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Collection Technique ..........................................................................

Cahier technique n° 186

Tableau général BT intelligent

A. Jammes

■ Merlin Gerin ■ Square D ■ Telemecanique


Les Cahiers Techniques constituent une collection d’une centaine de titres
édités à l’intention des ingénieurs et techniciens qui recherchent une
information plus approfondie, complémentaire à celle des guides, catalogues
et notices techniques.
Les Cahiers Techniques apportent des connaissances sur les nouvelles
techniques et technologies électrotechniques et électroniques. Ils permettent
également de mieux comprendre les phénomènes rencontrés dans les
installations, les systèmes et les équipements.
Chaque Cahier Technique traite en profondeur un thème précis dans les
domaines des réseaux électriques, protections, contrôle-commande et des
automatismes industriels.
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rubrique : maîtrise de l’électricité
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accord de la Direction Scientifique et Technique, avec la mention obligatoire :
« Extrait du Cahier Technique Schneider n° (à préciser) ».
n° 186
Tableau général BT intelligent

Antoine Jammes

Ingénieur ENSEM 1979 (Ecole Nationale Supérieure d'Electricité et de


Mécanique de Nancy), il est entré chez MERLIN-GERIN en 1980. Il a
participé au développement de logiciels de protection au sein du
département Systèmes et Electroniques de Sûreté. Depuis 1991, il a
rejoint le Domaine d’Activité Stratégique Basse Tension de Puissance
dans lequel il a été l’un des principaux acteurs du développement de
l’intelligence dans les tableaux électriques.

CT 186 édition avril 1997


Lexique

Abonné : MCC :
Dispositif électronique raccordé au bus au Motor Control Center ; tableau B.T. regroupant
travers d’un interface de communication - terme les éléments de contrôle-commande de
équivalent : station. plusieurs moteurs, vannes.
Application : Passerelle de communication :
Ensemble de fonctions réalisées avec des Produit destiné à permettre les échanges de
matériels et des logiciels. données entre deux réseaux de communication
Architecture : différents sans traitement local.
Organisation des composantes matérielles et/ou Protocole :
logicielles d’un système ; manière de répartir des Séquence des règles à suivre pour établir et
fonctions et les traitements. entretenir des échanges d’informations par bus
B.T. : entre des stations.
Basse Tension. Réseau de communication :
Bus médium : Equivalent au terme bus de communication ; le
Liaisons permettant d’échanger des informations mot bus est préféré au terme réseau, celui-ci
numérisées entre différents éléments qui lui sont étant souvent utilisé pour parler de réseau
raccordés. électrique.
Centrale de tableau : Sûreté de fonctionnement :
Produit destiné à regrouper l’ensemble des Concept qui regroupe la fiabilité des système de
informations disponibles dans le tableau et son contrôle-commande, la disponibilité des
environnement direct, à réaliser des traitements machines, la maintenabilité de l’outil de
sur ces informations et à communiquer avec un production, la sécurité des personnes et des
système de conduite, afin de rendre un tableau biens.
B.T. intelligent. Stations :
CSMA : Dispositifs de traitement de l’information reliés
(Accès aléatoire) Carrier Sense Medium au bus.
Access : méthode d’accès aléatoire au réseau
Temps réel :
de communication.
Qualifie un système de contrôle-commande dont
GTC : la vitesse de réaction est adaptée à la
Gestion Technique Centralisée ; regroupe dynamique du procédé.
l’ensemble des applications d’une même
installation, par exemple le contrôle du process, TGBT :
la GTE, le contrôle du bâtiment (GTB). Tableau Général Basse Tension.
GTE : TGI :
Gestion Technique dédiée à la distribution Tableau à Gestion Intégrée ou Tableau Général
électrique. Le TGI est une composante basse tension Intelligent.
importante de la GTE. Traitement décentralisé :
Intelligent : Une partie du traitement est exécutée au plus
Qui possède des moyens propres de traitement proche de l’utilisation.
et une certaine autonomie de fonctionnement Traitement réparti :
par rapport au système informatique auquel il est Se dit d’un traitement décentralisé, dans le cas
connecté (Petit Robert 1993). où le traitement est exécuté dans plusieurs
Maître/Esclave : unités de traitement qui ont une certaine
Un maître interroge cycliquement ses esclaves, autonomie et qui sont capables de communiquer
et leur donne des ordres. entre elles.

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Tableau général BT intelligent -TGI-

Pour tous les bâtiments, et quelle que soit l'activité qu'ils abritent, la
distribution électrique doit aujourd'hui répondre à un besoin toujours
croissant de sûreté et d'efficacité.
L'énergie doit être disponible pour la sécurité, le confort des utilisateurs,
mais aussi pour éviter les coûts induits par les coupures de courant.
Les installations électriques doivent donc être surveillées et réagir
automatiquement pour optimiser la distribution de l'énergie ; ceci est
possible grâce au traitement de l'information.
Déjà utilisé en moyenne tension industrielle et publique, le contrôle-
commande numérique des réseaux basse tension devient une réalité.
Ce cahier technique, à partir de l'analyse des besoins, a pour objectif de
montrer ce qu’est la gestion technique de la distribution électrique BT et
comment elle fonctionne. L'accent est mis sur la décentralisation et la
répartition de l'intelligence autour et dans le tableau général BT. Quelques
exemples de mise en œuvre sont donnés.

Sommaire
1 Le besoin de contrôle-commande 1.1 Introduction p. 4
1.2 Les besoins p. 4
1.3 Les fonctions p. 7
2 Les solutions actuelles 2.1 Les solutions actuellement utilisées p. 9
2.2 Les points forts et les limites de ces solutions p. 10
3 Le tableau intelligent 3.1 Architecture décentralisée et intelligence répartie - définitions p. 12
3.2 Décentralisation des fonctions dans une installation électrique p. 13
3.3 Architecture décentralisée et traitements répartis - intérêts p. 17
3.4 Conclusions sur la décentralisation des traitements dans un
tableau BT p. 18
3.5 Un bus de tableau adapté au process électrique p. 20
4 Des exemples de mise en œuvre 4.1 Centre Informatique p. 23
4.2 Hôpital p. 24
5 Conclusions et perspectives d'avenir p. 27
Bibliographie p. 28

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1 Le besoin de contrôle-commande

1.1 Introduction
Que ce soit dans un immeuble de grande c le contrôle-commande des process
hauteur, une banque, un hôpital, un industriels.
supermarché, un aéroport, un tunnel, une PMI En raison de la grande diversité des besoins et
ou un grand site industriel, il est de plus en plus
des évolutions technologiques de ces dernières
nécessaire de surveiller et de contrôler les
années, un large choix de solutions s'offre
installations électriques à des fins :
c de sécurité, aujourd'hui aux concepteurs pour surveiller et
c de disponibilité de l'énergie, contrôler (au sens anglais du verbe) leurs
c de maîtrise de l'énergie consommée et de son installations électriques. Il leur est désormais
coût (selon la politique tarifaire du distributeur), possible de trouver un juste compromis entre
c de diminution des coûts d'exploitation et de leurs besoins et les solutions associées grâce
maintenance, aux bus de communication numérique et à
c de confort d'exploitation, l'intégration des micro-processeurs au sein des
c de maintenabilité et d'évolutivité de équipements électriques.
l'installation électrique.
Le Cahier Technique n° 156 explique comment
La gestion technique de la distribution électrique concevoir la partie puissance d'un tableau
(GTE) est un Système Numérique de Contrôle- électrique afin qu'elle corresponde aux besoins
Commande (SNCC) qui se donne pour objectifs de sûreté.
de répondre à ces besoins.
Notre objectif est d'apporter ici une pierre à la
La GTE peut être associée avec la gestion conception optimisée de la Gestion Technique
d'autres utilités : Electrique des installations électriques BT.
c la Gestion Technique des Bâtiments (contrôle
d'accès, climatisation et chauffage, anti- Il convient pour cela de repartir de l'expression
intrusion, éclairage...) des besoins des utilisateurs et des exploitants.

1.2 Les besoins


Les besoins des exploitants et des utilisateurs A l'inverse, dans un hôpital ou une grande
des réseaux électriques diffèrent selon qu’il industrie à process, la continuité de service sera
s’agit de bâtiments tertiaires, industriels ou privilégiée.
d’infrastructures, par exemple un aéroport.Ces Sécurité des personnes et des biens
besoins peuvent être hiérarchisés (cf. fig. 1 ). Une installation électrique doit distribuer l'énergie
Ainsi, dans un petit immeuble de bureaux le coût en assurant la sécurité des biens et des personnes.
de l'énergie et la facilité d'utilisation par un non La GTE ne se substitue pas aux appareillages
spécialiste seront les critères prédominants. pour les fonctions primaires (réflexes) de

Exemples :

Confort Pilotage des sources

Coûts Gestion tarifaire

Disponibilité Automatismes normal/secours

Sécurité Protection des personnes

fig. 1 : hiérarchie des besoins en distribution électrique BT.

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Résistance
d'isolement

Baisse d'isolement périodique qui Intervention


s'aggrave progressivement

Seuil d'alarme premier défaut

Temps

fig. 2 : suivi de l'évolution de l'isolement d'un départ (neutre IT).

protection réalisées par eux. Mais, par ses c dans l'industrie, les défaillances en fourniture
capacités à communiquer, mémoriser, traiter les d'énergie se traduisent par des pertes de
informations, elle aide l'exploitant en lui production. Ainsi, pour BSN, un arrêt de
fournissant les réglages des protections, le type 10 minutes se traduit par une perte de
de défaut ayant amené l'appareil à s'ouvrir, l'état production de 20 000 pots de yaourt.
de l'installation avant le déclenchement... Le besoin de disponibilité conduit à des choix
Par contre, la GTE peut inclure les fonctions de technologiques de matériel (appareillage débro-
protection globale ; par exemple, le système de chable, tableau débrochable ou déconnectable,
contrôle d'isolement en régime de neutre IT qui forme du tableau...) et à des réseaux électriques
avertit l'exploitant d'un premier défaut ; il lui est dont le schéma distingue les circuits sans
alors possible de localiser et d'éliminer ce défaut coupure, prioritaires et non prioritaires, avec un
sans perte de la continuité de service (cf. fig. 2 ). choix du régime de neutre adapté.
L'évolution de la technologie lui permet Dans ce cadre, les tableaux électriques BT ont
désormais de réduire le temps durant lequel pour mission de réaliser la gestion des sources.
l’installation est en défaut, et par là même la Les réactions à l'incident doivent être
probabilité d’apparition d’un deuxième défaut. Il automatiques et immédiates pour être efficaces.
peut connaître en permanence la mesure de Gérer les coupures d'alimentation est une
l'isolement en différents points de l'installation, fonction de la GTE.
voire suivre son évolution dans le temps. Il lui est
ainsi possible de faire de la maintenance Coût de l'énergie
préventive. La fonction contrôle de l'isolement Diminuer la facture énergétique est un souci
est une fonction autonome qui peut être qualifiée constant pour toutes les entreprises. Il est
de décentralisée dans le cadre de la GTE. possible de la réduire en agissant à deux
niveaux : sur la consommation et sur la facture.
Disponibilité Pour ce faire, il est nécessaire d’avoir une bonne
Chaque secteur d'activité possède ses propres connaissance de l’évolution journalière et
contraintes en matière de continuité de service : saisonnière, des puissances et des
c dans les hôpitaux, les salles d'opération et de consommations.
réanimation sont étudiées pour être des lieux à Un système de mesures numérisées et
haut niveau de sûreté, exploitables sur un écran de supervision permet
c dans les bâtiments à usage tertiaire, la de suivre ces éléments et d’en faire un bilan.
généralisation de systèmes informatiques a Il est alors possible :
amené de nombreux utilisateurs à utiliser des v d’engager des actions,
Alimentations Sans Interruption locales ou v de vérifier l’effet des mesures prises,
alimentant un réseau d'énergie de haute qualité, v de facturer par atelier, service…

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c Diminuer la consommation Cette centralisation permet une optimisation en
Les possibilités sont multiples en fonction du moyens humains et une amélioration des
type d'applications : conditions de travail de ceux-ci, grâce à des
v extinction de l'éclairage et baisse du chauffage outils informatisés ergonomiques et des
dans les locaux inoccupés, possibilités de réalisation automatisée
v utilisation de moteurs à vitesse variable dans d'opérations répétitives (pré-programmation de
l'industrie, plages de fonctionnement de la climatisation ou
v utilisation de compensateurs et/ou de filtres du chauffage des bureaux...).
pour réduire les pertes, dues aux courants D'autre part, dans les bâtiments de bureaux et
harmoniques et capacitifs, dans les câbles et les les PMI, le personnel en charge de l'installation
transformateurs. est de plus en plus une personne non spécialiste.
c Réduire la facture du distributeur. Le tableau électrique est souvent surveillé par le
Un système intelligent est capable d'optimiser le gardien ou l'hôtesse du bâtiment. Pour des
contrat souscrit grâce à des actions de délestage, raisons d'efficacité, mais aussi de sécurité, les
de lissage des consommations, d'alimentation informations que reçoivent ces personnes
nécessitent un dialogue "homme / tableau
des charges à forte inertie en alternance :
électrique" le plus ergonomique et le plus simple
v utiliser des batteries de condensateurs pour
possible.
éviter la facturation de l’énergie réactive,
v utiliser la bonne option tarifaire et programmer La notion de confort se traduit par une installation
les phases de la production industrielle fortement électrique la plus autonome possible (autogérée).
consommatrices d’électricité en fonction des
périodes à tarif réduit. Ces périodes peuvent être Maintenabilité
sur la journée, sur la saison ou sur l’année (par La première mission confiée à la maintenance
exemple le contrat «Effacement Jours de Pointe», électrique d'une entreprise est de maintenir
proposé par EDF, qui permet de disposer d’un opérationnelle l'installation dont elle a la charge.
tarif intéressant durant 94 % du temps), Deux types d'interventions sont possibles :
v lisser la consommation pour baisser la c actions correctives suite à un défaut de
puissance souscrite et éviter les pénalités de fonctionnement,
dépassement c actions préventives périodiques.
v utiliser des sources de remplacement. Ceci Il est possible d'augmenter l'efficacité de la
permet, outre l’intérêt de disposer d’une source maintenance dans deux directions :
de secours, de passer les pointes de c en privilégiant le préventif par rapport au
consommation ou les pointes tarifaires. correctif, générateur de non continuité de service,
Gérer la consommation et le coût de l'énergie c en privilégiant dans le préventif, une mainte-
électrique est une mission de la GTE. nance conditionnelle, c'est-à-dire éclairée, à une
maintenance systématique : plus la maintenance
Confort d'exploitation est préventive et basée sur la surveillance, plus
Certaines installations sont gérées à distance, la disponibilité est bonne (cf. fig. 3 ).
soit au niveau d'un poste de conduite à l'intérieur En fonction des applications, le délai maximum
du bâtiment, soit dans un centre de surveillance d'intervention ainsi que la durée de celle-ci
commun à plusieurs sites (télé-surveillance). peuvent être très différents. Ils peuvent être très

Disponibilité

Préventive
conditionnelle
Préventive
programmée

Corrective

Type de maintenance
fig. 3 : Disponibilité opérationnelle en fonction du type de maintenance.

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courts s'il s'agit d'un process continu : service Evolutivité
entretien d'usine et stock de composants de
Plus l'on se rapproche de l'utilisation finale, plus
rechange. Ils peuvent être plus longs s'il s'agit
d'un immeuble de bureaux : société extérieure et l'installation électrique est amenée à évoluer :
approvisionnement des composants défectueux. dans les ateliers, le tableau électrique vit au
rythme des modifications de l’outil de
La rapidité de l'intervention est toujours liée à sa production ; dans les bâtiments, les
préparation : changements d'affectations des bureaux, la
c en cas de dépannage, la connaissance rapide
généralisation de la micro informatique, la mise
et précise de l'incident et des paramètres de
fonctionnement de l'installation avant le défaut, en place de la climatisation sont des causes de
permet de faire un bon diagnostic et de préparer modifications de l'installation électrique.
les éléments à remplacer, L’amélioration de la disponibilité, la réduction du
c en cas de maintenance préventive, une bonne
coût de l’énergie consommée entraînent
connaissance de l'état de l'installation permet de
sélectionner de manière pertinente les éléments également des modifications des réseaux
sur lesquels devra porter l'intervention. électriques.

Une maintenance efficace nécessite de disposer Bien gérer les évolutions passe par une bonne
d'informations pertinentes sur l'état de l'installation. connaissance de l’installation et de son
Eclairer la maintenance est un des apports de la fonctionnement.
GTE La GTE peut y contribuer grandement.

1.3 Les fonctions


La satisfaction de ces différents besoins par la Cette dernière fonction réalise les délestages
GTE nécessite la mise en place dans les nécessaires pour éviter l’écroulement de tout le
installations électriques de dispositifs permettant réseau.
globalement :
c de réaliser des actions automatiques Informations pour prévoir et agir
c de permettre à l'exploitant, en local ou à Les fonctions précédemment décrites ont pour
distance, d'avoir les informations qui lui sont finalité de rendre autonome le Tableau Général
nécessaires pour prévoir et agir sur Basse Tension ; celui-ci est ainsi capable de
l'installation. réagir à différentes situations afin d'assurer une
Ceci se traduit en fonctions à assurer, toutes continuité de service et une exploitation
n’étant pas à mettre en œuvre pour une optimales.
installation donnée. La deuxième grande fonction d'un tableau
intelligent est de pouvoir communiquer des
Automatismes
informations pour «prévoir et agir» :
c La gestion des sources : alimente les c état des appareils de coupure (O/F),
consommateurs en fonction de la disponibilité c mesure de tension U, I, P, cos ϕ
d'énergie sur les arrivées (permutation de c connaissance des réglages des protections.
source, normal/secours groupe...). Ceci nécessite des liaisons :
c La gestion des départs : fournit l'énergie aux c avec un système de Gestion Technique
consommateurs les plus prioritaires, lorsque la Electrique de niveau supérieur, dont le rôle est
demande excède la puissance disponible sur les de piloter l'ensemble de l'installation électrique
arrivées (fonctionnement sur groupe par MT et BT,
exemple). c avec un poste de contrôle-commande local ou
c La gestion temporelle : gère l’installation pour à distance,
diminuer la consommation. et éventuellement,
c La gestion tarifaire : gère l'installation pour c avec des tableaux secondaires,
respecter le contrat retenu avec le fournisseur c avec un système de conduite du process.
(lissage de la consommation, contrat EJP...).
En effet, pour que l'exploitant puisse être informé
c Le contrôle du facteur de puissance : pilote
et agir (reconfiguration du réseau par action
des batteries de condensateurs à gradins.
volontaire, maintenance, confort), le tableau
c La mise en sécurité du tableau (température
électrique doit communiquer avec un système
trop élevée, arc interne...).
amont à la disposition de l'électricien et de celui
c La surveillance de l’isolement et la recherche
qui surveille le bon fonctionnement des utilités
des défauts en schéma IT.
du bâtiment ou de l'usine.
c La sauvegarde du réseau : dans les grandes
installations industrielles, des perturbations sur Si en exploitation normale le TGBT intelligent,
le réseau (manque temporaire de tension), donc communicant, est intéressant pour piloter et
peuvent provoquer, de par la présence de gros gérer l’installation électrique, il l’est plus encore
moteurs, le phénomène d’instabilité dynamique. pour «prévoir et agir» en situation de défaut.

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En effet, la maintenance corrective est plus «10 h 32' 23" - Ascenseur 2 indisponible suite
efficace si chacun des acteurs dispose défaut électrique - appeler le service électrique
rapidement d'une information adaptée. Prenons au poste 347»;
l'exemple du déclenchement d'un disjoncteur Rappelons que «prévoir et agir» permet
communicant, via le TGI : également la maintenance préventive
c sur l'appareil : information signalée par un conditionnelle si l’on dispose :
indicateur mécanique, c d'informations concernant l'appareillage de
c près de l'appareil : un voyant rouge localisant protection et de commande intégré dans les
l'appareil en défaut, tableaux BT; par exemple pour un appareil de
c sur un écran en tête de tableau : message coupure : compteur du nombre de manœuvres,
d'alarme sous forme de texte : «10 h 32' 23" - ou mieux indicateur de maintenance élaboré à
départ Ascenseur 2 - colonne 8 - position 12b - partir de données telles que la somme des
déclenchement sur court-circuit» courants coupés, le nombre de manœuvres etc …
c sur le superviseur du responsable électrique : c d'informations concernant l'installation
même message, électrique : nombre d'heures de fonctionnement
c sur le superviseur général (concierge...), des consommateurs alimentés, baisse
message d'alarme sous forme de texte : d'isolement...

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2 Les solutions actuelles

2.1 Les solutions actuellement utilisées


Les fonctions présentées au chapitre 1 sont déjà pour développer des modules d'entrées/sorties
réalisées en totalité ou partiellement par déportés ; l'objectif était de diminuer l'importance
différentes solutions technologiques : et le coût du câblage.
c dans l'industrie, par une extension à la gestion Cette solution a peu pénétré le monde des
électrique des moyens mis en œuvre pour la tableaux électriques en raison de la non
conduite du process, adéquation aux contraintes de ce milieu :
c dans les bâtiments tertiaires, par l'intégration à environnement thermique et perturbations
la GTC ou à la GTB de la gestion de la électro-magnétiques, besoin de commande
distribution électrique. locale de l'appareillage...
Examinons les solutions mises en œuvre au
niveau d'un MCC ou d'un TGBT. Solution tableau automatisé
Les années 80 ont vu l'apparition de
Solutions à base d'automates nombreuses offres développées par les grands
c Solution automate et fil-à-fil tableautiers pour des applications dans
La première étape vers le tableau intelligent a l'industrie à process continu ou les grands
consisté à utiliser des API (Automates bâtiments tertiaires.
Programmables Industriels) à proximité ou à Ces différentes offres se distinguent des
l'extrémité du tableau. solutions précédentes à base d'automates par
Ces API servent d'interface entre le tableau et le deux aspects :
système de gestion technique et peuvent réaliser c développement de modules spécialisés reliés
certaines fonctions d'automatismes. Equipés de en fil-à-fil à l'appareillage et communicant vers
racks remplis de cartes d'entrées/sorties, ces un API installé en tête de tableau par une liaison
API sont reliés en fil-à-fil aux divers capteurs et parallèle ou par bus série. Ces modules, conçus
actionneurs d'un tableau électrique.Leur pour s'intégrer dans le tableau conçu par le
programmation est réalisée par un spécialiste ; tableautier, se montent en face avant de tableau
chaque application nécessite un développement et intègrent des fonctions de commande et de
spécifique. signalisation d'état en local.
Les limites de ce type de solution sont les c Développement de fonctions répétitives pour
suivantes : les automatismes électriques (par exemple, le
v câblage fils fins très important dans le tableau normal/secours avec délestage/relestage des
jusqu'à l'API, impliquant : départs).
- un coût de câblage très important, Ces solutions se caractérisent par la
- un volume de borniers induisant une décentralisation des traitements dans le tableau
augmentation de la surface au sol du tableau, et la maitrise de ces fonctions par des
- un fort risque de pannes latentes dû à un grand électriciens. D'autre part, elles contribuent à une
nombre de points de connectique, réduction massive du câblage à l'intérieur du
- un risque de dysfonctionnements dus au tableau.
champ magnétique très important généré lors
d'un court-circuit sur un départ ; Le succès limité de ce type de solution résulte
v une faible évolutivité de l'installation, liée au d'une utilisation de ces modules dans les seuls
caractère spécifique de la programmation de tableaux réalisés par ces tableautiers.
l'API, très rarement maitrisée par le service
Appareillages communicants
électrique ;
v un système de traitement de l'information peu La généralisation de l'emploi des
adapté, la principale tâche de l'API consistant à microprocesseurs a par ailleurs conduit les
scruter en permanence l'état des appareils alors constructeurs de matériel électrique à les
que certains restent dans la même position à utiliser :
longueur d'année. c pour améliorer les performances de leurs
produits. Un bon exemple est la généralisation
c Solution automate et entrées/sorties déportées progressive des déclencheurs électroniques
Depuis quelques années, les constructeurs dans les disjoncteurs. Ceux-ci sont de plus en
d'API ont tiré profit de la diminution du coût de la plus capables de communiquer par bus
micro-électronique et des bus de communication numérique les informations qu'ils traitent.

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c Pour enrichir leur offre avec de nouvelles qui peut être transmis à un système de conduite
fonctionnalités ; à titre d'exemple, mesure de la centralisé. Dans des applications de grande
puissance et de l'énergie en un point du réseau taille, l'ingénierie en charge du système complet
avec possibilité de communication de ces valeurs. est, encore aujourd'hui, souvent amenée à
Parallèlement, les automatismes tels que le développer une architecture de communication
normal/secours ou la régulation varmétrique complexe avec des étages intermédiaires dont le
poursuivent leur vie autonome.
rôle est double :
La multiplication de ces produits et modules c tri et synthèse des informations disponibles,
dans un tableau électrique conduit à une c passerelles de communication entre différents
augmentation considérable du flux d'informations bus.

2.2 Les points forts et les limites de ces solutions


Ces trois familles de solutions se sont contrôlent. Et déjà, se profile l'arrivée de réseaux
développées ces dix dernières années pour au niveau capteurs et actionneurs «intelligents».
apporter des réponses à une partie des besoins c En Gestion Technique du Bâtiment, les
que nous avons présentés au chapitre 1. fonctions sont désormais standardisées. Elles
Leurs points forts et leurs limites sont résumés sont réalisées par des produits spécifiques, bien
dans le tableau de la figure 4. adaptés aux besoins.
Ainsi, le contrôle de process (GTP), le contrôle
En conclusion, il se dégage des solutions mises du bâtiment (GTB) et le contrôle de la
en œuvre aujourd'hui : distribution électrique (GTE) constituent
c une tendance déjà largement engagée à la aujourd’hui des systèmes dédiés, à architecture
décentralisation des automatismes et des décentralisée, et de plus en plus à intelligence
traitements d'informations au niveau du tableau, répartie (cf. fig. 5 ).
c une structure hiérarchisée pour la circulation
des flux d'informations, Les tableaux électriques BT se caractérisent par
c une nécessité de développements spécifiques, leur diversité en taille et en fonctions à satisfaire.
nécessitant le recours à des spécialistes. A travers les solutions déjà mises en œuvre,
décrites dans ce présent chapitre, il se dégage
Dans l'environnement du tableau électrique, la aujourd'hui un ensemble de principes qui
décentralisation des traitements est devenue une permettent de définir et spécifier ce que l'on
réalité grâce aux bus numériques ; c'est le cas : appelle un «tableau intelligent» et le système de
c en contrôle de process, les automates avec contrôle-commande correspondant :
plusieurs centaines d'entrées/sorties font place c Un «tableau intelligent» se définit par sa
progressivement, après l'utilisation des capacité à traiter de manière autonome les
entrées/sorties déportées, à des réseaux fonctions qui sont de son ressort et à s'intégrer
d'automates et de micro-automates placés au dans un système de conduite d'une installation
plus près des capteurs/actionneurs qu'ils électrique.

Solutions à base Solution Appareillages


d’automates tableaux automatisés communicants
Limites Spécifique à chaque Solution réservée à Solutions
application ; peu évolutive de grands tableautiers mono-fonctionnelles
Volume de câblage Mise en œuvre par des Multiplication du nombre
important spécialistes API de modules
Mise en œuvre par Mise en œuvre par des
spécialistes API électriciens spécialisés
en communication
Points forts Matériel éprouvé et utilisé Principe de Technologie éprouvée
dans les grands sites décentralisation des bus de terrain
industriels
Solutions parfaitement Maîtrise des fonctions Produits industrialisés
adaptées au besoin de par l’électricien résistant aux contraintes
chaque client lors de la CEM du tableau
mise en service
Fonctions standardisées
au fur et à mesure des
affaires

fig. 4 : limites et points forts des solutions traditionnelles pour répondre au besoin de contrôle-commande.

Cahier Technique Schneider n° 186 / p.10


c Le système, afin de répondre à la diversité des c Le tableau intelligent apporte aux utilisateurs,
installations, doit être construit à partir des face au besoin d'automatisation et d'informations
principes suivants : pertinentes :
v il doit être modulaire aux niveaux matériel et v un niveau accru de sûreté de fonctionnement
logiciel, et d'évolutivité,
v la décentralisation des traitements doit être v une standardisation des solutions, même pour
optimisée, les grands sites,
v les fonctions et produits doivent être v une réduction des coûts et une simplification
standardisés et conçus pour être mis en œuvre de la mise en œuvre,
par un électricien et intégrés dans les conditions v une exploitation et une maintenance facilitées.
sévères d'environnement d'un tableau électrique.

Gestion
de l'entreprise

Poste de gestion Poste de gestion de la Poste de contrôle


du bâtiment distribution électrique de la production

Intrusion Réseau Atelier


MT

Sécurité TGBT M.C.C.


incendie

Contrôle et
autorisation Groupes Machine
d'accès

Variateur
Climatisation Onduleurs de vitesse,
démarreur

Unités de traitement Unités de traitement Automates programmables


fig. 5 : architecture décentralisée en GTB, GTE, GTP.

Cahier Technique Schneider n° 186 / p.11


3 Le tableau intelligent

Le tableau intelligent, tel que défini dans le cha- décentralisées et réparties de manière
pitre précédent, s'appuie sur le concept d'archi- optimisée, au niveau d'une installation complète
tecture décentralisée avec intelligence répartie. (GTE), d'un tableau BT ou d'un départ.
Après avoir explicité ces termes, nous verrons Ensuite les critères conduisant au choix d'un bus
comment les différentes fonctions d'une de communication interne au tableau BT adapté
installation électrique peuvent être à ces besoins seront expliqués.

3.1 Architecture décentralisée et intelligence répartie - définitions


c Un parallèle avec le fonctionnement de nos Enfin, une même fonction peut être répartie
sociétés permet de mieux comprendre ces entre plusieurs subordonnés, ce qui implique des
termes. échanges d’informations et une certaine
Dans les organisations centralisées, toutes les autonomie de l’équipe ainsi constituée.
décisions sont prises par le «chef» ; les subor-
c La figure 6 montre comment une fonction
donnés lui transmettent toutes les informations
peut être :
et attendent les ordres pour les exécuter.
v soit totalement décentralisée,
Dans une organisation réellement décentralisée,
v soit partiellement décentralisée, l'exécution de la
une majorité des décisions est déléguée par le
fonction étant décentralisée, le paramétrage
chef à ses subordonnés : dans la limite de sa
restant centralisé et commun à plusieurs fonctions,
délégation, chacun agit de manière autonome et
v soit répartie entre équipements de même
rend compte de manière synthétique à son
niveau hiérarchique.
supérieur. Seules les fonctions intéressant tous
les individus sont centralisées : la paye par c La décentralisation appliquée dans les
exemple. entreprises se retrouve de manière analogue

Solution 1 : Solution 2 :
Système centralisé, F1 F2 Traitement centralisé, F1 F2
(acquisition et traitement). acquisition décentralisée.
F3 F3

F4 F5 F4 F5

Solution 3 : Solution 4 :
Décentralisation des F1 F2 Traitement réparti des F1
fonctions F3, F4. fonctions F2, F5.

F5

F2

F3 F4 F3 F4 F5

fig. 6 : du système centralisé au système décentralisé à intelligence répartie.

Cahier Technique Schneider n° 186 / p.12


pour le contrôle-commande d'une installation (architecture et protection) obéit à ces mêmes
électrique : le concept de GTC basé sur un principes ; ce qui permet une bonne cohérence
fonctionnement centralisé fait place à celui de entre les systèmes courant fort et courant faible,
GTE basé sur une architecture décentralisée (cf. fig. 7 ).
arborescente avec des traitements répartis. Illustrons maintenant ces concepts appliqués à
Il faut noter que la distribution de puissance différentes fonctions électriques.

Poste de livraison

Surveillance
commandes et
Poste de paramétrages par
conduite l'exploitant.
G

Tableau BT
VAR Contrôle-commande
Centrale
TGBT du tableau.

Console de
configuration

Fonctions autonomes
et mesures,
et contrôle-commande
au niveau des départs.

VAR

fig. 7 : installation de petite ou moyenne puissance avec un système de contrôle-commande associé (GTE) dont l’essentiel se situe dans le
TGBT.

3.2 Décentralisation des fonctions dans une installation électrique


Gestion de contrat reçoivent les consignes de fonctionnement d'un
Une telle fonction nécessite une vue globale de système amont.
l'installation.
Gestion temporelle des départs
Dans beaucoup de cas (petites et moyennes
installations) le tableau BT est le point central de Traditionnellement, dans les systèmes de GTC,
l'installation. Cette fonction est alors traitée par la cette fonction est dévolue au superviseur qui
centrale de ce tableau BT, avec paramétrage permet à la fois le paramétrage des plages de
local ou à distance (depuis un poste de conduite). fonctionnement des départs et les ordres d'enclen-
Si le site est important (réseau MT), les tableaux chement et de déclenchement des appareils.

Cahier Technique Schneider n° 186 / p.13


Le paramétrage des plages doit se faire au d'une horloge interne régulièrement remise à
niveau du poste de conduite, car c'est depuis jour par le superviseur.
ce poste que l'exploitant réalise ces
paramétrages. Sur la figure 8 sont illustrés les flux d'information
Par contre, dans une GTE, l'exécution de ces pour une solution traditionnelle centralisée et
commandes est réalisée au niveau de la centrale une solution décentralisée. Il apparait que plus
de tableau, voire même au niveau de chaque les traitements sont décentralisés, plus les flux
appareil. Il lui suffit pour cela de recevoir les d'informations permanents sont réduits ; par
consignes de fonctionnement, et d'être dotée contre, de nouveaux échanges d'informations,

Si GTC : Si GTE :

Paramétrage des plages


Paramétrage des plages
Mémorisation des paramètres
par l'exploitant
Elaboration des commandes

Transmission des comandes


et des comptes-rendus

Exécution des commandes

Q1 Q2

TGBT 1

Départs non intelligents Départ 1 Départ 2

Transmission des paramètres

Mémorisation des paramètres


Elaboration et exécution des
commandes
Q3 Q4

TGBT 2
Départs dotés d'une
Départ 3 Départ 4 intelligence
(horloge interne + mémoire)
apte à intégrer une partie
de la fonction

fig. 8 : gestion temporelle des départs, selon que cette gestion est centralisée (GTC) ou décentralisée et répartie (GTE).

Cahier Technique Schneider n° 186 / p.14


beaucoup plus limités, sont nécessaires pour c'est une centrale de tableau BT qui réalisera
mettre périodiquement à jour les différentes cette fonction de manière autonome (cf. fig. 9 ) ;
horloges internes et transmettre les nouvelles c par contre, si la source de secours alimente la
consignes de fonctionnement. MT et/ou plusieurs TGBT, cette fonction sera
alors répartie entre la centrale du tableau MT et
Gestion des sources les centrales des différents tableaux B.T.
Cette fonction agit sur les disjoncteurs d'arrivée
intégrés dans le tableau en fonction Régulation varmétrique
d'informations élaborées dans le tableau ou à La régulation du facteur de puissance par
proximité immédiate. Il est donc tout-à-fait gestion de bancs de condensateurs est un
logique que les traitements associés à cette automatisme indépendant implanté dans un
fonction soient exécutés dans le tableau
produit que l'on appelle régulateur varmétrique.
électrique. On remarquera qu'en technologie à
Ce régulateur est appelé à fonctionner de
base de relais, les platines de relais étaient
manière autonome dans plus de 90 % des
installées dans le tableau et les schémas faits
par le tableautier. C'est l'apport d'une nouvelle installations. Un régulateur varmétrique
technologie, non maîtrisée par la plupart des communicant peut, avec intérêt, s’intégrer dans
tableautiers, qui a déporté ces traitements dans le système de GTE ; les fonctions
un API centralisé ! complémentaires ci-après sont alors réalisables :
Si le schéma d'arrivée est simple, par exemple le c le paramétrage depuis un poste de conduite,
classique Normal/Secours, cette fonction est c l'exploitation d'alarmes de dysfonctionnement
totalement décentralisée et réalisée par un traitées par la centrale de tableau,
produit standard autonome ; dans les cas plus c l'exploitation des informations de maintenance
complexes au niveau du schéma des arrivées ou dans le cadre de la maintenance globale du
nécessitant un délestage paramétrable des tableau,
départs, c'est au niveau centrale de tableau c la coordination de la fonction régulation
qu'elle sera implantée : varmétrique avec d'autres fonctions du tableau :
c si la source de secours alimente le seul TGBT, par exemple, en cas de fonctionnement sur GE,

Ordre de démarrage GE
GE

Présence Un
Centrale du
Présence Us TGBT

fig. 9 : exemple de gestion des sources - Dans cette solution, la centrale gère les départs : relestage progressif des départs prioritaires en
fonctionnement sur GE. L’affectation des départs en prioritaire et non prioritaire est paramétrable. On notera qu’il n’est pas nécessaire de
séparer le jeu de barres en deux parties et que l’on économise ainsi l’appareil de couplage. Enfin, cette solution permet aisément de traiter des
schémas à multiples arrivées.

Cahier Technique Schneider n° 186 / p.15


il est nécessaire de déconnecter les Il apparait que le flux d'informations est réduit, la
condensateurs. Ce traitement peut être réalisé centrale reçoit une information, lance un ordre sur
en ouvrant le disjoncteur alimentant les bancs de le bus et les disjoncteurs concernés l’exécutent.
condensateurs, ou en transmettant une consigne
d'arrêt au régulateur lorsque celui-ci est raccordé Gestion d'un départ ou d'une arrivée
par bus à la centrale de tableau qui gère ou La gestion d'un départ (ou d'une arrivée) peut
surveille la permutation de source. intégrer tout ou partie des fonctions suivantes :
c contrôle-commande (commande de l'appareil
Délestage sur seuil et acquisition de son état),
Dans certaines situations (baisse de tension liée c mesure (courants, puissance, énergie...),
à un incident sur le réseau, perte d'une source, c interface opérateur local, ou déporté,
dépassement de la puissance disponible sur la c communication avec la centrale de tableau.
source alimentant le tableau...), il peut être La répartition de ces fonctions dans différents
nécessaire de délester rapidement un groupe de modules (cf. fig. 11 ) est une solution permettant
départs non prioritaires (problème de stabilité de résoudre les contraintes suivantes :
dynamique par exemple). c tous les départs ne nécessitent pas l'ensemble
La figure 10 illustre le traitement décentralisé du des fonctions listées ci-dessus,
délestage des départs non prioritaires, suite à un c l'interface opérateur peut être déporté,
dépassement de la puissance distribuée par le c celui-ci doit pouvoir être adapté en fonction de
TGBT. l'utilisateur (langue, type d'intervenant...).

Paramétrer : seuil et Prioritaire/Non-Prioritaire


pour chaque départ

Centrale Stocker paramètre seuil


Décider : si Mesure de P>Seuil alors
de tableau
envoyer ordre de délestage

M Mesurer la puissance

Stocker paramètre P/NP


Décider ouverture : si paramètre NP,
ouvrir le départ sur ordre de délestage
Q1 Q2 Q3
Commander les disjoncteurs

fig. 10 : exemple de traitement décentralisé de l’ordre de délestage de puissance.

Cahier Technique Schneider n° 186 / p.16


Centrale
de
tableau

Contrôle
Commande

M1

Affichage
local

M3
Mesure

M2

Départ 3 : fermé
I1= 125 A ; E= 327 KVAh

M4

La commande de l'appareil et la lecture de ses états sont traitées par le module M1.
Le module M2 mesure les courants et tensions et élabore les informations de puissance et d'énergie.
Le module M3 affiche localement en face avant du tableau les états et mesures du départ et peut commander celui-ci.
Le module M4, identique au module M3 est un affichage déporté en dehors du local électrique. Le mode d'affichage
peut être différent de M3

fig. 11 : exemple de répartition des traitements appliquée à la gestion d’un départ.

3.3 Architecture décentralisée et traitements répartis - intérêts


Maîtrise de la complexité Contraintes technico-économiques
Un problème complexe peut souvent se Comme déjà vu dans le chapitre précédent, la
décomposer en une somme de problèmes multiplication du flux d'informations conduit à
élémentaires simples. Ainsi, la conduite d'une développer des architectures hiérarchisées. De
installation électrique peut s'avérer compliquée la même façon que dans une installation
en raison de la taille et du nombre de fonctions à étendue, on hiérarchise la distribution de
traiter. En décentralisant une part importante des l'énergie (TGBT, tableaux secondaires, coffrets
fonctions, la plupart des traitements sont confiés terminaux...), une hiérarchisation des traitements
à des entités plus réduites : ils sont alors plus des informations est la solution la plus
facilement maîtrisables et standardisables. La pertinente :
notion d'Ensemble de Série déjà utilisée pour la c les contraintes (temps de réponse, environne-
partie puissance des tableaux électriques ment, débit...) ne sont pas les mêmes à
s'étend désormais aux fonctions de la GTE. l'intérieur d'un tableau et dans l'ensemble de
L'entité de niveau supérieur se trouve alors l'installation,
notablement allégée et peut se consacrer aux c toutes les informations utiles à une fonction ne
traitements qui sont réellement de son ressort. sont pas nécessairement utiles au niveau

Cahier Technique Schneider n° 186 / p.17


supérieur ; ainsi, toutes les informations au seul sous-système concerné, permettant au
disponibles en local n'intéressent pas forcément reste de l'installation de rester opérationnel, dans
l'exploitant : un mode de fonctionnement éventuellement
v certaines informations sont destinées à la dégradé. Par exemple, en cas d'intervention pour
maintenance, maintenance de la centrale de tableau, les
v d'autres informations sont à synthétiser pour fonctions locales internes au tableau restent
éviter de noyer l'exploitant sous une avalanche opérationnelles, ceci grâce à la décentralisation.
d'informations (cf. fig. 12 ).
v le coût de programmation est réduit par Maintenabilité
l’utilisation de «codes» standards pour la grande Un système décentralisé met en œuvre un grand
majorité des fonctions. nombre d'unités de traitements, leur taux de
défaillance n'est pas cumulatif.
Continuité de service Le nombre limité de points de connexion
Dans un système centralisé, une panne conduit à minimise les pannes.
une interruption de service sur l'ensemble de Le taux de couverture des pannes est proche de
l'installation. A l'inverse, dans un système 100 %, grâce à un ensemble d'auto-tests sur les
décentralisé, la même panne peut être circonscrite produits numériques et les bus de communication.

Souplesse de mise en œuvre


c La mise en service d'un nouveau site se
Information Utilisation déroule souvent sur des périodes de temps
Local Poste de importantes. Il n'est pas rare que pour des
maintenance conduite raisons budgétaires, le poste de conduite à
Position appareil X X distance soit livré un an ou deux après la mise en
Départ en défaut X X service des tableaux. La réalisation décentralisée
Mesure d’énergie X de nombreux traitements au niveau de chaque
Départ indisponible (synthèse) X tableau permet à ceux-ci de fonctionner de
v appareil débroché/verrouillé X manière autonome pendant toute cette phase.
v appareil non alimenté X c Dans le cadre de rénovation d'installations
Réglage déclencheur X existantes, la campagne de remise à niveau peut
Délestage en cours X X également être planifiée sur plusieurs années.
La décentralisation simplifie le remplacement
fig. 12 : exemple de sélection des informations d'un tableau : le nouveau tableau peut être testé
disponibles en fonction de leur destination. en usine et une seule liaison série suffit à le
raccorder au système de conduite.

3.4 Conclusions sur la décentralisation des traitements dans un tableau BT


Les exemples traités dans le chapitre 3 montrent raccorder par bus à la centrale de tableau ; celle-
que les fonctions gérées au niveau d’un TGBT ci apporte des fonctions complémentaires telles
intelligent peuvent être plus ou moins réparties que :
dans différentes unités de traitement : v paramétrage de ces produits par un outil plus
c Certaines fonctions sont prises en charge par convivial, commun à l'ensemble des fonctions
la centrale de tableau lorsque : traitées dans le tableau,
v les traitements sont complexes et ne peuvent v gestion minimale en modes de fonctionnement
être réalisés dans un module autonome standard dégradés,
(exemple : gestion des sources dans le cas de v prise en compte dans les fonctions de
multiples arrivées), maintenance prédictive et corrective.
v elles font appel à des traitements communs à Les différentes fonctions citées dans ce
d'autres fonctions ; par exemple, une document se placent sur l'architecture explicitée
permutation de source peut être causée par la dans la figure 13 :
perte du réseau normal ou par un ordre lié à la c La centrale de tableau est chargée de :
gestion de contrat tel que l'EJP, v traiter les fonctions globales au niveau du
v elles doivent être coordonnées avec d'autres tableau et interdépendantes,
équipements, par exemple lorsque la gestion v coordonner les fonctions gérées par les
des sources de remplacement est faite en MT. modules en aval,
c Certaines fonctions autonomes peuvent être v s'ouvrir et s'intégrer dans un système de
remplies par des produits dédiés et optimisés conduite amont,
pour cette fonction (cas du régulateur v dialoguer avec un terminal destiné à
varmétrique ou de l'inverseur de source). l'électricien en charge des opérations de mise en
Lorsque ces produits autonomes s'intègrent œuvre et de maintenance. Ce terminal est
dans un tableau intelligent, ils peuvent alors se connecté localement devant le tableau pendant

Cahier Technique Schneider n° 186 / p.18


ces interventions. Il ne se substitue aucunement La liaison entre ces modules et la centrale de
au poste de conduite centralisé à partir duquel tableau se fait par bus numérique. Rappelons
l'exploitant gère son installation. que l'utilisation des bus offre de nombreux
c Certains modules sont chargés de traiter des avantages :
fonctions autonomes (régulation varmétrique, c réduction massive de la circulation de fils fins
contrôle d'isolement...) dans le tableau, et donc des coûts de câblage et
c D'autres modules sont chargés de gérer un du volume réservé à cet effet,
départ ou une arrivée. c réduction des risques de pannes latentes liées
Cette modularité permet : à des connexions défectueuses,
v d'intégrer le contrôle-commande dans la notion chez le tableautier,
d'unité fonctionnelle standardisée et testée, c réduction des temps d’étude et de câblage
v de standardiser la connectique entre le module chez le tableautier,
c plus grande évolutivité de l'installation : rajout
et l'appareillage, réduisant ainsi les risques de
de départs ou de fonctions sur une installation
pannes liées à la connectique,
existante.
v d'intervenir sur un départ sans condamner
d'autres éléments du tableau en cas de panne Le chapitre suivant décrit les types de bus qui
ou d'évolution de l'installation. conviennent le mieux au process électrique.

Poste de conduite
de l'installation

Configuration

Gestion des sources


Centrale
Fonctions avec délestage-
de
centrales relestage
tableau

Fonctions Gestion du groupe


autonomes Régulation varmétrique
Onduleurs
Contrôle d'isolement

Contrôle-commande
Fonctions et mesure départs
locales

Tableaux
secondaires

fig. 13 : répartition des fonctions dans l’architecture d’un tableau.

Cahier Technique Schneider n° 186 / p.19


3.5 Un bus de tableau adapté au process électrique

Pour sélectionner un réseau de terrain adapté, il Dans des installations complexes où la


est essentiel de bien connaitre les contraintes production locale est couplée à l'alimentation par
liées au process électrique, notamment : flux le distributeur, si celle-ci disparait, il faut
d’informations, temps de réponse, pratiquer un délestage en une fraction de
environnement… seconde de certains départs avant que les
protections de l’alternateur n’agissent.
Caractéristiques du process électrique
c Des flux d'informations dimensionnés par les
c Un process naturellement stable et continu. mesures.
Une installation électrique a comme mission de
Les mesures électriques peuvent amener un flux
distribuer l'énergie à chacun des
permanent d'informations sur le bus de tableau :
consommateurs. L'objectif d'un TGBT est donc
tensions, courants, puissances et énergies sont
de maintenir les départs en position enclenchée
les données les plus couramment rencontrées.
en permanence. L'ouverture d'un appareil peut
Le dimensionnement du bus dépendra du
être liée aux événements suivants :
v intervention d'une protection suite à un défaut nombre d'informations à transmettre, mais aussi
électrique, et surtout de la fréquence de transmission de
v demande d'un exploitant pour isoler un circuit ces informations :
(pour intervention, pour couper l'éclairage d'un v une valeur de courant ou de puissance peut
étage en fin de journée...), servir à l'exploitant pour suivre en «temps réel»
v intervention d'un automatisme de délestage son réseau électrique ; une périodicité de
des départs non prioritaires, suite à une perte de quelques secondes peut s'avérer nécessaire ;
la source normale par exemple. v une valeur d'énergie est intégrée au minimum
Le changement d'état d'un appareil a donc un sur plusieurs minutes ; la fréquence de
caractère exceptionnel ; un tableau électrique transmission de cette mesure est donc faible.
est en permanence dans un état naturellement c Une mise en œuvre liée aux contraintes du
stable. On remarquera d'ailleurs que les tableau électrique.
disjoncteurs sont par nature bistables... L'installation d'un bus à l'intérieur d'un tableau
c Des situations, causes d'avalanches électrique doit tenir compte des contraintes
d'informations. suivantes :
A contrario, certaines situations peuvent v le réseau doit être insensible aux perturbations
entrainer une avalanche d'informations dans des électromagnétiques importantes qui existent
espaces de temps très courts. Par exemple, sur dans un tableau BT ;
perte de la source alimentant le tableau, les v il doit être simple à mettre en œuvre lors du
appareils monostables tels que les contacteurs câblage du tableau, mais également à l'occasion
vont s'ouvrir simultanément et les automatismes d'évolutions de celui-ci ;
Normal/secours et de délestage vont agir sur les v enfin, un tableau BT se caractérise par un
disjoncteurs. grand nombre de points de raccordement ; le
c Des contraintes temps réel limitées. coût du point de connexion est donc un élément
Dans une installation électrique, le temps de déterminant dans le choix du réseau.
réponse du système à une sollicitation dépend
de la nature de celle-ci : Les protocoles de type maître/esclave non
v sur un ordre opérateur depuis un poste de adaptés
supervision, le système doit répondre dans un Dans les solutions décrites au chapitre 2, il y a
délai «acceptable» par celui-ci, soit environ une communément des protocoles de type
à deux secondes entre l'action de validation maître/esclave, ModBus par exemple (pour plus
«clic» de la commande par l'opérateur et le de précisions, voir le Cahier Technique n°147).
changement d'état de l'appareil visualisé à
l'écran. Pour un tableau automatisé de base, c'est-à-dire
v pour les automatismes de permutation de ne gérant que des commandes et des comptes-
source, il n'existe pas de contrainte de temps de rendus d'états, un protocole
réponse liée au process électrique ; l'objectif est maître/esclave permet de satisfaire les
de réduire au minimum le temps pendant lequel performances demandées. Ainsi, sur la base
les consommateurs ne sont pas alimentés. Des d'un tableau de 50 départs et arrivées, la
temps de réponse de quelques centaines de scrutation de l'état de l'ensemble des départs et
millisecondes sont tout-à-fait raisonnables. arrivées, à raison de 20 ms par station
v en fonctionnement sur Groupe Electrogène, si interrogée, peut se faire en environ 1 seconde.
la puissance nominale du GE est dépassée, il Sur événement (ordre superviseur ou
est nécessaire de délester des départs non intervention d'un automatisme dans la centrale
prioritaires. Le temps de surcharge autorisé est de tableau), la scrutation des états peut être
fourni par le fabricant de groupe en fonction du interrompue pour envoyer les commandes
taux de surcharge. nécessaires.

Cahier Technique Schneider n° 186 / p.20


Par contre, dès que des fonctions requises entre les deux messages et décident d'arrêter
nécessitent la transmission de mesures, ce type leur émission ; chacune tentera de réémettre le
de protocole devient rapidement inadapté, par sien ultérieurement. Cette solution est utilisée
augmentation du temps de cycle de scrutation. par Ethernet
- le CSMA-CA (Collision Analysis) dans ce cas,
De plus, sur changement d'état d'un appareil
un dispositif permet à la station émettant la
suite à un déclenchement, l'information ne sera
trame la moins prioritaire de se retirer, laissant à
connue par la centrale de tableau que lors de la
la trame la plus prioritaire de continuer son
prochaine scrutation. émission. La gestion des priorités est faite au
Enfin, ce type de protocole est inadapté pour des niveau du codage de la trame transmise. Cette
traitements répartis car la centrale ne peut jouer solution est utilisée par BatiBus (cf. fig. 14 ).
son rôle de maître que si toutes les informations v Le temps de réponse non déterministe : en
passent par elle. fonction de la charge sur le bus, le délai de
transmission d'une trame n'est pas constant. Il
L'utilisation de protocoles CSMA n'est donc pas possible de garantir un temps de
A la différence des protocoles utilisant un accès transmission maximum avec ce type d'accès au
au médium maître/esclave, les protocoles CSMA médium. Toutefois, certains dispositifs et règles
(Carrier Sense Medium Access) permettent aux de conception permettent d'obtenir des temps de
stations connectées au réseau d'émettre transmission maximum avec un taux de
spontanément uniquement en cas de besoin. confiance proche de 100 %. Ainsi, sur BatiBus,
c Les contraintes du CSMA les commandes sont des trames prioritaires,
permettant de résoudre ce problème.
L'accès aléatoire sur le médium soulève trois
contraintes qui n'existent pas avec un v Détection de stations en panne
fonctionnement de type maître/esclave, par Dans un système utilisant un accès au médium
nature centralisé. Ces contraintes sont maître/esclave, la panne d'un esclave est
facilement résolues. détectée au moment de la scrutation de celui-ci
par le maître.
v Le risque de collision : plusieurs stations Dans un protocole où seules sont émises des
connectées pouvant parler simultanément ; des trames utiles, un module en panne ne sera pas
règles sont établies pour éviter la collision entre détecté. Il reste à la charge de chaque
les différents messages. application de prévoir des dispositifs de
Deux cas existent : surveillance permettant de s'assurer
- le CSMA-CD (Collision Detection) dans ce cas, périodiquement du bon état de fonctionnement
les stations détectent l'interférence sur le réseau de chaque module.

Station 1 1 1 0 1 0 1 1 0

Station 2 1 0 0 Abandon transmission

15 V

Etat de la ligne

0V

Contrôle de la ligne OK OK OK OK OK OK OK OK
par la station 1
_ _ _ OK OK Erreur
Contrôle de la ligne
par la station 2

La station 1 laisse Les stations 1 et 2 La station 1 n'a pas détecté


la ligne au repos laissent la ligne au la collision et peut terminer
repos l'émission de son message
La station 1 pince la ligne Les stations 1 et 2 La station 1 pince la ligne
et la met en court-circuit pincent la ligne la station 2 laisse la ligne au repos
elle détecte la ligne en court-circuit,
constate une collision et arrête
d'émettre.
fig. 14 : exemple d’une analyse de collision avec BatiBus.

Cahier Technique Schneider n° 186 / p.21


c Les avantages d'un bus CSMA pour une
installation électrique.
Dans les paragraphes précédents, il a été
démontré qu'il était possible de s'affranchir des 0 ms
Etats c Les états sont
contraintes propres aux bus CSMA. Commandes transmis sous
Les principaux avantages que procure ce type forme de variables
de fonctionnement sont les suivants : périodiques toutes
les 10 ms.
v optimisation des échanges : un protocole de
type CSMA permet d'optimiser les échanges, car c Les commandes
le bus n’est pas encombré par la scrutation sont transmises
sous forme de
permanente. Ainsi, pour un process stable 10 ms messages
comme l’est normalement une installation Etats
périodiqes toutes
électrique, avec la même vitesse de les 20 ms.
transmission qu'avec un protocole c Le temps
maitre/esclave, le nombre d'informations utiles disponible (en
est notablement plus important, et les temps de grisé) permet de
réponse peuvent être plus faibles. transmettre sous
v Réduction des coûts : plus la vitesse de forme de messages
transmission est forte, plus les contraintes 20 ms apériodiques les
Etats paramètres,
d'installation pour se protéger contre les pertur-
Commandes mesures,
bations électro-magnétiques sont fortes, et donc
informations de
les coûts importants. Un protocole de type diagnostic ...
CSMA, permettant de choisir une vitesse plus
faible, les coûts liés à la transmission se trouvent
réduits.
v Décentralisation des traitements : ce type
d'accès permet de traiter de manière optimisée 30 ms
Etats
les traitements décentralisés et/ou répartis.
L'exemple de la figure 15 (décentralisation)
montre la simplification des échanges
d'information (messages aux NP : ouverture) par
rapport à un dispositif centralisé maître/esclave.
A noter qu’en cas de traitement «réparti», c’est
le module de mesure qui donne directement
40 ms
l’ordre de déclenchement aux NP, ainsi même Etats
en cas de panne de la centrale de tableau, le Commandes
délestage reste opérationnel !

L'utilisation de FIP pour les applications MCC Temps


Certaines applications en milieu industriel ont
des exigences très sévères de continuité de fig. 15 : diagramme temporel MCC avec FIP.
service et de performance se traduisant, par
exemple, par un temps de réponse garanti
(déterministe) pour une commande venant d'un c des données peuvent être diffusées
automatisme pilotant le process. C'est le cas de périodiquement sur le réseau, (commandes et
certains tableaux MCC (Motor Control Centers). états par exemple),
A la différence d'un TGBT, les commandes c les stations peuvent demander à l'arbitre de
d'ouverture et de fermeture d'un appareil n'ont bus le droit d'émettre des informations en cas de
plus de caractère exceptionnel. besoin, (changement significatif de la valeur
Dans ce cas, les performances d'un réseau d'une mesure...),
maître/esclave ne sont pas suffisantes (à moins c les données produites par une station peuvent
d'utiliser des vitesses de transmission très être consommées par une ou plusieurs autres
élevées, générant des surcoûts importants) et un stations, (pour les traitements répartis),
réseau avec accès aléatoire au médium est c enfin, le protocole intègre différents dispositifs
inadapté. permettant de garantir un très haut niveau de
sûreté de la transmission.
C'est pour ce type d'utilisateurs que le réseau
FIP a été conçu par des industriels et des C’est ainsi que sont retrouvés les avantages :
constructeurs. Sans détailler ici son fonction- c du maître/esclave (temps de réponse
nement, nous pouvons indiquer qu'il présente la déterministe et garanti),
particularité de reprendre les avantages du c de l'accès aléatoire (transmission
maître/esclave et de l'accès aléatoire : d'informations utiles ou sur événement) avec des
c l'accès au médium est contrôlé par un arbitre performances importantes, et la satisfaction de
de bus (localisé dans la centrale de tableau pour contraintes de sûreté de fonctionnement très
un tableau BT), sévères.

Cahier Technique Schneider n° 186 / p.22


4 Des exemples de mise en œuvre

4.1 Centre Informatique


Les besoins de l’exploitant Ces deux options permettent de rentabiliser
Dans un centre informatique opérationnel l'installation en moins de trois ans, grâce à une
24 heures sur 24, le premier souci du facture d'électricité moins élevée.
responsable électrique est d'assurer une La solution mise en œuvre
disponibilité permanente en énergie, avec une c Installation électrique
grande réactivité pour la maintenance. L'installation électrique est alimentée par une
En complément de ces besoins de base, le client boucle en Moyenne tension de 20 KV,
souhaitait diminuer sa facture d'énergie par : alimentant un transformateur 1000 KVA,
c une action sur le cos ϕ, alimentant lui-même un TGBT (cf. fig. 16 ).
c la souscription d’un contrat EJP (Effacement Le TGBT est un tableau à tiroirs débrochables. Il
jours de pointe). alimente 23 départs, dont 2 en réserve. Les

Cellule MT

Local du gardien
1000 KVA
20 KV /
230-400V
F

550 KVA G D

C
VAR

TGBT
E
C B

A A

A A A A A

VAR

Onduleurs

fig. 16 : solution mise en œuvre pour un centre informatique.

Cahier Technique Schneider n° 186 / p.23


départs de forte puissance sont équipés de v Surveillance à distance : en cas d'incident sur
télécommandes. l'installation électrique, le gardien est prévenu
Les ordinateurs sont alimentés à travers deux immédiatement grâce à une console de
onduleurs en redondance. supervision lui transmettant les alarmes issues
Un groupe électrogène de 550 KVA est capable du TGBT.
de reprendre en secours l'ensemble des c Le système de contrôle-commande
équipements électriques du Centre.
v Chaque arrivée et départ du TGBT est géré
c Les fonctions à réaliser par un module (repéré A sur le schéma) qui :
v Permutation de source : en cas d'absence de - acquiert l'état du départ (ouvert, fermé,
tension en aval du transformateur MT/BT (ou de déclenché, débroché...)
signal EJP), le tableau est alimenté - affiche localement cet état
automatiquement par la source de - commande celui-ci en ouverture, fermeture ou
remplacement. L'armoire gérant le groupe reçoit réarmement, pour les arrivées et départs à
des ordres d'arrêt et de marche venant du TGBT télécommandes. Ces commandes peuvent être
et assure la gestion du GE de manière données localement ou via le bus de tableau.
autonome. - dialogue avec la centrale de tableau via le bus
Lors du passage sur GE, les départs de forte de communication numérique.
puissance sont délestés pour minimiser l'impact
v Une centrale de tableau (repérée B sur le
de charge au moment de la commutation, avant
schéma) située dans le TGBT est chargée :
d'être relestés un à un avec une temporisation
- d’assurer le contrôle-commande des arrivées et
individuelle réglable.
départs via les modules repérés A sur le
Au retour de la tension sur le réseau, le tableau
schéma,
rebascule automatiquement sur la source
- d’acquérir en direct les informations suivantes :
normale et demande l'arrêt du groupe.
présence tension réseau ou GE (via des relais
v gestion du contrat : le distributeur d'énergie de tension repérés C sur le schéma), passage
prévient le consommateur du passage en mode en mode EJP (relais EJP répéré E sur le
«EJP» 30 minutes à l'avance. Ce signal schéma),
transmis par le réseau est décodé par un relais - de transmettre un ordre de démarrage à
spécifique. A sa réception, le tableau passe sur l'armoire gérant le GE (repérée D sur le schéma)
GE, exactement comme s'il s'agissait d'une - de traiter les permutations de sources causées
perte du réseau. A sa disparition, le retour sur le par une absence de tension réseau ou un
réseau se fait automatiquement. passage en mode EJP,
v Régulation varmétrique : une batterie de - de générer et transmettre des alarmes à la
compensation de l'énergie réactive de 100 KVAr console de supervision qui les affiche sous une
est pilotée par un régulateur varmétrique. forme adaptée (repérée F sur le schéma).

4.2 Hôpital
Les besoins du client v Deux onduleurs alimentent les départs à Haute
Dans un hôpital, la continuité de service en Qualité et Prioritaires.
énergie électrique est primordiale. Nous allons v Les départs sont regroupés dans trois TGBT.
examiner le cas d'un centre hospitalier de taille Le schéma de la figure 17 explicite le principe
moyenne. d'alimentation de chaque départ pour le TGBT1.
Pour gérer au mieux la distribution électrique, et c Organisation de la GTE
conformément aux souhaits de l’exploitant :
v Un poste de conduite (superviseur) permet
c Les départs sont classés en trois catégories :
surveillance, commandes et paramétrages par
secourus, prioritaires, sans coupure ; chaque
arrivée ou départ est surveillé et peut être l’exploitant.
commandé à distance depuis le superviseur. v La centrale «TGBT répartition» :
c L’ensemble de l’installation est supervisé à - permet le contrôle-commande des disjoncteurs
distance. arrivées et départs,
- contrôle le bon fonctionnement des relais
La solution mise en œuvre varmétriques (compensation de l’énergie réactive)
c Installation électrique et supprime la compensation en absence de
v L'installation électrique est alimentée par une tension secteur (fonctionnement des GE),
boucle en Moyenne tension de 20 KV, - dialogue avec les unités de traitement des
alimentant trois transformateurs 1000 KVA, onduleurs,
alimentant eux-mêmes un TGBT de répartition. - fournit l’information : transformateurs en
v Deux groupes électrogènes de 400 KVA sont service.
capables de reprendre en secours certains v La centrale «TGBT-GE» :
équipements du Centre. - assure le contrôle-commande des disjoncteurs,

Cahier Technique Schneider n° 186 / p.24


- dialogue avec les armoires de commande des départs secourus à partir de l’information fournie
groupes : contrôle et transmission des ordres de par les relais de tension :
marche et arrêt, . délestage des gros départs,
- dialogue avec les TGBT (1-2-3 et HQ) qui . émission d’une demande de démarrage des
émettent un ordre de démarrage des GE et GE,
reçoivent une consigne de puissance maxi à . fermeture du disjoncteur d’arrivée GE,
consommer en fonction des GE en service et - assurent la régularisation de charge : les
départs secourus étant classés par piorités
des TGBT alimentés (tous ne le sont pas
d’alimentation : les départs sont délestés ou
nécessairement lors d’opérations de
relestés en fonction de la puissance générée par
maintenance).
1 ou 2 GE ou fournie par 1, 2 ou
v Les centrales des TGBT 1-2-3 : 3 transformateurs,
- contrôlent et commandent les disjoncteurs, - dialoguent avec le contrôleur d’isolement des
- assurent la fonction normal/secours des départs «sans coupure».

2 x 400 kVA

GE GE
Cellule MT

TGBT GE

Réseau 20 kV

3 x 1000 kVA TGBT2 TGBT3


TR 20 kV / 230-400V

TGBT de TGBT H.Q.


répartition

TGBT2 TGBT3 TGBT2 TGBT3 TGBT2 TGBT3

Onduleurs
avec C.S.

TGBT1

Départs secourus Départs prioritaires Départs sans coupure


(Secteur/groupes) (Onduleurs/secteur) (Onduleurs/groupes)
fig. 17 : Solution mise en œuvre pour un hôpital.

Cahier Technique Schneider n° 186 / p.25


v La centrale «TGBT HQ» : l’énergie réactive est mise œuvre.
- contrôle-commande les disjoncteurs, c Le système de GTE mis en œuvre est
- assure la permutation des sources, après avoir entièrement au service de la meilleure
demandé le démarrage d’un groupe si l’onduleur disponibilité de l’énergie électrique.
a signalé un problème. c Chaque tableau est équipé d’une intelligence
Dans cet exemple de réalisation, toutes les locale, autonome, qui assure les fonctions qui lui
fonctions d’une GTE ne sont pas mises en sont imparties.
œuvre (ce n’est jamais le cas) : c Peu d’informations événementielles circulent
c La gestion temporelle n’est pas utilisée car un sur le bus (N/S, groupes, régulation de charge)
hôpital «fonctionne» 24h sur 24. et pas de mesure de grandeur électrique si ce
c La gestion du contrat (lissage, EJP) n’a pas n’est le comptage réalisé dans le tableau MT.
été envisagée, seule la compensation de Le contrôle des états est réalisé périodiquement.

Cahier Technique Schneider n° 186 / p.26


5 Conclusions et perspectives d'avenir

Point névralgique de la distribution électrique, le L'intégration de l'intelligence dans le tableau


tableau intelligent apporte une réponse adaptée permet de :
aux besoins des gestionnaires et exploitants des c simplifier l'architecture du tableau et de
installations électriques : l'installation à la conception et lors des évolutions,
c économie sur le poste énergie électrique, (distribution répartie, suppression des demi-jeux
c sûreté de fonctionnement, de barres, sélectivité, connaissance des réserves
c conduite à distance de l'installation (ouverture du tableau, gestion des conditions d'utilisation aux
possible sur GTB pour le tertiaire et gestion de limites du tableau : température, surcharge...),
process pour l’industrie), c gérer le tableau dans le temps (fonction boite
c maintenabilité et évolutivité de l'installation, noire, dossier de plans à jour...),
c évolution progressive dans le temps de c marier la communication (courants faibles)
l'installation vers l'intelligence. avec la puissance (courants forts).
La réalisation de tableaux à gestion intégrée, Demain, la communication et les traitements
mais à intelligence décentralisée, répartie, est vont encore plus descendre au niveau de
aujourd’hui grandement facilitée par l’existence l’appareillage, des capteurs et actionneurs. Ceci
de modules, matériels et logiciels standardisés va faciliter la répartition de l’intelligence et donc
et pérennes. En cela, le contrôle-commande réduire encore la centralisation. Des gains
rejoint la notion de tableau ensemble de série et sensibles sont encore à attendre au niveau des
se démarque fortement des automatismes des études, du câblage, de la mise en service, de
process industriels. l’exploitation, de la sûreté et de l’évolutivité.

Cahier Technique Schneider n° 186 / p.27


Bibliographie

Cahiers Techniques Merlin Gerin Cahiers du Gimelec


c Introduction à la conception de la sûreté c Les tableaux électriques Basse Tension
Cahier Technique n° 144 - c Les Tableaux à Gestion Intégrée
P. BONNEFOI
c Initiation aux réseaux de communication
numériques
Cahier Technique n° 147 -
E. KOENIG
c Distribution électrique à haute disponibilité
Cahier Technique n° 148 -
A. LONCHAMPT - G. GATINE
c Sûreté de fonctionnement et tableaux
électriques BT
Cahier Technique n° 156 -
O. BOUJU

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© 1997 Schneider

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