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Mise en couleur

par système de valeurs


Toutes les aquarelles de ce magazine ont été peintes grâce à cette méthode de décomposition des couleurs en valeurs
blanches ou claires, moyennes et foncées. Il ne s’agit pas là d’un traité exhaustif sur l’aquarelle mais une porte d’entrée pratique
pour trouver les premiers plaisirs de cet art subtil. L’approche veut rendre pratique et accessible au débutant une recherche
connue, inspirée des impressionnistes français, mais aussi d’artistes et théoriciens du XXe siècle tels le Suisse Johannes Itten
(1898-1967), professeur du Bauhaus de 1919 à 1923 et auteur du célèbre traité The Art of Color, ou encore l’Américain William
B. Lawrence et son Painting Light and Shadow in Watercolor.

Le matériel nécessaire Les couleurs indispensables :


✓ Jaune gum-gut
- Deux pots d’eau : un pour rincer le pinceau, l’autre pour le
mouiller d’eau claire ✓ Ocre jaune
- Papier pour aquarelle 300 g ✓ Terre de Sienne brûlée
- Pinceaux pour aquarelle un peu nerveux : les synthétiques
vont très bien ✓ Vert olive
- Papier « essuie-tout » dans la main qui ne peint pas ✓ Vert phthalo
- Rouleau de papier adhésif gommé à mouiller à l’éponge ✓ Bleu phthalo
(seul capable de coller du papier mouillé) : mouiller le
papier à l’envers et le coller sur une planche rigide, sur les ✓ Bleu cobalt
quatre côtés. Il se tend en séchant. ✓ Bleu outremer
- Palette : ✓ Indigo
Les couleurs indiquées comme transparentes par le
fabricant. ✓ Violet alizarine
✓ Rose permanent

© Lefranc & Bourgeois

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© www.club-aquarelle.com - 2009
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Notions de base
S’équiper pour pratiquer l’aquarelle verts, un joli vert de vessie clair et La technique sèche : l’aquarelliste
représente un investissement tout un vert de Hooker assez dense qui, doit attendre que chaque couche
à fait raisonnable. Compter pour mélangés avec de l’ocre jaune ou de peinture soit sèche avant d’en
commencer un budget d’environ du jaune de cadmium, permettent appliquer une autre en superposition.
50 euros, sans le papier bien sûr : de décliner toute une gamme de Les couleurs sont donc bien nettes
- des pinceaux standard, au moins tonalités naturelles d’herbes et de et les superpositions de couleurs
un ou deux « petits gris » pour feuillages ; côté terres, l’indispensable créent de nouvelles couleurs par
l’aquarelle humide sur humide, terre d’ombre brûlé (foncée) pour transparence.
et quelques « martre » de taille créer des ombrages, la terre de Sienne La technique humide : à l’inverse ici,
moyenne et fine pour les détails. brûlée ; parmi les jaunes, le bel ocre le peintre travaille en permanence

- une palette en plastique ordinaire. jaune et le jaune citron pour créer sur un fond humide, soit qu’il imbibe
- une boîte d’aquarelle simple les verts à tendance froide. Ajouter son papier d’eau soit qu’il applique
comportant de petits godets à cette liste : le rouge de cadmium, le directement une première couleur
de couleurs de base ou une plus carmin d’alizarine, sans oublier le gris sur un papier sec et sans attendre
sophistiquée à vingt-quatre godets. de Payne ou le noir d’ivoire. Bien sûr, que cette première couche soit
- du papier carbone de couleur. le blanc ne figure pas dans cette liste sèche, il superpose d’autres couleurs.
- un liquide à masquer à base de latex, puisque c’est la couleur naturelle du Les couleurs se fondent entre elles
qui sert à protéger les zones qui papier réservé qui en fera office. en créant des halos plus ou moins
devront rester blanches. Pour se familiariser avec cette palette, contrôlés.
- une gomme douce. fabriquer un nuancier à conserver Pour peindre des natures mortes, les
près de soi lors du travail. deux techniques sont associées : la
Voici la liste des couleurs les plus L’aquarelliste utilise deux techniques, technique humide permet de peindre le
courantes : le bleu outremer et le employées individuellement ou motif principal et le fond ; la technique
bleu intense ou bleu de céruléum ensemble au sein d’une même sèche est utile pour rehausser les lavis
proche du bleu primaire ; pour les peinture. et réaliser les détails.

Jeu de transparence
Le principe du lavis consiste à peindre un motif grâce à
des couleurs délayées avec de l’eau. Cette technique est
basée sur la transparence et donc oblige l’aquarelliste à
progresser des couches les plus claires vers les nuances plus
foncées. Ce procédé exige un bon sens de l’observation
et une analyse détaillée du dessin à colorer. Ne pas oublier
que le seul blanc mis à la disposition du peintre est celui
du papier. Réussir une aquarelle passe donc par une phase
d'apprentissage des techniques de lavis. Il faut donc bien
s’entraîner à préparer et appliquer des lavis avant de se
lancer dans la réalisation d’un projet minutieux.

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Le dessin : repérer les
valeurs
Le dessin doit être léger et sans détails, pour laisser au
pinceau sa liberté de mouvement. L’eau de l’aquarelle est
incomparable pour faire glisser le pinceau sur le papier et
on peut souvent se passer du crayon.
Au crayon léger, placer les formes principales en les variant
et en respectant les proportions.
Puis décomposer l’image en zones correspondant à trois
valeurs : les blancs qui ne seront pas peints, (ou les très
clairs qui seront peints plus tard), les moyens à peindre
en premier, les foncés ajoutés en dernier, par-dessus les
moyens bien secs. Marquer, sur le dessin, les blancs ou
clairs d’un B et les foncés d’un X. Ces trois valeurs forment
des motifs cohérents aux formes et aux surfaces variées.
Ainsi décomposé en valeurs, le dessin révèle son potentiel
pictural et suscite l’envie de peindre.

3 valeurs :
- blanches ou très claires
- moyennes
- foncées

La mise en couleur :
application des premiers jus
Peindre tout ce qui n’est pas B (blanc ou clair) en valeurs
moyennes. A l’intérieur de ces zones, les contrastes sont assurés
uniquement par des différences de couleurs : chaudes, froides,
complémentaires donc opposées, rompues, vives.
Varier beaucoup les couleurs, sans vous soucier de leur fluidité
qui est constante. Les couleurs sont fondues les unes après les
autres sur papier sec. Appliquer les couleurs de haut en bas, sur
une planche légèrement inclinée. Le pinceau est rincé et rechargé
de couleur avant que ne sèche la dernière couche posée.
Le degré de fluidité est contrôlé car il est à peu près constant.
C’est une question d’entraînement. En cas d’interruption,
dégrader la couleur à l’eau claire et tamponner la dernière
goutte incolore à l’essuie-tout. La reprise, par-dessus le
dégradé sec, de la même couleur moyenne sera invisible.
Conduire ces enchaînements de couleurs moyennes en
contournant les blancs (repérés par un B). Il est possible
de protéger les blancs par un produit plastique effaçable (le
drawing-gum). La mise en couleur :
Les mélanges qui se font spontanément sur le papier sont plus
lumineux que ceux préparés sur palette. Il est harmonieux
application des glacis
d’enchaîner des couleurs assez proches et de se rapprocher Réaliser, sur les premiers lavis secs, les motifs repérés
d’une dominante choisie, mais les couleurs opposées (dites en valeur foncée (X). Pour ce faire, appliquer des
complémentaires) rendent certains motifs plus visibles. superpositions partielles de couleurs transparentes,
Exemple : un mur ocre jaune est plus visible bordé de bleu aussi appelées glacis, ou apporter quelques précisions ou
violet. Utiliser un miroir pour juger de l’effet. corrections. Les couleurs transparentes les plus utiles aux
Il est possible d’apporter quelques corrections en allégeant glacis sont le rouge alizarine cramoisi, le rose permanent,
certaines couleurs à l’eau claire sur fond sec. le bleu outremer et le vert phthalo.

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