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Chapitre 1: Les courants de pensée économique

Les débats qui animent la vie économique contemporaine ne peuvent être


compris dans l’ignorance des formes qu’ils ont revêtues dans le passé.

Comment, par exemple, appréhender les controverses actuelles sur le


libéralisme économique, si l'on ignore que la question de
l'interventionnisme de l'État partageait déjà les physiocrates1 et les
mercantilistes2, qu'elle devait opposer plus tard les socialistes utopiques
et Marx, aux thèses d'Adam Smith et de Ricardo, et que, dans les
années 1930, elle allait rebondir avec la 'nouvelle donne' keynésienne ?

Quand on évoque le communisme, sait-on que Platon3 en son temps s'est


prononcé pour la propriété commune et l'interdiction de tout échange
marchand, tandis qu'Aristote4 était favorable à la propriété privée et,
dans certaines limites, à l'échange marchand ?

L'histoire de la pensée économique est une nécessité, sauf à imaginer


que l'économie politique puisse se réduire, comme elle tend
malheureusement à le faire aujourd’hui, à des modèles mathématiques
dont les soubassements doctrinaux et théoriques demeurent des non-
dits.

La pensée économique : l'ensemble de la recherche en Économie repose


sur les réflexions de quelques grands économistes dont chacun
appartient, à l'époque où il a vécu, à une école de pensée ou courant de
pensée. Leurs ouvrages ont souvent servi de références à l'analyse
économique.

1 La physiocratie est une doctrine économique et politique du XVIIIe siècle qui base le développement économique sur l’agriculture et qui prône la

liberté du commerce et de l'industrie. Pour les physiocrates, la richesse repose sur l’agriculture (seul le travail de la terre est productif). Elle considère
que la richesse d'un pays provient exclusivement de son agriculture qui est la seule création annuelle de richesse La physiocratie est un courant
préclassique du XVIIIe de par l’apparition d’idées libéralistes. Ce courant né en France vers 1750 et a atteint son apogée dans la seconde moitié du
XVIIIème siècle.
2 Le Mercantilisme est une Doctrine et politique éco (XVIe – XVIIe au moment de la colonisation) selon laquelle la richesse d’un pays est fonction de son

stock d’or et autres métaux précieux. Les pays doivent donc les accumuler en exportant, sans importer : pas d’échange international. Le mercantilisme est
plutôt un ensemble de politique économique reposant sur l’interventionnisme de l’Etat : - protectionnisme douanier et sous évaluation de la monnaie
nationale
3 Platon (428 ou 427 – 347 ou 346 av. J.-C.), qui à travers son dialogue La République expose sa vision de l’utopie, se trouve entraîné à aborder

l’économie comme gestion des biens et des personnes de la façon la plus juste possible dans la cité idéale
4 Pour Aristote (384-322 av JC) : chaque homme revendique la justice pour bien vivre et se réaliser, et c'est pourquoi au-delà de la communauté familiale et

de la communauté économique (le « village ») il ne peut vivre pleinement homme que dans la cité (communauté politique) - celle-ci étant définie par la fin
commune de ses membres, la justice. Mais si la justice est notre fin commune (et nous nous accordons tous en ce sens sur sa définition : donner à chacun
ce qui lui revient, ce à quoi il a droit, ce qu'il mérite), elle est en même temps une fin disputée
Section 1 : Le libéralisme ou classique
ième
Ce courant des économistes classiques est né au 19 siècle dans un contexte
de révolution industrielle (naissance du capitalisme). Selon les libéraux, il faut
laisser faire, laisser passer les forces du marché c’est-à-dire encourager la libre
entreprise. L’Etat doit être un gendarme, un arbitre qui veille au respect des
règles de la concurrence. Les principaux animateurs du courant classique étaient
les anglais Adams Smith : le père fondateur (1723-1790), il aura plusieurs
disciples parmi lesquels David Ricardo (1772-1823), Thomas Robert Malthus
(1776-1834), le Français Jean Baptiste SAY (1767-1832). On distinguera le
libéralisme politique et le libéralisme économique.
Paragraphe 1 : Libéralisme et politique
Il désigne l’ensemble des théories libérales portant sur le domaine de la politique
qui fixent les prérogatives de l’Etat. Le père fondateur de l’école classique
Adam SMITH (1723—1790) publia en 1776 son ouvrage majeur « La recherche
sur la nature et les causes de la richesse des nations ». Il considère que ce qui
est bon pour un individu est bon pour la collectivité car les intérêts particuliers
s’identifient à l’intérêt général. Une économie où le rôle de l'Etat sera limité à la
fourniture des biens collectifs (assurer la sécurité, la défense du territoire, la
justice ...) et à la surveillance de l'observation des règles de la concurrence :
c'est la thèse de « l'Etat Gendarme ».
D'autre part A.SMITH pense que le travail est le facteur essentiel sur lequel
repose la valeur des biens. Et la division du travail est un élément essentiel pour
la croissance de la richesse d'un pays.

Paragraphe 2 : Libéralisme économique

Le libéralisme économique est l'application des principes du libéralisme à la


sphère économique où les uns sont optimistes, les autres plutôt pessimistes.
La pensée classique Anglaise Optimiste
Ce courant est animé fondamentalement par Adam Smith à qui, on lui
attribue unanimement la paternité du libéralisme. Pour les détenteurs de cette
pensée, la richesse s’étend à la production de toutes les activités : Agriculture,
industrie, transport et commerce. Pour Smith : « Si chaque individu poursuit
ses intérêts personnels, il va résulter la promotion de l’intérêt général grâce
à l’existence d’une « main invisible » qui veillera à harmoniser tout les intérêts
individuels au grand bénéfice de toute la collectivité »
A cet effet, le marché est le meilleur des régulateurs si l’équilibre existant est
unique et stable. C’est pourquoi Adam Smith attribue un rôle limité à l’Etat. Il
demande à l’Etat de prendre la forme d’un « Etat-Gendarme ».
Un Etat-Gendarme est un Etat qui se cantonne à veiller sur la sécurité publique
et à faire observer les règles de la concurrence. Il doit « laisser-faire, laisser-
passer et imposer moins » ; Le moins d’Etat, le mieux d’Etat » trouve sa racine
dans ce courant. En définitive, l’introduction du concept de la main invisible
n’avait d’autres buts sinon de faire l’apologie de la concurrence pure et parfaite
et invalider l’interventionnisme étatique.
La pensée classique pessimiste
Les principaux animateurs de ce courant sont : Thomas Robert Malthus
(1766-1836) qui est un pasteur et David Ricardo (1772-1883) qui est un juif.
Malthus est connu pour son « Essai sur le principe de population ». Pour lui, la
croissance des subsistances suit une loi de progression arithmétique tandis que
celle de la population suit une loi de progression géométrique. Ainsi sans des
politiques restrictives, la situation mène à la faim et à la misère. Pour sa part,
l’ouvrage essentiel de Ricardo est celui de 1815 « Essai sur l’influence du bas
prix de blé sur les profits »
Dans son analyse, Ricardo divise la société en 3 classes :
• Les capitalistes qui détiennent les moyens de production tant matériels
que financiers et dont la rémunération est le profit.
• Les travailleurs qui perçoivent des salaires (de subsistances)
• Les propriétaires fonciers qui perçoivent la rente Q = W+∏ + avec W=
salaire ; ∏ = et R= rente
Pour Ricardo, le produit de la terre est réparti entre ces trois catégories. Mais à
partir du moment où les terres ont des rendements différents, il existe une
différence dans les rentes suivant leur fertilité. A mesure que la population
augmente, l’augmentation de la demande en produit agricole oblige l’économie à
recourir aux terres les plus fertiles.
Ainsi pour lui, la rente relative à une terre donnée est la différence entre le
rendement qu’elle procure et le rendement de la plus mauvaise terre agricole
mise en culture. Avec l’usage des terres marginales, la rente et les salaires
augmentant, la part du profit dans le produit de la terre tend à l’extinction. Ce
qui, à terme, conduit à l’Etat Stationnaire. On dit d’un Etat qu’il est stationnaire
si toutes les variables qui le caractérisent demeurent constantes dans le temps.
Initiation à la théorie du commerce international
Adam Smith a été le premier à formellement modéliser les avantages du
commerce bilatéral.
La théorie des avantages absolus : Nous supposons que dans l’univers où nous
sommes, il n’ya que deux pays (Sénégal et Mali) et deux biens (riz et mais). Nous
supposons également que les couts de production sont exprimés en termes
physique. En d’autres termes, les prix monétaires n’existent pas et les couts de
production sont exprimés en heures.
Définition de l’avantage absolu : selon Adam Smith, chaque pays doit se
spécialiser dans la production du bien pour lequel il a l’avantage absolu le plus
élevé ou de façon équivalente se spécialiser dans la production du bien pour
lequel il supporte le cout absolu le plus faible.
Exemple : Soient 2 pays ; le Sénégal et le Mali, ne produisant que 2 biens : le Riz
et le mais. En 60h de travail, le Sénégal peut produire 300 tonnes de riz ou 500
tonnes de mais ; le Mali peut produire 400 tonnes de riz ou 200 tonnes de mais.

PAYS
Sénégal Mali
PRODUITS
RIZ 300 T 400T
MAIS 500T 200T

Selon la théorie des avantages absolus d’Adams Smith, le Sénégal ayant


l’avantage absolu sur le mais doit consacrer toutes ses ressources à produire ce
bien pour lui-même et pour le Mali. Cela présuppose que le Mali laisse au Sénégal
le soin de produire ce bien. A l’inverse, le mali ayant l’avantage absolu de la
production de riz (400T > 300T) doit se spécialiser dans cette production
pourvu que le Sénégal abandonne la production de riz.
i. Cas absence de spécialisation
SN : CT=120H
ML : CT =120H
ii. Cas Spécialisation
ML : 60h+45h=105h 60…………>500 400T………….>60h

SN : 60h+24h=84h x……………>200 300T……………>xh

=45h

Gain en heure pour le Sénégal : 120-84= 36h


Gain en heure pour le Mali : 120-105= 15h
Adam Smith a bien raison de dire en pareil cas le gain à l’échange est mutuel.
Il est possible de résoudre ce problème exclusivement en termes d’heure de
travail cad de cout de production.

Problème lié à l’approche d’Adam Smith.

David Ricardo, banquier de son état perçoit une faiblesse dans l’analyse d’Adam
Smith même s’il en reconnait la force intuitive.
Exemple : Supposons au Sénégal, en 60h, il est possible de produire 400T de Riz
et 500T de maïs ; au Mali, en 60h, on ne peut produire que 300t de Riz et 200T
de maïs.

PAYS
Sénégal Mali
PRODUITS
RIZ 400 T 300T
MAIS 500T 200T

Dans cet exemple, nous voyons que sur la base de la théorie absolue, le Sénégal
doit à la fois produire le Riz et le Maïs ; le Mali pour sa part doit se contenter à
importer les deux produits du Sénégal. Il est inutile de souligner que cette
situation serait intenable pour le Mali.
Ricardo va introduire la notion de cout relatif (cout comparatif ou cout
d’opportunité). Pour bien cerner cette notion, il est nécessaire de comprendre la
signification du cout d’opportunité. Par définition, le cout d’opportunité au sens
large est le sacrifice le plus élevé que l’agent économique supporte en faisant une
opération donnée ; Au sens strict, le cout d’opportunité de bien 1 en terme de
bien 2, est la quantité du bien 2 que l’on doit sacrifier pour avoir une unité
supplémentaire du bien 1. Si le prix du bien 1 est p1 et celui du bien 2 est p2, le
cout d’opportunité du bien 2 en terme du bien 1 est noté par : CO b1/b2 =
Exemple : prix d’un livre = 20000 ; prix d’un parfum=10000
COL/P = Pl/PP= 2 parfums : le numéraire est ici le parfum.

Définition de la théorie de l’avantage comparatif :


Pour Ricardo, il faudrait raisonner non pas en termes d’avantage absolu mais
plutôt en termes d’avantage comparatif (avantage relatif). Selon Ricardo, chaque
pays doit se spécialiser dans la production du bien pour lequel, il supporte le cout
relatif (cout d’opportunité) le plus faible.
SN : en 60h, on produit 400T de Riz ou 500T de maïs.
400T de riz = 500T de maïs
1T de riz= 500/400=1,25 T de maïs.
Nous venons de définir le cout d’opportunité du riz en termes de maïs. Cela
signifie que toutes les fois que l’on produit une unité additionnelle de riz au
Sénégal, on sacrifie 1,25 T de maïs.
300TR=200TM ≫≫≫≫ 1 TR=0,66 TM (le numéraire est le maïs)
1TM =1,5TR

PAYS
Sénégal Mali
PRODUITS
1TR 1,25 TM 0,66 TM
1TM 0,8 TR 1,5 TR

Le fait d’avoir des couts d’opportunité différents dans les deux pays et que
chaque pays ait un avantage sur un produit est une condition nécessaire à
l’échange.
La condition suffisante pour que les 2 pays acceptent la spécialisation et
l’échange est que le rapport d’échange international (prix international) soit
compris entre les prix domestiques (prix à l’intérieur du pays cad entre les couts
d’opportunité ou bornes de la production des 2 biens dans les deux pays)
Cas 1 : le prix est compris entre les prix domestiques.

Pour le Sénégal : 1 TM = 0,8TR G M/R=REIM/R- PDM/R


1TR =1,25 TM G R/M=REIR/M- PDR/M

Pour le Mali: 1TR=0,66 TM G R/M=REIR/M- PDR/M


1TM= 1,5 TR =1TM - 0,66 TM=0,34TM

0,8TR <REIM/R =1TR<1,5TM


REIM/R = 1TR ; REIR/M = 1TM
Cas 2: On suppose que le REI est identique à l’un des rapports domestiques.

Soit REIM/R =0,8 TR


Sénégal : PDM/R=0,8TR Gain/R = 0,8TR - 0,8TR=0

Mali : Si le REIM/R = 0,8 TR alors REIR/M = 1,25TM


Gain R/M = 1,25 – 0,66 TM = 0,59 TM

Conclusion : Le Sénégal n’acceptera pas.

Cas 3 : On suppose que le prix international est en dehors des PD


1T=1,25TM 1,30 TM=REIR/M
1T= 0,66 TM

0,76 TR
REIM/R
0 ,8TR 1,55TR

SN: GM/R= REIM/R – PDM/R = 0,76 TR – 0,8 TR = -0,04 TR

ML: GR/M = 1,30 TM – 0,66 TM = 0,64 TM


mais
500

200 SN
ML

300 400 riz

Remarque :
Graphiquement, la pente des possibilités de production mesure le cout
d’opportunité du bien sur l’axe des abscisses en terme de biens se trouvant sur
l’axe des ordonnées.
Commentaire :
En partant du graphique, les abscisses et les ordonnées à l’origine nous permet
de savoir quel pays doit se spécialiser dans la production de quel bien. Ainsi
400>300 donc le Sénégal doit se spécialiser dans la production du riz. 500 > 400
donc le Sénégal doit se spécialiser dans la production du maïs.
La courbe du Sénégal ayant la pente en terme absolu la plus élevée traduit le fait
que le cout d’opportunité du riz en termes de maïs est plus élevé au Sénégal qu’au
Mali. En conséquence, le Mali doit se spécialiser dans la production du riz.
NB :
CO R/M = CAR/CAM=… maïs

CO M/R = CAM/CAR=… Riz

Section 2 : Le keynésianisme
Ce courant dont le chef de file est John Maynard Keynes, est une réponse
économique à la crise de 1929. Plus qu’une réponse, il est la première
construction systématique d’un modèle macroéconomique en tant qu’il puise sa
matière première dans les éléments de la comptabilité nationale. Keynes rejette
fortement la loi de SAY. Contrairement à l’idée de SAY, c’est la demande qui
détermine l’offre et non l’inverse. En pratique, la loi de SAY va marquer la
rupture (démarquage) entre d’une part classiques et néo-classiques et d’autre
part Keynésiens.
Paragraphe 1 : Pas d’équilibre de plein emploi automatique
C’est le rejet de la loi des débouchés de SAY. Pour KEYNES l’offre ne crée pas
sa propre demande. Il y a des fuites dans le système de production. L’Entreprise
ne réinvestit pas automatiquement tous ses bénéfices. Et le salarié n’offre pas
toute son épargne aux entreprises qui veulent investir, il peut garder une partie
sous une forme liquide.
Paragraphe 2 : L’Etat régulateur

En cas d’insuffisance de la demande effective, l’Etat peut augmenter ses


dépenses d’investissement en demandant à la banque Centrale de lui créer de la
monnaie.

Cela va permettre les entreprises à produire plus et distribuer des revenus pour
satisfaire la demande de l’Etat. Cette augmentation des revenus va entrainer une
hausse de la consommation… et on parle de l’Etat régulateur.

Paragraphe 3 : La demande effective dans l’analyse de Keynes

Pour KEYNES, c’est la demande qui commande l’offre, plus précisément la


demande effective. Cette dernière est la demande anticipée de biens et
services par les entrepreneurs. Et la crise de 1929 aurait pour origine une
insuffisance de la demande effective.

Section 3 : Le capitalisme
Paragraphe 1 : Le capitalisme, un système économique
Le capitalisme est un système économique où les acteurs privés possèdent
et contrôlent des biens conformément à leurs intérêts et l’offre et la demande
fixent librement les prix sur les marchés.
L’essence du capitalisme est la recherche du profit. Dans une économie
capitaliste, le capital fixe (usine, …) peut être possédé et contrôlé par des
acteurs privés, le travail est acheté contre salaire, les plus-values vont aux
propriétaires privés, et les prix déterminent l’affectation du capital et du
travail entre des utilisations concurrentes. Le capitalisme quelque soit sa forme
constitue aujourd’hui le fondement toutes les économies.
Le capitalisme repose sur les trois piliers suivants :
• La propriété privée, qui permet aux individus de posséder les biens
matériels (terres, maisons) et immatériels (actions et obligations)
• L’intérêt personnel, qui pousse les individus à agir selon leur propre
avantage, insensibles à la pression sociopolitique.
• La concurrence, qui, en laissant les entreprises libres de pénétrer et de
quitter le marché, maximise la prospérité sociale, cad la prospérité
commune des producteurs et des consommateurs
• Un mécanisme de marché qui détermine les prix d’une façon décentralisée
par les interactions entre acheteurs et vendeurs.
• La liberté des choix en matière de production, de consommation et
d’investissement.
(Un client mecontent peut acheter d’autres produits, un investisseur placer son
argent dans un projet plus lucratif, et un travailleur quitter son emploi pour un
autre mieux rémunéré)
Le rôle limité des pouvoirs publics qui doivent protéger les droits citoyens et
maintenir un environnement propre à favoriser le bon fonctionnement des
marchés.

Paragraphe 2 : L’analyse libérale


Le libéralisme ou capital libéral permet à chaque individu de tirer profit de ses
avantages concurrentiels. Il repose sur le postulat que l’Etat ne doit pas
intervenir dans l’économie parce que les individus sont meilleurs décideurs que
lui. Ce dernier ne doit avoir des missions régaliennes comme la gestion de l’armée,
la justice et les voies de transport…

Paragraphe 3 : L’approche marxiste


Karl Marx : Ouvrage majeur “le manifeste du parti communiste “ publié en 1846
et le capital en 1867.
L’analyse de Marx est dominée par le « matérialisme ». La théorie constate que
les systèmes économiques sont en changement permanant. Ainsi l’économie ou le
système féodal s’est substituée à l’économie esclavagiste. L’économie capitaliste
s’est substituée à l’économie féodale d’où :
Economie féodale Economie esclavagiste
Economie capitalistique Economie féodale
Dans ces systèmes coexistent tjrs une classe dominée et une classe dominante.
Exemple : Maitre – esclave ; noble ou seigneur- serf ; capitaliste ou bourgeois-
travailleurs ou prolétaires.
Le fondement de la domination est la propriété des moyens de production. Dans
ce système des capitalistes exploitent les travailleurs en leur extorquant la plus-
value. La plus-value est du travail non payé. C’est la différence entre la valeur
produite par la force de travail (non payée) et la valeur de la force de travail.
Plus value = valeur produite par la force de travail- la valeur de la force de
travail.
La force de travail est paye du minimum vital donc c’est un salaire de subsistance
qui est versé aux travailleurs. L’ampleur de l’exploitation du travailleur est
mesurée par le taux de plus-value au taux d’exploitation. Ce taux se définit
comme le rapport de la plus-value sur la valeur de la force de travail.

Le taux d'exploitation ou taux de plus-value (TPL) se définit comme le rapport


entre la plus-value (PL) et le capital variable ou valeur de la force de travail (V) :
Le taux de profit (Π) est le rapport entre la plus-value (PL) et la somme du
capital variable (V) et du capital constant ou valeur de l'équipement et des
matières premières (C) :
Le taux de profit tend à baisser. L’origine de la baisse tendancielle du taux de
profit : K. MARX rappelle que la plus-value (PL) n'est produite que par le capital
variable (V) et non par le capital constant.
Marx estime que l’exploitation des travailleurs n’est pas indéfinie à cause
notamment de la concurrence entre ces capitalistes. Le salaire est le prix du
travail. Il est déterminé par l’offre et la demande de travail mais il tend à
refuser à un prix « naturel »
Le profit pour Ricardo est un résidu. C’est ce qui reste du produit après le
payement des salaires et de la rente foncière.
Jean Baptiste SAY (1767-1832) : Ouvrage majeur : « Traité d’économie
politique » publié en 1803.
SAY fut rendu célèbre par sa fameuse « loi des débouchés ». Selon cette loi
l’offre crée sa propre demande ainsi que toute production de biens et services
entraine la distribution simultanée de revenu nécessaire à l’acquisition de ces
biens et services. Les crises de surproduction sont donc impossibles.
Paragraphe 4 : Le capitalisme monopoliste d’Etat
Le capitalisme monopoliste d’Etat consiste à subordonner l’appareil d’Etat aux
monopoles capitalistes et à l’utiliser pour intervenir dans l’économie du pays
(notamment par la militarisation), afin d’assurer le profit maximum aux
monopoles et d’asseoir la toute- puissance du capital financier. Il est donc un
système constitué d’entreprises géantes. L’élément dominant est le facteur
constitué par le grand capital organisé en entreprises géantes. Ces entreprises
maximisent le profit et accumulent le capital. Elles sont dirigées par des hommes
d’entreprise dont la fortune est liée au succès ou à l’échec de la firme.
L’entreprise géante et les hommes qui l’animent savent prévoir et faire des plans.
Leurs initiatives mettent l’économie en marche, leur puissance la fait
fonctionner, leurs politiques la mettent en difficulté ou en crise.