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PHYSIOLOGIE DE LA VISION

Pr ATROUNE - Dr BENALLEG

I – Introduction :
L’œil est l’un des cinq organes de sens du corps humain, c’est l’organe de la vue. La vision
est donc la perception de l’organe de la vue qui en est l’oeil. Ce dernier est l’organe récepteur
de la lumière. Sa fonction est de transformer l’information lumineuse en influx nerveux
transmis au cerveau.
Pour « voir » un objet, il faut que de la lumière issue de cet objet pénètre dans l’oeil, que
celui-ci la transforme en influx nerveux transmis au cerveau et que celui-ci interprète à son
tour les informations reçues.

II – Rappel anatomique :

II.1. L’anatomie du globe oculaire :


Il est grossièrement sphérique. Peut être décomposé en quatre parties principales:
- la couche protectrice : cornée et sclère.
- la couche vasculaire (aussi nommée uvée) : iris, corps ciliaire et choroïde
- la couche visuelle : rétine et nerf optique
- le contenu de la cavité interne : humeur aqueuse, cristallin et corps vitré.
A l'avant de l'oeil on délimite 2 zones principales :
- la chambre antérieure qui se situe entre la cornée et l’iris et qui est remplie par l’humeur
aqueuse.
- la chambre postérieure entre l'iris et le cristallin.

A) La couche protectrice :
- La cornée :
La cornée représente le 1er dioptre du système optique oculaire, l’obtention d’une image nette
rétinienne nécessite la transparence absolue et un pouvoir réfractif approprié de la cornée. Elle
est avasculaire à l’état normal. Elle represente un pouvoir réfractif de 42 dioptries et donc les
2/3 du pouvoir optique total de l’oeil. Son indice de rérfraction est n=1,377.Elle est richement
innervée. Sur le plan histologique la cornée est composée de 5 couches parallèles entre elles :
l’épithélium et le film lacrymal précornéen, la membrane de Bowman, le stroma, la
membrane de Descemet et l’endothélium; mais on peut les grouper en trois couches distinctes
et superposées.
- L’épithélium qui est la couche la plus externe représente environ 10 % de l'épaisseur totale
de la cornée, est fait de cinq à six couches de cellule régénérable.
- Le stroma constitue presque 90% de l’épaisseur de la cornée qui mesure environ 500
μm. Il comprend à lui aussi trois couches (la membrane de Bowman, le stroma proprement dit
et la membrane de Descemet).
- L’endothélium qui est la couche la plus interne, est faite d’une seule couche de cellule
formée d'environ 500 000 cellules plates, En plus des fonctions de synthèse, l'endothélium
assure un rôle de barrière en réglant les échanges entre le stroma et l'humeur aqueuse, et un
rôle de transport actif indispensable aux propriétés de déturgescence cornéenne support de la
transparence cornéenne.

- La sclère :
La sclérotique ou sclère, est la plus externe des tuniques du globe oculaire. Elle entoure les
4/5e postérieurs du globe. Fibreuse et inextensible, c’est la plus solide et la plus résistante des
membranes de l'oeil, elle en assure ainsi la protection. Elle donne insertion aux muscles
oculomoteurs et se continue en avant par la cornée.

- LA CONJONCTIVE
La conjonctive est une muqueuse tapissant la face postérieure des paupières et se réfléchissant
sur la face antérieure du globe (bulbaire). La conjonctive se continue avec la peau au niveau
du bord libre, avec la cornée au niveau du limbe sclérocornéen et avec l'épithélium des points
lacrymaux. La partie bulbaire et la partie palpébrale se réunissent au niveau des culs-de-sac
conjonctivaux.

B- La couche vascularisée (ou couche moyenne)


Elle est aussi appelée « l’uvée », et comprend trois parties l’iris, le corps ciliaire et la
choroïde. C’est la partie la plus vascularisée du globe oculaire.

- L’iris :
Partie la plus antérieure de l'uvée, faisant suite au corps ciliaire, l'iris est une membrane en
forme de disque constitué par:
-des épithéliums pigmentés qui vont donner sa couleur, elle va du marron au bleu en passant
par le vert; et perforé en son centre d'un orifice circulaire, la pupille qui se comporte comme
un véritable diaphragme d'ouverture variable qui se régie automatiquement selon l'intensité
lumineuse. Le diamètre pupillaire moyen est de 4 à 5 mm.
-des muscles dilatateurs de la pupille et le sphincter pupillaire. Le diamètre de l’iris est de 12
à 13 mm. Son épaisseur varie selon la région considérée, l'iris possède une riche
vascularisation. Son innervation est assurée par le trijumeau et le sympathique;

- Le corps ciliaire :
Partie intermédiaire de l’uvée, sous forme d’un anneau saillant à l’intérieur de l’œil. Il joue un
rôle fondamental dans l’accommodation et la sécrétion de l’humeur aqueuse. Il est constitué
par :
- L’épithélium ciliaire à deux couches cellulaires réunies par leur pôle apical :
· Couche externe pigmentée reposant sur une membrane basale limitante externe faite de
cellules richement pigmentées.
· Couche interne claire : faite de cellules cylindriques claires unies entre elles par des
jonctions étanches (barrière hématoaqueuse). Elle repose sur une membrane basale appelée
limitante interne où s’insèrent les fibres zonulaires.
- Le muscle ciliaire : muscle lisse enchâssé dans le corps ciliaire.

- La choroïde :
La choroïde fait partie de l’uvée postérieur, riche en vaisseaux et nerfs, elle occupe les 2/3
postérieurs du globe situé entre la sclère et la rétine. Sa vascularisation est assurée par les
artères ciliaires.

C- La couche visuelle (ou couche interne)


C’est la couche la plus interne des couches qui constituent le globe oculaire. Elle comprend la
rétine et le nerf optique.

- La rétine :
La rétine est une membrane nerveuse hypersensible qui tapisse le fond de l'oeil.
C'est une pellicule formée de 10 couches de cellules. Elle a comme épaisseur 1/10 à 4/10 de
mm. Composée de centaines de millions de cellules nerveuses : les cônes (6-7 millions) et les
bâtonnets (130 millions). Les cônes et les bâtonnets sont des cellules photoréceptrices.
Les cônes ont besoin de plus de lumière que les bâtonnets pour être excités. Ils réagissent plus
en éclairage diurne qu'en éclairage nocturne. Les bâtonnets ont besoin de beaucoup moins de
lumière pour produire un potentiel récepteur, ils assurent la vision nocturne.

- Le nerf optique :
La transmission des informations vers le cerveau est opérée par le nerf optique.
Toutes les fibres optiques issues des cellules visuelles convergent vers un point précis de la
rétine : la papille. Ce point contient seulement les fibres nerveuses. Il mesure 4 mm de
diamètre et 5 cm de long. Il y a un nerf optique par œil, donc 2 nerfs optiques en tout. Ces 2
nerfs se croisent dans une zone appelée chiasma optique.

D- Le contenu de la cavité interne


Constitué par l’humeur aqueuse, le cristallin, et le corps vitré qui sont tous transparent.

- L’humeur aqueuse :
L'humeur aqueuse est un liquide transparent constamment renouvelé responsable du maintient
de la pression intra-oculaire. Elle est produite par les procès ciliaires et passe de la chambre
postérieure vers la chambre antérieure à travers la pupille.

- Le cristallin :
Le cristallin est une lentille biconvexe transparente, avasculaire, entouré d’une capsule dont
les faces antérieure et postérieure se réunissent au niveau de l’équateur où s’insèrent les fibres
zonulaires qui amarrent le cristallin au corps ciliaire. Il est disposé sur un plan frontal, son
diamètre est de 9 mm. Son épaisseur est de 4 à 5 mm.

- Le corps vitré :
Le corps vitré est une masse gélatineuse claire et transparente capable d'amortir les chocs. Il
représente 90% du volume de l'oeil. C'est un tissu conjonctif transparent, entouré par une
membrane appelée membrane hyaloidienne. Il est formé de 95% d'eau.
II.2. Les voies optiques ou visuelles :

- La rétine :
La rétine est le début de la voie optique car c’est elle qui capte la lumière et la transforme en
influx nerveux avant de les transmettre au nerf optique.

- Le nerf optique :
La seconde paire crânienne ou nerf optique est le 1er segment des axones des cellules
ganglionnaires qui vont de la rétine au corps géniculé latéral.
Le nerf optique commence à la papille optique et se termine à l’angle antérieur du chiasma.

III- Physiologie :

III.1. Le mécanisme de la vision:


L'œil est l'organe de la vision en tant qu’instrument optique due à ses composants anatomique.
Pour percevoir de la vision plusieurs facteur et élément entre en jeux, tel que la cornée, le
cristallin, la rétine, le nerf optique, la voie visuelle, et le cerveau.
Le rayon lumineux passe à travers la cornée, la pupille, le cristallin qui le focalise sur la rétine
puis l’information de l’image capter par la rétine sera transmis au nerf optique qui à son tour
conduit cette information à travers la voie visuelle jusqu’au cortex cérébral de l’occiput qui va
lire cette information permettant à la personne de percevoir l’image de la vision.
La vision peut se décrire de plusieurs façons :

 Acuité visuelle :
C’est la capacité à discerner de fins détails comme reconnaître un visage au loin ou de lire.
Ceci est rendu possible grâce au composant optique de l’oeil.
Les rayons lumineux qui frappent l’oeil sont convergés principalement par la cornée ; et suit
cette direction de convergence dans l’humeur aqueuse ; puis le cristallin ajuste cette
convergence, qui va suivre la même direction dans le corps vitré, pour que les rayons
lumineux soient focalisés exactement sur la rétine, si bien que l’image projetée est vue
nettement. Ce processus se fait grâce à l’accommodation ; Elle permet la vision de près et de
loin sans faire des efforts chez un sujet normal ou emmétrope (l’oeil normal sans erreur de
réfraction, où la lumière est bien focaliser sur la rétine.)
En vision de près, le pouvoir d'accommodation du cristallin (qui se bombe), permet d'avancer
le point focal devant la rétine pour conserver une concentration sur la rétine des rayons
lumineux qui ne sont plus parallèles mais divergents: l'œil emmétrope met donc au point entre
le punctum proximum (vers 25cm pour un œil jeune, plus pour le presbyte) et le punctum
remotum (à l'infini)
- Le Punctum proximum est le point le plus proche que l'on peut voir distinctement. Il en
existe deux types: de convergence et d'accommodation.
- Le punctum proximum de convergence (PPC). C´est le point le plus proche pour voir simple
l'image des deux yeux. Ce point existe en présence d'une vision binoculaire efficace.
- Le punctum proximum d'accommodation (PPA). C'est le point le plus proche qu'un œil peut
voir nettement, en accommodant au maximum.
- Le punctum remotum est le conjugué de la rétine à travers l'œil quand celui-ci n'accommode
pas. C'est-à-dire que c'est le point le plus éloigné que puisse voir l'œil sans mettre en jeu son
accommodation.
 Champ visuel :
C’est la capacité de voir dans toutes les directions sans devoir bouger les yeux (c’est la rétine
périphérique qui en est responsable).
Cette capacité dépend de plusieurs facteurs tels que la bonne santé des vaisseaux rétiniens, la
bonne santé du système de la voie visuelle, la stabilité de la pression intraoculaire (PIO) par la
production et l’évacuation de l’humeur aqueuse.

 Vision des couleurs :


C’est la capacité de reconnaître les couleurs (de nouveau la macula principalement).
L'œil est capable, grâce à 3 types de cellules rétiniennes spécifiques appelées cônes, de
percevoir les couleurs fondamentales rouge, verte et bleue.
Ces signaux sont ensuite transmis par les voies optiques vers le cerveau sous forme de
messages codés par couples antagonistes rouge-vert et bleu-jaune.
Le cerveau élabore alors la sensation colorée au niveau du cortex visuel puis d'autres centres
cérébraux nous font prendre conscience de la perception colorée.

 Vision binoculaire :
Si les deux yeux collaborent bien ensemble, ils nous donnent une vision simple et en relief
(sensation de profondeur). Cette collaboration est effective grâce aux muscles oculaires. Il
existe, pour chaque œil, muscles oculomoteurs auxquels il faut ajouter le muscle releveur de
la paupière supérieure, ainsi que la motricité de la pupille et de l’accommodation. La
commande nerveuse est volontaire ou automatico-réflexe et est véhiculée par les 3 nerfs
crâniens oculomoteurs avec la répartition suivante :
- III : pour le droit médial, l’oblique inférieur, le droit supérieur, le droit inférieur, ainsi que
pour le muscle releveur de la paupière supérieure, le sphincter pupillaire et l’accommodation,
- IV : pour l’oblique supérieure,
- VI : pour le droit latéral.
La vision binoculaire est assurée grâce à la synergie d’action entre muscles oculo-moteurs
chaque muscle possède ainsi un antagoniste homolatéral et un synergiste (agoniste
controlatéral).

 Correspondance sensorielle :
Un objet se projette sur les deux yeux sur des points rétiniens dits «points rétiniens
correspondants », permettant une localisation identique par les deux yeux. Par exemple,
- un objet situé dans le champ visuel droit est vu par deux points rétiniens correspondants
situés sur la rétine nasale de l’œil droit et la rétine temporale de l’œil gauche,
- un objet situé droit devant est vu par les maculas des deux yeux.
Si le parallélisme des deux yeux disparaît, un objet fixé par la macula d’un œil sera fixé par
une autre zone, extra-maculaire, de l’autre œil ; c’est la «correspondance rétinienne
anormale» : le même objet est alors localisé de façon différente par les deux yeux, phénomène
responsable d’une vision double = diplopie.

III.2. Formation des images sur la rétine


Les images doivent se projeter sur la rétine et ceci nécessite 3 processus : la réfraction,
l’accommodation et la diaphragmation.

 Réfraction :
Les rayons lumineux arrivant à l’œil sont réfractés par les différents milieux transparents de
l’œil : la cornée, l’humeur aqueuse, le cristallin, le corps vitré et les cellules d’intégration.
La réfraction est nécessaire pour faire converger les rayons lumineux vers un foyer situé
exactement sur la rétine.
Ces milieux convergents de l’œil sont une sorte de lentille convexe qui fait converger les
rayons vers un foyer.
Suivant le pouvoir de convergence de l’œil, la distance focale est différente.
Ce pouvoir de convergence s’exprime en dioptrie D=1/F (59 dioptries pour l’œil).
Œil myope: trop grand, trop long ou trop convergent; le foyer se situera en avant de la
rétine; correction avec une lentille concave
Œil hypermétrope: soit trop court soit pas assez puissant; les images se forment derrière la
rétine; correction avec une lentille convexe.

 Accommodation :
But : projeter les images sur la rétine : pour modifier le pouvoir de convergence, le cristallin
modifie sa courbure. Il est attaché aux muscles ciliaires. Pour la vision éloignée, les muscles
sont relâchés et la courbure du cristallin est peu prononcée (environ 20dioptries), le cristallin
est au repos ---- le pouvoir de convergence est minimal.
Pour les objets proches, il y a stimulation parasympathique qui provoque la contraction des
muscles ciliaires, ce qui donne une courbure plus accentuée au cristallin ---- le pouvoir
d’accommodation est maximal (30 à 34 Dioptries).
Avec l’âge, le cristallin perd son élasticité et n‘arrive plus à modifier sa courbure, c’est la
presbytie.

 Reflexe pupillaire :
C’est la modification du diamètre de la pupille grâce à l’iris. Le muscle irien est constitué de :
Muscles circulaires = sphincter irien: IL est contracté par le système parasympathique et
modifie le diamètre de la pupille en le diminuant = myosis.
Muscles radiaires = dilatateur irien: contracté par sympathique, provoque une mydriase.
La modification du diamètre de la pupille est un réflexe viscéral dit consensuel (se produit de
la même façon dans les 2yeux).
Le myosis se produit toujours en même temps que l’accommodation. Le système
parasympathique maintient le tonus pour le myosis, et le système sympathique maintient le
tonus pour la mydriase.

 Convergence des 2 globes oculaires :


Elle est indispensable pour la vision binoculaire. Les 2 images perçues par nos yeux doivent
fusionner pour se projeter sur la rétine. La fusion est latérale, verticale et diagonale. Cette
convergence des yeux est assurée par les muscles extrinsèques de l’œil.

 Renversement de l’image :
Les images se formant sur la rétine sont inversées (du haut en bas, de droite à gauche). On
voit à l’endroit car le cerveau rétablit les images dans le bon sens.