 1 une fonction qui est de classe C ∞ sur R2 .
De la relation implicite f ( x, y) = 0, on peut tirer les quatre relations expli-
cites :
p p
y = 1 − x2 où | x| < 1, y > 0, y = − 1 − x2 où | x| < 1, y < 0,
p p
x = 1 − y2 où | y| < 1, x > 0, x = − 1 − y2 où | y| < 1, x < 0.

2. Si on considère la relation implicite f ( x, y) = x2 − y2 = 0, on déduite deux


relations explicites :

y = x où x 6= 0 et y = − x où x 6= 0.

On remarque dans ces deux exemples qu’il n’y a pas de solution explicite au
voisinage du point (0, 0), c.à.d. qui vérifie l’équivalence (6.1), même si la fonction
implicite f est de classe C ∞ sur R2 .

53
Fonctions implicites et inversion locale 54

Le théorème suivant nous donne une condition suffisante pour passer localement
d’une relation implicite à une relation explicite.

Théorème 11. (des fonctions implicites)

Considérons la décomposition en produit ( x, y) ∈ Rn = R p × Rm , et f : U ⊂


Rn −→ Rm de classe C 1 sur l’ouvert U , qui est un voisinage du point ( x0 , y0 ) ∈
Rn .
Supposons que
(i) f ( x0 , y0 ) = 0,
(ii) la matrice jacobienne de f ( x0 , ·) en y0 , définie par
∂ f1 ∂ f1
 
 ∂ y ( x0 , y0 ) · · · ∂ y ( x0 , y0 ) 
1 m
.. ..
 
J f ( x0 ,·) ( y0 ) =  . . .
. .
 

 ∂ fm ∂ fm
 

( x0 , y0 ) · · · ( x0 , y0 )
∂ y1 ∂ ym

est inversible, c.à.d. ¯J f (x0 ,·) ( y0 )¯ 6= 0.


¯ ¯

Alors, ils existent V ∈ VR p ( x0 ), W ∈ VRm ( y0 ) et une fonction ϕ : V −→ W de


classe C 1 tels que les voisinages V ,W sont ouverts, V × W ⊂ U et pour tout
( x, y) ∈ V × W
f ( x, y) = 0 ⇐⇒ y = ϕ( x), (6.2)
et
¢−1
Jϕ ( x) = − J f ( x,·) (ϕ( x)) × J f (·,ϕ( x)) ( x).
¡
(6.3)
Si, en plus f de classe C k sur U , alors ϕ de classe C k sur V .

Remarque 29

Pour une fonction f : U ⊂ Rn −→ Rm de classe C 1 au voisinage d’un point


u 0 ∈ U telle que f ( u 0 ) = 0 avec n > m. Supposons que d f ( u 0 ) soit surjective,
alors, quitte à renuméroter les vecteurs de la base canonique de Rn , on aura
¯ ∂ f1 ∂ f1
¯ ¯
¯
¯
¯ ∂u ( u 0 ) · · · ( u 0 ) ¯
p + 1 ∂ u n
¯
.. ..
¯ ¯
... ¯ 6= 0.
. .
¯ ¯
¯
¯ ∂ fm ∂ fm
¯ ¯
¯
¯ ∂ u p+1 0
¯ ( u ) · · · ( u )
0 ¯¯
∂u n
Fonctions implicites et inversion locale 55

Après avoir réordonner les composantes de la solution u 0 de f ( u 0 ) = 0, on


prend x i = u i pour i = 1, · · · , p et y j = u p+ j pour j = 1, · · · , m.
Donc on peut appliquer le théorème des fonctions implicites pour exprimer
y en fonction de x dans un voisinage de u 0 = ( x0 , y0 ).

Remarque 30
La condition (ii) du Théorème 11 est équivalente à d f ( u 0 ) surjective qui est
aussi équivalente à J f ( x0 , y0 ) de rang maximal égale à m.

Remarque 31
En pratique, pour définir des formes implicite dans le plan ou l’espace, nous
avons trois cas possibles :

1. Courbe dans le plan : f : U ⊂ R2 −→ µ R de classe C au¶ voisinage de


1

∂f ∂f
( x0 , y0 ) avec f ( x0 , y0 ) = 0 et J f ( x0 , y0 ) = ( x0 , y0 ) ( x0 , y0 ) 6= (0 0).
∂x ∂y
Cette dernière propriété signifie que l’une des deux dérivées partielles est
∂f
non nulle : Si ( x0 , y0 ) 6= 0, d’après Théorème 11, il existe un voisinage
∂y
produit de ( x0 , y0 ) dans R2 et une fonction explicite ϕ tel que dans ce
voisinage f ( x, y) = 0 ⇔ y = ϕ( x).
∂f
Similairement, si ( x0 , y0 ) 6= 0, il existe un voisinage produit de ( x0 , y0 )
∂x
dans R2 et une fonction explicite ψ tel que dans ce voisinage f ( x, y) = 0 ⇔
x = ψ( y).

Exemple : On considère la fonction implicite f : R2 −→ R de classe C ∞ .


On remarque que la courbe implicite d’équation y2 − x( x − 1)2 = 0 est la
p p
réunion de deux courbes explicites : y = ( x − 1) x et y = −( x − 1) x.
En utilisant
∂f ∂f
µ ¶
J f ( x0 , y0 ) = ( x0 , y0 ) = −3 x02 + 4 x0 − 1 2 y0 6= (0 0)
¡ ¢
( x0 , y0 )
∂x ∂y
il faut que ( x0 , y0 ) 6= (1/3, 0) ou bien ( x0 , y0 ) 6= (1, 0).
On déduit du théorème des fonctions implicites, qu’il est possible de ré-
1
soudre explicitement x en fonction de y si x 6= ou x 6= 1 ; et de résoudre
3
explicitement y en fonction de x si y 6= 0.
Par contre, puisque ( x0 , y0 ) = (1, 0) est un point singulier, on se rend compte
sur la figure ci-dessous qu’il n’est pas possible de résoudre explicitement,
Fonctions implicites et inversion locale 56

ni y en fonction de x, ni x en fonction de y.

2. Surface dans l’espace : f : U ⊂ R3 −→ R de µclasse C 1 au voisinage de


∂f ∂f ∂f
( x0 , y0 , z0 ) avec f ( x0 , y0 , z0 ) = 0 et J f ( x0 , y0 , z0 ) = ( x0 , y0 , z0 ) ( x0 , y0 , z0 ) ( x0 , y0
∂x ∂y ∂z
(0 0 0).
∂f
Si par exemple ( x0 , y0 , z0 ) 6= 0, il existe un voisinage produit de ( x0 , y0 , z0 )
∂z
dans R2 × R et une fonction explicite ϕ tel que dans ce voisinage f ( x, y, z) =
0 ⇔ z = ϕ( x, y).
∂f ∂f
Il en sera de même si ( x0 , y0 , z0 ) 6= 0 ou ( x0 , y0 , z0 ) 6= 0.
∂y ∂x

Exemple : On considère l’équation implicite

f ( x, y, z) = x2 + y2 − z2 = 0 (6.4)

On a f est C ∞ sur R3 et J f ( x, y, z) = (2 x 2 y − 2 z) 6= (0 0 0) ⇔ ( x, y, z) 6=
(0, 0, 0).
Donc le seul point singulier de f est (0, 0, 0). Si par exemple z0 6= 0 alors le
théorème des fonctions implicites 8 assure l’existence d’une forme explicite
p p
locale qu’est : ϕ1 ( x, y) = x2 + y2 si z0 > 0, et ϕ1 ( x, y) = − x2 + y2 si z0 < 0.

3. Courbe dans l’espace : Soit f : U ⊂ R3 −→ R2 de classe C 1 au voisinage


de ( x0 , y0 , z0 ) avec f ( x0 , y0 , z0 ) = ( f 1 ( x0 , y0 , z0 ) f 2 ( x0 , y0 , z0 ) = 0.
On remarque que l’ensemble S f = {( x, y, z) ∈ U : f ( x, y, z) = 0} est une courbe
dans l’espace puisque S est l’intersection des deux surfaces
S 1 = {( x, y, z) ∈ U : f 1 ( x, y, z) = 0} et S 2 = {( x, y, z) ∈ U : f 2 ( x, y, z) = 0}.
Pour utiliser Théorème 11 il faut vérifier la condition (ii) qui est équiva-
lente à J f ( x0 , y0 , z0 ) de rang m.

Exemple : Prenons f 1 ( x, y, z) = x2 + y2 − z2 et f 2 ( x, y, z) = y2 + z2 − 1, alors f


est C ∞ sur R3 , et
∂ f1 ∂ f1 ∂ f1
 
 ∂ x ( x, y, z) ∂ y ( x, y, z) ∂ z ( x, y, z) 
" #
2 x 2 y −2 z
J f ( x, y, z) = 
 ∂ f2 ∂ f2 ∂ f2
=
( x, y, z) ( x, y, z) ( x, y, z)
 0 2 y 2z
∂x ∂y ∂z
On a J f ( x, y, z) n’est pas de rang maximal 2 si, et seulement si, le détermi-
nant des trois sous-matrices 2 × 2 est nul, c.à.d. 8 yz = 0, 4 xz = 0, 4 x y = 0, ce
Fonctions implicites et inversion locale 57

qui est équivalent à deux des trois coordonnées x, y, z sont nules.


On remarque que cela ne se produit en aucun point de S f = {( x, y, z) ∈ U :
f ( x, y, z) = 0}, donc tous les points de S f sont réguliers ; et par suite le théo-
rème des fonctions implicites est applicable sur tout les points de S f .
Par exemple, si ( x0 , y0 , z0 ) = (1, 0, 1) alors
¯ ∂ f1 ∂ f1
¯ ¯
¯ ¯ ¯
¯ ∂x (1 , 0, 1) (1 , 0, 1) ¯ ¯ 2 −2 ¯
∂z
¯
¯=¯ ¯ = 4 6= 0
¯ ¯ ¯
¯ ∂f ∂ f
2 2 ¯ ¯0 2 ¯
(1, 0, 1) (1, 0, 1) ¯
¯
∂x ∂z
¯

et donc il existe V ∈ VR (0), W ∈ VR2 (1, 1) et³ une fonction explicite


´ ϕ : V −→ W
de classe C ∞ sur V définie par ϕ( y) =
p p
1 − 2 y2 , 1 − y2 . On remarque
i h
que V ⊆ − p12 , p12 .

2. Théorèmes d’inversion locale et globale


Théorème d’inversion locale

Nous considérons le système de n équations différentiables en n inconnues :


f ( x) = y.
Dans le cas où f : Rn −→ Rn est linéaire, le système f ( x) = y admet une solution
unique x = f −1 ( y) pour tout y ∈ Rn si et seulement si J f = f , est inversible.
Dans le cas n = 1, si f est une fonction de classe C 1 dans un voisinage de x0 .
On sait que si f 0 ( x0 ) 6= 0, il existe un voisinage ouvert U de x0 et un voisinage
ouvert V de y0 tels que pour tout y ∈ V , l’équation f ( x) = y admette une solution
unique x dans U , la fonction inverse f −1 : V −→ U ainsi définie est aussi de
¢0 1
classe C 1 , avec f −1 ( y) = 0 ¡ −1 ¢ .
¡
f f ( y)

Définition 21

Soient U, V ⊂ Rn deux ouverts et f : U −→ V . On dit que f est un C k -


difféomorphisme, pour k ∈ N, si

(i) f est de classe C k sur U , (iii) f −1 est de classe C k sur V .


(ii) f est bijective de U vers V ,

Si k = 1, on dit que f est un difféomorphisme.


Fonctions implicites et inversion locale 58

Théorème 12. (d’inversion locale)

Soient U ⊂ Rn un ouvert et f : U −→ Rn de classe C 1 . Supposons que, pour


x0 ∈ U , d f ( x0 ) est inversible (c.à.d. ¯J f ( x0 )¯ 6= 0). Alors, ils existent U0 ⊂
¯ ¯

U, V0 deux ouverts de Rn tels que x0 ∈ U0 , y0 = f ( x0 ) ∈ V0 et f : U0 −→ V0 est


un C 1 -difféomorphisme.
Si de plus, pour k ∈ N, f est de classe C k , alors f −1 est aussi de classe C k .

Exemple : Soit f : R2 −→ R2 définie par f ( x, y) = ( y sin x , yx2 )T .


On a f est de classe C ∞ , et ¯J f ( x, y)¯ = yx( x cos x − sin x)
¯ ¯

Donc, dès que y 6= 0, x 6= 0 et xcos( x) 6= sin( x), J f ( x, y) est inversible et f dé-


termine un C ∞ -difféomorphisme d’un voisinage de ( x, y) sur un voisinage de
( y sin x, yx2 ).

Théorème d’inversion globale

Le théorème 12 a un caractère local comme on peut le remarquer dans l’exemple


suivant.
Exemple : Considérons f : R2 −→ R2 définie par f 1 ( x1 , x2 ) = e x1 cos x2 et f 2 ( x1 , x2 ) =
e x1 sin x2 .
On a f n’est pas globalement inversible même si J f ( x1 , x2 ) est inversible par-
tout, car ¯J f ( x1 , x2 )¯ = e2x1 > 0 pour tout ( x1(, x2 ) ∈ R2 .
¯ ¯

e x1 cos x2 = y1
Mais, le système d’équations : f ( x) = y ⇔
e x1 sin x2 = y2
q
y
a pour solutions : x1 = ln y12 + y22 , x2 = arctan y21 + kπ, ∀ k ∈ Z.
Donc f n’est pas globalement inversible. Pour l’inversion globale, nous avons
besoin, en plus des conditions dans Théorème 12, de l’injecttivité de f .

Théorème 13. (d’inversion globale)

Soient U ⊂ Rn un ouvert et f : U −→ Rn de classe C 1 . Supposons que, pour


tout x ∈ U , d f ( x) est inversible (c.à.d. ¯J f ( x)¯ 6= 0), et f injective.
¯ ¯

Alors, f : U −→ V = f (U ) est un C 1 -difféomorphisme et donc V est un ouvert.


Si de plus, pour k ∈ N, f est de classe C k sur U , alors f −1 est aussi de classe
C k sur V .
Fonctions implicites et inversion locale 59

Remarque 32

1. Dans R l’inversion locale implique la globale : Si f : I −→ R est de classe C 1


sur I , où I est un intervalle ouvert, et si f 0 ( x) 6= 0 pour tout x ∈ I , alors f
un C 1 -difféomorphisme de I dans f ( I ).
En effet, si f 0 ( x) 6= 0 pour tout x ∈ I , puisque f est supposée de classe C 1
sur I , on déduit que f 0 ( x) > 0, ∀ x ∈ I ou bien f 0 ( x) < 0, ∀ x ∈ I ; et donc f est
strictement monotone sur I .
En utilisant le théorème d’inversion locale, on aboutit à f un C 1 -difféomorphisme
de I dans f ( I ).
2. Même dans R toutes les hypothèses sont nécessaires :
– Si f ( x) = x2 et I = R? , on a f n’est pas bijective car I n’est pas un intevalle.
– Pour f ( x) = x3 sur I = R, on a f de classe C 1 sur I et bijective de R dans
R, mais f n’est pas un C 1 -difféomorphisme, car f −1 n’est pas dérivable
en 0.
 x2 sin ¡ 1 ¢ + x si x 6= 0

– Si f ( x) = x
4 , on a f est dérivable sur R, avec
0 si x = 0
1
f 0 (0) = > 0, alors que f n’est croissante sur aucun intervalle ouvert
4
contenant 0. Donc, f n’est pas un C 1 -difféomorphisme ; et ceci est causé
par la non continuité de f en 0.
3. Dans le cas de fonctions de plusieurs variables, l’injectivité de f est obli-
gatoire. On peut reprendre l’exemple : f : R2 −→ R2 définie par f ( x, y) =
( e x cos y , e x sin y) qui n’est pas injective.

Passage en coordonées polaires

Considérons ϕ : R2 −→ R2 définie par : ϕ( r, θ ) = ( x, y) = ( r cos θ , r sin θ ), où r


signifie le rayon et θ l’angle pour la psition d’un point ( x, y) dans le plan.
On a ϕ est de classe C ∞ sur R2 et
¯ ¯
¯ ¯¯ cos θ − r sin θ ¯¯
¯Jϕ ( r, θ )¯ = ¯ ¯ = r (cos2 θ + sin2 θ ) = r
¯
¯ sin θ r cos θ ¯

Donc le théorème d’inversion local est applicable sur (R \ {0}) × R.


Pour pouvoir appliquer le théorème d’inversion global, il faut que f soit injec-
tive.
Nous prenons donc U = R?+ ×] − π, π[ pour que ϕ soit bijective de U vers ϕ(U ).
Fonctions implicites et inversion locale 60

Ainsi d’après le théorème d’inversion globale on aura ϕ est un C ∞ -difféomorphisme


de U dans ϕ(U ) = R2 \ (R− × {0}).
L’application inverse de ϕ est ϕ−1 qui est définie par
Ãq à !!
y
ϕ−1 ( x, y) = ( r, θ ) = x2 + y2 , 2 arctan p
x + x2 + y2
p
car r = x2 + y2 et

2 r sin θ2 cos θ2
¡ ¢ ¡ ¢
θ r sin θ y
µ ¶
tan = ¡θ¢ = = .
2 r cos θ + r x + x2 + y2
p
2 r cos2 2
SMA - Module Analyse V

7 Extremums libres et extremums liés

Définition 22

Soient C ⊂ Rn non vide, x ∈ C et f : C −→ R.


1. On dit que x est un minimum local de f sur C s’il existe r > 0 tel que :

∀ x ∈ B( x, r ) ∩ C on a f ( x) É f ( x).

2. On dit que x est un minimum global de f sur C si ∀ x ∈ ∩C on a f ( x) É


f ( x).
3. Un minimum est dit stricte si l’inégalité É est remplacée par l’inégalité
<.
4. De la même manière, on définit un maximum local (stricte) ou global
(stricte) sur C .
5. On dit que x est un extremum local (global) de f sur C , si x est un
minimum ou maximum local (global) de f sur C .

61
Extremums libres et extremums liés 62

Définition 23

Soient C ⊂ Rn non vide, x ∈ C et f : C −→ R.



1. Si x est un minimum (maximum) local (global) de f sur C et si x ∈C , on
dit que x est un minimum (maximaum) local (global) libre de f sur C
2. Si x est un minimum (maximum) local (global) de f sur C et si x ∈ ∂C ,
on dit que x est un minimum (maximaum) local (global) lié de f sur C .

On rappelle que pour f : U ⊂ Rn −→ R, x est un point critique (point singulier


ou point stationnaire) se f si : ∇ f ( x) = 0 ⇐⇒ les dérivées partielles de f en x
existent et sont toutes nulles.

1. Extremum libres
Nous commençons par un résultat simple et intéressant d’existence d’extremum
global.

Théorème 14. (Weierstrass)

Soit D ⊂ Rn un compact et f : D −→ R une fonction continue sur D . Alors f


admet un minimum global et un maximum global sur D .

Si l’ensemble D n’est pas supposé compact, l’affirmation du théorème n’est pas


assurée.

Exemple : 1. Lorsqu’on considère D =] − ∞, +∞[ et f ( x) = x, on f n’admet ni


maximum ni minimum global.

1
2. Si D =]0, 1] et f ( x) = , on D est un borné non compact, et f n’admet pas de
x
maximum global.

On peut utiliser le théorème précédent pour obtenir d’autres résultats déxis-


tence de maximum comme celui qui va suivre.
Extremums libres et extremums liés 63

Proposition 28

Soit C ⊂ Rn un fermé non borné et f : C −→ R une fonction continue sur D


telle que

lim f ( x) = +∞ (respectivement lim f ( x) = −∞).


k xk → +∞ k xk → +∞
x∈C x∈C

Alors f admet un minimum global ( respectivement un maximum global)


sur C .

Exemple : Soit g = ( g 1 , · · · , g m )T : Rn → Rm une application continue et soient


c 1 , · · · , c m des réels.
L’ensemble
X = x ∈ R n : g 1 ( x) É c 1 , · · · , g m ( x) É c m
© ª

est fermé d’après Proposition 21.


Si X est borné, et si f : X → Rn est une fonction continue, la fonction f admet
un maximum global sur X .

Remarque 33
Soit k·k une norme quelquonque sur Rn . En utilisant le théorème précédent,
montrons qu’elle est équvalente à k · k1 .

Soit x ∈ Rn , il est plus facile de vérifier que


Xn
k xk É M | x i | = M k xk1 , où M = sup k e i k.
i =1 i =1,··· ,n

Donc l’application k · k : (Rn , k · k1 ) → R qui x 7−→ k xk1 est continue, car pour tout
x, y ∈ Rn on a
|k xk − k yk| É k x − yk É M k x − yk1 .
Il faut se rappeler maintenant que la sphère unité S 1 pour la norme k · k1 est
compacte, donc par continuité de k · k on a l’existence de x0 ∈ S tel que

min k xk = k x0 k.
x∈ S 1

Or k x0 k > 0, car sinon, on aura d’après la propriété de séparation de la norme


k · k x0 = 0, ce qui contredit x0 ∈ S 1 .
Ainsi on a pour tout x ∈ Rn non nul, y = x/k xk1 ∈ S 1 , donc
° °
° x °
k x k = k x k1 × °
° k xk ° = k xk1 k yk Ê k xk1 uinf
° k u k.
1 ∈S 1
Extremums libres et extremums liés 64

En prenant m = infu∈S1 k uk, on déduit que k xk Ê mk xk1 . ■

Pour l’existence des extremum locaux, on peut obtenir des conditions néces-
saires et suffisantes, en utilisant le développement de Taylor.

Théorème 15. (Condition nécessaire du premier ordre)



Soit D ⊂ Rn , x ∈D et f : D −→ R. Supposons que f admette toutes les dérivées
partielles en x. Si x est un extremum local de f sur U , alors ∇ f ( x) = 0, c.à.d.
x est un point critique de f .
Extremums libres et extremums liés 65

Théorème 16. (Condition suffiantes du second ordre)

Soient U ⊂ Rn un ouvert, f : U −→ R de classe C 2 et x ∈ U un point critique


de f .
1. Si pour tout h ∈ Rn , hT H f ( x) h > 0, alors f admet un maximum local
stricte en x.
2. Si pour tout h ∈ Rn , hT H f ( x) h < 0, alors f admet un minimum local
stricte en x.

La condition dans 1. (respectivement 2.) signifie que la matrice H f ( x) est défi-


nie positive (respectivelent définie négative), ce qui est équivalent à toutes les
valeurs propres de H f ( x) sont strictement positifs (respectivement strictement
négatives).
Lorsque H f ( x) admet des valeurs propres positive et d’autres négative, on aura
x n’est ni maximum local stricte ni minimum local stricte ; on dira que x est un
point selle.

En vertu du théorème sur les déterminants mineurs principaux de l’algèbre


linéaire, on aura x est maximum local stricte (respectivement un minimum
local stricte) de f sur U pourvu que, pour tout k = 1, · · · , n, (−1)k ¯H f ,k ( x)¯ > 0
¯ ¯

(respectivement ¯H f ,k ( x)¯ > 0.


¯ ¯

Ici
∂2 f ∂2 f ∂2 f
 
 ∂ x2 ( x) ∂ x ∂ x
( x) · · ·
∂ x ∂ x
( x) 
1 2 1 k
 ∂2 f1
 
∂ f
2
∂ f
2 
( x) ( x ) · · · ( x )
 
H f ,k ( x) =  ∂ ∂ ∂ 2 ∂ ∂
 
x 2 x 1 x 2
x 2 x k 
 .. .. ... .. 

 . . . 

 ∂ f 2
∂ f
2
∂ f
2
 

( x) ( x) · · · ( x )
∂ xk ∂ x1 ∂ xk ∂ x2 ∂ x2k
Nous allons traduire plus précisement ces propriétés lorsque f est à deux va-
riables seulement :
Extremums libres et extremums liés 66

Théorème 17

Soient U ⊂ R2 un ouvert, f : U −→ R de classe C 2 et x ∈ U un point critique


de f .
∂2 f
1. Si H f ( x) > 0 et
¯ ¯
¯ ¯ ( x) < 0, alors f admet un maximum local stricte
∂ x12
en x = ( x1 , x2 )T .
∂2 f
2. Si H f ( x) > 0 et 2 ( x) > 0, alors f admet un minimum local stricte en
¯ ¯
¯ ¯
∂ x1
T
x = ( x1 , x2 ) .
3. Si ¯H f ( x)¯ < 0, alors f présente un point selle en x = ( x1 , x2 )T .
¯ ¯

4. Si ¯H f ( x)¯ = 0, on ne peut pas conclure à partir des dérivées partielles


¯ ¯

du second ordre.

Exemples : 1. Soit f la fonction réelle définie sur R2 par

x2 y 2 y3
f ( x, y) = − x + − 4 y.
2 3
On désire trouver les points critiques de la fonction f et établir leur nature.
On a f est f est de classe C ∞ sur R2 , avec
à ! à !
x y − 2x y−2 x
∇ f ( x, y) = x2 2
et H f ( x, y) =
2
+ y − 4 x 2y
(
x y − 2x = 0
Les points critiques de f sont solutions du système : ∇ f ( x, y) = 0 ⇔ x2
,
2
+ y2 − 4 = 0
qui ne possède que les deux points : ( x, y) = (0, −2) ou ( x, y) = (0, 2).

∂2 f
– Puisque H f (0, −2) = 16 > 0| et
¯ ¯
¯ ¯ (0, −2) = −4 < 0, on déduit que (0, −2)
∂ x12
est un maximum local stricte.
– Comme ¯H f (0, 2)¯ = 0, on ne peut pas conclure.
¯ ¯

2. Extremum liés
Extremums libres et extremums liés 67

Théorème 18. (Conditions nécessaires pour les extremum liés)

Soient n, p ∈ N∗ , U un ouvert de Rn , f : U −→ R une application différentiable


et g 1 , . . . , g p : U −→ R de classe C 1 sur U .
On suppose que x ∈ U est un extremum local de f sur l’ensemble K := { x ∈ U :
∀ 1 É i É p, g i ( x) = 0}, et on suppose de plus que la famille {∇ g i ( x) : 1 É i É p}
est libre.
Pp
Alors il existe (des uniques) λ1 , . . . , λ p ∈ R tels que ∇ f (a) = i=1 λ i ∇ g i (a).

Remarque 34
L’unicité découle du fait que la famille {∇ g i ( x) : 1 É i É p} est libre.

Remarque 35
On parle d’extremum libres quand K = U tout entier. Dans ce cas, on a
∇ f (a) = 0, et le théorème précédent reste vrai ; il suffit de prendre λ1 = · · · =
λ p = 0.

Exemple 1. (Exrtemum dans R2 )


On cherche à minimiser la fonction f ( x, y) = x y sous la contrainte g( x, y) =
x2 − x y + y2 − 1.
On a f et g sont de classe C 1 sur R2 qui est un ouvert. Donc, on doit d’abord trou-
ver les point ( x, y) ∈ R2 pour lesquels il existe λ ∈ R tel que ∇ f ( x, y) = λ∇ g( x, y)
et g( x, y) = 0, qui est équivalent à :

∂f ∂g

( x, y ) = λ ( x, y)
 
 y − λ(2 x − y) = 0

∂x ∂x

 
∂f ∂g

( x, y) = λ ( x, y) ⇐⇒  x − λ(− x + 2 y) = 0


 ∂y ∂y 
x2 − x y + y2 = 0
 2
 2
x − xy+ y = 0

On remarque que c’est un système non linéaire aux trois inconnus x, y et λ.


Donc, il n’y a pas de méthode explicite pour résoudre ce système.
Nous allons distingué les deux cas possibles suivants :

(i) Si λ = 0, alors ( x, y) = (0, 0) qui ne vérifie pas la contrainte g( x, y) = 0. Donc


(0, 0) ne paut pas être optimal.

(ii) Si λ 6= 0, on multiplie la première équation du système par x et la seconde


Extremums libres et extremums liés 68

par y, on obtient

λ x(2 x − y) = x y = λ y(2 y − x) ⇔ x(2 x − y) = y(2 y − x) car λ 6= 0.

Donc x2 = y2 ⇔ y = ± x. En revenant à la contrainte g( x, y) = 0, on obtient pour


³x =p y les
p ´
points
³ p critiques
p ´
(−1, −1) et (1, 1), et pour y = − x les points critiques
3 3 3 3
− 3 , 3 et 3 , − 3 .
Si on note l’ensemble contrainte K = {( x, y) ∈ R2 : g( x, y) = 0}, on a K est compact
(fermé puisque g est continue, et borné car si ( x, y) ∈ K on aura 1 = x2 − x y − y2 =
1
¡ 2 2 2
¢ 1¡ 2 2
¢ p
2
x + y + ( x − y ) Ê 2
x + y qui donne k( x, y ) k2 É 2).
On déduit donc l’existence des extrema globaux de la fonction continue f sur le
compact K . Le minimum global de f sur K ne peut être que l’un des points
³ p p ´ ³p p ´
(−1, −1), (1, 1), − 3 , 3 ou 3 , − 33 .
3 3 3

On calcule donc leur valeur par f :


³ p p ´ ³p p ´
f (−1, −1) = f (1, 1) = 1 et f − 33 , 33 = f 3
3
, − 33 = − 13 ;
³ p p ´ ³p p ´
et par suite le minimum de f sur K est réalisé aux points − 33 , 33 et 3
3
, − 33 .
Le maximum de f sur K est réalisé aux points (−1, −1) et (1, 1).

Exemple 2. (Exrtemum dans R3 )


Notre problème est de chercher le point du cercle d’équation : ( x−1)2 +( y−2)2 = 1
qui est le plus proche de l’origin 0 = (0, 0)T .
Il s’agit de trouver le minimum de la fonction f ( x, y) = x2 + y2 = k( x, y)k22 sous la
contrainte g( x, y) = ( x − 1)2 + ( y − 2)2 − 1 = 0.
D’après les conditions nécessaires d’optimalité, si ( x, y) réalise le minimum de
f sur K = {( x, y ∈ R2 : g( x, y) = 0}, il existe λ ∈ R tel que

2 x − 2λ( x − 1) x − λ( x − 1) = 0
   
0 Ã !
∇ f ( x, y − λ∇ g( x, y)


 0 = = 2 y − 2λ( y − 2)  ⇐⇒ y − λ( y − 2) = 0
   
g( x, y) 
0 ( x − 1)2 + ( y − 2)2 − 1 ( x − 1)2 + ( y − 2)2 − 1 = 0

Comme pour l’exemple précédent, on suppose λ différent de 0 et de 1, on obtient


1 2 1 4 p
x−1 = et y − 2 = ; et donc + = 1 ou λ = 1 ± 5.
λ−1 λ−1 (λ − 1)2 (λ − 1)2
³p p ´ ³p p ´
5−1 2( 5 −1) 5+1 2( 5+1)
On obtient les points critiques p5 , p5 et p5 , p5 .
On déduit donc l’existence des extrema globaux de la fonction continue f sur le
compact K qui est le cercle de centre (1, 2) et de rayon 1. Le minimum global de
Extremums libres et extremums liés 69

³p p ´
5−1 2( p5−1)
f sur K ne peut être que le point p ,
5 ³ 5
qui réalise le minmum des deux
³p
5 −1 2(
p
5−1)
´ p 2
p
5 +1 2(
p
5+1)
´ p
valeurs f p5 , p5 = ( 5 − 1) et f p5 , p5 = ( 5 + 1)2 . L’autre point
³p p ´
5+
p , 1 2( 5+ 1)
5
p
5
réalise le maximum, donc c’est le point du cercle qui est le plus
loin de l’origin.

Remarque 36
On peut réduire ce problème sous contraintes en un problème sans
contraintes, et donc passer d’un extremum lié à un extremum libre.

Il suffit de poser
x − 1 = r cos θ et y − 2 = r sin θ ;
alors g( x, y) = ( x − 1)2 + ( y − 2)2 − 1 = r 2 − 1 et f ( x, y) = x2 + y2 = ( r cos θ + 1)2 +
( r sin θ + 2)2 . On remarque que la contrainte g( x, y) = 0 est équivalente à r = 1.
Donc le problème initiale se transforme à minimiser :

ϕ(θ ) = (cos θ + 1)2 + (sin θ + 2)2 = 2 cos θ + 4 sin θ + 6 sur [0, 2π].

On a
ϕ0 (θ ) = 2 sin θ − 4 cos θ = 0 ⇔ tan θ = 2 ⇔ θ =?

Pour distinguer le minimum du maximum, il suffit de calculer la valeur de ϕ


en ces deux points : ϕ π4 = et ϕ 34π =
¡ ¢ ¡ ¢
Extremums libres et extremums liés 70
SMA - Module Analyse V

8 Travaux dirigés

1. Série No1 14-15 : Topologie élémentaire de Rn et


Continuité

n
Exercice 1 Considérons le produit scalaire sur Rn , x · y =
X
x i yi , et k·k2 la norme (euclidienne)
i =1
associée. Montrer que, pour tout x, y ∈ Rn , on a :

| x · y| É 21 (k xk2 + k yk2 ) et x · y = 14 k x + yk2 − k x − yk2 .


¡ ¢

Solution : Pour x, y ∈ Rn , on sait que

k x − yk2 = ( x − y) · ( x − y) = k xk2 − 2 x · y + k yk2 et k x + yk2 = k xk2 + 2 x · y + k yk2 .

En utilisant la première relation, on a k xk2 − 2 x · y + k yk2 Ê 0 et donc | x · y| É 21 (k xk2 + k yk2 ).


En soustrayant les deux relations, on aboutit à k x + yk2 − k x − yk2 = 4 x · y, et par suite
x · y = 14 k x + yk2 − k x − yk2 .
¡ ¢

Exercice 2 1. Si ( x, y) ∈ R2 , on pose k( x, y)k = max(| x + y|, | x − y|).


Montrer qu’il s’agit d’une norme et dessiner sa boule unité fermée.
2. Quelle est la distance de l’origine à la droite D d’équation 2 x + y = 6 ?

Solution : 1. Séparation : On a

k( x, y)k = 0 ⇔ | x + y| = 0 et | x − y| = 0 ⇔ x + y = 0 et x − y = 0 ⇔ x = y = 0.

Homogénéité : Pour x dans R2 et α dans R, on a

kα( x, y)k = k(α x, α y)k = max(|α x + α y|, |α x − α y|)


= max(|α|| x + y|, |α|| x − y|) = |α| max(| x + y|, | x − y|)
= |α| · k( x, y)k.

Inégalité triangulaire : Pour ( x, y), ( x0 , y0 ) dans R2 , on a

k( x, y) + ( x0 , y0 )k = k( x + x0 , y + y0 )k = max(|( x + x0 ) + ( y + y0 )|, |( x + x0 ) − ( y + y0 )|)


= max(|( x + y) + ( x0 + y0 )|, |( x − y) + ( x0 − y0 )|)
É max(| x + y| + | x0 + y0 |, | x − y| + | x0 − y0 |)
É max(| x + y|, | x − y| + max(| x0 + y0 |, | x0 − y0 |)
= k( x, y)k + k( x0 , y0 )k.

71
Travaux dirigés 72

Donc k · k est une norme sur R2 .

2. On sait que la distance de l’origine Θ à la droite D est définie par d (Θ, D ) = inf(x,y)∈D k( x, y)k.
Donc
d (Θ, D ) = inf max(| x + y|, | x − y|) = inf max(| x + (6 − 2 x)|, | x − (6 − 2 x)|)
2x+ y=6 x∈R
= inf max(| x − 6|, |3 x − 6|) = inf φ( x).
x∈R x∈R

Pour déterminer l’infimum de φ, nous traçons les courbes y = | x − 6| et y = |3 x − 6|, et on prend


la plus petite valeur :

On remarque que inf x∈R φ( x) = φ(3) = 5, d’où d (Θ, D ) = 5.

Exercice 3 ((Norme matricielle)) Soit A ∈ M p (R) l’espace des matrices réelles carée d’ordre
p, on note k A k = sup1É i, jÉ p |a i, j |.

1. Montrer que k · k est une norme sur l’espace vectoriel M p (R).


à !
1/2 1
2. Soit la matrice A = . Calculer A k = A × · · · × A ( k fois).
0 1/2
Que dire de limk→+∞ k A k k ? et de limk→+∞ k A kk ?

3. Montrer que ∀ A, B ∈ M p (R) : k A × Bk É pk A k · kBk.


à !
1/3 1/4
4. Soit la matrice A = . Déduire de la question 3 que ( A k ) tend, lorsque k −→ +∞,
1/5 1/6
vers la matrice nulle.

Solution : 1. Pour montrer que k · k est une norme sur l’espace M p (R), il suffit d’utiliser la
preuve que k xk∞ = max1É iÉn | x i | est unre norme sur Rn .
Travaux dirigés 73

à ! à !
k k−1
1/2 1 1/2 k /2
2. Si A = , on justifie par récurrence que : ∀ k ∈ N? , A k = .
0 1/2 0 1/2k
Pour k = 1, c’est satisfait. Supposons que c’est vrai jusqu’à k, alors
à ! à ! à !
k+1 k 1/2 1 1/2k k/2k−1 1/2k+1 ( k + 1)/2k
A = A×A = × =
0 1/2 0 1/2k 0 1/2k+1

Donc, pour tout k Ê 1,

1 k 1 1
µ ¶
k
k A k = max k
, = max(1, 2 k) = .
2 2k−1 2 k 2k

Puisque lim 1/2k = 0, on déduit que lim k A k k = 0.


k→+∞ k→+∞
1
On sait que k A k = max |a i j | = max( , 1) = 1, donc lim k A kk = 1. On conclue que
1É i, j É2 2 k→+∞

lim k A k k 6= lim k A kk .
k→+∞ k→+∞

3. Soient A = a i j 1É i, jÉ p et B = b i j 1É i, jÉ p deux matrices dans M p (R).


¡ ¢ ¡ ¢
¡ ¢ P
On sait que A × B = c i j 1É i, jÉ p , où pour chaque i, j ∈ {1, · · · , p}, c i j = 1Él É p a il b l j .
Donc ¯ ¯
¯ X ¯ X ¯ ¯
|c i j | = ¯ a il b l j ¯ É |a il | · ¯ b l j ¯
¯ ¯
¯1 É l É p
X ¯1Él ɯp
¯
É max |a il | ¯b l j ¯
1É l É p 1É l É p
¯ ¯
É p max |a il | max ¯ b l j ¯ É pk A k · kBk
1É l É p 1É l É p

et par suite
k A × Bk = max | c i j | É pk A k · kBk.
1É i, j É p
à !
1/3 1/4
, on a k A k = max 31 , 14 , 15 , 16 = 31 ; donc en utilisant k 1 fois la
¡ ¢
4. Pour la matrice A =
1/5 1/6
question 3 on déduit que

2k−1 1 2 k
µ ¶
k k−1 k
kA k = 2 k Ak = = −→ 0 lorsque k → +∞,
3k 2 3

et par suite la matrice A k tend, lorsque k −→ +∞, vers la matrice null.

Exercice 4 Soit ( xk )kÊ0 une suite dans Rn .


1. Montrer que, si cette suite converge vers x et si ( t k )kÊ0 est une suite dans R qui converge
vers t, alors la suite ( t k xk )kÊ0 converge vers tx.
2. Montrer que, si les suites extraites ( x2k )kÊ0 et ( x2k+1 )kÊ0 convergent vers la même limite x
dans Rn , alors toute la suite ( xk )kÊ0 converge vers x.
3. Montrer que, si les suites extraites ( x2k )kÊ0 , ( x2k+1 )kÊ0 et ( x3k )kÊ0 convergent, alors toute la
suite ( xk )kÊ0 converge.
Travaux dirigés 74

Solution : 1. Soit ε > 0. On a ( xk )kÊ0 converge vers x et ( t k )kÊ0 converge vers t ; donc
ε ε
∃ N0 , N1 ∈ N? tel que ∀ k Ê N0 , | t k − t| < et ∀ k Ê N1 , k xk − xk < .
| t| + ε + k xk | t| + ε + k xk

Prenons N = max( N0 , N1 ), alors pour tout k Ê N ,


ε
k t k xk − txk = k( t k xk − t k x) + ( t k x − tx)k É | t k | · k xk − t k k + k xk · | t k − t| < (| t k | + k xk) É ε.
| t| + ε + k xk

On déduit donc que la suite ( t k xk )kÊ0 converge vers tx.


2. Notons u k = x2k et vk = x2k+1 pour tout k ∈ N, alors ( u k )k et (vk )k convergent vers la même
limite x.
Soit ε > 0, alors ∃ N0 , N1 ∈ N? tel que

∀ k Ê N0 , k u k − xk < ε et ∀ k Ê N1 , kvk − xk < ε.

Notons N = max( N0 , N1 ), alors si k Ê N , k x2k − xk = k u k − xk < ε et k x2k+1 − xk = kvk − xk < ε Par


suite
∀ k Ê 2 N, k xk − xk < ε;

ce qui asure la convergence de ( xk )k vars x.


3. Par hypothèse, on a les suites extraites ( x2k )kÊ0 et ( x2k+1 )kÊ0 convergent, donc d’après la
question précédente, il suffit de vérifier qu’ils convergent vers une même limite.
Puisque la suite ( x3k )kÊ0 converge, soit x sa limite ; alors les sous-suites ( x3(2k) )kÊ0 et ( x3(2k+1) )kÊ0
convergent vers la même limite x.
Or 3(2 k) = 2(3 k) est paire, et 3(2 k + 1) = 2(3 k + 1) + 1 est impaire, alors ( x3(2k) )kÊ0 est une sous
suite de ( x2k )kÊ0 , et ( x3(2k+1) )kÊ0 est une sous suite de ( x2k+1 )kÊ0 .
Donc ( x2k )kÊ0 et ( x2k+1 )kÊ0 convergent vers x, et par suite ( xk )kÊ0 converge vers x

³ 2
´
Exercice 5 Soit ( xk )kÊ0 la suite dans R2 de terme général th k, cos ke−k . Étudier la conver-
gence de cette suite.

Solution : On sait que la suite ( xk )kÊ0³, telle qu’elle


´ est définie, est convergente si, et seulement
− k2
si, les suites composantes (th k)kÊ0 et cos ke sont convergentes.
kÊ0
Or
e k − e−k 1 − e−2k
th k = k = −→ 1 car e−2k −→ 0,
e + e−k 1 + e−2k
et ¯ ¯
− k2 ¯ 2
cos ke ¯ É e−k −→ 0.
¯
¯

D’où ( xk )kÊ0 est convergente, et


µ ¶
− k2
lim xk = lim th k, lim cos ke = (1, 0).
k→+∞ k→+∞ k→+∞

Exercice 6 On considère R muni de la norme usuelle, c.à.d. la valeure absolue | · |, et les en-
sembles
Travaux dirigés 75

A = [1, 2] ]3, 4] {5} et B =]2, 3].


S S

◦ ◦ ◦ ◦ ◦
Déterminer A, B, A ∩ B, A ∩ B, A ∩ B, A ∩ B, A , B, A
S
B et A
S
B.

Solution : Sans preuve, on a les égalités suivantes

A = [1, 2] [3, 4] {5},


S S
B = [2, 3], A ∩ B = ; = ;,
A ∩ B = ([1, 2] [3, 4] {5}) ∩ [2, 3] = {2, 3}, A ∩ B = ([1, 2] ]3, 4] {5}) ∩ [2, 3] = {2},
S S S S
◦ ◦
A ∩ B = ([1, 2] [3, 4] {5}) ∩ [2, 3] = {2, 3}, A =]1, 2[ ]3, 4[, B=]2, 3[,
S S S

◦ S ◦ z [}| {
A B= (]1, 2[ ]3, 4[) ]2, 3[=]1, 3[\{2, 3} et A B= [1, 3].
S S

1
¾ ½
Exercice 7 On considère la partie de R : A = :k∈N∗ S
]1, 2[ (Q ∩ [2, 3[) .
S
k
Déterminer avec précision les ensembles suivants :
◦ Ã !Ù  ◦ Ù
³ ◦ ´Ù ◦ ◦ ◦ µ ◦ ¶Ù ◦ Ù ◦
à !

◦ ◦
A Ù , A , A , ( A )Ù , A , A , A , A , A , A , A , A ,  A  .

Lequel de ces ensembles est-il un relativement compact ? un compact ?

Solution : Similairement à l’exercice précédent, sans preuve, on a

S 1
½ ¾
1 1
Ù
:k∈N∗
S ¡S £ £¢ S
A =] − ∞, 0]
S
A = {0}
S
k∈N? k+1 , k (]2, 3[\Q) [3, +∞[,
k
[1, 3],
◦ £ 1 1 £¢ S ³ ◦ ´Ù
A =]1, 2[, ( A )Ù =] − ∞, 0[
S ¡S S
k∈N? k+1 , k [3, +∞[, A =] − ∞, 1] [2, +∞[,
◦ µ ¶Ù Ã !Ù
◦ ◦
◦ ◦ ◦
A = [1, 2], A =]1, 3[, A =]1, 2[, A =] − ∞, 1[ ]2, +∞[, A =] − ∞, 1] [3, +∞[,
S S

à !Ù  ◦ Ù
◦ ◦

A = [1, 3], A
S  A  =] − ∞, 1] S[2, +∞[.
=] − ∞, 1[ ]3, +∞[,

Exercice 8 On se place dans R2 muni de la norme euclidienne. On considère la suite d’en-


sembles : I k = 1k , 1 × 1k , 1 .
£ ¤ £ ¤

1. Donner la nature topologique des I k (ouvert ou fermé ou compact) ?


2. Déterminer C = +∞
S
I .
k=1 k
3. Donner la nature topologique de C ? Déterminer C .

Solution : 1. On I k , comme produit de deux fermés de R, est fermé. Puisque I k est borné, on a
donc I k est compact.
2. Montrons que C = +∞
S
I =]0, 1]×]0, 1].
k=1 k
Si (a, b) ∈ C , alors (a, b) ∈ I k pour un k ∈ N ? , et donc a, b ∈ 1k , 1 ⊂]0, 1]. Par suite, (a, b) ∈
£ ¤

]0, 1]×]0, 1].


Si (a, b) ∈]0, 1]×]0, 1], alors a, b ∈]0, 1] ; et puisque 1k −→ 0 si k −→ +∞, on peut trouver k ∈ N? tel
Travaux dirigés 76

que 1k < min(a, b).


Donc a, b ∈ 1k , 1 , et par suite (a, b) ∈ 1k , 1 × 1k , 1 ⊂ C .
£ ¤ £ ¤ £ ¤

Par double inclusion C ==]0, 1]×]0, 1].


3. L’ensemble C = +∞
S
I =]0, 1]×]0, 1] n’est ni ouvert, ni fermé, car
k=1 k

C =]0, 1[×]0, 1[ á C á [0, 1] × [0, 1] = C.

On aussi que C est non compact, puisqu’il n’est pas fermé.

Exercice 9 Considérons les parties suivantes du plan

A 1 = {( x, y) ∈ R2 : x2 y2 > 1}, A 2 = {( x, y) ∈ R2 : x2 + y2 = 1 et y > 0}.

1. Déterminer si les parties A 1 et A 2 sont ouvertes ou fermées.


2. Déterminer l’intérieur et l’adhérence de A 1 et A 2 .
3. Lequel de A 1 ou A 2 est-il compact ? ou relativement compact ?

Solution : 1. On a deux manière de traiter cette question : la première consiste à étudier les
deux ensembles topologiquement, la seconde utilise les fonctions de plusieurs variables.
(i) On a A 1 est un ouvert de R2 , car son complémentaire A Ù1 = {( x, y) ∈ R2 : x2 y2 É 1} est fermé.
En effet, soit ( xk , yk )k une suite dans A 1 qui converge vers ( x, y), alors ( x, y) ∈ A 1 , càd x2 y2 É 1.
Puisque ( xk )k converge vers x, on a existence de M > 0 tel que | xk | É M pour tout k. Donc pour
tout k ∈ N
x2 y2 = x2 y2 − x2k y2 + x2k y2 − x2k yk2 + x2k yk2 = ( x2 − x2k ) y2 + x2k ( y2 − yk2 ) + x2k yk2
É | x2 − x2k | y2 + M | y2 − yk2 | + 1 É max( y2 , M )k( xk , yk ) − ( x, y)k2 + 1

En utilisant k( xk , yk ) − ( x, y)k −→ 0, on déduit, par passage à la limite, que x2 y2 É 1, et donc


( x, y) ∈ A Ù1 .
(ii) L’ensemble A 2 n’est ni ouvert, ni fermé. En effet, pour tout ( x, y) ∈ A 2 , toutes les boules de
centre ( x, y) ne sont pas incluses dans A 2 ; car si x Ê 0, on a ∀ r > 0, x + 2r , y ∈ B(( x, y), r ) \ A 2 , et
¡ ¢

si x < 0, x − 2r , y ∈ B(( x, y), r ) \ A 2 .


¡ ¢

Pour montrer A 2 non fermé, on prend ( xk , yk ) = (cos(1/ k), sin(1/ k)), alors ( xk , yk ) ∈ A 2 pour tout
k ∈ N? , ( xk , yk ) −→ (1, 0), mais (1, 0) ∉ A 2 .

2. (i) On sait que A 1 est un ouvert, donc son intérieur est lui même : A 1 = A 1 .
Pour l’adhérence de A 1 , on ajoute les éléments de la frontière qui sont souvent ceux qui assurent
l’égalité dans la présentation analytique :

A 1 = {( x, y) ∈ R2 : x2 y2 Ê 1}.

En effet, comme c’est justifié dans la ferméture de A Ù1 , on a {( x, y) ∈ R2 : x2 y2 Ê 1} est un fermé


qui contient A 1 , et donc A 1 ⊆ {( x, y) ∈ R2 : x2 y2 Ê 1}.
Pour l’autre inclusion, supposons que ( x, y) ∉ A 1 , alors il existe r > 0 tel que B(( x, y), r ) ∩ A 1 = ;
ou B(( x, y), r ) ⊆ A Ù1 = {( u, v) ∈ R2 : u2 v2 É 1}.
Si x Ê 0, on prend x + 2r , y ∈ B(( x, y), r ), alors x + 2r , y ∈ A Ù1 , et donc
¡ ¢ ¡ ¢

³ r ´2 2 ³ r´
1Ê x+ y = x2 y2 + r x + > x2 y2 .
2 4
Travaux dirigés 77

Si x < 0, on prend x − 2r , y ∈ B(( x, y), r ) pour avoir


¡ ¢

³ r ´2 2 ³ r´
1Ê x− y = x y + r − x + > x2 y2 .
2 2
2 4
On déduit que ( x, y) ∈ A Ù1 , et donc A 1 = {( x, y) ∈ R2 : x2 y2 Ê 1}..

(ii) Pour A 2 , on a A 1 = ; et A 2 = {( x, y) ∈ R2 : x2 + y2 = 1 et y Ê 0}. Pour justifier ces deux égalités,
on peut utiliser les arguments de 1. (ii).
3. Puisque A 1 et A 2 ne sont pas fermés, on aura A 1 et A 2 non compacts.
p
On a aussi A 1 non borné, car pour tout k ∈ N? , (1, k) ∈ A 1 , mais k(1, k)k = 1 + k2 −→ +∞. Donc
A 1 est non relativement compact.
L’ensemble A 2 est inclus dans la boule unité, donc borné, et par suite il est relativement
compact.

Exercice 10 Considérons A = {( t, sin(1/ t)) ∈ R2 : t > 0}.


1. Montrer que l’ensemble A n’est ni ouvert ni fermé.
2. Déterminer l’adhérence A de A . (Justifier votre réponse)
3. Montrer que A est une partie connexe par arcs de R2 .
4. Montrer que A n’est pas connexe par arcs dans R2 .

Solution : 1. On a A n’est pas ouvert, car pour tout x = ( t, sin(1/ t)) ∈ A , avec t > 0, B( x, r ) * A .
En effet, pour tout r > 0 le point ( t + 2r , sin(1/ t)) ∈ B( x, r ), mais ( t + 2r , sin(1/ t)) ∉ A .
On a aussi A n’est pas fermé, car la suite de terme générale ( 2k1π , sin(2 kπ) = ( 2k1π , 0) ∈ A mais sa
limite (0, 0) ∉ A .

2. Montrons que A = ({0} × [−1, 1]) ∪ A .


Pour l’inclusion ⊂, soit ( x, y) ∈ A . Alors il existe une suite (( xk , yk ))k de A qui converge vers
( x, y).
Si x > 0 alors yk = sin(1/ xk ) converge vers sin(1/ x) (par continuité de la fonction sin dans R) d’où
( x, y) ∈ A .
Dans le cas où x = 0, on a yk = sin(1/ xk ) d’où yk ∈ [−1, 1].
Par passage à la limite on a y ∈ [−1, 1].
D’où ( x, y) ∈ {0} × [−1, 1].
Montrons l’autre inclusion ⊃ :
Soit ( x, y) ∈ ({0} × [−1, 1]) ∪ A , justifions l’existance d’ une suite (( xk , yk ))k de A qui converge vers
( x, y).
Si x > 0, une telle suite existe trivialement (il suffit de prendre la suite constante égale à ( x, y).
Supposons que x = 0 et y ∈ [−1, 1] quelconque. Soit z Ê 1 tel que sin( z) = y. Soit alors
xk = 1/( z + 2 kπ). On aura sin(1/ xk ) = sin( z) = y. Par conséquent la suite ( xk , sin(1/ xk )) est
une suite de A qui tend vers (0, y), et donc (0, y) ∈ A .

3. Soient, pour 0 < t 1 < t 2 , x1 = ( t 1 , sin(1/ t 1 ) et x2 = ( t 2 , sin(1/ t 2 ) deux points de A . Considérons


ϕ : [0, 1] → R2 définie par
1
µ µ ¶¶
ϕ( t) = (ϕ1 ( t), ϕ2 ( t)) (1 − t) t 1 + tt 2 , sin .
(1 − t) t 1 + tt 2
Travaux dirigés 78

On a ϕ, avec composantes deux fonctions réelle continues sur [0, 1], est aussi continue sur [0, 1],
avec ϕ(0) = ( t 1 , sin(1/ t 1 )) et ϕ(1) = ( t 2 , sin(1/ t 2 )). Donc A est connexe par arcs.

4. Par l’absurde, supposons que A est connexe par arcs. Il existe alors ϕ : [0, 1] −→ A continue
tel que ϕ(0) = (1, sin(1)) et ϕ(1) = (0, 0).
Notons ϕ( t) = ( x( t), y( t)) et T0 = { t ∈ [0, 1]| x( t) > 0}. Cet ensemble est non vide puisque 0 ∈ T0 .
On considère alors t 0 = sup(T0 ). Par l’absurde, supposons que x( t 0 ) > 0. Alors par continuité de
x, on aurait x > 0 sur un voisinage de t 0 ce qui en contredit la définition de t 0 .
Par conséquent x( t 0 ) = 0. Ainsi par continuité de x en t 0 , on a : lim t→ t0 x( t) = 0. Il existe alors
une suite ( t k )k qui tend en croissant vers t 0 telle que la suite ( x( t k ))k tend en décroissant vers
0.
Notons ϕ( t 0 ) = (0, y0 ). Soit y ∈ [−1, 1] \{ y0 }. Soit z > 0 tel que sin( z) = y. Pour tout k ∈ N? , il existe
un entier n k assez grand pour que xk := 1/(2 n k π + z) < x( t k ).
Par le théorème des valeurs intermédiaires appliqué à x, il existe t k ∈ [ t k , t 0 ] tel que x( t k ) = xk .
On a alors
ϕ( t k ) = ( xk , sin(2 n k π + z)) = ( xk , y).

Ainsi la suite ( t k )k tend vers t 0 et ϕ( t k ) tend vers (0, y) = ϕ( t 0 ). Contradiction.

Exercice 11 Soit ( xk ) une suite de Rn qui converge vers un x ∈ Rn . Montrer que A = { xk : k ∈


N} { x} est compact.
S

Solution : (i) Propriété de Bolzano-Weierstrass : Soit ( yp ) p∈N une suite dans { x, xk : k ∈ N}.
On a deux cas à traiter :
? Ou bien { yp : p ∈ N} est fini.
Dans ce cas on prend un élément x qui est égale à une infinité d’éléments de yp . Cet élément x
est bien une limite d’une sous suite de ( yp ) p .
? Ou bien { yp : p ∈ N} est infini.
Pour tout p ∈ N, on note I p = { k ∈ N : xk = yp }.
On prend p 0 = 0 et k p0 = max I p0 ; alors k p0 Ê p 0 .
0n prend p 1 > k p0 , puisque { yp : p ∈ N} est infini, et k p1 = max I p0 { p 1 } ; alors
¡ S ¢

k p1 Ê p 1 > k p0 Ê p 0 .
¡ ¢
Similairement, on prend p 2 > k p1 , et k p2 = max I p2 { p 2 } ; alors
S

k p2 Ê p 2 > k p1 Ê p 1 > k p0 Ê p 0 .

Par récurrence on contruit ( p i ) i∈N et ( k p i ) i∈N deux suites naturelles strictement croissantes
puisque
p 0 É k p0 < p 1 É k p1 < · · · < p i É k p i < p i+1 É k p i+1 < · · · .

Or yp i = xk p i , donc ( yp i ) i est une sous suite de la suite ( xk )k qui est supposée convergente vers
x, alors ( yp i ) i est une sous suite de ( yp ) p qui est aussi convergente vers x ∈ A .
Donc d’après la proopriété de Bolzano-Weierstrass, on déduit que A = { xk : k ∈ N} { x} est
S
Travaux dirigés 79

compact.

(i) Propriété de Borel-Lebesgue : Pour la compacité de A le critère Borel-Lebesgue est plus


simple que celui de Bolzano-Weierstrass. En effet, soit (O i ) i∈ J un recouverement queconque de
A par des ouverts, càd A ⊂ i∈ J O i .
S

On a ( xk ) est une suite qui converge vers x, donc

∀ε > 0, ∃ N > 0 tel que ∀ k > N, k xk − xk < ε.

On a x ∈ A ⊂ i∈ J O i , il existe i ∈ J tel que x ∈ O i ; et puisque O i est un ouvert, alors ∃ε0 > 0 tel
S

que B( x, ε0 ) ⊂ O i . Par suite ∃ N0 > 0 tel que ∀ k > N0 , k xk − xk < ε0 , càd xk ∈ B( x, ε0 ) ⊂ O i , et donc
{ x k : k > N0 } ⊂ O i .
Pour tout k ∈ {0, · · · , N0 }, on a xk ∈ A ⊂ i∈ J O i , donc il existe i k ∈ J tel que xk ∈ O i k , et par suite
S

à !
A = { x, xk : k ∈ N} ⊂ O i
[ [
Oik .
0É k É N 0

Donc A est compact.

Exercice 12 Déterminer les domaines de définition des fonctions suivantes :

x2
p
¡p ¢ y−2
1. f ( x, y) = x y − 2, ln | x| 3. f ( x, y, z) =
z−3
2. f ( x, y) = ln(sin2 x − y2 ) 4. f ( x, y, z) = ln( x yz).

Solution : 1. On a
2 2
D ( f ) = {( x, y) ∈ R2 : x y − 2 Ê 0 et | x| > 0} = {( x, y) ∈ R2 : y Ê si x > 0 et y É si x < 0}
x x
2. On a
D ( f ) = {( x, y) ∈ R2 : sin2 x − y2 > 0} = {( x, y) ∈ R2 : −| sin x| < y < | sin x|}

3. On a

D ( f ) = {( x, y, z) ∈ R3 : y − 2 Ê 0 et z − 3 6= 0} = {( x, y, z) ∈ R3 : y Ê 2 et z 6= 3}

4. On a

D ( f ) = {( x, y, z) ∈ R3 : x yz > 0} = R? ? ?
¢[¡ ?
R+ × R? ?
¢[¡ ?
R− × R? ?
¢[¡ ?
+ × R+ × R+ − × R− − × R+ R− × R? ?
+ × R−
¡ ¢

Exercice 13 Déterminer si elle existe la limite des fonctions f quand ( x, y) −→ (0, 0) :

ex y − 1
r
1+ x2 + y2
1. f ( x, y) = y sin y 3. f ( x, y) =
p x2 + y2
sin x2 + y2 x2 − y2
2. f ( x, y) = 4. f ( x, y) = 2 .
x2 + y2 x + y2
Travaux dirigés 80

Solution : 1. On a, pour k( x, y)k2 É 1,


s s s
1 + x 2 + y2 2 2| sin y| p
| f ( x, y)| = | sin y| É | sin y| É | sin y|.
y y y

sin y
Puisque lim y→0 = 1 et lim y→0 sin y = 0, on déduit que lim(x,y→(0,0) f ( x, y) = 0.
y
2. Si on prend x > 0 et y = 0, on aura

sin x sin x 1
f ( x, 0) = = −→ +∞ lorsque x → +∞,
x2 x x
sin x 1
car −→ 1 et −→ +∞.
x x
e0 − 1
3. On a, pour y = 0 et x ∈ R, f ( x, 0) = = 0, donc lim x→0 f ( x, 0) = 0.
x2
2
ex − 1 1 eu − 1
Si y = x, alors f ( x, x) = −→ 2 lorsque x → 0, car lim u→0 = 1.
2 x2 u
Puisque les deux limites sont distinctes, on déduit que lim(x,y)→(0,0) f ( x, y) n’existe pas.

4. On a
x2 − y2
lim f ( x, 0) = lim = 1 et lim f (0, y) = lim = −1.
x→0 x→0 x2 y→0 y→0 y2

Puisque les deux limites sont distinctes, on a lim(x,y)→(0,0) f ( x, y) n’existe pas.

Exercice 14 Soit la fonction f : R2 −→ R définie par :

y4
f ( x, y) = si ( x, y) 6= (0, 0) et f (0, 0) = 0.
x 2 + y4
1. Montrer que pour tout réel a, on a lim x→0 f ( x, ax) = f (0, 0).
³ ´
2. En considérant ( xk , yk ) = k12 , 1k , montrer que f n’est pas continue en (0, 0).

a4 x4 a4 x2
Solution : 1. Soit a ∈ R, alors, pour x 6= 0, f ( x, ax) = = . Donc
x2 + a4 x4 1 + a4 x2
lim f ( x, ax) = 0 = f (0, 0)
x→0

1
³
1 1
´
k4 1
2. Si ( xk , yk ) = ,
k2 k
, alors f ( xk , yk ) = ³ ´2 = . Donc
1 2
k2
+ k14

1
lim f ( xk , yk ) = 6= 0 = f (0, 0),
k→+∞ 2
et par suite f n’est pas continue en (0, 0).

Exercice 15 étudier la continuité des fonctions de R2 dans R définies par :


Travaux dirigés 81

x3 y3
1. f ( x, y) = si ( x, y) 6= (0, 0) et f (0, 0) = 0,
( x2 + y2 )2
2. g( x, y) = x2 + y2 sin x2 +1 y2 si ( x, y) 6= (0, 0) et g(0, 0) = 0.
¡ ¢

Solution : 1. Comme quotient de fonctions continues dont le dénominateur ne s’annule pas, la


fonction f est continue sur R2 \ {(0, 0)}.
Au point (0, 0), on remarque que | x y| É 12 ( x2 + y2 ), et donc
¯ x3 y3 ¯ 3
( x2 + y2 )3
¯ ¯
| f ( x, y)| = ¯ 2
¯ ¯ É | x y| É
1 1
= ( x2 + y2 ) = k( x, y)k22 .
2
(x + y )2 ¯ 2
(x + y ) 2 2 2
8( x + y )2 2 8 8
Donc 0 É lim(x,y)→(0,0) | f ( x, y)| É lim(x,y)→(0,0) 18 k( x, y)k22 = 0, et par suite lim(x,y)→(0,0) f ( x, y) = 0 =
f (0, 0).
Ainsi f est continue sur R2 tout entier.

2. Comme produit, composé et quotient de fonctions continues dont le dénominateur ne


s’annule pas, la fonction g est aussi continue sur R2 \ {(0, 0)}.

À l’extérieur de (0, 0), on a


¯ ¯
¯¡ 2 2 1 ¯¯
É x2 + y2 = k( x, y)k22 .
¢
k f ( x, y)| = ¯ x + y sin 2
¯
2
x +y ¯

Donc lim(x,y)→(0,0) | f ( x, y)| É lim(x,y)→(0,0) k( x, y)k22 = 0, ce qui donne g continue en (0, 0). Ainsi g
est continue sur R2 .

Exercice 16 Soit la fonction f : R2 −→ R définie par :


f ( x, y) = y − x2 si y Ê x2 et f ( x, y) = 0 si y < x2 .
On veut montrer que f est continue sur R2 .
1. Commencer par justifier la continuité de f en dehors de l’ensemble D = {( x, y) ∈ R2 : y = x2 }.
2. Pour ( x0 , y0 ) = ( x0 , x02 ) ∈ D , montrer la continuité de f en ( x0 , y0 ) en revenant à la définition.

Solution : 1. Notons D 1 = {( x, y) ∈ R2 : y > x2 } et D 2 = {( x, y) ∈ R2 : y < x2 }.


Les fonctions ( x, y) 7→ y − x2 et ( x, y) 7→ 0 sont continues respectivement sur D 1 et D 2 , donc f est
continue sur D 1 ∪ D 2 .

2. Si ( x0 , y0 ) ∈ D = R2 \ (D 1 ∪ D 2 ) = {( x, y) ∈ R2 : y = x2 }, càd y0 = x02 , alors f ( x0 , y0 ) = y0 − x02 = 0.


? Si y Ê x2 et k( x0 , y0 ) − x, y)k∞ É 1, on a
| f ( x, y) − f ( x0 , y0 )| = | f ( x, y)| = y − x2 = y − y0 + x02 − x2
É | y − y0 | + | x02 − x2 | É | y − y0 | + | x0 + x| · | x0 − x|
É max(1 + | x0 + x|)k( x0 , y0 ) − ( x, y)k∞ É 2k( x0 , y0 ) − ( x, y)k∞ .
? De même si y < x2 et k( x0 , y0 ) − x, y)k∞ É 1,
| f ( x, y) − f ( x0 , y0 )| = 0 É 2k( x0 , y0 ) − ( x, y)k∞ .
On déduit donc que pour tout ε > 0, il exsite δ = min(1, ε/2) > 0 tel que si k( x0 , y0 ) − ( x, y)k∞ < δ
alors | f ( x, y) − f ( x0 , y0 )| < ε ; et par suite f est continue en ( x0 , y0 ).
Travaux dirigés 82

2. Série No2 14-15 : Calcul Différentiel et Extrémum

Exercice 17 Soient U ⊂ Rn un ouvert et f : U → R une fonction de classe C 1 sur U . Considérons


x = ( x1 , · · · , xn )T ∈ U et h = ( h 1 , · · · , h n )T ∈ Rn .
1. Montrer que la fonction ϕ définie par ϕ( t) = f ( x + th) est bien définie sur un voisinage de 0,
et qu’elle est de classe C 1 en 0.
∂f
2. Exprimer ϕ0 (0) en fonction de ( x) et h i pour i = 1, · · · , n.
∂xi

Solution :

Exercice 18 Calculer les dérivées partielles des fonctions :


z
f ( x, y, z) = ( x + z) y et g( x, y) = min( x, y2 ).

Solution :

Exercice 19 (Une fonction différentiable non C 1 ) Soit f : R2 → R définie par

x
µ ¶
2
f ( x, y) = y sin si y 6= 0 et f ( x, 0) = 0.
y

On pose U = {( x, y) ∈ R2 : y 6= 0}.
1. Montrer que U est ouvert sur R2 et que f est de classe C 1 sur U .
2. Montrer que f est continue sur R2 .
3. Montrer que f admet des dérivées partielles sur R2 et les calculer.
∂f
4. Établir la continuité de la fonction sur R2 .
∂x
5. Montrer que f n’est pas de classe C sur R2 .
1

Solution :

Exercice 20 1. Soit f : R → R une fonction de classe C 1 . Exprimer au moyen de f 0 les déri-


vées partielles des fonctions suivantes : ³p ´
(a) g( x, y) = f x où ( x, y) ∈ R?
¡ y¢
+ × R, (b) h ( x, y) = f x 2 + y2 où ( x, y) ∈ R × R,

et (c) k( x, y, z) = f ( z sin x) où ( x, y, z) ∈ R3 .
2. Soit f : R2 → R une fonction de classe C 1 et soit g : R2 → R définie par : g( x, y) =
sin x + f ( y2 , x) .
¡ ¢

Calculer les dérivées partielles de g au moyen de celles de f .

Solution :
Travaux dirigés 83

Exercice 21 (Calcul de la matrice jacobienne de la composée) Soit f et g les fonctions


de R 2 dans R 2 définies par :

f ( x, y) = sin x2 − y2 , cos x2 − y2 et g( x, y) = ( x + y, x − y) .
¡ ¡ ¢ ¡ ¢¢

Calculer de deux manière différentes la matrice jocobienne de la fonction h = f ◦ g en tout point


( x, y) ∈ R2 .

Solution :

Exercice 22 On considère les fonctions f : R 2 −→ R 3 et g : R 3 −→ R définies par


³ 2
´
f ( x, y) = sin( x y), y cos x, x y sin( x y) e y et g( u, v, w) = uvw.

1. Calculer explicitement g ◦ f .
2. En utilisant la question 1., calculer les dérivées partielles de g ◦ f .
3. Déterminer les matrices jacobiennes J f ( x, y) et J g ( u, v, w).
4. Retrouver le résultat de 2. en utilisant les matrices J f et J g .

Solution :

Exercice 23 Soit f : R × R → R de classe C 2 . Soit ϕ : R+ × [0, 2π[→ R définie par :

ϕ( r, θ ) = f ( r cos θ , r sin θ ).
∂ϕ ∂ϕ ∂f ∂f
1. Exprimer les dérivées partielles ( r, θ ) et ( r, θ ) en fonction de , , r et θ .
∂r ∂θ ∂x ∂ y
∂2 f ∂2 f
2. Montrer que le Laplacien de f , défini par : ∆ f = + , est donné en coordonnées
∂ x2 ∂ y2
polaires par

∂2 ϕ 1 ∂ϕ 1 ∂2 ϕ
∆f = + + .
∂r2 r ∂ r r 2 ∂θ 2

3. Supposons que f de classe C 2 est harmonique sur R2 , càd :

2 ∂2 f ∂2 f
∀( x, y) ∈ R ∆ f ( x, y) = ( x, y) + ( x, y) = 0.
∂ x2 ∂ y2

Déduire de la question précédente la forme générale des fonctions f harmoniques qui ne


dépendent que de r : f ( x, y) = ϕ( r ).
4. Montrer que f : R × R → R définie par f ( x, y) = e x ( x cos y − y sin y) est harmonique sur R2 .

Solution :

Exercice 24 ((Recherche d’extremum)) Soit f la fonction définie sur R2 par f ( x, y) = x2 +


x y + y2 − 3 x − 6 y.
1. Trouver tous les points critiques de f sur R2 .
Travaux dirigés 84

2. déterminer la nature de ces points critiques.


3. Mettre f ( x, y) + 9 sous la forme d’une somme de deux carrés.
4. Déduire le minimum global de f sur R2 .

Solution :

Exercice 25 ((Extremum local non global)) On considère f la fonction définie sur R2 par
f ( x, y) = x2 + 2 x y + y − y3 .
1. Déterminer les points critiques de f sur R2 .
2. Déterminer la nature de ces points critiques.
3. Montrer que le minimum local obtenu n’est pas un minimum global de f sur R2 .

Solution :

Exercice 26 ((Recherche d’extremum global)) Soit f : R × R → R définie par f ( x, y) =


x (ln x)2 + y2 .
¡ ¢

1. Préciser le domaine de définition D de f , et donner sa nature topologique (ouvert ou fermé).


2. Montrer que f est de classe C 2 sur D .
3. Trouver les points critiques de f .
4. Déterminer la nature de ces points critiques.
5. Montrer que le minimum local obtenu est un minimum global.
6. La fonction f admet-elle un maximum global ?

Solution :

Exercice 27 ((Recherche d’extremum sous-contraintes)) Soit f et h définies sur R2 par :


x 2 y2
f ( x, y) = + et h( x, y) = x2 + y − 1.
9 4
1. Déterminer les points critiques de f .
2. Écrire les conditions d’optimalité du premier ordre des extremum de f ( x, y) sous la
contrainte : h( x, y) = 0 ?
3. En utilisant l’équation de la contrainte, exprimer f ( x, y) en fonction de la variable x seule-
ment : f ( x, y) = ϕ( x).
4. Étudier la fonction ϕ et déduire la nature de ses points critiques.
5. f admet-elle un maximum global sur {( x, y) ∈ R2 : h( x, y) = 1} ?

Solution :

Exercice 28 ((Recherche d’extremum sous-contraintes)) On considère le problème (P ) :


min f ( x, y, z) = x2 + y2 + z2 sous la contrainte : h( x, y, z) = x2 + 2 x y + y2 + z2 − 1 = 0.
1. Écrire les conditions d’optimalité du problème (P ), et déterminer les points critiques asso-
ciés.
Travaux dirigés 85

2. Déterminer les extrémums locaux du problème (P ).

Solution :

Exercice 29 ((Théorème des fonctions implicites)) Soit C la courbe plane d’équation


f ( x, y) = ye x + e y sin(2 x) = 0.
1. Écrire le théorème des fonctions implicites pour f : R2 → R.
2. Appliquer le théorème des fonctions implicites à la courbe f ( x, y) = 0 au point (0, 0).
y
3. Déduire la limite de quand ( x, y) tend le long la courbe C vers (0, 0) :
x
y
lim .
(x, y) → (0, 0), x 6= 0 x
f (x, y) = 0

Solution :
Travaux dirigés 86

3. Série No1 15-16 : Topologie de Rn et Différentiabi-


lité

Exercice 30 On considère les applications suivantes : pour ( x, y) ∈ R2 ,

N1 ( x, y) = | x + y| + | x| et N2 ( x, y) = max(| x + 3 y|, | x − y|).

1. Vérifier que chacune de ces applications définit une norme.


2. Tracer la boule unité autour de l’origine pour N1 et pour N2 .

Solution : On a N1 ( x, y) Ê 0 et N2 ( x, y) Ê 0 pour tout ( x, y) ∈ R2 .


1. ? N1 ( x, y) = 0 ⇔ | x + y| + | x| = 0 ⇔ x + y = 0 et x = 0 ⇔ x = 0 et y = 0 ⇔ ( x, y)T = 0.
L’homogénéité et l’inégalité triangulaire pour N1 résultent ¯ de celle¯ de | · | dans R.
¯ 1 3 ¯
? N2 ( x, y) = 0 ⇔ x + 3 y = 0 et x − y = 0 ⇔ x = 0 et y = 0 car ¯ ¯ = 4 6= 0 ⇔ ( x, y)T = 0.
¯ ¯
¯ −1 1 ¯
L’homogénéité et l’inégalité triangulaire pour N2 résultent de celle de | · | dans R et celle
de la norme k · k∞ .
2. Dans ce qui suit, on trace les deux boulles associées à N1 et N2 .

! Ã
a b
Exercice 31 Donner une condition nécessaire et suffisante sur la matrice A = pour que
c d
l’application
N A : R2 −→ R
( x1 , x2 ) 7−→ |ax1 + bx2 | + | cx1 + dx2 |

définisse une norme sur R2 .

Solution : On a N A ( x, y) Ê 0 pour tout ( x, y) ∈ R2 .


1. L’homogénéité et l’inégalité triangulaire pour N A résultent de celle de | · | dans R.
Travaux dirigés 87

2. Pour la séparation, on a

N A ( x, y) = 0 ⇔ ax + b y = 0 et cx +
¯ d y = 0¯
¯ a b ¯
⇔ x = 0 et y = 0 ssi ¯ ¯ = ad − bc 6= 0
¯ ¯
¯ c d ¯

Exercice 32 Pour n ∈ N∗ , on note Mn (R) l’ensemble des matrices carrées A = (a i j )1É i, jÉn à
coefficients réels.
On définit une application N∞ sur Mn (R) par N∞ ( A ) = max ¯a i j ¯.
¯ ¯
1É i, j É n
1. Montrer que N∞ définit une norme sur Mn (R).
2. Montrer que pour tout A et B ∈ Mn (R) on a : N∞ ( AB) É nN∞ ( A ) N∞ (B).
3. Soit N une norme quelconque sur Mn (R), montrer qu’il existe c > 0 tel que :

∀ A, B ∈ Mn (R), N ( AB) É cN ( A ) N (B).

Solution :
2
1. On sait que Mn (R) est un espace vectoriel de dimension n2 qui est isomorphe à Rn par
l’application linéaire

ϕ( A ) = (a 11 , · · · , a 1n , a 21 , · · · , a 2n , · · · , a n1 , · · · , a nn )T .

Donc N∞ ( A ) = kϕ( A )k i n f t y ; et par suite N∞ est une norme sur Mn (R).


2. Soient A et B ∈ Mn (R) on a AB = ( c i j )1É i, jÉn où
¯ ¯
¯ ¯ ¯¯ X n ¯ X n ¯ ¯ Xn ¯ ¯
¯c i j ¯ = ¯ a ik b k j ¯ É
¯ ¯a ik b k j ¯ É N∞ ( A ) ¯b k j ¯
¯k=1 ¯ k=1 k=1

Donc
¯ ¯ n ¯
X ¯
N∞ ( AB) = max ¯ c i j ¯ É N∞ ( A ) max ¯ b k j ¯ É nN∞ ( A ) N∞ (B).
1É i, j É n 1É j É n k=1

3. Puisque, dans tout R-espace vectoriel de dimension finie toutes les normes sont équiva-
lentes, on a existence de M > m > 0 tel que

mN∞ ( A ) É N ( A ) É MN∞ ( A ), ∀ A ∈ Mn (R).

Donc, pour A, B ∈ Mn (R),

Mn
N ( AB) É MN∞ ( AB) É MnN∞ ( A ) N∞ (B) É N ( A ) N (B).
m2

Exercice 33 Montrer que


1. ]a, b[ est ouvert dans R, si a < b,
2. [a, b[ n’est ni ouvert ni fermé dans R, si a < b,
3. n1 | n ∈ N∗ ∪ {0} est fermé dans R,
© ª
Travaux dirigés 88

©1
| n ∈ N∗ n’est ni ouvert ni fermé dans R,
ª
4. n
5. Tout ouvert de Rn est une réunion de boules ouvertes,
6. Si F est un sous-espace vectoriel de Rn , F est fermé dans R,
7. Si F est un sous-espace vectoriel de Rn contenant une boule ouverte, alors F = Rn .

Solution :
1. Tout d’abord, on remarque que I =]a, b[ est non vide, car a < b.
Soit x ∈ I , et considérons r = min( x − a, b − x) > 0 ; alors ] x − r, x + r [⊂ I car a < x − r < x + r < b.
On déduit que I est ouvert dans R.
2. Si I = [a, b[, I est non vide, car a < b.
On a I non fermé, car pour xk = b − 1k où k ∈ N? , on a ( xk ) converge vers b sans que b ∈ I .
I n’est pas ouvert, car pour tout r > 0, ]a − r, a + r [ n’est pas inclus dans I , Il suffit de
prendre y = a − r /2 ∈]a − r, a + r [ mais y ∉ I .
3. On note J = n1 | n ∈ N∗ ∪{0}, et donc son complémentaire dans R, qui est ]−∞, 0[
© ª S ¡S ¤ 1 1 £¢
n∈N? n+1 , n ,
est un ouvert comme réunion d’ouverts.
4. On a J \ {0} n’est pas fermé, car la suite ( n1 )n∈N? est dans J \ {0} est converge vers 0 qui
nest pas dans J \ {0}.
5. Soit U ⊂ Rn . Si U est un ouvert alors pour tout x ∈ U , il existe r x > 0 tel que B( x, r x ) ⊂ U ;
donc x∈U B( x, r x ) ⊂ U ⊂ x∈U B( x, r x ) (la seconde inclusion est évidente).
S S

6. Soit F un sous espace vectoriel de Rn de base { e 1 , · · · , e p } où p É n.


Pp
Soit ( xk )k une suite de F qui converge vers un x. On a pour tout k ∈ N, xk = i=1 x ki e i et
Pp
x = i=1 x i e i , donc pour tout i = 1, · · · , p, x i = limk→+∞ x ki .
On déduit que
p p p
x ki e i = lim x ki e i =
X X X
lim xk = lim x i e i = x;
k→+∞ k→+∞ i =1 i =1 k→+∞ i =1

et par suite F est fermé.


7. Supposons qu’il existe x0 ∈ F et r > 0 tels que B( x0 , r ) ⊂ F .
Soit x ∈ Rn \ B( x0 , r ), alors k x − x0 k Ê r , et donc y = x0 + 2k x−r x0 k ( x − x0 ) est dans F car
k y − x0 k = 2k x−r x0 k k x − x0 k = 2r < r et B( x0 , r ) ⊂ F .
Or x = (1 − 2k x−r x0 k ) x0 + 2k x−r x0 k y, où x0 , y ∈ F ; donc x ∈ F .
Ainsi Rn ⊂ F , et par suite F = Rn .


Exercice 34 Déterminer pour les sous-ensembles A de R2 , leur intérieur A , leur fermeture A et
leur frontière ∂ A , dans les cas suivants :

A = ( x, y) ∈ R2 | y > x2 , y É x + 1 , A = ( x, y) ∈ R2 | x = y ,
© ª © ª

A = ( x, y) ∈ R2 | x < 1, 0 < y É f ( x) avec f ( x) = 0 si x É 0 et f ( x) = 1 si x > 0 .


© ª

Pour chacun d’eux, dire si A est ouvert, fermé, borné, compact ? Justifier vos réponses.

Solution :
Travaux dirigés 89

1. Si A = ( x, y) ∈ R2 | y > x2 , y É x + 1 , alors
© ª


A = ( x, y) ∈ R2 | y > x2 , y < x + 1 , A = ( x, y) ∈ R2 | y Ê x2 , y É x + 1
© ª © ª

et ∂ A = ( x, y) ∈ R2 | y = x2 , y = x + 1 .
© ª

2. Si A = ( x, y) ∈ R2 | x = y , alors
© ª


A = ;, A = A et ∂ A = A .

Exercice 35 Soient
¯
1 1
½µ ¶ ¾
3 2 2 2 2¯
A = {( x, y, z) ∈ R | 0 < x + y + z É 1} et B = ∈ R ¯ n, m ∈ N .

¯
,
n m
1. Déterminer l’intérieur et l’adhérence des ensembles A et B.
2. Déterminer également s’ils sont ouverts, fermés ou ni ouverts ni fermés.

Solution :
1. On a

A = B2 ((0, 0, 0), 1), A = B2 ((0, 0, 0), 1) \ {(0, 0, 0)}

et

B = B ∪ {(0, 0)} ∪ {( n1 , 0)| n ∈ N? } ∪ {(0, m
1
)| m ∈ N? }, B= ;.

2. On a A á A á A , donc A n’est ni ouvert ni fermé.


Similairement Bá B á B, donc aussi B n’est ni ouvert ni fermé.

Exercice 36 Soient E un espace vectoriel normé de dimension finie et A, B ⊂ E . On définit

A + B = {a + b | (a, b) ∈ A × B}.

1. Montrer que si A est compact et B fermé dans E alors A + B est fermé dans E .
2. Montrer que si A et B sont compactes alors A + B l’est aussi.
3. Soient A = R×{0} et B = {( x, y) ∈ R2 | x y = 1}. Montrer que A et B sont des fermés de R2 mais
que A + B n’en est pas un.

Solution :
1. Soit ( c k ) une suite dans A + B qui converge vers c ∈ E , alors pour tout k ∈ N, il existe
(a k , b k ) ∈ A × B tel que c k = a k + b k .
A étant compact, il existe alors une sous-suite (a ϕ(k) ) et a ∈ A tels que a = limk a ϕ(k) .
Puisque B est fermé et la suite b ϕ(k) = c ϕ(k) − a ϕ(k) converge vers b = c − a, alors b ∈ B.
Ainsi c = a + b ∈ A + B, et donc A + B est fermé.
Travaux dirigés 90

2. Soit ( c k ) une suite dans A + B, alors pour tout k ∈ N, il existe (a k , b k ) ∈ A × B tel que
ck = ak + bk.
A étant compact, il existe alors une sous-suite (a ϕ(k) ) et a ∈ A tels que a = limk a ϕ(k) .
De même, B compact implique qu’il existe alors une sous-suite ( b ψ(ϕ(k)) ) et b ∈ B tels que
b = limk ψ(ϕ( k)).
Puisque ( c ψ(ϕ(k)) ) = (a ψ(ϕ(k)) + b ψ(ϕ(k)) ) est une sous-suite de ( c k ) qui converge vers c = a + b ∈
A + B, on déduit que A + B est compact.
3. ? On a A = R × {0}, comme produit de deux férmés R, est un fermé de R2 .
? Pour B soit ( b k ) = ( xk , yk ) une suite de B qui converge vers b = ( x, y), alors xk yk = 1, ∀ k ∈
N. Alors ( xk ) et ( yk ) convergent dans R vers x et y. Or

| x y − 1| = | x y − xk yk | É | x y − x yk | + | x yk − xk yk | = | x| | y − yk | + | yk | · | x − xk |

On déduit donc par passage à la limite, lorsque k → +∞, que | x y − 1| = 0 ; et par suite
x y = 1, c.à.d. b = ( x, y) ∈ B.
? Considèrons c k = a k + b k où a k = (− k, 0) et b k = ( k, 1k , alors a k ∈ A et b k ∈ B pour tout
k ∈ N? . Donc c k = (− k, 0) + ( k, 1k ) = (0, 1k ) converge vers le point c = (0, 0) ∉ A + B, car si
c ∈ A + B alors il existe a = ( x, 0) ∈ A tel que −a = (− x, 0) ∈ B, ce qui est absurde puisque
− x × 0 = 0 6= 1.
On déduit donc que A + B n’est pas fermé.

Exercice 37 Montrer que l’union de deux connexes par arcs non disjoints est connexe par arcs.

Solution : Soient A et B deux connexes par arcs dans Rn tels que A ∩ B 6= ;.


Soient a, b ∈ A ∪ B. Si a, b ∈ A ou a, b ∈ B, par connexité par arcs de A et B, on déduit existence
d’un chemin continu joignant a et b.
Si a ∈ A et b ∈ B, on prend c ∈ A ∩ B, et donc il existe ϕ1 : [0, 1] −→ A et ϕ2 : [0, 1] −→ B continues
telles que ϕ1 (0) = a, ϕ1 (1) = c et ϕ2 (0) = c, ϕ2 (1) = b.
On prend ψ : [0, 1] −→ A ∪ B définie par ψ( t) = ϕ1 (2 t) si t ∈ [0, 1/2] et ψ( t) = ϕ2 (2 t − 1) si t ∈ [1/2, 1],
alors ψ est continue avec ψ1 (0) = a, ψ1 (1) = b.
Òn déduit donc que A ∪ B est connexe par arcs.

Exercice 38 Soient A et B deux parties fermées de Rn . On suppose A ∪ B et A ∩ B sont connexes


par arcs. Montrer que A et B sont connexes par arcs.

Solution : Montrons que A est connexe par arcs.


Soient a, b ∈ A . On a A ⊂ A ∪ B et A ∪ B connexes par arcs, donc il existe φ : [0, 1] → A ∪ B
continue telle que φ(0) = a et φ(1) = b.
Si φ ne prend pas de valeurs dans B alors φ([0, 1]) ⊂ A , et donc a et b sont joignables par un arc
dans A . Sinon posons

t 0 = inf{ t ∈ [0, 1] : φ( t) ∈ B} et t 1 = sup{ t ∈ [0, 1] : φ( t) ∈ B}.

La fonction φ étant continue et A, B fermés, alors φ( t 0 ), φ( t 1 ) ∈ A ∩ B. Pour φ( t 0 ), φ( t 1 ) ∈ B il


suffit de prendre une suite minmisante et une suite maximisante, et de passer à la limite.
Travaux dirigés 91

Concernant φ( t 0 ) ∈ A , on revient à la définition de t 0 qui est un inf. Si t 0 = 0, on a φ( t 0 ) = a ∈ A ;


sinon, pour k ∈ N assez grand 0 < t k = t 0 − 1k < t 0 , et donc par définition de t 0 , φ( t k ) ∈ A .
φ étant continue et A fermé, on aura donc φ( t 0 ) = limk→+∞ φ( t k ) ∈ A .
De la même manière, on peut justifier que φ( t 1 ) ∈ A .
Or A ∩ B est supposé connexe par arcs, donc il existe ψ : [ t 0 , t 1 ] → A ∩ B continue tel que

ψ( t 0 ) = φ( t 0 ) et ψ( t 1 ) = φ( t 1 ).

Considérons l’application α : [0, 1] → R définie par

α( t) = ψ( t) si t ∈ [ t 0 , t 1 ] et α( t) = φ( t) sinon,

Alors α : [0, 1] → A est continue et α(0) = a, α(1) = b.


On déduit donc que deux points quelconques de A sont joignables par un arc dans A ; et par
suite A est connexe par arcs.
Similairement, on peut montrer que B est aussi connexe par arcs.

Exercice 39 Considérons A = {( t, sin(1/ t)) ∈ R2 : t > 0}.


1. Montrer que l’ensemble A n’est ni ouvert ni fermé.
2. Déterminer l’adhérence A de A . (Justifier votre réponse)
3. Montrer que A est une partie connexe par arcs de R2 .
4. Montrer que A n’est pas connexe par arcs dans R2 .

Solution :
1. On a A n’est pas ouvert, car pour tout x = ( t, sin(1/ t)) ∈ A , avec t > 0, B( x, r ) * A . En effet,
pour tout r > 0 le point ( t + 2r , sin(1/ t)) ∈ B( x, r ), mais ( t + 2r , sin(1/ t)) ∉ A .
On a aussi A n’est pas fermé, car la suite de terme générale ( 2k1π , sin(2 kπ) = ( 2k1π , 0) ∈ A
mais sa limite (0, 0) ∉ A .
2. Montrons que A = ({0} × [−1, 1]) ∪ A .
Pour l’inclusion ⊂, soit ( x, y) ∈ A . Alors il existe une suite (( xk , yk ))k de A qui converge vers
( x, y).
Si x > 0 alors yk = sin(1/ xk ) converge vers sin(1/ x) (par continuité de la fonction sin dans
R) d’où ( x, y) ∈ A .
Dans le cas où x = 0, on a yk = sin(1/ xk ) d’où yk ∈ [−1, 1].
Par passage à la limite on a y ∈ [−1, 1].
D’où ( x, y) ∈ {0} × [−1, 1].
Montrons l’autre inclusion ⊃ :
Soit ( x, y) ∈ ({0}× [−1, 1]) ∪ A , justifions l’existance d’ une suite (( xk , yk ))k de A qui converge
vers ( x, y).
Si x > 0, une telle suite existe trivialement (il suffit de prendre la suite constante égale à
( x, y).
Supposons que x = 0 et y ∈ [−1, 1] quelconque. Soit z Ê 1 tel que sin( z) = y. Soit alors
xk = 1/( z + 2 kπ). On aura sin(1/ xk ) = sin( z) = y. Par conséquent la suite ( xk , sin(1/ xk )) est
une suite de A qui tend vers (0, y), et donc (0, y) ∈ A .
Travaux dirigés 92

3. Soient, pour 0 < t 1 < t 2 , x1 = ( t 1 , sin(1/ t 1 ) et x2 = ( t 2 , sin(1/ t 2 ) deux points de A . Considérons


ϕ : [0, 1] → R2 définie par

1
µ µ ¶¶
ϕ( t) = (ϕ1 ( t), ϕ2 ( t)) (1 − t) t 1 + tt 2 , sin .
(1 − t) t 1 + tt 2
On a ϕ, avec composantes deux fonctions réelle continues sur [0, 1], est aussi continue sur
[0, 1], avec ϕ(0) = ( t 1 , sin(1/ t 1 )) et ϕ(1) = ( t 2 , sin(1/ t 2 )). Donc A est connexe par arcs.
4. Par l’absurde, supposons que A est connexe par arcs. Il existe alors ϕ : [0, 1] −→ A continue
tel que ϕ(0) = (1, sin(1)) et ϕ(1) = (0, 0).
Notons ϕ( t) = ( x( t), y( t)) et T0 = { t ∈ [0, 1]| x( t) > 0}. Cet ensemble est non vide puisque
0 ∈ T0 .
On considère alors t 0 = sup(T0 ). Par l’absurde, supposons que x( t 0 ) > 0. Alors par conti-
nuité de x, on aurait x > 0 sur un voisinage de t 0 ce qui en contredit la définition de t 0 .
Par conséquent x( t 0 ) = 0. Ainsi par continuité de x en t 0 , on a : lim t→ t0 x( t) = 0. Il existe
alors une suite ( t k )k qui tend en croissant vers t 0 telle que la suite ( x( t k ))k tend en décrois-
sant vers 0.
Notons ϕ( t 0 ) = (0, y0 ). Soit y ∈ [−1, 1] \ { y0 }. Soit z > 0 tel que sin( z) = y. Pour tout k ∈ N? ,
il existe un entier n k assez grand pour que xk := 1/(2 n k π + z) < x( t k ).
Par le théorème des valeurs intermédiaires appliqué à x, il existe t k ∈ [ t k , t 0 ] tel que
x( t k ) = xk . On a alors
ϕ( t k ) = ( xk , sin(2 n k π + z)) = ( xk , y).

Ainsi la suite ( t k )k tend vers t 0 et ϕ( t k ) tend vers (0, y) = ϕ( t 0 ). Contradiction

Exercice 40 Soient f : R2 \ {(0, 0)} → R la fonction définie par

2 x y − y2
f ( x, y) = 2 .
x + y2

1. Pour tout m ∈ R, étudier la limite en (0, 0) de la restriction de f à la droite d’équation


y = mx.
2. En déduire que f n’a pas de limite à l’origine.

Solution :
2 x( mx) − ( mx)2 2 m − m2
1. Pour m ∈ R, on a f ( x, mx) = = si x 6= 0. Donc, pour tout m ∈ R,
x2 + ( mx)2 1 + m2

2 m − m2
lim f ( x, mx) =
x→0 1 + m2

2. Si on considère les suites ( 1k , 1k )k∈N? et ( 1k , 0)k∈N? , on aura

1 1 1 1
µ ¶ µ ¶
lim f , = et lim f , 0 = 0.
k→+∞ k k 2 k→+∞ k

On déduit que lim(x,y)→(0,0) f ( x, y) n’existe pas, car les suites ( 1k , 1k )k∈N? et ( 1k , 0))k∈N?
convergent vers (0, 0), alors que les suites ( f ( 1k , 1k ))k∈N? et ( f ( 1k , 0))k∈N? ne convergent pas
vers la même valeur.
Travaux dirigés 93

Exercice 41 Soit (E, k·k) une espace vectoriel normé de dimension finie. Une application f :
E → E est dite contractante si il existe K ∈ [0, 1[ tel que :

∀ x, y ∈ E , k f ( x) − f ( y)k É K k x − yk .

1. Soient f : E → E une application contractante et x0 ∈ E . On définit par récurrence une suite


( xk )k∈N de premier terme x0 par :
xk+1 = f ( xk ), ∀ k ∈ N.

(a) Montrer que la suite ( xk+1 − xk )k∈N converge vers 0 dans E .


(b) En déduire que f admet un point fixe et que celui-ci est unique.
p
2. Soit f : E → E tel que f soit contractante, pour un p ∈ N∗ . Montrer que f admet un unique
point fixe.

Solution :
1.(a) Par récurrence, on justifie que pour tout k ∈ N, on a

k xk+1 − xk k É K k k x1 − x0 k

En effet, pour k = 0, k x1 − x0 k = K 0 k x1 − x0 k. Supposons que

k xk+1 − xk k É K k k x1 − x0 k,

alors
k xk+2 − xk+1 k = k f ( xk+1 ) − f ( xk )k É K k xk+1 − xk k
É K · K k k x1 − x0 k = K k+1 k x1 − x0 k
Par passage à la limite, on a

lim k xk+1 − xk k É k x1 − x0 k lim K k = 0, car 0 É K < 1.


k→+∞ k→+∞

(b) D’après (a), pour tout k ∈ N, on a k xk+1 − xk k É K k k x1 − x0 k ; donc pour p > q > 0 on a par
inégalité triangulaire de la norme k · k,
P P k
k x p+1 − x q k É qÉ kÉ p k x k+1 − x k k É qÉ kÉ p K k x1 − x0 k
É k x1 − x0 k qÉkÉ p K k = k x1 − x0 kK q 0ÉkÉ p− q K k
P P

k x1 − x0 kK q (1 − K p− q−1 ) k x1 − x0 kK q
É É
1−K 1−K
On remarque que K q converge vers 0 lorsque q → +∞, donc la suite ( xk ) est de Cauchy,
donc convergente dans E . Soit x = limk→+∞ xk , alors par continuité de f , on déduit que
µ ¶
x = lim xk+1 = lim f ( xk ) = f lim xk = f ( x).
k→+∞ k→+∞ k→+∞

Par suite x est un point fixe de f dans E .


Pour justifier l’unicité du point fixe, qu’il existe x et x0 deux poins fixes distincts de f ;
alors
k x − x0 k = k f ( x) − f ( x0 )k É K k x − x0 k.
Puisque k x − x0 k > 0, on aboutit donc à k Ê 1, ce qui est absurde.
Travaux dirigés 94

p
2. On a, pour p ∈ N∗ , f est contractante ; donc, d’après la question précèdente, il existe x ∈ E
p
tel que f ( x) = x.
¡ p ¢ p
Donc f f ( x) = f ( x), et par suite f ( f ( x)) = f ( x). On déduit que f ( x) est un point fixe de
p p
f ; et par unicité du point fixe de f , on déduit que x = f ( x), c.à.d. x est un point fixe de f
sur E .
p
Or, tout point fixe de f est un point fixe de f , donc l’unicité du point fixe de f , se déduit
p
de celui de f .

Exercice 42 Soit f : R2 → R la fonction définie par :

x2 y

si ( x, y) 6= (0, 0),


f ( x, y) = x4 − 2 x2 y + 3 y2

0 si ( x, y) = (0, 0).

1. Pour tout m ∈ R, étudier la limite en (0, 0) de la restriction de f à la droite d’équation


y = mx.
2. Calculer, si elle existe, la limite à l’origine de la restriction de f à la parabole d’équation
y = x2 .
3. Déduire que f n’a pas de limite à l’origine.

Solution :
1. Remarquons tout d’abord que la fonction f est bien définie dans R2 puisque x4 − 2 x2 y +
3 y2 = ( x2 − y)2 + 2 y2 ne s’annule qu’en (0, 0).
La restriction de f aux droites x = 0 et y = 0 est la fonction nulle, donc la limite en (0, 0)
de la restriction de f à ces deux droites est aussi nulle.
La restriction de f à la droite y = mx, avec m 6= 0, donne
mx
f ( x, mx) = ,
x2 − 2 mx + 3 m2
donc lim x→0 f ( x, mx) = 0.
On déduit que la limite à l’origine de la restriction de f à toute droite passant par l’origine
est nulle.
2. Considérons la restriction de f à la parabole y = x2 . On a

2 x4 1
f ( x, x ) = 4 = .
2x 2
Par conséquent, f ( x, x2 ) ne tend pas vers 0 quand x tend vers 0.
1
3. Puisque lim x→0 f ( x, x2 ) = 6= 0 = lim x→0 f ( x, x), on déduit que f n’a pas de limite en (0, 0).
2

Exercice 43 Soit I un intervalle ouvert de R et f : I −→ R une fonction dérivable. On définit


g : I × I −→ R définie par :
 f ( x) − f ( y) si x 6= y

g( x, y) = x− y
 0
f ( x) sinon
Travaux dirigés 95

1. Montrer que si f est de classe C 1 sur I , alors g est continue sur I × I .


2. Montrer que ce résultat est faux si f 0 n’est pas continue sur I
3. Soit x0 ∈ I . Montrer que si f 00 ( x0 ) existe, alors g est différentiable en ( x0 , x0 ).

Solution :
1. Soit D = {( x, y) ∈ R2 : x = y}. Si ( x, y) ∈ R2 \ D , on a existence de r > 0 tel que B(( x, y), r )
est incluse dans R2 \ D . Donc g, comme produit de fonctions continues, est continue sur
B(( x, y), r ), et par suite g est continue sur R2 \ D .
Supposons que ( x, y) = ( x, x) ∈ D , alors g( x, x) = f 0 ( x) ; et considérons ( u, v) ∈ R2 . On a deux
cas possible :
f ( u ) − f ( v)
Si ( u, v) = ( u, u), alors g( u, v) = f 0 ( u). Si u 6= v, alors g( u, v) = , et en tilisant le
u−v
théorème des accroissement finis, on a existence de z = tv + (1 − t) u, où t ∈]0, 1[, tel que
g( u, v) = f 0 ( z).
On remarque que si ( u, v) → ( x, x) alors z → u, car

| z − x| = | t(v − x) + (1 − t)( u − x)| É | x − u| + | x − v| = k( x, x) − ( u, v)k1 .

Puisque f 0 est continue, on déduit que

( g( u, v) − g( x, x)) = lim f 0 ( z) − f 0 ( x) = 0.
¡ ¢
lim
(u,v)→(x,x) z→ x

Par suite F est continue au point ( x, x), et donc sur R2 tout entier.
2. On prend I =] − 1, 1[ et f ( x) = x2 sin(1/ x) si x 6= 0 et f (0) = 0. On a f 0 ( x) = 2 x sin(1/ x) − cos(1/ x)
f (x)
si x 6= 0 et f 0 (0) = lim x→0 x = lim x→0 s sin 1x = 0.
¡ ¢

On remarque que f 0 2π1n = 1 9 0 = f 0 (0), donc f 0 n’est pas continue en 0.


¡ ¢

On déduit donc que g n’est pas continue en 0, car

1 1 1
µ ¶ µ ¶
0
g , =f 9 f 0 (0) = g(0, 0).
2π n 2π n 2π n

3. Pour justifier la différentiabilité de g au point ( x0 , x0 ), on considère la fonction

u2 00
ϕ( u) = f ( x0 + u) − f ( x0 ) − u f 0 ( x0 ) − f ( x0 ) où u est voisin de 0.
2

Alors ϕ(0) = 0, ϕ0 (0) = 0 et ϕ00 (0) = 0 ; donc pour ε > 0, on a existence de δ > 0 tel que

¯ ϕ ( u) ¯
¯ 0 ¯
¯ u ¯ < ε pour tout u tel que | u| < δ. (8.1)
¯ ¯

Considérons ( u, v) tel que ( x0 + u, x0 + v) ∈ I × I et k( u, v)k∞ < δ.


Si u 6= v,

f (x0 + u)− f (x0 +v)


g( x0 + u, x0 + v) − g( x0 , x0 ) − u+ v 00
2 f ( x0 ) u−v − f 0 ( x0 ) − u + v 00
2 f ( x0 )
=
k( u, v)k∞ k( u, v)k∞
1 ϕ( u ) − ϕ(v) ϕ0 (ξ)
= k(u,v) k∞
=
u−v k( u, v)k∞
Travaux dirigés 96

où ξ est strictement entre u et v.


Supposons que k( u, v)k∞ < δ, alors | u| < δ et |v| < δ, et donc |ξ| < δ. En utilisant (9.2), on
déduit que |ϕ0 (ξ)| É ε|ξ| É εk( u, v)k∞ , et donc
¯ g( x0 + u, x0 + v) − g( x0 , x0 ) − u+v f 00 ( x0 ) ¯
¯ ¯
2 |ϕ0 (ξ)|
¯É Éε
¯ ¯
¯
¯ k( u, v)k∞ ¯ k( u, v)k∞

Si u = v, on a
¯ g( x0 + u, x0 + v) − g( x0 , x0 ) − u+v f 00 ( x0 ) ¯ ¯¯ f 0 ( x + u) − f 0 ( x )
¯ ¯ ¯
2 0 0 00
¯
¯=¯ − f ( x0 )¯¯ ;
¯ ¯ ¯
¯
¯ k( u, v)k∞ ¯ u

f 0 ( x0 + u) − f 0 ( x0 )
et puisque f 00 ( x0 ) = limu→0 existe, on déduit que pour ε > 0, il existe
u
δ0 > 0 tel que pour tout | u| < δ0 ,
¯ 0
¯ f ( x0 + u) − f 0 ( x0 )
¯
00
− f ( x0 )¯¯ É ε.
¯
¯
¯ u
g( x0 + u, x0 + v) − g( x0 , x0 ) − u+ v 00
2 f ( x0 )
On déduit que lim = 0.
(u,v)→(0,0) k( u, v)k∞
Ainsi g est différentiable en ( x0 , x0 ) et d g( x0 , x0 )( u, v) = 12 f 00 ( x0 )( u + v).

Exercice 44 Soient
y3 x 2 y3
f ( x, y) = et g ( x, y) = .
x2 + y2 x4 + x2 y2 + y4
En effectuant un passage en coordonnées polaires, calculer la limite en (0, 0) des fonctions f est
g, si elle existe.

Solution :
1. On pose x = r cos θ et y = r sin θ , alors k( x, y)k2 = r et

y3 r 3 sin3 θ
f ( x, y) = 2 2
= f ( x, y) = 2
= r sin3 θ .
x +y r cos θ + r sin θ
2 2 2

Donc
0É lim | f ( x, y)| = lim r | sin3 θ | É lim r = 0,
(x,y)→(0,0) r →0 r →0

et par suite lim(x,y)→(0,0) f ( x, y) = 0.


2. Avec le même passage en coordonnées polaires, on a

x2 y3 x2 y3
g( x, y) = 4 =
x + x2 y2 + y4 ( x2 + y2 )2 − x2 y2
r 5 cos2 θ sin3 θ r cos2 θ sin3 θ
= = .
r 4 (1 − sin2 θ cos2 θ ) 1 − 14 sin2 (2θ )

Par passage à la limite, on a


¯ ¯
¯ cos2 θ sin3 θ ¯ 4r
0 É lim | g( x, y)| = lim r ¯ ¯ É lim = 0,
¯ ¯
(x,y)→(0,0) 1 2
r →0 ¯ 1 − sin (2θ ) ¯ r →0 3
4

et donc lim(x,y)→(0,0) g( x, y) = 0.
Travaux dirigés 97

Exercice 45 Soient D ⊂ R2 tel que (0, 0) est adhérent à D et f : D → R. On considère les trois
types de limites suivantes :
µ ¶ µ ¶
(i) lim f ( x, y), ˙(ii) lim lim f ( x, y) , (iii) lim lim f ( x, y) .
(x,y)→(0,0) x→0 y→0 y→0 x→0

1. En utilisant les fonctions définies sur D = ( x, y) ∈ R2 ¯ x 6= 0, y 6= 0 par :


© ¯ ª

x 2 − y2 x
f ( x, y) = et g( x, y) = ,
x2 + y2 x2 + y2

démontrer les propositions ci-dessous.


(a) Les limites (ii) et (iii) peuvent exister sans que la limite (i) existe.
(b) Les limites (ii) et (iii) peuvent exister sans être égales.
(c) Une de ces trois limites peut exister sans que les deux autres existent.
³ ´
2. En considérant f définie sur D = ( x, y) ∈ R2 ¯ y 6= 0 par f ( x, y) = x sin 1y , montrer que les
© ¯ ª

limites (i) et (iii) peuvent exister sans que la limite (ii) existe.
3. Montrer que si les limites (i) et (ii) existent alors elles sont égales.

Solution :
x2 − y2 x
1. Considérons f ( x, y) = 2 et g ( x, y ) = .
x + y2 x2 + y2
(a) Pour f , on a
x2 − y2 x2
µ ¶ µ ¶
lim lim f ( x, y) = lim lim 2 = lim =1
x→0 y→0 x→0 y→0 x + y2 x→0 x2

et
− y2
µ ¶
lim lim f ( x, y) = lim 2 = −1.
y→0 x→0 y→0 y

On remarque que les deux limites (ii) et (iii) existent mais sont différentes, donc la
limite (i) n’existe pas.
(b) Pour f les limites (ii) et (iii) existent mais sont distinctes.
(c) Pour g, on a

1
µ ¶ µ ¶
lim lim g( x, y) = 0, lim lim g( x, y) = lim n’existe pas,
y→0 x→0 x→0 y→0 x→0 x

donc lim f ( x, y) n’existe pas.


(x,y)→(0,0)
³ ´ 1 ³ ´
2. On a lim y→0 f ( x, y) = lim y→0 x sin 1y n’existe pas, car pour yk = → 0, sin y1 = 0, et
kπ k
1 ³ ´
pour yk0 = π → 0 on a sin y10 = 1.
2 + 2 k π k

On a ¯
¯ x sin 1 ¯ É | x| É k( x, y)k1 ,
µ ¶¯
¯ ¯
¯ y ¯
donc µ ¶
lim lim f ( x, y) = 0 et lim f ( x, y) = 0.
y→0 x→0 (x,y)→(0,0)
Travaux dirigés 98

3.

Exercice 46 Soit f définie sur R2 par

x2 y

si ( x, y) 6= (0, 0)

p
f ( x, y) = x4 + y2

0 sinon.

1. Montrer que la restriction de f à toute droite passant par l’origine est continue à l’origine.
2. f est-elle continue en (0, 0) ?

Solution :
1. Pour une droite D passant par l’origine, il y a deux cas passibles :
? D = {( x, y) ∈ R2 : x = 0}, et donc la restriction de f sur D est f (0, y) = 0 pour tout y ∈ R,
qui est continue.
ax3
? Si D = {( x, y) ∈ R2 : y = ax} où a ∈ R, la restriction de f sur D est f ( x, y) = p =
x4 + a2 x2
ax2
p si x 6= 0 et f (0, 0) = 0.
x2 + a2
On remarque que pour tout a ∈ R

ax2
lim f ( x, y) = lim p = 0 = f (0, 0).
(x,y)→(0,0),(x,y)∈D x →0 x2 + a2
Donc la restriction de f sur D est continue en (0, 0).
2. On remarque que pour f le degré du numérateur est strictement plus grand que celui du
dénominateur ; donc f est forcèment continue à l’origine. En effet, si x 6= 0,

x2 | y| | y|
| f ( x, y)| = q =q É | y| É k( x, y)k1
y2 y2
x 2 1 + x4 1 + x4

donc lim(x,y)→(0,0) f ( x, y) = 0 = f (0, 0).

Exercice 47 Étudier la continuité des fonctions f : R2 → R suivantes.


 2 2
 x y

si ( x, y) 6= (0, 0),
1. f ( x, y) = x2 + y2

0 si ( x, y) = (0, 0).

( 2
x y si x < y,
2. f ( x, y) =
y sinon.

 ( x2 + y2 ) sin 1
µ ¶
si x y 6= 0,

3. f ( x, y) = xy

0 si x y = 0.
( 4
x si x2 < y,
4. f ( x, y) =
y2 sinon.
Travaux dirigés 99

Solution :
1. À l’extérieur de l’origine, la fonction f est continue, car f est produit de deux fonctions
continues sur R2 \ {(0, 0)}.
Si ( x, y) 6= (0, 0), on a x2 + y2 Ê 2 x y, donc

x2 y2 ( x2 + y2 )2 1
| f ( x, y)| = É É k( x, y)k2 ;
x2 + y2 4( x2 + y2 ) 4

et par suite lim(x,y)→(0,0) f ( x, y) = 0 = f (0, 0). D’où f est continue à l’origine, donc sur R2
tout entier.
2. On a D = {( x, y) ∈ R2 : x < y} = ϕ−1 (]0, +∞[ où ϕ( u, v) = v − u est une fonction continue sur
R2 ; donc D , comme image réciproque d’un ouvert de R, est un ouvert de R2 .
De même D 0 = {( x, y) ∈ R2 : x > y} est un ouvert de R2 .
Donc la restriction de f à l’ouvert D ∪ D 0 est continue.
Si ( x, y) ∉ D ∪ D 0 , i.e. x = y, on a f ( x, y) = y = x ; donc
(
|( x + u)2 ( x + v) − x| si u < v
| f ( x + u, x + v) − f ( x, x)| =
| x + v − x| = | v| si u Ê v

Prenons ( u k , vk ) = − 1k , 0 alors
¡ ¢

| f ( x + u k , x + vk ) − f ( x, x)| = ¯( x + u k )2 ( x + vk ) − x¯ −→ | x| ¯ x2 − 1¯ 6= 0 si | x| 6= 1,
¯ ¯ ¯ ¯

et par suite f est discontinue en tout point ( x, x) ∈ R2 tel que | x| 6= 1.


Si | x| = 1, alors
lim sup | f ( x + u, x + v) − f ( x, x)| É 0
(u,v)→(0,0)

car
( x + u)2 ( x + v) − x = x3 − x = 0.
¡ ¢
lim
(u,v)→(0,0)

D’où f est continue aux points ( x, x) tel que | x| = 1.


3. Comme composée et produit de fonctions continues sur R? × R? , on a f est continues sur
R? × R? .
Si x y = 0, on a trois cas à distinguer :
Pour x = y = 0, on a si uv 6= 0
¯
1 ¯¯
µ ¶¯
¯¡ 2 2
É k( u, v)k22 ,
¢
| f ( u, v) − f (0, 0)| = ¯ u + v sin
¯
uv ¯

donc lim(u,v)→(0,0) f ( u, v) = f (0, 0), et par suite f est continue en (0, 0).
³ ´
Pour x = 0 et y 6= 0, on prend ( xk , yk ) π +12kπ , y . Alors, ( xk , yk ) → (0, y) et
2

¶2 ³π
1
µµ ¶ ´
2
f ( xk , yk ) − f (0, y) = π +y sin + 2 kπ −→ y2 6= 0;
2 + 2 kπ 2

et donc f n’est pas continue en (0, y).


Similairement, on peut justifier que, si y = 0 et x 6= 0, f n’est pas continue en ( x, 0).
Travaux dirigés 100

4. Si on note D = {( x, y) ∈ R2 : x2 < y}, on a f est continue sur l’ouvert D .


Si ( x, y) ∈ R2 \ D , i.e. y = x2 , alors f ( x, x2 ) = x4 et pour tout ( u, v) ∈ R2 ,
(
|( x + u)4 − x4 | si ( x + u)2 < x2 + v
| f ( x + u, x2 + v) − f ( x, x2 )| =
|( x2 + v)2 − x4 | si ( x + u)2 Ê x2 + v

Si ( u, v) → (0, 0) alors u → 0, v → 0, et ( x + u)4 → x4 , ( x2 + u)2 → x4 .


Donc
lim f ( x + u, x2 + v) = f ( x, x2 ),
(u,v)→(0,0)

par suite f est continue sur D , donc sur R2 tout entier.

Exercice 48 Soient f : Rn → Rm une application continue telle que

∀( x, y) ∈ Rn × Rn , f ( x + y) = f ( x) + f ( y).

1. Montrer que ∀ x ∈ Rn , ∀ k ∈ N, f ( kx) = k f ( x).


2. Montrer que ∀ x ∈ Rn , ∀ k ∈ Z, f ( kx) = k f ( x).
3. Montrer que ∀ x ∈ Rn , ∀ q ∈ Q, f ( qx) = q f ( x).
4. En déduire que f est linéaire.

Solution :
1. Par récurrence, on peut facilement vérifier que pour tout n ∈ N? et tout x ∈ Rn , f ( nx) =
n f ( x). Pour n = 0, on remarque que f (0) = f (0 + 0) = f (0) + f (0) = 2 f (0), donc f (0) = 0.
2. Pour k ∈ N et pour x ∈ Rn , on a 0 = f (0) = f ( kx − kx) = f ( kx) + f (− kx), donc f (− kx) =
− f ( kx) = − k f ( x), où la dernière égalité se déduit de la question précèdente. Ainsi f ( kx) =
k f ( x) pour tout k ∈ Z.
3. Soit q = kk0 ∈ Q où k ∈ Z et k0 ∈ Z? .
On remarque que f ( x) = f k0 kx0 = k0 f kx0 , et par suite f kx0 = k10 f ( x).
¡ ¢ ¡ ¢ ¡ ¢

Donc
k 1 1
µ ¶ µ ¶
f ( qx) = f 0 x = k f 0 x = k 0 f ( x) = q f ( x).
k k k
4. Pour vérifier que f est linéaire, il suffit de montrer que pour tout λ ∈ R et tout x ∈ Rn ,
f (λ x) = λ f ( x).
Soit x ∈ Rn et λ ∈ R. Par densité de Q dans R, il existe une suite ( q k )k dans Q telle que
λ = limk→+∞ q k .
Puisque f est continue sur Rn , on déduit que
µ ¶
f (λ x) = f lim q k x = lim f ( q k x) = lim q k f ( x) = λ f ( x).
k→+∞ k→+∞ k→+∞

Exercice 49 Soit f la fonction définie sur R2 par : f ( x, y) = x y2 .


Étudier l’existence de la dérivée directionnelle de la fonction f suivant la direction v = (1, −2) au
point A = (2, 1), et déterminer sa valeur si elle existe.
Travaux dirigés 101

Solution : La dérivée directionnelle de f au point A = (2, 1) et suivant la direction v = (1, −2)


est donnée par
1 1
lim+ ( f ((2, 1) + t(1, −2)) − f (2, 1)) = lim+ ( f (2 + t, 1 − 2 t) − f (2, 1))
t→0 t t→0 t
1
= lim+ ((2 + t)(1 − 2 t)2 − 2)
t→0 t
= lim+ (4 t3 + 4 t − 7) = −7
t→0

On a cette limite existe, donc la dérivée directionnelle de f au point A = (2, 1) et suivant la


direction v = (1, −2) et est égale à −7.

Exercice 50 Soit f : R2 → R la fonction définie par :


 2 3
 x y − y , si ( x, y) 6= (0, 0),

f ( x, y) = x2 + y2

0 , en (0, 0).

∂f ∂f
1. Calculer les dérivées partielles et
en (0, 0).
∂x ∂y
2. L’application f est-elle différentiable en (0, 0) ?

Solution :
1. On a
∂f f ( x, 0) − f (0, 0)
(0, 0) = lim =0
∂x x→0 x
et
∂f f (0, y) − f (0, 0) − y3
(0, 0) = lim = lim 3 = −1.
∂y y→0 y y→0 y

2. Si on note
∂f ∂f
³ ³ ´´
1
F ( x, y) = k(x,y)k2 f ( x, y) − f (0, 0) − x ∂x
(0 , 0) + y ∂y
(0 , 0)
µ 2
x y − y3 −2 y3

= p 21 2 − y = ,
x +y x2 + y2 ( x2 + y2 )3/2
on aura f est différentiable en (0, 0) si et seulement si lim F ( x, y) = 0.
(x,y)→(0,0)
−2 y3
Or, si y > 0, F (0, y) = = −2, donc F ( x, y) ne converge pas vers 0 lorsque ( x, y) → (0, 0),
( y2 )3/2
et par suite f n’est pas différentiable en (0, 0).

Exercice 51 Soit f : R2 → R la fonction définie par :


2

 x y , si ( x, y) 6= (0, 0),

f ( x, y) = x2 + y2

0 , en (0, 0).

Montrer que f admet des dérivées directionnelles dans toutes les directions en (0, 0) mais n’y est
pas différentiable.
Travaux dirigés 102

Solution :
On a
∂f f ( x, 0) − f (0, 0) ∂f f (0, y) − f (0, 0)
(0, 0) = lim = 0 et (0, 0) = lim = 0.
∂x x→0 x ∂y y→0 y
D’autrepart

1 ∂f ∂f x y2
µ µ ¶¶
F ( x, y) = f ( x, y) − f (0, 0) − x (0, 0) + y (0, 0) = 2 ,
k( x, y)k2 ∂x ∂y ( x + y2 )3/2

x3
donc, pour x > 0, F ( x, x) = = 2−3/2 qui ne converge pas vers 0 lorsque x → 0+ , et par suite
(2 x2 )3/2
f n’est pas différentiable en (0, 0).

Exercice 52 1. Soient x et y deux fonctions dérivables de R dans R et f une fonction de


classe C de R2 dans R. Soit z : R −→ R définie par z( t) = f ( x( t), y( t)). Déterminer z0 .
1

2. Appliquer cette formule aux cas particuliers suivants :


(a) f ( x, y) = x2 + 2 x y + 4 y2 avec x( t) = t et y( t) = e3t .
(b) f ( x, y) = x y2 + x2 y avec x( t) = t2 et y( t) = ln t.

Solution :
1. On remarque que z est la composée de deux fonctions z( t) = f ◦ g( t), où g( t) = ( x( t), y( t)).
Puisque f est une fonction de classe C 1 sur R2 , et les fonctions x et y sont dérivables sur
R, alors g et z sont dérivables sur R.
En utilisant la formule de différentielle de la composée de deux fonctions différentiables,
on obtient ¶ Ã 0 !
∂ f ∂ f
µ
x ( t )
z0 ( t) = d f ( g( t)) ◦ g0 ( t) = ( g( t)), ( g( t)) ·
∂x ∂y y0 ( t)
∂f ∂f
= x0 ( t) ( x( t), y( t)) + y0 ( t) ( x( t), y( t))
∂x ∂y
2.(a) Si f ( x, y) = x2 + 2 x y + 4 y2 , x( t) = t et y( t) = e3t , alors
∂f ∂f
z 0 ( t) = x0 ( t) ( x( t), y( t)) + y0 ( t) ( x( t), y( t))
∂x ∂ y¢
= 2 t + 2 e3t + 3 e3t 2 e3t + 8 e3t = 2 t + 2 e3t + 30 e6t
¡

(b) Si f ( x, y) = x y2 + x2 y, x( t) = t2 et y( t) = ln t, alors
∂f ∂f
z 0 ( t) = x0 ( t) ( x( t), y( t)) + y0 ( t) ( x( t), y( t))
∂ ¡x ∂y
2
¢
= 2 t ln t ln t + 2 t + t (2 ln t + 1)

Exercice 53 On considère l’application :


 Ã !
 x y sin p 1

, si ( x, y) 6= (0, 0),

f ( x, y) = x2 + y2

0, en (0, 0).

Travaux dirigés 103

1. Montrer que f admet des dérivées partielles en tout point de R2 et les calculer.
2. Montrer que f n’est pas de classe C 1 sur R2 .
3. Montrer que f est différentiable au point (0, 0).

Solution :
1. Pour ( x, y) 6= (0, 0), les fonctions u 7→ f ( u, y) et v 7→ f ( x, v) sont dérivables en x et y respecti-
vement, donc les dérivées partielles par rapport à x et y existent, et
à ! à !
∂f 1 x2 y 1
( x, y) = y sin p − 2 cos p
∂x x 2 + y2 ( x + y2 )3/2 x2 + y2

et à ! à !
∂f 1 x y2 1
( x, y) = x sin p − cos p
∂y x2 + y2 ( x2 + y2 )3/2 x 2 + y2
Si ( x, y) = (0, 0), on a

∂f f ( x, 0) − f (0, 0) ∂f f (0, y) − f (0, 0)


(0, 0) = lim = 0 et (0, 0) = lim =0
∂x x→0 x ∂y y→0 y

2. Pour justifier que f n’est pas de classe C 1 sur R2 , il suffit de trouver un point ( x, y) où
l’une des dérivées patielles n’est pas continues. Puisque les deux variables x et y jouent
un
³ rôle symétrique,
´ on choisit la dérivée patielle par rapport à x : on oprend ( xk , yk ) =
1p 1p
, alors ( xk , yk ) → (0, 0), mais
2kπ 2 2kπ 2

∂f 1 1 1
( xk , yk ) = p sin(2 kπ) − p cos(2 kπ) = − p 9 0.
∂x 2 kπ 2 2 2 2 2
∂f
Donc n’est pas continue en (0, 0).
∂x
3. On a, pour ( x, y) 6= (0, 0),
∂f ∂f
³ ³ ´´
1
F ( x, y) = k(x,y)k2
f ( x, y) − f (0, 0) − x ∂x
(0, 0) + y ∂y
(0 , 0)
à !
f ( x, y) xy 1
= p =p sin p
x 2 + y2 x2 + y2 x 2 + y2

Donc ¯ Ã !¯
¯ x y 1 ¯ 1q 1
|F ( x, y)| = ¯ p sin p ¯É x2 + y2 = k( x, y)k2 .
¯ ¯
¯ x2 + y2 x2 + y2 ¯ 2 2
Ceci montre que lim F ( x, y) = 0, et par suite f est différentiable au point (0, 0).
(x,y)→(0,0)

Exercice 54 Soit f : R −→ R la fonction définie par :


2 2 3/2

 | y|( x + y )

si ( x, y) 6= (0, 0),
f ( x, y) = ( x2 + y2 )2 + y2

0 , en (0, 0).

1. Montrer que f est continue en (0, 0).


Travaux dirigés 104

2. Montrer que toutes les dérivées directionnelles de f en (0, 0) existent et sont nulles.
3. Montrer que f n’est pas différentiable en (0, 0).
4. Retrouver géométriquement que f n’est pas différentiable en (0, 0), en montrant qu’il existe
une courbe tracée sur le graphe de f dans R3 qui ne s’aplatit pas à l’origine sur le plan
xO y.

Solution :
1. Puisque ( x2 + y2 )2 + y2 Ê ( x2 + y2 )2 , alors

| y|( x2 + y2 )3/2 | y| x2 + y2
| f ( x, y)| É = É = k( x, y)k2 .
( x2 + y2 )2 ( x2 + y2 )1/2 ( x2 + y2 )1/2

Donc
lim f ( x, y) = 0 = f (0, 0),
(x,y)→(0,0)

et par suite f est continue au point (0, 0).


2. Pour les dérivées partielles, on a

∂f f ( x, 0) − f (0, 0)
(0, 0) = lim =0
∂x x→0 x
et
∂f f (0, y) − f (0, 0) | y|( y2 )3/2 y2
(0, 0) = lim = lim 4 = lim =0
∂y y→0 y y→0 y + y2 y→0 y2 + 1

Une dérivée directionnelle de f en (0, 0), n’est autre qu’une combinaisons linéaire des
dérivées partielles de f en (0, 0), qui sont nulles ; donc cette dérivée directionnelle de f en
(0, 0) est aussi nulle.
3. Pour ( x, y) 6= (0, 0), on a
∂f ∂f
³ ³ ´´
1
F ( x, y) = k(x,y)k2 f ( x, y) − f (0, 0) − x ∂ x (0, 0) + y ∂ y (0, 0)
f ( x, y) | y|( x2 + y2 )
= p = 2 2 2 2
x2 + y2 ( x + y ) + y

Puisque toutes les dérivées directionnelles de f en (0, 0) existent, pour justifier la non
différentiabilité de f en (0, 0), il faut choisir un chemin non linéaire qui traverse (0, 0).
Considérons y = x2 , alors

x2 ( x2 + x4 ) 1 + x2 1
F ( x, y) = = −→ si x → 0.
( x2 + x4 )2 + x4 (1 + x2 )2 + 1 2
D’où f n’est pas différentiable en (0, 0).
4.

Exercice 55 Soient m ∈ N et f : R2 −→ R la fonction définie par :


 m
 x y

si ( x, y) 6= (0, 0),
f ( x, y) = x2 + y2
0, en (0, 0).

Travaux dirigés 105

1. Montrer que f est continue sur R2 \ {(0, 0)} pour tout m ∈ N.


2. Pour quelles valeurs de m ∈ N la fonction f est-elle continue en (0, 0) ?
3. Calculer le gradient de f pour ( x, y) ∈ R2 \ {(0, 0)} pour tout m ∈ N.
4. Calculer le gradient de f en (0, 0).
5. Montrer que f est de classe C 1 sur R 2 \ {(0, 0)}, et conclure sur la différentiabilité de f sur
R 2 \ {(0, 0)}.
6. Pour quelles valeurs de m ∈ N la fonction f est-elle différentiable en (0, 0) ?
7. Pour quelles valeurs de m ∈ N la fonction f est-elle de classe C 1 en (0, 0) ?

Solution :
1. Puisque f est le produit de deux fonctions continues sur ( x, y) ∈ R2 \ {(0, 0)}, alors f est
continue sur ( x, y) ∈ R2 \ {(0, 0)}.
2. On a f est continue en (0, 0) ssi lim f ( x, y) = 0, ce qui est équivalent à
(x,y)→(0,0)

d ◦ ( x m y) > d ◦ ( x2 + y2 ) = 2 ⇔ m + 1 > 2 ⇔ m > 1.

Donc f est continue en (0, 0) ssi m > 1.


3. Si ( x, y) 6= (0, 0), le gradient de f en (0, 0) a pour composantes les dérivées partielles :

mx m−1 y3 + ( m − 2) x m+1 y

si m 6= 0

∂f

2 + y2 )2

( x, y) = ( x
∂x −2 x y
si m = 0


 2
( x + y2 )2
et
∂f x m ( x2 − y2 )
( x, y) = pour tout m ∈ N.
∂y ( x2 + y2 )2
∂f f ( x, 0) − f (0, 0) ∂f
4. Si ( x, y) = (0, 0), on a pour tout m ∈ N, (0, 0) = lim = 0, et (0, 0) =
∂x x→0 x ∂y
f (0, y) − f (0, 0)
lim = 0 si m Ê 1.
y→0 y
∂f ∂f
5. Pour tout m ∈ N les fonctions sont continues sur R 2 \ {(0, 0)}, donc f est de
et
∂x ∂y
classe C 1 sur R 2 \ {(0, 0)}. D’après le théorème ? ?, on déduit que f est différentiable sur
R 2 \ {(0, 0)}.
6. Au point (0, 0) la fonction f est continue ssi m > 1.
Supposons que m Ê 3, alors
¯
∂f ∂f
³ ´¯
1
|F ( x, y)| = k(x,y) f ( x, y) − f (0, 0) − x (0, 0) + y (0, 0)
¯ ¯
k2 ¯ ∂x ∂y ¯
| f ( x, y)| | x | m | y| ( x2 + y2 )(m+1)/2
= = 2 É −→ 0
x2 + y2 ( x + y2 )3/2 ( x2 + y2 )3/2
p

Si m = 2, alors

| f ( x, x)| | x |3
|F ( x, x)| = p = 2 3/2
= 2−3/2 9 0 lorsque x → 0.
2x 2 (2 x )
Donc f n’est différentiable en (0, 0) que pour m Ê 3.
Travaux dirigés 106

7. Supposons que m Ê 3, alors d’après les questions 3 et 4, les dérivées partielles de f existent
sur R2 . Montrons qu’elles sont continues au point (0, 0).
En effet, pour ( x, y) 6= (0, 0),
m−1 3
¯∂f y + ( m − 2) x m+1 y ¯¯
¯ ¯ ¯ ¯
¯ ( x, y)¯ = ¯ mx m−2
¯ ¯
¯ ∂x ¯ ¯ ( x2 + y2 )2 ¯ É 2( m − 1)k( x, y)k2

et ¯ ¯ m 2
¯∂f ¯ ¯ x ( x − y2 ) ¯
¯ ¯
¯ ( x, y)¯ = ¯ m−2
¯ ¯ ( x2 + y2 )2 ¯ É k( x, y)k2 .
¯
¯∂y

∂f ∂f ∂f ∂f
Donc lim ( x, y) = 0 = (0, 0) et lim ( x, y) = 0 = (0, 0) ; ce qui justifie la
(x,y)→(0,0)∂x ∂x (x,y)→(0,0) ∂y ∂y
∂f ∂f
continuité de en (0, 0).
et
∂x ∂y
Ainsi la fonction f est de classe C 1 en (0, 0) pour tout m Ê 3.

Exercice 56 On considère les fonctions f : R2 → R et g : R3 → R2 définies par :

f ( x, y) = x2 − y2 , g( x, y, z) = ( x + y + z, x − y + z) et h = f ◦ g.

1. Donner l’expression explicite de la fonction h.


2. Montrer que f , g et h sont de classe C 1 et écrire leurs matrices jacobiennes.
3. Vérifier que Jh ( x, y, z) = J f ( g( x, y, z)) · J g ( x, y, z), où J f , J g et Jh désignent les matrices
jacobiennes de f , g et h respectivement.

Solution :
1. Pour ( x, y, z) ∈ R3 , on a

h( x, y, z) = f ( g( x, y, z)) = f ( x + y + z, x − y + z) = 4 y( x + z).

2. Les fonctions f et g sont de classe C ∞ sur R2 et R3 respectivement, car toutes leures com-
posantes sont de même nature. Donc f et g sont de classe C 1 sur R2 et R3 respectivement,
et leurs matrices jacobiennes sont respectivement :
à !
1 1 1
J f ( x, y) = (2 x − 2 y) et J g ( x, y, z) =
1 −1 1

3. Puisque h( x, y, z) = 4 y( x + z), alors Jh ( x, y, z) = 4( y x + z y).


D’aurepart,
à !
1 1 1
J f ( g( x, y, z)) × J g ( x, y, z) = (2( x + y + z) − 2( x − y + z))
1 −1 1
= (4 y 4 x + 4 z 4 y)

Donc
Jh ( x, y, z) = J f ( g( x, y, z)) × J g ( x, y, z).
Travaux dirigés 107

Exercice 57 On considère l’équation implicite xe y + ye x = 0.


1. Vérifier qu’elle définie une et une seule fonction ϕ telle que y = ϕ( x) au voisinage de (0, 0).
2. Calculer le développement de Taylor de ϕ à l’ordre 2 centré en x = 0.

Solution :
∂f
1. Soit f ( x, y) = xe y + ye x . On a f est de classe C 1 sur R2 . De plus, f (0, 0) = 0 et
(0, 0) = 1 6= 0.
∂y
D’après le théorème des fonctions implicites, elle définie alors une et une seule fonction
y = ϕ( x) dans un intervalle I qui contient 0 dans son intérieur.
De plus, on sait que ϕ(0) = 0 et ϕ0 (0) = −1 car
∂f
∂y
( x, ϕ( x)) xeϕ(x) + e x
0
ϕ ( x) = − ∂ f =−
( x, ϕ( x)) eϕ(x) + ϕ( x) e x
∂x

Comme ϕ est de classe C 1 , alors ϕ0 est de classe C 1 car composition de fonctions de classe
C 1 , il s’en suit que ϕ est de classe C 2 .
Alors
ϕ( x) = ϕ(0) + ϕ0 (0) x + ϕ00 (0) x2 + ◦( x2 ).

2. Pour calculer ϕ00 on peut soit dériver l’expression de ϕ0 soit dériver l’équation qui la défini
implicitement : f ( x, ϕ( x)) = xeϕ(x) + ϕ( x) e x = 0 pour tout x ∈ I .
En dérivant cette expression on obtient

eϕ(x) + xeϕ(x) ϕ0 ( x) + ϕ0 ( x) e x + ϕ( x) e x = 0

et en la dérivant à nouveau (ce que l’on peut faire car ϕ est de classe C 2 ) on obtient
³ ´
2 eϕ(x) ϕ0 ( x) + xeϕ(x) + e x ϕ00 ( x) + xeϕ(x) (ϕ0 ( x))2 + 2ϕ0 ( x) e x + ϕ( x) e x = 0

D’où ϕ00 (0) = 4 et donc le développement de Taylor s’écrit

ϕ( x) = − x + 2 x2 + ◦( x2 ).

Exercice 58 1. Considérons la courbe Γ de R2 d’équation x3 + y3 − 3 x y = 1.


(a) Montrer que la courbe Γ est, localement autour du point (0, 1), représentable par d’équa-
tion y = ϕ( x).
(b) Déterminer le développement limité d’ordre 2 de ϕ au voisinage de 0.
(c) Donner l’équation de la tangente à Γ en (0, 1).
2. Soit Σ la surface de R3 d’équation x2 + y2 + z2 + 2 x yz = 1.
(a) Montrer que la surface Σ est, localement autour du point (0, 0, 1), représentable par
d’équation z = ψ( x, y).
(b) Déterminer le développement limité d’ordre 1 de ψ au voisinage de (0, 0).
(c) Donner l’équation du plan tangent à Σ en (0, 0, 1).

Solution :
Travaux dirigés 108

1. Considérons f ( x, y) = x3 + y3 − 3 x y − 1.
(a) On a f est de classe C 1 sur R2 avec
∂f ∂f
( x, y) = 3 x2 − 3 y et ( x, y) = 3 y2 − 3 x.
∂x ∂y
∂f
De plus, on a f (0, 1) = 0 et (0, 1) = −3 6= 0, donc d’après le théorème des fonctions
∂y
implicites, il existe une et une seule fonction ϕ de classe C 1 sur un intervalle ouvert I
qui contient 0 tel que ϕ(0) = 1 et y = ϕ( x) est équivalent à f ( x, y) = 0.

(b) On déduit de la relation implicite que ϕ(0) = 0 et ϕ0 (0) = 1 car


∂f
∂y
( x, ϕ( x)) 3(ϕ( x))2 − 3 x (ϕ( x))2 − x
0
ϕ ( x) = − ∂ f =− = .
( x, ϕ( x)) 3 x2 − 3ϕ( x) ϕ( x) − x2
∂x

Comme ϕ est de classe C 1 , il s’en suit que ϕ est de classe C 2 .


Pour calculer ϕ00 (0), on dérive l’expression de ϕ0 :

ϕ0 ( x)((ϕ( x))2 − 2ϕ( x) + x) − ϕ( x)(1 + 2ϕ( x)) + x(1 − 2 x)


ϕ00 ( x) =
(ϕ( x) − x2 )2

et donc ϕ00 (0) = −4.


Le développement de Taylor s’écrit donc

1
ϕ( x) = ϕ(0) + ϕ0 (0) x + ϕ00 (0) x2 + ◦( x2 ) = 1 + x − 2 x2 + ◦( x2 ).
2

(c) L’équation de la droite tangente à Γ en ( x0 , y0 ) = (0, 1) est

y = ϕ(0) + ϕ0 (0) x = 1 + x.

2. Considérons f ( x, y, z) = x2 + y2 + z2 + 2 x yz − 1.
(a) On a f est de classe C 1 sur R3 avec
∂f ∂f ∂f
( x, y, z) = 2 x + 2 yz, ( x, y, z) = 2 y + 2 xz et ( x, y, z) = 2 z + 2 x y.
∂x ∂y ∂z
Donc
∂f ∂f ∂f
f (0, 0, 1) = 0, (0, 0, 1) = 0, (0, 0, 1) = 0 et (0, 0, 1) = 2 6= 0.
∂x ∂y ∂z
D’après le théorème des fonctions implicites, il existe une et une seule fonction ψ de
classe C 1 sur un double-intervalles ouvert I × J qui contient (0, 0) tel que ψ(0, 0) = 1 et
z = ψ( x, y) est équivalent à f ( x, y, z) = 0.

(b) On a ψ(0, 0) = 1 et

Jψ ( x, y) = −J f ,z ( x, y, ψ( x, y))−1 × J f ,x,y ( x, y, ψ( x, y))

qui peut s’écrire


¶−1
∂ψ ∂ψ ∂f
µ ¶ µ
( x, y) ( x, y) = − ( x, y, ψ( x, y))
∂x ∂y ∂z
Travaux dirigés 109

∂f ∂f
µ ¶
× ( x, y, ψ( x, y)) ( x, y, ψ( x, y))
∂x ∂y
ou
∂f ∂f
( x, y, ψ( x, y)) ( x, y, ψ( x, y))
∂ψ ∂ψ ∂y
( x, y) = − ∂ x et ( x, y) = − .
∂x ∂f ∂y ∂ f
( x, y, ψ( x, y)) ( x, y, ψ( x, y))
∂z ∂z
Donc
∂f ∂f
(0, 0, 1) (0, 0, 1)
∂ψ ∂ψ ∂y
(0, 0) = − ∂ x = 0 et (0, 0) = − = 0.
∂x ∂f ∂y ∂f
(0, 0, 1) (0, 0, 1)
∂z ∂z
Le développement de Taylor d’ordre 1 au voisinage de (0, 0) de ψ s’écrit donc
∂ψ ∂ψ
ψ( x, y) = ψ(0, 0) + (0, 0) x + (0, 0) y + ◦(k( x, yk) = 1 + ◦(k( x, yk).
∂x ∂y

(c) L’équation du plan tangent à Σ en (0, 0, 1) est


∂ψ ∂ψ
z = ψ(0, 0) + (0, 0) x + (0, 0) y = 1.
∂x ∂y
Donc plan tangent à Σ en (0, 0, 1) est le plan horizontal passant par z = 1.

Exercice 59 Soit f : R2 −→ R une fonction de classe C 2 sur R2 et ( x0 , y0 ) un point de R2 . On


suppose que
∂f ∂f
f ( x0 , y0 ) = 0, ( x0 , y0 ) = 0, ( x0 , y0 ) = 0,
∂x ∂y
∂2 f ∂2 f ∂2 f
( x , y ) = 1,
2 0 0
( x ,
0 0y ) = 2, ( x0 , y0 ) = 3.
∂x ∂ y2 ∂ x∂ y
Le point ( x0 , y0 ) est-il un point critique ? Si oui, donner sa nature ?

Solution : On a f une fonction de classe C 2 sur R2 avec


∂f ∂f
( x0 , y0 ) = 0, ( x0 , y0 ) = 0,
∂x ∂y
donc ( x0 , y0 ) est un point critique.
D’autrepart,
¯ 2
¯ ∂ f ∂2 f
¯
¯ ¯
(x , y ) ( x0 , y0 ) ¯¯ ¯
¯
2 0 0
¯
¯H f ,2 ( x0 , y0 )¯ = ¯ ∂ x ∂ x∂ y ¯ = ¯¯ 1 3
¯ ¯ ¯ ¯
¯ = −7 < 0
¯
¯ ∂2 f 2
∂ f ¯ ¯ 3 2 ¯
¯ ( x0 , y0 ) ( x0 , y0 ) ¯
∂ y∂ x ∂ y2
¯ ¯

donc ( x0 , y0 ) est un point-selle.

Exercice 60 Soit f l’application définie sur R2 par


x2 y y3
f ( x, y) = + x2 + − 4 y.
2 3
Trouver tous les points critiques de la fonction f et établir leur nature.
Travaux dirigés 110

Solution : La fonction f est de classe C 2 sur R 2 ; les points critiques sont les points qui rendent
nul le gradient. On a
¶T µ ¶T
∂f ∂f x2
µ
2
∇ f ( x, y) = ( x, y) , ( x, y) = x y + 2 x , + y −4
∂x ∂y 2

Les points critiques sont donc ( x0 , y0 ) = (0, 2) et ( x1 , y1 ) = (0, −2) .


Pour en étudier la nature, on calcule les dérivées secondes :

∂2 f ∂2 f
 
 ∂ x2 ( x, y) ( x, y)  Ã !
∂ x∂ y y + 2 x
H f ( x, y) = 
 ∂2 f
=
∂2 f  x 2y
( x, y) ( x, y)
∂ y∂ x ∂y 2

Pour ( x0 , y0 ), on a ¯ ¯
¯ ¯¯ 4 0 ¯
¯H f (0, 2)¯ = ¯
¯
¯ = 16 > 0
¯
¯ 0 4 ¯

∂2 f
Comme (0, 2) = 4 > 0, on conclut que (0, 2) est un minimum local pour f .
∂ x2
En revanche, pour ( x1 , y1 ), on a
¯ ¯
¯ ¯¯ 0 0 ¯¯
¯H f (0, −2)¯ = ¯
¯
¯=0
¯ 0 −4 ¯

Donc, on ne peut pas conclure en utilisant la matrice hessienne.

Exercice 61 Soit f l’application définie sur R2 par


2
− y2 )
f ( x, y) = ( x2 − y2 ) e(− x .

1. Déterminer les 5 points critiques de f .


2. Classer en spécifiant s’ils sont des maximum, des minimum ou des points de selle de la
fonction f .

Solution : On a f est de classe C 2 sur R 2 , et les points critiques associés sont solutions du
système : (
x(1 − x2 + y2 ) = 0 (1)
2 2
y(1 + x − y ) = 0 (2)

D’après (1), on a x = 0 ou bien x2 − y2 = 1.


Si x = 0, (2) donne y(1 − y2 ) = 0, et donc y = 0 ou y = ±1 ; et par suite (0, 0), (0, −1) et (0, 1) sont
des points critiques de f .
Si x2 − y2 = 1, (2) assure que y = 0, et donc x2 = 1, i.e. x = ±1 ; et dont (−1, 0) et (1, 0) sont les
autres points critiques de f .
Ainsi, les cinq points critiques de f sont (0, 0), (0, ±1) et (±1, 0).
Pour en étudier la nature, on calcule les dérivées secondes :
à !
2 2 2 2 2 2 2
2 2 1 − 5 x + y + 2 x ( x − y ) 2 x y( x − y )
H f ( x, y) = 2 e− x − y
2 x y( x2 − y2 ) −1 + 5 y2 − x2 − 2 y2 ( x2 − y2 )
Travaux dirigés 111

On a ¯ ¯
¯ ¯¯ 2 0 ¯
¯H f (0, 0)¯ = ¯
¯
¯ = −4 < 0
¯
¯ 0 −2 ¯

Donc (0, 0) est un point selle.


On a aussi, ¯ ¯
¯ ¯¯ 4/ e 0 ¯ ∂2 f
¯H f (0, ±1)¯ = ¯ ¯ = 16/ e2 > 0 et
¯
(0, ±1) = 4/ e > 0.
¯
¯ 0 4/ e ¯ ∂ x2

On conclut que (0, −1) et (0, 1) sont des minimum locaux pour f .
De même ¯ ¯
¯ ¯¯ −4/ e 0 ¯ ∂2 f
¯H f (±1, 0)¯ = ¯ ¯ = 16/ e2 > 0 et
¯
(±1, 0) = −4/ e < 0.
¯
¯ 0 −4/ e ¯ ∂ x2

assurent que (−1, 0) et (1, 0) sont des maximum locaux pour f .

Exercice 62 Soit f la fonction de R2 dans R définie par : f ( x, y) = x3 + y3 − 3 x y.


1. Pour tout point ( x, y) ∈ R2 , calculer le gradient ∇ f et le laplacien ∆ f de f en ( x, y).
2. Déterminer les points critiques de f .
3. Quelle est la nature de ces points critiques (maximum, minimum ou point selle) ? Justifier
soigneusement.
4. La fonction f admet-elle un maximum global ? un minimum global ?
5. Donner le développement de Taylor de f à l’ordre 2 au point (−1, 2).
6. Soit γ : R2 → R2 définie par : γ( t) = ( x( t), y( t)) = ( t, t2 ).
Calculer la dérivée γ0 de γ en tout point t ∈ R.
d
7. En déduire la valeur de dt ( f ◦ γ) en tout point t ∈ R.

Solution :
1. Pour tout ( x, y) ∈ R2 , le gradient de f en ( x, y) est

∂f
 
 ∂ x ( x, y) 
à !
3 x2 − 3 y
∇ f ( x, y) = 
 ∂f
=
( x, y)
 3 y2 − 3 x
∂y

et le Laplacien de f en ( x, y) est

∂2 f ∂2 f
∆ f ( x, y) = ( x, y) + ( x, y) = 6( x + y).
∂x 2 ∂ y2

2. Les points critiques de f sont solution de ∇ f ( x, y) = 0, qui est équivalent à

x2 − y = 0 et x − y2 = 0.

Ainsi les points critiques de f sont (0, 0), (1, −1) et (1, 1).
Travaux dirigés 112

3. Pour déterminer la nature de ces points critiques , on détermine la matrice hessienne de


f : Ã !
3 x −3
H f ( x, y) =
−3 3 y
Donc ¯ ¯ ¯ ¯
¯ 0 −3 ¯ ¯ 3 −3 ¯
H f (0, 0) = ¯ ¯ = −9 < 0, H f (1, −1) = ¯ ¯ = −18 < 0
¯ ¯ ¯ ¯
¯ −3 0 ¯ ¯ −3 −3 ¯
et ¯ ¯
¯ 3 −3 ¯
H f (1, 1) = ¯ ¯=0
¯ ¯
¯ −3 3 ¯
On déduit que (0, 0) et (1, −1) sont des points selles de f , alors que pour (1, 1), on ne peut
pas conclure.
4. Si on prend y = 0, alors f ( x, 0) = x3 tend vers +∞ si x → +∞ et f ( x, 0) = x3 tend vers −∞
si x → −∞.
Donc f n’admet ni maximum global, ni minimum global.
5. Puisque f est de classe C 2 sur R2 , son développement de Taylor à l’ordre 2 au point (−1, 2)
est
∂f ∂f ∂2 f
³
1
f (−1 + x, 2 + y) = f (−1, 2) + x ∂ x (−1, 2) + y ∂ y (−1, 2) + 2 x2 ∂ x2 (−1, 2)
∂2 f ∂2 f
´
+ 2 x y ∂ x∂ y (−1, 2) + y2 ∂ y2 (−1, 2) + ◦ k( x, y)k22
¡ ¢

= 13 − 3 x + 15 y − 32 x2 − 3 x y + 3 y2 + ◦ x2 + y2
¡ ¢

6. Pour γ( t) = ( x( t), y( t)) = ( t, t2 ), on a pour tout t ∈ R,

γ0 ( t) = ( x0 ( t), y0 ( t)) = (1, 2 t).

7. Pour tout t ∈ R, on a
à !
d
³
∂f ∂f
´ x0 ( t)
dt ( f ◦ γ)( t) = ∂x
( x( t), y( t)) , ∂ y ( x( t), y( t))
y0 ( t)
∂f ∂f
= x0 ( t) ∂ x ( x( t), y( t)) + y0 ( t) ∂ y ( x( t), y( t))
= 3 t2 − 3 t2 + t2 (3 t4 − 3 t) = 3 t3 ( t3 − 1)

Exercice 63 Une boite rectangulaires de longueur L, de largeur l et de hauteur h, est considérée


comme ouverte au dessus (sans couvercle).
Déterminer les dimensions L, l et h pour avoir un minimum de surface et une capacité remplis-
sage d’un litre correspondant à un volume constant V = 1000 cm3 .

Solution : On sait que la surface de la boite rectangulaires de longueur L, de largeur l , de


hauteur h, et sans couvercle est

S = lL + 2 hL + 2 hl = lL + 2 h( l + L).

De même son volume est V = hlL où h, l et L sont toutes strictement positives.


Le problème proposé consiste à

minimiser S = lL + 2 h( l + L) sous contrainte hlL = 500.


Travaux dirigés 113

Pour rendre le problème proposé sans contrainte, nous prenons h = 500/( lL), et donc, nous avons
à

minimiser S = lL + 500 500 500


lL ( l + L) ⇔ minimiser S ( x, y) = x y + x + y

Les conditions du premier ordre s’écrive


   ∂f
y − 1000 1000
   
0 ∂x
( x, y) x2  y=
 x2
 = =  ⇐⇒
     
∂f 1000  1000
0 ∂y
( x, y) x − y2  x=
y2

On déduit donc que le seul point critique de S ( x, y) estx = y = 10.


2000
x3
1
Or sa matrice hessienne vaut H S ( x, y) =  , donc
 
2000
1 y3

2000
¯ ¯
¯
(10)3
1 ¯ ¯ ¯
¯ ¯ ¯ 2 1 ¯ ∂2 f
|H S ( x, y)| = ¯ ¯=¯ ¯ = 3 > 0 et (10, 10) = 2 > 0;
¯ ¯ ¯ ¯
¯ 2000
¯ ¯ 1 2 ¯ ∂ x2
¯ 1 (10)3
¯

et par suite le point (10, 10) réalisent le minimum de S ( x, y).


On déduit que L = l = 10cm et h = 500/( lL) = 5cm réalise la surface minimale S = 300cm2
lorsque le volume est V = 500cm3 .

Exercice 64 1. Expliciter la distance d’un point ( x, y) d’une droite d’équation ax + b y + c = 0.


2. Quel point du disque d’équation x2 + y2 É 1 minimise la distance à la droite d’équation
p
y = 4 − 3x ?

Solution :
1. Pour formuler la distance d’un point ( x, y) à la droite D d’équation au + bv + c = 0, il s’agit
de

minimiser f ( u, v) = ( u − x)2 + (v − y)2 sous-contrainte : g( u, v) = au + bv + c = 0.

D’après les conditions du premier ordre, on si ( u, v) est extremum local de f sur D , alors
il existe λ ∈ R tel que :
(
2( u − x) = λa
∇ f ( u, v) = λ g( u, v) ⇐⇒
2(v − y) = λ b

Or au + bv + c = 0, donc
λa λb a2 + b 2
µ ¶ µ ¶
0=a +x +b +y +c=λ + ax + b y + c,
2 2 2
2(ax + b y + c) a(ax + b y + c)
et par suite λ = − , u − x = − et v − y = ab ( u − x).
a2 + b 2 a2 + b 2
On déduit donc que la distance d’un point ( x, y) à la droite D est
q
2
( u − x)2 + (v − y)2 = ( u − x)2 + ab2 ( u − x)2
p
ϕ( x, y) =
p
a2 + b 2 |ax + b y + c|
= | u − x| = p .
| a| a2 + b 2
Travaux dirigés 114

p
2. Si l’équation de la droite est y = 4 − 3 x, alors a distance d’un point ( x, y) à cette droite est
p p
| 3 x + y − 4| | 3 x + y − 4|
ϕ( x, y) = q = .
p 2
2
( 3) + 1 2

Notre problème consiste à trouver le point du disque B d’équation x2 + y2 É 1 qui minimise


p
ϕ( x, y) la distance à la droite d’équation 3 x + y − 4 = 0.
p p p p
On remarque que pour tout ( x, y) ∈ B , x É 1, y É 1, et donc 3 x+ y−4 É 3−3 = 3(1− 3) <
0.
On peut donc formuler notre problème sous la forme :
p
− 3x − y + 4
minimiser ϕ( x, y) =
2 (8.2)
sous-contrainte : ψ( x, y) = x2 + y2 − 1 É 0.
à p !T
3 1
Puisque ∇ϕ( x, y) = − ,− 6= (0, 0)T , alors toute solution de (8.2) ne peut être dans
2 2
l’intérieur de B ; par suite (8.2) peut se réécrire :
p
− 3x − y + 4
minimiser ϕ( x, y) =
2 (8.3)
sous-contrainte : ψ( x, y) = x2 + y2 − 1 = 0.

Les conditions du premier ordre pour ( x, y) assurent l’existence de λ ∈ R tel que :


( p
− 3 = 4λ x
∇ϕ( x, y) = λ∇ψ( x, y) ⇐⇒
−1 = 4λ y

Or à p !2 µ
3 1 2 1 1

2 2
1=x +y = − + − = 2 ⇐⇒ λ = ± ,
4λ 4λ 4λ 2
Ãp ! Ãp !
3 1 3 1
donc ( x, y) = − , ou ( x, y) = , .
2 2 2 2
³ p ´ ³p ´
Comme ϕ − 23 , − 12 = 3 et ϕ 23 , 12 = 1, on déduit que le minimum de ϕ sur B est atteint
Ãp !
3 1
au point ( x, y) = , .
2 2

Exercice 65 Trouver trois nombres réels positifs dont le produit vaut 1728 et dont la somme
est minimale :
1. avec la méthode des multiplicateurs de Lagrange (i.e. minimisation d’une fonction f ( x, y, z)
sous une contrainte g( x, y, z) = 0) (on se contentera de trouver le point critique sans en
étudier sa nature) ;
2. avec la méthode des extrema libres en éliminant une variable de la contrainte.

Solution :
Travaux dirigés 115

1. Pour la première méthode, Il s’agit de


minimiser f ( x, y, z) = x + y + z sous-contrainte g( x, y, z) = x yz − 1728 = 0.
Les conditions du premier ordre pour ( x, y, z) assurent l’existence de λ ∈ R tel que :

 1 = λ yz

∇ f ( x, y, z) = λ∇ g( x, y, z) ⇐⇒ 1 = λ xz
1 = λx y

q
1 1
Or 1728 = x yz = 3 , donc λ = 144 , et par suite x = y = z = 12.
λ
2. Notre objectif, dans cette deuxième méthode, est d’éliminer la variable z de la contrainte,
1728
en prenant z = ; alors le problème proposé devient :
xy
1728
minimiser ϕ( x, y) = f ( x, y, z) = x + y + pour x > 0, y > 0.
xy
Les conditions d’optimalité du premier ordre pour ( x, y) est

∇ϕ( x, y) = 0 ⇐⇒ x2 y = 1728 = x y2

Donc x3 = 1728, et par suite x = y = 12.


Dans R2 , on peut utiliser les conditions d’optimalité suffisantes du second ordre :

¯ 2 · (12)3 (12)3
¯ ¯ ¯ ¯
¯ ¯ 2 · (12)3 (12)3 ¯
¯ ¯ ¯ ¯
3
¯ ¯¯ x y x2 y2 ¯ ¯ (12)4 (12)4
¯ ¯ ¯ ¯
¯H ϕ ( x, y)¯ = ¯
¯ ¯ 3
¯=¯ ¯= >0
¯ ¯ ¯
¯ 144
¯ (12)3 2 · (12)3 ¯ ¯ (12)3 2 · (12)3
¯ ¯ ¯
¯
¯ ¯ ¯ ¯
x2 y2 x y3
¯ ¯ ¯ (12)4 (12)4 ¯

et
∂2 f 2 · (12)3
(12, 12) = > 0;
∂x 2 (12)4
et par suite le point (12, 12) réalisent le minimum de ϕ. Donc la solution du problème est

1728
( x, y, z) = ( x, y, ) = (12, 12, 12).
xy
Travaux dirigés 116

4. Série No1 16-17 : Topologie de Rn

Exercice 66 1. Les ensembles ; et R sont-ils ouverts ou fermés dans R. Justifie tes réponses.
2. Soit a et b deux nombres réels distincts. Montrer que ]a, b[, ]a, +∞[ et ] − ∞, a[ sont
des ouverts de R.

Solution : 1. Puisque toute suite de R qui converge, sa limite est aussi dans R, on a donc R
est fermé. De même, pour tout x ∈ R, on a ] x − r, x + r [⊂ R pour tout r > 0 ; et donc R, comme
voisinage chacun de ses points, est ouvert. Par suite ;, qui est le complémentaire de R, est à la
fois ouvert et fermé.

2. Si x ∈]a, b[, on a ] x − δ, x + δ[⊂]a, b[ si δ < min( b − x, x − a) ; et donc ]a, b[ est ouvert dans R.
Similairement, si x ∈]a, +∞[ (resp. x ∈] − ∞, b[), on a ] x − δ, x + δ[⊂]a, +∞[ (resp. ] x − δ, x + δ[⊂
] − ∞, a[) si δ < x − a (resp. δ < b − x. Par suite, ]a, +∞[ et ] − ∞, a[ sont ouverts dans R.

Exercice 67 1. Montrer que toute partie finie de R est un fermé de R.


2. Montrer que N et Z sont des fermées de R.
3. Une réunion d’une famille quelconque de fermés de R est-elle toujours un fermé de R ?

Solution : 1. Soit A = {a 1 , · · · , a p } une partie finie de R où touts les points sont deux à deux dis-
tincts et ordonnés positivement. Son complémentaire est A c =]−∞, a 1 [∪]a 1 , a 2 [∪ · · · ]a p−1 , a p [∪]a p , +∞[,
qui est réunion d’ouverts de R, est lui même un ouvert de R.

2. Supposons que N est non fermé, alors il existe une suite ( xk ) de N qui converge vers un x qui
n’appartient pas à N. Puisque x ∉ N, alors ∃ p ∈ N tel que p < x < p + 1.
Soit ε ∈]0, δ[, où δ = min( p + 1 − x, x − p), alors ∃K > 0 tel que | xk − x| < ε pour tout k Ê K .
On déduit que, pour tout k Ê K ,

p = x − ( x − p) É x − δ < x − ε < xk < x + ε < x + δ É x + ( p + 1 − x) = p + 1;

et donc, pour tout k Ê K , xk ∈] p, p + 1[, ce qui est absurde, car xk ∈ N pour tout k.
De la même façon, on peut montrer que Z est fermé.

3. Considérons, pour k ∈ N, A k = { k+1 1 }, alors A = k∈N A k = { k+1 1 : k ∈ N}. Pour tout k ∈ N, on a


S

A k est fermé, alors que k∈N A k n’est pas fermé, puisque k+1 1 ∈ A −→ 0 ∉ A .
S

On déduit qu’une réunion d’une famille quelconque de fermés de R n’est pas toujours un fermé
de R.

Exercice 68 Déterminer (dans R) l’adhérence, l’intérieur ¸et la frontière des parties suivantes :
1 1
·
\
i) A = [0, 1[∪[1, +∞[, ii) B = {0}∪]1, +∞[, iii) C = − , ,
k ∈N ? k k
] k, k + 1[ et v) E = Z + αZ où α ∈ R (à ne pas faire en TD).
[
iv) D =
k∈Z
Travaux dirigés 117

◦ ◦
Solution : i) On a A = [0, +∞[, donc A = A , A =]0, +∞[ et F r ( A ) = A \ A = {0}.
◦ ◦
ii) Pour B = {0}∪]1, +∞[, on a B = {0} ∪ [1, +∞¸[, B=]1·, +∞[ et F r (B) = B\ B= {0, 1}.
1 1
= {0}, car 1k → 0 lorsque k → +∞.
\
iii) Tout d’abord, on remarque que C = − ,
k∈N ? k k
◦ ◦
Donc C = C , C = ; et F r (C ) = C \ C = {0}.
◦ ◦
iv) On a D est une réunion d’ouverts de R, donc D = D . On a aussi D = R et F r (D ) = D \ D = Z.
v) Cet exemple est difficile et est donné pour sensibiliser la difficulté de l’étude topo-
logique de certains sous-ensembles de R. Pour le résoudre, on peut utiliser le résultat
qui dit que : tout sous-groupe additif de (R, +) qui est non réduit à {0} est soit discret,
soit dense dans R.
◦ ◦
Si α ∈ Z, on a E ⊂ Z, et donc E = E , E = ; et F r (C ) = E \ E = E .

Si α ∈ Q \ Z, on a E ⊂ Q, et donc E = ;. D’une manière plus délicate on peut justifier que E est
discret sur R, et donc E = E .

De même, avec plus d’éffort, si α ∈ R \ Q, on a E est dense dans R, et donc E = ; et E = E .

1
¾ ½
Exercice 69 On considère la partie de R : A = :k∈N∗ S
]1, 2[ (Q ∩ [2, 3[) .
S
k

◦ ◦
◦ ◦ ◦
1. Déterminer avec précision les ensembles suivants : A , A , A , A , A , A .
2. Donner le complémentaire de chacun de ces ensembles.



1
½ ¾
◦ ◦ ◦
Solution : 1. On a A = {0} ∪ : k ∈ N∗
S
]1, 3], A =]1, 2[, A = [1, 2], A =]1, 3[, A =]1, 2[,
k

A = [1, 3].

2. On prend le complémentaire
à dans R, et on obtient :
·!
1 1 S
¸
S [ ◦
ÙR A =] − ∞, 0[ , ]3, +∞[, ÙR A =] − ∞, 1] ∪ [2, +∞[,
k∈N∗ k + 1 k


◦ ◦
ÙR A =] − ∞, 1[∪]2, +∞[, ÙR A =] − ∞, 1] ∪ [3, +∞[, ÙR A =] − ∞, 1] ∪ [2, +∞[,

ÙR A =] − ∞, 1[∪]3, +∞[.

Exercice 70 On considère la fonction f définie sur R par


( p
1 − x2 si | x| < 1
f ( x) = 2
ax + bx + c si | x| Ê 1

Pour quelles valeurs de a, b et c la fonction f est-elle continue sur R ?

Solution : La fonction f est définie par partie, sur R tout entier, par deux fonctions réelles
continues respectivement sur { x ∈ R : | x| < 1} et { x ∈ R : | x| > 1}, donc elle est continue sur { x ∈ R :
Travaux dirigés 118

| x| 6= 1} =] − ∞, −1[∪] − 1, +1[∪] + 1 + ∞[.


Il suffit donc d’analyser la continuité aux points −1 et 1, qui est équivalent à
( ( p
lim x→−1− f ( x) = lim x→−1+ f ( x) lim x→−1 ax2 + bx + c = lim x→−1 1 − x2
⇐⇒ p
lim x→1− f ( x) = lim x→1+ f ( x)
( lim x →1 1 − x2 = lim x→1 ax2 + bx + c
a−b+c = 0
⇐⇒ ⇐⇒ c = −a et b = 0
a+b+c = 0

Donc les valeurs de a, b et c qui rendent la fonction f continue sur R sont dans l’ensemble

{(a, b, c) ∈ R3 : b = 0, c = −a} = {(a, 0, −a) : a ∈ R}.

Exercice 71 Si ( x, y) ∈ R2 , on pose k( x, y)k = max(|2 x + y|, | x − 3 y|).


1. Montrer que k · k est une norme sur R2 .
2. Dessiner sa boule unité fermée associée à cette norme.

Solution : 1. On a k · k est une application de R2 dans R+ qui est bien définie, donc il suffit de
vérifier les trois axiums d’une norme :

(i) On a

k( x, y)k = 0 ⇐⇒ max(|2 x + y|, | x − 3 y|) = 0 ⇐⇒ 2 x + y = 0 et x − 3 y = 0


⇐⇒ x = y = 0, i.e. ( x, y) = (0, 0).

(ii) Si λ ∈ R et ( x, y) ∈ R2 alors

kλ( x, y)k = k(λ x, λ y)k = max(|2λ x + λ y|, |λ x − 3λ y|) = max(|λ| · |2 x + y|, | x − 3 y|)
= |λ| max(|2 x + y|, | x − 3 y|) = |λ|k( x, y)k.

(iii) En utilisant la propriété du max de la somme qui est inférieur à la somme des max, on
justifie

k( x, y) + ( x0 , y0 )k = k( x + x0 , y + y0 )k = max(|2( x + x0 ) + ( y + y0 )|, |( x + x0 ) − 3( y + y0 )|)


É max(|2 x + y| + |2 x0 + y0 |, | x − 3 y| + | x0 − 3 y0 |)
É max(|2 x + y|, | x − 3 y|) + max(|2 x0 + y0 |, | x0 − 3 y0 |)
= k( x, y)k + k( x0 , y0 )k

2. Si B est la boule fermée dans R2 pour la norme k · k, alors

( x, y) ∈ B ⇐⇒ k(( x, y)k É 1 ⇐⇒ max(|2 (x + y|, | x − 3 y|) É 1


|2 x + y| É 1 −1 − 2 x É y É 1 − 2 x
⇐⇒ ⇐⇒ 1 1
| x − 3 y| É 1 3 ( x − 1)¡ É y É 3 ( x + 1)
¡1 ¢ 1
¢
⇐⇒ max 3 ( x − 1), −1 − 2 x É y É min 3 ( x + 1), 1 − 2 x .

Pour dessiner la boule B, il suffit de tracer les deux courbes associées aus fonctions f ( y) =
max 31 ( x − 1), −1 − 2 x et g( y) = min 13 ( x + 1), 1 − 2 x .
¡ ¢ ¡ ¢
Travaux dirigés 119

| x + t y|
Exercice 72 Soit, pour ( x, y) ∈ R2 , k( x, y)k = sup t∈R .
1 + t + t2
1. Montrer que k · k est une norme sur R2 .
2. Cette norme k · k est-elle équivalente à la norme euclidiènne ?
3. Dessiner la boule unité fermée associée à cette norme.

Solution : 1. On a k · k est une application de R2 dans R+ qui est bien définie, donc il suffit de
vérifier les trois axiums d’une norme :

(i) On a
| x + t y|
k( x, y)k = 0 ⇐⇒ sup t∈R =0
1 + t + t2
⇐⇒ x + t y = 0, ∀ t ∈ R, puisque 1 + t + t2 > 0
⇐⇒ x = y = 0, i.e. ( x, y) = (0, 0).

(ii) Si λ ∈ R et ( x, y) ∈ R2 alors

|λ x + tλ y| |λ( x + t y)|
kλ( x, y)k = k(λ x, λ y)k = sup t∈R 2
= sup t∈R
1+ t+ t 1 + t + t2
| x + t y| | x + t y|
= sup t∈R |λ| = |λ| sup t∈R = |λ|k( x, y)k
1 + t + t2 1 + t + t2
(iii) En utilisant la propriété du sup de la somme qui est inférieur à la somme des sup, on justifie

0 0 0 0 |( x + x0 ) + t( y + y0 )|
k( x, y) + ( x , y )k = k( x + x , y + y )k = sup t∈R
1 + t + t2
| x + t y| + | x 0 + t y0 | | x + t y| | x 0 + t y0 |
É sup t∈R É sup t∈R + sup t∈R
1 + t + t2 1 + t + t2 1 + t + t2
0 0
= k( x, y)k + k( x , y )k

2. La réponse est affirmative puisque toutes les normes sur Rn sont équivalentes.

3. Si on note la boule fermée dans R2 pour la norme k · k par B, on aura

| x + t y|
( x, y) ∈ B ⇐⇒ k( x, y)k É 1 ⇐⇒ sup t∈R É1
1 + t + t2
⇐⇒ | x + t y| É 1 + t + t2 , ∀ t ∈ R
⇐⇒ − inf(1 + (1 + y) t + t2 ) É x É inf(1 + (1 − y) t + t2 )
t∈R t∈R

Si on note par ϕ y ( t) = 1 + (1 + y) t + t2 et ψ y ( t) = 1 + (1 − y) t + t2 , on aura le minimum, pour chacune


de ces deux fonctions, est atteint respectivement en − 12 ( y + 1) et 12 ( y − 1). Donc

1 1 1 1
µ ¶ µ ¶
− inf ϕ y ( t) = −ϕ y − ( y + 1) = ( y + 1) − 1 et inf ψ y ( t) = ψ y ( y − 1) = 1 − ( y − 1)2 ,
2
t∈R 2 4 t∈R 2 4
et par suite
1 1
( x, y) ∈ B ⇐⇒ ( y + 1)2 − 1 É x É 1 − ( y − 1)2 .
4 4
Pour dessiner la boule B, il suffit de tracer les deux courbes associées aux fonctions f ( y) =
1 2 1 2
4 ( y + 1) − 1 et g( y) = 1 − 4 ( y − 1) , puis de faire une rotation suivant les éguilles de montres de
− π2 .
Travaux dirigés 120

Exercice 73 1. Soit ( u k ), (vk ) et (wk ) trois suites dans R2 définies respectivement par
1 sin k 1 1
µ ¶ µ ¶
u k = , 2 , vk = cos p , sin p et wk = (cos k, sin k) .
k k k k
Etudier la convergence de chacune de ces trois suites, et donner la limite des suites conver-
gentes. (Pour wk , on pourra utiliser wk+1 − wk−1 .)
2. Même question pour les suites xk = sin k sin 1k , e−k cos k2 et yk = cos k cos 1k , cos 1k sin k .
¡ ¢ ¡ ¢

Solution : Remarque : Le premier pas à suivre pour analyser la convergence d’une suite dans
Rn , est d’étudier la convergence de chacune de ses composante.
Si toutes les composantes sont convergentes, il faut connaître la limite de chacune de ces compo-
santes, et de passer ensuite à l’estimation de la convergence vers zéro de la norme de la différence
des éléments de cette suite avec la limite candidate.
Si la limite des composantes de cette suite ne sont pas connues, on peut analyser la convergence
par le critère de Cauchy.

1 sin k
1. (i) Pour la suite ( u k ), on a k −→ 0 et k2
−→ 0, donc u k −→ (0, 0)T .
On peut utiliser
µ ¶2 µ
1 sin k 2 2

k u k k22 = + É 2,
k k2 k
et par suite limk→+∞ k u k k22 = 0, càd u k −→ (0, 0)T .
³ ´T
(ii) Semilairement, on a cos p1 −→ 1 et sin p1 −→ 0, donc vk = cos p1 , sin p1 −→ (1, 0)T .
k k k k
On peut aussi écrire
¶2 µ
1 1 2 1
µ ¶ µ ¶
T 2
k u k − (1, 0) k2 = cos p − 1 + sin p = 2 1 − cos p ,
k k k

et par suite limk→+∞ k u k − (1, 0)T k22 = 0, càd u k −→ (1, 0)T .

(iii) 0n a

kwk+1 − wk−1 k22 = (cos( k + 1) − cos( k − 1))2 + (sin( k + 1) − sin( k − 1))2 = 2(1 − cos 2) > 0.

On déduit que (wk ) n’est pas de Cauchy, car limk→+∞ (wk+1 − wk−1 ) 6= 0, et par suite (wk ) n’est
pas convergente.
¯ 1 ¯ 1
2. (i) On a ¯sin k sin 1k ¯ É et ¯ e−k cos k2 ¯ É k , donc
¯ ¯
k e
1
lim sin k sin = lim e−k cos k2 = 0,
k→+∞ k k→+∞

et par suite limk→+∞ xk = (0, 0)T .

(ii) Puisque yk = cos k cos 1k , cos 1k sin k = cos 1k (cos k, sin k) = cos 1k wk , on déduit que
¡ ¢

1 1
k yk+1 − yk−1 k2 = k cos k+ 1 w k+1 − cos k−1 w k k
1
¡−1 2 1 1
¢
= k cos k+1 (wk+1 − wk−1 ) + cos k+1 − cos k− 1 wk−1 k2
1 1 1
¯ ¯ ¯ ¯
k+1 kw k+1 − w k−1 k2 − cos k+1 − cos k−1
Ê ¯cos ¯ ¯ ¯ car kwk−1 k2 = 1
Travaux dirigés 121

Or kwk+1 − wk−1 k22 = 2(1 − cos 2), donc

lim inf k yk+1 − yk−1 k2 Ê 2(1 − cos 2) > 0,


k→+∞

1 1 ¯1
¯ ¯ ¯ ¯
car limk→+∞ ¯cos k+1
¯ = 1 et limk→+∞ ¯cos
− cos k−1 = 0.
k+1
Par suite ( yk ) n’est pas de Cauchy donc non convergente.

Exercice 74 Soit ( xk ) une suite de (Rn , k · k) dont tous les termes sont ¶ non nuls. Montrer que l’on
xφ(k)
µ
peut extraire une sous suite ( xφ(k) ) de ( xk ) telle que la suite soit convergente.
k xφ(k) k

xk
Solution : Posons yk = alors, pour tout k ∈ N,
k xk k
° °
° xk °
k yk k = °
° ° = 1 k xk kk = 1,
k xk k ° k xk k
et par suite la suite ( yk ) est bornée. En utilisant le théorème de Bolzano-Weierstrass, on déduit
xφ(k)
µ ¶
l’existence d’une sous-suite ( yφ(k) ) de ( yk ) qui converge, et donc la suite convergente.
k xφ(k) k

Exercice 75 Soit ( xk , yk ) la suite récurrente dans R2 définie par :

( x0 , y0 ) = (1, 0) et ( xk+1 , yk+1 ) = 23 xk + 13 yk , 13 xk + 32 yk .


¡ ¢

Montrer que la suite ( xk , yk ) converge et déterminer sa limite.

Solution : On remarque d’abord que, pour tout k ∈ N, xk+1 − yk+1 = 13 ( xk − yk ). Donc la suite
1
( xk − yk ) est géométrique, par suite : pour tout k ∈ N, xk − yk = 31k ( x0 − y0 ) = k .
3
Nous allons déduire que ( xk , yk ) est de Cauchy, donc convergente : si 0 É n É m,
m
X −1
k( xn , yn ) − ( xm , ym )k2 É k( xk , yk ) − ( xk+1 , yk+1 )k2
k= n
m −1
| xk − xk+1 |2 + | yk − yk+1 |2
X
=
k= n
m
X −1 2 1 1
= car | xk − xk+1 | = | yk − yk+1 | = | xk − yk | = k+1
k= n 9k+1 3 3
1
1 − m−n)
2 1 1 2 1
µ ¶
= 1 + + · · · + = × 9 É
9n+1 9 9m−(n+1) 9n+1 1 4 · 9n
1−
9
1
Puisque −→ 0, on déduit que ( xk , yk ) est de Cauchy ; notons ( x, y) la limite de cette suite.
4 · 9n
Nous allons déterminer cette limite.
1
Nous avons déjà xk − yk = k , donc par passage à la limte, on déduit que x = y.
3
Pour tout k ∈ N, on a aussi xk+1 + yk+1 = xk + yk , donc la suite ( xk + yk ) est constante, et est égale
à x0 + y0 = 1, par suite 2 x = x + y = limk→+∞ ( xk + yk ) = 1, càd x = y = 12 .
Travaux dirigés 122

Exercice 76 On considère la suite récurrente dans R2 définie par :


³p xk + yk ´
( xk+1 , yk+1 ) = xk yk , .
2
Montrer que, quels que soient x0 > 0 et y0 > 0, cette suite ( xk , yk ) converge et que sa limite est un
point situé sur la droite d’équation y = x.

Solution : On peut tout d’abord, justifier par récurrence que pour tout k ∈ N, les termes xk et
yk sont strictement positifs.
On a aussi pour tout k ∈ N, yk Ê xk ; car

xk + yk p 1 ¡p p ¢2
yk+1 − xk+1 = − xk yk = yk − xk Ê 0.
2 2
On déduit que la suite ( yk ) est décroissante et minorée par 0, puisque
xk + yk yk + yk
yk+1 = É = yk .
2 2
D’où ( yk ) est convergente ; et soit y sa limite.
Pour la suite ( xk ), il suffit d’utiliser la relation de récurrence yk+1 = 12 ( xk + yk ), pour déduire que
xk = 2 yk+1 − yk . Donc, comme différence de deux suites qui convergent, on a la suite ( xk ) est
convergente, et
x = lim xk = lim (2 yk+1 − yk ) = 2 y − y = y.
k→+∞ (k→+∞

Exercice 77 Présenter puis déterminer son intérieur, sa fermeture et sa frontière pour chacun
des ensembles suivants :

A = ( x, y) ∈ R2 | 2 x > y + 1 , B = ( x, y) ∈ R2 | x = y ,
© ª © ª

C = ( x, y) ∈ R2 | 0 É x2 + y2 É 1 , D = ( x, y) ∈ R2 | x2 + y2 Ê 1 ∩ Q2
© ª © ª

Pour chacun d’entre eux, justifier si A est ouvert, fermé, borné ou compact ?

Solution :
◦ ◦
1. A = A , A = ( x, y) ∈ R2 | 2 x Ê y + 1 et ∂ A = A \ A = ( x, y) ∈ R2 | 2 x = y + 1 .
© ª © ª


2. B= ;, B = B et ∂B = B.

3. C = B((0, 0), 1), C = B((0, 0), 1) et ∂C = ( x, y) ∈ R2 | x2 + y2 = 1 .
© ª


4. D = ;, D = ( x, y) ∈ R2 | x2 + y2 Ê 1 et ∂D = ( x, y) ∈ R2 | x2 + y2 Ê 1 .
© ª © ª

Exercice 78 Déterminer la frontière des ensembles de R2 suivants :

A = ( x, y) ∈ R2 | 0 < x2 + y2 < 2 , B = Q2 et C =] − 2, 1[×[0, 1].


© ª


Solution : On sait que la frontière F r (D ) d’un ensemble D est D \ D , donc
Travaux dirigés 123

p ◦
pour A = ( x, y) ∈ R2 | 0 < x2 + y2 < 2 , on a A = B((0, 0), 2) et A = A , et par suite
© ª

F r ( A ) = {(0, 0)} ∪ ( x, y) ∈ R2 | x2 + y2 = 2 ;
© ª

◦ ◦ ◦ ◦
pour B = Q2 , on a Q × Q = Q × Q = R2 et B=Q × Q=Q × Q= ;, et donc

F r (B) = R2 ;
◦ ◦ ◦
pour C =] − 2, 1[×[0, 1], on a ] − 2, 1[×[0, 1] = ] − 2, 1[ × [0, 1] = [−2, 1] × [0, 1] et C =] − 2, 1[ × [0, 1]=
] − 2, 1[×]0, 1[, et donc

F r (C ) = ([−2, 1] × [0, 1]) \ (] − 2, 1[×]0, 1[) = ([−2, 1] ×{0}) ∪ ([−2, 1] ×{1}) ∪ ({−2}× [0, 1]) ∪ ({1}× [0, 1]).

Exercice 79 Soient E un espace vectoriel normé et A, B ⊂ E . On définit

A + B = {a + b | (a, b) ∈ A × B}.

1. Montrer que si A est compact et B fermé dans E alors A + B est fermé.


2. Montrer que si A et B sont compactes alors A + B l’est aussi.
3. Soient A = R×{0} et B = {( x, y) ∈ R2 | x y = 1}. Montrer que A et B sont des fermés de R2 mais
que A + B n’est pas fermé.

Solution :
1. Soit ( c k ) une suite dans A + B qui converge vers c ∈ E , alors pour tout k ∈ N, il existe
(a k , b k ) ∈ A × B tel que c k = a k + b k .
A étant compact, il existe alors une sous-suite (a ϕ(k) ) et a ∈ A tels que a = limk a ϕ(k) .
Puisque B est fermé et la suite b ϕ(k) = c ϕ(k) − a ϕ(k) converge vers b = c − a, alors b ∈ B.
Ainsi c = a + b ∈ A + B, et donc A + B est fermé.
2. Soit ( c k ) une suite dans A + B, alors pour tout k ∈ N, il existe (a k , b k ) ∈ A × B tel que
ck = ak + bk.
A étant compact, il existe alors une sous-suite (a ϕ(k) ) et a ∈ A tels que a = limk a ϕ(k) .
De même, B compact implique qu’il existe alors une sous-suite ( b ψ(ϕ(k)) ) et b ∈ B tels que
b = limk ψ(ϕ( k)).
Puisque ( c ψ(ϕ(k)) ) = (a ψ(ϕ(k)) + b ψ(ϕ(k)) ) est une sous-suite de ( c k ) qui converge vers c = a + b ∈
A + B, on déduit que A + B est compact.
3. ? On a A = R × {0}, comme produit de deux fermés R, est un fermé de R2 .
? Pour B soit ( b k ) = ( xk , yk ) une suite de B qui converge vers b = ( x, y), alors xk yk = 1, ∀ k ∈
N. Alors ( xk ) et ( yk ) convergent dans R vers x et y. Or

| x y − 1| = | x y − xk yk | É | x y − x yk | + | x yk − xk yk | = | x| | y − yk | + | yk | · | x − xk |

On déduit donc par passage à la limite, lorsque k → +∞, que | x y − 1| = 0 ; et par suite
x y = 1, c.à.d. b = ( x, y) ∈ B.
? Considèrons c k = a k + b k où a k = (− k, 0) et b k = ( k, 1k ), alors a k ∈ A et b k ∈ B pour tout
k ∈ N? . Donc c k = (− k, 0) + ( k, 1k ) = (0, 1k ) converge vers le point c = (0, 0) ∉ A + B, car si
c ∈ A + B alors il existe a = ( x, 0) ∈ A tel que −a = (− x, 0) ∈ B, ce qui est absurde puisque
− x × 0 = 0 6= 1.
On déduit donc que A + B n’est pas fermé.
Travaux dirigés 124

Exercice 80 Soit A une partie d’un espace vectoriel normé E . On note par F r ( A ) la frantière
de A dans E .
1. Montrer que la partie A est fermée dans E si, et seulement si, F r ( A ) ⊂ A .
2. Montrer que la partie A est ouverte si, et seulement si, A ∩ F r ( A ) = ;.

Solution :

1. Si A est fermé dans E , alors A = A et par suite F r ( A ) = A \ A ⊂ A .

Supposons que F r ( A ) ⊂ A , alors A = A ∪F r ( A ) ⊂ A ; et donc A est fermé.
◦ ³ ◦´ ³◦ ◦´
2. Pour A est ouvert, on a A = A , et donc F r ( A ) ∩ A = A ∩ Ù A ∩ A = A ∩ A ∩Ù A = ;. D’où
A ∩ F r ( A ) = ;. ³ ◦´ ³ ◦´ ◦ ◦
Si A ∩ F r ( A ) = ;, alors ; = A ∩ Ù A ∩ A = A ∩ Ù A . Donc si x ∈ A , x ∉ Ù A , c.à.d. x ∈ A , et

par suite A ⊂ A , ce qui donne A ouvert.

Exercice 81 Soient A et B deux parties fermées de Rn . On suppose A ∪ B et A ∩ B sont connexes


par arcs. Montrer que A et B sont connexes par arcs.

Solution : Montrons que A est connexe par arcs.


Soient a, b ∈ A . On a A ⊂ A ∪ B et A ∪ B connexes par arcs, donc il existe φ : [0, 1] → A ∪ B
continue telle que φ(0) = a et φ(1) = b.
Si φ ne prend pas de valeurs dans B alors φ([0, 1]) ⊂ A , et donc a et b sont joignables par un arc
dans A . Sinon posons

t 0 = inf{ t ∈ [0, 1] : φ( t) ∈ B \ A } et t 1 = sup{ t ∈ [0, 1] : φ( t) ∈ B \ A }.

La fonction φ étant continue et A, B fermés, alors φ( t 0 ), φ( t 1 ) ∈ A ∩ B.


Pour φ( t 0 ), φ( t 1 ) ∈ B il suffit de prendre une suite minimisante et une suite maximisante, et de
passer à la limite.
Concernant φ( t 0 ) ∈ A , on revient à la définition de t 0 qui est un inf. Si t 0 = 0, on a φ( t 0 ) = a ∈ A ;
sinon, pour k ∈ N assez grand 0 < t k = t 0 − 1k < t 0 , et donc par définition de t 0 , φ( t k ) ∈ A .
φ étant continue et A fermé, on aura donc φ( t 0 ) = limk→+∞ φ( t k ) ∈ A .
De la même manière, on peut justifier que φ( t 1 ) ∈ A .
Or A ∩ B est supposé connexe par arcs, donc il existe ψ : [ t 0 , t 1 ] → A ∩ B continue tel que

ψ( t 0 ) = φ( t 0 ) et ψ( t 1 ) = φ( t 1 ).
(
ψ( t) si t ∈ [ t 0 , t 1 ]
Considérons l’application α : [0, 1] → R définie par α( t) =
φ( t) sinon.
Alors α : [0, 1] → A est continue et α(0) = a, α(1) = b.
On déduit donc que deux points quelconques de A sont joignables par un arc dans A ; et par
suite A est connexe par arcs.
Similairement, on peut montrer que B est aussi connexe par arcs.

Exercice 82 Considérons A = {( t, sin(1/ t)) ∈ R2 : t > 0}.


Travaux dirigés 125

1. Montrer que l’ensemble A n’est ni ouvert ni fermé.


2. Déterminer l’adhérence A de A . (Justifier votre réponse)
3. Montrer que A est une partie connexe par arcs de R2 .
4. Montrer que A n’est pas connexe par arcs dans R2 .

Solution :
1. On a A n’est pas ouvert, car pour tout x = t, sin 1t ∈ A , avec t > 0, B( x, r ) * A . En effet,
¡ ¢

pour tout r > 0 le point t + 2r , sin 1t ∈ B( x, r ), mais t + 2r , sin 1t ∉ A .


¡ ¢ ¡ ¢

On a aussi A n’est pas fermé, car la suite de terme générale 2k1π , sin(2 kπ) = 2k1π , 0 ∈ A
¡ ¢ ¡ ¢

mais sa limite (0, 0) ∉ A .


2. Montrons que A = ({0} × [−1, 1]) ∪ A .
Pour l’inclusion ⊂, soit ( x, y) ∈ A . Alors il existe une suite (( xk , yk ))k de A qui converge vers
( x, y).
Si x > 0 alors yk = sin(1/ xk ) converge vers sin(1/ x) (par continuité de la fonction sin dans
R) d’où ( x, y) ∈ A .
Dans le cas où x = 0, on a yk = sin(1/ xk ) d’où yk ∈ [−1, 1].
Par passage à la limite on a y ∈ [−1, 1].
D’où ( x, y) ∈ {0} × [−1, 1].
Montrons l’autre inclusion ⊃ :
Soit ( x, y) ∈ ({0} × [−1, 1]) ∪ A , justifions l’existance d’une suite (( xk , yk ))k de A qui converge
vers ( x, y).
Si x > 0, une telle suite existe trivialement (il suffit de prendre la suite constante égale à
( x, y).
Supposons que x = 0 et y ∈ [−1, 1] quelconque. Soit z Ê 1 tel que sin( z) = y. Soit alors
xk = 1/( z + 2 kπ). On aura sin(1/ xk ) = sin( z) = y. Par conséquent la suite ( xk , sin(1/ xk )) est
une suite de A qui tend vers (0, y), et donc (0, y) ∈ A .
3. Soient, pour 0 < t 1 < t 2 , x1 = ( t 1 , sin(1/ t 1 ) et x2 = ( t 2 , sin(1/ t 2 ) deux points de A . Considérons
ϕ : [0, 1] → R2 définie par

1
µ µ ¶¶
ϕ( t) = (ϕ1 ( t), ϕ2 ( t)) = (1 − t) t 1 + tt 2 , sin .
(1 − t) t 1 + tt 2

On a ϕ, avec composantes deux fonctions réelle continues sur [0, 1], est aussi continue sur
[0, 1], avec ϕ(0) = ( t 1 , sin(1/ t 1 )) et ϕ(1) = ( t 2 , sin(1/ t 2 )). Donc A est connexe par arcs.
4. Par l’absurde, supposons que A est connexe par arcs. Il existe alors ϕ : [0, 1] −→ A continue
tel que ϕ(0) = (1, sin(1)) et ϕ(1) = (0, 0).
Notons ϕ( t) = ( x( t), y( t)) et T0 = { t ∈ [0, 1]| x( t) > 0}. Cet ensemble est non vide puisque
0 ∈ T0 .
On considère alors t = sup(T0 ). Par l’absurde, supposons que x( t) > 0. Alors par continuité
de x, on aurait x > 0 sur un voisinage de t ce qui en contredit la définition de t.
Par conséquent x( t) = 0. Ainsi par continuité de x en t, on a : lim t→ t x( t) = 0. Il existe alors
une suite ( t k )k qui tend en croissant vers t telle que la suite ( x( t k ))k tend en décroissant
vers 0.
Notons ϕ( t) = (0, y( t)) = (0, y). Soit y ∈ [−1, 1] \ { y}. Soit z > 0 tel que sin( z) = y. Pour tout
1
k ∈ N? , il existe un entier n k assez grand pour que xk := < x( t k ).
2n k π + z
Travaux dirigés 126

Par le théorème des valeurs intermédiaires appliqué à x, il existe t0k ∈ [ t k , t] tel que x( t0k ) =
xk . On a alors
ϕ( t0k ) = ( xk , sin(2 n k π + z)) = ( xk , y).

Ainsi la suite ( t0k )k tend vers t et ϕ( t0k ) tend vers (0, y) = ϕ( t). Contradiction
Travaux dirigés 127

5. Série No1 16-17 : Différentiabilité


Exercice 83 Soient f et g les fonctions défines sur R2 \ {(0, 0)} par

x + y2 x(sin y − y)
f ( x, y) = 2
et g( x, y) = .
| y| + x x2 + y2

Calculer la limite en (0, 0) des fonctions f est g, si elle existe.

Exercice 84 Soient D ⊂ R2 tel que (0, 0) est adhérent à D et f : D → R. On considère les trois
types de limites suivantes :

1. lim f ( x, y),
(x,y)→(0,0)
2. lim(lim f ( x, y)),
x→0 y→0
3. lim (lim f ( x, y)).
y→0 x→0

1. En utilisant les fonctions définies sur D = ( x, y) ∈ R2 ¯ x 6= 0, y 6= 0 par :


© ¯ ª

x2 − y2 x
f ( x, y) = et f ( x, y) = ,
x2 + y2 x2 + y2

démontrer les propositions ci-dessous.


(a) Les limites (2) et (3) peuvent exister sans que la limite (1) existe.
(b) Les limites (2) et (3) peuvent exister sans être égales.
(c) Une de ces trois limites peut exister sans que les deux autres existent.
1
µ ¶

2. En considérant f définie sur D = ( x, y) ∈ R y 6= 0 par f ( x, y) = x sin
© ¯ ª
, montrer que les
y
limites (1) et (3) peuvent exister sans que la limite (2) existe.
3. Montrer que si les limites (1) et (2) existent alors elles sont égales.

Exercice 85 Soit f définie sur R2 par

x2 y

si ( x, y) 6= (0, 0)

p
f ( x, y) = x4 + y2

0 sinon.

1. Montrer que la restriction de f à toute droite passant par l’origine est continue à l’origine.
2. f est-elle continue en (0, 0) ?
Travaux dirigés 128

Exercice 86 Étudier la continuité des fonctions suivantes.


 2 2
 x y

si ( x, y) 6= (0, 0),
1. f ( x, y) = x4 + y2

0 si ( x, y) = (0, 0).


 ln(1 + x)(sin y − y) si x < y,

2. g( x, y) = x2 + y2

y sinon.
x2 y5

si ( x, y) 6= (0, 0),


3. h( x, y) = x4 + x2 y2 + y4

0 si ( x, y) = (0, 0).

Exercice 87 Soit f : R2 → R définie par :


 2 3
x y− y

si ( x, y) 6= (0, 0)
f ( x, y) = x2 + y2

0 si ( x, y) = (0, 0)

∂f ∂f
1. Calculer les dérivées partielles et en (0, 0).
∂x ∂y
2. L’application f est-elle différentiable en (0, 0) ?

Exercice 88 Soit f : R2 −→ R la fonction définie par :


 3
 | x| 2 y

si ( x, y) 6= (0, 0),
f ( x, y) = x2 + y2

0, en si ( x, y) = (0, 0).

1. f est-elle continue sur R2 ?


2. Calculer les dérivées partielles de f .
3. Ces dérivées partielles de f sont-elles continues ?
4. L’application f est-elle différentiable en (0, 0) ?

Exercice 89 Soit f : R2 −→ R définie par f ( x, y) = max( x, y).


1. Montrer que pour tout ( x, y) ∈ R2

1
f ( x, y) = ( x + y + | x − y|).
2

2. Etudier la continuité et la différentiabilité de f sur R2 .


Travaux dirigés 129

Exercice 90 On considère :
 Ã !
 1
x y sin p si ( x, y) 6= (0, 0),


f ( x, y) = x2 + y2

0 si ( x, y) = (0, 0).

1. Calculer les dérivées partielles de f en tout point de R2 .


2. Montrer que f n’est pas de classe C 1 sur R2 .
3. Montrer que f est différentiable au point (0, 0).

Exercice 91 Soient u, v : R2 −→ R deux fonctions dérivables en t 0 , et f : R2 −→ R une fonction


différentiable au point ( x0 , y0 ) = ( u( t 0 ), v( t 0 )). Considérons la fonction g définie sur R par :

g( t) = f ( u( t), v( t)).

Montrer que la fonction g est-elle différentiable en t 0 , et g0 ( t 0 ).

Exercice 92 Soit f : Rn −→ R. On note par S la sphère unité de Rn et par B la boule unité ouverte.
On suppose que f différentiable sur B, continue sur B ∪ S , et est constante sur S . Démontrer
l’existence de x0 ∈ B tel que d f ( x0 ) = 0.

Exercice 93 On considère la fonction f definie sur D =]0, 1[×]0, 1[ par :

1 1 1
f ( x, y) = + + .
1− x 1− y x+ y

1. Montrer que f n’est pas de classe C 2 sur D .


∂f ∂f
2. Calculer, pour tout ( x, y) ∈]0, 1[×]0, 1[, ( x, y) et ( x, y).
∂x ∂y
3. Montrer qu’il existe un unique point critique ( x, y) de f sur D , et déterminer ( x, y).
4. Montrer que f admet en ( x, y) un minimum local.
5. ( x, y) est il un minimum global ?

Exercice 94 Déterminer les extrema locaux et globaux des fonctions suivantes :


1. f ( x, y) = 2 x3 + 6 x y − 3 y2 + 2 ; 2. f ( x, y) = y( x2 + (ln y)2 ) sur R×]0, +∞[ ;
3. f ( x, y) = x4 + y4 − 4 x y.
Travaux dirigés 130

Exercice 95 1. Montrer que l’équation x− y+2 ln( x+ y) = 0 définit implicitement y en fonction


de x par la relation y = ϕ( x) au voisinage de (1/2, 1/2).
2. Déterminer un developpement limité à l’ordre 2 de ϕ au voisinage de 1/2.

Exercice 96 1. Montrer que la fonction f ( x, y) = x2 + y2 − 1 satisfait aux conditions du


théorm̀e des fonctions implicites au voisinage du point (0, 1) et au voisinage du point
(0, −1).
2. Donner dans chaque cas une expression explicite de y en fonction de x.
3. Montrer que cette fonction ne satisfait pas aux conditions du théorm̀eau voisinage du point
(1, 0).

Exercice 97 1. Montrer que la fonction f ( x, y) = tan( y/ x2 ) satisfait aux conditions du


théorm̀e des fonctions implicites au voisnage du point (1, π).
2. Donner une expression explicite de y en fonction de x au voisinage de ce point.
3. Mm̂e question au voisinage du point (1, 2π).

Exercice 98 Soit f : R3 −→ R3 la fonction définie par :

f ( x, y, z) = e2y + e2z , e2x − e2z , x − y .


¡ ¢

Montrer que l’image de f est un ouvert strictement incluse dans R3 : f R3 est ouvert et f R3 6=
¡ ¢ ¡ ¢

R3 .

Exercice 99 Soit C la courbe plane d’équation f ( x, y) = ye x + e y sin(2 x) = 0.


1. Appliquer le théorème des fonctions implicites à la courbe C au point (0, 0).
2. Déterminer la limite de y/ x quand ( x, y) tend le long la courbe C vers (0, 0).

Exercice 100 Etudier les extrema de la fonction f ( x, y) = e ax y (a > 0) sous la contrainte : x3 +


y3 + x + y − 4 = 0.
Travaux dirigés 131

6. Série No1 17-18 : Topologie de Rn , Continuité et


Différentiabilité sur Rn
—————————————————————————————————————————–

N O R M E S E T T O P O L O G I E D E Rn

—————————————————————————————————————————–

Exercice 101 Pour x ∈ Rn , on définit : k xk1 =


P
1É i É n | x i | et k xk∞ = max{| x i | : 1 É i É n}.
1. Vérifier que chacune des applications k xk∞ et k xk1 définit une norme sur Rn .
2. Tracer la boule unité autour de l’origine pour k xk∞ et k xk1 .

Exercice 102 On considère les applications suivantes : pour ( x, y) ∈ R2 ,

N1 ( x, y) = max{| x|, | y|, | x − y|} et N2 ( x, y) = sup | x + t y|.


t∈[0,1]

1. Vérifier que chacune de ces applications définit une norme.


2. Tracer la boule unité autour de l’origine pour N1 et pour N2 .

Exercice 103 Soient f 1 , · · · f n : [0, 1] → R une famille de fonctions continues.


Donner une condition nécessaire et suffisante sur la famille { f 1 , · · · f n } pour que l’application

N : Rn −→ R
( x1 , · · · , xn ) 7−→ k x1 f 1 + · · · + xn f n k∞ := sup | x1 f 1 ( t) + · · · + xn f n ( t)|
t∈[0,1]

définisse une norme sur Rn .

p
Exercice 104 Soit, pour ( x, y) ∈ R2 , Na ( x, y) = x2 + 2ax y + y2 .
1. Quelles sont les valeurs du paramètre a ∈ R pour lesquelles l’application Na définit une
norme sur R2 .
2. Si Na et Nb sont des normes, calculer

Na ( x, y) Na ( x, y)
inf et sup .
(x,y)6=0 N b ( x, y) (x,y)6=0 N b ( x, y)

Exercice 105 Pour tout x = ( x1 , · · · , xn ) ∈ Rn et tout p > 1, on pose


à !1
n p

|xi | p
X
k xk p = .
i =1

1. Montrer que k · k p vérifie les propriétés de séparation et d’homogénéité d’une norme.


1 xp yq
2. On pose q = p/( p − 1) de sorte que p + 1q = 1. Montrer que pour tout x, y > 0, x y É p + q .
Travaux dirigés 132

3. Soit x = ( x1 , · · · , xn ) et y = ( y1 , · · · , yn ) ∈ Rn . Montrer, en utilisant la question précédente que,


n tp X
n 1 X n
|xi | p + q | yi | q .
X
∀ t > 0, | x i yi | É
i =1 p i=1 t q i=1

4. Lorsque x et y sont fixés, pour t > 0, quelle est la plus petite valeur de

tp X
n 1 X n
|xi | p + q | yi | q ?
p i=1 t q i=1

5. En déduire, l’inégalité de Hölder


à !1/p à !1/q
n n n
|xi | p | yi | q
X X X
| x i yi | É .
i =1 i =1 i =1

6. Déduire de l’identité de Hölder, l’inégalité de Minkowski


à !1/p à !1/p à !1/p
n n n
(| x i | + | yi |) p |xi | p | yi | p
X X X
É + .
i =1 i =1 i =1

7. Pour conclure, montrer que k · k p est une norme.


8. Lorsque p ∈]0, 1[, la fonction k xk p définit-elle une norme sur Rn , et pourquoi ?
9. Montrer que si 1 < p É q, alors pour tout x ∈ Rn , k xk q É k xk p .
10. Montrer que pour tout x ∈ Rn , lim p→+∞ k xk p = k xk∞ .

Exercice 106 1. Soit A ⊂ R2 l’un des ensembles suivants :

B2 ((1, 0), 2), B2 ((0, 1), 2) \ B2 ((1, 1), 1), [0, 2]×] − 1, 1[.

Dessinez A . L’ensemble A est-il ouvert ? fermé ?


2. Soit B ⊂ R2 l’un des ensembles suivants :
1 1 1
½µ ¶ ¾ ½µ ¶ ¾
? ?
, : n, m ∈ N , , y : n ∈ N , y ∈ [0, 1] , {( p, q) : p, q ∈ Q ∩ [0, 1]}.
n m n

Déterminer avec précision : son intérieur B, sa fermeture B et sa frontière ∂B.
3. Soit C ⊂ R2 l’un des ensembles suivants :
n 2
o
( x, y) ∈ R2 | y Ê x2 , y < x + 1, 0 < x < 1 , ( x, y) ∈ R2 | x = y, x2 + y2 = 1 ,
© ª

( x, y) ∈ R2 | x < 1, 0 < y É f ( x) avec f ( x) = 0 si x É 0 et f ( x) = 1 si x > 0 .


© ª

Justifier si C est ouvert, fermé, borné ou compact ? Dessinez chacun des ensembles C .

Exercice 107 Soient A, B ⊂ Rn . On définit

A + B = {a + b | (a, b) ∈ A × B}.

1. Montrer que si A est compact et B fermé dans E alors A + B est fermé.


2. Montrer que si A et B sont compactes alors A + B l’est aussi.
Travaux dirigés 133

3. Montrer que si A est ouvert et B quelconque alors A + B est ouvert.


4. Soient A = R×{0} et B = {( x, y) ∈ R2 | x y = 1}. Montrer que A et B sont des fermés de R2 mais
que A + B n’en est pas un.
5. Donner un exemple où A et B ne sont ouvets alors que A + B l’est.

Exercice 108 Soit C ⊂ Rn un ensemble convexe et compact. Pour ε > 0, on pose


C ε = { x ∈ Rn : d ( x, C ) := inf y∈C k x − yk É ε}.
1. Montrer que C ε = C + B(0, ε).
2. En déduire que C ε est encore un convexe compact de Rn .

Exercice 109 Montrer que l’union de deux connexes par arcs non disjoints est connexe par arcs.

Exercice 110 Soient A et B deux parties fermées de Rn . On suppose A ∪ B et A ∩ B sont connexes


par arcs. Montrer que A et B sont connexes par arcs.

Exercice 111 Considérons A = {( t, sin(1/ t)) ∈ R2 : t > 0}.


1. Montrer que A n’est ni ouvert ni fermé, et déterminer son adhérence A de A . (Justifier votre
réponse)
2. Montrer que A est une partie connexe par arcs de R2 .
3. Montrer que A n’est pas connexe par arcs dans R2 .

—————————————————————————————————————————–
C O N T I N U I T É E T D I F F É R E N T I A B I L I T É D E S F O N C T I O N S V E C T O R I E L L E S S U R Rn
—————————————————————————————————————————–
Exercice 112 Soit la fonction définie sur R par

 1 − xE 1 si x 6= 0
µ ¶

f ( x) = x

0 sinon.
1. Démontrer que, pour tout x ∈ R? , | f ( x)| < | x|.
2. Etudier la continuité de f en 0.
3. Etudier la continuité de f en x0 > 0.

Exercice 113 Étudier la continuité des fonctions suivantes :


 2 2
y3

 x − y si ( x, y) 6= (0, 0)
 
 si ( x, y) 6= (1, 0)
f ( x, y) = x2 + y2 g( x, y) = ( x − 1)2 + y2
 
0 sinon. 0 sinon.
 

3 2
 
 x ln(1 + x )

si ( x, y) 6= (0, 0)  6x y

si ( x, y) 6= (0, 0)
h( x, y) = y( x2 + y2 ) k( x, y) = x2 + y2
 
0 sinon. 0 sinon.
 
Travaux dirigés 134

2

 x y

si ( x, y) 6= (0, 0)
Exercice 114 Soit f définie sur R2 par f ( x, y) = x4 + y2

0 sinon.

1. Montrer que la restriction de f à toute droite passant par l’origine est continue.
2. f est-elle continue en (0, 0) ?

Exercice 115 1. Prolonger par continuité au point (0, 0) la fonction :

f ( x, y) = x y ln( x2 + y2 ).

2. Justifier que la fonction


xy − 2y
f ( x, y) =
x2 + y2 − 4 x + 4
n’est pas prolongeable par continuité au point (2, 0).

Exercice 116 Soient f : R → R et g : R2 → R deux applications différentiables. Montrer que l’ap-


plication h : R2 → R définie par h( x, y) = f ( x + g( x, y)) est différentiable et calculer sa différentielle
en chaque point.

Exercice 117 1. On considère la fonction f : R2 → R définie par

x2 y2

si ( x, y) 6= (0, 0)

p
f ( x, y) = x 2 + y2

0 sinon.

(a) Calculer ses dérivées partielles.


(b) Ces dérivées partielles sont-elles continues ?
(c) La fonction f est-elle différentiable en (0, 0) ?
2. Mêmes questions avec la fonction g : R2 → R définie par

x y2

si ( x, y) 6= (0, 0)

p
g( x, y) = x2 + y2

0 sinon.

Exercice 118 On considère les applications f et g définies par :

f: R2 −→ R3 g: R3 −→ R2
et
( x, y) 7→ ( x2 y, x y, x y3 ) ( x, y, z) 7→ ( x + y + z, x yz)

Calculer progressivement la matrice jacobienne de f , la matrice jacobienne de g, et la matrice


jacobienne de g ◦ f .
Travaux dirigés 135

Exercice 119 On considère l’application "produit scalaire" définie sur Rn × Rn par :


X
f ( x, y) = 〈 x, y〉 := x i yi .
1É i É n

1. Montrer la continuité, puis la diférentiabilité et calculer la différentielle.


2. Soit A ∈ Mn,m (R), avec n, m ∈ N? .
(a) Montrer que l’application g : Rm → R définie par g( x) = k Axk22 , où la notation k·k2 désigne
la norme euclidienne de Rn , est différentiable et calculer sa différentielle.
(b) Soit ϕ ∈ C 1 (R). Montrer que l’application h : Rm → R définie par h( x) = ϕ( g( x)) est diffé-
rentiable et calculer sa différentielle.

Exercice 120 On considère la fonction f : R2 → R de classe C 2 et telle que :

∂f ∂f ∂2 f ∂2 f ∂2 f
f (0, 0) = (0, 0) = (0, 0) = (0, 0) = (0, 0) = 0 et (0, 0) = 1.
∂x ∂y ∂x 2 ∂ y2 ∂ x∂ y

Montrer que la fonction g : R2 → R est continue lorsqu’elle est définie par :



 f ( x, y) − x y si ( x, y) 6= (0, 0)

f ( x, y) = x2 + y2
0 si ( x, y) = (0, 0).

Exercice 121 Soit f : R2 → R définie par :

f ( x, y) = x2 y3 z5 .

1. On demande la matrice hessienne de f au point (2, −1, 1).


2. Donner la formule de Taylor de degré 2 au voisinage du point (2, −1, 1).

Exercice 122 1. Montrer que l’équation

cos( x + y) = 1 + x + 2 y

définit implicitement au voisinage de (0, 0) une fonction ϕ de classe C 1 telle que

cos( x + ϕ( x)) = 1 + x + 2ϕ( x).

2. Calculer ϕ0 (0).

Exercice 123 On considère le système de deux équations à trois inconnues :


( 2
x + y2 − z2 = 1
x3 − y3 + z3 = 1

dont on cherche les solutions dans R3 .


1. Vérifier que le point (2, −1, −2) est une solution.
Travaux dirigés 136

2. Montrer qu’il existe deux fonctions ϕ et ψ de R dans R, toutes deux définies et de classe C 1
sur un voisinage de −2 et telles que, pour tout z dans ce voisinage, (ϕ( z), ψ( z), z) est solution
du système.
3. Caculer ϕ0 ( z) et ψ0 ( z).

Exercice 124 On considère le système de trois équations à quatre inconnues :




 x+ y+ z+ t = 0

x + y2 + z2 + t2 = 2
2

 3
x + y3 + z3 + t3 = 0

dont on cherche les solutions dans R4 .


1. Vérifier que le point (0, −1, 1, 0) est une solution.
2. Donner un énoncé précis du fait que, au voisinage de ce point, les solutions sont de la forme
( x( t), y( t), z( t), t).
3. Quelle est alors la dérivée en 0 de la fonction γ( t) = ( x( t), y( t), z( t), t).

Exercice 125 On considère la fonction : f : R2 −→ R2 définie par


f ( x, y) = (2 x − y + x2 y − 2 y5 , x + 3 y − 4 x2 y2 ).
1. Montrer qu’il existe des voisinages U et V de (0, 0) dans R2 tels que f induit un difféomor-
phisme de classe C 1 de U dans V .
2. L’application f est-elle un difféomorphisme de R2 sur son image ?

Exercice 126 1. Déterminer les points critiques de l’application f : R2 → R lorsque f est


l’une des fonctions :
2
− y2
( x2 + y2 ) e x , x4 + y4 − 2( x − y)2 , x3 − 3 x + x y2 ,
et préciser leur nature.
2. Mêmes questions pour les fonctions
1 1 1
g( x, y) = x2 + y3 − 3 y, h( x, y) = + +
1− x 1− y x+ y
et
k( x, y, z) = 2 x2 + 4 x y − 6 xz + y4 − 2 y3 + 3 y2 − 6 yz + 5 z2 .
Pn
Exercice 127 Déterminer les extrema de la fonction f ( x) = i =1 x i ln x i sur
n
C = { x ∈ Rn : x i > 0 et
X
x i = a} (pour a > 0).
i =1

Exercice 128 Soient f : R2 −→ R la fonction définie par : f ( x, y) = y2 − x2 y + x2 et


D = {( x, y) ∈ R2 : x2 − 1 É y É 1 − x2 }.
1. Représenter D et trouver une paramétrisation de Γ = ∂D , le bord de D .
2. Justifier que f admet un maximum et un minimum sur D .
3. Déterminer les points critiques de f .
4. Déterminer le minimum et le maximum de f sur Γ.
5. En déduire le minimum et le maximum de f sur D .
SMA - Module Analyse V

9 Examens corrigés

1. Session Principale 2014-2015


U N I V E R S I T É C A D I AY YA D FILIÈRE : SMA S3
FA C U LT É D E S S C I E N C E S S É M L A L I A M O D U L E : A N A LY S E 5
D É PA R T E M E N T D E M AT H É M AT I Q U E S S E S S I O N P R I N C I PA L E 2 0 1 5

Le Samedi 24 Janvier 2015 - Durée 2 heures – Solutions

Question de cours : (2,5 points)


1. Donner la définition d’un compact K de Rn .
Réponse : On dit que K est compact de Rn si toute suite à valeurs dans K admet une valeur
d’adhérence dans K , c.à.d. pour toute suite ( xk )kÊ0 dans K , il existe une sous-suite ( xϕ(k) )k∈N et
x ∈ K tels que limk→+∞ xϕ(k) = x.

2. Démontrer que si f : Rn → R p est une application continue et K est un compact de Rn ,


alors f (K ) est un compact de R p .
Réponse : Soit ( yk )(k∈N) une suite dans f (K ), alors il existe une suite ( xk )(k∈N) dans K tel que
pour tout k ∈ N, yk = f ( xk ). Puisque K est compacte dans Rn , il existe alors une sous suite
( xϕk )(k∈N) qui converge vers un élément x de K .

La fonction f étant continue, on déduit que

lim f ( xϕk ) = lim yϕk = f ( x) = y ∈ f (K ).


k→+∞ k→+∞

Ainsi, tout suite de f (K ) admet une sous-suite qui converge vers un élément de f (K ), et par
suite f (K ) est compacte dans R p .

QCM (2,5 points)


Aucune justification de réponse n’est demandée.
Un quarre de point par bonne réponse, zéro par absence de réponse,
moins un quarre par réponse incorrecte. Entourer la bonne réponse.

1. L’ensemble {( x, y) ∈ R2 : x y É 1} est une partie fermée de R2 . Vrai Faux

2. L’ensemble {( x, y) ∈ R2 : x y É 1} est une partie compacte de R2 . Vrai Faux

3. Si une partie de Rn n’est pas bornée, elle n’est pas compacte. Vrai Faux

137
Examens corrigés 138

4. Si une partie de Rn n’est pas ouverte, elle n’est pas fermée. Vrai Faux

5. La fonction f ( x, y) = ( x + y2 , y) est localement inversible en (0, 0). Vrai Faux

6. Si x 7→ f ( x, 0) et y 7→ f (0, y) sont continues en 0 alors f est continue en (0,0). Vrai Faux

7. L’intersection une partie fermée et d’une partie compacte est compacte. Vrai Faux

8. L’image réciproque d’un compact par une fonction continue est compact. Vrai Faux

9. L’image d’un compact par une fonction continue définie sur Rn est fermée. Vrai Faux

10. Si A ⊂ Rn est bornée, son complémentaire A Ù n’est pas borné. Vrai Faux

Exercice 1 : (3 points)
Déterminer l’adhérence, l’intérieur et la frontière de chacun des ensembles suivants :

1. A = R2 \ {(0, 0)} 2. B = {( x, y) ∈ R2 | 0 É x2 + y2 É 1}

3. C = {( x, y) ∈ R2 | x ∈ Z ou y ∈ Z} 4. D = {( x, y) ∈ R2 | x2 + y2 = 1 et x > 1}.

Réponse :

1. On a A est un ouvert car A Ù = {(0, 0)} est un fermé. Donc A = A .

On a A = R2 car (0, 0) = limk→+∞ ( 1k , 1k ) et ( 1k , 1k ) ∈ A . Donc ∂ A = A \ A = {(0, 0)}.

2. Pour B, on remarque que

B = {( x, y) ∈ R2 : x ∈ Z ou y ∈ Z}

= {( x, y) ∈ R2 : x ∈ Z} ∪ {( x, y) ∈ R2 : y ∈ Z}

= (Z × R) ∪ (R × Z).

Donc B est fermé, et par suite B = B.


◦ ◦
Puisque Z= ;, alors B= ;. Donc ∂B = B \ ; = B.

p
3. On a C est la boule unité, donc C = C = {( x, y) ∈ R2 : x2 + y2 É 1}.
Son intérieur est la boule euclidienne ouverte de centre (0, 0) et de rayon 1.

On déduite que ∂C = C \ C = {( x, y) ∈ R2 : x2 + y2 = 1}.

4. Pour D , on remarque que x2 + y2 = 1 ⇒ x É 1, donc x > 1 est impossible. D’où D = ;. Donc



D =D = ;, alors ∂D = ;.

Exercice 2 : (3 points)
Examens corrigés 139

On considère l’application N : R2 −→ R définie par

N ( x, y) = max(| x + 3 y| , | x − y|).

1. Vérifier que cette application N définit une norme sur R2 .


Réponse : On remarque que N ( x, y) = k(3 x + y, x − y)k∞ , où k · k∞ est l’une des trois normes
usuelles présentées au cours.
• On a N ( x, y) = 0 ⇔ k(3 x + y, x − y)k∞ = 0 ⇔ 3 x + y = 0 et x − y = 0.
On déduit que N ( x, y) = 0 ⇔ ( x, y) = (0, 0).
• Si t ∈ R et ( x, y) ∈ R2 , on aura

N ( t( x, y)) = k t(3 x + y, x − y)k∞ = | t|k(3 x + y, x − y)k∞ = | t| N ( x, y).

• Si ( x, y) ∈ R2 et ( x0 , y0 ) ∈ R2 , alors, puisque k · k∞ est une norme, on aura

N (( x, y) + ( x0 , y0 )) = N ( x + x0 , y + y0 )
= k(3( x + x0 ) + ( y + y0 ), ( x + x0 ) − ( y + y0 ))k∞
É k(3 x + y, x − y)k∞ + k(3 x0 + y0 , x0 − y0 )k∞
= N ( x, y) + N ( x0 , y0 ).

D’où N est une norme.

2. Tracer la boule unité autour de l’origine pour cette norme N sur R2 .


Réponse : On a ( x, y) ∈ B N ⇔ N ( x, y) É 1, ce qui est équivalent à

−3 x − 1 É y É −3 x + 1 et x − 1 É y É x + 1.

Exercice 6 : (3 points)
Considérons les fonctions suivantes :
u2
µ ¶
xy 2
a- f ( x, y) = ( e , x + y), b- g( u, v) = uv, + v, ln(1 + u ) .
2
1. Justifier que les fonctions f et g sont différentiables sur R2 , et calculer leurs matrices
jacobiennes.

Réponse : Comme somme, produit et composée de fonctions différentiables sur R2 , on a les


deux fonctions f et g sont différentiables sur R2 . • On a f ( x, y) = ( f 1 ( x, y), f 2 ( x, y)) = ( e x y , x + y),
donc à ∂f ∂ f1
! Ã !
1
( x, y ) ( x, y ) xy xy
ye xe
J f ( x, y) = ∂∂fx2 ∂y
∂ f2 =
∂x
( x, y ) ∂y
( x, y) 1 1

u2
µ ¶
2
• De même, on a g( u, v) = ( g 1 ( u, v), g 2 ( u, v), g 3 ( u, v)) = uv, + v, ln(1 + u ) , donc
2
∂ g1 ∂g
  
( u, v) ∂ y1 ( u, v)

∂ x v u
 ∂ g2 ∂ g2
J g ( u, v) = 
 
( u, v ) ( u, v ) = u 1 

 ∂x ∂y 
∂ g3 ∂ g3 2u
( u, v) ( u, v) 1+ u2
0
∂x ∂y
Examens corrigés 140

2. Déterminer la différentielle dF de la fonction F = g ◦ f , et déduire la jacobienne de F au


point (1, 0).

Réponse : Puisque f et g sont différentiables sur R2 , alors d’après le cours, F = g ◦ f est aussi
différentiable sur R2 , et dF ( x, y) = d g( f ( x, y) ◦ d f ( x, y). Donc

x + y ex y
 
à !
xy xy
ye xe
JF ( x, y) = J g ( f ( x, y)) × J f ( x, y) =  e x y 1 ×
 
2e x y 1 1
1+ e2 x y
0
(( x + y) y + 1) e x y ( x( x + y) + 1) e x y
 

=  ye2x y + 1 xe2x y + 1
 

2ye x y 2xe x y
1+ e2 x y 1+ e2 x y
 
1 2
d’où JF ( x, y) =  1 2 .
 

0 1
Exercice 4 : (6 points)
Soit f la fonction de R2 dans R définie par :

f ( x, y) = x3 + y3 − 3 x y.

1. Montrer que f est de classe C 2 sur R2 et pour tout ( x; y) ∈ R2 , calculer le gradient ∇ f et la


hessienne H f de f en tout point ( x; y).

Réponse : On a la fonction f est polynômiale, donc elle est de classe C 2 sur R2 , et pour tout
( x, y) ∈ R2 son gradient et sa matrice hessienne sont :
à ∂f ! à !
( x, y) 2
3 x − 3 y
∇ f ( x, y) = ∂∂ xf =
∂y
( x, y) 3 y2 − 3 x

et
∂2 f ∂2 f
  Ã !
∂ x2
( x, y) ∂ y∂ x
( x, y) 6 x −3
H f ( x, y) =  2
∂ f 2
∂ f
=
( x, y) ( x, y) −3 6 y
∂ x∂ y ∂ y2

2. Déterminer tous les points critiques de f .


à !
0
Réponse : On sait que ( x, y) est un point critique de f si, et seulement si, ∇ f ( x, y) = . Or
0
à ! ( (
0 3 x2 − 3 y = 0 x2 − y = 0 (1)
∇ f ( x, y) = ⇔ ⇔
0 3 y2 − 3 x = 0 y2 − x = 0 (2)

On remarque que (1) − (2) = x2 − y2 + x − y = ( x − y)( x + y + 1) = 0, ce qui est équivalent à x − y = 0


ou x + y + 1 = 0.

• Si x + y + 1 = 0, on aura d’après (1), x2 + x + 1 = 0, qui est impossible.


Examens corrigés 141

• Si x − y = 0, alors d’après (1), x2 − x = 0, et donc x = 0 ou x = 1.

Ainsi les points critiques de f sont (0, 0) et (1, 1).

3. Quelle est la nature de ces points critiques (maximum, minimum ou point selle locaux) ?
Justifier soigneusement votre réponse.
à ! à !
6 x − 3 p q
Réponse : On a pour tout ( x, y) ∈ R2 , H f ( x, y) = = .
−3 6 y q r
• Pour ( x, y) = (0, 0), on a p = r = 0 et q = −3, donc pr − q2 = −9 < 0. D’où (0, 0) est un point selle.
• Pour ( x, y) = (1, 1), on a p = r = 6 et q = −3, donc pr − q2 = 27 > 0 et p = 6 > 0. D’où (1, 1) est un
minimum libre local.

4. La fonction f admet-elle un maximum global ? Admet-elle un minimum global ?

Réponse :
On remarque que pour f ( x, 0) = x3 , on a

lim f ( x, 0) = +∞ et lim f ( x, 0) = −∞.


x→+∞ x→−∞

On déduit donc f n’admet ni minimum global ni maximum global sur R2 .

5. Donner le développement de Taylor de f à l’ordre 2 au point (1, 1).


à !
0
Réponse : Au point (1, 1) on a ∇ f (1, 1) = , donc si ( x, y) est voisin (0, 0), on a pour
0
limk(x,y)k→+∞ ε( x, y) = 0,

1
f (1 + x, 1 + y) = f (1, 1) + d f (1, 1)( x, y) + d 2 f (1, 1)( x, y)( x, y) + k( x, y)k2 ε( x, y)
2
µ 2
1 ∂ f ∂2 f ∂2 f

2
= f (1, 1) + (1, 1) x + 2 (1, 1) x y + 2 (1, 1) y + k( x, y)k2 ε( x, y)
2
2 ∂ x2 ∂ x∂ y ∂y
1
= −1 + 6 x2 − 6 x y + 6 y2 + k( x, y)k2 ε( x, y)
¡ ¢

= −1 + 3 x2 − x y + y2 + k( x, y)k2 ε( x, y)
¢

6. Considérons le problème de minimisation sous contraintes :

Minimiser f ( x, y) sur K = {( x, y) ∈ R2 : g( x, y) = x + y − 2 = 0}. (9.1)

(a) En utilisant les conditions nécessaires des extremums liés, déterminer tous les extre-
mums locaux possibles de la fonction f sur l’ensemble K .

Réponse : On a f et g sont de classe C 1 sur R2 avec


à ! à !
3 x2 − 3 y 1
∇ f ( x, y) = 2 et ∇ g( x, y) = .
3 y − 3x 1
Examens corrigés 142

à !
0
Puisque ∇ g( x, y) 6= , pour tout ( x, y)R2 , on déduit du théorème de cours sur les conditions
0
d’optimalité que si ( x, y) est un extremum lié de (1), alors ∃λ ∈ R tel que

∇ f ( x, y) = λ∇ g( x, y) et g( x, y) = 0.

D’où le système non linéaire

3 x2 − 3 y = λ ( i) 3 y2 − 3 x = λ ( ii ) et x + y = 2 ( iii )

On a ( i ) − ( ii ) = 3( x − y)( x + y + 1) = 0 qui implique x = y ou x + y + 1 = 0.


• Si x + y + 1 = 0, on aboutit à une contradiction avec (iii) ; d’où x = y.
• Puisque x = y, alors d’après (iii) 2 x − 2 = 0, et donc x = 1.
On déduite que ( x, y, λ) = (1, 1, 0), et (1, 1) est le seul extremum lié.

(b) Montrer que le point (1, 1) est un minimum global de f sur K .


(Penser à prendre f ( x, 2 − x), et d’utiliser l’identité (a − b)3 = a3 − 3a2 b + 3ab2 − b3 .

Réponse : On remarque que

min f ( x, y) = min f ( x, y) = min f ( x, 2 − x).


(x,y)∈K y=2− x x∈R

Or
f ( x, 2 − x) = x3 + (2 − x)3 − 3 x(2 − x) = 9 x2 − 18 x + 8.

Donc pour tout x ∈ R

f ( x, 2 − x) − f (1, 2 − 1) = 9 x2 − 18 x + 8 + 1 = 9( x2 − 2 x + 1) = 9( x − 1)2 Ê 0.

D’où
min f ( x, y) = min f ( x, 2 − x) = f (1, 1).
(x,y)∈K x∈R

On déduit que le point (1, 1) est un minimum global de f sur K .


Examens corrigés 143

2. Session de Rattrapage 2014-2015


U N I V E R S I T É C A D I AY YA D FILIÈRE : SMA S3
FA C U LT É D E S S C I E N C E S S É M L A L I A M O D U L E : A N A LY S E 5
D É PA R T E M E N T D E M AT H É M AT I Q U E S S E S S I O N R AT T R A PA G E 2 0 1 5

Le Samedi 14 Février 2015 - Durée 2 heures

Questions de cours : (4 points)


1. Donner la définition d’un ensemble ouvert de Rn .

Réponse : Un ensemble O est dit ouvert dans Rn si pour tout x ∈ O , il existe r > 0 tel que
B( x, r ) ⊂ O .

2. Montrer que l’union d’une famille quelconque d’ouverts de Rn est un ouvert de Rn .

Réponse : Soit (O i ) i∈ I une famille d’ouverts dans Rn , et soit O =


S
i∈ I O i .
Si x ∈ O , alors il existe i ∈ I tel que x ∈ O i .
Or O i est un ouvert, donc il existe r > 0 tel que B( x, r ) ⊂ O i .
Donc B( x, r ) ⊂ O i ⊂ O , et par suite O est un ouvert de Rn .

3. Montrer que l’intersection de deux ouverts de Rn est un ouvert de Rn .

Réponse : Soient O1 , O2 deux d’ouverts dans Rn , et soit O = O1


T
O2 .

Si x ∈ O , alors x ∈ O1 et x ∈ O2 , donc il existe r 1 , r 2 > 0 tels que B( x, r 1 ) ⊂ O1 et B( x, r 2 ) ⊂ O2 .

Prenons r = min( r 1 , r 2 ), alors B( x, r ) ⊂ O1 O2 = O , et par suite O est un ouvert de Rn .


T

4. L’intersection d’une famille quelconque d’ouverts de Rn est-il un ouvert de Rn ? (Justifier


la réponse).

Réponse : Si on prend O n = − n1 , n1 pour n ∈ N? , alors les O n sont des ouverts de R.


¤ £

¤ 1 1£
− n , n = {0} qui n’est pas un ouvert dans R.
T
n∈N? O n
T
Or = n∈N?

Donc l’intersection d’une famille d’ouverts n’est pas toujours un ouvert.

5. Si A et B sont deux sous-ensembles non vides de Rn , on note

A + B = { c ∈ Rn : c = a + b, a ∈ A, b ∈ B}.

On suppose que l’ensemble A est ouvert, montrer que A + B est ouvert.

Réponse : On a A + B =
S
b∈B ( A + { b}) , qui est facile à vérifier en montrant la double
inclusion.
Examens corrigés 144

Or, si b ∈ B alors A + { b} est un ouvert de Rn , car si x ∈ A + { b} alors x − b ∈ A .


Puisque A est ouvert, il existe r > 0 tel que B( x − b, r ) ⊂ A .
Sachant que B( x − b, r ) = B( x, r ) − { b}, alors B( x, r ) − { b} ⊂ A , et par suite B( x, r ) ⊂ A + { b}.
D’où A + { b} est un ouvert de Rn .
En utilisant la question 2, on déduit que A + B = b∈B ( A + { b}) est ouvert.
S

Exercice 2 : (3 points)
On considère l’application k · k : R2 −→ R définie par k( x, y)k = | x + y| + | y| pour tout ( x, y) ∈ R2 .

1. Vérifier que k · k est une norme sur R2 .

Réponse : On a pour tout ( x, y) ∈ R2 , k( x, y)k = | x + y| + | y| Ê 0.

(i) k( x, y)k = 0 ⇔ | x + y| + | y| = 0 ⇔ x + y = 0 et y = 0 ⇔ x = y = 0.

(ii) Si ( x, y) ∈ R2 et λ ∈ R, on a

kλ( x, y)k = k(λ x, λ y)k = |λ x + λ y| + |λ y| = |λ| · (| x + y| + | y|) = |λ| · k( x, yk.

(iii) Si ( x, y), ( u, v) ∈ R2 , on a

k( x, y) + ( u, v)k = k( x + u, y + v)k = |( x + u) + ( y + v)| + | y + v|


É (| x + y| + | y|) + (| u + v| + |v|) = k( x, y)k + k( u, v)k

2. Tracer la boule unité fermée autours de l’origine pour cette norme k · k.

Réponse : On a k( x,(y)k É 1 ⇔ | x + y| + | y| ⇔ −1 + | y| − y É x É(1 − | y| − y.


−1 si y Ê 0 1 − 2 y si y Ê 0
Or x = −1 + | y| − y = et x = 1 − | y| − y =
−1 − 2 y si y É 0 1 si y É 0
Donc

Exercice 3 : (2.5 points)


Examens corrigés 145

Soit f la fonction définie sur ] − 1, 1[×] − 1, 1[ par



2 2
 x −y
+ ln 1 − x2 + ln 1 − y2
 ¡ ¢ ¡ ¢
2 2
si ( x, y) 6= (0, 0)
f ( x, y) = x +y
 0 si ( x, y) = (0, 0)

1. Montrer que f est continue sur ] − 1, 1[×] − 1, 1[\{(0, 0)}.

Réponse :
x2 − y2 ¡ 2
¢ ¡ 2
¢
Sur ] − 1, 1[×] − 1, 1[\{(0, 0)}, les fonctions , ln 1 − x et ln 1 − y ,
x2 + y2

comme fraction et composées de fonctions continues, sont continues sur le domaine de


définition commun ] − 1, 1[×] − 1, 1[\{(0, 0)}.
Donc f est continue sur ] − 1, 1[×] − 1, 1[\{(0, 0)}.

2. Étudier la continuité de f au point (0, 0).

Réponse : On a
x2
µ ¶
2
¡ ¢
lim f ( x, 0) = lim + ln 1 − x )
x→0,x6=0 x→0,x6=0 x2
= 1 + lim ln 1 − x2 = 1
¡ ¢
x→0,x6=0

et
− y2
µ ¶
2
¡ ¢
lim f (0, y) = lim + ln 1 − y )
y→0,y6=0 y→0,y6=0 y2
= −1 + lim ln 1 − y2 = −1
¡ ¢
y→0,y6=0

Donc, en (0, 0) la fonction admet deux limites distinctes, et par suite f n’est pas continue
en (0, 0).

Exercice 4 : (3 points)
Soient f : R2 → R et g : R → R2 définies par

f ( x, y) = e3x+ y et g( t) = (2 t − 3 t3 , sin( t)).

1. Justifier que les fonctions f et g sont différentiables, et calculer leurs matrices jacobiennes.

Réponse : Comme composées de fonctions de classe C ∞ sur R2 et sur R, la fonction f et


les composantes de g sont classe C 1 .
Donc f et g sont classe C 1 sur R2 et sur R respectivement.
∂f ∂f
· ¸
2
• Si ( x, y) ∈ R , on a J f ( x, y) = ( x, y), ( x, y) = 3 e3x+ y , e3x+ y .
¡ ¢
∂x ∂y
" # Ã !
0 2
g ( t ) 2 − 9 t
• Si t ∈ R et g( t) = ( g 1 ( t), g 2 ( t))T , on a J g ( t) = 1 =
g02 ( t) cos t
Examens corrigés 146

2. Montrer que f ◦ g est différentiable sur R, et calculer la différentielle de f ◦ g sur R.

Réponse : Les fonctions f et g sont classe C 1 sur R2 et R respectivement ; donc f ◦ g est


aussi de classe C 1 sur R, et aussi d ( f ◦ g)( t) = d f ( g( t)) ◦ d g( t).
Puisque f ◦ g : R −→ R, on déduit que
à !
³ 3 3
´ 2 − 9 t2
( f ◦ g)0 ( t) = J f ( g( t)) × J g ( t) = 3 e3(2t−3t )+sin t , e3(2t−3t )+sin t ×
cos t
3
= 3(2 − 9 t2 ) + cos t e3(2t−3t )+sin t
¡ ¢

3. Calculer la différentielle de g ◦ f sur R2 .

Réponse : On a g ◦ f est différentiable sur R2 , puisque f et g le sont. Donc d ( g ◦ f )( x, y) =


d g( f ( x, y)) ◦ d f ( x, y), et par suite

J( g ◦ f )( x, y)) = J g ( f ( x, y)) × J f ( x, y).

On déduit que
à !
2 − 9 e2(3x+ y)
J g◦ f ( x, y)) = × 3 e3x+ y , e3x+ y
¡ ¢
cos e3x+ y
¡ ¢
à !
6 e3x+ y − 27 e3(3x+ y) 2 e3x+ y − 9 e3(3x+ y)
=
3 e3x+ y cos e3x+ y e3x+ y cos e3x+ y
¡ ¢ ¡ ¢

Exercice 5 : (3 points)
Considérons la fonction f définie sur R2 par f ( x, y) = x2 + y2 − 4 x y et l’ensemble K = {( x, y) ∈ R2 :
g( x, y) = x2 + y2 − 8 = 0}.
1. En utilisant les conditions nécessaires d’extremas liés, déterminer tous les multiplicateurs
de Lagrange et les points critiques de la fonction f sur l’ensemble K .

Réponse : On a les fonctions f et g sont classe C 1 sur R2 , avec


à ! à !
2x − 4 y 2x
∇ f ( x, y) = et ∇ g( x, y) = pour tout ( x, y) ∈ R2 .
2 y − 4x 2y

On a (0, 0) 6∈ K , donc pour tout ( x, y) ∈ K le système {∇ g( x, y)} est libre.


Donc d’après le théorème sur les conditions nécessaires d’extremas liés,
si ( x, y) ∈ K est un extremum local de f sur K , il existe λ ∈ R tel que

∇ f ( x, y) = λ∇ g( x, y).
 
2 x − 4 y = 2 xλ

  x − 2 y = xλ (1)

On a donc le système : −4 x + 2 y = 2 yλ ⇔ −2 x + y = yλ (2)
2 2  2
x + y2 = 8
 
x +y = 8 (3)

Si x = 0 on aura x = y = 0, ce qui est impossible, donc x 6= 0. En utilisant (1) on obtient


2y
λ = 1 − x , par suite (2) donne :
2y
µ ¶
y − 2x = y 1 − ⇔ x y − 2 x2 = x y − 2 y2 ⇔ x2 = y2 ⇔ y = ± x.
x
Si y = x alors x2 = 4 et donc ( x, y, λ) = (−2, −2, −1) ou ( x, y, λ) = (2, 2, −1).
Si y = − x alors x2 = 4 et donc ( x, y, λ) = (−2, 2, 3) ou ( x, y, λ) = (2, −2, 3).
Examens corrigés 147

2. Montrer que f admet un maximum global et un minimum globale sur K .

Réponse : On a f est continue sur R2 , et l’ensemble K est compact car K est la sphère de
p
cenre (0, 0) et de rayon 2 2 qui est fermée et bornée.
On déduit que f admet un maximum global sur K et un minimum globale sur K .

Exercice 6 : (4,5 points)


Soit C la courbe plane d’équation

2 x3 y + 2 x2 + y2 = 5. (9.2)

1. Écrire le théorème des fonctions implicites pour f : R2 → R.

Réponse :
Soit f : R2 −→ R une fonction de classe C k au voisinage de (a, b) ∈ R2 tel que f (a, b) = 0 et
∂f ∂f
(a, b) 6= 0 (ou bien (a, b) 6= 0).
∂y ∂x
Alors, ils existent I ∈ V (a), J ∈ V ( b) et une unique ϕ : I −→ J de classe C k sur I tels que

∀( x, y) ∈ I × J, f ( x, y) = 0 ⇔ y = ϕ( x).

2. En appliquant le théorème des fonctions implicites à la courbe C au point (1, 1), montrer
que l’équation (9.2) définie une et une seule fonction y = ϕ( x) au voisinage de (1, 1).

Réponse : On a la fonction f définie par f ( x, y) = 2 x3 y + 2 x2 + y2 − 5 est de classe C 1 sur


∂f ∂f ∂f
R2 avec ( x, y) = 6 x2 y + 4 x et ( x, y) = 2 x3 + 2 y, donc (1, 1) = 4 6= 0.
∂x ∂y ∂y

D’après le théorème des fonctions implicites, il existe I, J deux voisinage ouverts de 1 dans
R, et il existe ϕ : I −→ J unique de classe C 1 sur I tels que sur I × J f ( x, y) = 0 ⇔ y = ϕ( x).

Donc f ( x, ϕ( x)) = 2 x3 ϕ( x) + 2 x2 + (ϕ( x))2 − 5 = 0 pour tout x ∈ I

3. Calculer la dérivée ϕ0 (1) de la fonction ϕ en 1.

Réponse : On a f ( x, ϕ( x)) = 0 pour tout x ∈ I , donc

∂f ∂f
( x, ϕ( x)) + ( x, ϕ( x))ϕ0 ( x) = 0 ∀ x ∈ I.
∂x ∂y

En particulier pour x = 1,

∂f ∂f
(1, ϕ(1)) (1, 1)
∂x ∂x 10 5
ϕ0 (1) = − =− =− =−
∂f ∂f 4 2
(1, ϕ(1)) (1, 1)
∂x ∂x
Examens corrigés 148

4. Calculer la dérivée seconde ϕ00 (1) de ϕ en 1.

Réponse : On a, pour tout x ∈ I

∂f ∂f
( x, ϕ( x)) + ( x, ϕ( x))ϕ0 ( x) = 0 ∀ x ∈ I.
∂x ∂y

Si on dérive par rapport à x, on déduit que ∀ x ∈ I

∂2 f ∂2 f
µ 2
∂ f ∂2 f ∂f

0 0 0
( x, ϕ( x )) + ( x, ϕ( x )) ϕ ( x ) + ( x, ϕ( x )) + ( x, ϕ( x ))ϕ ( x ) ϕ ( x ) + ( x, ϕ( x))ϕ00 ( x) = 0
∂ x2 ∂ y∂ x ∂ x∂ y ∂ y2 ∂y

Donc
∂2 f ∂2 f ∂2 f
(1, 1) + 2 (1, 1)ϕ0 (1) + (1, 1)(ϕ0 (1))2
∂x 2 ∂ x∂ y ∂ y2 3
ϕ00 (1) = − =
∂f 8
(1, 1)
∂x

5. En déduire le développement de Taylor de ϕ à l’ordre 2 au voisinage de x = 1.

Réponse : On a ϕ est de classe C 2 sur I , donc admet un développement de Taylor à l’ordre


2 au voisinage de x = 1. Donc pour x voisin de 0

x2
ϕ(1 + x) = ϕ(1) + xϕ0 (1) + ϕ00 (1) + ◦( x2 )
2
5 3 2
= 1− x+ x + ◦( x 2 )
2 16
Examens corrigés 149

3. Session Principale 2016-2017


U N I V E R S I T É C A D I AY YA D FILIÈRE : SMA S3
FA C U LT É D E S S C I E N C E S S É M L A L I A M O D U L E : A N A LY S E 5
D É PA R T E M E N T D E M AT H É M AT I Q U E S S E S S I O N P R I N C I PA L E 2 0 1 6 / 1 7

Le Lundi 9 Janvier 2017 - Durée 2 heures

QCM (3,5 points) Entourer la bonne réponse. Aucune justification de réponse n’est demandée.
1/4 de point par bonne réponse, zéro par absence de réponse et -1/4 par réponse incorrect.

———————————————————————————————————————————
1. (R3 , N ), où N ( x, y, z) = | x| + | z|, est un espace normé. Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
2. {( x, y) ∈ R2 : x2 + 8 x y + y2 É 1} est une partie compacte de R2 . Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
3. {( x, y) ∈ R2 : x2 + x y + y2 É 1} est une partie compacte de R2 . Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
4. {( x, y) ∈ R2 : x É 0 et ( x − 1)2 + y2 < 1} est ouverte. Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
5. f 1 , f 2 : R2 → R continues =⇒ f ( x, y) = ( f 1 ( x, y), f 2 ( x, y)) continue. Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
6. x 7→ f ( x, 0) et y 7→ f (0, y) continues en 0 =⇒ f continue en (0,0). Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
7. L’image réciproque d’un fermé par une fonction continue est un fermé. Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
8. L’image réciproque d’un compact par une fonction continue est compact. Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
9. L’image d’un compact de Rn par une fonction continue est compact sur Rn . Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
10. Si A ⊂ Rn est un ouvert non bornée, son complémentaire A Ù est un compact. Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
∂f ∂f
11. Si ∂ x (0, 0) et ∂ y (0, 0) existent au vois. de (0, 0), alors f est continue en (0, 0). Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
12. Si pour la fonction f toutes les dérivée partielles du second ordre existent
∂2 f ∂2 f
. au voisinage de (0, 0), alors ∂ x∂ y (0, 0) = ∂ y∂ x (0, 0). Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
13. La fonction f ( x, y) = ( x + y2 , y) est localement inversible en (0, 0). Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
14. Le théorème d’inversion local implique le théorème des fonctions implicites. Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
Examens corrigés 150

Exercice 1 : (2,5 points)


Soit ( u k )k une suite dans Rn .
1. On suppose que ( u 2k ) et ( u 2k+1 ) convergent vers la même limite. Montrer que ( u k ) est
convergente.
2. Donner un exemple de suite telle que ( u 2k ) converge, ( u 2k+1 ) converge, mais ( u k ) n’est pas
convergente.
3. On suppose que les suites ( u 2k ), ( u 2k+1 ) et ( u 3k ) sont convergentes. Montrer que ( u k ) est
convergente.

Solution :

1. Soient k · k une norme sur Rn et ` la limite commune des deux suites ( u 2k ), ( u 2k+1 ), et soit
ε > 0. Alors il existe N1 , N2 ∈ N∗ tels que :
pour tout k Ê N1 , k u 2k − `k < ε,
pour tout k Ê N2 , k u 2k+1 − `k < ε.
Prenons N0 = 2 max( N1 , N2 ), alors pour k Ê N0 on a deux cas :
Si k = 2 p, alors p Ê N1 , et donc k u k − `k = k u 2p − `k < ε.
Si k = 2 p + 1, alors p Ê N2 , et donc k u k − `k = k u 2p+1 − `k < ε.
Par suite pour tout k Ê N0 , k u k − `k < ε.
On déduit donc que limk→+∞ u k = `.

2. Si on prend u k = (−1)k , donc ( u 2k ) est la suite constante 1, et ( u 2k+1 ) la suite constante


−1. Donc les deux sous suites ( u 2k ) et ( u 2k+1 ) sont convergentes, mais la suite ( u k ) est non
convergente.

3. Soient `1 = limk→+∞ u 2k et `2 = limk→+∞ u 2k+1 , et notons ` = limk→+∞ u 3k .


Considérons ( u 3(2k) ) et ( u 3(2k+1) ) deux sous suites de la suite ( u 3k ), alors elles convergent vers
la même limite `.
Or pour tout k ∈ N, u 3(2k) = u 2(3k) et u 3(2k+1) = u 2(3k+1)+1 ;
donc ( u 3(2k) ) est une sous suite de ( u 2k ) et ( u 3(2k+1) ) deux sous suites de ( u 2k+1 ). Par suite
`1 = limk→+∞ u 2k = ` et `2 = limk→+∞ u 2k+1 = `.
En utilisant la question 1, on déduit que ( u k ) est convergente et limk→+∞ u k = `.

Exercice 2 : (2 points)
Soient K, L deux parties de Rn . On pose K + L = { x + y : x ∈ K, y ∈ L}.
1. Montrer que si K est fermé et L compact, alors K + L est fermé.
2. Montrer que si K et L sont compacts dans Rn , alors K + L est compact dans Rn .

Solution :

1. Soient ( xk ) une suite dans K + L qui converge, et soit x = limk→+∞ xk . Montrons que x ∈ K + L.
Puisque ( xk ) ⊂ K + L, alors pour tout k ∈ N ils existent yk ∈ K et z k ∈ L tels que xk = yk + z k .
Le sous ensemble L étant compact et ( z k ) ⊂ L, il existe alors une sous suite ( zϕ(k) ) qui converge
vers un z ∈ L.
Examens corrigés 151

Puisque les deux suites ( xϕ(k) ) et ( zϕ(k) ) convergent respectivement vers x et z, alors la suite
( yϕ(k) ), de terme général yϕ(k) = xϕ(k) − zϕ(k) , converge aussi vers y = x − z qui doit appartenir à
K , car K est supposé fermé. On conclue que x = y + z ∈ K + L, et par suite K + L est fermé.

2. Puisque K est fermé et L compact, alors d’après la première question K + L est fermé. Pour
déduire que K + L ⊂ Rn , il suffit de vérifier que K + L est borné.
On a K et L sont compacts donc bornés, alors il existe M > 0 tel que k yk É M pour tout y ∈ K ∪ L.
Soit x ∈ K + L, alors ils existent y ∈ K et z ∈ L tels que x = y + z ; donc

k xk = k y + zk É k yk + k zk É 2 M.

Ainsi, pour tout x ∈ K + L, k xk É 2 M , et par suite K + L est borné, donc K + L est compact dans Rn .

Exercice 3 : (2 points)
Soient f , g et h les fonctions respectivement définies de R2 dans R2 , R2 dans R3 et R3 dans R2 ,
par :

x2
µ ¶
g( x, y) = x y , + y , ln(1 + x ) h( u, v, w) = ( u2 + v, u + v2 − w) et f ( x, y) = h ◦ g( x, y).
2
2

1. Justifier que les fonctions f , g et h sont différentiables.


2. Calculer les matrices jacobiennes associées aux fonctions g, h et f .

Solution :
1. Comme somme produit et composée de fonctions différentiables, les fonctions : ( x, y) 7→
2
x y, ( x, y) 7→ x2 + y et ( x, y) 7→ ln(1 + x2 ) sont aussi différentiables sur R2 .
Alors toutes les composantes de g sont différentiables, et par suite la fonction g est aussi
différentiable sur R2 .
Similairement, on peut justifier que la fonction h différentiable sur R3 .
Comme composée de deux fonctions différentiables, la fonction f sera différentiable sur R2 .

2. On notera respectivement par J f ( x, y), J g ( x, y) et Jh ( u, v, w) les matrices jacobiennes asso-


ciées aux fonctions f , g et h. Alors

∂ g1 ∂ g1
   
( x, y) ( x, y) y x
 ∂∂gx2 ∂y
∂ g2
J g ( x, y) = 
 
 ∂ x ( x, y) ( x, y)
= x 1

∂y
∂ g3 ∂ g2 2x
( x, y) ( x, y) 1+ x2
0
∂x ∂y

à ∂h ∂h1 ∂h1
! Ã !
1
( u, v, w) ( u, v, w) ( u, v, w) 2u 1 0
Jh ( u, v, w) = ∂∂hu2 ∂v
∂h2
∂w
∂h2 = .
∂x
( u, v, w) ∂y
( u, v, w) ∂w
( u, v, w) 1 2v −1

Pour calculer la matrice jacobienne associée à f , nous avons deux méthodes : La première
consiste à expliciter la fonction f en fonction de x et y et ensuite à calculer les dérivées para-
tièlles associées. La seconde, qui est plus simple, fait appel à un résultat du cours, qui consiste
à calculer la jacobienne de f en fonction de celles de g et h.
Examens corrigés 152

En utilisant cette seconde manière, on déduit que


 
à y ! x
2x y 1 0
J f =h◦ g ( x, y) = Jh ( g( x, y)) × J g ( x, y) = × x 1
 
2
1 2( x2 + y) −1 2x
à ! 1+ x2
0
2x y + x 2 x2 y + 1
=
y + x( x2 + 2 y) − 1+2xx2 x + x2 + 2 y

Exercice 4 : (5 points)
Soit f la fonction de R2 dans R définie par : définie par

 x2 − y2
xy 2 si ( x, y) 6= (0, 0)

f ( x, y) = x + y2
 0 si ( x, y) = (0, 0)

1. Montrer que f est continue sur R2 .


2. Calculer toutes les dérivés partielles d’ordre 1 de f sur R2 ..
3. Étudier la différentiabilité de f sur R2 tout entier.
∂2 f ∂2 f
4. Calculer (0, 0) et (0, 0).
∂ x∂ y ∂ y∂ x
5. Que peut-on conclure ?

Solution :
1. Comme fonction rationnelle à plusieurs variables, la fonction f est continue sur R2 \ {(0, 0}.
Au point (0, 0), on calcule la limite lim(x,y)→(0,0) f ( x, y) et la comparer avec f (0, 0).
Si ( x, y) 6= (0, 0), nous avons

¯ x2 − y2 ¯ 2 2
¯ ¯
| f ( x, y)| = ¯ x y 2
¯ ¯ É | x y| É x + y = 1 k( x, y)k2 .
2
x + y2 ¯ 2 2
Par suite
1
0É lim | f ( x, y)| É lim k( x, y)k22 = 0,
(x,y)→(0,0) (x,y)→(0,0) 2

et donc lim(x,y)→(0,0) f ( x, y) = 0 = f (0, 0). On déduit que f est continue en (0, 0) ; donc continue
sur R2 .

2. Si ( x, y) 6= (0, 0), nous avons

∂f (3 x2 y − y3 )( x2 + y2 ) − ( x3 y − x y3 )(2 x) x4 y + 4 x2 y3 − y5
( x, y) = =
∂x ( x2 + y2 )2 ( x2 + y2 )2
et par anti-symétrie de f , c.à.d. f ( y, x) = − f ( x, y), on déduit que

∂f ∂f x5 − 4 x3 y2 − x y4
( x, y) = − ( y, x) =
∂y ∂x ( x2 + y2 )2
Si ( x, y) 6= (0, 0), nous avons
∂f f ( x, 0) − f (0, 0) ∂f f (0, y) − f (0, 0)
(0, 0) = lim = 0 et (0, 0) = lim =0
∂x x →0 x ∂y y→0 y
Examens corrigés 153

3. Puisque f est une fonction rationnelle à plusieurs variables, alors f est différentiable sur
R2 \ {(0, 0}.
Pour la différentiabilité de f au point (0, 0), on peut utiliser deux méthodes : la preière consiste
à utiliser la définition de la différentiabilité, la seconde est basée sur la justification que f est
de classe C 1 en (0, 0). Nous allons utiliser la première ; pour cela, si ( x, y) 6= (0, 0), nous aurons :
¯
∂f ∂f
³ ³ ´´¯
¯ 1
F ( x, y) = ¯ k(x,y) f ( x, y) − f (0, 0) − (0, 0) x − (0, 0) y
¯
k2 ∂x ∂y ¯

¯ 2 2 ¯¯
¯ x − y ¯ É 1 k( x, y)k2
= ¯¯ x y 2
(x + y ) ¯ 2
2 3/2

et donc lim(x,y)→(0,0) F ( x, y) = 0. Par suite f est différentiable au point (0, 0), et donc f est
différentiable sur R2 tout entier.

4. On a
∂f ∂f
2 ( x, 0) − (0, 0)
∂ f ∂ ∂f ∂y ∂y x5 / x4
µ ¶
(0, 0) = (0, 0) = lim = lim =1
∂ x∂ y ∂x ∂ y x→0 x x→0 x
et
∂f ∂f
2 (0, y) − (0, 0)
∂ f ∂ ∂f − y5 / y4
µ ¶
∂x ∂x
(0, 0) = (0, 0) = lim = lim = −1.
∂ y∂ x ∂ y ∂x y→0 y y→0 y

5. On remarque qu’au point (0, 0),


∂2 f ∂2 f
(0, 0) = 1 6= −1 = (0, 0);
∂ x∂ y ∂ y∂ x
donc d’après le Théorème de permutation de Schwarz de degré 2, la fonction f n’est pas de
classe C 2 au point (0, 0).
Par suite f est C 2 seulement sur R2 \ {(0, 0)}.
Exercice 5 : (5 points)

Soit f la fonction de R2 dans R définie par : f ( x, y) = x2 + y2 − x2 y.


1. Montrer que f est de classe C 1 sur R2 et pour tout ( x, y) ∈ R2 , calculer le gradient ∇ f ( x, y)
et la matrice hessienne H f ( x, y).
2. Déterminer tous les points critiques de f .
3. Quelle est la nature de ces points critiques (maximum, minimum ou point selle locaux) ?
4. La fonction f admet-elle un maximum global ? Admet-elle un minimum global ?
Justifier soigneusement votre réponse pour toutes les questions de cet exercice.

Solution :

1. Puisque f est une fonction polynômiale, elle est de classe C 1 , et même de classe C ∞ , sur R2 .
Si ( x, y) ∈ R2 , on a
∂f
   
2 x (1 − y )
 ∂ x ( x, y) 
∇ f ( x, y) =  = 
∂f  
( x, y) 2y − x 2
∂y
Examens corrigés 154

et

∂2 f ∂2 f
   
2(1 − y) −2 x
 ∂ x2 ( x, y) ∂ x∂ y
( x, y)
H f ( x, y) =  = .

 ∂2 f ∂2 f  
( x, y) ( x, y) −2 x 2
∂ y∂ x ∂ y2

à !
0
2. Les points critiques de f sont solution de ∇ f ( x, y) = , ce qui revient à résoudre le système
0

( ( p p
2 x(1 − y) = 0 x( x − 2)( x + 2) = 0

x2 − 2 y = 0 x2 − 2 y = 0

p p
Donc les points critiques de f sont (0, 0), (− 2, 1) et ( 2, 1).

3. Pour connaître la nature de es points critiques, on détermine la nature de la matrice hes-


sienne associée.
à !
2 0
? Pour le point (0, 0), on a H f ( x, y)(0, 0) = ;
0 2
∂2 f
donc ¯H f ( x, y)(0, 0)¯ = 4 > 0 et
¯ ¯
(0, 0) = 2 > 0.
∂ x2
On déduit que le point critique (0, 0) est un minimum local.
à p !
p p 0 2 2
? Pour le point (− 2, 1), on a H f ( x, y)(− 2, 1) = p ;
2 2 2
p p
donc ¯H f ( x, y)(− 2, 1)¯ = −8 < 0 et par suite le point critique (− 2, 1) est un point selle
¯ ¯

local.

p p
? Similairement, pour le point ( 2, 1), on a ¯H f ( x, y)( 2, 1)¯ = −8 < 0, donc le point critique
¯ ¯
p
( 2, 1) est aussi un point selle local.

4. On a f ( x, x) = x2 − x3 = x2 (2 − x) pour tout x ∈ R. Donc

lim f ( x, x) = −∞ et lim f ( x, x) = +∞
x→+∞ x→−∞

Par suite f ne peut admettre ni de minimum global ni de maximum global. Ci-dessous, on trace
le graphe de la fonction f .
Examens corrigés 155

· · · Fin d’épreuve
Examens corrigés 156

4. Session de Rattrapage 2016-2017


U N I V E R S I T É C A D I AY YA D FILIÈRE : SMA S3
FA C U LT É D E S S C I E N C E S S É M L A L I A M O D U L E : A N A LY S E 5
D É PA R T E M E N T D E M AT H É M AT I Q U E S S E S S I O N R AT R A P PA G E 2 0 1 6 / 1 7

Le Mardi 31 Janvier 2017 - Durée 2 heures


Justifier soigneusement toute votre réponse pour toute question sauf QCM.

QCM (3 points) Entourer la bonne réponse. Aucune justification de réponse n’est demandée.

1/4 de point par bonne réponse, zéro par absence de réponse et -1/4 par réponse incorrect.

———————————————————————————————————————————
1. (R3 , N ), où N ( x, y, z) = max(| x|, | y|) + | z|, est un espace normé. Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
2. {( x, y) ∈ R2 : x2 + 2 x y + y2 É 1} est une partie compacte de R2 . Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
3. {( x, y) ∈ R2 : x2 + 3 y2 É 1} est une partie compacte de R2 . Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
4. {( x, y) ∈ R2 : x = 1 et ( x − 1)2 + y2 < 1} est ouverte. Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
5. f 1 , f 2 : R2 → R continues =⇒ f ( x, y) = min( f 1 ( x, y), f 2 ( x, y)) continue. Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
6. x 7→ f ( x, x) et y 7→ f (− y, y) continues en 0 =⇒ f continue en (0,0). Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
7. L’image d’un ouvert par une fonction continue est un ouvert. Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
8. L’image d’un compact par une fonction continue est compact. Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
9. Toute réunion finie de compacts est un compact. Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
10. Si A c ⊂ Rn est un compact, alors A est un ouvert non borné de Rn . Vrai Faux
———————————————————————————————————————————
∂f ∂f
11. Si ∂ x ou ∂ y existe au voisinage de (0, 0), alors f est continue en (0, 0). Vrai Faux
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12. Théorème d’inversion global implique Théorème des fonctions implicites. Vrai Faux
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A c ⊂ Rn signifie le complémentaire de A dans Rn .


Examens corrigés 157

1
Exercice 1 :(4 points) Soient p et q des réels strictement positifs tels que p + 1q = 1.

1. En utilisant la convexité de la fonction logarithme, montrer que, pour tout x, y > 0, on


x y É 1p x p + 1q y q .
2. Soient a 1 , · · · , a n , b 1 , · · · , b n des réels strictement positifs.
n n n
X p X q X
(a) En supposant que ai = b i = 1, montrer que a i b i É 1.
i =1 i =1 i =1
à !1/p à !1/q
n n n
X X p X q
(b) En déduire l’inégalité de Hölder : ai bi É ai bi .
i =1 i =1 i =1
(c) On suppose en outre que p > 1. Déduire de l’inégalité de Hölder l’inégalité de Minkowski
suivante : à !1/p à !1/p à !1/p
n n n
p p
(a i + b i ) p
X X X
É ai + bi .
i =1 i =1 i =1
à !1/p
n
n p p 1/p p
3. On définit pour x = ( x1 , · · · , xn ) ∈ R , k xk p = (| x1 | + · · · + | xn | )
X
= |xi | .
i =1
Démontrer que k · k p est une norme sur Rn .

Solution :

1
1. Soient p et q des réels strictement positifs tels que p + 1q = 1.
La fonction ln( t) est concave, car sa dérivée seconde − t12 est négative, et on a donc : pour x, y > 0

1 p 1 q 1 1
µ ¶
ln x + y Ê ln( x p ) + ln( y q ) = ln( x y).
p q p q

Il suffit ensuite d’utiliser la croissance de la fonction exponentielle pour en déduire que

1 p 1 q
³ ´
ln(x y) ln 1p x p + 1q y q
xy = e Ée = x + y .
p q

2. Soient a 1 , · · · , a n , b 1 , · · · , b n des réels strictement positifs.

(a) En sommant les n équations :

1 p 1 q
ai bi É a + b ,
p i q i

on obtient
n n µ1 1 q

1X n 1X n 1 1
X X p p q
ai bi É ai + bi = ai + b i = + = 1.
i =1 i =1 p q p i=1 q i=1 p q
Examens corrigés 158

ai bi n n
X p X q
2. (b) On pose α i = Ã !1/p et β i = Ã !1/q , alors αi = β i = 1.
n n i =1 i =1
X p X q
ai bi
i =1 i =1
n
X
D’après la question précédente, on déduit que α i β i É 1. Il suffit ensuite de remplacer α i et
i =1
β i par leur valeur pour avoir l’inégalité de Hölder :
à !1/p à !1/q
n n n
X X p X q
ai bi É ai bi .
i =1 i =1 i =1

2. (c) On décompose (a i + b i ) p en (a i + b i ) p = (a i + b i ) p−1 a i + (a i + b i ) p−1 b i .


Soit q tel que 1/ p + 1/ q = 1, c’est à dire que pq − q = p.
En appliquant l’inégatlité de Hölder à chacun des membres, on a :
à !1/p à !1/q
n n n
X p
X p X (p−1)q
(a i + b i ) É ai × |a i + b i |
i =1 i =1 i =1
à !1/p à !1/q
n n
X p X (p−1)q
+ bi × |a i + b i |
Ã i =1 i =1
!1/p à !1/p  à !1−1/p
n n n
X p X p X p
É  ai + bi × |a i + b i | .
i =1 i =1 i =1

p 1−1/p
¡Pn ¢
Il suffit de diviser les deux membres de l’inégalité par i =1 |a i + b i | pour obtenir le
résultat.
Remarquons que le résultat est trivial pour p = 1.

3. L’inégalité précédente se traduit très facilement en disant que k · k p vérifie l’inégalité trian-
gulaire
k x + yk p É k xk p + k yk p .
Il est en outre trivial de vérifier que
à !1/p à !1/p
n n
|λ x i | p |xi | p
X X
kλ xk p = = |λ| = |λ| · k xk p
i =1 i =1

et que
à !1/p
n
|xi | p
X
k xk p = 0 ⇔ = 0 ⇔ | x i | = 0, ∀ i = 1, · · · , n ⇔ x = 0.
i =1
Ainsi, k · k p définit bien une norme sur Rn .

Exercice 2 : (3 points)

On considère le sous-ensemble de R2 suivant : C = {( x, y) ∈ R2 : x3 + y3 − 3 x y = 1}.


1. Citer le théorème des fonctions implicites pour une fonction f de R2 dans R.
2. En utilisant le théorème des fonctions implicites, montrer que dans un voisinage ouvert
U de (0, 1), C est le graphe d’une fonction x 7→ ϕ( x) de classe C 2 telle que ϕ(0) = 1.
3. Donner un développement limité de ϕ à l’ordre 2 en 0.
Examens corrigés 159

Solution :
1. Théorème des fonctions implicites : Soit f : U ⊂ R2 −→ R de classe C 1 sur l’ouvert U , qui
est un voisinage du point ( x0 , y0 ) ∈ R2 .
∂f ∂f
Supposons que f ( x0 , y0 ) = 0 et ( x0 , y0 ) 6= 0 ou bien ( x0 , y0 ) 6= 0.
∂y ∂x
∂f
Si ( x0 , y0 ) 6= 0, alors ils existent des ouverts V ∈ VR ( x0 ), W ∈ VR ( y0 ) et une fonction ϕ : V −→ W
∂y
de classe C 1 tels que V × W ⊂ U et que

pour tout ( x, y) ∈ V × W : f ( x, y) = 0 ⇐⇒ y = ϕ( x),

et
∂f
( x, ϕ( x))
∂x
ϕ0 ( x) = − (9.3)
∂f
( x, ϕ( x))
∂y
2. On a f : R2 → R définie par f ( x, y) = x3 + y3 − 3 x y − 1 est de classe C 2 (et même C ∞ ) sur R2 ,
et vérifie f (0, 1) = 0.
Les dérivées partielles de f sont

∂f ∂f
( x, y) = 3 x2 − 3 y et ( x, y) = 3 y2 − 3 x,
∂x ∂y

∂f ∂f
Donc (0, 1) = −3 6= 0 et (0, 1) = 3 6= 0.
∂x ∂y
∂f
Pour répondre à cette question, on considère (0, 1) 6= 0, et donc d’après le théorème des
∂y
fonctions implicites, il existe un ouvert U , qui est un voisinage du point (0, 1) ∈ R2 , des voisinage
ouverts V et W de 0 et 1 respectivement, et une fonction ϕ : V → W de classe C 2 tels que
f ( x, y) = 0 ⇐⇒ y = ϕ( x). Ainsi, on a ϕ(0) = 1 et

( x, y) ∈ C ∩ (V × W ) ⇐⇒ f ( x, y) = 0 et ( x, y) ∈ V × W ⇐⇒ y = ϕ( x) et ( x, y) ∈ V × W.

3. Pour déterminer le développement limité de ϕ à l’ordre 2 en 0, on doit calculer ϕ0 (0) et ϕ00 (0).

On sait que
∂f
(0, 1) ∂f ∂f
ϕ 0
(0) = − ∂∂ xf = 1 et 0 = ( x, ϕ( x))ϕ0 ( x) + ( x, ϕ( x)) = 3(ϕ( x)2 − x)ϕ0 ( x) + 3( x2 − ϕ( x)).
(0, 1) ∂y ∂x
∂y

En dérivant cette dernière relation on a

0 = (2ϕ( x)ϕ0 ( x) − 1)ϕ0 ( x) + (ϕ( x)2 − x)ϕ00 ( x) + (2 x − ϕ0 ( x)),

donc 0 = ϕ00 (0) ; et par suite : au voisinage de 0

x2 00
ϕ( x) = ϕ(0) + xϕ (0) + ϕ (0) + o( x2 ) = 1 + x + o( x2 ).
0
2
Une autre méthode consiste à considérer le développement limité de ϕ en 0 (qui est unique) :
ϕ( x) = a 0 + a 1 x + a 2 x2 + o( x2 ) où a 0 = ϕ(0) = 1.
Examens corrigés 160

Puisque 0 = f ( x, ϕ( x)) = x3 + (ϕ( x))3 − 3 xϕ( x) − 1, on calcule ϕ( x)3 = 1 + 3a 1 x + (3a21 + 3a 2 ) x2 + o( x2 ) ;


et par suite

0 = 1 + 3a 1 x + (3a21 + 3a 2 ) x2 − 3 x(1 + a 1 x) − 1 + o( x2 ) = 3(a 1 − 1) x + 3(a21 + a 2 − a 1 ) x2 + o( x2 ).

D’où a 1 − 1 = 0 et a21 + a 2 − a 1 = 0, et donc a 1 = 1 et a 2 = 0.


Solution :

1. On a (| x| − | y|)2 = x2 − 2| x y| + y2 Ê 0, ce qui donne

| x y| É x2 − | x y| + y2 É x2 − x y + y2 car x y É | x y|.

2. Puisque p, q ∈ N∗ , alors p Ê 1 et 1 Ê 1.
Supposons que p + q > 2, alors p > 1 ou q > 1.
On a f , comme produit de fonctions continues, est continues sur R2 \ {(0, 0}.
Pour la continuité en (0, 0), on utilise la question 1, pour déduire que

| x y| × | x p−1 y q−1 |
| f ( x, y)| É É | x| p−1 | y| q−1 .
( x2 − x y + y2 )

Or p > 1 ou q > 1, alors lim(x,y)→(0,0) | x| p−1 | y| q−1 = 0, et par suite lim(x,y)→(0,0) f ( x, y) = 0 = f (0, 0) ;
donc f est continue en (0, 0).
L’implication inverse est justifiée par contrapposée : Supposons que p + q É 2, alors p + q = 2,
càd p = 1 et q = 1.
Pour x 6= 0, on remarque que

x×x x2
lim f ( x, x) = lim = lim = 1 6= f (0, 0).
x→0 x →0 x 2 − x × x + x 2 x→0 x2

Ainsi f n’est pas continue en (0, 0), donc non-continue sur R2 . D’où l’équivalence.

3. Pour étudier la différentiabilité de f sur R2 , on calcule d’abord les dérivées partielles de f :

? Si ( x, y) 6= (0, 0), alors

∂f px p−1 ( x2 − x y + y2 ) − x p (2 x − y) q ( p − 2) x2 − ( p − 1) x y + p y2 p−1 q
( x, y) = y = x y
∂x ( x2 − x y + y2 )2 ( x2 − x y + y2 )2

et puisque x, y et p, q jouent un rôle symétrique, on déduit que

∂f ( q − 2) y2 − ( q − 1) x y + qx2 q−1 p
( x, y) = y x .
∂y ( x2 − x y + y2 )2
∂f ∂f
Donc ∂x
et ∂y
sont continues sur R2 \ {(0, 0)}.

∂f f ( x, 0) − f (0, 0) ∂f f (0, y) − f (0, 0)


? De même (0, 0) = lim = 0 et (0, 0) = lim = 0.
∂x x →0 x ∂y y→0 y
En utilisant max(| x|, | y|) É k( x, y)k2 et la première question, on aboutit à

¯∂f 2 2
¯ ( x, y) − ∂ f (0, 0)¯ = ¯ ( p − 2) x − ( p − 1) x y + p y x p−1 y q ¯ É 3( p − 1)k( x, y)k p+ q−3
¯ ¯ ¯ ¯
¯ ¯ ¯
¯ ∂x ∂x 2
¯ ¯ ( x2 − x y + y2 )2 ¯
Examens corrigés 161

et
¯∂f
¯ ( x, y) − ∂ f (0, 0)¯ É 3( q − 1)k( x, y)k p+ q−3 .
¯ ¯
¯
¯∂y ∂x ¯ 2

∂f ∂f ∂f
Puisque p + q > 3, donc p + q − 3 > 0, et par suite lim ( x, y) = (0, 0) et lim ( x, y) =
(x,y)→(0,0 ∂x ∂x (x,y)→(0,0 ∂y
∂f ∂f ∂f
(0, 0). On déduit que et sont continues en (0, 0).
∂y ∂x ∂y

Ainsi la fonction f est de classe C 1 , donc différentiable, sur R2 .

4. (a)
On suppose que p + q = 3,.
Puisque f est supposée différentiable en (0, 0), alors

f ( x, y) = f (0, 0) + d f (0, 0)( x, y) + o(k( x, y)k).

Mais la différentielle d f (0, 0) est une application linéaire de R2 dans R dont la matrice associée
est
∂f ∂f
µ ¶
(0, 0) (0, 0) .
∂x ∂y
∂f f ( x, 0) − f (0, 0) ∂f f (0, y) − f (0, 0)
Or ∂x
(0, 0) = lim x→0 = 0 et ∂ y (0, 0) = lim y→0 = 0, alors d f (0, 0)( x, y) =
x y
0. On obtient alors a = 0 et b = 0, et donc : f ( x, y) = o(k( x, y)k).

4. (b)
On a f ( x, y) = o(k( x, y)k), et par suite f ( x, x) = o(| x|).
Mais f ( x, x) = x, qui n’est pas un o(| x|), nous fait aboutir à une contradiction. D’où f n’est pas
différentiable en (0, 0).

4. (c)
On déduit de la question 3. que si p + q > 3, alors la fonction f est différentiable sur R2 .
De la question 4.(b), si p + q É 3 alors f n’est pas différentiable en (0, 0), donc non différentiable
sur R2 .
Ainsi, la fonction f est différentiable sur R2 si, et seulement, si p + q > 3.
Examens corrigés 162

Exercice 4 : (5 points)
Soit f ( x, y) = y2 − x2 y + x2 et D = {( x, y) ∈ R2 : x2 − 1 É y É 1 − x2 }.
1. Représenter D dans R2 , et trouver une paramétrisation de Γ, le bord de D : Γ = ∂D .
2. Justifier que f admet un maximum global et un minimum global sur D .
3. Déterminer les points critiques de f .
4. Déterminer le minimum global et le maximum global de f sur Γ.
5. En déduire le minimum global et le maximum global de f sur D .

Solution :

1. Le domaine D est délimité par les deux paraboles d’équation y = 1 − x2 et y = x2 − 1.


Son bord Γ comporte deux parties :
- la partie haute, paramétrée par y = 1 − x2 , où −1 É x É 1, et
- la partie basse, paramétrée par y = x2 − 1, où −1 É x É 1.

2. Le domaine D est borné ; c’est très clair si on se réfère au dessin.


Pour une preuve complète, on peut remarquer que si ( x, y) ∈ D , alors on doit avoir

x2 − 1 É 1 − x2 , et donc x2 É 1, càd x ∈ [−1, 1].

Cela impose ensuite y ∈ [−1, 1]. Ainsi D ⊂ [−1, 1] × [−1, 1].


D est de plus fermé, car si une suite {( xk , yk ) : k ∈ N} ⊂ D converge vers ( x, y), alors

xk → x, yk → y et x2k − 1 É yk É 1 − x2k .

Par passage à la limite lorsque k → +∞, on trouve x2 − 1 É y É 1 − x2 , et donc ( x, y) ∈ D . Par suite


D est fermé ; c’est donc une partie compacte de R2 . Puisque f est une fonction continue sur le
compact D , alors f admet un minimum et un maximum sur D .

3. Pour déterminer les points critiques de f , on calcule d’abord les dérivées partielles du premier
ordre. On trouve :
∂f ∂f
( x, y) = −2 x y + 2 x = 2 x(1 − y) et ( x, y) = 2 y − x2 .
∂x ∂y
Examens corrigés 163

Un point ( x, y) est un point critique si ( x, y) est solution du système


( (
x(1 − y) = 0 x = 0 ou y = 1
2 ⇔
x − 2y = 0 x2 − 2 y = 0

On en déduit assez facilement que f admet trois points critiques qui sont
p p
(0, 0), (− 2, 1) et ( 2, 1).

4. On va étudier la paramétrisation du bord Γ de D obtenue précédemment. Plus précisemment,


f ( x, y) pour ( x, y) ∈ Γ, s’écrit f ( x, 1 − x2 ) et f ( x, x2 − 1).
Posons g( x) = f ( x, 1 − x2 ), pour x ∈ [−1, 1] et h( x) = f ( x, x2 − 1) pour x ∈ [−1, 1].
Les études de g et h vont nous permettre de déterminer les extrema de f sur Γ.
On a, après simplifications,
g( x) = 1 − 2 x2 + 2 x4 et h( x) = 1.

Il suffit donc d’étudier g, et par parité, on peut se restreindre à l’étudier de g sur [0, 1].
p
En calculant sa dérivée g0 ( x) = 4 x(2 x2 − 1), on voit facilement que g est décroissante sur [0, 1/ 2]
p p
et est croissante sur [1/ 2, 2]. De plus, g(0) = g(1) = 1 et g(1/ 2) = 1/2.
p p
On en déduit que la valeur minimale de f sur Γ est 1/2 = g(1/ 2) = f (1/ 2, 1/2),
et sa valeur maximale est 1 = g(0) = g(1) = h( x) pour tout x ∈ [−1, 1].

5. Les extrema de f sur D sont ou bien atteints sur le bord, ou bien atteints en un extrémum
local de f situé dans l’intérieur de D , donc en un point critique de f dans l’intérieur de D .
Remarquons que seul (0, 0) est un point critique de f dans l’intérieur de D .
Puisque f (0, 0) = 0, on en déduit que f admet (0, 0) comme minimum sur D , car
à !
min f ( x, y) = min min f ( x, y), f ( x, y)
min
(x,y)∈D ◦ (x,y)∈∂D =Γ
µ (x,y)∈D ¶
= min 0, min g( x), min h( x)
x∈[−1,1] x∈[−1,1]
p
= min(0, g(1/ 2), 1) = 0 = f (0, 0).

De même, puisque

max f ( x, y) = max f ( x, y)
(x,y)∈D (x,y)∈∂µD =Γ ¶
= max max g( x), max h( x) = 1.
x∈[−1,1] x∈[−1,1]

et cette valeur 1 est atteinte comme maximum sur D aux points (0, 1), (1, 0) et tout ( x, x2 − 1) pout
x ∈ [−1, 1].

==================================================== Fin d’épreuve